Blackout Baby : Michel Moatti

Titre : Blackout Baby

Auteur : Michel Moatti
Édition : HC Editions (2014) / 10-18 (2016)

Résumé :
Londres 1942 : profitant du couvre-feu, un tueur hante les rues de la ville.

En quelques jours, il assassine et mutile quatre femmes. Son modus operandi interpelle Scotland Yard et la presse, qui le surnomme aussitôt le Blackout Ripper.

Les messages qu’il laisse sur les scènes de crime, conçus comme des indices codés, imposent bientôt aux enquêteurs une piste inquiétante : le criminel semble s’inspirer des leçons du mage noir Aleister Crowley et de son manuscrit démoniaque, « Le Livre de la Loi ».

Insaisissable, le tueur caché dans l’ombre du Blitz décide de s’attaquer aux enfants de Londres – ceux qui doivent être évacués lors de l’opération « Joueur de flûtes ».

Mais il va trouver sur sa route une femme, Amelia Pritlowe, qui va faire de sa traque une affaire personnelle.

Une enquête inspirée de faits et de personnages réels.

Critique :
Amelia Pritlowe est une vieille amie, je l’avais déjà suivie dans son enquête sur la recherche de l’identité de Jack The Ripper, à Londres, en temps de guerre, sous les bombardements, lors du blitz (1941).

Nous sommes toujours à Londres, sous les bombes, en plein blackout et voilà qu’un autre tueur sévit, profitant de la noirceur qui règne dans la capitale durant les couvre-feux.

Blackout Ripper est une tueur en série qui a réellement existé, il se nommait Gordon Cummins et si d’entrée de jeu nous connaissons son identité, le but sera se savoir comment on va l’attraper, ou pas…

Mon ami Wiki aurait pu tout me dire sur lui, mais j’ai préféré suivre les péripéties de mon infirmière préférée, Amelia, dans cette enquête sur le tueur du blackout qui a eu le don de réveiller d’anciennes peurs de 1888.

Hé, on tue des femmes la nuit, on les égorge, on fout du sang partout, et on écrit sur les murs des phrases bizarres !

Cummins est un être détestable, un prétentieux se croyant tout droit sorti de la cuisse de Jupiter, avec de grande aspirations professionnelles qu’il a dû revoir fortement à la baisse et de ce fait, il a la haine de tout, surtout des femmes car il pense que nous sommes toutes des putains.

Prétentieux et dérangé, froid, dur, psychologiquement atteint, l’araignée de son cerveau qui se balade à l’envers, persuadé d’accomplir une grande mission… En un mot : un vrai salaud !

Entre nous, les passages où on se trouve avec lui sont plus qu’angoissants et je conseillerai aux esprits délicats de passer outre les descriptions des crimes, qui, sans être aussi détaillées que ceux de 1888, n’en sont pas moins violents et bestial.

Ce roman policier historique possède une atmosphère qui lui est propre, on sent la guerre, la peur des gens, le manque de tout, les ravitaillements au compte-goutte, l’envie de se changer les idées, le chaos, la ville en miette… Mais les anglais qui ne plient pas !

Certes, si un avion passe durant votre lecture, vous ne vous jetterez pas sous une table, mais… L’illusion des dégâts provoqués par la guerre sont très bien rendus dans ces pages et c’est toujours aussi flippant de se les imaginer.

Une enquête qui va progressivement, sans se presser, mais sans que l’on ressente de  la lassitude car j’ai été happée par la vie londonienne durant la seconde guerre mondiale et par le boulot de fou que durent exécuter les médecins et les infirmières, propulsées pour certaines au rang de chirurgiennes à cause de la pénurie d’hommes.

Un roman qui mêle la réalité à la fiction avec brio car je vous défie de trouver où s’arrête le réel et où commence la fiction : nous sommes en présence de personnages ayant réellement existé et d’autres inventés, mais bien malin qui pourra dire où l’auteur a ajouté des choses (hormis dans les paroles dites par les victimes).

Un roman angoissant lorsque nous suivons les pas de l’assassin et que nous le voyons charmer les femmes avec aisance avant de les tuer agressivement, un roman où la fiction côtoie la réalité sans que l’on puisse les distinguer l’une de l’autre, sauf en lisant les notes en fin d’ouvrage.

Cela fait le deuxième roman sur un éventreur que je lis de cet auteur et il ne m’a pas déçu, que du contraire, et ses personnages principaux sont toujours aussi attachants.

Allez, rendez-vous au prochain roman de cet auteur, avec un éventreur dans ses pages ou pas !

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), Challenge British Mysteries chez My Lou Book et le Challenge « Polar Historique » de Sharon.

Publicités

Le mystère de High Street : Anne Perry

Titre : Le mystère de High Street                                               big_3

Auteur : Anne Perry
Édition : Ombres Noires (2014)

Résumé :
Lorsque Monty Danforth, libraire dans le quartier de Cambridge, retire d’un carton un très vieux parchemin, il ne sait pas encore que plus rien ne sera comme avant.

Trois individus énigmatiques se présentent successivement à lui, voulant tous – et à n’importe quel prix – acquérir le mystérieux manuscrit.

Qui sont ces étranges personnages et comment expliquer les phénomènes inquiétants qui envahissent peu à peu la vie de Monty ? Malédiction ou anathème ? Qui pourrait détenir la clé du mystère ?

Prolongez votre lecture avec une interview inédite d’Anne Perry à la fin du roman.

Critique : 
« Mystère autour d’un parchemin » aurait pu aussi être titrée cette nouvelle de Anne Perry.

Monty (mais pas Python) travaille dans une librairie spécialisée dans les livres anciens et en l’absence de son boss, le voilà qui tombe sur un vieux parchemin semblant dater de Mathusalem.

Le mystère vient de ce morceau de papier, ancien (mais que l’on peut déplier facilement pour poser sur l’écran de la photocopieuse), vraisemblablement écrit en Araméen et qui ne veut pas se laisser copier, le bougre !

Oui, beaucoup de mystères dans cette courte nouvelle, mais peu de réponse pour l’amateur d’énigme policière qu’est le lecteur. En fait, la vérité est, comme le disait si bien Mulder « ailleurs » !

Quelle énigme donc pour les amateurs que nous sommes, que celle des croyances religieuses, de ce qui se serait passé, ou pas, lors de la crucifixion (et l’après), sur les traitrises, ou pas… M’est avis que nous résoudrons jamais cette énigme de notre vivant et qu’elle continuera pour des siècles et des siècles, amen.

Le problème des nouvelles, c’est que c’est toujours trop court et qu’à la fin, elles ont toutes un goût de trop peu, nous laissant sur notre faim, notre soif, avec l’impression qu’on nous a agité une belle pièce sous nos yeux avant de nous la soustraire de manière délibérée et sadique.

En tout cas, j’ai remarqué qu’elle avait la même idée que moi (idée à ne pas balancer en classe, au cours de religion, sous peine de se faire buser en juin) au sujet du mal nommé Judas le traître.

— Tu te rappelles ce que Jésus a dit à Judas, selon la Bible ? « Va et fais ce que tu dois ».
[…]Hank contempla le manuscrit.
— Si Judas n’avait pas trahi Jésus, il n’y aurait pas eu de procès, et par conséquent pas de crucifixion ni de résurrection. Et s’il n’avait fait que son devoir ? Sans cela, l’épopée du christianisme n’aurait peut-être jamais eu lieu.

Une chouette petite nouvelle qui se lit d’une traite, avec quelques petites fautes, plus réussi à mon sens que celle de David Bell « La cavale de l’étranger ».

Mais le côté « fantastique » ou « mystique » m’a laissé un goût de trop peu…

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et « A year in England » chez Titine.

CHALLENGE - Sherlock___Running_Wallpaper_by_draft624 Corrigé CHALLENGE - Thrillers et polars 2015-2016