Lectio Letalis : Laurent Philipparie

Titre : Lectio Letalis

Auteur : Laurent Philipparie
Édition : Belfond (17/01/2019)

Résumé :
Oserez-vous tourner les premières pages du LECTIO LETALIS ?

Paris. Un assistant d’édition tout juste embauché se tranche les veines à la lecture du premier manuscrit qui lui est confié. C’est la troisième fois, en quelques semaines, que le même scénario-suicide se produit dans cette maison d’édition.

Bordeaux. Le lieutenant Gabriel Barrias, ancien indic devenu flic, enquête sur l’assassinat atypique d’un psychiatre massacré par un rapace, dans son cabinet, en pleine consultation.

Deux affaires éloignées en tout point, et pourtant. Un nom apparaît des deux côtés. Celui d’Anna Jeanson, qui fut, dix ans plus tôt, l’unique survivante d’un suicide collectif survenu dans une secte dressant des animaux à tuer.

Un livre et des oiseaux qui tuent, personne ne pourrait y croire. Mais sous la plume de Laurent Philipparie, capitaine de police, tout est si vrai que c’en est effrayant.

Critique :
Un livre qui tue ? Comme le grimoire interdit dans « Le nom de la rose » où en fait, c’était… Ah ben non, je ne vais pas vous divulguer comment le livre tuait de ce roman d’Umberto Eco !

Dans quel autre cas un livre pourrait-il nous pousser au suicide ? J’ai bien des pistes, mais pour cela, il faudrait que je balance des noms d’auteurs ou des titres de livres, et là, je serai muette comme une carpe.

La seule chose que je peux divulguer, c’est que je remercie NetGalley pour l’envoi de ce livre que la curiosité m’avait fait cocher dans leur catalogue.

Niveau marketing, l’auteur et les éditions Belfond ont bien fait leur job car ils nous proposent un titre des plus aguicheur tant il paraît bourré de mystère ou tiré d’une formule magique de Harry Potter et la couverture est plus que réussie. On le veut !

Verdict ? Mitigée. Je ne ferai pas de la critique complaisante, ce n’est pas le genre de la maison, donc, autant le dire de suite, j’ai eu l’impression de tourner en rond dans les premières parties, celles qui mettent tout en place, celles qui devraient distiller le mystère et le suspense.

Disons-le clairement, un certain côté fantastique a failli me faire tourner les talons tant il semblait peu crédible et mal abordé. Pourtant, j’aime le fantastique.

Là où je me suis embourbée aussi, c’est dans le style d’écriture de l’auteur qui était un peu trop imagé à mon goût, qui paraissait fort simpliste et j’ai eu cette sensation que je n’avançais pas dans l’histoire tant tout paraissait obscur et mal mis en scène, avec bien trop de répétitions sur les souffrances de certains personnages principaux, leurs haines, leurs obsessions.

À l’entrée du virage, le roadster manqua de perdre l’équilibre. Gabriel n’était plus en état de piloter. Sur le chemin du retour, la haine avait refait surface, sourde, incontrôlable…

D’habitude, trop obnubilé par ses démons, Gabriel ne s’associait jamais à la liesse collective ; il se contentait d’y puiser l’énergie de poursuivre son propre combat.

Mettre un seul neurone dans cette affaire risquait de l’emporter vers ses vieux démons.

Ses cheveux maintenant noués en queue-de-cheval dégageaient sa figure d’ange.

Les mèches de cheveux collées à sa peau dessinaient de fines arabesques.

Ses cheveux ruisselaient sur ses épaules.

Dommage que tout cela ait été amené de manière si malhabile. Là où le bât blesse de nouveau, c’est que, une fois de plus, le lecteur se trouve face à des flics torturés, au passé très lourd ou au caractère très entier qui donnent plus l’impression d’être des caricatures d’eux-mêmes que des personnages réalistes.

Pourtant, l’auteur est policier, il doit savoir de quoi il parle… Si ce genre de flics existent en vrai, je ne voudrais pas vivre dans leur tête. Et si un ancien SDF peut devenir policier, tant mieux pour sa réhabilitation, mais j’ai un peu coincé là-dessus.

Les parties suivantes sont plus intéressantes (après le chapitre 15), ça bouge, l’adrénaline monte, on entre mieux dans le vif du sujet et l’écriture me paraissait moins fade.

Même si on retrouve encore un peu trop de mots bateau tels que « démon(s) » pour qualifier le méchant de l’histoire, qui lui, est foiré tout à fait car il a encore moins de relief que les autres personnages, il débarque tel un cheveu dans la soupe et son portrait est tellement peu réaliste qu’il en deviendrait risible.

Albert Modéas descendit au compartiment machines. Ses pas claquaient dans l’escalier métallique comme les sabots d’un démon.

— Mes frères ! Nous avons passé ces dix dernières années à le chercher ! J’ai invoqué les démons, offert de nombreuses vies en sacrifice pour qu’il nous revienne !

— Il parle de morts et d’un démon dans la salle des machines. Ils le logeraient depuis deux jours.

Les Apprentis, c’était ainsi qu’ils s’appelaient, lui avaient révélé l’existence d’une force fabuleuse. Celle qui gouverne le monde. Un pouvoir capable de contrôler tous les pouvoirs.

Anybref, même si mon esprit cartésien a bloqué pour quelques trucs fantastiques mal abordés, j’ai tout de même ressenti le suspense dans le final, l’adrénaline a monté dans les derniers chapitres, mais je n’ai pas ressenti ce que je cherche dans un thriller : cette poussée qui vous donne envie de rester éveillée toute la nuit ou cette force qui vous empêche de poser le livre sur la table, cette puissance qui vous sort totalement de votre vie réelle pour vous emporter ailleurs.

Une lecture en demi-teinte, je m’attendais à mieux, la faute sans doute à une écriture un peu trop imagée, des répétitions sur les démons intérieurs ou extérieurs des personnages à ne plus en finir, des obsessions sur une ancienne affaire dont on ne saura pas plus, un Méchant mal travaillé, mal servi et des personnages pour lesquels je n’ai pas eu de grande empathie car pas assez explicités, sans reliefs, aux portraits trop lisses, trop habituels.

Pourtant, il y avait matière à faire un super thriller avec un pitch plus rare qu’est celui du livre tueur. L’idée était originale car différente de celle du roman de Umberto Eco et j’aime assez ce contexte du livre qui vous tue.

Les passages sur les sectes sont bien traités, même si je ne comprendrai jamais rien à cet endoctrinement et alors que nous avons des passages très simplistes, nous en avons d’autres avec de beaux moments d’écriture, avec des réflexions vraies, puissantes, le tout cohabitant comme si deux personnes avaient co-écrit le texte ou comme si l’écriture manquait encore de maturité car l’auteur se cherche et n’a pas encore défini son style à lui.

« Peut mieux faire car a du potentiel mais ne le développe pas correctement », comme pourrait écrire un prof sous un travail rendu par un élève prometteur mais qui doit s’améliorer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Publicités

Dies irae – Les larmes de sang : Marie Nocenti

Titre : Dies irae – Les larmes de sang

Auteur : Marie Nocenti
Édition : IS (24/08/2018)

Résumé :
Le 29 décembre 1890, le massacre des Sioux à Wounded Knee marque la fin des guerres indiennes.

De passage dans la région, John Parker va faire une rencontre qui va bouleverser sa vie. Malgré les préjugés, il épouse une Indienne et deux enfants naîtront de cette union heureuse.

Mais en cette fin du dix-neuvième siècle, ceux qui osent se mélanger sont encore l’objet de la haine et de l’incompréhension.

Leur bonheur bascule brutalement dans l’horreur quand sa femme est retrouvée morte. Ses assassins ne seront jamais retrouvés.

Devenus adultes, la vie des enfants de John sombre à nouveau dans la violence quand le destin met sur leur chemin les meurtriers de leur mère.

Déchirés entre deux cultures, rejetés par leurs peuples respectifs, ces jeunes métis, ni blancs ni indiens, vont devoir se battre contre les préjugés pour faire triompher la justice et trouver leur place dans la société.

Critique :
Émotions… C’est le mot qui me vient à l’esprit pour résumer ce roman qui m’a emporté très loin (non, je ne fais pas de la pub pour le blog Émotions de Yvan).

Dies iræ… Jour de colère en latin, pour ceux qui n’auraient pas fait leurs classes du temps de César.

Il est normal que le jour de colère nous donne des émotions en plein dans le cœur.

Colère devant le massacre de Wounded Knee, dont nous n’en saurons pas plus dans le roman, puisqu’il commence juste après, par la rencontre entre un Blanc avec plus de plomb dans la cervelle et d’empathie pour les Indiens que la plupart de ses semblables et une jeune Indienne au caractère fort et intrépide.

Émotions pour ces deux personnes que tout oppose mais qui, pourtant, finiront pas s’aimer et faire des enfants. Deux cultures que tout oppose, deux peuples aussi dissemblable que possible et qui, pourtant, arrivent à trouver un terrain d’entente puisque chacun fit des efforts pour l’autre.

Colère devant ces deux gosses qui n’arriveront jamais à trouver leur place au sein des autres, leur double culture faisant d’eux des parias, puisqu’ils n’appartiendront jamais entièrement à l’une ou à l’autre.

Colère devant le comportement de certains Hommes Blancs, ce qui donnera une multitude d’Émotions lors d’une scène particulièrement horrible et émouvante.

D’ailleurs, je porte plainte pour la police d’écriture un peu trop petite et qui est devenue illisible suite à l’arrivée d’eau dans mes yeux à cause d’une scène trop éprouvante et trop émouvante.

Voilà un roman, qui, comme les deux peuples opposés que sont les Blancs et les Indiens et les enfants nés de ces unions, va jouer sur l’ambiguïté des émotions, nous faisant passer de scènes plus tendres, plus douces, à celles plus violentes, plus dures, nous donnant une lecture qui, sans cesse, mêlera toutes ses sensations, pour mon plus grand plaisir.

J’aime quand un auteur sort le meilleur de sa plume, quand il m’accroche avec ses phrases, ses métaphores, ses descriptions de paysages ou ses conditions météorologiques qui, comme les Hommes sur ces Terres et à cette époque, ne sont jamais tendre.

Dès la première phrase, l’auteure m’a happée, m’emportant direct dans son histoire, dont les premières pages étaient jonchées des cadavres Indiens ensevelis dans la neige, me faisant vibrer avec ses personnages du ranch Parker, tous bien calibrés, détaillés, sans en faire trop.

Bref, le genre de personnes que l’on aurait envie de croiser dans la réalité et pas seulement dans un roman.

Un roman western différent des autres, un roman magnifique, qui emporte son lecteur dès les premières paroles et l’entraine dans vingt années qui, malheureusement, passeront trop vite.

Un récit bouleversant par moment, émouvant par d’autres, tendre, dur, violent, âpre, car vous le savez, dès qu’il y a la présence des Hommes, la dualité est là aussi : ils peuvent faire du bien, mais aussi le mal, entrainant par là même une dualité dans nos ressentis : colère ou apaisement.

Un roman que j’ai pris plaisir à dévorer, un roman dont on sent bien que l’auteure s’est documentée pour coller au plus juste dans les rites Indiens (Sioux) et dans l’Histoire de cette époque, lui donnant un réalisme qui a ajouté du plaisir à la lecture.

Un roman qui a été trop court, une fois de plus et dont les mots me manquent pour en parler mieux : putain, qu’est-ce qu’il était bon, ce roman.

Je remercie les Éditions IS pour l’envoi de ce roman car ils ont déposé un bol de crème devant un chat affamé de ce genre de mets littéraire.

Les indiens peuvent vivre dans la pauvreté, mais une pauvreté digne, pas dans cette misère dégradante, humiliante qu’ils subissent au quotidien. Il reste tant de chose à faire, tant de combats à mener pour retrouver l’honneur et la dignité qui vont de pair avec de bonnes conditions de vie.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le RAT de l’Épouvante chez Chroniques Littéraires – Automne, plaid et cocooning (392 pages).

 

[FILMS] Hostiles : Le western ose-t-il se renouveler ? de Scott Cooper (2018)

Hostiles est un western américain coécrit, coproduit et réalisé par Scott Cooper, sorti en 2018.

Le tournage a lieu notamment à Santa Fe au Nouveau-Mexique et à Pagosa Springs dans le Colorado.

Synopsis :
En 1892, le capitaine Joseph J. Blocker, légende de l’armée américaine, est chargé d’une mission qu’il accepte à contrecœur.

Avec ses hommes, il doit escorter Yellow Hawk, un chef de guerre cheyenne mourant, ainsi que sa famille, pour retourner sur leurs terres tribales.

Durant le voyage entre le Nouveau-Mexique et le Montana, les militaires et les Cheyennes vont devoir faire preuve de solidarité et d’entraide, pour survivre au périple, aux Comanches et aux trappeurs hostiles qu’ils vont croiser.

Ils vont aussi croiser la route d’une veuve dont la famille a été assassinée par un raid comanche.

Distribution : 

  • Christian Bale : le capitaine Joseph J. Blocker
  • Rosamund Pike : Rosalie Quaid
  • Wes Studi : Yellow Hawk
  • Jesse Plemons : lieutenant Rudy Kidder
  • Adam Beach : Black Hawk
  • Rory Cochrane : Thomas Metz
  • Peter Mullan : lieutenant-colonel Ross McCowan
  • Scott Wilson : Cyrus Lounde
  • Paul Anderson : caporal Tommy Thomas
  • Timothée Chalamet : Philippe DesJardins
  • Ben Foster : sergent Charles Wills
  • Jonathan Majors : le caporal Henry Woodson
  • John Benjamin Hickey : capitaine Royce Tolan
  • Q’orianka Kilcher : Elk Woman
  • Tanaya Beatty : Living Woman
  • Bill Camp : Jeremiah Wilks
  • Scott Shepherd : Wesley Quaid
  • Ryan Bingham : le sergent Malloy

Ce que j’en ai pensé (FC avec Rachel) :
Nom de Zeus, ça c’est du western comme je l’aime !

Profond, bourré d’émotions diverses, de rédemption, de travail sur soi, de pardon, d’acteurs qui ne jouent pas mais qui SONT leurs personnages, des paysages grandioses et une vision de l’Amérique telle qu’elle est vraiment et non pas comme on voudrait nous la montrer.

Aux antipodes des westerns spaghettis (que j’adore aussi) à la sauce Leonne, nous sommes plus dans un western à la « Danse avec les loups », ou « Unforgiven », à la « True Grit » ou au sarcastique  » Django Unchained ».

Si le genre ne fait plus recette de nos jours, de temps en temps, un réalisateur ose y revenir et, nanti d’un scénario béton et de bonnes idées, il nous produit un film qui a tout d’une perle et qui claque comme le barillet d’un révolver Smith & Wesson.

Le début à tout d’une scène à la « Petite maison dans la prairie », avec papa qui coupe du bois et maman qui apprend les adverbes à ses deux gamines pendant que leur petit frère, bébé, dors paisiblement.

Hélas, ce n’est pas la peste de Nellie Oleson qui va troubler cette harmonie mais des Comanches bien décidés à leur voler les chevaux et à massacrer tout le monde.

La scène suivante se déroule au fort où est cantonné Batman. Heu, pardon, je voulais dire le capitaine Joseph J. Blocker, interprété par Christian Bale, qui est moins sexy qu’en chevalier noir. Mais toujours aussi sombre.

La scène dans le bureau du directeur, où celui-ci lui demande d’escorter le chef indien Yellow Hawk (un Cheyennes du Nord), malade d’un cancer, vers son Montana d’origine, est magistrale car elle oppose un officier (Batman) à son officier supérieur et à un civil qui n’a pas connu les guerres indiennes et qui ne peut pas comprendre l’hostilité, la haine, du capitaine Joseph J. Blocker (Batman) envers ce qu’il nomme « les sauvages ».

On peut comprendre que lorsque vous avez récupéré les cadavres de vos hommes et qu’il n’en restait pas assez pour remplir une marmite, que vous ayez les boules à l’idée de devoir escorter l’emplumé qui vous les a zigouillé durant les 1.500km qui séparent le Nouveau-Mexique du Montana.

Surtout que pour convoyer ce grand chef, vous n’aurez pas un bataillon entier, mais quelques soldats dont une bleu-bite.

On est loin des westerns qui cataloguaient tous les indiens dans la même case, c’est-à-dire celle des Méchants, brutes, imbéciles, sauvages, et limite débiles mentaux assoiffés de sang et de scalps.

Il est évident que les Indiens, ce n’étaient pas des Bisounours chevauchant des Petits Poneys (ceux qui font des cacas papillons), mais si on se met à leur place, on aurait, nous aussi, une furieuse envie de balancer l’envahisseur Blanc dans l’océan et de retourner à nos petites affaires plus respectueuses de la Nature que celle des Blancs.

Quant aux Blancs… On a hurlé du Trumpette qui se torchait le cul avec sa parole donnée, mais en ces temps-là, tout le monde se torchait avec les traités signés et les belles promesses faites aux Natifs. Business is business. La Perfide Albion avait exporté cette maladie qui est de renier les contrats signés.

Anybref, Yellow Hawk n’est pas un enfant de coeur, et le capitaine Joseph non plus. Ils ont tout deux du sang sur les mains, que celui de militaires, d’hommes, de femmes et même d’enfants.

Pas un pour relever l’autre et pour le capitaine, lui, il a encore l’excuse de « je ne faisais qu’obéir aux ordres », appliquant la règle qui valait qu’un bon Indien était un Indien mort.

Nous sommes à l’aube de futur nouveau siècle (1892), la révolution industrielle a eu lieu et est toujours en cours, la guerre de Sécession est terminée depuis longtemps, les guerres Indiennes aussi, ainsi que la la guerre fratricide entre Cheyennes et Comanches. Pourtant, les cicatrices sont toujours bien présentes chez tout le monde.

Le réalisateur a su bien montrer toute la rage qu’il y avait dans le capitaine Joseph, toute la résignation dans Yellow Hawk, la peur et la folie dans les yeux de Rosalie Quaid et tout ce petit monde va devoir faire un sacré travail sur lui-même pour accepter l’autre, pour lui pardonner, ou du moins, pour le respecter, malgré le sang sur ses mains.

Loin d’une balade de santé ou d’une rando équestre bien organisée aux travers de paysages somptueux, notre troupe va devoir faire face à l’hostilité des Comanches (pas des enfants de coeur), à celle de chasseurs de fourrures, aux éléments, à un prisonnier à escorter en plus et à un propriétaire au Montana qui, sur ses terres, est seul souverain à bord (et les lois, il s’en tamponne).

Pour survivre, va falloir se donner la main, s’entraider, faire preuve de solidarité, mais ce n’est pas facile quand face à vous se trouve votre plus vieil ennemi et que des années de guerres et de propagandes vous ont lavé la cervelle.

Les problèmes sont toujours les mêmes et l’Amérique n’en est pas moins raciale qu’il y a 130 ans.

Tout en finesse, sans chausser de grosses bottes lourdes, le réalisateur a réussi à nous proposer des personnages réalistes, qui eux aussi l’ont joué toute en finesse, comme Christian Bale, homme rigide, froid, dur, qui, après quelques coups durs, montrera ses fêlures, ses blessures, ses émotions, brièvement, mais on le sentait bien sur le point de craquer.

Mention spéciale aussi à Rosamund Pike, qui a joué le rôle de Rosalie Quaid tout en nuance aussi, ainsi qu’à Wes Studi, campant fidèlement un Yellow Hawk au regard doux mais à la détermination sans faille.

Un western profond, avec un scénario qui n’avait rien d’un ticket de métro, des acteurs jouant tout dans la nuance, réalistes, une musique qui allait bien avec les décors grandioses et les actions, souvent violentes, de ce film.

Un western où la langue amérindienne qui a tout l’air d’être une vraie (ou qui y ressemble) et qui enterre définitivement les indiens qui parlaient tous anglais dans les anciens western de nos pères et grands-pères.

Un western noir, beau, sombre, dur, violent, bourré d’émotions, de haine, d’amitié, d’amour, de pardon, sans manichéisme aucun.

Une bien belle soirée cinéma. Ce qui ne fut pas tout à fait le cas pour ma binôme de Film Communs, Rachel, dont vous trouverez la chronique ICI !

PS : en plus, le Christian Bale chevauchait un superbe cheval que je veux bien chez moi, si on veut bien me le donner…

Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Montana – Une aventure de Tex : Gianfranco Manfredi & Giulio De Vita

Titre : Montana

Scénariste : Gianfranco Manfredi
Dessinateur : Giulio De Vita

Édition : Le Lombard (avril 2018)

Résumé :
En route pour rendre visite à un ami, Tex Willer découvre les lieux d’un carnage. Une tribu indienne au complet a été massacrée par le redoutable Tirrell et ses hommes de main, trafiquants de fourrure.

Refusant de laisser un tel crime impuni, Tex décide de les traquer.

Critique :
Ceci est un véritable western, il en a la couleur et le goût, avec même un goût de l’enfance lorsque je dévorais les petits périodiques « Rodeo » que je trouvais au kilo, dans les brocantes (mais jamais dans l’ordre, bordel de dieu).

Vous savez, ces petits magazines en noir et blanc, bourré de p’tits Mickeys et datant de la génération précédente, celle de nos parents.

J’avais un faible pour les western (pas qu’eux, mais ceci n’est pas le sujet).

Tex Willer, j’ai dû lire ses aventures dans un de mes nombreux « Rodeo » et si ce n’était pas lui, c’était un héros lui ressemblant comme deux balles d’un même révolver.

Tex est un cow-boy sans peur et sans reproches, aussi habile de ses six-coups que Lucky Luke (Tex est de 48, Luke de 46), toujours prêt à aider les gens « bien » et à faire justice lui-même.

Dès ouverture de la bédé, j’ai été conquise par le dessin : que ce soit pour les paysages désertiques du Montana ou pour les personnages, le trait est précis et nous ne sommes pas dans de la bédé « gros nez ».

Les paysages sont magnifiques, grandioses, battus par les vent et lorsque tombera la neige (non, Adamo, ne chante pas dans nos têtes), cela deviendra encore plus majestueux. Tout est blanc de désespoir, triste certitude, le froid et l’absence, cet odieux silence, blanche solitude ♫ (pas pu m’en empêcher !)

L’histoire est assez classique : des salopards d’Hommes Blancs ont massacré des Indiens, afin de les voler, autrement dit, du grand classique qui existe toujours dans la réalité, avec d’autres personnages. L’Homme est envieux, c’est bien connu.

On a beau avoir la couleur dans cette bédé, j’ai vraiment eu l’impression de replonger dans ces petits formats que je dévorais à l’époque : l’ambiance y était la même, le héros sans peur, ses amis de véritables amis, même si ici son pote est un peu lourd, voleur et couillon. Quant aux Méchants, et bien, ils l’étaient de manière unilatérale sans que rien ne vienne plaider pour eux.

C’est là que mon bémol va se pointer pour se ficher dans l’album comme un furoncle mal placé : cette histoire aurait mérité d’être publiée sur deux albums afin de creuser un peu plus les personnages, surtout celui du Méchant qui puait le manichéisme comme on sent le fauve après une chevauchée de 30 jours sans prendre un bain.

Un peu de nuance n’aurait pas fait de tort au type. Je ne dis pas qu’il faut lui trouver des circonstances atténuantes pour les massacres qu’il commet, mais on aurait pu l’étoffer un peu, cela aurait donné plus de profondeur à l’histoire.

Maintenant, dans leur hommage au personnage de Tex Willer, je ne sais pas si les auteurs ont voulu respecter le cahier des charges de ce qui se faisait à l’époque, avec des méchants pu ou pas développés et un manichéisme assumé.

Si c’est le cas, l’album s’inscrit donc dans ce qui était traditionnel pour ces petits formats de l’époque. Par contre, si leur but était de changer un peu l’original, là, ils ont loupé un truc avec les Méchants.

N’allez pas croire que je n’ai pas aimé ma lecture ! J’ai dévoré l’album, qui a eu un goût de trop peu, et 20 pages de plus ne m’aurait pas dérangé.

D’ailleurs, si les auteurs ont la bonne idée de poursuivre les aventures de Tex, je serai de la partie, juchée sur mon fidèle divan, afin de les lire confortablement.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Mais ? Il a piqué la tenue de Lucky Luke, le Tex Willer !

Oh, un de mes petits albums !

[FILMS] The Limehouse Golem – Golem, le tueur de Londres : Juan Carlos Medina (2017)

Golem, le tueur de Londres (The Limehouse Golem, litt. « Le Golem de Limehouse ») est un film d’horreur britannique réalisé par Juan Carlos Medina, sorti en 2016.

Il s’agit de l’adaptation du roman Le Golem de Londres (Dan Leno and the Limehouse Golem) de Peter Ackroyd (1994).

Synopsis : 
Dans le Londres des années 1880. Une série de meurtres sanglants et cruels secouent le quartier glauque de Limehouse.

L’opinion publique met en évidence que ces crimes ne peuvent avoir été commis que par le monstre Golem, un monstre des légendes hébraïques d’Europe centrale.

La police britannique, Scotland Yard envoie John Kildare, l’un de ses meilleurs détectives, pour tenter de démasquer le coupable au sein d’un music-hall.

Fiche technique :

  • Titre original : The Limehouse Golem
  • Titre français : Golem, le tueur de Londres
  • Réalisation : Juan Carlos Medina
  • Scénario : Jane Goldman, d’après le roman « Le Golem de Londres » (« Dan Leno and the Limehouse Golem ») de Peter Ackroyd
  • Genres : horreur / policier
  • Durée : 105 minutes
  • Dates de sortie :
    • Canada : 1er juillet 2017
    • France : 31 mars 2017; 23 janvier 2018 (DVD)
    • Royaume-Uni : 1er septembre 2017
    • Québec : 13 octobre 2017

Distribution :

  • Bill Nighy : l’inspecteur John Kildare
  • Olivia Cooke : Elizabeth Cree
  • Amelia Crouch : Elizabeth jeune
  • Douglas Booth : Dan Leno
  • Adam Brown : M. Gerrard
  • Daniel Mays : George Flood
  • Sam Reid : John Cree

Ce que j’en ai pensé :
Afin de célébrer dignement la Saint-Valentin, il nous fallait un film un peu gore, avec du sang et des meurtres.

C’était ça ou le chef-d’œuvre du film romantique « The Addams Family » que j’avais revu il y a peu.

Allez hop, on s’encanaillera avec le Golem qui, en anglais, est de Limehouse et en français, de Londres.

Cherchez pas, docteur !

Les ambiances victoriennes sont reproduites correctement, aussi bien niveau vêtements que pour les ruelles sombres et mal éclairées des dock et des quartiers mal famés.

On passera bien entendu plus de temps dans des intérieurs que des extérieurs, c’est-à-dire dans des maisons « bourgeoises », au poste de police, dans les cachots, des des taudis où au music hall, le cabaret de Dan Leno.

En ce qui concerne les acteurs, je les ai trouvé bien dans leurs rôles, à leur place, chacun ayant des petites choses à cacher, des petits secrets, certaines étant même des gros secrets pas très jolis jolis !

La construction du film est agencée de la sorte que le téléspectateur découvrira les meurtres d’une manière originale : pendant que l’inspecteur John Kildare (l’épatant Bill Nighty) de Scotland Yard demande un échantillon de l’écriture des principaux suspects, il l’imagine en train de tuer les prostituées, le rabbin ou le couple de tailleurs.

Ce qui, bien entendu, vous embrouillera bien l’esprit pour tâcher de savoir QUI est le Golem de Londres qui tue violemment tous ces gens qui n’ont rien en commun.

L’enquête piétine et comme bouc émissaire, on a donc parachuté le détective John Kildare de Scotland Yard, ainsi, s’il se plante, le détective maison ne sera pas inquiété et on pourra casser du sucre sur le dos de John Kildare, l’enquêteur qui a ses propres démons et quelques rumeurs qui lui collent au cul, dont celle de préférer la frite à la moule, si vous voyez ce que je veux dire.

Niveau meurtres, c’est bien gore, mais pas trop, les détails les plus horribles ne seront montrés que peu de temps, les esprits les plus impressionnables peuvent donc le regarder et fermer les yeux durant quelques secondes, si c’est nécessaire.

Niveau scénario, il est alambiqué et à la fin, j’ai dû faire marcher mes petites cellules grises pour tâcher de comprendre si j’avais bien tout compris !

Parce que l’enquête du Golem tourne souvent autour du pot, qu’on en a une autre qui s’ajoute  (l’empoissonnement – ou pas – de John Cree par son épouse,  la magnifique Elisabeth « Lizzie » Cree, ancienne gloire du cabaret de Leno) et que le détective John Kildare aurait sans doute eu besoin de quelques leçons de mon cher… Lock Holmes (jeu de mot facile) afin de se concentrer un peu plus sur les indices et non sur le futile !

Certains pourraient même dire que la découvert de ce qui ressemble au journal du tueur était plus que providentielle et digne d’une chance de pendu. Mais bon, je ne vais pas pinailler !

Le jeu de piste est excellent, j’ai douté tout le temps, accusé tout le monde, me suis plantée dans tous les cas de figure, me suis bien faite avoir, et je ne serai pas la seule, mais j’ai quand même dû expliquer quelques trucs à Chouchou qui ne comprenait pas l’effroi affiché sur le visage de John Kildare…

Je pense que j’ai tout compris, tout capté, mais il me restera toujours un doute, surtout avec la scène finale, assez violente, mais que j’avais vu venir parce que j’avais dit, à voix haute (dans mon salon, je peux causer) « J’espère qu’ils n’ont pas oublié la sécurité » et puis bardaf, ce fut l’embardée…

Sans être révolutionnaire, le film se regarde avec plaisir, sous le plaid, un bon kawa à la main, serrés l’un contre l’autre.

Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver), le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

Les maîtres inquisiteurs – Tome 8 – Synillia : Sylvain Cordurié & Elia Bonetti

Titre : Les maîtres inquisiteurs – Tome 8 – Synillia

Scénariste : Sylvain Cordurié
Dessinateur : Elia Bonetti
Couleurs : Digikore Studios

Édition : Soleil (24/01/2018)

Résumé :
Des prêtres ont été massacrés dans le monastère de Kandvost. Synillia, une non mage élevée au rang de Maître Inquisiteur, part mener l’enquête.

Si elle ne possède pas de pouvoir, elle compense ce manque par son intelligence et ses qualités d’épéiste. Elle peut aussi compter sur Eldeween, l’elfe avec qui elle forme un duo efficace.

Efficace, il faudra l’être face au meurtrier qui semble disposer de pouvoirs. Il n’attendait que l’arrivée de Synillia et Eldeween pour se livrer à un jeu de piste mortel.

Critique :
C’est dans le Lanfeust Mag que j’ai découvert la saga des Maîtres Inquisiteurs, sur le tard, donc, ce qui fait que j’ai pris le train en cours de route.

Comme j’ai aimé le peu de l’univers que j’ai découvert dans le tome 7, j’ai décidé de découvrir l’entièreté de cette série.

Et comme l’occasion fait le larron, j’ai sauté sur le tome 8 avant de me faire ceux de la saison 1.

Un grand mystère plane : des moines d’un monastère ont tous été sauvagement assassiné et pour  résoudre ces meurtres horribles, le roi du Kardunn fait appel aux Maîtres Inquisiteurs.

Ça lui fait déjà mal au bide de faire appel à eux, mais ça va le faire bisquer de voir débarquer deux donzelles : Synillia, qui n’a rien d’un mage (contrairement à ses collègues masculins – pas de pouvoir magique, donc), qui est très intelligente, qui sait se battre à l’épée, et qui, en plus, est bouffie d’orgueil, prétentieuse, butée comme deux ânes, prompte à s’enflammer et à s’énerver, n’a pas sa langue dans sa poche…

La rage est double car son acolyte, Eldeween, est une elfe !

Au lieu d’un Sherlock Holmes bourré de pouvoirs magiques et d’un Waston pour l’épauler, le roi voit arriver une Sherlockette dont il ne sait si elle possède des pouvoirs et une Wastonnelfe. Les dents vont grincer.

Comment le ou les meurtriers ont-ils réussi à occire tous les moines ? Et pourquoi tant de haine envers ces hommes portant la robe ? Votre mission sera de la découvrir, les filles.

Surtout que ce n’est pas qu’un seul monastère qui va recevoir la visite de ce Jack The Ripper, mais plusieurs et nos deux femmes vont devoir cavaler sur leurs jolies guiboles pour tenter de rattraper la piste de celui qui a commis ces crimes atroces.

Véritable enquête aux pays de la magie, le lecteur, tout comme les deux enquêtrices, se posera beaucoup de questions.

Pas le temps de souffler dans la course poursuite car nos deux femmes, aidées de quelques gardes du roi, feront des rencontres pour le moins violentes et il faudra sortir l’épée du fourreau avant de tenter la discussion.

Bien que nous soyons dans un univers fantastique avec des éléments magiques pouvant aider à la réalisation d’un carnage monastique, la trame reste bien humaine car les travers d’un homme, qu’il soit de la Terre ou d’un autre monde, restent les mêmes.

Si le scénario n’est pas exceptionnel en terme de résolution de l’enquête – tout à été écrit, je pense – l’album se lit tout de même avec plaisir car avant que tout ne nous soit révélé, on est loin de se douter du mobile de ces crimes monacaux (Monaco ?).

De plus, il n’y a pas qu’une simple enquête pour meurtres dans ces pages ! On y trouve aussi des relents de nos propres sociétés dans les tensions qui existent entre le peuple des géants Mannlander et les humains du royaume de Kardunn, ainsi que dans le fait que certains aient fait des coalitions avec ceux qui furent ensuite des traîtres.

Bref, en plus de résoudre une enquête, nos deux femmes vont devoir marcher sur des œufs et tenter de garder la diplomatie au milieu du village si elles ne veulent pas finir en viande froide car c’est aussi vieux que le Monde que déposer des preuves pour faire accuser un autre peuple d’un crime qu’on a sois-même commis.

J’ai apprécié les dessins, les couleurs dans des tons ocres et les personnages ne m’ont pas laissée indifférente car si certains pouvaient sembler figés, ils se permettront d’évoluer et de changer. Bon, pas tous, quand on est un crétin, on le reste.

Un tome qui change par rapport au final du précédent, un monde des Inquisiteurs en grand chambardement, et il me tarde de lire les premiers tout comme celui qui suivra ce tome 8.

Je ne dis pas non à ce duo féminin des plus intéressants.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon.

 

Scalped – Tome 1 – Pays indien / Tome 2 – Casino boogie : Jason Aaron & R.M. Guéra

Titre : Scalped – Tome 1 – Pays indien / Tome 2 – Casino boogie

Scénariste : Jason Aaron
Dessinateur : R.M. Guéra

Édition : Urban Comics – Vertigo Classiques (2012)

Résumé :
Il y a quinze ans, Dashiell « Dash » Bad Horse a quitté une vie misérable et abjecte dans la réserve indienne de Prairie Rose, avec l’espoir de découvrir un monde meilleur.

Aujourd’hui, il revient sur ses pas et constate que rien n’a vraiment changé – sinon l’apparition d’un casino flambant neuf et la victoire du crime organisé et de la drogue sur la fierté d’un peuple.

Au coeur de cette tourmente se tient le leader tribal Lincoln Red Crow, un ancien activiste du mouvement militant « Red Power » devenu patron du crime.

Il estime qu’après 100 ans de spoliations et de massacres des Lakotas par l’homme blanc, le temps est venu de rendre à celui-ci la monnaie de sa pièce.

Armé de son nunchaku, d’une attitude déterminée et d’un sombre secret, Dash doit survivre à un monde de jeux, de combats armés, d’agents du gouvernement, de Dog Soldiers, de massacres, de labos de méthamphétamines, de sexe trash, de pain frit, de fierté amérindienne, d’Êtres du Tonnerre, mais aussi à la beauté rude des Badlands. .. et même à un ou deux scalps.

Critique :
Ami lecteur, ne commence pas ce comics après ta séance chez le coiffeur, car c’est un comics qui décoiffe !

Évite aussi de laisser traîner les albums sur la table du salon, tu pourrais choquer ta belle-mère bigote ou impressionner tes enfants, qui voudraient là-dessus découvrir la saga et de ce fait, t’en priveraient !

Bienvenue à Prairie Rose, une réserve indienne pourrie située dans le Sud Dakota, aux États-Unis.

Ricane déjà devant l’ironie du nom de la réserve : Prairie Rose !

Non, il n’y pas de jolis petits poneys colorés qui s’ébattent dans des arcs-en-ciel de nuages… D’ailleurs, si tu commences à apercevoir des petits poneys, ne change pas de dealer, il t’a refourgué de la toute bonne came !

À Prairie Rose, où survit la communauté des Lakota, tout n’est que magouilles, crimes, prostitution, alcoolisme, drogues…

D’ailleurs, les auteurs te plantent le décor de suite : plus de 80% de chômage, le plus haut taux d’alcoolisme du pays, une espérance de vie de 15 ans inférieure à la moyenne nationale.

Nous sommes ici face à un comics qui s’inspire des codes du roman noir et de son côté hard-boiled (dur-à-cuire), le tout transposé dans l’univers d’une réserve indienne qui est sous le joug de Lincoln Red Crow, sorte de parrain tout puissant qui tient tout le monde sous sa coupe grâce à son casino.

Le héros principal, si on peut appeler ça un héros, est Dashiell Bad Horse (Prénom en référence à Dashiell Hammet, grand auteur de romans noirs), revient dans la réserve 15 ans après l’avoir quitté.

Nous sommes face à un type au crâne rasé, arrogant, têtu, violent, rempli de haine envers sa mère à qui il reproche de s’être plus occupée de ses activités de militante pour la libération amérindienne que de lui, il est sociopathe, borderline, utilise un nunchaku pour se battre ou des flingues.

Imagine un peu, cher lecteur ou chère lectrice, que notre Dashiell Bad Horse est foutu le camp il y a 15 ans, se jurant bien de ne jamais remettre les pieds dans ce nid de cafard et le voici de retour, provoquant moult bagarres et il ne trouve rien de mieux que de se faire engager comme policier tribal par Lincoln Red Crow, ce caïd qui a la main mise sur toute la région et qui se la joue en grand défenseur de son peuple…

Là, il plane un gros mystère sur la présence de notre chauve volcanique, mais pas de soucis, les auteurs ne te laisseront pas mijoter dans ton jus durant 36 albums et tu sauras bien vite le pourquoi du comment notre bagarreur fouteur de merde s’est retrouvé à fouler les herbes sèches de son ancienne réserve.

Cette série noire qui pète le feu se déroule de nos jours, ou dans un passé guère éloigné et se concentre sur la vie d’Indiens oglalas dans cette réserve indienne pourave du Dakota du Sud ravagée par le crime organisé, la drogue, l’alcoolisme et autres joyeusetés, entre ces gens qui ne savent plus qui ils sont, ni quelle est leur place dans cette société qui ne veut pas leur en faire.

Les personnages sont taillés à la serpe, les dialogues aussi, la violence est omniprésente, le sang aussi, le tout baignant dans une atmosphère glauque, et je ne vous parlerai même pas du langage ordurier, qui a tout à fait sa place vu le milieu dans lequel on évolue.

Tout le monde a son importance dans cette série… Même les morts dans les placards, parce que les morts, ça te poursuit, ça revient te hanter la nuit, comme les mauvais souvenirs ou ta haine envers ta culture, ta famille, ta propre mère.

Les auteurs se sont inspiré (merci Wiki) de l’histoire de l’American Indian Movement et en particulier des événements qui ont conduit à la condamnation à perpétuité de Leonard Peltier.

Moi qui adore le roman noir, le hard-boiled, je suis aux anges avec cette série comics qui a fait un énorme tabac aux States, même si je n’aime pas trop les dessins fort sombres et très encrés.

Un rythme haletant qui prend tout de même le temps de planter son décor, ses personnages, à te dévoiler les mystères cachés derrière chaque personnage, ses motivations, ses envies… le tout à l’aide de flashbacks qui peuvent faire perdre un peu le fil de l’histoire au début, mais je vous rassure de suite, on remet vite tout l’ordre.

Exemple : arrivé à la fin du tome 2, on a pas plus avancé dans l’histoire qu’à la fin du tome 1, mais on a un éclairage totalement différent et un complément de ce qu’on vient de nous raconter. Il y a une vraie maitrise chez Aaron de cette technique-là. Et cet usage du flashback fonctionne très bien en comics, parce que le genre l’absorbe parfaitement. 

C’est encore ce sacripant de Actu Du Noir (Jean-Marc) qui m’a fait découvrir cette série de comics et il serait grand temps que je lui garde un chien de ma chienne, à ce vil tentateur, parce que là, ça fait la je-ne-sais-quantième série qu’il me conseille !

“‘Scalped’ de Jason Aaron est la meilleur chose que j’aie lu depuis longtemps. C’est sombre, beau, et pas pour les enfants. La narration graphique est à son apogée.”  (Damon Lindelof, co-créateur de LOST).

Petit plus rien que pour toi, lecteur, lectrice : Le scénariste Jason Aaron admet la référence à « The Wire » et cite volontiers « Deadwood », autre production de la chaîne HBO, dont « le personnage de Al Swearengen a été un modèle, à bien des égards, pour ce qu’il voulait faire avec le personnage de Red Crow dans “Scalped‘ ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Hiver rouge : Dan Smith

Titre : Hiver rouge                                                                           big_5

Auteur : Dan Smith
Édition : Le Cherche midi (2015)

Résumé :
1920, Russie centrale. La terreur s’est abattue sur le pays. À la mort de son frère, Nikolaï Levitski a déserté l’Armée rouge pour aller l’enterrer dans son village.

Mais lorsqu’il arrive dans la petite communauté, perdue en pleine nature, c’est la stupéfaction. Les rues sont vides et silencieuses. Les hommes ont été massacrés dans la forêt alentour, les femmes et les enfants ont disparu.

Nikolaï se met alors sur la piste des siens.

C’est le début d’une quête aussi désespérée que périlleuse dans une nature hostile, au cœur d’un pays ravagé par la guerre civile.

Petit Plus : Après le succès du Village, le nouveau roman de Dan Smith ! Une fois de plus, Dan Smith nous offre un roman à l’intensité exceptionnelle. On retrouve son goût pour les personnages inoubliables, son talent pour mêler l’histoire et l’intime, et faire éprouver au lecteur une véritable sensation physique des conditions de survie en milieu extrême.

Une enquête palpitante dans les immensités glacées de la Russie bolchevique.

Critique : 
Si les Cœurs de l’Armée Rouge vous donnent des frissons de plaisir lorsqu’ils chantent, en 1920, ils vous auraient donné des frissons de trouille !

Russie, 1920, guerre civile… Nikolaï Levitski, soldat, vient de déserter avec son frère, se faisant passer tous deux pour morts dans un fossé.

Son but ? Rentrer chez lui et retrouver sa famille. Arrivé dans son village, celui-ci est vide de tous ses habitants, tous envolés… Certains partis au Paradis Blanc d’où on ne revient pas (torturés et exécutés) et d’autres fait prisonniers, apparemment.

Véritable enquête sous fond de guerre révolutionnaire, cet homme fera tout ce qui est en son pouvoir pour apprendre ce qui est arrivé aux siens et les retrouver.

Moi qui aime la Russie, je suis plus que bien servie avec les romans de Dan Smith, surtout qu’il explore les périodes troubles.

Ici, toute la violence, toute la barbarie et toute l’imbécilité de la guerre sont visibles. Ici, on se fait la guerre entre frères, entre habitants d’un même pays, on prive certains de nourriture pour la donner à d’autres, la guerre civile fait rage depuis 1917 et on ne sait plus trop contre qui on se bat…

Alors, on suspecte tout le monde et on n’accorde sa confiance à personne, tout le monde est tendu comme la corde d’un arc et les tensions sont bien palpables dans le récit grâce à la belle écriture de monsieur Smith qui m’a régalé, tout en me faisant accélérer le palpitant.

Méfiance, scission et violence étaient partout. Elles étaient évidentes sur les champs de bataille, mais présentes aussi dans nos foyers. Elles emplissaient l’air que nous respirions, et je compris qu’elles faisaient partie de nous, désormais. Nous étions allés trop loin ; nous ne pouvions plus revenir en arrière. Quel que soit le vainqueur de cette terrible guerre, cela ne changerait rien.

Lorsque l’on chevauche dans la neige, sous le froid glacial, il faut surveiller ses arrières et ses avants, car l’Armée Rouge n’est pas loin, la Tchéka non plus (police politique qui combattait les ennemis du nouveau régime bolchevik) et tout le monde vit dans la terreur.

Nikolaï, dit Kolia, est un personnage auquel on s’attache de suite, il a un passé de soldat de la Grande Guerre et le reste, on le découvrira au fil de la lecture.

Dans ce récit, personne n’est ni tout blanc, ni tout noir, tout est en nuance de gris et elles sont plus nombreuses que les fameuses 50 !

Je savais ce que j’étais, et « déserteur » n’était pas la pire épithète qui m’était applicable, mais cela me rappelait les hommes que j’avais traqués pour le même crime, des hommes dont le seul véritable délit avait été de vouloir une vie meilleure.

Tout le monde a des squelettes dans le placard, des casseroles au cul, des faits peu reluisant à masquer, des choses pas nettes à se reprocher et les pires exactions sont commises par des soldats parce que « se sont les ordres ».

Il y avait une pointe d’indignation dans sa voix. Il avait sûrement dû justifier ses actions à ses propres yeux, comme je l’avais toujours fait moi-même, et quand on se répète suffisamment de fois que quelque chose est légitime, on commence à y croire.

— Je n’ai jamais voulu recevoir d’ordres de lui.
– Mais vous n’avez pas eu le choix.
J’avais déjà entendu cet argument : le commandant Orlov avait été dans le même cas. Il avait obéi aux ordres parce que c’était son devoir de les suivre, et parce qu’il y avait des conséquences pour ceux qui ne le faisaient pas.

On doit tuer les traîtres, les mauvaises herbes… les habitants de son propre pays. Ils ont été endoctrinés et répètent cela tel un mantra.

Et pourtant, j’étais un révolutionnaire, et j’avais commis des actes innommables au nom de l’assainissement de la récolte. J’avais été convaincu que, pour rendre la patrie plus forte, il était vital d’éliminer le mal qui menaçait de gangrener la vision nouvelle.

Il était crucial d’arracher les mauvaises herbes contre-révolutionnaires du champ fertile de notre nouvelle nation pour que la terre y soit la plus féconde possible et que les cultures y poussent hautes et vigoureuses.

La guerre civile change les hommes en bêtes, les innocents en meurtriers, les doux se gorgent de haine et les paisibles deviennent des vulgaires assassins. La frontière entre les gens ordinaires et les monstres qu’ils traquent (ou qu’ils subissent) est ténue. Très ténue et on la franchit très vite, cette frontière, lorsque l’on cherche sa famille.

— Tu as tort, protesta Tania. Elle a tort. Rien ne me ferait jamais trahir quelqu’un de cette façon.
— Pas même tes propres enfants ? N’aurais-tu pas fait tout ce qui était en ton pouvoir pour les protéger ?
Elle s’arrêta et me regarda fixement, sachant que j’avais raison. Nous vivions en des temps qui poussaient les gens à faire des choses qu’ils n’auraient jamais envisagées avant.

— Je suis professeur, bon sang ! » Il serra les poings. « Professeur. Et regardez à quoi j’en suis réduit. À voler et mendier. À vivre dans la saleté, le froid et la faim. J’étais élégant et respectable et… Je n’avais jamais fait de mal à qui que ce soit, jamais frappé un homme avant… « .

Perdu dans cette immensité blanche et froide, juché sur sa jument fidèle, Nikolaï mènera une quête qui ne sera pas de tout repos et basculera parfois vers le côté obscur de la Force avant de se reprendre… peut-être.

Il devra accorder, ou pas, sa confiance à des inconnus, qui eux devront faire de même et je me suis souvent demandée ce que j’aurais fait à leur place et la réponse ne m’a pas plus parce que je sais que la peur nous faire accomplir des gestes inconsidérés.

C’est en cet instant d’amitié et de paix, alors qu’il avait baissé sa garde, que j’aurais pu le tuer. Ç’aurait été la chose la plus facile au monde que de le tirer brusquement à moi et de sortir mon revolver de ma poche pour l’abattre d’une balle, ou de prendre le couteau à l’intérieur de mon manteau pour lui en enfoncer la lame dans le corps. Mais au lieu de cela, je le regardai droit dans les yeux et reconnus son hésitante offre d’amitié dans la chaleur de sa main.

Beaucoup de tensions, de peurs, de lâchetés, de dénonciations, de barbarie, de violence, d’amour et d’amitié dans ce roman époustouflant qui m’a fait chevaucher dans les steppes glacées de la Mère Russie.

Par le passé, j’avais ignoré la dimension humaine de ce genre de situation, ne voyant que des révolutionnaires et des contre-révolutionnaires. J’avais été tellement plongé dans la guerre que j’avais fermé les yeux sur quoi que ce soit d’autre, et il avait fallu quelque chose d’affreux pour me forcer à les rouvrir et à voir les choses plus clairement.

On n’en sort pas indemne de ce roman coup de cœur. J’en ai encore mal au bide mais je remercie l’auteur de m’avoir donné à lire deux romans de cette trempe-là.

Ce n’était pas Dieu qui avait enlevé mes enfants. Ce n’était pas Lui qui avait torturé ces gens dans la forêt. C’étaient des hommes. Et j’étais certain que ces hommes avaient porté une étoile rouge sur leur casquette.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), Challenge « Polar Historique » de Sharon et « A year in England » chez Titine.

BILAN - Coup de coeur

569234655-guerra-civile-russa-rivoluzione-di-ottobre-rivoluzione-russa-bielorussia marssi

Dust : Sonja Delzongle

Titre : Dust                                                                                       big_2

Auteur : Sonja Delzongle
Édition : Denoël (2015)

Résumé :
Quelque part en Afrique, la mort rôde…
2010. Dans un terrain vague de Nairobi, un gamin à vélo s’amuse à rouler dans une grande flaque sur le sable ocre. Du sang humain, répandu en forme de croix. Sans le savoir, le garçon vient de détruire une scène de crime, la première d’une longue série.

2012, à Nairobi. Une femme albinos est décapitée à la machette en pleine rue. Le tueur a emporté la tête, un bras aussi. Elle a été massacrée, comme beaucoup de ses semblables, parce que ses organes et son corps valent une vraie fortune sur le marché des talismans.

Appelée en renfort par le chef de la police kenyane, Hanah Baxter, profileuse de renom, va s’emparer des deux enquêtes.

Hanah connaît bien le Kenya, ce pays où l’envers du décor est violent, brûlant, déchiré entre ultramodernité et superstitions.

Mais elle ne s’attend pas à ce qu’elle va découvrir ici. Les croix de sang et les massacres d’albinos vont l’emmener très loin dans les profondeurs du mal.

Kenya-Migration-Photo-10-sunsetCritique : 
N’allez pas croire, suite à mes deux critiques, que je participe à un challenge « Mois Africain » en juillet parce que hier j’étais au Mali (Black Cocaïne) et que aujourd’hui je suis allée au Kenya. C’est le hasard des lectures qui a fait que je suis restée sur le continent africain.

Le résumé du livre était emballant, le début de la lecture aussi, même si un petit je-ne-sais-quoi m’empêchais de profiter pleinement de ma lecture.

Ah oui, j’ai compris assez vite ! La cause en était le style d’écriture qui avait tendance, parfois, à friser le niveau enfantin ou pré-ado, comme si, à certains moments, l’auteur avait confié l’écriture de certains passages à sa p’tite nièce.

Baxter se retrouva devant lui comme au pied d’un arbre. Il lui sembla immense. Il avait dû être un baobab dans une vie antérieure. [C’est pour rire, là ??]

Hanah sentit ses mains frémir comme les feuilles d’un arbre prises d’un léger tremblement sous l’effet d’une brise. [Pitié !!]

Et tout le problème du roman s’est trouvé là, pour moi : la manière dont certaines événements ou problèmes liés au pays (le Kenya pour ceux qui ont loupé le train) sont décrits, leur fait perdre toute leur puissance, toute leur émotion, toute leur portée horrible.

L’Afrique était à l’image de l’ensemble de lin froissé de James Right. Une matière noble, salie et ravagée à force d’usure et d’exploitation. [Ça c’est beau !]

De plus, la surenchère de faits horribles annihile l’abomination perpétrée. Sincèrement, j’ai lu des témoignages de personnes qui avaient été témoins d’actes abominables durant la Seconde Guerre Mondiale, et sans en rajouter, leur récit me hérissait les poils des bras et me donnait envie de vomir.

Ici, il n’en fut rien… c’est abominable ce qu’un personnage a fait endurer à ses semblables, mais la description de l’auteur fout tout en l’air et si elle avait décrit un enfant éventré dans le but de transformer ses boyaux en guirlande de Noël, j’aurais sans doute pensé « Cool, une guirlande », tant la chose est mal exprimée, mal écrite.

Aucun atomes crochus avec Hanah Baxter, la profileuse d’origine française qui vit à New-York et qui se déplace au Kenya pour traquer un tueur en série. Autant elle est forte pour certaines choses, autant elle est chochotte pour d’autres. Manque de crédibilité dans le personnage.

La profileuse pouvait endurer beaucoup de choses, mais ne pas pouvoir se laver ne serait-ce qu’un jour entier relevait de la torture. Il lui fallait n’importe quoi, un robinet, une source, une rivière, un point d’eau quelconque, pourvu qu’elle puisse s’y rafraîchir. [Chochotte !]

« Hanah, ton principal défaut est d’être trop sur la défensive. Ça te rend beaucoup moins crédible ». Ces mots de Vifkin lui revinrent. [Je suis entièrement d’accord avec lui ! Hannah manque aussi de crédibilité !]

J’ai même failli tomber de ma chaise lors de l’épisode avec Invictus (les lecteurs sauront de quoi je parle).

Je passerai sur les moments « guimauviens » (néologisme offert) qui sont à pleurer devant tant de platitudes et plus dignes d’un « Fifty shades », d’un « Twilight » ou d’un Harlequin que d’un tel roman.

Hanah crut littéralement tomber dans l’onde verte qui l’aspirait. Les yeux dans les yeux, leurs bassins soudés ondulaient… [Purée, on est où, là ?? L’onde verte étant les yeux de l’autre]

L’intérieur était doux à pleurer. Du velours… Des larmes roulèrent malgré Hanah de ses paupières closes. Des larmes de plaisir et d’émotion confuse. [Achevez-moi, en lisant ça, j’ai soupiré devant tant de niaiseries. Je ne savais pas que certains vagins étaient rugueux à l’intérieur, ou alors, coupant, peut-être ?? Oui, l’intérieur qui est doux à pleurer, c’est le vagin de sa partenaire… Je touche le fond !]

Leurs odeurs se correspondaient, leurs corps s’encastraient à la perfection. [Guimauve, niaiseries !]

Hanah avala un noyau de salive. Il eut du mal à passer. Cet aveu la bouleversait. Elle savait ce que la « première » pouvait provoquer.  [Je me suis suicidée, c’est bon !]

Tous ceux qui étaient passés par Hope Camp étaient des gens extraordinaires. [Bisounours ??]

Le suspense est en grande partie réduit à néant par un chapitre où le pauvre lecteur en apprend beaucoup trop sur le tueur en série, gâchant tout le plaisir.

Pire, avant même la moitié du livre, j’avais deviné le nom du coupable, la ficelle agitée par l’auteur étant trop grosse que pour ne pas s’en saisir. Chez Agatha Christie, je ne l’aurais pas saisie, car la Dame avait l’art de casser les codes du roman à énigme, mais ici, l’auteure en dévoile trop trop vite. Et les préliminaires, bordel ?? Et je confirme que j’avais vu juste !

J’ai ressenti, par moments, de l’émotion dans le récit, lorsque l’auteure explique la chasse à laquelle sont soumis les albinos, de l’émotion aussi lorsque l’auteure décrit les extrémités auxquelles certains enfants devaient se livrer, afin de survivre et de sauver leurs frères et sœurs de la misère…

Dans de nombreux pays d’Afrique, dont le Kenya, l’albinos est considéré comme un être aux pouvoirs surnaturels ou, parfois, comme une créature maléfique. Les sorciers diffusaient ces croyances auprès de la population en promettant longue vie, richesse et pouvoir à qui consommerait des poudres et des substrats obtenus à partir des membres, des organes ou des cheveux d’albinos, qui se vendaient à prix d’or. Face à ce marché juteux, la chasse aux albinos se répandit en Afrique avant les années 2000, prenant au fil du temps un essor inquiétant.

Et puis, patatras, toute l’émotion retombait comme un soufflé (ou autre chose, pour les plus coquins) à cause du style d’écriture qui était plat et sans âme.

Autre truc… durant tout le roman, elle se fait regarder de travers par le flic d’origine mexicaine, il la déteste, il se moque de ses méthodes de travail et puis, là, tout à coup, après les huit dixième du roman, soudain, il commence à l’apprécier, à lui parler, boum, sont quasi copains ! Non, revirement trop rapide.

Quant aux méchants, j’éviterai de vous parler de ces revirements de situations qui font que personne ne joue au Grouchy arrivant sur le champ de bataille de Waterloo – morne plaine – quand tout est terminé. Non, ici, tout le monde a du sang de Zorro !

Ce roman manque de profondeur, d’émotion et la surenchère de « gore » détruit les émotions qu’il aurait dû faire naître en moi.

Avec un sujet aussi important au menu, dans un décor rempli de misère, c’est malheureux d’avoir fait un roman aussi foireux.

De bons ingrédients, un chaudron qui ne demande qu’à bouillir, pour arriver à un résultat tel que ce que je viens de lire, c’est donner des perles aux cochons ! Et j’en suis la première peinée que le beau côtoie le médiocre.

Ainsi équipée, les épaules mates et luisantes au soleil, le visage en feu, le maillot moulé sur une poitrine ferme et les muscles tendus, Hanah avait tout d’une guerrière. Une amazone armée d’un fusil-mitrailleur à la place d’un arc. [Vous étonnez pas que je l’aime pas, la Hanah !]

BILAN - Minion M'attendais à mieux

 Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015).

CHALLENGE - Thrillers polars 2014-2015 (1)

Josey Wales hors-la-loi : Forrest Carter

Titre : Josey Wales hors-la-loi                                                           big_4

Auteur : Forrest Carter
Édition : Payot et Rivages (2015)

Résumé :
Alors que la guerre de Sécession est sur le point de se terminer, Josey Wales, un paisible fermier, voit sa femme et ses fils massacrés par des pillards nordistes. Il s’associe alors avec des renégats sudistes pour mener à bien sa vengeance.

Western d’aventure et roman noir culte, adapté au cinéma par Clint Eastwood (1976).

Critique : 
D’emblée, oublions le film magistral avec Clint « Blondin » Eastwood car il y a des différences (film centré sur une vengeance) et concentrons-nous sur le roman original.

Si les manuels d’Histoire nous ont appris que la guerre de Sécession a débutée en 1861, on avait omis de nous signaler que cela faisait déjà 6 ans que la frontière entre le Kansas et le Missouri était mise à feu et à sang par des maquisards du Nord ou des guérilleros du Sud.

Josey Wales, paisible fermier dans les monts Ozark a retrouvé sa famille massacrée par des Redlegs (bandits agissant pour le compte des troupes nordistes) et notre homme, fou de douleur, a rejoint les outlaw Sudistes. La chevauchée qu’ils accompliront sera sanglante et ils ne laisseront que ruines fumantes derrière.

En 1865, la guerre de Sécession a cessée, c’est sûr, mais Josey Wales a refusé l’amnistie promise aux outlaw qui avaient fait la guérilla durant presque 10 ans.

Le roman n’épiloguera pas sur les années de guérilla menée par Wales et les célèbres hors-la-loi qui l’accompagnaient, mais il se concentrera plutôt sur la fuite de Wales vers le Texas puisqu’il a refusé l’amnistie.

À priori, on pourrait croire que l’on va détester cet homme qui a commis des pillages, tué des civils, des innocents ou des coupables…

Étrangement, non, il n’en est rien, parce que si Josey est un outlaw, il est aussi un homme de parole, fidèle à ses amis et ne les abandonne pas, même grièvement blessé, comme il le fit avec Jamie Burns.

Ce roman, c’est un voyage initiatique vers la rédemption, même si au départ Josey ne le sait pas encore.

Les pages se tournent toutes seules, la tension est souvent à son comble pour certains passages, ça se lit vite, ça se lit avec plaisir, ça se dévore, mais gaffe aux hémorroïdes à force de chevaucher dans vastes plaines des États-Unis.

Son voyage vers le Texas sera semé d’embuches, mais aussi de belles leçons de courage et d’amitié, entre lui, son ami Cherokke Lone et une indienne Petit Clair de Lune. Personne ne dira des mots d’amitié, mais chacun est prêt à donner sa vie pour les autre.

Le texte est puissant, beau, empreint de beaux discours sur les hommes qui peuvent vivre ensemble sans s’entretuer. Il y a de la philosophie, dans ce roman noir.

Pourtant, je suis tombée de ma selle en lisant dans la postface (heureusement à la fin du livre et pas au début, normal, c’est une « post ») que l’auteur (de son vrai nom Asa Earl Carter) avait une forte odeur de souffre car il avait été affilié au Ku Klux Klan. Et je vous passe le reste. Glop.

Mais au diable l’auteur et son passé sombre, moi, je ne m’attacherai qu’au roman et au formidable voyage dans lequel il m’a emmené !

Des outlaws qui font pleuvoir les balles, tirant plus vite que Lucky Luke et galopant ventre à terre, le tout dans une nature encore vierge, moi, ça me botte.

Ajoutez-y des indiens, des grands sentiments d’amitié, une touche d’amour, un fond d’Histoire et la tronche des bandits sur format A4 cloué sur les arbres et moi, je ne me sens plus.

Sautez en selle, prenez les rênes dans vos dents et sortez vos six-coups si vous voulez traverser toutes ces belles étendues sauvages en un seul morceau.

« Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Challenge « La littérature fait son cinéma – 4ème année » chez Lukea Livre, Le « Challenge US » chez Noctembule et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.BILAN - Coup de coeur