La liste des sept : Mark Frost [LC avec Stelphique et Ju Lit Les Mots]

Liste des Sept - Mark Frost

Titre : La liste des sept

Auteur : Mark Frost
Édition : Pocket (1999) / 10-18 (2016)

Résumé :
Un jour de Noël 1884, à Londres, un jeune médecin nommé Arthur Conan Doyle est convoqué à une séance de spiritisme.

Il est lui-même un spécialiste de l’occulte, ayant écrit un roman sur le sujet, inspiré des écrits très mystiques de Madame Blavatsky. À la suite de cette séance, Doyle est en danger de mort, son appartement est incendié, sa voisine russe assassinée !…

Un agent très spécial de la Reine vient à son secours et lui explique que son propre frère, qui a tué père et mère, s’est ligué avec quelques personnages éminents pour placer sur le trône d’Angleterre une réincarnation du diable.

Or ces 7 conjurés sont les membres du conseil d’administration de la maison d’édition qui doit publier le roman de Doyle. Une histoire ébouriffante, pleine de violence, de visions effrayantes, de suspense, de rebondissements où l’auteur introduit le lecteur dans l’univers sombre du crime de l’Angleterre victorienne.

Petit Plus : Mystère, action, suspense, amour et amitié, ce roman, à la manière des aventures de Sherlock Holmes avec un zeste d’Umberto Eco, est un grand divertissement.

The list of seven - Mark FrostCritique :
Pour cette LC en triumvirat, on s’était laissée tenter par la proposition de Collectif Poalr. Alors, verdict ?

Je ne suis pas opposée au fait que l’on réécrive le canon holmésien dans un roman et que l’on change des points importants comme la personne qui inspira le personnage de Sherlock Holmes.

Ma foi, on peut violer le canon holmésien si c’est pour lui faire de beaux enfants (citation de Dumas mise à la sauce adéquate).

Hors, ici, j’ai l’impression que le canon holmésien s’est fait monter dessus par le Da Vinci Code, Harry Potter, Indiana Jones et James Bond. Après, d’autres lui sont passé dessus en long, en large et en travers, notamment la Malédiction de la Momie en version Walking Dead pour ne citer qu’eux.

De cette partouze livresque, il n’est sorti rien de bon.

Pour résumer, on a du sous Da Vinci Code avec ses réflexions ésotériques, ses pensées philosophiques à deux balles et un rapide procès à charge sur la religion catho qui n’a même pas droit à un avocat pour assurer sa défense (les droits de l’accusé sont bafoués).

De notre Harry Potter, il n’est resté que la locomotive de la voie 9 3/4 et les gardiens d’Azkaban en version moins éthérée.

Quand à Indiana Jones (sans fouet et sans chapeau) on a un truc qui ressemblerait aux Aventuriers du Canon Holmésien Perdu dans le Temple Maudit de la Dernière Croisade Au Service Secret de Sa Majesté.

Que ce Conan Doyle de fiction ait pris pour modèle un certain Jack Sparks pour nous inventer son Sherlock Holmes, je suis pour. Sparks en a la force de caractère, il traque les criminels et possède des fiches sur eux, a un certain sens de la déduction, sait se déguiser, se pique à la cocaïne et joue du violon (en fait, on pourrait dire que c’est l’auteur qui s’est inspiré du personnage de Holmes pour son Sparks).

Qu’il lui arrive des tas d’aventures mélangeant du Indiana Jones et du Bond, le tout servi à la sauce fantastique, ça commence à coincer grave (surtout sans vaseline)… Au Grand Complot Satanique, là, j’ai sauté du train en marche.

Aucune cohérence, des événements fantastiques qui n’ont pas l’air d’émouvoir notre Conan Doyle, même après la dévastation de son appart par une explosion ectoplasmique.

Nos personnages, poursuivis par des créatures non vivantes, découvrent un passage secret et une locomotive en état de marche sous terre, qui les ramènera à Londres, mais pas sur la voie 9 3/4… Et j’en passe des bien pires.

Niveau Graaand Méchant, il n’a pas l’étoffe d’un salopard genre Ramsay Snow-Bolton (GOT, pour les absents) mais on se doute qu’il donnera naissance au personnage littéraire de Moriarty.

Et à la fin, on croise un bébé qu’on aurait envie de jeter dans les chutes de Reichenbach mais qui à l’avantage de « clore » l’affaire car nous savons QUI il est et ce qu’il fera. Mais de cette manière, on l’absout des horreurs qu’il mettra en place au siècle suivant et là, je coince encore plus.

Anybref… On a mélangé des ingrédients fantastiques, policiers, des personnages réels (Conan Doyle et Bram Stoker) et de fictions, des tas de trucs disparates qui donnent au final une soupe indigeste qu’on avale parce qu’il faut bien étant donné que les copines de la LC boive le même vin jusqu’à la lie.

Un vrai ragoût insipide aux relents fantastiques un peu trop exagérés pour être crédibles, le tout assorti d’une sauce hollywoodienne avec des retournements de situation toutes les dix pages et des créatures des enfers tous les chapitres pour nous donner un Gros Complot Mondial ET Satanique. Bla-bla-bla…

Chez Harry Potter, ça passe, dans Indiana Jones aussi, chez James Bond pareil, mais faut dire aussi que l’écriture et les scénarios étaient plus relevés que ce qu’on tente de nous faire avaler ici.

Le créateur de Twin Peaks a voulu mélanger les genres et trop d’imagination tue l’imagination et surtout le roman.

Si j’ai un meuble à caler…

Étoile 1

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, Le « Challenge US » chez Noctembule, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge British Mysteries chez My Lou Book, RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires et « A year in England«  chez Titine.

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Pourquoi je l’ai choisi (par Stelphique) :
Nous avions vu l’article chez Collectif Polar, qui en vantait les mérites, et au vu de ses impressions et son synopsis, j’étais vraiment tentée, mais là, petite proposition de LC de la part de Ju, qui veut faire un plan à 3, et Belette d’accepter…

Voilà comment on se retrouve sur cette lecture, après beaucoup de MP en coulisses, et d’organisations journalières en LC Trinominale….*Ouais je sais, il existe même pas ce mot !!!! Mais Est-ce important ?*

Synopsis :
Qui veut la peau d’Arthur Conan Doyle ? En quelques jours son appartement est dévasté par une explosion ectoplasmique, sa voisine est assassinée et lui-même manque de se faire dévorer par une espèce de gargouille gothique ! Voilà qui dépasse l’entendement du brave Claude Leboux, un inspecteur de Scotland Yard peu habitué à combattre les puissances des ténèbres. Pour Jack Sparks, en revanche, tout ceci est très clair, élémentaire même…

Mais peut-on faire confiance à un individu qui sort d’un asile d’aliénés, consomme de la cocaïne et affirme recevoir ses ordres de la reine Victoria ?

Mystère, action, suspense, amour et amitié, ce roman, à la manière des aventures de Sherlock Holmes avec un zeste d’Umberto Eco, est un grand divertissement.

Les personnages :
Je ne pourrais tous les nommer, tellement il y en a une pelletée…. Tous oubliés d’ailleurs, à la fermeture de ce livre….

Ce que j’ai ressenti:….Un ennui, mais un Ennui d’une force……
Je tenais à dire que ce genre de livres c’est vraiment mon petit plaisir, habituellement… Tout ce qui touche à l’ésotérisme, au fantastique, la Magie, c’est vraiment un petit péché mignon que j’aime à lire à l’occasion avec plaisir….

Mais là, je ne sais pas ce qu’il s’est passé ou pas passé d’ailleurs, je suis restée à coté, mais, TOUT le long… Je me disais « Allez force toi un peu, tes collègues l’ont déjà fini » (ah oui, parce que dans le genre escargot, je les ai fait attendre, peuchère :()….

Et comme on ne dévoile pas nos impressions « en cours » pour ne pas s’influencer, je croyais qu’elles étaient à fond, vu la vitesse à laquelle elles l’ont lu….. (pfff, je me marre maintenant…).

« Il vaut mieux passer pour un imbécile en se taisant que de dissiper le doute en ouvrant la bouche. »

On va dire que tant que ce n’était que Doyle, et sa vie réinventée, ça allait….. Mais c’est dans la suite des évènements que j’ai décroché… Trop de rebondissements et de situations non vraisemblables…

Trop de personnages qui viennent se greffer, (et je crois que j’ai failli vomir en voyant arriver le Bram Stoker)…. Trop, c’est trop…. Faut arrêter au bout d’un moment…

Déjà qu’il faut ingérer le coté fantastique, la touche d’époque et les agissements malsains, en plus on nous colle de la philosophie à deux francs, qui sorties de leur contexte pourraient être intéressantes, mais là, comme elles interviennent, ça va pas…. Enfin, c’est trop pour moi….

« Nous n’avons pas conscience que nos idées, nos sentiments ne sont pas réellement les nôtres, sinon comment pourrions nous jour après jour répéter des simulacres, nous plier à des rites qui nous stérilise au lieu de nous vivifier? »

J’ai mis une plombe à le finir, je me suis vraiment forcée car je suis en LC, mais sinon sans cet impératif, dès les premières pages je l’aurai laissé tomber…

J’ai bien conscience que ce livre pourrait plaire à certains lecteurs, mais moi, je suis complètement passée à coté. C’est le genre de livres qu’on aime ou qu’on déteste, le mieux c’est que chacun s’en fasse son propre avis…

« Il est plus facile d’éviter le premier pas sur le chemin de la ruine que de résister aux milliers d’autres qui suivent inéluctablement. »

fee clochette fachee

Ju lit les motsAvis de Ju Lit Les Mots : J’ai repéré ce bouquin, sur le blog de Collectif Polar qui en parlait tellement bien que j’ai immédiatement eu envie de le lire et comme Stelphique en avait envie et que chez le Cannibal lecteur le bouquin prenait la poussière, j’ai émis une drôle d’idée !

A force de voir le plaisir (haha) livresque qu’elles prenaient à faire leur lecture commune, je me suis dis que moi aussi j’avais envie de goûter à ce plaisir !

*********  Avis   *********

Malgré un début prometteur, au bout de 60 pages j’ai vraiment commencé à m’ennuyer ferme, mais je me disais « Na » c’est juste une mauvaise impression ça va décoller…

Trop d’imagination tue l’imagination. Tout est dans l’excès…

« N’oubliez pas ceci : quand le chemin vous semblera impraticable, quand vos espoirs seront anéantis, quand la mort elle*même paraîtra imminente, vous n’aurez d’autre solution que de raser la montagne. C’est ainsi, et ainsi seulement, que vous pénétrerez dans le nouveau pays… »

Au départ je pensais lire un roman d’aventure de Sherlock Holmes, je me suis retrouvée dans un mélange entre l’exagération du film Alice aux pays des Merveilles et les aventures de Harry Potter ! Bref, trop de rebondissements qui n’apportent rien, qui brouillent les pistes et embrouillent le lecteur…

Un rebondissement, toutes les  trois pages avec des meurtres, des morts vivants, un complot contre la royauté, des adorateurs d’une créature des Ténèbres, qui ne demande qu’à revenir dans le monde des vivants… On entre là dans une fiction complètement tarabiscotée (yes j’ai réussi à placer ce mot ).

« Un complot exige le secret; or la nature humaine étant ce qu’elle est, plus de gens s’en mêlent, moins le secret est préservé. »

Euhhh y a même une locomotive, en parfait état de marche ??? !!!! Grâce à laquelle les personnages se déplacent aussi facilement que si les voitures modernes existaient ! Et j’exagère à peine …

Désolée Geneviève, mais je me suis noyée dans un océan d’incompréhension ! Trop tiré par les cheveux pour moi…

 » L’enseignement spiritualiste est de la foutaise. Nous devons assumer dans ce monde la personnalité que nous possédons en naissant… »

J’ai bien failli laisser tomber ma lecture à plusieurs reprises, avec cette sensation que plusieurs écrivains s’étaient glissés dans la peau de l’unique auteur de ce roman, une surenchère d’évènements jalonnent la route de ces apprentis aventuriers qui ne savent même pas où ils vont.

Bizarrement, la toute fin amène une « certaine cohérence » à l’ensemble… dommage que ce livre soit aussi fouillis.

« Le génie du mal rôde dans ce monde et j’avais vécu sous son ombre. »

Dommage que cette fin « cohérente » donne une justification à une horreur historique qui pourrait en choquer plus d’un puisqu’on « donne » à cet homme une « excuse » pour les crimes de masse qu’il fera commettre au nom de son idéologie !

« Alors même que nous nous congratulons de notre raffinement, la misère et la souffrance accablent les hommes à un jet de pierre de ces fenêtres. Comment ne pas s’interroger ? Nos réussites comptent-elles pour rien si tant d’hommes ne peuvent encore en bénéficier ? Quelle valeur accorder à notre passage dans cette vie ? Quel héritage – si héritage il y a – notre époque lèguera-t-elle aux générations futures ? »

Bon j’ai pris mon pied avec avec cette lecture commune et bien rigolé aussi.

 

 

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« Jack The Ripper » de Jesús Franco (1976) [FILMS]

Jack l’Éventreur (Jack the Ripper) est un film germano-suisse réalisé par Jesús Franco sorti en 1976.

  • Titre : Jack l’Éventreur
  • Année : 1976
  • Réalisateur : Jesús Franco
  • Genre : Horreur
  • Musique : Walter Baumgartner
  • Scénario : Jesus Franco et Jean-Claude Carrière
  • Durée : 92 min

1. Synopsis :

Le Dr. Dennis Orloff est un médecin respecté de tous, à la générosité qui semble être sans limite.

Pourtant, derrière ce parfait exemple de la société civilisée, se cache un redoutable tueur en série, connu sous le nom de Jack l’Éventreur, qui tue et démembre brutalement des filles de joie, afin de… [No spoiler].

2. Distribution :

  • Klaus Kinski : Dr Dennis Orloff / Jack l’Éventreur
  • Josephine Chaplin : Cynthia
  • Andre Mannkopff : Inspektor Selby
  • Herbert Fux : Charlie, the Fisherman
  • Lina Romay : Marika Stevenson
  • Nikola Weisse : Frieda
  • Ursula von Wiese : Miss Higgins
  • Hans Gaugler : Mr. Bridger, the blind man
  • Francine Custer : Sally Brown, first victim
  • Olga Gebhard : Ms. Baxter
  • Angelika Arndts : Ms. Stevenson
  • Peter Nüsch : Sergeant Ruppert
  • Esther Studer : Jeanny, second victim
  • Regine Elsener : Blondy
  • Lorli Bucher : Lulu
  • Mike Lederer : Coach Driver
  • Otto Dornbierer : Charlie’s friend

3. Anecdotes :

Ce film a été tourné sans son, les acteurs pouvaient jouer dans la langue qui leur était le plus facile, selon leur nationalité. La post-synchronisation s’est donc faite après.

C’est la langue allemande qui a été faite en premier, donc la version originale est considérée comme étant la version allemande, bien que les mouvements de lèvres des acteurs ne soient pas plus exacts avec les dialogues que les version anglaises et françaises faites ensuite.

Klaus Kinski a doublé lui-même les versions allemande et anglaise, pour son rôle.

Ce que j’en ai pensé :
— Non mais allo quoi ?? On a gâché de la pellicule pour réaliser ce film ?

Seriously ? Voilà ce qui s’appelle gâcher du matériel et faire perdre son temps aux gens…

Là, je peux le dire, je viens de regarder LE nanar du mois Anglais, Ze nanar on Jack The Ripper.

J’ai aussi dans ma manche Ze nanar of Sherlock Holmes, mais bon, celui-là c’était un second visionnage, ici, c’est le premier et ça fait mal aux yeux.

Bon, d’entrée de jeu, Jack a déjà frappé… On commence le film avec une pute saoule qui refuse de faire crac-crac avec un monsieur portant un costume noeud-pap… parce que pour une guinée, c’est non !

Nous savons (ceux qui ont suivi mon travail sur Jack en juin 14) qu’en 1888, les prostituées touchaient en moyenne 6 pences pour faire trembler les genoux de leur client…

Elle refuse une guinée ?? Valeur de la guinée ?

Parenthèse culturelle : certes, la guinée a été retirée de la circulation en 1817 pour être remplacée par le souverain, mais malgré tout, le terme guinée continue à être utilisé durant le XIXe siècle pour exprimer un montant de 21 shillings, soit une livre et un shilling (ou un souverain et un shilling).

Le penny, au pluriel pence pour la somme d’argent ou pennies pour les pièces elles-mêmes, est une pièce en bronze valant 1/12 de shilling (1/240 de livre). La pute refuse une passe qui rapporte en temps normal 6/12 de shilling alors qu’on lui propose 21 shillings ?? Impensable ! Fin de la touche culture.

L’homme bien habillé qui sort du pub un peu louche ? Irréaliste !

La prostipute habillée proprement, avec des vêtements même pas rapiécés ? Jamais vu ! Des dents si blanches qu’elles pourraient tourner dans une pub pour Ultrabright ?? N’importe nawak !

Que voilà des prostituées bien vêtues !!

Les décors sont cheap, les endroits qu’elle traverse trop bourgeois pour une pute de Whitechapel, la musique est à chier aussi.

L’agression de cette pute ? Les vêtements sont déchirés plus rapidement que si c’était ceux utilisé par Arturo Brachetti lors d’un de ses shows.

L’agresseur, bien habillé, la transporte via une barque dans un autre endroit où une complice le reçoit, l’appelant « docteur ». Peu de sang, sur le sac… et on s’en débarrassera, après découpage intégral, dans la flotte.

Ne cherchez pas de point commun avec le véritable Jack, ni avec ses crimes, parce que nous en sommes trèèèèèèès loin.

L’inspecteur qui mènera l’enquête ne mérite pas le nom d’acteur parce qu’il a trois expressions faciales sur le visage. Et encore, je suis large en disant 3 !

La plupart des « acteurs » (peut-on les désigner ainsi ??) fournissent le minimum syndical, donnent l’impression qu’ils sont là par hasard et ça ajoute de l’horreur dans ce film qui ne volera jamais plus haut que le derrière d’un mollusque.

L’inspecteur est celui de gauche, bein entendu !

Klaus Kinski est minable dans le rôle, lui aussi… Pourtant, il a la gueule de l’emploi pour camper un Jack l’Éventreur correct, mais lui aussi donne l’impression d’être ailleurs et passe totalement à côté du personnage.

Même pas un grain de folie à donner à son personnage, comme Heath Ledger le fit avec une interprétation magistrale du Joker dans Batman.

Ses dialogues en sont sans doute la cause, parce que entre les trois mots qu’il balance à sa logeuse où à ses malades, tous des indigents qui ne paient pas, on ne peut pas dire qu’il ait aussi de quoi nous éblouir.

Le scénariste et le dialoguiste devaient être eux aussi au minimum syndical… Un tueur de putes la nuit qui soigne les pauvres le jour, ça fait très Dr Jekyll et Mr Hyde.

On touche le fond aussi avec le témoin aveugle du meurtre de Sally Brown… Il est aveugle, donc, son odorat et son ouïe est plus développée que les nôtres. Je ne discute pas.

Mais, rien qu’en sentant l’odeur qui se dégageait du meurtrier et en écoutant ses halètements, le Gilbert Montagné de la rue nous la joue « profiler » et nous dresse un de ces portrait psychologique de l’assassin que même ceux d' »Esprits Criminels » n’oseraient pas faire sous peine de se faire lyncher.

Des odeurs de belles étoffes, odeurs de plantes rares… Il sent même ses irradiations… L’homme qui tue les putes n’est pas un sadique, mais il a aussi un grand cœur.

Si l’homme avait pété, l’aveugle nous aurait dit ce qu’il avait mangé il y a 3 semaines et donné ses bulletins scolaires pour le même prix.

— Quand j’étais jeune et que mes parents voulaient me punir, ben ils changeaient tous les meubles de place, les salauds !

Hé, partez pas encore, je vais aussi vous parler de cette poursuite interminable entre « Jack » et une prostituée dans des bois où il fait clair comme en plein jour avec des tonnes de fumée artificielle dans les arbres…

Bon, là au moins, ils n’ont pas oublié d’ajouter le brouillard, parce qu’après le premier meurtre vu par le téléspectateur, une vieille rombière, témoin du meurtre, dit qu’elle avait pas bien vu avec tout le brouillard, hors nous, on n’avait pas de brouillard !!

Bref, la pute, il la poignarde (scène horriblement filmée), lui arrache les vêtements aussi facilement que si c’était du papier tout fin, la viole debout contre un arbre, vous voyez même les soubresauts du bassin de monsieur qui copule avec la dame sans lui demander son autorisation.

— T’as d’beaux nichons, tu sais !

Le must est encore à venir ! Par miracle, elle survit assez longtemps pour arriver jusqu’à l’antre de Jack l’Éventreur.

Elle ne décédera qu’après s’être fait enlever un nichon par ce bon vieux Kinski qui nous la joue Nip/Tuck…

Tout cela étant naturellement mal joué, mal filmé, mal musicalisé, pas effrayant du tout et encore moins captivant.

Le film oscille sans cesse (et en dents de scie) entre la violence, le côté gore des meurtres ou les scènes de cul…

Une fois de plus, comme en cuisine, le dosage de ces ingrédients est à calculer pour ne pas devenir ad nauseam.

Le mobile des meurtres est à hurler de rire, rien n’est cohérent dans ce film (vêtements pas d’époque, des dents trop blanches, des taches sang couleur rouge mais jamais sombre, du brouillard de merde, acteurs, personnages…).

Coup de poignard final ?
Jack l’Éventreur, version Jesús (mais j’avale pas) Franco, est, pour le moment, l’un des plus médiocres films sur le célèbre meurtrier de Whitechapel.

N’ayant pas encore tout vu, tout est encore de l’ordre du possible, bien que je me demande s’il est vraiment possible de tomber encore plus bas que cette merde.

Tapez-vous la version des Frères Hughes, « From Hell » avec le bô Johnny Deep  ou faites vous offrir celle – un peu moins connue – mais très bien faite de David Wickes, « Jack l’Eventreur », avec Michael Caine dans le rôle d’Abberline (un téléfilm en deux volets).

BILAN - Minion mauve - WTF OK

Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

CHALLENGE - Mois Anglais 2015 Minions - OK

La dernière victime : Emmanuel Ménard

Titre : La dernière victime                                                         big_3-5

Auteur : Emmanuel Ménard
Édition : Le masque (1992) CyLibris (2002)

Résumé :
Le 31 août 1888 débute dans les bas-fonds de Londres, dans le quartier de Whitechapel, une des plus célèbres affaires criminelles au monde.

En l’espace de quelques mois, la mort de quatre prostituées, retrouvées horriblement mutilées, fait surgir la figure diabolique de Jack L’Éventreur, la terreur de l’East End, dont l’identité est encore à ce jour demeurée mystérieuse.

Depuis cet automne de 1888, les hypothèses les plus folles se sont succédé… Complot franc-maçon, rejeton royal sombré dans la folie, médecin de la reine cherchant à venger la mort de son fils syphilitique, toutes les pistes ont été suivies…

Sans résultat, et pour cause, ainsi que vous pourrez le découvrir ici en côtoyant tous les acteurs de ce drame, du chef de la police londonienne, sir Charles Warren, à un jeune auteur de romans de détection, un certain médecin du nom de Conan Doyle…

Critique : 
The return of Jack The Ripper ! ♫ Tonton Jack est revenu ♫ Du sang, des viscères, comme on en avait jamais vu ♪

Non, non, il n’est pas « revenu » au sens premier du terme, c’est juste moi qui ait lu beaucoup sur lui ce mois-ci, dont un pas plus tard que le lundi 15 juin.

Là, je suis contente de ma lecture, pas de dégommage de roman en règle, pas de tir au bazooka sur un auteur qui tenterait à l’aide d’hypothèses foireuses ou capillotractées de nous faire croire que l’affaire est classée car il (elle) l’a résolue.

Nous sommes face à de la fiction, mais avec des personnages connus puisque nous croiserons Arthur Conan Doyle, médecin écossais qui a écrit un roman avec une sorte de détective appelé Sherlock Holmes (marchera jamais, mdr), le fameux incompétent Sir Charles Warren (chef de la police de Londres), l’inspecteur Abberline, Sa Très Gracieuse Majesté, etc.

— Ce général Warren, fit Elizabeth, tout gentleman qu’il est, me paraît fort incompétent.
— Je ne suis pas d’accord, s’écria Hallward émergeant de son mutisme. Warren n’a rien d’un gentleman.

Ici, les descriptions des meurtres, tout en étant véridiques, sont tout de même édulcorées, vous ne devrez pas lire les rapports d’autopsie (zut alors), ce qui fait que les âmes sensibles pourront le lire sans défaillir.

Les descriptions de l’East End ne sont pas détaillées comme dans les autres romans qui avaient tout du roman noir, mais l’accent est plus mis sur la psychologie des gens.

Nous avons tout d’abord le reflet des mœurs et des pensées de l’époque : pas de femmes dans la police; les meurtres ne peuvent être que des actes d’étrangers, jamais un anglais de ferait ça; le colonialisme, c’est bon pour les peuples parce qu’ils faut bien les civiliser, ces sauvages; quand à l’esclavage, c’est pas mauvais pour la santé, enfin !

Sans oublier que tous ces gens bien pensant des beaux quartiers se fichaient pas mal des gens qui vivaient dans « l’abîme » (l’East End), étaient tout à fait d’accord et heureux lorsque Sir Charles Warren fit charger 20.000 chômeurs par les policiers, déclenchant un Bloody Sunday…

Les gens riches et aisés se moquaient bien de la misère noire qui régnait dans certains quartiers et après deux meurtres sanglants, les voilà qui veulent jouer les bons samaritains. Hypocrisie, quand tu nous tient.

—[…] Depuis la mort de Mary Nichols, tout le monde, et notamment les gens aisés de Londres, s’aperçoivent que durant des années, ils ont côtoyé avec un mépris souverain une misère noire qui les dérangeait parce qu’elle était devant leur porte. Et pour rattraper des décennies d’hypocrisie, tout le monde s’émeut brusquement, clame la misère de l’East End, et veut apporter son écot pour améliorer la situation de Whitechapel. Ceux là même qui applaudissaient Warren quand il fustigeait « la racaille » sont les premiers à vouloir jouer les bons samaritains. Quel qu’ait été le but de Jack l’Éventreur, il aura au moins réussi à nous ouvrir les yeux sur la situation de l’East End ! D’après mon ami, tel a peut-être été toujours été le mobile de l’assassin.

Avec un style tout ce qu’il a de plus classique dans l’écriture, l’auteur nous entraine dans les rues de Whitechapel ainsi que dans l’enquête sur le fameux Jack menée par un pair du royaume : Lord Edward Ashley.

Œuvre de fiction, donc, pas de coupable ayant une existence réelle, mais tout de même bien trouvé. J’ai entrevu la vérité peu de temps avant Edward et je me suis demandée comment l’auteur allait meubler les 60 dernières pages.

Pas de panique, elles furent bien meublées et j’en suis restée ébahie. Purée, c’est vache un coup pareil mais bien pensé. Juste un léger bémol : tenir autant de gens dans le secret n’est pas très réaliste parce que les gens, ça parle !

Mention très bien pour un blackmailer qui, malgré toute ses exactions m’est resté sympathique jusqu’au bout.

Un bon roman fictionnel sur Jack The Ripper, sans trop de sang ou de boyaux, sans les théories fumeuses habituelles, avec une enquête bien ficelée, brillante et des personnages sympathiques et réels (pour certains).

Ça fait du bien après les spéculations orientées de madame Patricia Cornwell…

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), Challenge « Polar Historique » de Sharon, Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Prix du Roman Policier du festival de Cognac 1992) et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.