Le fini des mers : Gardner Dozois

Titre : Le fini des mers

Auteur : Gardner Dozois
Édition : Le Bélial’ Une Heure Lumière (28/06/2018)
Édition Originale : Chains of the Sea (1973)
Traduction : Pierre-Paul Durastanti

Résumé :
Un jour, ils débarquèrent, comme tout le monde l’avait prévu. Tombés d’un ciel bleu candide par une froide et belle journée de novembre, ils étaient quatre, quatre vaisseaux extraterrestres à la dérive tels les premiers flocons de la neige qui menaçait depuis déjà une semaine.

Le jour se levant sur le continent américain, c’est là qu’ils atterrirent : un dans la vallée du Delaware vingt-cinq kilomètres au nord de Philadelphie, un dans l’Ohio, un dans une région désolée du Colorado, et un (pour un motif inconnu) dans un champ de cannes des abords de Caracas, au Venezuela…

Critique :
Ça y est, les extra-terrestres ont débarqués et je vous le dis de suite, nous sommes loin de ceux dans le film des « Gendarmes » où « ils rouillent, mon adjudant, ils rouillent » !

Pas de ça ici, nous sommes face à des E.T d’un autre genre et ils semblent bien plus dangereux que ceux croisés ailleurs, bien plus intelligent et préfèrent discuter avec nos I.A ou les Autres…

Deux ambiances différentes dans cette novellas : l’arrivée de quatre vaisseaux extra-terrestres d’un côté, la population que l’on tient à l’écart.

De l’autre, Tommy, un jeune garçon rêveur vivant dans une famille où les parents s’engueulent, où les coups frappent et où notre Tommy est capable de voir les Autres qui vivent dans notre monde.

Si les réactions face à l’atterrissage d’un vaisseau au Venezuela vire à la guerre civile, à l’empoignade, chez les Américains du Nord, ce n’est pas mieux, même si tout est sous contrôle… Enfin, qu’ils croient !

J’ai aimé ces deux récits qui, au départ, ne semblent avoir aucun rapport l’un avec l’autre. Face aux brimades que Tommy reçoit chez lui, face au traitement qu’il reçoit de la part de sa maîtresse (un bûcher, vite !), on se dit que le plus urgent serait de l’aider et de s’occuper des E.T ensuite…

Comme quoi, face à sa douleur de ne pas être écouté, compris, lorsqu’on est dans un cercle vicieux sans fin, ce qu’il se passe dans le reste du Monde, même grave, important, passe en second plan.

D’ailleurs, l’invasion ne pourrait être qu’un prétexte pour nous parler de l’incompréhension des enfants face à certains comportements des adultes.

Écrit en 1973, cette novellas de SF n’a pas mal vieilli, si ce n’est que personne n’a de téléphone portable ou de PC, que les réseaux sociaux n’existent pas, empêchant les gens de propager les nouvelles, mais en ce qui concerne les chaînes de télé, les États-Unis étaient mieux lotis que nous.

Une excellente novellas pour ceux ou celles qui, comme moi, ne sont pas familière de l’univers SF mais qui ont envie d’aller s’y encanailler en commençant petit. Un récit très émouvant.

PS : au départ, je pensais faire entrer cette novellas dans le Mois Espagnol et Sud-Américain puisqu’on parlait du Venezuela dans le résumé… Oups, on parle tellement peu de l’Amérique latine que cette novellas pourrait juste participer à la minute Espagnole (si Sharon l’organisait).

Les Traqueurs – Tome 01 – L’arme perdue des dieux : David Muñoz et Tirso

Titre : Les Traqueurs – Tome 01 – L’arme perdue des dieux

Scénariste : David Muñoz
Dessinateur : Tirso

Édition : Glénat Grafica (2017)

Résumé :
Londres, milieu du XVIIe siècle. Depuis la mort de son père, le candide Jonas, botaniste et naturaliste émérite, pratique sa passion dans la grande serre de son oncle.

Ce dernier prépare une périlleuse expédition en Nouvelle-Espagne à la recherche d’une créature fantastique issue tout droit des légendes aztèques.

Une arme perdue des dieux, une curiosité scientifique ou une juteuse attraction pour le public européen, et qui suscite bien des convoitises.

Grâce à ses compétences, Jonas va prendre part à l’aventure et embarquer, alors que les eaux des Caraïbes sont envahies par les pirates et les navires de guerre anglais et hollandais qui se disputent le contrôle des mers, à la rencontre d’un danger plus terrible encore…

Critique :
Est-ce l’homme qui prend la mer ou la mer qui prend l’homme ?

En tout cas, la mer, les Anglais et les Hollandais se la disputent, voulant être le meilleur et surtout avoir le monopole des routes et comptoirs commerciaux.

Bref, sur la mer que l’on voit danser le long des golfes clairs, ça bastonne à tour de bras et quand l’un des deux protagonistes n’a plus de bateaux, ben il n’a plus de bateaux !

1664, l’Angleterre n’a plus de navires et seul le résultat d’une expédition menée en Nouvelle-Espagne pourrait les sauver car si les Anglais mettent la main sur l’arme fabuleuse qui s’y trouve cachée, plus personne n’osera les attaquer et il n’y aura plus de guerre.

D’après les Anglais, il vaut mieux que l’arme tombe dans leurs mains que dans celles des autres… Vous avez envie de crier « Mon cul » vous aussi ? Oui, ça me fait toujours cet effet là à moi aussi ce genre de discours.

Si le scénario est un peu tarabiscoté avec les multiples flash-back qui l’encombre, une fois remis les pièces du puzzle dans le bon ordre, il ne devrait pas y avoir de problèmes de compréhensions.

Le découpage aurait peut-être dû être amené d’une autre manière car au départ, ça fait un peu fouillis car il y moult événements qui se produisent en peu de pages.

Pour un premier album, cela fait beaucoup de choses à avaler et si je peux saluer le fait que les auteurs aillent droit au but sans trop perdre de temps à chipoter, l’inconvénient est que cela donne l’impression que les personnages ont été survolés, pas assez approfondis (oui, je sais, jamais contente !), limite clichés.

Les graphismes sous forme d’aquarelles sont magnifiques, surtout quand ce sont des plans des navires ou des paysages. Les couleurs, dans des tons chauds, illuminent certaines planches et j’avais envie de les découper pour les mettre dans un cadre (moi qui aime les bateaux).

Par contre, certains visages des personnages changent d’une case à l’autre, ce qui énervant pour le lecteur, surtout lorsqu’on a eu des planches qui étaient de très belle facture, dont une avec un saut de baleine.

Ce qui m’a attiré dans cette saga, c’est le côté fantastique, la légende Aztèque de cette créature fabuleuse et qui entraîne les hommes à la recherche pour l’asservir et l’utiliser contre leurs ennemis (comme d’habitude). Au départ, nous ne savons pas s’ils poursuivent une chimère ou pas. La dernière planche laissera les lecteurs sur un beau cliffhanger et la résolution du mystère.

Anybref, on ne refera pas le Monde, l’Homme ne changeant jamais au fil des siècles, mais l’apport du fantastique dans un récit qui fleure bon les expéditions vers le Nouveau-Monde, les Cités d’Or (sans l’or) ou les flibustiers, pourrait lui donner une direction moins conventionnelle.

À voir si cela se produit dans les albums suivants…

Le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021 et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 54 pages.

Grands anciens – Tome 2 – Le dieu poulpe : Jean-Marc Lainé et Bojan Vukic

Titre : Grands anciens – Tome 2 – Le dieu poulpe

Scénariste : Jean-Marc Lainé
Dessinateur : Bojan Vukic

Édition : Soleil Productions 1800 (26/05/2011)

Résumé :
Nouvelle-Angleterre, 1850. Le jeune Ishmaël écoute avec incrédulité le récit que lui fait Herman Melville…

L’écrivain lui conte l’aventure fantastique d’un capitaine baleinier, Achab, embarqué pour une campagne qui l’entraînera aux confins des océans de la folie !

Ainsi que le destin de ce marin au corps couvert de cicatrice, qui sera peut-être le dernier espoir des matelots du Pequod.

Ishmaël ne croit pas ce que Melville lui raconte. Il ne croit pas à la folie du survivant d’un naufrage passé, qui délire et parle dans une langue qu’aucun humain ne connaît.

Et il ne croit pas à l’apparition de ce monstre tentaculaire qui envoie les navires par le fond. Ishmaël ne croit pas à la légende du Kraken.

Critique :
J’avais eu peur que le second tome ne fasse pchiiittt après un premier que j’avais apprécié, mais il n’en fut rien.

Mes attentes étaient de passer un moment de folie en mer, avec des marins courageux, un monstre horrible qui se nomme kraken, Cthulhu et de voir quel rôle on allait réserver à l’homme au mille cicatrices…

Mes attentes n’ont pas été déçues, j’ai vibré, j’ai admiré les beaux dessins, les détails, les couleurs superbes et cela m’a évité d’avoir mal au cœur sur la mer en furie (de vomir mon quatre heure et mon midi aussi).

Les puristes diront qu’on prend ses aises avec le roman de Moby Dick, avec le mythe du Chtulhu, même avec celui de la créature, mais puisque je ne voulais pas me prendre la tête, je ne me la suis pas prise.

On a de l’action, du rythme, même si on est coupé dans notre élan par Melville qui raconte cette histoire au jeune Ishmaël qui n’en croit pas un mot, bien entendu et qui lui annonce que le public ne voudra jamais d’une histoire pareille.

Peu de répit durant la lecture, un combat titanesque entre les hommes du Péquod, commandé par le Capitaine Achab, qui fait une fixette sur le kraken…

Les combats sont bien lisibles, les dessins de Bojan Vukic sont magnifiques et ma foi, il ne manquait plus que les éclaboussures d’eau, les embruns et l’odeur de poisson avarié du poulpe Cthulhu pour avoir l’impression d’y être.

Comme le match allé s’est soldé par un nul partout, avec des blessés, on aura droit au match retour entre Poulpy et Achab, avec une recrue de choix en la personne de monsieur cicatrices.

Faut pas chercher de la profondeur, il y en a peu, mais niveau action et rythme, on est servi car pas de répit pour Poulpy ! De plus, cela donne un bonne explication à la traque de folie que Achab livrera dans le futur roman de Melville.

À lire sans se prendre la tête tout en mangeant du poulpe grillé afin d’être dans le thon de l’album.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°180], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°39] et le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°06].

Grands anciens – Tome 1 – La Baleine blanche : Jean-Marc Lainé et Bojan Vukic


Titre : Grands anciens – Tome 1 – La Baleine blanche

Scénariste : Jean-Marc Lainé
Dessinateur : Bojan Vukic

Édition : Soleil 1800 (25/08/2010)

Résumé :
En 1850, le jeune Ishmaël a pour intention de quitter la marine marchande pour devenir marin sur un baleinier et, pour ce faire, s’est transporté à l’auberge de l’Amiral Bandow de New Bedford à la Nouvelle-Angleterre pour y glaner quelques précieux conseils.

En ces lieux bruyants où la bière coule à flot, il y rencontre le romancier Hermann Melville qui, fort de l’intérêt que porte le jeune homme sur la chasse au cachalot, se décide à lui faire part d’une histoire fascinante et effrayante, celle du Capitaine Achab et de son combat titanesque contre le Kraken, l’immense créature des bas fonds marins.

Commence alors un récit impressionnant dans lequel l’appel du large devient synonyme de légendes terrorisantes, de folie, de prières impies et également de démesure.

Critique :
♫ Époustouflez-moi ! Époustouflez-moi ! Là tout de suite, Allez, vite ! Sachez me faire rêver-é-é-é, M’étonner-é-é-é, Me captiver ♪ Époustouflez-moi ! ♪

♫ Sachez m’hypnotiser, Improviser, Me subjuguer ♪

(Sur l’air de « Déshabillez-moi » de Juliette Greco).

La première chose qui m’a attirée dans cette bédé, c’est la couverture ! Waw, rien à dire, elle subjugue les yeux, elle invite au fantastique, aux voyages marins, bref, à l’évasion et aux frissons.

Devant cette belle promesse, j’ai craqué de suite et j’ai embarqué les deux tomes en même que les deux Hyde contre Frankenstein. Ce que j’espérais, c’était que l’auteur allait me captiver, m’emmener ailleurs et sortir des courants marins habituels. D’où mon intro sur l’air de déshabillez-moi car je voulais être époustouflée.

Lorsqu’on mélange Herman Melville et son capitaine Achab, sa baleine blanche, le Cthulhu de Lovecraft, le Nécronomicon et que l’on raconte ce récit, assis sur une chaise de l’auberge de l’amiral Benbow (celle du Jim Hawkins de l’île au trésor) et un corps repêché qui ressemble à la créature de Frankenstein, faut s’assurer que le montage de toutes ces couches dans le gâteau soit parfait, sinon, barfaf, c’est l’embardée (l’écroulement).

Mon seul bémol sera pour l’intrusion du steampunk alors que l’univers penche plus vers le fantastique. À moins que le Nautilus n’ait un rôle à jouer dans le tome 2, je ne vois pas trop pourquoi on nous l’a montré dans l’entrepôt qui fabrique des harpons d’un nouveau genre.

Comme mes seules attentes étaient d’avoir de l’évasion, des frissons et de l’audace, j’ai été servie. Même si tous les éléments de ce premier tome proviennent d’univers différents, ma lecture a été divertissante et j’ai été époustouflée par les magnifiques dessins de Bojan Vuvik qui nous offre un kraken Cthulhutesque des plus magnifaïïïïk, mes chéris.

N’étant pas de grandes connaissances de l’oeuvre de Lovecraft, je ne porterai pas de jugement sur le fait que la bête ressemble à un poulpe, sorte de monstre marin, puisque de toute façon, je ne l’ai jamais croisée en vrai sur ma route.

Les autres critiques sont assez sévères avec ce premier album, mais vu que je n’attendais rien de plus que de l’aventure et du fantastique, je n’ai pas été déçue. J’ai été époustouflée par la grosse bêbête qui nage, qui nage et je vais de ce pas aller voir ce que me réserve le second tome.

En espérant que la suite ne fasse pas pchiiittttt.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°169] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°36]

Coup de vent : Mark Haskell Smith

Titre : Coup de vent

Auteur : Mark Haskell Smith
Édition : Gallmeister Americana (05/09/2019)
Édition Originale : Blown (2018)
Traduction : Julien Guérif

Résumé :
À quoi sert d’avoir dix millions de dollars en devises variées si, comme Neal Nathanson, on se trouve perdu en mer à bord d’un voilier en train de sombrer ? Strictement à rien, sauf à en brûler un sac ou deux dans l’espoir fou d’attirer l’attention.

Sauvé in extremis, Neal se réveille attaché au garde-fou d’une navigatrice en solitaire, méfiante et bien décidée à entendre son histoire. Neal lui parle alors de Bryan, un jeune loup de Wall Street qui a réussi à détourner un magot conséquent avant de s’enfuir dans les Caraïbes.

Bien sûr, la banque qui l’employait a lancé des enquêteurs à sa poursuite, avant que les clients spoliés ne s’aperçoivent (enfin) que les traders sont des voleurs.

C’est ainsi que Neal, accompagnée d’une pro de la finance, la très douée Seo-yun, s’est retrouvé en charge de récupérer l’argent. Simplement, il n’était pas le seul.

Critique :
Oublions pour un moment la rentrée littéraire de septembre 2020 et repartons en arrière pour revenir sur celle de septembre 2019.

Voilà une petite pépite bourrée d’humour cynique et grinçant que je n’avais pas encore eu le temps de lire et il aurait été dommage de passer à côté tant elle est bien calibrée.

Qui n’a jamais rêvé de partir au loin avec des millions après avoir arnaqué la banque ? Tentant…

Lorsqu’un trader vole des clients riches à millions, sans que cela se voit, sans avoir les yeux plus gros que le ventre et quand il monte une super combine pour ne pas être retrouvé, là, c’est le moment suprême ! On se lève et on applaudit, pour peu, on ferait un croche-pied à ceux qui tenteraient de le poursuivre.

Hélas, les traders ne peuvent pas voler les clients richissimes d’une banque ! Seule la banque peut les niquer, c’est sa prérogative, mais ne vous montrez pas plus filou qu’elle.

La construction est à rebours : nous commençons pas la scène sur un voilier en perdition, avec un homme qui brûle une partie de l’argent pour attirer l’attention d’un autre bateau. Que fait-il là ? Comment est-il arrivé là ? On le saura ensuite en commençant pas le début.

Roman cynique, grinçant, ironique, original de par sa construction et ses personnages (Bryan LeBlanc notre trader sympa, sa collègue Seo-yun Kim qui se fout de son mariage, le détective Neal et Piet, un nain Noir pourvu d’une grande queue), « Coup de vent » se dévore avec un grand sourire tant on frôle l’absurde et le burlesque à certains moments sans que jamais ça ne foire dans le scénario.

Roman noir, roman policier, roman choral aussi, il ne laisse pas indifférent car on se demande le détective Neal arrivera à retrouver Bryan qui a si bien camouflé son coup, brouillé ses pistes, pris ses précautions… Enfin, on l’espère car vous savez ce qui foire le premier dans un plan de bataille ? Le plan de bataille lui-même !

Sous couvert de cynisme grinçant et d’humour burlesque, l’auteur tacle Wall Street, ses bulles spéculatives, l’argent Roi, les riches qui veulent devenir encore plus riches, les achats d’action qui ne se font plus que pour spéculer, gagner du fric rapidement, avant de les revendre aussi vite.

Le genre de jeu auquel se livrent les super riches et qui laissent sur le carreau les petits, ceux qui ne connaissent pas tout à fait les règles du jeu, ceux qui veulent des placements bon père de famille et qui, quand la bulle éclate, se retrouvent dehors, sans maison, sans argent, tandis que les gros continuent de s’engraisser.

Un roman de bandits et de policiers mais où l’auteur a pris le contre-pied de ce que nous avons l’habitude de lire, qui nous revisite la recette éculée et nous sort un plat goûteux, épicé, sensuel, sexuel, grinçant, politiquement incorrect et aux dialogues drôles, parfois assez crus.

Fallait pas en faire plus pour régaler la lectrice que je suis.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°67] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

Jours barbares : William Finnegan

Titre : Jours barbares

Auteur : William Finnegan
Édition : du sous-sol (16/03/2017) / Points (2018)
Édition Originale : Barbarian Days (2015)
Traduction : Frank Reichert

Résumé :
Le surf ressemble à un sport, un passe-temps. Pour ses initiés, c’est bien plus : une addiction merveilleuse, une initiation exigeante, un art de vivre.

Élevé en Californie et à Hawaï, William Finnegan a commencé le surf enfant. Après l’université, il a traqué les vagues aux quatre coins du monde, errant des îles Fidji à l’Indonésie, des plages bondées de Los Angeles aux déserts australiens, des townships de Johannesburg aux falaises de l’île de Madère.

D’un gamin aventureux, passionné de littérature, il devint un écrivain, un reporter de guerre pour le New Yorker.

À travers ses mémoires, il dépeint une vie à contre-courant, à la recherche d’une autre voie, au-delà des canons de la réussite, de l’argent et du carriérisme ; et avec une infinie pudeur se dessine le portrait d’un homme qui aura trouvé dans son rapport à l’océan une échappatoire au monde et une source constante d’émerveillement.

Ode à l’enfance, à l’amitié et à la famille, Jours Barbares formule une éthique de vie, entre le paradis et l’enfer des vagues, où l’océan apparaît toujours comme un purgatoire.

Un livre rare dont on ne ressort pas tout à fait indemne, entre Hell’s Angels de Hunter S. Thompson et Into The Wild de Jon Krakauer.

Critique :
Si tenir debout sur une planche de surf au milieu des vagues ou des tempêtes est une belle métaphore de nos vie, j’aurais dû penser à me munir d’un gilet de sauvetage car je me suis noyée à la moitié du livre.

Le surf n’est pas un sport que je pratique (déjà que je ne tiens pas super bien sur un skate) mais puisque d’autres l’avaient lu et apprécié et que ces derniers n’étaient que des surfeurs du web, je m’étais dit que moi aussi j’allais aller taquiner les vagues.

Si au départ la mer était joueuse et que j’avançais bien, à un moment, c’est comme si on avait relié une ancre à ma planche, comme si je ramais à contre-courant : plus rien n’avançait et les pages se tournaient doucement, trèèèès doucement…

Alors que je me devais d’être vigilante, je piquais du nez en plein océan !

Tant que l’auteur me parlait de sa jeunesse, à Hawaï, fin des années 50, tout allait bien et même si les termes utilisés dans le surf étaient présents en masse, j’étais tout de même captivée par ces jeunes qui étaient prêt à tout pour surfer sur les vagues, à tout moment.

Ce n’est pas la première fois que je bois la tasse avec un roman, le plus chiant est que ce roman faisait partie de ma PAL Pedigree, celle des champions, celle qui se compose de livres que je veux absolument lire, ceux qui sont les plus susceptibles de me procurer des coups de coeur.

Loupé !

La Tête sous l’eau : Olivier Adam

Titre : La Tête sous l’eau

Auteur : Olivier Adam
Édition : Robert Laffont (23/08/2018)

Résumé :
Quand mon père est ressorti du commissariat, il avait l’air perdu. Il m’a pris dans ses bras et s’est mis à pleurer. Un court instant j’ai pensé : ça y est, on y est. Léa est morte.

Puis il s’est écarté et j’ai vu un putain de sourire se former sur son visage. Les mots avaient du mal à sortir. Il a fini par balbutier : « On l’a retrouvée. Merde alors. On l’a retrouvée. C’en est fini de ce cauchemar. »

Il se trompait. Ma sœur serait bientôt de retour parmi nous mais on n’en avait pas terminé.

Critique :
Après avoir utilisé mon cerveau en lisant François Cheng, je me suis tournée vers le livre que j’avais déjà extrait de ma PAL et, sans le savoir, j’ai accordé du temps de cerveau disponible à ma cervelle.

L’art est difficile, la critique est aisée et je me retrouve devant à mon écran pas tout à fait blanc, face à une particularité que bien des auteurs de critiques, qu’ils soient du dimanche ou d’un autre jour, ont dû rencontrer un jour (ou peut-être une nuit)…

Oui, j’ai apprécié ma lecture, oui j’ai passé un bon moment, oui j’ai pris une bouffée d’air frais, oui j’ai fait trempette dans la mer froide, oui je suis allée me coucher tard parce que je voulais terminer ce roman, mais…

Ben oui, le fameux « Mais » est de retour et nous ne sommes qu’en avril.

Si en avril, il ne faut pas se découvrir d’un fil, ce roman, lui, a tendance à se balader avec pas grand-chose sur le dos : peu de dialogues au départ (Antoine, le petit frère de Léa, est le narrateur), peu d’informations sur les personnages, certains manquant même de profondeur et de développement (les parents) et une sensation de « trop peu » dans la résolution de l’enquête.

Qui était-il vraiment ? Pourquoi a-t-il fait cela ? Quel était son but ? Il faudra se contenter de se dire que certaines personnes étaient au mauvais endroit au mauvais moment et que c’est la faute à pas de chance.

D’accord, le but de l’histoire est de ce concentrer sur deux ados (Léa et Antoine), que les parents ont déracinés de Paris, parce qu’ils voulaient habiter en Bretagne, dans un bled paumé et vivre comme si on était toujours en vacances.

De venir fouiller dans la tête de Léa, qui ne sait vivre qu’à Paris et qui ne veut vivre que là-bas, sur ses amours déracinés aussi (on comprend vite aux travers de ses lettres à qui elle s’adresse) et sur la reconstruction de l’après enlèvement (pas de spoiler, c’est dans le résumé éditeur).

Oui mais, là aussi, ça manque un peu d’épaisseur vestimentaire ! Littérature pour jeunes adultes ou adolescents ne veut pas dire non plus qu’il faut survoler le sujet, l’effeuiller de loin et puis laisser les lecteurs/trices dans le doute, dans les questions qui auraient mérité un peu plus de réponses et pas une explication au rabais.

L’auteur a pourtant réussi à se mettre dans la peau d’un ado de 15 ans (Antoine), même si je l’ai trouvé peu ou pas tourmenté de ce qui est arrivé à sa sœur, un peu comme s’il était dans sa bulle (c’est sans doute l’explication logique), même si, après le retour de sa soeur, il joue tout de même au petit frère sur qui elle peut compter.

Les réactions débiles de ses collègues de classe sont parfaitement dans l’air du temps et eux, c’est à se demander s’ils ont eu, un jour, un cerveau pour réfléchir plus loin que le bout de leur imbécillité.

Et la bât blesse une nouvelle fois pour manque d’épaisseur car l’auteur ne développe pas assez le cauchemar qui commence après le retour de Léa… Et je ne parle pas de ses parents, mais des copains de classe.

Ce qu’elle vit et ressent après, le sale coup qu’on lui a fait, est horrible, je n’ose même imaginer ce que je ferais si une telle chose m’arrivait (je flingue toute la classe de connards sans cervelle et je me suicide après ?), mais l’auteur passe vite à autre chose et ne prend pas assez de temps d’explorer le monde des ados, notamment leurs foutus réseaux sociaux.

Râlant parce que le roman est bon, agréable, se lit facilement, vite, donne envie d’être lu, d’être fini mais, il y a un goût de trop peu dans certaines parties et tous les grands chefs le disent : du goût, du goût, du goût ! Là, on survole et comme le disaient si bien mes profs au sujet de mes leçons : il n’y a pas eu d’approfondissement !

Malgré tout, il a fait le job de me divertir et ça, je ne lui enlèverai pas !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°208.

Âme de pirate : Charlotte Macaron [NetGalley]

Titre : Âme de pirate

Auteur : Charlotte Macaron
Édition : 404 (09/01/2020)

Résumé :
Naviguer dans ce labyrinthe d’îles, si proches les unes des autres qu’elles frôlent la coque des navires qui s’y aventurent, affronter le brouillard opaque qui les recouvre, et les ombres qui s’y cachent, relève de la folie furieuse !

Mais, poursuivi par la Marine Royale, l’équipage pirate du Saule pleureur n’a pas le choix. Ils ne se laisseront pas intimider par la sombre réputation des Mortes-Îles. Ils ont à leur bord les meilleurs navigateurs, et rien n’arrêtera leur soif de liberté.

Pourtant ce labyrinthe leur réserve bien des épreuves et ils n’en sortiront peut-être pas indemnes…

Critique :
Quand c’est bon, c’est toujours trop court…

Oui mais là, c’était vraiment trop court, limite 3 minutes, douche et préliminaires comprises…

Et pourtant, le plaisir était là.

Comme quoi, un p’tit coup rapide peut satisfaire la grande lectrice que je suis.

What did you expect ??

Merci NetGalley pour l’envoi de cet epub au bon format. Mais est-ce un court roman ou une nouvelle un peu plus épaisse ? Nous dirons que nous naviguons entre deux eaux.

Ne virez pas de bord mais tâchez de souquer ferme vers ce petit roman numérique qui possède tout ce qui fait un bon roman de piraterie.

L’auteure nous proposant une histoire courte (56 pages), elle doit mettre le lecteur de suite dans le bain, alors, peu de préliminaires et on se retrouve déjà pourchassé par trois galions de la Couronne et engagé dans un détroit d’îles qui a tout du Triangle des Bermudes.

L’élément fantastique va comme un gant à un roman de pirates et sans en faire trop, l’auteure arrive à immerger son lecteur dans un lieu qui fait frissonner tous les marins, lecteur y compris, ajoutant une pincée de fantastique, juste ce qu’il fallait.

L’art de la nouvelle est toujours le même : en dire juste assez, pas trop, ni trop peu, bref, faut doser la poudre à canon si on ne veut pas que ça nous pète à la gueule et même si je ne suis pas une fan des récits courts.

Un sans faute car j’ai apprécié cette histoire où les combats étaient vivants, bourrés de suspense, de dynamisme, d’émotions et où les termes consacrés à la navigation rendaient ce récit plus réaliste sans pour autant avoir besoin d’un dictionnaire.

Les personnages des pirates sont directement attachants, d’ailleurs, ce sont eux les héros du livre et non leurs poursuivants, les marins de sa Majesté d’un royaume inconnu de notre Monde. Nos pirates sont flamboyants.

Et c’est dommage car nous avions le fond et la forme pour écrire une grande aventure, pour étoffer un peu plus ce Monde qui n’est pas le nôtre, de cette Magie qui a disparu il y a quelques années.

Bref, j’ai beau avoir pris mon pied littéraire, je reste tout de même avec un goût amer de trop peu en bouche car l’auteure nous a donné plein d’indications sur ce Monde, sur les personnages des pirates, qui auraient méritées d’être plus développées dans un roman plus épais.

Je remercie les éditions NetGalley pour cette navigation en territoire fantastique où je n’ai pas su lâcher la barre avant d’être arrivée à destination. Là, j’ai cargué les voiles puisque j’étais arrivée à bon port, secouée mais ayant le pied marin, je n’ai pas eu le mal de mer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°152.

 

Barracuda – Tome 2 – Cicatrices : Jean Dufaux & Jérémy

Titre : Barracuda– Tome 2 – Cicatrices

Scénariste : Jean Dufaux
Dessinateur : Jérémy

Édition : Dargaud (2011)

Résumé :
3 adolescents apprennent à survivre en milieu hostile. Une île infestée de pirates. Un diamant maudit.

Barracuda raconte les aventures pleines de sang et de larmes de trois adolescents au temps des pirates.

L’action se déroule sur une île : la mal nommée Puerto Blanco.

Dans ce 2ème tome, le terrifiant Morkam revient sur l’île pour tenter de se venger de Flynn, le frère de celle qu’il voulut jadis épouser à Londres, et qui l’en empêcha.

Emilio/Emilia, qui dissimule toujours sa véritable identité sexuelle, assistera à la scène… Raffy, enfin remis de ses blessures, ne rêve que de se venger de Maria.

Mais le fils du pirate Blackdog et la belle aristocrate qui vient d’épouser Ferrango, le richissime marchand d’esclaves, tombent amoureux l’un de l’autre.

Les auteurs observent, avec une acuité et une clairvoyance toutes contemporaines, la façon dont Emilio, Raffy et Maria affrontent des situations extrêmes.

Critique :
Hissez haut, mais pas trop car on va rester sur la plancher des vaches et nous ne poserons pas notre jambe de bois sur le pont du Barracuda…

Bien campé sur la terre ferme, nous allons explorer plus en profondeur nos trois personnages principaux : Raffy, le fils de Blackdog le pirate, Emilio qui est toujours travestit en femme et la belle Maria.

Trois ans se sont écoulés et bien des choses ont changé. Maria a pris du galon, Raffy ronge son frein et Emilio va être le témoin du retour d’une sale gueule en la personne de Morkam qui vient demander des comptes à son mentor, Flynn.

Nous ne sommes pas sur l’océan, ni sur le pont du Barracuda, mais croyez-moi, sur la terre ferme, on peut naviguer en eaux troubles, on peut nager dans les complots, dans le mystère, surfer sur le suspense, plonger dans les vieux secrets, s’encanailler avec un roi et batifoler aussi, parce qu’il faut bien que le corps exulte.

Pas de temps mort, des personnages qui gagnent en profondeur, en maturité, qui changent, s’élevant ou touchant le fond avant de reprendre pied, un scénario toujours intéressant et des dessins qui nous emporte loin de notre canapé ou de la grisaille.

Évidemment, on retrouve aussi du classique (tout a été écrit, quasi) mais les vieilles recettes ont été bien cuisinée et malgré des vieilles ficelles usées jusqu’à la trame (les histoires d’amûr), les auteurs nous proposent des pistes nouvelles afin de ne pas stagner dans le marigot, ce qui serait dommage vu que la saga se présente de manière intéressante jusqu’à présent.

On pourra tiquer sur les histoires d’amour cousue de fil blanc mais en apprendre plus sur le passé de Blackdog nous fera oublier quelques roucoulades et roulades intimes. Pour ce qui est de la recherche du diamant, la quête est en stand-by. La suite au prochain épisode, peut-être ?

Les dessins sont toujours de belles factures, les décors sont grandeurs natures et donnent envie d’aller boire des mojitos sur les plage de Puerto Blanco, mais faudra éviter les sales gueules tout de même.

Bon, je n’ai pas encore mis la main sur la suite, mais j’espère tout de même que nous irons respirer les embruns de la mer car nous sommes tout de même dans une série consacrée aux pirates et sans navires, ça donne l’impression qu’il manque l’invité principal, un peu comme un western sans chevaux et sans cow-boys…

PS : 3 mois que cette fiche est prête à être publiée… Ou j’ai du retard ou j’ai eu une mauvaise organisation ! PTDR

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°138.

Barracuda– Tome 1 – Esclaves : Jean Dufaux & Jérémy

Titre : Barracuda– Tome 1 – Esclaves

Scénariste : Jean Dufaux
Dessinateur : Jérémy

Édition : Dargaud (2010)

Résumé :
A bord du Barracuda, les hommes de Blackdog affûtent lames et grappins en vue d’un abordage juteux !

La routine pour Raffy, le fils de Blackdog, qui a déjà fait couler beaucoup de son sang pour son jeune âge.

Pour Emilio et Maria, jeunes nobles espagnols, le choc est plus brutal. Vendus comme esclaves à Puerto Blanco, ils se font en outre dérober la carte qui mène au diamant du Kashar, le plus gros du monde, connu pour n’avoir jamais entraîné que mort et désolation dans son sillage !

Il en faut plus pour décourager les pirates du Barracuda, qui savent que butin rime souvent avec destin…

Critique :
« Pas de pitié ! Pour personne… jamais ! »

Cette devise c’est moins drôle que ♫ Hop là ho ! une bouteille de rhum ♪ ou que ♫ Yo ho sur l’heure Hissons nos couleurs. Hissez ho, l’âme des pirates Jamais ne mourra. ♪

Blackdog, commandant du Barracuda n’est pas le Jack Sparow du Black Pearl et quand il attaque un vaisseau espagnol, le combat est inégal et c’est pas de quartier, sauf pour les personnes que l’on pourrait vendre comme esclaves.

Dona Emilia Sanchez del Scuebo, une veuve issue de la noblesse, sa fille Maria (très jolie) et un jeune garçon qui ne doit son salut qu’à un travestissement féminin, échappent ainsi momentanément à la mort pour être vendues au plus offrant sur l’île de Puerto Blanco.

Ok, c’est pas marrant, parfois on se dit qu’il faudrait mieux mourir sur l’heure.

Oui mais… Qui dit que ces personnes ne vont pas tirer leur épingle du jeu ou du moins, certains d’entre elles… Même si l’une d’entre elle a des bijoux de famille entre les jambes et que c’est un jeune mec et pas une gonzesse… Suspense !

Les histoires de pirates, j’adore, c’est un peu comme les westerns, je redresse la tête et je frétille de la queue comme un chien devant un os à moelle.

Je rassure tous ceux et toutes celles qui n’auraient pas le pied marin, pas besoin de hisser la grande voile ou de monter au mat de misaine pour apprécier ce récit qui se déroule majoritairement à terre et où les jeux de pouvoirs vont s’exercer.

Le récit va se concentrer sur la belle Maria à la croupe incendiaire, sur Raffy le fils de Blackdog et sur Emolio, le jeune noble travestit. Croyez-moi, avec eux, on ne risque pas de s’ennuyer !

Ajoutons à un scénario qui balance du bon côté, des dessins réalistes, des endroits paradisiaques, des personnages bien campés, fouillés, cachant bien leur personnalité, des complots, des sales gueules, de la violence,…

Et la recherche du plus gros diamant du monde : le Youkounkoun ! Ah, pardon, on me signale dans l’oreillette que je me suis trompée et que le gros diamant qui vaut des pépètes, c’est celui du Kashar, dont la légende dit qu’il est maudit…

Des abordages, des pirates, du rhum, des femmes et de la bière nom de Dieu (♪), de la flibusterie, des trésors, un diamant à trouver, un rythme soutenu, pas de temps mort, anybref, je vous garanti que les amateurs de flibusterie, piraterie et autre ne ressortiront pas déçus.

Moi, après cet album, j’ai directement été à l’abordage du suivant parce que j’ai plus d’appétit, qu’un Barracuda, Barracuda ♫

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°123.