Le consentement : Vanessa Springora


Titre : Le consentement

Auteur : Vanessa Springora
Édition : Grasset (02/01/2020)

Résumé :
Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée, V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. À treize ans, dans un dîner, elle rencontre G., un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse.

Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses œillades énamourées et l’attention qu’il lui porte. Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoin « impérieux » de la revoir.

Omniprésent, passionné, G. parvient à la rassurer : il l’aime et ne lui fera aucun mal. Alors qu’elle vient d’avoir quatorze ans, V. s’offre à lui corps et âme. Les menaces de la brigade des mineurs renforcent cette idylle dangereusement romanesque.

Mais la désillusion est terrible quand V. comprend que G. collectionne depuis toujours les amours avec des adolescentes, et pratique le tourisme sexuel dans des pays où les mineurs sont vulnérables.

Derrière les apparences flatteuses de l’homme de lettres, se cache un prédateur, couvert par une partie du milieu littéraire. V. tente de s’arracher à l’emprise qu’il exerce sur elle, tandis qu’il s’apprête à raconter leur histoire dans un roman. Après leur rupture, le calvaire continue, car l’écrivain ne cesse de réactiver la souffrance de V. à coup de publications et de harcèlement.

« Depuis tant d’années, mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu’au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence : prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre », écrit-elle en préambule de ce récit libérateur.

Critique :
Je vais être honnête avec vous, je ne savais même pas qui était Gabriel Matzneff (G.M) avant d’entendre parler de cette affaire de pédophilie.

Affaire que j’avais suivie de loin en m’abstenant d’aller ajouter mon grain de sel dans les débats.

Puisque l’auteure venait à La Grande Librairie, je me suis plantée dans mon canapé et j’en ai pris plein ma gueule. Le lendemain, le roman était sur ma table et fut de suite entamé.

Mettons les choses au point pour ceux ou celles qui ne sauraient pas, ce roman n’est pas un pamphlet de haine, ni un règlement de compte, ni un roman de plus sur l’horreur qu’est la pédophilie.

Non, c’est différent, mais c’est fort, horriblement fort et, je l’espère, libérateur pour l’auteure et pour toutes celles qui furent victimes de ce pédocriminel qui se vantait de n’en forcer aucune puisqu’il avait toujours le consentement des adolescentes de moins de 16, de moins de 15 ans, parfois de 14 ans à peine. Pour les garçons de Manille, c’était encore plus jeune.

Non, l’auteure ne règle pas ses comptes, elle raconte simplement les faits, sans minimiser ce qu’il s’est passé. Elle  donne sa version des faits, puisque son prédateur ne s’est pas privé pour l’insérer dans ses abjects livres où il décrivait ses crimes sexuels par le menu, sans que les romans ne portent l’étiquette « fiction » mais celle de « journaux ». On ne peut pas dire que personne ne savait…

Enfermer le prédateur, le chasseur de petits garçons et de petites filles dans un livre, le prendre à son propre jeu, à son propre piège. Il a dû lui en falloir du courage, car il faut toujours plus de courage aux victimes qu’aux coupables.

G.M, c’est un pédocriminel pervers narcissique… Il manipule les filles, il manipule les gens, utilise les mots comme des armes, les sentiments aussi et se donne toujours de l’importance puisqu’il est un auteur célèbre et un amant magnifique (c’est lui qui le dit, pas moi !!). Bref, il donne envie de vomir.

Mais ce qui rend encore plus malade, c’est que la Société n’ait rien fait et ait laissé faire, comme si, le fait qu’il soit un auteur célèbre et que les filles mineures soient « consentantes » aient constitué un passe-droit et non une violation de la loi, en plus de celle des gamines.

Le monde littéraire savait mais tolérait les penchants de G.M, les flics ne voyaient même pas la gamine qu’était Vanessa, à côté de G.M, pourtant… Les passants faisaient bien leurs regards désapprobateurs, mais passaient ensuite leur chemin, comme les passants qui passent savent si bien le faire. J’en fais partie aussi.

Non, à 14 ans on n’est pas adulte, non, à cet âge-là, on ne pense pas correctement, on est un peu folle (j’ai eu 14 ans moi aussi), on est nombriliste, les adultes sont des gens qui ne comprennent rien (surtout les parents et les profs) et si la Loi ne nous donne pas la capacité légale de signer certains contrats, j’estime que le législateur devrait protéger aussi les mineurs de ces adultes qui veulent s’amuser en ayant des relations déplacées avec eux.

À 14 ans, il n’y a pas de « consentement » qui tienne, à 15 ans non plus… Ce sont des vies détruites à tout jamais. Mais les politiciens ont pinaillé sur ce fameux « et si il y a consentement ? » et n’ont rien produit de concret. Ce roman va peut-être faire bouger les choses, je l’espère en tout cas.

220 pages qui se lisent d’une traite, sous apnée car on voit Vanessa courir à sa perte et on aimerait la retenir, l’empêcher de tomber sous la coupe de ce pervers narcissique pédocriminel manipulateur mais on sait déjà qu’il est trop tard puisque cela à eu lieu il y a plus de 30 ans, dans ces années 80 que j’aimais.

Un livre choc, fort, pudique, bourré d’émotions mais sans vouloir faire pleurer dans les chaumières car l’auteure ne veut plus être victimisée, ni être une coupable car le coupable, c’est l’adulte qui l’a chassée, qui l’a prédatée, qui a abusé d’elle, et on se fout pas mal qu’elle ait donné son consentement car pour moi, consentement il n’y avait pas, en raison de son jeune âge.

Il lui en a fallu du courage pour vivre après ça, pour reprendre pied, pour remonter à la surface respirer, et réapprendre à vivre, alors que ce pédocriminel de G.M. continuait de publier des livres, d’agir au nez de tout le monde, de se victimiser, de rendre les autres (notamment l’auteure) coupable, de regarder de haut les rares personnes qui s’indignaient des actes de G.M. (l’auteure Denise Bombardier a eu ce courage, mais tout le monde s’en foutait sur le plateau de Bernard Pivot).

J’aimerais vous dire plus sur ce livre qui m’a tordu les tripes, sur ce livre qui montre les failles de la Justice, vous parler des émotions ressenties, mais les mots me manquent ou alors je vais écrire une chronique de 36 pages.

Je ne direz qu’une seule chose : lisez-le ! Pour comprendre… Parce que comprendre ne veut pas dire pardonner. Mais pour se prémunir, il faut connaître les méthodes de chasse des pédocriminels.

Et faisons en sorte que le législateur se prononce enfin sur une interdiction des relations entre majeurs et mineur(e)s de moins de 16 ans. Point barre.

Madame Springora, je salue le courage qu’il vous a fallu pour écrire ce livre et pour votre intervention sur le plateau de La Grande Librairie, ainsi que les intervenants qui ont tenté d’éclairer un peu le monde sur le pourquoi du comment la justice, les flics et personne (ou si peu) n’avaient bougé.

Jennifer Dorey – Tome 1 – La griffe du diable : Lara Dearman [LC avec Bianca]

Titre : Jennifer Dorey – Tome 1 – La griffe du diable

Auteur : Lara Dearman
Édition : Robert Laffont La bête noire (16/11/2017) / Pocket (15/11/2018)
Édition Originale : The Devil’s Claw (2017)
Traducteur : Dominique Haas

Résumé :
Poursuivie par ses démons, Jennifer Dorey a quitté Londres pour retourner dans sa maison d’enfance avec sa mère, à Guernesey, ou elle est devenue reporter au journal local. Elle pensait pouvoir souffler un peu. Elle avait tort.

Quand le cadavre d’une jeune femme s’échoue sur une plage, la journaliste mène sa propre enquête et exhume plusieurs morts similaires qui s’étendent sur une cinquantaine d’années.

Plus troublant encore, toutes les victimes avaient sur le bras des marques semblables à un symbole gravé sur un rocher de l’île : les « griffes du diable », dont la légende veut qu’elles aient été laissées par Satan lui-même…

Critique :
Non, le diable ne m’a pas pris dans ses griffes… Ma peau est toujours douce et délicate, une vraie peau de bébé, sans traces de griffes du démon…

Pourtant, vu le résumé, c’était prometteur… ♫ caramels, bonbons et chocolats ♪

Une fois de plus, le résumé est trop bavard et en quelques lignes nous fait une synthèse des 7 dixième de l’histoire.

Si j’avais su…

Le départ m’a fait penser à un roman de Mary Higgins Clark, à l’époque lointaine où je les lisais et où ils me plaisaient. C’était dans les années 90 (80-10 pour l’Hexagone).

Nous avons une journaliste en proie à des peurs, qui revient chez ses parents, qui y reste, qui enquête sur des suicides qui pour elle n’en sont peut-être pas et un vieux policier qui n’a pas pris sa retraite (pourtant, il est d’avant la fameuse année pivot), qui a été blessé par la vie, qui a bu et qui a rencontré Dieu (non, pas dans le fond de la bouteille mais à l’église).

— L’Église m’a sauvé de bien des choses. Mais on ne peut apprécier la foi que si on connaît le doute, Jennifer. De temps en temps, je doute. Et quand je doute, je bois.

Personnages plats, insipides, de ceux qu’on oubliera vite, qui ne nous marqueront pas et avec lesquels on n’aura pas envie d’aller boire un coup la fois suivante.

Depuis longtemps, j’ai dépassé ce stade (des MHC) et il me faut autre chose pour me donner l’adrénaline. Il me faut de la profondeur ou du moins, du rythme. Là, j’avançais à un train de sénateur qui se traîne, qui se traîne… C’était plat, endormant même.

Les seules notes positives furent les descriptions de l’île de Guernesey, de ses habitants qui se « connaissent » tous, de l’impossibilité de cacher quelque chose et la parenthèse politique sur les travailleurs étrangers que les îliens ne voulaient pas voir chez eux. Oui, partout c’est le même discours du « nous chez nous ».

Parce que c’était le problème à Guernesey : votre passé vous suivait, vous rentrait dedans, vous disait bonjour dans la rue. Impossible d’y échapper. De se cacher. Une seule solution : sourire comme si tout allait bien.

Anybref, si cette lecture n’avait pas été une LC avec ma copinaute habituelle (Bianca, pour ceux ou celles qui ne suivent pas dans le fond de la classe), j’aurais zappé des pages pour aller direct à la solution.

Mais là, je me suis appliquée comme une brave petite fille et ma récompense fut la seconde partie du roman qui bouge un peu plus et le final qui est speedé. Là je me suis réveillée !

Dommage parce que ce roman possède quelques belles analyses, quelques flèches piquantes envoyées sous la ceinture de la société ou de l’Angleterre et le final était rythmé, avec du suspense, de l’action.

Par contre, la résolution avait beau être étonnante, elle a été amenée trop rapidement sur la table et est tombée comme un cheveu dans la soupe car nous n’avions que peu d’éléments pour trouver le coupable par nous-même.

Même si je suis restée comme deux ronds de flan devant son identité, ça ne m’a pas troué le cul. N’est pas Agatha Christie qui veut…

Une LC avec Bianca en super demi-teinte et un roman qui ne restera pas dans nos annales, ni dans nos mémoires. Dommage.

Il a dit que ce qui comptait, c’était le ressenti des gens, pas de savoir s’ils avaient raison ou non.

Se répandaient en remerciements. À l’égard d’un homme décédé et de feu son gouvernement qui, vingt-neuf ans plus tôt, avait décidé de libérer les îles qu’il avait laissées se faire occuper par je-m’en-foutisme. Personne ne semblait se rappeler ce détail. Du fait que Churchill les avait d’abord abandonnés, sans défense. Qu’il n’avait pas estimé utile de se battre pour eux. Qu’il était resté les bras croisés, à siroter son whisky et fumer ses cigares, laissant les Allemands s’emparer de ces « chères îles anglo-normandes ». Si chères qu’elles avaient été les seules terres britanniques à supporter, pendant des années, le bruit des bottes, les seules à voir leurs terres pillées, leurs femmes profanées. L’occupation n’était pas la faute des nazis. La Grande-Bretagne méritait bien de perdre ses îles. Ces joyaux de la Couronne britannique n’attendaient que d’être volés.

Apparemment, l’alcool affectait les gens de différentes façons. On disait que certains avaient le vin gai, d’autres le vin triste, ou mauvais. Il n’y croyait pas. La méchanceté et la violence étaient là depuis toujours, tapies sous la surface. L’alcool libérait la vérité. Lui-même n’y touchait jamais.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°150.

Elfes – Tome 25 – Vengeance noire : Christophe Arleston, Dana Dimat & Stefania Aquaro

Titre : Elfes – Tome 25 – Vengeance noire

Scénariste : Christophe Arleston (Marc Hadrien)
Dessinateur : Dana Dimat & Stefania Aquaro (coloriste)

Édition : Soleil (19/06/2019)

Résumé :
À Slurce, de jeunes recrues suivent les apprentissages des mestres pour devenir des mercenaires efficaces et impitoyables. Des épreuves qui feront d’eux les êtres les plus redoutés des Terres d’Arran.

Tandis qu’un groupe de novices affronte les labyrinthes piégés de la forteresse, un vol de dragons largue des rochers et attaque le sanctuaire des elfes noirs.

Tous les mestres s’interrogent : d’où vient cette armée, qui la dirige et dans quel but ?

Critique :
Enfin, le retour de mon Gaw’yn préféré en mode assassin vénère et plus en mode fleur bleue dont j’avais craint qu’il ne finisse, dans le tome 20.

Tome 20 qui nous avait laissé dans un grand suspense avec le départ de mon Elfe Noir pour une vengeance, ce qui le faisait revenir à son statut d’assassin.

C’est ainsi que j’aime ce personnage : impitoyable !

À la citadelle de Slurce, on forme la fine fleur des assassins et pour y arriver, s’il faut tueur l’autre, on le fait sans état d’âme.

Un jour, la moitié d’une classe a été mise à mort par l’autre moitié, ceux qui voulaient survivre… Comme ça, vous savez qu’à Slurce, on ne se fait pas de copains, pas de copines.

Gaw’yn a mené une véritable quête pour trouver le moyen de survivre à la malédiction qui touche les Elfes Noirs et est prêt à tout pour mettre fin à son ordre, à ses mestres et aux abominations qui sont cachées dans les grottes.

Si pour moi les dessins des tomes 5 et 10, exécutés par Ma Yi, étaient les plus beaux, je ne peux pas cracher sur ceux-ci car ils ont un excellent rendu et mettent bien en valeur les décors et les techniques de combats des jeunes recrues de Slurce.

Une fois de plus, nous plongerons dans l’âme noire et sans pitié des apprentis assassins où ce ne sont pas toujours les plus forts qui gagnent, mais les plus rusés, les plus fourbes, les plus salauds, les plus dénués d’émotions et de sentiments.

Whu’yn, Moer’yn et Kart’yn, les disciples de Varh’yn, l’ancien mestre de Gaw’yn qui est déchu pour n’avoir pas su le tuer en feront le constat lorsqu’on les lâchera dans un labyrinthe des plus retors où un seul peut sortir victorieux.

De l’action, des combats, du sang, une vengeance à la hauteur de ses ambitions, mais pas que… Gaw’yn a changé au fil des tomes, il a évolué, réfléchi et il sait ce qu’il veut.

Maintenant, aura-t-il l’aide nécessaire pour arriver à ce qu’il veut faire ? Ça, je ne vous le dirai pas et comme vous, je le saurai au prochain épisode.

Le scénariste Arleston (qui ne publie plus sous son pseudo) a su donner une autre direction à la saga des Elfes Noirs et j’espère que la quête de notre Gaw’yn ne va pas tourner en eau de boudin mais se terminer avec une vraie fin avant que tout ne sombre, maintenant que les zombies ne sont plus là.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°148.

 

La piste des ombres – Tome 2 – Trois tombes : Tiburce Oger

Titre : La piste des ombres – Tome 2 – Trois tombes

Scénariste : Tiburce Oger
Dessinateur : Tiburce Oger

Édition : Vents d’ouest (2001)

Résumé :
Badlands, territoires inorganisés du sud Dakota. Depuis la mort du vieux cow-boy Zachary Cloverleaf, voilà un an, le jeune fuyard Natanaël Dumont et sa fiancée Julia Moami vivent reclus dans une « soddy », une cabane en terre, isolée dans les grandes pleines enneigées.

La solitude, la faim et le froid sont leur quotidien.

Un matin, Natanaël est heureux de sa découverte : des bouses de bison séchées, de quoi se chauffer quelque temps.

Mais près de la cabane, Julia pleure devant une petite tombe.

Au loin, des cheyennes observent et attendent. Ils savent que quelque chose va arriver… Et cette chose les terrifie.

Pendant ce temps, sous la pluie du Texas, le vieux Chiricahua Yrigollen raconte l’histoire des « GAHE », des démons indiens enfermés dans les « Pierres Brûlantes », à White Smile l’affranchi : « Je vais te parler des « GAHE », fils, et après tu prendras ton cheval et ton fusil et tu iras les chercher… »

Critique :
De temps en temps, je me fais un petit western… C’est comme un bon whisky, on n’en abuse pas, mais de temps en temps, on s’en file un p’tit coup pour se rincer la glotte (attention, l’abus d’alcool… blablabla).

Munie d’armes à feu et d’un bon cheval, j’ai suivi la piste qui m’a mené à nos deux fuyards : Natanaël et Julia que j’avais rencontré dans le premier tome et perdu de vue depuis 4 mois.

Bon, je n’ai pas eu autant de difficulté que les chasseurs de primes, ni que mon vieil ami White Smile, l’esclave affranchi.

Cette bédé western respecte les codes habituels mais qui a introduit une touche de fantastique avec les pierres maudites que sont les Gahe, celles dont on ne prononce pas le nom.

Le Chiricahua Yrigollen nous en a appris plus sur ces pierres maudites et à la fin de l’album, on se pose la question de savoir ce que Natanaël va en faire comme usage, elles qui n’apportent que mort et désolation et qui ont tendance à semer la mort dans l’entourage de ceux qui les possède, tout en leur apportant protection.

On n’a rien sans rien…

Les dessins sont toujours spéciaux, mais je les apprécie et l’auteur a une grande diversité dans les visages des personnages, dans leurs caractères aussi et pas de manichéisme, sauf pour les 4 chasseurs de primes, mais ils n’ont pas eu le temps de nous montrer le bon côté de leur Force.

Un tome en continuité du précédent, une vie que nos deux fuyards n’avaient pas pensé, pas voulue non plus, car la fuite est toujours plus belle et plus romantique dans les rêves ou lorsqu’on l’entame, ivre d’amour. Après, quand on crève de froid et de faim, il faut autre chose que l’amour et l’eau fraîche.

Les décors sont toujours bien rendus et l’épais tapis de neige qui recouvre tout ajoute une atmosphère froide à ses pages qui recèlent de la violence mais enlève de la sombritude (cherchez pas le mot au dico, il n’y est pas encore entré) au récit assez triste tout de même.

Il m’a fallu du temps avant de mettre la main sur les deux derniers tomes (je ne possédais que le premier), mais j’ai retrouvé le plaisir de la lecture de ce western de suite.

Le mystère n’est pas encore tout à fait levé et je gage que nous aurons des aventures plus folles dans le dernier car ici, c’était un tome de transition. En transit, certes, mais toujours foisonnant de détails et de rythme. Fallait juste faire un pont… On l’a fait dans le sang et la violence.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°146 et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Les Enquêtes d’Agatha Raisin – Tome 19 – La Kermesse Fatale : M.C Beaton [Par Dame Ida, vieille Agatheuse bénévole]

Titre : Les Enquêtes d’Agatha Raisin – Tome 19 – La Kermesse Fatale

Auteur : M.C Beaton
Édition : Albin Michel (30/10/2019)
Édition Originale : Agatha Raisin, book 19: A Spoonful of Poison (2008)
Traducteur : Françoise du Sorbier

Intro Babelio : 
Agatha Raisin a le vent en poupe : les affaires s’accumulent, pas le temps de souffler. Tant mieux, elle a horreur du vide, et fait même des heures sup : elle vient d’accepter d’aider le pasteur d’un village voisin à promouvoir la kermesse de la paroisse. Il faut dire que l’organisateur, un certain George Selby, a le bon goût d’être veuf et… beau comme un dieu.

C’est un succès : les visiteurs affluent au village. Mais la kermesse vire à l’hallucination lorsque l’on découvre que plusieurs échantillons de confiture ont été assaisonnés de LSD !

Bien que distraite par le charme du beau George, Agatha doit démasquer le coupable. Sans imaginer un instant que l’objet de ses fantasmes va peut-être lui faire vivre un mauvais trip…

Résumé :
Et bien contrairement aux introductions Babélio précédentes, le résumé proposé ici est très fidèle à ce que j’ai pu lire, et je n’ai pas grand-chose de plus à en dire.

Agatha s’occupe de son agence de détectives, et disant à qui veut l’entendre qu’elle est farouchement décidée à ne plus faire de communication, elle ne résiste que mollement à l’appel d’un Pasteur un peu envahissant qui veut qu’elle l’aide à faire la communication de la kermesse qu’il veut donner pour sauver son clocher…

Elle se laisse convaincre seulement dans l’espoir de pouvoir se rapprocher du séduisant organisateur des festivités qui lui a tapé dans l’œil…

Et pendant la kermesse voilà que des petites vieilles hallucinées se jettent dans le vide ou font des attaques sous l’effet du LSD qu’une main criminelle est allée verser dans les pots de confitures mis en compétition et pour lesquels le public  était supposer voter après les avoir goûtées.

Sérieusement, vous imaginez la scène : des petites mamies bon-chic bon-genre, endimanchées pour aller à la kermesse paroissiale se comportant de manière erratique comme de vulgaires camées ? La grosse marrade !

Agatha doit évidemment résoudre cette énigme pour laver son honneur de communicante, et comme toujours se fait aider de ses amis fidèles, dont l’agaçant Sir Charles, et par son équipe de détective enrichie par une formidable jeune recrue, Toni, apparue dans la précédente enquête et en qui Agatha ne peut s’empêcher de se retrouver.

Et voilà Agatha et sa suite lancée dans une enquête parallèle à celle de la police, investie dans un porte à porte interminable digne des Témoins de Jehova et des interrogatoires nombreux, nous laissant presque penser que tout le village est suspect.

Mon avis :
Agatha reste Agatha. D’un pragmatisme redoutable quoi que manquant parfois de nuance et de jugeote, lorsqu’il s’agit d’enquêter, mais toujours en quête de l’âme sœur bien que tout de même, elle me semble s’être un peu assagie depuis quelques romans.

Elle continue à y penser évidemment… Mais elle semble moins obsédée… Sauf transitoirement quand un bellâtre lui sourit.

Elle devrait se méfier toutefois… Puisqu’il semble que chez MC Beaton, le beau célibataire a toujours un grooooos défaut le rangeant dans la catégorie suspect et rendant impossible la réalisation des désirs affectifs d’Agatha.

Mince quoi… Dans la vraie vie les femmes ne s’arrêtent pas que devant les bogoss… Elles les voient certes… Mais souvent le gars sympa d’à côté qui n’est pas un canon sans forcément être hideux, fait aisément l’affaire quand on se trouve assez de points communs à partager.

Qu’est-ce que vous croyez ? Que Toqué est un canon ??? La bonne blague ! Bon… lui répétez pas que j’en doute, hein… ça reste entre nous !

Anybref, la maman d’Agatha ne semble pas l’avoir intégré et c’est un peu dommage…

Pour Agatha surtout, car à ce rythme… elle s’offrira un refuge pour chat d’ici quelques années et finira bouffée par ses protégés lorsqu’elle décèdera d’une overdose de lasagnes surgelées.

Mais je m’éloigne de ce roman en particulier, même si je regrette de ne pas voir l’auteur de la série autoriser notre Agatha chérie à avoir sa part de bonheur. Elle doit être sadique et frustrée pour vouloir la maintenir dans ce marasme, je trouve…

Car même si on aime se retrouver dans les personnages qui traversent les mêmes épreuves que chacune d’entre nous, on a aussi envie de les voir accéder au bonheur. Si les personnages n’y arrivent pas, quel espoir nous reste-t-il ?

Frustrer Agatha indéfiniment c’est aussi maintenir la lectrice frustrée et au bout du 19e roman cela devient trop douloureux, non ?

Ces réflexions métaphysiques mises à part, comme d’habitude, une intrigue honnête et divertissante dans laquelle on retrouve nos vieux amis, puisque lire les aventures d’Agatha me fait toujours un peu l’impression de mettre mes pieds dans mes charentaises après être restée debout en talons toute la journée !

Un « Agatha Raisin » de bonne facture qui me confirme que MC Beaton s’est ressaisie.

 

Art Keller – Tome 02 – Cartel : Don Winslow

Titre : Art Keller – Tome 02 – Cartel

Auteur : Don Winslow
Édition : Seuil (08/09/2016) / Points (04/01/2018)
Édition Originale : The Cartel (2015)
Traducteur : Jean Esch

Résumé :
Dix ans après La Griffe du chien, Don Winslow revient avec un livre encore plus fort sur la montée en puissance des narco-empires.

2004. Adan Barrera, incarnation romanesque d’El Chapo, ronge son frein dans une prison fédérale de Californie, tandis qu’Art Keller, l’ex-agent de la DEA qui a causé sa chute, veille sur les abeilles dans un monastère.

Quand Barrera s’échappe, reprend les affaires en main et met la tête de Keller à prix, la CIA et les Mexicains sortent l’Américain de sa retraite : lui seul connaît intimement le fugitif.

La guerre de la drogue reprend de plus belle entre les différentes organisations, brillamment orchestrée par Barrera qui tire toutes les ficelles : la police, l’armée et jusqu’aux plus hauts fonctionnaires mexicains sont à sa solde.

Alors que la lutte pour le contrôle de tous les cartels fait rage, avec une violence inouïe, Art Keller s’emploie à abattre son ennemi de toujours.

Jusqu’où ira cette vendetta ?

Critique :
Je sens que le syndicat d’initiative du Mexique ne va pas afficher ce roman dans sa vitrine car il a dû faire fuir les touristes qui voulaient visiter les régions du Sonora, du Sinaloa, les villes de Ciudad Juarez, de Nuevo Laredo…

Maintenant, si vous êtes un narcotrafiquant… Libre à vous d’aller vous promener dans les rues, tant que le loup n’y est pas… Si les loups Barrera ou Ochoa y étaient, ils vous mangeraient ♫

Voilà un roman qui vous scotche les mains au papier, qui vous les rend moite, qui vous fait déglutir difficilement, vous tord les tripes et vous donne parfois envie de rendre le repas.

Réaliste, terriblement réaliste, horriblement réaliste. J’ai arrêté de compter les morts, comme les gens des villes qui, devant toute cette débauche de cadavres, les enjambaient sans y faire attention.

C’est incroyable, se dit-il, cette capacité qu’à l’être humain, ce besoin peut-être, d’instaurer un sentiment de normalité dans les conditions les plus anormales. Des gens vivent dans une zone de guerre, dans un état de menace permanente, et pourtant, ils continuent à faire les petits gestes quotidiens qui constituent une vie normale.

Ça jette un froid, la banalisation de la mort telle que celle décrite dans le roman. Apparemment, on s’habitue à tout, même aux assassinats de masse et aux corps jonchant les rues. Tant que ce n’est pas le sien ou un proche, on banalise et on avance, le dos courbé pour ne pas se faire avoir aussi.

Il contemple les corps dépiautés – manière choisie par Adán Barrera pour annoncer son retour à Nuevo Laredo – en songeant qu’il devrait être plus affecté. Des années plus tôt, son coeur s’était brisé devant le spectacle de dix-neuf corps, et aujourd’hui, il ne ressent rien. Des années plus tôt, il pensait ne jamais voir un spectacle plus atroce que le massacre à la mitrailleuse de dix-neuf hommes, femmes et enfants. Eh bien, il avait tort.

879 pages de noirceur sans nom, ça pourrait paraître indigeste mais ça ne l’est jamais, même si, pour votre santé mentale et votre petit cœur, des pauses lectures des « Aventures de Oui-Oui » sont recommandées…

On peut vraiment résumer ce roman noir par « Le guerre et paix au pays des cartels », car comme toutes les guerres, ça commence par des territoires que l’on veut garder, agrandir, conquérir et par des jeux d’alliances subtils car il s’agit de ne pas jouer le mauvais cartel… Votre vie en dépend.

N’oubliez jamais que les amis du matin peuvent ne plus l’être à midi, que votre cousin peut vous la mettre profond (la dague dans le dos), que votre femme/maîtresse peut aussi vous donner à l’ennemi.

À se demander d’ailleurs pourquoi tout le monde veut faire narcotrafiquant car on n’y fait jamais de vieux os et on a beau être plus riche que Crésus, on vit comme un réfugié, changeant de planque régulièrement, se méfiant de tout le monde, regardant toujours derrière son épaule.

Une fois de plus, avec Winslow, les personnages ne sont ni tout à fait blanc, ni tout à fait noir, ni même tout à fait gris…

Barrera, le patrón, semble correct, niveau narco : il ne tue pas les femmes, ne les viole pas, fait son trafic de drogue sans toucher aux civils. Sympa, le mec, non ? Oui, mais, dans « La griffe du chien« , il a balancé deux gosses du haut d’un pont après avoir tué leur mère. Et pas que ça…

Le chef des Zetas n’a pas de principes, c’est un salopard de la pire espèce mais il n’est pas le seul coupable, d’autres le sont aussi, dont les États-Unis… Eux non plus ne sortent pas grandis de ce roman, ils ont été rhabillé pour tous les hivers.

Quant au Mexique, ses habitants de lamentent qu’il ne soit plus connu que pour les cartels de la drogue et les massacres que pour ses monuments, ses places, son Histoire et que les « célébrités » ne soient plus les écrivains, les acteurs, les producteurs maisles narcos et des tueurs psychopathes dont l’unique contribution à la culture sont des narcocorridas chantées par des flagorneurs sans talents.

Lorsque l’on mange à la table du diable, il faut une grande cuillère et si Art Keller veut arriver à ses fins, la fin justifiera les moyens et il ira s’asseoir à la table car il n’a rien d’un Monsieur Propre, lui aussi a un portrait nuancé, mais réaliste, comme tous les autres.

Quand la secrétaire annonce à Tim Taylor qu’un certain Art Keller souhaite le voir, la nouvelle provoque l’enthousiasme réservé généralement à une coloscopie.

D’ailleurs, on ne peut s’empêcher d’apprécier Keller, même s’il se salit les mains d’une manière qu’il ne voulait sans doute pas. Parfois, pour obtenir une chose, il faut fermer les yeux sur d’autres choses, peu reluisantes. La fin justifie les moyens.

De la corruption, de la corruption, et encore ce la corruption… C’est ce qui fait tourner le monde, tout le monde ayant un prix et même si vous en voulez pas tremper dans la corruption, quelques menaces et tout de suite, le ton change. Vous acceptez ou vous mourez. Ou un de vos proches mourra.

Audiard le disait déjà : Dans les situations critiques, quand on parle avec un calibre bien en pogne, personne ne conteste plus. Y’a des statistiques là-dessus.

J’ai eu mal pour ce pauvre journaliste Pablo Mora, victime d’un dilemme insoluble, j’ai eu mal pour toutes ces petites gens, pris entre deux feux, sans avoir eu le choix, et qui se font assassiner pour leur appartenance à un cartel ou l’autre, même s’ils n’avaient pas choisi mais avaient subi.

Un roman noir qui ressemble à une enquête grandeur nature sur le monde des cartels, sur leur manière d’agir, de faire, de corrompre tout le monde. Un roman violent, très violent où les morts sont plus nombreux que dans GOT.

Un roman sur tout ces sans-noms qui sont morts dans l’indifférence de tous car ils étaient Mexicains. Un roman qui fait mal au bide, qui donne des sueurs froides, qui vous donne envie de remercier le ciel ou qui que soit de vous avoir faire naître en Belgique ou en France et pas dans une région infestée par les cartels.

Un roman noir qui coupe le souffle, un roman noir sur la vengeance, sur la conquête d’un trône fait de poudre blanche ou de cristaux bleus, sur les coups bas, les assassinats, les découpages d’êtres humains, le muselage de la presse et autres joyeusetés.

Don Winslow était attendu au tournant pour ce deuxième tome et il m’a semblé encore plus brillant que le premier. Son ton est toujours cynique, sans emphase, piquant et sans illusions aucune.

Toutes ces vérités assénées à coup de matraque, de flingue, tout ce que l’on nous cache, tout ce dont on ne nous parle pas aux J.T, tout se dont on se fout puisque nous ne nous sentons pas concerné. Toutes nos croyances sur la drogue et le monde qui l’entoure, sur la guerre contre les cartels qui n’en est pas une et toutes ces armes qu’on leur a fourni en pensant les combattre.

Vous êtes coupables de meurtres, vous êtes coupables de tortures, vous êtes coupables de viols, d’enlèvements, d’esclavagisme et d’oppression, mais surtout, j’affirme que vous êtes coupables d’indifférence. Vous ne voyez pas les gens que vous écrasez sous votre talon. Vous ne voyez pas leur souffrance, vous n’entendez pas leurs cris, ils sont sans voix et invisibles à vos yeux, ce sont les victimes de cette guerre que vous perpétuez pour demeurer au-dessus d’eux. Ce n’est pas une guerre contre la drogue. C’est une guerre contre les pauvres.

Vous qui entrez dans ce roman, abandonnez toutes illusions. Mais bon sang, quel pied littéraire, quel rail de coke !

Certains lieux sont habités par l’horreur, elle s’infiltre dans les murs, elle envahit l’atmosphère, et son odeur vous suit après votre départ, comme si elle voulait entrer par les pores de votre peau, jusque dans votre sang, votre cœur.
Le mal à l’état pur.
Le mal au-delà de tout espoir de rédemption.

Pour ma première lecture de 2020, j’ai choisi un pavé qui a été lourd à porter, tant il est obscur, sans lumière, sans possibilité de happy end.

Un coup de poing dans ma gueule, dans mon ventre, une lecture dérangeante, mais addictive et éclairante. Là, on a déjà mis la barre très haute et il se retrouvera dans mes livres qui comptent pour l’année 2020.

Le Mexique est devenu un gigantesque abattoir. Et tout ça pour quoi ? Pour que les Nord-Américains puissent se défoncer.
De l’autre côté du pont se trouve le marché gigantesque, l’insatiable machine à consommer qui fait naître la violence ici. Les Américains fument l’herbe, sniffent la coke, s’injectent l’héroïne, s’enfilent de la meth, et ensuite ils ont le culot de pointer le doigt vers le sud, avec mépris, en parlant du « problème de la drogue et de la corruption au Mexique ».
Mais la drogue n’est plus le problème du Mexique, se dit Pablo, c’est devenu le problème de l’Amérique du Nord.
Quant à la corruption, qui est le plus corrompu ? Le vendeur ou l’acheteur ? Et quel degré de corruption doit atteindre une société pour que sa population éprouve le besoin de se défoncer afin d’échapper à la réalité, au sang versé, et aux souffrances endurées par ses voisins ?

Enlevez la foi à un fidèle, la croyance à un croyant, qu’obtenez-vous ? Le plus acharné des ennemis.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°141.

Il était une fois dans l’est : Árpád Soltész

Titre : Il était une fois dans l’est

Auteur : Árpád Soltész
Édition : Agullo (19/09/2019)
Édition Originale : Mäso – Vtedy Na Východe (2017)
Traducteur : Barbora Faure

Résumé :
Fin des années 1990, dans l’est sauvage de la Slovaquie. Veronika, 17 ans, est enlevée par deux hommes alors qu’elle fait du stop. Après l’avoir violée, les deux malfrats prévoient de la vendre à un bordel au Kosovo.

Mais lors du transfert, la jeune fille s’échappe, puis porte plainte auprès de la police locale.

C’est alors que les choses se compliquent : les kidnappeurs semblent bénéficier de protections haut placées, et l’enquête piétine…

Aidée de Pavol Schlesinger, le journaliste qui raconte son histoire, Veronika tente d’échapper aux trois plus grands groupes criminels de l’époque : la police, la justice et les services secrets.

Réfugiée dans un hôtel désert à la frontière ukrainienne, elle fait la connaissance du mystérieux Igor, qui l’initie à la fabrication des bombes. Car si elle ne peut obtenir justice, Veronika refuse de laisser impunis ses tortionnaires.

Et la vengeance est un plat qui se mange froid…

Critique :
L’auteur a trempé sa plume dans le vitriol car ce n’est pas le portrait idyllique et enchanteur qu’il nous livre de la Slovaquie, mais plutôt un portrait d’un pays gangrené par la corruption, les mafias, les passeurs…

Un pays qui a vu arriver le capitalisme comme une diarrhée fulgurante, un pays où tout pue encore l’ancien régime de l’URSS.

Anybref, si vous pensiez lire le guide du Routard pour trouver les endroits à visiter, passez votre chemin, fuyez pauvres fous ! C’est le genre de roman qui ne vous donnera pas envie d’y mettre les pieds.

Trafics de migrants, de femmes, prostitution, ces entreprises ne connaissent pas la crise. Tout se vend, tout s’achète, la vie humaine a un prix, les organes aussi et on en ressort avec une envie de vomir tant c’est abject. Le réalisme a un prix et la vérité n’est pas belle à voir. Ici, elle est sans maquillage.

Si l’Office du Tourisme slovaque ne dit pas merci à ce roman, les politiciens de là-bas lui garderont un chien de leur chienne.. Les flics aussi, sans aucun doute. Pareil pour les services secrets…

Quand à la Justice, ça fait belle lurette qu’elle est partie en vacances sans prévenir le personnel et elle n’est pas prête de revenir.

Cette pauvre Veronika n’a vraiment aucune chance que justice lui soit rendue après le viol ignoble dont elle fut la victime puisque le justice et la police sont tous les deux sous la coupe des services secrets et que ça repue l’ex-URSS à plein nez mâtinée de relents de la Russie.

Non, il n’est pas facile de vivre en Slovaquie, l’auteur en sait quelque chose et il ne nous parle pas de son pays en bien. J’ai déjà lu des romans noirs très noirs, mais ici, c’est plus noir que noir et cherchez pas la lueur d’espoir.

Pas de pathos, pourtant… Nous sommes dans des sujets affreux (viols, enlèvements de mineures,…) mais jamais l’auteur ne nous la joue « je fais pleurer dans les chaumières ». Le ton est froid, chirurgical, sans émotions à vous faire chialer. On aimera ou pas, il ne m’a pas rebuté.

La chose qui m’a le plus dérangé (au départ) et qui a fait que j’ai failli abandonner la lecture, c’est le côté kaléidoscopique du roman, pour ne pas dire foutraque, bordélique !

On a déjà une pléthore de personnages, désignés selon leurs rôles (le père, la victime, la journaliste, le boss, le nettoyeur, le procédurier,…) ce qui rend les choses assez compliquées à suivre, au début et on ajoute à cela un roman divisé entre passé et présent (Dans l’Est, à présent ; Dans l’Est, autrefois).

J’ai ramé au départ, j’ai failli abandonner, mais je me suis accrochée car je sentais que ce qui se trouvait dans les pages était du concentré de roman noir et je ne me suis pas trompée. C’est tellement concentré que l’on en ressort lessivé, anéanti, dégoutté du monde et le final ne nous laisse même entrevoir une lueur d’espoir.

Un roman noir très sombre, trop sombre, mais qui décrit avec réalisme un pays et une société gangrené par la corruptions à tous les étages et où les truands peuvent s’en sortir à coup de billets vert tandis que les flics ne peuvent pas vivre décemment sans tremper leur quignon de pain sec dans cette soupe de corruption.

Un roman très noir, une fiction débridée, le tout se déroulant dans un pays miné par les affaires, une corruption institutionnalisée et des détournements de fonds qui feraient passer certaines grandes affaires de nos pays pour des anecdotes marrantes.

Un roman qui met en scène un pays qui a dû faire face à l’effondrement du communisme (et l’éclatement de la  Tchécoslovaquie) et qui s’est retrouvé avec une espèce de démocratie à la mord-moi le nœud, avec un libéralisme débridé que les gens n’avaient pas connu, le tout dirigé par des élites sans foi ni loi, guidés uniquement par l’appât du gain et le profit facile.

Árpád Soltész a rassemblé dans son roman plusieurs faits divers sordides, les a mixé ensemble pour nous montrer l’envers du décor de la Slovaquie, nous permettant de regarder sous les jupes des institutions d’État telles la justice, la police et les services secrets, tous infiltrés par les gangs ou autres mafias. Croyez-moi, c’est pas beau à voir.

Un roman noir déjanté qui file la nausée tant tout est sombre, sans espoir (ou si peu), tant tout est corrompu et où ceux qui ne veulent pas manger de ce pain-là sont mis à l’écart sur une voie de garage.

PS : Journaliste d’investigation, Árpád Soltész, dirige une agence journalistique portant le nom d’un de ses confrères, abattu dans la périphérie de Bratislava après avoir enquêté sur des affaires de corruptions et de fraudes fiscales.

Une partie de cette histoire s’est vraiment produite, mais d’une autre manière. Les personnages sont fictifs. Si vous vous êtes tout de même reconnu dans l’un d’eux, soyez raisonnable et ne l’avouez pas. Les gens n’ont pas à savoir quel salopard vous êtes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°135.

De bonnes raisons de mourir : Morgan Audic

Titre : De bonnes raisons de mourir

Auteur : Morgan Audic
Édition : Albin Michel (02/05/2019)

Résumé :
Un cadavre atrocement mutilé suspendu à la façade d’un bâtiment. Une ancienne ville soviétique envoûtante et terrifiante. Deux enquêteurs, aux motivations divergentes, face à un tueur fou qui signe ses crimes d’une hirondelle empaillée.

Et l’ombre d’un double meurtre perpétré en 1986, la nuit où la centrale de Tchernobyl a explosé…

Morgan Audic signe un thriller époustouflant dans une Ukraine disloquée où se mêlent conflits armés, effondrement économique et revendications écologiques.

Critique :
J’aurais peut-être dû relire le résumé avant de commencer le roman, moi… Nous sommes à Pripiat…

Pripiat ? Ce nom éveille un écho en moi…

Tout à coup, les sirènes d’alerte retentissent dans mon crâne : je suis dans la ville fantôme, à quelques kilomètres de la centrale nucléaire de Tchernobyl et je n’ai pas de compteur Geiger avec moi, ni aucune protection.

Irradiée j’ai été.

Ce thriller m’a irradié, en effet. Un thriller qui mélange allègrement le roman policier, le roman d’action, d’espionnage, de roman noir, d’écologie, de guerre civile, de conflits entre peuple frères et de folie Humaine.

La recette est excellente, imparable, on dévore le roman même si, parfois, devant certains comportements, on a envie de vomir.

M’emmener en Russie dans un roman, c’est déjà me conquérir une fois, mais me faire passer la frontière Ukrainienne pour me déposer en zone d’exclusion, me parler un peu de politique, de conditions sociales, de l’ex-URSS et de l’accident d’avril 1986, c’est m’offrir des pralines délicates sur un plateau en or massif. Je me suis régalée.

Ne me demandez pas ce que je faisais le 26 avril, nuit de la catastrophe, je n’en ai plus aucun souvenir ! Trop jeune pour m’en souvenir et sans doute plus intéressée par les dessins animés que l’actualité, même brûlante.

L’auteur a mis les petits plats dans les grands, a soigné ses personnages, a soigné sa mise en scène, a soigné les décors à tel point que j’avais l’impression d’être à Pripiat, ce qui m’a fait flipper grave quand même.

D’ailleurs, j’ose le dire, durant toute ma lecture, j’ai flippé, mes tripes se sont serrées, j’ai eu mal au coeur, même si j’ai pris mon pied littéraire. Hélas, tout n’est pas que fiction et penser à quoi nous avons échappé alors que d’autres n’avaient pas d’échappatoires ou n’ont même pas survécu, ça fait froid dans le dos.

La plume est caustique, amère, le constat est sans fard, non maquillé et tout en suivant les enquêtes d’Alexandre Rybalko et de Melnyk, l’auteur nous dresse un portrait au vitriol de la Russie et de l’ex-URSS. Pas en mettant en cause le pays ou ses habitants (bien que certains…), mais ses différents dirigeants qui se sont succédé et qui ont foutu la vérole à tous les niveaux.

Anybref, la plume de l’auteur sait très bien vous expliquer les petits travers de l’Homme, les corruptions, les magouilles, les secrets bien gardés, les bassesses et tout ça tourne toujours autour du pouvoir et surtout de l’argent.

Glaçant… Oui, le roman est glaçant, tout en étant magnifique. Rien ne nous est épargné et l’auteur à l’art et la manière de nous faire comprendre la noirceur humaine, même si on la connait déjà.

Un thriller roman noir dur, froid, âpre, intelligent et des plus instructifs. Le dosage entre la politique, la psychologie, l’écologie, l’enquête, la corruption, le passé et le présent est savamment dosé et aucun ingrédients ne prend le dessus sur les autres.

En fait, c’est plus qu’un simple thriller, plus qu’un simple polar, plus qu’un simple roman noir, plus qu’un roman historique. C’est tout ça à la fois et c’est bien plus encore.

Sortez vos compteurs Geiger et aventurez-vous dans la zone d’exclusion en retenant votre souffle afin de ne pas soulever trop de poussières radioactives…

Avec amertume, il se dit que le monde se souvenait de dictateurs, de joueurs de foot brésiliens et d’artistes peignant des carrés blancs sur fond blanc, mais que personne ne pouvait donner le nom d’un seul de ces hommes qui avaient sauvé l’Europe d’un cataclysme nucléaire sans précédent. Qui connaissait Alexeï Ananenko, Valeri Bespalov et Boris Baranov ? Qui savaient qu’ils s’étaient portés volontaires pour plonger dans le bassin inondé sous le réacteur 4, pour activer ses pompes et le vider de son eau avant que le cœur en fusion ne l’atteigne ? Qui savait que si le magna d’uranium et de graphite s’était déversé dans le bassin, il se serait produit une explosion de plusieurs mégatonnes qui auraient rendu inhabitable une bonne partie de l’Europe ? Qui le savait ?

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°133.

Wiggins et la nuit de l’éclipse : Béatrice Nicodème

Titre : Wiggins et la nuit de l’éclipse

Auteur : Béatrice Nicodème
Édition : Gulf Stream Courants noirs (2012) / Livre de Poche Jeunesse (2014)

Résumé :
Angleterre, 1894. Trois années ont passé depuis que Sherlock Holmes a disparu dans les chutes de Reichenbach après une lutte sans merci contre l’infâme Moriarty.

Inconsolable, Wiggins est plus que jamais déterminé à se montrer digne du grand détective.

Lorsqu’il est appelé au collège de Midhurst pour veiller sur le jeune Lowell Summerfield dont le père, un juge connu et redouté, a reçu des lettres de menaces, il voit là l’occasion de gagner enfin ses galons de détective-consultant.

À Midhurst, il découvre un monde surprenant qui vit replié sur lui-même. Derrière la façade austère, les règles strictes et le code de l’honneur, la violence rôde.

La nuit, de mystérieuses réunions se tiennent dans la chapelle, et il arrive que des pas résonnent dans le grenier.

Les grands, chargés de faire respecter la discipline par les plus jeunes, ont parfois une conception bien curieuse de l’autorité, et même les professeurs semblent avoir leurs petits secrets.

Critique :
Wiggins enquête à Poudlard !

Engagé pour empêcher qu’il n’arrive quelque chose de fâcheux à un étudiant de la maison des Têtes de Lard, notre Wiggins aura fort à faire parmi tous ces étudiants formant la future élite de l’Angleterre.

Hein ? Comment ça c’est pas à Poudlard mais au collège de Midhurst qu’il enquête ??

M’enfin, on a des maisons aux couleurs différentes, des préfets et des professeurs qui sont directeurs de leurs maisons ?

Mince alors, J.K Rowling n’a rien inventé mais tout copié sur les collèges horribles de l’Angleterre victorienne ! mdr

J’ai toujours eu un faible pour la saga des enquêtes de Wiggins dont j’avais commencé à lire le premier en 1996 et ce dernier qui manquait à ma collection, je l’ai enfin déniché chez un dealer de livres de seconde main.

Une chose que j’apprécie surtout c’est que l’auteur, contrairement à Conan Doyle, nous explicite vraiment bien les conditions de vie de l’East End et qu’elle ne se contente pas de développer une enquête sans parler des mœurs de l’époque, avec plus de détails que le Maître ne l’a fait.

Wiggins est un excellent témoin puisqu’il a vécu dans les rues de Whitechapel et il l’est encore plus au milieu de ce collège, parmi des gosses de riches dont il compare les faits et gestes avec ceux des gamins de rues.

Un gamin reste un gamin et nous sommes loin des chères têtes blondes car dans les collèges anglais, il règne du harcèlement, du racisme, des brimades, des mises à l’écart et l’omerta y est encore plus forte que dans la mafia. Ici, gare aussi à celui qui dénonce un autre élève.

Et c’est violent, si on se donne la peine de s’arrêter 5 minutes et d’y réfléchir. Même si l’auteur reste sobre, on sent que la-dessous, ce n’est guère brillant et que entre les cailleras et les gamins en cols blancs, les différences de comportement ne sont pas si grandes que cela. Rien de reluisant, croyez-moi.

Du côté des parents, rien de brillant non plus. Les enfants n’ont aucun droit, les pères sont distants, imbus d’eux-mêmes, n’écoutent pas leurs gamins et leur avenir à eux est déjà tout tracé… Oxford, Cambridge ou autre…

♫ Auteuil, Neuilly, Passy, c’est pas du gâteau ♪

Deux enquêtes pour le prix d’une, des petits mystères qui viennent se greffer aux menaces reçues par le père d’un élève, un Wiggins qui pleure toujours la disparition de Holmes dans les chutes, des professeurs qui sont louches, mais aux noms évocateurs pour tout holmésiens (Baring-Gould et Bell), des élèves louches aussi, des pans peu reluisant de l’Angleterre, du suspense, des émotions amoureuses et des morts.

Un cocktail que l’on sirote bien au chaud sous un plaid, une tasse de thé fumante à ses côtés et l’impression que ce dernier tome est plus mature que ces prédécesseurs, l’âge de Wiggins y étant sans doute pour quelque chose.

Mon regret ? Que ce tome soit le dernier de la saga car c’était une série bien faite, autant pour les jeunes que pour les moins jeunes, car si l’auteure n’utilise pas des phrases alambiquées, elle n’écrit pas non plus de manière plate mais avec un subtil équilibre entre les deux : rien de complexe mais rien de prémâché non plus.

Une très bonne saga dont le dernier tome clôt le tout à la manière d’une cerise sur un gâteau, la dernière friandise avant la diète. Ma friandise à moi sera pour le fait que j’avais repéré une chose que Wiggins n’avait pas vue, mais il y avait délit d’initié de mon côté puisque je sais tout de la mort de Sherlock Holmes au chutes de Reichenbach et lui ne savait encore rien.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°127 et le Challenge « British Mysteries 2019 » chez MyLouBook.

 

Le Scorpion – Tome 12 – Le mauvais augure : Enrico Marini & Stephen Desberg

Titre : Le Scorpion – Tome 12 – Le mauvais augure

Scénariste : Stephen Desberg
Dessinateur : Enrico Marini

Édition : Dargaud (15/11/2019)

Résumé :
Nelio Trebaldi, le Scorpion, les différentes familles…, tous souhaitent ardemment découvrir le secret de la fortune des Trebaldi.

Afin de trouver réponse à ses questions, le Scorpion part en compagnie du Hussard et de son soi-disant fils Charles-Henri en direction du château de Tarquinio, demeure ancestrale de la riche famille.

Mais tout ne se passe pas comme prévu : le Chevalier de Trèfle, l’assassin des Trebaldi, s’intéresse de près à cette histoire et à l’art divinatoire de la lignée. Il enlève Charles-Henri et propose un marché au Scorpion : en échange de la vie de l’enfant, il lui ouvrira les portes du château.

Du côté des neuf familles, la situation dégénère également. Désireux de venger la mort de son père assassiné par un Delamorley, la folie d’Ursus Latal ne s’arrêtera que lorsque justice sera rendue.

Les réponses tant attendues sont à présent toutes proches. Encore faut-il pouvoir les saisir…

Critique :
Comment les Trebaldi ont-ils pu garder la main mise sur toutes les autres familles de Rome pendant des siècles ?

D’où vient leur fortune ? Cette famille qui possède le pouvoir, le savoir et l’argent cache-t-elle un trésor fabuleux ? Un secret bien gardé ?

Il n’y a pas que vous qui souhaitez le savoir… Prenez un ticket et faites la file. N’oubliez pas des armes, aussi car les nobles sont jamais que des bandits en col amidonné.

Ah, mon Scorpion ! 5 ans que j’attendais la suite ! Bon sang que c’est long, 5 ans, sans avoir de nouvelles de mon Italien sexy, de mon sombre héros, de mon bâtard préféré.

L’attente en valait-elle la peine ? Oui, trois fois oui, même si la final de cet album induit que nous en aurons encore au minimum un… Ou plus, si affinités. Tant que l’attente n’est pas aussi longue.

Pour se faire pardonner, les auteurs nous offrent un album de 64 pages aux couleurs chatoyantes et aux dessins sublimes, comme toujours. Les personnages sont bien esquissés, dans tous les sens du terme, les chevaux sont magnifiques, surtout celui du Scorpion et les images ont tout d’aquarelles.

Lorsqu’il s’agit de donner vie à des combats, le tout est dynamique et une attention est portée sur les expressions des différents personnages. Le dessin n’est pas statique mais tout dans le mouvement.

Niveau scénario, les multiples rebondissements m’ont fait passer un excellent moment, mais on fait monter ma tension d’un cran.

Une tension qui monte aussi (et pas dans le pantalon du Scorpion), c’est celle entre lui et son ami de longue date, le Hussard, qui lui reproche son égoïsme, son manque de cœur, d’empathie, envers son fils. Mais l’est-il vraiment, son fils ?

Le Scorpion a aimé bien des femmes, en a couchées dans son lit, les a prises dans toutes les positions et 3 d’entre toutes celles-là ont toujours été les plus amoureuses, même si de toutes, je préférerai toujours Mejaï, plus franche que les deux autres.

Dans la continuité des autres albums, les auteurs résolvent ici un vieux mystère sur la fortune des Trebaldi, le tout sur fond de guerre des familles pour le pouvoir absolu envers les autres familles puissantes de Rome.

De l’action, des magouilles, des secrets de famille, des assassinats, de la divination, des règlements de comptes, bref, rien de neuf sous le soleil, mais c’est tellement bien raconté qu’on a l’impression de découvrir les bassesses de l’âme humaine pour la première fois.

Mon Scorpion, ne met pas trop de temps à venir me voir. Sinon, pour patienter, je vais me refaire l’intégrale de tes aventures car elles m’ont toujours passionnées, diverties et en plus, j’apprenais des choses avec toi…

Sans compter que tu as une paire de fesses des plus tentantes !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°126.