Le Bureau des Affaires Occultes – 02 – Le Fantôme du Vicaire : Éric Fouassier [Par Dame Ida, créature inquiétante qui hante les coins sombres des bibliothèques]

Titre : Le Bureau des Affaires Occultes – 02 – Le Fantôme du Vicaire

Auteur : Éric Fouassier
Édition : Albin Michel (22/04/2022)

Résumé :
Valentin Verne, inspecteur en charge du Bureau des Affaires Occultes, doit résoudre une nouvelle affaire : un médium aurait recours au spiritisme et à de mystérieux pouvoirs extralucides pour ramener à la vie de la fille de Ferdinand d’Orval, un noble très fortuné. Tables tournantes, étranges apparitions, incarnations inexplicables… Mystification ou réalité ?

Des bas-fonds parisiens aux salons de la haute société, des espions de Vidocq aux troublants mystères du spiritisme, l’auteur nous entraîne dans un polar crépusculaire et addictif.

L’avis de Dame Ida :
Un peu lapidaire le résumé Babelio, non ? Oui, Valentin est appelé par une jolie aristobourge qui s’inquiète de voir son mari tomber sous la coupe d’un médium prétendant le mettre en contact avec sa fille défunte qu’il avait eu d’un précédent mariage…

Oui Valentin ne croit pas plus que cette dame à ces âneries et est prêt à venir démontrer l’escroquerie…

D’autant qu’en ces périodes de changements politiques instables, les préfets de police changent tous les quatre matins et qu’à chaque fois c’est la pérennité du bureau des affaires occultes qui se trouve menacée si Valentin de montre pas d’édifiants résultats.

Qui plus est, ce bureau serait d’autant plus facile à fermer qu’il en est le seul inspecteur, et que l’adjoint qu’on vient de lui donner, malgré son implication, ne représente pas une équipe pléthorique difficile à réaffecter en cas de fermeture du service.

Cette nouvelle affaire est donc cruciale, mais… Elle n’est pas la seule qui occupera Valentin, toujours décidé à retrouver le Vicaire, religieux dévoyé machiavélique à l’âme noire et nauséabonde avec qui il a quelques comptes personnels à régler depuis le volume précédent. Et croyez-moi, ça le préoccupera bien plus que son affaire de médium, tout au long du livre.

Ben oui ! D’où vient le titre du roman à votre avis ? Aucun rapport avec ce qui semble à première vue n’être qu’ un abus de faiblesse et de crédulité de la part d’un médium supposé escroc.

Dame Belette ne vous l’avait-elle pas dit dans son billet concernant le premier Opus des Enquêtes de Valentin Verne ?

Ne vous avait-elle pas fait part de ses regrets de ne pas avoir eu d’éclaircissements sur ce fameux Vicaire dont l’ombre planait déjà dans le premier volume, mais qui n’avait pas été récompensé selon ses mérites par la fraîche caresse de sa nuque par le couperet de la Veuve au petit matin en place publique comme on le faisait à l’époque?

Une belle époque où l’on savait vivre et où faute de télévision et d’internet, on savait proposer d’édifiants spectacles pour distraire la population qui se levait tôt ; ou surtout qui se couchait plus que tard puisque le public des exécutions capitales était surtout composé de fêtards noctambules qui après une nuit blanche venaient terminer « joyeusement » leur fiesta par une petite décapitation avant d’aller se coucher… on savait s’amuser y a pas à dire !

Et ben voilà ! Vous saurez tout ! Enfin presque… Car si vous vous êtes déjà approprié l’atmosphère du premier volet, vous vous doutez bien que le monstrueux homme d’Eglise pour à qui la soutane ne sert que de raison sociale et de couverture à défaut d’être une véritable vocation, gardera une petite part de mystère.

Je ne peux hélas vous en dire trop à ce sujet car il me faudrait cruellement spoiler et ôter à ce roman toute sa substantifique moelle. On dira juste qu’avec toutes les affaires qui agite l’Église Catholique en ce moment… ce vicaire là en rajoute une sacrée couche.

Je souscris aux bémols jadis posés par Belette, et je commencerai par eux pour pouvoir en terminer sur la note très positive que ce roman mérite.

Oui, on va finir par le savoir que Valentin est beau, bien fichu et pété de thunes… Et on le saura aussi que sa copine Aglaé, actrice (qui manque toutefois d’un peu de profondeur psychologique, je trouve) est également trèèèèès belle… Et qu’elle est étrangement vertueuse si l’on considère la vie des actrices de l’époque qui en réalité n’étaient pas autre chose que des cocottes (prostituées de luxe ayant un métier officiel à côté pour donner le change) …

Si le personnage d’Aglaé n’a pas beaucoup de profondeur psychologique, pour celui de Valentin c’est autre chose. Déjà il s’appelle Verne. Comme Jules. L’auteur a décidé d’en faire un adepte des vérités scientifiques bien décidées à faire sortir le monde d’une vision enchantée où l’occulte flirte avec l’obscurantisme.

Car oui, tandis que le positivisme de la fin du XIXe siècle et la science mettaient la religion à mal, les « brillants esprits » de l’époque se cherchaient des théories fantastiques alternatives pour offrir un peu de sursis à l’âme et aux forces de l’esprit.

Valentin est l’incarnation des idéaux de son époque qui voyait en la science la clé de l’édification universelle… Et l’affaire de spiritisme sur laquelle il devra travailler est quant à elle l’expression des résistance des vestiges de la « pensée magique » de cette époque face à la science.

Et puis sans vouloir spoiler pour celles et ceux qui auraient manqué le premier volume (je recommande fortement de lire les livres dans l’ordre !!!), Valentin a bien morflé dans sa jeunesse et il en paye encore lourdement le prix… Et sa chérie aussi indirectement.

Cela étant… j’ajouterais volontiers un petit bémol supplémentaire, lorsqu’il est question des difficultés que rencontrent les tourtereaux qui se tournent autour en peinant à conclure.

OK, repousser le moment de conclure est aussi un artifice très pratique pour l’écrivain qui veut bien faire monter le désir chez ses lecteurs en même temps qu’il diffère la satisfaction de celui pouvant exister entre ses personnages…

OK, avec ce que Valentin a vécu on peut comprendre que ce soit un peu compliqué…

OK, cette complication est parfaitement crédible… Mais… elle aurait pu être un peu mieux décrite ou développée sur le plan psychologique.

Le voile de pudeur qui permet de ne pas entrer dans les détails peut certes rester crédible vu l’époque dans laquelle l’action se déroule, mais peut-être l’auteur aurait-il pu aller plus loin ?

Mais on ne se crispera pas là-dessus car le mieux est parfois l’ennemi du bien et se hasarder sur les sables mouvants de la psychologie est souvent très casse-gueule pour les auteurs car c’est un sujet difficile à maîtriser assez pour être crédible et éviter le ridicule.

Je reconnais aussi que ce bémol dans le bémol devient carrément sibyllin pour qui n’a pas lu le livre. Donc lisez-le et vous comprendrez. En dire plus serait du divulgâchage en règle. Notamment pour celles et ceux qui n’auraient pas encore lu le premier opus.

Et loin de moi l’intention de gâcher la lecture de ce roman bien écrit, bien construit, divertissant et très bien documenté. L’intrigue s’enracine dans l’Histoire avec beaucoup d’adresse et de talent, nous faisant rencontrer au passage quelques personnages ayant réellement existé et ce, sans jamais faire outrage à ce que l’Histoire nous a transmis d’eux.

Les explications contextuelles sont amenées sans pesanteur aucune, sans jamais paraître artificielle, les scènes de la vie quotidienne se mêlent aux passages descriptifs et aux intrigues de manière vivante et authentique.

Faire du polar historique est un art difficile. Il faut maîtriser divers sujets : l’organisation de la police à l’époque, les mœurs de l’époque, le langage populaire des brigands de l’époque, le contexte politique, économique, les courants artistiques, culturels etc.

Et Monsieur Fouassier a manifestement très très très bien travaillé son sujet. On le sent tout au long de ce livre qui devient une véritable machine à remonter le temps, et les notes de bas-de-page et les références annoncées en fin de livre viennent compléter ce constat.

Les deux intrigues traitées en parallèle sont glauques et retorses. L’auteur cherche à les rendre complexe évidemment, mais les habitués des romans policiers pourront cependant voir parfois vers où il nous conduit quant à la résolution des intrigues.

D’ailleurs je dois avouer que mon intuition m’avait déjà permis d’anticiper quelques coups de théâtres dans l’affaire du Vicaire, et de deviner dès les premiers chapitres, voire dès sa présentation initiale, l’identité de la personne responsable des drames accompagnant l’intrigue du médium.

À moins que je ne sois médium moi-même ? Je vais songer à une reconversion professionnelle un de ces jours… Il paraît que ça gagne bien…

Le jeu de piste angoissant que le Vicaire « proposera » (lui laissait il le choix ?) à Valentin nous demandera en revanche d’être plus patients puisque les éléments nous seront distillés qu’au fur et à mesure de la progression de notre héros dans sa quête (à ce niveau là ce n’est plus une simple enquête) où les découvertes macabres et douloureuses se suivent, faisant monter le niveau d’angoisse peu à peu.

Le suspense est bien ménagé, chaque fin de chapitre nous laissant sur notre faim et nous encourageant à lire le suivant, le degré d’action et de tension montant crescendo lors de la lecture.

Résultat… Je me suis couchée toujours plus tard que prévu pendant les quelques jours qu’a duré ma lecture…

Voilà pourquoi je n’étais pas en forme au boulot ces derniers jours ! C’est à cause du Sieur Fouassier Madame la Cheffe de Sévice !

Et si le Sieur Fouassier finit par nous laisser un peu sur notre faim lors des dernières pages, c’est je l’espère pour nous éprouver notre désir de retrouver ses personnages pour un troisième volume qui est déjà virtuellement dans ma PAL avant même qu’il ne paraisse.

Il ne nous reste plus qu’à espérer que l’auteur projette de reprendre sa plume…

 

Hercule Poirot (BD) – Tome 5 – La Mystérieuse affaire de Styles : Jean-François Vivier, Romuald Gleyse et Agatha Christie

Titre : Hercule Poirot (BD) – Tome 5 – La Mystérieuse affaire de Styles

Scénariste : Jean-François Vivier (d’après Agatha Christie)
Dessinateur : Romuald Gleyse

Édition : Paquet – Agatha Christie (05/08/2020)

Résumé :
1917, le capitaine Hastings, blessé au combat, est rapatrié en Angleterre et vient passer sa convalescence à Styles Court, dans la demeure familiale de son ami John Cavendish.

L’ambiance est lourde car Emily, la mère de John, s’est remariée avec l’antipathique Alfred Inglethorp, plus jeune qu’elle.

Et quand Emily meurt, empoisonnée, le hasard fait bien les choses avec la présence sur les lieux d’un ancien policier belge, un ami du capitaine Hastings. Hercule Poirot saura-t-il démêler le vrai du faux et confondre le coupable ?

Critique :
Cette mystérieuse affaire de Styles, je l’ai lue d’abord en roman, lorsque j’étais gamine, puis j’ai vu plusieurs fois d’adaptation télé avec David Suchet dans le rôle de Poirot, je l’ai vue adaptée par « Les petits meurtres d’Agathe Christie », je l’ai relue en roman et maintenant, je me la fait en version bédé.

Pas de surprise à avoir, je me souviens encore de la résolution de l’affaire. Néanmoins, j’apprécie toujours une relecture, quelle qu’elle soit, d’un roman d’Agatha Christie.

La première chose qui m’a frappée, dans cette adaptation, ce sont les dessins, notamment celui du capitaine Hastings qui, avec son uniforme militaire et son képi, avait un petit air de ressemblance avec Francis Blake (E.P Jacobs). Ensuite, ça sautera moins aux yeux.

En tout cas, je ne serai pas fan des illustrations qui m’ont donné l’impression d’être enfantine. Elles auraient mieux collé à une bédé d’humour qu’à une adaptation d’un roman policier. Hercule Poirot n’est pas bien réalisé, il lui manque son élégance, sa raideur, son côté guindé.

Malgré ces défauts, l’adaptation est bien faite, même si, du fait de ses 64 pages, il a fallu tailler dans le scénario original. Cela donne du rythme à l’ensemble, certes, mais cela paraît aussi être trop précipité à un moment donné.

Les explications de Poirot sont claires, détaillées, pas de soucis pour ceux ou celles qui ne connaîtraient pas l’histoire et la découvriraient pour la première fois.

Cette adaptation n’entrera pas dans les plus réussies (ce n’est que mon avis), malgré tout, bien que les dessins m’aient semblés simplistes, le corps du roman est respecté, malgré les coupes scénaristiques. C’est ce qui est le plus important, à mon sens.

Cette bédé policière pourra faire le bonheur des lecteurs et lectrices qui n’ont pas encore découvert l’univers d’Agatha Christie et qui n’ont pas le courage (ou l’envie) de se lancer dans ses romans (ce ne sont pas des pavés, je vous rassure).

Malgré tout, je privilégierais la découverte par le biais des romans originaux ou, au pire, par l’excellente série télé avec David Suchet (oui, j’adore son interprétation de Poirot).

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°252], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 64 pages) et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Agatha Christie (BD) – T19 – La maison du péril : Didier Quella-Guyot, Thierry Jollet et Agatha Christie

Titre : Agatha Christie (BD) – T19 – La maison du péril

Scénariste : Didier Quella-Guyot (d’après Agatha Christie)
Dessinateur : Thierry Jollet

Édition : Emmanuel Proust (05/11/2009

Résumé :
Trois fois, la jolie Magdala échappe à la mort… Le détective belge Hercule Poirot ne croit pas aux coïncidences, trop, c’est trop ! Mais en enquêtant sur l’entourage de la jeune femme, il va découvrir bien des zones d’ombre…

Critique :
Cela fait des années que j’avais lu ce roman d’Agatha Christie, puis, je l’ai vue deux fois en série télé.

La première fois dans la série Hercule Poirot (avec David Suchet) et l’autre, dans « Les petits meurtres d’Agatha Christie » (version avec le commissaire Larosière).

Ma mémoire se souvenait encore de l’essentiel, donc, si l’adaptation était fidèle, ce serait zéro surprises, mais le but était plus de voir ce que valait cet album, vu que la collection réalisée par les éditions Emmanuel Proust est en dents de scie, avec plus de bas que de hauts.

Les dessins sont classiques, le visage de Poirot, de loin, est élégant, mais une fois que l’on rapproche la caméra, heu, qu’on le dessine en plan serré, c’est moins joli, on le dirait boursouflé (léger). Nous sommes loin de son visage de forme ovoïde, mais au moins, il me plaît bien (j’ai vu des horreurs).

Il y a quelques dialogues entre Hastings et Poirot qui sont amusants, mais la version télé avec David Suchet était plus amusante, plus légère. Bon, c’est David Suchet aussi…

— Dites, on est invités ce soir à un feu d’artifice chez Nick.
— Quoi ? Vous me réveillez pour m’annoncer un feu d’artifice, ce soir ?
— Elle sort de ma chambre.
— Oh ! Bravo Poirot ! Je ne vous croyais pas à ce point séducteur.
— Hastings ! Qu’allez-vous imaginer ?

Cette adaptation bédé se situera dans les hauts de la pile, car elle est très bien faite. Il y a assez de détails pour que l’on ne tombe pas des nues lorsque Poirot explique le tout, même s’il le fait en quelques cases, seulement.

Si, comme d’habitude avec la reine du crime, rien n’est simple, que ses intrigues sont bien ficelées et que l’on tombe souvent de haut une fois la solution donnée, il n’y avait pas besoin de faire des longueurs dans les explications, elles sont limpides.

On comprend tout très facilement (je n’avais rien oublié, le suspense et la surprise étaient donc inexistants pour moi), pas comme dans d’autres adaptations où mon esprit avait bugué et qu’il m’avait fallu une nouvelle adaptation pour comprendre (Le crime du golf, pour ne pas le citer).

Ici, c’est clair, c’est net, c’est propre. Put***, que ça fait du bien !

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°248], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 46 pages) et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Les Dames de Marlow enquêtent – 01 – Mort compte triple : Robert Thorogood

Titre : Les Dames de Marlow enquêtent – 01 – Mort compte triple

Auteur : Robert Thorogood
Édition : de La Martinière (06/05/2021)
Édition Originale : The Marlow Murder Club (2021)
Traduction : Sophie Brissaud

Résumé :
Dans la petite ville de Marlow, en Angleterre, Judith Potts, 77 ans, mène la vie qui lui plaît. Elle boit un peu trop de whisky et se baigne toute nue dans la Tamise, et alors ? Au pays des excentriques, elle est la reine !

Un soir, elle entend, provenant de la maison de son voisin, un cri suivi d’un coup de feu. Elle en est sûre : un meurtre a été commis. Mais la police ne la croit pas. Pas d’énigme sans solution pour Judith Potts !

La vieille anglaise passionnée de mots-croisés va se lancer dans l’enquête avec, à ses côtés, Becks, la femme du vicaire, et Suzie, la promeneuse de chien et commère attitrée de Marlow.

Vous reprendrez bien un nuage de crime avec votre thé ?

Critique :
Il était dit que ce roman était un mélange entre Miss Marple et le capitaine Marleau (dixit les Editions de la Martinière).

Bien que phonétiquement parlant, le nom de la ville soit le même que le nom de notre capitaine à la chapka, bien que Judith Potts soit un peu excentrique, la ressemblance s’arrêtera là.

Jamais cette vieille dame de 77 ans n’a débarqué sur une scène de crime en criant « Salut camarades ».

Pour profiter au mieux de ce cosy mystery, il vaut mieux se dire que c’est pour se détendre l’esprit, sans rien attendre de plus, afin de ne pas tiquer sur quelques invraisemblances ou les petits arrangements scénaristique de l’auteur, afin d’aider son groupe de femmes.

Judith Potts qui devient copine tout de suite avec l’inspectrice principale, puis avec deux autres habitantes du village, qui la suivent dans son enquête, leurs magouilles pour extorquer un papier de la déchiqueteuse chez un notaire… Cette action était drôle, amusante et j’ai croisé les doigts que nos dames y arrivent, mais bon, c’était un peu capillotracté.

Voilà pourquoi, si on veut profiter de sa lecture, il faut faire abstraction de ces petits détails, c’est une lecture sans prise la tête et de temps en temps, cela fait un bien fou. Je n’en demandais pas plus.

Sans être trépidante, cette enquête avance pourtant à bonne vitesse et il est difficile de s’y ennuyer, tant les meurtres semblent insondables : à qui profite les crimes ? Oui, c’est facile à trouver, mais les meurtriers possibles avaient de très bons alibis et à ce moment-là, on se dit que seul un lieutenant Columbo arriverait à trouver la faille dans tout ce brol.

Alors que comme Judith Potts, je nageais dans la panade, je me suis souvenue d’un film, vu il y a longtemps et la lumière s’est faite dans mon esprit. J’avais peut-être la solution ! Mais il me manquait un lien et je me suis retrouvée à nager dans la Tamise, ce qui n’est peut-être pas très sain, si ? Judith, elle, elle y nage et à poil !

On a de l’humour, des personnages féminins qui sont sympathiques, dont certaines cachent des secrets (Judith), dont une à des soucis avec ses enfants (Suzie, la dogsitter) et une autre qui a épousé un banquier avant que celui-ci ne troque les costumes pour une tenue de vicaire.

Becks, la femme du vicaire, m’a fait penser à une sorte de Bree Van de Kamp (Desperates Housewives), tant elle est une maniaque de son intérieur, se veut être la mère parfaite, l’épouse parfaite, la femme au foyer parfaite et ni ses enfants, ni son mari, ne se rendent compte de tout ce qu’elle fait pour eux. Révolte-toi, ma grande !

C’est donc un petit cosy mystery sans prétention aucune, si ce n’est de divertir les lecteurs et lectrices.

Peut-être qu’en temps normal, cette lecture me serait tombée des mains, mais là, je suis dans une passe vide (elle passera, cette mauvaise passe) et j’ai envie de romans qui ne me prennent pas la tête, qui me détendent, qui me font du bien au moral et, ma foi, il tombait à pic.

Une lecture parfaite pour se vider l’esprit, tout en passant un bon moment de lecture. Un polar qui ne se prend pas au sérieux, qui propose des héroïnes décalées, amusantes, sympathiques, qui met en avant une petite ville où tout le monde connaît tout le monde.

Un cosy mystery avec tout de même trois meurtres, un mystère opaque et une solution qui n’était pas simple à trouver. Le petit plus, ce sont les trois grilles de mots croisés à la fin de chaque partie (solutions à la fin) parce que notre Judith est cruciverbiste et qu’elle crée des mots croisés pour les journaux.

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°244] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Lizzie Martin ‭–‬ 08 ‭–‬ L’héritage de Sir Henry : Ann Granger [LC avec Bianca]

Titre : Lizzie Martin ‭–‬ 08 ‭–‬ L’héritage de Sir Henry

Auteur : Ann Granger
Édition : 10/18 Grands détectives (03/03/2022)
Édition Originale : The Truth-Seeker’s Wife (2021)
Traduction : Jean-Baptiste Dupin

Résumé :
Printemps 1871. Lizzie Martin accompagne sa tante dans le New Forest pour se mettre au vert. Invitées à dîner chez Sir Henry Meager, un riche propriétaire terrien, c’est lui que l’on retrouve assassiné le lendemain.

Plus personne ne se sent en sécurité. D’autant que les ennemis et potentiels meurtriers sont nombreux.

Lizzie, secondé de son époux, se lance dans une sombre enquête destinée à révéler les secrets de Sir Henry et démasquer un tueur aussi impitoyable que vengeur.

Critique :
À une époque où aucun homme anglais n’est prêt à accepter une femme dans un poste de police (ça leur fout des frisson rien que d’y penser), à une époque où la place des femmes est en cuisine, avec les marmots, ou au tricot, Lizzie Martin peut s’estimer heureuse d’avoir épousée un homme tel que l’inspecteur Ben Ross.

Oh, il reste un produit de l’époque victorienne, malgré tout, il laisse une grande liberté à son épouse et à l’esprit un peu moins étriqué que la plupart des mâles de son temps (et des femmes, parce que tous les torts ne sont pas dans les mains des hommes).

Cette pauvre Lizzie est obligée d’accompagner sa tante en villégiature dans le New Forest, non loin de là où elle avait résolu les mystères du tome 2 (La curiosité est un péché mortel). Il est difficile de tenir tête à la veuve de son parrain, cette tante aux idées bien arrêtées et qui pratique le culot à un niveau olympique, comme le déni.

Il est amusant de voir comment sa tante s’enfonce dans la bêtise, notamment en étant persuadée que Sir Henry a été assassiné par un cambrioleur. Impossible de faire entendre raison à cette bonne femme, même lui mettant le nez dans ses contradictions ou les illogismes.

Cette dame d’un certain âge est l’illustration de bien des Anglaises de l’époque (pire, c’est intemporel ce genre de déni) qui ne veulent voir que ce qui les arrange, de peur de constater que leur époque change, que le monde change… Alors, telles des moules à leur rocher, elles s’y cramponnent, à leur idée à la con. Sa tante, Mrs Julia Parry, en est une brillante illustration.

Mais revenons au roman et à cette pauvre Lizzie qui se retrouve à la campagne, avec sa tante Parry, dans un petit village où tout se sait en un instant, comme s’ils avaient déjà le téléphone et les réseaux sociaux.

L’esprit des petits villages est bien représenté : tout le monde surveille les nouveaux arrivants, les secrets sont tus, on vous regarde de travers, l’esprit de clocher règne, on est toujours un peu superstitieux… La séparation entre les nantis et les besogneux est bien représentée aussi et la fracture est nette.

Bien que je n’ai rien vu venir de la personne coupable, j’ai trouvé que ce huitième tome était un peu lent par moment, donnant l’impression que rien n’avançait. Lla double narration (Lizzie / Ben), que j’apprécie en temps normal, a semblé être un frein à l’avancée de l’enquête.

Rien de rédhibitoire ou de grave, les 360 pages se dévorent en deux jours et les longueurs sont noyées dans les dialogues qui, bien souvent, ne manquaient pas de piquant. Cette enquête manquait juste un peu de sel et m’a semblée un peu fade, comparée à des précédentes.

Durant les neuf dixième, Lizzie et Ben semblent ne pas savoir qui aurait pu faire le coup et puis, une phrase dite innocemment dans une conversation et boum, Lizzie comprend, vérifie et assemble les pièces du puzzle, démystifie le coupable, prenant une longueur d’avance sur son époux inspecteur, lui-même y étant arrivé avec une grosse longueur de retard. Girl power !

Un polar historique sympathique, des personnages qui j’aime retrouver, une époque victorienne bien détaillée (mais jamais trop) et des vacances, qui, comme toujours, tournent mal avec des meurtres à résoudre. Les enquêteurs, hommes ou femmes, n’auront jamais droit à des vacances tranquilles !

Une LC réussie avec Bianca qui, comme moi, a trouvé quelques longueurs.

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°241] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Dans les eaux du Grand Nord : Ian McGuire

Titre : Dans les eaux du Grand Nord

Auteur : Ian McGuire
Édition : 10/18 (2017/2019)
Édition Originale : The North Water (2017)
Traduction : Laurent Bury

Résumé :
Puant, ivre, brutal et sanguinaire, Henry Drax est harponneur sur le  » Volunteer « , un baleinier du Yorkshire en route pour les eaux riches du cercle polaire arctique.

Patrick Sumner, un ancien chirurgien de l’armée traînant une mauvaise réputation, n’a pas de meilleure option que d’embarquer sur le baleinier comme médecin.

En Inde, pendant le siège de Delhi, Sumner a cru avoir touché le fond de l’âme humaine, et espère trouver du répit sur le « Volunteer »…

Mais pris au piège dans le ventre du navire avec Drax , il rencontre le mal à l’état pur et est forcé d’agir. Alors que les véritables objectifs de l’expédition se dévoilent, la confrontation entre les deux hommes se jouera dans l’obscurité et le gel de l’hiver arctique.

Critique :
1859, Angleterre… Nous allons faire la connaissance du sieur Henry Drax et, comme dans un Columbo, nous ne raterons du meurtre et nous aurons l’identité du coupable. L’analogie s’arrêtera là. Et dans analogie, il y a… anal, en effet.

Drax aime les jeunes garçons, je ne vous ferai pas de dessin. Le meurtre du gosse est violent et marquant. Quelle entrée en matière !

Ce roman d’aventures restera aussi dans mes annales en raison de sa violence, qu’elle soit envers les animaux (nous sommes à bord d’un baleinier) du Grand Nord (phoques, baleines, ours blancs) ou envers les hommes.

Parce que dans un baleinier, les marins ne sont pas des enfants de coeur, mais si en plus des mousses, vous avez embarqué le fameux Drax et son goût pour les jeunes gamins, ça risque de mal se terminer ! Déjà que vous vouliez couler votre navire pour toucher les assurances…

Oui, ce roman restera dans mes annales, en partie pour les raisons exposées ci-dessus, mais aussi parce qu’après un tiers de pages, je me suis de temps en temps ennuyée et j’ai souqué plus ferme dans le but de passer outre de ces vagues d’ennui.

Ce roman possède des émotions fortes (violences, naufrage, survie, meurtres,…), des descriptions remarquables des paysages, des actions, de la vie sur un baleinier, par contre, je n’ai pas trouvé la bouée de sauvetage et j’ai bu la tasse de temps en temps. Trop de détail tue le détail, même si, pour l’immersion, c’était parfait.

Me voici donc mitigée au moment d’écrire ma chronique : le roman n’est pas mauvais du tout, il apporte le souffle de la grande aventure, il est précis, documenté, l’écriture descriptive est très jolie, et pourtant, il m’a manqué quelque chose pour que j’adhère totalement à ce récit.

Sans doute un personnage auquel me raccrocher, même si le chirurgien, Patrick Sumner, a fait l’affaire durant une grande partie du roman.

C’est une impression fugace qu’il manquait une âme à ce récit, un corps. Des émotions autre que le dégoût devant les massacres d’animaux ou des assassinats d’être humains.

Décrire avec précision la vie sur un baleinier, l’assaisonner de violence, de sodomie, d’assassinat d’un mousse, de fausses accusations, d’un coupable souffrant de déni purulent, rajouter une couche de violence, de descriptions peu ragoutantes, faire couler le navire et passer ensuite dans un récit de survie, tout en rajoutant une énorme couche de violence, ne fait pas d’un roman d’aventure un excellent roman d’aventure.

Dommage, le premier tiers était addictif et je l’avais lu en un rien de temps. La suite a défilé un peu plus vite lorsque je me suis mise à sauter des pages.

Une lecture en demi-teinte et le cul entre deux chaises (inconfortable) pour rédiger ma chronique. Tout n’est pas mauvais, dans ce roman, que du contraire, mais il manquait d’âme, que ce soit pour le récit ou pour les personnages, un peu trop brièvement esquissés. Zut alors…

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°239] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Les enquêtes de Frère Athelstan – 07 – Le Jeu de l’assassin : Paul Doherty

Titre : Les enquêtes de Frère Athelstan – 07 – Le Jeu de l’assassin

Auteur : Paul Doherty
Édition : 10/18 Grands détectives (2004)
Édition Originale : The Assassin’s Riddle (1996)
Traduction : Christiane Poussier et Nelly Markovic

Résumé :
En 1380, les morts brutales et soudaines ne sont pas rares dans les ruelles sordides de Londres.

Aussi, personne ne s’émeut lorsque l’on repêche dans la Tamise le corps d’Edwin Chapler, clerc de la chancellerie de la Cire verte. Le jeune homme s’est noyé après avoir été assommé d’un violent coup sur la nuque.

Mais, peu après, on découvre Bartholomew Drayton, usurier et prêteur sur gages, gisant dans sa chambre forte, un carreau d’arbalète fiché dans la poitrine…

Les deux meurtres auraient-ils un rapport ? Sir John Cranston, coroner de la ville de Londres, et frère Athelstan sont chargés de l’enquête.

Critique :
Un usurier est retrouvé mort, assassiné, dans sa chambre forte, ce qui en fait un meurtre en chambre close.

D’un autre côté, un clerc de la chancellerie de la Cire verte est assassiné et son corps jeté dans la Tamise.

Pour ceux et celles qui ne savent pas, pour quitter l’Angleterre, il fallait obtenir un visa, un sceau sur un papier. L’ancêtre du passeport, en quelque sorte.

On pourrait croire que des gens sont mécontents des services de la chancellerie, car ses employés vont tomber comme des mouches, assassinés par un mystérieux jouvenceau.

Comme d’habitude, Sir John Cranston et le frère Athelstan vont se retrouver face à trois énigmes à résoudre : celle de la chambre close, celle des meurtres de la chancellerie de la Cire verte et d’un Christ en croix qui pleure des larmes de sang, provocant l’émoi chez les paroissiens de Athelstan, ainsi qu’ailleurs. C’est un miracle, Salomon, un vrai miracle !

Les trois affaires s’emboitent parfaitement l’une dans l’autre et c’est toujours un plaisir de suivre les pérégrinations de nos deux hommes, que tout oppose et qui, pourtant, sont amis. Un Sherlock Holmes et un Watson du moyen-âge.

Une fois de plus, le côté historique est présent, sans jamais étouffer le récit, tant l’auteur l’incorpore parfaitement bien à son enquête. L’écriture est simple, sans être simpliste et les dialogues entre le coroner et le frère sont des petits bonbons à déguster sans modération.

Le régent est une fois de plus intransigeant avec nos deux enquêteurs, vu qu’il faut retrouver le magot qui se trouvait dans la chambre forte et qui a été volé. Ah, ces foutues têtes couronnées !

Frère Athelstan va encore avoir fort à faire pour démêler cet écheveau, tout en cherchant comment prouver que le crucifix miraculeux n’est qu’un faux grossier.

Rien n’est jamais simple dans ces romans, lorsque l’on pense que les ouailles de notre bon frère n’en font qu’à leur tête, dans le but de se mettre de l’argent en poche, on apprend, à la fin, que ce n’était pas aussi manichéen qu’on aurait pu le penser au départ.

Pour une fois, j’ai été plus forte que notre enquêteur en robe de bure… Une remarque innocente d’un protagoniste de l’affaire des clercs assassinés m’a mis la puce à l’oreille et j’ai compris qui était le meurtrier.

Attention, le mobile n’est pas si flagrant que cela, si on n’est pas mis en alerte par cette réflexion innocente, il sera impossible de comprendre avant les explications finale de notre homme de foi. Je vous rassure de suite, cela n’a pas gâché mon plaisir, que du contraire !

Par contre, je ne vais pas trop attendre avant de lire le tome suivant, car celui-ci se terminait sur un cliffhanger du tonnerre de Dieu !

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°236] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Miss Marple (BD) – Tome 2 – À l’hôtel Bertram : Olivier Dauger, Dominique Ziegler et Agatha Christie

Titre : Miss Marple (BD) – Tome 2 – À l’hôtel Bertram

Scénariste : Dominique Ziegler (d’après Agatha Christie)
Dessinateur : Olivier Dauger

Édition : Paquet (2021)

Résumé :
Une attaque de banque à St Mary Mead… Et le caissier tué… Voilà qui rend Miss Marple perplexe. D’autant qu’elle a assisté au vol et bien reconnu l’un des malfaiteurs.

Mais la police n’y croit pas, le principal suspect étant en vacances à l’autre bout du monde. Il est peut-être temps pour Jane Marple de prendre un peu de recul.

Et pourquoi pas retourner à Londres et passer quelques jours tranquilles à l’Hôtel Bertram ?

Critique :
Lorsque j’avais découvert les romans d’Agatha Christie (j’étais toute jeune), j’avais commencé par un Hercule Poirot et c’est toujours lui qui fut mon préféré, ce qui fait que je n’ai presque jamais lu les romans avec d’autre personnages, notamment avec Miss Marple.

Je me mets à jours tout doucement et plutôt que de lire le roman (que je dois lire en LC avec Bianca), j’ai choisi la bédé, ayant été agréablement surprise par le tome précédent (Un cadavre dans la bibliothèque).

Comme pour le précédent, j’ai apprécié les dessins, qui donnaient un joli air rétro à l’album, comme s’il avait été publié dans les années 60. Les ambiances sont feutrées, l’hôtel est le personnage central, au même titre que notre Miss Marple.

Dans cette Angleterre qui se délite (dixit les personnages), des braquages audacieux ont lieu dans tout les pays et la police n’a aucune piste, que dalle !

Miss Marple est perturbée, elle a reconnu, dans une voiture des voleurs, le juge au poste de pilotage, hors, ce juge, est en vacances à l’autre bout du monde. « What the fuck ? » se demande notre brave dame. Oups, pardon, si elle le pense, elle se gardera bien de nous le dire, c’est moi qui ne m’en prive pas.

Une fois de plus, la police ne prend pas notre détective au sérieux, pour eux, elle est sénile. Durant tout le récit, plusieurs hommes (et femmes), ne se priveront pas de l’insulter en la traitant de vieille, de vieux sac, bref, que des mots gentils.

Là-dessus, Miss Marple s’en va prendre des vacances méritées à Londres, à l’Hôtel Bertram qu’elle a fréquentée lorsqu’elle était gamine. Ouf, voilà un endroit qui ne change pas et qui sent bon la vieille Angleterre… Oups, shocking, on a des rock star qui fréquentent l’hôtel (les Beatles et Jimi Hendrix) !

L’enquête est totalement différente que dans « Un cadavre dans la bibliothèque » puisqu’ici, les meurtres des caissiers ou transporteurs de fonds sont signés par le gang de voleurs. L’enquête portera sur plusieurs mystères qui ont lieu à l’hôtel, ainsi que sur les cambriolages, mais de plus loin.

Je suis tombée sur le cul avec l’explication finale. Moi qui me demandais comment tout cela allait se terminer, j’en ai eu pour mes sous. J’avais compris qui avait tué un des portier de l’hôtel, mais pour le reste, c’était flou dans mon petit cerveau.

Une fois de plus, la Reine du Crime m’a épatée.

Moi qui me plaignais que les adaptations des romans d’Agatha Christie, faites par les éditions Emmanuel Proust n’étaient pas à la hauteur, j’ai été enchantée de celles faites par les éditions Paquet (20 pages de plus, ça change tout !).

Rien n’était évident, dans cette enquête et sans Miss Marple, les policiers seraient toujours en train de piétiner ! J’adore quand la petite dame leur dame le pion (et aussi le fion).

Une très bonne adaptation, même si ma préférence à moi sera celle du cadavre dans la bibliothèque, parce que j’adore cette énigme.

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°237], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 64 pages), et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Lady Sherlock – 02 – Conspiration à Belgravia : Sherry Thomas

Titre : Lady Sherlock – 02 – Conspiration à Belgravia

Auteur : Sherry Thomas
Édition : J’ai Lu – Pour elle – Aventures & passions (07/07/2021)
Édition Originale : Lady Sherlock, book 2 : A conspiracy in Belgravia
Traduction : Maud Godoc

Résumé :
Quel est le secret le mieux gardé de Londres ? Une femme qui se cache derrière la figure du légendaire Sherlock Holmes !

Bannie de la haute société, Charlotte a tout le temps de se consacrer à ses enquêtes. Cette fois, il lui faut résoudre une épineuse affaire de disparition.

Lady Ingram a perdu la trace de son premier amour, qui ne s’est pas présenté à leur rendez-vous annuel. Folle d’angoisse, elle fait appel au grand Sherlock pour l’aider en toute discrétion.

Épaulée par son amie, Mme Watson, notre détective en jupon se lance dans une nouvelle aventure…

Critique :
En 2021, j’avais lu « Une étude en rose bonbon », premier tome de cette série étiquetée « Romance », dans le but de ricaner durant ma lecture et de pondre une critique cinglante sur un roman qui mettait en scène une certaine Charlotte Holmes et qui me semblait avoir tout de la littérature guimauve (vu la collection)…

J’en avais été pour mes frais en découvrant un roman qui aurait pu être publié aux éditions 10/18 dans la catégorie Grands Détectives, tant ce roman avait plus du polar historique que du roman d’amûûr à l’eau de rose.

Oubliez la guimauve, les dialogues énamourés, les regards brûlants, nous sommes dans un polar historique avec quelques odeurs d’amour, mais si ténues que l’on en trouverait bien plus dans un Thomas Pitt ou un Lizzie Martin !

Charlotte Holmes a tout d’un Sherlock Holmes, personnage qu’elle a inventé, dans le but d’enquêter. Elle est intelligente, sait faire des déductions et est aussi froide que le détective que nous connaissons.

Oui, elle a un faible pour Lord Ingram, sans pour autant se languir de lui ou de chanter les vertus de l’amour. Elle est réaliste, elle sait que l’amour ne dure pas longtemps et que les hommes sont des imbéciles à chercher la femme parfaite.

Elle n’en veut pas à celle qui a épousé l’homme qu’elle appréciait à sa juste valeur, elle est lucide et comprend très bien que la jeune fille ait dû sauver sa famille de la ruine en épousant un homme pour son argent. N’étant pas à court de jugement, notre jeune demoiselle porte des regards plus que lucides sur la société victorienne, ses codes et sa rigidité.

Dans ce nouvel opus, notre détective en jupons va justement devoir aider Lady Ingram à retrouver une personne et, ce qui au départ semblait être une affaire facile, se révèlera bien plus complexe, pour mon plus grand plaisir.

Le rythme n’est pas trépidant, personne ne court dans tous les sens, et pourtant, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde durant ma lecture. J’ai apprécié que l’autrice parle de la société victorienne, de ses manies, de ses travers, de ses codes, de la période où les familles nobles passaient à Londres, organisant des bals, avant de repartir à la campagne, durant 8 mois…

J’en connaissais une partie, mais c’est toujours plaisant, lorsque que l’on est attirée par l’époque victorienne, de lire sur le sujet (attention, je n’aurais pas aimé y vivre). Londres fait partie des personnages à part entière, ainsi que les droits des uns et des autres, les coutumes, les codes de la société, les moeurs, les pensées…

Les femmes n’ont rien à dire, les hommes sont tout, ne supportent pas qu’une femme puisse être plus intelligente qu’eux, plus perspicace ou tout simplement, qu’elle ait un niveau social plus haut que môssieur. Le mariage et la paternité (ou maternité) sont tout et certains s’y réfugient dans le but de trouver un équilibre, qui n’est pas toujours au rendez-vous…

Anybref, vous l’aurez compris (ou alors, vous n’avez pas suivi), ce roman n’est pas une romance à la guimauve, ni même une romance tout court. Les sentiments amoureux sont proscrits chez Charlotte, elle est bien trop lucide et si la société victorienne avait des jeunes filles de bonne famille rêvant du mariage d’amour, la plupart étaient des mariages de raison ou de pognon.

Véritable polar historique, qui, avec une autre couverture, pourrait se faire publier dans n’importe quelle collection « Policier » d’une maison d’édition, c’est aussi une transposition intelligente et bien réalisée du canon holmésien en version féminine. Moi, quand c’est bien foutu, je ferme ma gueule et je croise les doigts pour en avoir encore.

Certes, ce roman ne révolutionnera pas l’univers du polar, mais au moins, il m’a surpris dans son dénouement final. Les personnages sont bien travaillés, réalistes et l’écriture n’est pas neuneu, que du contraire. Elle est simple, sans être simpliste.

Alors, hein, what’else ?

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°235] et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).

Miss Marple (BD) – Tome 1 – Un cadavre dans la bibliothèque : Olivier Dauger, Dominique Ziegler et Agatha Christie

Titre : Miss Marple (BD) – Tome 1 – Un cadavre dans la bibliothèque

Scénaristes : Dominique Ziegler (d’après Agatha Christie)
Dessinateur : Olivier Dauger

Édition : Paquet – Agatha Christie (29/11/2017)

Résumé :
Le cadavre étranglé d’une femme inconnue est découvert au petit matin sur le tapis de la bibliothèque de la demeure du colonel Arthur Bantry et de son épouse Dolly.

Celle-ci fait immédiatement appel au bon sens de son amie Jane Marple, pour dénouer un écheveau encore plus compliqué qu’il n’y paraît au premier abord.

Critique :
Qu’est-ce que je l’aurai vu, ce cadavre dans la bibliothèque !

D’abord en série télé, avec Miss Marple, puis à nouveau dans une autre série, celle des Petits Meurtres d’Agatha Christie (Un cadavre sur l’oreiller) et maintenant, en bédé !

Il ne me restera plus qu’à lire le roman original, la seule version que je n’ai pas encore découverte.

Quel intérêt de lire en bédé un récit que l’on a déjà vu adapté deux fois à la télé ? Aucun, puisque je me souviens encore du pourquoi et du comment. Juste le plaisir de voir ce que les auteurs en ont fait en l’adaptant dans un format court.

Les dessins ont un petit air rétro qui sied bien à l’époque où est censée se dérouler cette enquête et j’ai apprécié la vue plongeante, comme si je regardais la scène avec le cadavre dans la biblio, assise sur le plus haut rayonnage.

Les personnages sont anglais jusqu’au bout des ongles, notamment le couple qui a un cadavre dans sa biblio, menaçant la bonne de licenciement parce qu’ils ne la croient pas.

Le policier plus âgé considère la musique des Beatles est une musique de sauvage, le plus jeune, l’inspecteur Flem, interpelle Miss Marple en disant « La vieille » puis se lamentera sur les hippies qui sont riches et la jeunesse qui fout le camp. Les bons vieux préjugés sont toujours bien là !

Miss Marple est une charmante petite dame, d’un certain âge, que les autres pensent inoffensive (si ils savaient!).

L’intrigue est bien respectée, les 66 pages aident aussi à être plus précis dans les détails et à ne pas devoir trancher dans les choses importantes. J’ai apprécié les duels entre Miss Marple et le jeune inspecteur Finch, leurs regards noirs qu’ils se sont lancés à un moment donné. Les quelques traits d’humour proférés par Miss Marple ajouterons une pincée de sel à ce récit.

Voilà une adaptation très bien réalisée, tout s’enchaîne, il ne manque rien de l’essentiel, Miss Marple prendra bien le temps de tout nous expliquer à la fin, clairement.

#MoisAnglais2022

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°234], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 64 pages), Le Challenge « Le tour du monde en 80 livres chez Bidb » (Suisse) et Le Mois Anglais – Juin 2022 (Chez Titine et My Lou Book).