Femme de feu : Luke Short

Titre : Femme de feu

Auteur : Luke Short
Édition : Actes Sud L’Ouest, le vrai (01/11/2017)
Édition Originale : Ramrod (1943)
Traducteur : Arthur Lochmann

Résumé :
Mettant face à face deux clans qui se disputent des pâturages, Femme de feu semble de prime abord un western des plus classiques.

Mais l’héroïne est d’une modernité inattendue : au sein d’une société patriarcale, elle s’efforce d’obtenir son indépendance matérielle et amoureuse.

De fait, Connie est une femme fatale, manipulatrice et passionnée.

Elle cherche par tous les moyens à se libérer des intentions de son père mais chacun de ses actes révèle également son côté tragique, désespéré.

Critique :
Mettez de côté l’image « romans de gare » ou « pulp » que vous avez des westerns car la collection de Bertrand Tavernier ne vous propose que du bon, du lourd, du profond, à la limite d’un roman noir hard-boiled.

D’ailleurs, il y a des airs d’hard-boiled dans le fait que le lecteur soit plongé directement dans l’action, sans savoir ce qu’il s’est passé avant.

Luke Short porte bien son nom car en peu de mot, en très court, il vous présente le panel de personnages qui vont vous accompagner au fil de cette lecture des plus passionnantes.

Oubliez aussi les personnages féminins aussi limpides qu’un café raté et insipides que de l’eau de vaisselle après un banquet.

L’auteur nous présente des femmes fortes, des héroïnes qui en ont dans la culotte, qui savent ce qu’elles veulent et qui, de par leurs actions, sauveront des vies ou en propulseront d’autres dans la merde. Même l’épouse du médecin en a une solide praire dans la robe !

Les autres personnages ne se dévoileront qu’au fur et à mesure de l’histoire et au début, c’est peine perdue que de se dire qui seront les Gentils et les Méchants car tout le monde peut basculer des deux côtés, devenir meilleur, devenir de vrais salauds, se racheter, s’enfoncer, utiliser les méthodes perfides des autres… et je suis allée de surprise en surprise, changeant mon fusil d’épaule quelques fois.

— Eh bien qu’il s’en veuille ! dit froidement Connie. Pourquoi devrait-on pardonner quelqu’un sous prétexte qu’il regrette ses actes ? Je n’ai jamais compris cela et je n’y crois pas. Il faut payer pour ce que l’on a fait. S’il n’y a pas de punition, alors il n’y a rien de grave à faire quelque chose de mal, non ?
— Il arrive que l’on se punisse soi-même. C’est même dans ces cas-là que la punition est la plus dure.
— C’est possible, dit Connie sans y croire, entêtée.

Pas de manichéisme, pas de tout Blanc ou de tout Noir, nous sommes loin du western traditionnel avec la belle héroïne que le Gentil cow-boy solitaire loin de chez lui va vouloir sauver des vilaines griffes des très Méchants vilains pas beaux.

Et c’est pareil du côté masculin avec des personnages qui vont évoluer selon les événements, faire des conneries, mal juger les autres, se racheter, ou rester sur leur ligne de conduite, tel le shérif, le seul qui restera égal à lui même.

Au départ, une querelle entre une fille et un père, entre cette fille et l’homme que l’on voulait qu’elle épousât et un très gros problème d’ego de tous les côtés. C’est cet ego,  ces ambitions, cette volonté d’écraser l’autre qui fera que tout partira en couille et en sang versé.

— Très bien. Pendant un moment, je vous ai plainte, Connie. Vous vous êtes battue pour vous imposer face à Ben et Frank, et personne ne pouvait vous reprocher de vous défendre. Mais vos revendications ont coûté la vie de trop nombreux hommes, et en coûteront encore d’autres. Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ?
— Vous ne trouvez pas ?

— Eh bien je vais vous dire comment il ne faut pas faire, Connie : on ne les laisse pas se détruire pour servir ses propres ambitions et sa cupidité.

Tout cela empesait son âme, et il pensa alors à Connie avec un profond dégoût. Au fond, elle était de la même espèce qu’Ivey. Elle était de ceux qui cherchent le pouvoir, en abusent quand ils l’ont, et qui meurent riches et avec les honneurs. L’espèce d’ironie qu’il y avait dans tout cela parlait à une certaine partie de Bill, mais dans le même temps elle suscitait en lui une répugnance et un profond dégoût pour lui-même. Pourquoi n’avait-il pas d’emblée annoncé la couleur en expliquant à Dave que Connie était une fripouille prête à profiter de lui et de tout ce qui pouvait tomber entre ses petites mains cupides ? Elle ne valait pas un cheveu de Dave, et n’en aurait d’ailleurs pas un seul.

Le  jeu en valait-il la chandelle ? À mon sens, non, mais sans cela, nous aurions eu droit à une histoire insipide ou lieu d’un café noir très serré additionné de poudre de revolver et de whisky bien tassé. Cocktail explosif et bien dosé, c’est du brutal et on ne sentait pas la pomme, ni la betterave.

Si vous aviez besoin d’une illustration de libéralisme forcené, ne vous gênez pas, prenez le roman en exemple car c’est tout à fait ça dans le fait que Frank Ivey, patron du ranch Bell, veuille à tout prix acquérir toutes les terres aux alentours, quitte pour cela à donner des coups de poignard dans le dos des autres.

Coups sous la ceinture que les autres ne se priveront de donner, eux aussi, car dans ce roman, tout le monde peut virer du côté obscur de la Force et devenir aussi noir que Ivey, le grand salaud du coin car on a soit même engagé des durs à cuire ivres de vengeance et qu’il va falloir canaliser ces chiens fous.

Lorsqu’on engage une équipe de durs à cuire parce qu’il faut se battre contre des durs à cuire, on ne peut gagner que si l’on parvient à canaliser toute cette violence avec une volonté de fer.

Et puis, si on applique le « C’est pas moi qui a commencé, m’dame, c’est Frank ! », on peut se dire que les premières répliques (tirer profit du Homestead Act) n’étaient que rendre la monnaie de sa pièce à un type qui s’était cru plus malin que vous.

C’était une absurdité depuis le début, frappée de malédiction et destinée au désastre. Il avait commis l’erreur de penser qu’il devait adopter les règles des crapules pour vaincre les crapules, de croire avec une fierté obstinée qu’il pouvait contrôler ses hommes.

Un grand western noir qui n’emprunte pas vraiment ses codes car l’auteur était déjà au-delà du wer-stern traditionnel, empruntant plus les codes des romans noirs afin de nous proposer un western pur et dur, profond, réaliste, humain, violent.

Une montée en puissance de deux ego démesurés qui sont prêt à tous les sacrifices pour écraser l’autre, pour lui faire rendre gorge, pour le faire plier, que ce soit l’homme qui n’accepte pas qu’une femme dirige un ranch et veuille le dépasser ou que ce soit une femme qui n’accepte pas que des hommes lui dictent sa vie et qui ne rêve que de devenir aussi puissante qu’eux…

Rien n’est plus personnel que l’ambition.

Et au milieu de tout ça, des autres personnages qui vont se retrouver au milieu des tirs et tenter de régler tout ça de la manière la plus sage possible, même si cela est difficile.

Un western avec des personnages bien campés, réalistes, profonds, humains, avec leurs failles, leurs erreurs, leurs actes de courage, leur ego et un lecteur qui devra se faire sa propre opinion sur qui mérite la rédemption ou pas et sur qui était le plus salaud dans tout ça. Ils étaient plusieurs et leur ambition, leur entêtement, leur a fait commettre bien des erreurs qui se sont payées cash…

— Vous n’avez pas été suivie, au moins ?
— Mais il fait nuit, comment aurais-je pu l’être ?
— Mon Dieu ! répondit Bill avec un profond dégoût.
La critique claqua comme un coup de fouet.

— Vous êtes comme un cheval, ou un chien, ou un homme, ou n’importe quelle autre femme. Une fois qu’on vous comprend, on vous trouve très bien comme vous êtes.

Et les gens blessés frappent aveuglément. Cela expliquait sa rage soudaine et obstinée : c’était sa manière à elle de réagir.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

 

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[FILMS] Avengers – Infinity War : Le film qui va vers l’Infinity et au-delà ! de Anthony et Joe Russo (2018)

Avengers : Infinity War est un film américain réalisé par Anthony et Joe Russo, sorti en 2018.

Il s’inspire du comics Marvel de 1991, « Le Gant de l’Infini » de Jim Starlin. Il s’agit du 19e long métrage de l’univers cinématographique Marvel débuté en 2008 et du 7e de la phase III.

Tout comme ses deux prédécesseurs (Avengers et Avengers : L’Ère d’Ultron), le film rassemble les acteurs des différentes franchises habituellement séparées, parmi lesquels Iron Man (Robert Downey Jr.), Nick Fury (Samuel L. Jackson), Thor (Chris Hemsworth), Loki (Tom Hiddleston), Docteur Strange (Benedict Cumberbatch), Spider-Man (Tom Holland), Hulk (Mark Ruffalo), Captain America (Chris Evans), Natasha Romanoff (Scarlett Johansson), Wanda Maximoff (Elizabeth Olsen), Black Panther  (Chadwick Boseman), ainsi que les membres des Gardiens de la Galaxie : Star-Lord (Chris Pratt), Gamora (Zoe Saldana), Rocket,  Groot, Drax (Dave Bautista) et Mantis (Pom Klementieff).

C’est le film qui a obtenu les plus grosses recettes à sa sortie, à la fois aux États-Unis et dans le reste du monde, dépassant les précédents records.

Synopsis : 
Père adoptif de Gamora et Nébula, Thanos a commencé à recueillir les six Pierres d’Infinité : la Pierre du Pouvoir, la Pierre de l’Espace, la Pierre de Réalité, la Pierre de l’Âme, la Pierre du Temps et la Pierre de l’Esprit.

Son objectif est de réunir ces six artefacts sur le Gant d’Infinité, forgé jadis par le nain Eitri sur Nidavellir, afin d’utiliser leur immense puissance pour détruire la moitié de la population de l’Univers et rétablir ainsi un certain équilibre.

Dans sa quête le menant sur diverses planètes, la Terre, Knowhere et Vormir, Thanos est aidé par ses enfants adoptifs.

Face à cette nouvelle menace qui concerne l’Univers entier, le groupe de super-héros des Avengers, divisé depuis 2 ans, doit se reformer, et s’associer au Docteur Strange, aux Gardiens de la Galaxie et au peuple du Wakanda.

Distribution :

  • Josh Brolin : Thanos (voix et capture de mouvement)
  • Robert Downey Jr. : Tony Stark / Iron Man
  • Chris Evans : Steve Rogers / Captain America
  • Mark Ruffalo : Bruce Banner / Hulk
  • Chris Hemsworth : Thor
  • Scarlett Johansson : Natasha Romanoff / Black Widow
  • Chris Pratt : Peter Quill / Star-Lord
  • Benedict Cumberbatch : Stephen Strange / Docteur Strange
  • Chadwick Boseman : T’Challa / la Panthère noire
  • Tom Holland : Peter Parker / Spider-Man
  • Zoe Saldana : Gamora
  • David Bautista : Drax le Destructeur
  • Bradley Cooper (voix), Sean Gunn (capture de mouvement) : Rocket Raccoon
  • Vin Diesel : Groot (voix)
  • Paul Bettany : Vision
  • Elizabeth Olsen : Wanda Maximoff
  • Sebastian Stan : James « Bucky » Barnes / le Loup Blanc
  • Anthony Mackie : Sam Wilson / le Faucon
  • Don Cheadle : James « Rhodey » Rhodes / War Machine

Ce que j’en ai pensé :
On réuni tout le monde et on se fait un super film de baston tout en n’oubliant pas d’insérer de la profondeur dans notre Grand Méchant.

Le film recommence sur ce qu’il se déroulait à la fin de Thor – Ragnarok et on ne perd pas de temps en bla-bla, mais on agit de suite, et on cause un peu tout en décimant allégrement.

On liquide et on s’en va, comme le disait si bien le titre d’un San-Antonio.

Un film réunissant autant de grandes pointures, autant de têtes d’affiches, ça pose question de savoir comment leur donner à tous du temps d’antenne sans que ce soit au détriment des autres.

Je pensais que tout le monde allait se groupir pour pulvériser le Grand Méchant, mais chaque groupe composé d’Avengers ou de Super-Héros, vont le combattre chacun à sa manière et les mélanges de héros seront hétéroclites mais homogènes.

Le top du top étant mes deux Sherlock Holmes réunis : celui de l’époque victorienne et celui de l’époque contemporaine ! Mes deux Holmes sur Titan… avec le jeune Peter Parker, l’homme araignée, que j’adore de plus en plus dans son rôle de Spiderman « jeune gamin », ce qui correspond plus au personnage que le sérieux Tobey Maguire.

Deux Sherlock Holmes réunis

Un des Gardiens avec Iron man

D’un autre côté, Rocket et Groot accompagnant Thor sur Nidavellir où se trouve Tyron Lannister; Peter Quill, Gamora, Drax et Mantis sur la colonie minière de Knowhere et le reste de la troupe qui se regroupera au Wakanda.

Niveau action, effets spéciaux et super-héros, j’étais servie, mais vous me direz qu’il n’y a pas que ça : faut un scénario et des bons personnages secondaires et un Grand Méchant vraisemblable.

Thanos n’a rien d’un Méchant qui veut conquérir l’Univers. Non, c’est bien pire que ça car il animé de projets pour sauver l’humanité (et les autres peuples des autres planètes), mais sa méthode est… comment dire… quelque peu expéditive !

Un peu à la manière d’un éleveur qui exterminerait une partie de son cheptel afin d’en préserver l’autre. Le tout de manière aléatoire !

Oui, Thanos est un salaud, un génocidaire animé de bonnes intentions (quand on veut exterminer les autres, c’est toujours sous couvert de bonnes intentions), mais ce n’est pas un salaud fini, il n’est pas tout noir, il a des failles, un cœur (si, je vous jure) et il doit tuer pour obtenir une des pierre d’infini, ça lui fait mal.

Anybref, pour un film de super-héros, on vole tout de même plus haut qu’auparavant et ça me plait le fait que le Méchant soit ambivalent et qu’on ne sache pas trop de quel côté pencher (en fait, même s’il a raison, rien ne justifie ce qu’il fait).

Sans oublier que dans ce film, ce n’est plus un secret, on va perdre un/deux/des/plusieurs super-héros ! Mon petit coeur d’artichaut a souffert, mais dans ceux qui sont restés, j’aurais pas parié un kopeck sur eux, pariant même sur leur disparition. Comme quoi.

Un excellent moment DVD !

PS : restez bien assis durant le long générique ou faites une avance rapide car après, il y a encore des images et des événements importants !

Le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Les croix en feu : Pierre Pelot

Titre : Les croix en feu – Les croix de feu

Auteur : Pierre Pelot
Édition : L’Atalante (2008) / Marabout Junior (1966)

Résumé :
1865. États-Unis d’Amérique.

Après guerre de Sécession, Scébanja revient sur les terres où il est né esclave afin d’acheter une ferme et de vivre comme l’homme libre qu’il croit être enfin devenu. C’est compter sans la haine des Blancs.

Appauvris par la guerre qui les a dépossédés d’une main-d’œuvre gratuite, ils voient d’un très mauvais œil leurs esclaves d’antan s’émanciper. Le Ku Klux Klan entre en action…

Critique :
♪Sweet Home Alabama ♫Where the skies are so blue ♪Sweet home Alabama ♪ Lord I’m comin’ home to you ♫

Il fut un temps où l’Alabama n’était un sweet home que pour l’Homme Blanc…

Alabama… Cet état du Sud, ségrégationniste, va se faire égratigner sévèrement le cuir par ce court roman.

C’est surtout ses habitants qui seront pointés du doigt. Habitants racistes et certains cumulent mêmes les tares de racistes ET d’assassins.

Si le nom du Ku-Klux-Klan n’était pas aussi tristement célèbre, le nom pourrait prêter à rire ou servir d’échauffement linguistique tel le chasseur sachant chasser sans son chien.

Hélas, il n’en est rien. En plus de semer la terreur dans un Sud ayant perdu la Guerre de Sécession, il plante des croix de feu et tue des pauvres gens dont le seul tort était d’être né Noirs et d’avoir voulu vivre paisiblement au milieu de Blancs qui ne le souhaitaient pas.

Des anciens esclaves, Noirs de surcroit, qui pourraient avoir les mêmes droits qu’eux, ces Blancs qui se croient au-dessus de tout, c’était tout simplement impensable pour les gens bien pensant du Sud profond comme l’Alabama.

Alors, quand un habitant du Sud vend une partie de ses terres, il est impensable que des Noirs l’achètent ! Et se ce genre de folie furieuse arrivait, le Klan serait là pour y mettre bon ordre.

Avec un court roman de 155 pages à peine, Pierre Pelot parvint à insuffler toute l’haleine fétide du vieux Sud, celui qui ne digère toujours pas sa défaite et le fait que les esclaves Noirs aient été affranchis.

Sans cette main-d’œuvre plus que bon marché, les riches planteurs ne s’en sortent plus et doivent vendre leurs terres. Scébanja, ancien esclave en fuite qui avait bossé sur ces terres, a bien l’intention d’acheter une parcelle et de la cultiver avec son ancien ami, un Blanc.

Scébanja est un personnage doux rêveur, naïf, un peu simplet, sans doute, parce qu’il est impossible d’être aussi naïf en ce temps-là en ayant vécu ce qu’il a vécu. Mais il est un peu comme Lenny de « Des souris et des hommes » et il ne rêve que d’une belle maison et de maïs plus haut qu’un homme.

Dave, son ami Blanc, est un pauvre type qui a dilapidé son maigre héritage au jeu.

Une chose m’a interpellé, en plus du racisme crasse et de la bêtise humaine : ils sont tous comme des fous pour acheter des lots de terre à prix d’or alors que le contrat les oblige a être les métayer du vendeur et de lui céder les 3/4 de leur récolte.

Comment peut-on rentabiliser une terre achetée 300 ou 2.000$ (alors qu’elle n’en vaut que 10 tout au plus) lorsqu’on doit, en prime, céder les 3/4 de sa récolte ?? Bon sang, rien n’a changé de nos jours, j’ai entendu des agriculteurs acheter à prix d’or des terres qui ne seront pas rentables avant 70 ans au prix où se vendent les céréales. Passons…

L’atmosphère est tendue, malgré la joie innocente et enfantine de Scébanja et la tension montera au fur et à mesure des pages, atteignant son apogée avec la descente du Klan sur un lot acheté par des Noirs et revenant ensuite pour nos deux amis.

En peu de pages, Pierre Pelot en dit beaucoup, nous immerge dans ce Sud profondément raciste qui est prêt à prendre des vies pour garder ses droits, parce que les Blancs ont peur de ces Noirs qui pourraient avoir les mêmes droits qu’eux.

Un western noir qui ne rate pas sa cible, qui la touche en plein bide et fait mal là où il passe. La Bête agonisera peut-être, mais l’Hydre de Lerne, sans cesse, a des têtes qui repoussent quand on en coupe une…

Un western noir très court mais très intense.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

[FILMS] Deadpool II (2018) – Le film qui va essayer de ne pas tuer la Pool aux œufs d’or

Deadpool 2 est un film de super-héros américain réalisé par David Leitch, sorti en 2018. Il met en scène le personnage du même nom tiré des comics, interprété par Ryan Reynolds.

Il s’agit de la suite de Deadpool de Tim Miller, sorti en 2016.

Synopsis :
Deadpool se voit contraint de rejoindre les X-Men : après une tentative ratée de sauver un jeune mutant au pouvoir destructeur, il se retrouve dans une prison anti-mutants.

Arrive Cable, un soldat venant du futur et ayant pour cible le jeune mutant, en quête de vengeance. Deadpool décide de le combattre.

Peu convaincu par les règles des X-Men, il crée sa propre équipe, la « X-Force ». Mais cette mission lui réserve de grosses surprises, des ennemis de taille et des alliés indispensables.

Fiche technique :

  • Titre original et français : Deadpool 2
  • Réalisation : David Leitch
  • Scénario : Rhett Reese (en), Ryan Reynolds et Paul Wernick (en), d’après les comics de Rob Liefeld et Fabian Nicieza

Distribution :

  • Ryan Reynolds : Wade Wilson / Deadpool et Le Fléau (Juggernaut en VO – capture de mouvement faciales et voix)  ainsi que lui-même (scène post-générique)
  • Josh Brolin : Cable
  • Julian Dennison : Russell « Hot Stuff » Collins / Firefist
  • Zazie Beetz : Neena Thurman / Domino
  • Morena Baccarin : Vanessa Carlysle
  • Andre Tricoteux (capture de mouvement) et Stefan Kapičić (trait facial et voix) : Piotr Rasputin / Colossus
  • T. J. Miller : Weasel
  • Brianna Hildebrand : Ellie Phimister / Negasonic Teenage Warhead

Ce que j’en ai pensé :
Pas facile de faire un numéro 2 lorsque le 1er a connu du succès et a révolutionné l’univers des films Marvel en mettant en scène un de ses plus politiquement incorrect personnage.

Le premier film surprenait, amusait, je me demandais où cet énergumène de Deadpool allait n’emmener et j’étais sortie du film plus que conquise. J’avais ri, souri et j’étais totalement accro à cet héros qui n’avait rien de lisse.

Dans le deux, il ne va pas changer, il est toujours aussi drôle, irrévérencieux, le film est bourré de caméos (j’ai pas tout vu, mais Wiki m’a tout dit et je vous le dirai aussi), obsédé du cul et pas prêt à se plier aux règles des X-Men.

Mais alors là, pas du tout du tout et les X-Men n’ont pas trop envie de le voir chambouler leur équipe. Il n’y a que Colossus qui l’apprécie et essaye de le changer.

Niveau méchant, on est servi, mais pas vraiment comme on aurait pu le penser et je trouve ça chouette que les scénaristes aient pensé à nous surprendre.

Le scénario fait la part belle aux cascades, pas de bâillement devant son écran, c’est addictif, jouissif, mais j’avais plus joui à ma première fois qu’à ma seconde.

Je ne sais pas si c’est moi (qui m’fait du cinéma ♫ qui m’fait mon cinéma ♫) qui attendais trop du second opus, ou si c’est lui qui est un poil sous le premier, mais même si j’ai pris mon pied, l’orgasme cinématographique était un cran sous le précédent et nous les femmes, on ressent bien ça.

Alors oui c’est toujours aussi chouette, amusant, Deadpool me fait toujours autant marrer avec ses réflexions et ses poses, mais il m’a semblé qu’il manquait le sel du premier épisode pour que tout soit parfait.

Un bon moment cinéma passé, mais si j’ai un coup de blues, je me referai le premier jet et pas le second (oups).

Par contre, un passage du film 2 que je me referais bien, c’est la sélection de son équipe et leur atterrissage en parachute !! Je me suis marrée à fond.

Le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Clins d’œil et références (que j’avais repérés) : 

  • Deadpool mentionne à nouveau le nom de Patrick Stewart, l’interprète du Professeur Xavier âgé dans les films X-Men.
  • D’autres clins d’œil à la franchise sont présents dans le film. Il y a ainsi un Wolverine (Hugh Jackman) dans le passé, quelques X-Men voulant éviter Deadpool au manoir (le Fauve, Professeur Xavier jeune, Vif-Argent , Cyclope, Tornade et Diablo). Deadpool révèle par ailleurs le sort de Wolverine dans le film Logan (2017). Aussi, il se déplace un temps dans le fauteuil roulant du professeur, et plus tard essaie le casque du Cerebro.
  • Deadpool appelle Cable par le nom de Thanos. Josh Brolin, qui interprète ici Cable, tient le rôle de Thanos dans plusieurs films de l’univers cinématographique Marvel.
  • En voyant son bras robotique, Deadpool hurle à Cable qu’il a volé le bras du Soldat de l’hiver.
  • Deadpool lance à Domino « Shut up, black Black Widow » (« Tais-toi Black Widow noire »). Natasha Romanoff / Black Widow est incarnée par Scarlett Johansson dans Avengers.
  • Lors de l’arrivée de Cable dans le présent, deux personnes écoutent Escape (The Piña Colada Song) de Rupert Holmes, qui est une des chansons du Awesome mix de Peter Quill/Star Lord dans Les Gardiens de la Galaxie.
  • Dans la bande annonce, Deadpool déclare que Cable est un méchant tellement « dark » qu’il pourrait venir de chez DC Comics.
  • Par ailleurs dans le film, Deadpool dit qu’il y a encore un personnage dont la mère s’appelle Martha, comme Martha Kent (mère de Clark Kent) et Martha Wayne (mère de Bruce Wayne).
  • Lorsque Deadpool se bat contre Cable, ce dernier lui demande qui il est. Deadpool lui répond : « Je suis Batman ! »
  • Le générique d’introduction du film est une parodie de celui de James Bond, et plus particulièrement celui de Skyfall.
  • Pendant un combat contre Cable, il y a une référence au film Les Goonies lorsque Wade l’appelle Willy le Borgne (l’acteur Josh Brolin ayant joué Brand Walsh dans ce film).
  • Deadpool 2 fait aussi référence à Basic Instinct lorsque Deadpool est assis sur le canapé et montre son entrejambe.

Ceux que j’ai loupé : 

  • Lors de la scène d’entretien d’embauche pour X-Force on peut voir le portrait de la juge Ruth Bader Ginsburg membre de la cour suprême des États-Unis.
  • Deadpool signifie avec excitation au Fléau quand il le rencontre, à quel point il est « fan » de lui depuis tout petit. Dans ce film, les deux personnages sont campés sous le masque par le même acteur (Ryan Reynolds).
  • Il est possible de voir une affiche disant M-Day is near (« Le Jour-M est proche ») dans les couloirs de l’Institut Essex. Il s’agit d’une référence à House of M, une série de comics Marvel. Lorsque le Fantôme s’électrocute, son visage est visible. Il est incarné par Brad Pitt, qui avait un temps été évoqué pour camper Cable.
  • De plus, lorsque Deadpool, Cable, Domino et Dopinder arrivent à l’orphelinat et se battent contre Le Fléau, on peut entendre Deadpool dire : « Salut mon grand, le soleil va bientôt se coucher ! » (« Hey big guy, the sun’s getting real low ! » en version originale). Cette phrase renvoie au film Avengers : L’Ère d’Ultron lorsque à la fin de l’infiltration du château du Baron Strucker, Black Widow dit exactement la même phrase mais sur une intonation différente à Hulk afin qu’il se calme et redevienne Bruce Banner.
  • Lorsque Deadpool fait passer des entretiens pour monter une équipe, on peut voir en arrière plan un fusil avec à l’intérieur un drapeau « Bang! », en référence à l’arme du Joker.

Sonora – Tome 1 – La vengeance : Jean-Pierre Pécau & Benoît Dellac

Titre : Sonora – Tome 1 – La vengeance

Scénariste : Jean-Pierre Pécau
Dessinateur : Benoît Dellac
Couleurs : Scarlett Smulkowski

Édition : Delcourt Neopolis (2017)

Résumé :
1851. Maximilien Bonnot débarque, avec d’autres aventuriers attirés par la fièvre du métal jaune, à San Juan del Sur, port de la côte pacifique, dernière étape avant San Francisco.

Voilà 3 ans que la ruée vers les champs aurifères a commencé, mais Max lui ne cherche pas d’or.

Héros torturé par son passé, et notamment par ce qu’il a vécu pendant la Révolution de 1848, il n’a plus qu’un seul but : se venger.

Critique :
La ruée vers l’or ! Un épisode important dans l’Histoire des États-Unis mais je ne l’avais jamais vu traité que de manière drôle, à la manière de Picsou ou de Lucky Luke.

Cet album avait titillé ma curiosité et vu qu’il était en seconde main pour pas cher, je ne risquais rien à l’acheter.

Dans le pire des cas, je l’aurais donné ou, avec un peu de chance, j’allais découvrir une nouvelle saga western pour mon plus grand plaisir.

Pas de déception, le plaisir fut au rendez-vous ! Bon, pas eu niveau des dessins des personnages, là, j’ai un tout petit peu moins aimé car il y a peu de plans larges, le dessinateur ayant préféré les plans serrés donnant peu de place aux décors environnants.

Dommage, j’apprécie toujours les plans plus larges mais sans doute le dessinateur (ou le scénariste) a préféré se concentrer sur les plans resserrés et les physionomies des différents visages.

L’album nous offrira tout de même quelques plans larges qui seront bien exécutés, que ce soit au niveau du trait ou celui des couleurs.

Du point de vue de l’histoire, il est simple : la vengeance ! Je ne spolie pas, tout est dans le titre. Maximilien Bonnot (sans sa bande – mdr) rêve de se venger et pour cela, il n’hésitera pas à passer du côté obscur, sans jamais vraiment franchir la ligne rouge tout à fait.

Prêt à tout pour assouvir sa soif de vengeance, mais il reste tout de même humain pour le reste. Le personnage n’est pas tout blanc ni tout noir mais oscille entre le gris clair et le gris foncé.

Sur un scénario classique, éculé, vieux comme le monde, les auteurs arrivent tout de même à nous servir un bon western, comme je les aime, avec des personnages intéressants, mystérieux, des lieux mal famés, des voleurs et des salopards, des magouilles en tout genre et la folie du métal jaune qui fait que les Hommes sont prêt à tout pour lui.

Mais il y a toujours la petite histoire insérée dans la Grande et c’est là que ça devient intéressant car en plus de vivre en partie la Ruée vers l’Or, nous aurons aussi un épisode de la révolution française de 1848…

Un western qui a potassé ses classiques mais qui nous les sert avec un autre sauce spaghetti qui ne manque pas de piquant.

J’ai hâte d’acquérir le suivant afin de voir ce que nous réserve l’histoire de vengeance de Maximilien Bonnot.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

 

L’Affaire Mina Marten – Sherlock Holmes contre Conan Doyle : Bob Garcia

Titre : L’Affaire Mina Marten – Sherlock Holmes contre Conan Doyle

Auteur : Bob Garcia
Édition : La mécanique générale (02/11/2017)

Résumé :
La belle et mystérieuse spirite Mina Marten est habitée de visions qui ont permis de confondre des criminels. Scotland Yard doute encore. Arthur Conan Doyle, spécialiste du spiritisme et accessoirement agent littéraire de son ami le docteur Watson propose de soumettre Mina Marten à une expérience.

Les visions et les révélations s’enchaînent, aux confins du surnaturel. Londres retient sa respiration. Sherlock Holmes s’oppose est persuadé que tout cela n’est que mystification. La dernière vision de Mina Marten plonge Londres dans l’effroi.

Pourtant, la vérité découverte par Sherlock Holmes est bien plus sordide encore… Les londoniens seront-ils prêts à l’entendre ?

Ce récit est tiré d’une enquête réellement menée par Conan Doyle et relatée dans ses mémoires.

Critique :
J’ai été eue ! Mais bien eue, pour ne pas dire bien bais**… Moi qui me plaignais encore l’autre jour avec une copinaute de ces romans que l’on réédite en changeant ET la couverture ET le titre…

Bardaf, la copinaute avait été eue la dernière fois, cette fois-ci, c’est mon tour !

Comprenez bien que je n’ai rien contre le fait que l’on change la couverture d’un roman lorsqu’il passe du Grand Format au format Poche, mais quand, en prime, on change le titre ET le 4ème de couverture, comprenez bien qu’il y a de quoi y perdre son latin, ou son holmésien, dans ce cas-ci.

Ce roman, je me délectais à l’avance de le lire. 720 pages de Sherlock Holmes, vous imaginez que pour moi, ça fait le même effet qu’une solution à 7% de cocaïne !

Donc, cet épais apocryphe attendait le moment propice pour être dévoré quand, soudain, catastrophe nationale, je reçois un petit commentaire d’Eric75 sous ma chronique de « Penny Blood » sur Babelio qui me disait, en substance : « J’ai l’impression que ce livre est ressorti sous le titre « L’affaire Mina Marten » (sous-titre : Sherlock Holmes contre Conan Doyle). Donc à un prix aujourd’hui beaucoup plus abordable ! ».

Heureusement que j’étais bien assise sinon, j’aurais défailli ! Bon sang, il a raison l’homme, c’est bien les deux mêmes histoires, même si on a tout renouvelé pour mieux attirer le chaland, sans doute.

De deux choses l’une : soit je me morfondais et tentais de noyer ma peine, ma déception, ma rage, mon ire dans des mojitos (je préconise toujours le rhum brun), soit je le relisais puisque de tout façon, j’avais oublié une grande partie du livre, sauf en ce qui concernait la petite Histoire dans la Grande, mais les détails s’étaient effacés de ma mémoire.

J’avais même oublié que nous avions l’ombre de Jack dans ce roman, c’est vous dire l’état de ma mémoire ! Donc, évitez de boire autant de café et de mojito que moi et tout ira bien pour vos petites cellules grises : vous n’oublierez plus jamais rien.

Folie que de le relire ? Sans doute, mais bon, j’avais un Challenge Pavé de l’Été à honorer, les 675 pages de récit brut étaient les bienvenus et un rafraichissement de ma mémoire aussi, surtout après 5 ans.

Le spiritisme, le voyeurisme (oups) et la voyance, ce sont des foutaises, même Patrick Jane le disait, alors, le coup des fées qui dansent devant des gamines ou des gens qui pensent voir mon avenir ou mon passé, c’est « buiten » (dehors) avec un coup de pied au cul.

J’ai pris plaisir à replonger dans l’histoire, à relire la Grande Histoire de Londres insérée dans la petite en 13 récits (comme le 13 Miller’s Court ?) qui nous feront passer de la période des Celtes à celle des Romains, du grand incendie, de Jack, et je le redis une fois de plus, il n’en fallait pas plus et deux récits en moins auraient donné un peu plus de souffle au récit.

Holmes et Watson sont presque fidèles au canon holmésien et notre détective, toujours grand enquêteur, mettra les bouchées doubles pour tenter de savoir si la spirite dit des conneries ou la vérité en les plongeant dans l’Histoire de l’Angleterre.

Les enquêtes de Holmes sont prenantes, on se déguise, on explore Londres et on ira plus patauger dans les bas-fonds que prendre le thé chez la baronne de La Tronche En Biais ou la duchesse Dufermoir de Monsac !

Cette fois-ci, je savais où j’allais et donc, je n’ai pas sursauté lors du retour dans le présent de Holmes, les sauts dans le temps me laissant toujours un peu barbouillée, sans doute à cause des 88 miles à l’heure nécessaire pour passer d’une époque à une autre.

Ne me souvenant plus du final, je pensais être surprise, mais pas de bol, une fois de plus, je l’ai vu venir, mais cela n’a pas gâché cette relecture, que du contraire, le livre a bien vieilli.

Un polar historique composé d’une grosse tranche de petites Histoires brutes et fort sombre. À éviter si vous êtes allergique à l’Histoire ou à la sombritude.

Pour les autres, on peut consommer sans modération, mais prenez tout de même la peine de manger et bouger durant la lecture (et boire, aussi !!).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le Challenge « Pavé de l’été 2018 » chez Sur Mes Brizées (720 pages).

Ne lâche pas ma main : Michel Bussi [LC avec Bianca]

Titre : Ne lâche pas ma main

Auteur : Michel Bussi
Édition : Presses de la cité (2013) / Pocket (26/04/2014)

Résumé :
Soleil, palmiers, eaux turquoise de l’île de La Réunion et un couple amoureux. Cocktail parfait. Pourtant le rêve tourne au cauchemar. La femme disparaît de sa chambre d’hôtel. Son mari, soupçonné du meurtre, s’enfuit en embarquant leur gamine de six ans.

Le plan Papangue, équivalent insulaire du plan Epervier, enclenche une course-poursuite vite ponctuée de cadavres, dans un décor prodigieux et au cœur de la population la plus métissée de la planète.

Un polar qui cogne comme un verre de punch. A déguster vite, fort et frais.

Critique :
« Ne lâche pas ma main ! » Vous êtes un marrant, vous, monsieur Bussi. Comment voulez-vous que je vous tienne la main durant ma lecture, vu la distance qui nous sépare ?

Déjà que vous venez d’entrainer une petite fille de 6 ans dans votre cavale infernale avec, pour compagnon d’infortune, un père qui, au vu de ce que l’on sait, a tout d’un Jack l’Éventreur en plus expéditif et moins farfouilleur…

Oserais-je vous tenir la main ? On n’est jamais trop prudent, méfiance !

Bon, à la décharge de l’auteur, je signalerai que le voyage dans l’île de la réunion était des plus dépaysant !

Une immersion dans ce département d’outre-mer, avec son mélange ethnique et sa manière de parler si chantante que j’avais envie d’entonner ♫ Ka sa yé misyé bobo ♪ Fo pa’w kon-prann bibi sé on kouyon ♪ Si tout lé mwen o founo ♫ avant que je me souvienne que le groupe Zouk Machine était originaire de la Guadeloupe et que nous étions dans un autre océan.

Le scénario était sadique, vache, bourré de suspense, de petits traits d’humour, d’anecdotes sur l’île, ses habitants, de petits mots bien à eux (avec la traduction) et l’alternance de narrateur a donné au récit un rythme qui n’a jamais perdu son souffle, même si on s’est baladé non loin du piton de la fournaise (qui n’est pas le minou d’une prostituée !).

Comme j’ai vu tous les Columbo au moins 36 fois, je ne me suis pas laissé attraper sur un certain point, j’ai suspecté « le truc »et j’avais raison, par contre, pour le reste, je n’ai rien vu venir tant monsieur Bussi a su nous entourer d’un brouillard dense et épais, à tel point que j’ai même pensé m’être trompée d’épisode de mon lieutenant au manteau fripé.

Bon, tort tout à fait je n’avais pas, mais le reste, je ne l’ai pas vu venir et il s’est même permis, le sagouin, de me planter un coup au coeur dans le dos !

Des personnages énigmatiques, travaillés, qui évoluent, qui ont des choses à cacher, une île fort présente, avec sa population bigarrée, buvant du rhum pour oublier les problèmes, ou juste par plaisir.

Une immersion parfaite dans cette île que je connais peu et grâce à son roman, je me suis couchée moins bête, même si je l’ai terminé au matin, avant d’aller bosser. Note pour plus tard : il est dangereux de lire des romans addictifs juste avant d’aller dormir, certes, mais encore plus avant d’aller bosser !

C’est ce que j’aime aussi dans un roman policier ou un thriller, c’est qu’une ville, un pays, une île, soit un personnage à part entière (sauf si c’est mal abordé) et prenne une place importante dans l’intrigue, tout comme sa population.

Une fois de plus, Bussi m’a conquise, épaté, entrainé dans une aventure folle, mis mes nerfs à rude épreuve tant je me suis posée des questions et m’a offert un final excellent.

Bianca et moi sommes d’accord !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Sept – Tome 13 – Sept Détectives : Herik Hanna & Eric Canete

Titre : Sept – Tome 13 – Sept Détectives

Scénariste : Herik Hanna
Dessinateur : Eric Canete

Édition : Delcourt (23/05/2012)

Résumé :
Londres, 1920. Une série de meurtres atroces frappe la ville.

À chaque nouvelle victime, non loin des corps, Scotland Yard retrouve une liste de sept noms : ceux des sept plus grands détectives connus de par le monde, invités à participer à l’enquête… par le tueur lui-même.

Sept détectives dans le salon de l’un d’entre eux, Ernest Patisson, détective Suisse installé là depuis peu.

Autour de lui, Adélaïde Crumble, institutrice retraitée ; Frédérick Abstraight, ex-inspecteur du Yard, qui a traqué en vain « l’égorgeur de Greenhill » ; Martin Bec, de la PJ française ; Richard Monroe, détective privé de Los Angeles ; le docteur Eaton « aide de camp » du plus grand détective du monde, Nathan Else, qui est bien évidemment présent à cette réunion hors du commun.

Aucun des ces fins limiers ne se doute de la raison de leur convocation chez Patisson, qui l’ignore lui-même…

Malgré le scepticisme général face aux menaces du criminel, ces derniers acceptent de relever le macabre défi.

Critique :
« 7 détectives », ou comment se prendre un bon coup de poing dans le plexus ! Je viens de finir de le lire et je suis encore sous le choc.

Pourtant, en ouvrant par curiosité cette bédé dans un magasin, j’avais passé mon tour, les dessins ne m’aguichant pas. C’est une connaissance qui l’avait lue qui me l’a vivement conseillé. J’ai écouté et j’ai bien fait.

Une seconde lecture ne serait pas pour me déplaire, afin de repérer ce que j’aurais pu manquer… Même si je ne suis pas séduite par les dessins, je le fus par le scénario bien fichu.

L’histoire se passe en juillet 1920. Depuis quelques semaines, une série de meurtres ont frappé la ville de Londres.

Trois meurtres ont eu lieu pour le moment, sans lien apparent, hormis une lettre, laissée à chaque fois, un simple chiffre 7 inscrit sur celle-ci et une liste, comme un appel, comme un défi, celui des 7 plus grands détectives connus à travers le monde…

Ces 7 détectives sont finalement réunis, dans la demeure d’un d’entre eux, afin d’en découdre avec celui qui a mis à défaut la police locale durant ces dernières semaines et qui a osé les défier sur leur propre terrain de jeu : le crime…

Première question que je me suis posée : qui est ce mystérieux narrateur qui nous signale que ces pages ne sont pas destinées à être lues ? On se doute que c’est l’un des témoins de cette enquête, il le dit lui-même plus bas. Mais la question sera, jusqu’à la fin : QUI ? (il nous sera dévoilé).

Bon sang, d’entrée de jeu je suis déjà en train de faire tourner les rouages poussifs de mes méninges en découvrant cette première page de la bédé couverte d’une écriture manuscrite.

Ensuite, nous passons aux dessins et par une présentation de nos sept protagonistes.

Tour à tour, chaque enquêteur se présente au capitaine MacGill, qui les a réunis, à ses confrères et à nous aussi également.

A la différence d’autres bédé, la présentation des personnages se fait sur des grandes planches, une page étant consacrée à chacun d’entre eux.

Les sept premières pages sont donc consacrées à nos détectives.

Dialogues croustillants, plongée dans l’ambiance, découverte du caractère de chacun et on imagine bien que l’affaire ne va pas être une partie de plaisir, sauf pour nous, le lecteur.

Sept personnages : trois Britanniques, une presque Écossaise, un Américain, un Suisse et un Français.

Sept personnages face à un meurtrier… du 7 contre 1.

A savoir que certains sont la copie de personnages de romans policiers : le docteur John Watson (nommé ici John Eaton) et Sherlock Holmes (nommé ici Nathan Else).

Le cadre est posé, les personnages se sont présentés et les crimes nous sont expliqués. Et les questions se multiplient.

Qui a commis ces crimes ? Pourquoi ? Pour quelle raison réunir ces 7 experts du crimes ? Pourquoi 7 ? Qui est ce fichu narrateur ?

Voilà un petit aperçu de toutes les réflexions qui m’ont submergées au fil des pages.

Je nageais dans le brouillard, comme les personnages eux-mêmes.

Au fil de ma lecture, les morts s’empilant comme des paquets aux pieds d’une femme un jour de soldes, j’entrevis une hypothèse qui se révéla payante.

Sans vouloir jeter le discrédit sur tous les auteurs de romans policiers, on peut dire que TOUS les scénarios possibles et inimaginables ont été écrits en ce qui concerne les coupables (surtout si on a lu Agatha Christie) : du majordome à la bonne, en passant par le jardinier, sans compter celui qui avait un alibi en béton armé, le narrateur, le détective lui-même, le flic, le mort qui se faisait passer pour mort, la victime qui s’est tuée sans le faire exprès, celui qui s’est suicidé faisant accuser un autre, celui qui n’avait aucun mobile,…

Bref, là-dessus, on ne pouvait pas vraiment me surprendre. Mais c’est grâce à Agatha Christie et ses coupables « que je n’ai jamais vu venir » que j’ai compris où se trouvait celui de l’album…

« Victoire ! me suis-je écriée. Eurêka ! Sabrons le champagne. Ah, tiens, il reste quelques pages à la fin »…

Remisons le champagne, le scénariste avait plus d’un tour dans son sac et c’est le final qui m’a collé ce formidable coup de poing dans le plexus.

Même si, a contrario et à tête reposée, cela fait du criminel un homme encore plus intelligent que le véritable Holmes ou que son clone, dans le livre.

Un coupable encore plus retors que… heu…que le plus grand des retors.

Je dirais même plus : diaboliquement retors, méphistophélique.

Pire : méphistophélèstique (cherchez pas dans le dico, je dois encore proposer ce néologisme à Larousse).

En quelques mots : « le scénariste m’a scier » (faute d’orthographe intentionnelle à « scier », pour ne pas dire qu’il m’a « tuer », même s’il ne s’appelait pas Omar… seuls les cancres du fond n’auront pas compris).

Je viens donc de lire une formidable enquête, un véritable jeu proposé par le meurtrier, dans lequel les 7 détectives se plongent à coeur joie dans l’enquête, tentant de résoudre cette série de crime tout en picolant, tout en chassant le dragon (fumer de l’opium) ou discutant avec la fée verte (absinthe). Oui, ils ont leurs petits travers !

En tout cas, le défi méritait d’être relevé et il est fait de manière brillante…Aussi bien par les détectives que par le scénariste, aussi retors que son criminel.

L’intrigue est prenante et bien ficelée, nous poussant à jouer avec nos détectives.

Tenter de repérer des indices qui pourraient trainer sur chaque page, sur chaque case, lancer des hypothèses, validées ou non par la suite de l’aventure, sans compter qu’il y a toujours une dose de surprise et d’imprévu.

Pour l’amatrice d’enquêtes policières que je suis, c’est jouissif. le pied intégral.

Je suis sûre que les amateurs d’enquêtes apprécieront celle-ci. Il n’y a pas à dire, le scénariste a dû se lever de bonne heure pour nous pondre un scénario d’une telle densité.

Tout est pensé, rien n’est laissé au hasard, tout se tient, bref, un régal !

Ici, le chiffre 7 n’est pas être un simple accessoire, une contrainte créée par le concept de cette série (14 albums de la série « 7 »).

Le 7 a toute son importance et vous remarquerez (ou un détective vous le fera remarquer) toutes les possibilités infinies du chiffre 7 dans cette bédé. Moi-même j’en avais loupé assez bien.

Le 7, c’est une véritable raison d’être dans le scénario, une sacré contrainte aussi pour le meurtrier (et le scénariste !) et une autre encore plus difficile à mettre en oeuvre pour la fin.

C’est une des raisons qui me font dire, à tête reposée, que le criminel aurait eu du mal à tout mettre en oeuvre. Mais vu que j’ai dit qu’il était plus que retors, diabolique, même… Oui, on peut lui laisser le bénéfice du fait qu’il était tout à fait capable de mettre tout en oeuvre.

Dans les nombreuses qualités de cet album, je mettrai en avant sa précision, avec le fait, notamment, que tout soit expliqué et tout est justifié sans qu’il y ait la moindre incohérence. du grand art, sans aucun doute. Diabolique, je vous le disais.

Autre détail qui a son importance pour ce genre de récit : la qualité de l’écriture, l’ambiance so british, les nombreuses surprises, la densité du récit, le fait que tout ait un lien, que tout se tienne,…

Chaque personnage est traité avec une minutie chirurgicale, les dialogues sont de grande qualité et mention spéciale à ces quelques pages de texte pur, sans la moindre case illustrée, où le narrateur expose les réflexions du groupe, l’avancée de l’enquête, comme si nous nous trouvions nous-même en possession de son carnet secret.

L’album fait 64 pages, et non, il n’est pas lourd. La lecture mettra plus de temps qu’un album classique, mais vu la qualité du récit, le clore au bout de 46 pages aurait été une hérésie, un crime.

Un grand moment de lecture, une sacrée claque, un véritable coup de pied dans mon postérieur, et une mâchoire qui est descendue de trois étages dans les « deux fois sept » dernières pages…

A l’avenir, avant de grimacer et de médire devant les dessins d’une bédé, je tournerai sept fois ma langue dans ma bouche…

 

Malefico [Saga Marcus et Sandra 2] : Donato Carrisi [LC avec Bianca]

Titre : Malefico [Saga Marcus et Sandra 2]

Auteur : Donato Carrisi
Édition : Le Livre de Poche Thriller (31/08/2016) – Calmann-Lévy (16/09/2015)
Édition Originale : Il cacciatore del buio (2015)
Traducteur : Anaïs Bouteille-Bokobza

Résumé :
Marcus est un pénitencier. Un prêtre capable de déceler le mal enfoui en nous. Mais il ne peut pas toujours lui faire barrage.

Sandra est enquêtrice pour la police. Elle photographie les scènes de crime. Et ferme parfois les yeux.

Face à la psychose qui s’empare de Rome, ils vont unir leurs talents pour traquer un monstre. Ses victimes : des couples. Une balle dans la nuque pour lui. Une longue séance de torture pour elle.

Quel est l’être maléfique qui ne tue que des jeunes amoureux ?

Critique :
Malefico et Diabolo sont dans un bois où deux amoureux se bécotent sur les sièges de le voiture avant de passer à la vitesse supérieure.

Diabolo s’en va, qui reste-t-il ? Melefico ! Et dites adieu au gentil couple d’amoureux qui voulait s’envoyer en l’air dans un petit coin tranquille. Z’avaient qu’a aller dans un hôtel, na !

Un polar avec des relents ésotériques, cela faisait longtemps…

Avant d’aller plus loin, on va mettre de côté le Da Vinci Code et son auteur car ici, nous allons voler (prier ?) bien plus haut que ça, avoir plus de profondeur et de réalisme dans les personnages et éviter de coller une filiation à Pierre, Paul, Jacques, Jésus… Ésotérique certes, mais du haut de gamme.

Tout en respectant les codes du thriller  afin de rendre ses lecteurs addict, l’auteur arrive tout de même à proposer autre chose que l’habituelle soupe, nous servant des personnages marquants, une intrigue qui tient la route, qui sent le souffre tout en restant dans notre monde à nous et en nous balançant quelques changements de plats qui ont ravi mes papilles littéraires.

Attention, c’est sombre ! Violent, aussi… Et on se pose des tas de questions sur la finalité de ces meurtres, sur leur mobile, sur l’assassin, sur son modus operandi (il est horrible), sur les complicités, et ce ne sera que petit à petit que l’auteur dévoilera son jeu, tout en se réservant quelques gros atouts dans sa manche.

Le final m’a fait poser le livre sur la table afin de mieux le digérer, afin de pouvoir y réfléchir, pour l’assimiler, l’avaler…. Parce que oui, c’est fort de café tout en restant dans une réalité banale mais horrible.

Comme quoi, on peut encore écrire des thriller sur le Mal, le Bien, le Vatican, l’Église et les tueurs en série tout en se renouvelant, tout en proposant une intrigue convaincante, basée sur certains faits réels, des lieux existants dans la Ville Éternelle, avec des meurtres un peu gore mais sans voyeurisme, avec des complicité mais sans complot international et proposer un récit addictif sans pour autant sortir les effets spéciaux et la pyrotechnie.

Allumer le feu (oui), pour faire danser les diables et les dieux (en effet), mais en restant dans le réel et sans entrer dans la science-fiction de bas étage comme il aurait été facile de faire.

Mais Carrisi n’a pas fait dans la facilité et, une fois de plus, il me subjugue, me conquiert, me séduit et prend place dans mon panthéon des auteurs que j’apprécie.

Quoique, vu ses écrits, il devrait entrer dans mon pandémonium !

Et ce n’est pas Bianca qui va me contredire !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Midnight : Dean R. Koontz

Titre : Midnight

Auteur : Dean R. Koontz
Édition : J’ai Lu Épouvante (14/05/1997)
Édition Originale : Midnight (1989)
Traducteur : William Olivier Desmond

Résumé :
Une petite ville de Californie, Moonlight Cove. Des morts étranges que la police s’empresse de dissimuler. Une entreprise de microtechnologie, près de la ville, au coeur de tous les soupçons.

Des regards de plus en plus hallucinés, des gens comme possédés.

Pour Chrissie Foster, terrifiée par la métamorphose de ses parents, pour Tessa Lockland, venue enquêter sur le suicide de sa soeur, pour Sam Booker, envoyé secret du FBI, tout va basculer en quelques heures dans l’horreur et la démence.

Et pourtant, rien n’est plus cohérent, plus froidement calculé que l’opération Faucon Lune.

Critique :
Ça, c’est du lourd dans ma bibliothèque ! Du vrai livre de chevet !

Lu en 1994 (j’avais noté la date dans le livre), voilà un roman que j’ai dévoré, bouffé, engloutit, bref, c’était du cannibalisme, ma lecture (cela laissait déjà augurer mon futur pseudo).

Pourtant, je n’étais pas fan des loups-garous ou croquemitaines… Mais là !

Si vous le lisez, vous aller retrouver un roman où l’horreur à « l’ancienne », comme nous en avions « dans le temps », avant l’arrivée des « autres genres ».

Par cette expression de roman d’horreur à l’ancienne, je veux parler d’un retour aux sources comme dans les livres tels que : « Frankenstein », « L’île du Dr. Moreau », sans oublierr « Dracula »(dans une moindre mesure cependant).

Koontz a misé sur la sensation du lecteur (les poils qui se hérissent), provoquée par une écriture sombre, obscure, qui a pour but de faire peur.

Oui, lecteurs de ma pauvre critique, j’ai eu peur, oui, j’ai regardé sous mon lit ! Nous étions en 1994, dois-je vous rappeler que j’étais très jeune ?

On est loin des romances (dans l’horreur) qui sont maintenant très présentes sur le marché de l’édition. Même si la fin est belle, on est à cent lieues des niaiseries proposées (je ne citerai pas de titres).

Alors, en ces jours où la « mauvaise Bit lit » règne en maître et où les vampires glamour, sentant bons la fleur de rose ont inondé les librairies, relire ce roman de Dean Koontz écrit en 1989 sera un véritable plaisir pour celui ou celle qui veut frissonner et lire quelque chose de sérieux.

J’ai pris mon pied en le lisant et je garde un souvenir magnifique de ce roman.

Oui, lecteurs, j’ai beaucoup aimé l’atmosphère terrifiante créée par l’auteur et son style d’écriture qui se prêtait parfaitement à ce genre en particulier.

Il pourrait y avoir quelques longueurs dans le récit mais rien pour rebuter le lecteur. Juré, craché !

Finalement, si vous êtes un amateur de l’horreur « pure » et des romans de loups-garous, de zombies et de vampires, je me permets de vous conseiller cette lecture. Laissez tomber les vampires végétariens et les loups-garous minables, lisez les vrais, les seuls romans dignes de ce nom !

Par contre, on doit aussi aimer Dean Koontz au préalable (parce que la science et le fantastique sont encore une fois réunis), ce qui n’est pas le lot de tous.

Ce livre était une grande découverte pour moi, le meilleur de Koontz, n’ayant pas trop aimé les autres.