La vie est un tango : Lorenzo Lunar

Titre : La vie est un tango

Auteur : Lorenzo Lunar
Édition : Asphalte (06/06/2013)
Édition Originale : La vida es un tango (2005)
Traducteur : Morgane Le Roy

Résumé :
« Puchy a toujours dit que le quartier était un monstre. Je l’ai entendu dire tant de fois que j’ai fini par me l’imaginer moi-même ainsi : une pieuvre pourvue d’un million de tentacules. »

Léo Martin est depuis peu commissaire de quartier à Santa Clara, ville de province cubaine. Sa routine : faire face aux business illégaux, aux règlements de comptes et aux coups tordus des petites frappes du coin. Léo enquête sur une contrebande de lunettes de soleil quand un jeune homme se fait assassiner. Quels sont les liens entre ces deux affaires ? Les amis et collègues de Léo sont-ils tous irréprochables ?

Dans La vie est un tango, c’est tout un quartier qui prend vie, peuplé de rumeurs et de faux-semblants.

Critique :
Santa Clara, à Cuba, dans le quartier d’El Condado, nous faisons la connaissance de Léo Martin, le commissaire du quartier qui a grandi dans ce quartier et qui y est revenu après un séjour dans l’armée, à la capitale.

Il s’occupe souvent de petits faits de rien du tout, de querelles de voisinage. N’oublions pas que nous sommes à Cuba et qu’à Cuba, la drogue n’existe pas ! Non, ne dites rien, il en va de votre vie. Il n’y a pas de drogue à Cuba, ni à Santa Clara, point barre.

Pourtant, nous allons avoir un meurtre, un trafic de lunettes de soleil, un autre meurtre… Hé oh, pas moyen de boire son p’tit café du matin tranquille, ici !

Léo va commencer son enquête, mais puisqu’il est du côté des flics, les gens ont moins tendance à lui causer. La solution ? Écouter Radio Ragots et tendre l’oreille à toutes les rumeurs qui bruissent dans le quartier, dans la ville, et on en entend, des rumeurs !

Dans ce petit roman noir, le quartier tient une place importante et l’auteur en parle avec poésie, le comparant à un monstre tentaculaire qui fait bouger les têtes des gens, les éloigne, les ramène… Et j’aime comment l’auteur parle de ce quartier, car il est tout sauf ennuyeux comme d’autres romans lu juste avant…

Le Cuba que nous trouvons dans ces pages n’est pas celui du Routard et encore moins celui de l’agence de voyage du coin ! Les touristes qui visitent le pays ne vont sans doute jamais voir la misère de certains quartiers où règnent la pauvreté, le chômage et les coupures d’électricité !

L’auteur a une technique bien à lui lorsqu’un nouveau personnage apparaît dans son récit  : hop, il fait une petite digression et nous livre le C.V de cette personne, avec ses hauts faits de vie, tout en profitant aussi pour décrire la vie à Cuba.

J’avais déjà découvert sa technique dans un autre de ses romans. Ça surprend au début et puis, on entre dans ce nouveau récit facilement et c’est quand il faut en sortir que l’on fait « oh, déjà fini ».

Sans être un page-turner, ce roman noir se lit assez vite, hélas, et c’est avec regret que l’on quitte le quartier et ses habitants hauts-en-couleurs.

C’est un roman noir qui parle de la vie réelle, avec lyrisme, poésie, même si c’est de la poésie cynique bourré de sarcasmes à l’encontre du pouvoir régnant. C’est sordide, mais on en redemande.

La vie est un tango, je me suis dit en la regardant, plantée là devant moi. « La vie est un tango », disait le vieux Cundo chaque fois qu’il se saoulait la gueule. La vie est un tango, et il nous chantait « Las Cuarenta », « Cuesta Abajo », « Uno » et « Volver » … Il nous emmenait au bar La Concha pour mettre des pièces dans le juke-box et sélectionnait des tangos, toujours plus de tangos. La vie est un tango.

3,99 Sherlock

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018).

 

Publicités

La Ballade des misérables : Aníbal Malvar

Titre : La Ballade des misérables

Auteur : Aníbal Malvar
Édition : Asphalte (2014)
Édition Originale : La balada de los miserables (2012)
Traducteur : Hélène Serrano

Résumé :
Madrid, de nos jours. Des enfants gitans disparaissent, sans que les autorités s’en émeuvent. Puis c’est le tour de la petite-fille de Perro, patriarche du Poblao, bidonville en marge de la ville.

Hors de lui, le vieil homme abat un innocent qu’il pensait coupable, ce qui aboutit à l’ouverture d’une enquête. Ou plutôt de deux.

Côté gadjo, c’est l’inspecteur O’Hara qui est sur le coup, accompagné de son perroquet et précédé de sa sale réputation. Il est aidé dans sa tâche par Ximena, jeune fille de bonne famille devenue journaliste idéaliste.

Côté gitan, c’est le ténébreux Tirao qui est chargé de l’investigation par Perro lui-même. Mais le passé de cet ancien toxicomane va bientôt le rattraper…

La Ballade des misérables est un roman choral d’une ironie mordante et d’une poésie sombre, aux accents hugoliens, qui nous plonge dans une Madrid méconnue et baroque.

Critique :
Des narrateurs, j’en ai eu beaucoup de différents, dans ma vie de lectrice, mais des pareils, jamais !

Un mort qui me raconte, ce n’est pas inhabituel, c’est original, mais j’ai déjà lu…

Par contre, me faire raconter une partie du récit par une bite, un billet de 50€, un rat ou par la ville de Madrid himself, ça, j’avais encore jamais découvert.

Être la bite d’un type qu’on appelle Relamío, « Pourléché », a ses bons et ses mauvais côtés. Un des bons côtés, c’est que ta réputation va de bouche en bouche.

Et tu veux que je te dise ? Ça ne dépareillait pas du tout dans ce roman noir, c’était même bien trouvé et bien joué, cette manière originale de nous faire découvrir certains pans du récit.

J’ai été volé quatre fois depuis l’apparition de l’euro, mais jamais comme cette nuit-là sur la Gran Vía.

Nous, les rats, nous ne sommes jamais ni contents ni tristes, c’est le lot de ceux dont la seule préoccupation est de vivre, continuer à respirer, prolonger d’un jour encore leur indigence immonde.

Certes, au début du chapitre, faut réfléchir pour deviner qui nous parle… La première fois, tu tombes des nues, tu as l’impression d’halluciner comme si tu avais bouffé une omelette aux champignons hallucinogènes, mais non… Tes champignons étaient tout ce qu’il y a de plus conventionnels, c’est ton roman qui ne l’était pas.

Si demain on me sacrait ville olympique, vous seriez les premiers à oublier la mort de cette putain de gamine gitane. Pas vrai, monsieur le maire ?

En plus de ne pas être conventionnel dans ses narrateurs, ce roman choral est d’une sombritude à te donner envie soit de te suicider, soit de souhaiter qu’un météore nous tombe sur le coin de la gueule et nous éradique au même titre que les dinosaures.

Ils s’imaginent qu’en contaminant leur voisin, ils vont guérir de leur mal de misère. Si je savais pas qu’ils étaient juste très pauvres, je dirais qu’ils sont surtout cons comme des manches.

Ce roman noir de chez noir m’a fait découvrir le peuple Gitan et la misère crasse dans laquelle la plupart vivait : les bidonvilles dans les alentours de Madrid. Des enfants de chez eux disparaissent sans que cela émeuve l’opinion publique ou que cela fasse bouger les flics.

Quand elle a découvert cette histoire macabre, atroce, la société a exigé des coupables. Plus il y aurait de coupables, mieux ce serait. C’est comme ça que les masses arrivent à oublier qu’elles sont complices de toutes ces atrocités. Des coupables, des coupables et encore des coupables.

Niveau flics, ils sont soit ripoux, drogués, alcoolos, les trois à la fois, aussi… O’Hara est même le pire de tous, pourtant, niveau enquêteur, c’est plutôt un bon, le genre qui, quand il tient une piste, va jusqu’au bout, pas toujours dans la légalité, mais il y va.

— Il dit que plus tu passes de temps dehors, moins tu casses les burnes dans les locaux.
— Texto ?
— Non, excuse l’imprécision. Il a dit couilles, pas burnes.

Pas de Bisounours, dans ces pages, que de la misère sociale, de la misère noire, de la drogue, des enfants disparus, des drogués, des camés, des laissés-pour-compte, des voleurs, des trafiquants, des assassins, qu’ils soient gitans ou cols blancs.

— Ça, c’est les Gitans, a dit Chico, le seul que son imperturbable connerie préservait d’une panique grandissante. Je t’avais bien dit que c’était un ramassis de délinquants. Ils t’ont volé ton portefeuille pendant que tu les tuais. Délinquants jusqu’au bout. Puisque je te le dis. Ils n’ont vraiment aucune pudeur.

C’est violent, c’est trash, c’est sans édulcorant, même si certains personnages sortent un peu du lot niveau humanité. Mais entre nous, vous les croiseriez au coin d’une rue, même éclairée, vous foutriez le camp fissa ! Alors, imaginez la nuit…

Un roman noir dont on sort K.O, groggy, avec une mauvaise idée du genre humain. Ah ben non, de ce côté-là, j’avais déjà une mauvaise opinion de nous, les Humains !

Les riches soupçonnent que l’argent ne fait pas le bonheur ; ce qu’ils ignorent, c’est qu’ils ne le méritent presque jamais.

Les riches ne peuvent pas s’empêcher d’être méchants et les pauvres ne peuvent pas se payer le luxe d’être gentils.

Tant qu’il y aura des gens pour en payer d’autres à essuyer leur crasse, il y aura des riches et des pauvres, des baiseurs et des baisés, des entubeurs et des entubés. C’est exactement comme si tu payais quelqu’un pour bouffer ta merde. Il y aura toujours quelqu’un d’assez nécessiteux pour le faire. C’est comme payer pour le sexe.

— La vérité en onze mots : on a cinq cent mille Gitans qui se promènent dans Madrid.
— Enfin, Carmelo. Cesse de te moquer de moi. Les gens ne sortent pas se promener par centaines de milliers. Ils sortent en couple, en famille, seuls ou avec le chien.
— Eh bien, je suppose qu’à partir de maintenant, il faudra modifier notre conception de ce qu’est une promenade.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018).Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°42 – L’Aventure de Wisteria Lodge – lire un livre dont l’intrigue se passe majoritairement la nui).

Les Rues de Barcelone [Inspecteur Méndez 2] : Francisco González Ledesma

Titre : Les Rues de Barcelone [Inspecteur Méndez 2]

Auteur : Francisco González Ledesma
Édition : Folio Policier (14/02/2013)
Édition Originale : Las calles de nuestros padres (1984)
Traducteur :

Résumé :
S’appeler Amores et avoir si peu de chance en amour, c’est tout de même un comble. Amores est un journaliste plus ou moins raté qui a rencontré une charmante jeune fille dans un bar et l’a suivie dans un hôtel de passe, où l’attendaient deux surprises de taille : premièrement sa conquête est un travesti, deuxièmement sous son lit est caché le cadavre de Maria Teresa, secrétaire de direction dans une banque, baignant dans son sang.

L’avocat de cette banque connaît bien une jeune fille Lauri qui meurt à son tour.

Trois hommes vont mener l’enquête, le journaliste, l’avocat et le vieil inspecteur Mendez.

Mais la véritable héroïne du roman, c’est Barcelone dont on visite tous les bas-fonds sous la conduite de celui qui la connaît le mieux et en incarne l’esprit, l’inspecteur Mendez, malpropre, vulgaire, sarcastique mais plein d’humanité et toujours prêt à défendre les humbles.

Critique :
Non mais allo quoi ? Serais-je sous le coup d’une malédiction littéraire depuis le début de l’année 2018 ?

Parce que là, c’est plus possible… Autant de lectures foireuses, c’est louche ! Surtout que je n’ai pas choisi des auteurs merdiques mais des auteurs policiers et de romans noirs connus et reconnus !

Et je l’ai quand même eu dans le cul (la rime était trop tentante).

Nouvelle déception avec ce roman de Francisco González Ledesma qui avait pourtant eu les honneurs d’un hors-série polar (Marianne mars 2015 ou celui de 2016).

Où je suis maudite, ou je suis dans une mauvaise passe, ou je n’ai pas adhéré au style de l’auteur qui digresse beaucoup dans son récit afin de nous parler de la ville de Barcelone.

Non pas que je n’avais pas envie d’en apprendre plus, mais le style de l’auteur n’est pas passé chez moi. L’art et la manière de faire qu’il utilise pour nous parler de sa ville m’ont donné envie soit de m’endormir, soit de lancer le livre en travers de la pièce.

Bref, c’était la Grouika !

Quoi t’esse ?

C’est George W. Bush qui visite un village en Afrique, et il fait tout un discours.
— Mes amis les africains !.
Alors tous les africains crient en coeur « La Grouika ! La Grouika ! ».
— Mes amis africains, je suis content d’être parmi vous ! continue-t-il en voyant tout le monde lever les bras en l’air.
— La Grouika ! La Grouika !
— Et vous verrez, bientôt à la place de toutes vos petites hutes à la con, vont bientôt pousser de très belles maisons !
— La Grouika ! La Grouika !
— On va prendre vos richesses dans vos sous-sols, mais on va aussi vous construire des écoles !
— La Grouika ! La Grouika ! crie le peuple en délire.
Bon, il fait tout un discours de la même trempe et après, alors qu’il descend les marches, il discute avec un des officiels de là-bas, un Ministre.
— Ils ont aimé mon discours ! fait Bush, tout heureux, se gargarisant de la chose et pensant à tous les bénéfices qu’il va réaliser avec ce petit pays.
— Absolument, monsieur le président ! acquiesce le Ministre.
Puis, tout à coup, le Ministre attrape la manche de Bush et le retire en arrière.
— Attention Monsieur Bush, vous avez failli marcher dans de la Grouika !

Bon, sur ce, je m’en vais chercher un autre roman qui, je l’espère, me passionnera un petit peu plus et ne finira pas abandonné sur le coin d’un meuble (avant de finir sous le meuble si celui-ci devenait bancal).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018).

 

Satanas : Mario Mendoza

Titre : Satanas

Auteur : Mario Mendoza
Édition : Asphalte (08/02/2018)
Édition Originale : Satanás (2002)
Traducteur : Cyril Gay

Résumé :
Bogota, années 1980. Lasse de vivre d’expédients, María décide de prendre sa revanche sur la société en dépouillant les clients des clubs chics de la ville.

Artiste à succès, Andrés découvre que ses portraits prédisent les maladies dont ses modèles vont souffrir. Prêtre dans un quartier populaire, Ernesto voit sa foi mise à rude épreuve quand son chemin croise celui d’un assassin refusant tout repentir.

Qui peut bien relier ces trois âmes tourmentées qui errent dans les rues de la capitale colombienne ?

La réponse, c’est Campo Elías, vétéran du Vietnam hanté par ses souvenirs de guerre et obsédé par le thème du double maléfique.

L’ancien soldat ne connaît qu’une seule façon de régler ses problèmes : la violence. Et il n’hésitera pas à y recourir.

Critique :
Quoi ? Satanas sans Diabolo ? Mais c’est une hérésie !

Autant commencer sa chronique par un petit trait d’humour parce que tout le reste de ce roman noir ne se prête vraiment pas à rire.

Ici, on aurait plutôt envie de chanter ♫ Oui, je suis Belzébuth, je suis un bouc, je suis en rut ♪ et encore, c’est trop festif pour aller avec ces pages sombres de chez sombres.

Nous sommes dans les années 80. Il y a quelque chose de pourri à Bogotá, capitale de la Colombie pour ceux qui se sont endormis aux cours de géographie.

Comme si un démon avait ensorcelé les gens, les poussant vers le côté obscur du la Force et du Mal. Le Démon serait-il à Bogotá ? Satan l’habite ?

En tout cas, c’est la question que se pose un prêtre, Ernesto face à tous ces gens qui se transforment en assassins ou devant cette jeune fille qui n’est pas loin de crier « baise-moi » comme dans L’Exorciste.

Destins croisés de plusieurs personnages qui, de prime abord, n’ont rien en commun : le prêtre Ernesto, le peintre Andrés qui fait des portraits prophétiques, María la pulpeuse jeune fille qui irait bien sur #balance-tous-ces-porcs et qui prendra sa revanche ensuite avant de se faire tacler bien salement et Campo Elías, un vétéran du Vietnam qui a du mal à trouver sa place dans cette société.

Rien en commun entre ces personnages… Pourtant, ces destins fracassés vont se croiser avant de se rejoindre dans un restaurant, pour une bouffe mémorable dont tout le pays se souviendra.

Ce roman, je l’ai dévoré, je me suis immergé dedans, j’ai plongée toute habillée et j’avais du mal à en sortir, tant les destins et les vies des personnages m’avaient emportées dans cette Colombie qui est loin des cartes postales.

Le final m’avait laissé groggy, mais là où j’ai eu des sueurs froides, c’est lorsque j’ai lu la postface et appris que ces événements avaient eu lieu réellement ! Là, ça te glace encore plus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018),le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018).Le Challenge et « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°44 – L’Aventure du Pied du Diable : lire un livre comportant des démons).

Fatherland : Robert Harris

Titre : Fatherland

Auteur : Robert Harris
Édition : Pocket (16/03/1998)
Édition Originale : Fatherland (1992)
Traducteur : Hubert Galle

Résumé :
Berlin, 1964. Les forces de l’Axe ont gagné la guerre, la paix nazie règne sur l’Europe. L’Amérique a refusé le joug. Mais, dans quelques jours, le président Kennedy viendra conclure une alliance avec le Reich. Ce sera la fin du monde libre.

Deux meurtres viennent perturber les préparatifs. Les victimes sont d’anciens S.S. de haut rang jouissant d’une paisible retraite. Chargé de l’affaire, l’inspecteur March s’interroge.

S’agit-il d’un règlement de comptes entre dignitaires ? Pourquoi la Gestapo s’intéresse-t-elle à l’enquête ? Quelle est cette vérité indicible qui semble menacer les fondations du régime ?

Dans Berlin pavoisé, les bourreaux guettent, prêts à tout pour étouffer les dernières lueurs de la liberté.

Critique :
Purée, le mois d’avril aura été riche en lectures « abandonnées » ! Du jamais vu en 30 malheureux jours.

Ben oui, une fois de plus, voilà un roman que je voulais lire absolument et dont je n’ai pas réussi à franchir le cap.

Ok, j’ai déjà dépassé la page 30, allant même jusque la 111 (le quart), mais que ce fut long et dur !

Pas à cause du fait que les allemands aient gagné la Seconde Guerre, pas du fait que les nazis soient rois, mais à cause du rythme du livre !

Robert Harris, j’avais déjà tenté de le lire avec « Imperium » qui mettait en scène Marcus Cicéron, le brillant avocat et orateur et philosophe célèbre.

Bingo, je n’avais pas réussi à dépasser la page 40 et le roman avait fini dans les dons.

On prend les mêmes et on recommence. Je ne saurai donc jamais qui a tué ces anciens S.S. et entre nous, tant mieux ! Sauf que j’aurais aimé décerner une médaille à leur assassin, moi…

Ou, du moins, savoir dans quel complot ces meurtres bizarres s’inscrivaient et pourquoi on ne voulait pas que l’inspecteur Xavier March, de la Kripo (la Kriminalpolizei de Berlin) poursuive ses investigations.

Là où je me suis arrêtée, on mettait déjà des bâtons dans les roues de ce Sturmbannführer. À vos souhaits.

Mes incursions dans les uchronies ne sont pas toujours couronnées de succès, mais je ne baisserai pas les bras et je reviendrai au genre avec un autre auteur.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

Montana – Une aventure de Tex : Gianfranco Manfredi & Giulio De Vita

Titre : Montana

Scénariste : Gianfranco Manfredi
Dessinateur : Giulio De Vita

Édition : Le Lombard (avril 2018)

Résumé :
En route pour rendre visite à un ami, Tex Willer découvre les lieux d’un carnage. Une tribu indienne au complet a été massacrée par le redoutable Tirrell et ses hommes de main, trafiquants de fourrure.

Refusant de laisser un tel crime impuni, Tex décide de les traquer.

Critique :
Ceci est un véritable western, il en a la couleur et le goût, avec même un goût de l’enfance lorsque je dévorais les petits périodiques « Rodeo » que je trouvais au kilo, dans les brocantes (mais jamais dans l’ordre, bordel de dieu).

Vous savez, ces petits magazines en noir et blanc, bourré de p’tits Mickeys et datant de la génération précédente, celle de nos parents.

J’avais un faible pour les western (pas qu’eux, mais ceci n’est pas le sujet).

Tex Willer, j’ai dû lire ses aventures dans un de mes nombreux « Rodeo » et si ce n’était pas lui, c’était un héros lui ressemblant comme deux balles d’un même révolver.

Tex est un cow-boy sans peur et sans reproches, aussi habile de ses six-coups que Lucky Luke (Tex est de 48, Luke de 46), toujours prêt à aider les gens « bien » et à faire justice lui-même.

Dès ouverture de la bédé, j’ai été conquise par le dessin : que ce soit pour les paysages désertiques du Montana ou pour les personnages, le trait est précis et nous ne sommes pas dans de la bédé « gros nez ».

Les paysages sont magnifiques, grandioses, battus par les vent et lorsque tombera la neige (non, Adamo, ne chante pas dans nos têtes), cela deviendra encore plus majestueux. Tout est blanc de désespoir, triste certitude, le froid et l’absence, cet odieux silence, blanche solitude ♫ (pas pu m’en empêcher !)

L’histoire est assez classique : des salopards d’Hommes Blancs ont massacré des Indiens, afin de les voler, autrement dit, du grand classique qui existe toujours dans la réalité, avec d’autres personnages. L’Homme est envieux, c’est bien connu.

On a beau avoir la couleur dans cette bédé, j’ai vraiment eu l’impression de replonger dans ces petits formats que je dévorais à l’époque : l’ambiance y était la même, le héros sans peur, ses amis de véritables amis, même si ici son pote est un peu lourd, voleur et couillon. Quant aux Méchants, et bien, ils l’étaient de manière unilatérale sans que rien ne vienne plaider pour eux.

C’est là que mon bémol va se pointer pour se ficher dans l’album comme un furoncle mal placé : cette histoire aurait mérité d’être publiée sur deux albums afin de creuser un peu plus les personnages, surtout celui du Méchant qui puait le manichéisme comme on sent le fauve après une chevauchée de 30 jours sans prendre un bain.

Un peu de nuance n’aurait pas fait de tort au type. Je ne dis pas qu’il faut lui trouver des circonstances atténuantes pour les massacres qu’il commet, mais on aurait pu l’étoffer un peu, cela aurait donné plus de profondeur à l’histoire.

Maintenant, dans leur hommage au personnage de Tex Willer, je ne sais pas si les auteurs ont voulu respecter le cahier des charges de ce qui se faisait à l’époque, avec des méchants pu ou pas développés et un manichéisme assumé.

Si c’est le cas, l’album s’inscrit donc dans ce qui était traditionnel pour ces petits formats de l’époque. Par contre, si leur but était de changer un peu l’original, là, ils ont loupé un truc avec les Méchants.

N’allez pas croire que je n’ai pas aimé ma lecture ! J’ai dévoré l’album, qui a eu un goût de trop peu, et 20 pages de plus ne m’aurait pas dérangé.

D’ailleurs, si les auteurs ont la bonne idée de poursuivre les aventures de Tex, je serai de la partie, juchée sur mon fidèle divan, afin de les lire confortablement.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Mais ? Il a piqué la tenue de Lucky Luke, le Tex Willer !

Oh, un de mes petits albums !

La cité des jarres : Arnaldur Indriðason [Erlendur Sveinsson 1]

Titre : La cité des Jarres

Auteur : Arnaldur Indriðason
Édition : Métailié (2005) / Points Policier (2006)
Édition Originale : Mýrin (2000)
Traducteur : Éric Boury

Résumé :
Pourquoi l’inspecteur Erlendur use-t-il sa mauvaise humeur à rechercher l’assassin d’un vieil homme dans l’ordinateur duquel on découvre des photos pornographiques immondes et, coincées sous un tiroir, la photo de la tombe d’une enfant de quatre ans ?

Pourquoi mettre toute son énergie à trouver qui a tué celui qui s’avère être un violeur ?

Pourquoi faire exhumer avec quarante ans de retard le cadavre de cette enfant ?

À quoi sert cette collection de bocaux contenant des organes baptisés pudiquement la Cité des Jarres ?

Pourquoi nos enfants nous font-ils toujours souffrir ? Pourquoi partout dans le monde la vie de flic est toujours une vie de chien mal nourri ?

Ce livre écrit avec une grande économie de moyens transmet le douloureux sens de l’inéluctable qui sous-tend les vieilles Sagas. Il reprend leur humour sardonique, l’acceptation froide des faits et leurs conséquences lointaines.

Petit plus : « La Cité des Jarres » a obtenu le prestigieux prix Clé de verre du roman noir scandinave. Il figure en tête des listes des best-sellers en Allemagne, Suède et Hollande.

Critique :
De ma première lecture de ce polar islandais, je retirerai que le commissaire Erlendur est loin des stéréotypes du policier « grand, beau, fort, avec une épouse aimante et des enfants adorables ».

Mais de très loin ! Son père littéraire torture le pauvre commissaire.

Entre une épouse qui l’a quitté il y a trèèès longtemps et deux enfants qui se droguent comme moi je bois du thé, enfants qu’il voit aussi souvent qu’une éclipse totale du soleil, à la différence que l’éclipse, elle, elle ne vous demande pas du pognon !

Ce commissaire aux antipodes de certains « too much » m’a séduite. Pas de cette manière, mais séduite au niveau littéraire et intrigue.

Parce que j’avais beau être en vacances, avec le cerveau déconnecté, je me suis demandé comment toute cette enquête allait finir, vu qu’elle partait dans des directions un peu bizarres.

Quand à la fille d’Erlendur, je l’aurais volontiers baffée. On ne peut pas dire que notre commissaire soit gâté du côté de ses enfants.

Une belle découverte de l’univers islandais que je ne connaissais qu’aux travers de ses sources d’eaux chaudes et de ses faillites bancaires. Le voyage valait la peine.

Le roman est prenant, mais il ne m’a pas empêché de piquer une tête dans l’eau de la piscine, mais bon, aucun roman ne m’en aurait retenu, je pense.

Soit dit en passant, je l’ai lu en trois jours, avec une moyenne de cent pages par jour, ce qui, vu mon emploi du temps « vacances » fort chargé, est un exploit (j’ai lu durant la pause « manger » de mes randos, sous les yeux exorbités de mon pauvre mari).

Dans la dernière soixantaine de pages, l’aurait fallu me l’arracher des mains, ce livre.

Pourtant, pas d’enquête trépidante et de courses poursuites, mais un commissaire plus tenace qu’un bouledogue qui tient un os et qui ne veut pas le lâcher. J’étais dedans et j’ai suivi les pas du commissaire avec plaisir.

Lorsque je l’ai posé je me suis dit que j’avais de la chance d’avoir emporté un autre roman de cet auteur.

Par contre, j’avais une forte sympathie pour le coupable et ma foi, je l’aurais bien aidé. Il mérite une médaille, même.

A découvrir !

 

Fantazmë : Nicolas Tackian [Saga Tomar Khan 2]

Titre : Fantazmë [Saga Tomar Khan 2]

Auteur : Nicolas Tackian
Édition : Calmann-Lévy (03/01/2018)

Résumé :
Comment être un bon flic quand les victimes sont aussi des bourreaux ?

Janvier 2017. Dans une cave du 18e arrondissement de Paris, un homme est retrouvé, battu à mort. Sur place, beaucoup d’empreintes et un ADN ne correspondant à rien dans les fichiers de police.

Le commandant Tomar Khan pense à un règlement de compte. Le genre d’enquête qui restera en suspens des années, se dit-il.

Mais voilà, l’ADN relevé sur les lieux a déjà été découvert sur le corps d’un dealer albanais, battu à mort dans une cave lui aussi.

Et bientôt la rumeur court dans les quartiers chauds de Paris, celle d’un tueur insaisissable, un Fantazmë, le « spectre » en albanais.

Critique :
Vous voulez connaître mon fantasme ? Vous voulez vraiment le connaître ?

Approchez-vous de l’écran que je vous le chuchote à l’oreille car il ne faudrait pas que d’autres l’apprennent : n’avoir rien d’autre à faire dans ma vie que lire et monter à cheval !

Oh, je vous sens déçus ? What did you expect ? Bande d’obsédés, va !

Si le titre « Fantazmë » ressemble phonétiquement à la définition de la représentation imaginaire suggérée par l’inconscient, la définition n’est pas la même puisque dans notre roman, il s’agit d’un mot albanais qui veut dire « spectre ». Déjà là, je me suis couchée moins bête.

Au 36 quai des Orfèvres, on est en émoi pour plusieurs choses : le déménagement prochain et quelques crimes bizarres, sans aucun rapport entre eux, si ce n’est l’extrême violence dans lesquels ils ont eu lieu.

N’ayant jamais lu le premier tome, j’ai donc fait connaissance avec ce drôle de flic, le commandant Tomar Khan, chef de groupe de la section 3. D’origine kurde, on apprend que son enfance ne fut pas celle joyeuse de l’île aux enfants et que ses placards sont bourrés de squelettes en tout genre.

Un flic écorché, une fois de plus, me direz-vous… Oui, mais le portrait de l’homme est bien réalisé, bien travaillé, et ses blessures ne ressemblent pas à celles des autres flics torturés que nous connaissons.

Sans en faire des tonnes, l’auteur plante son décor, ses personnages, son intrigue et le déroulement des meurtres, dont les âmes sensibles devraient pouvoir s’en remettre… Quoique, vu la situation de misère des migrants (et des SDF) décrite dans la ville des Lumières, on ne devrait pas avoir le droit de s’en remettre.

Sous le couvert d’une enquête qui pue le classement vertical, faute de preuve, l’auteur nous plante le décor de la ville de Paris (loin de ses lumières) avec, à ma droite, ses chancres, ses camps de migrants vidés, ses pauvres hères qui errent sans but dans une ville où la loi ne fait rien pour les aider et à ma gauche, ses réseaux de prostitution mis en place grâce aux trafics de femmes, le tout sous l’égide de la mafia albanaise.

C’est rythmé, c’est couillu, c’est musclé, sanglant, violent, servi avec de la profondeur et des émotions, sans oublier le suspense, mon vieux complice (oups, je sors), un bœuf-carottes que l’on aimerait foutre en boite, le tout étant relié à des faits réels puisque l’auteur fait allusions aux terribles faits du vendredi 13 novembre.

Faut pas avoir fait littérature supérieure pour comprendre le roman, c’est à la portée de tous et il n’y a rien de péjoratif dans cette phrase, juste une conclusion, un constat.

Ici, les flics sont des flics, ils ne parlent pas comme dans La princesse de Clèves et se comportent comme des policiers qui n’ont plus de vie de famille, qui sont crevés, mal aimés, mal achalandés car jamais assez de budget et toujours une guerre de retard sur les truands.

Réaliste, donc…

Ça te déchire ta race sans révolutionner le roman policier, mais ça va quand même plus loin que le polar habituel puisqu’il n’est pas question, ici, du colonel Moutarde ayant tué dans la bibliothèque avec le révolver.

Allez, vite la suite que je sache ce qui va arriver ensuite !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018)et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°41 – La Deuxième Tache – Lire le deuxième tome d’une saga).

Boréal : Sonja Delzongle

Titre : Boréal

Auteur : Sonja Delzongle
Édition : Denoël (08/03/2018)

Résumé :
Janvier 2017, au Groenland. Là, dans le sol gelé, un oeil énorme, globuleux, fixe le ciel. On peut y lire une peur intense. C’est ainsi que huit scientifiques partis en mission de reconnaissance découvrent avec stupeur un boeuf musqué pris dans la glace.

Puis un autre, et encore un autre. Autour d’eux, aussi loin que portent leurs lampes frontales, des centaines de cadavres sont prisonniers du permafrost devenu un immense cimetière.

Pour comprendre l’origine de cette hécatombe, le chef de la mission fait appel à Luv Svendsen, spécialiste de ces phénomènes.

Empêtrée dans une vie privée compliquée, et assez soulagée de pouvoir s’immerger dans le travail, Luv s’envole vers le Groenland. Ils sont maintenant neuf hommes et femmes, isolés dans la nuit polaire.

Le lendemain a lieu la première disparition.

Critique :
♫ Je reviendrai à Boréal ♪ Dans cet enfer blanc de neige ♫ Où règne un perpétuel hiver ♪ Et ses nuits noires qui te ruinent le moral ♪

« Dix Petits Nègres » dans l’enfer blanc du Groenland… En plus violent, en plus trash…

Une équipe de huit scientifiques disparue sur l’inlandsis groenlandais…

Six petits scientifiques dans une station, Plus Lupin, Le beau loup-chien, L’un d’eux s’égorgea dans le sauna, N’en resta plus que cinq.

Cinq petits scientifiques se couchèrent à minuit, Le chien loup s’enfuit, N’en resta plus que… cinq humains.

Cinq petits scientifiques, par un prompt renfort se retrouvèrent à sept, Grâce à l’arrivée d’une biologiste norvégienne et d’un reporter.

Sept petits scientifiques dans la nuit noire se sont retrouvés, L’un d’eux voulu son chien retrouver, N’en resta plus que six.

Six petits scientifiques voulaient l’égaré retrouver, Sur l’Inlandsis l’un d’eux disparu dans la nuit glacée, N’en resta plus que cinq…

7 habitants dans la Base Arctica : 6 scientifiques de tout bord, de toutes nationalités et un loup tchèque. Dehors, il gèle à -30° et c’est la nuit perpétuelle.

Tout baigne dans la base, jusqu’à ce qu’ils trouvent un truc qu’ils n’auraient pas du trouver et à ce moment là, on va basculer dans un scénario à la Dix Petits Nègres, mais en version plus gore, plus angoissante, plus horrible.

Prévoyez votre doudoune, votre combi spéciale car dans le dernier roman de Sonja Delzongle, on se les gèle ! Pour plus de réalisme, évitez de le lire, comme moi, quand le soleil fait des montées en températures de plus de 20°.

Si j’avais coincé sur « Dust », j’ai adoré Boréal, ses personnages, son histoire, son scénario un peu gore à certains moments (mais rien d’insurmontable), ses situations frôlant l’horreur totale et le côté écologique qui se trouve au cœur du roman.

Les abeilles disparaissent à un rythme effrayant et effréné depuis 2006. Pourtant, aucun cadavre n’est retrouvé et leur disparition n’a pas été élucidée. Les spécialistes appellent ce phénomène « le syndrome d’effondrement des colonies ». Un tiers des abeilles disparaît chaque année. C’est une menace directe qui pèse sur l’alimentation. Avec la diminution du nombre d’abeilles, le monde n’est pas loin de connaître une crise de la pollinisation. Dans un tel contexte, les chances de survie humaine s’affaibliraient considérablement…

Déjà dans « Dust », l’auteure dénonçait une partie des travers humains, dont la cupidité sans bornes et ici, c’est pareil. Business is business et si, pour ça, il faut passer sur des corps, et bien, on passera sur des corps ! On niquera la nature, les gens et tant pis, si, par nos comportement aberrants et m’en-foutistes, on creuse notre tombe.

Un rythme qui alterne la vie dans la base avec la présentation de l’équipe des Sept et d’autres qui nous présentent Luv Svendsen, la biologiste norvégienne qui va vivre des moments que l’on ne souhaiterait même pas à son pire ennemi.

Impossible de s’emmerder dans ce roman, on se cultive, on rentre dans la vie des scientifiques, isolés sur l’inlandsis groenlandais, par des températures à vous congeler de suite, dans une nuit noire et obscure et qui vont devoir faire face à la disparition mystérieuses de leur équipe.

Du suspense, du mystère, des secrets bien gardés, bien enterrés sous la glace, des Humains qui foutent tout en l’air et une grosse question à laquelle je ne puis répondre : qu’aurais-je fait à la place de certains personnages ? Aurais-je aussi brisé un tabou pour survivre ou pas ?

D’autres avant eux l’ont fait, parce que l’instinct de survie est là… Ils furent jugés durement. Et on ne devrait pas les juger d’avoir commis l’indicible car ils n’ont pas eu le choix.

Anybref… Lisez Boréal, parce qu’il le vaut bien !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

L’obscure clarté de l’air : David Vann

Titre : L’obscure clarté de l’air

Auteur : David Vann
Édition : Gallmeister (05/10/2017)
Édition Originale : Bright Air Black (2017)
Traducteur : Laura Derajinski

Résumé :
« Née pour détruire les rois, née pour remodeler le monde, née pour horrifier et briser et recréer, née pour endurer et n’être jamais effacée. Hécate-Médée, plus qu’une déesse et plus qu’une femme, désormais vivante, aux temps des origines”.

Ainsi est Médée, femme libre et enchanteresse, qui bravera tous les interdits pour maîtriser son destin. Magicienne impitoyable assoiffée de pouvoir ou princesse amoureuse trahie par son mari Jason ?

Animée par un insatiable désir de vengeance, Médée est l’incarnation même, dans la littérature occidentale, de la prise de conscience de soi, de ses actes et de sa responsabilité.

Dans une langue sublime et féroce, David Vann fait une relecture moderne du mythe de Médée dans toute sa complexe et terrifiante beauté.

Le portrait d’une femme exceptionnelle qui allie noirceur et passion dévorante.

Critique :
Qui pourrait Médée à terminer ce livre ? Parce que là, je n’ai pas réussi à dépasser la fatidique page 30.

La panne… Non pas sexuelle mais textuelle ! La panne non pas de la chair (ni de la chaire), mais la panne littéraire.

Bloquée, comme si les rameurs de ma galère avaient tous décidé de partir en grève sans prévenir la direction.

Il est des livres dans lesquels on n’arrive pas à entrer.

Certains n’étaient sans doute pas fait pour nous, ou alors, ce n’était pas le bon moment pour le lire.

Vous serez tenté de me dire, afin de me rassurer « Ce n’est pas grave, pense à toutes les fois où tu y es arrivée sans problème, ça va passer », mais moi, je ne verrai que ce moment où je n’ai pas su alors que j’avais grande envie.

Avec des livres merdiques, on se venge en se déchaînant sur son clavier afin de pondre une chronique pas piquée des vers.

Mais dans ce cas-ci, l’écriture n’était pas merdique, le scénario n’était pas à chier et j’avais vraiment envie de lire la relecture moderne du mythe de Médée, celle qui a pour patronne la sombre Hécate (tout le monde sait que quatre Hécate font huit).

Médée, qui tomba amoureuse de Jason (pas Donovan !), celui qui a piqué la Toison d’Or (pas la station de métro bruxelloise !) au papounet de Médée, qui était Roi.

Cette Médée, qui veut ♫ être une femme libérée (tu sais, c’est pas si facile ♪), qui fichu le camp avec le bô Jason et qui, pour ralentir la barque de son père, jeta à l’eau les morceaux de son frère qu’elle avait démembré… Puzzle grandeur nature. Ludique occupation, non ?

Puis, paraît que le Jason va la trahir… J’aurais aimé lire la vengeance qu’elle lui avait réservée, à ce crétin qui osa défier cette femme qui était « Née pour détruire les rois, née pour remodeler le monde, née pour  horrifier et briser et recréer, née pour endurer et n’être jamais  effacée. Hécate-Médée, plus qu’une déesse et plus qu’une femme, désormais vivante, aux temps des origines ». Ça en jette, non ?? Et moi je loupe tout ça.

M’est avis que ça a dû chier grave pour le Jason et que le gars en a bavé… Fini de mettre ses mains pleines de doigts dans la Toison d’Or de la Médée !

Vu le palmarès sanglant, on va éviter de signaler à cette Médée que je n’ai pas réussi à entrer dans son histoire et que j’ai abandonné ce livre en disant, à voix haute « Homère d’alors ! ».

Il y a des romans, comme ça…