Blackout Baby : Michel Moatti

Titre : Blackout Baby

Auteur : Michel Moatti
Édition : HC Editions (2014) / 10-18 (2016)

Résumé :
Londres 1942 : profitant du couvre-feu, un tueur hante les rues de la ville.

En quelques jours, il assassine et mutile quatre femmes. Son modus operandi interpelle Scotland Yard et la presse, qui le surnomme aussitôt le Blackout Ripper.

Les messages qu’il laisse sur les scènes de crime, conçus comme des indices codés, imposent bientôt aux enquêteurs une piste inquiétante : le criminel semble s’inspirer des leçons du mage noir Aleister Crowley et de son manuscrit démoniaque, « Le Livre de la Loi ».

Insaisissable, le tueur caché dans l’ombre du Blitz décide de s’attaquer aux enfants de Londres – ceux qui doivent être évacués lors de l’opération « Joueur de flûtes ».

Mais il va trouver sur sa route une femme, Amelia Pritlowe, qui va faire de sa traque une affaire personnelle.

Une enquête inspirée de faits et de personnages réels.

Critique :
Amelia Pritlowe est une vieille amie, je l’avais déjà suivie dans son enquête sur la recherche de l’identité de Jack The Ripper, à Londres, en temps de guerre, sous les bombardements, lors du blitz (1941).

Nous sommes toujours à Londres, sous les bombes, en plein blackout et voilà qu’un autre tueur sévit, profitant de la noirceur qui règne dans la capitale durant les couvre-feux.

Blackout Ripper est une tueur en série qui a réellement existé, il se nommait Gordon Cummins et si d’entrée de jeu nous connaissons son identité, le but sera se savoir comment on va l’attraper, ou pas…

Mon ami Wiki aurait pu tout me dire sur lui, mais j’ai préféré suivre les péripéties de mon infirmière préférée, Amelia, dans cette enquête sur le tueur du blackout qui a eu le don de réveiller d’anciennes peurs de 1888.

Hé, on tue des femmes la nuit, on les égorge, on fout du sang partout, et on écrit sur les murs des phrases bizarres !

Cummins est un être détestable, un prétentieux se croyant tout droit sorti de la cuisse de Jupiter, avec de grande aspirations professionnelles qu’il a dû revoir fortement à la baisse et de ce fait, il a la haine de tout, surtout des femmes car il pense que nous sommes toutes des putains.

Prétentieux et dérangé, froid, dur, psychologiquement atteint, l’araignée de son cerveau qui se balade à l’envers, persuadé d’accomplir une grande mission… En un mot : un vrai salaud !

Entre nous, les passages où on se trouve avec lui sont plus qu’angoissants et je conseillerai aux esprits délicats de passer outre les descriptions des crimes, qui, sans être aussi détaillées que ceux de 1888, n’en sont pas moins violents et bestial.

Ce roman policier historique possède une atmosphère qui lui est propre, on sent la guerre, la peur des gens, le manque de tout, les ravitaillements au compte-goutte, l’envie de se changer les idées, le chaos, la ville en miette… Mais les anglais qui ne plient pas !

Certes, si un avion passe durant votre lecture, vous ne vous jetterez pas sous une table, mais… L’illusion des dégâts provoqués par la guerre sont très bien rendus dans ces pages et c’est toujours aussi flippant de se les imaginer.

Une enquête qui va progressivement, sans se presser, mais sans que l’on ressente de  la lassitude car j’ai été happée par la vie londonienne durant la seconde guerre mondiale et par le boulot de fou que durent exécuter les médecins et les infirmières, propulsées pour certaines au rang de chirurgiennes à cause de la pénurie d’hommes.

Un roman qui mêle la réalité à la fiction avec brio car je vous défie de trouver où s’arrête le réel et où commence la fiction : nous sommes en présence de personnages ayant réellement existé et d’autres inventés, mais bien malin qui pourra dire où l’auteur a ajouté des choses (hormis dans les paroles dites par les victimes).

Un roman angoissant lorsque nous suivons les pas de l’assassin et que nous le voyons charmer les femmes avec aisance avant de les tuer agressivement, un roman où la fiction côtoie la réalité sans que l’on puisse les distinguer l’une de l’autre, sauf en lisant les notes en fin d’ouvrage.

Cela fait le deuxième roman sur un éventreur que je lis de cet auteur et il ne m’a pas déçu, que du contraire, et ses personnages principaux sont toujours aussi attachants.

Allez, rendez-vous au prochain roman de cet auteur, avec un éventreur dans ses pages ou pas !

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), Challenge British Mysteries chez My Lou Book et le Challenge « Polar Historique » de Sharon.

Perfect Crime – Tomes 1 – 2 : Yuuya Kanzaki & Arata Miyatsuki

Titre : Perfect Crime – Tomes 1 & 2

Scénariste : Arata Miyatsuki
Dessinateur : Yuuya Kanzaki

Édition : Delcourt (18/01/2017)

Résumé :
Comment prouver la culpabilité d’un meurtrier capable du crime parfait ? Place à un thriller psychologique particulièrement haletant.

Un homme, Tadashi Usobuki, est repéré à plusieurs reprises sur le lieu de crimes étranges. Toutefois, personne n’arrive à prouver sa culpabilité. Tout le monde l’appelle depuis « l’homme aux crimes parfaits ». Haine… Jalousie… Désir… et amour.

Usobuki est capable de répondre à toutes les demandes de meurtre de ses clients. Et méfiez-vous, il ne rôde jamais très loin de vous…

Critique :
Ça vous dit un manga cynique, avec un personnage qu’on a pas envie d’apprécier ?

Tadashi Usobuki est un tueur aux méthodes peu orthodoxes, pourtant, pour l’inculper de meurtre, faudra se lever tôt le matin !

Non, il ne vous plante pas un couteau entre les omoplates, il ne vous tire pas une balle dans la tête, il plante juste la sale graine du doute ou de la honte dans votre esprit.

Le reste, vous le faites vous-même… Do it yourself !

Tadashi Usobuki ne se salit donc pas les mains, il ne laisse donc aucun indices ! Même Sherlock Holmes y perdrait son latin.

Avec des mots, il peut vous pousser au suicide,  à l’accident ou à tuer quelqu’un. Perfide, assurément, il l’est ! D’ailleurs, ils trouvent les humains irrécupérables et les seuls qui trouvent grâce à ses yeux, se sont les chats.

Chaque « meurtre / décès suspect / suicide » correspond à un chapitre, comme autant de petites histoires. Chaque chapitre correspond à un contrat.

Et si, de prime abord, le contrat ou l’affaire paraît simple et limpide, ce n’est souvent pas le cas une fois que le récit se déroule. Non, c’est bien plus profond que la partie de l’iceberg que l’on nous montre. Le tout ayant un petit côté moralisateur.

Au final, ces petites histoire sont toutes plus glaçantes les unes que les autres, et certaines sont, assurément, le summum de la perfidie et du cynisme.

Le plus perfide dans ses pages, c’est que Tadashi Usobuki n’en fait qu’à sa tête… Vous lui demandez de tuer Machin Brol qui est un salopard ou une salope, mais méfiez-vous qu’ensuite il ne vienne rôder dans les parages et bardaf, vous pourriez être le prochain.

Le tome 2 continue dans la même veine que le tome 1, avec un niveau de perfidie encore plus sadique, je trouve. On sent bien que Tadashi Usobuki joue avec ses victimes et ses commanditaires et là aussi, aucune affaire ne paraît simple une fois que l’on arrive au bout.

Si je reproche toujours au mangaka les visages en pointes et souvent des mêmes traits pour les personnages, je ne me plaindrai pas des dessins de celui-ci car non seulement notre tueur est bien esquissé, mais en plus, les personnages secondaires sont bien distincts les uns des autres.

C’est un manga thriller psychologique, on le  lit avec la sueur sur le front et quand on entrevoit l’horreur du final, on ne peut que secouer la tête et murmurer « non, pas ça ! ».

Ben si… Je vous l’avais dit, c’est perfide, sadique, et rempli de cynisme. J’adore !

3,9 Sherlock ! Yvan, tais-toi… mdr

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017).

Un flair infaillible pour le crime : Ann Granger

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Titre : Un flair infaillible pour le crime

Auteur : Ann Granger
Édition : 10-18 (2015)

Résumé :
Quand Thomas Tapley, un des voisins de Benjamin Ross, est retrouvé mort dans son salon, l’inspecteur de Scotland Yard se rue sur la scène de crime. Tapley est revenu récemment de l’étranger et peu de choses sont connues à son sujet.

Quand son cousin, Jonathan Tapley, conseiller de la Reine, se présente, la vérité au sujet de son passé tragique remonte doucement à la surface. Benjamin et Lizzie découvrent que plus d’une personne pourrait tirer bénéfices de sa mort.

lizzie-martin-tome-4-un-flair-infaillible-pour-le-crime-676237-250-400Critique :
Lire les enquêtes de Lizzie Martin et de son policier de mari Ben Ross est toujours un plaisir, même si ce couple anglais a des airs de famille avec celui formé par Charlotte et Thomas Pitt !

Ici, nous sommes plus tôt dans la ligne du temps et à 20 ans des méfaits de Jack The Ripper, mais Londres est toujours Londres et elle est régulièrement sous smog, fog ou odeurs horribles flottant au-dessus de la Tamise.

Niveau ambiance, on est dans le top ! Manque plus que les odeurs, tiens, et ce serait plus que parfait. Enfin non, épargnez-nous les romans victoriens en odorama…

Thomas Tapley, voisin du couple Ross est un petit homme insignifiant qui fait sa petite ballade tous les matins. Il vit chichement, pourtant, sa quakeresse de logeuse n’a jamais eu à se plaindre d’un loyer en retard ou d’une demande de prêt d’argent.

Mais alors, pourquoi a-t-on tué cet homme insignifiant ? On ne lui a rien volé ! Il n’avait pas d’objets de valeur, en plus… Mystère et boule de gomme ! C’est à notre inspecteur Ben Ross d’enquêter, avec l’aide de sa femme, pour le plus grand énervement du Superintendant Dunn.

Ce 4ème opus est excellent ! J’ai aimé les ambiances, les dialogues, les petites choses apprises sur la ville de Londres, ses habitants, les mœurs et les places de chacun dans la société, le scandale ne devant pas éclabousser les gens importants, très chèèère.

La narration alternée entre Lizzie et son mari donne plus de peps au roman, puisque nous suivons chacun des deux personnages principaux aux travers de leurs pérégrinations, de leur enquêtes, de leur petite vie.

Bien souvent, quand on change de narrateur, l’auteur revient un court moment en arrière pour présenter ce que l’autre a fait pendant le premier vaquait à ses occupations, ce qui fait qu’on ratisse assez large et nous donne une lecture agréable, légère, une petite douceur pour l’heure du thé, dans ce monde de brute.

Si on pourrait avoir quelques soupçons sur l’identité du meurtrier, l’auteur s’amuse ensuite à brouiller les cartes et à rajouter du mystère dans le mystère, afin de nous tenir en haleine jusqu’au dernier moment.

Les personnages principaux sont travaillés, ils évoluent, les différents protagonistes concerné par l’enquête aussi, mais j’aurais aimé qu’on développe aussi un peu plus les autres policiers ou le chef de l’inspecteur Ross. Leur portrait est trop vite esquissé et j’aimerais en savoir plus sur eux.

Un roman policier historique qui se dévore en une journée, une enquête plaisante à suivre, des pistes que l’on se plait à explorer, des personnages attachants, du mystère, de la condition sociale, des secrets bien cachés que l’on se plait à déterrer…

Oui, j’ai vraiment pris mon pied avec ce 4ème opus ! Un peu de légèreté après une lecture sombre (Un cœur sombre de Ellory) et une autre qui le sera aussi.

Lire un roman de Ann Granger, c’est se plonger dans l’Angleterre victorienne. On le savoure avec a cup of tea, des scones, du cake, des muffins, des crumpets…

PS : et là se pose le problème de la cotation soulevé par Yvan : c’était super, mais bon, ce n’est pas un chef-d’œuvre littéraire non plus, donc, pas de 4 étoiles, mais un 3,5 étoiles avec un coup de cœur ! ♥♥♥♥

PS 2 : Dionysos, je vais faire gaver ce qu’on a parlé l’autre jour…

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon; « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), le Challenge British Mysteries chez My Lou Book, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Victorien » chez Camille et le RAT a Week, le marathon de l’épouvante Édition 2016 chez Chroniques Littéraires.

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Je l’ai fait pour toi : Laurent Scalese

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Titre : Je l’ai fait pour toi

Auteur : Laurent Scalese
Édition : Belfond (2016)

Résumé :
Bienvenue à Lazillac-sur-Mer, dans l’univers du commandant Samuel Moss dont les armes sont le charme, la séduction et l’art du détail : rien ne lui échappe, que ce soit sur une scène de crime ou au quotidien.

Cette histoire débute quand la romancière à succès Jade Grivier est retrouvée morte chez elle, dans son bureau, suicidée. Après avoir inspecté les lieux, à sa façon, Samuel Moss conclut qu’il ne s’agit pas d’un suicide mais d’un homicide, dont il identifie immédiatement le coupable.

Le plus compliqué, maintenant, pour Samuel Moss, est de comprendre comment le meurtrier a procédé et de prouver sa culpabilité, avec élégance bien sûr, et surtout sans salir ses nouvelles chaussures sur la plage de Lazillac…

triumphCritique :
Le commandant Samuel Moss nous apprend que ses parents ont disparus alors qu’il n’avait que 10 ans… FAUX !

Après une enquête minutieuse, j’ai compris qu’en fait, notre flic de choc n’osait pas dire qu’il avait plusieurs pères et qu’il fallait garder leurs identités secrètes.

J’ai reconnu une touche de Sherlock Holmes de ne pas croire à ce qu’une scène de crime lui montre, à voir plus loin que les autres et à prendre tout le monde de court avec cette recherche minutieuse du détail.

— Ce qu’on voit est censé être la réalité, non ? se défendit-elle.
Duteil profita d’un silence pour accélérer le mouvement et se glisser entre eux.
— Ce que le commandant Moss veut dire par là, se manifesta-t-elle, c’est que les apparences sont parfois trompeuses.
Il confirma d’un signe de tête.

Par contre, ce n’est pas de son père Holmes qu’il tient cette détestable manie de ne pas vouloir se salir et de se faire passer des feuilles de papier pour poser ses genoux : Hercule Poirot a donné de sa personne aussi pour l’élégance et cette détestable manie de ne pas vouloir se vautrer par terre.

Il plongea la main dans la poche-revolver de son jean, en tira une paire de gants de latex qu’il enfila et fit claquer sur ses poignets. Cheyenne constata, avec un mélange de stupeur et d’incrédulité, que le bleu indigo des gants était identique à celui du blazer du commandant. Ce n’était pas le fruit du hasard. C’était réfléchi, voulu.

Le côté cabotin et non respectueux des règles, c’est le beau Simon Baker, Le Mentalist qui lui a donné ses gènes. Où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir et notre commandant ne se gêne pour rien et on lui passe presque tout. Il agit en électron libre, sélectionne ses affaires et dès le départ nous dit qu’il a déjà trouvé QUI a tué.

Moss était d’une incorrection sans nom, il se faisait photographier comme un vulgaire touriste dans le jardin d’une femme qui venait de se tuer […].

Même le lieutenant Columbo y a mis du sien dans le fait de s’imposer chez les suspect à toutes les heures. Le côté sans-gêne du Lieutenant – la grâce en plus – la manière qu’il avait de faire semblant de ne pas être à ce qu’il faisait, de ne pas écouter, de faire monter la pression chez les gens… Il ne manquerait plus que le gimmik avec « Ma femme » qui, pour notre Samuel Moss, deviendrait « Mes ex-femmes » et on y est.

Les sourcils froncés sous l’effet de la concentration, Moss observait le bureau Empire en acajou. Il donnait l’impression de ne pas avoir écouté, ce qui accentua le malaise du légiste.

Et cette maniaquerie, ce petit côté hypocondriaque, ses tics, ses tocs, cette manière de tout vouloir que tout soit droit, centré, cette griffe imaginaire qu’il voit sur la pare-choc de sa Triumph TR3 British Racing Green de 1957. Bon sang, mais c’est bien sûr : Monk !

En guise de réponse, Moss poussa la porte de sa main gantée. Il pâlit quand elle grinça. Après avoir ôté la cale, il la ferma et la rouvrit pour vérifier que ce grincement n’était pas le fruit de son imagination. Derrière lui, la divisionnaire leva les yeux au ciel. La concentration de Samuel Moss se révélait parfois être une petite chose fragile, un détail suffisait à la perturber.

Si vous n’avez pas encore fait connaissance avec le commandant Samuel Moss (the boss comme dit si bien David Smadj de C’est Contagieux !), il est plus que temps d’ouvrir ce roman et de découvrir un polar feel-good, un polar où on sourit, où l’on rit, où on aurait envie de frapper Moss à force de le voir tout remettre correctement dans en ordre ou dans des alignements parfaits.

Ici, on est un peu comme dans un Columbo, mais pas tout à fait : on a vite une grosse piste pour l’identité du coupable, mais on ne sait pas trop comment Moss va le découvrir, l’amener à commettre un faux pas, ni comment le coupable a procédé.

L’écriture coule toute seule, ça se lit vite, ça se lit bien, ça fait du bien au moral, les personnages sont bien typés, travaillés, avec leurs défauts, leurs qualités, ils sont touchants, exaspérants et, alors que l’on pensait tout plié, et bien non, il y a un poupée gigogne dans l’affaire !

J’ai bien ri aussi avec toutes les références aux séries policières qui parsèment le roman. Samuel Moss est un sacré mec, on ne le voudrait pas pour mari, père, frère, collègue ou subalterne, mais faut dire ce qui est : il est diablement efficace !

Par contre, sa coéquipière devrait changer de prénom car elle porte le même qu’une jument de ma connaissance… Malgré le fait que je la voyait assez chevaline au départ, j’ai appris à l’apprécier au fur et à mesure qu’elle s’est dévoilée.

Cerise sur le gâteau, j’étais dans le bon endroit pour lire ce livre car je me trouvais à la Côte d’Opale et l’action se déroule dans la ville imaginaire de Lazillac-sur-Mer, station balnéaire qui se situe en Normandie, entre Deauville et Barfleur. J’avais la plage et la mer !

Certes, ce n’est pas le futur Goncourt, mais on s’en fout parce qu’il fait du bien où il passe, ce roman policier d’un autre genre et son final est comme on voudrait plus. Digne d’un Columbo qui mangeait ou buvait avec le coupable avant de l’emmener.

Laurent Scalese, cette chronique, je l’ai fait pour toi !

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017).

Bondrée : Andrée A. Michaud

Bondrée - Andrée A Michaud

Titre : Bondrée

Auteur : Andrée A. Michaud
Édition : Québec Amérique (2014)

Résumé :
Été 67. Le soleil brille sur Boundary Pond, un lac frontalier rebaptisé Bondrée par Pierre Landry, un trappeur canuck dont le lointain souvenir ne sera bientôt plus que légende. Le temps est au rire et à l’insouciance.

Zaza Mulligan et Sissy Morgan dansent le hula hoop sur le sable chaud, les enfants courent sur la plage et la radio grésille les succès de l’heure dans l’odeur des barbecues.

On croit presque au bonheur, puis les pièges de Landry ressurgissent de la terre, et Zaza disparaît, et le ciel s’ennuage.

Sandy Pond 1Critique :
♫ Lucy in the sky with diamonds ♪ chantaient à tue-tête les deux inséparables Sissy Morgan et Elizabeth « Zaza » Mulligan durant cet été 67.

Elles sont jeunes, elles sont belles comme le jour et la nuit, bêêêêlles quoi.

Unies comme le seraient des jumelles (avec la courroie et l’étui) et qui, cet été 67, trimballaient leurs longues jambes bronzées et interminables autour du lac de Bondrée, faisant monter la température et sans doute autre chose chez les hommes mariés et les ados en proie aux rêves humides.

Bondrée, situé à l’est de la frontière entre le Maine et le Québec. Bondrée, son lac, ses chalets, ses vacanciers durant la belle saison de juillet et août, ses gens qui se connaissent et qui se retrouvent au fil des ans, venant aussi bien des États-Unis que du Québec, sans oublier ses légendes qui courent dans les bois.

Vu ainsi, ça a l’air idyllique, on aimerait faire trempette dans le lac, boire une bière fraiche avec les voisins, se faire griller une saucisse au barbec tout en reluquant discrètement les belles jambes de Sissy et de Zaza, rêvant d’être celui qui glissera sa langue dans le palais des merveilles.

Oui, Bondary Pond, rebaptisé Bondrée, est un lieu agréable… jusqu’à qu’un drame survienne, qu’un tragique accident pose sur les vacanciers sa chape de plomb et pire encore sur le lecteur car lui, il sait plus de choses…

L’auteur manie bien la plume et arrive à nous faire sentir le changement, passant d’un côté bon-enfant à une atmosphère plus lourde, plus tendue, atmosphère qui deviendra carrément oppressante lorsqu’un meurtre aura lieu et que tout le monde commencera à se regarder un peu bizarrement.

À partir de ce moment là, la chape de plomb devient plus lourde, plus vicieuse, drainant derrière elle son charroi de ragots, de suspicions, de murmures fait de « je le savais » ou de « certaines filles » comme si c’était de la faute des gamines.

L’hypocrisie se fondait dans un nuage de murmures gras qui barbouillaient les bouches outragées : « je ne l’ai jamais trusté, ce gars-là », « maudit visages à deux faces », « on aurait donc dû », un paquet de menteries qui leur dilataient les pupilles jusque dans le front et noircissaient leurs yeux de péchés mortels.

Au train où certains démolissaient le portrait de Ménard, on l’accuserait bientôt d’avoir été à l’origine de la Deuxième Guerre Mondiale.

Si le début du livre parait un peu long, ensuite, tout va très vite et on ne voit plus les pages passer (300) car on ressent la tension entre les lignes, le suspense, les erreurs de certains, le vernis des gens qui craque et qui ont envie de ficher le camp.

Le récit fait aussi souvent des petits retours en arrière dans certains chapitres pour nous faire découvrir un meurtre ou une action étrange d’un personnage dont nous ne connaîtrons l’identité qu’à la fin. C’est vicieux comme tout !

La tension monte, tout cela est bien décrit en passant d’une famille à l’autre, le récit étant émaillé de mots typiquement québecois et de mots ou phrase rédigée en anglais, seul bémol car la traduction ne se trouvait pas en bas de page, juste parfois dans la phrase qui suivait, et j’ai dû aller rendre quelques visites à Google Translate.

Si ce Djill Menarde était l’assassin qu’on recherchait, lui, Mordecai Steiner, était le fils illégitime de Jack The Ripper. Absurd, totally ridiculous !

Certes, ça donne un autre goût au récit, surtout quand les prénoms et les noms francophones étaient prononcés par des anglophones et vice-versa, mais mon anglais n’est plus assez riche que pour tout saisir sans l’aide d’un ordinateur.

J’ai aimé ce sentiment oppressant du livre, ce presque huis-clos dans un village de vacances, le changement de narrateur aussi, dont une partie du récit nous est contée par la jeune Andrée Duchamp, 12 ans, et qui m’a fait souvent sourire, faisant diminuer ainsi la tension.

Qu’est-ce qu’elle a la madame ? avait pleurniché Millie. Ma mère, plongée pour un moment dans un état second, s’était vivement retournée pour prendre Millie dans ses bras et lui dire que la madame était tombée, que c’était pas grave. Ma mère s’améliorait en matière de réalisme, car il n’y a pas longtemps, elle aurait raconté à Millie que les Lamar se préparaient pour Halloween.

Notre petite gamine, sur le point de devenir une femme (bientôt réglée) aurait aimé mener l’enquête, mais elle devra se contenter de nous la raconter de l’intérieur et, ma foi, elle le fait superbement bien et il n’est pas évident pour un adulte de raconter une histoire du point de vue d’une gamine.

Le matin, on était partie du principe qu’on était pas plus bête que Sherlock Holmes, qui parvenait à résoudre des énigmes tordues en fumant de la cochonnerie entre les quatre murs de son bureau, mais on avait vite déchanté. De un, on n’avait pas de bureau, et de deux, nos trois cigarettes restantes avaient été confisquées par le père d’Emma, qui avait dû les fumer dans notre dos.

Un roman prenant, une enquête qui ne sera pas facile, remplie de douleur, de questions, de suspicions, de vieilles légendes et de regards en biais.

Le tout sur fond d’une époque révolue qu’était l’été 1967 que je viens de vivre par procuration en lisant ce roman.

Un excellent roman, d’ailleurs, une auteur dont j’ai envie de découvrir les autres récits.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Le « Challenge US » chez Noctembule, Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Prix Littéraires du Gouverneur Général) et RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires.

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Jack l’Éventreur – Le Secret de Mary Jane K. : Philippe R. Welté

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Titre : Jack l’Éventreur – Le Secret de Mary Jane K.

Auteur : Philippe R. Welté
Édition : Alban éd. (2006)

Résumé :
Entre le 31 août et le 9 novembre, cinq prostituées sont sauvagement massacrées par un meurtrier insaisissable. Devant l’inefficacité de Scotland Yard, la peur et la paranoïa s’empare de la capitale britannique. Tout le monde devient suspect.

Les arrestations se multiplient, mais rien n’y fait. Celui que l’on surnomme Jack l’Éventreur a toujours une longueur d’avance sur la police.

Aux premières heures du 9 novembre, il va commettre un dernier meurtre d’une sauvagerie rarement atteinte avant de disparaître définitivement.

Considérée depuis toujours comme la clé de cette énigme, Mary Jane Kelly, une jeune beauté rousse de vingt-cinq ans, est la cinquième victime officielle de Jack.

Derrière le secret de sa disparition se cache aussi celui du meurtrier le plus mythique de tous les temps.

En dévoilant une piste jusque lors jamais explorée, Philippe R.Welté aboutit à une hypothèse à mille lieues de toutes les précédentes.

Une hypothèse inédite des plus fascinantes qui apporte enfin des réponses possibles aux nombreuses zones d’ombre demeurées inexpliquées à ce jour.

Jack_the_Ripper REDCritique :
Jack The Ripper ou Jack L’Éventreur pour les francophones… 5 victimes canoniques seulement à son actif et pourtant, son nom est le plus connu de tous les serial-killer, bien plus que des Ted Bundy (+100), les Jeffrey Dahmer, les Ed Gein ou que Peter Sutcliffe (13).

On dit de lui qu’il fut le premier serial-killer, mais ceci n’est pas confirmé… On parle de Gilles de Rais (un pote à Jeanne d’Arc), dont on dit qu’il aurait massacré 800 enfants et il y a encore la comtesse sanglante qui, entre 1600 et 1610 tortura à mort 650 jeunes filles dans le seul but de se baigner dans leur sang.

Ok les gars et les meufs, on n’a pas de preuves, ce pourraient être des gros ragots pas beaux ! Mais bon, tout ceci pour dire que le Jack n’était sans doute pas le premier à tuer en série.

Mais lui, contrairement à d’autres tueurs en série, les espacements entre les meurtres eurent tendance à augmenter et il s’arrêta subitement après le massacre au scalpel de Mary Jane Kelly, la nuit du 9 novembre.

Je dois dire que niveau théories loufoques, j’ai lu mon compte, des plus censées ou plus farfelues (le complot maçonnique, le docteur de la reine Victoria, son petit-fils ou le peintre Walter Sickert) aux plus « plausibles ».

Ici, l’auteur, après nous avoir fait un bref topo des faits, nous balance une théorie jamais entendue et qui est assez percutante ! Dois-je la dire ? Oui, il le faut bien…

Mary Jane Kelly ne serait pas morte, mais, complice du tueur, elle aurait mis en scène sa propre mort pour échapper aux soupçons que la police aurait pu avoir sur elle…

Soupçons ? Oui, elle aurait tué, en état de légitime défense, Martha Tabram (victime non canonique), mais ce serait faite voir par Mary Ann Nichols qui l’aurait fait chanter, donc, elle dû aussi la zigouiller, mais n’ayant pas su la tuer, elle aurait fait appel à son grand amour français, médecin, et qui est revenu la rechercher jusque dans les bas-fonds de l’East End.

Donc, on trouve une femme qui a la même corpulence que la MJK mais qui va mourir de cause naturelle, on la fout dans la chambre, on la dépèce pour pas qu’on puisse identifier le cadavre et boum, l’affaire est dans le sac !

Je vous passerai les détails de la suite avec les autres meurtres, je peux les faire via les commentaires, quand j’aurai un peu plus de temps, parce que les vacances, ça prend du temps sur le PC !

Anybref… Ça pourrait sembler farfelu dit ainsi (la théorie de l’auteur, pas que les vacances m’empêche de surfer), mais l’homme étaye tout.

Enfin, il fait de son mieux ! Je ne dis pas qu’il a tort, mais il romance quand même fort l’affaire de ce que Mary Jane et son amant de Paris auraient pu faire.

Par contre, je ne lui donne pas tort puisqu’ils y a des témoignages contradictoires. Des témoins affirment avoir vu ou parlé avec Mary Jane Kelly alors que le légiste situait la mort entre 1h et 2h du matin.

L’auteur joue donc sur les témoignages contradictoires, sur le fait que Elizabeth Stride n’est pas une victime de l’Éventreur car pas même couteau, ni même mode opératoire.

Vu que personne ne sait rien sur rien, on peut supputer jusque demain matin sans faire autre chose que de tenter d’attraper sa propre queue.

Malgré tout, le livre se lit avec plaisir, on apprend d’autres choses et ma foi, pourquoi pas cette théorie ? Cornwell a fait pire ! Et l’auteur ne se prive pas de dire tout le mal qu’il pense de son enquête…

La seule chose dont il aurait pu éviter, c’est le côté « j’ai croisé un fantôme » puisque l’auteur nous raconte qu’en s’engageant dans la rue qui était anciennement Buck’s Row il a ressenti une présence éthérée qui portait un parfum qui l’a grisé.

Là, ça fait un peu trop… Mais bon, hormis ce petit détail inutile, le reste est du bon pour celui ou celle qui est passionnée par les crimes de Whitechapel !

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge British Mysteries chez My Lou Book et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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Sherlock Holmes – T4 – Jack l’Éventreur : André-Paul Duchâteau & Stibane

Titre : Sherlock Holmes – T4 – Jack l’Éventreur

Scénariste : André-Paul Duchâteau
Dessinateur : Stibane

Édition :  Bdétectives – Claude Lefrancq n°29 (1994)

Résumé :
Il s’agit d’une aventure inédite du célèbre détective anglais, jamais relatée par son fidèle historiographe, le docteur Watson, qui l’a simplement citée dans une des nouvelles consacrées à son ami.

Le pourquoi de cette omission ? Le lecteur en comprendra immédiatement le motif en découvrant que le criminel traqué par Holmes, dans cette aventure mouvementée, n’est autre que le plus fameux et le plus effrayant des criminels britanniques : Jack the ripper autrement dit Jack l’éventreur.

Pour de multiples raisons, le docteur Watson ne pouvait à cette époque éventer le secret du sanglant assassin.

SH - Versus JackCritique :
Ceci est une adaptation des crimes sordides qui eurent lieu à Whitechapel en 1888 par un dénommé Jack The Ripper.

Mais attention, c’est à la grosse louche qu’on y est allé !

Si vous voulez entendre hurler un Ripperologue ou un Holmésien, offrez-lui cette bédé. Mais ne comptez plus sur lui pour vous payer ne fut-ce qu’un café !

D’un point de vue des dessins, dans cette enquête, c’est une catastrophe, pour ne pas dire une horreur sans nom !

Holmes ressemble de plus en plus à un gros déménageur haltérophile bourré aux stéroïdes ! Une sorte de Schwarzy quand celui-ci n’avait pas encore atteint sa taille de Mister Univers.

Holmes est mince et les épaules de débardeur ne sont pas pour lui. Déjà que sur certains plans, on lui a dessiné une grosse figure…

Déjà que le dessin est pourave, mais le scénario l’est aussi ! Si au moins l’un des deux était là pour récupérer l’autre, mais non, de la mer** à tous les niveaux !

J’attire aussi votre attention sur le fait qu’il y a peu de similitudes historiques avec les faits et gestes du tueur de Whittechappel dans cette adaptation très libre…

Le scénariste, puisqu’il introduit un élément fictif en la personne de Holmes, nous écrit une toute autre histoire tant au niveau du nombre des victimes, de leur patronyme, du contexte des meurtres, des lieux, des dates, tout ça ne correspond pas. Rien n’est fidèle à la réalité historique, tout ceci est pure fiction.

Niveau horreur dans les lacérations, éventrations ou débitage de cadavre, on est loin de la violence de Jack… Pas de sein ou d’utérus prélevé ou disposé à côté de  l’épaule, les âmes sensibles peuvent le lire, sauf si elles sont attachées à un Holmes mince et vêtu d’autre chose que ce maudit macfarlane et son putain de deerstalker.

Sir Charles Warren (chef véritable du Yard avant sa démission), se voit renommer « Sir Henry Irving » et en plus, il porte l’uniforme de bobby… Un chef de la police déguisé en bobby alors que ce n’est pas carnaval ?

De plus, ce n’est pas le premier album où Watson ose appeler Holmes  « Sherlock ». No comment !

L’auteur nous balance aussi des tas de références holmésiennes en vrac (il y en a un peu plus ma p’tite dame, je vous l’laisse ?) : Moriarty (encore lui ?), Ricoletti au pied bot, le colonel Moran (on le voit dans tous les albums, en exagérant un peu), un grand chien noir style le chien de l’enfer dans Baskerville, mais horriblement mal dessiné, tout tremblotant, comme atteint de la parkinson, entouré d’une sorte de halo – dont on se demande bien ce qu’ils foutent là…

Dans le but de cautionner cet aventure comme une « Untold Story », sans doute, montrer qu’on a potassé le canon… Manquait plus que la belle Irene et on faisait une partouze avec tous les personnages…

Leurs utilisations est, selon moi, usurpée et maladroite. Marre de ne voir que James Moriarty en grand méchant dans toutes les aventures de Holmes. Inventez-en un autre, que diable !

Watson nous la joue « je suis peut-être le coupable… En fait, c’était « je suis un gros cachottier qui voulait faire avaler des couleuvres style boa constrictor à Holmes » et ça ne ressemble à rien. L’auteur a raté son coup. On y croit même pas.

Et dieu du ciel habillez Holmes correctement ! Enlevez-lui ce stupide manteau à carreaux dont Holmes est affublé dans tous ses albums, ôtez-moi cette casquette ridicule où pendouille un petit nœud. Fin du coup de gueule…

Je ne vous parle même pas de la fin, bâclée en quelques coups de cuillères à pot. Duchâteau, une fois de plus, s’est rendu compte que toutes les pages étaient gribouillées et que nous n’avions toujours pas les explications en entier et qu’il lui fallait finir au plus vite.

Comme les scénaristes qui écrivent leur final sur la moitié d’un ticket de métro usagé. Ic, en quelques phylactères c’est expédié et, comme avec certains Ric Hochet dont il est aussi le scénariste, on a l’impression de ne pas avoir eu toutes les explications car certains sont oubliés dans les dernières lignes.

On nage dans le grand n’importe quoi. Non, on coule… Le coupable des meurtres ? Je ne vous dirai rien, mais je vous jure que c’est encore pire que le complot royaliste, celui des fracs-maçonnique, ou des martiens…

Bon, je vous laisse, je vais vomir, je pense… Pas moyen de les relire sans avoir envie de passer la série à la broyeuse.

Étoile 1

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Par, Challenge British Mysteries chez My Lou Bookk et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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Sherlock Holmes – T3 – La béquille d’aluminium : André-Paul Duchâteau & Guy Clair

Titre : Sherlock Holmes – T3 – La béquille d’aluminium

Scénariste : André-Paul Duchâteau
Dessinateur : Guy Clair

Édition :  Bdétectives – Claude Lefrancq n°24 (1993)

Résumé :
Sherlock Holmes et son fidèle Watson sont appelés en Transylvanie par le comte Pokol, un des descendants du fameux comte Vlad Dracul, rendu célèbre par le roman de l’écrivain anglais Bram Stocker.

Certes, le comte Pokol ne croit pas aux vampires, mais les vampires, eux, croient à Pokol et en profitent pour terroriser le manoir et ses habitants.

Mais s’agit-il de vampires ? Holmes n’en est pas convaincu, d’autant que le cocher du comte, l’énigmatique Orga, est troublant.

Sherlock et Watson se mettent en chasse. Une chasse qui va les mener à Saint-Pétersbourg où ils rencontreront le moine fou Raspoutine; un être qui – déjà – les déteste…

Critique :
What The Fuck ?? C’est ainsi que ce résume le mieux cette bédé qui nous emmène en Transylvanie, chez un descendant du fameux comte Vlad Dracul.

Sherlock Holmes et le docteur Watson (toujours aussi mal dessiné tous les deux) vont affronter la neige, les forêts plus profonde que la Gorge du même nom (arrêtez la machine à fantasme, les mecs) et devront faire face à des loups qui n’aideront pas leurs collègues de France à mieux se faire voir…

Ici, on surfe, pardon, on ski sur le l’élément fantastique en plein et mes relectures de cette collection ne la fait jamais remonter dans mon estime.

Tout ici n’est que bizarreries, loufoqueries, trucs pas nets et pas holmésiens pour un franc cinquante.

Il faut dire aussi qu’un nain et Orga, le cocher aussi aimable qu’une porte de prison tuera quelqu’un avec une béquille en aluminium qui en réalité un fusil transformé…

Holmes et Watson se retrouverons à suivre la piste des zozos dans la neige et le froid. Je n’en dis pas plus, sauf que Holmes porte toujours cette foutue cape et sa ridicule casquette qui me mettent en rogne.

Bon, le livre ne vaut vraiment que pour la présence d’Irene Adler et du fait que Holmes signale à Watson – juste devant l’affiche où l’on voit Irene – qu’il est allé à de nombreux concerts. Le regard de Watson est éloquent…

Bon, ensuite, notre détective sauve la vie de la miss Adler et la voilà étendue sur le lit de Holmes, soignée par le docteur Watson… Mais que c’est cochon, ce livre. Une femme, deux hommes et de nombreuses possibilités. Ben même pas une scène de cul pour me remonter le moral…

Le must c’est quand la belle demande à Holmes de l’appeler « Irène », comme par le passé le tout sous des toussotements de Watson. Là, j’ai pris mon pied.

Le meilleur moment reste quand elle lui avoue qu’elle l’aime, perturbant Holmes qui s’engage tout de même dans le chalet en feu, poussant Watson.

Non, ils ne finiront pas ensemble, les méchants ayant obligé Irène à fuir vers la frontière. Nous la retrouverons dans l’album « la vieille Russe » dont je vous parlerai durant le Mois Anglais si j’ai encore envie de me faire mal.

Pour le reste, beaucoup de fantastique ! Duchâteau en est coutumier, ainsi que des fins pas très explicite du tout.

On dirait que sur la fin, il s’est rendu compte qu’il n’avait pas tout expliqué. Deux phylactères plus loin, c’est fait et j’ai pas tout pigé…

étoile 1

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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Psychiko : Paul Nirvanas

Psychiko - Paul Nirvanas

Titre : Psychiko

Auteur : Paul Nirvanas
Édition : Mirobole (2016)

Résumé :
Psychiko, le tout premier polar grec, est un véritable bijou. Anti-héros et probable cas clinique, Nikos Molochantis, jeune rentier désœuvré, est prêt à tout pour obtenir son quart d’heure de célébrité. Il a donc la brillante idée de se faire passer pour l’assassin d’une femme retrouvée morte dans un quartier d’Athènes.

Grâce à la presse fascinée par cette affaire, Nikos se retrouve enfin sous les feux de la rampe, suffisamment près de la guillotine pour être une vedette. Le stratagème parfait… À ceci près qu’il risque de fonctionner au-delà de ses espérances.

Paru en 1928 sous forme de feuilleton, Psychiko met en place une mécanique infernale, où une police apathique affronte un faux coupable en quête de gloire.

the acropolisCritique :
♫ Quand on est con, on est con ♪ le chantait si bien Georges Brassens et ici, nous avons un champion du monde en puissance…

Hitchcock, lui, aurait dit que le faux crime était presque parfait. Tellement parfait que Nikos pourrait y perdre la tête, surtout au sens propre.

Nikos (pas Aligas) Molochantis est un jeune homme naïf et con, rêvant de ce que Andy Warhol nommera plus tard : le quart d’heure de gloire.

Là, pour le moment, il vit dans l’oisiveté en dilapidant la petite fortune qu’avait amassé son père aux prix de lourds sacrifices et à la sueur de son front. Notre Nikos n’est même pas capable de voir que ses prétendus amis ne le sont que parce qu’il a de l’argent et qu’il donne des fêtes et refile des drachmes à ces piques-assiettes.

Et comme cet imbécile veut connaître la gloire, il ne trouve rien de mieux que de se faire arrêter pour un crime qu’il n’a pas commis et dont plus personne ne parle, quasi.

Il pense juste garder le silence durant quelques jours et puis, miracle, son ami Stéphanos viendra donner aux autorités son alibi, puisqu’il mangeait avec lui le soir du crime qui eut lieu dans le quartier de Psychiko.

Ah, j’oubliais, comme il est crétin comme pas deux, notre Nikos, il donne procuration à Stephanos pour que ce dernier puisse lui apporter de l’argent lorsqu’il sera en prison.

Ce roman policier grec est paru sous forme de feuilleton en 1928, l’action, elle, se déroule dans les années 1910, mais pas de précision exacte sur l’année. Pourtant, elle pourrait être contemporaine, les réseaux sociaux en moins.

Contemporaine ? Bien sûr ! Quand on voit ce que certains sont prêts à publier comme photo d’eux pour obtenir des likes ou des folowers, au final, ils ne sont pas trop différents de notre Nikos qui rêve qu’on parle de lui et auquel j’ai fini par m’attacher.

Cet homme naïf qu’il est et qui a rudement besoin de grandir dans sa tête devient attachant au fil du récit.

Ici, nous sommes clairement dans la satire d’une société, d’une jeunesse en mal de sensations fortes puisque notre Nikos va même avoir des tas de femmes qui vont s’intéresser à lui, dont un groupe de jeunes filles. Les crimes d’honneur ou romantique, ça les rends toutes choses, mais elle peuvent tourner casaque très vite aussi.

Le ton est caustique aussi envers la presse qui, un jour, parle d’un meurtre et ensuite, plus un mot. Presse qui, un jour, couvre un assassin de gloire, le photographie, l’interview, et ensuite, l’oublie car la presse est passée à autre chose.

Quant à la police, elle n’en sortira pas grandie non plus !

Voilà donc un court roman de 200 pages qui m’a agrippé les mains jusqu’au bout tant je voulais savoir si l’ombre de la guillotine n’allait être qu’une ombre ou si notre pauvre ami allait subir le même sort qu’un roi et une reine de France.

Un roman court, mais intense, de par la folie de Nikos, de par son idée totalement débile de s’accuser d’un crime qu’il n’a pas commis, de par le brocardage de la société grecque qui n’est pas si éloignée de la nôtre, encore moins de notre époque ou de certaines personnes en quête de gloire ou juste que l’on parlent d’elles.

Caustique, jubilatoire, satirique, ironique. Un roman policier à l’envers puisque nous commençons avec un innocent (dans tous les sens du terme, quasi) qui s’accuse.

Une réussite.

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016).

Trait bleu : Jacques Bablon [LC avec Stelphique]

Titre : Trait bleu                                                                              big_4-5

Auteur : Jacques Bablon
Édition : Jigal (2015)

Résumé :
Ça ressemble à l’Amérique, là où les vivants barbotent dans les grands lacs et les morts dans des baignoires remplies d’acide…

« Tout a commencé quand on a retrouvé le corps de Julian McBridge au fond de l’étang que les Jones avaient fait assécher pour compter les carpes. Ils auraient plutôt eu l’idée de repeindre leur porte de grange ou de s’enfiler en buvant des Budweiser et c’était bon pour moi. McBridge n’était pas venu ici faire trempette, ça faisait deux ans que je l’avais balancé là par une nuit sans lune avec un couteau de chasse planté dans le bide. 835 carpes et 1 restant de McBridge. Les Jones avaient un cadavre sur les bras, ils ont commencé à se poser les questions qui vont avec… »

Critique : 
Je le dis toujours, ça peut être court et super intense. Je parlais de romans, bien entendu. What did you expect ??

Si je devais décrire ce roman noir en peu de mots, je dirais : fou, déjanté, OLNI et jouissif.

Ici, pas de préliminaires, on entre direct dans le vif du sujet, à savoir la découverte d’un corps dans un lac rempli de carpes… Et ces salopes étaient restées muettes sur le fait qu’elles avaient un squatteur dans leur lac !

Alors on pense que tout est plié avec la condamnation de notre personnage principal et narrateur – dont nous ne connaitrons jamais le nom. Et bien non, loin de là ! Les péripéties ne font que commencer.

Quoi que l’on pense, rien n’est joué, rien n’est plié, tout est possible dans ce roman, même le fait de sympathiser avec un cochon et une poule.

Ce roman noir, c’est un truc de ouf, un récit à la première personne du singulier, une manière de s’exprimer peu orthodoxe (à la Max Dembo de « Aucune bête aussi féroce), remplie d’ironie, sans couenne pour adoucir le langage, et ça lui va comme un gant.

Nous et ce gus, on évoluait pas dans la même couche de la stratosphère, on captait pas pareil les infos environnantes, on pâturait pas dans le même champ de conscience.

Dans ce roman, tout le monde est un peu à la masse ou à la ramasse avec quelques cas sociaux qui finissent par nous donner la pêche et auxquels on s’attache.

Un récit drôle, brutal, ironique, sans fioritures, sans adoucisseur de langage. Des situations coquasses et des personnages aussi barjots l’un que l’autre.

C’est court, c’est vite lu, c’est intense comme un expresso et c’est jouissif !

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et Le « Challenge US » chez Noctembule.

CHALLENGE - Thrillers et polars 2015-2016CHALLENGE - US

Pourquoi je l’ai choisi :
Depuis le TAG du Thé/Café/Lecture, on s’est motivée ensemble à déloger ce livre de nos PALs gigantesques.

Synopsis :
Ça ressemble à l’Amérique, là où les vivants barbotent dans les grands lacs et les morts dans des baignoires remplies d’acide…

« Tout a commencé quand on a retrouvé le corps de Julian McBridge au fond de l’étang que les Jones avaient fait assécher pour compter les carpes. Ils auraient plutôt eu l’idée de repeindre leur porte de grange ou de s’enfiler en buvant des Budweiser et c’était bon pour moi. McBridge n’était pas venu ici faire trempette, ça faisait deux ans que je l’avais balancé là par une nuit sans lune avec un couteau de chasse planté dans le bide. 835 carpes et 1 restant de McBridge. Les Jones avaient un cadavre sur les bras, ils ont commencé à se poser les questions qui vont avec… »

Ce que j’ai ressenti :
Le point positif, c’est une petite lecture. Un livre qui se lit d’une traite, on ne peut lâcher ses pages! C’est intense, sans fioritures, on descend en enfer sans pouvoir se raccrocher à une quelconque paroi, on glisse vers des noirceurs insoupçonnées….

Le point négatif, c’est aussi cette petite lecture. Une centaine de pages, ça ne m’a paru suffisant pour développer l’empathie envers ce personnage. Autant j’ai aimé le départ avec sa désinvolture, son parler nimbé d’expressions grossières, son petit coté irrévérencieux qui n’attend plus rien de la vie, autant par la suite il perd de ce « truc », un peu de son étincelle, et ça va trop vite pour qu’on puisse sentir une connexion avec lui.

L’auteur a mis dans ce texte, une phrase qui illustre bien mon sentiment par rapport à lui :

« Nous et ce gus, on évoluait pas dans la même couche de la stratosphère, on captait pas pareil les infos environnantes, on pâturait pas dans le même champ de conscience. « 

Alors finalement, je n’ai détesté, ni aimé plus que ça. J’y ai vu quelque chose d’intéressant, une plume drôle et incisive, un personnage qui dès le départ, interpelle, mais j’aurai préféré un texte un peu plus ambitieux, un tout petit plus travaillé car là, le lecteur doit combler pas mal de pans, seul. (Juste pour illustrer cela, je me demande sincèrement pourquoi Whitney fait tout ça ?!!!!!)

Ce n’est pas que ce soit dérangeant en soi, mais là, on reste un poil à coté et c’est franchement dommage !

C’était tout de même une lecture qui ne laisse pas indemne, on a un condensé de violence, de situations extrêmes, de réactions en chaine follement loufoques, un joyeux bordel où les cadavres fréquentent les porcs , ou les trahisons fleurissent dans un potager fructueux et où l’amitié n’est pas un lac tranquille…..

Un petit moment de lecture sympa !

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 6/10