Commissaire Montalbano – 04 – La voix du violon : Andrea Camilleri


Titre : Commissaire Montalbano – 04 – La voix du violon

Auteur : Andrea Camilleri
Édition : Pocket (2003/2010)
Édition Originale : La voce del violino (1997)
Traducteurs : Serge Quadruppani avec l’aide de Maruzza Loria

Résumé :
Rien de tel pour le commissaire Montalbano qu’une voiture accidentée près d’une villa : c’est le début d’une enquête sicilienne sulfureuse, qui le mène sur les traces d’un violon d’une valeur inestimable et trop convoitée…

Critique :
Lorsqu’on est chez soi, malade, la gorge irritée, le nez bouché (ou gui goule), avec zéro énergie, le remède à ça est de se plonger dans une enquête du commissaire Montalbano.

On prend le soleil de Sicile, on suit un commissaire épicurien, qui ne court pas, qui ne se dépêche pas, qui prend le temps, qui n’ose pas s’engager avec Livia, qui pousse une gueulante de temps en temps et qui n’oublie jamais de se restaurer dans toutes les petites gargotes qu’il connait.

De ce point de vue-là, évitez d’enquêter à ses côtés si vous souffrez d’une gastro car son régime alimentaire ne vous conviendra pas.

Si « Le voleur de goûter » avait un côté roman noir, j’ai trouvé que celui-ci tirait moins à boulets rouges sur l’administration, la politique et l’Italie. Par contre, le nouveau juge, le questeur et un autre chef de police vont s’en prendre plein la tronche.

Le commissaire Montalbano a ses fêlures, ses blessures, son caractère, mais contrairement à d’autres, il ne se vautre pas dans l’alcool. Il est authentique, on le dirait réaliste tant son comportement est égal à lui-même, sans pour autant sombrer dans le portrait du flic torturé à mort.

L’enquête est toute simple et commence après l’écrasement d’une poule qui en avait marre de vivre et l’emboutissement d’une Twingo vert bouteille bien garée sur le bord de la route.

Anybref, on commençait dans le potache, la blague, le délire, l’amusement avant de basculer dans le tragique et l’émouvant.

C’est ça aussi l’effet Montalbano, on oscille sans cesse entre l’envie de se bidonner avec ses adjoints (dont un a un langage des plus étranges) et les tripes qui se nouent quand l’auteur aborde des sujets plus lourds.

Sans courir, sans se presser, mais sans laisser le temps au lecteur de bailler, Montalbano nous entraîne à sa suite dans son enquête, dans sa vie privée, sans les bons moments comme dans les moins bons, dans ses pensées, ses interrogations, ses coups de sangs.

Et puis, il a toute une équipe derrière lui, que ce soient les policiers sous ses ordres, ou des journalistes, ou même une vieille dame. Sans oublier que Montalbano n’est pas la moitié d’un con, qu’il est rusé, malin et qu’il sait jouer avec les plus grands…

Une nouvelle fois, lire un commissaire Montalbano était un bon choix. Je tousse toujours mais pendant quelques heures, je me suis dorée la pilule au soleil de la Sicile, marché dans la mer et j’ai mangé comme une reine.

La veille au soir, ayant trouvé au frigo des anchois bien frais achetés pour lui par Adelina, sa bonne, il se les était bâfrés en salade, assaisonnés avec force jus de citron, huile d’olive et poivre noir moulu sur le moment. Il s’était régalé, mais pour lui gâcher tout, il y avait eu un coup de fil.
— Allô, dottori ? Dottori, c’est vous-même en pirsonne au tiliphone ?
— Moi-même en pirsonne même, Catarè. Parle tranquille.
Catarella, au commissariat, ils l’avaient mis à répondre aux coups de fil dans la conviction erronée que là, il pourrait faire moins de dégâts qu’ailleurs. Montalbano, après quelques emmerdements de première grandeur, avait compris que le seul moyen d’avoir avec lui un dialogue dans des limites de délire tolérables, c’était d’adopter le même langage que lui.

— Juste par curiosité, comment vous vous êtes parlé ?
— Et comment on devait se parler ? En talien, dottori.
— Ils t’ont dit ce qu’ils voulaient ?
— Bien sûr, tout sur chaque chose ils me dirent. Ils dirent comme ça que mourusse la femme au vice-questeur Tamburanno.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°170 et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°15].

Shelton & Felter – Tome 2 – Le spectre de l’Adriatic : Jacques Lamontagne

Titre : Shelton & Felter – Tome 2 – Le spectre de l’Adriatic

Scénariste : Jacques Lamontagne
Dessinateur : Jacques Lamontagne

Édition : Kennes (2018)

Résumé :
Pauvre Felter ! Il doit se rendre aux obsèques de sa sœur en Angleterre, de l’autre côté de l’Atlantique. Pour cela, pas le choix, il doit prendre le bateau. Lui qui souffre tellement du mal de mer…

Heureusement, Shelton se propose de l’accompagner ! Mais le voyage sera loin d’être calme, avec une nouvelle enquête qui se profile à l’horizon pour notre duo de choc… En effet, dans la cabine B215, un passager vient de mettre fin à ses jours.

Enfin, c’est ce que tout le monde croit avant que Felter, entre deux nausées, n’arrive et ne remarque certains détails troublants…

Critique :
♫ Love Boat soon will be making another run ♪ The Love Boat promises something for everyone ♫ Set a course for adventure ♪ Your mind on a new romance ♫

STOOOOP ! On rembobine. Impossible de passer la musique de Love Boat (La croisière s’amuse) alors qu’il y a eu un crime en chambre close dans le bateau !

Mais que sont venus faire dans cette galère Felter, notre libraire hypocondriaque amateur de chats et Shelton, l’ancien boxeur jovial reconverti en journaliste ??

Felter déteste les navires, il souffre du mal de mer, mais puisque sa sœur est décédée, il se sent obligé de monter à bord de l’Adriatic qui traverse l’océan en direction de l’Angleterre, pour aller voir sa frangine une dernière fois avant sa mise en terre.

Entre deux vomissements, notre sagace libraire va pouvoir mettre au travail ses petites cellules grises et ses talents de déduction car la traversée ne sera pas de tout repos.

Si l’histoire des vols est assez simple, même simpliste (il n’y a que Shelton qui n’a rien vu venir), celle du crime en cabine close est plus complexe, même si ensuite elle m’a fait penser à une résolution de la grande Agatha Christie, mais transposée sur la mer que l’on voit danser le long des golfes clairs.

Je fais ma maline, mais sur le moment, je séchais ferme et n’arrivais pas à trouver la solution de ce meurtre. Bon sang, mais c’est bien sûr ! C’est après la résolution que j’ai fait le rapprochement avec un Agatha Christie que j’avais revu dans la série « Les petits meurtres ».

Nos personnages sont toujours aussi sympathiques, drôles, leur duo se complétant autant qu’il diffère. Les dessins sont agréables, détaillés, lumineux et l’album est humoristique.

Une chouette série qui met en scène deux personnages aux antipodes l’un de l’autre, une sorte de Holmes/Watson en version comique et hypocondriaque. Un régal pour ceux qui aiment la bédé et les enquêtes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°162 et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°007].

Shelton & Felter – Tome 1 – La mort noire : Jacques Lamontagne

Titre : Shelton & Felter – Tome 1 – La mort noire

Scénariste : Jacques Lamontagne
Dessinateur : Jacques Lamontagne

Édition : Kennes (2017)

Résumé :
Boston, 1924. S’il ne s’était un jour méchamment déboîté l’épaule pendant un combat de boxe, Isaac Shelton exercerait probablement aujourd’hui encore son métier de débardeur sur les quais.

Mais contraint à se reconvertir, c’est en qualité de journaliste à la pige qu’il fait la connaissance de Felter, petit libraire passionné de littérature policière.

Le premier est athlétique et plutôt beau garçon (si ce n’est un vilain nez cassé, autre souvenir de combat) ; le second est doté d’un puissant sens de l’observation et d’un esprit d’analyse hors du commun (qualités contrebalancées par un tempérament hypocondriaque et une multitude de tocs).

Animés pour l’un par le besoin de décrocher un scoop rémunérateur et pour l’autre par l’envie de ressembler à ses héros littéraires, les deux compères vont s’associer afin de tenter de faire la lumière sur une série de meurtres insolites.

Critique :
Sherlock Holmes et le docteur Watson transposés à Boston, États-Unis… Ce n’est pas une nouveauté…

Deux chois s’offraient à l’auteur : copier ou s’inspirer des deux personnages et c’est cette dernière option qu’ail a choisi.

Un excellent choix car pour le détective, le roi de la déduction, nous avons Thomas Felter, un libraire, très petit, hypocondriaque, maniaque, célibataire et possédant… Quatre, non, cinq, six chats ? Sept ? Purée, ils bougent tout le temps, je n’arrive pas à les compter !

Dans le rôle du faire-valoir aux muscles, nous avons Isaac Shelton, un ancien boxeur, Irlandais, sans le sous et journaliste free-lance.

Un duo improbable qui marche du tonnerre ! Deux personnages qui n’auraient pas dû devenir copains mais que le hasard et un cadavre ont fait se rencontrer.

Les dessins sont sympas, lumineux, clairs et les dialogues bien pensés, bien pesés et le duo de personnages est mis en scène comme il le fallait. Ils sont attachants, sympathiques et aussi opposés l’un et l’autre qu’un Holmes et un Watson.

Dans cette bédé, rien n’est en trop, le scénario de l’enquête est soigné et l’auteur évite l’écueil du dénouement de l’enquête trop tarabiscoté ou de celui trop simpliste. Le bon dosage n’est jamais facile à atteindre, mais il n’a pas cédé à la facilité.

Suivre nos deux enquêteurs est un vrai plaisir, on a des situations cocasses, un Boston des années 20 bien reconstitués, les cases sont propres, sans surcharges, les dialogues sont fins et l’humour est toujours présent, en touche délicate, tout comme l’élément fantastique qui n’est là que pour nous troubler.

Moi je trouve que cette bédé à un petit goût à la Green Manor et on en redemande. Ça tombe bien, j’ai le tome suivant sous la main !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°157 et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°02].

Jennifer Dorey – Tome 1 – La griffe du diable : Lara Dearman [LC avec Bianca]

Titre : Jennifer Dorey – Tome 1 – La griffe du diable

Auteur : Lara Dearman
Édition : Robert Laffont La bête noire (16/11/2017) / Pocket (15/11/2018)
Édition Originale : The Devil’s Claw (2017)
Traducteur : Dominique Haas

Résumé :
Poursuivie par ses démons, Jennifer Dorey a quitté Londres pour retourner dans sa maison d’enfance avec sa mère, à Guernesey, ou elle est devenue reporter au journal local. Elle pensait pouvoir souffler un peu. Elle avait tort.

Quand le cadavre d’une jeune femme s’échoue sur une plage, la journaliste mène sa propre enquête et exhume plusieurs morts similaires qui s’étendent sur une cinquantaine d’années.

Plus troublant encore, toutes les victimes avaient sur le bras des marques semblables à un symbole gravé sur un rocher de l’île : les « griffes du diable », dont la légende veut qu’elles aient été laissées par Satan lui-même…

Critique :
Non, le diable ne m’a pas pris dans ses griffes… Ma peau est toujours douce et délicate, une vraie peau de bébé, sans traces de griffes du démon…

Pourtant, vu le résumé, c’était prometteur… ♫ caramels, bonbons et chocolats ♪

Une fois de plus, le résumé est trop bavard et en quelques lignes nous fait une synthèse des 7 dixième de l’histoire.

Si j’avais su…

Le départ m’a fait penser à un roman de Mary Higgins Clark, à l’époque lointaine où je les lisais et où ils me plaisaient. C’était dans les années 90 (80-10 pour l’Hexagone).

Nous avons une journaliste en proie à des peurs, qui revient chez ses parents, qui y reste, qui enquête sur des suicides qui pour elle n’en sont peut-être pas et un vieux policier qui n’a pas pris sa retraite (pourtant, il est d’avant la fameuse année pivot), qui a été blessé par la vie, qui a bu et qui a rencontré Dieu (non, pas dans le fond de la bouteille mais à l’église).

— L’Église m’a sauvé de bien des choses. Mais on ne peut apprécier la foi que si on connaît le doute, Jennifer. De temps en temps, je doute. Et quand je doute, je bois.

Personnages plats, insipides, de ceux qu’on oubliera vite, qui ne nous marqueront pas et avec lesquels on n’aura pas envie d’aller boire un coup la fois suivante.

Depuis longtemps, j’ai dépassé ce stade (des MHC) et il me faut autre chose pour me donner l’adrénaline. Il me faut de la profondeur ou du moins, du rythme. Là, j’avançais à un train de sénateur qui se traîne, qui se traîne… C’était plat, endormant même.

Les seules notes positives furent les descriptions de l’île de Guernesey, de ses habitants qui se « connaissent » tous, de l’impossibilité de cacher quelque chose et la parenthèse politique sur les travailleurs étrangers que les îliens ne voulaient pas voir chez eux. Oui, partout c’est le même discours du « nous chez nous ».

Parce que c’était le problème à Guernesey : votre passé vous suivait, vous rentrait dedans, vous disait bonjour dans la rue. Impossible d’y échapper. De se cacher. Une seule solution : sourire comme si tout allait bien.

Anybref, si cette lecture n’avait pas été une LC avec ma copinaute habituelle (Bianca, pour ceux ou celles qui ne suivent pas dans le fond de la classe), j’aurais zappé des pages pour aller direct à la solution.

Mais là, je me suis appliquée comme une brave petite fille et ma récompense fut la seconde partie du roman qui bouge un peu plus et le final qui est speedé. Là je me suis réveillée !

Dommage parce que ce roman possède quelques belles analyses, quelques flèches piquantes envoyées sous la ceinture de la société ou de l’Angleterre et le final était rythmé, avec du suspense, de l’action.

Par contre, la résolution avait beau être étonnante, elle a été amenée trop rapidement sur la table et est tombée comme un cheveu dans la soupe car nous n’avions que peu d’éléments pour trouver le coupable par nous-même.

Même si je suis restée comme deux ronds de flan devant son identité, ça ne m’a pas troué le cul. N’est pas Agatha Christie qui veut…

Une LC avec Bianca en super demi-teinte et un roman qui ne restera pas dans nos annales, ni dans nos mémoires. Dommage.

Il a dit que ce qui comptait, c’était le ressenti des gens, pas de savoir s’ils avaient raison ou non.

Se répandaient en remerciements. À l’égard d’un homme décédé et de feu son gouvernement qui, vingt-neuf ans plus tôt, avait décidé de libérer les îles qu’il avait laissées se faire occuper par je-m’en-foutisme. Personne ne semblait se rappeler ce détail. Du fait que Churchill les avait d’abord abandonnés, sans défense. Qu’il n’avait pas estimé utile de se battre pour eux. Qu’il était resté les bras croisés, à siroter son whisky et fumer ses cigares, laissant les Allemands s’emparer de ces « chères îles anglo-normandes ». Si chères qu’elles avaient été les seules terres britanniques à supporter, pendant des années, le bruit des bottes, les seules à voir leurs terres pillées, leurs femmes profanées. L’occupation n’était pas la faute des nazis. La Grande-Bretagne méritait bien de perdre ses îles. Ces joyaux de la Couronne britannique n’attendaient que d’être volés.

Apparemment, l’alcool affectait les gens de différentes façons. On disait que certains avaient le vin gai, d’autres le vin triste, ou mauvais. Il n’y croyait pas. La méchanceté et la violence étaient là depuis toujours, tapies sous la surface. L’alcool libérait la vérité. Lui-même n’y touchait jamais.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°150.

De bonnes raisons de mourir : Morgan Audic

Titre : De bonnes raisons de mourir

Auteur : Morgan Audic
Édition : Albin Michel (02/05/2019)

Résumé :
Un cadavre atrocement mutilé suspendu à la façade d’un bâtiment. Une ancienne ville soviétique envoûtante et terrifiante. Deux enquêteurs, aux motivations divergentes, face à un tueur fou qui signe ses crimes d’une hirondelle empaillée.

Et l’ombre d’un double meurtre perpétré en 1986, la nuit où la centrale de Tchernobyl a explosé…

Morgan Audic signe un thriller époustouflant dans une Ukraine disloquée où se mêlent conflits armés, effondrement économique et revendications écologiques.

Critique :
J’aurais peut-être dû relire le résumé avant de commencer le roman, moi… Nous sommes à Pripiat…

Pripiat ? Ce nom éveille un écho en moi…

Tout à coup, les sirènes d’alerte retentissent dans mon crâne : je suis dans la ville fantôme, à quelques kilomètres de la centrale nucléaire de Tchernobyl et je n’ai pas de compteur Geiger avec moi, ni aucune protection.

Irradiée j’ai été.

Ce thriller m’a irradié, en effet. Un thriller qui mélange allègrement le roman policier, le roman d’action, d’espionnage, de roman noir, d’écologie, de guerre civile, de conflits entre peuple frères et de folie Humaine.

La recette est excellente, imparable, on dévore le roman même si, parfois, devant certains comportements, on a envie de vomir.

M’emmener en Russie dans un roman, c’est déjà me conquérir une fois, mais me faire passer la frontière Ukrainienne pour me déposer en zone d’exclusion, me parler un peu de politique, de conditions sociales, de l’ex-URSS et de l’accident d’avril 1986, c’est m’offrir des pralines délicates sur un plateau en or massif. Je me suis régalée.

Ne me demandez pas ce que je faisais le 26 avril, nuit de la catastrophe, je n’en ai plus aucun souvenir ! Trop jeune pour m’en souvenir et sans doute plus intéressée par les dessins animés que l’actualité, même brûlante.

L’auteur a mis les petits plats dans les grands, a soigné ses personnages, a soigné sa mise en scène, a soigné les décors à tel point que j’avais l’impression d’être à Pripiat, ce qui m’a fait flipper grave quand même.

D’ailleurs, j’ose le dire, durant toute ma lecture, j’ai flippé, mes tripes se sont serrées, j’ai eu mal au coeur, même si j’ai pris mon pied littéraire. Hélas, tout n’est pas que fiction et penser à quoi nous avons échappé alors que d’autres n’avaient pas d’échappatoires ou n’ont même pas survécu, ça fait froid dans le dos.

La plume est caustique, amère, le constat est sans fard, non maquillé et tout en suivant les enquêtes d’Alexandre Rybalko et de Melnyk, l’auteur nous dresse un portrait au vitriol de la Russie et de l’ex-URSS. Pas en mettant en cause le pays ou ses habitants (bien que certains…), mais ses différents dirigeants qui se sont succédé et qui ont foutu la vérole à tous les niveaux.

Anybref, la plume de l’auteur sait très bien vous expliquer les petits travers de l’Homme, les corruptions, les magouilles, les secrets bien gardés, les bassesses et tout ça tourne toujours autour du pouvoir et surtout de l’argent.

Glaçant… Oui, le roman est glaçant, tout en étant magnifique. Rien ne nous est épargné et l’auteur à l’art et la manière de nous faire comprendre la noirceur humaine, même si on la connait déjà.

Un thriller roman noir dur, froid, âpre, intelligent et des plus instructifs. Le dosage entre la politique, la psychologie, l’écologie, l’enquête, la corruption, le passé et le présent est savamment dosé et aucun ingrédients ne prend le dessus sur les autres.

En fait, c’est plus qu’un simple thriller, plus qu’un simple polar, plus qu’un simple roman noir, plus qu’un roman historique. C’est tout ça à la fois et c’est bien plus encore.

Sortez vos compteurs Geiger et aventurez-vous dans la zone d’exclusion en retenant votre souffle afin de ne pas soulever trop de poussières radioactives…

Avec amertume, il se dit que le monde se souvenait de dictateurs, de joueurs de foot brésiliens et d’artistes peignant des carrés blancs sur fond blanc, mais que personne ne pouvait donner le nom d’un seul de ces hommes qui avaient sauvé l’Europe d’un cataclysme nucléaire sans précédent. Qui connaissait Alexeï Ananenko, Valeri Bespalov et Boris Baranov ? Qui savaient qu’ils s’étaient portés volontaires pour plonger dans le bassin inondé sous le réacteur 4, pour activer ses pompes et le vider de son eau avant que le cœur en fusion ne l’atteigne ? Qui savait que si le magna d’uranium et de graphite s’était déversé dans le bassin, il se serait produit une explosion de plusieurs mégatonnes qui auraient rendu inhabitable une bonne partie de l’Europe ? Qui le savait ?

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°133.

Le livre perdu de Léonard de Vinci : Francesco Fioretti [LC avec Bianca]

Titre : Le livre perdu de Léonard de Vinci

Auteur : Francesco Fioretti
Édition : HC (11/04/2019)
Édition Originale : La biblioteca segreta di Leonardo (2018)
Traducteur : Chantal Moiroud

Résumé :
Milan, 1496. Léonard de Vinci attend avec impatience de rencontrer le frère Luca Pacioli, célèbre mathématicien dont il espère apprendre beaucoup. Il découvre à cette occasion un portrait énigmatique et un code caché que son nouvel ami souhaite lui faire décrypter.

Mais suite à l’assassinat d’un moine et au vol d’anciens textes byzantins qui sont d’un intérêt inestimable pour les mathématiques, les deux hommes voient leurs projets perturbés.

De Milan à Venise, de Florence à Urbino, à travers une Italie où s’achève l’époque pacifique de Laurent de Médicis et des Sforza, ils se lancent sur les traces de l’assassin et des manuscrits volés.

Dans cette fresque de l’Italie de la Renaissance extraordinairement documentée, Francesco Fioretti nous guide à travers les années les plus prolifiques et intrigantes de la vie de Léonard – de la réalisation de La Cène à l’étude de L’Homme de Vitruve – nous plongeant une nouvelle fois dans une atmosphère riche de mystère.

Critique :
Roulement de tambour car je vous annonce ma chronique la plus courte de toute l’histoire de mes chroniques en la résumant en un gros « Pfffffffff » que j’ai poussé tout au long de ma pénible lecture, qui se diagonalisa très vite, pour arriver à poser ce livre sur l’étagère avant de le ranger au classement vertical, comme on dit chez nous.

Ah pour être documenté, il est documenté ! Trop documenté ? Sans doute… Nous avions déjà beaucoup de descriptions de l’atelier de Leonardo et sans vouloir être mauvaise, trop de descriptions tuent les descriptions ! On se lasse vite et le cerveau commence à donner des signes évidents de lassitude.

Ça casse le rythme du récit et je n’en étais qu’à la page 40 sur 256 que je soupirais déjà et que mon regard se tournait vers d’autres romans à lire qui me semblaient plus intéressants et moins ennuyeux que celui que je tenais en main.

Il plaira à un lectorat avide de ces détails descriptifs, aux amateurs de mathématiques, ou d’énigmes en tout genre (et plus denses que celle du Da Vinci Code).

Ce devait être un roman plus qu’intéressant mais hélas, toute cette profusion de détails a rendu ma lecture lente, un peu comme lorsque vous marchez dans des sentiers boueux en forêt, après des fortes pluies.

Le paysage a beau être intéressant, plaisant pour les yeux, vous ne voyez que vos bottes (ou bottines) qui s’enfoncent profondément dans la boue et vos pieds qui deviennent lourds, à force de patauger dedans.

Comme le firent mes paupières sur ce roman… Elles devinrent lourdes et finirent par se fermer. J’ai relevé la tête, j’ai tenté de poursuivre ma lecture mais pas moyen, je décrochais tout le temps, je pestais sur l’écriture, sur les personnages, sur la manière dont tout cela nous était présenté et comme je ne suis pas maso, j’ai arrêté ma lecture en cours de route.

Ma copinaute Bianca se retrouva dans la même situation que moi, même si elle est allée s’enliser plus loin que moi, qui rebroussa vite mon chemin. C’est donc une LC loupée dans toute sa splendeur et un roman que nous allons oublier au plus vite, nous concentrant sur le suivant qui sera le tome 5 de Harry Potter.

Cette chronique n’est pas là pour descendre le roman, il a sans doute trouvé son public mais il a perdu moult lecteurs/trices dans l’aventure.

Joseph Laflamme – Tome 1 – Jack / La légende de Jack : Hervé Gagnon

Titre : Joseph Laflamme – Tome 1 – Jack / La légende de Jack

Auteur : Hervé Gagnon
Édition : Libre Expression (2014) / 10/18 (07/02/2019)

Résumé :
Montréal, août 1891. Par un matin de canicule, on découvre le corps horriblement mutilé d’une prostituée dans une rue du Red Light.

Ce meurtre est le premier d’une série comme jamais Montréal n’en a connu et qui ressemble à s’y méprendre aux assassinats commis par Jack l’Éventreur à Londres en 1888. Pourtant, étrangement, ni la police ni la presse ne s’y intéressent.

Seul Joseph Laflamme, journaliste du quotidien Le Canadien en mal de travail, fouille l’affaire malgré l’opposition des autorités et des mystérieux francs-maçons.

Un fou imite-t-il le célèbre tueur ou Jack l’Éventreur lui-même a-t-il traversé l’Atlantique pour mieux sévir à Montréal ?

Critique :
Deux personnages me font relever la tête, tel un chien qui vient de flairer la piste d’un gigot : Sherlock Holmes et Jack The Ripper.

L’un appartenant à la fiction et l’autre à la réalité. L’un redressant des torts, se trouvant du bon côté de la loi et l’autre un criminel. Cherchez pas à comprendre.

Donc, un roman intitulé « Jack » ne pouvait que me faire dresser la tête, même dans une fiction et ma PAL étant ce qu’elle est, ce roman y a pris la poussière.

Si on commence assez doucement dans l’histoire, c’est pour une bonne cause, il faut placer les décors, les protagonistes, les faire bouger devant nos yeux, faire en sorte que l’on s’y attache, que l’on se pose des questions, que l’on suppute, que l’on tremble un peu, que notre nez se plisse devant la barbarie des assassinats…

Joseph Laflamme m’a bien plu, sa frangine aussi. Ils sont humains, réalistes, tirent le diable par la queue et Joseph va vider la sienne chez une prostituée et en est amoureux. L’imbécile heureux qui pense qu’il va la sortir de ce milieu alors qu’il a du mal à joindre les deux bouts (si je puis me permettre) financièrement.

Joseph était le seul de ses clients avec lequel elle n’avait pas besoin de feindre le plaisir. La liqueur abondante qui lui coulait entre les cuisses avant qu’il la pénètre, les petits cris qui lui échappaient pendant l’acte et les morsures qu’elle lui plantait dans les épaules alors qu’il allait et venait avec une ferveur maladroite et attendrissante, la façon qu’elle avait de le retenir en elle après qu’il eut joui, tout cela était sincère. […] Quand il la prenait, mais aussi après, il ne la regardait jamais comme un vulgaire morceau de viande fraîche dans lequel il voulait vider au plus vite un sexe fébrile. Il la considérait comme une personne. Il la respectait autant qu’on pouvait respecter une putain. Avec lui, pendant une heure, elle avait le sentiment d’être une femme pure et propre.

À un moment donné, le roman est devenu addictif, on nageait en plein mystère, on avait des meurtres sordides, des flics qui ne faisaient pas leur boulot, un Joseph enquêtant lui-même, des personnages énigmatiques, l’ombre de ces pauvres francs-maçons sur qui planait encore les soupçons…

Bref, j’étais à fond dedans, bien plongée dans ce roman qui me décrivait si bien le Montréal de 18991, qui me donnait quelques atmosphères intéressantes, qui utilisaient des personnages qui me plaisait et qui ne donnait pas trop de révélations mais laissait planer un doute comme j’aime.

Certaines tirades des personnages piquaient juste où il le fallait, égratignant les financiers, les politiciens, le clergé.

— Évidemment, dans les institutions catholiques, ces ouvrages sont interdits, au point qu’ils ne sont même pas conservés à l’index. Il faut protéger l’âme des fidèles, tu comprends ? Et surtout, les curés veulent préserver le contrôle qu’ils exercent sur leurs ouailles. Imagine l’anarchie s’ils se mettaient à penser librement dans une loge !

Il n’avait quitté le pouvoir qu’entre 1873 et 1878, alors que les financiers du chemin de fer transcontinental avaient poussé un peu trop loin le financement du parti Tory en échange de contrats de construction et que la chose avait été éventée. Une maladroite erreur de parcours, rien de plus.

— Il m’a laissé entendre que Mgr Fabre n’aime pas du tout que notre journal publie des histoires de meurtres, maçonniques de surcroît. Il paraît que ça trouble les bons catholiques qui, c’est bien connu, ne doivent pas trop penser, puisque le clergé le fait pour eux.

Arrivé au final, à la révélation ultime du pourquoi des crimes, patatras, la cassage de gueule total car l’auteur n’a rien trouvé de mieux que nous ressortir une des théories à la con de Stephen Knight, celle que l’on retrouve dans le film « Meurtres par décret », à quelques détails près.

Non, pitié, pas cette théorie là que les ripperologues sont les premiers à dire qu’elle est à oublier puisque juridiquement impossible.

Ce genre d’accident (on va éviter de spolier, seuls les initiés comprendront) n’aurait jamais pu monter dessus ! La monarchie anglaise est rigide, guindée, olé-olé aussi, mais il y a des règles juridiques qui protègent et on n’y déroge pas. De plus, si la reine n’a pas consenti à la chose, alors quéquette, zéro droits !

De plus, étant donné que l’auteur inclus Martha Tabram, assassinée le 7 août 1888, cela nous donne un délai de trois longs mois pour éliminer ce qui doit être éliminé… Ça fait long, non ? Ça donne surtout le temps aux personnes misent dans le secret de foutre le camp, de se planquer et surtout, de se méfier.

J’avais déjà tiqué pour l’assassinat de Mary Jane Kelly qui, d’après le récit, semble se dérouler dans une chambre au premier étage, sur un couloir possédant plusieurs chambrées… Heu, nous sommes dans une fiction, certes, mais pourquoi changer la topologie des lieux ?

MJK avait une personne qui vivait au-dessus de chez elle (qui l’entendit chanter, même), mais sa porte donnait sur la rue, elle vivait au rez-de-chaussée (on entrait au N°13, Miller’s Court par un passage entre le 26 et le 27, Dorset Street) et la porte était fermée lorsque Thomas Bowyer fut envoyé chercher les loyers qu’elle devait à son proprio, John MacCarthy.

Le carreau était cassé et Thomas glissa un œil pour voir… Ce qu’il vit le fit sans doute blêmir puisqu’il alla chercher le proprio qui vint constater lui-même les dires du garçon.

Il posa l’oreille contre la porte et écouta longuement en retenant son souffle. Rien. Soit les autres chambreuses étaient en train de se livrer à leur négoce avec un client, soit elles se saoulaient dans un des tripots qui pullulaient dans le quartier, soit encore elles cuvaient leur vin ou reposaient leur corps malmené. Il tourna doucement la poignée et entrouvrit, les sens aux aguets. Toujours rien. Il coiffa son gibus, se glissa dehors et referma la porte sans bruit en prenant soin de ne pas la verrouiller. Le cadavre de miss Kelly devait être retrouvé ; on devait pouvoir entrer librement. D’un pas mesuré, il traversa le couloir sombre en silence, descendit jusqu’au rez-de-chaussée et sortit sans avoir croisé âme qui vive. Dehors, il faisait frisquet et un épais brouillard s’était formé, comme chaque nuit ou presque à cette époque de l’année.

N°13 Miller’s Court en 1888

Purée, c’est râlant ! Voilà un roman qui m’avait bien embarqué, qui me plaisait, malgré les libertés prises avec la disposition des lieux de chez MJK et bardaf, la catastrophe finale qui m’a fait gémir de douleur, de frustration car peu réaliste puisque juridiquement non avenue.

Nous sommes dans un roman, dans de la fiction, je l’admets, mais autant où je passerai les test ADN réalisés en 30 secondes par les Experts de tous poils (non réaliste), autant je coince sur l’irréalisme de cette théorie.

Et maintenant, les Romains vont s’empoigner car je suis face à une impasse pour la cotation du roman : il est bon, j’ai passé un bon moment mais l’explication finale a tout foutu en l’air. Mais elle sera une théorie tout à fait acceptable pour ceux ou celles qui n’ont pas ou peu de connaissance sur Jack The Ripper.

Comme je ne suis pas rancunière, fin du mois, je me ferai le tome 2 des enquêtes de Joseph Laflamme avec Jeremiah !

D’expérience, il connaissait les endroits et les recoins les plus sensibles de son corps et savait les titiller avec un doigté à nul autre pareil. L’adorable petit efféminé était ce qu’aucune femme ne serait jamais : la délicatesse avec un sexe d’homme. Jack avait fait appel à ses services par le passé même s’il coûtait cher, car chaque seconde de la torture qu’il savait si bien infliger valait son pesant d’or.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°76 et Challenge de l’épouvante Edition Autumn, Witches and Pumpkin chez Chronique Littéraire (Menu Terreur – Le crime était parfait – thriller).

 

H.H.Holmes – Tome 1 – Englewood : Henri Fabuel & Fabrice Le Hénanff

Titre : H.H.Holmes – Tome 1 – Englewood

Scénariste : Henri Fabuel
Dessinateur : Fabrice Le Hénanff

Édition : Glénat (31/05/2006)

Résumé :
L’histoire vraie du premier serial killer américain ! Londres, 1888 : L’homme suspecté d’avoir commis une série de crimes atroces contre des prostituées a quitté la Grande-Bretagne pour les états-Unis.

On perd sa trace à Chicago, et il faudra du temps aux policiers pour mettre la main sur cet individu qui a le démon en lui, et qui n’a jamais pu réprimer ses pulsions meurtrières.

Cet album relate la carrière criminelle de H.H. Holmes, considéré comme le premier serial killer répertorié dans l’histoire de l’Amérique moderne.

Herman Webster Mudgett, plus connu sous le nom d’H.H. Holmes, pendu en mai 1896, était un vulgaire escroc devenu meurtrier, suspecté d’avoir commis entre cinquante et deux cents meurtres, mais dont un seul a été reconnu.

C’est l’histoire de ce personnage méconnu que conte cette série superbement illustrée par Fabrice Le Hénanff.

Critique :
Sabrez le champagne, voici venu ma chronique la plus courte de l’histoire de toutes mes chroniques !

Les dessins sont touffus, sombres, mal faits, les personnages se ressemblent tous, le scénario est confus, on ne sait pas trop où l’on va se diriger et les tons sépias ne rendent pas justice à l’album.

Bref, pas vraiment un plaisir pour les yeux ni pour la compréhension, toute cette anarchie.

Pourtant, le pitch de départ était bon : qu’est devenu Jack The Ripper après le meurtre de Mary Jane Kelly ? Il serait parti en Amérique…

Oui, d’après le scénario, mais on se retrouve avec celui qui serait le véritable Jack (et pourvu d’un cocher nommé Netley, comme dans « From Hell » d’Allan Moore) et le tristement célèbre H.H. Holmes à tel point qu’on ne sait plus qui est quoi, ni comment ils se connaissent.

C’est touffu, on ne s’y retrouve pas, on s’y perd, pire, on n’est même pas tenté de lire la suite pour savoir comment cela va tourner.

Je l’ai lu parce que j’avais la bédé sous la main, mais à mon avis, elle va servir de cale à la prochaine escabelle qui sera rendue bancale par un sol inégal.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°44 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

L’esprit des morts : Andrew Taylor

Titre : L’esprit des morts

Auteur : Andrew Taylor
Édition : Cherche Midi (09/06/2016)
Édition Originale : The american boy (2013)
Traducteur : Françoise Smith

Résumé :
Londres, 1819. Thomas Shield devient le professeur particulier d’un jeune Américain, Edgar Poe, et de son meilleur ami, Charles Frant, dont la mère, une femme séduisante et malheureuse, l’attire irrésistiblement.

Lorsqu’un homme est retrouvé mort et que tous les indices convergent vers la famille Frant, Thomas est emporté dans une spirale dont les conséquences risquent d’être lourdes pour lui.

Il décide alors de trouver le coupable mais le piège se referme au fur et à mesure qu’il cherche à s’en échapper. Quel est donc le lien entre ces macabres événements et le jeune Edgar Poe ? Thomas devra traverser bien des épreuves avant que la vérité soit enfin dévoilée…

Mêlant avec brio fiction et réalité, ce roman à l’intrigue haletante nous plonge dans l’atmosphère de l’Angleterre du XIXe siècle, où Edgar Allan Poe passa quatre années de son adolescence : l’agitation des rues londoniennes, les taudis de St Giles et Seven Dials, l’hypocrisie d’une bourgeoisie avide de pouvoir…

Un décor parfait pour un meurtre, des secrets de famille et une galerie de personnages loin d’être aussi respectables qu’ils voudraient le faire croire.

Critique :
La théorie de la relativité te dit que 15 minutes à attendre dans une administration passeront toujours moins vite qu’une heure à boire un verre avec des amis.

De fait, un pavé de 600 pages bourré d’action passera toujours plus vite qu’un court roman chiant de 100 pages.

Mais qu’en est-il de la longueur d’un pavé de 649 pages dans lequel on se fait chier comme un rat mort durant grosso modo les 50 premiers chapitres ??

Un calvaire ? Une horreur ? Une folie à lire ? Du masochisme ? Le tout à la fois, sans doute.

Certes, j’exagère un chouia en disant que je me suis faite chier car, rendons à César ce qui est à lui, les descriptions du Londres de 1819, la distinction nette entre les classes sociales, le racisme ambiant, le mépris pour les sans dents et les saloperies qui se passaient dans les public et private school sont très bien décrites.

Il en est de même pour le fait qu’on suspectera toujours plus vite un indigent ou un de l’Angleterre d’en bas qu’une personne bien née ou fortunée. Même dans les sans-grades, il y avait des grades et un valet de pied pourra se permettre de regarder un précepteur de haut si ce dernier tombe en disgrâce.

Rien que pour cela, le roman mériterait 5 étoiles. La recherche a dû être importante et le tout est amené de manière subtile. Les descriptions de quartiers miséreux est un vrai bonheur aussi.

Le problème est qu’entre le chapitre premier et le  chapitre 54, bon sang, il se passe peu de choses, c’est lent, laborieux et c’est avec un bonheur évident que l’on accueille la mort d’un personnage, pensant, erronément, que ça va bouger un peu plus.

Mais ça n’a pas bougé plus, hélas et plus d’une fois j’ai failli reposer le roman et l’oublier. J’ai persévéré, ça en valait un peu la peine pour les 30 derniers chapitres, mais sans que ce soit non plus un truc de fou.

Dommage car le roman avait tout pour me plaire, du potentiel, une écriture qui rendait justice à l’Angleterre de 1820, des personnages intéressants et une foulitude de petits détails sur la vie de cette époque-là.

Là, on va l’oublier.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2019-2020) – N°4 et Le pavé de l’été chez Sur Mes Brizées (Juillet 2019-Septembre 2019).

Placez votre main sur un poêle une minute et ça vous semble durer une heure. Asseyez vous auprès d’une jolie fille une heure et ça vous semble durer une minute. C’est ça la relativité.

Les mystères de Honeychurch – Tome 1 – Petits meurtres en héritage : Hannah Dennison [LC avec Bianca]

Titre : Les mystères de Honeychurch – Tome 1 – Petits meurtres en héritage

Auteur : Hannah Dennison
Édition : City Editions (31/10/2018)
Édition Originale : Murder at Honeychurch Hall (2014)
Traducteur : Raphaëlle Pache

Résumé :
Ridiculisée par la presse people, Kat Stanford abandonne son émission de télévision à succès pour se réfugier au fin fond dans la campagne anglaise. Sa mère vient d’acheter une vieille bicoque à Honeychurch, un domaine appartenant à une prestigieuse famille d’aristocrates aussi désargentés qu’excentriques.

Ah, les joies de la campagne ! Enfin, les joies, c’est vite dit… La maison de sa mère est une véritable ruine et son voisin est bien décidé à la faire déguerpir. Et puis, à peine arrivée, Kat est plongée dans un imbroglio mystérieux : une nurse disparaît et une domestique est retrouvée assassinée au fond du parc.

Quand elle apprend en plus que sa mère écrit des romans érotiques et que ce n’est pas du tout le hasard qui l’a conduite au domaine, Kate se demande ce qu’elle va encore découvrir en arpentant les sombres couloirs du manoir de Honeychruch…

Même à la campagne tout le monde a des secrets à cacher !

Critique :
J’adore les cosy mysteries, c’est frais, amusant, intriguant, bourré de mystères et des gens possédant un esprit de clocher mais ici, j’ai eu l’impression de boire un mojito sans citrons verts, sans menthe, sans sucre de canne, sans glace et surtout, sans rhum !

Oui, juste de l’eau pétillante et encore, elle était éventée et ne pétillait plus tellement.

Sans ma LC avec Bianca, j’aurais reposé ce roman assez vite car rien que dans les premiers dialogues, j’ai eu l’impression d’assister à des échanges totalement surréalistes entre Iris la mère et Kat sa fille.

Avec une mère aussi bizarre et spéciale, moi, à la place de Kat, je foutrais le camp très loin sans me retourner. Mais on dirait qu’elle nous la joue petite fille qui veut raisonner sa maman et qui accepte que cette dernière lui balane tout au visage sans qu’elle réagisse vraiment.

Dans les petits villages, pas besoin de venir de la Syrie pour être qualifié d’étranger qui dérange, suffit de venir de la capitale (Londres) ou d’une autre ville et on est déjà catalogué « pas d’ici ». Autrement dit, si vous n’avez pas un arbre généalogique qui remonte à Henry VIII dans le village, vous ne serez pas le bienvenu.

Sincèrement, j’ai eu l’impression de regarder une série estampillée TF1, le genre de programme fait pour tout le monde où l’on ne doit pas trop réfléchir, pour ne pas dire qu’on peut accorder des vacances méritées à son cerveau.

Ma foi, ça tombait bien, lire ce bouquin avec une putain de migraine qui vous vrille les tempes est salutaire car personne ne voulait bosser dans ma caboche.

Si les personnages sont insignifiants, trop caricaturaux, peu développés, fades, inintéressants, le scénario, lui, se traîne en longueur entre les péripéties qui arrivent aux personnages et les querelles de clocher.

Anybref, on s’y ennuie un peu et j’aurais bien pris le chandelier, la clé anglaise, le révolver, le poignard ou la corde pour assassiner n’importe qui dans la véranda, la bibliothèque ou la cuisine tant l’inactivité commençait à me peser et que les niaiseries des personnages commençait à me courir sur le haricot.

Ah, enfin, un cadavre, on va pouvoir enquêter avec Kat et sa mère… Non ? Ben non, on laissera le soin d’enquêter au Columbo local car il lui a piqué son imper beige et sa chemise tachée.

Tel Hercule Poirot, il réunira tout le monde dans le grand salon pour nous expliquer tout mais sans trouver le coupable, qui, tel un con, viendra tenter de faire taire le personnage qui comprend tout à un moment donné. Stupide.

Le pire, c’est que une fois terminé ma lecture, je me suis rendue compte que Bianca en avait déjà fait une fiche et que c’était le Tome 2 que l’on devait lire ensemble.

Quand je vous dit que mon cerveau était en vacances !

Allez, c’est pas que j’ai envie, mais puisque j’avais promis une LC, je me devais donc rempiler de suite avec ces personnages. On s’est déjà suicidé de 12 coups de couteau dans le dos pour moins que ça…

Heureusement, ma chère Bianca a eu pitié de mon parquet en chêne massif et m’a abjuré de ne pas lire la suite car elle était moins bien que le premier tome, qu’elle avait aimé, elle ! Donc, j’en ai été dispensée, youpie !!

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2019-2020) – fiche N°2.