Liquidations à la grecque [Trilogie de la crise 1] : Pétros Márkaris

Titre : Liquidations à la grecque [Trilogie de la crise 1]

Auteur : Pétros Márkaris
Édition : Points Policier (03/10/2013)
Édition Originale : Ληξιπρόθεσμα Δάνεια – Līxipróthesma dáneia (2010)
Traducteur : Michel Volkovitch

Résumé :
À Athènes, plusieurs membres de l’élite financière sont décapités. L’assassin couvre la ville de tracts exhortant les Grecs à ne pas payer leur dette aux banques.

Le pays s’enfonce dans la crise: les salaires fondent, les commerçants ruinés se défenestrent…

Le commissaire Charitos doit au plus vite confondre ce « Robin des banques » que la population exaspérée commence à prendre en sympathie.

« Nous sommes au bord de la folie. »

Critique :
Un ancien banquier très habile mais retraité, un certain Gigilamoroso, vient de se faire décapiter à l’épée, tel Anne Boleyn.

Pardon, c’est pas le bon nom… Comment tu dis ? Zizimenculos ? Non plus… Ces noms grecs, je ne m’y ferai jamais, moi…

Ah, voilà ! Zissimopoulos, Nikitas de son prénom. Et le premier qui me chante ♫ Nikitas Jolie fleur de Java ♪ s’en prendra une dans la figure ! Par contre, je n’ai rien contre Sir Elton John…

♫ Oh Nikita You will never know anything about my home ♪

Si je chante, c’est parce que j’ai le coeur léger ! Imaginez que dans ce polar grec, on décapite des banquiers… Pour une fois que les victimes ne me sont pas sympathiques mais le criminel oui… Des envies folles de l’embrasser, cet assassin même si ce n’est politiquement pas correct et que de toute façon, le mal est déjà fait, la crise est là.

Première incursion dans le petit monde de la police athénienne menée par le commissaire Kostas Charitos et pour une première, c’est plus que réussi.

Non seulement j’apprécie le commissaire (qui n’est pas un alcoolique bourré de blessures secrètes) mais aussi sa petite famille, dont son épouse Adriani, qui, malgré le fait qu’elle n’intervienne pas souvent, laisse un souvenir impérissable à la lectrice que je suis.

Si les membres de son équipe ont des noms assez difficiles à retenir pour la belge que je suis, leurs portraits sont esquissés en peu de mots, mais comme il y a des romans qui précèdent celui-ci, je suppose qu’ils sont plus détaillés dans ceux-là. Malgré tout, ils m’ont fait bonne impression, les inspecteurs Dermitestivale et… Pardon… Dermitzakis et Vlassopoulos (seuls les cavaliers comprendront mon jeu de mot).

Autre personnage dans cette enquête sur les banquiers qui perdent la tête, c’est la Grèce, ses embouteillages, sa chaleur, ses manifestations, sa grogne, ses emprunts et, personnage tout aussi important qui gravite dans ces pages, c’est cette bonne vieille crise financière de 2008 ! Oui, celle-là même qui a mis les banques à genoux (pas longtemps) et a vidé les poches de certains.

Intégrant à son enquête des explications sur certaines opérations banquières, l’auteur n’en fait pas trop et jamais cela ne devient indigeste, tout comme les revendications des grecs, leurs ras-le-bol, leurs râleries, le tout est incorporé au récit de manière naturelle et le lecteur se rend compte alors de ce que certains ont enduré puisque nous nous trouvons de l’autre côté du miroir.

Véritable coup de projecteur, la crise est mise en lumière par un grec, sans pour autant exonérer son pays et ses compatriotes de leurs fautes. Avec un certain cynisme et un cynisme certains, il n’a pas peur de mettre des nez dans leur caca.

Pour cette enquête, un personnage comme le commissaire Kostas Charitos était celui qui nous fallait : comme nous, il n’y connait pas grand-chose à cette crise financière et aux noms barbares de certains produits, tout comme les autres, il tire le diable par la queue, peste sur les supérieurs et leurs conneries, en a marre des magouilles politiciennes et voudrait faire son job de la meilleure manière qui soit.

— Écoute Kostas, il y a dans le pays deux sortes de fouteurs de merde : ceux qui cassent et ceux qui gouvernent. Toi le flic, avec lequel es-tu ?
— Avec ceux qui gouvernent dis-je à contrecœur.

Un roman noir éclairant la lanterne sur la crise financière, une enquête captivante, des assassinés peu sympathiques et une foultitude de personnages désabusés, bougons, fâchés, râleurs et qui paient les conneries de leurs gouvernements et les leurs aussi.

Un roman noir que j’ai eu du mal à lâcher et maintenant, je compte bien retrouver un autre jour le commissaire Kostas pour la suite de ses aventures, et le prologue aussi.

Un roman noir qui permet aussi à un Grec de dire par écrit ce que bien de ses concitoyens ont dit à voix haute ou à voix basse. Mais on n’écoute pas toujours les petites gens alors que ce sont eux les plus pénalisés.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

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Jack l’Éventreur : Affaire classée ou cassée ?? [LC avec Stelphique] – Impressions de lecture (3/3)

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Impressions du Cannibal Lecteur (page 1 à 200) : Me pompe l’air, me fais chier, mais me fait jouir aussi… Impossible ? Non, je vous le démontre !
Failli jeter le livre dès la page 3, ce qui est du jamais vu, je dois dire dans toute la vie de lectrice. Le chapitre 1, après deux pages bucoliques de description des ambiances de Londres, vire vers une biographie de Walter Sickert, LE véritable Jack pour Patricia (no spoiler, c’est dans le résumé). Putain, là, me casse déjà les bonbons, royalement ! Dans le Chapitre 2, on a droit à ses états d’âmes parce qu’elle connait le nom du tueur et elle doit le dire…

Oui, elle aurait pu me libérer de mon contrat, mais moi, je n’aurais jamais pu me libérer de cette histoire. Je connaissais l’identité d’un meurtrier et il m’était impossible de détourner le regard.

Heureusement que les chapitres suivants (les 3, 4, 7, 8) sont consacrés à la vie à Londres, aux quartiers merdiques, aux mœurs, aux meurtres, aux putes,… bref, à tout ce qui me fait triper et sauter de joie.  Les chapitres 5 et 6 sont de nouveaux bourrés de la vie de Sickert, de son petit zizi atrophié et je me fais chier durant ces chapitres !!

Impressions de Stelphique (page 0 à 200) : Désistement.
Je suis désolée….. On m’avait mis au défi de défendre la victime face à une juge pas forcément partiale. Je ne vais pas pouvoir tenir ce rôle. J’ai trop de respect envers la Justice, et pour moi, la valeur Présomption d’Innocence est très importante.

Patricia Cornwell nous livre une théorie (qui pourrait se tenir….), mais commence par nous donner Son coupable…. Et brode, extrapole, invente sur cette personne. C’est perturbant. On nous parle d’ADN, de preuves solides, et dans ses 200 pages, on a une pathétique réinterprétation d’un Sérial Killer quelquonque (avec de préférence une petite partie intime). On ne sait pas si on est dans la réalité d’une enquête, ou dans une démarche romancée, enfin en tous cas, j’ai du mal à adhérer à ce choix d’écriture, et pour tout vous dire je voulais abandonner cette lecture…..

Impressions du Cannibal Lecteur (pages 201 à 400) : Vie et mœurs dissolues de la population de Londres et de l’East End.
Rhôôô, je prends mon pied avec la description de Londres, de sa police, de l’enquête, des meurtres, des pendaisons d’avant… mais les passages sur Sickert me cassent les roudoudous (toujours) et on sent bien que tout est orienté pour faire de lui le coupable parfait. Sophie Herrefort avait mené une enquête, elle aussi, et après moult élimination, était arrivée à un tout autre nom. Bref, enquête orienté, les faits doivent coller et on les aidera un peu. Et madame ne manque pas d’air en vous balançant ça :

Il est triste de constater que des hommes dont les vies et les carrières ont été influencées par l’affaire de l’Éventreur puissent débiter des théories presque aussi farfelues que celles proposées par des personnes qui n’étaient même pas nées à l’époque de ces crimes.

Impressions de Stelphique (pages 200 à 400) : Énervante la Patricia…..
On ne peut pas dire que ses 200 pages supplémentaires s’améliorent….. Bon si je dois quand même dire un truc gentil, c’est que le Londres de 1880 est bien retransmit…. Donc il parait improbable avec les éléments qu’elle nous donne, qu’à elle, toute seule elle est résolu l’affaire du siècle. Elle se torpille plutôt toutes ses argumentations….(Je vous en reparlerai avec beaucoup de balises dans la chronique peut être….). Je continue donc sur ma lancée, mais bon sachant qu’on avait déjà envie avec Cannibal Lecteur de jeter le livre en travers de la pièce dès le premier chapitre je ne crois pas que sa conclusion soit très pertinente…..

Impressions du Cannibal Lecteur (pages 401 à 700) : Engluée dans le livre comme une mouche agonisante sur du papier tue-mouche.
Mes aïeux… Que ce fut long et dur et pour une fois, je n’ai pas aimé ça. La seule chose qui m’a fait continuer la lecture c’est que je suis une petite fille persévérante et que je voulais boire le calice jusqu’à la lie. Les digressions de madame Cornwell sont soulantes au possible, à vomir tellement elle nous gave avec Walter Sickert et les 36.000 coïncidences ou théories du « il aurait pu » sans jamais nous parler du « il aurait pas pu ». La seule bonne chose a retirer du livre sont les descriptions des meurtres, les parties sur la médecine légale, sur la vie de Londres à cette époque, bref, tout paragraphe qui ne porte pas la mention « Sickert ».

Impressions 400 à fin : Ouf  c’est fini !!!!
Voilà finie la torture de part et d’autre, d’ailleurs….. En conclusion, je ne suis pas plus avancée sur le mystère Jack L’éventreur, il y a trop de zones d’ombres encore, et ne pourront JAMAIS être éclairées. Il ne peut que nous échapper encore une fois, et ce livre aurait été une bonne tranche de rigolade si jamais il l’avait eu entre les mains….. »HA, Ha, impossible d’attraper Jack… tous des imbéciles » pourrait-il dire encore une fois…..

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), Challenge « Polar Historique » de Sharon, Challenge « Victorien » chez Arieste, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

CHALLENGE - Mois anglais 2015 flag

[Série] Elementary – Saison 1 : Une série qui a mis des nichons à Watson

Synopsis :

Le célèbre détective venu de‭ ‬Londres, Sherlock Holmes, habite à New York. Tout juste sorti d’une cure de désintoxication, il est contraint de cohabiter avec son sobre entraîneur, le Dr Joan Watson,‭ ‬ancienne femme chirurgien reconvertie dans l’assistanat.‭ ‬

Les capacités d’observation et de déduction d’Holmes et l’expertise médicale de Watson servent à résoudre les affaires les plus impossibles du NYPD.

Distribution :

 1. Acteurs principaux :

  • Jonny Lee Miller : Sherlock Holmes
  • Lucy Liu : Joan Watson
  • Aidan Quinn : Capitaine Tobias Gregson
  • Jon Michael Hill : Détective Marcus Bell

Production :

Le‭ ‬23  octobre  2012, la chaîne a commandé neuf épisodes supplémentaires, soit un total de 22 épisodes.

Le 15  novembre  2012, CBS a commandé deux épisodes supplémentaires, soit un total de 24 épisodes.

Diffusion :

Aux‭ ‬États-Unis, la série est diffusée depuis le 27  septembre  2012 sur CBS.
Au‭ ‬Canada, la série est diffusée en simultané sur le réseau Global. La série a été diffusée début 2014 sur RTL-TVI, chaîne Belge.

Épisodes en anglais – Saison 1 :

  1. Pilot‭
  2. While You Were Sleeping
  3. Child Predator
  4. The Rat Race‭
  5. Lesser Evils
  6. Flight Risk
  7. One Way to Get Off
  8. The Long Fuse
  9. Do It to Yourself
  10. The Leviathan
  11. Dirty Laundry‭
  12. M
  13. The Red Team
  14. The Deductionist
  15. A Giant Gun,‭ ‬Filled with Drugs
  16. Details
  17. Possibility Two
  18. All Over Again
  19. Snow Angels
  20. Dead Man’s Switch
  21. ‭ ‬A Landmark Story‭
  22. Risk Management‭
  23. The Woman‭
  24. Heroine‭

Détective Marcus Bell

Similitudes entre les romans et la série :

Comme dans les romans d‭’‬Arthur Conan Doyle, Sherlock Holmes est apiculteur amateur et possède une ruche sur le toit de son immeuble. Mais dans les romans, il faut attendre sa retraite pour le voir s’occuper d’abeilles, à Londres, il n’en possédait pas.

Sherlock Holmes est violoniste et bien qu’il tente de brûler son violon lors de l’un des premiers épisodes,‭ ‬il en joue à nouveau à la fin du même épisode. Dans les romans, il n’a jamais tenté de brûler le sien qu’il avait acheté pour 55 shillings chez un brocanteur de Tottenham Court Road.

Les tatouages de l’acteur‭ ‬Jonny Lee Miller sont authentiques et ont été inclus dans l’apparence de Sherlock qui, canoniquement parlant, n’a jamais parlé qu’il avait des tatouages…

Le premier épisode de la saison montrera le mythique‭ ‬221B Baker Street, adresse de l’appartement de Sherlock à Londres.

J’en ai pensé quoi au tout début ?? [Avant diffusion]

Ben, pour être franche, au départ, sur papier, lorsqu’on m’en a parlé pour la première fois, je n’étais pas très chaude chaude à l’idée d’un Sherlock Holmes en Amérique.

C’est vrai quoi, on avait déjà l’excellente série « Sherlock » de la BBC, alors, pourquoi en refaire une autre qui transposerait Holmes dans notre époque ?

Sans compter qu’il pourrait y avoir des similitudes entre les deux séries… De ce côté là, Sue Vertue, femme de Moffat, a fait très attention à la série américaine afin qu’il n’y ait pas de plagiat.

En plus, le Watson version femme ne me bottait pas du tout !

Pour ce qui était de Sherlock Holmes, les américains avaient l’habitude, ayant déjà mis en scène quelques films :

  • Les américains sont tout de même à l’origine de la série avec Rathbone-Bruce qui, aujourd’hui encore, est considérée avec le même respect par les holmésiens et les cinéphiles.
  • Bien qu’Autrichien d’origine, Billy Wilder a fait toute sa carrière aux states, dirigé Marilyn Monroe ou Kirk Douglas, et nous a quand même offert : « La vie privée de Sherlock Holmes ».
  • Nicholas Meyer est américain mais, aussi bien son pastiche « La solution à 7% » que le scénario du film qu’il en a lui-même tiré (film produit par Universal, firme américaine, dirigé par un réalisateur américain, Herbert Ross, avec des comédiens américains et britanniques) sont excellent.
  • Sheldon Reynolds était un producteur américain qui est à l’origine de deux excellente séries télé: celle des années 50 avec Ronald Howard et celle des années 80 avec Geoffrey Whitehead.
  • Thom Eberhardt est américain et a réalisé ce qui demeure la meilleure parodie holmésienne jamais réalisée à ce jour: « Without a clue », avec Ben Kingsley et Michael Caine.
  • « Meurtre par décret », de Bob Clarck nous vient aussi du « nouveau monde » (même si c’est un film canadien et non américain).
  • « Le secret de la pyramide », de Barry Levinson, produit par Spielberg, fait généralement la joie des holmésiens. Or, c’est un film… américain, oui.
  • Les BSI, c’est tout de même le nec plus ultra pour chaque holmésien et ce sont bien des américains qui l’ont mise sur pied, cette société, non ?

Malgré tout, la série enchaînait les handicaps  :
— Adaptation de livres : on sait que si fidèle au livre, plus de surprises
— Remise au goût du jour d’une icône connue : ça peut passer mal !
— Délocalisation à New York, en 2012 : Holmes qui n’est pas à Londres, c’est un peu moins Holmes, non ?
— On change le sexe et la nationalité d’un personnage principal : Watson qui va se voir affublé d’une paire de nibards, avec toutes les déviances que cela pouvait donner entre les deux personnages.
— Le sujet était déjà actuellement adapté dans une série britannique de grande qualité et dans deux films populaires : trop de Holmes pourrait-il tuer le Holmes ?

Afin de sortir du lot et éviter les procès pour plagiat « Elementary » devait absolument s’éloigner de la comparaison obligée avec Sherlock BBC, la version anglaise proposée par Steven Moffat, et, dans une moindre mesure, avec « Sherlock Holmes », les films d’action de Guy Ritchie avec Jude Law et Robert Downey, Jr.

Beaucoup de choses à faire ou ne pas faire pour un départ… sans compter des fans qui ne trouvait pas que Jonny Lee Miller soit un Holmes.

Alors docteur, l’autopsie, ça donne quoi ??

Ben tout compte fait, vu que je m’attendais au pire, j’ai été agréablement surprise ! Je ne crierai pas « au génie » mais j’ai passé un bon moment en visionnant la série.

Ok, Jonny ne sera pas mon Holmes favori, d’ailleurs, je le verrais plus comme un « descendant » de Holmes ou s’inspirant de ses méthodes, que comme un Holmes à part entière.

Malgré tout, l’acteur m’a plu dans son jeu de mimiques, son phrasé rapide, genre « 800 mots minute », sa manière de se tenir…

Si au départ j’ai fait la soupe à la grimace en apprenant que Watson sera une femme, j’ai vite compris que le choix de Lucy Liu était excellent dans la mesure où elle se révèle, comme dans le canon, un compagnon fidèle pour Holmes, le secondant et servant de garde-fou à l’homme.

De plus, Holmes, dans la série, ayant subi une cure de désintoxication, ce Watson là n’est là – en principe – que pour un temps très court, juste pour assurer son rôle de compagnon de probité et c’est tout.

Il était intéressant de voir comment les scénaristes allaient amener Joan Watson à rester auprès de Holmes sans tomber dans le guimauve ou les faire jouer la bêbête à deux dos… Je reconnais que ce fut bien amené, lentement, sûrement et hop, emballé c’était pesé.

Juste un truc qui me chiffonne : Holmes est accro aux flics du NYPD et semble lorgner sur son téléphone à longueur de journée dans l’espoir d’un appel à l’aide de la part de ces pieds nickelés préférés… Sorry, mais j’aurais bien aimé avoir un Holmes qui ne dépendrait pas des miettes des flics mais qui aurait reçu des clients chez lui, comme dans le canon.

S’il y a des éléments canoniques dans le série (le cerveau qu’il ne faut pas encombrer inutilement), le reste s’éloigne assez fort des romans originaux, essayant de rester fidèle à l’esprit tout en innovant pour s’éloigner un maximum de sa sœur anglaise de la BBC qui elle, tend plus à adapter à sa sauce les histoires de Holmes.

Petites choses qui restent les mêmes : Holmes est un accro de la nouvelle technologie et utilise souvent son smartphone, les PC, la télé (il en possède 6 ou 7, allumées en permanence) et l’Internet.

Je dirais que la série « Elementary » tient plus d’un « Mentalist » ou d’un « Castle » que d’un Sherlock Holmes.

Une sorte d’amitié se noue entre Watson et Holmes et je croise les doigts qu’ils ne finissent pas dans le même lit. D’ailleurs, il y a plus de sous-texte ambigu entre Holmes et Watson dans les films de Ritchie que dans la série de CBS.

Le respect entre les deux personnages est bien présent aussi mais il évolue durant la saison, leur départ se faisant un peu avec froideur.

De « curieuse » et « désintéressée », Watson comment tout doucement à s’intéresser aux affaires du client qu’elle doit baby-sitter, Holmes se rend compte qu’elle peut lui être utile et il finira par lui apprendre ses techniques. Avec Holmes comme mentor, elle n’est pas au bout de ses surprises pour ses exercices !

Leur passé respectif nous est dévoilé à petites doses, au fur et à mesure des épisodes, un petit suspense étant même entretenu au sujet d’une certaine Irene Adler… Holmes se renfermant comme une huître de Bretagne à la mention de son nom.

Les scénaristes nous ont même ménagé quelques petites surprises durant la première saison, se moquant de nous ou jouant avec nos pieds, dans le bon sens du terme, ce qui ne fut pas toujours pour me déplaire.

Donc, à chaque épisode, un crime a lieu et on assiste au raisonnement de Holmes, assisté de Watson, sur la résolution d’un problème complexe : comment une femme dans le coma peut commettre des meurtres (1.02) ou comment retrouver la fille kidnappée de son ancien dealer sans impliquer la police (1.15).

Les scénaristes ont par contre un peu foiré leurs épisodes dans le sens où la trame est souvent la même… Holmes résout l’affaire en peu de temps, mais oups, il y a un os, une faille, un oubli et l’intrigue est relancée.

Ok, c’est un bon plan pour ne pas terminer les épisodes en 20 minutes, mais on parle de Holmes qui, bien qu’ayant commis des erreurs et n’étant pas infaillible dans le canon, n’en est tout de même pas au point de se planter à chaque fois ! J’aurais aimé une autre manière de faire durer les épisodes.

Point positif, Watson n’est pas une conne ou une crétine, elle sait réfléchir et ne reste pas non plus béate d’admiration pour Holmes, le filet de bave compris au coin des lèvres. Non, pas de vénération bête et tant mieux !

Elle arrive même à s’accommoder de ses excentricités… enfin, pas toujours ! Quand vous avez un rancart, vous n’avez pas trop envie à votre retour que votre colloc vous fasse le topo de votre soirée ratée.

Watson n’aura pas la vie facile en étant compagne de probité de Holmes, lui qui court partout pour ses enquêtes. On sent qu’elle aime l’univers que le détective lui a fait découvrir.

De l’autre, Holmes n’apprécie pas que Watson enquête sur son passé. Joan lui dénie la maitrise de l’évolution de leur relation sur ce terrain.

Niveau personnages secondaires, là, on est très mal servi. Que se soit au niveau de l’inspecteur Gregson (Aidan Quinn) ou du détective Bell (Jon Michael Hill).

Inspecteur Gregson

Le premier est l’homme qui a connu Holmes à Londres, mais qui ne sait rien de son passé de junkie. C’est lui qui a fait « entrer » Holmes dans les enquêtes de la NYPD.

Quant au second, on a l’impression qu’il n’est là que pour qu’il y ait un black dans la série ou comme excuse pour forcer Holmes a exprimer à voix haute son raisonnement. Dommage…

Il faut attendre sept épisodes pour qu’on en apprenne un peu plus sur Gregson, mais surtout, ce n’est qu’au treizième épisode qu’une confrontation entre lui et Sherlock rend le personnage bien plus intéressant. Purée, il était temps !!

Comme je vous disais au sujet du détective Bell, il est montré comme le flic qui ne voit pas ce que Sherlock voit et qui ne le croit jamais ou difficilement, alors que Holmes a largement fait ses preuves…
Heureusement, son personnage subira lui aussi une transformation. Enfin, les scénaristes réparent leur bourde monumentale, ayant compris que les personnages secondaires sont aussi importants que les autres.

Il aura même droit à avoir son propre épisode (1.16) où Sherlock chantera ses louanges. Alors que la relation Gregson-Holmes se tend, celle de Sherlock avec Bell devient beaucoup plus respectueuse et amicale où point où Holmes ira jusqu’à mentir pour le protéger (1.16).

Mauvais point total pour le méchant Moriarty qui n’a pas l’étoffe de celui de la BBC… Déçue je fus !

Bref, rien de nouveau sous le soleil, mais une série qui se regarde avec plaisir pour l’évolution de ses personnages et la recherche pour quelques unes de ses intrigues dont je n’avais pas vu venir la solution.

C’est tout de même à voir… ça fait passer le temps de manière agréable.

Satan dans le désert : Boston Teran

Titre : Satan dans le désert                    big_3-5

Auteur : Boston Teran
Édition : Folio (2005)

Résumé :
Bienvenue en Californie comme au Nouveau-Mexique ! Vous y trouverez des folles sans identité, isolées en plein désert dans des caravanes en ruine, des bandes non identifiées, insaisissables, menées par des gourous en quête de gibier, des taulards cuits et recuits par le soleil, surveillés par des flics improbables et des hommes prospères protégés par les murs de leurs villas discrètes…

Vous y trouverez l’enfer sur terre. Parce que son ex-femme a été massacrée et que sa fille a disparu, le flic Bob Hightower sort enfin de sa léthargie. Ce qu’il découvrira au bout du chemin dépasse l’entendement.

« Les mots de Boston Teran vous hantent longtemps après que vous avez refermé son livre. Je suis encore sous le choc » (Harlan Coben).

Petit Plus : Boston Teran, auteur sous pseudonyme, dit seulement de lui qu’il est né dans le Bronx de parents italiens et qu’il vit aujourd’hui en Californie.

« Satan dans le désert » a reçu le prix Creasey Dagger du premier roman en Angleterre ainsi que le prix Calibre 38 du meilleur roman policier 2004 en France.

Critique : 
Ça, c’est ce qui s’appelle une lecture « coup de poing uppercut »… Assurément, âmes sensibles, abstenez-vous d’ouvrir pareil livre, vous le refermeriez bien vite. Ce roman est donc à ne pas mettre entre toutes les mains, c’est pour cela que je ne le conseillerai qu’aux lecteurs avertis.

Comment vous expliquer cette lecture très sombre, cette violence qui suite de toutes les pages, tout en vous expliquant que « Satan dans le désert » est un roman hallucinant et que je l’ai apprécié ?

Sur le toit de goudron noir, la pluie génère une multitude de ruisseaux irréguliers qui s’évacuent vers les gouttières oxydées. Mais elle ne lave rien. Elle ne l’a jamais fait. La crasse qui est le lot quotidien de chacun est bien trop importante.

Le pitch : Bob Hightower est ce qu’on appelle un flic « pépère », assis derrière son bureau, dans un bled proche de Los Angeles, à la frontière du désert.

Il est divorcé, adore sa fille et tout irait bien dans sa vie si on n’avait pas retrouvé son ex-femme et son nouveau mari plus que sauvagement assassinés… Et quand je dis « sauvagement », je suis encore gentille… Le chien et le cheval sont dans le même état et Gabi, sa fille chérie de quatorze ans, est introuvable parce qu’enlevée.

Bob est dépourvu de moyen, il n’a pas de piste, contrairement au lecteur, puisque nous savons déjà « qui » est le commanditaire de toute cette sauvagerie, nous savons « qui » l’a perpétré, mais nous ignorons le « pourquoi ».

C’est une ancienne toxico, Case, qui va donner une piste à Bob. Lorsqu’elle a lu le fait divers qui se rapportait à la tuerie, elle a reconnu la marque de Cyrus : un mec taré, violeur, assassin, dealer, nihiliste, maquereau, tortionnaire… La totale, quoi. Un type qui prend plaisir à détruire l’innocence, à faire plonger des enfants dans la dépendance et à leur faire subir les pires perversions sexuelles ou tortures de malade. Il pratique aussi son art de la torture sur des adultes, juste pour le plaisir.

Tétanisé par la peur, le gosse se met à trembler. Cyrus se campe devant l’autre, examine longuement son membre et le prend en main.
– C’est une vraie queue de diable que tu as là, toi.
Terrifié, le gamin refuse de le regarder dans les yeux.
– Une vraie queue de diable, répète Cyrus en soupesant, appréciateur.

Comment elle le sait ? À votre avis ? Case a fait partie de sa bande, enfin le mot « secte niant Dieu » serait plus adapté. Elle a réussi à s’en sortir, plus morte que vivante et elle accepte d’aider Hightower, le « mouton » qui veut s’attaquer à des « loups », trouvant ainsi une occasion de se venger de ce qu’elle a subit. Et puis, Case, c’est aussi un loup…

Road movie d’enfer, traque sans pitié où tous les coups sont permis, où les chasseurs prennent le risque de devenir gibier et où notre flic pépère va devoir se transformer en loup pour faire couleur locale et tenter de se frayer un passage entre les crocs du diable sans y laisser trop de plumes.

– C’est pas à l’Amérique propre et puritaine que vous avez affaire, sur ce coup-là. Cette merde, c’est l’enfer. Une histoire de drogue, de sang et de foutre, déjanté, à un point que vous n’avez pas idée. C’est pas comme si vous entriez dans une librairie ésotérique de Hollywood Boulevard pour acheter quelques babioles sataniques. Ces types-là prennent leur pied en foutant en l’air les gens normaux comme… votre ex-femme et son mari.

Et puis, parfois, les braves gens peuvent cacher une face sombre qui est aussi tordue que les pires psychopathes avec lesquels ils font affaire…

De toute façon, on sait que s’ils sortent gagnant de leur cavale contre Cyrus, personne n’en ressortira indemne psychologiquement parlant.

Bien que la prose de l’auteur ne soit pas toujours d’une grande finesse (c’est pas Lehane), j’ai été emporté par cet espèce de road-movie, cette course vers la mort qui se déroule dans la chaleur suffocante du Nouveau Mexique et il me fut impossible de lâcher le bouquin avant d’être arrivé à la fin ! J’étais excité comme une puce au salon de la moquette.

Aux blanches étendues salines de l’est répond, comme un écho, le « terrible désert » de l’ouest évoqué par John Steinbeck. Un enfer de sel et de sécheresse au-dessus duquel les montagnes miroitent tels des corbeaux d’ébène.

Niveau dialogues, ils sont percutants, très crus et imbibé de discours sur la religion, le Bien, le Mal, Dieu… et autres imprécations démentes. Bref, ça clashe souvent.

– On a tous besoin d’appartenir à un club. Le club de Dieu ou le club des Hurlements. Dans le même pâté de maison, chacun son groupe. Mais les morceaux de musique qu’ils jouent ont été empruntés à d’autres et noyés dans les conneries. Et de toute façon le prix d’entrée est bien trop élevé dans les deux. Tu veux la vérité Coyote ? Va frapper aux cercueils.

Si la prose de Bostan Teran n’est pas « exceptionnelle »,  ses mots ont tous été des coups de poings dans ma face, ses phrases sont tranchantes comme la lame affûtée du couteau de Jack l’Éventreur et quand je pensais qu’il m’avait amené au bout de l’horreur, et bien non, il est allé encore plus loin. Simple mais incisif et saisissant.

Au final, une sacrée descente en enfer de plus de quatre cent pages qui se dévorent  la rage aux tripes, sans pouvoir lâcher le bouquin, tant on a envie de savoir si Bob et Case vont arriver victorieux au bout de leur voyage dans les entrailles du Mal et si Gabi, la fille de Bob, en ressortira vivante. Savoir dans quelle mesure ce voyage les aura changé, aura changé leur vision des choses.

– Il va charger cette petite mignonne et, bien vite, elle se retrouvera à quatre pattes dans un bouge, à se faire enculer par un camé sidaïque. Il prendra des photos, ou peut-être qu’il filmera tout ça. Il la forcera à le sucer pendant qu’il lui montrera le film. Il s’amusera avec elle tout le temps de la projection et, quand le générique de fin défilera, il parachèvera son œuvre en la pendant par les pieds et en l’ouvrant du clito au…
Case ne peut en dire d’avantage. Et Anne est trop choquée pour parler.

Niveau des personnages, j’ai eu un gros faible pour Case, sans cesse en lutte avec ses vieux démons qui sont « cocaïne » et « souvenirs horribles ».

Elle et Bob forment un duo détonnant qui ne se serait jamais croisé sans la tuerie et l’envie de Case d’en finir avec son passé. Ils sont plausibles et l’auteur ne brûle pas les étapes dans le récit de leur animosité qui se transforme petit à petit en respect profond, la confiance s’installant au fur et à mesure. De plus, nos deux amis ne sont pas des héros tout blanc… Ils ont leur part d’ombre.

Niveau du Méchant et de sa bande, ils sont abominables, sans pitié, sans coeur, sans empathie, ayant eu, eux aussi, leurs traumatismes. On aurait d’ailleurs tort de considérer Cyrus comme « juste » un dingue ou juste un « simple » psychopathe. Ce sadique possède de multiples talents et l’intelligence ne lui fait pas défaut. Un expert dans la propagation du Mal : la peur est un bonheur pour lui, la souffrance une plénitude, la violence un véritable orgasme ou une thérapie à l’hypocrisie de ce monde.

Rien ne sera épargné aux personnages : des morts violentes, du sang, des scènes de tortures, des viols, un petit shoot,… Bref, ils peuvent déposer plainte de suite contre l’auteur !

Niveau rythme de l’histoire, je ne savais pas à quoi m’attendre, pestant un peu que, dès le départ, on sache « qui » a commandité la tuerie et qui l’a exécuté…

C’était sans compter sur le talent de l’auteur pour me réserver quelques belles surprises durant ma lecture et pour m’emmener dans un voyage apocalyptique où quand on pense que tout est fini, ben non, il en reste encore dans le moteur !

On peut dire que Boston Teran a porté son polar à des sommets de violence que je n’avais pas encore rencontrés… sans jamais se départir d’un style d’écriture étonnant (simple mais percutant). Assurément, « Satan dans le désert » ne m’a pas laissée indifférente et j’en suis sortie groggy.

Alors, si vous adorez les cocktails « violence » mélangés à la poudre de fusil, additionné de drogues-sang-viols-tortures, le tout macérant dans du mezcal  avec une touche de tabasco pimenté, foncez !

« Satan dans le désert » a reçu le prix Creasey Dagger du premier roman en Angleterre ainsi que le prix Calibre 38 du meilleur roman policier 2004 en France.

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), au « Challenge US » chez Noctembule et Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle.

Jack l’Éventreur – Tome 2 – Le Protocole Hypnos : Debois & Poupard

Titre : Jack l’éventreur, Tome 2 : Le Protocole Hypnos

Scénariste : François Debois
Dessinateur : Poupard
Édition : Soleil (2013)

DSC_0875Résumé :
Printemps 1889. Plusieurs mois ont passé depuis les événements qui ont ensanglanté Whitechapel et la vie a repris son cours pour tous les miséreux qui y résident.

L’inspecteur Frederick Abberline fait la chasse aux souteneurs, qui ont fait mettre les bouchées doubles à leurs filles pour combler le manque-à-gagner imposé par Jack. Mais son obsession de justice le pousse à des méthodes peu conventionnelles pour Scotland Yard, et son fidèle compagnon George Godley le met en garde. Il est peut-être temps qu’il prenne le large.

Une série de meurtres similaires dans leur mode opératoire à ceux de Jack a été commise à Paris. Tandis qu’Abberline traverse la manche pour débusquer le tueur, Godley est sollicité pour une nouvelle affaire : un docteur retrouvé éventré dans une pièce fermée de l’intérieur. Seul indice : un manuscrit en arcado-cypriote qui contient des révélations troublantes.

Deux enquêtes, deux tueurs. Tout est lié, le protocole Hypnos est la clé et Abberline va devoir affronter l’insoutenable vérité…

Critique :

♫Le soleil vient de se coucher, Encore une belle nuitée, ♫ Il va bientôt arriver… l’ami des prostituées, ♪ Il vient toujours au bon moment, ♪Avec son scalpel qu’il te fou dedans, ♫ L’ami des prostituées, L’ami qui les a éventrées ♪ Il choisit toujours la bonne heure, celle où il n’y a pas de lueur, l’ami du sang qui va gicler, l’ami qui les a tuées ♪

Si en lisant ces lignes vous aviez la chanson de « L’ami Ricoré », et bien, c’est pas faux parce que je me suis basée la-dessus pour mon intro. Me demandez pas d’où ça vient, c’est mon esprit un peu barge qui me souffle des idées.

Bref, nous avions commencé le tome précédent avec l’inspecteur Abberline cloîtré dans le trou du cul du monde, en train de rédiger son journal, nous expliquant son enquête sur l’Éventreur, ses tourments personnels (Abberline) et je me demandais de quel horrible secret il était le dépositaire pour écrire aussi fébrilement.

Là, les révélations allaient arriver et j’avoue que je ne m’attendais pas à ça du tout. A bas les vieilles théories remâchées par tous et place à la nouveauté.

Un truc de dingue, une enquête de fou, des meurtres au Nevada (oui, aux États-Unis) et à Paris qui ressemblent à s’y méprendre à ceux de Jack (qui pourtant a terminé son job à Whitechapel – sa petite entreprise s’exporterait bien et ne connaitrait pas la crise, on dirait) et la population du quartier de Whitechapel qui gronde parce non, rien ne va chez elle.

Les souteneurs ont demandé à leur paripépati… à leurs putes de mettre les bouchés doubles (si je puis me permettre l’expression) pour récupérer le fric perdu durant le règne de Jack… Mais bon, c’est comme en commerce, on ne peut pas doubler le nombre de clients du jour au lendemain !

L’inspecteur Abberline n’est pas au bout de ses surprises, le lecteur non plus, sauf s’il a eu le malheur de lire le 4ème de couverture un peu trop volubile à mon goût puisqu’il déflore une partie du mystère.

Qui a tué ? On murmure que le commissaire Derrick ne serait pas étranger à l’affaire… Hé, vous ne pensez pas que j’allais vous le dire, non ?

Les dessins rendent bien l’atmosphère lourde du quartier de Whitechapel, ils vous montreront l’avenue des Champs-Élysées sans voitures, mais avec des cab et des fiacres et la tour Eiffel en construction en prévision de l’exposition universelle de Paris où on exposait même des indigènes en provenance directe des colonies françaises.

Un bon scénario, inattendu, coup de pied au cul, même. Deux tomes et l’affaire est réglée, sans trainer en longueur.

Le final ? C’est retors, c’est salaud, c’est bien amené, du suspense, des questions, des sueurs froides, les auteurs nous ont mené par le bout du nez et on les a suivi avec plaisir jusqu’à ce dénouement final où on a envie de crier « hé, j’en veux encore un autre, moi ».

Lu dans le cadre des Challenges « Thrillers et polars » de Liliba,  « Polar Historique » de Samlor,  « I Love London » de Maggie et Titine, « Le mois anglais » chez Titine. et le challenge « Victorien » chez Arieste.