Le soleil rouge du tsar : Violette Cabesos [LC Bianca]

Titre : Le soleil rouge du tsar

Auteur : Violette Cabesos
Édition : Albin Michel (29/02/2020)

Résumé :
Milena, petite-fille de Russes blancs, a une passion : les trésors perdus de la Russie des tsars. Alors qu’elle s’apprête à partir pour Saint-Pétersbourg où une cache datant de 1917 vient d’être découverte, elle apprend que sa maison de Nice a été saccagée.

Sur les murs, d’énigmatiques vers slaves, probablement des références codées à Vladimir le Grand, fondateur de la Sainte Russie.

Un siècle auparavant, Vera, ballerine du théâtre Marrinsky, est déchirée entre les faveurs d’un grand-duc, son amour pour un poète anarchiste, et un brûlant secret d’État dont sa famille est dépositaire.
Au-delà du temps et des frontières, une mystérieuse et terrifiante malédiction semble lier ces deux femmes. Faut-il y croire ? Comment ne pas y succomber ?

Au fil d’un suspense historique, Violette Cabesos nous plonge dans les méandres de la Russie éternelle, sur les traces des Romanov, de Raspoutine et d’obscurs espions du FSB.

Critique :
Sans ma copinaute Bianca pour me le proposer en Lecture Commune, jamais je n’aurais pensé à lire ce roman puisque j’en avais des plus urgents dans ma PAL…

Mais voilà, je n’ai pas résisté plus d’une seconde dès que j’ai vu le titre : nous allions aller en Russie !

La Russie, c’est un pays que j’aime (mais pas ses gouvernants) et en littérature, c’est un péché mignon, surtout si on a un côté politique.

Là, j’ai été plus que servie car l’auteur nous propose un récit ancré dans deux époques : le premier en France, de nos jours et le second en Russie, couvrant la période allant de 1898 à 1919.

Ma préférence est allée directement au récit du journal intime de Vera Semionovna Mychkina, jeune russe, ballerine du théâtre Mariinsky qui a fréquenté Bimbo qui n’est rien de moins que Nicolas Mikhaïlovitch Romanov !

Dès le départ, on plonge dans le mystère, on apprend que la famille Mychkine est gardienne d’un secret qu’il ne faut dévoiler à personne.

Je rassure tout le monde : vu que ce fameux secret, la famille en est la gardienne depuis la mort mystérieuse de l’empereur Alexandre Ier, il n’y a aucune chance que ce soit un secret ayant trait au fait que Anastasia aurait survécu à ses exécuteurs et qu’elle ait ensuite signé un contrat avec Disney ! Ouf.

Les alternances passé/présent sont toujours frustrantes : lorsqu’on est dans la Russie du Tsar Nicolas (qui n’en sortira pas grandi, son épouse non plus), on apprécie le côté historique du récit, même romancé, car on sent que derrière, il a eu du travail, des recherches. C’est intéressant, instructif et l’écriture de l’auteure nous donne l’impression que nous sommes aux côtés de Vera, personnage à laquelle je me suis attachée de suite.

Ensuite, lorsqu’on la quitte pour revenir au présent avec l’enquête de Milena, il y a frustration, bien entendu, vite dissipée par les aventures de notre héroïne qui se trouve face à des énigmes et des problèmes à ne plus en finir.

Addictif ce genre de construction et toujours frustrant. J’adore ce genre de frustration car le mystère reste épais, caché et ça fait travailler mes petites cellules grises (qui, pour le coup, n’ont pas vu venir grand-chose, hormis un traître qui n’en était pas vraiment un et un autre traître qui en fait n’en était pas un).

Oublions mes problèmes de suspicion mal placée et revenons aux personnages… La famille de Milena a toujours un pied dans le passé, ressassant sans cesse les souffrances vécues par l’exil des Russes Blancs ayant quitté la Russie lors de la prise de pouvoir de Lenine et Milena a du mal avec ce postulat tout en ayant un problème avec l’alcool.

Un roman policier historique avec un ancrage dans le présent, des mystères, un peu de « fantastique » avec une tante qui croit à des tas de choses, une malédiction, de l’Histoire, une révolution, des meurtres, des exil qui laissent des blessures profondes, des trahisons, des secrets de famille, du suspense, bref, un cocktail des plus copieux pour qu’on le sirote sans modération mais avec délectation.

Merci à Bianca de m’avoir proposée cette LC imprévue. Elle a eu du flair. Elle connait aussi mes péchés mignons et la Russie en fait partie. Nous avons passé toutes deux un bon moment de lecture, appréciant aussi le récit dans le passé.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°220.

Ekhö Monde miroir – Tome 2 – Paris Empire : Arleston & Barbucci

Ekhö - Tome 2 - Paris empire

Titre : Ekhö monde miroir – Tome 2 – Paris Empire

Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Alessandro Barbucci

Édition : Soleil (2013)

Résumé :
Fourmille Gratule est à présent installée à New York, dans le monde d’Ekhö, un monde miroir de la Terre où les technologies modernes n’existent pas.

À la tête de l’agence artistique Gratule, héritée de sa tante Odelalie elle se rend à Paris, accompagnée de Yuri et de Grâce, pour un juteux contrat avec le Poulain Rouge.

Mais à peine arrivée dans la capitale française, elle est habitée par le fantôme du Prince Antone, fils de Napoléon VII, mort dans un accident de fiacre. Elle devra résoudre le mystère de sa mort pour redevenir elle-même…

c3df1a053b834b571e5ba489f5189f49Critique : 
Le premier tome nous présentait un New-York miroir du nôtre, avec la fée électricité en moins, les dessins étaient super (ici, ils ont encore évolués), les parallèles entre notre monde et Ekhö amusants, alors, qu’allait-il être du suivant ?

Et bien, Paris restera toujours Paris et son tunnel de l’Alma aussi… on ne change pas un paparazzi, qu’il soit de notre monde ou de celui d’Ekhö…

Ici, c’est une fricassée de prince qui nous attend, enfin, qui attend Fourmille (et Yuri), débarquée de New-York afin d’aller présenter un spectacle au Poulain Rouge et non, je ne me suis pas trompée de touche sur le clavier !

De l’humour, de l’excitation sexuelle refroidie avec une tête dans le seau, l’esprit du prince mort qui s’incruste dans notre Fourmille (et oui, il n’y avait pas que celui de sa tante) qui va devoir résoudre le mystère que le prince allait dénoncer si elle veut qu’il arrête de squatter son corps et son esprit !

Notre Sigisbert le Preshaun est toujours rempli de mystère et leur enquête les mènera dans des lieux bien connus de nous, mais revisités pour l’album.

Frais, amusant, rempli de clins d’œil à notre monde, de petites piques, de ballotage entre Fourmille et Yuri, oscillant sans cesse entre la romance et l’animosité et le fait qu’elle doit toujours non loin de Yuri afin de ne pas foutre en l’air les équilibres du monde d’Ekhö ajoute du piment.

Bref, une chouette petite enquête qui n’a de dommageable que sa brièveté. 49 pages, c’est peu, alors qu’on a un univers riche et dense.

Un bon moment de rigolade en compagnie de nos deux amis, qui, bien que catapultés dans un autre monde ont l’air de bien s’y accommoder.

Reste plus qu’à conclure… dans le foin ou dans un lit, mais là, elle veut toujours pas !

— Je suis désolée, je ne peux pas faire l’amour avec quelqu’un qui agit par obligation, pas par vrai désir.
— Mais… Je ne me force pas ! Je vous assure ! J’ai très envie de vous !
— C’est gentil, vous dites ça pour me faire plaisir… Mais je sais que ce n’est pas vrai.
— Pourtant, là…
— Ça, c’est juste mécanique !

Pourtant, Sigisbert voudrait bien qu’ils fusionnent leurs énergies intimement, charnellement, afin de pallier au dérèglement thaumique que la présence de Yuri implique vu qu’il n’était pas prévu dans le voyage de Fourmille sur Ekhö…

— Mes coreligionnaires, les Preshauns de Paris, souhaitent éliminer monsieur Podrov afin de pallier au dérèglement que sa présence implique.
— Quoi ? Me tuer ? Mais… Je… Je ne suis pas d’accord !
— Il y aurait cependant un autre moyen de rétablir l’équilibre thaumique. Il faudrait que vous vous unissiez. Intimement. Charnellement.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), Le Mois du Polar chez Sharon (Février 2016), Challenge « Totem » par Liligalipette (dragons) et Le « RAT a Week, Winter Édition » chez Chroniques Littéraires (49 pages – 778 pages déjà lues pour le Challenge).

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