Ekhö, Monde miroir – Tome 10 – Un fantôme à Pékin : Christophe Arleston et Alessandro Barbucci

Titre : Ekhö, Monde miroir – Tome 10 – Un fantôme à Pékin

Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Alessandro Barbucci

Édition : Soleil (25/11/2020)

Résumé :
Pour un prochain grand show à Broadway, Fourmille, Youri et Sigisbert se rendent à Pékin afin d’y recruter des artistes de cirque.

Mais les plus doués viennent d’un monastère Shaolin et il leur faut entreprendre le voyage jusqu’aux portes du Tibet.

Critique :
Ekhö est un monde parallèle au nôtre, mais sans la technologie, sans l’électricité et pourvu d’animaux pour le moins étrange.

Fourmille continue de l’arpenter et pour cette dixième aventure, elle nous emmène à Shangaï avant de faire un crochet par le Tibet et ensuite par Pékin.

L’aventure est amusante, les personnages sont toujours aussi plaisants à retrouver, les dessins, les couleurs, tout ça, c’est génial, mais…

Ben oui, encore un « mais »…

On dirait que tout cela s’essouffle et on est loin des fourmillements géniaux du début, de la satire qu’étaient les premiers tomes, des enquêtes géniales qu’il fallait mener pour résoudre la mort d’une personne (dont le fantôme prenait possession de Fourmille).

L’auteur dénoncera les gigantesques ateliers qui naissent dans la ville de Pékin, de ces gens qui quittent les campagnes pour venir travailler à la ville, mais rien de plus, alors qu’il y avait tant à dire sur Pékin, tant de petits coups sous la ceinture à donner.

Mais voilà, nos personnages passent plus de temps à voyager vers les monts Shaolin et à courir jusque Pékin que de dénoncer les travers de nos sociétés.

Heureusement, on a toujours la présence des petits clins d’œils à notre monde, comme les éléphants chars d’assaut et le petit livre rouge, notamment.

Alors oui, l’album est amusant, j’ai souri, le moment « détente lecture » était au rendez-vous, mais il m’a laissé une dent creuse et l’impression de ne pas avoir été rassasiée comme avec les premiers albums.

Dommage parce que j’avais adoré ma première rencontre avec l’univers de Fourmille, dans le Lanfeust Mag, j’avais trouvé ce nouvel univers foisonnant de références au notre, rempli de belles promesses, j’en ai eu beaucoup, mais là, le tome 8 m’avait déjà fortement déçu et ça continue avec le 10 (oui, j’ai sauté le 9, un oubli que je vais réparer de suite).

Arleston, tu peux faire mieux, tu es un scénariste de talent, et Fourmille mérite mieux que ces albums en demi-teinte. Ekhö est un monde aussi vaste que les terres d’Arran, que celui de Troy, alors, on va éviter de nous la faire façon naufragés d’Ythaq qui sont en train de tourner en rond depuis quelques albums…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°144].

Les maîtres inquisiteurs – Tome 8 – Synillia : Sylvain Cordurié & Elia Bonetti

Titre : Les maîtres inquisiteurs – Tome 8 – Synillia

Scénariste : Sylvain Cordurié
Dessinateur : Elia Bonetti
Couleurs : Digikore Studios

Édition : Soleil (24/01/2018)

Résumé :
Des prêtres ont été massacrés dans le monastère de Kandvost. Synillia, une non mage élevée au rang de Maître Inquisiteur, part mener l’enquête.

Si elle ne possède pas de pouvoir, elle compense ce manque par son intelligence et ses qualités d’épéiste. Elle peut aussi compter sur Eldeween, l’elfe avec qui elle forme un duo efficace.

Efficace, il faudra l’être face au meurtrier qui semble disposer de pouvoirs. Il n’attendait que l’arrivée de Synillia et Eldeween pour se livrer à un jeu de piste mortel.

Critique :
C’est dans le Lanfeust Mag que j’ai découvert la saga des Maîtres Inquisiteurs, sur le tard, donc, ce qui fait que j’ai pris le train en cours de route.

Comme j’ai aimé le peu de l’univers que j’ai découvert dans le tome 7, j’ai décidé de découvrir l’entièreté de cette série.

Et comme l’occasion fait le larron, j’ai sauté sur le tome 8 avant de me faire ceux de la saison 1.

Un grand mystère plane : des moines d’un monastère ont tous été sauvagement assassiné et pour  résoudre ces meurtres horribles, le roi du Kardunn fait appel aux Maîtres Inquisiteurs.

Ça lui fait déjà mal au bide de faire appel à eux, mais ça va le faire bisquer de voir débarquer deux donzelles : Synillia, qui n’a rien d’un mage (contrairement à ses collègues masculins – pas de pouvoir magique, donc), qui est très intelligente, qui sait se battre à l’épée, et qui, en plus, est bouffie d’orgueil, prétentieuse, butée comme deux ânes, prompte à s’enflammer et à s’énerver, n’a pas sa langue dans sa poche…

La rage est double car son acolyte, Eldeween, est une elfe !

Au lieu d’un Sherlock Holmes bourré de pouvoirs magiques et d’un Waston pour l’épauler, le roi voit arriver une Sherlockette dont il ne sait si elle possède des pouvoirs et une Wastonnelfe. Les dents vont grincer.

Comment le ou les meurtriers ont-ils réussi à occire tous les moines ? Et pourquoi tant de haine envers ces hommes portant la robe ? Votre mission sera de la découvrir, les filles.

Surtout que ce n’est pas qu’un seul monastère qui va recevoir la visite de ce Jack The Ripper, mais plusieurs et nos deux femmes vont devoir cavaler sur leurs jolies guiboles pour tenter de rattraper la piste de celui qui a commis ces crimes atroces.

Véritable enquête aux pays de la magie, le lecteur, tout comme les deux enquêtrices, se posera beaucoup de questions.

Pas le temps de souffler dans la course poursuite car nos deux femmes, aidées de quelques gardes du roi, feront des rencontres pour le moins violentes et il faudra sortir l’épée du fourreau avant de tenter la discussion.

Bien que nous soyons dans un univers fantastique avec des éléments magiques pouvant aider à la réalisation d’un carnage monastique, la trame reste bien humaine car les travers d’un homme, qu’il soit de la Terre ou d’un autre monde, restent les mêmes.

Si le scénario n’est pas exceptionnel en terme de résolution de l’enquête – tout à été écrit, je pense – l’album se lit tout de même avec plaisir car avant que tout ne nous soit révélé, on est loin de se douter du mobile de ces crimes monacaux (Monaco ?).

De plus, il n’y a pas qu’une simple enquête pour meurtres dans ces pages ! On y trouve aussi des relents de nos propres sociétés dans les tensions qui existent entre le peuple des géants Mannlander et les humains du royaume de Kardunn, ainsi que dans le fait que certains aient fait des coalitions avec ceux qui furent ensuite des traîtres.

Bref, en plus de résoudre une enquête, nos deux femmes vont devoir marcher sur des œufs et tenter de garder la diplomatie au milieu du village si elles ne veulent pas finir en viande froide car c’est aussi vieux que le Monde que déposer des preuves pour faire accuser un autre peuple d’un crime qu’on a sois-même commis.

J’ai apprécié les dessins, les couleurs dans des tons ocres et les personnages ne m’ont pas laissée indifférente car si certains pouvaient sembler figés, ils se permettront d’évoluer et de changer. Bon, pas tous, quand on est un crétin, on le reste.

Un tome qui change par rapport au final du précédent, un monde des Inquisiteurs en grand chambardement, et il me tarde de lire les premiers tout comme celui qui suivra ce tome 8.

Je ne dis pas non à ce duo féminin des plus intéressants.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon.