Vers la sobriété heureuse : Pierre Rabhi

Titre : Vers la sobriété heureuse

Auteur : Pierre Rabhi
Édition : Babel (2013)

Résumé :
Pierre Rabbi a en effet vingt ans à la fin des années cinquante, lorsqu’il décide de se soustraire, par un retour à la terre, à la civilisation hors sol qu’ont largement commencé à dessiner sous ses yeux ce que l’on nommera plus tard les Trente Glorieuses.

Après avoir dans son enfance assisté en accéléré, dans le Sud algérien, au vertigineux basculement d’une pauvreté séculaire, mais laissant sa part à la vie, à une misère désespérante, il voit en France, aux champs comme à l’usine, l’homme s’aliéner au travail, à l’argent, invité à accepter une forme d’anéantissement personnel à seule fin que tourne la machine économique, point de dogme intangible.

L’économie ? Ce n’est plus depuis longtemps qu’une pseudo-économie qui, au lieu de gérer et répartir les ressources communes à l’humanité en déployant une vision à long terme, s’est contentée, dans sa recherche de croissance illimitée, d’élever la prédation au rang de science.

Le lien filial et viscéral avec la nature est rompu ; elle n’est plus qu’un gisement de ressources à exploiter – et à épuiser.

Au fil des expériences de vie qui émaillent ce récit s’est imposée à Pierre Rabhi une évidence : seul le choix de la modération de nos besoins et désirs, le choix d’une sobriété libératrice et volontairement consentie, permettra de rompre avec cet ordre anthropophage appelé « mondialisation ».

Ainsi pourrons-nous remettre l’humain et la nature au coeur de nos préoccupations, et redonner, enfin, au monde légèreté et saveur.

Critique :
J’avais déjà entendu parler de Pierre Rabhi, mais sans plus et, une fois de plus, c’est à cause (grâce ?) de La Grande Librairie que j’ai découvert ce monsieur qui prône une sobriété dans nos sociétés de consommation.

Sa manière de penser m’avait interpellée et je voulais découvrir au moins un de ses ouvrages.

Heureusement que j’ai eu le temps de faire du stock de livres avant le confinement… No sobriété dans mes livres.

Je consomme donc je suis… Voilà en quoi on a réussi à nous transformer, en bétail consommant tout et rien et pensant que si nous n’avons pas, nous n’existons pas.

Si l’esclavage a été aboli, il est toujours présent dans nos pays, sous une autre forme, mais le travail à la chaîne en est un bel exemple, ainsi que nos « colons » allant prôner le travail en usine dans des petits villages qui s’en sortaient très bien avant notre arrivée.

Pourrait-on être heureux avec moins ? C’est ce qu’affirme Pierre Rabhi et je suis tentée de le croire, l’abus nuisant en tout et la profusion de biens n’étant pas synonyme de vie heureuse.

Nos placards sont remplis, les congélateurs aussi et la même question se pose tous les jours : qu’est-ce qu’on mange ? suivie d’un soupir parce que nous ne savons pas.

Je me souviens de ce que Philippe Lambillon des « Carnets du bourlingueur » (RTBF, télé Belge) disait un jour en parlant des petites épiceries dans un pays dont j’ai oublié le nom. Il nous disait qu’il n’y avait que deux produits : du thon et un autre aliment. La question du que mange-t-on ne se posait même pas, là-bas. Bizarrement, lorsqu’il revenait chez lui, devant ses armoires remplie de victuailles, il ne savait que choisir.

Au travers des souvenirs de son enfance, prenant l’exemple de son père, forgeron heureux qui dû devenir ouvrier d’usine sans avoir d’autre choix, l’auteur nous parle des sociétés de consommation, de ces gens qui pensent tout savoir mieux que tout le monde et qui pousse les sociétés à consommer comme si la Terre était sans-fond, sans limite…

Basculant de l’agriculture raisonnée à l’éducation des enfants et au respect de la femme, j’ai eu l’impression que ce petit livre aurait pu avoir des pages de plus afin d’entrer dans les détails, d’étoffer certains passages et de ne pas laisser l’impression que l’auteur devait tout dire en 150 pages de récit.

Son essai est copieux, dense et malgré le peu de page, il ne se lit pas d’une traite car il faut laisse le temps au cerveau d’assimiler le tout, tout en poussant notre propre réflexion au sujet de ses messages.

Même si je l’ai trouvé un peu court, j’ai eu matière à nourrir mon cerveau, à me questionner, à regarder autour de moi, à penser au mur dans lequel nous avons déjà foncé tête baissée, me demandant s’il n’est déjà pas trop tard pour enrayer l’iceberg que nous avons déjà tamponné allègrement.

Pour l’auteur, cela semble encore possible mais on sent dans ses propos que cela ne peut se faire sans y aller franco et il ne souhaite pas que cela se fasse dans la violence.

Non, ce petit roman qui parle d’écologie, de vie durable, de respect de la nature, des animaux, des Hommes, des enfants, n’est pas un ouvrage de greenwashing qui veut tout peindre en vert pour se donner bonne conscience. Ses paroles sont sensées, ses idées ne sont pas révolutionnaires mais pleines de bon sens.

C’est un petit ouvrage où j’ai souligné bien des passages et qui doit être relu un peu plus tard, à tête plus reposée, sans se presser, afin d’en digérer toute la philosophie. Sans compter qu’il faut des couilles et que ce n’est pas facile de vivre dans la sobriété heureuse alors que nous sommes au milieu de société de consommation…

L’émission de François Busnel m’a déjà fait découvrir quelques pépites qui m’ont sorties de mes sentiers battus littéraires. Elle a enrichi mon esprit mais mon bankster ne lui dit pas merci ! mdr

PS : en cherchant des illustrations pour ma chronique, je suis tombée sur les trucs polémiques autour de l’homme et de ses fondations. Mais cela, j’en ai pris connaissance après ma lecture et après rédaction de ma critique. Les polémiques n’entreront donc pas en ligne de compte. Même Mère Theresa avait des casseroles au cul…

Art Keller – Tome 02 – Cartel : Don Winslow

Titre : Art Keller – Tome 02 – Cartel

Auteur : Don Winslow
Édition : Seuil (08/09/2016) / Points (04/01/2018)
Édition Originale : The Cartel (2015)
Traducteur : Jean Esch

Résumé :
Dix ans après La Griffe du chien, Don Winslow revient avec un livre encore plus fort sur la montée en puissance des narco-empires.

2004. Adan Barrera, incarnation romanesque d’El Chapo, ronge son frein dans une prison fédérale de Californie, tandis qu’Art Keller, l’ex-agent de la DEA qui a causé sa chute, veille sur les abeilles dans un monastère.

Quand Barrera s’échappe, reprend les affaires en main et met la tête de Keller à prix, la CIA et les Mexicains sortent l’Américain de sa retraite : lui seul connaît intimement le fugitif.

La guerre de la drogue reprend de plus belle entre les différentes organisations, brillamment orchestrée par Barrera qui tire toutes les ficelles : la police, l’armée et jusqu’aux plus hauts fonctionnaires mexicains sont à sa solde.

Alors que la lutte pour le contrôle de tous les cartels fait rage, avec une violence inouïe, Art Keller s’emploie à abattre son ennemi de toujours.

Jusqu’où ira cette vendetta ?

Critique :
Je sens que le syndicat d’initiative du Mexique ne va pas afficher ce roman dans sa vitrine car il a dû faire fuir les touristes qui voulaient visiter les régions du Sonora, du Sinaloa, les villes de Ciudad Juarez, de Nuevo Laredo…

Maintenant, si vous êtes un narcotrafiquant… Libre à vous d’aller vous promener dans les rues, tant que le loup n’y est pas… Si les loups Barrera ou Ochoa y étaient, ils vous mangeraient ♫

Voilà un roman qui vous scotche les mains au papier, qui vous les rend moite, qui vous fait déglutir difficilement, vous tord les tripes et vous donne parfois envie de rendre le repas.

Réaliste, terriblement réaliste, horriblement réaliste. J’ai arrêté de compter les morts, comme les gens des villes qui, devant toute cette débauche de cadavres, les enjambaient sans y faire attention.

C’est incroyable, se dit-il, cette capacité qu’à l’être humain, ce besoin peut-être, d’instaurer un sentiment de normalité dans les conditions les plus anormales. Des gens vivent dans une zone de guerre, dans un état de menace permanente, et pourtant, ils continuent à faire les petits gestes quotidiens qui constituent une vie normale.

Ça jette un froid, la banalisation de la mort telle que celle décrite dans le roman. Apparemment, on s’habitue à tout, même aux assassinats de masse et aux corps jonchant les rues. Tant que ce n’est pas le sien ou un proche, on banalise et on avance, le dos courbé pour ne pas se faire avoir aussi.

Il contemple les corps dépiautés – manière choisie par Adán Barrera pour annoncer son retour à Nuevo Laredo – en songeant qu’il devrait être plus affecté. Des années plus tôt, son coeur s’était brisé devant le spectacle de dix-neuf corps, et aujourd’hui, il ne ressent rien. Des années plus tôt, il pensait ne jamais voir un spectacle plus atroce que le massacre à la mitrailleuse de dix-neuf hommes, femmes et enfants. Eh bien, il avait tort.

879 pages de noirceur sans nom, ça pourrait paraître indigeste mais ça ne l’est jamais, même si, pour votre santé mentale et votre petit cœur, des pauses lectures des « Aventures de Oui-Oui » sont recommandées…

On peut vraiment résumer ce roman noir par « Le guerre et paix au pays des cartels », car comme toutes les guerres, ça commence par des territoires que l’on veut garder, agrandir, conquérir et par des jeux d’alliances subtils car il s’agit de ne pas jouer le mauvais cartel… Votre vie en dépend.

N’oubliez jamais que les amis du matin peuvent ne plus l’être à midi, que votre cousin peut vous la mettre profond (la dague dans le dos), que votre femme/maîtresse peut aussi vous donner à l’ennemi.

À se demander d’ailleurs pourquoi tout le monde veut faire narcotrafiquant car on n’y fait jamais de vieux os et on a beau être plus riche que Crésus, on vit comme un réfugié, changeant de planque régulièrement, se méfiant de tout le monde, regardant toujours derrière son épaule.

Une fois de plus, avec Winslow, les personnages ne sont ni tout à fait blanc, ni tout à fait noir, ni même tout à fait gris…

Barrera, le patrón, semble correct, niveau narco : il ne tue pas les femmes, ne les viole pas, fait son trafic de drogue sans toucher aux civils. Sympa, le mec, non ? Oui, mais, dans « La griffe du chien« , il a balancé deux gosses du haut d’un pont après avoir tué leur mère. Et pas que ça…

Le chef des Zetas n’a pas de principes, c’est un salopard de la pire espèce mais il n’est pas le seul coupable, d’autres le sont aussi, dont les États-Unis… Eux non plus ne sortent pas grandis de ce roman, ils ont été rhabillé pour tous les hivers.

Quant au Mexique, ses habitants de lamentent qu’il ne soit plus connu que pour les cartels de la drogue et les massacres que pour ses monuments, ses places, son Histoire et que les « célébrités » ne soient plus les écrivains, les acteurs, les producteurs maisles narcos et des tueurs psychopathes dont l’unique contribution à la culture sont des narcocorridas chantées par des flagorneurs sans talents.

Lorsque l’on mange à la table du diable, il faut une grande cuillère et si Art Keller veut arriver à ses fins, la fin justifiera les moyens et il ira s’asseoir à la table car il n’a rien d’un Monsieur Propre, lui aussi a un portrait nuancé, mais réaliste, comme tous les autres.

Quand la secrétaire annonce à Tim Taylor qu’un certain Art Keller souhaite le voir, la nouvelle provoque l’enthousiasme réservé généralement à une coloscopie.

D’ailleurs, on ne peut s’empêcher d’apprécier Keller, même s’il se salit les mains d’une manière qu’il ne voulait sans doute pas. Parfois, pour obtenir une chose, il faut fermer les yeux sur d’autres choses, peu reluisantes. La fin justifie les moyens.

De la corruption, de la corruption, et encore ce la corruption… C’est ce qui fait tourner le monde, tout le monde ayant un prix et même si vous en voulez pas tremper dans la corruption, quelques menaces et tout de suite, le ton change. Vous acceptez ou vous mourez. Ou un de vos proches mourra.

Audiard le disait déjà : Dans les situations critiques, quand on parle avec un calibre bien en pogne, personne ne conteste plus. Y’a des statistiques là-dessus.

J’ai eu mal pour ce pauvre journaliste Pablo Mora, victime d’un dilemme insoluble, j’ai eu mal pour toutes ces petites gens, pris entre deux feux, sans avoir eu le choix, et qui se font assassiner pour leur appartenance à un cartel ou l’autre, même s’ils n’avaient pas choisi mais avaient subi.

Un roman noir qui ressemble à une enquête grandeur nature sur le monde des cartels, sur leur manière d’agir, de faire, de corrompre tout le monde. Un roman violent, très violent où les morts sont plus nombreux que dans GOT.

Un roman sur tout ces sans-noms qui sont morts dans l’indifférence de tous car ils étaient Mexicains. Un roman qui fait mal au bide, qui donne des sueurs froides, qui vous donne envie de remercier le ciel ou qui que soit de vous avoir faire naître en Belgique ou en France et pas dans une région infestée par les cartels.

Un roman noir qui coupe le souffle, un roman noir sur la vengeance, sur la conquête d’un trône fait de poudre blanche ou de cristaux bleus, sur les coups bas, les assassinats, les découpages d’êtres humains, le muselage de la presse et autres joyeusetés.

Don Winslow était attendu au tournant pour ce deuxième tome et il m’a semblé encore plus brillant que le premier. Son ton est toujours cynique, sans emphase, piquant et sans illusions aucune.

Toutes ces vérités assénées à coup de matraque, de flingue, tout ce que l’on nous cache, tout ce dont on ne nous parle pas aux J.T, tout se dont on se fout puisque nous ne nous sentons pas concerné. Toutes nos croyances sur la drogue et le monde qui l’entoure, sur la guerre contre les cartels qui n’en est pas une et toutes ces armes qu’on leur a fourni en pensant les combattre.

Vous êtes coupables de meurtres, vous êtes coupables de tortures, vous êtes coupables de viols, d’enlèvements, d’esclavagisme et d’oppression, mais surtout, j’affirme que vous êtes coupables d’indifférence. Vous ne voyez pas les gens que vous écrasez sous votre talon. Vous ne voyez pas leur souffrance, vous n’entendez pas leurs cris, ils sont sans voix et invisibles à vos yeux, ce sont les victimes de cette guerre que vous perpétuez pour demeurer au-dessus d’eux. Ce n’est pas une guerre contre la drogue. C’est une guerre contre les pauvres.

Vous qui entrez dans ce roman, abandonnez toutes illusions. Mais bon sang, quel pied littéraire, quel rail de coke !

Certains lieux sont habités par l’horreur, elle s’infiltre dans les murs, elle envahit l’atmosphère, et son odeur vous suit après votre départ, comme si elle voulait entrer par les pores de votre peau, jusque dans votre sang, votre cœur.
Le mal à l’état pur.
Le mal au-delà de tout espoir de rédemption.

Pour ma première lecture de 2020, j’ai choisi un pavé qui a été lourd à porter, tant il est obscur, sans lumière, sans possibilité de happy end.

Un coup de poing dans ma gueule, dans mon ventre, une lecture dérangeante, mais addictive et éclairante. Là, on a déjà mis la barre très haute et il se retrouvera dans mes livres qui comptent pour l’année 2020.

Le Mexique est devenu un gigantesque abattoir. Et tout ça pour quoi ? Pour que les Nord-Américains puissent se défoncer.
De l’autre côté du pont se trouve le marché gigantesque, l’insatiable machine à consommer qui fait naître la violence ici. Les Américains fument l’herbe, sniffent la coke, s’injectent l’héroïne, s’enfilent de la meth, et ensuite ils ont le culot de pointer le doigt vers le sud, avec mépris, en parlant du « problème de la drogue et de la corruption au Mexique ».
Mais la drogue n’est plus le problème du Mexique, se dit Pablo, c’est devenu le problème de l’Amérique du Nord.
Quant à la corruption, qui est le plus corrompu ? Le vendeur ou l’acheteur ? Et quel degré de corruption doit atteindre une société pour que sa population éprouve le besoin de se défoncer afin d’échapper à la réalité, au sang versé, et aux souffrances endurées par ses voisins ?

Enlevez la foi à un fidèle, la croyance à un croyant, qu’obtenez-vous ? Le plus acharné des ennemis.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°141.

La légende de Santiago : Boris Quercia

Titre : La légende de Santiago

Auteur : Boris Quercia
Édition : Asphalte Noir (11/10/2018)
Édition Originale : La sangre no es agua (2019)
Traducteur : Isabel Siklodi

Résumé :
Rien ne va plus pour Santiago Quiñones, flic à Santiago du Chili. Sa fiancée Marina ne l’aime plus, ses collègues policiers le méprisent, et il est rongé par la culpabilité depuis qu’il a aidé son beau-père, gravement malade, à mourir.

Aussi, quand il tombe sur le cadavre d’un trafiquant dans un resto chinois, son premier réflexe est d’empocher la demi-livre de cocaïne pure qu’il trouve également sur les lieux.

Un coup de pouce bienvenu pour traverser cette mauvaise passe, d’autant qu’on vient de lui confier une enquête sensible sur des meurtres racistes…

Mais ce faux pas ne va pas tarder à le rattraper.

Critique :
Me voici revenue du Chili où j’ai été enquêter sur des crimes lâches avec Santiago Quiñones.

Au passage, j’ai sniffé de la coke, subit un tremblement de terre, pris des coups dans la gueule, euthanasié son beau-père avec un coussin, cassé la gueule d’un pauvre innocent, et j’en passe.

– Toi, Santiago, quand tu fous la merde, tu ne la fous pas qu’à moitié.

C’est comme ça lorsqu’on suit les pas de Santiago Quiñones, on ne sait jamais trop dans quoi on va s’embarquer, juste que ce sera un truc assez barge, à la limite de la légalité, qu’on passera la ligne rouge de nombreuses fois car notre flic n’en est pas à une près. Je connais l’animal, ce n’était pas ma première.

Un clou chasse l’autre. Il y a toujours quelqu’un de plus méchant que toi, qui par comparaison te donne l’impression d’être un ange.

Niveau enquête, on ne peut pas dire non plus qu’on s’est foulé, Santiago et moi… Pas trop vite les gars, on ne se cherche pas du boulot non plus. Que les petits jeunes se fassent les dents sur les enquêtes, ils ne sont pas encore blasés, eux…

Moi, ça m’est égal, ils sont jeunes, ils débutent. Je demande à les voir dans quelques années, quand ils auront de la bedaine, quand ils éviteront de se mouiller, quand ils trahiront leurs propres principes et seront corrompus comme tout le monde. Mais je ne serai plus là pour le constater. Je serai certainement déjà quelques pieds sous terre, et cette enquête n’y changera rien.

Santiago Quiñones est un flic chilien qui n’entre dans aucune catégorie… Oubliez les fins limiers tels Sherlock Holmes, Hercule Poirot, Columbo et même Navarro, notre policier n’a rien reçu en héritage de ceux-là.

Les promotions ne sont pas pour lui, il est bordeline, ne s’embarrasse pas avec les règlements, sniffe de la coke volée, trompe sa femme, est un électron libre, vous montre un visage impassible en toutes circonstances et est poursuivi par sa « légende noire », comme il l’appelle.

« Je suis la pomme pourrie dans le panier, personne ne veut rester dans mes parages. Je suis l’exemple même du flic raté, qu’on montre du doigt aux nouveaux. Pour recadrer un petit jeune, j’ai entendu un collègue dire : « Si tu continues comme ça, tu vas finir comme Quiñones. » Je suis une légende, ils me croient capables de tout, et comme souvent dans les légendes, tout est faux. »

Peut-être que tout aurait été différent si je n’avais pas laissé les petits jeunes jouer aux détectives. Je serais allé droit au but, en commençant par passer les menottes au suspect et l’attacher à la cuisinière avant même de lui demander son nom. Mais c’est justement ce genre de réflexes qui m’ont toujours empêché de grimper les échelons. Je ne voulais pas en rajouter avec ma légende, je les ai laissés faire pour qu’ils apprennent le métier.

On ne se plonge pas dans un récit de Boris Quercia pour lire une enquête policière digne de ce nom : son flic est blasé, il n’enquête pas trop fort pour certains délits, bien que pour d’autres, il soit prêt à tuer les coupables, mais ce n’est pas en surchargeant ses narines de poudre blanche qu’on résout une affaire.

En fait, on lit l’auteur pour découvrir un portrait de la ville de Santiago du Chili comme aucun Tour Opérateur ne vous montrera. Avec Quiñones pour guide, on passe de l’autre côté du décor de carte postale et on explore les faces cachées et sombres de la faune chilienne.

Le Chinois a trois fils, tous délinquants – ils doivent avoir repris le flambeau. Un banal changement de gérance. Tant qu’il y aura des acheteurs, il y aura des vendeurs. À quoi ça sert de mettre en taule le dealer de service ? À rien, il sera remplacé par un autre et tout continuera comme d’habitude, eux qui trafiquent et nous à leurs trousses. C’est l’heure de la récré, on va tous dans la cour jouer aux gendarmes et aux voleurs.

Dans ce pays, c’est pas la modestie qui nous étouffe. Tout le monde sait comment améliorer notre économie, mais bizarrement, ça continue d’aller mal.

La première fois qu’on lit Quercia, on pourrait être perturbé par ses multiples retours en arrière afin d’explorer la vie de ses personnages, mais une fois qu’on a pris le pli (il vient très vite), on s’amuse de cette manière de faire redescendre l’adrénaline et de faire durer le suspense.

Pas de temps mort, même lorsque notre flic est face à sa mère qui ne se remet pas de la mort de son second mari, même face à ses problèmes avec son demi-frère qu’il vient de rencontrer ou face à ses aventures sexuelles assez folles (on est vachement plan-plan face à Santiago !!) ou ses soucis avec le contrôle anti-dopage.

Elle met de la poudre sur ma bite, dure comme un bâton. Elle ressemble à un beignet couvert de sucre glace.
Ensuite elle revient sur moi, me montrant son dos, et guide doucement ma bite jusqu’à son cul. Elle m’enfourche petit à petit et je rentre en elle doucement jusqu’à ce que ses fesses se posent sur mes hanches. On reste un moment comme ça, sans bouger. Angélica gémit. On ne bouge pas, mais elle me serre puis relâche à l’intérieur et c’est comme si elle me suçait. La coke se mêle à notre sang comme si des milliers de points traçaient des lignes de plaisir qui vont jusque dans ma tête. Angélica gémit encore et commence à bouger doucement en avant et en arrière, jusqu’à ce que j’explose en elle.

« Elle ne m’a jamais laissé l’enculer, il me dit, complètement bourré, un peu amusé et à la fois désemparé.
– C’est parce que tu ne bandes pas, gros lard… »

C’est toujours avec brio que l’auteur relance la machine, sans qu’elle s’essouffle et sans faire d’esbroufe car les emmerdes qui surgissent dans la vie de Santiago suffisent à alimenter la machine, le tout pimenté de soucis avec un peu tout le monde, que ce soit des bandits, des flics, sa mère ou des femmes un peu trop fatales.

Coucher avec Angélica de temps en temps réveillait mon amour pour Marina. Évidemment, il est impossible d’expliquer ça à ta femme.

Les 250 pages passent trop vite et on se surprend, au moment de tourner la dernière page, d’en redemander encore un peu plus. Merde, c’est fini…

Un roman brutal, sombre, violent, dont le personnage principal par en long dérapage incontrôlé et voit sa vie de merde partir en couilles sans qu’il ne puisse rien faire d’autres que de s’enfoncer un peu plus dans les ennuis car c’est plus fort que lui, Santiago a un côté destructeur.

Un flic torturé, déglingué, cynique, sarcastique, adepte de sexe et de coke, sans oublier les cigarettes et qui voit sa ville changer sous ses yeux, avec l’augmentation de la pédophilie, la montée de la xénophobie et des extrémistes en tout genre, prêt à tout pour rendre le Chili aux Chiliens.

Il nous insulte copieusement et nous sort le typique « vous ne savez pas à qui vous avez affaire », ainsi que l’autre grand classique de ceux qui regardent beaucoup la télé : « Je veux parler à mon avocat. » Il me gonfle tellement que je lui lance :
« Ton costume nazi, il est dans le coffre ? Ou c’est ton petit noir qui te le repasse ? »

C’est fantastique d’être chef, on peut dire une chose un jour et son contraire le lendemain, et ça passe crème. On ne demande de la cohérence qu’aux subalternes.

Allez, je pourrai encore un peu profiter de mon flic borderline avec le premier tome de la trilogie, le seul que je n’aie pas encore lu (Les rues de Santiago).

Personne n’a jamais rien fait, personne n’est jamais coupable de rien. Tout le monde a toujours de bonnes raisons, des politiciens véreux aux pédophiles. Les premiers disent que c’est la seule façon de financer la politique, les seconds que les enfants les ont provoqués, mais ils sont tous innocents, c’est toujours les circonstances.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Ce qu’il nous faut, c’est un mort : Hervé Commère

Ce qu'il nous faut, c'est un mort - Hervé Commère

Titre : Ce qu’il nous faut, c’est un mort

Auteur : Hervé Commère
Édition : Fleuve Editions (2016)

Résumé :
Trois garçons pleins d’avenir roulent à flanc de falaise.

C’est la nuit du 12 juillet 1998, celle d’I will survive. Ce que la chanson ne dit pas, c’est à quel prix.

Les Ateliers Cybelle emploient la quasi-totalité des femmes de Vrainville, Normandie. Ils sont le poumon économique de la région depuis presque cent ans, l’excellence en matière de sous-vêtements féminins, une légende – et surtout, une famille.

Mais le temps du rachat par un fonds d’investissement est venu, effaçant les idéaux de Gaston Lecourt, un bâtisseur aux idées larges et au cœur pur dont la deuxième génération d’héritiers s’apprête à faire un lointain souvenir. La vente de l’usine aura lieu dans l’indifférence générale.

Tout le monde s’en fout. Alors ce qu’il faudrait, c’est un mort.

De la corniche aux heures funestes de Vrainville, vingt ans se sont écoulés. Le temps d’un pacte, d’un amour, des illusions, ou le temps de fixer les destinées auxquelles personne n’échappe.

empreinte2Critique :
Comment dévorer un roman tout en dégustant chacune de ses phrases, tout en mastiquant avec plaisir chacun de ses mots ? Et bien, ce roman est un bel exemple…

Je l’ai dévoré mais je ne l’ai pas bâfré. Chaque phrases, chaque mot, chaque personnage a été lentement mâché, savouré, avalé, digéré.

Coupe du monde 98, je m’en souviens et à la fin, les « Et 1, et 2, et 3 zéro ! » balancés à tout bout de champ m’avaient soulé !

Rassurez-vous, l’auteur ne vous rabattra pas les oreilles avec cette Coupe du Monde, même si les faits qui auront cours durant cette nuit de folie auront des conséquences dans le futur et que nous retrouverons tous les personnages de cette folle nuit-là

Ce roman nous présente des destinées, des vies qui basculent dans l’horreur, dans le bonheur, des vies qui commencent, qui se terminent, qui seront marquées à jamais…

Il nous parle aussi de l’histoire d’un homme, Gaston Lecourt, créateur des Ateliers Cybelle, qui, au sortir de la Grande Guerre, eu l’idée de fabriquer des sous-vêtements féminins accessibles à toutes.

— Les Ateliers Cybelle sont une petite manufacture de bonneterie, spécialisée dans la confection de soutiens-gorge et de culottes.

De son entreprise qu’il fit prospérer, des emplois qu’il fournit à la quasi-totalité du village de Vrainville (tout près de Dieppe) et dont ses héritiers vont tout foutre en l’air.

Un grand-père qui l’a crée, un fils qui l’a faite tourner et un petit-fils qui veut la liquider à un fonds de pension amerloque… Comme d’habitude…

Cet avocat, donc, a commencé son œuvre, envoyant à Maxime et à d’autres des lettres de licenciement, sapant en quelques semaines à peine ce que Gaston Lecourt puis Marcel avaient si patiemment bâti.

Ici, nous sommes face à des personnages forts et bien travaillés, attachants, qui évoluent, qui ne sont ni tout noir, ni tout blanc et dont nous n’avons pas encore idée de comment ils vont arriver à se retrouver 18 ans plus tard, mais je vous rassure de suite, l’auteur savait ce qu’il faisait et le tout est bien amené.

D’ailleurs, ses personnages, on pourrait presque les toucher tant ils sont crédibles. Ou les embrasser, tant on va les aimer, ou avoir envie de les baffer, pour certains…

Ce que j’ai ressenti, c’est de l’émotion, en vrac. Des émotions fortes, des plus tristes, des agréables, de la tension, des moments plus tendres, du rire, du chagrin et une horrible sensation de déjà-vu avec la fermeture programmée d’une usine et sa probable future délocalisation dans un pays où la main-d’œuvre est ultra bon-marché.

Est-ce un roman noir ? En tout cas, il est social avec cette fermeture d’entreprise et tout un village qui risque de plonger dans le chômage, la misère, les ceintures qui vont devoir se serrer et le fait que personne n’en parle dans les médias vu que les entreprises, elles se ferment à la pelle et que tout le monde s’en fout tant qu’il n’est pas concerné directement.

L’auteur nous conte ici une formidable histoire, une histoire qui a débuté après la Première Guerre Mondiale, une histoire de société sur un siècle, une histoire qu prends aux tripes, une histoire qui nous emporte, une histoire qui nous marque, une histoire qu’on dévore tout en la savourant.

Une histoire contemporaine, une histoire qui parle de la vie des gens, des combats qu’ils peuvent mener pour sauver leur gagne-pain, prêts à tout s’il le faut, ou prêt à courber l’échine ainsi que ceux qui aiment diviser pour mieux régner, à la limite de la légalité, mais légalement quand même.

Ce jeune homme est avocat spécialisé dans le droit du travail et s’est donné pour mission de purifier les entreprises qui le mandatent.
— Toujours dans la légalité, précise-t-il.
Le plus souvent, dans ses limites les plus obscures.

Pour tout dire, il est assez surpris, presque déçu. Vrainville, Cybelle, les Ateliers, l’esprit de corps et la légende, tout cela s’annonçait délicat. Tout cela se révèle au final en tout point conforme à ce qu’il voit partout où il œuvre. Les gens ne sont pas différents ici, quoi qu’ils en aient eux-mêmes toujours pensé. Ils sont aussi seuls et peureux qu’on l’est partout, tremblant pour leurs vies minuscules.

Une plume qui sait si bien retranscrire les sentiments et les défauts humains, sans pour autant faire de manichéisme ou tomber dans la facilité. Une plume qui gratte là où ça fait mal, une plume sans concession, une plume qui ne fait que nous débiter des vérités qu’on a un peu trop tendance à oublier…

— Il faut vous faire une raison, les cocos, dit Fabrice. On est des envahisseurs ! On est là pour manger dans leur gamelle, prendre leurs femmes, leur boulot ! Le chômage, c’est ça. La pauvreté, c’est ça. Tant que tout va bien, tout va bien. Mais aux premiers soucis, vous serez les premiers sur la liste. Et moi aussi. Enfin, juste après.

— Je veux dire que les gens sont petits, explique-t-il en posant ses couverts à son tour. On les prend tellement pour des cons qu’ils finissent par le devenir. Ils se font tout petits. On les rend petits. Ils se replient sur eux-mêmes, sur ce qu’ils connaissent. Ils redeviennent des animaux très vite.

— Tu sais bien que le racisme est débile, dit-il à Françoise. C’est tellement débile qu’il suffit d’être sympa pour que les gens, d’un coup, pensent que tous les Noirs le sont. Ça marche dans les deux sens.

Je pense que moi aussi je vais embrasser Hervé Commère si je le croise et le remercier pour ce putain de bon roman qui, du fait qu’il était choral, nous a donné un aperçu des pensées et des blessures de chacun.

Étoile 4,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016).

Nous étions les hommes : Gilles Legardinier

Nous étions les hommes - Legardinier - EmpruntTitre : Nous étions les hommes                                     big_3-5

Auteur : Gilles Legardinier
Édition : Pocket (2014)

Résumé :
C’est l’une des plus fascinantes énigmes qui soit. Sur notre planète, il existe plus de 1800 espèces de bambous. Chaque fois que l’une d’elles fleurit, tous ses spécimens, où qu’ils se trouvent sur Terre, le font exactement au même moment. Ensuite, l’espèce meurt. Personne ne sait expliquer ce chant du cygne, ni l’empêcher.

Aujourd’hui, l’homme va peut-être connaître le même sort. Arrivé lui aussi à son apogée, il risque de disparaître…

Dans le plus grand hôpital d’Édimbourg, le docteur Scott Kinross travaille sur la maladie d’Alzheimer. Associé à une jeune généticienne, Jenni Cooper, il a découvert une clé de cette maladie qui progresse de plus en plus vite, frappant des sujets toujours plus nombreux, toujours plus jeunes.

Leurs conclusions sont aussi perturbantes qu’effrayantes. Si ce fléau l’emporte, tout ce qui fait de nous des êtres humains disparaîtra. Nous redeviendrons des animaux.

C’est le début d’une guerre silencieuse dont Kinross et Cooper ne sont pas les seuls à entrevoir les enjeux. Partout sur la Terre, face à ceux qui veulent contrôler le monde et les vies, l’ultime course contre la montre a commencé…

« Alzheimer est à l’esprit ce que le cancer fut longtemps au corps ».

SKULL - Game OverCritique : 
Legardinier m’avait fait rire et pleurer avec « Et soudain, tout change » et je me demandais ce qu’il pouvait valoir dans un thriller scientifique. Il ne m’a pas déçu ! Même s’il ne m’a pas fait pisser de rire…

À sa décharge, il faut préciser que le sujet traité ici ne se prêtait pas à des comiques de situations puisqu’il nous parle de la maladie d’Alzheimer…  Et si vous ne savez pas ce que c’est, je vous conseille d’aller consulter de toute urgence !

Heu… de quoi je vous parlais, moi, déjà ? D’un truc qui m’avait bien plus mais je ne me souviens plus trop bien.

Ah oui, un roman sur la maladie d’Aloïs Alzheimer ! Bon, on ne lui décernera sans doute pas le grand prix de littérature, mais le roman était plaisant et j’ai passé un bon moment de lecture. What’else ?

Les personnages principaux étaient agréables, sans prétentions aucunes, ne se prenant pas pour des barbouzes, mais avec lesquels il fait bon passer quelques 300 pages.

Le professeur Scott Kinross et la généticienne Jenni Cooper sont des gens avec qui l’on aurait envie d’aller manger un morceau à Édimbourg, leur ville. Davis Hold aussi, surtout qu’il souffle le chaud et le froid et que ne sait pas toujours de quel côté il penchera : froideur ou chaleur.

L’intrigue est bien mise en scène, on alterne les chapitres avec des protagonistes différents, on se demande comment le tout va se goupiller, le suspense monte à son aise avant que tout ne se rejoigne à un moment donné pour un final explosif.

La description des détails de la maladie qui nous fait régresser à un stade animal ne sont pas indigestes à lire et j’ai pris plaisir à en apprendre un peu plus.

« Quand je vois ces gens qui ont oublié leur nom et qui vous font des divisions à huit chiffres de tête, ou ceux qui ont perdu l’esprit et qui peuvent vous décrire avec une précision photographique un lieu où ils sont allés des années plus tôt… il y a de quoi se poser des questions sur notre cerveau ? »

Sans que l’on soit à un rythme de deux cent à l’heure, les pages se tournent assez vite parce que je n’ai jamais ressenti un ennui quelconque, même dans les phases calmes.

Quelques touches d’humour malgré tout, du suspense, du mystère, des tueries étranges, des méchants qui ont des envie de jouer à Dieu (dans sa version « Grande Faucheuse ») avec leurs théories à la mords-moi-le-zob, comme tous les grands Méchants mégalos… Bref, de multiples ingrédients pour une recette qui marche niveau divertissement.

« La masse grouillante des humains détruit tout dès qu’elle n’est pas occupée à se détruire elle-même. Les peuples pillent la nature, affament ceux qu’ils dominent en attendant de subir le même sort face à de plus puissants qu’eux. Ils veulent tout mais ne savent même plus quoi ».

« Notre espèce ne mérite pas d’être sauvée à tout prix. Maintenir chaque être humain en vie, lui permettre de se reproduire sans limite va nous mener à notre perte. Les gens ont perdu le sens des choses. Pour eux, la vie est un dû et ce monde est leur parc d’attractions. Ils ne se rendent même pas compte de ce qu’ils détruisent ! « 

L’auteur en profite au passage pour nous asséner des vérités et enfoncer quelques clous, le tout servi par une écriture agréable, sans fioritures et sans chichis.

« Un homme que j’admire beaucoup m’a appris que se surestimer est le meilleur moyen de ne rien découvrir d’autre que son propre orgueil ».

« La maladie est un marché économique comme un autre. Les labos ne sont plus là pour soigner, ils sont là pour vendre ».

« À la base, les brevets ont été créés pour favoriser le progrès tout en protégeant les inventeurs. Les États garantissent la paternité de la découverte tout en la rendant obligatoirement publique afin qu’elle puisse profiter au plus grand nombre. Pourtant, cette excellente idée a été pervertie. Avec un cynisme redoutable, tout a été transformé pour faire de l’argent et rien d’autre ».

« On est immanquablement conduit à s’interroger sur ce que les hommes font de ce qu’ils découvrent.Vous pouvez leur donner les plus fabuleuses inventions, ils en font toujours des armes, des outils d’asservissement et de domination ».

Un récit bien dense, une lecture divertissante, des infos sur une maladie dont j’oublie le nom et des faits réels mélangés de fiction. Une réussite.

Par contre, je ne sais plus ce que je fais là, ni qui je suis… Oups !

« Il n’est de prodige que dans l’œil de celui qui ne sait pas ».

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).

CHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (2)