La rumeur : Lesley Kara [LC avec Bianca]

Titre : La rumeur

Auteur : Lesley Kara
Éditions : Les Escales (23/01/2020) / 10/18 (21/01/2021)
Édition Originale : The Rumour
Traduction : Clara Gourgon

Résumé :
Nourrissez la rumeur…Puis regardez-la vous engloutir.

Parmi les habitants de la petite station balnéaire de Flinstead se cacherait, sous une fausse identité Sally McGowan, une femme coupable d’avoir poignardé un petit garçon alors qu’elle n’avait que dix ans.

C’est ce que dit la rumeur, celle que Joanna répand, sans penser à mal, simplement pour faire la conversation et s’intégrer auprès de ses nouvelles voisines.

Mais la machine s’emballe et la tranquille petite ville est gagnée par la paranoïa. Joanna ne voit qu’une solution : enquêter pour découvrir la vérité. Mais le danger est déjà si proche…

Critique :
Vous savez quel joli nom on donne à une bite, en France ? Non ? On l’appelle « la rumeur » car elle grossit de bouche en bouche…

Gaffe lorsque ça éclate… Ça éclabousse un peu partout et ça tache, la rumeur.

Une rumeur, c’est aussi des graines que l’on sème à tous vents et qui, emportées par lui, se déposent n’importe où, prenant racine ou pas, se développant ou restant au stade larvaire, avant de, qui sait, recevoir le petit coup de pouce du destin pour pousser d’un coup.

L’être humain adore les ragots et rien de plus amusant que d’écouter les rumeurs et de les colporter. Rien de mieux, devant la machine à café, devant l’école des enfants, au supermarché du coin que de commencer sa phrase par un « Vous ne devinerez jamais ce que j’ai entendu »…

Le mensonge ayant le temps de faire le tour de la Terre avant que la vérité n’ait enfilé ses chaussures, les rumeurs peuvent faire énormément de dégâts, même si elles s’avèrent fausses car ne dit-on pas qu’il n’y a pas de fumée sans feu ? Et puis, entre nous, les rumeurs sont toujours plus fun que les vérités.

Ce roman, j’ai eu du mal au commencement, les 6 premiers chapitres furent presque un calvaire tant je n’arrivais pas à entrer dans le roman, à m’attacher aux personnages, à tel point que si je n’avais pas été en LC avec Bianca, j’aurais stoppé ma lecture.

Erreur à ne pas faire ! Parce que si j’avais stoppé net, je n’aurais pas vécu des twists finaux de dingue, ni suspecté tout le monde, en ce compris le chien (oui, quand je suspecte, moi, je ne fais pas les choses à moitié, j’y vais à fond – mdr) et je ne me serais pas pris tout ça dans la gueule. Oui, il aurait été dommage de le stopper.

Pourtant, malgré qu’après le chapitre 7, on commence à entrer plus vite dans le vif du sujet et que l’histoire s’étoffe et nous retienne dans ses filets, j’ai toujours eu du mal à éprouver de la sympathie pour les différents personnages, même la principale, Joanna, qui, voulant se faire accepter des autres femmes, propage sans penser à mal une rumeur qu’elle avait entendue.

D’habitude, ceux ou celles qui propagent des rumeurs ne sont jamais punis, mais notre Joanna, elle, va regretter amèrement d’avoir fait radio langue de pute, parce que les évènements vont s’enchainer et lui montrer la toute puissance de la méchanceté humaine, associée à sa vieille complice, la connerie humaine !

La boîte de Pandore est ouverte et on ne sait jamais où les spectres du crétinisme extrême vont frapper. Sous le coup des émotions, les gens font et disent n’importe quoi et à l’époque des réseaux sociaux, on dépasse les frontière des villages, des villes, des écoles,…

À force de suspecter tout le monde et n’importe qui, à un moment, la lumière s’est faite dans mon esprit et j’ai compris… Oui, mais non, je n’avais pas encore tout compris et l’auteure en avait gardé sous la pédale pour mieux me scotcher à son roman.

Il est dommage que jamais je n’ai ressenti d’empathie pour les différents personnages et peu d’émotions. J’ai eu ma dose de mystères, de suspense, de retournements, de twists, je suis même repue, mais un soupçon d’émotion n’aurait pas été du luxe et m’aurait permis de vivre le texte au lieu de juste le lire.

Malgré tout, je suis contente d’avoir lu ce roman avec ma copinaute Bianca qui, si elle n’a jamais suspecté le chien, fut comme moi : dans le brouillard le plus épais avant que le voile ne se déchire. Dire que nous avons aimé notre lecture n’est pas une rumeur, mais la vérité.

♫ C’est quelqu’un qui m’a dit, que… ♪ (juste pour emmerder mon monde avec une ritournelle qui restera dans votre tête toute la journée).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°212], Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°38 – FIN] et Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°05].

Grands anciens – Tome 2 – Le dieu poulpe : Jean-Marc Lainé et Bojan Vukic

Titre : Grands anciens – Tome 2 – Le dieu poulpe

Scénariste : Jean-Marc Lainé
Dessinateur : Bojan Vukic

Édition : Soleil Productions 1800 (26/05/2011)

Résumé :
Nouvelle-Angleterre, 1850. Le jeune Ishmaël écoute avec incrédulité le récit que lui fait Herman Melville…

L’écrivain lui conte l’aventure fantastique d’un capitaine baleinier, Achab, embarqué pour une campagne qui l’entraînera aux confins des océans de la folie !

Ainsi que le destin de ce marin au corps couvert de cicatrice, qui sera peut-être le dernier espoir des matelots du Pequod.

Ishmaël ne croit pas ce que Melville lui raconte. Il ne croit pas à la folie du survivant d’un naufrage passé, qui délire et parle dans une langue qu’aucun humain ne connaît.

Et il ne croit pas à l’apparition de ce monstre tentaculaire qui envoie les navires par le fond. Ishmaël ne croit pas à la légende du Kraken.

Critique :
J’avais eu peur que le second tome ne fasse pchiiittt après un premier que j’avais apprécié, mais il n’en fut rien.

Mes attentes étaient de passer un moment de folie en mer, avec des marins courageux, un monstre horrible qui se nomme kraken, Cthulhu et de voir quel rôle on allait réserver à l’homme au mille cicatrices…

Mes attentes n’ont pas été déçues, j’ai vibré, j’ai admiré les beaux dessins, les détails, les couleurs superbes et cela m’a évité d’avoir mal au cœur sur la mer en furie (de vomir mon quatre heure et mon midi aussi).

Les puristes diront qu’on prend ses aises avec le roman de Moby Dick, avec le mythe du Chtulhu, même avec celui de la créature, mais puisque je ne voulais pas me prendre la tête, je ne me la suis pas prise.

On a de l’action, du rythme, même si on est coupé dans notre élan par Melville qui raconte cette histoire au jeune Ishmaël qui n’en croit pas un mot, bien entendu et qui lui annonce que le public ne voudra jamais d’une histoire pareille.

Peu de répit durant la lecture, un combat titanesque entre les hommes du Péquod, commandé par le Capitaine Achab, qui fait une fixette sur le kraken…

Les combats sont bien lisibles, les dessins de Bojan Vukic sont magnifiques et ma foi, il ne manquait plus que les éclaboussures d’eau, les embruns et l’odeur de poisson avarié du poulpe Cthulhu pour avoir l’impression d’y être.

Comme le match allé s’est soldé par un nul partout, avec des blessés, on aura droit au match retour entre Poulpy et Achab, avec une recrue de choix en la personne de monsieur cicatrices.

Faut pas chercher de la profondeur, il y en a peu, mais niveau action et rythme, on est servi car pas de répit pour Poulpy ! De plus, cela donne un bonne explication à la traque de folie que Achab livrera dans le futur roman de Melville.

À lire sans se prendre la tête tout en mangeant du poulpe grillé afin d’être dans le thon de l’album.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°180], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°39] et le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°06].

Mister Hyde contre Frankenstein – Tome 2 – La chute de la maison Jekyll : Dobbs et Antonio Marinetti

Titre : Mister Hyde contre Frankenstein – Tome 2 – La chute de la maison Jekyll

Scénariste : Dobbs
Dessinateur : Antonio Marinetti

Édition : Soleil 1800 (25/10/2020)

Résumé :
Après avoir échappé à la mort et s’être accaparé les biens de l’étrange société Walton, le docteur Jekyll a découvert son Saint Graal et détient désormais les comptes rendus d’expérience de feu Frankenstein.

À travers tout un périple européen, il n’a plus qu’une obsession: capturer la créature monstrueuse qu’il a croisée en Suisse et qui a failli le tuer.

Mais cette idée fixe est parasitée par la méfiance qu’il éprouve maintenant pour sa si « dévouée » gouvernante, Faustine Clerval. Une jeune femme mystérieuse qui s’est fait engager par lui dans un dessein qu’elle finira par lui avouer, de gré ou de force…

Critique :
La seconde partie est plus en action, en combats titanesques entre le docteur Jekyll, devenu Hyde et la créature du docteur Frankenstein.

Nos deux monstres sont réunis dans les mêmes cases et force est de constater qu’ils sont moches tous les deux !

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme… Preuves par A+B dans cette fin de diptyque.

Les dessins sont toujours dans des tons sépias ou noir et blanc, donnant des ambiances gothiques et sombres à l’album.

Mais bon, ce n’est pas Oui-Oui non plus…

La partie que j’ai le plus appréciée, c’est celle où Hyde va se coucher sur le divan de Freud car il expliquera sans faire d’expériences scientifiques malheureuses, la dualité de l’Homme.

Démontrant la folie des Hommes, surtout celle des scientifiques, les auteurs nous offrent une dualité dans les personnages qui est la bienvenue car dans leur jeux, il y a de l’abomination et une violence exacerbée.

Ce que je regrette, c’est que les auteurs aient fait de la créature de Frankenstein, une bête assoiffée de baston, de vengeance, tuant tout autour d’elle, sans jamais contrebalancer le portrait.

Alors que dans le roman initial, j’avais eu de l’empathie pour la créature, ici, rien du tout. Alors que j’avais gardé un excellent souvenir ému de la créature dans le roman de Mary Shelley, ici, je ne garderai que le souvenir d’une grosse brute, un Hulk gris qui aurait mérité plus de développement.

Dommage, un peu d’équilibre dans la créature aurait donné plus de corps à ce second récit mais là, j’ai l’impression que le monstre a été sacrifié sur l’autel des personnages et qu’on a oublié de lui donner un petit supplément d’âme.

À vous de voir… Malgré cette critique un peu sévère, je ne balancerai pas ce diptyque dans un recoin obscur de ma biblio car il y a du bon et en plus, cette bédé propose tout de même du nouveau et des graphismes excellents.

Un bon galop d’essai, une belle mixité dans certains personnages, un autre oublié, hélas. Je la relirai tout de même avec plaisir d’ici quelques temps.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°173].

Grands anciens – Tome 1 – La Baleine blanche : Jean-Marc Lainé et Bojan Vukic


Titre : Grands anciens – Tome 1 – La Baleine blanche

Scénariste : Jean-Marc Lainé
Dessinateur : Bojan Vukic

Édition : Soleil 1800 (25/08/2010)

Résumé :
En 1850, le jeune Ishmaël a pour intention de quitter la marine marchande pour devenir marin sur un baleinier et, pour ce faire, s’est transporté à l’auberge de l’Amiral Bandow de New Bedford à la Nouvelle-Angleterre pour y glaner quelques précieux conseils.

En ces lieux bruyants où la bière coule à flot, il y rencontre le romancier Hermann Melville qui, fort de l’intérêt que porte le jeune homme sur la chasse au cachalot, se décide à lui faire part d’une histoire fascinante et effrayante, celle du Capitaine Achab et de son combat titanesque contre le Kraken, l’immense créature des bas fonds marins.

Commence alors un récit impressionnant dans lequel l’appel du large devient synonyme de légendes terrorisantes, de folie, de prières impies et également de démesure.

Critique :
♫ Époustouflez-moi ! Époustouflez-moi ! Là tout de suite, Allez, vite ! Sachez me faire rêver-é-é-é, M’étonner-é-é-é, Me captiver ♪ Époustouflez-moi ! ♪

♫ Sachez m’hypnotiser, Improviser, Me subjuguer ♪

(Sur l’air de « Déshabillez-moi » de Juliette Greco).

La première chose qui m’a attirée dans cette bédé, c’est la couverture ! Waw, rien à dire, elle subjugue les yeux, elle invite au fantastique, aux voyages marins, bref, à l’évasion et aux frissons.

Devant cette belle promesse, j’ai craqué de suite et j’ai embarqué les deux tomes en même que les deux Hyde contre Frankenstein. Ce que j’espérais, c’était que l’auteur allait me captiver, m’emmener ailleurs et sortir des courants marins habituels. D’où mon intro sur l’air de déshabillez-moi car je voulais être époustouflée.

Lorsqu’on mélange Herman Melville et son capitaine Achab, sa baleine blanche, le Cthulhu de Lovecraft, le Nécronomicon et que l’on raconte ce récit, assis sur une chaise de l’auberge de l’amiral Benbow (celle du Jim Hawkins de l’île au trésor) et un corps repêché qui ressemble à la créature de Frankenstein, faut s’assurer que le montage de toutes ces couches dans le gâteau soit parfait, sinon, barfaf, c’est l’embardée (l’écroulement).

Mon seul bémol sera pour l’intrusion du steampunk alors que l’univers penche plus vers le fantastique. À moins que le Nautilus n’ait un rôle à jouer dans le tome 2, je ne vois pas trop pourquoi on nous l’a montré dans l’entrepôt qui fabrique des harpons d’un nouveau genre.

Comme mes seules attentes étaient d’avoir de l’évasion, des frissons et de l’audace, j’ai été servie. Même si tous les éléments de ce premier tome proviennent d’univers différents, ma lecture a été divertissante et j’ai été époustouflée par les magnifiques dessins de Bojan Vuvik qui nous offre un kraken Cthulhutesque des plus magnifaïïïïk, mes chéris.

N’étant pas de grandes connaissances de l’oeuvre de Lovecraft, je ne porterai pas de jugement sur le fait que la bête ressemble à un poulpe, sorte de monstre marin, puisque de toute façon, je ne l’ai jamais croisée en vrai sur ma route.

Les autres critiques sont assez sévères avec ce premier album, mais vu que je n’attendais rien de plus que de l’aventure et du fantastique, je n’ai pas été déçue. J’ai été époustouflée par la grosse bêbête qui nage, qui nage et je vais de ce pas aller voir ce que me réserve le second tome.

En espérant que la suite ne fasse pas pchiiittttt.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°169] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°36]

Mister Hyde contre Frankenstein – Tome 1 – La Dernière nuit de Dieu : Dobbs et Antonio Marinetti

Titre : Mister Hyde contre Frankenstein – Tome 1 – La Dernière nuit de Dieu

Scénariste : Dobbs
Dessinateur : Antonio Marinetti

Édition : Soleil 1800 (2010)

Résumé :
L’étrange docteur Henry Jekyll et Faustine Clerval, sa belle gouvernante, sont sur le départ.

En effet, étant dans l’attente de produits essentiels à ses expériences, fabriqués par l’obscure société suisse Walton, le savant se voit dans l’obligation de se déplacer lui-même pour aller les récupérer.

Si la première partie de leur voyage est l’occasion de voir le docteur Louis Brocq, un éminent confrère français, pour traiter la curieuse dermite qui se développe sur le corps du savant anglais, leur dernière étape en territoire helvétique revêt un caractère on ne peut plus ténébreux.

Effectivement, l’institut Walton, à l’écart de toute civilisation, semble avoir été abandonné, et pour cause !

Quelque chose d’énorme rode autour et en ses murs, un monstre d’une force démoniaque dont l’origine pourrait bien intéresser le scientifique Jekyll.

Critique :
Le titre m’avait fait peur car il sentait les vieux films de la Hammer où l’on faisait s’affronter tous les personnages connus et monstres de la littérature…

Même si Frankenstein n’est que le nom du créateur et pas de sa créature. L’amalgame a été fait et est resté.

Mister Hyde contre Frankenstein, ça sentait déjà bon le pop-corn et les vieilles ficelles pour faire frissonner le public dans les salles obscures de l’époque avec un scénario aussi épais qu’un spéculoos qui a trempé dans le café.

De ce que j’en ai vu pour le moment (1 tome lu), je dirais que le scénario est aussi dur qu’une couque de Dinant (elles sont super dures !) tout en étant mangeable, lui !

Mister Hyde… Tout un programme ! Le dessinateur lui a donné des traits agréables à regarder et un physique qui ferait retourner les dames dans la rue… Problème avec lui, c’est qu’il est sadique, qu’il adore tuer et que je ne voudrais pas le croiser au coin de la rue.

L’âme humaine est sombre, noire, sans espoir et les auteurs font ce qu’il faut pour nous le démonter, mais sans jamais aller dans la démesure ou la surenchère, le tout étant plutôt montré de manière subtile, mais ça ne laisse aucune place au doute.

Même le côté psychologique ne vient pas plomber le récit. Alors qu’on aurait pu avoir des dialogues soporifiques, il n’en est rien et c’est aux travers des relations entre Mister Hyde et sa gouvernante Faustine Clerval que le scénariste nous livrera ses petites réflexions.

Dans des tons sépias monochromes, le dessinateur nous offre des décors plus vrai que nature de la ville de Londres, lui donnant vie, une présence. Lorsque notre duo s’introduira dans des lieux plus angoissants, les décors d’adapteront aussi, donnant une note supplémentaire d’angoisse.

Un bon début pour cette bédé fantastico-gothique qui met en scène deux bêtes de la littérature et se termine par un cliffhanger qui donne envie de se jeter sur le tome suivant. Ça tombe bien, je ne dois pas attendre entre deux publications !

♫ Tu n’savais pas pauvre de toi
Qu’il y a du mister Hyde en moi
Hyde en moi aïe pour toi ♪

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°167].

Les monstres : Maud Mayeras

Titre : Les monstres

Auteur : Maud Mayeras
Édition : Anne Carrière Thriller (02/10/2020)

Résumé :
Ils vivent dans un « terrier ». Les enfants, la mère. Protégés de la lumière extérieure qu’ils redoutent. Sales et affamés, ils survivent grâce à l’amour qui les réchauffe et surtout grâce à Aleph, l’immense, le père, qui les ravitaille, les éduque et les prépare patiemment au jour où ils pourront sortir. Parce que, dehors, il y a des humains.

Parce qu’eux sont des monstres et que, tant qu’ils ne seront pas assez forts pour les affronter, ils n’ont aucune chance.

Mais un jour Aleph ne revient pas, un jour les humains prédateurs viennent cogner à leur porte. Alors, prêts ou pas, il va falloir faire front, sortir, survivre.

Pendant ce temps, dans une chambre d’hôpital, un homme reprend conscience. Une catastrophe naturelle sème la panique dans la région. La police, tous les secours, sont sur les dents. Dans ce chaos, l’homme ne connaît qu’une urgence : regagner au plus vite la maison où on l’attend.

Critique :
— Vous savez pour quelle raison le grand méchant loup ne pourra jamais vous dévorer les enfants ?
— Nous l’ignorons Aleph.
— Parce que c’est vous le grand méchant loup.

Avais-je déjà lu un tel livre ? Non, je n’en ai pas souvenir…

Avais-je déjà lu un livre aussi angoissant que terrifiant ? Oui, sans aucun doute… De plus, la réalité dépassera toujours la fiction et l’auteur n’a malheureusement rien inventée… Elle nous a juste permis de voir l’intérieur…

Avais-je déjà lu un livre terrifiant parce que les adultes font aux enfants des choses qu’ils ne doivent pas faire ? Hélas oui, mais malgré tout, ce roman est un sacré putain de bon roman qui fout les miquettes, te donnant envie de te planquer sous un plaid mais sans pour autant arriver à lâcher le livre.

Pourtant, tout est malsain dans ces pages, tout est malsain dans le fait que des enfants vivent dans un terrier avec leur mère, sans jamais voir la lumière du jour, qui les brûleraient à coup sûr. On pense aux horreurs que vécurent certaines gamines, enfermées dans des caves, à la merci de leur bourreau, seules… Sauf qu’ici, il y a leur mère…

Oui, on baignera dans le glauque tout au long du récit, sans pour autant que ce glauque soit de la surenchère juste pour en faire. L’auteure a su doser cette glauquitude afin que le lecteur ne vomisse pas son quatre heures et son midi aussi. Malgré tout, vu le pitch, on est prévenu d’avance et difficile de porter plainte parce que les Bisounours ne sont pas de la partie.

Ce roman, c’est un conte de Perrault qu’on vous fait à l’envers puisque vous vivrez avec des enfants qu’un ogre nomme « monstres », comme si les Grands Méchants Loups, c’étaient ces gosses-là… Les petits cochons ne sont pas de la partie non plus, l’ogre ayant dû les bouffer avec le Petit Poucet depuis belle lurette.

Et la mère dans tout ça ? Difficile de la juger, difficile de la condamner, une fois que l’on sait tout. L’auteure lui a donné une personnalité qui ne laissera pas indifférente, qui nous fera poser des questions, réfléchir et se dire « mais qu’aurions-nous fait à sa place ? » car cette résignation, cette soumission est tout simplement horrible, effroyable, et si vite acceptée.

Sans oser vous en dire plus, sachez juste que ce roman est sombre, noir, et que c’est du jamais lu. Des romans tels que celui-là, il n’en existe pas beaucoup, sauf à lire les récits de ceux ou celles qui ont vécu un enfermement, disparaissant de la surface de la terre pour des années.

C’est angoissant, malsain, ça serre les tripes et on sait que face à tant de sombritude de l’âme humaine, personne n’en sortira indemne, même pas le lecteur.

Malgré tout, c’est une lecture que je ne regretterai pas car elle m’a permis d’aller où je n’étais pas encore allée et quand bien même je n’ai plus envie d’aller sonder cette partie inhumaine de l’Humain, il fallait bien qu’un jour j’y descendisse dans un roman (mais j’éviterai les témoignages réels de ceux et celles qui l’ont vécu en vrai).

Maud Mayeras, une fois de plus, nous a sorti un grand roman noir.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°129].

Bloodborne – Tome 1 – La fin du cauchemar : Ales Kot, Piotr Kowalski et Brad Simpson

Titre : Bloodborne – Tome 1- La fin du cauchemar

Scénariste : Ales Kot
Dessinateur : Piotr Kowalski
Coloriste : Brad Simpson

Édition : Urban Comics Games (2018)

Résumé :
Un chasseur sans nom se réveille dans la ville antique de Yharnam, une cité en proie à la maladie et dont les rues résonnent du râle de créatures terrifiantes.

Cherchant par tous les moyens à échapper à la Nuit de Chasse, le chasseur se lance dans une quête dangereuse et violente dans l’espoir de mettre fin au mal qui ronge Yharnam.

Critique :
Si les dessins sont bien réalisés, je me pose des questions sur le scénario qui me semble un peu foireux. Moi, en tout cas, je n’ai pas compris grand-chose et je ne poursuivrai pas cette série de dark fantasy.

On comprend qu’une maladie ronge les habitants, les transformants en créatures monstrueuses, comme des loups-garous ou des espèces de zombies.

Les chasseurs les chassent…

Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? On ne le sait pas. Celle que l’on appelle chasseuse semble être une femme, mais elle ne possède pas de forme et se bat avec un masque sur le visage. Si le covid transformait les infectés en loups-garous, je pense que ça se saurait…

Il y a un monstre, immense, énorme. Des monstres… Mais on ne sait rien de plus.

L’histoire est difficile à suivre. Sommes-nous dans un jeu vidéo où quand on perd, on revient à la vie ? C’est ce qu’une scène m’a semblé suggérer. Mais est-ce le jeu d’un gamer que nous suivons ou tout simplement des êtres vivants piégés dans un jeu vidéo grandeur nature ? Je n’en saurai pas plus.

Les dessins étaient très beaux, ce sera tout ce que je retirerai de positif de cette lecture et je ne pousserai pas le vice plus loin en lisant les deux tomes suivants.

Merci et au revoir !

Parmi les tombes : Tim Powers

Parmi les tombesTitre : Parmi les tombes

Auteur : Tim Powers
Édition : Bragelonne (2013)
Édition Originale : Hide Me Among the Graves (2012)
Traduction : Maxime Le Dain

Résumé :
Londres, 1862.
Une ancienne prostituée nommée Adelaïde frappe à la porte de John Crawford, dont elle a croisé la route autrefois. La fillette née de leur brève union aurait survécu mais son âme est prisonnière d’un spectre vampirique.

Ce monstre assoiffé de sang n’est autre que John Polidori, jadis médecin de Lord Byron, le scandaleux poète. Le passé de Crawford et d’Adelaïde est lié au monde des ombres, faisant de leur enfant un trophée convoité par l’esprit maléfique.

Déterminé à sauver sa fille, le couple maudit s’allie à la poétesse Christina Rossetti et à son frère, le peintre Dante Gabriel Rossetti, eux aussi tourmentés par Polidori depuis l’enfance.

Chacun devra choisir entre la banalité d’une existence humaine et l’immortalité sacrilège ?

Critique :
Le mythe des vampires est aussi vieux que le Monde… Powers le reprend à sa sauce mais j’ai eu du mal à avaler sa cuisine.

Non, Rachel, pas frapper ! Je sais combien Tim Powers compte à tes yeux, mais là, c’était tellement lent, tellement bourré de détails en tout genre, de récit qui partait dans tous les sens que mon assiette est repartie remplie en cuisine.

Autant où « Les voies d’Anubis » étaient punchy et restait cohérent et génial à lire, ici, j’ai eu tendance à piquer du nez souvent et à zapper des pages entières.

L’époque victorienne aurait pu être intéressante mais je suis passée à côté, me demandant souvent où l’auteur voulait en venir dans son récit.

Les personnages étaient sympathiques mais ils n’ont jamais été assez forts pour tirer le récit vers le haut afin de le rendre intéressant et dynamique.

Je ne le saurai sans doute jamais et tant pis pour moi. Faisant un bon dans le temps, j’ai sauté une énorme partie du récit pour aller directement aux dernières pages car je n’en pouvais plus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°295 (ma dernière chronique pour ce challenge avant de passer au nouveau).

Nains – Tome 16 – Tala de la Forge : Nicolas Jarry et Pierre-Denis Goux

Titre : Nains – Tome 16 – Tala de la Forge

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Pierre-Denis Goux

Édition : Soleil (23/10/2019)

Résumé :
Tala est une soeur de la loge de Vaha. Depuis la nuit des temps, sa loge protège les terres d’Arran en conservant en sa citadelle les runes oubliées des nains, qui autrefois menèrent le monde au bord de sa destruction.

La guerrière rentre d’un périple de plusieurs lunes qui l’a menée jusqu’à la cité d’Ardërum-Draz, à la recherche de la rune divine d’Immortalité.

Des cinq soeurs qui sont parties, seule Eti et elle ont survécu. Car ce qu’elles avaient oublié, c’est que tout trésor a son gardien.

Critique :
J’adore lorsque Nicolas Jarry met en scène des bavettes, dans la saga Nains parce que bien souvent, nous sommes face à des Naines qui en ont dans le cerveau et en dans la culotte, qu’elle soit en dentelle ou non.

Petit aparté : existe-t-il une étude complète sur le types de sous-vêtements que portent les Nains et les Naines dans les Terres d’Arran ??

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt, à notre guerrière Tala qui porte la cartographe de leur Loge, Eti, inanimée, dans un froid de gueux et un blizzard à ne pas mettre un Yéti dehors.

Le scénariste aurait pu commencer par le commencement et nous dérouler leur périple par le commencement, mais cela n’aurait pas eu le même impact, pas eu la même saveur.

En utilisant la vieille technique des flash-back, toujours à bon escient, et toujours par petits morceaux, il nous permet ainsi de ne pas en découvrir trop dès le départ, aiguisant par là notre appétit et nous attirant avec ses petits morceaux de pain dans la trame démente de son histoire.

Démente mais cohérente, comme toujours. Une fois de plus, les Classiques sont de sorties comme l’amitié, l’envie, le pouvoir à n’importe quel prix (si un carriériste lit l’album, il avalera de travers), la vie éternelle, les complots, les magouilles, la magie noire (tiens, elle est étrangère à notre Monde, celle-là) et le sacrifice de sa vie pour autrui.

La Loge de Vaha est une loge composée uniquement de Naines, ce qui donne l’occasion à l’auteur a sortir tous les poncifs qu’un Mâle, qui se croit supérieur, peut sortir à une Naine lorsque celle-ci vit au milieu d’autres Naines… Comme dans notre société humaine.

La société des Nains est très virile, très machiste, très phallocrate et pense que la place de la femme est derrière ses fourneaux à s’occuper des chiards et que dans cette Loge de Vaha, toutes les filles se broutent le nénuphar comme si chez les guerriers Nains, on  se suçait le pieutard l’un l’autre.

Anybref, ce qui fait la force de cet album, en plus des superbes dessins de notre habitué de la saga « de la Forge », ce sont les personnages : profonds, détaillés, forts, qui marquent, bourrés de mystères et qui peuvent surprendre au moment où l’on ne s’y attend pas.

Mais aussi les guest star qui viennent montrer leur renifloir, comme Ulrog, le frère de Jorun et fils tout deux de Redwin, ZE guerrier OF THE Nains.

Ce sont aussi les classiques tels que ceux qui veulent vivre éternellement, qui veulent donner la force à leur ordre et qui, pour ça, n’hésiteront pas à tuer, mutiler, torturer, et plus, si affinités, pour arriver à leur but personnel.

C’est aussi l’Elfe Blanc qui use de magie noire et qui nous suit à la trace comme l’odeur d’une merde de chien lorsqu’on a marché dedans, les sales monstres aux grandes dents en plus…

Est-ce que Tala arrivera à comprendre ce qui lui arrive et ce qui s’est passé à un moment donné de leur quête pour cette Rune d’immortalité ? Va falloir être le détective de sa propre mémoire pour y arriver…. Mais Tala est fortiche.

Tala, c’est aussi l’amûr, l’amitié, la rage, le don de soi, les mystères, le suspense, le souffle de la grande aventure et quelques secrets dévoilés qui font lever la tête des habitués de la saga, tel un paparazzi qui flairerait le bon scoop.

Une fois de plus, un putain d’excellent album, à placer dans mes préférés, dans ceux qui m’ont fait vibrer un max et apportés une sacré dose d’émotions fortes.

 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°142.

 

Elfes – Tome 23 – Le goût de la mort : Olivier Peru et Stéphane Bileau

Titre : Elfes – Tome 23 – Le goût de la mort

Scénariste : Olivier Peru
Dessinateur : Stéphane Bileau

Édition : Soleil (20/03/2019)

Résumé :
Alyana a réveillé les géants qui parcouraient jadis les terres d’Arran. Ces fléaux, insaisissables malgré leur taille, détruisent tout sur leur passage.

Alyana ne reculera devant rien pour les arrêter.

Ses pouvoirs qui ne cessent de grandir la désignent comme la seule elfe capable d’un tel prodige. Mais les autres elfes Blancs ne voient pas sa puissance comme une bénédiction.

Au contraire, la jeune fille les effraie… Beaucoup la considèrent comme un monstre et sont prêts à se dresser contre elle.

Critique :
Alyana m’avait perturbé dans le tome 18 qui était fort dense et difficile à suivre à cause de tout son côté voyage onirique.

Comment rebondir 5 tomes après lorsque revient le tour des Elfes Blancs, dont notre Alyana…

J’avais quelques craintes en ouvrant cet album.

Elles étaient fondées, ces craintes, mais après ma lecture, elles se sont dissoutes.

Entre nous, pour une meilleure compréhension, je me devrais de relire tous les tomes de la saga car ce foutu tome 18 était des plus obscurs et ne s’en sortait que par la présence de l’orkelin nommé La Poisse (que j’adore).

Alyana… Son père, Fall l’Elfe blanc, était un de mes préférés. Mon chouchou.

Mes premiers pas avec sa fille, l’elfe la plus puissante de la congrégation d’êtres aux oreilles pointues avait foiré et fallait récupérer la mayonnaise avant qu’elle ne tourne encore plus.

Ce que l’auteur a fait, d’une certains manière, même si son recours aux cristaux des Elfes est perturbant puisque nous ne savons jamais s’ils sont importants ou pas. Rien n’a été définit pour ces fichus cailloux brillants sources de pouvoir.

Tiens, ça me rappelle que je n’ai pas encore regardé le dernier Avengers, le fameux Endgame, avec Thanos et ses pierres de pouvoir…

Anybref ! J’ai aimé la narration en analepse à un moment précis du récit, j’ai été trompée par certaines choses au départ (et j’aime quand on me trompe, en littérature) et c’était bien vu de la part du scénariste de monter sa narration de la sorte.

On retrouve notre orkelin préféré, La Poisse, toujours aux côtés d’Alyana, qui a bien du mal à se faire entendre des siens qui la craignent car elle a un pouvoir énorme et qui la voient comme un monstre, rien de moins.

Faire s’affronter Alyana et l’Haruspice était une brillante idée, surtout que chacun dit que c’est l’autre qui est un danger pour le monde et que même si l’éradication de l’un par l’autre foutra les Terres d’Arran dans un sacré merdier, on n’a pas le choix, il faut passer par la catastrophe horrible pour éviter une autre catastrophe horrible…

La peste et le choléra vont s’affronter et quoiqu’il arrive, on va bouffer notre pain noir.

Le scénariste est un roublard, il sait jouer avec son lecteur, avec ses perceptions, avec ses pieds et comme je vous le disais, j’adore ça ! Induire le doute, introduire le soupçon, séparer pour gouverner, tant qu’à la fin, moi-même je me demandais de quel maux, Alyana ou l’Haruspice était le moindre.

Mêlant adroitement onirisme, grosses bastons, légende des Titans, l’égoïsme de certains Elfes, leur haine des autres peuples (surtout les verts), le doute des uns, la confiance des autres, l’amour d’une mère, celui d’un père et la création d’une arme absolue dans le passé pour pouvoir l’utiliser au moment opportun, on peut dire que les auteurs ont créé une vague qui risque de fracasser bien des Mondes quand elle retombera.

Si le tome 18 n’était pas dans mes favoris, on peut dire qu’avec le scénario du 23 (et ses dessins), la saga avec l’Elfe Alyana vient de remonter dans mon estime.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°139.