Nous, les vivants : Olivier Bleys

Titre : Nous, les vivants

Auteur : Olivier Bleys
Édition : Albin Michel (22/08/2018)

Résumé :
Perché dans les Andes (🇦🇷) à 4200 mètres d’altitude, le refuge de Maravilla défie la raison. C’est là, au ras du vide, que Jonas, un pilote d’hélicoptère venu ravitailler le gardien, se trouve bloqué par une tempête.

Dans la petite maison cernée par les neiges, il fait la connaissance d’un personnage étrange prénommé Jésus que l’on a chargé de surveiller l’improbable frontière entre l’Argentine et le Chili (🇨🇱).

Commence alors, dans l’immense solitude des montagnes, une longue randonnée dont le lecteur – et peut-être le narrateur – ne sait plus très bien s’il s’agit de la réalité ou d’un rêve.

Un roman envoûtant par l’auteur de Concerto pour la main morte et de Discours d’un arbre sur la fragilité des hommes.

Critique :
Lorsque j’ai commencé la lecture de ce roman, je n’ai pas pris la peine de lire le résumé, je savais juste que l’histoire se déroulait dans un refuge des Andes, à la frontière entre l’Argentine et le Chili.

Jonas, pilote d’hélicoptère, est envoyé ravitailler le refuge de Maravilla. Une tempête le bloque avec les deux autres hommes et à partir de là, j’ai mis un moment à comprendre où l’auteur voulait en venir.

Non, non, oubliez les récits d’anthropophagie, de survivalisme ou plus trivial de partouze entre mecs. Rien de tout cela, malgré tout, il y avait comme une atmosphère bizarre dans le récit, comme si tout contribuait à retenir Jonas, le pilote, dans le refuge.

Le récit se lit assez vite, le style est simple, sans pour autant être simpliste. Les décors sont assez bien décrits et l’auteur arrive sans problème à nous immerger dans la neige, le froid et l’immensité des montagnes. La Nature est un personnage à part entière et ne pas l’écouter serait dangereux, à cet endroit.

Si Jonas, le pilote, est normal, les personnages du refuge, par contre, ne sont pas banals du tout. Surtout le vérificateur de frontière, Jésus (non, je ne ferai pas mon mauvais jeux de mots qui pourrait choquer les gens).

Tu fais quoi dans la vie ? Ben je vérifie la frontière entre l’Argentine et le Chili… Ben mon vieux ! Déjà que tu ne portes pas un prénom des plus facile… Même si, en Amérique du Sud, il soit plus courant que dans nos contrées.

Ce roman est un huis-clos qui ne devient jamais oppressant, sauf lorsque l’on se demande si tout n’est pas en train de se liguer contre Jonas, l’empêchant de quitter cette montagne.

L’élément fantastique semble être tout proche et pourtant, non, rien de fantastique, dans le fond. Mais la chute pourrait être brutale, si on ne la voit pas venir… Je l’avais pressentie, malgré tout, ce fut un choc de constater que j’avais raison.

Un roman bizarre, que j’ai lu sans vraiment l’apprécier, mais sans le détester. Pas d’ennui ressenti, mais zéros émotions.

Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°18).

La Révolte du Sonora : Pierre Pelot

Titre : La Révolte du Sonora

Auteur : Pierre Pelot
Édition : G.P. Editions Olympic (01/01/1972)

Résumé :
Mexique 1906. La dictature de Diaz est plus dure que jamais. L’armée régulière, les mercenaires de la Garde blanche traquent impitoyablement les rebelles et notamment les Indiens Yaquis du Sonora, les refoulant toujours plus loin dans les montagnes arides, au profit des grands propriétaires terriens. Cette fois pourtant, le peuple Yaqui de la tribu de Caseo ne reculera plus.

Caseo le vieux demeure sur cette terre sèche qui est sa vie. Il demeure pour lutter. Il sera rejoint par Sando, son fils aîné que l’on surnomme Yaqui Hombre et dont la tête est mise à prix.

Un fossé s’est creusé entre le père et le fils, celui-là reprochant à celui-ci ses méthodes de combat. Et pourtant les deux hommes réapprendront à se respecter mutuellement, unis dans le même combat…

Critique :
Pierre Pelot est un auteur prolifique et de temps en temps, j’ouvre un de ces vieux livres qui fleure bon le vieux papier, les vieilles éditions et qu’on ne déniche plus que dans les brocantes, les vides greniers, les bouquinistes…

Celui-ci était parfait pour le Mois Espagnol (Lusophone), puisqu’il se déroule au Mexique, plus précisément au Sonora, durant la révolte qui eut lieu sous la dictature de Porfirio Diaz.

Elle éclatera le 18 novembre 1910.

L’auteur ne donnera pas de précision sur la dictature, sur toutes les exactions commises. Il aurait fallu plusieurs romans pour raconter tout.

L’auteur dresse un bref résumé en début d’ouvrage, afin que les lecteurs sachent ce qu’il s’est passé et comment était divisé la population mexicaine : les grands propriétaires, la fausse noblesse (les riches, les premiers de cordée), le clergé (riche de sa puissance) et en-dessous, les peones, les paisanos (les paysans, les pauvres travailleurs) mexicains, dont le train de vie n’avait rien à envier à celui des serfs européens du Moyen Age. Et tout, tout, tout en dessous, les indiens.

En 1910, huit cent quarante haciendados environ se partageaient la superficie totale de la terre mexicaine, vivant dans l’opulence sur la sueur versée de plusieurs millions de peones et d’ouvriers.

Une foule énorme, qui tout à coup voulait vivre, qui n’en pouvait plus de colère rentrée, ravalée depuis des années. Un peuple d’esclaves qui ne voulait plus avoir faim, qui voulait être libre et se dressait derrière le boutefeu de la révolution : Francisco I. Madero.

Il expliquera aussi les raison qui poussèrent le peuple au mécontentement. Ce qui fait qu’en commençant cette lecture, je n’étais pas totalement inculte. Pierre Pelot raconte donc une petite histoire dans la Grande, celle d’une tribu Yaqui, qui subissait la domination de Diaz sans savoir pourquoi, sans comprendre.

Qui se faisait refouler sans cesse plus loin, qui avait perdu ses terres dans la plaine, au profit des colons et était allée dans la montagne, avant que les riches veulent encore plus et décident de prendre la montagne aussi, et de les chasser, en passant, ou les exterminer, tiens, encore mieux (ceci n’est pas pensée, mais celle des riches puissants, ceux qui me suivent depuis un certain temps l’auront compris).

Un jour, ils ont dressé le poing dans le ciel. Ils se sont levés, un fusil dans la main, une fouche, une pioche… Aux armes, Yaquis Indiens (♫). Et comme Sando, devenu un desperado, est de retour près de son père, Caseo, il décide d’aider les siens à résister au soldats.

Oui, c’est une simple histoire. Une histoire ordinaire comme il y en a tant eu. Comme il y en a encore, comme il y en aura encore. On défend sa terre, car à un moment donné, quand on est acculé, qu’on a plus de repli possible, on se redresse et on montre les dents. Fuir n’est plus possible, résister va être difficile, ils risquent tous de mourir, face à des soldats aguerris et mieux équipé.

Le récit avait tout pour me plaire, mais je suis passé un peu à côté de l’affrontement sans paroles entre le père et son fils. L’un aurait aimé qu’il reste, le fils aimerait qu’on soit fier de ce qu’il a fait, de ses combats. Ils sont fiers l’un de l’autre, mais trop fiers que pour l’avouer.

Il manque aussi au récit des émotions et du corps. On ne s’y embête pas, mais l’écriture, un peu trop simple, m’a empêché de vibrer avec ces pauvres gens prêts à tout pour défendre leurs terres (alors que nom de Dieu, c’est le genre de chose qui devrait m’enflammer parce que je suis ainsi : j’aime ma terre et je prendrai le fusil aussi).

Une lecture en demi-teinte. Malgré tout, je garderai les bons côtés de l’histoire : le père et le fils qui ne se comprennent pas et le don de soi pour sauver les siens.

Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°111] et Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°08).

Abîmes : Sonja Delzongle

Titre : Abîmes

Auteur : Sonja Delzongle
Édition : Denoël – Sueurs froides (09/02/2022)

Résumé :
Janvier 1999. Viktor Mendi, un homme d’affaires, et son épouse s’écrasent avec leur avion de tourisme dans le massif pyrénéen du Mont-Perdu, à la frontière franco-espagnole.

Vingt-quatre ans plus tard, leur fils, Antoine, arrive dans la région. Auparavant en fonction chez les chasseurs alpins, il vient d’obtenir sa mutation dans la gendarmerie du village natal de son père.

Très vite, sa supérieure, la redoutable capitaine Elda Flores, comprend que sa nouvelle recrue lui cache quelque chose. Quel secret obsède Antoine ? D’où lui vient cette défiance envers les habitants du village ?

Quels liens entretient-il avec la communauté qui vit en autarcie dans la forêt voisine, et notamment avec la mystérieuse Miren ?

Lorsqu’un berger découvre dans son pré sept bonhommes de neige disposés autour du message « Ont vous auras », tracé dans la poudreuse, le village est saisi d’effroi.

Critique :
Sur le bandeau-titre, il est écrit « Sonja Delzongle au sommet ». Oui, au sommet de la montagne.

Une fois de plus, je ressort mitigée de ma lecture d’un roman de cette autrice, comme c’est souvent le cas (hormis avec Boréal). Il y a du bon, mais aussi des choses qui m’ont un peu écorchés au passage.

Passons en revue ce qui a moins bien été avant de passer à ce que j’ai apprécié, me laissant le cul entre deux chaises sur mon ressenti.

Tout d’abord, les personnages qui habitent dans un village retiré, près de Bagnères-de-Bigorre, dans les Hautes-Pyrénées, non loin de la frontière espagnole. Les portraits sont brut de décoffrage, sans nuances.

Cela m’a donné l’impression que le berger Mathias était un gros rustre (notamment dans sa manière de prendre son épouse, par devant, par derrière, sans demander si elle a envie), assez violent, n’hésitant pas à assommer une jeune fille et à l’abandonner dans la neige…

La ruralité en prend plein la gueule, comme si nous avions affaire à des Cro-Magnon. Notamment avec cet autre berger qui, découvrant une jeune fille endormie dans sa grande, baisse déjà son froc pour la violer, bâton de berger pointé en avant. Hé ben…

N’oublions pas un homme qui a tout du pédophile, une communauté qui vit à l’écart, tel des Hommes des bois, un adulte qui a encore son ami imaginaire et une personne qui, sous le coup de la culpabilité, se flagelle tous les soirs. Heu ? Pas de soucis le lendemain pour s’habiller, s’appuyer sur un chaise, sur le siège de la voiture, pour se mouvoir ? Ben non.

Les portraits étaient sans concession aucune, trop chargés, comme si tous les tarés s’étaient donné rendez-vous dans ce petit village et comme si le malheur avait installé une succursale dans ce petit village, tellement on va y mourir. Les personnages de Game Of Thrones ont de la concurrence.

Certaines choses s’éclairciront ensuite dans mon esprit, au fil du récit, malgré tout, trop de morts, trop de malheur, trop de violences, trop de personnages vils, ça flingue un récit. Trop est l’ennemi du mieux.

L’autrice sait pourtant y faire pour décrire les lieux, les atmosphères : dans ce roman, la montagne, elle vous gagne vraiment ! J’avais beau lire au soleil, je marchais dans la neige, chaussée de raquettes. C’est une des raisons pour laquelle j’apprécie les romans de cette autrice : les atmosphères ont de la gueule !

Ce thriller est addictif, en plus. Bourré de mystères, bourré de suspense, sans vraiment de temps morts, il se dévore plus qu’il ne se lit, tant on a envie de connaître le fin mot de l’histoire qui a commencé avec un suicide en avion et s’est poursuivit, 20 ans après, avec des bonhommes de neige inquiétant (qui ne feront pas flipper le village).

Si certains portraits s’éclairciront au fil du récit, d’autres s’obscurciront, entraînant les lecteurs (et les enquêteurs) dans un maelstrom de confessions, de témoignages, de fausses-pistes, d’erreurs, d’aventures un peu folles et de nombreux twist. Ça twiste beaucoup et pourtant, on n’est pas à Saint-Tropez.

Et la bât a de nouveau blessé. Trop c’est trop. Si comme moi, vous en déduisez un premier, puis que vous aussi, vous rectifiez votre tir avant la gendarme enquêtrice, pas de panique, il restera encore assez de twist que pour vous étourdir, et ce, jusqu’au dernier moment.

Trop de rebondissements tuent les rebondissements. Il y a tellement de fausses pistes, avant d’arriver à la solution finale, qu’il y a moyen de perdre le fil des infos. Tout le monde sera suspecté, tout le monde passera sur la sellette, à tel point qu’à la fin, le nom du coupable d’imposera facilement puisque ce sera le seul à ne pas avoir été soumis aux interrogatoires : le chien !

Malgré tout, il faut reconnaître (et rendre à César) que Sonja Delzongle maîtrise de bout en bout son récit, qu’elle sait tenir le public en haleine, distiller des infos (fausses ou vraies) afin de maintenir la pression sous la bouilloire du suspense, transformant le lecteur en une boule de flipper qui va aller se cogner dans tous les sens.

Ai-je aimé ma lecture ? Oui, absolument, elle était addictive, intrigante, intéressante, mouvementée et ne m’a pas laissé beaucoup de répit. Mais…

J’ai eu l’impression de déguster un dessert, qui aurait été excellent, si on ne l’avait pas recouvert de toute cette chantilly, de sucre, de chocolat, le rendant un peu lourd et indigeste, finalement, tant les retournements de situation sont nombreux. À la fin de ce roman, j’ai dû réfléchir, afin d’être sûre d’avoir tout bien compris qui était qui, qui avait quoi, comment et pourquoi.

Un thriller original, avec du potentiel, un suspense de dingue, des révélations en cascade, où le mystère est épais comme un smog londonien, mais un super récit caché sous de trop nombreuses couches.

Dommage, mais cela ne m’empêchera pas de lire les prochains romans de l’autrice afin d’y trouver ce que j’aime et de soupirer sur ce qui lme plaît moins.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°198].

Nos vies en flammes : David Joy

Titre : Nos vies en flammes

Auteur : David Joy
Édition : Sonatine Thriller/Policier (20/01/2022)
Édition Originale : When These Mountains Burn (2020)
Traduction : Fabrice Pointeau

Résumé :
Retraité depuis quelques années du service des forêts, Ray mène une vie solitaire dans sa ferme des Appalaches. Il attend sans vraiment attendre que son fils Ricky vienne le rejoindre. Mais celui-ci a d’autres préoccupations – se procurer sa dose quotidienne de drogue, par exemple.

Autour d’eux, leur monde est en train de sombrer : le chômage qui s’est abattu sur la région, les petites villes dont la vie s’est peu à peu retirée, la misère sociale, la drogue. Bref, l’Amérique d’aujourd’hui, dont Ray contemple les ruines, alors que les montagnes environnantes sont ravagées par un incendie.

Le jour où un dealer l’appelle pour lui réclamer l’argent que lui doit son fils, Ray se dit qu’il est temps de se lever. C’est le début d’un combat contre tout ce qui le révolte. Avec, peut-être, au bout du chemin, un nouvel espoir.

Critique :
La région des Appalaches est un formidable terreau pour les auteurs de roman noir car tous les ingrédients y sont réunis pour donner de l’épaisseur au contexte social : chômage, pauvreté, misère sociale, drogues, paumés, forêts dévastées par la surexploitation…

Les personnages sont à l’image de cette région : désespérés, camés, perdus…

Dans ce roman fort noir, plusieurs destins vont s’entrecroiser : un père et son fils junkie qu’il ne veut plus voir, un frère drogué et sa sœur qui n’en peut plus de le voir dévaster sa vie, des dealers, des flics qui tentent de faire leur job, des ripoux. La totale, quoi.

L’auteur ne tire pas à boulets rouges sur les drogués, bien au contraire, il arrive facilement à nous expliquer ce qu’est devenue leur vie depuis qu’ils se sont camés, commençant, comme bien des autres, avec des médicaments prescrits à volonté après un accident ou tout simplement volés, achetés à la sauvette.

Les drogués sont seuls, leurs familles sont dévastées, elles ne savent plus comment les aider, ne veulent plus le faire, ne veulent plus les croire parce qu’elles savent que leurs promesses d’arrêter ne sont que des paroles en l’air, que dès qu’ils le pourront, les drogués les voleront pour aller s’acheter leur dose.

Les drogués oublient très vite leurs bonnes résolutions une fois que l’on agite un sachet devant eux, ou à la perspective d’en avoir un.

Ce sont des portraits d’une Amérique jeune et dévastée que l’auteur dresse et le constat est amer : ce sont les gouvernements qui ont commencé à droguer leurs concitoyens en laissant arriver sur le marché des médicaments dont personne n’avait pris la peine de signaler qu’ils entraîneraient une forte dépendance.

Une fois de plus, David Joy nous dépeint une Amérique qui part en eau de boudin, qui sacrifie ses jeunes, ses habitants, se foutant pas mal de leurs déchéances, de leur misère… Justice absente, flics débordés, parents dépassés, tout est réuni pour que les drames arrivent.

C’est sombre, noir, les portraits des personnages sont taillés à la serpe, sans fioritures, à l’os, mais il n’en fallait pas plus pour leur donner une épaisseur. Avec peu de matière, l’auteur vous fabrique des portraits réalistes.

Mon seul bémol est que je n’ai pas ressentit des émotions fortes durant ma lecture, comme j’en avais ressentie avec les autres romans de Joy (Là où les lumières se perdent / Ce lien entre nous).

Malgré tout, ce roman est puissant et explore avec justesse les relations familiales entre les drogués et les membres de leur famille qui en ont vu de toutes les couleurs.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°119] et Le Mois du Polar chez Sharon (Février 2022 – N°01).

Death Mountains – Tome 1 – Mary Graves : Christophe Bec et Daniel Brecht

Titre : Death Mountains – Tome 1 – Mary Graves

Scénariste : Christophe Bec
Dessinateur : Daniel Brecht

Édition : Casterman (13/03/2013)

Résumé :
1846. Le Donner Party, un convoi de colons partis vers l’Ouest, s’engage à travers les montagnes Rocheuses par le fameux raccourci de Hastings.

Surpris par une violente tempête, ils se trouvent bloqués par la neige dans la Sierra Nevada. La fantastique odyssée vers les terres promises va alors se transformer en un véritable cauchemar.

Démoralisés et presque privés de réserves alimentaires, la majorité des émigrants campent près d’un lac.

Une expédition est montée pour tenter de prévenir les secours. Mary Graves, une jeune femme moderne et pleine de ressources, prend part à cette opération de la dernière chance.

Mais acculés, les hommes et les femmes du Donner Party vont bientôt être poussés au pire s’ils veulent survivre.

Basé sur des faits réels, le Donner Party reste à ce jour un des événements les plus tragiques de la conquête de l’Ouest.

Critique :
Le Donner Party était une histoire de la Conquête de l’Ouest que je ne connaissais pas (entre nous, je ne sais pas tout, je dirais même plus : je ne sais rien, mais au moins, je sais que je ne sais rien).

Tout à commencé à Fort Laramie, en 1846, avec un convoi de colons partis vers l’Ouest, vers l’océan Pacifique.

L’album commence par un groupe de colons réfugiés dans une grotte. Dehors, c’est la neige et un mort.

Les dessins ne feront pas partie de mon Top 10, ils ne sont pas dérangeants pour les yeux et les couleurs sables donnent à l’album des tons assez doux, alors que nous face à une tragédie de l’Histoire.

Tragédie qui sera jugée sévèrement par ceux qui ne l’ont pas vécue et qui n’ont pas dû arriver à l’extrême, afin de survivre.

Le récit prend son temps, avance au rythme des chariots des pionniers et sous la pluie, ça n’avance pas vite. Après, ils devront faire face à la neige et ce sera encore pire.

Le dessinateur nous offrira quelques grandes cases avec des paysages sous la pluie ou sous la neige. Une page entière sera même sans paroles. Il n’y avait pas besoin de dire beaucoup, les images étaient plus parlantes que des paroles. C’était le choc des images.

Pourtant, malgré la lenteur du récit (qui ne nuit en rien au rythme de lecture), les personnages ne sont guère approfondis, juste survolés.

On saura le strict minimum sur eux, mais au moins, nous saurons la chose la plus importante de toute : la survie avant tout et si un pique-assiette est jeté hors du convoi, personne ne lui tendra la main car tout le monde est limite dans ses stocks de bouffe. Ce seront les loups qui s’occuperont de ce pionnier sans place dans la caravane.

Un premier tome qui place les personnages dans les décors, qui pose le scénario, les conditions climatiques et qui laisse ses lecteurs sur un final à suivre dont on se doute qu’il sera affreux dans sa résolution.

Une bédé western sur un volet de la Conquête de l’Ouest méconnu, un récit assez linéaire, classique, mais dont l’issue effroyable ne laisse aucun doute dès les premières cases.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°51], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°83] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 60 pages).

Jeremiah Johnson – Tome 1 : Fred Duval, Jean-Pierre Pécau et Jack Jadson

Titre : Jeremiah Johnson – Tome 1

Scénaristes : Fred Duval &Jean-Pierre Pécau
Dessinateur : Jack Jadson

Édition : Soleil (19/08/2020)

Résumé :
Tout le monde connaît Jeremiah Johnson sous les traits de Robert Redford dans le film de Sydney Pollack. Mais peu de gens savent que le personnage a bel et bien existé. Cette série raconte son histoire…

Jeremiah Johnson arriva dans les montagnes Rocheuses au milieu du XIXe siècle pour s’y faire trappeur. Mais l’assassinat de son épouse indienne le conduisit à mener une sanglante vendetta contre la tribu des Crows.

Impitoyable, il mangeait cru le foie de ses ennemis… Une ode à la sauvagerie brute et à la nature.

Critique :
Quoi ? Jeremiah Johnson a bel et bien existé ? Ce n’est pas une légende du cinéma, jouée par le beau Robert Redford ?

Mince alors, tout fout l’camp, ma bonne dame.

Ne me demandez pas ce que j’ai pensé de ce film, je ne l’ai jamais vu. Par contre, je peux vous parler de la bédé…

Première chose : ne pas la laisser traîner si vous avez des gosses. C’est violent, il y a du sang, des meurtres, des éviscérations de bidou…

La deuxième, c’est que vous n’aurez sans doute plus envie de regarder le film (sauf s’il est différent de la bédé) car Jeremiah Johnson est un assassin sanguinaire, sans états d’âmes et prêt à tout pour se venger. Une sorte de Jack The Ripper Johnson, en quelque sorte.

Ce premier tome se lit assez vite, la trame n’est pas compliquée, l’action est présente, et on part à l’aventure, celle avec un grand A.

Sorte d’ode à la nature, aux coureurs des bois, aux trappeurs puants le rat mort, cet album nous montre les débuts de Jeremiah aux côtés d’un trappeur et déjà, on le sent froid, dur au mal et sans états d’âmes puisqu’il scalpe son premier Indien sans avoir la main qui tremble.

Philip Henry Sheridan disait, paraît-il, qu’un bon Indien était un Indien mort, et Jeremiah va s’occuper de diminuer la population des Crows. Comme vous vous en doutez, personne ne lui tiendra rigueur de tuer des Indiens, même s’ils n’ont rien à avoir avec le meurtre horrible de son épouse, enceinte.

Les dessins sont agréables, sans être magnifiques, j’ai même remarqué que certaines têtes de chevaux n’étaient pas bien proportionnées au reste du corps (trop petites) et que certains visages avaient des traits assez carrés. Mais dans l’ensemble, les dessins et les couleurs mettent en valeur les décors grandioses des montagnes, de la neige, des chasses.

Par contre, pour la profondeur, on repassera ! Non pas que ce soit un récit neuneu, pas du tout, juste que les auteurs ont déposés leurs personnages dans les décors et qu’ils se sont contentés de les mouvoir, sans nous en dire plus sur eux, sur leur passé. On voit juste Jeremiah arrivant, jeune, et se faisant rouler, mais c’est tout.

L’album n’est pas mauvais en soi, j’ai même envie de lire la suite, mais il est dans la lignée d’une bédé autobiographique (jusqu’à quel point, je ne le sais) qui ne creuse pas trop la psychologie des personnages principaux et qui se contente de nous divertir. Ce qu’elle fait bien.

Une bédé western autobiographique, qui vous en apprendra des vertes et des pas mûres sur Jeremiah Johnson, personnage réel et tueur psychopathe bouffant les foies crus des Indiens assassinés. Son surnom sera « Dapiek Absaroka », le Tueur de Crows.

J’espère que le tome suivant possède un peu plus de profondeur que ce premier qui nous présente Jeremiah et sa formation auprès d’un trappeur, même si Jeremiah avait déjà des capacités de tuer sans voir sa main trembler.

Une bédé western de divertissement… Pas pour les petits enfants !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°31] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 60 pages).

Tout le bleu du ciel : Mélissa Da Costa [LC avec Bianca]

Titre : Tout le bleu du ciel

Auteur : Mélissa Da Costa
Édition : Le Livre de Poche (2020) – 838 pages

Résumé :
Petiteannonce.fr : Émile, 26 ans, condamné à une espérance de vie de deux ans par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) pour partager avec moi ce dernier périple.

Émile a décidé de fuir l’hôpital, la compassion de sa famille et de ses amis. À son propre étonnement, il reçoit une réponse à cette annonce.

Trois jours plus tard, avec le camping-car acheté secrètement, il retrouve Joanne, une jeune femme, qui a pour seul bagage un sac à dos, un grand chapeau noir, et aucune explication sur sa présence. Ainsi commence un voyage stupéfiant de beauté.

À chaque détour de ce périple naît, à travers la rencontre avec les autres et la découverte de soi, la joie, la peur, l’amitié, l’amour qui peu à peu percent la carapace de douleurs d’Émile.

Critique :
Si l’on vous annonçait que vous n’aviez plus que pour 2 ans à vivre, que feriez-vous ? Sachant que la maladie qui vous frappe de plein fouet dans votre jeunesse est un Alzheimer précoce…

Émile à 26 ans et est condamné à mourir dans un hôpital, sa mémoire fichant le camp au fur et à mesure. Lui, ce qu’il veut, c’est voyager et mourir ailleurs qu’à l’hosto. Il achète donc un camping-car et passe une petite annonce pour avoir un compagnon de voyage. Ce sera une jeune fille : Joanne.

Lorsque je suis montée dans ce camping-car, je m’y suis sentie bien, même si l’histoire ne roulait pas vite, même si l’histoire était constituée de phrase somme toute banales. De poncifs, de gestes du quotidien.

Les personnages me plaisaient, sans m’enthousiasmer et j’avais envie de tracer la route avec eux, de chausser mes godasses de rando et d’aller avec ma tente sur le dos faire un périple avec eux deux dans les Pyrénées. Bianca, qui faisait cette LC avec moi, est descendue à la première pompe d’essence et s’est enfuie en courant…

Ce roman a des airs de feel-good book, même si l’on se doute que l’on va lire la chronique d’une dégénérescence annoncée et que cela se terminera pas le décès d’Émile, sauf si les médecins se sont mis le doigt dans l’œil. Mais ça, se serait très con.

Effectivement, il ne se passe pas grand-chose dans ce gros pavé, l’auteure prenant la peine de nous décrire les gestes du quotidien, les repas, la cuisson des pâtes, la confection des salades, les achats de matériel pour la rando…

Rassurez-vous, il n’y a pas que ça ! Ce roman possède aussi ses petits moments d’émotions, ses petites touches de tendresse, de prises de conscience, cette amitié qui grandit et même de très grands moments remplis d’émotions larmoyantes.

Les descriptions des paysages sont bien présentes et cela donne l’impression d’être dans les Pyrénées, de marcher avec eux, de ressentir la soif, la fatigue. Là, je me suis retrouvée.

L’auteure a pris la peine de doter Émile et Joanne d’un passé et si celui d’Émile nous est divulgué assez vite, il faudra passer le cap de plus de la moitié pour apprendre ce qui rend Joanne aussi mélancolique. Joanna est un personnage très touchant, elle parle peu mais elle a une présence énorme dans ces pages.

Quant à Émile, il est encore plus touchant avec ses pertes de mémoires qui le rendent totalement perdu, presque fou de ne pas savoir ce qu’il fait là, triste d’avoir oublié ce qu’il  a fait ces deux derniers jours. Alzheimer n’est pas une maladie facile pour l’entourage et comme on oublie les souvenirs les plus récents, c’est Joanne qui va trinquer…

Bizarrement, l’extrême lenteur du récit ne m’a pas dérangée (contrairement à d’autres romans), même si, au bout d’un moment, la lassitude s’est installée (j’avais tout de même dépassé le cap de la page 560). Trop long, c’est trop long (je vous offre cette pensée philosophique de haut vol).

Ce sera mon plus gros bémol pour cette lecture : 838 pages, c’est trop ! Il y avait moyen de nous expliquer le périple de nos deux compagnons de voyage avec 250 pages de moins, ce qui aurait donné plus de rythme au récit. Le début est poussif, c’est là que j’ai perdu ma copinaute de lecture…

Pourtant, le voyage était intéressant à faire car il n’était pas qu’un simple voyage au gré des envies de nos deux compagnons, non, c’était surtout un voyage à l’intérieur d’eux-mêmes, une introspection, afin de perdre tout ce qui n’était pas bon pour leur esprit, leur coeur. Une sorte de grand nettoyage de printemps dans leur tête, une vidange de tout ce qui leur broyait le cœur et leur donnait des idées noires.

Ce voyage était initiatique pour eux deux et le pari fut réussi. À nous de faire sortir les scories de nos esprits et de ne garder que le plus beau, le plus lumineux, le plus agréable de nos vies.

Lu dans sa version Livre de Poche de 838 pages.

Le pavé de l’été – 2021 (Saison 10) chez Sur Mes Brizées.

Solitudes : Niko Tackian

Titre : Solitudes

Auteur : Niko Tackian
Édition : Calmann-Lévy (06/01/2021)

Résumé :
Elie Martins est garde nature dans le massif du Vercors. Amnésique suite à une blessure par balle, il est reparti à zéro dans cette région encore préservée.

Alors qu’une tempête de neige s’annonce, Elie se lance sur la piste d’un loup signalé par plusieurs bergers. Les empreintes ensanglantées le conduisent à un immense pin situé dans une plaine désertique. Une femme nue est pendue à ses branches, une mystérieuse inscription gravée sur sa chair.

Cette découverte macabre anime immédiatement quelque chose sur la toile blanche de ses souvenirs. La victime est un message à son attention, il en est certain.

Le lieutenant Nina Melliski est alors dépêchée sur les lieux. Elie est-il coupable ou victime ? Elle ne sait que penser, mais son instinct lui dit que les réponses se trouvent dans les souvenirs disparus de cet homme sans passé.

Un thriller haletant et glacial, dans une nature implacable, où passé et présent se répondent.

Critique :
♫ On l’a vue dans le Vercors, Pendue à un élastique ♪ Morte dans le froid, dehors ♪ Découverte par un amnésique ♪

Pendant que nous tournions en rond durant le premier confinement de mars/avril 2020, l’auteur rêvait de montagnes, celles qui vous gagnent et il a décidé de s’y évader tout en restant chez lui.

Proposer un huis-clos dehors, faut savoir le faire. Le principe est le même que sur une île, qu’elle soit du Nègre ou du Soldat, on réuni des personnes, on y balance un tueur sadique, on sème des cadavres à tous vents et on lance un flic à sa poursuite, si possible dans des conditions climatiques dantesques qui coupent cet endroit du reste du monde. Le pari du huis clos est gagné.

Le Vercors, ses montagnes, sa neige, ses loups, ses chemins que l’on doit aborder en raquettes et en combinaison de ski… Nina Melliski, lieutenant de police, aurait sans doute préférée se trouver ailleurs que dans ce froid.

L’auteur le décrit si bien que je conseillerai à tout le monde d’ouvrir ce roman un jour de plein soleil (comme je l’ai fais) pour éviter de ressentir le froid mordant. C’est un des points fort de ce roman, les descriptions de lieu qui donnent l’impression d’y être.

Ce roman policier ne va pas révolutionner le genre, l’enquête est certes difficile car elle a des ramifications dans le passé, parce que le tueur semble insaisissable, avoir toujours une longueur d’avance et surtout du fait que l’on ne trouve pas le fil rouge qui relie tous les cadavres ensemble. Le mobile n’est pas la chose la plus facile à trouver, le nom du coupable étant plus facile à trouver puisque tout désigne l’amnésique du coin. Mais est-ce bien lui ?

Le plaisir de lecture se trouve surtout dans les portraits des personnages qui sont travaillés et assez bien détaillés, même ceux des personnages secondaires que j’ai trouvé plus attachants que la policière Nina Melliski.

Tout le monde a des zones d’ombres, l’auteur n’entrera pas dans trop de détails mais en dira suffisamment pour que l’on comprenne le mal-être de certains personnages qui traînent ces souvenirs malsains comme des boulets accrochés à leur jambe.

Une lecture dépaysante, un voyage dans la neige du Vercors, un huis clos où le suspense et le mystère sont bien maîtrisés, des personnages réalistes et dont les portraits sont travaillés, mais les explications finales ne m’ont pas fait bondir de ma chaise en criant « waw je me suis faite avoir ».

PS : Mes excuses à Alain Bashung pour le traficotage des paroles de sa chanson « La nuit je mens ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°228] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°44 – Loups].

Sherlock Holmes à Chamonix : Pierre Charmoz et Jean-Louis Lejonc

Titre : Sherlock Holmes à Chamonix

Auteurs : Pierre Charmoz et Jean-Louis Lejonc
Édition : Ginkgo (03/05/2018)

Résumé :
Edward Whymper a-t-il été assassiné ? Septembre 1911. Appelé à Chamonix par son « oncle » Whymper, Sherlock Holmes sera confronté à plusieurs énigmes : la mort de l’alpiniste ; le mystère de la première ascension du mont Blanc en 1786 ; une étrange rousse aux yeux verts ; d’inquiétants agents prussiens…

S’appuyant sur un jeune guide marseillais, Gaston qui le mènera les yeux fermés des Grands-Mulets au cirque du Fer à Cheval, le plus célèbre détective britannique réussira une fois de plus à dénouer les intrigues, quitte à y perdre ses illusions.

Il retrouvera également sa logeuse, Miss Hudson, en séjour thérapeutique dans la clinique expérimentale du Dr Morisoz, au plateau d Assy.

Entre Histoire et aventures, le duo Charmoz – Lejonc s’amuse, une fois de plus, à emmener ses lecteurs hors des sentiers battus.

Ensemble, ils ont déjà publié deux enquêtes de Sherlock Holmes dans les Alpes : Écrins fatals ! (Guérin, 2015) Sherlock Holmes et le Monstre de l’Ubaye (Ginkgo, 2017)

Critique :
Quittons les rivages de la Tamise, l’air pollué de Londres et allons enquêter à Chamonix : son air pur, sa montagne qui vous gagne et les remonte-pentes qui sont branchés !

Ah pardon, on me signale qu’en 1911, les remonte-pentes, on pouvait se les foutre où je pense car il n’y en avait pas. Un problème de résolu, donc…

Dans ce pastiche holmésien, l’auteur, au travers des dires de Sherlock Holmes, se moque gentiment du détective et lui fait dire que les capacités que lui a attribué Watson dans ses publications étaient surévaluées.

Il est un fait que pour enquêter, Holmes ne se fatigue pas trop. Il a la soixantaine, n’a plus la forme olympique et il donnera l’impression, durant toute ces différentes affaires (qui n’en font qu’une) de n’être là que pour dire qu’il y est, mais sans jamais vraiment résoudre les affaires lui-même, se reposant beaucoup sur Gaston, le jeune guide.

Malgré tout, ce roman est agréable à lire car on découvre un Holmes qui n’a pas grand-chose à voir avec celui des écrits de Watson et de son agent littéraire, un certain Conan Doyle (inconnu au bataillon) même s’il reste avant tout un détective enquêtant mais déléguant une grande partie de ses actions.

Le meurtre d’Edward Whymper ne sera résolu qu’à mots couverts et c’est en additionnant deux et deux que le lecteur comprendra qui est sans doute responsable de son décès, mais sans que cette personne soit inquiétée le moins du monde.

Quand à l’énigme de qui de Paccard ou de Balmat est arrivé le premier en haut du Mont-Blanc, en 1786, l’énigme sera résolue par un autre, à l’aide du récit de Paccard, sans que Holmes s’en soit inquiété un seul instant. La solution proposée, si j’ai bien tout compris, est loin de celle que j’attendais, mais elle est bien trouvée car plausible aussi.

Un roman policier qui ne révolutionnera rien, mais qui a le mérite de faire passer un bon moment de lecture, sans prise de tête, sans violences (ou si peu), avec un détective différent de l’original, avec un brin d’humour, de dérision, une femme fatale et qui nous en apprendra un peu plus sur les mines dont on extrait les mines pour les crayons et qui, de par sa localisation, vous donnera bonne mine puisque vous aurez respiré l’air de la montagne, sans avoir trop de fucking touristes.

Un roman à lire entre deux romans noirs pour voir un peu de lumière, celle de la neige et du glacier (qui était plus important à l’époque). N’oubliez pas vos lunettes de soleil et vos ustensiles pour la marche et l’escalade.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°195] et Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°21].

 

West legends – Tome 4 – Buffalo Bill – Yellowstone : Fred Duval et Andrea Fattori

Titre : West legends – Tome 4 – Buffalo Bill – Yellowstone

Scénariste : Fred Duval
Dessinateur : Andrea Fattori

Édition : Soleil Productions (13/01/2021)

Résumé :
Cody est le meilleur chasseur de bisons de l’Ouest et il le prouve encore une fois en abattant 69 bisons sous les yeux ébahis des spectateurs venus assister au massacre orchestré par Buffalo Bill.

S’ensuivent alors des années fastes et la création du lucratif « Buffalo Bill Wild West » mais Cody, entre deux tournées, a besoin de souffler.

Il part en dépit des mises en garde chasser à Yellowstone.

Critique :
Buffalo Bill ! Quelle légende, quel C.V ! Ce mec a tout fait, dans l’Ouest, du Pony Express, du massacre de bisons, on dit même qu’il était à Little Big Horn.

Bref, cet homme est une légende de son vivant.

Oui, mais… Est-ce bien vrai tout ça ou bien est-ce des carabistouilles ? Parce qu’on a peu de preuves de tout ce qu’on dit qu’il a fait.

Aurait-il enjolivé les faits ou bien est-ce les autres qui en ont rajouté en racontant son histoire ?

Cet album ne vous donnera pas la vérité, mais une clé pour comprendre comment la légende s’écrit, qui la propage et tout ce qu’on peut broder autour des silences d’une personne.

Comparé à Sitting Bull, j’ai trouvé que cette histoire se lisait vite, bien trop vite… Je me suis retrouvée à la fin sans vraiment m’en rendre compte. Merde alors, déjà fini ?

Effectivement, pas de temps morts, pas le temps de se tourner les pouces, à partir du moment où Buffalo Bill met les pieds dans le Yellowstone, tout bascule et les emmerdes commencent.

Les dessins sont agréables à regarder, les couleurs sont belles, le rythme du scénario est rapide, mais heu, il manque tout de même des explications finales, non ??

Des types veulent la peau de Buffalo Bill, le poursuivent, le harcèle, tuent des gens et à la fin, on ne sait même pas le pourquoi du comment ? Bah, si, on entend le meneur se plaindre qu’il a ruiné sa famille, mais rien de plus.

Buffalo Bill est un alcoolo fini qui ne tient pas ses promesses et adore aller jouer aux cartes à Deadwood puis aller voir les putes. On se doute qu’il a dû froisser le monsieur qui veut lui bouffer la rate au court-bouillon.

Donc, les amis, ne faites pas chier le mec qui poursuit Buffalo Bill car il vous traquera impitoyablement et ne se privera pas pour dézinguer vos amis, connaissances… Violent comme procédé, mais nous sommes dans l’Ouest.

Pour le moment, c’est l’album dont le scénario est le moins abouti, même l’album Billy The Kid, avec sa narration non chronologique, avait plus de profondeur.

Ce quatrième album manque de développement, pour moi. Il est rythmé, a de l’action, du mouvement, on ne s’emmerde pas une seconde, mais j’ai eu l’impression qu’il manquait une case explicative de cette haine vouée à l’encontre de Buffalo Bill. Une sensation de trop peu.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°187], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°13] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°42]