Blueberry – Tome 12 – Le spectre aux balles d’or : Jean-Michel Charlier & Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 12 – Le spectre aux balles d’or

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1972)

Résumé :
En 1868, malgré la menace de bandes apaches, Blueberry et MacClure parcourent un désert de l’Ouest américain pour arrêter « Prosit » Luckner, un meurtrier à la recherche d’une fabuleuse mine d’or.

Leur prisonnier Wally Blount, un tueur sans scrupule, forge lui aussi des plans pour mettre la main sur la mine. Tous les quatre s’enfoncent dans la mesa du Cheval mort, ignorant qu’un « spectre aux balles d’or » la protège.

Critique :
La quête de l’or n’est pas terminée, et même si on s’en rapproche tout doucement, on n’est pas sûr d’y arriver en entier !

Dans le tome précédent, on avait tiré l’outre à alcool qu’est Jimmy McClure d’un mauvais pas, dézingué un gros connard d’enfoiré de sa mère et blessé l’autre.

Voilà maintenant Blueberry, Jim McClure et Wally (un des enculé de chasseurs de primes) à la poursuite de Prosit Lückner qui compte bien mettre la main sur l’or et se le garder pour lui tout seul.

Véritable course-poursuite à cheval, le gibier devenant parfois le chasseur ou le chasseur devenant gibier, le tout sous les attaques violentes de Apaches menés par Petite Lune, nos amis progressent dans ce désert toujours aussi impitoyable à la vitesse de rats morts, assoiffés qu’ils sont, épuisés aussi.

— Brrr ! ces mines sont sinistres ! Je suis sûr que c’est plein de fantômes.
— Bah ! ton haleine parfumée au whisky les fera fuir.

Et quand tout ce petit monde retrouve ce salopard de magouilleur de Prosit Lückner (ça rime), faudra toujours garder un oeil sur lui car maintenant, nos deux amis voyagent avec deux serpents à sonnettes (rattlesnake) !

Pour celui ou celle qui aime avoir du texte dans sa bédé, il va être servi car il y a tellement à lire que ces 54 pages donnent l’impression d’en faire 62, tant on met du temps à arriver au bout.

Non pas que c’est compliqué à lire, juste que les auteurs ne se sont pas contentés de dessiner des p’tits Mickeys, mais ils ont ajouté des placards de textes et vous en aurez pour vos sous, croyez-moi !

Bon, parfois, ils auraient pu s’abstenir de mettre du texte à des situations qu’on était tout à fait capable de comprendre de par nous même, sauf si nous ne possédons pas de cerveau, mais bon, je suis une habituée de Blueberry et j’ai toujours ma dose de lecture une fois que j’en termine un.

Du tout bon, du tout grand, de l’excellence faite bédé, tout simplement.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

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Blueberry – Tome 11 – La mine de l’Allemand perdu : Jean-Michel Charlier & Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 11 – La mine de l’Allemand perdu

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1972)

Résumé :
En 1868, en Arizona, le lieutenant Blueberry, qui assure à titre provisoire les fonctions de marshall d’une petite ville frontière, traque dans le désert un escroc et un meurtrier, « Prosit » Luckner, qui recherche une mine d’or légendaire, située au cœur des monts de la Superstition, la montagne sacrée des Apaches.

Il doit tout à la fois venir à la rescousse de son vieux complice, Jimmy MacClure, qui s’est laissé prendre aux rêves de richesse que lui a fait miroiter l’escroc, barrer la route à deux tueurs sans scrupule attirés eux-aussi par la mine d’or et échapper aux pièges du désert comme aux attaques des guerriers apaches.

Petit Plus : La Mine de l’Allemand perdu est le onzième album de la série de bande dessinée Blueberry de Jean-Michel Charlier (scénario) et Jean Giraud (dessin).

Publié la première fois en 1972, c’est le premier du cycle de l’or de la Sierra (deux tomes).

Cet album et le suivant, « Le Spectre aux balles d’or », ont également été publiés dans le diptyque « Les Monts de la Superstition ».

Il serait inspiré par le western « L’Or de MacKenna » sorti en 1969, ainsi que par la légende américaine de la mine d’or du Hollandais perdu et du roman de James Oliver Curwood « Les Chasseurs d’or. »

Critique :
Cela faisait longtemps que je n’avais plus vidé une bouteille de gnôle avec ce rascal d’outre à alcool qu’est Jimmy MacClure ! J’avais le gosier sec, il était temps que je m’abreuve à une série western plus réaliste que Lucky Luke.

Mike Blueberry a été nommé shérif intérimaire de la petite ville de Palomito et voilà qu’il a un drôle de gugusse qui atterrit dans sa prison : le baron Werner Amadeus von Luckner, digne descendant de l’une des plus illustres familles de la maison de Prusse !

Cet énergumène que l’on surnomme « Prosit » se dit être un ex-élève officier aux cadets de la Garde Impériale, docteur en médecine et en théologie, présentement ingénieur géologue.

Nous comprendrons qu’il est aussi un véritable escroc, une pitoyable enflure, un menteur patenté et pathétique, un roublard, un salaud de première classe et un embobineur de classe mondiale.

Dans ce diptyque qui se poursuivra avec « Le spectre aux balles d’or », les auteurs nous plongent dans une petite ville remplie de sable, de caillasses avant de nous balader dans un désert impitoyable, avec peu d’eau et des serpents à sonnettes humains.

Leur tout de force ? Avoir réussi à créer un personnage de la trempe de Prosit, le genre de type qu’on a envie de frapper, un mec qui se pavane avec une carabine en main, mais qui geint comme une gonzesse lorsque les rôles changent et qu’il se tient du mauvais côté du revolver (ou de Winchester).

Nous y ajouterons deux vautours, des rattlesnake digne de ce nom, des Apaches et une mine d’or qui, si elle existe, se trouverait sur la Mesa du Cheval Mort, dans les Monts de la Superstition, lieu sacré pour les indiens.

Ça va dépoter grave, accrochez-vous au pommeau de votre selle, perdez pas votre eau et gardez votre flingue dressé…

Blueberry est de la veine des westerns réalistes, où le héros souffre, en voit de toutes les couleurs et où tout tourne mal souvent pour lui, à la différence d’un Lucky Luke, mais bon, les deux hommes qui tirent très vite n’évoluent pas dans le même milieu.

Blueberry, c’est sombre, violent, les couleurs oscillent dans des tons jaunes ou très sombre et en lisant un album, croyez-moi, vous en aurez pour votre argent car ça ne se lit en deux coups de cuillère à pot !

C’est 48 pages de concentré du meilleur de ce qui se fait de mieux, ça se déguste, ça se lit en douceur, faut bien mâcher pour ne pas avaler de travers et prendre ensuite le temps de digérer cette grosse pièce car on est face à un scénario travaillé, en béton armé, du lourd, du tout bon.

Et ça se poursuivra dans la suite où là, on monte encore d’un cran dans la densité de ce qui se déroule dans ses pages, à tel point que vous vous croirez dans un 62 pages !

Au fait… s’il vous plaît, oubliez le film de Jan Kounen avec Vincent Cassel dans le rôle de Blueberry, ce film bien que s’inspirant de ce diptyque, ne vaut pas un pet de chien.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

À propos de courage : Tim O’Brien

Titre : À propos de courage

Auteur : Tim O’Brien
Édition : Gallmeister (07/04/2011)

Résumé :
Tim O’Brien, jeune homme projeté malgré lui dans le tumulte d’un conflit sanglant, celui du Vietnam, tente, vingt ans après, d’exorciser les fantômes qui le hantent.

Devenu écrivain, il se met lui-même en scène au côté de ses compagnons d’armes dont il fait, par la grâce d’un alliage subtil entre sa mémoire et son imaginaire, les acteurs et les victimes d’une guerre absurde.

Fragments de vie et de mort, de courage et de lâcheté, de folie et de raison, ses histoires sont autant d’échappées poétiques qui oscillent entre passé et présent, et soulignent l’éternel besoin de l’individu de retrouver la flamme d’une innocence perdue.

À propos de courage nous livre une méditation fracassante sur la guerre, la mémoire et le pouvoir de l’imagination. Un livre inoubliable.

Critique :
Comment parler de la guerre du Vietnam ? Comment parler de ce que l’on a vu ? Ressenti ? Vécu ? Comment parler des gars de sa compagnie qui y sont restés ? Comment relater l’ennui et la monotonie, la peur, la culpabilité ?

Je dois dire que Tim O’Brien y arrive avec brio, sans sombrer dans le mélancolique, dans le gore, le voyeurisme ou la violence gratuite.

Au travers de ses chapitres, il nous raconte des histoires qu’il a vécu au Vietnam, de ses camarades tombés au combat, ou dans des champs de merde, de ses peurs, de ses envies de foutre le camp, de sa mini désertion lorsqu’il fut appelé sous les drapeaux.

Au travers de ses histoires, nous aussi on portera notre barda avec eux, ces sacs qui étaient lourdement chargé, ces armes lourdes, ces tonnes de munitions, nous les porterons avec eux durant leur périple au pays du napalm déversé…

Vous êtes coincé dans un trou dégueulasse au milieu d’une rizière, et l’ennemi veut vous remplir le cul de plomb, mais quand, pendant quelques secondes, tout se calme et que vous levez les yeux et que vous voyez le soleil et quelques nuages blancs floconneux, et qu’une immense sérénité vous aveugle – le monde entier reprend sa place – alors, même coincé au milieu d’une guerre, vous vous sentez en paix avec vous-même comme jamais.

Son écriture comme ses histoires sont soignées, léchées, tournées de manière à vous plonger dans la boue du Vietnam, dans le quotidien de ces hommes, jeunes pour la plupart, fauchés bêtement, pour la plupart… ou devenu un peu fou.

Si ses histoires sont fictives, c’est aussi pour mieux retranscrire la réalité, l’auteur nous expliquera même comment il fabrique des fictions pour dire la réalité.

Dans la plupart des cas, il ne faut pas croire un récit de guerre véridique. Si vous y croyez, soyez sceptique. C’est une question de crédibilité. Souvent, ce qui paraît fou est vrai, et ce qui paraît normal ne l’est pas, car les trucs normaux sont nécessaires pour vous faire croire à des folies réellement incroyables.

Faire des généralisations sur la guerre, c’est comme faire des généralisations sur la paix. Presque tout est vrai, presque rien n’est vrai.

De ces histoires, même fictives, le lecteur ne sera pas dupe car tout le monde sait qu’il y a une grosse part de réalité dedans – l’auteur l’a faite, la guerre du Vietnam – il en ressortira des grosses doses d’émotions de ses différents récits.

Oui, l’histoire est fictive, mais les émotions, elles, elles ne sont pas feintes, elles sont véridiques, et elles te sauteront à la gueule sans que tu y prennes garde.

Si, à la fin d’une histoire de guerre, vous vous sentez ragaillardi, ou si vous avez l’impression qu’une parcelle de rectitude a été sauvée d’un immense gaspillage, c’est que vous êtes la victime d’un très vieux et très horrible mensonge. La rectitude n’existe pas. La vertu non plus. La première règle, me semble-t-il, est qu’on peut juger de la véracité d’une histoire de guerre d’après son degré d’allégeance absolue et inconditionnelle à l’obscénité et au mal.

Un récit fort, profond, sans fard, mais sans surenchère dans le glauque, des personnages attachants et de belles tranches de vie, le tout sans la musique de Apocalypse Now car moins trash.

La guerre c’est l’enfer, mais c’est encore mieux que ça, parce que la guerre c’est aussi le mystère et la terreur et l’aventure et le courage et la découverte et la sainteté et la pitié et le désespoir et la nostalgie et l’amour. La guerre est méchante ; la guerre est amusante. La guerre est excitante ; la guerre est déprimante. La guerre fait de vous un homme ; la guerre fait de vous un mort. Les vérités sont contradictoires. On peut arguer, par exemple, que la guerre est grotesque. Mais, en vérité, la guerre est également beauté. Malgré toutes ses horreurs, vous ne pouvez pas vous empêcher d’admirer l’extraordinaire majesté d’un combat. Vous voyez les rafales traçantes se dérouler dans l’obscurité comme des rubans rouges et brillants. Vous vous accroupissez lors d’une embuscade, tandis qu’une lune froide et impassible se lève au-dessus des rizières nocturnes. Vous admirez les symétries mouvantes des troupes en marche, l’harmonie des sons, des formes et des proportions, les énormes salves d’obus crachées par une canonnière, les rafales illuminantes, le phosphore blanc, l’éclat orange-violet du napalm, la lueur rouge des roquettes. Ce n’est pas exactement beau à voir. C’est stupéfiant. Ça remplit l’œil. Ça vous subjugue.

Une écriture poétique, magnifique, qui sublime encore plus les récits de guerre ou d’après-guerre, pendant la reconstruction du corps et de l’esprit.

Ils portaient le bagage émotionnel d’hommes qui sont susceptibles de mourir. Le chagrin, la terreur, l’amour, la nostalgie – tout cela était intangible, mais ces choses intangibles avaient leur propre masse et leur gravité spécifique, elles avaient un poids tangible. Ils portaient des souvenirs honteux. Ils portaient en commun le secret d’une lâcheté à peine retenue, l’instinct de s’enfuir ou de se figer sur place ou de se cacher, et d’une certaine manière c’était le plus lourd des fardeaux, parce qu’on ne pouvait jamais le poser à terre du fait qu’il exigeait un équilibre parfait et une posture parfaite. Ils portaient leur réputation. Ils portaient la plus grande peur du soldat, qui est la peur de rougir. Ces hommes tuaient, et mouraient, parce qu’ils auraient été gênés de ne pas le faire.

Le Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

La Vallée des ombres : Xavier-Marie Bonnot

Titre : La Vallée des ombres

Auteur : Xavier-Marie Bonnot
Édition : Belfond (03/11/2016)

Résumé :
René Vasseur est une machine, un être au cuir épais qui a fait la guerre, qui a changé de nom. René Vasseur est un légionnaire. Après vingt ans d’absence, la haine au coeur, il revient dans son village natal, au fond d’une vallée industrielle dévastée par la crise.

Peu à peu, surgissent les ombres du passé : la femme qu’il a aimée, l’ennemi d’enfance devenu flic, l’ami qui a basculé dans le grand banditisme, son père, ancien patron de la CGT locale, tyrannique et désabusé… Et le drame qui a bouleversé sa vie : la mort de son frère, Rémy, dix-huit ans, assassiné lors des grèves de décembre de 1986.

René est-il venu venger son frère ? Pourquoi ne l’a-t-il pas secouru alors qu’il en était capable ? Pourquoi a-t-il rejoint la Légion ?

Critique :
♫ Dans la vallée, oh oh, enclavée, lalilala, dans la vallée, ho ho, des rancœurs de pierre près des tombeaux ♪

(Pardon de vous avoir remis cette chanson dans la tête).

Dans la vallée (non, on ne chante plus), des usines qui ne tournent plus à plein régime…

Dans la vallée, le chômage qui, comme la petite bête, monte, monte, monte.

De la vallée, les jeunes s’en sont exilés afin de trouver du travail… Là où leurs ancêtres (♫) bossaient comme des forçats, ceux qui ont encore un job voient leurs avantages se réduire comme peau de chagrin.

Ces avantages sociaux que les anciens avaient acquis au prix de grandes grèves, de sueur, de sang et de larmes. À cette grande époque ou le mot « syndicat » voulait encore dire quelque chose.

Et puis, comme dans tous les villages (ou les petites villes) où tout le monde se connait, on nage dans les secrets lourds et ténébreux. Tout le monde sait tout, mais tout le monde se tait, sauf que les rancœurs ou les haines sont comme des braises sous la cendre, une légère brise et le feu repart de plus belle, encore plus destructeur.

♫ Comme ces jours de peine où l’homme se traîne à la limite du règne du mal et de la haine ♪

René Vasseur a quitté la vallée (de Dana, lalilala) enclavée, laissant le village de Pierrefeu dans son dos, mais aussi son père, son meilleur ami Brahim, sa copine Samia, son frère Rémy, mort durant une grève et sa mère, qui était morte après.

Au départ, on ne saura pas pourquoi René est parti en coup de vent, mais ce jeune homme un peu frêle et toujours en butte aux coups et aux railleries des autres s’est engagé dans la Légion. Des combats, il en a fait, des batailles dégueu, il en a vu.

Là, notre homme revient au bled, il a 40 ans et à la Légion, à cet âge là, tu es pensionné. Et quand tu reviens au bled après 20 ans de silence, on ne peut pas dire qu’on va sortir les cotillons et les flonflons pour ta pomme ! Que du contraire, on te regarde comme un étranger.

La force de ce roman est dans son écriture, dans ses personnages tourmentés, forts, ni tout blancs, ni tout noirs, dans René, homme taciturne qui se souvient de son enfance, du poids de l’Histoire avec un grand-père paternel qui avait pris le maquis et qui est mort d’une balle dans la nuque, dénoncé par des gens du village, sans aucun doute.

Le père de René est aussi un homme fort, il était syndicaliste et il en a mené, des grèves, ce communiste pur et dur. Pourtant, il y a de la fragilité dans cet homme qui a perdu son père alors qu’il n’était qu’un petit garçon et qui a senti peser sur ses épaules le poids de la Légion d’honneur de son père, reçue à titre posthume.

Et puis, il y a des flics ripoux, des salauds qui ne sont forts que planqué derrière leur uniforme ou derrière les autres, parce que une fois seul, ils se chient dessus.

Sans oublier les vieilles rancœurs qu’on a laissé couver, telle des braises sous la cendre, et des vengeances que l’on voudrait accomplir envers ceux qui ont tabassé votre frère, le laissant mort sur le béton.

Un roman rural noir, mais pas trop rural, un roman rempli de flash-back, une histoire qui ne se dévoile que petit à petit, des souvenirs trop grands pour être gardés en soi, une histoire d’amitié, de haine, de vengeance que l’on voudrait accomplir mais dont on sait qu’elle nous laissera des séquelles.

Ça se lit tout seul, ça se dévore, ça se déguste comme un mojito bien frais sur une terrasse (ou du petit-lait pour ceux qui n’aiment pas boire), et ça donne des frissons durant la lecture car certains rebondissements sont des véritables chocs.

Une fois de plus, je viens de sonder l’âme noire des Hommes et croyez-moi, c’était pas beau à voir, mais tellement beau à lire.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017).

L’heure de plomb : Bruce Holbert

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Titre : L’heure de plomb

Auteur : Bruce Holbert
Édition : Gallmeister (2016)

Résumé :
Hiver 1918. L’État de Washington connaît, durant un bref instant, l’Apocalypse : l’un des pires blizzards de l’histoire du pays balaie tout sur son passage.

Perdus dans la neige, pétrifiés par le gel, des jumeaux de quatorze ans, Luke et Matt Lawson, sont recueillis in extremis par une femme qui tente de les ranimer à la chaleur de son corps. Seul Matt reprend vie.

Le lendemain, le voilà devenu un homme, trop tôt et malgré lui. Car le désastre l’a également privé de son père, le laissant à la tête du ranch familial.

Labeur, amour et violence, autant de découvertes pour Matt, désormais seul face à la beauté sauvage de cette terre, tentant de maintenir l’équilibre fragile entre les êtres qui l’entourent.

bigth_1222Critique :
Mais qui a éteint la lumière dans ce roman ? Y a-t-il quelqu’un pour apporter un peu de chaleur et des gentilles choses à ces pauvres personnages qui vont en voir de toutes les couleurs durant ces 376 pages ?

Non, on ne dirait pas… 1918… Matt et Luke, des frères jumeaux, sont pris dans une tempête digne d’une fin du monde et seul Matt en ressortira vivant, mais brisé par la perte de son jumeau et celle de son père.

C’est en se plongeant dans le travail rude du ranch que Matt tentera d’oublier. Mais si le baume du temps guérit bien des blessures, on dirait que chez lui, cette pommade ne fonctionne pas.

L’absence était sans fin, sans raison ; il lui semblait que c’était moins une blessure que le deuil aurait pu atténuer et finir par refermer, qu’une malformation en elle qu’il fallait recoudre en permanence pour l’empêcher de saigner.

Matt est un personnage assez atypique : ayant dû devenir adulte trop tôt, il s’est transformé en bourreau de travail, faisant augmenter sa masse musculaire mais pas toujours son cerveau. Que se soit dans la recherche de son père disparu durant la tempête ou avec Wendy, une fille de son bled à qui il n’ose avouer ses sentiments.

Ici, la nature est comme Dallas : impitoyable ! Elle ne fait pas de cadeaux et l’écriture de l’auteur nous le montre bien.

Nous sommes dans l’Ouest, dans les plaines encore sauvages de 1918 et nous allons véritablement suivre la vie de plusieurs personnages (Matt, Linda son ancienne institutrice, Wendy, la mère de Matt, Jarms et son père Roland, Lucky) durant des années pour en arriver jusqu’à les voir vieillir sur les dernières pages.

J’ai bien aimé le roman, mais j’aurais apprécié qu’il se passe un peu plus de choses au départ, ayant eu cette horrible impression qu’il y avait du texte pour ne rien dire de neuf.

De plus, l’usage de certains mots vulgaires m’a un peu étonnée parce que ces mots n’apportaient rien de plus au texte, ils n’étaient absolument pas nécessaires dans le contexte (l’utilisation du mot « quéquette » alors que le mot « sexe » aurait très bien fait l’affaire).

Lucky baissa la fermeture à glissière de sa braguette et déposa sa quéquette dans le verre.

Il y aura juste ces deux petits bémols et pour l’ensemble, je dirai que les personnages étaient bien travaillés, complexes, ni tout blanc, ni tout noir, attachants, même si pour certaines ça a pris plus de temps. De plus, ils évoluent avec l’âge et si j’appréciais Wendy jeune, j’ai eu du mal avec elle une fois devenue adulte.

La plume de l’auteur est descriptive, elle nous montre véritablement les paysages qui nous entourent, les gens qui peuplent les petites villes, le progrès qui est en marche, l’arrivée des automobiles, le travail dur des ouvriers pour la construction d’un barrage ou celui des fermiers dans les ranchs.

Les contremaîtres …ils n’avaient pas l’esprit plus vif que ceux à qui ils donnaient des ordres. Ils avaient du travail une idée étroite, essayant de faire en sorte qu’ un homme abatte du boulot pendant une heure sans s’arrêter plutôt que se demander si ce qu’il faisait avait un sens quelconque. Au bout du compte, les hommes n’étaient plus que des bêtes de somme, et les tâches les plus importantes restaient inachevées ou mal exécutées.

Une belle fresque, une vraie saga, des personnages qui nous marquent, de la violence, la vie qui ne fait pas de cadeaux, un roman qui prend un peu trop son temps au début et puis nous emporte avec lui pour nous faire vivre des époques révolues.

Un beau voyage, mais pas un voyage reposant ! L’Ouest est toujours aussi terrible avec les gens et ce roman est une fresque qui met à mal ses protagonistes.

Dans le soleil couchant, des larmes se mirent à briller sur le visage du garçon, suivies de profonds sanglots qui effrayèrent Wendy car elle se demanda s’il allait pouvoir reprendre sa respiration. La poitrine de Matt était secouée de spasmes et il ne pouvait pas parler. Elle reposa les mains sur celles du garçon, peut-être parce qu’elle avait vu ou senti sa mère faire ce geste un jour, peut-être sans autre raison que la beauté de l’instinct que même les animaux les plus féroces sont susceptibles de s’accorder les uns aux autres, ou peut-être parce que quelque chose en lui éveillait la même chose en elle. Elle prit la tête de Matt entre ses mains et la garda, puis elle s’approcha de lui, si près qu’il ne pouvait plus rien voir d’autre que son visage.
– Je suis fatigué de chercher.

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Une année avec Gallmeister : les 10 ans chez LeaTouchBook, Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule et le RAT a Week, le marathon de l’épouvante Édition 2016 chez Chroniques Littéraires.

CHALLENGE - Il était une fois dans l'ouest - BY Cannibal Lecteur

CHALLENGE - Gallmeister 10 ans

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Shibumi : Trevanian

Shibumi - Trevanian

Titre : Shibumi

Auteur : Trevanian
Édition : Gallmeister (2008) / Gallmeister (2016)

Résumé :
Nicholaï Hel est l’homme le plus recherché du monde. Né à Shanghai en plein chaos de la Première Guerre mondiale, fils d’une aristocrate russe et protégé d’un maître de Go japonais, il a survécu à la destruction d’Hiroshima pour en émerger comme l’assassin le plus doué de son époque.

Son secret réside dans sa détermination à atteindre une forme rare d’excellence personnelle: le shibumi.

Désormais retiré dans sa forteresse du Pays basque en compagnie de sa délicieuse maîtresse, Nicholaï accueille une jeune étrangère venue lui demander son aide.

II se retrouve alors traqué par une organisation internationale de terreur et d’anéantissement – la Mother Company – et doit se préparer à un ultime affrontement.

Petit Plus : Shibumi, le chef-d’œuvre de Trevanian, est un formidable roman d’espionnage et une critique acerbe de l’Amérique. Avec, toujours, l’intelligence et l’humour noir qui sont la marque de fabrique de cet auteur exceptionnel.

couv rivièreCritique :
— Shibumi est-il un grand roman ?
— Une vache lécherait-elle la femme de Loth ? Oui, par les couilles traitresses et perfides de Judas !

Bon, on va se calmer un peu, monsieur Le Cagot, Beñat de son prénom, même si dans le fonds, vous avez tout à fait raison !

Si vous voulez profiter pleinement de ce roman, faite abstraction de tout et immergez vous totalement dedans.

Car nous sommes face à 525 pages écrites avec une plume mordante, faites d’un habile mélange entre le roman d’espionnage et une critique acerbe de l’Amérique, tout en se  baladant de Washington au Pays basque en passant par la Chine et le Japon d’avant et d’après guerre.

Ma partie préférée reste celle du Japon d’avant guerre, durant la guerre et après. Là, j’ai bu du petit lait, du petit Jésus en culotte de velours, un café noir, sombre, intense qui m’a brûlé la langue pour mon plus grand plaisir.

Quant à la partie basque, elle est magique, un peu folle et le seul moment où j’ai un peu sauté des lignes, c’est avec l’exploration de la grotte.

Ce roman est une critique sociale des États-Unis, de sa société, de sa CIA, de son gouvernement, bref, tout le monde est rhabillé pour les 10 prochains hivers !

— Il est révélateur que le cow-boy soit le héros type de la culture américaine : un immigrant victorien brutal et sans éducation, issu de la masse rurale.

Nicholaï soupira. Il avait côtoyé la mentalité des militaires américains pendant deux ans et il n’arrivait toujours pas à comprendre leur propension à forcer les faits pour les faire rentrer dans des présomptions qui les arrangeaient.

La plume de l’auteur est dure, intransigeante, sans concessions aucune, mais terriblement vraie, hélas. Les Français, Japonais, et les Basques aussi en prendront pour leur grade, mais moins que les yankees et l’américanisme.

— Ils ont des agents de la Sûreté nationale qui surveillent toute la région, avec l’ordre de m’abattre à vue si je quitte les environs.
— Le seul charme de la Sûreté nationale est sa formidable incompétence.

— Ce ne sont pas les Américains qui m’irritent, c’est l’américanisme : une maladie de la société postindustrielle qui contaminera à leur tour chacune des nations les plus développées, et qui est appelée “américaine” uniquement parce que votre pays montre les symptômes les plus avancés de cette maladie, de même que l’on parle de grippe espagnole ou d’encéphalite japonaise du type B.

La CIA s’en prendra plein les dents aussi et l’auteur nous démontrera par A+B ce qui se passe comme conséquences lorsqu’on laisse ses émotions gouverner ses actes. La stupidité des uns déclencheront le feu du ciel…

Nicholaï Hel est un personnage que l’on devrait détester, c’est un assassin, un tueur à gage d’un niveau excellent, mais c’est impossible, on l’apprécie malgré tout. Son personnage est taillé au cordeau, bien décrit, avec ses zones d’ombres, ses pensées, ses certitudes, sa vision des américains et des japonais depuis l’invasion des mêmes américains.

Nikko excelle dans des tas de choses, d’ailleurs : que ce soit dans les techniques érotiques japonaises qu’il pratique avec sa maitresse Hana, la spéléologie qu’il pratique dans les grottes du pays Basque ou les langues qu’il parle (il parle couramment le russe, l’anglais, le français, le chinois et le japonais).

De plus, je lui ai trouvé des petites ressemblances avec Holmes, notamment lorsqu’il joint ses doigts devant ses lèvres.

Hel fit un signe de la tête et se pencha en avant, les mains jointes, l’index sur les lèvres.

Sans vouloir l’admettre, il avait réalisé que son intellect aiguisé par la technique du Go possédait les mêmes propriétés qu’un moteur électrique qui, lorsqu’il n’est pas en charge, tourne de plus en plus vite jusqu’à ce qu’il saute.

Les autres personnages qui gravitent dans le roman sont eux aussi bien esquissés, bien détaillés et certains sont même haut en couleur, notamment Beñat Le Cagot, l’ami basque de Nicholaï qui a une manière de jurer bien particulière, comme celle de répondre par des métaphores au lieu de dire « oui » tout simplement.

— Par les couilles sceptiques de saint Thomas ! Qu’est-ce qui se passe ici ?

— Si jamais tu m’as fait ça, Nikko, par les couilles épistolaires de saint Paul, je te casse la gueule, bien que cela me peine énormément car tu es un brave type en dépit de tes tristes origines.
Le Cagot était persuadé que tout homme ayant le malheur de ne pas être basque souffrait d’une malformation génétique tragique.

— Par les couilles rocheuses de saint Pierre, tu as l’âme d’un négrier, cria Le Cagot à Hel.

— Tout est prêt ?
— Le diable a-t-il des cornes ?

Voilà donc un roman qui n’a sans doute pas usurpé son titre de « le chef-d’œuvre de Trevanian ».

Il possède de l’intelligence, du suspense, de l’humour noir, une plume acide et mordante, des personnages bien travaillés (dont certains sont hilarants), une critique acerbe sur la société américaine, un dose d’espionnage, de meurtres, de jeu de Go, le tout en vous faisant voyager dans différents pays, à différentes époques, le tout pour une somme modique !

Ce roman a beau avoir été écrit vers la fin des années septante (soixante-dix), il n’en reste pas moins d’actualité !

Un roman puissant dont je suis contente de ne pas être passée à côté !

Étoile 4,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le  RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires, Une année avec Gallmeister : les 10 ans chez LeaTouchBook et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

CHALLENGE AMÉRICAIN 2016 - Eagle+flag

CHALLENGE - Gallmeister 10 ans

Sombre vallée : Thomas Willmann

Sombre Vallée - Thomas Willmann

Titre : Sombre vallée

Auteur : Thomas Willmann
Édition : Belfond (2016)

Résumé :
« C’est ainsi que l’homme et l’animal sortirent de l’étroit et sombre goulet qui, entaillant jusqu’à mi-hauteur la paroi désolée du massif montagneux, débouchait sur une immense plaine entourée d’une suite de sommets, havre insoupçonné de calme, asile de fertile solitude. C’était un endroit qui se suffisait à lui-même et ne tolérait la présence d’aucun élément extérieur. Il ne se défendait pas contre les intrus, mais se refermait aussitôt derrière eux, interdisant tout retour à un autre monde. »

Alpes bavaroises, fin XIXe siècle.

Quand l’étranger est arrivé sur sa mule un soir, les villageois se sont interrogés. Greider est-il vraiment peintre, comme il le prétend ? Ou est-il guidé par de plus sombres desseins ? Et puis un mort, un fils du clan Brenner, les fermiers qui règnent en maîtres sur la communauté. Et bientôt la mort d’un autre fils. Et d’autres encore…

Ceux qui dirigeaient jusque-là le village seraient-ils devenus des proies ? Tous les regards se tournent vers lui, Greider. L’étranger connaît-il les lourds secrets de la sombre vallée ? Et s’il était revenu pour mettre à exécution une vengeance ourdie de très longue date ?

Au cœur des montagnes bavaroises se noue un drame aux conséquences dévastatrices. Porté par une écriture puissamment évocatrice, un premier roman impressionnant, un suspense oppressant au service d’une histoire de haine et de revanche.

Mountain+darknessCritique :
« La montagne, ça vous gagne », qu’ils disaient. Tu parles ! Vu d’ici, on a envie de fuir à toutes berzingue de leur foutue montagne et surtout de leur trou du cul de village perdu dans une vallée des Alpes Bavaroises.

Ce roman porte bien son nom en français, la vallée est sombre et pas uniquement parce que nous sommes en hiver et que le soleil se couche avec les poules.

Non, ici, la sombritude (néologisme gratuit) elle est dans le cœur des gens, dans leurs âmes, dans l’acceptation de la domination d’une famille, le clan Brenner, comme si nous étions encore au Moyen-Âge ou dans en Sicile, sous la coupe de la Mafia.

Pourtant, que la montagne pourrait être belle dans cette vallée à la terre fertile s’il n’y avait pas ces foutus fils Brenner qui y font la loi. Ils sont six et bientôt, il ne seront plus que quatre, puis cinq… Une sorte de « Dix Petits Nègres » d’Agatha Christie rebaptisé « Six Fils Brenner ».

Le récit est oppressant car même si nous sommes dans une vallée, avec l’hiver qui arrive, ça devient un huis clos. L’auteur nous fait bien sentir qu’il y a un truc louche dans la venue dans ce village paumé du peintre Greider, mais au départ, on ne voit pas le lien.

C’est petit à petit aussi que l’on découvre que tout le village est sous tutelle de la famille Brenner et à un moment donné, en analysant les angoisses d’un personnage, j’ai compris jusqu’où cette main mise pouvait aller et là, ce fut l’horreur absolue lorsque l’auteur a confirmé mes pires craintes.

Les personnages sont taillés à la serpe, on n’en saura pas beaucoup sur eux, mais ce sera suffisant pour qu’on s’attache à certains, dont Greider, la veuve Gader, Luzi et Lukas tandis que les autres nous feront trembler de par leur morgue, leur froideur, leur façon d’être.

Le style d’écriture n’est pas trépidant, mais les pages se tournent toutes seules, car on veut savoir ce que Greider fout dans ce trou du cul paumé des alpes bavaroises, hormis dessiner les paysages et les maisons au fusain. Il n’y a pas que ça…

On voudrait aussi en savoir plus sur le clan qui règne telle la famille Ewing dans cet univers impitoyable et qui font montre de toute leur puissance, leur hégémonie ou de leur testostérone lorsqu’ils déambulent dans le village pour accompagner Greider chez la veuve Gader.

Comme dans le roman « Sécessions », les dialogues sont assez rares, mais ici, grâce à la plume de l’auteur, ça passe comme une lettre à la poste car certaines scènes sont puissantes, violentes, mais on en veut toujours plus car on veut savoir.

Vers la page 190, deux récits vont d’entremêler, deux récits du passé, mais qui auraient pu concerner aussi le présent (je l’ai pensé à un moment donné), deux récits violents, âpres, prenant, deux  histoires tragiques qui, dans le roman, sont séparées par un espace mais sont sœurs de par la violence sans borne qui les caractérisent.

Je quittais un récit la mort dans l’âme pour me replonger dans l’autre que j’étais contente de retrouver car je voulais connaître le fin mot et au moment où… boum, on revenait au premier, et l’auteur a ainsi joué avec le suspense et l’envie de tout savoir durant de nombreuses pages, faisant monter mon rythme cardiaque.

Niveau ambiance western, elle s’y trouve bel et bien dans ce côté d’un Clint Eastwood qui jouerait le rôle de Preacher (Pale Rider) ou à la manière d’un Henry Fonda (Mon nom est Personne) et bien entendu, dans le final, mais sans les mouches, vu la climat.

Le seul bémol sera pour quelques phrases en allemand non traduites en annexe ou en bas de page.

Un roman sombre, un nature writing mâtiné de roman noir, une histoire d’hégémonie suprême d’un homme et de ses fils sur un village, leurs pleins pouvoirs, et devant eux, un troupeau de dominés courbant l’échine et un peintre inconnu armé de ses fusains.

C’est lent, poétique, avec de la psychologie dans les personnages et dans l’analyse de ala position de Greider, à la fin, sans oublier de la rédemption. Et lorsque l’on tourne les pages, on frémit de ce qui pourrait nous attendre au détour de l’une comme au détour des forêts sombres et couvertes de neige de ce coin perdu où il ne fait pas bon y échouer.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Coupe d’Europe des Livres » chez Plume de cajou et le RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires (337 pages).

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Bull Mountain : Brian Panowich

bull mountain - Brian Panowich

Titre : Bull Mountain

Auteur : Brian Panowich
Édition : Actes Sud (2016)

Résumé :
Chez les Burroughs, on est hors-la-loi de père en fils. Depuis des générations, le clan est perché sur les hauteurs de Bull Mountain, en Géorgie du Nord, d’où il écoule alcool de contrebande, cannabis et méthamphétamine jusque dans six États, sans jamais avoir été inquiété par les autorités.

Clayton, le dernier de la lignée, a tourné le dos à sa fratrie, et comme pour mettre le maximum de distance entre lui et les siens, il est devenu shérif du comté.

À défaut de faire régner la loi, il maintient un semblant de paix. Jusqu’au jour où débarque Holly, un agent fédéral décidé à démanteler le trafic des montagnards. Clayton se résout alors à remonter là-haut pour proposer un marché à son frère. Il sait qu’il a une chance sur deux de ne pas en redescendre.

Ce qu’il ignore, c’est que Holly en a fait une affaire personnelle, et que l’heure des pourparlers est déjà passée.

Petit Plus : Salué par bon nombre d’auteurs fameux, à commencer par James Ellroy, Bull Mountain se lit comme l’histoire de Caïn et Abel dans un Sud plus poisseux que jamais.

Avec ce premier opus d’une violence et d’une force également insoutenables, Brian Panowich signe un roman noir rural et déchirant.

bull mountain brian panowichCritique : 
♫ Pourtant, que la montagne est belle ♪ Comment peut-on s’imaginer, en voyant un champs de cannabis, que les Burroughs vont s’arrêter ? ♫

Non, le clan Burroughs ne va pas s’arrêter en si bon chemin, ils ont commencé avec de l’alcool de contrebande durant la prohibition puis les suivants ont fait du cannabis et maintenant, de la meth.

Jamais inquiétés… Leur petite entreprise, connait pas la crise… Bien que elle pourrait la connaître avec l’agent Simon Holly qui vient de débarquer pour mettre fin au business florissant de la famille Burroughs qui s’étend tout de même sur six états.

Rien ne fait plus baver une agence fédérale américaine qu’un gros tas de fric. Rien, si ce n’est, bien sûr, un tas plus gros.

Clayton Burroughs, shérif de la petite ville et frère cadet des deux trafiquants là-haut sur la montagne va tenter de proposer à son frangin de se ranger des voitures… et c’est là que les romains s’empoignèrent.

— Ce que je comprends (…) c’est que tu envisages de te maquer avec les fédéraux qui ont tué un de tes frères puis d’essayer de convaincre ton autre frère, l’autoproclamé parrain des ploucs de Bull Mountain, de laisser tomber l’entreprise criminelle de toute une vie, et après, quoi ? Tu vas à la pêche ?

C’est une véritable petite pépite noire que je viens de reposer après une lecture qui m’a entrainée en Géorgie, dans une petite ville où le shérif donnerai presque l’impression de couvrir les trafics des frangins. Mais est-ce vraiment cela ?

L’alternance des chapitres m’ont fait passer du présent au passé, me présentant ainsi cette histoire de 1949 à 2015, passant d’un personnage à un autre, nous donnant ainsi une vision plus grande de tout ce qui s’est passé entre les différents protagonistes.

Si parfois on se demande le pourquoi nous avons droit à une partie de la vie d’un personnage qui est secondaire, c’est parce que rien n’est laissé au hasard et que le diable se cache dans les détails, comme toujours.

Et quand le diable surgira de sa boite, on se demandera si, tout compte fait les méchants n’étaient pas moins pire puisque estampillés « méchants » directement, eux.

Les personnages sont travaillés, j’ai apprécié Clayton Burroughs, le cadet de la fratrie qui a mal tourné puisqu’il est flic, Simon Holly, l’agent fédéral qui semble droit dans ses bottes, l’escort girl Angel, la montagne elle-même car c’est un personnage important aussi… Petit bémol, j’aurais aimé en savoir plus sur Halford, l’ainé du clan Burroughs.

On est fier quand on a un vélo rouge flambant neuf ou une promotion au boulot. Ici, c’est différent. Cette terre est ancrée en eux. Ce n’est pas une chose qu’ils ont méritée, ou remportée après une lutte. Ils sont nés là, et ils sont prêts à tout si on menace de leur prendre ça. Ça fait partie intégrante de qui ils sont – de qui nous sommes.

Hormis ça, la présentation des principaux protagonistes (dont le grand-père Cooper qui mis en place cette malédiction qui pèsera sur toute famille) est bien présentées et on n’a qu’une envie, tout dévorer d’un coup.

Niveau scénario et agencement,  c’est bien fichu et le récit est distillé comme du whisky de contrebande : c’est du brutal !

C’est sombre, noir, dur, implacable, prenant et lorsqu’on le termine, on a l’impression de reprendre son souffle.

Une saga familiale qui a tout d’un univers impitoyable… Pourtant, dans ce roman rural noir, il y a quand même quelques lueurs d’espoir.

Une vraie pépite noire comme j’aime en lire.

Étoile 4,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires et Le « Challenge US » chez Noctembule.

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Ce qui n’est pas écrit : Rafael Reig

 

Ce qui nest pas ecrit - Reig

Titre : Ce qui n’est pas écrit

Auteur : Rafael Reig
Édition : Métailié (2014)

Résumé :
Carlos emmène son fils Jorge en montagne pour un week-end entre hommes, c’est sa mère qui l’élève et il le voit très peu. Il le trouve étrange, trop rond, trop bébé pour ses quatorze ans, bref il est déçu par cet ado renfermé et maladroit dont il veut faire un homme, un vrai.

Mais dès le début de la balade c’est Carlos qui découvre ses limites physiques et son incapacité à communiquer avec son enfant. Le séjour s’annonce difficile, surtout qu’au chalet les attend la nouvelle petite amie de Carlos, qu’il ne l’a pas dit à son fils et qu’elle n’est pas un modèle de discrétion.

Carmen restée en ville tombe sur un manuscrit laissé chez elle par Carlos, un polar scabreux et terriblement efficace ; peu à peu elle y voit de drôles de ressemblances avec la réalité, des prémonitions macabres, des menaces à peine voilées contre elle ou contre son fils.

L’angoisse monte, les sous-entendus se multiplient. Elle tente d’appeler Jorge, mais Carlos a confisqué son téléphone. Désespéré et humilié le garçon s’enfuit dans la forêt et disparaît…

ce-qui-n-est-pas-ecrit-616277-250-400Critique :
C’est laborieusement que je viens de terminer ce roman dont on me promettait pourtant beaucoup et qui au final me fera penser à la montagne qui accouche d’une souris !

Voyez plutôt l’accroche qui a réussi à m’avoir : « On ne lâche plus ce roman parfaitement noir où tout le monde, lecteur inclus, s’échine à lire entre les lignes ce qui n’est pas écrit, et s’imagine le pire ». Tu parles, Charles !

Non seulement j’ai failli le lâcher plusieurs fois, mais je cherche encore dans les pages le côté roman noir (hormis le contexte social du roman dans le roman, je n’en vois pas d’autre) ainsi que le « Thriller psychologique », la nature inquiétante, la trame de film d’horreur habilement construite et le fait que ce texte confirme la virtuosité stylistique et l’inventivité narrative de son auteur.

Va ma falloir un Patrick Sabatier pour un Perdu de recherche parce que j’ai beau retourner l’affaire, j’ai pas eu peur, même pas ressentit le souffle de la nature inquiétante, ni d’angoisses, juste des soupirs à fendre l’âme que j’ai poussé durant ma lecture.

Balançons directement sur le fait que je n’ai ressenti aucune empathie pour les protagonistes, que ce soit Carmen, la mère (qui est une femme pratique dans tout ce qu’elle fait et c’est horripilant !).

Carlos, son ex-mari, alcoolo, petit prolétaire qui pense en dichotomie sur les femmes (la pute et la princesse), qui veut faire de son fils un homme, un vrai, qui le traite de « nouille » sans arrêt (son mot préféré) et qui le jalouse parce que son gamin de 14 ans en a une plus grande que lui !

Il pouvait à peine croire ça. Son fils, son propre fils, en avait une plus grande que lui. Elle était d’une taille si considérable que Carlos se sentit humilié, victime d’une trahison.

Comme d’habitude : soit la pute, soit la princesse. Pour ne pas voir les femmes, Carlos les dégradait ou les idéalisait. Soit il était la victime de l’inaccessible et hautaine princesse, soit il devenait le maquereau de la misérable pute.

Quand à leur gamin, Jorge, il est pleurnichard, chouineur, un vrai pisseur, et on ne sait pas trop de quel côté il oscille, ni vraiment ce qu’il veut, en fait. Ils auraient mieux fait de ne pas se reproduire ces deux là !

Oh, j’oubliais, il y a aussi Yolanda, l’ex-petite amie de Carlos qui est redevenue sa nouvelle copine après le divorce.

Comme si ça ne suffisait pas, nous avons aussi un roman choral mal foutu ! J’aime le roman choral, mais là, on est dans le bas du classement des pires romans que j’ai pu lire.

Le must du pire, c’est sans conteste le roman écrit par Carlos et qu’il a déposé sur la chaise de son ex-femme avant d’emmener le rejeton en week-end camping dans la forêt. Là, on touche le fond, la lie, la raclure de bidet niveau écriture.

Vous me direz que c’est Carlos qui a écrit cette daube, il n’a rien d’un Cervantes, on le sait, mais ça devient pénible de lire ce torchon rempli de vulgarité, de sexe sale, de pensées débiles de son alter-ego littéraire, Antonio Riquelme. Alter ego qui, tout comme lui, traite tout le monde de nouille, ce qui fait cloche dans la bouche d’un petit truand.

Chez les quatre autres, le membre masculin de la copulation et dernier tronçon de l’appareil urinaire était d’une taille supérieure à celui de Toni Riquelme. De quoi faire chier.

Alors la fin, là, j’ai eu l’impression qu’il me manquait des pages parce que cela se termine abruptement, sans que l’on en sache plus sur ce qu’il va advenir des personnages principaux et du pourquoi du comment tout cela en est arrivé là.

C’était lourd, laborieux, ennuyant. Les personnages sont plus plat qu’une feuille de cigarette et rempli de frustrations qu’à la fin, cela en devient limite risible tant c’est poussé, leur côté frustré de tout.

Quand aux passages de sexe assez cru, on se demande bien ce qu’ils apportent au roman, hormis le couler un peu plus et l’entrainer encore plus vers le fond, vers les abysses, là où on n’arrive plus à sortir.

Pauvre, pauvre Carlos, se dit-elle, pauvre incapable d’aimer, parce que tu es incapable de t’aimer toi-même. Il était là, maintenant par écrit, dans son roman, en train de donner une gifle à la princesse et d’affirmer en même temps que ce qui l’unissait à la pute, c’était un amour pur, qu’ils s’aimaient à travers une humiliation réciproque.

C’est poisseux et indigeste, ce roman qui n’a rien à voir avec la publicité qu’on lui faisait. Sauf si l’encart concernait un autre livre…

Je recommande ce roman dans le cas où vous auriez une armoire bancale, ou bien à offrir à votre meilleure amie avec laquelle vous auriez une vengeance à solder.

étoile 1

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et le Challenge « Le mois Espagnol » chez Sharon.

Mois espagnol

Le Chant de la Tamassee : Ron Rash

Chant de la Tamassee - Ron Rash

Titre : Le Chant de la Tamassee

Auteur : Ron Rash
Édition : Seuil (2016)

Résumé :
Ruth Kowalsky, 12 ans, se noie dans la Tamassee, rivière de Caroline du Sud, alors que ses parents pique-niquent tranquillement à quelques mètres de là.

Le courant étant trop fort à cet endroit, les plongeurs ne parviennent pas à dégager son corps, coincé sous un rocher à proximité d’une chute.

Le père de la victime, un banquier qui a des relations, obtient l’installation un barrage amovible pour détourner le cours de l’eau vers la rive droite, contre l’avis des gens du cru qui connaissent le danger encouru.

Une guerre s’engage alors avec les écologistes locaux, qui se targuent du Wild and Scenic Rivers Act, loi fédérale interdisant à quiconque de perturber l’état naturel d’une rivière qui a obtenu le label » sauvage ».

Très vite, le fait-divers prend une dimension nationale, le cirque médiatique se déchaîne de répugnante manière et des enjeux plus importants que la digne sépulture d’une enfant se profilent : pouvoir local, chantage politique, intérêts financiers.

Une jeune photographe de presse, Maggie, native du comté où se joue le drame, est chargée de couvrir les événements.

Consciente que l’opinion publique soutient les parents, elle penche affectivement du côté des protecteurs de la nature : comme elle, plus d’un lecteur hésitera entre les deux camps.

ShowCritique : 
Munie de mon billet d’avion, je me suis envolée avec Air Ron Rash pour un voyage dont je me doutais que j’en reviendrais conquise et charmée mais aussi éprouvée par la profondeur des textes et des personnages.

Direction le comté d’Oconee, en Caroline du Sud, là où coule une rivière, frontière naturelle entre la Caroline du Sud et la Géorgie.

Vous mettez un orteil dans l’eau en Caroline du Sud et quelques mètres plus loin, vous êtes en Géorgie ! C’est amusant et la petite Ruth Kowalsky n’en pensait pas moins lorsqu’elle voulu aller se mettre à cheval sur la frontière.

En franchissant la Tamasse, c’est le Styx qui l’attendait dans un trou bien traitre de cette rivière tumultueuse et bardaf, ce fut l’embardée, ou plutôt, la noyade pendant que papa et maman avaient le dos tourné.

La rivière, cette garce qui n’en fait qu’à sa tête, elle qui bénéficie de la protection du Wild and Scenic Rivers Act (loi fédérale interdisant à quiconque de perturber l’état naturel d’une rivière qui a obtenu le label » sauvage »), la voilà qui décide de ne pas laisser remonter le corps de la gamine et le garde bien coincé sous un rocher.

C’est là que les Romains s’empoignèrent…

Ron Rash nous emmène une fois de plus dans une petite ville peuplée d’habitants que certains qualifieraient de « culs terreux », notamment le père de la gamine noyée qui pour le moment se heurte de plein fouet à des écolos gauchistes qui refusent d’entendre parler de l’érection d’un barrage provisoire (pour quelques heures durant) sur leur rivière sauvage.

De ce qui ne pourrait être qu’un banal fait divers, l’auteur s’applique à nous décrire une région sauvage au travers de ses habitants et du regard que portent les autres sur ces gens qui ne vivent pas vraiment comme eux.

Un dilemme cruel se joue sous nos yeux : la sauvegarde d’une rivière, l’envie de ne pas créer un précédent en accordant le droit de monter un barrage amovible et celle d’accorder à des parents éplorés le droit de récupérer le corps de leur fillette pour l’enterre dignement.

Brennon semblait abasourdi. « Êtes-vous en train de me dire que vous ne voudriez pas que je construise ce barrage s’il s’agissait de votre fille ? » a-t-il demandé.

Luke a rendu les photocopies à sa voisine. Il a ôté ses lunettes et les a remises dans la poche de sa chemise. « Je n’ai pas de fille, a-t-il dit, d’une voix qui n’était plus belliqueuse mais presque tendre. Pourtant, si j’en avais une, qu’elle était morte et que je savais que rien ne lui rendrait la vie, je ne vois pas de meilleur endroit que la Tamassee où je voudrais que son corps repose. Je voudrais qu’elle soit là où elle ferait partie de quelque chose de pur, de bon, d’immuable, ce qui nous reste de plus proche du paradis. Dites-moi où, sur cette planète, il y a un endroit plus beau et plus serein. Indiquez-moi un lieu plus sacré, monsieur Brennon, parce que je n’en connais pas. »

Deux journalistes pour couvrir les débats dans cette petite ville : Maggie Glenn, native du comté et Allen Hemphill, finaliste à un prix Pulitzer, vont être, eux aussi, les acteurs de ce drame qui se joue à guichet fermés.

Sans juger l’un ou l’autre point de vue, l’auteur nous décrit les événements qui vont découler de tout ceci.

De sa plume toujours aussi enchanteresse, il déroule son récit tout en faisant bouger ses personnages sur un grand échiquier, nous confrontant à leurs soucis, leur vie, leurs emmerdes et leurs rancœurs, telle Maggie envers son père.

Nous n’avions rien ajouté. Tout ce avec quoi nous pouvions nous blesser, nous l’avions dit. Nous étions donc restés plantés là en silence, papa et moi, comme des boxeurs qui ont asséné meurs meilleurs coups et constatent que leur adversaire est toujours debout.

L’Enfer est toujours pavé de bonnes intentions et ce sera au lecteur d’établir son propre jugement, s’il le désire.

Qui est responsable de tout ce merdier ? Les parents qui ont eu deux secondes d’inattention ? Les parents parce qu’ils veulent absolument récupérer le corps de la gamine après 5 semaines d’immersion dans l’eau ?

Le concepteur du barrage qui a pris tout le monde de haut, pensant qu’ils n’étaient que des culs-terreux ? La rivière qui ne se laisse pas dompter ? Ou bien tout le monde est coupable à différentes échelles, donnant tout ce gâchis ?

À vous de le décider, mais ce ne sera pas facile… Il y a du pour et du contre des deux côtés et ma décision, sans cesse, oscilla.

Un roman fort, une fois de plus, des personnages bien décrits, en peu de mots, attachants et exaspérants parfois. Normal, ils sont humains.

Lire Ron Rash, c’est entrer de plein fouet dans une région, dans la vie des habitants, dans leur intimité et assister, impuissant, aux déroulements des choses. C’est toujours puissant.

Un récit qui m’a envouté mais avec moins d’émotions que celles ressenties durant la lecture de « Une terre d’ombre ».

Étoile 4,5

Le « Challenge US » chez Noctembule et Le « RAT a Week, Winter Édition » chez Chroniques Littéraires (231 pages – xxx pages lues sur le Challenge).