Death Mountains – Tome 1 – Mary Graves : Christophe Bec et Daniel Brecht

Titre : Death Mountains – Tome 1 – Mary Graves

Scénariste : Christophe Bec
Dessinateur : Daniel Brecht

Édition : Casterman (13/03/2013)

Résumé :
1846. Le Donner Party, un convoi de colons partis vers l’Ouest, s’engage à travers les montagnes Rocheuses par le fameux raccourci de Hastings.

Surpris par une violente tempête, ils se trouvent bloqués par la neige dans la Sierra Nevada. La fantastique odyssée vers les terres promises va alors se transformer en un véritable cauchemar.

Démoralisés et presque privés de réserves alimentaires, la majorité des émigrants campent près d’un lac.

Une expédition est montée pour tenter de prévenir les secours. Mary Graves, une jeune femme moderne et pleine de ressources, prend part à cette opération de la dernière chance.

Mais acculés, les hommes et les femmes du Donner Party vont bientôt être poussés au pire s’ils veulent survivre.

Basé sur des faits réels, le Donner Party reste à ce jour un des événements les plus tragiques de la conquête de l’Ouest.

Critique :
Le Donner Party était une histoire de la Conquête de l’Ouest que je ne connaissais pas (entre nous, je ne sais pas tout, je dirais même plus : je ne sais rien, mais au moins, je sais que je ne sais rien).

Tout à commencé à Fort Laramie, en 1846, avec un convoi de colons partis vers l’Ouest, vers l’océan Pacifique.

L’album commence par un groupe de colons réfugiés dans une grotte. Dehors, c’est la neige et un mort.

Les dessins ne feront pas partie de mon Top 10, ils ne sont pas dérangeants pour les yeux et les couleurs sables donnent à l’album des tons assez doux, alors que nous face à une tragédie de l’Histoire.

Tragédie qui sera jugée sévèrement par ceux qui ne l’ont pas vécue et qui n’ont pas dû arriver à l’extrême, afin de survivre.

Le récit prend son temps, avance au rythme des chariots des pionniers et sous la pluie, ça n’avance pas vite. Après, ils devront faire face à la neige et ce sera encore pire.

Le dessinateur nous offrira quelques grandes cases avec des paysages sous la pluie ou sous la neige. Une page entière sera même sans paroles. Il n’y avait pas besoin de dire beaucoup, les images étaient plus parlantes que des paroles. C’était le choc des images.

Pourtant, malgré la lenteur du récit (qui ne nuit en rien au rythme de lecture), les personnages ne sont guère approfondis, juste survolés.

On saura le strict minimum sur eux, mais au moins, nous saurons la chose la plus importante de toute : la survie avant tout et si un pique-assiette est jeté hors du convoi, personne ne lui tendra la main car tout le monde est limite dans ses stocks de bouffe. Ce seront les loups qui s’occuperont de ce pionnier sans place dans la caravane.

Un premier tome qui place les personnages dans les décors, qui pose le scénario, les conditions climatiques et qui laisse ses lecteurs sur un final à suivre dont on se doute qu’il sera affreux dans sa résolution.

Une bédé western sur un volet de la Conquête de l’Ouest méconnu, un récit assez linéaire, classique, mais dont l’issue effroyable ne laisse aucun doute dès les premières cases.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°51], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°83] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 60 pages).

Jeremiah Johnson – Tome 1 : Fred Duval, Jean-Pierre Pécau et Jack Jadson

Titre : Jeremiah Johnson – Tome 1

Scénaristes : Fred Duval &Jean-Pierre Pécau
Dessinateur : Jack Jadson

Édition : Soleil (19/08/2020)

Résumé :
Tout le monde connaît Jeremiah Johnson sous les traits de Robert Redford dans le film de Sydney Pollack. Mais peu de gens savent que le personnage a bel et bien existé. Cette série raconte son histoire…

Jeremiah Johnson arriva dans les montagnes Rocheuses au milieu du XIXe siècle pour s’y faire trappeur. Mais l’assassinat de son épouse indienne le conduisit à mener une sanglante vendetta contre la tribu des Crows.

Impitoyable, il mangeait cru le foie de ses ennemis… Une ode à la sauvagerie brute et à la nature.

Critique :
Quoi ? Jeremiah Johnson a bel et bien existé ? Ce n’est pas une légende du cinéma, jouée par le beau Robert Redford ?

Mince alors, tout fout l’camp, ma bonne dame.

Ne me demandez pas ce que j’ai pensé de ce film, je ne l’ai jamais vu. Par contre, je peux vous parler de la bédé…

Première chose : ne pas la laisser traîner si vous avez des gosses. C’est violent, il y a du sang, des meurtres, des éviscérations de bidou…

La deuxième, c’est que vous n’aurez sans doute plus envie de regarder le film (sauf s’il est différent de la bédé) car Jeremiah Johnson est un assassin sanguinaire, sans états d’âmes et prêt à tout pour se venger. Une sorte de Jack The Ripper Johnson, en quelque sorte.

Ce premier tome se lit assez vite, la trame n’est pas compliquée, l’action est présente, et on part à l’aventure, celle avec un grand A.

Sorte d’ode à la nature, aux coureurs des bois, aux trappeurs puants le rat mort, cet album nous montre les débuts de Jeremiah aux côtés d’un trappeur et déjà, on le sent froid, dur au mal et sans états d’âmes puisqu’il scalpe son premier Indien sans avoir la main qui tremble.

Philip Henry Sheridan disait, paraît-il, qu’un bon Indien était un Indien mort, et Jeremiah va s’occuper de diminuer la population des Crows. Comme vous vous en doutez, personne ne lui tiendra rigueur de tuer des Indiens, même s’ils n’ont rien à avoir avec le meurtre horrible de son épouse, enceinte.

Les dessins sont agréables, sans être magnifiques, j’ai même remarqué que certaines têtes de chevaux n’étaient pas bien proportionnées au reste du corps (trop petites) et que certains visages avaient des traits assez carrés. Mais dans l’ensemble, les dessins et les couleurs mettent en valeur les décors grandioses des montagnes, de la neige, des chasses.

Par contre, pour la profondeur, on repassera ! Non pas que ce soit un récit neuneu, pas du tout, juste que les auteurs ont déposés leurs personnages dans les décors et qu’ils se sont contentés de les mouvoir, sans nous en dire plus sur eux, sur leur passé. On voit juste Jeremiah arrivant, jeune, et se faisant rouler, mais c’est tout.

L’album n’est pas mauvais en soi, j’ai même envie de lire la suite, mais il est dans la lignée d’une bédé autobiographique (jusqu’à quel point, je ne le sais) qui ne creuse pas trop la psychologie des personnages principaux et qui se contente de nous divertir. Ce qu’elle fait bien.

Une bédé western autobiographique, qui vous en apprendra des vertes et des pas mûres sur Jeremiah Johnson, personnage réel et tueur psychopathe bouffant les foies crus des Indiens assassinés. Son surnom sera « Dapiek Absaroka », le Tueur de Crows.

J’espère que le tome suivant possède un peu plus de profondeur que ce premier qui nous présente Jeremiah et sa formation auprès d’un trappeur, même si Jeremiah avait déjà des capacités de tuer sans voir sa main trembler.

Une bédé western de divertissement… Pas pour les petits enfants !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°31] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 60 pages).

Tout le bleu du ciel : Mélissa Da Costa [LC avec Bianca]

Titre : Tout le bleu du ciel

Auteur : Mélissa Da Costa
Édition : Le Livre de Poche (2020) – 838 pages

Résumé :
Petiteannonce.fr : Émile, 26 ans, condamné à une espérance de vie de deux ans par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) pour partager avec moi ce dernier périple.

Émile a décidé de fuir l’hôpital, la compassion de sa famille et de ses amis. À son propre étonnement, il reçoit une réponse à cette annonce.

Trois jours plus tard, avec le camping-car acheté secrètement, il retrouve Joanne, une jeune femme, qui a pour seul bagage un sac à dos, un grand chapeau noir, et aucune explication sur sa présence. Ainsi commence un voyage stupéfiant de beauté.

À chaque détour de ce périple naît, à travers la rencontre avec les autres et la découverte de soi, la joie, la peur, l’amitié, l’amour qui peu à peu percent la carapace de douleurs d’Émile.

Critique :
Si l’on vous annonçait que vous n’aviez plus que pour 2 ans à vivre, que feriez-vous ? Sachant que la maladie qui vous frappe de plein fouet dans votre jeunesse est un Alzheimer précoce…

Émile à 26 ans et est condamné à mourir dans un hôpital, sa mémoire fichant le camp au fur et à mesure. Lui, ce qu’il veut, c’est voyager et mourir ailleurs qu’à l’hosto. Il achète donc un camping-car et passe une petite annonce pour avoir un compagnon de voyage. Ce sera une jeune fille : Joanne.

Lorsque je suis montée dans ce camping-car, je m’y suis sentie bien, même si l’histoire ne roulait pas vite, même si l’histoire était constituée de phrase somme toute banales. De poncifs, de gestes du quotidien.

Les personnages me plaisaient, sans m’enthousiasmer et j’avais envie de tracer la route avec eux, de chausser mes godasses de rando et d’aller avec ma tente sur le dos faire un périple avec eux deux dans les Pyrénées. Bianca, qui faisait cette LC avec moi, est descendue à la première pompe d’essence et s’est enfuie en courant…

Ce roman a des airs de feel-good book, même si l’on se doute que l’on va lire la chronique d’une dégénérescence annoncée et que cela se terminera pas le décès d’Émile, sauf si les médecins se sont mis le doigt dans l’œil. Mais ça, se serait très con.

Effectivement, il ne se passe pas grand-chose dans ce gros pavé, l’auteure prenant la peine de nous décrire les gestes du quotidien, les repas, la cuisson des pâtes, la confection des salades, les achats de matériel pour la rando…

Rassurez-vous, il n’y a pas que ça ! Ce roman possède aussi ses petits moments d’émotions, ses petites touches de tendresse, de prises de conscience, cette amitié qui grandit et même de très grands moments remplis d’émotions larmoyantes.

Les descriptions des paysages sont bien présentes et cela donne l’impression d’être dans les Pyrénées, de marcher avec eux, de ressentir la soif, la fatigue. Là, je me suis retrouvée.

L’auteure a pris la peine de doter Émile et Joanne d’un passé et si celui d’Émile nous est divulgué assez vite, il faudra passer le cap de plus de la moitié pour apprendre ce qui rend Joanne aussi mélancolique. Joanna est un personnage très touchant, elle parle peu mais elle a une présence énorme dans ces pages.

Quant à Émile, il est encore plus touchant avec ses pertes de mémoires qui le rendent totalement perdu, presque fou de ne pas savoir ce qu’il fait là, triste d’avoir oublié ce qu’il  a fait ces deux derniers jours. Alzheimer n’est pas une maladie facile pour l’entourage et comme on oublie les souvenirs les plus récents, c’est Joanne qui va trinquer…

Bizarrement, l’extrême lenteur du récit ne m’a pas dérangée (contrairement à d’autres romans), même si, au bout d’un moment, la lassitude s’est installée (j’avais tout de même dépassé le cap de la page 560). Trop long, c’est trop long (je vous offre cette pensée philosophique de haut vol).

Ce sera mon plus gros bémol pour cette lecture : 838 pages, c’est trop ! Il y avait moyen de nous expliquer le périple de nos deux compagnons de voyage avec 250 pages de moins, ce qui aurait donné plus de rythme au récit. Le début est poussif, c’est là que j’ai perdu ma copinaute de lecture…

Pourtant, le voyage était intéressant à faire car il n’était pas qu’un simple voyage au gré des envies de nos deux compagnons, non, c’était surtout un voyage à l’intérieur d’eux-mêmes, une introspection, afin de perdre tout ce qui n’était pas bon pour leur esprit, leur coeur. Une sorte de grand nettoyage de printemps dans leur tête, une vidange de tout ce qui leur broyait le cœur et leur donnait des idées noires.

Ce voyage était initiatique pour eux deux et le pari fut réussi. À nous de faire sortir les scories de nos esprits et de ne garder que le plus beau, le plus lumineux, le plus agréable de nos vies.

Lu dans sa version Livre de Poche de 838 pages.

Le pavé de l’été – 2021 (Saison 10) chez Sur Mes Brizées.

Solitudes : Niko Tackian

Titre : Solitudes

Auteur : Niko Tackian
Édition : Calmann-Lévy (06/01/2021)

Résumé :
Elie Martins est garde nature dans le massif du Vercors. Amnésique suite à une blessure par balle, il est reparti à zéro dans cette région encore préservée.

Alors qu’une tempête de neige s’annonce, Elie se lance sur la piste d’un loup signalé par plusieurs bergers. Les empreintes ensanglantées le conduisent à un immense pin situé dans une plaine désertique. Une femme nue est pendue à ses branches, une mystérieuse inscription gravée sur sa chair.

Cette découverte macabre anime immédiatement quelque chose sur la toile blanche de ses souvenirs. La victime est un message à son attention, il en est certain.

Le lieutenant Nina Melliski est alors dépêchée sur les lieux. Elie est-il coupable ou victime ? Elle ne sait que penser, mais son instinct lui dit que les réponses se trouvent dans les souvenirs disparus de cet homme sans passé.

Un thriller haletant et glacial, dans une nature implacable, où passé et présent se répondent.

Critique :
♫ On l’a vue dans le Vercors, Pendue à un élastique ♪ Morte dans le froid, dehors ♪ Découverte par un amnésique ♪

Pendant que nous tournions en rond durant le premier confinement de mars/avril 2020, l’auteur rêvait de montagnes, celles qui vous gagnent et il a décidé de s’y évader tout en restant chez lui.

Proposer un huis-clos dehors, faut savoir le faire. Le principe est le même que sur une île, qu’elle soit du Nègre ou du Soldat, on réuni des personnes, on y balance un tueur sadique, on sème des cadavres à tous vents et on lance un flic à sa poursuite, si possible dans des conditions climatiques dantesques qui coupent cet endroit du reste du monde. Le pari du huis clos est gagné.

Le Vercors, ses montagnes, sa neige, ses loups, ses chemins que l’on doit aborder en raquettes et en combinaison de ski… Nina Melliski, lieutenant de police, aurait sans doute préférée se trouver ailleurs que dans ce froid.

L’auteur le décrit si bien que je conseillerai à tout le monde d’ouvrir ce roman un jour de plein soleil (comme je l’ai fais) pour éviter de ressentir le froid mordant. C’est un des points fort de ce roman, les descriptions de lieu qui donnent l’impression d’y être.

Ce roman policier ne va pas révolutionner le genre, l’enquête est certes difficile car elle a des ramifications dans le passé, parce que le tueur semble insaisissable, avoir toujours une longueur d’avance et surtout du fait que l’on ne trouve pas le fil rouge qui relie tous les cadavres ensemble. Le mobile n’est pas la chose la plus facile à trouver, le nom du coupable étant plus facile à trouver puisque tout désigne l’amnésique du coin. Mais est-ce bien lui ?

Le plaisir de lecture se trouve surtout dans les portraits des personnages qui sont travaillés et assez bien détaillés, même ceux des personnages secondaires que j’ai trouvé plus attachants que la policière Nina Melliski.

Tout le monde a des zones d’ombres, l’auteur n’entrera pas dans trop de détails mais en dira suffisamment pour que l’on comprenne le mal-être de certains personnages qui traînent ces souvenirs malsains comme des boulets accrochés à leur jambe.

Une lecture dépaysante, un voyage dans la neige du Vercors, un huis clos où le suspense et le mystère sont bien maîtrisés, des personnages réalistes et dont les portraits sont travaillés, mais les explications finales ne m’ont pas fait bondir de ma chaise en criant « waw je me suis faite avoir ».

PS : Mes excuses à Alain Bashung pour le traficotage des paroles de sa chanson « La nuit je mens ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°228] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°44 – Loups].

Sherlock Holmes à Chamonix : Pierre Charmoz et Jean-Louis Lejonc

Titre : Sherlock Holmes à Chamonix

Auteurs : Pierre Charmoz et Jean-Louis Lejonc
Édition : Ginkgo (03/05/2018)

Résumé :
Edward Whymper a-t-il été assassiné ? Septembre 1911. Appelé à Chamonix par son « oncle » Whymper, Sherlock Holmes sera confronté à plusieurs énigmes : la mort de l’alpiniste ; le mystère de la première ascension du mont Blanc en 1786 ; une étrange rousse aux yeux verts ; d’inquiétants agents prussiens…

S’appuyant sur un jeune guide marseillais, Gaston qui le mènera les yeux fermés des Grands-Mulets au cirque du Fer à Cheval, le plus célèbre détective britannique réussira une fois de plus à dénouer les intrigues, quitte à y perdre ses illusions.

Il retrouvera également sa logeuse, Miss Hudson, en séjour thérapeutique dans la clinique expérimentale du Dr Morisoz, au plateau d Assy.

Entre Histoire et aventures, le duo Charmoz – Lejonc s’amuse, une fois de plus, à emmener ses lecteurs hors des sentiers battus.

Ensemble, ils ont déjà publié deux enquêtes de Sherlock Holmes dans les Alpes : Écrins fatals ! (Guérin, 2015) Sherlock Holmes et le Monstre de l’Ubaye (Ginkgo, 2017)

Critique :
Quittons les rivages de la Tamise, l’air pollué de Londres et allons enquêter à Chamonix : son air pur, sa montagne qui vous gagne et les remonte-pentes qui sont branchés !

Ah pardon, on me signale qu’en 1911, les remonte-pentes, on pouvait se les foutre où je pense car il n’y en avait pas. Un problème de résolu, donc…

Dans ce pastiche holmésien, l’auteur, au travers des dires de Sherlock Holmes, se moque gentiment du détective et lui fait dire que les capacités que lui a attribué Watson dans ses publications étaient surévaluées.

Il est un fait que pour enquêter, Holmes ne se fatigue pas trop. Il a la soixantaine, n’a plus la forme olympique et il donnera l’impression, durant toute ces différentes affaires (qui n’en font qu’une) de n’être là que pour dire qu’il y est, mais sans jamais vraiment résoudre les affaires lui-même, se reposant beaucoup sur Gaston, le jeune guide.

Malgré tout, ce roman est agréable à lire car on découvre un Holmes qui n’a pas grand-chose à voir avec celui des écrits de Watson et de son agent littéraire, un certain Conan Doyle (inconnu au bataillon) même s’il reste avant tout un détective enquêtant mais déléguant une grande partie de ses actions.

Le meurtre d’Edward Whymper ne sera résolu qu’à mots couverts et c’est en additionnant deux et deux que le lecteur comprendra qui est sans doute responsable de son décès, mais sans que cette personne soit inquiétée le moins du monde.

Quand à l’énigme de qui de Paccard ou de Balmat est arrivé le premier en haut du Mont-Blanc, en 1786, l’énigme sera résolue par un autre, à l’aide du récit de Paccard, sans que Holmes s’en soit inquiété un seul instant. La solution proposée, si j’ai bien tout compris, est loin de celle que j’attendais, mais elle est bien trouvée car plausible aussi.

Un roman policier qui ne révolutionnera rien, mais qui a le mérite de faire passer un bon moment de lecture, sans prise de tête, sans violences (ou si peu), avec un détective différent de l’original, avec un brin d’humour, de dérision, une femme fatale et qui nous en apprendra un peu plus sur les mines dont on extrait les mines pour les crayons et qui, de par sa localisation, vous donnera bonne mine puisque vous aurez respiré l’air de la montagne, sans avoir trop de fucking touristes.

Un roman à lire entre deux romans noirs pour voir un peu de lumière, celle de la neige et du glacier (qui était plus important à l’époque). N’oubliez pas vos lunettes de soleil et vos ustensiles pour la marche et l’escalade.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°195] et Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°21].

 

West legends – Tome 4 – Buffalo Bill – Yellowstone : Fred Duval et Andrea Fattori

Titre : West legends – Tome 4 – Buffalo Bill – Yellowstone

Scénariste : Fred Duval
Dessinateur : Andrea Fattori

Édition : Soleil Productions (13/01/2021)

Résumé :
Cody est le meilleur chasseur de bisons de l’Ouest et il le prouve encore une fois en abattant 69 bisons sous les yeux ébahis des spectateurs venus assister au massacre orchestré par Buffalo Bill.

S’ensuivent alors des années fastes et la création du lucratif « Buffalo Bill Wild West » mais Cody, entre deux tournées, a besoin de souffler.

Il part en dépit des mises en garde chasser à Yellowstone.

Critique :
Buffalo Bill ! Quelle légende, quel C.V ! Ce mec a tout fait, dans l’Ouest, du Pony Express, du massacre de bisons, on dit même qu’il était à Little Big Horn.

Bref, cet homme est une légende de son vivant.

Oui, mais… Est-ce bien vrai tout ça ou bien est-ce des carabistouilles ? Parce qu’on a peu de preuves de tout ce qu’on dit qu’il a fait.

Aurait-il enjolivé les faits ou bien est-ce les autres qui en ont rajouté en racontant son histoire ?

Cet album ne vous donnera pas la vérité, mais une clé pour comprendre comment la légende s’écrit, qui la propage et tout ce qu’on peut broder autour des silences d’une personne.

Comparé à Sitting Bull, j’ai trouvé que cette histoire se lisait vite, bien trop vite… Je me suis retrouvée à la fin sans vraiment m’en rendre compte. Merde alors, déjà fini ?

Effectivement, pas de temps morts, pas le temps de se tourner les pouces, à partir du moment où Buffalo Bill met les pieds dans le Yellowstone, tout bascule et les emmerdes commencent.

Les dessins sont agréables à regarder, les couleurs sont belles, le rythme du scénario est rapide, mais heu, il manque tout de même des explications finales, non ??

Des types veulent la peau de Buffalo Bill, le poursuivent, le harcèle, tuent des gens et à la fin, on ne sait même pas le pourquoi du comment ? Bah, si, on entend le meneur se plaindre qu’il a ruiné sa famille, mais rien de plus.

Buffalo Bill est un alcoolo fini qui ne tient pas ses promesses et adore aller jouer aux cartes à Deadwood puis aller voir les putes. On se doute qu’il a dû froisser le monsieur qui veut lui bouffer la rate au court-bouillon.

Donc, les amis, ne faites pas chier le mec qui poursuit Buffalo Bill car il vous traquera impitoyablement et ne se privera pas pour dézinguer vos amis, connaissances… Violent comme procédé, mais nous sommes dans l’Ouest.

Pour le moment, c’est l’album dont le scénario est le moins abouti, même l’album Billy The Kid, avec sa narration non chronologique, avait plus de profondeur.

Ce quatrième album manque de développement, pour moi. Il est rythmé, a de l’action, du mouvement, on ne s’emmerde pas une seconde, mais j’ai eu l’impression qu’il manquait une case explicative de cette haine vouée à l’encontre de Buffalo Bill. Une sensation de trop peu.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°187], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°13] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°42]

 

Dans la gueule de l’ours : James A. McLaughlin

Titre : Dans la gueule de l’ours

Auteur : James A. McLaughlin
Édition : Rue de l’échiquier (16/01/2020)
Édition Originale : Bearskin (2018)
Traduction : Brice Matthieussent

Résumé :
Criminel en cavale, Rice Moore trouve refuge dans une réserve des Appalaches, au fin fond de la Virginie.

Employé comme garde forestier, il cherche à se faire oublier du puissant cartel de drogues mexicain qu’il a trahi.

Mais la découverte de la carcasse d’un ours abattu vient chambouler son quotidien : s’agit-il d’un acte isolé ou d’un braconnage organisé ?

L’affaire prend une tout autre tournure quand de nouveaux ours sont retrouvés morts.

Alors que la police ouvre une enquête, Rice décide de faire équipe avec Sara Birkeland, une scientifique qui a occupé le poste de garde forestier avant lui.

Ensemble, ils mettent au point un plan pour piéger les coupables. Un plan qui risque bien d’exposer le passé de Rice.

Critique :
Une des premières choses qui m’attire vers un livre, c’est sa couverture, ce que mes yeux voient en premier, ensuite, vient le titre, la seconde chose sur laquelle mes yeux de biche se posent.

Puis j’en viens au résumé afin de savoir de quoi parle le roman qui a attiré ainsi mes yeux.

Ce roman m’aurait plus attiré pour sa couverture assez moche, la curiosité m’aurait sans doute fait retourner le livre et le résumé aurait pu me décider à l’acheter.

Ce qui a été le déclencheur, ce fut les bonnes critiques que j’ai lu à plusieurs endroits et j’ai osé l’acheter, malgré la couverture pas super.

Comme quoi, une couverture moche peut cacher un texte et une histoire magnifique, un récit qui vous emporte ailleurs, qui vous fait sentir Homme des bois, l’odeur puante en moins, heureusement pour les lecteurs.

Lorsque l’on reste toujours dans le même genre littéraire, on a tendance à voir toujours la même chose passer en boucle, mais ici, l’auteur s’est cassé le cul pour nous proposer autre chose, tout autre chose ! Un éco-thriller qui prend son temps pour se développer, sans jamais devenir endormant.

Les vésicules des ours sont recherchées par les trafiquants, les pattes des ours aussi, apparemment pour mettre dans de la soupe en Asie (perso, moi je fous un cube de bouillon dans mes soupes et c’est bon).

Un bien rare et recherché par des superstitieux est cher et donc, les braconniers de tout poils s’en donnent à cœur joie pour dézinguer des ours, n’hésitant pas à pénétrer dans la réserve privée de Turk Mountain où Rice Moore a trouvé un emploi de gardien et où il doit faire face à ces bas de plafonds, sorte de red-neck racistes, phallocrates, surarmés, qui castagne les plus petits, bref, le genre de types qui ont dû apprécier la prise du Capitole…

Ne lisez pas ce roman en espérant avoir du trépidant, des courses poursuites partout, comme je vous l’ai dit, l’auteur prend le temps de planter son décor, ses personnages, ses ambiances particulières…

Il y a comme une forme de poésie dans son écriture et je me suis laissée bercer par son récit, par Rice Moore, un homme au passé sombre, qui a fait de la prison et qui a un gars du cartel qui aimerait lui faire la peau.

Cruel dilemme pour Rice qui sait que s’il s’expose trop, des alarmes vont retenir chez les taupes du cartel et les mettre sur sa piste.

Un éco-thriller qui bouscule les codes habituels des thriller, qui les casse. Un récit profond, beau, poétique, une ode à la Nature, aux animaux et une dénonciation d’un trafic dont nous entendons peu parler et qui a entraîné la disparition des ours en Chine et qui est en train de liquider les ours en Amérique depuis 20 ans.

Un récit lent mais passionnant, captivant, porté par des personnages attachants, sauf en ce qui concerne les bas-de-plafond, mais bon, ils ont une excuse, ils n’ont pas de cerveau…

Un magnifique roman !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°181], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°40] et le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°07].

Le sanctuaire : Laurine Roux

Titre : Le sanctuaire

Auteur : Laurine Roux
Édition : du Sonneur (13/08/2020)

Résumé :
Le Sanctuaire ? : une zone montagneuse et isolée, dans laquelle une famille s’est réfugiée pour échapper à un virus transmis par les oiseaux et qui aurait balayé la quasi-totalité des humains.

Le père y fait régner sa loi, chaque jour plus brutal et imprévisible.

Munie de son arc qui fait d’elle une chasseuse hors pair, Gemma, la plus jeune des deux filles, va peu à peu transgresser les limites du lieu.

Mais ce sera pour tomber entre d’autres griffes?: celles d’un vieil homme sauvage et menaçant, qui vit entouré de rapaces. Parmi eux, un aigle qui va fasciner l’enfant…

Dans Le Sanctuaire, ode à la nature souveraine, Laurine Roux confirme la singularité et l’universalité de sa voix.

Critique :
Ce roman est-il une dystopie ? Un post-apocalypse ?

Au départ, ça y ressemble, ça en a la couleur, le goût mais lorsque je suis arrivée à la fin, j’ai compris que ce roman se situait au-delà des étiquettes, au-delà des genres.

Vous le comprendrez lorsque vous l’aurez lu et d’après vos interprétations à vous. Selon mes déductions, c’est plus puissant que du post-apo, je dirais même plus : c’est encore pire, encore plus glaçant.

Un père, son épouse et ses deux filles vivent dans les montagnes après une pandémie qui a éliminé une partie de la population suite à un virus transmis par des oiseaux. Alors, quand la petite famille en voit un, c’est l’élimination directe et passage au lance-flamme, rien de moins.

Ce récit de survie dans la nature m’a emporté loin dans les airs car l’auteure a réussi à décrire la Nature, sa puissance, son souffle prodigieux, donnant la sensation que je me trouvais dans les forêts, dans ces montagnes.

La Nature ne fait pas de cadeau et nos survivalistes doivent sans cesse rester sur le qui-vive, être entraîné, ne jamais louper leur gibier s’ils ne veulent pas mourir de faim. Le père est intransigeant et mène la vie dure à ses filles.

Mais c’est aussi un père aimant, protecteur. Trop aimant ? Oui, sans aucun doute… Jusqu’où pourrait-il aller pour protéger ses filles, sa famille, leur sanctuaire ?

Oserais-je une analogie ? Oui, j’ose… Le père m’a fait penser à ces dictateurs qui empêchent leurs concitoyens de quitter le pays car ils ne veulent pas qu’ils voient ce qu’il y a ailleurs.

Ce roman m’a emporté là où je ne m’y attendais pas, me taclant violemment à certains moments. L’auteure fait évoluer intelligemment ses personnages, certains remettant en question l’ordre établit, se rebellant, d’autres campant sur leurs positions. J’étais en terres inconnues et je me suis laissée porter par le récit et la belle plume de l’auteur.

Alors que j’ai du mal avec des romans sans dialogues, ici, pas de soucis, car ce style va comme un gant à ce genre de huis-clos où les actions sont plus importantes que les discours.

Lui aussi est un roman court, très court, mais pas besoin d’en ajouter, tout est dit dans ces pages, même l’indicible.

Une très belle découverte, faite grâce à mon cousin, Cannibales Lecteurs, une fois de plus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°172].

Ces montagnes à jamais : Joe Wilkins

Titre : Ces montagnes à jamais

Auteur : Joe Wilkins
Édition : Gallmeister Americana (05/03/2020)
Édition Originale : Fall back down when I die (2019)
Traduction : Laura Derajinski

Résumé :
Depuis la disparition de son père en plein cœur des Bull Mountains, il y a plusieurs années, et le décès récent de sa mère, Wendell Newman vivote de son salaire d’employé de ranch sur les terres qui appartenaient autrefois à sa famille.

Comme un rayon de soleil débarque alors dans sa vie aride le petit Rowdy Burns, fils d’une cousine incarcérée, dont on lui confie la garde.

Un lien puissant et libérateur se noue entre Wendell et ce garçon de sept ans mutique et traumatisé.

Mais tandis que s’organise la première chasse légale au loup dans le Montana depuis plus de trente ans, les milices séparatistes qui vénèrent le père de Wendell se tournent vers le jeune homme.

Bien décidé à ne pas prendre parti, Wendell devra tout faire pour protéger Rowdy et conjurer la violence qui avait consumé la vie de son père.

Critique :
Montana… Les Bull Mountains… Je connais ! D’accord, je n’y ai mis les pieds qu’en littérature, mais je sais d’avance que lorsqu’un roman se déroule là, ce ne sera pas Bisounours Party !

L’Amérique, j’aime la lire dans ce qu’elle a de plus sombre, donc, un rural noir, ça me convient très bien.

Une petite ville, des gens qui vivotent, ont plusieurs boulots, les enfants sont déscolarisés, les gens hyper armés, anti-écologiste, anti-gouvernement, anti-loups, anti-tout ce qui ne leur convient pas.

Les éleveurs ont perdu leurs terres, ont dû les revendre pour payer leurs impôts et ces derniers accusent tout le monde, pensant qu’on leur doit quelque chose. Le rêve de certains ? Établir un territoire rien qu’à eux dans l’État, le pays et le déclarer libre d’y faire ce qu’ils veulent.

Parmi tous les bas de plafond, il y a Wendell, 24 ans, qui trime aussi pour s’en sortir, qui a perdu les terres de ses ancêtres, qui a perdu son père, parti dans la montagne après avoir tué un homme, qui vit dans un mobil home et là-dessus, arrive chez lui le petit Rowdy Burns, 7 ans, le fils d’une cousine condamnée à la prison. Le gamin ne pète pas un mot, traumatisé. Pas évident pour Wendell.

Ce rural noir démarre doucement, ne vous attendez pas à un rythme trépident, l’auteur prenant le temps de nous présenter les différents protagonistes dans ce roman qu’il a voulu choral.

Les paysages du Montana, les montagnes, les animaux, font eux aussi partie du livre et lui donne une autre couleur : celle du nature writing car ici, la Nature est aussi importante que les Hommes, elle les a façonné et eux, en retour, ont essayé de dompter la Nature en décimant le gibier, les prédateurs, les poissons, en posant des pièges et maintenant, en voulant éradiquer les loups que l’on avait réintroduit.

Il y a de la poésie dans ce roman, des moments remplis d’émotions aussi, entre Wendell et Rowdy, qui bien que ne parlant pas, arrive à trouver sa place auprès de Wendell qui, sous ses dehors de paumé, arrive tant bien que mal à s’occuper du gosse. Il y a de la tendresse entre eux deux.

Le problème vient des hommes surarmés, qui se promènent avec leurs carabines bien visibles, qui débarquent chez vous en troupeau portant des fusils, juste pour vous demander de les rejoindre dans leur chasse à tout. Moi, ça me fous les chocottes toutes ces armes car il ne ressort jamais rien de bon d’une population armée comme pour la guerre. La moindre mouche qui pète et tout part en règlements de compte à Ok Corral.

Un rural noir qui prend son temps, qu’il faut lire avec la tête bien à ce qu’on fait car il faut aussi s’immerger dedans, ce qui m’a pris un certain temps, au début.

Un rural noir qui explore l’Amérique profonde, celle des gens peu intellectualisés, peu scolarisés, aux idées très basses de plafond et qui tirent plus vite que leurs ombres. Des gens qui chassent toute l’année, qui ne respectent pas la Nature, qui ne veulent pas qu’on s’immisce dans leur vie, qui pensent que tout leur est dû et que tout se règle avec des armes.

Et au milieu, il y a Wendell et Rowdy… Wendell qui veut offrir à ce gosse ce qu’il n’a pas eu : un père présent et non pas celui en cavale après un meurtre.

Bull Moutain, ton univers impitoyable…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°160].

 

Le sang ne suffit pas : Alex Taylor

Titre : Le sang ne suffit pas

Auteur : Alex Taylor
Édition : Gallmeister Americana (28/05/2020)
Édition Originale : Blood speeds the traveler
Traduction : Anatole Pons-Reumaux

Résumé :
1748. Dans les montagnes enneigées de l’Ouest de la Virginie, un voyageur affamé arrive près d’une cabane isolée. Reathel erre depuis des mois, flanqué d’un dogue féroce.

Mais l’entrée lui est refusée par un colon hostile qu’il n’hésite pas à tuer. Il découvre alors à l’intérieur une jeune femme, Della, sur le point d’accoucher. L’enfant naît dans cette solitude glaciale.

Pourtant, le froid, la faim et l’ourse qui rôde dans les parages ne sont pas les seuls dangers pour la mère et le nouveau-né.

Car ce dernier a été promis à la tribu Shawnee : c’est le prix à payer pour que Blacktooth, leur chef, laisse les Blancs du village environnant en paix.

Alors que les Shawnees se font de plus en plus impatients, le village envoie deux frères à la poursuite de Della, désormais prête à tout pour sauver son bébé.

Critique :
Mais pourquoi est-ce que je lis des romans qui se déroulent dans le froid quand dehors il fait gris, sombre et humide au lieu de les garder pour un jour de canicule ?

Sans doute parce que le sensations ne seront pas les mêmes et que le roman perdra une partie de sa force évocatrice.

Il y a des romans qui commencent leur récit pépère, de manière pantouflarde, sorte de vieux diesel essoufflé qui nous laisse le temps de prendre la température du roman et de prendre nos aises… Avec le dernier de Alex Taylor, on saute directement à poil dans la neige !

Enfin, c’est la sensation que j’ai eue car l’auteur ne chipote pas et te dépose directement au cœur du problème et donc, des emmerdes.

Des emmerdes de l’ordre de celles qui volent en escadrille très très « groupir » ! Tu pensais être tiré d’affaire des emmerdes que d’autres arrivent par paquet de 10 avec les poches d’hémoglobine pour bien saloper la neige blanche qui n’est pas immaculée (par surprise).

Ceci n’est pas un roman feel good, pour ceux ou celles qui en douteraient encore malgré le résumé. Nous sommes en 1748, dans les Cumberland Mountains, en Virginie, à l’Ouest, et la vie des premiers colons n’est pas de tout repos.

On crève de faim, de froid, de maladie, dans un accouchement et la proximité des Shawnee rajoute une couche au stress ambiant puisque, tous les ans, il faut leur donner un nouveau-né… Si vous ne le faites pas, ils n’iront pas se plaindre au syndicat du coin mais vous extermineront purement et simplement. Bref, de quoi se faire des ulcères à l’estomac dès le réveil.

Ce roman noir est violent, extrêmement violent et certaines scènes m’ont soulevées le coeur (vu ce que certains mangent, évitez de grignoter durant votre lecture), révulsées mais sans que jamais cela ne soit surjoué ou surfait. On était dans le réalisme le plus total, même si c’est glauque. Rappelons que nous sommes en 1748, dans le trou du cul du trou du cul de l’anus de la Virginie !

L’auteur joue avec les émotions des lecteurs, leur oppose le froid glacial avec des entrailles fumantes, la mort avec la vie et niveau descriptions, il fait fort car j’avais envie de me tapir sous un plaid bien chaud (ce que j’ai fait ensuite, il n’y avait pas de raison de s’en priver).

Ce qu’il aura manqué au récit, ce n’est pas de l’action, ce n’est pas non plus de la tension, mais c’était de l’empathie avec certains personnages : je ne me suis attachée à personne de particulier, ce qui m’a fait passer un peu à côté du roman (une fois de plus, oui, la malédiction recommence). Un chouia, guère plus.

Malgré ce manque d’empathie avec les personnages, j’ai aimé le voyage éprouvant que ce roman m’a fait vivre, j’ai aimé les différents points de vue, d’observer les vies difficiles des colons, la folie du chef Shawnee, Black Tooth, et le final grandiose que l’auteur nous offre.

Amateurs de Bisounours ou de café au lait bourré de sucre, passez votre chemin car ce roman est à réserver pour les amateurs de café noir ultra serré.

Le récit est sombre, violent, les dialogues percutants comme des carabines et certaines choses vous mettrons le cœur au bord des lèvres. Heureusement que je ne mange pas quand je lis des romans noirs.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°112] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°33].