Les ombres de la Sierra Madre – Tome 1 – La Niña Bronca : Philippe Nihoul et Daniel Brecht

Titre : Les ombres de la Sierra Madre – Tome 1 – La Niña Bronca

Scénariste : Philippe Nihoul
Dessinateur : Daniel Brecht

Édition : Sandawe (17/05/2017)

Résumé :
Traumatisé par les horreurs de la Première Guerre mondiale, Moroni Fenn, jeune Mormon au comportement violent et imprévisible, est envoyé au Mexique pour assurer la sécurité des colonies qui y sont implantées.

En chemin, il manque de se faire tuer par un vieil ermite à moitié fou et sauve, puis adopte, une petite Indienne exhibée comme un animal sauvage.

Malgré les mises en garde du vieil homme, qui parle de bandes d’Apaches encore sauvages en ces années 20 et le comportement intrigant de sa fille adoptive, Moroni ignore les signes étranges et les cris nocturnes qui se multiplient autour de sa maison. Il va le regretter.

Critique :
Non le western n’est pas mort ! Tu as vu son hommage chez Jean-Pierre Foucault ? Non… Donc le western n’est pas mort.

Il a même encore de beaux restes et des auteurs de talents pour lui rendre ses lettres de noblesse.

Même si le scénario reste conventionnel, le talent est dans la manière de raconter l’histoire et clairement, nous sommes face à un conteur de talent qui est arrivé à m’entraîner là où je ne m’y attendais pas.

Moroni Fenn, notre personnage principal est un mormon. Depuis son retour des tranchées de la Première guerre Mondiale, il n’est plus le même. Déjà qu’il n’était pas le plus zélé des membres de l’église des Saints des derniers jours, ça ne s’est pas arrangé avec les traumatismes de la guerre.

On l’envoie donc au Mexique, à Colonia Juárez, pour assurer la sécurité de la communauté mormone qui s’y trouve. Mais sur la route, il croise celle d’une gamine, la Niña Bronca, utilisée comme objet de foire.

Décidemment, Moroni ne fait jamais rien de ce qu’on attend de lui et c’est ce qui est génial avec ce personnage car il de l’humanité, lui ! Et il nique toutes les règles des mormons : il boit de l’alcool et n’a qu’une seule femme.

Les décors mexicains, comme ceux des tranchées nous plongent d’emblée dans l’ambiance. Celui de l’Argonne est rempli de boue et de sang, ceux du Mexique sont secs et remplis de poussière.

Plusieurs personnages hauts-en-couleurs officient dans ce western et en toile de fond, il y a les terribles guerriers Apaches qui cherchent à récupérer la gamine puisqu’elle fait partie des leurs. On se doute que dans les tomes suivants, ça va barder…

Si cela fait 20 ans que l’on a plus vu d’Apaches dans le coin, ils n’ont jamais disparus totalement de l’endroit, restant cachés en petits clans afin de ne pas se faire repérer par les chasseurs de scalps. Là-bas, un bon Indien est toujours un Indien mort…

Un western qui, bien que possédant un scénario classique, tire son épingle du jeu en racontant l’histoire différemment, en proposant des personnages ayant réellement existé, avec d’excellents dessins et des ambiances chaudes et poussiéreuses.

Sûr et certain que je vais acheter la suite maintenant que j’ai découvert ce premier tome.

Le cahier final comporte les portraits des personnages qui ont réellement existés, ce qui les ancre encore plus dans cette bédé réaliste.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°259], et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, et le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 56 pages et le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021.

Les Tuniques Bleues – Tome 33 – Grumbler et fils : Raoul Cauvin & Willy Lambil

Titre : Les Tuniques Bleues – Tome 33 – Grumbler et fils

Scénariste : Raoul Cauvin
Dessinateur : Willy Lambil

Édition : Dupuis (08/04/1992)

Résumé :
Le 8 juillet 1862, la loi Morril est votée à Washington. Elle interdit la polygamie. Ce texte vise en premier lieu les communautés de mormons. L’armée est envoyée dans l’Utah pour informer ces communautés et les convaincre de changer de mœurs.

Parmi ces soldats, le sergent Chesterfield et le caporal Blutch. Tous deux sont missionnés auprès des mormons de Bloomington.

Blutch refuse d’assister aux débats car il estime que les mormons ne gênent personne si ce n’est leur voisin, Grumbler, jaloux de leur réussite, lui qui a pour fils quatre bons à rien.

Chesterfield, lui, est bien décidé à convaincre les mormons de changer. Mais les choses ne vont pas du tout se passer comme prévu.

Critique :
1862, une nouvelle loi interdit la polygamie et le tout est de faire appliquer cette nouvelle disposition aux Mormons…

Comme porteurs de la bonne nouvelle et chargés de faire changer radicalement cette communauté, l’armée n’a rien trouvé de mieux que d’y envoyer le sergent Chesterfield et le caporal Blutch…

Pauvres Mormons, aurions-nous envie de dire.

Si j’ai toujours apprécié cet album, c’est parce qu’il nous emmène ailleurs que sur un champ de bataille, dans les vertes prairies et nous plonge dans une communauté à part, celle des Mormons, que nous connaissons mal.

Déjà, saluons le travail de documentation réalisé par le scénariste prolifique qu’est Raoul Cauvin pour la géniale idée qu’il a eue de nous faire découvrir cette communauté et cette nouvelle loi de 1862.

Saluons aussi le travail réalisé sur les personnages du père Grumbler et de ses quatre fils, chancres de la médiocrité et dont le père n’arrive à rien faire d’eux, si ce à s’en prendre aux Mormons et à les faire tabasser par ses quatre bons à rien de fils.

Avec un humour subtil, le scénariste nous déroule toute cette histoire qui ne manquera pas de rebondissements, mais aussi de tendresse, de colère, de désespoir de la part d’un père vis-à-vis de ses quatre fils.

Et de rédemption aussi car dans cet album, le rôle de redresseur est dévolu à Blutch qui, non seulement devra ramener son sergent Chesterfield dans le droit chemin de l’armée, mais qui essayera aussi de transformer quatre bons à rien en travailleurs, ou du moins, à ce qui pourrait s’en rapprocher le plus.

Pour une fois que notre caporal Blutch aurait pu déserter sans problèmes, le voilà qui se démène pour récupérer son sergent, comme quoi, ces deux là ont beau dire qu’ils se détestent, lorsque l’un a besoin de l’autre, l’amitié parle en premier et chacun est capable de se décarcasser pour l’autre.

Cet album, en plus de posséder des connaissances sur la communauté mormone, de l’humour et des situations comiques avec le running gag de la cloche, comporte aussi une réflexion sur l’acceptation d’autrui avec ses différences et puisque selon Blutch, les Mormons ne font de mal à personne en vivant avec plusieurs femmes, pourquoi le leur interdire ?

Un album champêtre qui nous éloigne des champs de bataille et de la guerre, ce qui n’est pas pour me déplaire, un scénario excellent (on en a eu des moins bons par la suite), un album drôle, pas gnangnan, avec des personnages hauts en couleur et qui pourraient nous révéler bien des surprises en prenant des chemins qui ne leur sont pas habituels.

Le Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

La Rivière de sang : Jim Tenuto

Titre : La Rivière de sang                                      big_3-5

Auteur : Jim Tenuto
Édition : Gallmeister

Résumé :
Ex-star de football universitaire et vétéran de la guerre du Golfe, Dahlgren Wallace n’aspire qu’à poser ses valises.

Aussi, lorsque le magnat des médias Fred Lather lui propose de devenir guide de pêche dans sa propriété du Montana, l’occasion est trop belle. Jusqu’au jour où l’un des invités se fait assassiner à quelques pas de lui.

Accusé du meurtre, Wallace est contraint de mener sa propre enquête. La liste des suspects ne tarde pas à s’allonger, tandis que la violence se déchaîne : milices néo-nazis, éco-terroristes défenseurs des droits des animaux, ranchers véreux sont prêts à tout pour mettre la main sur le ranch de Lather.

Les étendues sauvages du Montana constituent le décor somptueux et menaçant d’une enquête riche en rebondissements.

Portrait acide d’une Amérique déglinguée, « La Rivière de sang » est la première aventure de Dahlgren Wallace.

Critique : 
Dahlgren Wallace est un personnage comme on pourrait en croiser des tas dans les romans américains : ex-star de football universitaire, vétéran de la guerre du Golfe, un caractère soupe au lait et les poings qui savent parler. Vu sous cet angle, ça pue le cliché.

Oui, mais… Le cliché étant bien écrit, il passe comme une lettre à la poste.

Bon, je ne vous cacherai pas que le roman coule lentement comme une rivière et que l’auteur profite que son personnage soit guide de pêche pour nous instruire sur la pêche à la mouche.

Ami de la vitesse, va voir ailleurs, ici, c’est pas la vitesse des chutes du Niagara.

On pourrait penser que la vie pour Dalhgren Wallace allait couler comme la rivière, lui qui était devenu guide de pêche pour le magnat des médias Fred Lather… Ce type qui possède un gros ranch entouré de prairies, de gibier, de bisons et au milieu de tout cela coule une rivière.

Jusqu’au jour où l’un des invités se fait assassiner à quelques pas de Dalhgren. Oui, c’est dangereux la pêche à la mouche !

Vu que le gus refroidit était seul dans le bras de la rivière et que c’est notre ami qui l’y avait emmené, les options sont peu nombreuses quand à l’identité d’un présumé coupable…

Hormis un coup d’une truite tueuse, qui d’autre aurait pu tuer l’homme ? Pas sa veuve, elle était restée dans l’autre bras de la rivière.

Accusé du meurtre, embarqué en hélico par le FBI et l’agent Sully (et non pas SCully), Wallace devra répondre à des questions mais sera relâché. Le voici bien décidé à mener sa propre enquête, en digne émule de Sherlock Holmes qu’il devient.

Le Montana a p’têt des décors somptueux, mais la ville est remplie de barjots (pas frigides en plus) : entre les milices de néo-nazis dont le chien se nomme Himmler, entre des éco-terroristes sois-disant défenseurs des droits des animaux, on a aussi des ranchers véreux qui sont prêts à tout pour mettre la main sur le ranch de Lather ou lui faire cesser son élevage de bisons futés.

Bon, si l’enquête possède quelques rebondissements en tout genre, elle prend son temps et j’avoue que cela ne m’a pas dérangé. Wallace a ses défauts, mais je l’aime bien. Il sait réfléchir, prendre des risques, rendre les coups et mener son enquête à l’insu (pas toujours) de l’agent Sully ou du shérif de la ville.

Le roman se lit de manière agréable, parsemé de répliques humoristiques ou de bons mots. On s’instruit sur la pêche à la mouche, sur les Mormons, sur d’autres communautés religieuse de l’Amérique et le temps de lecture file comme l’eau de la rivière.

Petit bémol : que Dalhgren se fasse enlever/menacer par les nazillons de service, ça passe. Mais qu’ensuite ce soit les écolos limite « coco et sadico » qui s’en prennent à lui, ça fait beaucoup pour un roman !

Ma seule remarque… Quant au final, il était… J’ai adoré l’initiative de cette tête brûlée de Dalhgren ! Il a bien mené son enquête et sa persévérance a payée.

« La Rivière de sang » ou le portrait acide de l’Amérique qui part en couille… Première aventure de Dahlgren Wallace que je suis et je compte bien garder un oeil sur lui !

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).

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