Glaise : Franck Bouysse

Titre : Glaise

Auteur : Franck Bouysse
Édition : Manufacture du Livre (07/09/2017)

Résumé :
Au pied du Puy-Violent dans le cantal, dans la chaleur d’août 1914, les hommes se résignent à partir pour la guerre. Les dernières consignes sont données aux femmes et aux enfants: même si on pense revenir avant l’automne, les travaux des champs ne patienteront pas.

Chez les Landry, le père est mobilisé, ne reste que Joseph tout juste quinze ans, en tête à tête avec sa mère et qui ne peut compter que sur Léonard, le vieux voisin.

Dans une ferme voisine, c’est Eugène, le fils qui est parti laissant son père, Valette, à ses rancoeurs et à sa rage: une main atrophiée lors d’un accident l’empêche d’accomplir son devoir et d’accompagner les autres hommes.

Même son frère, celui de la ville, a pris la route de la guerre. Il a envoyé Hélène et sa fille Anna se réfugier dans la ferme des Valette.

L’arrivée des deux femmes va bouleverser l’ordre immuable de la vie dans ces montagnes.

Critique :
♪ Quoi ma glaise ? Qu’est-ce qu’elle a ma glaise ? Quelque chose qui ne va pas ? Elle ne te revient pas ? ♫

Lorsqu’on ouvre le nouveau roman d’un auteur qu’apprécie fortement, d’un auteur qui nous a donné des coups de coeur, on a toujours cette peur au ventre, cette appréhension : est-ce que cette fois-ci je vais ressentir autant d’émotions que dans l’autre ?

« Grossir le ciel » avait été magistral niveau émotions ressenties, « Vagabond » m’avait laissée de marbre, alors vous comprenez que lorsque j’ouvris « Glaise », j’avais un peu la chocottes.

La première ligne a dissipé ce doute, les premières phrases m’ont confortées dans le fait que je tenais en main un grand roman et une fois le premier chapitre terminé, je me doutais que des émotions, j’en aurais à foison.

Maintenant, le plus dur reste à faire : comment vous en parler ? Par quel bout commencer pour en parler comme je voudrais vous en parler, pour tenter de vous faire ressentir toutes les émotions qui m’ont submergé durant ma lecture ? Difficile.

Alors, venez avec moi dans un petit coin perdu du Cantal, sorte de trou du cul de la région qui se retrouve uniquement peuplée, non pas d’irréductibles gaulois, mais de femmes, d’enfants et de vieillards, puisque tous les hommes valides sont partis, la fleur au fusil, bouter le teuton de France, le tout en moins de quinze jours, cela va de soi.

Avec le recul, on sait que certains se sont avancé avec un peu trop d’enthousiasme dans le fait que ce serait une guerre éclair. Elle fut longue et dure, et ce n’est pas là que je préfère les longueurs et la dureté.

L’écriture de l’auteur est belle, poétique, lyrique, magnifique, elle vous emporte ailleurs pour vous déposer directement dans ce petit coin perdu de France, à une époque que vous et moi ne pouvons pas connaître.

Ses personnages ont de la prestance, de la présence, on les sent vivant, réellement. Joseph est comme tous les jeunes, un peu taiseux, un peu fougueux, passionné. Il est l’homme de la maison depuis que son père est à la guerre.

Valette, le salaud de service est plus un méchant pathétique qu’impressionnant. On a envie de le baffer, certes, mais aussi de le plaindre parce qu’avec un caractère pareil, la vie ne doit pas être gaie tous les jours : alcoolo, violent, bas de plafond, estropié d’une main qui fait qu’il n’ira pas à la guerre, et ça lui plombe son moral.

Les femmes, quant à elles, elles sont effacées, derrière les hommes et cette guerre va leur permettre aussi de montrer leur vrai valeur car ce sont elles qui font tourner la France et si le labourage et pâturage ne sont pas toujours les deux mamelles de la France, elles font ce qu’elles peuvent pour que les exploitations agricoles continuent de les nourrir.

Si la campagne, ça vous gagne, moi, la campagne, ça me connait un peu, même si ce n’est pas celle des années 1914. On sent que l’auteur a potassé son sujet, soit en lisant, soit en écoutant les vieilles histoires au coin du feu, car ce que j’ai lu était le reflet de ce que je connaissais, sauf avec l’histoire du petit veau parce que Valette est hors-norme comme enfoiré de première.

Ce roman, j’avais envie de le dévorer, mais je me suis contenue, lisant doucement, m’imprégnant bien de ses mots, des ses phrases, de ses personnages, de cette prose qui est la signature de l’auteur et qui sait si bien me donner moult émotions différentes, dont une envie de lire le prochain s’il est de la même trempe…

Comme disait la pub « La campagne, ça vous gagne » (je sais que c’était la montagne) et moi j’ajouterai qu’avec Franck Bouysse, rien n’est lisse ! Il vous parle de la campagne comme les vieux de chez nous, ceux qui ont toujours une anecdote ou une histoire à vous raconter, belle ou tragique, mais réaliste.

Un beau et grand roman, noir, sombre, lumineux, rempli d’émotions en tout genre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] ou sur le forum de Livraddict (N°8 – Livre se déroulant à la Campagne).

Undertaker Riddle – Tome 1 : Higasa Akai

Titre : Undertaker Riddle – Tome 1

Scénariste : Higasa Akai
Dessinateur : Higasa Akai

Édition : Ki-oon (2012)

Résumé :
À première vue, Hayato est un lycéen tout ce qu’il y a de plus ordinaire : terriblement gourmand, jamais un sou en poche, très entouré par ses amis. Mais aussi… cerné de fantômes ! Ces être de l’au-delà que Hayato est le seul à voir font de la vie du jeune homme un enfer quotidien…

Sa vie bascule le jour ou il croise un fossoyeur un peu particulier, qui lui propose de le débarrasser des esprits qui l’importunent.

Mais en échange, Hayato devra l’assister dans son travail macabre. Le jeune homme refuse tout net, et tombe presque aussitôt après sur une jeune et jolie apparition… qui le poignarde sans raison !

Il n’a plus le choix : c’est le métier d’exorciste ou la mort. Âmes égarées, fantômes et esprits malins, ce fossoyeur d’un genre nouveau les expédie tous ad patres !

Critique :
Dans ma vie de lectrice, je connais deux Undertaker : celui qui se promène avec son vautour dans une bédé western et celui de Black Butler.

Et bien, maintenant, je connais un 3ème fossoyeur !

Ceci est un manga assez frais, enjoué, avec Hayato – notre personnage principal – un jeune garçon qui aurait tout pour être heureux s’il n’était pas harcelé ainsi par des fantômes qui lui pourrissent la vie en le poursuivant de leurs assiduités (des fantômes filles, bien entendu).

De sa rencontre avec Undertaker Riddle va naître des aventures rocambolesques où le but du jeu est de renvoyer les âmes égarées et méchantes à leur place en leur offrant leur requiem et un beau cercueil !

Pourtant, Hayato n’a rien d’un héros ! Il enchaîne des gaffes sur gaffes, est râleur, voudrait qu’on le laisse tranquille, n’a aucune maturité, mais est prêt à tout pour démontrer à Brad, un des chefs de Riddle, qu’il a les capacités pour être un fossoyeur, même s’il n’est qu’un simple humain !

Une chose m’a interpellée : j’ai trouvé des tas de similitudes entre les dessins et ceux du manga Black Butler (ou c’est le contraire), car Riddle a des airs de l’Undertaker facétieux de l’autre manga.

De plus, le design de la couverture est dans le mode baroque gothique, comme Black Butler, les titres des chapitres sont un peu du même style… À tel point que j’ai même vérifié si ce n’était pas le même mangaka ! Mais non…

Quant à Brad le secrétaire des catacombes, il a de furieux airs de ressemblances avec le Shinigami (dieux de la Mort) Grell.

Une autre chose qui m’a intriguée et dérangée, c’est que j’ai trouvé que Riddle ressemblait beaucoup à un fantôme qu’ils affrontent (Noir) ! Leurs visages étaient similaire – comme dans tous les mangas me diront certains, et moi en premier !

Oui, ces visages en pointent se ressemblent tous, je l’ai remarqué souvent… Visuellement, c’est chiant et ça peut parfois faire naître des sacrées erreurs d’interprétation.

Et ce n’est pas tout… L’autre chose qui m’a frappé, c’est qu’il y a assez bien d’ambiguïté sexuelle entre les deux protagonistes, surtout Riddle qui à l’air carrément amoureux de Hayato, tandis que ce dernier n’est pas tout à fait d’accord.

En fouinant sur le Net, j’ai appris que c’était en fait un shonen-Aï, autrement dit, un manga se basant sur une relation entre deux hommes mais ne contenant aucune scène peu catholique ! Bref, pas de yaoi ou de slash, de lemon, entre les protagonistes mâles !

Au final, j’ai tout de même passé un bon moment de lecture, j’ai apprécié l’humour qui se dégage de ces pages, j’ai apprécié les deux personnages principaux, même s’ils ont des similitudes avec Ciel et le diable de majordome présent dans Black Butler, et j’ai bien envie de voir comment va évoluer ce duo atypique qui est nettement plus drôle que celui de Black Butler.

Je vais continuer la série, mais si ça vire à l’eau de rose dans les prochains tomes, je pense qu’alors je passerai mon chemin !

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017).

Sherlock – Tome 1 – Révélation : Convard & Le Hir

Titre : Sherlock – Tome 1 – Révélation

Scénariste : Didier Convard
Dessinateur : Jean-Louis Le Hir

Édition :  Glénat BD – 2008

Résumé :
Égypte, 1877. Sherlock Matthiews est un jeune archéologue fantaisiste et indiscipliné, incapable de mener sa vie autrement qu’au gré de ses caprices et autres coups de tête.

Jusqu’au jour où une lettre en provenance d’Angleterre lui annonce le suicide de sa mère. Une terrible nouvelle qui a de quoi faire grandir brutalement le plus insouciant des adolescents…

Terrassé par le chagrin, Sherlock retourne donc au manoir familial, à Bournemouth, afin d’y rendre les derniers hommages à celle qu’il aimait par-dessus tout, et dont il ne parvient pas à comprendre le geste. Et pour cause.

Car si Isadora Matthiews est bel est bien morte la corde au cou, certains détails semblent montrer qu’elle ne se l’est pas passée seule… Sherlock décide alors de mener l’enquête.

Sans deviner qu’il va ainsi donner naissance à un mythe, celui du plus incroyable de tous les détectives, dont l’œil habile et les déductions affûtées n’ont pas fini de fasciner les foules. Et de terrifier les criminels…

SH révélations tome 1 20080313101415_t1Critique :
Alors là, si Norah ne me l’avait pas conseillé, je ne l’aurais jamais acheté pour le mettre dans mes Sherlockonneries !

Déjà la couverture m’avait fait froncer les sourcils lorsque je vis un Anubis squelettique brandir un poignard dans le dos d’un rouquin qui jouait du violon. Gné ??

L’auteur, Didier Convard, je le connaissais pour avoir lu « Le triangle secret », mais pas en tant qu’auteur de bande dessinées sur Holmes.

Ma foi, je l’aimais mieux dans l’ésotérisme du Triangle Secret.

Allez, du courage, réouvrons cet album et respirons bien lentement par le nez pour ne pas…

L’histoire commence en 1877. Sherlock Holmes est jeune (23 ans, si né en 1854) et s’amuse en Égypte à faire des fouilles archéologiques.

Oh, pardon, je m’excuse, je fais erreur : ce n’est pas Sherlock Holmes mais Sherlock Matthiews. Me serais-je trompée de livre ? Heu, non, apparemment pas. Bizarre, bizarre…

Nous apprenons ensuite que ce jeune étudiant fut recalé en mathématique, philosophie et latin mais qui excelle en chimie, physique et botanique… et qui travaille au laboratoire du Saint Bartolomew Hospital (Saint-Barthelemy prend un « h » en français et pas en anglais ?  Bizarre ! Google m’en ajoute un, pourtant « Saint Bartholomew’s hospital ».  Z’ont pas de correcteurs ?).

Là, on remarque que le scénariste a ouvert les premières pages de « Une étude en Rouge ». C’est déjà ça. Oserais-je dire qu’il n’a ouvert que ces premières pages là ainsi que celles du début du Signe des Quatre ? Oui ! Dommage…

Pour les dessins, ils sont rebutants au possible ! Comment est-ce possible de dessiner aussi mal ? Les têtes sont horriblement dessinées, donnant aux personnages des airs mal fichus qui fichent la trouille.

Les plus atteints sont le personnel du manoir des Matthiews : la bouche est entrouverte et les dents ressortent, leur donnant un air maléfique.

Les sourires sont figés, commissures des lèvres pointées vers le bas comme s’ils étaient tous atteint de constipation aiguë depuis quinze jours. Sherlock est roux avec des mèches qui pendent devant son front. Quelle hérésie.

Cela plombe le livre de manière irrévocable. Franchement, avec des dessins plus jolis, l’album aurait eu un autre éclat.

Maman Holm… heu, maman Matthiews s’est pendue et Sherlock n’y croit pas une seconde, le brave petit, même si ça à l’air de lui faire autant d’effet que la perte d’une paire de chaussettes quand il avait dix ans. Niveau froideur, on est en plein dedans.

Sherlock va tout faire pour prouver qu’elle a été assassinée, à commencer par une reconstitution de la pendaison à l’aide d’un mannequin.

Avec l’aide de Mycroft, il va rependre le mannequin pour prouver que ses déductions étaient bonnes. Là, je retrouve mon détective. Un bon point.

Où cela recommence à foirer, c’est quand Sherlock est debout devant la tombe de sa mère. La date de sa mort est 1881 !

Impossible ! Sherlock a été averti de suite de la mort de sa mère et il était bien spécifié que nous étions en 1877 !

Erreur dans le but de copier un certain auteur de ma connaissance (Conan Doyle) qui a fait migrer la fameuse blessure de Watson de l’épaule à la jambe ou fait se dérouler un récit en 1892, période du grand Hiatus ?

Est-ce dû à une distorsion du continuum espace-temps qui nous fait passer de 1877 à 1881 ? Z’ont fumé la moquette, les auteurs ?? L’erreur est fameuse, tout de même.

Je n’ai pas de réponse à la question sur la mauvaise datation, mais la page suivante nous montre le dos de Celui-Dont-Je-Ne-Prononcerai-Pas-Le-Nom (j’ai trop lu Harry Potter, moi). Qu’est-ce qu’il fou là, lui ? Et il en veut aux deux frères Holm… heu, Matthiews?

Pour quel besoin faire intervenir cet homme ? Juste pour nous faire comprendre qu’ils reprennent tous les points importants du canon holmésien  dans le but de nous faire croire qu’ils sont à la hauteur ?

Que Toquéfada érige un bûcher pour le cliché de la casquette Deerstalker qu’un membre du personnel constipé donne à Sherlock, lui assurant qu’il n’en trouvera pas des comme ça chez Coldwell… S’il le dit. On doit le croire ?

Enfin, grâce à la vieille casquette de cet homme (qui souffre sans doute aussi d’hémorroïdes pour avoir une figure aux traits aussi tirés, limite cadavre), Sherlock nous informe qu’il ne la quittera plus jamais (hygiène, quand tu nous tiens) et nous assure qu’il n’aura plus jamais de rhume grâce à elle.

Vous savez ce qu’il vous reste à faire pour ne plus jamais être malade…

La fin est assez… Comment dire ? Stupéfiante ?

C’est le mot et j’ajouterai, tant que je parle de stupéfiant, que les pensées de Sherlock m’ont fait bondir sur ma chaise : « J’aurais donné mon âme pour un peu de cocaïne. J’avais gardé des amitiés au labo de chimie du Saint-Bartolomew Hospital, dont celle d’un préparateur qui me fournissait autrefois ».

Le scénariste fait de Sherlock un camé profond. Si vous avez entendu un bruit louche, c’était mes dents qui grinçaient. Elles ont continué de grincer quand j’ai vu Sherlock en deerstalker-macfarlane dans Londres. Bref, clichés à fond !

En plus, le coupable (improbable) avait des motifs bancals, je trouve. Pour le « responsable » de son malheur, je veux bien admettre la vengeance, mais pas pour le reste ! Dément !

Le scénario aurait pu être tout à fait valable et meilleur, avec un autre scénario pour la fin.

L’album aurait reçu un avis favorable si les dessins n’avaient pas été aussi merdiques et les gros clichés absents. Là, malgré certains points positifs, il reste trop de négatif, donc je mitige vers le « pouvait mieux faire ».

Ah oui, j’oubliais ! L’explication du nom « Holmes ».

Puisque la dernière fois que la mère de Sherlock et Mycroft avait joué du violon, il s’agissait d’un poème symphonique qui s’intitulait « les Argonautes » et joué par Augusta Holmes.

Elle a réellement existé, j’ai vérifié et je suis tombée sur ça : « En 1880, son poème symphonique Les Argonautes, reçoit la mention très honorable au Prix de la ville de Paris (le premier Prix est remporté par Duvernoy avec La Tempête) ».

En 1880 ? Oups, si l’action se passe en 1877 comme indiqué au début, ceci est autre erreur dans le temps !

De plus, son nom s’écrivait « Holmès » et j’ai horreur quand quelqu’un prononce le nom de Holmes en appuyant sur le « messe ».

Bref, ite missa est (allez, la messe est dite) et si vous croisez le chemin de l’album, ouvrez-le juste pour admirer ces dessins que je n’ai pas aimé du tout !

Étoile 1

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), le Challenge British Mysteries chez My Lou Book et le RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires.

Revival : Stephen King [LC avec Stelphique]

Revival - Stephen King

Titre : Revival

Auteur : Stephen King
Édition : Albin Michel (Septembre 2015)

Résumé :
Il a suffi de quelques jours au charismatique Révérend Charles Jacobs pour ensorceler les habitants de Harlow dans le Maine. Et plus que tout autre, le petit Jamie. Car l’homme et l’enfant ont une passion commune : l’électricité.

Trente ans plus tard, Jamie, guitariste de rock rongé par l’alcool et la drogue, est devenu une épave. Jusqu’à ce qu’il croise à nouveau le chemin de Jacobs et découvre que le mot « Revival » a plus d’un sens… Et qu’il y a bien des façons de renaitre !

Revival - SKCritique : 
Entre le King et moi, ce ne fut pas toujours « Love me tender » mais comme une vieille histoire d’amour, je reviens souvent vers lui.

Le King, c’est un vieil amant qui me fit atteindre des sommets de plaisir littéraire avec sa plume.

« La vie est une roue et elle revient toujours à son point de départ ».

Là, je suis embêtée parce que en lisant ce King, mon cœur n’a pas fait Bong, ni même Boum.

Non pas que ce King soit de la daube, non, n’exagérons pas, ce serait mentir, mais il lui manque un petit je-ne-sais-quoi pour qu’il ait l’étoffe des Grands Romans du King.

C’est comme une praline que tu adores et là, tu as l’impression qu’elle n’est pas tout à fait comme d’habitude.  Y aurait-il quelques gouttes d’huile de palme cachée ?

Où c’est que le bât a blessé ? C’est là que les Romains s’empoignèrent, que les Athéniens s’atteignirent et que les Parthes partirent parce que je ne sais pas où. C’est fugace, mon petit Fougasse.

Le début du roman est assez lent mais cela ne m’a pas dérangée car le King plante ses personnages principaux et secondaires et arrose le tout afin de les faire grandir et évoluer.

J’ai aimé ces passages avec le petit Jamie Morton, 6 ans, petit garçon charmant, attachant, espiègle et jouant avec ses petits soldats début des années 60. Une famille américaine moyenne, des parents normaux. Une famille bien dépeinte, une fois encore.

Quant au révérend Charles Jacobs et bien, c’est un homme d’église comme je les apprécie alors que le résumé laissait présager un prédicateur zélé digne d’une secte puisqu’il était dit dans le 4ème de couverture qu’il avait « ensorcelé les habitants de Harlow (Maine) en quelques jours ».

Maudit 4ème de couverture qui nous fait interpréter des trucs qu’il ne faut pas !

Alors que Charles Jacobs est juste un homme charismatique avec une jolie épouse et un petit garçon qui sera la coqueluche des autres enfants. Bref, rien d’un zinzin ou d’une grenouille de bénitier, le révérend ! J’avais même pas envie de le bouffer, c’est dire comme j’appréciais le personnage.

Le Terrible Sermon qu’il prononça un jour était bien écrit, il reflétait bien le discours d’un homme qui doute, qui souffre, qui perd la Foi, mais le problème est qu’il n’y avait personne dans l’assemblée pour lui répondre et réfuter une partie de ses paroles.

— Qu’elle ait été à jeun ou pleine comme une barrique, ça ne change rien. Mario Andretti lui-même n’aurait pas pu éviter cette collision. Le révérend Jacobs a eu raison sur un point : les gens veulent toujours trouver une raison aux malheurs de la vie. Des fois, il n’y en a pas. 

J’aurais aimé une joute verbale entre un qui croyait toujours et lui qui ne croyait plus. Là, c’est trop facile d’accuser son chien d’avoir la rage parce qu’on veut le noyer. Le coupable de son ire était mal choisi. Anybref !

Ensuite, dans la seconde partie, ça se corse, on prend de la vitesse avant de ralentir un peu pour ensuite relancer la machine, telle une fusée propulsée par un ouragan rempli d’éclairs et pas au chocolat.

Malgré le style du King, malgré ses personnages travaillés, malgré ses piques traditionnelles contre les citoyens des États-Unis, malgré son fil conducteur, malgré sa charge contre la bêtise des gens qui, quand la médecine ne sait plus rien faire, sont prêt à se tourner vers le grand n’importe quoi (mais je peux les comprendre), malgré ce beau portrait musical des Sixties, malgré le final terrible et terrifiant de par ses conséquences (pas par ce que le King décrit), le tout manquait de sel et de piment.

Outre le fait d’être réservés par nature et par éducation, les Yankees ont aussi tendance à se complaire dans les préjugés de race et de religion. Trois ans plus tard, au collège de Gates Falls, j’ai entendu un de mes professeurs dire à un autre sur un ton d’incompréhension indignée : « Mais enfin, pourquoi être allé assassiner ce révérend King ? Pour l’amour du ciel, c’était un bon nègre ! »

Qui a dit « un bouquin branché sur courant alternatif » ? Lehane-Fan, merci ! C’est ce que je cherchait et tu as mis les doigts dans la prise afin de m’éclairer !

Le pire, c’est que JAMAIS la lecture ne m’a ennuyée, jamais je n’ai décroché, j’ai lu le roman avec passion, je me suis attachée à Jamie Morton, j’ai eu mal pour lui quand il était enfoncé dans sa merde, j’ai aimé le suivre, je me suis attachée au révérend Jacobs, j’ai aimé l’histoire, le scénario, la plume, la charge contre ces religieux qui n’ont de religieux que le nom, ces marchands du Temple qu’un jour, un certain Jésus foutu dehors à grand renforts de coup de pieds au cul…

Malgré tout ça, il manque un truc (et je suis incapable de vous dire quoi précisément) pour que ce roman aille trôner avec les autres au Panthéon des romans du King.

J’ai dû faire un court-circuit quelque part parce que je n’ai pas joui avec lui comme d’habitude.

Trois étoiles quand même parce qu’il ne manquait pas grand-chose pour en faire un Grand, mais sans ce petit truc qui manque, ÇA le fait un peu moins !

La curiosité est une terrible chose, mais c’est une chose humaine. Tellement humaine.

— Ils ne viennent pas ici pour voir la réalité, Jamie, ils veulent du fantastique.

Étoile 3

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et Le « Challenge US » chez Noctembule.

index LC

Pourquoi je l’ai choisi (par Stelphique) :
Ce mois ci, on a décidé de se faire le King sur le grill !!!!! Revival nous paraissait tout indiqué vu qu’il a déjà le conducteur !!!!!

Synopsis :
La foudre est-elle plus puissante que Dieu ?

Il a suffi de quelques jours au charismatique Révérend Charles Jacobs pour ensorceler les habitants de Harlow dans le Maine. Et plus que tout autre, le petit Jamie. Car l’homme et l’enfant ont une passion commune : l’électricité.

Trente ans plus tard, Jamie, guitariste de rock rongé par l’alcool et la drogue, est devenu une épave. Jusqu’à ce qu’il croise à nouveau le chemin de Jacobs et découvre que le mot « Revival » a plus d’un sens… Et qu’il y a bien des façons de renaître !

Addiction, fanatisme, religion, expérimentations scientifiques… un roman électrique sur ce qui se cache de l’autre côté du miroir. Hommage à Edgar Allan Poe, Nathaniel Hawthorne et Lovecraft, un King d’anthologie.

Les personnages :
Jamie et le révérend Charles Jacobs ont un destin lié, mieux connecté, on dirait ! Une sorte d’attraction qui va au delà de la raison, du raisonnable et de la religion. Un môme avec des yeux fascinés, le révérend en avait de la chance, mais la foudre s’en est mêlée, et leur histoire en a souffert….

Ce que j’ai ressenti :…Un roman au courant contagieux !
Le coup de foudre vous y croyez, vous ???!!!! Et la foudre plus puissante que Dieu ? Stephen King nous emmène entre les deux, dans un entre-deux électrique et électrisant, préparez vous à voir des éclairs partout !!!

« Vous pouvez faire confiance au Rev’. »

Il n’y a que le King pour créer une histoire teintée de religion communicatrice, d’électricité conductrice, de fanatisme magique, d’expériences au delà du réel…. Il n’y a que lui aussi pour nous emporter dans son monde, dans une lenteur calculée, dans son Amérique Rock’n’roll, avec des personnages charismatiques.

Il n’y a que lui également pour rendre hommage comme personne à ses auteurs qui ont révolutionner la littérature d’un doux frisson de frayeur.

Alors, oui ce livre est un exemple révélateur de son immense talent, bien sur qu’il y avait tous les ingrédients qui font tout son succès, et que je suis super heureuse de posséder ce nouvel opus avec cette couverture si magnifique !!!

Je ne peux quasiment rien reprocher à cette histoire, mais je ne sais pas, il m’a manqué le « petit quelque chose » pour que ce soit le coup de cœur, avant de faire naitre le coup de foudre. J’ai trop attendu cette fameuse fin, 400 pages avant d’atteindre le dénouement pour le fameux « Il s’est passé quelque chose »…

C’est ce temps d’attente que je regrette, j’ai l’habitude que le King prenne son temps, ce n’est pas cela qui m’a dérangée, mais d’habitude, il nous le fait languir en nous appâtant avec cette touche personnelle dont il a le secret, et là, je suis restée frustrée malgré cette super fin!

Peut être, de n’avoir pas eu de réelle explication sur cette électricité justement, oui peut être, que ça vient de là, elle arrive trop de nulle part, on ne sait pas d’où le Rev’ la prend sa source, cette fascination dévorante…..

« Ils ne viennent pas ici pour voir la réalité, Jamie, ils veulent du fantastique. »

Tout de même, ce tour d’horizon de la religion et ses dérives est à faire avec notre auteur chouchou ! Il connait tellement les tours et détours de certains prédicateurs qu’il arrive à nous éclairer sur les failles et gouffres dont certains arrivent à faire naitre à l’ombre de leurs obscures palabres.

Le Sermon a quelque chose de fascinant, moi je vous le dis !!!. Le rock’n’roll (et son packaging !) a aussi une place de choix au sein de ses pages, comme musique de fond en MI,  il accompagne à merveille!

On se plait vraiment à se perdre dans ses lieux guidé par le Maitre, on veut toucher de près cette énergie guérisseuse, on se laisse prendre au jeu de cette électricité bienfaitrice!

Revival est à lire, forcement, pour tout fan, même s’il faut s’armer de patience avant de voir où veut nous emmener le Roi de l’épouvante!

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 7/10

 

Undertaker – Tome 2 – La danse des vautours : Xavier Dorison & Ralph Meyer

Titre : Undertaker – Tome 2 – La danse des vautours

Scénariste : Xavier Dorison
Dessinateur : Ralph Meyer
Édition : Dargaud (2015)

Résumé :
Jonas Crow, croque-mort; Rose, gouvernante anglaise; et Lin, domestique chinoise, doivent ramener la dépouille remplie d’or du vieux Cusco au filon « Red Chance ».

Ils ont trois jours.

Trois jours, un corbillard, 50 miles à parcourir et une ville entière de mineurs survoltés à leurs trousses !

Critique :
Cusco, notre patron mégalo et inhumain envers ses mineurs avait cassé sa pipe dans le tome 1 et le voilà donc aux bons soins de Jonas Crow, undertaker de son état (fossoyeur ou croque-mort chez nous).

Je me marre et seuls ceux qui ont déjà lu les deux tomes comprendront pourquoi je me marre en le sachant aux bons soins de Undertaker et de son pote bizarre, Jed.

Oui, Cusco, gros mégalo égoïste, t’es pas prêt d’arriver dans ta dernière demeure, mon salaud !

« Et Dieu dit, ceux qui sont assez cons pour aller s’enfoncer en enfer méritent d’y rester. À perpète. » Lettre de Jonas aux Californiens.

Nous retrouvons donc nos amis – Undertaker, Rose, Lin et Jed – là où nous les avions laissé en fin de tome 1, c’est à dire dans la merde, pour ne pas dire en mauvaise posture.

Va falloir se bouger les z’amis parce que d’un côté, il y a les mineurs d’Anoki qui veulent la dépouille de leur fripouille de patron et de l’autre, il y a des Tuniques Bleues qui arrivent et… Bordel de Dieu, mon cœur, quel suspense, bande de salauds !

Des dessins superbes, réalistes, du western qui a tous les codes du genre mais qui revisite la recette pour vous servir ce petit nectar plein de saveur western sans en être vraiment. Vous suivez toujours ou ça va trop vite ?

Au menu de ce deuxième opus : des courses-poursuites, des tirs (baissez-vous les gars), des morts, du sang qui coulera, des pièges, des stratégies, de la violence (mais pas gratuite) et des personnages qui n’ont pas fini de nous surprendre ! Certains cachaient même bien leur jeu.

Undertaker – Jonas Crow – est toujours aussi allumé et son côté « No Rules » (sauf dans son corbillard) et tête brûlée n’arrête pas de me faire penser à Blueberry.

— Tu sais pourquoi je suis croque mort ?
— Parce que t’es cinglé !
— Tuer des étrons dans ton genre, c’est bon, mais c’est trop court. Ça va trop vite. J’aime voir la mort longtemps, la contempler, la déguster, la laisser prendre son temps. C’est comme ça qu’elle me réconforte; elle me rappelle que la saloperie humaine… ça finit toujours par disparaitre.

Rose et Lin, nos deux dames, vont devoir s’accrocher à leurs jupons et suer, une fois de plus, si elles veulent s’en sortir vivantes et ne pas voyager, raides étendues, à l’arrière du corbillard.

— Cet or appartient à monsieur Cusco. Mort ou vivant, c’est la loi. Peut-être qu’aujourd’hui, cette loi ne vous arrange pas… Mais quand on ne porte pas un colt à la ceinture, c’est encore elle qui protège le mieux.

Un deuxième tome à la hauteur du premier, un récit mené main de maître, les rênes bien tendues, un rythme soutenu sans pour autant virer à la cavalcade avec le mors aux dents, des personnages qui vont se livrer un peu plus, le tout dans des décors grandioses dignes des plus grands western !

Étoile 5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, Le « Challenge US » chez Noctembule, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

BILAN LECTURE - Veux la suite

Sherlock Holmes Society – Tome 3 – In Nomine Dei : Cordurié & Nespolino

Titre : Sherlock Holmes Society – Tome 3 – In Nomine Dei            big_4

Scénariste : Sylvain Cordurié
Dessinateur : Alessandro Nespolino
Édition : Soleil (2015)

Résumé :
Les efforts de Holmes et Hyde pour trouver les responsables de l’empoisonnement de Keelodge les ont conduits jusqu’à Ryan Shelvey, un éminent psychiatre.

Se sachant découvert, ce dernier a tenté de faire assassiner Holmes. Le détective est alors plus que jamais décidé à arrêter les fanatiques qui se cachent derrière Shelvey.

Et maintenant qu’il fait de cette enquête une affaire personnelle, il est prêt à aller aussi loin qu’il le faudra pour les faire tomber.

Critique : 
« The game is afoot ! » mais avec un autre dessinateur aux commandes, une vieille connaissance (Nespolino) qui nous dessinait déjà Holmes dans la série Crime Alleys.

Là, en enchainant les deux albums de suite, on remarque plus le changement des traits de Holmes ainsi que ceux de Shelvey.

Les couleurs sont différentes, plus de lavis et j’ai trouvé la couverture superbe et bien détaillée.

L’action est toujours fidèle au rendez-vous, Sherlock Holmes se bat, cherche des preuves, met en branle toutes ses connaissances, que le type soit banquier ou issu de la pègre.

Son ennemi est sournois mais n’a pas l’étoffe d’un Moriarty, ni sa patience, ni son talent.

Quant à notre aidant issu de la littérature, il ne manquerait plus qu’un peu de vert et il ferait un parfait Hulk (celui issu de la série télé ancienne).

Sombres complots, institutions gangrénées par la corruption, réduction au silence de ceux qui pourraient l’ouvrir et final sur un autre cliffhanger tout aussi horrible que dans le tome 2.

Un troisième opus dans la même veine que les deux premiers, c’est-à-dire du bon, du très bon.

Vite le 4 ! En espérant que Sherlock Holmes arrive à sauver l’Angleterre… S’il y arrive, l’hymne ne sera plus « God save the Queen » mais « Holmes save the Queen »

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et « A year in England » chez Titine.

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Sherlock Holmes Society – Tome 2 – Noires sont leurs âmes : Cordurié & Torrents

Titre : Sherlock Holmes Society – Tome 2 – Noires sont leurs âmes

Scénariste : Sylvain Cordurié                                                              big_4
Dessinateur : Eduard Torrents
Édition : Soleil (2015)

Résumé :

Bien décidé à découvrir les criminels qui se cachent derrière le drame de Keelodge, Sherlock, de retour à Londres, poursuit ses investigations.

Comme son frère Mycroft l’a écarté de l’affaire, il ne dispose que de peu d’éléments pour faire avancer l’enquête.

Elle prend toutefois un tournant décisif quand, remontant la piste du poison, le détective se retrouve face à un certain Edward Hyde, un petit homme répugnant, menacé de mort par ceux-là même qui ont condamné le village.

Critique : 
Grâce au changement de dessinateur, je n’ai pas dû attendre trop longtemps pour avoir la suite de l’affaire Keelodge.

Les puristes hurleront à l’hérésie, et je peux les comprendre étant donné que ce changement implique parfois des variations dans les têtes des personnages, mais là, je ne me plains pas, j’ai adoré les dessins du tome 2.

Ici, le visage de Sherlock Holmes est moins figé, même si je trouve toujours l’appartement de Baker Street fort grand et fort spartiate niveau ameublement.

L’enquête se poursuit pour trouver l’origine humaine de la contagion qui a eu lieu à Keelodge et Sherlock Holmes ne ménage pas sa peine, aidé par une vieille connaissance de la littérature.

Un deuxième album qui répond en partie aux questions soulevées dans le premier – sans tout résoudre, bien entendu, il faut encore garder du suspense et du mystère pour la suite – une belle enquête, de la violence mais pas de trop, des filatures, des tensions entre Sherlock et son frère Mycroft.

Entre eux, les répliques piquantes sifflantes ne fusent et les dialogues du reste de l’album sont loin d’être gnangnans.

Par contre, nous avons un horrible cliffhanger dont le final m’a laissé sans voix, heureusement que j’ai le troisième sous la main parce que je n’aurais pas pu… Vite l’ouvrir et voir !

Le scénario tient la route, il est rythmé, on suit Holmes avec plaisir, on tremble pour lui, les dessins sont super et le coloriste a fait du bon boulot. Quant aux décors de la ville de Londres, manque plus que les odeurs, le bruit des sabots de chevaux, le cris des habitants et l’odeur de la mort pour s’y croire.

Quand l’ombre qu’est Edward Hyde croise la lumière qu’est Holmes et qu’ils unissent leurs forces, ce sera pour le meilleur ou pour le pire !

Un bien bel album sans que l’élément fantastique ne pointe son nez. What’else ?

BILAN LECTURE - Veux la suite t'excites pas

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et « A year in England » chez Titine.

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Undertaker – Tome 1 – Le mangeur d’or : Ralph Meyer & Xavier Dorison

Titre : Undertaker – Tome 1 – Le mangeur d’or

Scénariste : Xavier Dorison
Dessinateur : Ralph Meyer
Édition : Dargaud (2015)

Résumé :
Jonas Crow, croque-mort, doit convoyer le cercueil d’un ancien mineur devenu millionnaire vers le filon qui fit autrefois sa fortune.

Des funérailles qui devraient être tranquilles, à un détail près : avant de décéder, Joe Cusco a avalé son or pour l’emmener avec lui dans l’éternité. Pas de chance, le secret est éventé et provoque la fureur des mineurs d’Anoki City.

Comment laisser enterrer une telle fortune alors que pour survivre, eux suent sang et eau dans les filons ?

Comme le dit Jonas, « la mort ne vient jamais seule »..

Critique :
Le quotidien d’un croque-mort, c’est morose, c’est pas rose, mais c’est son destin.

Jonas Crow… Rien que son nom attire déjà la curiosité. Jonas, comme celui qui vécut dans le ventre de la baleine, et notre homme nous sort de temps en temps des citations biblique. Crow, qui veut dire corbeau en anglais.

— Dieu a dit: « Tu éviteras de faire chier un type qui braque un calibre 44 sur toi ». Et pour une fois ‘feriez mieux de l’écouter. »

Bien que pour notre Jonas, c’est plutôt les vautours ses compagnons de galère car notre homme est un croque-mort.

Oubliez notre époque bénie qui a fait de la Mort un commerce lucratif, en ces époques d’après Guerre de sécession, être un croque-mort ne vous valait pas grand-chose.

Le fait est que les gens ne nous aiment pas. Et c’est tant mieux. Je ne les aime pas non plus.

On ne parle pas aux croque-morts. On les ignore ou on leur propose du travail.

Heureusement que notre ami ne manque pas d’humour… Noir, comme son habit, noir comme sa carriole, noir comme ses deux chevaux.

— Vous connaissez ce monstre Monsieur Crow ?
— Non. Mais si vous en cherchez, ils sont faciles à trouver. En général, ils portent une médaille ou une étoile.

— Dieu a dit : « Tu laisseras ton prochain faire ses conneries tant que c’est avec son blé et son cul »; Saint-Jean aux New-yorkais.

— Navrée de vous décevoir, monsieur… mais monsieur Cusco est loin d’être mort.
— Ah… Et ça peut s’arranger ?

Et il est louche, notre Undertaker. Il sait se battre, tirer, mais évite de se balader avec des six-coups. Sauf lorsque ça devient plus que nécessaire !

— Depuis quand ce genre d’artillerie fait partie de l’équipement d’un croque-mort ?
— Depuis qu’il préfère ne pas devenir son propre client.

N’ayant pas lu le résumé mais acheté cette bédé sur sa couverture, son côté western et ses dessins qui me plaisaient bien, c’est plus vierge que Marie que j’ai entamé ma lecture et tant mieux, j’en ai gardé toutes les surprises.

Évidemment, si vous n’aimez pas les western et si la musique d’un certain Ennio ne vous fait pas frissonner de plaisir, passez votre chemin parce qu’ici, nous sommes face à tous les codes du western, sans pour autant bouffer la même soupe.

Du mystère, des tensions, une paire de nichons, des balles qui sifflent, des dialogues avec des réparties qui fusent plus vite que des flèches d’un carquois indien sur le sentier de la guerre, du suspense et les prémices d’une grande aventure avec un cadavre et une femme plus coincée qu’une fermeture éclair qu’on aurait plus ouvert depuis le Néolithique.

— Je vous envie monsieur Crow. Être dépourvu de toute dignité doit sans doute être des plus agréable. 

— Ce que je leur ai dit, miss, c’était la vérité… Et la vérité c’est comme le fer rouge sur la plaie. Douloureux mais efficace.

Dessins superbes, couleurs qui donnent envie de chevaucher en criant « Yahaaaa » et une envie folle de monter dans la carriole de Jonas Crow, de prendre son Jed dans ses bras (Jed est un vautour blessé, aller pas imaginer des trucs dégueux, j’en suis pas capable) et de crier « En voiture Simone » avant d’ajouter un « Fouette cocher » des plus clinquants.

Vivement la suite ! Parce que des bédés western de cette qualité, j’en redemande. De plus, je trouve que Jonas Crow a un petit air de Mike S. Blueberry : même arrogance, même dégaine, même rapport avec l’autorité (« Mon corbillard, mes règles »).

— Attends !? Tu donnes un putain de T-Bone à un putain de vautour ?
— J’vais pas lui donner de la salade.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Arieste, Le « Challenge US » chez Noctembule, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Replay : Ken Grimwood [LC proposée par Yvan]

Titre : Replay                                                            big_4-5

Auteur : Ken Grimwood
Édition : du Seuil / Points

Résumé :
En ce 18 octobre 1988, Jeff Winston se trouve dans son bureau new-yorkais, et écoute sa femme lui répéter au téléphone : « Il nous faut, il nous faut… » Il leur faudrait, bien sûr, un enfant, une maison plus confortable. Mais surtout parler. A coeur ouvert.

Sur ce, Jeff meurt d’une crise cardiaque. Il se réveille en 1963, à l’âge de dix-huit ans, dans son ancienne chambre d’université. Va-t-il connaître le même avenir? Non, car ses souvenirs sont intacts. Il sait qui va gagner le prochain Derby, et ce qu’il en sera d’IBM et d’Apple…

De quoi devenir l’homme le plus puissant du monde, jusqu’à…

Critique :
♫ Let the music play ♪ comme le chantait Barry White de sa voix chaude.

♫ Let the life replay ♪ comme on aurait pu chanter dans ce roman qui ne ressemble à aucun autre.

1988… Jeff Winston, le personnage principal, meurt dès la première ligne. Bardaf, on peut donc fermer le roman alors ? Noooooon, surtout pas !

Pourquoi ? Parce que l’ami Jeff, tel Jésus Christ Superstar, va nous faire le coup du « Coucou, me revoilou » et ressusciter le 3ème jour, conformément aux Écritures… Heu, curé, sors de ma tête ! Sorry, il ressuscitera direct, plus rapide que Jésus, La Redoute et Darty réuni.

Petit avantage et petite différence : il revient en 1963, époque de ses 18 ans, avec tout ses souvenirs intacts !! Ça donne envie aussi, non ?

Petit problème tout de même si vous n’étiez pas un féru de sport… un retour en arrière pareil, sans savoir qui a gagné le Derby ou les matchs de base-ball, c’est un sacré handicap. Mais pas pour Jeff qui connait aussi tout le potentiel des entreprises et des deux couillons qui bricolaient dans leur garage ! Un truc avec une pomme…

Quel plaisir j’ai ressentit en lisant ce livre ! Quel panard magistral j’ai pris pendant que les pages se tournaient toutes seules, les mots de l’auteur défilant devant mes petits yeux ébahis.

Jeff est un personnage que l’on adore d’emblée et le suivre durant ses différentes vies est un plaisir de fin gourmet.

De plus, pas de soucis, le récit ne se répète jamais, quand bien même Jeff aurait eu 36 vies nouvelles. L’auteur a eu l’intelligence de se renouveler, explorant d’autres hypothèses, faisant intervenir d’autres personnages, ou les mêmes mais avec une vie différente.

Récit de SF, mais on ne le ressent pas ainsi. Il y a une touche de fantastique, mais sans explications et il vous est loisible d’imaginer tout et n’importe quoi.

Un roman qui se lit tout seul, un roman émouvant, un voyage que j’ai fait avec plaisir, râlant même à un moment d’arriver au mot « fin » du livre.

Des personnages attachants, un récit qui se renouvelle sans cesse, des retrouvailles émouvantes, des séparations éprouvantes, un voyage dans le temps et dans l’Amérique des Sixties… un beau voyage.

Merci à Yvan/Gruz de m’avoir conseillé le voyage et proposé une Lecture Commune.

Bon, ben, il ne me reste plus qu’à faire un Replay !

Challenge « La littérature fait son cinéma – 4ème année » chez Lukea Livre, Le « Challenge US » chez Noctembule et Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Prix World Fantasy en 1988).

 

Holmes (1854 / 1891 ?) – T3 – L’ombre du doute : Brunschwig & Cecil

Titre : Holmes (1854 / 1891 ?), Tome 3 : L’ombre du doute           big_4

Scénariste : Brunschwig Luc
Dessinateur : Cecil
Édition :  Futuropolis (2012)

Résumé :
A priori Sherlock Holmes est mort lors d’un combat avec l’empereur du mal, le professeur Moriarty.

C’est toutefois ce que pensait le fidèle Watson. Il apprend rapidement qu’en réalité le célèbre détective se serait suicidé pour échapper à la folie qui menaçait de s’emparer de lui.

Après s’être rendu chez la famille de son ami, il est assailli de doutes compte tenu de ce qui s’y passe et des zones d’ombre relevées dans le passé de ce clan pour le moins singulier.

Accompagné de son épouse, il part en France sur les traces de la nourrice de Holmes.

Pendant ce temps, Wiggins se rend à Londres pour enquêter sur l’étonnante infirmière chargée de s’occuper de Holmes père.

Mais le médecin est un drôle de personnage, et Wiggins se retrouve malgré lui mêlé à un violent combat de rue en plein Whitechapel, provoqué par Parks.

Un combat de rue dans l’ombre duquel traîne un certain Mycroft Holmes…

Critique :
Quatre ans, qu’il a fallu, avant qu’il ne sorte, ce tome trois !

« Quatre ans ! La grande guerre » comme se lamentait Louis De Funès dans « La grande vadrouille ».

Et vu que la série doit en comporter 9 (de tomes)…

Comme le disait l’ami Jean-Claude de la SSHF : « au rythme d’un livre tous les quatre ans, je serai pensionné quand ils la termineront ! » Moi aussi.

Mais cessons ces jérémiades et passons aux choses sérieuses : ce que j’en ai pensé.

Point de vue du graphisme, c’est magnifique. Une pureté dans le trait, dans les détails. Pas de visages mal faits, comme dans certaines autres bandes dessinées holmésiennes.

Toujours coloriée dans des tons « entre gris clairs et gris foncés » (gris acier pour les yeux de Holmes), cela donne une atmosphère bien spécifique à cette œuvre, la rendant incomparable.

Bon, pour celui qui aime les tons chaleureux, c’est râpé. Mais si vous aimez les dessins exécutés de main de maître, je vous la recommande.

Les personnages sont bien travaillés et si le rythme est un peu lent, c’est sans doute parce que le scénariste veut que le lecteur s’imprègne de l’histoire, se vautre dans l’ambiance, pénètre dans le passé de Sherlock Holmes, se gorge des dialogues taillés au scalpel.

Parce qu’il veut que le lecteur doute en même temps que Watson, après avoir – qui sait ? – avalé des couleuvres.

A-t-on tout dit à Watson ? Ne lui a t-on pas raconté des carabistouilles ? Ou alors, est-ce Watson qui devient fou et imagine des choses ? Son compagnon était-il bien celui qu’il croyait être ? Fut-il tué par Moriarty lors de leur combat aux chutes de Reichenbach ou s’est-il suicidé ?

Malheureusement, si Watson a passé sept ans aux côtés de Holmes, il n’a jamais réussi à appliquer sa méthode, ni à devenir un esprit aussi brillant que lui.

Attention, Watson est loin d’être un imbécile, mais face à Holmes et à son esprit, il ne fait pas le poids. Nous non plus.

Le seul qui pourrait s’en sortir mieux, c’est le jeune Wiggins, qui lui, mène son enquête du côté d’un médecin un peu étrange qui pourra le renseigner sur la encore plus étrange garde-malade du père de Holmes.

D’ailleurs, dans cet album, nous verrons la rencontre « Holmes-Wiggins » quand celui-ci n’était encore qu’un gamin d’une petite dizaine d’années. Une réflexion de Wiggins avait surpris Holmes et pour le surprendre, fallait se lever tôt.

Si cet opus ne répond, pour le moment, à aucune de mes questions, le récit s’avère toujours aussi prenant et, dans ce troisième tome, il se dirige vers l’enquête à proprement dite. Plus que dans le deuxième.

Malgré tout, de nombreuses questions sont soulevées sans avoir de réponse pour le moment.

Le fait que Watson et Wiggins mènent leur enquête séparément est une bonne idée, cela donne du suspense au scénario. De la profondeur, aussi, tant il est travaillé.

A la fin de ma lecture, j’ai eu cette impression aussi forte qu’un furoncle purulent mal placé que l’on aimerait bien que Watson ne poursuive pas son enquête…

Qui est cet homme mystérieux qui le suit, lui et son épouse ? Pourquoi diable veut-on l’empêcher d’interroger une personne ?

Nombreuses références aussi à la ville de Pau (où certains pasticheurs disent que Holmes a passé son enfance), au peintre Horace Vernet (le frère de la grand-mère de Holmes, ça, c’est canonique), au fait que Holmes se prénommait William (pas canonique).

Petit plus : un cahier graphique passionnant qui accompagne ce volume.

Un troisième album que j’ai eu plaisir à lire et dont j’espère que la suite ne se fera pas trop longtemps attendre…

Nous sommes en 2014, il est sorti en juin 2012, et j’ai beau relire souvent les trois premiers tomes, pour la suite, je ne vous toujours rien venir… Snif !

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Arieste et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.