Avaler du sable : Antônio Xerxenesky

Titre : Avaler du sable

Auteur : Antônio Xerxenesky
Édition : Asphalte (05/02/2015)
Édition Originale : Areia nos dentes
Traducteur : Mélanie Fusaro

Résumé :
Mavrak est une petite ville du Far-West peuplée de pistoleros et de filles de joie, située au milieu d’un désert de sable brûlant. Ici, la sobriété est déraison.

Depuis toujours, deux familles, les Marlowe et les Ramirez, s’opposent en une rivalité assassine. Celle-ci se voit bientôt ranimée par le meurtre lâche d’un des fils Ramirez.

D’autant qu’un shérif est envoyé à Mavrak pour faire régner la justice dans cette zone de non-droit.

Critique :
Mesdames (et messieurs, on ne sait jamais) avant de baver sur le clavier à cause du bel animal (celui de devant ou de derrière, au choix), je vous préviens de suite que je ne vais pas critiquer un western bourré de love boys…

L’image est indépendante de l’article, pour une fois, mais vu le moment de lecture que je viens de passer, j’avais envie de me faire plaisir les yeux.

Les familles Marlowe et Ramirez sont un peu les O’Timmins et les O’Hara du coin. Ils ne savent pas se piffer et personne ne sait pourquoi. Si nous étions en Corse, nous aurions un peu le même genre de rancœur comme entre le clan de Figatellix et celui d’Ocatarinetabellatchitchix… En tout cas, c’est très grave !

Car ce que je raconte, c’est l’histoire de mes ancêtres, des tensions qui se sont progressivement amplifiées et qui ont culminé avec le retour des morts. Non. Je mens. J’écris sur une ville, la bourgade où mes ancêtres ont vécu, celle où les Ramírez et les Marlowe ont existé et ont cessé d’exister. De cet endroit, il reste peu de chose. Cherchez sur une carte ou dans un atlas : vous ne trouverez rien.

Les éditions Asphalte ont pour habitude de me sortir de mes sentiers habituels de lecture me proposant des auteurs moins connus dans nos contrées, nous proposant de l’exotisme intelligent et noir.

Si  j’ai ronchonné un peu en lisant les chapitres avec les atermoiements d’un des personnages, qui tente d’écrire un livre western sur ses ancêtres (les Ramirez) qui avaient vécu dans le trou du cul du monde au temps du Far-West, j’ai pris mon mal en patience, attendant patiemment le retour des enfants terribles qui étaient ses ancêtres.

Parce qu’en plus de larmoyer et de boire comme un trou, notre homme écrivain nous gratifie dans son texte d’onomatopées et met même en page un bug informatique qui lui ravage un super passage qu’il venait d’écrire et que nous ne connaîtrons jamais. Frustration, quand tu nous tiens.

Déjà que niveau dialogues, l’avarice régnait en maître au niveau des guillemets et des tirets cadratins… Ce qui me fait souvent bouillir intérieurement et rend le style plus brouillon.

Anybref. On remarque vite dans le récit western qu’il y a une analogie entre les relations de Juan Ramirez (l’auteur) et Martín, son fils qu’il n’a jamais compris et celles qui régnaient entre son ancêtre et Juan, un des fils de celui-ci, celui qui était parti étudier dans le Nord, qui ne buvait pas et qui tirait aussi bien qu’un type atteint de la parkinson.

T’es le pistolero le plus lent de l’Ouest ! Une espèce de limace avec un poncho ! Une tortue à éperons ! Viens plus me dire que t’es pas un pistolero. Maintenant, tu l’es. Je l’ai décidé.

Un fils qui ne savait même pas boire, ça ne pouvait pas être un homme, un vrai. Surtout dans une ville où, selon Miguel, la sobriété est déraison.

À un moment, je me suis même demandée si Juan Ramirez n’écrivait pas son western pour tenter de comprendre et d’exorciser le fait qu’il ne voyait plus son fils et qu’il avait tout raté avec lui, tout comme cet ancêtre avant lui, l’histoire étant un perpétuel recommencement.

Si j’étais doté d’un talent pour la fiction, je modifierais sans pitié les événements. Parce que Miguel, d’une certaine façon, répète tout ce que j’ai fait. Ou, plutôt, moi, plus de cent ans plus tard, je répète tous ses désastres. Je suis la preuve définitive que l’histoire est cyclique. 

Une bonne idée de scénario et j’ai de suite accepté le postulat que son histoire de western n’était peut-être qu’une invention de son esprit, qu’il se mettait en scène avec son fils, dans une autre époque, afin de comprendre où tout avait foiré…

Jusque là, tout allait donc plus ou moins bien dans le récit et l’auteur confirmait même que j’avais bien deviné.

Tu en penses ce que tu veux, lecteur, mais moi, je commence à croire que l’histoire que j’écris est celle d’un père et d’un fils. Tout le reste est faux. Ce n’est pas un western. C’est autant un western qu’Apocalypse Now est un film de guerre. 

Je commence à croire que l’histoire que j’écris est celle d’un père et d’un fils. Rien de plus.

Là où je suis tombée de ma chaise, c’est lorsque des zombies sont entrés en action dans le roman western et que tout est parti en sucette !

Heu ? Déjà que les récits de morts-vivants ne sont pas ma came, mais bon, si je lis un livre de zombies, je sais que je vais en voir débouler. Mais pas ici, bordel de merde !

Encore un livre qui va rejoindre ma pile de « À donner » !

L’univers, c’était Mavrak, et la petite ville s’extrayait de l’inertie matinale pour démarrer la journée. Par la fenêtre, rien n’échappait au regard de Miguel Ramírez. Il vit des chevaux s’abreuver. Il vit un Marlowe. Il vit son autre fils, Juan, cheveux gras volant dans son cou malgré son chapeau. Son petit-fils Sergio, au loin.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018).

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Orcs et Gobelins – Tome 1 – Turuk : Jean-Luc Istin & Diogo Saito

Titre : Orcs et Gobelins – Tome 1 – Turuk

Scénariste : Jean-Luc Istin
Dessinateur : Diogo Saito

Édition : Soleil (25/10/2017)

Résumé :
L’orc Turuk se réveille, sonné, blessé et amnésique. Il arpente les rues d’une cité abandonnée. A l’exception d’un mystérieux archer cherchant à l’épingler et de créatures craignant la lumière qui veulent le dévorer.

Qui sont-elles ? Pourquoi cherche-t-on à le tuer ? Qu’est-il arrivé dans cette ville ? Et que fait-il ici ? Pourtant, il ne faudrait pas s’éterniser, la nuit arrive et la mort avec…

Critique :
Le sexy XIII serait-il revenu sous les traits imposants d’un Orc ? Parce qu’un mec qui se réveille sans savoir qui il est, ni ce qu’il fait là, ça ressemble vachement à la saga XIII, non ?

En plus, tout comme le plus célèbre amnésique de la bédé, Turuk est plutôt beau gosse pour un Orc !

Tiens, à lui aussi on veut lui faire la peau. Décidément, c’est vraiment XIII en version fantasy.

Nouvelle série pour cette saga qui, après les Elfes et les Nains, s’attaque maintenant aux Orcs et aux Gobelins, tout en faisant tenir leurs histoires dans un Grand Ensemble scénaristique, puisque certains Nains vont chez les Elfes et certains Gobelins des Elfes auront leur Histoire dans cette nouvelle série.

Vous suivez toujours ? Non ? Retenez juste que tout le monde se mélange avec tout le monde et que tout cela reste foutrement cohérent ! Mais pas sexuel…

Une autre référence à l’univers des Elfes, ce sont les zombies, les goules, les morts-vivants qui veulent toujours vous faire des gros poutous puants. Ben oui, ils ont envahi le monde des Elfes, des Nains et des Orcs, puisque c’est le même monde. Élémentaire.

L’amnésie de notre géant vert sera de courte durée et principalement utilisée pour nous présenter la vie et le passé du beau Turuk, comment il est arrivé là, dans ce trou paumé et pendant que le scénariste nous présente son passé, Turuk se rend compte qu’il n’est pas seul dans ce village peuplé de zombies et qu’il n’est pas LE seul non plus à ne pas être infesté.

Va falloir se serrer les coudes pour s’évader.

Turuk, c’est l’Orc dont on aimerait avoir pour ami, un type qui ne vous lâche pas, sauf si sa vie est en danger, alors là, vous irez vous faire pendre ailleurs car Turuk partira sans vous. Turuk, c’est l’immonde salaud qu’on arrive pas à détester vraiment car en nous racontant sa vie et sa survie, il nous rend complice de ses exactions.

Dans ce premier tome, c’est de l’action pure et dure, mêlée à des mystères, une quête, une enquête et une fuite endiablée de nos amis pour tenter d’échapper aux bisous horribles de ces créatures en putréfaction qui sèment des morceaux d’eux un peu partout.

On pourrait croire le scénario éculé (rajoutez pas un « n » mal placé), mais non, car le scénariste arrive à insuffler du mystère et une tension énorme durant le périple des Orcs et de l’Elfe afin d’atteindre une zone où ils ne seront plus mis en danger.

— Cours, Forest, cours !

Sans oublier que, selon le célèbre Docteur House, tout le monde ment !

Le scénario est déjà bien travaillé, mais en plus, les dessins sont à tomber par terre tant ils sont superbes !

Alors, que demander de plus ? La suite, bien entendu ! Se sera avec Myth le voleur, puis avec Gri’im le vieux guerrier Orc en quête de vengeance, Sa’ar le gobelin, Dirty Dozen d’Ayraak, sans oublier l’orkelin La Poisse croisé dans le tome 18 de la série « Elfes ».

Sans être un chef-d’œuvre au niveau scénario, cet album tient toutes ses promesses et je me réjouis à l’idée de découvrir les aventures des Orcs et Gobelins !

3,9/5

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

Elfes – Tome 11 – Kastennroc : Jean-Luc Istin, Héban & Kyko Duarte

Titre : Elfes – Tome 11 – Kastennroc                                                big_4

Scénariste : Jean-Luc Istin
Dessinateur : Kyko Duarte
Couleurs : Héban
Édition : Soleil (2015)

Résumé :
Kastennroc est une forteresse légendaire et imprenable. Les Elfes bleus et les Yrlanais tentent d’y piéger l’Elfe noire Lah’saa qui cherche, forte d’une armée de goules de cent mille têtes, à envahir les terres d’Arran.

L’armée des Elfes bénéficie du pouvoir du crystal bleu et d’un des plus puissants guerriers d’Arran : Redwin le nain. La guerre embrase Kastennroc et nul ne sait qui en sortira vainqueur.

Critique :
On sent maintenant que la série Elfes est bien lancée car on est loin du postulat de départ qui demandait aux différents scénaristes de la série d’éviter les fins ouvertes tout en se gardant la possibilité de faire une suite si le public répondait présent.

Maintenant, ils n’ont pas peur de vous dire que la suite, vous l’aurez au prochain épisode, et c’est tant mieux parce que la série est de qualité, tant au niveau des scénarios que des graphismes.

Avantages de la série c’est que, puisque l’on a des scénaristes et des dessinateurs différents pour les 5 races d’Elfes, les lecteurs ne doivent pas attendre un siècle entre deux albums.

Et ce 11ème tome, qu’est-ce qu’il vaut ? Niveau rigolade, faudra aller voir ailleurs parce que dans Elfes, on ne se marre pas beaucoup, c’est sombre mais foutrement jouissif parce que l’on retrouve tous les travers des humains chez nos amis les Elfes, dont celui de la soif de pouvoir.

Les dialogues sont souvent émaillé de petites piques sur l’Homme et notre société en prend pour son grade aux travers des aventures qui se passent chez les êtres aux longues oreilles.

— Vous voulez tuer vos ennemis, annexer d’autres territoires, vous désirez régner. Rien de plus que ne voulait le dernier tyran. Rien ne change, il en a toujours été ainsi. Une saison de paix est toujours suivie par une saison de guerre. Vous êtes la guerre. Vous pouvez me tuer, vous pouvez me torturer, il reste que vous ne me faites pas peur. Il n’y a qu’une chose qui me motive !
— Je suis impatiente de connaître cette chose, cher philosophe de la vie.
— L’or !

— Vous allez perdre et disparaître. Tous les tyrans finissent par succomber, c’est ce que nous apprend l’Histoire.

Dans cet opus, nous retrouvons nos amis les zombies, goules, morts-vivants que nous avions quitté dans un autre tome et force est de constater que le zombie, ça survit ! Cette armée va obliger les Elfes à s’associer avec les Humains pour tenter de stopper la progression de Lah’Saa, la dominatrice de ce troupeau de zombies qui aiment vous faire des bisous partout afin de vous bouffer ou de vous transformer.

Une nuit noire quand souffle le blizzard, bien trop tard il court sans espoir. S’en vient la mort froide comme la glace qui moissonne encore et encore. Quand il se relève la vie l’a quitté, la mort est en lui. Il erre et moissonne, il erre et moissonne la vie.

Vous vous souvenez de la bataille du gouffre de Helm ? Et bien, celle de Kastennroc lui ressemble fort avec des hordes qui montent à l’assaut des hautes murailles et d’un Elfe associé sur les remparts à un Nain, les deux se battant en harmonie…

Kastennroc l’inébranlable forteresse ! On dit qu’elle fut bâtie par les géants d’Ourann à la demande du roi Rekk. Une légende parmi les Yrlanais puisqu’il fut le seul à régner sur tous les clans. La forteresse fut créée pour protéger le nord du royaume des invasions orks. A ce jour, Kastennroc n’avait jamais été envahi.

Pas de temps mort, un Méchant qui n’a pas dit son dernier mot, des futurs cross-over que l’on sent venir avec les autres peuplades Elfes, des vieilles connaissances telles le Nain Redwin de la Forge et des allusions à des événements ayant eu lieu dans les autres tomes… C’est chaud bouillant durant toute l’histoire et on peste lorsqu’on arrive à la fin parce qu’on aurait pas craché sur 60 pages de plus, tellement c’est bon.

C’est tout ça et bien plus encore ce onzième tome.

Ajoutez du suspense, un traître à trouver, une défense à organiser, des dessins et des couleurs soignées, des personnages travaillés dont certains m’ont fait trembler de peur, tant je les apprécie, moi qui les suit depuis un certain temps.

Bref, une super saga qui ne m’a pas encore déçue et dont je suis in love <3. Une vraie love story entre nous, comme entre Scrat et sa noisette.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016).

Simetierre : Stephen King [LC avec Stelphique]

Titre : Simetierre                                                                             big_5

Auteur : Stephen King
Édition : Le Livre de Poche (2003) – Publication en 1983

Résumé :
La famille Creed (Louis, médecin, sa femme Rachel, leur fille Ellie, le bébé Gage et leur chat, Church) viennent emménager dans la petite ville de Ludlow, dans une grande maison ancienne.

Louis fait la connaissance du vieux Jud Crandall, son voisin d’en face, qui lui montre le quartier et particulièrement un petit cimetière aux animaux avec sa pancarte mal orthographiée créé par les enfants de la ville.

Un jour, le chat se fait écraser. Creed décide de l’enterrer avant que les enfants ne découvrent le désastre, et demande de l’aide à Jud.

Pendant qu’ils enterrent le chat, le vieil homme lui raconte à demi-mots une légende qui court sur ce cimetière. Puis le chat revient. Vivant. Mais pas tout à fait le même.

Et c’est alors qu’un nouveau drame surgit.

Petit plus : Simetierre est sans aucun doute le livre le plus terrifiant que King ait jamais écrit, et c’est, dans ce sens, son livre le plus réussi. Parfaitement insupportable, c’est un roman en forme de cauchemar absolu.

Critique :
Le King et Sherlock Holmes ont une chose en commun : lorsqu’ils voient la campagne et les petites maisons éloignées les unes des autres, ils ne pensent pas au côté bucolique ou pittoresque de la chose.

Le Maître de l’Épouvante y voit de la matière pour ses romans et le Consulting Detective y voit matière à des meurtres qui peuvent se commettre en toute impunité.

Le King sait aussi qu’il n’y a pas besoin de faire intervenir des monstres velus, poilus, des horreurs sur deux pattes pour épouvanter le lecteur.

Non, un simple chat peut suffire à vous faire dresser les cheveux sur la tête…

Considéré comme le livre le plus terrifiant qu’il aurait écrit, Simetierre est un roman aux personnages attachants, ce qui rendra l’Horreur encore plus noire.

Stephen King est un Maître dans l’agencement de son récit et, à l’aide de petits détails, d’anecdotes, de légendes, de faits banals de la vie de famille, il parvient à distiller une ambiance qui lui est propre.

Le fantastique est présent, jamais de manière trop prégnante, toujours discrètement, mais vu que le diable se cache dans les détails, ce sont eux, ces petites choses insignifiantes, qui donneront toute la dimension au récit.

Éléments pris séparément, on dirait la vie ordinaire d’une famille ordinaire, avec des voisins sympas mais ordinaires…

Mais le King, grâce à ses ingrédients habituels, nous prépare une toile gigantesque, une toile qui prendra forme une fois que toutes les pièces éparpillées du puzzle seront bien rangées.

Le récit se lit tout seul : ça commence comme une rivière tranquille et je me suis laissée bercer par la courant gentillet, mais trompeur.

Lorsque cela commence à bouger et que les remous font danser l’embarcation, il est déjà trop tard. La berge est trop loin et on est trop engagé sur cette rivière que pour espérer faire demi-tour.

Accroché au bastingage, vous priez pour ne pas chavirer avec Louis, le personnage central, vous ramez de toute vos forces pour tenter vous éloignez de ce courant qui commence à devenir furieux. Peine perdue, pauvres fous !

Alors que vous soufflez, parce que votre frêle esquif a fini de danser, telle une coquille de noix sur la rivière sauvage, vous entendez au loin un grondement, celui des rapides qui vous mèneront à une chute vertigineuse.

J’ai terminé cette lecture totalement KO, les 250 dernières pages étant d’une telle intensité dramatique que c’est comme si notre barque percutait un rocher affleurant au milieu de la rivière déchaînée.

Le Mal rôde et je l’ai croisé, son souffle malveillant était sur ma nuque et mes poils se sont hérissés. Pas à cause d’un monstre quelconque, non, juste à cause de ce que ce Mal pouvait faire dans l’esprit des gens : les pousser à faire des choses…

— Toutefois, ces hommes-là avaient aussi du bon. Et c’est cela que les gens oublient toujours le plus vite. C’est Hannibal Benson qui a eu l’idée d’établir une fondation en vue de la création d’un hôpital général à Bangor, juste avant la guerre. Alan Purinton était un homme extraordinairement généreux et bon. Et le vieux George Anderson n’avait pas d’autre ambition que d’assurer la bonne marche de son bureau de poste.
« Pourtant, cette créature ne nous a parlé que du mauvais. Elle voulait que nous ne nous rappelions rien d’autre, parce qu’elle était mauvaise elle-même, et parce qu’elle savait que nous étions dangereux pour elle.

Sans jamais sombrer dans le pathos, le King fait monter la douleur, vous donnant envie de hurler avant de vous rendre compte que non, on peut aller encore plus loin dans l’horreur et là, ça vous laisse glacé, sans voix.

Il se cachait le visage entre les deux mains. Il ne voulait pas qu’on le voie. Il ne voulait pas leur exhiber son visage barbouillé de larmes, sa détresse, son remords, sa honte, sa souffrance. Et surtout, il ne voulait laisser deviner à personne son lâche désir d’être mort pour échapper à cet étalage de noirceur.

Une lecture qui restera gravée dans mon âme, une lecture qui explore notre refus de voir disparaître ceux auxquels on tient le plus; que ce soit nos proches ou tout simplement nos compagnons à quatre pattes de notre enfance, ceux qui nous ont mis face-à-face avec la Mort et notre condition de mortel. Ceux pour qui on a pleuré des rivières.

« Un gosse dont la petite bête familière se fait écraser sur la route, ça n’oublie plus ».

Jusqu’où pourrait-on aller pour voir revenir ceux que l’on aime ? Et bien, je suis allée voir et j’en suis revenue glacée, terrifiée, horrifiée, la gorge nouée (avec un certain accident) et les yeux noyés de flotte.

Encore un putain d’excellent bouquin du King du Maine !! (à ne pas confondre avec celui de Memphis).

Jud n’entendit rien, ne sentit rien, ne frémit même pas. Il resta plongé dans un profond sommeil, exactement comme avait fait Simon Pierre dans la nuit de Gethsémani, durant laquelle les soldats romains vinrent arrêter un va-nu-pieds nommé Jésus.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « La littérature fait son cinéma – 4ème année » chez Lukea Livre et Le « Challenge US » chez Noctembule.

BILAN - Coup de coeurCHALLENGE - Thrillers Polars 2015-2016

B0qgqpvwO8rRPcOhVutlEMsFswXrcjsN84hiJ7Isj_U9YDwsKPsNvWOuXsBy1XPW2makE76nm-K3O8RH5njnFfsOzlKhmGOtWWZvqPck=s0-d-e1-ftPourquoi je l’ai choisi (par Stelphique) :
Cannibal Lecteur et moi, n’avions pas lu ce très grand Classique de l’auteur, et il me prenait la poussière depuis plus de 30 ans sur nos étagères…. Il était grand temps de l’en sortir !!!!!

Synopsis :
Louis Creed, un jeune médecin de Chicago, vient s’installer avec sa famille à Ludlow, charmante petite bourgade du Maine. Leur voisin, le vieux Jud Grandall, les emmène visiter le pittoresque vieux « simetierre » forestier où des générations successives d’enfants de la localité ont enterré leurs animaux familiers. Mais, au-delà de ce « simetierre », tout au fond de la forêt, il en est un second, et c’est un lieu imprégné de magie qui vous enjôle et vous séduit par de mystérieuses et monstrueuses promesses. Bientôt, le drame se noue, et l’on se retrouve happé dans un suspense cauchemardesque, tellement affreux que l’on voudrait s’arracher à cette lecture…

Les personnages :
Louis et sa petite famille idéale avait tout pour être heureux. Mais dans les mains du destin, et la plume de cet auteur, leur sort ne va pas être si enviable….

Ce que j’ai ressenti :
On ne se refuse pas une petite frayeur de temps en temps, et encore moins raconté par le King !!!!! Redonner un second souffle à un livre (à une œuvre que dis-je???!!!!), c’est d’autant plus intéressant, et tout aussi palpitant !!!

Plus de 30 ans que cet auteur nous effraie mais on en redemande à chaque fois, et puis ils ne prennent pas une ride, ses livres. Je ne sais pas où il trouve son inspiration, mais c’est une grande claque et puis on ne regarde plus jamais les choses de la même manière après un lecture du King ! C’est fou !!!!! Les clowns n’auront plus jamais leur effet salvateur, le chat domestique n’aura plus jamais cette aura reposante. Par contre, nos cauchemars seront remplis d’animaux « zombiesques », et de ballons flottants…… Effroyable, ce Stephen King!!!!

Il ouvre une porte et y laisse une petite lumière dedans, juste comme ça au cas où… Il laisse le petit quotidien pépère se dérouler, mais la lumière est là, toujours insidieuse, toujours plus attirante…. Et forcement avec cette chienne de vie, le quotidien se prend une rafale, et on se rappelle cette petite pièce ouverte. On y entre….. Et là, ce n’est plus la guillerette luciole qu’on espérait, la lumière devient double et verte…. jusqu’à voir profiler les yeux d’un matou…. Et là, se referme la pièce, et les ténèbres vous envahissent….. Et les ténèbres, ça ne vous lâchent pas !!!! Elles lacèrent votre corps, (quand ce n’est pas votre esprit), mais c’est ce qui est sur, c’est qu’on n’en ressort pas entier !!!!!

Difficile de lâcher cette lecture, on est hypnotisé par cette histoire aux accents certes morbides mais on y voit aussi la profonde douleur d’un père qui n’accepte pas l’Inacceptable. La Mort est parfois trop brutale, trop injuste, trop aléatoire et si jamais cette possibilité s’offrait à nous, le monde serait peuplé de beaucoup de créatures malodorantes !!!!!

Ce « Simetierre » fait encore son petit (GRAND) effet !!! Si à la tombée de la nuit, tous les chats sont gris, ici, frayeur et horreur sont garantis !!!! Passez le petit sentier, continuez gaiement et d’un pas sur, surtout, et allez affronter le talent incomparable du plus grand auteur de tous les temps !!!!!!!

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 9/10

Black Butler – Tome 13 : Yana Toboso

Black Butler - Tome 13

Titre : Black Butler – Tome 13                                           big_3-5

Auteur : Yana Toboso
Éditeur : Kana (Février 2013)

Résumé :
Sur le paquebot, les choses ne vont pas en s’améliorant : tout le monde cherche à quitter le navire. Des morts vivants, ou ce qui y ressemble, parcourent en effet les couloirs. De plus, des shinigamis s’y trouvent aussi, à la poursuite de Sebastian.

Ce dernier fini par retrouver Ciel et Lizzie, mais ils sont attaqués. Lizzie dévoile alors un aspect « peu mignon » de sa personnalité à son fiancé.

Ciel, qui a échappé de justesse à la menace des cadavres en mouvement grâce aux talents à l’épée d’Elizabeth, découvre enfin le secret de la résurrection des morts.

Critique :
Le tome 12 s’était terminé avec une révélation sur le personnage de la fiancé de Ciel, Elizabeth et le moment des explications est donc venu.

– Même vous, monsieur, vous ne pouvez rien contre une femme n’est-ce pas ?

Le lecteur, impatient de retrouver les personnages qu’il avait abandonné, pose de nouveau ses pieds sur le pont du Campania qui continue son naufrage dans la mer froide et glacée… suite à la collision avec un Iceberg.

Notre naufrage ressemble toujours à s’y méprendre à celui du Titanic, en tout point, avec 23 ans d’avance (nous sommes en 1889-90) et Céline Dion qui braille, en moins. Ouf… ♫ Near, far, wherever you are ♪ Ta gueule, Céline ! Merci…

Le bateau va sombrer, y’à pas assez de canots, mais le jeune Ciel (qui fait partie des « chiens de garde » de la reine Victoria) et Sebastian, son diable de majordome, ont autre chose à faire que de monter avec les premières classes dans un canot : avant de s’enfuir, ils doivent vaincre la cargaison de morts « en mouvement » et trouver le coupable de cette abomination qui va à l’encontre de toute les règles.

« Dans ce monde, la mort est une règle qu’on ne peut absolument pas enfreindre ».

Dans leur tâche titanesque, nos deux amis seront « aidés » des deux Shinigamis bien connu (ceux qui récupèrent l’âme des morts et arrêtent leurs lanternes cinématique), qui, eux aussi, voudraient bien comprendre pourquoi ces morts ne sont pas resté « mort » et se sont mis en mouvement, attaquant les vivants. Et régler la situation une bonne fois pour toute. Le tout avec un petit dose d’humour…

– Monsieur, il m’exaspère de plus en plus… Puis-je le tuer ?

Les ingrédients habituels sont réunis pour nous mener à la fin du triptyque « Campania » (dans le tome suivant). Une fois de plus, ce tome est haut en aventure, en action, en suspense et en remue-ménage, avec, en prime, un coup de théâtre qui m’a laissé la mâchoire pantelante ! QUOI ??? C’était lui ??

J’ai adoré aussi l’explication de l’auteur sur le fait que les morts continuaient à vivre et le coup de la lanterne cinématique. C’était « originale » et « plausible ».

De plus, l’auteur, nous offrira encore un horrible moment de frayeur avec un angoissant moment de suspense (faut préparer le tome suivant, hein !) déroulant ensuite un long flash-back sur la rencontre Ciel/Sebastian, au travers de la lanterne cinématique du diable de majordome.

Un grand moment pour quelqu’un qui, comme moi, suit la série depuis le début, parce que c’est toute la partie de l’apprentissage du « diable qui se fit majordome » que nous découvrons, tandis que le jeune Ciel, traumatisé de son enlèvement, panse ses blessures tant bien que mal. Hé, hé, on en sait un peu plus.

– Dans la tristesse, la colère, la confusion et le désespoir… On prononce des paroles de malédiction…

Par contre, pas toujours facile de suivre le fil des combats entre les deux Shinigamis,  Sebastian et le troisième larron. Ces trois là ne sont pas prêts de s’entendre…

« Black Butler », pour ceux qui ne le sauraient pas encore, c’est avant tout un univers original, accrocheur et un graphisme somptueux. Un mélange détonnant d’action et d’humour, de mystère et de suspens.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, Challenge « Victorien » chez Arieste,  « Polar Historique » de Sharon (reprise du challenge de Samlor) et Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

CHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (1)CHALLENGE - I-love-London-logo11CHALLENGE - XIXè siècle CHALLENGE - victorien-2013