Mycroft’s Testimony : Sophie Bellocq-Poulonis

Titre : Mycroft’s Testimony

Auteur : Sophie Bellocq-Poulonis
Édition : L’œil du Sphinx (2009)

Résumé :
« Sherlock Holmes ne serait pas tout à fait l’homme décrit par son biographe et ami le Dr Watson. Il serait de ceux qui cachent leurs déviances sous le masque du génie excentrique.

C’est du moins ce que confesse son frère Mycroft dans son récit-testament, en révélant l’ampleur de la crise identitaire dont souffrit le détective durant les trois années où Watson déserta Baker Street pour épouser Mary Morstan.

C’est aussi ce que subodore le Dr Aaron Kosminsky, psychiatre et criminologue, dans l’étude psychopathologie qu’il fait du personnage et publie en 2004.

Ces trois ans, compris entre décembre 1887 et mai 1891, furent d’insoupçonnables années d’errance et d’égarements psychiques qui conduisirent Sherlock Holmes à travers les affres de la désespérance, avant que ne le délivre de sa disparition dans les chutes de Reichenbach.

De cette période troublée, personne n’en a rien su. Pas même Watson. Comment aurait-il pu ? »

Critique :
Sherlock Holmes raconté par son grand frère Mycroft, ça aurait pu donner quelque chose de super génial, non ?

Pourtant ce petit roman m’a laissé non seulement sur ma fin, mais avec un horrible mauvais goût dans la bouche.

Mais avant de ruer dans les brancards, je vais peut-être commencer par le commencement…

Une fois de plus, on nous cause de la fameuse malle de fer blanc et nous retrouvons une vieille connaissance, c’est-à-dire la fameuse héritière de la famille Watson qui nous avait raconté « L’aventure des vierges de Glace ».

Niveau vie du détective, nous n’apprendrons rien de plus que nous ne savions déjà sur l’analyse de sa personnalité, si ce n’est quelques petits ajouts afin de justifier la « naissance » du professeur Moriarty, du moins, de nous montrer comment son personnage et son nom s’est formé dans l’esprit de Holmes.

Là, autant où le récit de Mycroft commençait bien, on se retrouve dans le fossé directement ou à hausser les yeux au ciel. Là, je ne suis pas preneuse de cette théorie un peu capilotractée.

Dans cette première partie, exit le grand frère bienveillant que nous avions croisé dans la série Granada, ici, Mycroft a plus les traits d’un manipulateur version BBC.

En tout cas, c’est ce qu’il laisse transparaître dans ce récit qu’il livre à son successeur au Diogene’s Club, sur son lit de mort.

Quant à la seconde partie consacrée au récit du docteur Aaron Kosminski qui, en 2004, réalisa l’espèce d »étude psychopathologie de mon détective borderline préféré, je l’ai trouvée…. Comment dire ? Heu… Ça m’a mis mal à l’aise cette manière de faire coller les faits à la théorie.

Déjà le nom qui fait référence à un « suspect » dans les meurtres de 1888… Alors, notre Freud d’opérette, dans la seconde partie, tente de nous éclairer sur le récit de Mycroft.

Une seconde partie froide, sur un ton clinique, indigeste, le tout devant former une sorte de portrait psychologique de Sherlock Holmes.

Alors oui, l’idée de départ était bonne : qui, mieux que Mycroft, aurait pu nous éclairer sur la vie de Sherlock avant sa rencontre avec Watson ?

Oui, il y avait de la recherche aussi pour tenter d’expliquer de manière rationnelle et réaliste le fait que Moriarty débarque ainsi sans coup férir dans les récits canoniques, ainsi que toutes les autres incohérences.

Mais je pense que la manière de le faire n’était pas la bonne et le récit devient lourd, pâteux, boueux, difficile à lire sans avoir l’esprit qui fiche le camp pour voir ailleurs s’il n’y a rien de meilleur.

Les seuls moments où mon cerveau est revenu parmi nous, c’est quand l’auteur Baring-Gould est appelé en renfort caisse (et son ouvrage « Moi Sherlock Holmes » est du grand n’importe quoi) et que les extraits canoniques insérés dans cet ouvrage sont issus des éditions Robert Laffont, réputée pour ses nombreuses erreurs de traduction…

Et là où mes esprit s’est rebellé encore plus, ce n’est pas à la stagnation, mais en comprenant que Sophie Bellocq-Poulonis nous explique calmement que l’auteur des crimes de Whitechapel était Holmes…

Mes griffes ont rayé les murs…. Ce ne sera jamais que la 36.000ème fois qu’on associe le détective de Baker Street à l’Éventreur de Whitechapel et ça commence à bien faire. Trop is te veel et on a fait des révolutions pour moins que ça.

Anybref, pour un profane en holmésologie, le breuvage sera indigeste et la tartine trop épaisse. Et pour un néophyte dans la question psy, ce sera encore plus infect qu’imaginer boire un thé au beurre rance !

De plus, c’est court, bien trop court ! Enfin, vous me direz que quand c’est mauvais, vaut mieux abréger et faire dans le court…

Une étude holmésienne (ou un pastiche, car il a des deux) que l’on referme avec un soupir de soulagement, en se demandant bien ce qu’on vient de lire et à qui ce genre d’ouvrage peut faire le bonheur ??

Sans doute un meuble un peu bancal…

Parce que je ne vois pas à qui d’autre cela pourrait servir : les holmésiens risquent de ne pas apprécier (ou si peu) et les amateurs d’écrits canoniques qui en lisent pour le plaisir risquent de tomber endormi ou de se fouler le poignet en l’expédiant au cent diables.

Allez, classement vertical !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

Mycroft Holmes et le guide de l’Apocalypse : Kareem Abdul-Jabbar, Raymond Obstfeld & Joshua Cassara

Titre : Mycroft Holmes et le guide de l’Apocalypse

Scénaristes : Kareem Abdul-Jabbar & Raymond Obstfeld
Dessinateur : Joshua Cassara

Édition : Hachette (06/09/2017)

Résumé :
Londres 1874. Un attentat épouvantable est commis à l’aide d’une technologie inconnue. Il occasionne plus de 200 morts au British Muséum. Le très fringant Mycroft Holmes s’évertue à ridiculiser son professeur et à s’attirer les foudres de ses condisciples de l’Université de Cambridge.

La toute première aventure du brillant et mystérieux Mycroft Holmes.

Sur les ordres de la reine Victoria, Mycroft doit mettre hors d’état de nuire un psychopathe qui menace les fondements de la civilisation britannique…

Critique :
Vous connaissiez Sherlock, le cadet et brillant détective, mais vous connaissiez un peu moins son frère, encore plus brillant que lui.

Vous aviez de Mycroft, l’ainé des Holmes, soit la vision d’un homme débonnaire comme dans la série Granada, ou celle d’un homme froid, appuyé sur son parapluie, dans la série de la BBC.

Ici, vous allez être dépaysé car vous serez face à un perpétuel étudiant de l’Université de Cambridge qui s’amuse à se foutre de la gueule de son prof de philosophie, qui gribouille en classe et qui saute la femme de son prof, en sus !

Peu canonique, le Mycroft de ce comics, de même que son jeune frère, Sherlock, qui est présent mais bien moins que son illustre aîné : normal quand une série se nomme Mycroft Holmes, me direz-vous. Vous êtes brillants…

Leur Mycroft est à baffer tant il est insolent et imbu de lui même et de son talent de déduction, au point de tout calculer lorsqu’il convoque son petit frère, notamment le fait qu’il le surprendra au lit avec la femme de son prof.

Imbu, fat, arrogant, à baffer, je vous dis, mais j’étais tellement plongée dans cette histoire que je me suis rendue compte que j’arrivais à ma gare de destination et que je n’avais rien vu (ok, le changement d’heure avait rendu mon paysage tout noir, mais pas que lui).

Niveau lecture, on en a pour ses sous, on y passe du temps, on découvre les dessins, qui plairont, ou pas, moi, ma seule critique sera pour les parties des joues un peu trop soulignées et pour une reine Victoria un peu trop jeune (alors qu’elle devrait avoir 55 ans) et sexy.

Attention, cette bédé ou ce comics ne révolutionnera pas le genre, mais fera passer un excellent moment à son lecteur/lectrice pour peu que celui-ci aime le fantastique mâtiné de quelques gouttes de steampunk avec quelques morceaux des Mystères de l’Ouest.

Ici, rien n’est sérieux, tout est fait pour s’amuser, rien n’est comme on pourrait le croire et les surprises sont au rendez-vous.

C’est barré, c’est couillu, ça ressemble à un James Bond version western puisque nous poursuivrons la suite de l’enquête sur les terres de l’Oncle Sam et que nous croiserons des terribles desperados (pas les cousins Dalton) et que l’aventure sera au rendez-vous avec un grand A.

Du rythme, de l’action, des gadgets tueurs, des grands méchants vraiment méchants chevronnés, des pays prêts à tout pour posséder l’arme ultime, et un Mycroft dans le style roi fainéant pour résoudre tout ça.

Pas de regret de lecture, un bon moment de passé, une gare que j’ai failli rater et une plongée vertigineuse dans des aventures sentant bon le Bond aux services secrets de sa Majesté la Queen Victoria, le tout avec plus de brio et d’humour que le film avec le non regretté George Lazenby.

3,9/5

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le challenge US (2017-2018) chez Noctembule et le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

Sherlock BBC – Saison 3 : La série qui a fait revenir Sherlock dans sa bicoque !

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Les créateurs ont annoncé sur Twitter, juste après la diffusion du dernier épisode de la saison 2, qu’une troisième saison avait été commandée en même temps que la deuxième par la BBC.

Mark Gatiss a annoncé en interview que le premier épisode de cette troisième saison reprendrait la nouvelle La Maison vide (The Adventure of the Empty House) ; elle suit chronologiquement Le Dernier Problème, ayant inspiré le dernier épisode de la saison 2.

Les deux autres épisodes font référence aux aventures Le Signe des quatre (The Sign of Four) et Son dernier coup d’archet (His Last Bow), respectivement.

Du fait des agendas chargés des deux acteurs principaux occupés par des rôles au cinéma, la date de tournage a été repoussée au mois de mars 2013 au lieu du mois de janvier.

L’acteur danois Lars Mikkelsen est engagé pour interpréter le rôle de Charles Augustus Magnussen, le méchant de la saison.

Les parents de l’acteur Benedict Cumberbatch jouent les parents de Sherlock dans le premier et le troisième épisodes.

La saison 3 a été diffusée sur BBC One les 1er, 5 et 12 janvier 2014.

Pour l’annonce de la date de diffusion le 29 novembre 2013, un corbillard a sillonné les rues de Londres avec des couronnes de fleurs annonçant « Sherlock – 01.01.14 », faisant ainsi référence au titre du premier épisode de la saison, The Empty Hearse (littéralement « le corbillard vide »).

En France, le premier épisode de cette saison est diffusé sur France 4 le 3 avril 2014.

  1. Le Cercueil vide (The Empty Hearse)
  2. Le Signe des trois (The Sign of Three)
  3. Son dernier coup d’éclat (His Last Vow)

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Le Cercueil vide (The Empty Hearse) : Deux ans après les terribles conséquences de l’épisode « La Chute du Reichenbach », le Docteur John Watson a continué sa vie.

De nouveaux horizons, une nouvelle romance et la possibilité d’un futur domestique réconfortant. Mais lorsque Londres est sous la menace d’une énorme attaque terroriste, Sherlock Holmes se doit de sortir de la tombe avec la théâtralité qui le caractérise.

C’est ce que son meilleur ami voulait le plus au monde, mais pour John Watson, l’affaire prend des allures de mise en garde contre ses vœux. Et si Sherlock pense que rien n’aura changé, il va au devant d’une grosse surprise…

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Le Signe des trois (The Sign of Three) : Sherlock doit relever son plus grand défi: prononcer un discours en tant que garçon d’honneur de John Watson.

Mais un mystérieux danger rôde autour de la réception de mariage et Sherlock comprend qu’un invité est la cible d’un tueur.

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Son dernier coup d’éclat (His Last Vow) : Victime d’un chantage, Lady Smallwood demande à Sherlock de retrouver les lettres de son mari que Charles Magnussen menace de dévoiler.

Mais l’affaire prend une tournure inattendue quand Sherlock découvre que Magnussen possède également des informations sur un être cher.

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sherlock-saison-3Ce que j’en ai pensé :
Deux ans d’attente. Deux ans durant lesquels les fans ont échafaudé de multiples théories sur le Net pour tenter de trouver une réponse au faux suicide de Sherlock, à la mise en scène de sa mort que tout le monde a cru, sauf nous, parce que nous avons lu le canon holmésien.

Je me souviens des théories farfelues mais aussi plausibles que j’ai lue sur le comment il avait survécu à la chute…

J’étais dans tout mes états quand la série a repris, je n’ai d’ailleurs pas attendu sa diffusion sur FR4 !

Hé ho, deux ans d’attente, ça va oui ! Pas la peine d’appeler l’armée pour me dénoncer pour téléchargement qui n’est pas illégal dans mon paradis fiscal (pas d’ISF) car j’ai de toute façon acheté toutes les 3 saisons en DVD.

Alors, comment il a fait Sherlock pour donner l’illusion qu’il sautait et pas mourir en le faisant ?

On reprend là où nous étions restés et [ALERTE SPOILERS] : On y voit Sherlock sauter dans le vide, cette fois-ci attaché à une corde, lui permettant de retomber avec agilité quelques étages en-dessous (où il embrasse Molly en passant), pendant que le corps de Moriarty, avec un masque de Sherlock, fait office de cadavre.

Quoi ?? C’est comme ça qu’il a fait ? Bizarre, mais le baiser à Molly efface toute ma logique et je ne pense même pas que ça ressemble à une farce potache.

Ben, en fait, c’était juste une thèse d’un membre du fan club de Sherlock qui est persuadé que le célèbre détective est bel et bien vivant et que c’est ainsi qu’il s’en est sorti.

Les salopards de sadiques de créateurs de la série joueront ainsi avec nous durant tout l’épisode, à chaque fois j’ai cru que c’était le bon (ou espéré que non) et boum, c’était une partie des théories qu’ils avaient lues sur le Net et nous n’aurons jamais de véritable explication ! À nous de nous faire la nôtre ! [FIN ALERTE SPOILERS].

Une manière d’honorer les fans et au final, je suis pour !

Surtout que les retrouvailles entre Sherlock et John sont un régal de finesse, d’humour et de coups de poings dans la gueule ! Non, Watson ne va pas bêtement s’évanouir, mais avoir la haine !

Bien vu, j’aurais fait de même, mais après l’avoir serré dans mes bras… Ou je lui aurait cassé la gueule et le serrer dans mes bras ensuite…

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Anybref !

Entrée en lice aussi d’un nouveau personnage en la personne de la copine de Watson, Mary Morstan…

Je me demandais bien ce qu’ils allaient faire avec, n’ayant pas envie que les épisodes à venir comporte la potiche de service (mais pourquoi je ne fais pas plus confiance aux scénaristes et créateurs, moi ??).

Le premier épisode était réussi, rempli d’adrénaline, de potacheries et regards haineux de John envers Sherlock qui le méritait amplement !

On commence sur les chapeaux de roues, mais je ne savais pas que Sherlock pouvait désamorcer des bombes, moi…

L’épisode suivant « Le Signe des trois » voit le mariage de John et Mary se profiler et là, je suis toujours autant mitigée par cet épisode.

Oui, je l’aime bien, mais je dois dire qu’il est bizarre et que je me suis vraiment demandée où on allait atterrir et comment ils allaient relier tout ça ensemble parce que l’enquête était bizarre et constituée de fragments en tout genre.

Je sais que beaucoup ne l’ont pas aimé, mais moi, si je devais retenir une chose, c’est le profondeur de l’épisode et le fait qu’il était touchant, émouvant.

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Le discours que Sherlock prononce en tant que témoin de John lors du mariage de celui-ci est une preuve d’amitié. Il est prodigieux. C’est le plus grand discours de témoin de l’histoire des discours de témoin, bien que de ce côté-là, je n’ai pas une grande expérience…

La part humaine de Sherlock, celle qui était enfouie sous tout le reste, est remontée à la surface durant un bref instant et le détective froid et distant montre qu’il a un cœur et que son ami compte pour lui !

Son discours m’a fait passer des rires aux larmes et j’ai terminée admirative alors qu’au départ, tout le monde était un peu gêné !

On dirait que dans la saison 3, nous avons un autre Sherlock et que le type arrogant des deux précédentes saisons est allé se coucher. Comme si sa fausse « mort » et tout ce qu’il a vécu l’avait changé profondément…

Ou alors l’explication tient à celui qui s’est occupé de l’écriture des épisodes. Sherlock changerait selon que l’épisode est écrit par Steven Moffat ou Mark Gatiss, mais on dirait qu’il n’est plus tout à fait le même.

Mark Gatiss a écrit « The empty Hearse », Stephen Thompson a écrit « The sign of Three » et Steven Moffat s’est occupé du dernier « His Last Vow ».

En tout cas, dans l’épisode 3, il reprendra du poil de la bête et redevient l’homme arrogant que nous aimons. Effet Moffat ?? Je ne sais pas.

Dans The sign of Three, le second épisode, on peut dire que l’enquête est mise au second plan, mais puisqu’on a mis l’accent sur l’amitié entre les deux hommes, moi, je me plains pas !

Juste un reproche : je n’ai pas aimé le très long passage où John et Sherlock sont saouls, ivres comme des polaks, ronds comme des barriques…

Un peu, ça va, trop, bonjour les dégâts (comme le disait un slogan de la sécurité chez nous « Un verre ça va, trois verres, bonjour les dégâts »). Cela m’a gêné, je dois dire.

Le troisième épisode, « Son dernier coup d’éclat » est grandiose aussi… Un Grand Méchant qui a tout du vrai grand méchant, qui pisse dans la cheminée, qui est un salaud fini, un maitre-chanteur qui n’officiera jamais à The Voice ou chez Nouvelle Star.

Sherlock va devoir payer de sa personne pour s’introduire chez lui et, comme dans « Auguste Milverton », il va devoir… Ben oui !

Ici, on part aussi dans beaucoup de sens, retournements de situation, des personnages qui ne sont pas tels que nous le croyons, les scénaristes vont jouer avec nous, nous faire croire des trucs pour tout compte fait nous rassurer ensuite.

Ici, ce qui m’a gêné horriblement, c’est le final où Sherlock tue un homme dans une indifférence générale qui ne lui ressemble pas du tout !

Même en état de légitime défense, Holmes se considérait responsable indirectement de la mort du Docteur Roylott dans « Speckled Band« , même s’il disait aussi que cette mort ne lui pèserait pas sur la conscience.

Mais ici, c’est un assassinat de sang-froid, même si le type était un salaud fini.

Et puis, le cliffhanger de la fin est aussi un peu trop « gros », comme s’il fallait frapper un grand coup pour que les fans continue à regarder la saison 4.

Si je devais résumer, je dirais que cette saison 3 fort attendue au tournant par les fans a manqué cruellement de… mystères à résoudre, d’enquêtes à mener et d’occasions pour Sherlock Holmes de prouver qu’il est beaucoup plus intelligent que tout le monde.

Certaines de ses déductions ont été lancées sur un ton grandiloquent mais sans qu’il y ait d’explications…

Par contre, si moins d’enquêtes, plus de relationship entre les deux personnages principaux et une Mary Morstan qui a su creuser son trou dans l’amitié des deux hommes et s’immiscer dans leurs enquêtes, sans qu’elle fasse potiche de service.

Mieux, Mary fut un personnage qui avait beaucoup de choses à nous faire découvrir et il m’a semblé voir de la fierté dans les yeux de Sherlock.

Sherlock nous montre qu’il sait ressentir des sentiments et fait moins « robot sociopathe » comme dans les deux premières saisons.

Et puis, cette impression fugace que le Sherlock de la saison 3 était différent selon l’auteur de l’épisode, comme Gatiss et Moffat ne décrivaient pas le même personnage.

Le Sherlock de Gatiss est un homme qui fait des beaux discours au mariage de John, son meilleur et seul ami, qui lui jouer du violon et qui a la trouille de se retrouver seul.

Une troisième saison bizarre où l’épisode 2 n’était pas pourri (comme beaucoup le disaient dans les autres saisons, moi pas, mais c’est vrai qu’on a souvent eu des épisodes 2 moins bons que les autres).

Inconvénient aussi quand on attend trop longtemps, qu’on se fait des films et qu’on en demande trop à une série car jusqu’à présent elle était super.

On verra ce que nous réserve la saison 4 !

Étoile 4

Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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Sherlock BBC – Saison 2 : La série qui a mis Irene Adler fesses à l’air ! Et Sherlock aussi…

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BBC One a commandé une deuxième saison de trois épisodes de 90 minutes pour une diffusion durant l’automne 2011.

Début août 2011, la productrice Sue Vertue a cependant annoncé que la diffusion de la deuxième saison était repoussée à l’année 2012, en raison notamment du retard pris dans le tournage, conséquence des émeutes ayant éclaté dans la capitale britannique pendant l’été.

Lors du Comic Con britannique en mai 2011, Mark Gatiss a annoncé les récits dont sont inspirés les trois épisodes de la saison : Un scandale en Bohême (A Scandal in Bohemia) pour le premier épisode, du Chien des Baskerville (The Hound of the Baskervilles) pour le deuxième et enfin du Dernier Problème (The Final Problem) pour clore la saison.

La seconde saison a été diffusée à partir du 1er janvier 2012 sur BBC One.

Les deux premiers épisodes ont été réalisés par Paul McGuigan et le troisième par Toby Haynes (en), réalisateur de plusieurs épisodes de Doctor Who.

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  1. Un scandale à Buckingham (A Scandal in Belgravia)
  2. Les Chiens de Baskerville (The Hounds of Baskerville)
  3. La Chute du Reichenbach (The Reichenbach Fall)

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Un scandale à Buckingham (A Scandal in Belgravia) : À la suite d’un coup de fil étrange, le face à face entre Sherlock et Moriarty prend fin de manière étrange. Plus tard, le détective est interrompu dans une de ses enquêtes et est conduit avec Watson au palais de Buckingham.

En effet, la dominatrice Irene Adler possède des photos compromettantes d’une princesse royale et Sherlock est engagé pour les récupérer. Cependant, après avoir fait connaissance de la brillante Irene, il se rend compte qu’elle a des preuves beaucoup plus dangereuses en sa possession.

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Les Chiens de Baskerville (The Hounds of Baskerville) : Sherlock et John sont contactés par Henry Knight, un jeune homme tourmenté par les souvenirs traumatiques qu’il a de la mort de son père, tué par un monstrueux molosse vingt ans plus tôt.

Henry est persuadé que la base militaire de Baskerville est utilisée par le gouvernement pour créer des animaux mutants. Holmes et Watson se rendent donc dans le Dartmoor pour enquêter.

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La Chute du Reichenbach (The Reichenbach Fall) : La Tour de Londres, la prison de Pentoville, la Banque d’Angleterre. Tous cambriolés le même jour ! Seul James Moriarty, plus grand criminel de son époque, est capable d’une telle chose. Mais pourquoi n’a-t-il rien volé ?

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sherlock_season_2_2011_720p_coverCe que j’en ai pensé :
Que du bien ! Et je ne vous cacherai pas que le premier épisode, celui avec Irene Adler, était une réussite totale !

Certains diront que ça partait dans tous les sens, mais moi j’ai aimé ça ! On n’a pas le temps de souffler et quand on souffle un peu, boum, on repart de plus belle !

Pas moyen de savoir le fin mot de l’enquête avant la toute fin de l’épisode !

On croit qu’on a réussi un truc ? Ben non, on a foutu en l’air une opération importante…

Notre Sherlock va être malmené dans cet épisode et confronté à la belle Irene Adler, THE Woman. Rhââââ….

C’est dans cet épisode aussi que nous retrouverons Sherlock uniquement vêtu d’un drap de lit, embarqué de force qu’il fut, et amené à Buckingham pour se faire confier une affaire importante, délicate, impliquant un membre de la famille royale qui aurait des photos compromettantes d’elle en train d’avoir une amitié particulière avec une dominatrice du nom d’Irene Adler.

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Au moment de s’en aller, tout en balançant des gentillesses à son frère Mycroft, ce dernier pose le pied sur le drap qui tome, rattrapé in-extrémis par Sherlock avant que le salon de sa très gracieuse majesté n’aperçoive ses jolies fesses.

Faut s’introduire chez Irene Adler… Dans la version canonique ou de la Granada, c’était déguisé en pasteur non-conformiste qui s’était fait faussement agresser qu’il avait franchi la porte.

Ici, on change un peu la donne, mais bien vu !

Pas conne, Adler, elle sait QUI il est.

Intelligente notre dame, la dominatrice qui manie la cravache mieux que moi…

Arriver nue devant Sherlock afin qu’il ne puisse rien déduire, c’était fort, c’était du grand art, c’était du jamais-vu !

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Une scène que j’adore ! Sherlock ne perd pas son sang-froid, il reste de marbre (dans le slip aussi, c’était du marbre ??) tandis que John Watson fait de grands yeux.

Ne déduisant rien sur Irene Adler, notre détective vérifiera même sur John que ses déductions ne sont pas tombées en panne !

Oui, durant cet épisode, ces deux là vont jouer ensemble sur une sorte d’attirance, comme deux pôles qui s’opposent et qui s’attirent, mais Sherlock, là, tu m’as déçu ! Tu aurais pu culbuter la dame, j’aurais aimé…

L’ombre de Moriarty planait aussi ce premier épisode qui a placé la barre très haute.

Dans le suivant, avec le Chien, c’est bien vu aussi parce qu’ils ont réussi à me fiche la trouille quand on voyait une ombre qui passait devant les fenêtres !

Tout comme l’originale, cette enquête a tout du fantastique, mais tout en restant dans la logique pour les explications finales.

Ce que j’ai aimé ici, c’est que Sherlock montre plus son amitié envers John et que cet épisode possède aussi sa dose d’humour, de bons mots, d’ironie, de sarcasmes…

Sherlock ira même jusqu’à jouer à l’homme serviable pour obtenir des infos…

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Oui, j’ai aimé cet épisode qui nous plonge dans la peur, le palais mental et les sales tours joués au copain !

Le troisième est le plus dur à revoir…

C’est celui où Sherlock chute du haut du St Bart’s Hospital…

On commence en fanfare avec les vols audacieux de Moriarty, on court partout, on se pose des questions, rien n’est comme on le pense, ou qu’on le croit, c’est machiavélique et la cabale montée contre Sherlock était vicelarde, digne d’un cerveau de Napoléon du Crime.

Et à la fin, on a les larmes aux yeux… Tout en se demandant comment diable il a fait, le Sherlock !

Une saison 2 qui a confirmé tout le bien que je pensais de la première et une attente de malade avant d’avoir la suite et de savoir comment Sherlock a fait pour survivre à sa chute du haut du toit de l’hôpital.

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Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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Sherlock BBC – Saison 1 : La série qui a propulsé Sherlock à notre époque

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Sherlock est une série télévisée policière britannique créée par Mark Gatiss et Steven Moffat et diffusée depuis le 25 juillet 2010 sur BBC One.

En France, la série a été diffusée d’abord sur France 4 à partir du 1er janvier 2011, puis sur France 2 à partir du 15 juillet 2011.

  • Épisode 1 : A Study in Pink – Une étude en rose
  • Épisode 2 : The Blind Banker – Le Banquier aveugle
  • Épisode 3 : The Great Game – Le Grand Jeu

Acteurs principaux :

  • Benedict Cumberbatch (VF : Gilles Morvan) : Sherlock Holmes
  • Martin Freeman (VF : Yann Peira) : Dr John Watson
  • Una Stubbs (VF : Nicole Favart) : Mme Hudson
  • Rupert Graves (VF : Loïc Houdré) : lieutenant Lestrade

Acteurs récurrents :

  • Mark Gatiss (VF : Patrick Osmond) : Mycroft Holmes
  • Louise Brealey (VF : Marine Tuja) : Molly Hooper
  • Andrew Scott (VF : Cédric Dumond) : Jim Moriarty
  • Jonathan Aris (VF : Pierre Laurent) : Anderson
  • Vinette Robinson (VF : Laura Zichy) : Sergent Sally Donovan

A Study in Pink – Une étude en rose : En 2010, à Londres, le hasard provoque la rencontre entre le Docteur Watson, un médecin militaire tout juste rentré d’Afghanistan, et Sherlock Holmes, un génie solitaire et asocial, qui gagne sa vie en tant que détective privé.

Parallèlement, une série de suicides mystérieux donne du fil à retordre à l’inspecteur Lestrade, le plus fin limier de Scotland Yard. Il décide donc de faire appel aux talent de Sherlock pour élucider cette énigme.

Nouvellement colocataire, Sherlock propose au Docteur Watson de l’accompagner, ce qui marque le début d’une amitié entre les deux hommes.

Principalement adapté de Une étude en rouge (A Study in Scarlet).

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The Blind Banker – Le Banquier aveugle : Le patron d’une banque d’affaire demande l’aide de Sherlock pour retrouver comment un homme s’est introduit dans le bâtiment en pleine nuit, et a laissé un curieux signe sur un mur.

Cette affaire conduit Sherlock à découvrir le corps sans vie d’un homme chez lui, et tandis que la police mène l’enquête, Sherlock pressent qu’un autre meurtre va se passer…

Tiré de La Vallée de la peur (The Valley of Fear) et Les Hommes dansants (The Adventure of the Dancing Men).

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The Great Game – Le Grand Jeu : Désespérant de trouver une once d’ingéniosité chez les criminels londoniens, Sherlock se penche sur une affaire d’apparence simple, mais rapidement des événements étranges l’interpellent : il semble qu’un criminel hors norme ait prévu un jeu de piste pour Sherlock : à chaque appel téléphonique, le détective reçoit une affaire à résoudre avec un nombre d’heures donné.

S’il ne la résout pas avant le temps imparti, une personne meurt. Sherlock et le Docteur Watson se retrouvent donc pris dans un jeu de chat et de souris mortel, qui sème la panique et la destruction dans Londres.

Tiré de Les Plans du Bruce-Partington (The Adventure of the Bruce-Partington Plans), Les Cinq Pépins d’orange (The Five Orange Pips), Le Traité naval (The Adventure of the Naval Treaty), ainsi que Une étude en rouge et Le Dernier Problème (The Final Problem).

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17983Ce que j’en ai pensé :
Je serai honnête, la première fois que j’ai entendu parler d’une adaptation de Sherlock Holmes dans notre époque, j’ai tiqué. Pour moi, Sherlock était indissociable de l’époque victorienne.

Avec une copinaute de fanfic.net (Elyon), nous avions regardé quelques extraits qui passaient sur You Tube et ce qu’il en était ressorti, c’est que ni l’une ni l’autre n’aimait le truc !

Alors comment cela se fait-il que maintenant j’en sois accro ?

Je comptais tout de même regarder la série, pour me faire une véritable idée… Mais sans plus.

Noël 2009 : deux jours avant, mon chien avait décidé de tirer sa révérence et la perspective des fêtes de fin d’années s’annonçaient moroses pour moi. Super morose…

Fallait que je m’occupe l’esprit pour ne pas penser, ne pas sombrer et attendre que le temps cicatrice la perte de mon éminence grise qui était dans mon sillage depuis 16,5 ans et qui avait un joli pelage roux-beige comme les malinois, mais en plus beau !

La série ne pouvait pas mieux tomber puisqu’elle a été diffusée sur FR4, c’était le 1er janvier 2011. J’ai regardé et oui, j’ai été conquise.

Oui, j’ai apprécié le jeu de Benedict Cumberbatch, oui j’ai aimé sa manière de jouer à la manière d’un autiste ou d’un gars atteint du syndrome d’Asperger.

J’ai aimé ce « High functioning sociopath », j’ai certes un peu tiqué à l’absence de moustache de Watson mais son dynamisme, son intelligence, sa manière de suivre Sherlock en se demandant ce qu’il va lui tomber dessus…

Bonne idée pour justifier l’erreur de Conan Doyle qui, blessa avec la même balle le Dr Watson à la jambe et ensuite à l’épaule. Ici, l’explication est bien amenée !

Une chose m’a fait rire, c’est le fait que tout le monde pense que Sherlock et John en sont… La logeuse, tout d’abord, signale à John que ça ne la dérange pas s’ils dorment ensemble et ainsi de suite, pendant que Watson nie l’affaire.

Ici, pas de sous-entendus gay-friendly comme dans le film de Ritchie, les concepteurs l’ont signalés : pas de choses sexuelles ou amoureuses de sous-entendues entre eux, ils sont juste victime d’une société qui pense que lorsque deux hommes vivent ensemble, c’est qu’ils sont homos. C’est drôle et cela fait un gimik durant l’épisode.

L’utilisation des nouvelles technologies étaient super bien mises en scène, avec les SMS qui s’affichent sur l’écran.

Pareil pour les déductions.

Original et cela nous permet de suivre les pensées ou les textos de l’ami Sherlock.

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Les enquêtes ont des airs des canoniques, mais mises au goût du jour et remaniée, ce qui nous donne tout autre chose et dans « Une étude en rose », l’ancien conducteur de fiacre était plus flippant que dans la version canonique !

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Idem pour le frère de Sherlock, Mycroft, qui, loin d’avoir de l’embonpoint est mince, élégant, bouge beaucoup et est très intrigant puisqu’à ce moment là, je ne savais pas s’il était du côté de son frère ou pas.

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M’est avis que John Watson ne savait pas non plus de quel côté roulait ce grand frère qui semble avoir un pouvoir immense, tout en étant so british, d’un calme olympien, ce qui fiche encore plus la trouille.

Et puis, son parapluie, il sert à quoi ?? Parapluie bulgare ou bête parapluie ??

Après un premier épisode riche en rebondissements et une amitié qui vient de naître, j’avais trouvé l’épisode 2 un peu en de-ça du niveau du premier, même s’il était bien quand même.

On laissait sous-entendre qu’il y avait la patte d’un Grand Méchant sous les enquêtes que Sherlock résolvait.

Un méchant qui jouerait avec lui ? Diable, qui allaient-ils choisir pour incarner Moriarty ?

Là où on explose tout, c’est dans l’épisode 3 avec la confrontation entre Sherlock et Moriarty !

Là, je fus soufflée ! Un acteur assez petit, grimaçant, riant, ironique, des expressions faciales à faire défaillir tant il avait l’air sûr de lui.

Oh le pied magistral ! Le pied intégral.

Oui, on peut dire qu’ils ont magistralement transposé Sherlock dans notre siècle et j’ai apprécié les acteurs, leur jeu, la manière dont Watson suit Holmes, leur amitié, madame Hudson,… Tout quoi !

Mon éminence rousse me manquait toujours après ces trois épisodes, ma peine était toujours présente, elle mit du temps à cicatriser, mais j’avais occupé mon esprit…

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Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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Et son arrivée en fanfare sur l’air de « Staying alive » des Bee Gees ! Non, franchement, là, j’ai été subjuguée et j’ai adoré cet acteur dans le rôle du Grand Méchant !

Oui, j’ai été conquise par cette série qui a projeté de manière magistrale un personnage victorien dans notre siècle !

Comme son double du 19ème siècle, il est scientifique, réalise des expériences, est froid, une machine à penser, une machine à déduire, considérant les policiers comme des éléphants dans un magasin de porcelaine et sachant très bien que sans lui, Lestrade aurait du mal à résoudre des affaires.

Notre Sherlock du 21ème siècle  a des aptitudes athlétiques pour le combat rapproché, sait utiliser des armes, connaît Londres comme sa poche, avec une précision allant jusqu’à la connaissance des travaux de voirie ou des sens uniques.

Nous avions les Baker Street Irregulars, ici, héros emploie un réseau d’informateurs SDF et/ou graffeurs qu’il utilise comme « ses yeux et ses oreilles ».

Capable de mémoriser des centaines de détails, il a, tout comme sa version canonique, des grandes lacunes dans ses connaissances de culture générale.

De plus, même s’il a tout de l’asexué de service, il sait utiliser son charme pour obtenir ce qu’il veut de Molly Hooper, la légiste du St Bartholomew’s Hospital !

Watson est traité avec peu de considération, voire avec une certaine rudesse la plupart du temps, Sherlock le laissant en plan lorsqu’il est sur une piste ou lui faisant traverser Londres pour utiliser son téléphone portable, mais fait montre d’une émotion sincère au moment où son ami est enlevé.

Par contre, Holmes semble davantage se préoccuper de la résolution des affaires et des mystères, plutôt que des victimes qui y sont impliquées…

9. Sherlock Holmes : L’Interprète Grec – The Greek Interpreter

Sherlock Holmes : L’Interprète Grec – The Greek Interpreter

SAISON 1- ÉPISODE 9 (Série II)

  •     Producteur : Michael Cox, Stuart Doughty
  •     Adaptation : John Hawkesworth
  •     Réalisateur : Alan Grint
  •     Scénariste : Derek Marlowe
  •     Décorateur : Margaret Coombes
  •     Musique : Patrick Gowers
  •     9ème épisode tourné
  •     Série 2 : 2/6
  •     1ère diffusion : Angleterre : 1er sept 1985 – ITV Network (9ème épisode diffusé); Etats Unis : 6 février 1986 – WGBH; France : 19 février 1989 – FR3 (9ème épisode diffusé)
  •     Durée : 50 min 25 sec

  •  Distribution :

Jeremy Brett …  Sherlock Holmes
David Burke …  Dr. John Watson
Charles Gray …  Mycroft Holmes
Alkis Kritikos …  Mr. Melas
Anton Alexander …  Paul Kratides
George Costigan …  Wilson Kemp
Nicholas Field …  Harold Latimer
Victoria Harwood …  Sophy Kratides
Rita Howard …  Mrs. Stern
Oliver Maguire …  Inspector Gregson

Le pitch ?
Pour la première fois, le docteur Watson entend Sherlock Holmes évoquer sa famille et lui révéler l’existence de son frère de 7 ans son aîné, Mycroft.

Ce dernier plus habile que lui, mais moins doué d’énergie, les invites au Club Diogène pour leur soumettre l’affaire étrange d’un interprète grec.

Monsieur Melas a été engagé par un certain Harold Latimer pour servir d’interprète entre un grec et deux anglais qui les retiennent, lui et sa sœur contre leur volonté.

Conduit de force, les yeux bandés dans un lieu secret, il a été témoin des sévices infligés au grec, qui par son refus obstiné de signer un document met sa vie en danger.

Un port, la nuit… Un homme dans la rue, bagage à la main. Un certain monsieur Latimer vient le chercher et l’emmène vers sa voiture, tirée par deux chevaux (oui, une deux chevaux !!) et boum, il assomme l’homme !

Baker Street, la rue animée.

Le prologue est laissé à Watson qui nous dit que Sherlock Holmes n’a jamais parlé de sa famille et qu’il avait fini par croire qu’il était orphelin. Nous aussi, tiens.

Jusqu’à ce que Holmes lui parle de son frère !!

Baker Street, intérieur… Un bordel de papier est étalé dans l’appartement (ce n’est ni la première ni la dernière fois).

Et voilà que Holmes nous parle de sa mamy, qui était la sœur du peintre Vernet et enchaîne sur son frère Mycroft qui possède les mêmes qualités que lui, Sherlock reconnaît même qu’il lui est supérieur dans le don d’observation.

C’est dans ce dialogue que Holmes lui dit qu’il déteste la fausse modestie, Watson ayant pensé, à tort, que son détective d’ami faisait son modeste…

– Mon cher Watson, dit-il, je ne saurais être d’accord avec ceux qui rangent la modestie parmi les vertus. Pour le logicien, toutes les choses doivent être exactement ce qu’elles sont, et se sous-estimer soi-même, c’est s’écarter de la vérité, autant qu’exagérer ses propres mérites. Donc, quand je dis que Mycroft a des facultés d’observation supérieures aux miennes, vous pouvez croire que je dis à la lettre l’exacte vérité.

Pourquoi son frère n’est-il pas connu en tant que détective ?? Parce qu’il n’est pas un homme de terrain, il ne sort jamais ses rails « Pall Mall / Whitehall ».

C’est son frère qui a fondé le Diogene’s Club.

– Le club Diogène est le plus étrange de Londres et Mycroft est un de ses membres les plus étranges. […] Il y a à Londres, vous le savez, beaucoup d’hommes qui, les uns par timidité, les autres par misanthropie, ne recherchent nullement la société de leurs semblables. […] C’est pour la commodité de ces gens-là que le club Diogène a été formé, et il compte, maintenant, les hommes les plus asociaux, les plus ennemis des clubs qui soient à Londres. On ne permet à aucun membre de se préoccuper d’un autre. Sauf dans la salle des Étrangers, il est interdit de parler, dans quelques circonstances que ce soit, et trois infractions à cette règle, si le comité en est informé, peuvent entraîner l’exclusion du bavard. Mon frère fut l’un des fondateurs et j’ai moi-même trouvé dans ce club une atmosphère éminemment sédative.

Le côté drôle de la scène, c’est la tête de Watson qui vient d’apprendre que Holmes avait une famille et que oui bien sûr il veut le rencontrer, ne fut-ce que pour vérifier qu’il existe !!

Dans cette série, les robes des dames sont magnifiques, le costume noir et haut-de-forme de Holmes est superbe, mais alors, les décors, purée, la classe !

Sexy le Sherlock en habits et haut-de-forme ! Plus élégant que le deerstalker et le macfarlane !!

Surtout le Diogene’s Club ! Des boiseries partout et une bibliothèque à vous faire tomber raide mort !

Cet épisode, je l’apprécie surtout pour une scène : Mycroft Holmes, assis sur une escabelle dans le bow-windows, aussi large que Sherlock est mince, la figure rougeaude et bon enfant.

Il invite son cadet à le rejoindre sur l’escabelle en face et tout deux vont se livrer à un exercice de déduction sur un type dans la rue. Un vrai match de tennis, chacun en ajoutant ou corrigeant l’autre, sous les yeux ébahis de Watson.

Pour moi, c’est un pur moment de bonheur !

C’est Charles Gray qui joue le rôle de Mycroft, rôle qu’il connait bien puisqu’il avait déjà interprété ce rôle en 1976 dans le film « The seven-per-cent solution » tiré du roman de Nicholas Meyer (traduit en français sous le titre « Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express).

Charles Gray était taillé pour interpréter Mycroft. Il a le profil physique, décrit dans le canon comme corpulent, au visage massif, au regard d’acier et au sourire énigmatique passant de l’aménité à la dureté.

Et cet Holmes là excelle tout aussi bien que son célèbre cadet, dans l’art de la déduction, comme en témoigne leur joute devant la fenêtre.

Leurs rapports sont très complices, faits d’émulation intellectuelle et de tendresse fraternelle.

Lorsque Mycroft s’avance pour accueillir monsieur Melas, Sherlock émerge de sa large stature, donnant l’impression que le jeune frère s’échappe de l’ombre envahissante de son aîné pour prendre la prérogative.

Après ce petit échauffement, Mycroft parle à son frère de Monsieur Melas, interprète grec, à qui il est arrivé une bien curieuse affaire !

Ici, beaucoup de moments angoissants, surtout lorsque monsieur Melas raconte comment il a été emmené un soir, par un mystérieux individu pour se retrouver à faire le traducteur entre deux hommes anglais et un grec dont le visage était quasi tout bandé.

La pièce est remplie de meubles couverts de draps afin de les protéger des poussières… ambiance !

Si Latimer a encore quelques airs de gentleman, son complice, Kemp, a tout de la gueule du truand sadique.

— Quoi ma gueule, qu’est-ce qu’elle a ma gueule ?? Quelque chose qui n’va pas ? Elle ne te revient pas ?

Melas a aussi une paire de couilles, parce qu’il a testé les deux salopards en ajoutant quelques petits mots grecs dans les questions qu’il devait poser au pauvre gars, et, ne voyant aucune réaction de leur part, en a conclu qu’ils ne pétaient pas un mot de la langue du pays de la feta.

Alors, tout en répétant sans cesse « Vas-tu signer le document ? », il converse avec le pauvre hère qui, incapable de parler, doit tout écrire sur un petit tableau.

Durant tout l’interrogatoire, l’inquiétant Kemp affiche en permanence un sourire narquois, avec ses petits yeux presque enfantins écarquillés derrière ses lunettes rondes à la Harry Potter qui aurait sombré du côté obscur de la Force.

Son langage caustique et son rire sadique renforcent la gêne et le coté sordide de l’histoire.

L’équipe du film a gardé les dialogues entre les interlocuteurs anglais et grecs dans leurs langues maternelles, ce qui donne plus de réalisme en accentuant le côté énigmatique, l’impossibilité de communiquer et de se mettre d’accord.

Melas, d’ailleurs, lorsqu’il parle anglais, a une pointe d’accent ! Oui, j’ai visionné en V.O STFR.

Notre Melas (qui était dedans) étant en train d’en apprendre de plus en plus sur cet énigmatique prisonnier lorsqu’une dame fit irruption dans le salon, se plaignant qu’elle s’emmerdait (bon, pas en ces termes, je vous l’accorde)…

Le prisonnier se lève et hurle « Sophiaaaaaa » (sans le côté débile d’un « Adriiiiiaaaaannne »).

Melas touchera 5 souverains pour oublier cette soirée et, après deux heures de trajet dans la voiture aux fenêtres masquées, il se fera déposer sans ménagement devant chez lui.

Ces moments angoissants et très mystérieux seront contrebalancés par un Sherlock qui réveillera brusquement Mycroft, endormi durant le récit !

Petite mention spéciale à la phrase que nous sort Mycroft, avec un petit sourire d’excuses, presque :

— Sherlock est l’énergique de la famille !

Comme toujours, beaucoup de mystères entourent cette aventure : que fait ce grec en Angleterre, qui est cette femme qui semble le connaître, pourquoi le retient-on prisonnier, pourquoi veut-on lui faire signer un document à tout prix…

Tiens, ça va même faire sortir Mycroft de ses rails : il vient rendre visite à Sherlock car il a obtenu des réponses à ses petites annonces (qui n’étaient pas matrimoniales !).

Beaucoup de scènes de rues, aussi, avec Sherlock qui passe à la boutique de livres en bas de chez eux, des enfants qui courent un peu partout, des fiacres, des charrettes de foin.

Ça fleure bon l’ambiance victorienne !

On court beaucoup et on s’énerve aussi, surtout Sherlock qui, ayant été prévenir Scotland Yard, doit attendre l’arrivée d’un mandat dûment signé pour aller dans la maison des deux salauds afin de récupérer Melas et le sieur Kratides.

Ben oui, le pauvre traducteur s’est de nouveau fait enlever…

Rhôôôô, la petite pique que lance Mycroft à Sherlock quand celui-ci dit que la sœur de Kratides n’a pas dû se faire enlever, mais suivre les deux truands de son plein gré.

— Vous avez toujours la même opinion des femmes ?
— Dans ce cas, j’ai peur que ce soit justifié.

Le final dans le train ne se trouve pas dans la nouvelle canonique et c’est bien dommage parce qu’il vaut son pesant de tabac !!

Une poursuite pareille, c’est génial sans sombrer dans le jamesbondien.

Holmes qui fume dans un wagon où il est marqué que c’est interdit et Mycroft qui a dû courir pour monter dans le train, hurlant :

— Je ne suis pas fait pour courir, Sherlock !

« Fumer est strictement interdit dans ce compartiment »…!

J’aime bien Mycroft, parce que sous ses airs de gros ours débonnaire, il a de la suite dans les idées et, sans en avoir l’air, sera utile dans le final, même si, dans le compartiment, il dormait à poings fermés !

La soeur Kratides, c’est toute la froideur faite femme et Holmes aura raison de dire que « Ce n’est pas un crime d’avoir un cœur de pierre et aucune once de compassion ».

Holmes l’aura même dans ses bras, quand, à la fin, la pauvre choutte aura un peu peur…

Mon avis final ?
De la tension dramatique à la louche, du mystère, des questions, du stress et des grosses touches d’humour.

Les rapports entre les deux frères Holmes offrent des moments très amusants.  Il en est de même entre Watson et Holmes.

De plus, dès le début de l’épisode, on découvre un pan de la vie privée de Sherlock Holmes, ce qui est fort rare, avec l’existence de son frère aîné.

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« Ce n’est pas un crime d’avoir un coeur froid et aucune once de compassion »

♫ I’m poor lonesome consulting detective ♪

Quelques petites vidéos :

Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.