Le Carnet d’enquêtes de Sherlock Holmes : Tim Dedopulos

Titre : Le Carnet d’enquêtes de Sherlock Holmes

Auteur : Tim Dedopulos
Édition : Hachette Loisirs (2018)
Édition Originale : Solve-it-Yourself Mysteries : Sherlock Holmes Case Book
Traduction : Laurent Laget

Résumé :
Le crime est fréquent. La logique est rare. En conséquence, il faut s’attaquer à la logique plutôt qu’au crime lui-même. »

Dans ce Carnet d’enquêtes de Sherlock Holmes, le Dr Watson vous propose 10 énigmes inextricables à résoudre en usant de votre sens de la déduction comme Sherlock Holmes pourrait le faire.

Chaque histoire présente 3 questions auxquelles vous devrez répondre avec exactitude pour découvrir l’auteur du crime. Menez l’enquête !

Critique :
La première chose qui vient à l’esprit lorsque l’on prend possessions de cet ouvrage, c’est « Que la couverture est moelleuse » et ensuite, lorsqu’on le feuillette, on aurait tendance à dire « Putain, que c’est beau les illustrations ».

Franchement, l’ouvrage est de belle facture et je n’ai pu m’empêcher de le feuilleter de nombreuses fois avant de le lire.

Durant ma lecture, j’ai continué de scruter les illustrations proposées qui lui donnent un look victorien de plus réussi.

Les récits d’enquêtes sont assez courts et divisés en trois parties, avec, après chaque épisode, une question posée à laquelle il vous faudra répondre. Pas de panique si vous ne trouvez pas, le carnet des solutions est à la fin et il est bien détaillé.

Il faut être attentif à tous les petits détails donnés dans le récit car bien souvent, la solution à la question se trouve dedans. Les indices ne sont pas cachés, mais l’auteur a pris soin tout de même de ne pas nous les surligner en jaune fluo. À nous d’être perspicace.

Par contre, un gros bémol : des fautes d’orthographe ! Je ne les ai sans doute pas toutes trouvées, j’en laisse moi-même des tas dans mes chroniques, mais elles ne sont pas éditées et puis vendues en librairie.

Dans la première enquête (pour ne citer qu’elle), on a même quelques phrases dans un paragraphe qui se répètent. Pas mortel mais c’est tout de même quelque chose qui ne devrait pas se retrouver là-dedans.

Anybref, je me suis torturée les méninges à tenter de résoudre les énigmes de Sherlock Holmes, j’en ai solutionnée certaines, grâce aux indices récoltés et à mon petit cerveau, parfois par chance… Pour d’autres, j’ai séché sur place et c’est toute penaude que je suis allée voir les solutions à la fin de l’ouvrage. Bon sang, mais c’est bien sûr !

Un excellent ouvrage à posséder dans sa biblio holmésienne (il claque avec sa couverture orange), bien mis en valeur par les illustrations, la couleur du papier, les bords plus sombres et dont les enquêtes ne sont pas si simples que ça, sauf quand on a lu la résolution…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°298], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°51] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Les nouvelles enquêtes d’Hercule Poirot – 03 – Crime en toutes lettres : Sophie Hannah

Titre : Les nouvelles enquêtes d’Hercule Poirot – 04 – Crime en toutes lettres

Auteur : Sophie Hannah
Édition : Le Masque (2018) / Livre de Poche (2019)
Édition Originale : The Mystery of Three Quarters
Traduction : Valérie Rosier

Résumé :
Hercule Poirot découvre une femme l’attendant devant sa porte, furieuse qu’il l’ait accusée du meurtre de Barnaby Pandy, un homme qu’elle n’a jamais rencontré. Poirot est sous le choc, il ne connaît pas non plus cet homme.

Une deuxième surprise l’attend à son bureau, lorsque John McCrodden lui annonce avoir reçu une lettre signée de Poirot, l’accusant du meurtre de Pandy.

Critique :
Pour les inconditionnels du détective belge, Hercule Poirot, lire ses nouvelles enquêtes écrites par Sophie Hanna, ce n’est pas la même chose.

Ça en a la couleur, ça y ressemble, mais c’est du Canada Dry© mis à côté d’un vieux whisky qui a passé du temps dans son fût de chêne.

N’allez pas croire que ce soit mauvais, le Canada Dry© est d’ailleurs mon soda préféré ! Malgré tout le talent de l’auteure, il lui est impossible de faire comme Agatha Christie.

La première chose qui frappe, se sont les différents personnages qui semblent futiles, guère approfondi, légers. Ceux d’Agatha Christie avaient baignés dans leur jus, les sauces étaient relevées, épicées, vous nappaient le palais, tandis qu’ici, hormis le gamin, Timmy, ils avaient tous l’air d’avoir baigné dans un bouillon Knorr industriel, comme si l’auteur avait manqué de tendresse pour eux.

Les deux premiers personnages étaient même à baffer : invectivant Poirot, à qui ils reprochaient l’envoi d’une lettre horrible, où ce dernier les accusait d’un crime, aucun des deux n’a pris la peine d’écouter le détective leur jurer de ses grands dieux n’avoir jamais écrit pareille lettre.

Ils étaient tellement dans leur trip, versant leur fiel sur le détective et sur tout le monde dans leur entourage, sans écouter un traitre mot de Poirot, que sur le moment, j’ai pensé à deux acteurs de caméras cachées jouant un rôle et je m’attendais presque à voir jaillir monsieur Zygo ou Marcel Béliveau, hilares, d’avoir réussi à piéger Hercule. Loupé.

Dans les critiques lues, certains reprochaient un récit trop long à se mettre en place, je ne leur donnerai pas tort, ça avance lentement, mais je n’ai pas ressenti cette lenteur de mon côté.

J’ai pris plaisir, malgré tout, à suivre Hercule Poirot, même si ce n’était qu’une copie du vrai et qu’il m’a semblé, à certains moments, un peu fadasse aussi, comme s’il lui avait manqué ces fameux jus de cuisson made in Christie et qui lui donnaient un goût hors du commun, irrésistible, celui que David Suchet su lui donner quand il lui prêta ses traits.

Dans ce troisième tome des nouvelles enquêtes, pour la première fois, l’on va parler de la peine de mort, avec d’un côté ses adeptes et de l’autre son détracteur. Comme toujours, dans ces discussions là, c’est tout ou rien et chacun est certain d’avoir raison, là où Poirot mettra plus de tempérance, là où moi je suis souvent le cul entre deux chaises.

Il y aura beaucoup d’hypocrisie ensuite, mais ça, c’est normal face à l’être humain qui n’est pas à une contradiction près et qui nous la joue ♫ Je retourne ma veste, toujours du bon côté ♪. L’analyse finale de Poirot sera un joli petit moment car il mettra les mots qu’il faut sur pareille hypocrisie. Il n’y avait, hélas, pas de gorille pour entraîner cette personne dans le maquis…

Une autre chose m’a un peu dérangée, c’est les sentiments amoureux de certains qui étaient un peu trop too much. Que vous gardiez de bons souvenirs d’un amour de vacances, c’est normal, mais que vous restiez amoureux fou, pendant des années, d’une femme que vous n’avez connu que trois jours, là, ça devient plus tiré par les cheveux (ou alors, c’était un super coup au lit), limite ado amouraché qui n’a pas su évoluer et à mis sur un piédestal cette femme.

Contrairement aux originales, cette enquête de Poirot ne m’a pas fait pousser des cris en découvrant la résolution de l’énigme car, sans être banale, elle ne cassera pas la baraque comme ont peu le faire celle de la reine du crime.

Malgré tout, je saluerai tout de même l’ingéniosité de l’auteure qui, si elle n’a pas réussi à nous offrir un vrai Hercule Poirot (mission impossible), a tout de même tenté le tout pour le tout afin de s’en approcher au plus près (mais il manquera toujours les sauces made in Agatha) et pour nous offrir une enquête qui sortait des sentiers battus, sans pour autant révolutionner le polar.

Mitigée je suis. D’un côté, j’ai apprécié ma lecture, sans pour autant qu’elle me transporte et de l’autre, je suis un peu déçue des personnages qui n’avaient pas d’envergure, dont certains étaient exaspérant (je demande qu’on les tue dans le prochain roman) et que mon cher Poirot n’était pas tout à fait tel que je l’ai toujours connu.

Ce n’est pas du polar haut de gamme, mais ce n’est pas la merde littéraire que je pensais, au vu des différents critiques lues (et qui m’ont fait rire, surtout le coup des escargots dans le compost).

Malgré tout, l’auteure aurait pu mieux faire au niveau des personnages qui auraient dû être soignés, surtout les vieilles filles.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°290], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°43] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Golden Dogs – Tome 3 – Le juge Aaron : Stephen Desberg et Griffo

Titre : Golden Dogs – Tome 3 – Le juge Aaron

Scénariste : Stephen Desberg
Dessinateur : Griffo

Édition : Le Lombard (2014)

Résumé :
Ils étaient quatre, deux filles et deux garçons. Voleurs, escrocs, faussaires, ils unirent leurs talents pour devenir ensemble les plus célèbres voleurs de Londres.

Critique :
Le juge Aaron nous l’a joué à la maire de New-York, Giuliani : tolérance zéro !

Le juge, personnage austère, plus croyant que Dieu lui-même, a éradiqué la délinquance des quartiers de Londres, chassant les pauvres comme on chasse les rats, éliminant même les chiens et ne voulant que des gares, des banques ou des commerces corrects.

Les aristocrates ont le droit de se défoncer avec toutes les substances qu’ils veulent, de claquer des milliers de livres dans les salons élégants où ces substances sont servies, mais ils sont priés de le faire sans troubler l’ordre public. Ah, l’hypocrisie, elle est toujours dans les parages et elle a encore de beaux jours devant elle.

Le juge Aaron est un Méchant de la pire espèce sans que rien ne vienne contrebalancer son portrait d’homme violent, sans cœur qui embastille tous les pauvres gens pour un oui ou pour un non. Il aime voir dans les yeux des prisonniers la terreur qu’il leur inspire. C’est un tyran, un dictateur qui tient toute la ville de Londres dans ses mains.

Mais cet homme de loi est-il aussi pieu qu’on le croit ? C’est ce que vont essayer de découvrir deux anciens membres des Dogs.

C’est rythmé, on a de l’action, ça bouge assez bien, mais nous ne savons toujours pas qui a trahi les Golden Dogs il y a 6 ans. Tout le monde pense que c’est l’autre qui les a dénoncés mais personne n’a aucune preuve. Suspense total.

Les Golden Dogs recommencent à jouer avec les pieds des puissants et ça fait du bien, pour eux comme pour le lecteur.

On a arrêté de tourner en rond comme dans le tome 2 et si on est d’accord pour accepter la reformation de la bande, la suite de la lecture passera comme une lettre à la poste.

Oui, il faut accepter que la bande se reforme alors que personne ne sait toujours pas qui les a dénoncés il y a 6 ans et qui a piqué le magot. Vous auriez confiance, vous ? Moi pas…

Anybref, on continue de faire le grand écart entre les quartiers mal famés où les pauvres vivotent et les beaux salons où les riches s’amusent en claquant leur fric, puisqu’ils n’auront pas de soucis pour manger demain, eux.

Les couleurs sont agréables, pas criardes, pas délavées, les ambiances des bas-fonds de Londres sont bien rendues, comme celle des salons chics pour les pété de thune d’aristo.

En espérant avoir les réponses dans le quatrième et dernier tome. Dans ce troisième, on avance bien, mais il reste toujours des questions sans réponses et je suis du genre à apprécier les recevoir au fur et à mesure et pas tout dans le dernier tome, car bien souvent, soit l’auteur oublie de les donner, soit il les donne en vrac, dans les dernières cases…

À voir ce que le dernier nous réserve !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°289], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°42], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages), et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Les Détectives du Yorkshire ‭-‬ 05 ‭- ‬Rendez-vous avec le danger ‭: ‬Julia Chapman [LC avec Bianca]

Titre : Les Détectives du Yorkshire ‭–‬ 05 ‭– ‬Rendez-vous avec le danger

Auteur : ‬Julia Chapman
Édition : Robert Laffont La bête noire (28/11/2019)
Édition Originale : The Dales Detective Series, book 5: Date with danger
Traduction : Dominique Haas et Stéphanie Leigniel

Résumé :
La mort frappe toujours deux fois.

À la suite d’un accident mortel survenu à la foire aux bestiaux de Bruncliffe, le commissaire-priseur Harry Furness engage Samson et Delilah pour mener l’enquête.

Mais ce qui semblait n’être qu’une simple vérification de routine prend vite un tour plus sombre quand les détectives découvrent que cet accident a probablement été provoqué…

Ajoutez à cela des vols de moutons, un dangereux chantage et un fermier amoureux, et vous aurez la recette parfaite pour une enquête explosive !

Critique :
C’est toujours un plaisir que de retourner dans le Yorkshire, à Bruncliffe, retrouver Sansom et Delilah, mes deux détectives adorés, même si tout le village me regardera de travers puisque je suis une offcumden (étrangère au village).

Cette fois-ci, j’ai découvert la foire aux bestiaux de Bruncliffe, qui change de celle de Libramont puisque c’est dans cette foire qu’ont lieu des ventes aux enchères de troupeaux entiers de moutons, gestantes ou suivies. Et bardaf, la mort frappe déjà, sous couvert d’un accident, aux yeux des autres, mais moi, je savais que c’était un meurtre.

Mes deux amis détectives ont été appelés afin de faire la lumière sur cet accident dont d’autres pensent qu’il n’en est pas un et comme toujours, ils vont lever un tas de nœuds de vipères et au fur et à mesure qu’ils remonteront la pelote de laine, ils vont découvrir des choses pas très catholiques !

Comme d’habitude, l’auteure nous a réservée plusieurs mystères, même si le plus gros est celui de la mort accidentelle de Ron Watson et auquel viendra se greffer des vols de moutons la nuit. Dans les plus petites enquêtes, nous aurons des vols dans la caisse et des cacas canins mystérieusement déposés devant la devanture de la boucherie (toujours irrésolu à ce jour).

Le duo fonctionne toujours autant, sans pour autant qu’il y ait eu des déclarations d’amour, chacun restant de son côté de la barrière et pour le moment, tant mieux, je ne voudrais pas qu’une fois mis ensemble, nous nous trouvions avec le syndrome « Clair de Lune » (quand les deux personnages se mettent en couple et que vous n’avez plus du tout cette tension qu’il y avait avant et qui vous faisait regarder la série) ou devant un couple planplan.

C’est frais, c’est relevé, c’est enlevé, on ne s’ennuie pas un seul instant avec toutes ces petites affaires qui se déroulent sous nos yeux, plus celles auxquelles nous avons accès mais pas les autres : la tentative de chantage et la culture de cannabis. Certains points ne sont toujours pas résolus depuis le premier tome, le méchant est toujours dans l’ombre, mais ces derniers temps, il subit des revers, chouette.

Ma connaissance du monde de l’élevage (même si ce n’est pas celui des ovins) m’a fait comprendre un des modus operandi dès que j’ai eu l’objet du délit sous les yeux, alors que nos deux détectives pataugeaient encore. C’était retors mais bien vu.

Alors que je cheminais, fière comme Artaban, de ne pas m’être laissée piéger par l’auteure (et d’avoir laissé le goudron et les plumes au garage) et persuadée que j’étais de tout savoir sur les coupables ou les innocents, je me suis faite tacler d’une manière brutale et imprévue. Joli coup de la part de l’auteure.

Anybref, cette lecture fut un régal sur tous les points, l’équilibre des goûts était maîtrisé (Top Chef, sors de mon corps) et j’ai dévoré les trois-quarts de ce roman en une journée, le terminant goulûment le lendemain matin.

Une fois de plus, j’ai ressenti un vide en finissant ce cinquième roman. Mon plaisir de lecture avait été tel que je suis restée sans avoir envie de lire autre chose pendant un petit moment tant le déchirement était grand de les quitter à nouveau, jusqu’à leur prochaine enquête, que je possède déjà.

Une LC réussie avec Bianca (voir son avis), grandement réussie, même ! J’ai tellement pris mon pied durant cette lecture jubilatoire que je n’ai aucun scrupules à lui coller 4 Sherlock !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°286], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°39], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°65] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Blake et Mortimer – Tome 24 – Le testament de William S. : Yves Sente et André Juillard (Edgar P. Jacobs)

Titre : Blake et Mortimer – Tome 24 – Le testament de William S.

Scénariste : Yves Sente
Dessinateur : André Juillard

Édition : Blake et Mortimer (2016)

Résumé :
Nos héros les plus british mènent l’enquête sur le plus british des dramaturges : William Shakespeare of course ! Mais qui est-il vraiment ?

Entre l’Angleterre et l’Italie, Philip Mortimer et Elizabeth, la fille de Sarah Summertown, résolvent des énigmes plus ardues les unes que les autres.

Entre-temps, Francis Blake enquête sur une bande organisée de Hyde Park. Une course contre la montre et des révélations en série : un très grand Blake et Mortimer signé Yves Sente et André Juillard !

Critique :
Être ou ne pas être, telle est la question… L’autre grosse question concerne la paternité des textes de William Shakespeare.

Est-ce bien lui qui les a écrit ou était-ce un autre ? Comment ce petit campagnard a-t-il pu avoir accès à la culture nécessaire pour écrire toutes ses œuvres ? Mystère !

Cet album portant sur Shakespeare va tenter de résoudre cette énigme au plus vite car le chrono tourne et le délai de 100 ans touche à sa fin.

Le chrono tourne peut-être, mais nos amis n’ont pas l’air d’être speedés plus que ça. Ils auraient plutôt tendance à appliquer le Keep Calm et à rester zen en toutes circonstances…

C’est bien, mais pour le lecteur, l’impression de course contre la montre est loupée, le tout manque de dynamisme, c’est mou, fort mou et pour donner un peu d’action, on ajoute des agressions dans le parc et un évitement d’accident avec un camion. Mouais, peu mieux faire, non ?

Autre problème : la présence d’Olrik ! Nom de Zeus, on ne pouvait pas le laisser à la niche, celui-là ?? Il est en prison mais ce méchant éternel et increvable arrive encore à tirer les ficelles et franchement, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase car il ne sert à rien, il n’apporte rien à l’histoire qui aurait pu se suffire à elle-même sans lui mais avec des nouveaux méchants, comme ceux qui se trouvent déjà dans le récit.

En plus de ne pas servir à grand-chose (si ce n’est nous montrer sa tronche), au niveau de ses expressions, elles sont fades, notamment celle où il est en colère… Tout en retenu, sa colère, on est loin de celles de Joe Dalton.

Les grandes perdantes de cet album sont les femmes. Où sont les femmes ? (comme le chantait si bien Patrick Juvet). Oui, elles sont présentes, mais pas vraiment mises en valeur comme elles auraient pu l’être (même si, à l’époque où est sensé se dérouler l’action, elles n’avaient pas vraiment de visibilité).

L’érudite en Shakespeare se tord la cheville, se déchirant un ligament à Hyde Park et hop, on remplace la vioque de 50 ans par sa fille qui ne servira pas à grand-chose non plus, si ce n’est à accompagner Mortimer dans son enquête.

Oui, elle sert juste l’accompagner. J’ai eu l’impression durant ma lecture que le barbu aurait pu se démerder tout seul comme un grand garçon. Ah pardon, j’allais oublier qu’elle lui servira de moteur de recherche sur Shakespeare ! Google avant l’heure ou Siri (au choix).

Les dessins sont toujours en lignes claires, comme les anciens dessins de Edgar P. Jacobs et les couleurs sont fort claires, elles manquent de peps (je me plaignais dernièrement des couleurs trop criardes de « L’inconnue de Tower Bridge).

À propos de Tower Bridge, il y a un bel anachronisme dans le récit : on voit Tower Bridge, dont le début de la construction date du 21 juin 1886 (et dure 8 ans) pour illustrer le récit qu’un personnage fait de la Grande puanteur de Londres de juillet 1858. Oups.

L’autre chose qui m’ennuie toujours dans les récits, ce sont les méchants qui arrivent à s’introduire partout et à écouter aux portes ou derrière des panneaux amovibles. C’est d’un lassant ! Nos amis racontent tout et les autres écoutent, tranquillement. Vieux comme le monde et trop souvent usité.

Anybref, cet album a tout de même des bons côtés : l’explication du pourquoi du comment William Shake, petit provincial sans culture, a réussi à écrire des pièces aussi brillantes, des textes aussi éclairés. Ne connaissant rien de l’histoire du dramaturge, je ne saurais me prononcer quand à la pertinence des explications présentées, mais vu ainsi, elles me plaisent bien.

L’enquête a l’air assez compliquée, lorsqu’on lit les énigmes, mais nos protagonistes arrivent toujours à tout trouver et ce, assez facilement.

Hélas, le récit manque de dynamisme et peut-être d’un chrono au-dessus de certaines cases afin de mieux illustrer le temps qui passe et l’échéance qui se rapproche afin de ne pas donner cette impression de fausse tranquillité.

Un album qui aurait pu être beaucoup mieux avec plus de rythme, plus de femmes fortes avec un vrai rôle et pas celui d’accompagnatrices. Un album où Blake est fort en retrait puisque c’est Mortimer qui a le beau rôle, où les méchants sont discrets comme un coup de poing dans la gueule (on les repère de suite dans les cases) et manquent de charisme.

Bref, pas le meilleur album, mais pas le pire non plus… À lire sans prise de tête.

PS : notons au passage un petit hommage au capitaine Haddock (qui lui au moins avec de la verve, des colères monumentales et plus qu’une seule expression sur le visage, bref, moins raide que nos Blake & Mortimer).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°282], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°35], le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 64 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Golden Dogs – Tome 2 – Orwood : Stephen Desberg et Griffo

Titre : Golden Dogs – Tome 2 – Orwood

Scénariste : Stephen Desberg
Dessinateur : Griffo

Édition : Le Lombard (22/05/2014)

Résumé :
Ils étaient quatre, deux filles et deux garçons. Voleurs, escrocs, faussaires, ils unirent leurs talents pour devenir ensemble les plus célèbres voleurs de Londres.

Critique :
♫ Caramels, bonbons et chocolats ♪ Voilà ce que pourrait chanter Fanny à Orwood qui leur a fait de belles paroles, paroles et encore des paroles, qu’il a semé au vent car leur association de malfaiteurs n’a pas fait long feu.

Après quelques coups de maîtres magnifiques, des vols audacieux et rempli d’intelligence, nos Golden Dogs n’ont pas réussi à tenir autant que l’autre bande, les Blackbirds et bardaf, ce fut l’embardée.

Ils étaient exceptionnels, mais ça n’a duré que le temps que durent les roses et je m’attendais à continuer dans la montée en puissance de nos Dogs, pas à ce qu’ils chutent aussi vite.

Les dessins sont toujours très agréables pour les yeux, les couleurs sont toujours bien attribuées selon les ambiances et là où le bât blesse un peu, c’est que ce deuxième tome consacré à Orwood ne nous en apprend pas beaucoup sur lui et c’est Fanny que nous allons suivre dans ses tribulations après le démantèlement de la bande par le juge Aaron.

Lario, le castrat et Lucrèce sont sous représentés dans cet album et c’est bien dommage car ce sont deux personnages sur lesquels j’aimerais en savoir plus.

Suivre Fanny était intéressant, elle s’est révélée être une parfaite détective et une vraie business woman, mais je n’ai guère appris de choses dans ce tome sur les personnages principaux, si ce n’est que Orwood n’a pas tenu toutes ses promesses (du moins, vu comment le récit nous est présenté).

Dans cet album on nous parle toujours d’un traître à la bande (et ce, depuis la première case du premier album) mais jusqu’à présent, nous restons sur notre faim.

Comme sur l’épaisseur des personnages puisque les auteurs nous livrent des bribes d’informations tellement maigres que je trépigne d’impatience d’en apprendre plus, croisant les doigts qu’il soit bien prévu au programme des deux derniers albums que l’on nous dévoile un peu leur passé, sinon, je resterai sur ma faim.

En ce qui concerne les parties de jambes en l’air, là, tout le monde est rassasié ! Mais dans cette bédé, ce qui m’intéresse, ce sont des infos sur les personnages, pas sur leurs fesses !

Un deuxième tome pas tout à fait à la hauteur du premier, fort creux dans sa seconde partie et ça casse le rythme. Gageons que dans le suivant, tout cela remonte un peu et que nous en apprenions un peu plus sur les Golden Dogs.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°280], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°33], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages), et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Golden Dogs – Tome 1 – Fanny : Stephen Desberg et Griffo

Titre : Golden Dogs – Tome 1 – Fanny

Scénariste : Stephen Desberg
Dessinateur : Griffo

Édition : Le Lombard (24/01/2014)

Résumé :
Ils étaient quatre, deux filles et deux garçons. Voleurs, escrocs, faussaires, ils unirent leurs talents pour devenir ensemble les plus célèbres voleurs de Londres.

Critique :
Londres et ses bas-fonds… Si je n’y descends pas régulièrement durant le Mois Anglais (et durant l’année), il me manque quelque chose.

Non pas que j’apprécie voir la misère humaine mais les bas-fonds sont le pendant de cette société londonienne que l’on disait riche et puissante. Pas pour tout le monde.

Dans cet album qui se déroule peu après 1820, je vais m’accoquiner avec une bande de quatre malfrats, les Golden Dogs.

D’entrée de jeu, le ton est donné avec le tabassage en règle d’un pauvre bougre qui a voler de quoi nourrir sa famille qui crève la dalle. Le juge Aaron estimant que la richesse est un don de Dieu, il n’admet pas qu’un pauvre se serve dans les futures richesses dévolues à la haute.

Le graphisme de Griffo m’a bien plu, sans mauvais jeu de mots, j’apprécie sa griffe. Les couleurs oscillent entre des tons gris ou des plus chaleureux, selon les ambiances.

Clairement, ce n’est pas une bédé pour les petits enfants ! On a du sang, des meurtres, des assassinats, du sperme, des prostituées (dont Fanny à 5 pennies parce qu’elle est une déesse – ne me demandez pas ce qu’elle est capable de faire), de la violence, des pendus, des truands, des voleurs, bref, le genre de monde que l’on ne dédaigne pas côtoyer dans la littérature mais pas en réalité.

Si le scénario ne manque pas d’action et d’ambition, l’intrigue reste néanmoins assez simple mais s’avère efficace et ce premier tome fait passer un moment de lecture fort agréable.

Par contre, nos quatre mousquetaires de la cambriole – version intelligente et rusée – manquent un peu de profondeur et sont esquissés un peu trop rapidement, même Fanny, qui pourtant est l’héroïne de l’album.

James Orwood, le meneur, le cerveau, est le plus mystérieux de tous, tout en étant beau comme un démon. Entre nous, avec moins de scène de sexe, on aurait pu en profiter pour les habiller et les étoffer au lieu de les foutre à poil pour baiser.

On apprend quelques détails de leur passé, mais leur caractère, ce qu’ils sont vraiment, reste encore mystérieux dans ce premier album. En espérant qu’ils soient développés dans les suivants.

Pas de cliffhanger sur le final de ce premier album, mais j’ai apprécié ma lecture et j’ai envie de lire la suite pour voir où nos cocos vont nous entraîner, quels seront leurs prochains vols audacieux et comment tout le monde va évoluer.

PS : c’est pour demain matin, la surprise pour les petits enfants !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°277], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°29], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Acadie : Dave Hutchinson

Titre : Acadie

Auteur : Dave Hutchinson
Édition : Le Bélial’ Une Heure Lumière (29/08/2019)
Édition Originale : Acadie (2017)
Traduction : Mathieu Prioux

Résumé :
Parce qu’il était précisément le type qui avait le moins envie du poste, Duke a été désigné Président de la Colonie. La Colonie, c’est cet ensemble d’habitats spatiaux cachés dans un système stellaire isolé et sans grand intérêt.

Le boulot de Duke, purement honorifique, lui permet de se la couler douce… sauf dans les situations de crise comme celle qui se présente. Car voilà qu’une sonde en provenance de la Terre arrive aux frontières du système.

Pour les résidents de la Colonie, il n’y a pas pire nouvelle. Cela fait cinq siècles qu’ils fuient l’autorité terrienne : sous la houlette de la généticienne Isabel Potter, ils ont établi une véritable utopie itinérante où une frange toute particulière de la population, les Ecrivains et les Gamins, peut laisser libre cours à sa créativité en matière de reprogrammation génétique.

Etre rattrapés est tout simplement inenvisageable : pour avoir violé les strictes lois bioéthiques terriennes, même il y a plusieurs siècles, c’est la peine capitale qu’ils encourent. Heureusement, Duke est l’homme de la situation… non ?

Court roman roublard mené à cent à l’heure, Acadie questionne avec humour et acuité les dérives d’une science sans conscience.

Critique :
Bienvenue dans le fin fond du fin fond du fin fond de la galaxie.

Après le trou du cul de cette même galaxie, tournez à gauche et continuez la route durant quelques années lumières et vous arriverez sans doute directement sur La Colonie.

Sauf que, elle vous aura détecté avant votre arrivée et aura déjà plié bagage.

Duke est le président de La Colonie, mais le titre est honorifique et refourgué à celui qui en veut le moins, qui s’en fiche le plus. Bref, le plus blasé et Duke est un grand blasé.

Si d’aventure en aventure (♫) vous passiez les systèmes de défense, qui, comme les voies du Seigneur, sont dit impénétrables, c’est à lui que reviendra de donner l’ordre à La Colonie de jouer les filles de l’air.

Le vocabulaire est assez technique, fait de mots en novlangue pour donner l’impression que depuis le fil à couper le beurre, on a inventé des trucs super géniaux pour voguer dans l’espace, mais entre nous, ces nouveaux mots cassent un peu le rythme de lecture, déjà qu’il faut s’y retrouver dans les différents flash-back et que, en si peu de pages, l’auteur doit aller droit au but, ce qui a rendu mes débuts de lecture assez difficile.

Isabel Potter (qui n’est pas parente avec Harry) a fait des expériences génétiques sur Terre et comme on voulait la passer par la case pertes plus que profits, elle s’est barrée dans un vaisseau, emportant avec elle d’autres humains qui, depuis des siècles, vivent dans l’espace, dans La Colonie. Les passages avec les Écrivains sont assez spéciaux et à la limite du questionnement.

Ma préférence ira pour la seconde moitié du roman, lors de la rencontre avec un autre vaisseau et le twist final qui, bien que je l’ai senti arriver, m’a fait sourire car il expliquait bien des choses, dont celles que nous avions eu en commençant notre lecture.

Avec un début de lecture difficile, le twist final n’a pas réussi à faire remonter mon sentiment général et c’est donc mitigée que je suis ressortie de cette lecture, même si elle a occupée mon esprit encore longtemps puisque je réfléchissais sur ce que j’avais lu, analysant les différentes choses que ce roman mettait en avant pour les dénoncer.

Ne prenez rien pour acquis !

Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°28], et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Le gardien des ténèbres : Rodolphe et Isaac Wens

Titre : Le gardien des ténèbres

Scénariste : Rodolphe
Dessinateur : Isaac Wens

Édition : Glénat Grafica (30/05/2007)

Résumé :
Le mystérieux carnet rouge à l’écriture toujours étrange possède des fragments écrits par une autre main en grec ancien. Ils font allusion à Charles Darwin et à sa visite à Monham.

London est approché par l’inquiétant Ptah qui souhaite acquérir le carnet, offre qu’il refuse.

Sur les traces de Brewser, ancien secrétaire de Darwin, Mort London apprend qu’il dirige un cirque ambulant sous le nom de Docteur Ward. Alors qu’il obtient de Ward le nom de Monham, la belle Victoria est chargée par Bram Stoker de séduire PTAH qui l’entraîne de nuit au Bristish Museum…

Un ultime épisode qui conclut avec éclat cette remarquable trilogie flirtant agréablement avec les romans gothiques des grands auteurs britanniques.

Critique :
Cette bédé fait suite à la série « London », même si pour autant il n’est pas noté que c’est le tome 3…

Ici Londres ! Fin XIXe siècle. Mortimer London (Mort) est entré en possession d’un étrange carnet rouge dont il ne comprend pas un traître mot.

Bram Stoker, qui lui donne un coup de main, peut juste lui dire que l’ami qui a tenté de le déchiffrer a juste réussi à lire du grec ancien et la signature de son auteur : Charles Darwin himself !

À travers le court récit qui explique la visite que fit un jour Charles Darwin à un inconnu, on comprend facilement que ça l’a marqué, ébranlé, qu’il a failli remettre en question ses théories.

Une fois de plus, les auteurs surfent sur l’élément fantastique sans vraiment le faire apparaître car rien du visage de la personne rencontrée par Darwin ne sera montré. Vu les commentaires de Mort qui vit la photo et les tableaux, on se doute que ce n’est pas joli joli à voir et qu’il aurait sa place dans la foire aux monstres.

Mais avant d’arriver à ce point final, Mort va enquêter, se faire cambrioler, se faire agresser, mais aussi se faire aider de la belle Victoria. Fil après fil, il va dénouer cet écheveau sans jamais que le lecteur ne sache vraiment qui sont ces autres créatures qui ont arpenté la Terre du temps des premiers Hommes…

Je pestai dans mon coin car j’aurais aimé voir, savoir ce à quoi j’avais affaire comme créature, supprimant d’office les vampires (puisqu’ils ne sont, en principe, pas horrible à regarder) et éliminant Néandertal puisqu’il n’est pas capable de vivre plus de 300 ans (et ne possède pas non plus une peau de serpent).

Jusqu’à ce que j’arrive à la fin, je pensais que je resterai sur ma fin… Mais l’ultime indice viendra de Victoria, partie en Amérique s’occuper d’un jeune garçon. Le tête du gamin, plus sont prénom peu courant m’ont sauté aux yeux et j’ai compris. Si besoin est, le nom de famille est lui aussi divulgué, sans compter l’indice flagrant dans la couverture, que j’ai remarqué ensuite.

Un récit bourré de mystère, de suspense, des graphismes agréables à regarder avec des couleurs qui ajoutent une ambiance gothique à cette bédé.

Anybref, sans révolutionner le genre, cette saga se laisse lire et la conclusion, même si elle laisse bien des portes ouvertes et qu’elle ne montre pas la tête du « monstre », donne tout de même de gros indices tout en mettant à l’honneur deux monuments de la littérature fantastique.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°275], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°25], le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 62 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

L’hôtel de la dernière chance – Une enquête magique de Seth Seppi – 01 : Nicki Thornton

Titre : Une enquête magique de Seth Seppi – 01 – L’hôtel de la dernière chance

Auteur : Nicki Thornton
Éditions : Michel Lafon (2019) / Michel Lafon Poche (2021)
Édition Originale : Seth Seppi Mystery, book 1: The Last Chance Hotel (2018)
Traduction : Isabelle Troin

Résumé :
L’hôtel de la Dernière Chance est un endroit très particulier ; le jardin y est probablement enchanté, les murs ne se contentent pas d’avoir des oreilles, ils peuvent aussi parler, et le garçon de cuisine, Seth Seppi, a empoisonné par mégarde le sorcier le plus important du pays !

Mais si le jeune garçon est le suspect numéro 1, le bâtiment grouille de magiciens aux pouvoirs tous plus loufoques les uns que les autres… et chacun avec une excellente raison de faire le coup !

Pour prouver son innocence, Seth, seulement aidé de Belladone son chat noir, devra éveiller le brin de magie qui sommeille en lui et démasquer le véritable coupable avant qu’il ne soit trop tard.

Critique :
Un hôtel perdu dans les bois, de la magie, une enquête, le pitch et l’univers étaient prometteurs.

Seth Seppi est un jeune marmiton dans la cuisine de l’hôtel, quasi un esclave puisqu’il doit tout faire (une Cendrillon au masculin), en plus d’être le souffre-douleur de la fille des patrons qui n’est même pas capable de cuire des œufs brouillés.

Cette fille est une sorte de pendant masculin de Dudley, le cousin de Harry Potter car elle aussi est trop gâtée par ses parents qui la croient la meilleure.

De Seth, on sait juste qu’il est orphelin et que lorsqu’il est puni, on l’enferme dans le placard à balai.

Il y a du mystère dans ce roman jeunesse, notamment avec ce dîner qui a lieu à huis clos et dont l’un des convives meurt empoisonné avec le dessert concocté par Seth. Il va lui falloir prouver son innocence, mais si Seth n’est pas une imbécile, il est souvent dépassé par les événements et spectateur de sa propre vie.

Les chapitres sont courts, beaucoup trop couts, dans le but de terminer sur un mini cliffhanger à chaque fois, mais à force, c’est épuisant, surtout que nous ne sommes pas dans un feuilleton publié dans un hebdo (ou un quotidien) mais bien dans un roman. Je ne sais pas si les jeunes ont autant besoin de suspense à chaque fin de chapitre.

L’enquête ne cassera pas trois pattes à un canard, Seth étant souvent spectateur malgré lui face à l’enquêteur de la MagiPol, la police du monde magique, qui pourrait être une sorte de Sherlock Holmes en plus humain.

L’univers développé par l’auteure est intéressant, dommage qu’il ait été autant survolé sans jamais être approfondi. Au lieu de couper aussi vite les chapitres pour jouer avec le suspense, il aurait été plus intelligent d’apporter un peu plus de mâche à cet univers, de profondeur afin que les lecteurs n’aient pas l’impression que cet univers magique est sans consistance.

La magie doit sans doute expliquer que certains personnages secondaires disparaisse au fil de la lecture, comme si étant de moindre importance, l’auteure n’avait plus jugé bon de les animer, ne gardant plus dans le récit que les importants, ceux dont on se doute, sans hésiter, qu’ils ont joué un rôle dans la mort du sorcier. En réfléchissant un peu, on arrive sans mal à se douter de qui a fait le coup.

Pour moi, roman jeunesse ne doit pas rimer avec facilité scénaristique, pauvreté des personnages ou survol de l’univers créé. Les jeunes ne sont pas des débiles, ils ont un cerveau normalement et il faut les pousser à s’en servir.

Les grandes révélations qui arrivent un peu comme par magie, juste au bon moment, résolvant tout, ça donne l’impression qu’il suffisait d’attendre tranquillement à siroter du thé pour que l’affaire se résolve d’elle-même.

Pourtant, malgré mes bémols, cette lecture ne manquait pas de fraicheur, de bonnes intentions, de créativité, mais il aurait fallu pousser les curseurs un peu plus loin et ne pas se contenter du minimum syndical (mince, on dirait une inscription comme j’en avais sur mon bulletin, du temps de ma scolarité).

Tout n’est pas à jeter dans cette histoire, elle plaira sans doute plus aux jeunes de 8/10 ans et coincera avec les plus âgés, sauf s’ils font partie des lecteurs qui veulent se laisser guider par la narration et ne pas se fouler.

PS : bientôt paraîtra le roman mystérieux dont je vous avais parlé dans l’article de présentation du Mois Anglais. La petite surprise de derrière les fagots… Encore quelques fois dormir !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°274], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°62], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°24] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.