Ekhö Monde miroir – Tome 7 – Swinging London : Christophe Arleston & Alessandro Barbucci

Titre : Ekhö Monde miroir – Tome 7 – Swinging London

Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Alessandro Barbucci

Édition : Soleil (22/11/2017)

Résumé :
Au Royaume-Uni, la situation est des plus critiques. Il y a pénurie de thé et les Preshauns peinent à contrôler leur pendant bestial.

Les incidents se multiplient et les humains voient des choses qu’ils ne devraient pas voir. Yuri et Fourmille sont mandatés pour tirer ça au clair.

Coiffé d’un chapeau melon et bottée de cuir, ils vont, à l’ombre de Big Ben, mener l’enquête au milieu des bobbies et des punks.

Critique :
Que pourrait-il y avoir de pire que du Lapsang Souchong introuvable en Europe ? Une pénurie TOTALE de thé en Angleterre…

Jetez un seau d’eau glacée à la figure de tous les amateurs de thé, cette situation horrible se passe sur Ekhö, le monde miroir du nôtre !

Ça n’en reste pas moins une catastrophe internationale pour les Preshauns qui, sans ce breuvage divin pour les calmer, pourraient en arriver à se laisser aller à leurs penchants bestiaux et monstrueux…

Mais que fait Scotland Yard, good lord the bloody bastard ? Ben Scotland Yard, il sèche sur le mystère du thé qui disparaît des entrepôts !

Fourmille Gratule pourra bien coiffer la deerstalker qui n’est pas de Sherlock Holmes afin de résoudre cette affaire ô combien explosive !

Aidé du fidèle Yuri qui aimerait mélanger ses fluides téluriques aux siens, les voici enquêtant dans un Londres qui n’a rien de celui que nous connaissons puisque dans le monde miroir, aucune machine électrique ne fonctionne.

Depuis que j’ai découvert Ekhö dans mon Lanfeust Mag© (en vente dans toutes les bonnes librairies), je ne me lasse pas des enquêtes de Fourmille et de Yuri dans ce monde décalé qu’est Ekhö, et les savoir à Londres a augmenté mon plaisir.

Pour ceux qui ne connaitrait pas le prolifique scénariste qu’est Arleston, il convient de vous mettre en garde : il a de l’humour, beaucoup d’humour, il s’amuse à mélanger les codes de notre monde avec ceux des autres et à jouer avec les lieux communs d’un pays ou d’une ville.

Ce qui veut dire qu’en plus de l’action liée à l’enquête, qu’en plus des personnages drôles et attachants que sont Fourmille et Yuri, vous risquez aussi d’avoir des grands sourires bêtes devant certains faits détournés de notre société ou devant certains dialogues.

Moi, c’est ma tasse de plaisir, lire les aventures de Foumille et en plus, la voir se faire habiter par l’esprit de Sherlock Holmes, c’est un petit plus sur lequel je ne cracherai pas.

L’inconvénient de ma lecture, c’est que j’ai découvert cet album en plusieurs épisodes, puisque prépublié dans le génialissime Lanfeust Mag, et donc, je serai bien obligée d’aller l’acheter lorsqu’il sortira en album afin de me remettre toute cette aventure désopilante en tête !

Je me demande bien où le prochain album de Ekhö va entrainer notre duo… Après New-York, Paris, Hollywood, Barcelone, Rome, le Sud Profond et Londres, que nous réserve ce scénariste prolifique qui, à lui seul, occupe une grande place dans ma biblio vu toutes ses séries ?

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et et le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

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Sherlock, Lupin et moi – Tome 3 – L’énigme de la rose écarlate : Irene Adler

Titre : Sherlock, Lupin et moi – Tome 3 – L’énigme de la rose écarlate

Auteur : Irene Adler (Iacopo Bruno)
Édition : Albin Michel (30/08/2017)

Résumé :
Veille de Noël 1870. Sherlock Holmes, Arsène Lupin, et Irene Adler se prennent de passion pour une énigme publiée dans le Times. Sherlock ne tarde pas à découvrir que des coordonnées géographiques y sont dissimulées !

Lorsqu’un riche marchand est retrouvé mort dans le premier des lieux en question, nos trois amis comprennent vite que les coupables communiquent par l’intermédiaire du Times.

Ils se rendent aussitôt à Scotland Yard pour prévenir la police mais on les congédie sans les écouter… Il ne leur reste plus qu’une chose à faire : mener l’enquête eux-mêmes ! Mais, après tout, n’est-ce pas ce qu’ils font de mieux ?

Critique :
Après une lecture qui m’avait secouée émotionnellement, il me fallait passer à du plus calme, du plus doux et quoi de mieux qu’une lecture jeunesse avec Holmes, Lupin et Adler adolescents ?

Direction le Londres de 1870, à quelques jours des fêtes de Noël, et on s’installe bien confortablement devant un chocolat chaud au Schackleton Coffee House en compagnie de nos trois jeunes amis.

Bon, si vous cherchez une enquête policière digne de ce nom, je vous conseille un roman de la reine du crime, Agatha Christie, mais si vous voulez passer un bon moment de lecture, sans vous cassez la tête, ce roman jeunesse est fait pour vous.

Nos trois personnages sont toujours aussi sympathiques. Les caractères de Holmes et Lupin se dessinent afin de nous montrer ce qu’ils pourraient être plus tard, même si, pour le moment, tout cela est encore latent.

Quant à la jolie Irene, elle ne sait plus quoi penser entre un qui l’embrasse sur les lèvres à la dérobée et un autre qui l’enlace en la raccompagnant chez elle, sans oublier le petit présent qu’elle retrouvera au fond de sa poche sans savoir de qui il provient.

J’espère juste que nous n’irons pas vers le triangle amoureux dans les prochains tomes, même si ce genre d’événements pourraient expliquer pourquoi ces trois amis se retrouveront séparés diamétralement plus tard, au point même qu’ils s’affrontent (Irene vs Holmes dans « Un scandale en Bohême » et Lupin vs Holmes dans « Lupin contre Herlock Sholmes »).

Anybref, sans casser trois pattes à un canard et sans manger de pain, c’est un roman jeunesse qui se lit d’une traite dans son canapé en savourant une bonne tasse de thé.

On sourit des facéties de nos jeunes gamins, on imagine ce que cela pourrait donner si Irene en choisissait un et pas l’autre, on frémit devant les dangers qu’ils prennent, tout en se doutant que l’un ou l’autre ne va pas mourir puisque ce n’est pas GOT !

Un bon point pour moi qui avait deviné avant le Maître le pourquoi du comment des crimes étranges qui avaient lieu après la petite énigme d’échec parue dans le Times… Bon sang, mais c’était bien sûr ! Belette 1 – Sherlock Holmes 0 (un temps de retard face à mon esprit brillantissime).

Un roman jeunesse qui se lit avec plaisir, des personnages que l’on se plait à revoir et en le refermant, on songe déjà à ce que leur prochaine aventures va nous réserver !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et et le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

Mycroft Holmes et le guide de l’Apocalypse : Kareem Abdul-Jabbar, Raymond Obstfeld & Joshua Cassara

Titre : Mycroft Holmes et le guide de l’Apocalypse

Scénaristes : Kareem Abdul-Jabbar & Raymond Obstfeld
Dessinateur : Joshua Cassara

Édition : Hachette (06/09/2017)

Résumé :
Londres 1874. Un attentat épouvantable est commis à l’aide d’une technologie inconnue. Il occasionne plus de 200 morts au British Muséum. Le très fringant Mycroft Holmes s’évertue à ridiculiser son professeur et à s’attirer les foudres de ses condisciples de l’Université de Cambridge.

La toute première aventure du brillant et mystérieux Mycroft Holmes.

Sur les ordres de la reine Victoria, Mycroft doit mettre hors d’état de nuire un psychopathe qui menace les fondements de la civilisation britannique…

Critique :
Vous connaissiez Sherlock, le cadet et brillant détective, mais vous connaissiez un peu moins son frère, encore plus brillant que lui.

Vous aviez de Mycroft, l’ainé des Holmes, soit la vision d’un homme débonnaire comme dans la série Granada, ou celle d’un homme froid, appuyé sur son parapluie, dans la série de la BBC.

Ici, vous allez être dépaysé car vous serez face à un perpétuel étudiant de l’Université de Cambridge qui s’amuse à se foutre de la gueule de son prof de philosophie, qui gribouille en classe et qui saute la femme de son prof, en sus !

Peu canonique, le Mycroft de ce comics, de même que son jeune frère, Sherlock, qui est présent mais bien moins que son illustre aîné : normal quand une série se nomme Mycroft Holmes, me direz-vous. Vous êtes brillants…

Leur Mycroft est à baffer tant il est insolent et imbu de lui même et de son talent de déduction, au point de tout calculer lorsqu’il convoque son petit frère, notamment le fait qu’il le surprendra au lit avec la femme de son prof.

Imbu, fat, arrogant, à baffer, je vous dis, mais j’étais tellement plongée dans cette histoire que je me suis rendue compte que j’arrivais à ma gare de destination et que je n’avais rien vu (ok, le changement d’heure avait rendu mon paysage tout noir, mais pas que lui).

Niveau lecture, on en a pour ses sous, on y passe du temps, on découvre les dessins, qui plairont, ou pas, moi, ma seule critique sera pour les parties des joues un peu trop soulignées et pour une reine Victoria un peu trop jeune (alors qu’elle devrait avoir 55 ans) et sexy.

Attention, cette bédé ou ce comics ne révolutionnera pas le genre, mais fera passer un excellent moment à son lecteur/lectrice pour peu que celui-ci aime le fantastique mâtiné de quelques gouttes de steampunk avec quelques morceaux des Mystères de l’Ouest.

Ici, rien n’est sérieux, tout est fait pour s’amuser, rien n’est comme on pourrait le croire et les surprises sont au rendez-vous.

C’est barré, c’est couillu, ça ressemble à un James Bond version western puisque nous poursuivrons la suite de l’enquête sur les terres de l’Oncle Sam et que nous croiserons des terribles desperados (pas les cousins Dalton) et que l’aventure sera au rendez-vous avec un grand A.

Du rythme, de l’action, des gadgets tueurs, des grands méchants vraiment méchants chevronnés, des pays prêts à tout pour posséder l’arme ultime, et un Mycroft dans le style roi fainéant pour résoudre tout ça.

Pas de regret de lecture, un bon moment de passé, une gare que j’ai failli rater et une plongée vertigineuse dans des aventures sentant bon le Bond aux services secrets de sa Majesté la Queen Victoria, le tout avec plus de brio et d’humour que le film avec le non regretté George Lazenby.

3,9/5

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le challenge US (2017-2018) chez Noctembule et le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

[Sherlock Holmes] La malédiction de Nephrem-Kâ : Sophie Bellocq-Poulonis

Titre : La malédiction de Nephrem-Kâ

Auteur : Sophie Bellocq-Poulonis
Édition : l’Oeil du Sphinx (30/03/2012)

Résumé :
Bien que la mort de Lord Thorndyke, le linguiste émérite, semble des plus naturelles, elle n’est pourtant pas sans rappeler celle du richissime négociant en tabac, Jack Finley, survenue quelques semaines auparavant dans des circonstances similaires.

Cela n’a pas échappé à l’esprit aiguisé de Sherlock Holmes pour qui ces décès sont à rapprocher de celui de Philip Lovecraft, repêché au pied d’une falaise du Sussex,et à relier au passé commun des trois hommes lesquels ont participé à la mise au jour de la nécropole de Nephrem-Kâ, le pharaon maudit que l’Egypte ancienne s’est empressée d’effacer de son histoire.

Ces disparitions successives raniment le spectre de la malédiction dont on avait dit qu’elle frapperait tous ceux de l’expédition Finley.

D’aucuns évoquent à mots couverts la colère du dieu Cthulhu dont la violation du tombeau de Nephrem-Kâ aurait déchaîné la colère.

Critique :
Souvenez-vous, le 4 novembre 1922, ce fut la découverte de la tombe inviolée de Toutânkhamon.

Non, tout comme vous, je n’y étais pas…

Le 26 novembre, Carter et Lord Carnavon pénètrent dans le tombeau. Imaginez la scène…

Sur le mur, il y a une tablette qui fut bien vite escamotée où il était écrit : « La mort abattra de son aile quiconque dérangera le repos de pharaon ».

Je vous laisse faire vous-même le bruit du roulement de tambour ou la musique angoissante du film « Les dents de la mer », de « Psychose » et même de « L’exorciste », si vous voulez.

Ce qui devait arriver arriva… bon nombre d’entre eux moururent pour avoir osé troubler le repos du pharaon ! Fin de la musique angoissante.

Pourquoi je vous cause de ça ? Parce que dans ce pastiche holmésien, Philipp Lovecraft (oui, l’écrivain !!) et toute sa clique ont découvert le temple d’un pharaon tellement maudit que son nom n’est inscrit nulle part !

Aucun égyptologue ne le connaît ! Nephrem-Kâ, qu’il se nomme. Vous le connaissiez, vous ?? Moi pas !!

À côté de lui, le nom du pharaon hérétique Akhenaton fait figure de « populaire », c’est vous dire que le nom de Nephrem-Kâ fut effacé.

Seul Lovecraft résistait encore et toujours (à l’envahisseur ?) afin de prouver au monde entier qu’il avait raison quand il soutenait l’existence de ce pharaon maudit.

Et ce qui arriva en 1922 à l’expédition de Carter survint à celle de Lovecraft, et ce, bien avant, étant donné que tous les membres de l’expédition seront retrouvés soit morts, soit disparu, soit dingo après avoir découvert le temple du pharaon maudit qui s’était déjà écroulé sur eux lors de leur entrée.

Certains esprits superstitieux évoquent, à mots couverts, la colère du dieu Cthulhu dont la violation du tombeau de Nephrem-Kâ aurait déchaîné la colère.

Sherlock Holmes, avec son esprit aiguisé, a déjà fait le lien entre le décès de Philip Lovecraft, repêché au pied d’une falaise du Sussex et il a relié au passé commun des trois hommes qui avaient participé à la mise au jour de la nécropole de Nephrem-Kâ, ce pharaon maudit que l’Égypte ancienne s’était empressée d’effacer de son histoire.

Bien entendu, on ne la fait pas à Holmes ! Un pharaon qui se venge au travers de sa tombe ou un espèce de monstre à tête de pieuvre mal lunée, ça ne prend pas.

Il va donc enquêter…

J’avoue que j’avais tout de même une petite appréhension à l’entame de cet ouvrage parce que je savais pas ce que l’auteur avait décidé : du vrai fantastique sauce « X-Files » ou du fantastique en apparence alors que c’est du tangible, avec des vrais meurtres perpétrés par des humains ?

Bien que j’ai soupçonné directement le coupable et compris sa supercherie ainsi que sa mystification (c’était trop gros pour moi, un truc pareil), je ne m’attendais pas à un tel mobile.

De ce côté là, c’est bien.

Par contre, niveau digestion de toutes les explications qu’un professeur d’université donne à Watson, c’était un peu lourd !

Le récit n’est pas très palpitant car trop lent, trop surchargé d’explications en tout genre sur le pharaon ou le Cthulhu.

Bref, un 2,5/5 mais la demi étoile n’est pas permise.

Quoi ? Non je ne vous dirai pas si la vérité était ailleurs ou sous notre nez. Vous êtes grand assez que pour ne plus croire à tout cela…

Lucky Luke – Tome 35 – Le Klondike : Morris, Léturgie & Yann

Titre : Lucky Luke – Tome 35 – Le Klondike

Scénariste : Jean Léturgie & Yann Lepennetier
Dessinateur : Morris

Édition : Lucky Comics (2005)

Résumé :
Jasper l’ancien valet de Waldo Badminton disparaît alors qu’il est au Klondike. Lucky Luke et son vieil ami Waldo partent à sa recherche en passant par le fameux et terrible Chilcoot Pass.

Leur enquête les amène à suspecter Soapy Smith qui rançonne les chercheurs d’or du Klondike, ainsi que Mattie Silks, une femme plutôt attirée par l’argent.

Critique :
Le klondike est un endroit fort connu pour celui ou celle, qui, comme moi, a lu la jeunesse de Picsou car ce dernier y avait participé, lors de cette fameuse la ruée vers l’or qui eut lieu en 1896, et notre canard, à force d’acharnement, y avait trouvé la fortune.

Si l’album « Les Dalton dans le blizzard » ne manquait pas d’humour et de flegme du mounties qui aidait Luke à les récupérer, celui-ci n’aura que la neige en commun avec son prédécesseur publié aux éditions Dupuis.

Si l’humour est présent, il n’est pas présent à forte dose et le mounties de cet album est d’une imbécilité à faire peur.

Personne ne saura jamais pourquoi il ne voulait pas que Lucky Luke fasse le voyage jusqu’au klondike, mais ce running gag n’a de gag que le nom parce que hormis sa dernière apparition assez drôle, pour le reste, il ne l’était pas.

De plus, nous sommes dans des albums politiquement correct où Lucky Luke mâchouille son brin d’herbe et boit des limonades ou autres boissons soft.

Nous retrouvons une vielle connaissance, Waldo Badminton aperçu dans l’album « Le pied-tendre » et ce dernier est sans nouvelle de son valet, parti chercher de l’or dans cette contrée inhospitalière qu’est celle du Klondike.

Si vous pensiez que la case avec tout ces explorateurs du dimanche (et des autres jours de la semaine) franchissant Chilcoot Pass était exagérée, attendez-vous à une rude surprise à la fin de l’album où se trouve publiée la photo originale.

La ruée vers l’or du klondike…. beaucoup y ont été, beaucoup ont dû y trouver les engelures, le froid ou la mort, et peu ont trouvé de l’or. De plus, le tout n’était pas tant de le trouver que de ne pas se faire délester ensuite.

Niveau des méchants, on en a un beau d’une grande envergure, inventeur d’une belle arnaque afin de délester les pauvres mineurs de leur trésor aurifère. Là, je lui tire mon chapeau, on aurait pas pu inventer mieux pour profiter de la crédulité des hommes !

Pour le reste, l’album se lit, sans jamais atteindre la quintessence de certains, ceux qui étaient édités chez Dupuis, où le talent de Goscinny, même bridé, était inégalé et sera inégalable (hormis chez Franquin, mais nous ne sommes pas dans le même registre).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

L’histoire en Bandes Dessinées – T1 – L’épopée sanglante du Far West * Face aux Peaux-Rouge et aux hors-la-loi : Joly

Titre : L’histoire en Bandes Dessinées – T1 – L’épopée sanglante du Far West * Face aux Peaux-Rouge et aux hors-la-loi

Scénariste : Octave Joly
Dessinateurs : Cicuendez & Hardy

Édition : Dupuis (1974)

Résumé :
Sous-titré « Face aux peaux-rouges et aux hors-la-loi », cet album est le premier d’une magnifique série consacrée aux petites et grandes histoires de l’Histoire.

Ce premier opus est consacré au Far-West en huit histoires :

« Maha contre le cheval de feu ». Les guerres indiennes contre le chemin de fer qui traversent leurs territoires…

« L’indienne mystérieuse ». L’expédition de Lewis, qui traversera les Etats-Unis, de la côte Atlantique à celle du Pacifique en 1804.

« Sous la menace du colt ». La vie de Samuel Colt, l’inventeur du révolver qui allait révolutionner les armes de poing.

« La momie au chameau ». Des chameaux au Texas. Les indiens en parlent encore…

« Le shérif intrépide ». La vie de Wyatt Earp, shérif de Dodge City.

« Duel à O.K. corral ». Ce titre veut tout dire…

« La diligence de la mort ». Tombée dans un précipice, oubliée, une vieille diligence, retrouvée par Buffalo Bill, sera le clou de son spectacle en Europe.

« Astor fonde Astoria ». La vie de John Astor qui, parti de rien, réalisera une immense fortune et une célèbre dynastie.

Critique :
Ceux qui me suivent depuis un certain temps savent que j’ai été biberonné aux bandes dessinées et que j’ai tété les mamelles de l’hebdomadaire Spirou que possédait mon père.

Chez nous, l’Oncle Paul, c’est un sacré personnage et c’était toujours un plaisir de lire ces belles histoires, ces petites histoires qui éclairaient la grande.

On s’instruisait en se divertissant, on apprenait des choses, on engraissait sa culture générale et on découvrait des tas de choses dont on ne soupçonnait même pas l’existence !

Servi par des dessins réalistes et réalisés par les plus grands auteurs de cette génération (Jijé, Piroton, Malik, Sirius, Hubinon) des années 60-70, les plus belles histoires de l’Oncle Paul ont régalé toute une génération de lecteurs de Spirou, dont moi, qui découvrait les vieux magazines conservés précieusement par mon paternel.

Cet album est donc une compilation, une anthologie de ces célèbres « Histoires de l’Oncle Paul » qui paraissaient dans l’hebdomadaire Spirou.

Ici, pas de chose gentillettes, même si nous étions dans un hebdo jeunesse, on n’est pas non plus dans le monde des Bisounours, et bien qu’on ne voit pas de sang dégouliner, on voit tout de même des morts, de l’esclavage, des gens riches donner des ordres à des plus pauvres ou des Blancs s’enfonçant de plus en plus dans les territoires des Indiens.

Ici, la version du duel à O.K Corral est moins tendre que celle parue dans un Lucky Luke, l’histoire des dromadaires est moins drôle que dans Les Tuniques Bleues et la construction du chemin de fer se fit dans le sang et non l’humour comme dans Lucky Luke.

Nous sommes dans de la bédé réaliste, avec des dessins loin des gros nez, et des scénarios qui doivent coller à l’Histoire, même si on la romance et que l’on ne sait jamais tout.

Ce fut un véritable plaisir de remettre la main dessus et de le relire. En plus, les pages sont plus épaisses que dans une bédé traditionnelle, ce qui donne la sensation d’avoir plus que 44 pages.

Mais hélas, on arrive au bout de l’aventure et il nous faut refermer le livre, avec un soupir de tristesse, mais avec la sensation que l’on vient de vire une folle épopée !

Du tout bon. Rien à jeter.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Des cavaliers dans la nuit : Ernest Haycox

Titre : Des cavaliers dans la nuit

Auteur : Ernest Haycox
Édition : Librairie Des Champs Élysées – Le Masque Western N°0113 (1974)
Édition Originale : A Rider of the High Mesa (1956)

Résumé :
Soudain, un frisson lui parcourut l’échine. Il ralentit l’allure tout en empoignant la crosse de son colt. Sa monture fit un écart. Presque au même instant une détonation ébranla l’atmosphère. Un éclair troua la nuit. Dans un roule-ment de sabots, le troupeau fonça droit dans les ténèbres, au milieu de beuglements exaspérés par la panique. Des cris retentirent de toutes parts.

Le ravin s’emplit de cavaliers, comme par enchantement. Le cheval s’arrêta net, agité de soubresauts. Un gars monté sur un pommelé frôla la jambe de Lin avec son éperon. Immobile sur sa selle, s’efforçant de comprendre la situation, Lin entendit quelqu’un brailler un ordre. Cette voix ! Il ne la connaissait que trop.

Aussitôt, une douzaine de torches s’enflammèrent dans un ensemble parfait ; une odeur de papier brûlé et de pétrole lui piqua les narines.

Fait comme un rat !…

Un roman plein de charme.

Critique :
J’apprécie de temps en temps un bon roman western, pas de ceux écrit en masse et destiné aux gares de seconde zone, non, un bon roman, avec de la profondeur dans ses personnages, dans son scénario et tous les codes habituels du western.

Je ne dirai pas que ce roman avait de la profondeur, mais il était plaisant et digne de faire passer quelques heures tranquilles dans une soirée venteuse.

Ici, pas de doute, on sait de suite dans quelle catégorie tel ou tel personnage jouera, sans surprise, même si Lin Ballou est un peu mystérieux dès le départ.

Des voleurs de vaches insaisissables et un Lin mystérieux qui arpente le plateau à la recherche d’un filon d’or et qui éveille les soupçons : et si c’était lui le voleur de vaches ?

Un western de bonne facture, avec un langage argotique et des injures censurées par des pointillés, des personnages qui ne laisseront que peu de surprises, une magouille vieille comme le monde et dans laquelle tout le monde marche, des fusillades, des cavalcades, un soupçon d’amûr et une enquête à mener, voilà les ingrédients qui composent ce court roman qui, bien qu’étant d’un grand auteur comme Ernest Haycox n’a pas la puissance d’un « Des clairons dans l’après-midi ».

Mais ça se lit facilement, les mots glissent tout seuls dans votre esprit et il ne vous reste plus qu’à écouter Ennio Morricone tout en vous imaginant chevaucher au couchant, chantant « I’m poor lonesome cow-boy ».

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Lucky Luke – Tome 30 – Calamity Jane : Morris & René Goscinny

Titre : Lucky Luke – Tome 30 – Calamity Jane

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Morris

Édition : Dupuis (1967)

Résumé :Lucky Luke se lie d’amitié avec Calamity Jane, qui le tire d’une situation délicate. Ils arrivent à El Plomo où Calamity Jane gagne le saloon grâce à un combat au bras de fer, dont elle sort vainqueur. August Oyster, l’ancien propriétaire de l’établissement essaie de lui faire quitter la ville. Pendant ce temps, Lucky Luke s’intéresse à une affaire de trafic d’armes avec les indiens.

Calamity Jane est la quarante-quatrième histoire de la série Lucky Luke par Morris (dessin) et René Goscinny (scénario). Elle est publiée pour la première fois du n°1437 au n°1458 du journal Spirou. Puis est publiée en album en 1967.

Critique :
Quand un scénariste est au sommet de son art, cela donne des albums mythiques, qui ne vieillissent pas et qu’on prend toujours autant de plaisir à lire et à relire, sans que cela prenne une ride.

L’album Calamity Jane en fait partie.

Morris et Goscinny mettent en scène un personnage de l’Ouest ayant réellement existé et le résultat est à la hauteur de l’album « Le juge » qui mettait lui aussi en scène un personnage réel.

— Je pensais que je finirais les bottes aux pieds et ailleurs que dans un lit,et me voici débotté dans le lit d’une rivière ! [Lucky Luke]

Calamity Jane est une espèce de garçon manqué au sale caractère, n’hésitant pas à tirer sur tout le monde, surtout si on lui manque de respect, et elle aime mieux boire du whisky que de prendre un bain, ce qui vous laisse imaginer l’odeur qu’elle doit dégager.

CALAMITY JANE : Reviens me voir, Lucky Luke !
LUCKY LUKE : Je repasserai tout à l’heure, Calamity Jane. Reposez-vous, toutes les deux… vous et la carabine…

Non seulement la rencontre entre Lucky Luke et Calamity Jane est drôle, remplie de scènes humoristiques et de bons mots, mais en plus, l’histoire derrière l’histoire est travaillée et remplie de mystère avec ces armes qui arrivent entre les mains des Apaches sans que l’on sache comment, ni par où elles transitent.

Pendant que notre Lucky Luke enquêtera sur ce trafic dans la ville de El Plomo, notre Calamity, de son côté, va tenter de se civiliser et de devenir une dame, ce qui donnera quelques scènes d’anthologies avec un professeur de maintien aux airs de l’acteur David Niven qui finira par sombrer dans l’alcool à cause de son élève turbulente.

Les personnages sont parfaitement esquissés, de notre virago Jane au tenancier louche du saloon, August Oyster, qui a tout d’un mafiosi pas net, aidé de sa montagne de muscle dépourvue de cerveau.

— Mais, patron, je peux pas me battre contre une dame!…
— Dis à ce #!§@**%&€ mastodonte de ne plus dire d’âneries !
— Ah ! Bon, c’est pas une dame !

Un album haut en couleurs (même si à l’époque, on pourrait croire que quelqu’un avait peur qu’on n’use trop de détails dans les couleurs et tenait absolument à publier des cases entièrement rouges ou bleues…), avec des personnages drôles, amusants, travaillés, et un scénario et des dialogues, comme toujours, au petit poil !

AUGUST OYSTER : De bras de fer ?
CALAMITY JANE : Ouais. Tu sais ce que c’est qu’une partie de bras de fer, tout de même ?…
AUGUST OYSTER : Hmm… D’accord ! À condition que je puisse désigner mon remplaçant : moi, j’ai une faiblesse dans la main…
CALAMITY JANE : À cause du poil qui est dedans sans doute ?

LE SHÉRIF : J’ai entendu une fusillade du côté du saloon.
LUCKY LUKE : Et quand vous entendez une fusillade, vous ne vous dérangez pas ?
LE SHÉRIF : Je me dérange après. C’est pour ça que je suis encore Shérif de El Plomo. Mes prédécesseurs se dérangeaient pendant.

Le Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

 

Le Signe des Quatre – Desmond Davis (1983)

Le Signe des Quatre de Desmond Davis (1983)

Avec Ian Richardson (Sherlock Holmes) et David Healy (Dr. John Watson)

Celles et ceux qui ont suivi leurs programmes télé sans omettre les petites chaînes de la TNT ont pu se rendre compte qu’en ce mois d’Août, la chaîne Chérie 25 avait remis Sherlock Holmes à l’honneur les vendredis soirs, en nous diffusant une série sur les aventure fictives de Conan Doyle, et quelques films adaptés du canon.

C’est d’ailleurs à cette occasion que nous avions battu le rappel croyant bêtement les programmes télé qui s’étaient trompés pendant une semaine sur la version du Chien des Baskerville qui serait diffusée, avant de rectifier le tir au dernier moment…

Cela nous avait bien mis en colère et en prime la version du Chien des Baskerville était calamiteuse.

Vendredi dernier, Chérie 25 diffusait une adaptation du Signe des Quatre, tournée la même année et toujours avec Ian Richardson dans le rôle de Holmes…

Déçue par le Chien des Baskerville je m’étais abstenue de battre le rappel cette fois-ci… Et j’ai eu tort !

Résumé :
Le Major Sholto dîne avec ses deux fils quand son majordome lui apporte un pli déposé pour lui… Ce pli est ce qui ressemble à un plan de bâtiment, et provoque chez le maître de maison une vive émotion qui vire à l’attaque d’apoplexie.

Le Major Sholto explique qu’avec quatre compères, il avait mis la main sur un trésor qu’il garde planqué dans le grenier et qu’il a été injuste car il n’a jamais remis la part du trésor de l’un de ses compères décédé à la fille de ce dernier… Qui n’est autre que Miss Mary Morstan.

Pendant que le père essaie de se remettre ou agonise dans son lit, les fils se disputent sur la pertinence de donner ou pas un tiers du dit trésor à Miss Morstan. On voit que les deux fils sont bien prgamatiques et se voient déjà hériter.

Et ils ont raison puisque tandis qu’ils sont trop occupés à chercher le trésor dans le grenier, un type à jambe de bois a réussi à entrer dans la demeure et est arrivé régler ses comptes avec le Major Sholto qui meurt de peur avant de laisser satisfaction à l’intrus.

Quelques temps plus tard, Miss Mary Morstan vient rencontrer Holmes et Watson, ayant reçu un gros diamant ainsi qu’une invitation à rencontrer un étrange inconnu pour une affaire de la plus haute importance.

Le gros diamant s’avère d’après Holmes qui sait tout (j’avoue que des fois il m’énerve à tout savoir comme ça !), être le deuxième plus gros diamant du monde !

Voilà Holmes ferré comme un beau poisson, et Watson aussi. Holmes est évidemment intéressé par l’affaire…

Quant à Watson… C’est par la charmante orpheline (à moins que ce soit pour la fortune qu’elle vient de recevoir ? Hummm… Pourquoi il n’y aurait que les femmes qu’on soupçonnerait de vénalité ? Hein? Je vous le demande! ).

Ce que j’en ai pensé :
La version du Chien des Baskerville avec Ian Richardson m’avait horripilée pour bien des raisons, et c’est avec certaines craintes que j’ai visionnée la version du Signe des Quatre, me rassurant sur le fait que le réalisateur n’était pas le même…

Que le Watson n’était pas non plus le même… et qu’il y avait peut-être des chances que l’équipe de scénaristes-adaptateurs ait également changé.

Je ne suis pas allée dans les détails du générique pour le vérifier…

Dans l’ensemble, cette version m’a semblée moins insupportable que le Chien des Baskerville vu la semaine passée.

Ian Richardson campe toujours son rôle de Holmes de façon très crédible. Il a le physique de l’emploi (maigre et limite émacié) ce qui l’aide passablement.

Tout d’abord, l’esthétique était nettement moins kitchouille !

Les coloris, les coiffures, les décors, agressaient moins la rétine et étaient plus conformes à ce qu’on pouvait voir dans les années 80 en termes de reconstruction de l’ère victorienne.

Je garde évidemment en mémoire l’adaptation Granada avec J.Brett comme étalon de comparaison.

Ensuite, le, changement de Watson est une véritable bénédiction ! Certes, il n’apparaît pas non plus comme un candidat potentiel pour le Nobel, voire pour entrer au Club Mensa (qui n’ouvre ses portes qu’aux sujets ayant démontré avoir un QI supérieurs à 130, soit un peu moins de 2% de la population générale)…

Mais il nous change du godichon calamiteux dont nous avions subi les frasques la semaine passée !

Cependant … Il est bien enrobé, nettement quinquagénaire ce qui n’est pas très canonique…

Et ses élans amoureux naissants à l’adresse d’une jeune femme qui a peut-être trente ans de moins que lui sont d’un ridicule achevé !

Il fallait que Miss Morstan soit bien désespérée pour s’enticher d’un croulant pareil !

Cela étant avec le deuxième plus gros diamant du monde en poche… Elle n’était plus obligée de se caser à tout prix ! Enfin bref…

L’histoire canonique ne paraît pas aussi malmenée que dans l’adaptation du Chien des Baskerville au premier abord.

Cependant en y réfléchissant bien, je me dis que si je retournais lire de près l’œuvre originale je trouverais au moins autant de libertés prises avec le canon que dans l’adaptation de la semaine dernière…

Ma dernière lecture étant un peu ancienne je vous livre les divergences les plus flagrantes.

En effet, exit l’addiction pas très politiquement correcte de Holmes avec la coco à 7% (c’est un film grand public mince ! Même si à 21h30 on a droit à un spot publicitaire Durex expliquant aux vrais zhômes que grâce aux capotes de la même marque ils sont certains de nous donner des orgasmes tonitruants… Un grand moment de solitude pour la mère de famille de jeunes adolescents que je suis ! Franchement j’aurais préféré leur parler des méfaits de la cocaïne injectable plutôt que de la mécanique de mes orgasmes !!! Enfin… ils ont eu la décence de ne pas m’interroger !)…

Et puis… Dans le Canon, Mary ne reçoit pas « juste » le diamant « Grand Mogol », mais se voit mystérieusement adresser des perles précieuses depuis six ans !

Il semble en effet, que la réalisation ait préféré resserrer la temporalité de l’histoire, un parti pris qui selon moi ne s’imposait franchement pas du tout !

En outre, l’estimation du trésor annoncée dans le film est nettement surévaluée par rapport à ce qui est dit dans le canon (500 000£).

Et la surévaluation ne peut même pas être expliquée par une intention de convertir la valeur du trésor en livres des années 80 pour que le public mesure mieux de quoi il retournait car dans ce cas, le dit trésor aurait été nettement sous-évalué !

D’ailleurs, les scénaristes ont préféré commencer par nous expliquer dès le départ le nœud du problème plaçant le spectateur en position de regard omniscient qui sait déjà ce que Holmes recherche, là où le texte original adopte plutôt la progression de nos héros dans leur compréhension de l’affaire, ce qui a le mérite de renforcer le suspense et l’intérêt de la lecture !

Je trouve ce choix déplorable, et bien facile.

En résumé :
Une adaptation relativement correcte mais qui pèche par un parti pris narratif tuant les ressors originaux du suspense du roman, en expliquant trop de choses d’emblée, et en condensant la temporalité du canon, quitte à en modifier quelques détails d’une importance somme toute mesurée.

Ian Richardson est un Holmes convainquant, et l’on regrettera que le Watson campé par Healy ne serve que de faire valoir en surpoids, et puisse se comporter en ado rougissant  devant une jeune femme alors qu’il est déjà quinqua.

À voir à l’occasion…

La Malédiction de la maison Foskett – Les enquêtes de Middleton & Grice – T2 : M.R.C. Kasasian

Titre : La Malédiction de la maison Foskett – Les enquêtes de Middleton & Grice – T2

Auteur : M.R.C. Kasasian
Édition : City Editions (08/03/2017)

Résumé (par Ida) :
March Middleton, après la disparition de son père, médecin militaire, a quitté et vendu la demeure familiale qu’elle ne pouvait entretenir faute de revenus, ne disposant que d’un « maigre héritage » (qui aurait suffit pour nourrir correctement une famille nombreuse de l’Est End… mais pour vivre comme une lady), a été accueillie par son parrain qui a bien voulu devenir son tuteur.

Il s’agit de Sydney Grice, l’insupportable, pédant et arrogant « détective personnel » connu du tout Londres et que consulte régulièrement le Prince de Galle lorsqu’il s’est mis dans une situation embarrassante avec des femmes de petite vertu.

Après avoir résolu ensemble une première enquête (cf le billet de Belette sur « Petits Meurtes à Mangle Street »), l’improbable duo reçoit la visite d’un monsieur qui sollicite son aide.

Un groupe de personnes fortunées sans héritiers a décidé de créer une société dont le principe est transmettre après leur décès les biens de tous ses membres au dernier des vivants.

Afin d’éviter que les membres de l’étrange société ne se trucident les uns les autres pour rafler la mise, Grice est sollicité afin de retrouver les éventuels assassins qui seraient alors probablement pendus par la justice et ainsi exclus du bénéfice éventuel de la succession.

Or, à peine leur a-t-il exposé son marché que le client s’effondre raide mort dans le fauteuil de March Middleton, visiblement empoisonné au cyanure après avoir bu le thé apporté par Molly, la gentille mais pas très futée domestique de Grice, que celui-ci s’amuse régulièrement à insulter sans qu’elle ne s’en rende compte et l’en remercie presque à chaque fois.

Parviendront-ils à éviter aux autres membres de cette société d’héritiers mutuels de passer prématurément de vie à trépas ? Et qui est donc ce Docteur Berry, femme médecin aussi jolie qu’intelligente, que Grice pourtant célibataire endurci et inaccessible à la romance, semble trouver fascinante ?

Ce deuxième volet nous permettra également de mieux découvrir les petits secrets privés de nos personnages évoqués en filigrane dans leur aventure précédente, et de nous rendre compte que… March n’est peut être pas si incapable d’attirer les attentions d’un homme…

Critique (par Ida) :
Dès le départ quelques allusions à certaines affaires célèbres du canon holmésien, que l’auteur via March attribue à Grice, vient nous rappeler que ce ne serait pas Holmes qui a servit de modèle à Grice, mais Grice qui aurait été le modèle dont Conan Doyle se serait inspiré pour créer son personnage légendaire.

Mouais… Permettez moi de n’adhérer que légèrement à ce subterfuge, car c’est Grice qui est la caricature des défauts attribués à Holmes !

Et c’est une caricature trop caricaturale à mon goût. Il est franchement insupportable ce type ! Odieux ! Rabaissant constamment les gens dès qu’il ouvre la bouche. Une saillie ironique de temps à autre aurait largement suffit…

Là c’est tellement fréquent que ça frise la pathologie et laisserait supposer paradoxalement qu’un tel déballage constant d’attaques au narcissisme des autres est révélateur d’un être à l’estime de soi extrêmement fragilisée…

Ce qui ne va pas très bien avec la stabilité mentale et le sang froid dont Grice peut faire preuve par ailleurs. Il est horripilant et j’avoue que ça en devient lassant. Très lassant même.

Ce travers de Grice met en valeur en revanche les côtés sympathique de March Middleton. Pour faire face à un olibrius de cet acabit, il faut manifestement avoir un caractère bien trempé et beaucoup d’esprit. Elle fait heureusement preuve d’un sens de la répartie désopilant, pour notre plus grand plaisir.

Cela étant elle aussi est un personnage trop atypique pour son époque et la modernité de son caractère peu soumis aux normes bourgeoises de l’ère victorienne a quelque chose d’un peu anachronique. Mais sans cette anachronisme, les épouses Pitt, Ross et notre March nous auraient-elle autant plu ? J’en doute !

L’atmosphère du Londres victorien, ses inégalités sociales, ses rues transformées en fossés fangeux où lords et mendiants se croisent, sont bien au rendez-vous.

La complexité de l’intrigue me laisse malgré tout ambivalente. En effet… Il ne faut pas que les intrigues soient trop simples, sinon on s’ennuie. Mais là elle me paraît parfois très alambiquée, de multiples fils s’y entrecroisant, avec ses histoires parallèles… Trop d’infos tue l’info… Et je m’y suis un peu perdue !

Par ailleurs sur la fin, la narration semble souffrir aussi parfois de quelques longueurs, cassant le rythme du dénouement.

En outre… certains éléments de l’histoire que je ne vous révèlerai évidemment pas me semblent assez peu crédibles (voire franchement pas du tout pour qui a quelques notions basiques en rapport avec les champs de savoir scientifiques mis en avant – pour les autres ça peut passer cela étant), tout comme certaines coïncidences « qui font bien les choses lorsqu’il s’agit de se tirer d’un mauvais pas » sont un peu trop nombreuses à mon goût.

Dans un roman qui doit mettre en valeur l’esprit rationnel et scientifique du héros je trouve que c’est un peu décalé. On devrait pouvoir compter plus sur son cerveau que sur les coups de bols dans un tel roman !

J’hésitais dans ma cotation « Sherlock »… Je serais bien allée jusqu’à quatre pour l’impression générale du roman… Mais le côté pénible du personnage de Grice est à la longue très fatiguant et l’abus de ressors peu crédibles pour alimenter le scénario me font revoir ma note à la baisse.

On en restera à trois car même si je deviens exigeante, on passe malgré tout un bon moment, un léger sourire sur les lèvres d’un bout à l’autre, en voyant comment March remet avec art ce malotru de Grice à sa place !

Nous rappelons à notre aimable clientèle que la dame Ida n’est pas rémunérée pour ses chroniques !