Nous, les vivants : Olivier Bleys

Titre : Nous, les vivants

Auteur : Olivier Bleys
Édition : Albin Michel (22/08/2018)

Résumé :
Perché dans les Andes (🇦🇷) à 4200 mètres d’altitude, le refuge de Maravilla défie la raison. C’est là, au ras du vide, que Jonas, un pilote d’hélicoptère venu ravitailler le gardien, se trouve bloqué par une tempête.

Dans la petite maison cernée par les neiges, il fait la connaissance d’un personnage étrange prénommé Jésus que l’on a chargé de surveiller l’improbable frontière entre l’Argentine et le Chili (🇨🇱).

Commence alors, dans l’immense solitude des montagnes, une longue randonnée dont le lecteur – et peut-être le narrateur – ne sait plus très bien s’il s’agit de la réalité ou d’un rêve.

Un roman envoûtant par l’auteur de Concerto pour la main morte et de Discours d’un arbre sur la fragilité des hommes.

Critique :
Lorsque j’ai commencé la lecture de ce roman, je n’ai pas pris la peine de lire le résumé, je savais juste que l’histoire se déroulait dans un refuge des Andes, à la frontière entre l’Argentine et le Chili.

Jonas, pilote d’hélicoptère, est envoyé ravitailler le refuge de Maravilla. Une tempête le bloque avec les deux autres hommes et à partir de là, j’ai mis un moment à comprendre où l’auteur voulait en venir.

Non, non, oubliez les récits d’anthropophagie, de survivalisme ou plus trivial de partouze entre mecs. Rien de tout cela, malgré tout, il y avait comme une atmosphère bizarre dans le récit, comme si tout contribuait à retenir Jonas, le pilote, dans le refuge.

Le récit se lit assez vite, le style est simple, sans pour autant être simpliste. Les décors sont assez bien décrits et l’auteur arrive sans problème à nous immerger dans la neige, le froid et l’immensité des montagnes. La Nature est un personnage à part entière et ne pas l’écouter serait dangereux, à cet endroit.

Si Jonas, le pilote, est normal, les personnages du refuge, par contre, ne sont pas banals du tout. Surtout le vérificateur de frontière, Jésus (non, je ne ferai pas mon mauvais jeux de mots qui pourrait choquer les gens).

Tu fais quoi dans la vie ? Ben je vérifie la frontière entre l’Argentine et le Chili… Ben mon vieux ! Déjà que tu ne portes pas un prénom des plus facile… Même si, en Amérique du Sud, il soit plus courant que dans nos contrées.

Ce roman est un huis-clos qui ne devient jamais oppressant, sauf lorsque l’on se demande si tout n’est pas en train de se liguer contre Jonas, l’empêchant de quitter cette montagne.

L’élément fantastique semble être tout proche et pourtant, non, rien de fantastique, dans le fond. Mais la chute pourrait être brutale, si on ne la voit pas venir… Je l’avais pressentie, malgré tout, ce fut un choc de constater que j’avais raison.

Un roman bizarre, que j’ai lu sans vraiment l’apprécier, mais sans le détester. Pas d’ennui ressenti, mais zéros émotions.

Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°18).

La Villa des mystères : Federico Andahazi

Titre : La Villa des mystères

Auteur : Federico Andahazi 🇦🇷
Édition : Folio SF (2004)
Édition Originale : Las Piadosas (1998)
Traduction : Claude Bleton

Résumé :
Été 1816 : le temps est exécrable sur les rives du lac Léman. Désœuvrés, Lord Byron, Percy et Mary Shelley, Claire Clairmont et le docteur Polidori, hôtes illustres de la villa Diodati, se lancent un défi littéraire : écrire l’histoire gothique ultime, la plus sombre, la plus originale.

Polidori, secrétaire et souffre-douleur de Byron, jaloux du talent de son maître, reçoit d’étranges lettres anonymes qui l’informent de l’existence des jumelles Legrand, des comédiennes scandaleuses, courtisanes, célèbres et méprisées. Et qui surtout lui proposent un étrange pacte littéraire… Qui lui écrit ces lettres scellées à la cire noire ?

Que devra-t-il donner en échange du chef-d’œuvre dont il rêve ? Cette Villa des mystères est le théâtre d’un roman gothique moderne qui explore des régions insoupçonnées, troublantes, de la sexualité, et revisite avec malice un moment fondateur des littératures de l’imaginaire : la création du Frankenstein de Mary Shelley.

Critique :
Un jour, on eut l’idée d’enfermer des gens ensemble, de les filmer et de voir ce qu’il en ressortirait… Rien de terrible n’en était sorti, hormis un mauvais porno dans une piscine et des kilomètres de banalités, de débilités…

Ce que nous avons oublié, c’est que l’idée n’était pas neuve et qu’elle avait déjà été utilisée, accouchant d’autre chose que de ce qui allait devenir de la télé-poubelle.

Dans une villa sur les rives du lac Léman, par temps de pluie, se retrouvent enfermé cinq personnages : Percy et Mary Shelley, Lord Byron, Claire Clairmont ainsi que le docteur Polidori, le secrétaire jaloux de Lord Byron. Ils se font chier comme des rats morts.

De ce séjour, après un pari littéraire (écrire une histoire gothique) qu’elle fut la seule à l’accomplir jusqu’au bout, Mary Shelley enfanta de Frankenstein. Mais pas que… Je n’en dirai pas plus.

Ce roman fantastique est bizarre, limite dérangeant. Le début est un peu foutraque, j’ai même failli abandonner, tant cela me semblait confus et emmerdant au possible. Oui, un peu comme de la télé-réalité, lorsque l’on n’aime pas du tout ça. Puis, j’ai avancé de quelques pages et à partir de ce moment-là, plus moyen de décrocher du récit !

Imaginez un vampire… Créature fantastique se nourrissant à la jugulaire des êtres vivants, suçant leur sang, afin de vivre. Et bien là, nous serons face à une créature étrange, qui, pour vivre, doit aussi se nourrir de la sève d’autrui.

Cette femme difforme, née entre deux jumelles, suce et avale. Je vous laisse quelques secondes pour comprendre de quoi elle a besoin pour vivre…

Si vos pensées sont grivoises, coquines, cochonnes, pas de doute, vous avez tout compris. Messieurs, ne vous réjouissez pas trop vite, elle-même le dit : sa laideur fait rentrer le petit gris dans sa coquille. Quant à ceux qu’il a fallu traire, ils ont fini avec une balle dans la tête…

Ce roman fantastique, glauque, dérangeant (*), n’est pas qu’une réécriture du mythe du vampire. Il y a aussi une sorte d’analogie (en un seul mot), entre la sève pompée des membres de ces messieurs et l’accouchement de ce qui sera donné à certains. Une paternité dont ils seront fiers (ou honteux), heureux, tout en la réfutant, pour certains…

Parce que ce roman raconte aussi un hold-up (dont je ne divulguerai rien de plus), un pacte avec le diable, avec Faust, une partie de son âme que l’on offre (l’âme se niche où elle veut) en échange d’autre chose, une chose désirée et qui serait infâmante, si cela se savait.

Ce récit est parfois à la limite de l’érotisme, il est licencieux, violent. C’est un roman qui parle de naissances, de gestation pour autrui, mais pas dans le sens premier du terme.

De plus, la chute finale est bien amenée, dans la lignée du récit. Avec un récit aussi court, j’avais un peu peur que cela ne se termine en eau de boudin, mais non. On a même envie de rire.

Un roman fantastique qui n’est pas fait pour les enfants (-16 ans), qui risque de mettre un peu mal à l’aise certains lecteurs (ou lectrices). Les passages épistolaires ne m’ont même pas gêné, alors qu’en général, cela coince.

La morale n’est pas sans fondement non plus : lors d’un pacte, rien ne s’acquiert gratuitement, sans que l’on doive payer un tribu, monétaire ou autre. Parfois, on pourrait même y laisser sa raison.

(*) Il y a une scène qui ressemble à de la pédophilie. Un adulte, le précepteur des jumelles, a, avec elles, une relation qui est de la pédophilie. Le consentement des deux jeunes filles n’y change rien, c’est un adulte et il est dit, dans le roman, que les filles venaient de devenir femme. Je suppose qu’elles venaient d’avoir leurs premières règles. En 1816, ce ne devait pas être à l’âge de 12 ans (ou moins, comme dans les années 2000), mais sans doute plus tard. Malgré tout, la scène est gênante…

Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°09).

Abîmes : Sonja Delzongle

Titre : Abîmes

Auteur : Sonja Delzongle
Édition : Denoël – Sueurs froides (09/02/2022)

Résumé :
Janvier 1999. Viktor Mendi, un homme d’affaires, et son épouse s’écrasent avec leur avion de tourisme dans le massif pyrénéen du Mont-Perdu, à la frontière franco-espagnole.

Vingt-quatre ans plus tard, leur fils, Antoine, arrive dans la région. Auparavant en fonction chez les chasseurs alpins, il vient d’obtenir sa mutation dans la gendarmerie du village natal de son père.

Très vite, sa supérieure, la redoutable capitaine Elda Flores, comprend que sa nouvelle recrue lui cache quelque chose. Quel secret obsède Antoine ? D’où lui vient cette défiance envers les habitants du village ?

Quels liens entretient-il avec la communauté qui vit en autarcie dans la forêt voisine, et notamment avec la mystérieuse Miren ?

Lorsqu’un berger découvre dans son pré sept bonhommes de neige disposés autour du message « Ont vous auras », tracé dans la poudreuse, le village est saisi d’effroi.

Critique :
Sur le bandeau-titre, il est écrit « Sonja Delzongle au sommet ». Oui, au sommet de la montagne.

Une fois de plus, je ressort mitigée de ma lecture d’un roman de cette autrice, comme c’est souvent le cas (hormis avec Boréal). Il y a du bon, mais aussi des choses qui m’ont un peu écorchés au passage.

Passons en revue ce qui a moins bien été avant de passer à ce que j’ai apprécié, me laissant le cul entre deux chaises sur mon ressenti.

Tout d’abord, les personnages qui habitent dans un village retiré, près de Bagnères-de-Bigorre, dans les Hautes-Pyrénées, non loin de la frontière espagnole. Les portraits sont brut de décoffrage, sans nuances.

Cela m’a donné l’impression que le berger Mathias était un gros rustre (notamment dans sa manière de prendre son épouse, par devant, par derrière, sans demander si elle a envie), assez violent, n’hésitant pas à assommer une jeune fille et à l’abandonner dans la neige…

La ruralité en prend plein la gueule, comme si nous avions affaire à des Cro-Magnon. Notamment avec cet autre berger qui, découvrant une jeune fille endormie dans sa grande, baisse déjà son froc pour la violer, bâton de berger pointé en avant. Hé ben…

N’oublions pas un homme qui a tout du pédophile, une communauté qui vit à l’écart, tel des Hommes des bois, un adulte qui a encore son ami imaginaire et une personne qui, sous le coup de la culpabilité, se flagelle tous les soirs. Heu ? Pas de soucis le lendemain pour s’habiller, s’appuyer sur un chaise, sur le siège de la voiture, pour se mouvoir ? Ben non.

Les portraits étaient sans concession aucune, trop chargés, comme si tous les tarés s’étaient donné rendez-vous dans ce petit village et comme si le malheur avait installé une succursale dans ce petit village, tellement on va y mourir. Les personnages de Game Of Thrones ont de la concurrence.

Certaines choses s’éclairciront ensuite dans mon esprit, au fil du récit, malgré tout, trop de morts, trop de malheur, trop de violences, trop de personnages vils, ça flingue un récit. Trop est l’ennemi du mieux.

L’autrice sait pourtant y faire pour décrire les lieux, les atmosphères : dans ce roman, la montagne, elle vous gagne vraiment ! J’avais beau lire au soleil, je marchais dans la neige, chaussée de raquettes. C’est une des raisons pour laquelle j’apprécie les romans de cette autrice : les atmosphères ont de la gueule !

Ce thriller est addictif, en plus. Bourré de mystères, bourré de suspense, sans vraiment de temps morts, il se dévore plus qu’il ne se lit, tant on a envie de connaître le fin mot de l’histoire qui a commencé avec un suicide en avion et s’est poursuivit, 20 ans après, avec des bonhommes de neige inquiétant (qui ne feront pas flipper le village).

Si certains portraits s’éclairciront au fil du récit, d’autres s’obscurciront, entraînant les lecteurs (et les enquêteurs) dans un maelstrom de confessions, de témoignages, de fausses-pistes, d’erreurs, d’aventures un peu folles et de nombreux twist. Ça twiste beaucoup et pourtant, on n’est pas à Saint-Tropez.

Et la bât a de nouveau blessé. Trop c’est trop. Si comme moi, vous en déduisez un premier, puis que vous aussi, vous rectifiez votre tir avant la gendarme enquêtrice, pas de panique, il restera encore assez de twist que pour vous étourdir, et ce, jusqu’au dernier moment.

Trop de rebondissements tuent les rebondissements. Il y a tellement de fausses pistes, avant d’arriver à la solution finale, qu’il y a moyen de perdre le fil des infos. Tout le monde sera suspecté, tout le monde passera sur la sellette, à tel point qu’à la fin, le nom du coupable d’imposera facilement puisque ce sera le seul à ne pas avoir été soumis aux interrogatoires : le chien !

Malgré tout, il faut reconnaître (et rendre à César) que Sonja Delzongle maîtrise de bout en bout son récit, qu’elle sait tenir le public en haleine, distiller des infos (fausses ou vraies) afin de maintenir la pression sous la bouilloire du suspense, transformant le lecteur en une boule de flipper qui va aller se cogner dans tous les sens.

Ai-je aimé ma lecture ? Oui, absolument, elle était addictive, intrigante, intéressante, mouvementée et ne m’a pas laissé beaucoup de répit. Mais…

J’ai eu l’impression de déguster un dessert, qui aurait été excellent, si on ne l’avait pas recouvert de toute cette chantilly, de sucre, de chocolat, le rendant un peu lourd et indigeste, finalement, tant les retournements de situation sont nombreux. À la fin de ce roman, j’ai dû réfléchir, afin d’être sûre d’avoir tout bien compris qui était qui, qui avait quoi, comment et pourquoi.

Un thriller original, avec du potentiel, un suspense de dingue, des révélations en cascade, où le mystère est épais comme un smog londonien, mais un super récit caché sous de trop nombreuses couches.

Dommage, mais cela ne m’empêchera pas de lire les prochains romans de l’autrice afin d’y trouver ce que j’aime et de soupirer sur ce qui lme plaît moins.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°198].

Sherlock, Lupin & moi – 13 – Le souterrain mortel : Irene Adler

Titre : Sherlock, Lupin & moi – 13 – Le souterrain mortel

Auteur : Irene Adler
Édition : Albin Michel Jeunesse (01/04/2022)
Édition Originale : Sherlock, Lupin & Io : Doppio finale (2016)
Traduction : Béatrice Didiot

Résumé :
New York, hiver 1873.
Irene a commencé une nouvelle vie dans la capitale américaine, mais sa famille et ses deux grands amis Sherlock et Arsène lui manquent terriblement.

Alors, pour tromper l’ennui, elle se remémore la dernière enquête à laquelle l’inséparable trio a eu affaire quelques mois plus tôt.

Une enquête bien étrange qui les a menés jusque dans les souterrains de Londres – une véritable ville sous la ville ! – et qui n’a pas manqué de leur donner du fil à retordre…

Critique :
Puisque j’avais acheté le tome 12 avec du retard, j’ai eu au moins la chance de ne pas devoir attendre trop longtemps pour lire (dévorer serait plus juste) le tome 13.

Le tome précédant se terminait de manière abrupte, avec un changement important dans notre trio d’amis (je n’en dirai pas plus).

Cette nouvelle enquête n’apportera rien à ce hiatus, car elle est un peu à la manière du « Chien des Baskerville » (publié après la mort de Holmes, mais se déroulant avant sa chute dans les chutes).

Irene, le coeur en berne, loin de nos amis, se remémore une de leur aventure qui avait eu lieu avant les événements tragiques du tome 12 (payez-moi et je vous dirai tout). Nous n’en saurons donc pas plus, pour le moment, sur ce qu’il va se passer depuis…

L’enquête, une fois de plus, commence gentiment, avec nos amis assis devant un chocolat chaud. Un homme entre, demande un gin, puis un thé (puisqu’on ne sert pas d’alcool là où ils se trouvent) et raconte sa mésaventure à nos trois amis. Sherlock était en manque de mystères, il va être servi !

Le plus gros bémol de ce roman (et de toute la saga) est qu’il se lit trop vite. Est-ce ma faute si je les dévore en quelques heures tant je suis fan de cette série ?

Le point le plus fort, c’est que ces romans ne prennent pas leurs jeunes lecteurs pour des imbéciles. Le style d’écriture est simple, mais pas trop simpliste, juste facile à lire pour le public ciblé des 10 ans et plus.

La triste réalité de certaines personnes n’est jamais cachée, sans pour autant que les auteurs en rajoutent et sombrent dans le glauque. Ici, nous apprendrons qu’il y a des enfants qui vivent seuls, dans la misère, dans la délinquance, sans pour autant que l’on entre dans les détails. L’adulte comprendra, l’enfant se contentera de ce qu’il lit.

Sans révolutionner le polar, cette enquête est dynamique, amusante, entraînante et se déroulera dans des lieux que j’ai toujours adoré (un vieux rêve d’en découvrir un) et qui me font un peu frissonner (mais pas de trop).

Précédant Sherlock de peu, j’avais compris ce qui avait été visé, mais lui, avait une vision complète de toute l’affaire. Ma foi, je pourrais faire partie de la bande !

Une lecture agréable, rafraichissante et qui fait oublier, durant quelques temps, les merdes de la vie réelle (et je ne dois pas me plaindre).

Une très bonne saga, autant pour les plus jeunes que les moins jeunes, comme moi…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°194].

Sherlock Holmes et l’affaire des noyades bleues : Jérôme Hohl

Titre : Sherlock Holmes et l’affaire des noyades bleues

Auteur : Jérôme Hohl
Édition : Astrid Franchet (16/11/2021)

Résumé :
Londres 1903. Sherlock Holmes est au plus mal. Watson est appelé au célèbre appartement de Baker Street, dans lequel le détective a provoqué un incendie.

Un accident selon Holmes, qui ne semble plus maîtriser son addiction aux psychotropes, surtout depuis une malheureuse affaire de prise d’otage dans laquelle il a échoué et qui a contribué à brouiller les deux amis. La réputation de Holmes est sévèrement entachée.

Mycroft, son frère, et Watson vont essayer de réveiller l’enquêteur en lui. Une affaire de mystérieuses noyades tombe à point nommé. Et si Sherlock et Watson entreprenaient le voyage sur le continent pour démontrer au monde que Sherlock Holmes est toujours le plus brillant des détectives ?

Critique :
Comme je l’ai souvent dit, le format court va mieux aux enquêtes de Sherlock Holmes, que le long.

Il vaut mieux une petite nouvelle qui frétille, qu’un long roman qui roupille.

Dans le cas de ce roman, la taille est parfaite, ni trop courte, ni trop longue.

Le rythme est bien géré : on prend son temps de développer l’histoire, de mener l’enquête, de suivre les pistes, d’étoffer le récit de détails historiques, de donner de l’épaisseur aux personnages, le tout sans se perdre dans des choses inutiles.

L’enquête est bien menée, remplie de mystères et pas simpliste du tout, puisque j’ai été surprise des révélations découvertes par Holmes. Là, je suis ravie.

Évidemment, j’ai deux bémols à faire (sinon, ce ne serait pas moi) : le premier concerne les personnages de Holmes et Watson. Non, pas de panique, ils sont canoniques.

Mais nom de Zeus, à l’époque victorienne comme à l’époque édouardienne, ils n’utilisaient pas leurs prénoms pour l’un de l’autre ! Qu’on laisse les prénoms de Sherlock et de John pour notre époque contemporaine. Ici, dans le récit, l’auteur commence avec les prénoms puis passe définitivement aux noms de famille, avant de revenir de temps en temps aux prénoms.

L’autre bémol, plus important, est sur le fait que les auteurs nous ressortent encore et toujours Vous-Savez-Qui ! Alors, je peux comprendre (et admettre) qu’on utilise ce méchant canonique avant 1891, mais pas ensuite. Il est tombé dans le gouffre, qu’on l’y laisse pourrir et qu’on ne l’en ressorte plus, merci ! J’apprécierais que les auteurs nous en inventent des autres, les méchants ne manquent pas dans la vie réelle…

Ces bémols ne sont que le reflet de mon opinion, ils n’engagent que moi et ne sont pas rébarbatifs, c’est juste l’expression de ma pensée. Ils n’entravent rien au plaisir de lecture, si ce n’est une mini exaspération de ma part.

Le point fort du roman est que l’enquête est cohérente, pas simpliste, possédant un rythme ni trop lent, ni trop rapide et que les personnages de Holmes et Watson ne s’écartent pas de leurs originaux.

Holmes est comme nous le connaissons, dépressif, en proie à ses démons intérieurs, passant d’un état exalté à celui de plus apathique, intransigeant avec les autres et face à un Watson qui ne sait plus quoi faire pour le garder dans le droit chemin. Leur amitié à pris un coup, mais elle est toujours présente.

Anybref, ceci est un très bon pastiche holmésien, l’Historique de l’époque est présent, sans recouvrir le récit, les décors de la ville de Colmar sont bien restitués, sans que cela empiète sur le récit, l’auteur intégrant bien tous les ingrédients à son gâteau, sans forcer sur le sucre et le gras.

Une lecture qui m’a agréablement surprise et j’espère qu’il y aura une suite, de la même qualité scénaristique.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°187].

Loveday et Ryder – 05 – Feu d’artifice mortel : Faith Martin [LC Bianca]

Titre : Loveday et Ryder – 05 – Feu d’artifice mortel

Auteur : Faith Martin
Édition : HarperCollins Noir (02/02/2022)
Édition Originale : Ryder and Loveday, book 5: A fatal truth (2020)
Traduction : Benjamin Kuntzer

Résumé :
5 novembre 1961 : la famille Hughes se prépare à célébrer la nuit de Guy Fawkes avec pétards et feux d’artifice. Tous sont rassemblés dans le jardin, quand le cabanon dans lequel sont entreposées les fusées s’embrase, causant la mort du patriarche, Thomas Hughes, enfermé à l’intérieur.

L’autopsie conclut rapidement à la mort par asphyxie et le coroner, Clement Ryder, classe l’affaire sans suite.

Mais le lendemain, Duncan Gillingham, un journaliste ambitieux, publie dans l’Oxford Tribune un article accusateur : la justice aurait bâclé le dossier. Selon lui, la famille cacherait la vérité et le décès serait suspect.

Pour calmer l’opinion, l’inspecteur Jennings confie l’enquête à la jeune policière Trudy Loveday. Très vite, celle-ci se tourne vers Clement Ryder. Ils n’auront pas trop de leurs forces réunies pour tenter de percer les mystères du clan Hughes…

Critique :
En 1605, Guy Fawkes avait foiré son complot visant à faire péter le parlement anglais… Son fantôme ne loupa pas son coup, ce 5 novembre 1961, puisqu’il fit sauter le cabanon de jardin.

Oui, la conspiration des poudres, version 1961, a fait péter une cabane au fond du jardin (♫), réduisant en morceaux son proprio, Thomas Hughes.

Chouette, voici une nouvelle enquête d’un duo que j’apprécie tout particulièrement : la policière Trudy Loveday et le coroner Clement Ryder.

Pourtant, à bien y regarder, ceci n’est pas un meurtre, juste un accident malheureux dû à l’imbécilité humaine : les feux d’artifices pour célébrer la Bonfire Night n’étaient pas conservés dans des caisses métalliques et, à cause des feux de joie allumés, sous grand vent, un brandon a malencontreusement allumé le feu (♪).

Désolée, après vous avoir collé du Laurent Gerra dans la tête, je vous y fourre à présent du Johnny…

Nous sommes en novembre, mais un journaliste décide de nous la faire « Oui mais ! » (cherchez, vous trouverez). Et ce n’était pas un accident ? Et s’il y avait des squelettes dans les placards de la famille Hugues ? Avec des « si », on mettrait Paris en bouteille et Loveday & Ryder sur l’affaire.

Ce cinquième tome est un peu plus calme que les précédents, nos deux enquêteurs pensant juste qu’ils sont en train de perdre leur temps à chercher un loup où il n’y en a pas. Oui, la famille Hugues n’est pas exempte de casseroles (eux beaucoup casseroles), mais de là à dire que c’est un meurtre, hein ho, faudrait pas pousser bobonne dans les orties.

Comme dans tous ses autres romans, l’auteur nous dresse un portrait sans concession de la société anglaise de années 60 (fin 50, début 60), ces années où les femmes avaient peu de droit, étaient mères au foyer, ou secrétaires, où les machines à laver commençaient à arriver chez les ménagères et où la phallocratie était reine ! Ou roi, pour ne pas froisser le machisme de certains.

On me signale d’ailleurs que cette maladie extrêmement contagieuse est toujours présente dans nos sociétés et qu’il n’existe pas encore de vaccin…

Anybref, ces enquêtes ne sont pas à découvrir pour le tempo du récit, qui n’a rien d’un 24h chrono, notre duo prenant leur temps, explorant plusieurs pistes, ainsi que la personnalité des différents suspects. Ce sont des tranches de vie des années 60 qui se déroulent sous nos yeux, comme si nous regardions une vieille série policière, et moi, j’adore.

J’ai eu beau triturer mes méninges, impossible de déduire ce qui allait se produire lors du final, impossible aussi pour moi de trouver si l’un ou l’autre des interrogés étaient coupables ou innocents, même de savoir à coup sûr si c’était un accident ou bel et bien un meurtre.

Je me suis laissée porter par leurs pérégrinations dans cette famille, assistant à tous les interrogatoires et je n’a rien vu venir. Ce qui me fait toujours plaisir.

Pour le moment, je n’ai pas été déçue des enquêtes de ce duo atypique, mais qui fonctionne bien et j’ai encore l’intention de suivre leur aventures, avec ma copinaute Bianca, je l’espère, parce que, une fois de plus, nous sommes raccord sur nos impressions de lecture.

Vous en voulez la preuve ? Elle se trouve ici !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°185].

Sherlock, Lupin & Moi – 12 – Le bateau des adieux : Irene Adler

Titre : Sherlock, Lupin & Moi – 12 – Le bateau des adieux

Auteur : Irene Adler (Alessandro Gatti et Pierdomenico Baccalario)
Édition : Albin Michel Jeunesse (05/01/2022)
Édition Originale : Sherlock, Lupin & Io – 12 : La nave degli addii (2017)
Traduction : Béatrice Didiot

Résumé :
Après avoir découvert qu’elle est l’héritière du prince Hartzenberg de Bohême, assassiné pour ses idées progressistes, Irene retrouve sa mère biologique. Elles sont en danger car, depuis l’assassinat du prince, la Bohême est en proie aux divisions.

Pour leur sécurité, Irene et sa mère sont emmenées dans une vieille maison isolée au pays de Galles. Mais peu de temps après leur arrivée, plusieurs incidents étranges, pouvant s’apparenter à des menaces, forcent Irène à faire appel à l’aide de ses comparses de toujours : Sherlock et Lupin.

Les trois détectives se lancent alors dans l’enquête la plus difficile qu’ils aient jamais eu à mener. Une enquête dont la résolution risquera de chambouler leur amitié à jamais…

Critique :
C’est dans un coin perdu du Pays de Galles que nous retrouvons Irene Adler, qui se fait chier comme un rat port puisqu’elle est confinée dans une grande maison, avec interdiction de passer la grille du parc.

Le tout pour sa sécurité puisque des vilains méchants voudraient l’éliminer afin qu’elle ne monte jamais sur le trône de Bohême, déjà occupé par un homme, usurpateur, bien entendu.

Non, non, ceci n’est pas Game of Thrones version jeunesse ! Notre Irene n’en a rien à battre du trône de Bohême et la chanson d’Aznavour n’existant pas encore (la bohème, qui ne veut rien dire du tout), elle ne risque pas qu’on la lui chantonne afin de la faire changer d’avis.

Irene n’a rien d’une princesse, elle s’est coupée les cheveux, marche à pieds nus et ne rêve que d’une chose : enquêter avec Sherlock et Arsène, ses deux amis, bien loin d’elle. Ils nous manqueront durant une partie du récit, leur arrivée se déroulant plus loin dans le récit.

Comme d’habitude, nous avons beau être dans de la littérature jeunesse, les auteurs italiens ne prennent pas leur public pour des branquignoles ou des débiles. Les phrases sont simples, certes, mais pas neuneus et malgré l’intitulé « jeunesse », une personne proche d’Irene s’est tout de même faite assassiner dans un tome précédent.

Les intrigues ne casseront pas une pipe calebasse à Holmes (normal, il n’en utilisait pas), mais elles sont de l’âge des enquêteurs, c’est-à-dire 14 ans. Et pour leur âge, ils ont déjà vécu quelques aventures spectaculaires, pris des risques, et résolu des enquêtes que les flics n’avaient pas réussi à résoudre.

Ce qui fait que si nous ne sommes pas dans un niveau à la Agatha Christie, avec un final à vous trouer le cul (et je reste polie), nous ne sommes pas non plus face à des énigmes faciles. Bien souvent, je n’ai rien vu venir et ce fut encore cas ici. J’ai été taclée puisque je n’avais rien soupçonné. Les auteurs m’ont bien enfumés et je les remercie.

Ce douzième tome est différent des autres, l’insouciance des premiers n’existe plus, nos ados grandissent et, comme dans les aventures de Harry Potter, le niveau s’élève, grandissant avec les lecteurs et les personnages.

D’ailleurs, ce final est assez triste, inattendu (même si on se doutait qu’il devait arriver) et il tire un trait sur des promesses faites par notre trio sympathique.

Heureusement qu’il y a encore d’autre aventures ensuite, sinon, cela aurait pu être un final de série tout à fait acceptable, mais, hélas, bien douloureux. Le prochain est annoncé pour le 1er avril et si ce n’est pas un poisson, je serai au rendez-vous afin de savoir comment notre trio va évoluer et se retrouver.

Une série jeunesse bien sympathique, aussi bien pour les plus jeunes que pour les adultes, avec des intrigues correctes, bien réalisées et des personnages qui collent au plus près aux canoniques, même si, étant jeunes, on peut changer un peu leur personnalité, puisqu’ensuite, on pourra utiliser des faits arrivés durant leur jeunesse pour faire d’eux ce qu’ils seront plus tard et, ainsi, relier le tout.

♫ La bohème, la bohème
On était jeunes
On était fous
La bohème, la bohème
Ça ne veut plus rien dire du tout ♪

La bohème : Charles Aznavour / Jacques Plante

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°184].

Les Détectives du Yorkshire ‭–‬ 07 ‭–‬ Rendez-vous avec la menace ‭:‬ Julia Chapman

Titre : Les Détectives du Yorkshire ‭–‬ 07 ‭–‬ Rendez-vous avec la menace

Auteur : Julia Chapman
Édition : Robert Laffont La bête noire (25/11/2021)
Édition Originale : Date with betrayal
Traduction : Dominique Haas et Stéphanie Leignie

Résumé :
Après un enlèvement qui l’a terrifiée, Delilah Metcalfe tente de retrouver ses esprits. Or les ennuis ne font que commencer : elle a découvert qu’une menace pesait aussi sur son coéquipier et prétendant Samson O’Brien.

Pour le protéger d’une mort certaine, elle va devoir prendre ses distances avec lui alors même qu’elle vient de propulser les émotions de son partenaire à des sommets étourdissants…

Et convaincre les habitants de Bruncliffe de l’aider ! Hélas, nombreux sont celles et ceux qui ont des griefs envers Samson. Car qui fait du tort à un seul en menace beaucoup..

Critique :
Au début de ce tome, on fait un retour en arrière de deux jours, puis de 24h, afin de nous remettre dans l’esprit les derniers événements et de commencer sur le Jour J.

Oups, encore deux retours en arrière, avant de repartir en avant On avance, on recule… Comment veux tu que je…

Bon, stop avec les va-et-vient, faudrait y aller maintenant. Faut conclure, sinon je vais clamser.

Le suspense était à son comble depuis la fin du tome 6 et j’aimerais connaître la suite, les derniers événements étant encore tout frais dans ma mémoire.

Se déroulant quelques heures après le final du tome 6, celui-ci se déroule de manière différente puisque les quelques petites enquêtes confiées à Samson & Delilah en début de récit ne trouveront pas leur conclusion dans celui-ci. Ils n’ont même pas eu le temps de mener l’enquête, pour certains.

Delilah, jouant au Napoléon de la stratégie, va tout mettre en œuvre pour tenter de sauver son ami Samson de ceux qui veulent lui faire prendre un ticket pour le boulevard des allongés. Problème : Samson est le mouton noir du village et personne n’a envie de lui filer un coup de main.

Cet épisode est rempli de suspense et la tension fut à son comble durant le jeu du chat et de la souris. Je me suis répétée, comme un mantra, que l’autrice ne pouvait pas tuer ses personnages fétiches, que c’était interdit par les conventions du cosy-mystery et par les fans de la saga.

Ma tension artérielle est tout de même montée de plusieurs crans et il aurait été impossible de me faire décrocher du passage avec le pull aux couleurs criardes.

Pensant regarder la lune, je me suis rendue compte, ensuite que, telle le fou, je regardais le doigt. Ah bravo, mieux entubée que par un politicien ! Dans la littérature, j’adore lorsqu’on joue avec mes convictions, mes présomptions, avec mes pieds. Rien vu venir.

Le récit est maîtrisé de bout en bout, doté d’humour pour compenser la tension. Ce n’est pas très réaliste, sachant que la première chose qui foire dans le plan de bataille, c’est le plan de bataille lui-même.

Dans la littérature des cosy-mystery, ça passe comme une lettre à la poste. Et puis, cela met en valeur le côté village de Bruncliffe où tout le monde se connait et où l’étranger à la région est vite repéré.

Les citadins débarquant dans les bleds ont souvent tendance à confondre la campagne avec la ville et ne se méfient jamais des pièges tendus par l’environnement. Faut être sur ses gardes, à la campagne, surtout dans le Yorkshire.

Une chose que j’apprécie tout particulièrement dans cette série, c’est que les personnages ne sont pas toujours ceux que l’on pense au départ : les bougons, les bourrus, les avares de tendresse, de compliments, de délicatesse, révèlent leur personnalité cachée au fil des tomes, ouvrant de temps en temps leur cœur, juste brièvement, nous laissant apercevoir l’humain sous la peau d’ours.

La mention spéciale revient à Ida Capstick, à Troy du pub et au père de Samson. Il y avait de l’émotion lorsque le père de Samson avoue devant tout le monde les raisons de sa dispute avec son fils et Ida montrera aussi son émotion lorsque tout basculera vers le mauvais côté.

Tout trouvera sa place au moment de l’explication finale, sauf encore quelques mystères qui restent et qu’il va falloir résoudre. Mais au moins, des vieux contentieux sont vidés et il était temps.

Les détectives du Yorkshire est un cosy-mystery qui vole plus haut qu’on ne le pense, qui a tout compris de l’esprit de clocher d’un village et qui met en scène des personnages attachants, qui évoluent, qui changent, qui ne dévoilent pas tout au premier rencart.

Les intrigues ne sont pas neuneu, ni simplistes, mais intelligentes, à tel point qu’il est difficile de trouver le fin mot avant leur résolution (même si j’ai parfois trouvé une partie de la solution).

Morte-couille, je vais devoir attendre avant de pouvoir me jeter sur le tome 8 ! Je suppose que Bianca me suivra dans une nouvelle LC. Celle-ci était réussie, ce n’est pas elle qui dira le contraire dans son avis que je vous invite à aller lire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°174].

Sherlock Holmes et les Romanov : Pascal Malosse

Titre : Sherlock Holmes et les Romanov

Auteur : Pascal Malosse
Édition : De l’Antre (01/06/2021)

Résumé :
En ce début de XXème siècle, la Côte d’Azur est l’incontournable destination de villégiature de l’aristocratie européenne.

Anglais, Russes, Italiens, Prussiens viennent s’enivrer à la douceur de la vie niçoise. Hélas, dans l’ombre des palais édifiés pour le bonheur de ces illustres visiteurs, un complot se trame : un groupe anarchiste fourbit ses bombes meurtrières.

Sous le soleil de la Baie des Anges, le célèbre détective londonien, plus habitué au « smog » de la capitale britannique, ne risque-t-il pas de perdre sa légendaire sagacité et d’échouer à empêcher un terrible attentat contre la famille impériale russe ?

Critique :
Lorsque j’entre dans une librairie pour acheter un titre bien précis, le hasard me fait souvent tomber sur de l’inattendu.

Ce fut le cas pour ce petit pastiche holmésien, dont je ne connaissais pas l’existence et qui est venu frapper mon regard qui errait sur les étagères du rayon « polar ».

Pour être court, il l’est ! C’est le format d’une nouvelle, guère plus, ce qui est parfait pour une enquête de Sherlock Holmes : ni trop court, ni trop long.

Le caractère des personnages est assez conforme aux originaux, sauf que Watson appelle à un moment donné son ami par son prénom. Sinon Watson est comme d’habitude : il ne voit rien, comme le lecteur.

Holmes se fendra de quelques déductions, ne dira rien sur l’enquête en cours et se réservera le côté de la surprise.

L’enquête n’a rien d’exceptionnel, elle est correcte. La vie des Romanov est menacée par des anarchistes et Holmes doit trouver qui leur en veux, tout en déjouant un possible attentat.

Peu de détails sur les décors, peu de détails sur l’Histoire aussi. Le roi étant George V, nous pouvons en déduire que nous sommes entre 1910 et 1914, puisque la Première Guerre Mondiale n’a pas éclatée.

C’est un petit polar historique qui se lit assez vite, qui est plaisant, sans pour autant casser trois pattes à un tsar de Russie. Nous apercevrons juste la famille royale, rien de plus, ce qui est dommage pour ceux ou celles qui auraient aimé qu’ils soient plus présent (comme moi). La diplomatie est une chose obscure…

Une petite enquête honnête, correcte, agréable à lire, sans pour autant avoir un final à couper le souffle. Malgré tout, ce petit pastiche ira dans l’étagère des « bons pastiches » et non dans les daubes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°168] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 74 pages).

Petits meurtres en campagne ‭– 01 – Les ‬Enquêtes de Lady Hardcastle ‭:‬ T.E Kinsey [LC avec Bianca]

Titre : Petits meurtres en campagne ‭– 01 – Les ‬Enquêtes de Lady Hardcastle

Auteur : T.E Kinsey
Éditions : City (2021) / City Poche (2022)
Édition Originale : Lady Hardcastle Mysteries, book 1: A Quiet Life in the Country (2016)
Traduction : Karine Forestier

Résumé :
Veuve excentrique au passé secret, Lady Hardcastle quitte Londres pour s’installer à la campagne. Accompagnée de Florence, sa femme de chambre qui pratique avec assiduité les arts martiaux, elle compte y trouver le repos, loin de la vie trépidante menée dans les colonies de l’empire britannique.

Mais la campagne peut vite se révéler pleine de surprises, notamment lorsque les deux compères découvrent un cadavre pendu à un arbre. Suicide ? Lady Hardcastle, curieuse de nature, n’y croit pas et elle décide de prendre les choses en main. D’autant que les policiers locaux n’ont pas l’air très futés.

Lady Hardcastle et Florence plongent dans les nombreuses rivalités et les intrigues de leur village d’adoption. Et tout se complique lorsqu’un autre meurtre est commis… Pour les deux détectives amateurs, le tea time attendra, car une chose est certaine : la vie à la campagne n’a rien d’un long fleuve tranquille !

Critique :
Le romans policiers cosy mystery ont le vent en poupe. Tant mieux pour les fans du genre.

Bien que j’apprécie en lire de temps en temps, ce que je cherche surtout dans ce genre de littérature, c’est qu’il y ait de la profondeur ou de l’humour.

« Les détectives du Yorkshire » restent en haut de l’affiche pour leur profondeur dans les scénarios et les personnages.

Quant aux « Enquêtes de Lady Hardcastle », elles se classeront dans le registre de l’humour, de la fraicheur et des bons moments de lecture.

Pas trop de manichéisme dans les personnages (comme j’ai déjà eu la blague dans un autre cozy) principaux ou les secondaires. Lady Hardcastle est une femme assez libre, veuve, qui a vécu des aventures un peu folles avec sa dame de compagnie, Florence Armstrong.

Non, non, pas des aventures sexuelles ! M’enfin ! Des aventures à la Bob Morane, mais en moins violentes ou rocambolesques. L’auteur nous divulguera un petit peu de leurs passés respectifs, sans trop nous en dire. Juste ce qu’il faut pour piquer notre curiosité et l’assouvir un peu.

En 1908, une lady, veuve, qui mange avec sa dame de compagnie, ça fait un peu grincer les dents chez certains, mais ça passe pour une excentricité.

Le socialisme commence à émerger en Angleterre et il est encore considéré comme un gros mot. Le clivage entre les aristocrates et les petites gens est toujours en cours, les domestiques révèrent notre Lady à cause de son statut et considère l’inspecteur comme un moins que rien, puisqu’il ne possède pas de titre de noblesse, lui.

Autre temps, autre mœurs. L’auteur a bien représenté ce clivage entre ceux du tiroir d’en haut et ceux des tiroirs d’en bas, bien que Lady Hardcastle ne se comporte jamais comme une peau de vache avec les domestiques. Elle sait leur parler, les flatter.

C’est une excentrique (elle aime le cinéma, oh my god, shocking !) et son personnage est une bouffée d’air frais tant ses petites réparties ne sont jamais dénuées d’humour. Sa dame de compagnie n’est pas en reste non plus.

Leur duo fonctionne très bien et si la résolution ne froissera pas trois poils de moustache à Poirot, je n’avais tout de même rien vu venir. Avec les deux enquêtes, il y avait moyen de se perdre dans les mobiles exact ou les suspects. Pourtant, nous avons eu des indices.

Anybref, voilà une lecture distrayante, amusante, remplie de fraîcheur, d’humour, de bonnes répliques. Le tout dans une époque où les clivages entre les classes sont toujours présents et où les droits des femmes sont quasi inexistants.

Je remercie Bianca de m’avoir proposé cette LC car c’est une réussite. Suivez le lien et vous saurez tout !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°161].