Le sixième soleil – Tome 1 – Tezcatlipoca : Laurent Moënard et Nicolas Otéro

Titre : Le sixième soleil – Tome 1 – Tezcatlipoca

Scénariste : Laurent Moënard
Dessinateur : Nicolas Otéro

Édition : Glénat – Vécu (2008)

Résumé :
Janvier 1917. Pendant que l’Europe se déchire en boucheries guerrières, le Mexique (🇲🇽) entame sa huitième année de révolution, organismes de défense des paysans, comités de soutien aux grands propriétaires terriens, milices pro ou anti-américaines : toutes les sensibilités s’expriment avec violence dans ce pays troublé.

Et c’est cet instant que choisit justement l’État-Major allemand pour débarquer dans le plus grand secret au Mexique afin de proposer à son président une alliance militaire contre la restitution des territoires annexés par les Américains.

Menés par de bas intérêts humains et politiques, les dirigeants des deux pays vont sans le savoir réveiller la lutte millénaire entre Quetzalcoatl, le dieu serpent à plumes, et son ennemi juré Tezcatlipoca…

Critique :
En 1917, en Europe, la Première Guerre Mondiale fait rage. Au même moment, un sous-marin allemand débarque 4 hommes en toute discrétion, non loin de Vera Cruz, au Mexique.

Les Allemands ne veulent pas que les américains entrent en guerre et ils magouillent en schmet pour que le Mexique se rallie à la cause allemande et attaque les États-Unis si ceux-ci font mine de vouloir s’engager dans la guerre.

La récompense ? Que le Mexique puisse annexer le Texas, le Nouveau Mexique et l’Arizona…

Pas de bol, la première chose qui foire, dans un plan de bataille, c’est le plan de bataille lui-même ! Voilà nos émissaires prisonniers d’un un groupe de révolutionnaires mexicains. Au Mexique, cela fait 8 ans que la révolution dure.

Pour les dessins, je ne deviendrai pas fan de ceux de Nicolas Otéro. Les traits des visages sont anguleux, moches et peu expressifs.

Si le scénario commence avec des faits historiques comme le Télégramme Zimmermann (*) et la révolution Mexicaine, il y a aussi un autre élément important : la mythologie aztèque. Les dieux Quetzalcóatl et Tezcatlipoca sont ennemis depuis toujours et se sont déjà battus.

Hélas, on a l’impression qu’on force le raccord entre les révolutionnaires mexicains, qui ont fait appel à la cavalerie américaine pour prendre en charge les prisonniers (contre des armes et du fric) et l’arrivée de la grande prêtresse qui voit dans un prisonnier allemand la réincarnation de Quetzalcóatl.

Tout est brutal, violent (oui, je sais, ce n’est pas l’époque des Bisounours) et arrive un peu trop précipitamment, alors que nous ne savons que peu de choses sur les différents protagonistes de l’histoire.

La mise en page de certaines cases rend le récit brouillon et confus à certains moments.

En terminant cette bédé, je me demande bien si je vais poursuivre le carnage ou abandonner pour désintérêt de la chose.

(*) Le télégramme Zimmermann est un télégramme diplomatique qui a été envoyé le 16 janvier 1917 par le ministre des Affaires étrangères de l’Empire allemand, Arthur Zimmermann, à l’ambassadeur allemand au Mexique, Heinrich von Eckardt, au plus fort de la Première Guerre mondiale. Il donnait l’instruction à l’ambassadeur de se mettre en contact avec le gouvernement mexicain pour lui proposer une alliance contre les États-Unis. Intercepté et déchiffré par le Royaume-Uni puis rendu public, son contenu a accéléré l’entrée en guerre des États-Unis.

Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 44 pages), et Le Mois Espagnol (et Sud-Américain) chez Sharon – Mai 2022 (Fiche N°28).

bande dessinée, historique, western, uchronie, espionnage, croyances, religions, guerre civile, mythologie, mexicains, Mexique

Trilogie d’une Nuit d’Hiver – 02 – La Fille dans la tour : Katherine Arden [LC Bianca]

Titre : Trilogie d’une Nuit d’Hiver – 02 – La Fille dans la tour

Auteur : Katherine Arden
Éditions : Denoël Lunes d’encre (2019) / Folio SF (2021)
Édition Originale : Winternight, book 2: The Girl in the Tower (2017)
Traduction : Jacques Collin

Résumé :
La cour du grand-prince, à Moscou, est gangrenée par les luttes de pouvoir. Pendant ce temps, dans les campagnes, d’invisibles bandits incendient les villages, tuent les paysans et kidnappent les fillettes.

Le prince Dimitri Ivanovitch n’a donc d’autre choix que de partir à leur recherche s’il ne veut pas que son peuple finisse par se rebeller. En chemin, sa troupe croise un mystérieux jeune homme chevauchant un cheval digne d’un noble seigneur. Le seul à reconnaître le garçon est un prêtre, Sacha.

Et il ne peut révéler ce qu’il sait : le cavalier n’est autre que sa plus jeune sœur, qu’il a quittée il y a des années alors qu’elle n’était encore qu’une fillette, Vassia.

Critique :
C’est avec délectation que j’ai de nouveau foulé les terres froides et enneigées de la Rus’, chevauchant aux côtés de la jeune Vassia, devenue le jeune Vassili parce qu’en ce temps-là, les filles (femmes) n’avaient aucun droit.

Juste l’obligation de rester à sa place dans la cuisine (ou dans une tour, pour les nobles), de se marier, de faire des gosses, d’aller au couvent (si les autres options ne plaisaient pas) : bref, interdiction de se soustraire à l’autorité des mâles.

Le premier tome nous faisait découvrir la vie dans un petit village de la Rus’ des années 1300, les folklore, les légendes, les contes, l’intrusion de plus en plus grande de la religion, reléguant aux orties les esprits des maisons, alors que celui-ci nous fera voyager jusqu’à Moscou et ses complots politiques pour devenir calife à la place du calife.

Si la première partie de ce récit est plus calme (sans jamais me sembler ennuyeuse), dans la seconde partie, l’autrice change de vitesse et appuiera sur le champignon, nous faisant  entrer dans un rythme plus trépidant, aux multiples rebondissements.

Les personnages ne sont pas figés, ils peuvent cacher leur jeu et j’ai eu quelques surprises, comme dans le premier tome. Morozko, le démon de gel évolue, c’est un personnage complexe qui ne se dévoile pas, ou peu. Je l’ai trouvé très touchant. Il sent que la religion nouvelle est en train de le faire disparaître et son déclin fait peine à voir.

Vassia, elle, sera plus téméraire, n’écoutant pas la voix de la sagesse de son grand frère, foutant le bordel monstre dans sa famille, tant elle voudrait être un garçon afin de s’affranchir des règles qui pourrissent les vies des femmes.

Elle aurait pu faire preuve d’un peu de discernement et ne pas foncer tête baissée… Ses combats sont justes, mais parfois, il faut savoir faire profil bas et laisser pisser le mérinos.

Son caractère vif lui joue souvent des tours, sa soif de liberté aussi. Bah, nous avons été jeunes aussi et nous n’avons pas écouté les voix des anciens qui nous disaient de faire attention… Cela le rend plus réaliste, plus crédible, toutes ces contradictions.

La vie sociale dans cette époque lointaine est très importante dans le récit, elle prend une place non négligeable. Heureusement, l’Histoire, la religion et la vie sociale sont toujours incorporées de manière subtile dans le récit, sans jamais le rendre lourd ou redondant.

Il en sera de même pour l’aspect politique, avec les rivalités, les tributs à payer au Khan, les jeux de trônes… Tout cela est incorporé par petites touches, sans que cela pèse sur le rythme du récit. D’ailleurs, les combats sont toujours les mêmes, que l’on soit en 1300 ou en 2022, même si nous avons plus de droits et plus l’obligation d’aller à la messe. Ouf !

Le petit bémol sera pour la perte du folklore Rus’ : les esprits des maisons (Tchiorti) et tous les autres sont moins présent dans ce deuxième tome, sans doute dû au fait que la religion catholique prend plus d’ampleur et que les gens oublient de laisser des offrandes à tous ces diables des contes et légendes qui existent bel et bien.

Le côté fantastique et la magie sont plus présents que dans le premier tome, ce qui n’est pas un soucis, que du contraire. L’univers créé par l’autrice est riche d’Histoire, de contes, légendes et cette lecture fut enjouée, ne manquant pas de rythme et de surprises.

Ce sera donc sans hésitation que j’ouvrirai le troisième et dernier tome de cette trilogie qui plaira aux plus jeunes comme aux plus anciens, qu’ils aiment ou pas la fantasy car les romans lorgnent plus du côté du fantastique.

Une LC réussie, même si Bianca a trouvé la première partie un peu trop lente.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°143], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°108] et Le Mois du polar chez Sharon – Février 2022 [Lecture N°25].

Le Chien du Forgeron : Camille Leboulanger

Titre : Le Chien du Forgeron

Auteur : Camille Leboulanger
Édition : Argyll (19/08/2021)

Résumé :
Approchez, approchez ! Alors que tombe la nuit froide, laissez moi vous divertir avec l’histoire de Cuchulainn, celui que l’on nomme le Chien du Forgeron ; celui qui s’est rendu dans l’Autre Monde plus de fois qu’on ne peut le compter sur les doigts d’une main, celui qui a repoussé à lui seul l’armée du Connacht et accompli trop d’exploits pour qu’on les dénombre tous.

Certains pensent sans doute déjà tout connaître du Chien, mais l’histoire que je m’apprête à vous narrer n’est pas celle que chantent les bardes. Elle n’est pas celle que l’on se raconte l’hiver au coin du feu. J’en vois parmi vous qui chuchotent, qui hésitent, qui pensent que je cherche à écorner l’image d’un grand homme.

Pourtant vous entendrez ce soir l’histoire du Chien. L’histoire derrière la légende. L’homme derrière le mythe.

Approchez, approchez ! Venez écouter le dernier récit d’un homme qui parle trop…

Critique :
Pour ma dernière lecture de 2021, j’avais envie de légèreté, de fraicheur, de ne pas me prendre la tête, alors je me suis tournée vers un genre que j’affectionne : la fantasy (même si j’en lis moins).

Délaissant les grosses machines anglo-saxonnes, je me suis tournée vers un auteur français dont les différentes critiques élogieuses de son roman m’avaient donné envie de le lire.

Direction les peuples Celtes, pas au temps d’Astérix, mais aux VIIIe et VIIe siècles avant J.-C (qui n’est pas Jules César, merci).

Un conteur entre dans un bar et, en échange du remplissage régulier de son gobelet, va conter aux personnes présentes la légende de Cuchulainn, dit aussi Le Chien du Forgeron, cet héros légendaire, invaincu, dont l’aura continue de briller.

Oui, mais le conteur va leur proposer de leur raconter la véritable histoire, pas la légende que tout le monde connait.

Ce qui lui importe, c’est de parler de l’homme derrière la légende, quitte à choquer son auditoire qui est loin de s’imaginer que la vie de ce héros n’est guère flatteuse et que derrière les lumières que l’on fait briller, il y avait surtout un garçon avec ses blessures, ses fêlures, ses rêves, ses croyances, son égo démesuré et sa soif de victoires.

Derrière le mythe, il y a un homme et son portrait n’a rien de reluisant !

La plupart des auteurs/autrices, cherchent à rendre leurs personnages sympathiques, d’autres pas du tout. Ce qui fut le cas de Camille Leboulanger avec le personnage mythique de Cuchulainn.

Sincèrement, ce garçon n’a rien pour lui, on n’a absolument pas envie de l’aimer, de s’attacher à lui, par contre, on lui collerait bien des fessées pour tenter de brider son égo grandissant.

En grandissant, Setanta, qui ne n’a pas encore encore acquis les surnoms de Cuchulainn ou de Chien du Forgeron, ne va pas s’améliorer, que du contraire, il est détestable et malgré tout, on s’attache à sa personnalité, on a envie de suivre son parcours, parce que l’on sait qu’il n’est pas le seul responsable de ce merdier.

La faute est imputable à des hommes qui décident de donner à marier, à d’autres seigneurs, leurs sœurs ou filles, afin de monter des coalition, des alliances, en se foutant pas mal de l’avis de la femme. Ici, le féminisme est banni, les femmes sont sans droits, soumises à l’autorité des mâles, hormis quelques unes, qui résistent encore et toujours au patriarcat galopant.

Si le Chien du Forgeron n’attire pas les sympathies, s’il est un véritable boulet en société, ne comprenant rien aux règles (ou s’en moquant royalement), un gros macho de première catégorie (un beauf), nombriliste, lourd et ne comprenant que la force brute, le conteur aux cheveux blancs, lui, est un régal pour le lecteur.

Sa verve m’a enchantée et jamais son récit n’est devenu lourd ou ennuyeux, même si l’action n’est pas présente tout le temps. De plus, il y a une palette de personnages qui gravitent autour de Cuchulainn et dont certains auront leur importance dans le récit, forgeant le caractère du guerrier ou au contraire, le laissant faire.

Ce roman de fantasy est un petit bonbon acidulé, un de ceux qui fait du bien par où il passe et qui nous conte le mythe de Cuchulainn d’une autre manière. Même si, comme moi, vous ne connaissiez pas le mythe, la légende de ce guerrier formidable, même si vous n’êtes pas calé en histoire des Celtes, en mythologie, ce récit risque de vous ravir tant il est bien achalandé.

C’est aussi une page importante d’Histoire que l’on découvre dans ce récit, ainsi que la vie dans des places fortes aux temps des Celtes. Il y a une complexité dans le pouvoir politique, la hiérarchie est importante et le moindre battement d’aile de papillon peut déclencher des tempêtes plus tard. Le tout est parfaitement intégré au récit, sans donner l’impression d’assister à une leçon d’école.

Le manque de dialogues, qui d’habitude m’énerve, ne m’a absolument pas empêché de prendre du plaisir dans ma lecture, tant j’avais l’impression d’être dans cette taverne à écouter un conteur et à faire en sorte que son verre soit toujours rempli.

Bref, c’est de la fantasy qui pourrait plaire à des lecteurs peu familiers du genre (ou aux allergiques) puisque la part de fantastique est minime (mythologique, surtout), que l’on se trouve dans un monde qui est le nôtre, à une époque lointaine où les valeurs n’étaient pas les mêmes que maintenant.

Pas de droits pour les femmes, des hommes guerriers, des lois différents et des commandements personnels pris par chacun et jamais renié, même jusqu’au boutisme.

C’est une histoire classique, celle d’un homme qui est monté sur un piédestal et qui a chuté un jour parce qu’il cherchait la gloire personnelle, parce qu’il voulait être adulé, être le plus fort, parce qu’il méprisait les autres et ne comprenait rien à rien…

Tout compte fait, Cuchulainn devient sympathique parce qu’il n’a pas compris les règles du jeu, qu’on lui a donné de mauvaises règles, qu’on ne l’a jamais arrêté, tel un enfant roi et qu’on n’a jamais pris la peine de demander son avis à sa mère, elle qui ne voulait pas se marier, ni avoir des enfants…

Un très bon roman de fantasy à découvrir, même pour les non familiers du genre, car c’est l’histoire de la vie. Le cycle éternel…

Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°104].

Trilogie d’une Nuit d’Hiver – 01 – L’ours et le rossignol : Katherine Arden [LC avec Bianca]

Titre : Trilogie d’une Nuit d’Hiver – 01 – L’ours et le rossignol

Auteur : Katherine Arden
Édition : Denoël – Lunes d’encre (2019) / Folio SF (2020)
Édition Originale : Winternight, book 1: The Bear and the Nightingale (2017)
Traduction : Jacques Collin

Résumé :
Au plus froid de l’hiver, Vassia adore par-dessus tout écouter, avec ses frères et sa sœur, les contes de Dounia, la vieille servante.

Et plus particulièrement celui de Gel, ou Morozko, le démon aux yeux bleus, le roi de l’hiver. Mais, pour Vassia, ces histoires sont bien plus que cela.

En effet, elle est la seule de la fratrie à voir les esprits protecteurs de la maison, à entendre l’appel insistant des sombres forces nichées au plus profond de la forêt.

Ce qui n’est pas du goût de la nouvelle femme de son père, dévote acharnée, bien décidée à éradiquer de son foyer les superstitions ancestrales.

Critique :
Winter is coming… L’hiver vient.

Et en Rus’, quand l’hiver vient, c’est du costaud : on se gèle les miches, on ne mange plus à sa faim, on maigrit, la neige est haute, elle recouvre tout et le gel vous mord les chairs à tel point que vous pourriez perdre des membres.

M’attendant à lire de la fantasy, j’ai été surprise en constant que l’univers resterait dans le registre du fantastique, lui-même puisant son inspiration dans le folklore et la mythologie slave.

Pas de soucis ! J’ai adoré découvrir ce moyen-âge Rus’ (la Russie n’existait pas encore en tant que pays) et me plonger dans la vie d’une famille, 200 ans avant Ivan Le Terrible.

Dans les années 1300, la femme n’avait pas de droits, si ce n’est de se marier et de pondre des chiées de gosses, si possible des garçons vigoureux, merci bien. L’autre option, c’est le couvent… Sympa.

Vassia, elle, adore porter les habits d’un de ses frères, grimper aux arbres et parler aux esprits protecteurs de la maison, sorte d’Elfes de maison qui la protège, si on leur laisse des offrandes. Et pour que le domovoï me reprise mes chaussettes, je lui laisserai tout le pain sec qu’il désire ! Idem pour le vazila (l’esprit des chevaux).

La Russie m’a toujours fascinée, tout en m’effrayant. Ressentir son Histoire, son folklore, son climat, sa Nature, ses habitants au travers de la littérature, c’est ce qu’on a inventé de mieux pour éviter tout risque de se faire tuer par un guerrier du Khan de la Horde d’Or (empire turco-mongol gouverné par une dynastie issue de Djötchi, fils aîné de Gengis Khan), de crever de froid dans une forêt en plein hiver, de finir au couvent ou mariée avec une chiée de gosses à mes basques !

Ce roman fantastique ne brillera pas par son rythme endiablé, que du contraire. Il se passe peu de choses durant des centaines de pages, ou alors, juste des petits évènements et pourtant, jamais je n’ai ressenti de l’ennui durant ma lecture. Il est des romans guère plus épais qui m’ont semblé plus longs et qui furent lus en plus de jours (suivez mon regard sur ma chronique des enquêtes de Irene Adler et Holmes).

Découvrir le folklore et les contes Rus’ m’a passionné, les personnages m’ont emportés, surtout la jeune Vassa, jeune fille qui aimerait être libre et que tout le monde regarde de travers en la traitant de sorcière parce qu’elle veut vivre différemment des autres… Ajoutons à cela le poids de la religion et la place importante que va prendre Konstantin, le prêtre local en les faisant tourner le dos à leurs anciennes croyances.

Tous les personnages, même Anna, la belle-mère bigote, sont bien traités, ont de l’épaisseur et évitent le côté manichéen que l’on retrouve souvent d’autres romans. Oui, on aimerait baffer Anna, mais on peut aussi comprendre ses peurs, elle qui n’a pas accepté ce qu’elle était.

Anna est terriblement humaine et comme les autres, son désir le plus cher est de protéger la fille qu’elle a eu. À elle non plus, on ne lui a pas demandé son avis, lorsqu’on l’a mariée de force, elle qui voulait entrer au couvent.

Ce que j’ai apprécié aussi, dans ce roman fantastique, c’est qu’il n’y a pas de chevalier sans peur, de super homme fort. Il y aura des hommes courageux, de ceux qui donneraient leur vie pour leur famille, mais rien de surhumain. Des frères et des pères, tout simplement, qui craignent pour les leurs, même s’ils ne le disent pas.

L’ambiguïté du personnage de Morozko était un régal aussi, difficile de savoir avec certitude de quel côté de la Force il se trouvait. Le combat final n’est pas bâclé, il prend le temps de monter en puissance, les forces en opposition ont eu quelques escarmouches, Vassia résistant comme elle peut, à la mesure de ses moyens.

L’énorme avantage de cette trilogie est que le premier tome peut se suffire à lui-même. Il y a une véritable fin et nous pourrions en rester là. Ce que je ne ferai pas, car j’ai bien envie de découvrir ce qu’il va advenir de la petite Vassia et quel périple l’attend.

Un roman fantastique, touchant, rempli de folklore russe, de froids hivers où l’on se gèle les fesses, l’estomac vide et de personnages avec qui l’ont aurait envie de vivre cette aventure. Pas de naïveté et pas de mièvrerie, car elles n’avaient rien à faire dans ces contrées septentrionales où le vie était dure et rude.

Une belle découverte que j’ai faite grâce à la proposition de LC de Bianca, qui, une fois encore, est sur la même longueur d’onde que moi.

PS : le Bibliocosme en avait parlé en bien aussi.

Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°98].

Astérix – Tome 39 – Astérix et le Griffon : Jean-Yves Ferri et Didier Conrad

Titre : Astérix – Tome 39 – Astérix et le Griffon

Scénariste : Jean-Yves Ferri
Dessinateur : Didier Conrad

Édition : Éditions Albert René (21/10/2021)

Résumé :
Accompagnés de Panoramix, le plus célèbre des druides gaulois, ils s’apprêtent à partir pour un long et mystérieux voyage en quête d’une créature étrange et terrifiante.

« Mais quelle est donc cette créature ? » Didier Conrad a fait parvenir un dessin aux Éditions Albert René. Un dessin étrange et mystérieux… Celui-ci montre nos deux héros – créés il y a plus de 60 ans par les géniaux René Goscinny et Albert Uderzo – grimpant le long d’un grand tronc d’arbre pour tenter de récupérer Idéfix qui semble vouloir leur échapper…

Ce tronc est bien singulier car il est sculpté à l’effigie d’une créature énigmatique, dotée de crocs impressionnants et d’un terrible bec de rapace…

…Idolâtrée ou crainte par les peuples de l’Antiquité, cette créature, c’est… le Griffon…

Critique :
Comment reconnaît-on un bon album d’Astérix et Obélix ?

Au sourire béat qui s’affiche sur notre tronche lorsqu’on en sort un de sa biblio pour le relire pour la 392ème fois ?

Au rire qui nous secoue devant un bon jeux de mots ?

Aux répliques que l’on sort, encore et toujours ? Farpaitement !

Qu’en sera-t-il de ce nouvel album ? Je ne peux encore rien vous dire, je ne l’ai lu qu’une seule fois et si je n’ai pas trop été déçue, faut pas s’attendre non plus à une révolution ou à égaler les albums du maître Goscinny.

Les dessins sont parfaits, ils sont dans la lignée de ceux qu’Uderzo nous donnait dans les anciens albums. Le bât blesse toujours avec les scénaristes : pas facile d’égaler les meilleurs, surtout qu’ils seront jugés à l’aune de ce que les Grands ont fait avant eux.

Oublions la belle époque de Goscinny, ce temps est fini, il nous reste à relire les anciens albums et à nous éclater la rate avec les jeux de mots intemporels.

Mais où vont nos mais Gaulois dans ce nouvel album ? Très très loin à l’Est ! Carrément dans le territoire des Sarmates. Ici, les femmes se battent et les hommes restent à la maison à éduquer les enfants. Puis les emmerdes vont commencer pour eux avec l’arrivée des romains. Pour Obélix, c’est l’amusement, l’arrivée des guerriers que l’on peut baffer !

Si ce nouvel album est mieux que certains précédents, ce ne sera pas l’éclate totale tant j’ai eu l’impression que les auteurs n’avaient pas été au bout de leur idées, survolant le tout sans jamais approfondir.

Pourtant, il y avait matière à aller creuser plus profond afin de donner un peu plus d’épaisseur à cette histoire qui semble souvent hésiter et ne pas savoir quelle direction prendre.

Manquant de dynamisme, la fin arrive un peu comme un cheveu dans la soupe, sans conclure l’album d’une manière claire. Par contre, j’ai aimé l’idée du griffon et de voir ce qu’il était en vrai.

Les jeux de mots sont présents, ils ne sont pas mal du tout, surtout avec les Scythes, mais hélas, ils sont temporels. À voir si la génération suivante les comprendra… En tout cas, moi, j’ai tout capté ! Il faudra sans doute que je relise l’album afin de bien m’en imprégner et pouvoir les ressortir sans peine, comme ceux de Goscinny avec les Ibères ou les Numides…

Finalement, je suis le cul entre deux chaises pour ce nouvel album : il a du bon et du moins bon, notamment avec le fait que rien ne soit vraiment approfondit, que tout soit survolé, que l’histoire peine à décoller et qu’elle tourne un peu en rond.

De plus, il manque les sacro-saintes scènes tirées du village, au début de chaque album. Les running gag du « Non, tu ne chanteras pas » ou du « Il n’est pas frais mon poisson ?? », sans oublier les bagarres.

Les nouveaux auteurs font voyager Astérix, mais le must est aussi d’arriver à construire une histoire amusante et inventive sans sortir du village, comme ce fut le cas avant.

C’est donc mitigée que je ressors de cette lecture qui, à mon sens, manquait de profondeur alors qu’il y avait matière à aller plus loin. Pourtant, tout n’est pas à jeter ou mauvais dans ce dernier opus. Peut mieux faire mais ce n’est déjà pas si mal.

Pas évident non plus lorsqu’on reprend une série alors qu’elle était au faîte des scénarios brillants et des jeux de mots drôles du temps du tandem Uderzo/Goscinny.

La série de « Spirou et Fantasio » a elle aussi connu des hauts et des bas. Lorsque Rob Vel (son créateur) l’a passée à Franquin, elle avait été magnifiée. Après Franquin, on a eu des hauts et des bas… Sinon, il faut faire comme Hergé et interdire toute reprise…

Chacun trouvera ce qu’il veut dans ce nouvel album d’Astérix. Tout dépend ce que l’on cherche.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°82], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°92] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages).

Les agents de Dreamland : Caitlín R. Kiernan

Titre : Les agents de Dreamland

Auteur : Caitlín R. Kiernan
Édition : Le Bélial’- Une Heure Lumière (27/08/2020)
Édition Originale : Agents of Dreamland (2017)
Traduction : Melanie Fazi

Résumé :
Juillet 2015. Dans les tréfonds ténébreux du Système solaire, la sonde New Horizons s’approche de Pluton.

Sait-on vraiment ce que la sonde va trouver auprès de la planète naine ? Aux États-Unis, deux agences de renseignement ont dépêché leurs meilleurs éléments en Arizona.

Lui, c’est le Signaleur, un homme désabusé n’attendant plus grand-chose de ce monde ; elle, c’est Immacolata Sexton, femme auréolée de sombres et terrifiantes légendes – si elle n’était pas humaine, le Signaleur n’en serait pas plus surpris que ça.

Leur mission conjointe : enquêter sur une secte dont on vient de retrouver les membres, morts, dans leur campement au fin fond du désert. Une jeune femme en a réchappé.

Persuadée d’être investie d’une mission sacrée, elle représente peut-être une bombe à retardement pour toute l’humanité.

Récit réinterprétant le canon lovecraftien au filtre des X-Files, Les Agents de Dreamland est un court roman à la puissance vénéneuse…

Critique :
De temps en temps, il m’arrive de passer totalement à côté d’une lecture et puis, exceptionnellement, il est des romans qui me tombent des mains car je n’y comprends rien…

La narration, chaotique, décousue, m’a fait perdre le fil du récit de nombreuses fois. Des phrases semblaient n’avoir ni queue, ni tête et certains chapitres semblaient être indépendant les uns des autres. Perturbant et frustrant !

Ajoutons à cette narration bordélique, un récit qui entretient tellement bien le flou, qu’il en devient brumeux, nébuleux, alambiqué et ce qui devait arriver arriva : je me suis perdue, tel David Vincent (Les Envahisseurs), par une nuit sombre, le long d’une route solitaire de campagne, alors qu’il cherchait un raccourci que jamais il ne trouva.

Moi qui avais adoré la série X-Files (celle des années 90), jamais je n’ai réussi à retrouver cette atmosphère de mystères dans cette novella.

Pourtant, la mission de ce duo m’avait attirée par son programme alléchant : ils avaient pour mission d’enquêter sur une secte dont on venait de retrouver les membres, morts, dans leur campement au fin fond du désert. Une jeune femme en avait réchappé. Persuadée d’être investie d’une mission sacrée, elle représentait peut-être une bombe à retardement pour toute l’humanité.

Les personnages m’ont semblé stéréotypés. Le Signaleur est un homme d’un certain âge, totalement désabusé et qui, pour ne pas changer, se noie dans l’alcool et sombre dans la misanthropie, quant à Immacolata Sexton, elle est tellement mystérieuse que l’on pourrait la croire issue d’une autre planète (les mystères ne seront pas levés).

De plus, cette novella brasse énormément de références culturelles, historiques, qui, comme dans la V.O, ne sont pas explicitées. À mon avis, je ne dois pas être la seule à être passée à côté de moult références, messages ou subtilités… Frustrant tout de même.

En tout cas, cette novella est plus déroutante que sombre, plus frustrante qu’effrayante, plus complexe que simple et après avoir piqué du nez plusieurs fois et fait des retours en arrière pour tâcher de comprendre ce que je n’avais pas compris, j’ai décidé d’avancer plein-gaz et de me retrouver, comme par magie, à la fin de ce labyrinthe narratif !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°26].

La Traversée des temps – 01 – Paradis perdus : Eric-Emmanuel Schmitt

Titre : La Traversée des temps – 01 – Paradis perdus

Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt
Édition : Albin Michel (03/02/2021) – 576 pages 

Résumé :
Cette Traversée des temps affronte un prodigieux défi : raconter l’histoire de l’humanité sous la forme d’un roman. Faire défiler les siècles, en embrasser les âges, en sentir les bouleversements, comme si Yuval Noah Harari avait croisé Alexandre Dumas.

Depuis plus de trente ans, ce projet titanesque occupe Eric-Emmanuel Schmitt. Accumulant connaissances scientifiques, médicales, religieuses, philosophiques, créant des personnages forts, touchants, vivants, il lui donne aujourd’hui naissance et nous propulse d’un monde à l’autre, de la préhistoire à nos jours, d’évolutions en révolutions, tandis que le passé éclaire le présent.

Paradis perdus lance cette aventure unique. Noam en est le héros. Né il y a 8000 ans dans un village lacustre, au cœur d’une nature paradisiaque, il a affronté les drames de son clan le jour où il a rencontré Noura, une femme imprévisible et fascinante, qui le révèle à lui-même. Il s’est mesuré à une calamité célèbre : le Déluge.

Non seulement le Déluge fit entrer Noam-Noé dans l’Histoire mais il détermina son destin. Serait-il le seul à parcourir les époques ?

Critique :
Pour une fois, l’accroche n’est pas mensongère : Yuval Noah Harari a vraiment croisé la route d’Alexandre Dumas et de cette rencontre, est né ce premier tome d’une saga qui semble des plus prometteuses et intéressantes.

En tout cas, si la suite est du même acabit que ce premier tome, les bons moments de lectures sont assurés.

Commençant à notre époque, ce premier tome nous emportera ensuite dans le temps, celui des Premiers Hommes, il y a 8.000 ans (ok, c’était pas les tous premiers !). Pas avec les chasseurs-cueilleurs, mais avec les sédentaires, les premiers agriculteurs (le néolithique).

Quelle fresque ! Quel travail en amont afin de rassembler des données scientifiques et de monter le squelette de cette aventure, avant de l’habiller ensuite de ses plus belles peaux : personnages réalistes, sympathiques (ou pas), ambivalents, qui changent au fil des évènements, dont certains nous laisserons longtemps dans le flou avant qu’une action ne les classe définitivement dans le rayon des salopards.

Un récit qui sans être haletant reste cohérent et emporte avec lui ses lecteurs dans une aventure hors du commun, malgré qu’elle soit composée des ingrédients classiques : un fils qui se cherche, un père qui aime le pouvoir, des manipulations, de la haine, de la colère, de la jalousie, des amours contrariés, de l’amitié, des plantages de couteau dans le dos. Personne n’est tout blanc, personne n’est tout noir, dans cette histoire.

Eric-Emmanuel Schmitt est un fabuleux conteur, à tel point que même dans les moments plus calmes, je ne me suis pas ennuyée, je n’ai sauté aucune page et j’ai dévoré ce pavé en deux malheureux jours.

Le déluge revu à la sauce de E-ES, je suis pour ! Il est bien plus plausible que celui proposé en version « augmentée » et fantasmagorique dans une autre saga bien connue et nommée Bible. Maintenant je sais ce qu’il s’est passé et la fiction doit toujours être plus enjolivée que la simple réalité. L’Homme aime les histoires et les raconter, il amplifie donc celle d’une montée des eaux.

Mon seul bémol sera que de temps en temps, je n’avais plus l’impression d’être au néolithique, au temps de premiers semeurs-éleveurs, mais plus dans un village africain, un peu reclus et dont les habitants vivraient encore à l’ancienne, de nos jours.

Certaines idées des personnages avaient des relents contemporains, mais puisque je n’ai pas connu ces temps-là, il se pourrait très bien que les Femmes aient revendiqués des droits ou que d’autres personnages aient des pensées qui s’apparentent à celles de nos jours. Elles ne sont sans doute pas novatrices, nos idées, nos pensées.

Anybref, l’auteur a été chiche sur le côté « accessoires dans le décor néolithique » et il aurait pu y ajouter une grosse pincée de détails sur l’époque où nos ancêtres sont devenus sédentaires, afin de nous y plonger à cent pour cent. Je pinaille, je sais.

Malgré ces petits bémols, mon voyage fut des plus intéressants, des plus agréables, des plus instructifs et je serai au rendez-vous pour la suite des aventures de Noam, lui qui va traverser les Temps. Un projet pharaonique, qui, je l’espère, ira jusqu’au bout.

Une magnifique fresque au temps du néolithique, une relecture du déluge, plus scientifique, plus plausible, moins fabuleux que celui de la Bible, mais bien plus réaliste.

Le petit côté fantastique qui colle au roman ne m’a absolument pas gêné et il nous permettra de suivre certains personnages sur toute la ligne du temps.

Vivement la suite !

Lu dans son édition Albin Michel de 576 pages.

Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°75] et Le pavé de l’été – 2021 (Saison 10) chez Sur Mes Brizées.

Le Prieuré de l’Oranger : Samantha Shannon

Titre : Le Prieuré de l’Oranger

Auteur : Samantha Shannon
Édition : de Saxus Fantasy (31/10/2019) – 958 pages
Édition Originale : The Priory of the Orange Tree (2019)
Traduction : Charlotte Lungstrass-Kapfer

Résumé :
Un monde divisé. Un reinaume sans héritière. Un ancien ennemi s’éveille. La maison Berethnet règne sur l’Inys depuis près de mille ans.

La reine Sabran IX qui rechigne à se marier doit absolument donner naissance à une héritière pour protéger son reinaume de la destruction, mais des assassins se rapprochent d’elle…

Ead Duryan est une marginale à la cour. Servante de la reine en apparence, elle appartient à une société secrète de mages.

Sa mission est de protéger Sabran à tout prix, même si l’usage d’une magie interdite s’impose pour cela.

De l’autre côté de l’Abysse, Tané s’est entraînée toute sa vie pour devenir une dragonnière et chevaucher les plus impressionnantes créatures que le monde ait connues.

Elle va cependant devoir faire un choix qui pourrait bouleverser son existence. Pendant que l’Est et l’Ouest continuent de se diviser un peu plus chaque jour, les sombres forces du chaos s’éveillent d’un long sommeil…

Bientôt, l’humanité devra s’unir si elle veut survivre à la plus grande des menaces.

Critique :
♫ La Mère, voici le temps venu, D’aller prier pour notre salut, le Sans-Nom est revenu ♪
♪ Le Saint, tu peux garder ton vin ♪ Ce soir on boira notre chagrin ♪ le Sans-Nom est revenu ♪
♫ Toi la reine Sabran, Tu peux sortir tes dents ♪ Les dragons sont revenus ♪

La première chose qui a attiré mon œil sur ce roman, c’est sa magnifique couverture ! Une œuvre d’art. La 2ème c’est que ce roman était best-seller du New-York Times puis j’ai lu la mention « Mérite d’avoir autant de succès que GOT ». Allez hop, vendu !

N’est pas Georges R.R. Martin qui veut… Si l’univers développé par l’auteurs est riche, si ses personnages sont nombreux, si les femmes sont mises en avant et si on a des intrigues de pouvoir, on est loin tout de même des intrigues étoffées de GOT, de ses personnages marquants et de ses salopards flamboyants !

Le début du roman fut assez laborieux, je ramais entre les différentes régions de l’Est et de l’Ouest, face à tous les personnages et les 300 premières pages ont été lues à la vitesse d’un escargot asthmatique, ce qui est rare chez moi, étant donné que j’ai dévoré des pavés de plus de 600 pages en deux jours à peine.

Pour que je préfère regarder une rediffusion de « Petits meurtres en famille » (que je connais) au lieu de lire ce pavé, est un signe qui ne trompe pas : je m’y ennuie ! Pour que je préfère aller repasser mon linge, moi qui déteste ça, c’est un encore plus un signe qui ne trompe pas : je m’emmerde ! L’introduction est fort longue et sans des moments un peu plus excitants, je pense que j’aurais été voir ailleurs.

Certes, il fallait présenter l’univers dans lequel nous allions évoluer, mettre tout en place, mais il y avait peut-être moyen de le faire moins long ou de mieux incorporer ces moments creux dans le récit général, au fur et à mesure. Le récit est dense, on suit plusieurs trames scénaristiques et au départ, il y a assez bien d’informations à retenir et à digérer.

À l’Est, en Seiiki, on vénère les dragons et des dragonniers chevauches des dragons d’eau, tandis que dans l’Ouest, en Yniss, on chasse et on craint les dragons.

De plus, dans l’Ouest, la religion se nomme Vertu, elle a ses règles très strictes et ceux qui la pratique aimeraient que tout le monde ait cette religion car c’est la Vérité. Ça ne se discute même pas. Dans l’Est, au contraire, on a une autre véritable Vérité et elle remet en cause les textes sacrés et les mythes que cela a créé. Ailleurs, ce sont des autres croyances…

— Ce décret a mille ans, répondit sèchement Sabran. Le Saint a écrit de sa main que toutes les autres croyances ne sont que mensonges.
— Ce n’est pas parce qu’on a toujours fait quelque chose qu’on doit absolument continuer.

Les problèmes entre les religions est un des points que j’ai apprécié dans ce roman car ils avaient des senteurs que nous connaissons bien, quand des gens très pieux considère les croyances des autres comme hérétiques, persuadés qu’ils sont meilleurs que les autres alors qu’ils n’ont aucune tolérance ou courtoisie pour autrui, bien que la tolérance et la courtoisie soient de leurs vertus.

— La piété peut transformer ceux qui ont soif de pouvoir en véritables monstres, prêts à distordre n’importe quel précepte pour justifier leurs actions, affirma Ead.

— En effet. » Elle sirota un peu de son vin. « Je suis sûre que vous apprécieriez énormément la compagnie d’une hérétique.
— Nous ne vous définissons plus de la sorte. Ainsi que je vous l’ai promis dans ma lettre, ces jours sont révolus.
— Je constate qu’il n’a fallu à la maison Berethnet qu’un petit millénaire et une crise majeure pour suivre ses propres enseignements concernant la courtoisie. 

La solidarité ne devient intéressante que lorsque l’on est le dos au mur et que l’on a besoin des autres pour vaincre l’ennemi commun. Pourtant, c’est bien connu que l’union fait la force… C’est plus facile de le prendre comme devise que de l’appliquer, bien entendu.

Une autre chose que j’ai apprécié, c’est que certains personnages ont évolués, passant de « chieurs nés » à « personnage avec ses blessures et ses faiblesses » que l’on arrivait à comprendre et puis à apprécier.

Le reste est de facture classique avec le retour d’un Grand Méchant qui se nomme le Sans Nom, une prophétie, des mensonges racontés depuis des siècles, des élus, des armes magiques pour le terrasser et une alliance entre plusieurs peuples que tout sépare, notamment les croyances…

Sauf en ce qui concerne le féminisme, bien mis en avant, puisque l’on a un reinaume gouverné par des femmes depuis des siècles et que les personnages féminins ne sont pas des créatures apeurées ou stéréotypées. Malgré tout, les femmes sont toujours ramenée à leur but primaire : pondre des enfants !

Un bon point aussi pour le fait que les amours n’étaient pas que Homme/Femme mais aussi homosexuelles (hommes ou femmes). Un petit pas qui pourrait déboucher sur un grand pas… Qui sait ?

Hélas, ce qu’il a manqué le plus, dans ce roman, ce sont les émotions provoquées par le récit et celles que l’on aime ressentir pour certains personnages. Ici, que dalle, nada. Même si j’en ai apprécié quelques uns, ils ne marqueront pas mon esprit comme d’autres le firent, même en ne parlant que du genre fantasy.

La saga de « L’épée de vérité » (Terry Goodking) n’était pas exempte de lourds défauts (dichotomie, manichéisme, violences, tortures, bienséance dans ses rapports H/F et personnages « Mary & Gary Stu »), mais elle avait de la flamboyance et m’avait apportée des émotions à foison. Ce qui a manqué cruellement dans le prieuré, alors qu’il n’avait pas les défauts de la saga de Goodking. Comme quoi…

Il est aussi un équilibre difficile à atteindre dans les finals : trop longs, on n’en voit pas le bout et quand c’est trop court, on a l’impression qu’on s’est tapé des longs préliminaires pour que se retrouver avec un bouquet final qui se termine bien trop vite. Tout ça pour ça ?? 50 pages à tout casser ? J’aurais aimé que cela durât plus longtemps.

C’est mitigée que je ressors de cette lecture dont l’équilibre du scénario n’était pas atteint. Trop de langueurs monotones au départ, des personnages agréables mais sans être marquants et un combat final qui se termine bien trop vite.

Des critiques élogieuses de ce roman se trouvent sur Babelio et je vous invite à aller les découvrir. J’aurais aimé ressentir ce que les autres lecteurs/trices ont ressenti en lisant de pavé… Hélas, j’ai pris une toute autre direction.

Lu dans sa version publiée aux éditions De Saxus et faisant 958 pages (qui furent longues).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°05], Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°73], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°68] et Le pavé de l’été – 2021 (Saison 10) chez Sur Mes Brizées.

Troie – 03 – La chute des rois : David Gemmell et Stella Gemmell

Titre : Troie – 03 – La chute des rois

Auteurs : David Gemmell et Stella Gemmell
Édition : Milady Fantasy (2016) – 637 pages
Édition Originale : Troy, book 3: Fall of Kings (2007)
Traduction : Rosalie Guillaume

Résumé :
Les ténèbres tombent sur la Grande Verte, et le Monde Ancien est cruellement déchiré.
Sur les champs de batailles autour de Troie, la cité d’or, se réunissent les armées fidèles au roi mycénien, Agamemnon.

Parmi ces troupes se trouve Ulysse, le fameux conteur, devenu leur allié malgré lui. Il sait que rien n’arrêtera Agamemnon pour s’emparer du trésor que renferme la cité,et qu’il devra bientôt affronter ses anciens amis en un combat à mort.

Malade et amer, le roi de Troie attend. Ses espoirs reposent sur deux héros: Hector, son fils préféré, le plus puissant guerrier de son époque, et le redoutable Hélicon, détermine à venger la mort de son épouse aux mains des mycéniens.

La guerre a été déclarée. Même si ces ennemis, qui sont aussi des parents, laissent libre cours à leur soif de violence, ils savent que certains d’entre eux, hommes ou femmes, deviendront des héros, dont les exploits vivront à tout jamais dans un récit transmis à travers les âges…

Critique :
Ces derniers jours, j’ai vécu la guerre de Troie deux fois, chacune étant différente l’une de l’autre puisqu’elles revisitaient la légende et le texte d’Homère (d’alors).

Si avec les Chroniques de St Mary’s 03, j’ai passé plus de temps dans la ville de Troie avant la guerre, j’avais tout de même eu un bel aperçu de quelques batailles, du duel Achille/Hector et apprécié la relecture du coup du cheval de Troie.

Gemmel nous offrira plus de récits de batailles et d’escarmouches, puisque c’est sa spécialité dans ses romans : des combats épiques, au cœur de l’action, au plus près des hommes, respirant leur sueur, sans oublier quelques moments désespérés ou tout semble perdu avant que…

N’y allons pas par quatre chemins, Gemmel fait du Gemmel et, si vous avez lu nombreux de ses romans, vous aurez l’impression de retrouver des situations vues ailleurs, de croiser le même genre de personnages légendaires… Pourtant, si dans certains romans de l’auteur, cela m’a gêné, ici, ce ne fut pas le cas.

Ses personnages sont bien travaillés, ils ont de la profondeur, on s’attache à beaucoup d’entre eux, se demandant quel sort l’auteur va leur réserver, même si on connait certains destins légendaires et que l’on a aucun doute quant à leur mort prochaine.

On peut réécrire une légende, changer le mythe, l’adapter, apporter d’autres théories pour le Cheval de Troie (qui est tout aussi pertinente que celle dans les Chroniques de St Mary’s, même si différente), mais l’on ne peut changer le destin des héros trop profondément ou changer l’issue de la guerre, sinon, on va droit au fossé.

Rassurez-vous, Gemmel n’est pas un imbécile : il a gardé les grandes lignes initiales et a apporté son génie imaginatif pour changer certaines parties, les interpréter à sa sauce, y apporter son grain de sel, son souffle épique (dommage qu’il fut son derner souffle).

L’histoire originale à beau être dans notre mémoire, malgré tout, on ne peut s’empêcher d’espérer que les personnages que l’on apprécie, tels les guerriers Banoclès et Calliadès, Hélicon le Bienheureux (Énée), Andromaque, Xander l’infirmier, Ulysse le conteur ou Hector le guerrier de survivre à cette guerre débile, provoquée sur un motif vieux comme le monde : l’envie de s’approprier les richesses des autres.

Les méchants resteront foncièrement méchants jusqu’au bout, tel Agamemnon, cruel, arrogant, sans cervelle parfois, buté jusqu’au bout, ne voulant pas croire ceux qui lui disaient que le trésor de Priam serait vide puisqu’il a dû le dépenser pour défendre sa ville, acheter des mercenaires, des armes…

Si cette dichotomie est présente pour les grands méchants, elle n’a pas lieu pour les autres personnages qui, bien qu’on les considère comme des amis, n’en sont pas moins des tueurs, des assassins, des pilleurs, comme les autres. Et pourtant, on les aime. Paradoxe, quand tu nous tiens.

Dans ce récit, ne chercher pas l’élément fantastique, il ne s’y trouve pas. Vous ne croiserez pas la route d’un Dieu de l’Olympe, ni même celle d’un demi-dieu tel le Minotaure. Les gens y croient, le moindre phénomène naturel, pour eux, provient des dieux, mais nous, lecteurs, ne nous y tromperons pas et nous ne verront qu’une éruption volcanique, un tsunami, une tempête…

La construction du récit est bien pensée, les moments plus calmes alternent avec des batailles. On vivra l’attente, l’angoisse, la douleur, le stress avant de partir au combat, l’exaltation de la victoire et les émotions seront au rendez-vous, sans pour autant que cela vire à la guimauve à deux balles.

Tous les personnages sont engagés dans une tragédie et hormis le salopard d’Agamemnon que l’on détestera d’emblée, il sera fort difficile de choisir son camp car bien des personnages appréciés se trouveront face à face et pas dans le même camp.

Mon voyage à Troie est terminé et j’ai quitté les murs de cette cité mythique, en ruine, avec le coeur lourd car j’aurais souhaité poursuivre cette aventure avec ces personnages qui m’avaient emportés dans leur quête.

Une saga épique qui monte en puissance au fil des tomes et qui emporte les lecteurs sur son passage, tel un tsunami rempli d’émotions, d’aventures, d’action, de bravoure, de combats, de drames, de tragédies, d’amour, de légende et d’hommes valeureux.

Lu l’édition Milady Fantasy faisant 637 pages (pavé de l’été 2021).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°302], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°55], Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine et Le pavé de l’été – 2021 (Saison 10) chez Sur Mes Brizées.

L’Histoire Secrète – Tome 05 – 1666 : Jean-Pierre Pécau et Léo Pilipovic

Titre : L’Histoire Secrète – Tome 05 – 1666

Scénariste : Jean-Pierre Pécau
Dessinateur : Léo Pilipovic

Édition : Delcourt – Série B (2006)

Résumé :
Londres, 1666. Erlin sert aujourd’hui les intérêts de la couronne d’Angleterre. Une succession de crimes étranges mettent l’Archonte sur la piste de Dyo, censé pourtant avoir disparu au cours du siège de Magdebourg.

L’alliance de Dyo avec les frères rouges de Guillaume de Lecce expliquerait la présence de moines mystérieux qui hantent les sous-sols des bouges londoniens.

Critique :
Effectivement, ce n’est pas très malin de commencer une série bédé par le cinquième tome.

Cela freine la compréhension puisque l’on ne sait pas ce qu’il s’est passé avant (même si on a un résumé des derniers tomes).

Si je l’ai sélectionné, c’est pour le fait qu’il se déroulait à Londres et que c’était parfait pour le Mois Anglais.

Cette saga est avant tout dans le fantastique, l’ésotérique et la dystopie.

Londres, 1666. Une nouvelle théorie pour le grand incendie. Ces derniers jours, cela fait déjà la deuxième sur le même sujet (et toujours dans l’axe du fantastique).

Si j’ai trouvé les couleurs des premières pages assez criardes, j’ai été rassurée en comprenant que ce n’était que pour les explications du début, ensuite elles sont tout à fait normales et tant mieux pour mes yeux.

Les dessins sont bien exécutés eux-aussi et j’ai apprécié déambuler dans ce Londres entièrement en bois même en sachant comment ça allait se terminer.

En ce qui concerne les sociétés secrètes, je n’ai pas tout compris puisque je n’ai pas encore lu les premiers tomes, mais cela ne m’a pas empêché d’apprécier ma lecture et les différents personnages, notamment Isaac Newton et le huguenot George Soubise, celui qui doit être apparenté aux castors, vu comment il travaille avec sa queue.

Le mystère a leu du côté du Club Hellfire où les prostituées disparaissent mystérieusement et où le lecteur apercevra des être bizarres dont on a fermé tous les orifices (oui, tous !).

Ma foi, on aurait pu avoir du plus horrifique que ce que j’ai lu puisque nous avions ces espèces d’onculus, des goules, des morts-vivants, des immortels, des vampires d’un autre genre…

Bref, si le plaisir de lecture est au rendez-vous, si l’action était présente, les chocottes n’y étaient pas. Les temps morts non plus, ce qui est toujours une bonne chose.

Attention, la bédé n’est clairement pas pour les petits n’enfants… Nous avons tout de même une Bellepaire de Loches et des fesses bien fournies (mais pas de bite, hélas, les femmes sont les grandes perdantes dans le voyeurisme).

La collection comportant 36 tomes (pour le moment), je ne pense pas que je vais la suivre, mais je lirai au moins les premiers tomes afin d’en savoir plus sur les archontes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°299], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°52], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.