Nains – Tome 23 – Ararun et la rage bleue : Nicolas Jarry et Paolo Deplano

Titre : Nains – Tome 23 – Ararun et la rage bleue

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Paolo Deplano

Édition : Soleil (18/05/2022)

Résumé :
Tandis que le capitaine Ararun traque des assassins qui abandonnent derrière eux des cadavres dont la tête et les avant-bras ont été tranchés, les anciens démons du capitaine Antalya reviennent la hanter.

Dans sa soif de vengeance, l’elfe bleue risque de détruire tout ce pour quoi la garde s’est battue depuis sa création.

Critique :
Le duo d’enquêteurs formé par le Nain Ararun et l’Elfe Bleue Antalya m’avait bien plu, dans le tome 18 (Ararun du Temple), me faisant penser à Holmes et Watson en version super badass.

Holmes pour l’Elfe, qui est taiseuse, froide et le Watson serait pour le Nain, un cogneur sachant cogner et auquel il vaut mieux ne pas aller se frotter.

Rien n’a changé dans la ville d’Ysparh, où nos deux compères font partie de la garde. Les mestres, les puissants de la ville, font toujours ce qu’il leur plait, la population gronde et la tension monte, notamment avec l’arrivée de ces tueurs étranges qui semblent participer à des chasses à l’Homme.

Reprenant les codes de l’album 18 où nous découvrions le duo, l’auteur ne se contente pas de réchauffer la soupe. Non, il va plus loin et c’est l’Histoire de notre monde qui se déroule sous nos yeux : le peuple qui gronde, prêt à la révolte, par les armes s’il le faut, puisqu’on ne l’écoute pas, puisqu’on l’oppresse.

Le duo improbable, formé par le Nain et l’Elfe marche du tonnerre et même s’il semble en perdition dans ce récit, ce ne sera que pour mieux se reformer ensuite, une fois que notre cogneur aura pris la peine d’écouter sa partenaire, qui parle peu et qui gronde en silence.

Ararun est un personnage complexe, il défend la loi, la ville, appartenant à sa garde et pour lui, l’honneur n’est pas un vilain mot. C’est aussi un excellent enquêteur, remontant les pistes patiemment. Il a de la gouaille, le gosier en pente, mais c’est un ami loyal et fidèle.

Une fois de plus, c’est encore un excellent tome des Nains que nous propose les auteurs. Les Terres d’Arran ont beau faire partie d’un monde de fantasy, elles sont très proches de nos sociétés à nous, puisque nous y retrouvons tous les travers des Humains dans les récits, mais aussi nos qualités.

Les dessins de Paolo Deplano sont des plus réussis, que se soit dans les scènes d’action, dans celles plus calmes ou dans les décors majestueux de la ville. Les couleurs mettant bien en valeur l’album, lui donnant des tons lumineux ou sombres, selon ce qu’il se passe dans le récit.

Un bel album, comme toujours !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2022 au 11 Juillet 2023) [Lecture N°16] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages).

Nains – Tome 21 – Ulrog de la forge : Nicolas Jarry et Pierre-Denis Goux

Titre : Nains – Tome 21 – Ulrog de la forge

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Pierre-Denis Goux

Édition : Soleil (27/10/2021)

Résumé :
Suite à son refus de servir les intérêts du grand maître de Forge, Ulrog, fils ainé de Redwin, est accusé de trahison. S’il veut sauver sa tête : il doit acquérir une place au conseil de son ordre en remportant le tournoi du meilleur forgeron d’Arran.

Pour y parvenir, il a besoin d’un combattant exceptionnel capable de maîtriser son art. Il partira en quête de Jorun, son propre frère.

Critique :
Être « le fils de » n’est pas toujours un cadeau (sauf en politique). Et chez les Nains, être le fils de Redwin de la Forge n’est pas une sinécure ! Ulrog en sait quelque chose et son frère Jorun aussi.

L’ordre de la Forge fait partie de mes préférés, avec celui des Errants. En règle générale, j’y ai toujours trouvé de la profondeur scénaristique et mon quota d’émotions.

Une fois de plus, on se retrouve avec deux frères que tout oppose, qui ne se sont plus parlé depuis les lustres, deux frères dont l’un est talentueux et l’autre ne sait pas gérer sa colère et l’un a besoin de l’autre, absolument besoin !

On choisit ses copains, mais rarement sa famille, c’est bien connu. Pourtant, si Jorun est une sacrée tête de mule, un guerrier sans peur, possède un sale caractère et la haine envers les Terres d’Arran entières, il sait aussi écouter le murmure des talions et le plaisir d’un combat avec un adversaire digne de lui.

Oui, mais nous sommes au pays des Nains, dans l’Ordre de la Forge et quand un puissant veut le pouvoir absolument, il est prêt à tout pour l’obtenir, même à tricher, à se faire forger une arme par trois forgerons et à oublier que son fils est une brute épaisse sans diplomatie, sans distinction, bref, un chien enragé qui pourrait mordre la main de celui qui le nourri.

Les dessins de Pierre-Denis Goux sont excellents, dynamiques, rempli de détails, avec des décors somptueux et des combats dont les différents cadrages nous donneront l’impression d’être au cœur de l’action.

Depuis toujours, une grande partie des histoires, des personnages, des différentes sagas et des différents peuples sont liés ensemble et il serait temps que je relise toute la saga afin de bien tout remettre dans ma mémoire avant qu’un clash final n’arrive (ou juste pour  le plaisir de relire tous les albums).

Une fois de plus, c’est un bel album sur la fraternité, les liens du sang, que nous offrent les auteurs. Depuis le premier tome où l’on a découvert Redwin marmouse, ils l’ont fait évoluer, l’ont doté d’une famille, leur ont fait vivre des aventures palpitantes, remplies d’émotions et je me demande quelle sera l’étape suivante car là, on a un membre de la fratrie qui n’est pas content et je sais que quand lui n’est pas content, vaut mieux se barrer fissa !

Mais moi, je veux être aux premières loges pour voir comment tous les scénarios développés précédemment vont se conclure (si conclusion il y a), car je sens que l’heure est proche…

Un excellent album de l’Ordre de la Forge !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°XX] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 60 pages).

Nains – Tome 20 – Svara du bouclier : Nicolas Jarry et Nicolas Demare

Titre : Nains – Tome 20 – Svara du bouclier

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Nicolas Demare

Édition : Soleil (24/03/2021)

Résumé :
Fille d’un général devenu infirme, épouse d’un guerrier mort sur le champ de bataille, mère de deux fils emportés au combat et d’un troisième disparu, Svara est une femme du Bouclier.

Son coeur de mère lui hurle que son marmouse est en vie, perdu dans les plaines glacées.

Déchirée entre chagrin et espoir, elle réunira autour d’elle un ancien cognar et deux déserteurs pour partir à sa recherche.

Critique :
Il faut sauver le soldat Ryan ! Enfin, non, il faut sauver le poilu Abraz !

Lorsqu’on appartient à l’ordre du Bouclier, faut savoir tenir le rang et ne jamais le rompre.

Si vous mourez sur le champ de bataille, on rapatriera votre corps (s’il reste quelque chose) ou pas…

Svara appartient à une famille du Bouclier et elle a vu tous les hommes mourir : son mari et maintenant deux de ses fils, le 3è n’ayant pas été trouvé, mais les soldats disent qu’il est sans doute mort.

Le coeur de la mère n’en croit pas un mot et elle part à sa recherche, embauchant au passage un ancien du Bouclier, devenu moine et deux guerriers : un déserteur et un autre qui est une tête brûlée qui n’obéit pas, qui n’écoute pas et qui n’en fait qu’à sa tête…

Ce que j’aime dans les albums Nains, c’est la manière dont sont mise en valeur les femmes. Comme nous, elles ont peu de droits, ou alors celui de pondre des marmouses et de s’en occuper (ainsi que de leurs maris) mais bien souvent, ce sont des rebelles, des femmes qui ont de la poigne et quand elles prennent le taureau par les cornes, par les burnes d’Ijad, ça envoie du lourd !

Les scénaristes ne nous laissent jamais croupir trop longtemps dans nos cuisines et font des Naines des femmes sans peur qui osent se dresser avec le poing levé (ou une arme à la main). Sans les femmes, la civilisation des Nains irait droit dans le mur.

— Je suis Niss du Bouclier. Mon rôle est de veiller sur mon foyer, et de me tenir droite dans les tourmentes présentes et à venir. Je suis celle qui réconforte, celle qui attend, celle qui donne la vie, celle qui souffre en silence. Je suis toutes ces mères qui ont vu leurs fils partir pour ne jamais revenir. Je suis toutes ces naines qui sont le véritable ciment de notre civilisation.

On pourrait croire que vu l’équipe de bras cassé qu’elle emmène avec elle, Svara, qui est elle-même une future grand-mère, va droit dans le mur : l’ancien cognard du Bouclier est âgé, le déserteur a planté ses copains en plein milieu d’une bataille et l’autre, dernier rejeton d’une grande famille, est insubordonné et cherche misère au déserteur.

Le talent du dessinateur est de nous montrer de beaux paysages, de nous faire entrer dans le monde des Nains, de dessiner les protagonistes, les monstres, des scènes de batailles qui semblent vivantes, des corps sans vie ensuite. Mission plus qu’accomplie.

Au scénariste, il incombe de nous pondre une histoire qui peut être classique, mais en nous la racontant autrement, pour nous subjuguer, pour nous faire vibrer durant la quête de nos héros et de nous donner envie de les suivre, même s’ils sont bougons, bagarreurs, chieurs, râleurs…

Son talent est aussi de dresser des portraits de personnages qui peuvent nous étonner en fil des pages, qui peuvent évoluer ou bien cacher leur jeu. À ce niveau-là, j’en ai eu pour mon argent !

Une fois de plus, la saga des Nains nous propose un album qui tient la route, qui, bien que racontant une histoire classique d’une mère qui se lance à la recherche de son fils dans un monde des plus hostiles, nous la raconte d’une autre manière et parvient sans mal à subjuguer le lecteur avec un récit humaniste.

Un album que j’ai refermé avec le coeur brisé, mais heureux d’avoir vibré pour une si belle aventure avec ce quatuor qui au départ, n’avait rien d’exceptionnel.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°230], le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B) – 54 pages et le Challenge bd « Des histoires et des bulles » chez Noctembule (Avril 2021 – Avril 2022) – SFFF N°9.

Nains – Tome 17 – Gurdan du Malt : Nicolas Jarry et Pierre-Denis Goux

Titre : Nains – Tome 17 – Gurdan du Malt

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Pierre-Denis Goux

Édition : Soleil Productions (19/06/2020)

Résumé :
Au coeur des royaumes nains, l’orge des maîtres du Malt est un trésor bien plus précieux que l’or.

Gurdan, recruteur irascible de la légion de Fer, a repris sa place de capitaine. S’il a les bras toujours solides, son cœur à bout de souffle le trahit au plus mauvais moment…

Brum lui demande alors de quitter définitivement le rang. Gurdan rejoindra la distillerie familiale avec l’espoir d’y finir ses jours.

Mais son frère a disparu, les bâtiments sont en piteux état et son neveu vient de vendre les terres…

Pourtant, il ne renoncera pas, jurant que si son cœur tient, il fera revivre la propriété et distillera la meilleure liqueur de malt de tout Arran !

Critique :
Ne cherchez pas l’ordre du Malt chez les Nains, il n’existe pas, même si la boisson est la chose la plus importante chez eux, après les combats…

Mais celui qui sait sortir de ses cuves autre chose que de la pisse de troll est assuré de gagner des fortunes car les Nains ont tous le gosier en pente et savent descendre des barriques entières.

C’est avec plaisir que j’ai recroisé la route de Brum, ancien Errant devenu chef de la Légion de Fer. Ce n’est plus lui qui est mis à l’honneur, il a eu son album, mais Gurdan, son capitaine, qui a des problèmes de coeur.

Non, il n’est pas amoureux d’une bavette, juste des problèmes de palpitant qui le lâche quand il fait de trop gros efforts. Gênant quand on est dans la Légion de Fer. Brum lui signifie donc son congé. Gurdan va devoir faire autre chose que se battre tout en évitant les efforts pour son coeur.

Pôle Emploi lui a conseillé de reprendre une partie de la distillerie familiale à laquelle il a droit depuis la disparition de son frère. Sûr que c’est une bonne idée ??

Je ne vais pas vous raconter des carabistouilles, le scénario de cet album est du archi réchauffé, du déjà-lu cent fois, la plupart des auteurs ont joué avec un ado en proie au jeu, qui en veut au monde entier, qui est bon à pas grand-chose, qui a perdu son père et qui en obtient un de substitution qui est un vieux guerrier qui attend la mort.

Pourtant, quand c’est bien raconté, bien mis en scène, bien dessiné, la vieille soupe réchauffée fait du bien à l’âme car même si l’album est calme, il n’est pas pour autant dénué de choses intéressantes, notamment sur la distillerie.

Et puis, Gurdan, le vieux guerrier est le genre de type avec lequel on aimerait bosser (même s’il nous affame) et Borogam, son neveu qui pensait ne pas avoir d’avenir, commence à entrevoir une possibilité de s’en sortir et de ne pas produire de la pisse de troll juste bonne à décaper les boyaux.

C’est l’histoire d’un apprentissage, d’un vieil oncle qui apprend à son neveu à devenir un homme, à travailler, à le faire correctement, qui remplace ce père disparu trop vite et mystérieusement. C’est un vieux guerrier qui veut léguer autre chose que des armes et des combats à ce qu’il lui reste de famille.

Gurdan, c’est un Jean de Florette qui cherche à trouver comment leur source s’est tarie afin de faire vivre son exploitation, et dans le rôle du Papet, il y a son beauf, un type cupide qui cherche pat tous les moyens légaux ou illégaux à agrandir son exploitation personnelle. Gurdan, c’est aussi un enquêteur qui a du flair…

Gurdan du Malt est une histoire que l’on pourrait lire à des enfants afin de leur démontrer que construire est plus intelligent que détruire même si c’est plus difficile…

Qu’il n’est pas évident, à sa mort, de léguer une entreprise qui ne connait pas la crise alors qu’il est si facile de léguer des armes. Et que pour garder l’entreprise prospère (Yop La Boum), faut se retrousser les manches et faire de la qualité ! Hériter, c’est bien, maintenir le niveau, c’est mieux.

Un très bon tome, malgré le fait que la soupe a déjà été servie plein de fois. L’art est toujours dans la manière de raconter. Et Nicolas Jarry est un conteur hors pair.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°143].

 

Nains – Tome 19 – Tadgar des errants : Nicolas Jarry et Jean-Paul Bordier

Titre : Nains – Tome 19 – Tadgar des errants

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Jean-Paul Bordier

Édition : Soleil (21/10/2020)

Résumé :
Le mal n’a qu’à bien se tenir… parce qu’il a trouvé plus malhonnête que lui !

Tadgar le futé, Lygdr la ténébreuse, Damn la séductrice, Wal le fou-furieux et Akab le vieux prêtre défroqué ont un point en commun : aucune loi n’est sacrée à leurs yeux.

Seule leur importe la liberté, tant qu’elle est assaisonnée d’un bon paquet de talions.

Alors, quand cette équipe de hors-la-loi se fait doubler par un nécromancien et se retrouve avec une armée d’orcs, un mage elfe blanc et une cité-état naine aux trousses, ils décident de faire ce que tout nain sensé ferait à leur place : retrouver le mage noir et lui faire cracher ses dents.

Critique :
Tadgard le roublard, Tadgard le magouillard (le mot vient d’être inventé), Tadgard le salopard, Tadgard le pillard, Tadgard le rusé renard qui sait tenir le crachoir pour vous la foutre dans le lard.

Je pourrais dire aussi qu’il ne semble pas être un manche avec son dard, mais ce serait dévoiler les bijoux de la couronne et lui faire de la pub.

La saga des « Errants » m’avait habitué à de la profondeur et des émotions et voici que je me retrouve avec une bande de Nains voleurs, magouilleurs, chipoteurs, filouteurs (un mot de plus) et une belle bande de bras cassé !

Limite une bande de Charlots, juste que nos trois Nains et nos deux Naines ne sont pas des manches en baston et qu’ils possèdent dans leur bande un espèce de guerrier qui ne désire qu’une chose : vous péter la gueule, vous l’écraser et plus vous êtes, plus il est content.

Pour les émotions, j’en suis quitte pour des sourires et des soupirs devant tant de bêtises car Tadgard est roublard, mais il veut toujours avoir le dernier mot et bien souvent, il fout sa bande un peu plus dans la merde.

Et comment on se sort d’une belle merde ?? En foutant la merde autour de soi et en s’enfonçant un peu plus dans les emmerdes…

Serge Lama chantait ♫ d’aventures en aventures, de trains en trains ♪ et nos 5 bras cassés pourraient chanter ♫ de déconfitures en déconfitures, de pépins en pépins ♪ car toujours ils pataugent dedans.

Anybref, un album qui sort de l’ordinaire, qui est plus fun de par son humour et ses situations cocasses de notre troupe de bras cassés qui n’en rate pas une, tous et toutes autant qu’ils et elles sont. La mauvaise foi, le vol, le chapardage, l’envie, l’alcool, la baston, font partie intégrante de leur vie.

Un album qui ne possède pas des émotions fortes comme les précédents consacrés aux Errants, mais une belle tranche de rigolade et de poisse pour nos héros.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°133].

Nains – Tome 18 – Ararun du Temple : Nicolas Jarry et Paolo Deplano

Titre : Nains – Tome 18 – Ararun du Temple

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Paolo Deplano

Édition : Soleil (26/08/2020)

Résumé :
La cité d’Ysparh est rongée par la corruption. Elle ne tient que grâce à la détermination de sa garde à maintenir l’ordre et l’équité.

Le nain Ararun et l’elfe bleue Antalya en sont les redoutés capitaines, l’un pour la finesse de son esprit, l’autre pour le fil de son épée et les deux pour leur obstination légendaire.

Alors, quand l’un des princes est assassiné avant des élections, ils sont les seuls capables de démêler cette affaire.

Critique :
Sherlock Holmes et Watson en version badass ! Et aussi en version Nain et Elfe, mais ceci est un détail…

Oups, pardon, dans ce cas de figure-ci, Watson, l’Elfe, est une femme…

Mais croyez-vous, faut pas essayer de la lui faire à l’envers ou la sous-estimer, car il vous en cuira…

N’essayez pas non plus de sous-estimer Ararun Sherlock Holmes, le nain, son tranchoir vous coupera en deux.

Nos deux enquêteurs qui bossent dans la garde de la cité d’Ysparh sont appelés pour un crime qui semble avoir eu lieu en chambre close : fenêtres fermées, grande hauteur, sortilèges de protection. L’homme était en politique et se présentait aux élections pour devenir le dirigeant de la cité.

Qui a fait le coup et comment ? Le colonel Moutarde semble innocent et il va falloir interroger tous les malfrats de la ville pour savoir où se cache l’assassin avec lequel notre Ararun Holmes a croisé le fer.

Plus qu’une enquête, c’est aussi une plongée dans la politique et ses magouilles, dans ce que l’Elfe a de plus sombre : son côté obscur. Dans tous les sens du terme.

— Je suis un courtard de terrain, Seigneur Mestre. Si je me lève chaque matin, c’est pas pour administrer les chamailleries entre puissants, c’est pour rendre la justice.

Nos deux incorruptibles forment un duo comique, sans pour autant nous donner des éclats de rire, mais leurs réparties sont amusantes et on les sent complices depuis leur rencontre inopinée quelques années plus tôt.

Les dessins sont un régal pour les yeux, les décors sont remplis de finesse et le scénario n’est pas resté aux abonnés absents car le scénariste a fait ce qu’il fallait pour nous proposer une enquête aux rebondissements multiples, avec de l’action, de la baston, une touche d’humour mais aussi de mélancolie.

Nos deux personnages principaux sont travaillés, nous n’en sauront pas plus pour le moment mais ce qu’il nous est donné est suffisant pour nous faire une idée et s’en faire des amis durablement.

D’ailleurs, je ne suis pas contre une nouvelle aventure de nos deux compères car il y a de la profondeur dans cette bédé et ceux ou celles qui disent que les bédés sont pour les enfants ou sont sans intérêt, passé un certain âge (celui de 12 ans), et bien, ils se fourrent le doigt dans le nez jusqu’au cul !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°126].

 

Nains – Tome 16 – Tala de la Forge : Nicolas Jarry et Pierre-Denis Goux

Titre : Nains – Tome 16 – Tala de la Forge

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Pierre-Denis Goux

Édition : Soleil (23/10/2019)

Résumé :
Tala est une soeur de la loge de Vaha. Depuis la nuit des temps, sa loge protège les terres d’Arran en conservant en sa citadelle les runes oubliées des nains, qui autrefois menèrent le monde au bord de sa destruction.

La guerrière rentre d’un périple de plusieurs lunes qui l’a menée jusqu’à la cité d’Ardërum-Draz, à la recherche de la rune divine d’Immortalité.

Des cinq soeurs qui sont parties, seule Eti et elle ont survécu. Car ce qu’elles avaient oublié, c’est que tout trésor a son gardien.

Critique :
J’adore lorsque Nicolas Jarry met en scène des bavettes, dans la saga Nains parce que bien souvent, nous sommes face à des Naines qui en ont dans le cerveau et en dans la culotte, qu’elle soit en dentelle ou non.

Petit aparté : existe-t-il une étude complète sur le types de sous-vêtements que portent les Nains et les Naines dans les Terres d’Arran ??

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt, à notre guerrière Tala qui porte la cartographe de leur Loge, Eti, inanimée, dans un froid de gueux et un blizzard à ne pas mettre un Yéti dehors.

Le scénariste aurait pu commencer par le commencement et nous dérouler leur périple par le commencement, mais cela n’aurait pas eu le même impact, pas eu la même saveur.

En utilisant la vieille technique des flash-back, toujours à bon escient, et toujours par petits morceaux, il nous permet ainsi de ne pas en découvrir trop dès le départ, aiguisant par là notre appétit et nous attirant avec ses petits morceaux de pain dans la trame démente de son histoire.

Démente mais cohérente, comme toujours. Une fois de plus, les Classiques sont de sorties comme l’amitié, l’envie, le pouvoir à n’importe quel prix (si un carriériste lit l’album, il avalera de travers), la vie éternelle, les complots, les magouilles, la magie noire (tiens, elle est étrangère à notre Monde, celle-là) et le sacrifice de sa vie pour autrui.

La Loge de Vaha est une loge composée uniquement de Naines, ce qui donne l’occasion à l’auteur a sortir tous les poncifs qu’un Mâle, qui se croit supérieur, peut sortir à une Naine lorsque celle-ci vit au milieu d’autres Naines… Comme dans notre société humaine.

La société des Nains est très virile, très machiste, très phallocrate et pense que la place de la femme est derrière ses fourneaux à s’occuper des chiards et que dans cette Loge de Vaha, toutes les filles se broutent le nénuphar comme si chez les guerriers Nains, on  se suçait le pieutard l’un l’autre.

Anybref, ce qui fait la force de cet album, en plus des superbes dessins de notre habitué de la saga « de la Forge », ce sont les personnages : profonds, détaillés, forts, qui marquent, bourrés de mystères et qui peuvent surprendre au moment où l’on ne s’y attend pas.

Mais aussi les guest star qui viennent montrer leur renifloir, comme Ulrog, le frère de Jorun et fils tout deux de Redwin, ZE guerrier OF THE Nains.

Ce sont aussi les classiques tels que ceux qui veulent vivre éternellement, qui veulent donner la force à leur ordre et qui, pour ça, n’hésiteront pas à tuer, mutiler, torturer, et plus, si affinités, pour arriver à leur but personnel.

C’est aussi l’Elfe Blanc qui use de magie noire et qui nous suit à la trace comme l’odeur d’une merde de chien lorsqu’on a marché dedans, les sales monstres aux grandes dents en plus…

Est-ce que Tala arrivera à comprendre ce qui lui arrive et ce qui s’est passé à un moment donné de leur quête pour cette Rune d’immortalité ? Va falloir être le détective de sa propre mémoire pour y arriver…. Mais Tala est fortiche.

Tala, c’est aussi l’amûr, l’amitié, la rage, le don de soi, les mystères, le suspense, le souffle de la grande aventure et quelques secrets dévoilés qui font lever la tête des habitués de la saga, tel un paparazzi qui flairerait le bon scoop.

Une fois de plus, un putain d’excellent album, à placer dans mes préférés, dans ceux qui m’ont fait vibrer un max et apportés une sacré dose d’émotions fortes.

 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°142.

 

Nains – Tome 15 – Oboron du bouclier : Nicolas Jarry et Nicolas Demare

Titre : Nains – Tome 15 – Oboron du bouclier

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Nicolas Demare

Édition : Soleil (19/06/2019)

Résumé :
La mort est un aller sans retour…. c’est du moins ce que pensait Oboron, jusqu’à ce qu’il se réveille au fond d’un ravin, transpercé par une dizaine de flèches.

Tandis qu’il retrouve la mémoire, il comprend que sa destinée vient de basculer. On ne revient pas de l’au-delà sans en payer le prix fort.

Oboron n’a alors plus qu’une idée en tête : retrouver les siens pour les protéger de la tempête qu’il s’apprête à déclencher…

Critique :
Se réveiller au fond d’un ravin, criblé de flèches, pour un Nain, ce n’est pas inhabituel, surtout un de l’ordre du Bouclier…

Mais lorsqu’on se relève et que l’on revient près de ses compagnons d’armes alors qu’on aurait dû être trépassé, c’est le début des emmerdes…

Une malédiction, voilà ce que porte Oboron et, par les burnes d’Yjdad, il aurait mieux fait de calancher au fond du ravin.

Déjà qu’à cause du suicide de son père, il était en disgrâce, et bien, le voilà encore tombé plus bas.

Dans les paluches des aumôniers du Temple, il ne fait pas bon tomber. Notre Oboron aurait peut-être eu plus de chance en allant direct à la table d’Yjgrun, en Enfer.

Une fois de plus, la série Nain ne sombre pas mais elle continue à hisser haut sur les flots déchaînés des mers du pays d’Arran, ou sur les mers scénaristiques.

En reprenant une légende de chez nous, le scénariste le met au goût des Nains, la transforme, la façonne et nous pond un personnage qui marquera lui aussi les esprits car il n’était rien, il aurait pu sombrer du côté obscur de la Force, mais il a résisté.

Oboron a l’air rustre, vu ainsi, il l’est, mais c’est aussi un père qui pense à sa famille. Et même s’il a un caractère de cochon, il sait aussi qu’il peut combattre le mal qui court dans ses veines et ne pas y succomber.

Les dessins de Nicolas Demare sont toujours un plaisir pour les yeux, lui qui nous met en dessins la saga des Nains du Bouclier.

Comme je le disais, le scénariste a repris une légende connue mais a aussi ajouté ses petites touches à lui, dont une fraternité entre deux personnages qui a rarement lieu, même si les Elfes, Nains, Orcs et autre Gobelins devraient penser que l’union fait la force et que la désunion ne crée rien de bon.

Une fois de plus, un tome qui reprend des classiques mais qui les cuisine à sa sauce, sans oublier d’ajouter des épices qui écorchent un peu la gueule dans le personnage du mage Faradum qui a un comportement pour le moins humain avec « Moi je peux mais pas vous » et un Gobelin esclave qui ne Ga’at rien à l’histoire, mais l’enrichi.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°122.

Nains – Tome 14 – Brum des Errants : Nicolas Jarry & Jean-Paul Bordier

Titre : Nains – Tome 14 – Brum des Errants

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Jean-Paul Bordier

Édition : Soleil (20/03/2019)

Résumé :
Le seigneur Brum retourne là où tout a commencé, au puits , ce lieu où il combattait pour oublier la misère et la rage qui étaient siennes.

Le vieux guerrier sait qu’il doit se confronter à son passé, ces temps insouciants où lui et ses amis vivaient dans les bas-fonds de de Gol-Garsëm, rêvant de jours meilleurs. Brum a toujours su qu’il n’était pas comme les autres… et de cette différence sont nées sa plus grande force ainsi que sa plus profonde souffrance.

Critique :
Les tomes consacrés à la caste des Errants sont souvent les plus forts émotionnellement et celui-ci, c’est la claque dans la gueule et en littérature, j’aime en recevoir.

Les auteurs nous proposent un magnifique album, tant au niveau des dessins qui subliment le scénario qui n’a rien de bancal ou de non recherché.

Pas besoin d’avoir fait des longues études pour voir le parallèle entre la société des Nains et la nôtre et pas besoin de décodeur pour comprendre que la plume de Nicolas Jarry tacle nos sociétés où la naissance prime sur le reste.

On ne marche pas toujours au mérite, dans nos sociétés.

Qui entre dans les grandes écoles ? Peu d’enfants d’ouvriers et s’ils y entrent, ils vont en baver. Tout est fait pour les Fils De mais si votre père n’est pas issu d’une grande famille, vous êtes quasi forcé de rester à votre niveau, à ne pas trop vous élever, pas trop faire de votre gueule, car c’est mal vu.

Ici, c’est le même. Qui entre dans la caste prestigieuse de la Forge ? Les fils des forgerons, pas ceux des bas-fonds, des quartiers pauvres, pas les Errants.

Les Errants, ce sont les sans-dents, les plus pauvres, ceux qui ont été radié des Ordres des Nains, ceux qui ne peuvent pas toucher une arme, qui sont interdits de savoir, qui sont voués à rester dans leur fange et ce, ad vitam æternam.

Les Errants n’avaient pas le droit au savoir. Plus que l’or, l’acier ou la pierre, le savoir était ce qui fondait et soudait une société, ce qui lui permettait d’avancer et de s’émanciper de ses maîtres. Les puissants avaient compris qu’il était bien plus dangereux d’avoir des esclaves éduqués à l’intérieur d’une forteresse, qu’une bande de viandards en armes aux portes de celle-ci. Le pouvoir se nourrissait depuis toujours de l’ignorance du peuple… Et ce n’était pas près de changer.

Personne ne pense que parmi ces parias, il y a sans doute des Nains intelligents, des Nains qui mériteraient d’être mis en avant, des Nains plus prometteurs que le fils de, qui lui, ne vaut pas tripette, mais aura la fonction car il est le fils de son père.

Dans cette fange se débat Brum, un Errant, fils sans père (il n’est pas resté après avoir fait tagada avec la jeune fille qui sera la mère de Brum), un fils dont la mère a dû faire le trottoir pour subvenir à leurs besoins, un jeune Nain fort comme un bœuf, intelligent, mais qui doit le cacher, car c’est mal vu.

Il faut être malin et impitoyable pour survivre quand on est un gamin des rues. L’intelligence est un bagage trop lourd à porter, une fioriture qu’on ne peut pas se permettre. Elle vous empêtre et vous met à l’écart des autres. Le mieux que vous puissiez faire c’est d’oublier que vous êtes intelligent. Vous devez le cacher, acquiescer aux conneries qui sont débitées autour de vous et rire des mêmes blagues grasses qui reviennent en boucle depuis toujours.

L’intelligence attire la violence, elle exacerbe le sadisme, elle fédère les imbéciles et les détraqués. Elle fait de vous un broutard noir.

Mon intelligence, j’avais vite appris à la travestir en autre chose de plus cynique. Pour survivre, un marmouse était capable de tout, même de nier sa propre nature. J’étais un faussaire et plutôt un bon.

Alors, il cache le travail qu’il fait avec son cerveau et montre ses poings qu’il sait utiliser mieux que personne.

Le début de l’album ne me laissait pas présager ce genre d’histoire puisque nous étions face au légendaire capitaine de la légion de fer, un certain Brum. J’ai même regardé la couverture pour être sûre que j’avais bien lu « Brum des Errants ». J’ai continué ma lecture, sourcils froncés et puis j’ai compris : c’était la genèse de Brum.

Et quelle genèse, bordel de dieu ! Non ça ne fait pas que bastonner ou se cogner, sous leurs allures de fight-club, d’arène pour les combats où l’un sort sur ses jambes et l’autre pas, il y a de la profondeur dans l’histoire et des petites phrases assassines dans les réflexions de Brum.

Le pouvoir se nourrissait depuis toujours de l’ignorance du peuple. Et cela n’était pas près de changer.

Au final, que l’on soit dans le monde des Nains, des Elfes, ou des Hommes, c’est toujours la même histoire sur fonds de lutte des classes, de jalousie, d’envie, de hiérarchie, de lois stupides, de gens rejetés et de médiocres mis sur les hauteurs alors qu’ils ne le méritent pas car ils sont profondément cons.

Encore un très bon album !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°111.

Elfes – Tome 22 – Le gardien des racines : Nicolas Jarry & Gianluca Maconi

Titre : Elfes – Tome 22 – Le gardien des racines

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Gianluca Maconi

Édition : Soleil (24/10/2018)

Résumé :
Bëloenn, le maître des Écorces irascible, veille sur les arbres anciens. Il vit en ermite jusqu’au jour où Laëdyss, une chasseuse dont le clan a été massacré, vient lui demander son aide.

Partout sur les Terres d’Arran, les créatures des bois deviennent folles et attaquent les elfes Sylvains…

L’origine du mal plonge ses racines au plus profond de la forêt de Duhann, dans le sanctuaire de la reine Ora, gardienne du cristal vert…

Critique :
Comment rebondir après la guerre des goules ? Pas facile car ce cycle était addictif et maintenant, on a l’impression que plus rien n’est comme avant. Il reste les cicatrices, les séquelles, et les auteurs continuent de nous en parler dans leurs histoires.

Pourtant, je ne vais pas me plaindre, ni demander l’arrêt de la série car si cet album est en deçà de certains, je l’ai trouvé intéressant dans son pitch.

Laëdyss, une jeune elfe qui a retrouvé tout son village massacré par une entité va se lancer sur ses traces et tomber sur le druide de service, sorte de vieil écolo portant un masque et qui ne veut pas d’apprentie. C’est Bëloenn, le maître des Écorces.

Oui, la relation maître-apprenti, c’est du connu, surtout si le maître ne veut pas de l’apprentie et vice-versa et qu’à la fin, ils s’apprécient.

Une fois de plus, on est face à un personnage qui a souffert jeune, qui traîne ses traumatismes et on aura une quête entre l’elfe gardien des racines, son pote Nain (Kadra) et la jeune Laëdyss.

De l’ultra classique, on vous dit. Malgré tout, la manière dont c’est raconté vaut bien un album et j’ai trouvé le maître des Écorces touchant à certains moments. J’ai fortement apprécié son ami le Nain.

Le premier bémol sera pour la lenteur du démarrage. On tourne un peu en rond avant de se mettre en route et là encore, on prendra du temps. Cela nous permettra de mieux connaître nos deux lascars, mais bon, niveau action, c’est du diesel.

Le second bémol, plus pire, lui, sera pour les dessins qui ne m’ont pas transcendés et pour le manque de détails dans certains visages, certaines cases. J’ai été habituée à mieux, je dois dire.

Pour le reste, j’ai apprécié les évolutions des personnages entre une qui doit accepter ce qu’elle est (N’oublie pas qui tu es – classique) et un vieux ronchon qui doit accepter la rédemption. Bref, faut mûrir pour tous les deux.

Alors, malgré un départ un peu lent, malgré une quête éculée, malgré des dessins un peu moins chouettes que d’habitude et manquant de détails, j’ai apprécié cet album qui parle de nature, de respect de cette dernière, de transmission d’héritage, de conflits générationnels et de personnages qui doivent évoluer, même si ça fait mal, pour y arriver.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°110.