Là où chantent les écrevisses : Délia Owens


Titre : Là où chantent les écrevisses

Auteur : Délia Owens
Édition : Seuil (02/01/2020)
Édition Originale : Where the Crawdads Sing (2018)
Traducteur : Marc Amfreville

Résumé :
Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur  » la Fille des marais  » de Barkley Cove, une petite ville de Caroline du Nord.

Pourtant, Kya n’est pas cette fille sauvage et analphabète que tous imaginent et craignent. A l’âge de dix ans, abandonnée par sa famille, elle doit apprendre à survivre seule dans le marais, devenu pour elle un refuge naturel et une protection.

Sa rencontre avec Tate, un jeune homme doux et cultivé qui lui apprend à lire et à écrire, lui fait découvrir la science et la poésie, transforme la jeune fille à jamais.

Mais Tate, appelé par ses études, l’abandonne à son tour. La solitude devient si pesante que Kya ne se méfie pas assez de celui qui va bientôt croiser son chemin et lui promettre une autre vie.

Lorsque l’irréparable se produit, elle ne peut plus compter que sur elle-même…

Critique :
À partir de maintenant, Kya sera bien plus que le nom d’une marque de voiture.

Maintenant, Kya, ce sera, avant tout, une héroïne qui m’a apporté des émotions en pagailles.

Attention, pas des émotions livrées en vrac dans un camion benne et qu’on balance à tes pieds et démerde-toi pour les trier…

Non, des émotions qui vont et qui viennent, des temps forts, des émotions douces, des dures, des tendres, de celles qui font le même effet qu’éplucher 1 kilo d’oignons.

Kya a mal commencé dans la vie, elle qui, telle un personnage de Dickens, avait un père alcoolo avec la main lourde, qui a vu sa mère partir, puis ses sœurs et ses frères mettre les voiles, sans que jamais personne ne la prenne par la main et ne l’emmène avec… Puis le daron s’est barré.

C’est une gamine qui se retrouve seule et livrée à elle-même, dans les marais, sans que personne dans la paisible communauté bourrée de grenouilles de bénitiers ne s’en émeuve et ne fasse quelque chose pour l’aider. Pour eux, c’est une souillon, une sauvage et je vous passe le reste.

Nous sommes dans les années 50 et à cette époque-là, puisque l’on n’est pas capable de dire merde à la ségrégation raciale et de passer outre, faut pas trop espérer que ces braves WASP (White Anglo-Saxon Protestant) tendent la main à la gamine qui marche pied nus et qui a tout d’une sauvageonne illettrée et asociale.

Impossible de ne pas s’attacher à cette gamine lumineuse, débrouillarde, qui cafouille beaucoup au départ, pour se faire à manger, mais qui arrivera à survivre en utilisant les ressources du marais et la gentillesse de Jumping, Noir de son état et qui a un cœur plus gros que tous les biens pensants qui vont à l’Église (pour les Blancs) tous les dimanches.

Je citerai aussi Mabel, son épouse, qui est le genre de femme que l’on aimerait croiser dans sa vie, lorsque tout s’est effondré. Ils sont Noirs, n’ont pas de droit, mais eux au moins, ils tendent la main, ils aident. Bref, ils m’ont émus.

C’est un roman noir nature writing car si ses conditions de vie sont dignes de Dickens, en apprivoisant le marais, elle va réussir à survivre et à en tirer de belles choses car lorsqu’on tend la main à Kya, il n’en ressort que du magnifique, du beau, du lumineux.

Le marais est lui aussi utilisé comme personnage principal car durant tout le récit, qui alternera entre 1969 (le présent) et 1952 (le passé), le marais pèsera sur le récit, lui donnant une tonalité inattendue, belle, une ode à la préservation de la Nature nourricière et des animaux qui la peuplent.

On va doucement, sans pour autant se la couler douce, sans pour autant perdre du temps, mais le récit s’écoule à son rythme, celui des marais et si on tend bien l’oreille, là-bas, tout au fond, là où c’est le plus sauvage, on entendra chanter les écrevisses.

Sur la fin du récit, pendant les pages les plus angoissantes, j’ai eu envie de les passer afin de savoir « quoi », pour arrêter ce suspense horrible, cette attente détestable, pour diminuer les battement de mon cœur et éviter la crise cardiaque en plein coronavirus… Ce qui serait bête.

Un roman émouvant, beau, tendre, dur, qui met en avant des Humains magnifiques, des détestables, des manipulateurs, des racistes primaires, des lâches aussi car nous le sommes tous parfois et qui vous en apprend plus sur la nature des Hommes et celle au sens propre, notamment sur la vie sexuelle de certains insectes.

Méfiez-vous des lucioles…

Un roman à découvrir car c’est malgré tout une bulle de douceur, de bonheur, de silence, dans ce monde de brute et grâce à lui, je suis partie en voyage, à l’autre bout du monde, dans une autre époque et tout ça pour le prix d’un livre, sans sortir de chez moi.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°198.

Allegheny River : Matthew Neill Null

Titre : Allegheny River

Auteur : Matthew Neill Null
Édition : Albin Michel Terres d’Amérique (02/01/2020)
Édition Originale : Allegheny Front (2016)
Traducteur : Bruno Boudard

Résumé :
Avec « Le Miel du lion », un roman salué par la critique, Matthew Neill Null avait apporté la preuve de son incroyable talent pour saisir le monde sauvage et interroger notre rapport à l’environnement.

Dans Allegheny River, animaux et humains cohabitent au fil du temps, dans un équilibre précaire, au sein d’une nature ravagée par la main de l’homme.

Tour à tour épique et intimiste, c’est un univers de violence et de majesté qui prend vie sous la plume lyrique de ce jeune écrivain.

Ce livre, récompensé par le prix Mary McCarthy, acquiert une dimension universelle, car si le monde qui y est décrit peut nous sembler lointain, une chose est certaine : il s’agit bien du nôtre.

Singulières et puissantes, ces nouvelles, ancrées dans la région des Appalaches, résonnent d’une inquiétante actualité.

Critique :
Décidément, je suis abonnée aux nouvelles, ces derniers jours !

Allez hop, direction l’Amérique et un de ces petites endroits que l’on pourrait qualifier de « trou du cul des États-unis », j’ai nommé les Appalaches.

Ah, Trumpinette vient de twitter que j’étais devenue persona non grata sur le territoire pour ce que je venais de dire. Quand on parle de trou du cul…

Anybref, ces différentes nouvelles illustrent bien l’état d’esprit de ces coins reculés et certaines de ces histoires m’ont touchées, les pires étant celles parlant de chasse…

Putain, mais quel gâchis ! Et dire que nous sommes une espèce dite évoluée… L’évolution n’a pas eu cours chez tout le monde car là, on est en pleine régression de l’être humain.

Bizarrement, si des nouvelles m’ont emportées, émotionnées (6/9), quelques unes ne m’ont pas apporté le plaisir attendu (3/9).

Majoritairement, j’ai pris mon pied, mais la descente est assez raide lorsque l’on passe du trip absolu à une nouvelle qui nous laisse froide.

Pour certaines nouvelles, on se croirait sur des rapides, on est sur des rapides, on a eu une montée d’adrénaline et puis boum, on se retrouve en canot, à la piscine communale avant de repartir, violemment, dans la nouvelle suivante.

Toutes tournent autour de la nature, de l’eau, de la rivière, de la ruralité, des animaux vivants dans ces espaces et de l’Homme qui est capable de tout détruire.

La plume de l’auteur est trempée dans le vitriol, les histoires sont âpres, comme les personnages qui gravitent dans les histoires. Du rural noir en somme.

PS : Mes préférées resteront « Quelque chose d’indispensable », « Le couple », « Ressources naturelles », « La saison de la Gauley », « L’île au milieu de la grande rivière » et « La lente bascule du temps »

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°196.

Hunter – Tome 03 – Freeman : Roy Braverman

Titre : Hunter – Tome 03 – Freeman

Auteur : Roy Braverman
Édition : Hugo & cie Thriller (05/02/2020)

Résumé :
Puissant comme un ouragan sur le bayou
Épicé comme un jambalaya créole
Enivrant comme un Ramos Gin Fizz
Endiablé comme un air de zydeco
Envoûtant comme le parfum des belles-de-nuit
Sensuel comme La Nouvelle-Orléans
Noir comme un roman de James Lee Burke

Patterson, en Louisiane. Deux millions de dollars disparaissent. Pendant un ouragan d’une rare violence. Dans la maison du boss de la mafia locale.

La traque commence. Elle va faire se croiser et s’affronter un « parrain » amateur de cocktails, un fabuleux tandem de flics que tout oppose mais dont chacun poursuit une quête personnelle, une serveuse qui aime trop l’un des deux flics, le FBI, Freeman et sa fille Louise (celle-là même qui avait été retenue prisonnière quatorze ans dans un trou perdu des Appalaches dans « Hunter »), un collecteur de dettes arménien, et tout ce que La Nouvelle-Orléans compte de faune interlope, d’indics et de petites frappes…

Cela pourrait être le début de beaucoup de polars. Sauf que c’est au coeur du bayou, et que c’est Roy Braverman qui est aux manettes.

Et que la traque va être bercée par le rythme envoûtant de la zydeco, imprégnée des senteurs de la cuisine cajun, caressée par les parfums sensuels de la flore de Louisiane, et rendue plus haletante encore par la menace des crocs acérés des alligators…

Critique :
Voilà un roman noir qui sent bon l’Amérique, comme s’il avait été cuisiné par un grand chef de là-bas alors qu’il l’a été mitonné par un frenchie à la mode cajun.

Louisiane… J’ai débarqué en plein ouragan (pas Katrina), alors qu’en Belgique, les tempêtes Ciara et Dennis s’en donnaient à cœur joie, ajoutant une atmosphère réaliste à cette fin du monde qui régnait dans le roman de l’auteur.

Heureusement pour moi, je ne me suis pas prise un crocodile dans la gueule… Le zoo d’Anvers et Pairi Daiza avaient dû lester leurs sauriens de sacs à main remplis de monnaie.

L’ambiance et le ton était donné et je m’y suis coulée comme un vieil alligator dans son bayou, me vautrant dans la boue poisseuse de ce roman qui clôt une trilogie dont les romans peuvent se lire indépendamment l’un de l’autre.

Mais quitte faire les choses biens, autant faire les trois dans l’ordre et prendre son plaisir car la galerie de personnages vaut son pesant d’or, certains sortant même du lot car j’ai un faible pour Mardiros, le collecteur de dettes arménien.

Entre nous, si ce dernier roman porte le nom de Freeman, le policier qui avait tout mis en oeuvre pour retrouver sa fille Louise dans le premier tome, il n’est pas vraiment le personnage principal pour moi.

Le roman aurait d’ailleurs pu se nommer Zach Beauregard ou Doug Howard vu qu’ils sont plus présent dans ces pages que notre Freeman.

Mais je pinaille sur des détails ! Voilà un roman qui foisonne de petites histoires, d’enquêtes dans l’enquête, de petites tranches de vies, de bataille des polices, de FBI, bref, il y a la dedans de la vie qui grouille, tels des asticots sur un cadavre.

Oui, c’est glauque et poisseux, les morts ne sont pas décédés de leur belle mort, on a un cadavre de gosse, on a de la misère sociale, de la misère tout court, des gosses qui savent qu’ils ne s’en sortiront pas, des flics corrompus, un malfrat qui fait sa loi, bref, tous les ingrédients d’un roman noir…

Une excellente cuisine de tous les ingrédients d’un roman noir, le tout assaisonné de sauce cajun bien épicée, de morceau de gators dans l’assiette, de cocktails en tout genre, de personnages hors-norme, atypiques, d’une dose d’humour, de balles qui sifflent, de salopards de bandits mais aussi de gens riches qui se pensent au-dessus des lois.

Dans ce roman, tout peut arriver, rien n’est assuré, les trahisons peuvent surgir de partout, tel un alligator attendant que vous passiez dans les hautes herbes, les coups-bas pareils, mais parfois, on pense qu’on vient de se prendre un poignard dans le dos et c’était un sacré coup de main.

Ce roman noir, c’est la Louisiane comme si vous y étiez et je ne risque pas d’aller passer mes vacances là bas, sauf à y aller avec Air Braverman, filiale de Air Manook.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°179 et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°24].

 

Mon territoire : Tess Sharpe

Titre : Mon territoire

Auteur : Tess Sharpe
Édition : Sonatine Thriller/Policier (29/08/2019)
Édition Originale : Barbed Wire Heart (2018)
Traducteur : Héloïse Esquié

Résumé :
À 8 ans, Harley McKenna a assisté à la mort violente de sa mère. Au même âge, elle a vu son père, Duke, tuer un homme. Rien de très étonnant de la part de ce baron de la drogue, connu dans tout le nord de la Californie pour sa brutalité, qui élève sa fille pour qu’elle lui succède.

Adolescente, Harley s’occupe du Ruby, un foyer pour femmes en détresse installé dans un motel, fondé des années plus tôt par sa mère. Victimes de violence conjugale, d’addictions diverses, filles-mères, toutes s’y sentent en sécurité, protégées par le nom et la réputation des McKenna.

Mais le jour où une des pensionnaires du Ruby disparaît, Harley, en passe de reprendre les rênes de l’empire familial, décide de faire les choses à sa manière, même si elle doit, pour cela, quitter le chemin qu’on a tracé pour elle.

Critique :
Cette histoire comment un peu comme celle des rivaux de Painful Gulch (Lucky Luke) avec les O’Hara d’un côté et les O’Timmins de l’autre.

Entre ces deux familles, c’est la guerre ouverte.

Comme entre les McKenna et les Springfield, l’humour de René Goscinny en moins, bien entendu. Et sans Lucky Luke aussi…

Au milieu du territoire des McKenna coule une rivière qui la sépare de la famille Springfield, l’ennemi héréditaire. Même si pour le moment, une trêve semble être respectée…

Et les trêves sont faites pour être rompues !

Quelle puissance, dans ces pages… Comparable à la puissance d’un labo de meth qui explose : tu entends le bruit, le grondement et la boule de feu te plaque au sol, ravageant tout sur son passage. Voilà le genre d’émotions que je recherche dans une lecture et là, j’ai eu la dose recherchée.

Certains avaient comparé Harley, la fille de Duke, à Turtle (My absolute darling) mais pour moi, toutes les deux sont distinctes car le père de Harley, même s’il lui enseigne l’école de la vie de trafiquant, jamais il ne lève la main sur elle et jamais il n’abuse d’elle.

La violence est présente, bien entendu, mais elle est acceptable dans la mesure où nous nous trouvons face à un roman noir nous parlant d’un baron de la drogue dans le North County, sorte de trou du cul de l’Amérique où des suprémacistes Blancs se tatouent le chiffre 88 sur le cou et autres svastika un peu partout…

Pourtant, ce ne sera pas la violence des hommes que je retiendrai de ce roman, mais les émotions fortes qu’il m’a procuré, notamment avec le personnage de Harley, que j’ai aimé dès la première page.

Oui, j’ai aimé sa manière d’être, alternant d’un côté celui d’une fille qui sait se battre, qui n’a peur de rien et de l’autre la fille qui aide les femmes battues à s’en sortir. Deux faces d’une même pièce, tout comme son père, Duke.

L’auteur a mis en scène une héroïne qui nous marquera durablement car sous ses dehors de Tom Raider, elle est humaine. Et c’est aussi une véritable stratège, une petite Napoléon du crime qui n’a pas envie de connaître un Waterloo mais des Austerlitz.

Taclant fortement les hommes qui battent les femmes et les néonazis de tous poils, l’auteur a rendu son récit encore plus addictif en alternant les chapitres au présent et ceux du passé, où Harley nous racontera sa vie, ses premières fois, le tout dans le désordre, mais sans que cela rende le récit opaque.

Que du contraire, le récit est lisible, compréhensible et foutrement addictif. On dévore les chapitres comme si on avait toute la troupe des Sons Of Jefferson à son cul, comme si le manque risquait de se faire sentir si on déposait le roman sur la table.

Un roman noir époustouflant, violent, mais sans exagération, où, pour marquer son territoire, une fille va devoir se retrousser les manches puisque, contrairement aux mâles qui la sous-estiment, elle ne sait pas pisser debout.

Harley n’a peut-être un pénis entre les jambes, mais elle a un cerveau, elle sait l’utiliser et mieux, utiliser les faiblesses des autres, leurs points faibles et comme c’est une pisseuse, les mâles ne se méfient pas d’elle…

La barre a été placée très haute et pour la dépasser ou, du moins, l’égaler, l’auteure va devoir se retrousser les manches si elle ne veut pas décevoir son public pour son prochain roman.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°102.

Les Mystères de Sean Stranahan – Tome 2 – Les morts de Bear Creek : Keith McCafferty

Titre : Les Mystères de Sean Stranahan – Tome 2 – Les morts de Bear Creek

Auteur : Keith McCafferty
Édition : Gallmeister Americana (06/09/2019)
Édition Originale : The Gray Ghost Murders (2013)
Traducteur : Janique Jouin-de Laurens

Résumé :
Sean Stranahan, peintre amateur, guide de pêche et détective privé à ses heures perdues, se sent de plus en plus chez lui dans le Montana dont il connaît désormais les rivières comme sa poche.

Mais les âpres paysages des Montagnes Rocheuses livrent parfois de macabres trouvailles – comme les cadavres de ces deux hommes exhumés par un grizzly affamé.

Le shérif Martha Ettinger fait appel aux talents d’enquêteur de Sean, décidément très convoités : le même jour, il est embauché par un club de pêcheurs excentriques pour retrouver une précieuse mouche de pêche volée.

Les deux affaires vont se télescoper sur une piste escarpée menant vers quelques-unes des personnes les plus puissantes de la vallée de la Madison.

Critique :
Après la chanson « Merci patron », on pourra chanter « Merci le chien » et « Merci madame Ourse » car sans le chien pour se coucher sur la tombe et sans l’ourse pour dégager un des corps, jamais la police ne les aurait trouvé.

D’ailleurs, c’est bien simple, personne ne les cherchait, ces cadavres !

Maintenant qu’on a mis la main dessus – pour ne pas dire la patte couverte de griffes – va falloir enquêter et c’est là que les Romains s’empoignèrent car zéro piste, zéro identité et zéro idée sur le pourquoi du comment ils se sont retrouvés enterrés là, au sommet de la montagne.

Sean, de son côté, mène l’enquête pour retrouver les deux mouches volée au club de pêcheurs du coin. Non, non, elles ont de la valeur, ces deux mouches volées ! Sentimentale et vu leur prix d’achat et celui qu’on pourrait en retirer en les revendant, ce n’est pas rien.

Ce que j’aime, dans les enquêtes de Sean Stranahan, c’est qu’il y va tranquille et que l’auteur en profite pour animer d’autres personnages que lui tout en se centrant sur Sean et sa vie compliquée et le fait qu’il s’attire toujours des emmerdes, qui, vous le savez sans doute, volent toujours en escadrille !

On a beau ne rien y connaître en pêche à la mouche, on apprécie toujours accompagner Sean sur une rivière pour le regarder y tremper sa mouche (n’y voyez rien de sexuel, hein) pendant qu’il fait le vide dans son cerveau.

Sans jamais appesantir le récit, ces parties de pêche sont toujours agréables à lire et l’entièreté du roman se déguste avec un petit sourire aux coin des lèvres tant il est parsemé de fraîcheur, de mystères et de personnages hors-norme et attachants.

Dans le Montana, les gens ne se comportent pas comme ailleurs et l’auteur a su rendre cette atmosphère de camaraderie dans son récit, donnant l’impression à son lecteur de retrouver une bande de vieux copains.

— Vous savez ce qui est génial avec le Montana ? (…) C’est que des gens venus de tous les horizons s’y retrouvent. (…) Nous sommes au même niveau. Si tout le pays était comme ça, nous nous comprendrions et pourrions travailler à des solutions communes.

Il a beau ne pas en avoir l’air ainsi, mais Sean Stranahan est un bon enquêteur : tenace, calme, sans se presser, donnant l’air de ne pas en avoir l’air et en plus, il a une sacrée paire de cojones parce que ce qu’il a fait, peu en aurait eu le courage !

Dans ce deuxième tome, l’auteur continue d’étoffer ses personnages, dont Sean et poursuit ses belles descriptions du Montana et de ses rivières gorgées de truites en tout genre qui vous donnerait envie d’aller y lancer de la soie et de faire trempette à votre mouche, même si vous n’aimez pas la pêche.

Et puis, cette histoire de cadavres n’est pas du genre que l’on croise dans tous les romans policiers, ce qui ajoute du piment à l’histoire.

Une enquête qui va au rythme pépère, sans pour autant que l’on se mette à bailler d’ennui (que du contraire), des personnages attachants, presque des copains, des personnages étoffés, avec leurs petites faiblesses, leurs petites blessures (mais pas de folie), leurs petites histoires réalistes comme il pourrait nous en arriver, le tout sur le thon, heu, un ton réjouissant qui donne envie de frétiller comme une truite !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°91.

La vie en chantier : Pete Fromm

Titre : La vie en chantier

Auteur : Pete Fromm
Édition : Gallmeister Americana (05/09/2019)
Édition Originale : A job you mostly won’t know how to do (2019)
Traducteur : Juliane Nivelt

Résumé :
Marnie et Taz ont tout pour être heureux. Jeunes et énergiques, ils s’aiment, rient et travaillent ensemble. Lorsque Marnie apprend qu’elle est enceinte, leur vie s’en trouve bouleversée, mais le couple est prêt à relever le défi.

Avec leurs modestes moyens, ils commencent à retaper leur petite maison de Missoula, dans le Montana, et l’avenir prend des contours plus précis.

Mais lorsque Marnie meurt en couches, Taz se retrouve seul face à un deuil impensable, avec sa fille nouvellement née sur les bras.

Il plonge alors tête la première dans le monde inconnu et étrange de la paternité, un monde de responsabilités et d’insomnies, de doutes et de joies inattendus.

Critique :
♫ Avoir un seul enfant de toi, ça f’sait longtemps que j’attendais. ♪Le voir grandir auprès de toi, c’est le cadeau dont je rêvais ♫ Qu’il ait ton sourire, ton regard quand tu te lèves le matin ♪ Avec l’amour et tout l’espoir que j’ai quand tu me tiens la main. ♫

Cette chanson de Phil Barney, tout le monde connait… Une chanson triste puisque la mère décède et que le père se retrouve seul avec l’enfant dans ses bras.

Mais nous n’avons jamais su ce qu’il s’est passé entre la naissance et les 10 ans de son p’tit homme, dans sa chanson.

À croire que Pete Fromm voulait nous conter ce qu’il arrive à un papa qui se retrouve seul, avec juste l’enfant qui revient avec lui et la maman qui part pour un long voyage dont on ne revient jamais.

Bordel, quelles émotions en tout genre j’ai dégustées dans ce roman à la fois tendre, touchant, triste, émouvant, mais ô combien merveilleux car jamais l’auteur ne sombre dans la mièvrerie ou le larmoyant.

Non, pas de pleurs dans les chaumières car l’auteur à choisi de nous montrer un père (Ted, Taz de son surnom) qui tire le diable par la queue, qui est dans sa bulle, qui se coupe de tout le monde pour être avec sa fille, qui annihile toute vie sociale et qu’un pote, Rudy, sa belle-mère et la baby-sitter vont essayer de ramener à la vie sociale, pour le bien de la petite Midge.

Souvent j’ai souri durant ma lecture, j’ai été attendrie par cette petite fille qui se retrouve juste avec son père qui ne sait pas trop comment faire avec elle mais qui se débrouille pas si mal que ça, tout compte fait.

Porté à bout de bras par ces trois personnes, lentement, notre jeune père veuf va quitter les sables mouvants qui se trouvent au fond de la rivière et commencer sa lente remontée vers la surface, vers de l’oxygène autre que sa petite Midge.

C’est magnifique, c’est tendre, c’est du bonheur en boite, même si un des chocolats de la boîte était amer (le décès de la mère). Mais je vous jure que tous les autres étaient un concentré d’émotions gustatives qui m’ont touchée au coeur.

Oui, Taz avait une vie en chantier, une maison en chantier mais il a pu compter sur des ouvriers du coeur, des véritables amis, de ceux qui ne vous laisse pas sombrer dans le caniveau, de ceux qui comptent, de ceux qui vous tirent vers le haut, de ceux qui vous tirent de votre prostration, de votre dépression en construisant avec vous une nouvelle vie.

Un vrai coup de coeur, une fois de plus, avec Pete Fromm.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°90.

Un silence brutal : Ron Rash

Titre : Un silence brutal

Auteur : Ron Rash
Édition : Gallimard La noire (21/03/2019)
Édition Originale : Above the Waterfall (2015)
Traducteur : Isabelle Reinharez

Résumé :
Dans cette contrée de Caroline du Nord, entre rivière et montagnes, que l’œuvre de Ron Rash explore inlassablement depuis Un pied au paradis, un monde est en train de s’effacer pour laisser la place à un autre.

Le shérif Les, à trois semaines de la retraite, et Becky, poétesse obsédée par la protection de la nature, incarnent le premier.

Chacun à sa manière va tenter de protéger Gerald, irréductible vieillard amoureux des truites, contre le représentant des nouvelles valeurs, Tucker.

L’homme d’affaires, qui loue fort cher son coin de rivière à des citadins venus goûter les joies de la pêche en milieu sauvage, accuse Gerald d’avoir versé du kérosène dans l’eau, mettant ainsi son affaire en péril.

Les aura recours à des méthodes peu orthodoxes pour découvrir la vérité.

Et l’on sait déjà qu’avec son départ à la retraite va disparaître une vision du monde dépourvue de tout manichéisme au profit d’une approche moins nuancée.

Critique :
Mais qu’est-ce qui m’arrive ? Mais que m’arrive-t-il ? Une malédiction lancée sur moi par le TMC (Le Terrible Complot Mondial) ?

Nom de Zeus, comment cela se fesse-t-il que je n’arrivasse pas à entrer dans le dernier Ron Rash ? Que je m’y ennuie ? Que je n’y retrouve pas les émotions brutes et terribles de certains de ses romans ?

Un peu comme si après avoir eu des orgasmes de tous les diables avec un mec, ce dernier avait une panne sexuelle, une impuissance, bref, qu’il n’arrivait plus à me faire grimper aux rideaux.

J’avais déjà ressenti ça avec son dernier roman parus : Par le vent pleuré (que j’avais moyennement aimé), alors que j’avais eu un coup de coeur monumental pour Une terre d’ombre, comme pour Le monde à l’endroit et que Serena et Un pied au paradis m’avaient enchanté.

Il avait manqué peu de chose au roman Le chant de la Tamassee pour faire naître pareilles émotions, mais j’avais été enchantée de ma lecture.

Oui, Ron Rash avait l’art et la manière de faire naître des sensations magnifiques et ici, je suis restée de marbre, soupirant, même, n’emmêlant les pinceaux, ou plutôt le fils de ma ligne puisqu’il est aussi question de pêche ici.

Cette fois-ci, le quotidien d’une petite ville des Appalaches ne m’a pas emporté.

Pourtant, la plume de Ron Rash est toujours poétique, ses personnages sont toujours bien typés, bien décrits, bien campés, que son histoire est toujours aussi profonde, mais pas moyen d’y entrer, de m’attacher à ces gens, à leurs histoires.

Tous les ingrédients étaient réunis, mais il manquait la flamme pour m’allumer et me consumer toute entière.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°43 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Le pays des petites pluies : Mary Austin

Titre : Le pays des petites pluies

Auteur : Mary Austin
Édition : Le mot et le reste (12/02/2019)
Date publication originale : 1903
Édition Originale : The Land of Little Rain (1903)
Traducteur : François Specq

Résumé :
Ce texte de Mary Austin est l’un des grands classiques de la tradition américaine de nature writing et les critiques de son temps ont comparé sa sensibilité à l’environnement à celles de Thoreau et Muir.

Sa célébration de la beauté du désert la place au commencement de toute une lignée d’écrivains américains qui, de John Van Dyke à Edward Abbey, ont fait porter sur ces régions un regard à contre-courant du désir d’exploitation indissociable de l’histoire de l’Ouest américain.

Se tenant à l’écart tant de l’esthétisme que du sentimentalisme, Austin n’en parvient pas moins, dans une prose sobre mais intense, à évoquer les singuliers pouvoirs d’envoûtement du désert de l’Ouest, tout en laissant entendre de manière poignante la résonance intime du mélange de beauté et de douleur propre à ce lieu.

Critique :
Un peu de douceur dans ce monde de brutes, comme le disait si bien la publicité pour les chocolats dont je ne citerai pas la marque.

Voilà le genre de bande-titre que l’on pourrait apposer sur cet oldies parlant de nature-writing et datant de 1903.

Pour la plupart des gens, dans les déserts, il n’y a rien, pas de vie, pas de flotte, juste la chaleur la journée, le froid la nuit et l’immensité désertique.

À la lecture de ce roman composé de nouvelles, ou plutôt, de petites chroniques, on apprend qu’il n’en est rien et que le désert n’est pas dépourvu de vie et qu’il n’est pas juste une étendu de sable matraquée par le soleil implacable, infernal.

Elles nous parlera des plantes qui y vivent, des oiseaux, de l’eau que l’on peut trouver en creusant un peu et où des aventuriers sont morts de soif alors que s’ils avaient creusé un peu, ils eussent survécu.

Vous pouvez faire confiance aux Indiens pour ne manquer aucune des vertus du monde des plantes !

Elle nous parle de cette fascination que le désert a sur l’Homme, sur la magie qui s’en dégage, sur ses dangers mais aussi sur tout ce qu’il a offrir.

Pour tout ce que le désert prend à l’homme il donne une contrepartie, des respirations profondes, un sommeil profond et la communion des étoiles. Il nous vient à l’esprit avec une force renouvelée, dans les silences de la nuit.

Venez donc vous qui êtes obsédés par votre importance dans l’ordre des choses, et qui ne possédez rien qui n’ayez obtenu sans peiner, venez par les sombres vallées et les collines charnues, jusqu’au pays des jours paisibles, et faites vôtres la générosité, la simplicité et la sereine liberté.

Ça se lit confortablement installé au soleil, pour en sentir sa morsure et ainsi, on peut se laisser porter par le récit fort bien détaillé de l’auteure, imaginer les paysages, sentir les odeurs et se laisser bercer par ses petites chroniques où il ne se passe rien, mais où il se passe bien des choses car on parle tout de même de la Nature.

Telle est l’économie de la nature, mais avec tout cela on ne prête pas assez attention à l’oeuvre de l’homme. Il n’y a pas de charognard qui mange les boites de conserve et nulle créature sauvage ne laisse de telles souillures sur le sol de la forêt.

Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Meurtres sur la Madison : Keith McCafferty

Titre : Meurtres sur la Madison – Les Mystères de Sean Stranahan 1

Auteur : Keith McCafferty
Édition : Gallmeister Americana (07/06/2018) / Gallmeister Totem (06/06/2019)
Édition Originale : The Royal Wulff Murders (2012)
Traducteur : Janique Jouin-de Laurens

Résumé :
La Madison River a beau être le Graal des rivières à truites du Montana, lorsqu’on y pêche un cadavre, c’est à l’intrépide shérif Martha Ettinger que la prise revient.

L’homicide semble évident, et la Royal Wulff plantée dans la lèvre boursouflée de la victime a tout d’une macabre signature.

Alors qu’elle mène son enquête, Martha croise la route de Sean Stranahan, lui-même pêcheur, peintre et ex-enquêteur privé venu s’installer dans les Rocheuses à la suite d’une douloureuse séparation.

Lui aussi est impliqué dans une affaire : la jeune et mystérieuse sirène du Sud, Velvet Lafayette, est venue troubler le paysage et l’a persuadé de partir à la recherche de son jeune frère disparu dans le coin.

Ensemble, Martha et Sean vont remonter une piste glissante qui débouchera sur les zones d’ombre du “big business” du Montana : la pêche à la mouche.

Meurtres sur la Madison est le premier volet d’une nouvelle série dépaysante située en plein cœur des décors sublimes de l’Ouest américain.

Critique :
Sur la route elle m’a dit « Sonne »…

Ok, après ce mauvais jeu de mot (un vieux, en plus) sur la Madison River, je sors et je m’en vais pêcher des meilleurs.

La pêche et moi, nous ne sommes pas copines, non pas que j’aie quelque chose contre ce sport, juste que je n’y connais strictement rien et que rester à attendre qu’un poisson daigne mordre, ça m’énerverait.

Il fallait donc que l’auteur monte la bonne mouche pour titiller ma curiosité, me faire remonter à la surface alors que je frayais tranquillement dans mon monde littéraire et surtout, il fallait qu’il monte le bon hameçon pour me ferrer de la sorte sans que je me débatte.

D’autres ont réussi à m’intéresser avec un roman parlant de foot ou de jazz (Michaël Mention) et Keith McCafferty a réussi à me plonger dans un roman où les morts ne manquent pas, mais où les choses consacrées à la pêche non plus.

Vous risquez d’en connaître un bout sur les mouches, les lignes, la soie, les truites fario ou arc-en-ciel.

Pas de panique, même si vous n’aimez pas cette activité la lecture de ce polar est tout de même faite pour vous, du moins, si vous aimez les enquêtes, les cadavres, les mystères, le suspense, les femmes fatales, les pisteurs indiens et les gros lourds qui font des chouettes copains (l’indien avait des airs de Holmes et il doit aimer les belettes puisqu’il a tatoué les empreintes de la bête sur son biceps).

— Vous avez entendu parler de Sherlock Holmes, Harold ? Vous commencez à me faire penser à lui.
— C’est qui ?
— Un détective britannique, au XIXe siècle.
— Il était bon ?
— C’est un personnage de fiction.
— Oh, fit Harold dont la voix trahissait le manque d’intérêt.

Des empreintes de cerf tatouées encerclaient le haut du biceps de son bras droit ; des empreintes de belette se pourchassaient sur le gauche.

L’auteur nous propose un savant mélange entre une enquête réalisée par la shérif Martha Ettinger et le peintre, ancien détective privé, Sean Stranahan, le tout entrecoupé de scènes bucoliques de lancer de mouche ou de souvenirs de pêcheurs, qu’ils aient trempé leurs mouches dans les rivières du Montana ou ailleurs.

Les descriptions du Montana sauvage et de ses habitants, indépendants sont réussies, elles donnent le ton au roman, comme si on feuilletait un album avec des belles photos de paysages et de portraits haut en couleur.

Évitant de nous faire boire la tasse avec des considérations techniques de choix de mouche et de lancer, l’auteur a su diluer tout cela dans le récit, l’incorporant à l’enquête, aux personnages, à leurs activités, que ce soit la pêche, la drague, la quête d’indices ou la description de la faune et la flore de la région.

On a beau être ignare sur le sujet, ça passe tout seul et on avale le ver, l’hameçon, la mouche et tout le reste, et de bon cœur.

— Un porc-épic est davantage en sécurité dans un arbre. Il peut grimper sur une branche où la martre pêcheuse – c’est l’espèce la plus rare de la famille des belettes, si vous ne le saviez pas – doit l’attaquer par-derrière et ne peut pas passer sa cuirasse de piquants. Mais quand le porc-épic descend pour manger la pagaie de canoë, la martre pêcheuse l’attaque à la tête.

Le charme prend aussi grâce aux personnages différents qui parsèment ses rivières poissonneuses et ces étendues sauvages. Bien campés, détaillés, sans sombrer dans le superfétatoire, machos mais pas trop, amusants, sympathiques, attachants, dragueurs, amoureux…

— Vingt dieux, Martha. Ce type sent comme un dingo. Ça doit être aussi dur à suivre qu’un étron en train de glisser sur le glaçage d’un gâteau de mariage.

Alors même si je ne capte rien au fait de prendre une une soie de 4 avec la mouche sèche parachute, celle avec l’aile en veau et le corps violet, je m’en balance, moi je vais à la pêche aux mystères, aux criminels, aux cadavres et le suspense est la chose qui me fait lever la tête de mon cours d’eau.

Ce roman était une bonne pêche ! Je compte bien aller tirer à nouveau sur l’hameçon de l’auteur et les morts de Bear Creek seront pour moi !

— Votre peuple n’a pas simplifié les choses pour mon peuple depuis que Meriwether Lewis a tiré sur ce gamin blackfeet sur la Marias River. Ça fait combien, deux cents ans ?

— J’ai vu trop de scènes de crime compromises à Chicago. (Il secoua la tête.) La plupart des types en uniforme seraient infoutus de vider la pisse d’une botte avec les instructions sur la semelle.

— Une fois, c’est un concours de circonstances. Deux, une coïncidence. La troisième, une déclaration de guerre. Comme dit Goldfinger à James Bond.
— Tu es un mordu de cinéma, maintenant, Walt ? dit Ettinger. Je ne l’aurais jamais cru.

— Alors, c’est “L’Affaire du chien pendant la nuit”, c’est ça ? demanda Ettinger. Pourquoi vous ne m’en avez pas parlé ?

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°25 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Royal Wulff

Umělá muška

Durham Ranger

Mois américain – Septembre 2019 – Programme lecture

Jeune, je détestais Septembre et sa putain de rentrée des classes. Adulte, je le déteste toujours pour ses jours qui raccourcissent, pour l’été qui fout le camp, pour les métros qui redeviennent bourrés de sales mioches gueulants et de dessous de bras puants.

Fini la quiétude de l’été, fini de se la couler douce, les pieds sur le bureau, on recommence à bosser sérieusement…

Depuis quelques années, j’ai une raison d’aime Septembre car c’est le Mois Américain et la littérature américaine et moi, c’est presque une aussi vieille histoire d’amour qu’avec la littérature Anglaise.

C’est donc avec fébrilité et la bave aux lèvres que je prépare mon programme de lecture, fouillant ma base de données, qu’elle soit Babelienne ou Livraddictienne…

Bon, avant de me crever le coeur et le pur esprit à tout retourner, je vais commencer par piocher dans mon programme du Mois Américain de 2018 car bon sang de bonsoir, il serait plus que temps que je lise ces romans !

Pas de panique, à partir du N°20, c’est des nouveaux titres jamais sélectionnés (enfin, je pense) que j’espère lire aussi un jour… On risque de les revoir en Septembre 2020 ! mdr

Comme d’habitude, j’ai sélectionné des Western – parce que j’aime ça – des romans parlant de la ségrégation raciale, des romans Noirs parce que c’est aussi ça, l’Amérique et l’un ou l’autre Classique, comme Faulkner parce qu’il est temps que je l’ajoute à mes trophées de chasse.

Je ne vais pas manquer non plus d’ajouter quelques bédés afin de faire monter le chiffre des billets et pour avoir une fois de plus le plaisir d’inonder Titine de liens quotidiens ! Elle aime ça (son côté masochiste sans doute).

Pas de panique, je ne saurai jamais lire tout ce que j’ai sélectionné, mais ça me permet aussi de lister des romans Américains et de les lire ensuite, comme je le fais avec mes listes du Mois Anglais (ou bout de quelques années, j’y arrive, vous savez). Si, si (impératrice).

En ajoutant des biblios et en faisant un peu de tri dans tout mes livres possédés (2 tonnes, au bas mot), j’en avais profité pour classer une partie de mes beaux livres dans une des nouvelles biblio et, hasard ou pas, j’avais classé tous mes livres parlant de l’Amérique des grands espaces. Cela faisait des années que je ne les avais plus feuilleté, j’ai donc remis ça à jour.

Allez, c’est parti mon kiki pour un Mois Américain de folie et surtout, de cow-boys puants la sueur et le cheval (et le chacal), d’Américains bas de plafond suintant la haine d’autrui, de massacres, de génocides d’Améridiens, de guerre de Sécession, d’énigmes, d’enquêtes, de bas-fonds, de saloon, de drogues, de beaux paysages, de nature writing et d’étendues désertiques à tomber raide mort tant elles sont belles….

Ce que je voudrais lire (et que je n’y arriverai pas) : Le visuel est ici 

  1. La famille Winter : Clifford Jackman [ROMAN]
  2. La prisonnière du désert : Alan Le May [ROMAN]
  3. Le sang des Dalton : Ron Hansen [ROMAN]
  4. La culasse de l’enfer : Tom Franklin [ROMAN]
  5. La porte d’or : Michel Le Bris [ROMAN]
  6. La rivière des indiens : Jeffrey Lent [ROMAN]
  7. L’agent indien : Dan O’Brien [ROMAN]
  8. Méridien de sang : Cormac McCarthy [ROMAN]
  9. Le pouvoir du chien : Thomas Savage [ROMAN]
  10. L’Aventurier du Rio Grande : Tom Lea [ROMAN]
  11. Le Passage du canyon : Ernest Haycox [ROMAN]
  12. Les Fugitifs de l’Alder Gulch : Ernest Haycox [ROMAN]
  13. Du haut des cieux, les étoiles : Harry Brown [ROMAN]
  14. Terreur apache : William R. Burnett [ROMAN]
  15. La montagne en sucre : Wallace Stegner [ROMAN] 
  16. Le gang de la clef à molette : Edward Abbey [ROMAN]
  17. Bohemian flats : Mary Relindes Ellis [ROMAN]
  18. Le gang des rêves : Luca Di Fulvio [ROMAN]
  19. Sherlock & Moria – T1 – L’initiation : Ridley Pearson [ROMAN]
  20. Sherlock & Moria – T2 – La Spirale infernale : Ridley Pearson [ROMAN]
  21. 221b Baker street : Graham Moore [ROMAN]
  22. Dites-leur que je suis un homme : Ernest J. Gaines [ROMAN]
  23. Wash : Margaret Wrinkle [ROMAN]
  24. Le Châtiment de Willie Jones : Elizabeth Hartley Winthrop [ROMAN]
  25. Le régiment noir : Henry Bauchau [ROMAN]
  26. Mississippi : Hillary Jordan [ROMAN]
  27. Cherry : Nico Walker [ROMAN]
  28. La poudre et la cendre : Taylor Brown [ROMAN]
  29. Terminus : Tom Sweterlitsch [ROMAN – SF]
  30. En attendant Eden : Elliot Ackerman [ROMAN]
  31. Whiskey : Bruce Holbert [ROMAN]
  32. Les morts de Bear Creek : Keith McCafferty [ROMAN]
  33. Au nom du Bien : Jake Hinkson [ROMAN]
  34. Le Grand Silence : Jennifer Haigh [ROMAN]
  35. Stoneburner : William Gay [ROMAN]
  36. Un silence brutal : Ron Rash [ROMAN]
  37. Les animaux : Christian Kiefer [ROMAN]
  38. Le pays des petites pluies : Mary Austin [ROMAN]
  39. La véritable histoire de l’Ouest américain : Jacques Portes [ROMAN]
  40. Le cercle brisé – Meurtres en pays navajo : Rodney Barker [ROMAN]
  41. Pieds nus sur la Terre sacrée : Teresa Carolyn McLuhan [ROMAN]
  42. Swan Peak : James Lee Burke [ROMAN]
  43. Red Grass Rive: James Carlos Blake [ROMAN]
  44. Dans la vallée de l’ombre de la mort : Kirk Mitchell [ROMAN]
  45. Sympathy for the Devil : Kent Anderson [ROMAN]
  46. Mindhunter – Dans la tête d’un serial-killer : Douglas & Olshaker [ROMAN]
  47. Un feu d’origine inconnue : Daniel Woodrell [ROMAN]
  48. Normal : Warren Ellis [ROMAN]
  49. Avant la nuit : Pete Fromm [ROMAN]
  50. Walt Longmire – T07 – Tous les démons sont ici : Craig Johnson [ROMAN]
  51. Walt Longmire – T10 – Steamboat : Craig Johnson [ROMAN]
  52. Tandis que j’agonise : William Faulkner [ROMAN]
  53. Le petit arpent du bon dieu : Erskine Caldwell [ROMAN]
  54. Walt Slade – Tome 2 – Les Forbans du pétrole : Bradford Scott [ROMAN]
  55. Walt Slade – Tome 3 – Mort en selle : Bradford Scott [ROMAN]
  56. Walt Slade – Tome 4 – Le Chariot mystérieux : Bradford Scott [ROMAN]
  57. Perry Mason – Tome 23 – Le moustique flemmard : Erle Stanley Gardner
  58. Le train des orphelins – T01 – Jim : Ph. Charlot et X. Fourquemin [BD]
  59. Le train des orphelins – T02 – Harvey : Charlot et Fourquemin [BD]
  60. Le train des orphelins – T03 – Lisa : Charlot et Fourquemin [BD]
  61. Le train des orphelins – T04 – Joey : Charlot et Fourquemin [BD]
  62. Le train des orphelins – T05 – Cowpoke Canyon : Charlot et Fourquemin [BD]
  63. Le train des orphelins – T06 – Duels : Charlot et Fourquemin [BD]
  64. Le train des orphelins – T07 – Racines : Charlot et Fourquemin [BD]
  65. Le train des orphelins – T08 – Adieux : Charlot et Fourquemin [BD]
  66. Lucky Luke (d’après Morris) – T03 – Homme de Washington : Achdé & Gerra [BD]
  67. Lucky Luke (d’après Morris) – T04 – Lucky Luke contre Pinkerton : Achdé & Pennac [BD]
  68. Lucky Luke – Tome 09 – Des Rails sur la prairie : Morris [BD]
  69. Lucky Luke – Tome 29 – Des Barbelés sur la prairie : Morris [BD]
  70. Lucky Luke – Tome 33 – Le Pied-tendre : Morris [BD]
  71. Lucky Luke – Tome 35 – Jesse James : Morris [BD]
  72. Lucky Luke – Tome 46 – Le Fil qui chante : Morris [BD]
  73. Lucky Luke – Tome 53 – Fingers : Morris [BD]
  74. Lucky Luke – Tome 63 – Le Pont sur le Mississipi : Morris [BD]
  75. Jerry Spring –Tome 03 – Lune d’argent : Jijé [BD]
  76. Jerry Spring –Tome 04 – Trafic d’armes : Jijé [BD]
  77. Jerry Spring – Tome 07 – Le ranch de la malchance : Jijé [BD]
  78. Jerry Spring – Tome 14 – Les Broncos du Montana : Jijé [BD]
  79. Jerry Spring – Tome 21 – L’or de personne : Jijé [BD]
  80. H.H.Holmes – Tome 01 – Englewood : Henri Fabuel & Fabrice Le Hénanff [BD]
  81. Sonora – Tome 02 – Lola Montez : Jean-Pierre Pécau [BD]
  82. Astérix – Tome 22 – La grande traversée : Goscinny et Uderzo [BD]
  83. USA – Le Sud-Ouest : Thomas Jeier [BEAUX LIVRES]
  84. Far West éternel (Voyages et aventures) : Dylan Winter [BEAUX LIVRES]
  85. Cow-Boys – Mythe et réalité : Yves Berger [BEAUX LIVRES]
  86. Itinerrance dans l’Ouest des USA : Josyane Cassaigne [BEAUX LIVRES]
  87. Ouest américain – Territoires sauvages : Grunewald [BEAUX LIVRES]
  88. L’Ouest Américain : Montagu et Thomas [BEAUX LIVRES]
  89. The Rider – Le film qui te dit qu’avec l’âge, les Rider se déplacent [FILMS] 
  90. La porte du paradis – Heaven’s Gate – Le film qui Knock-knock-knockin’ on heaven’s door ♫ (1980) [FILMS]