Glaise : Franck Bouysse

Titre : Glaise

Auteur : Franck Bouysse
Édition : Manufacture du Livre (07/09/2017)

Résumé :
Au pied du Puy-Violent dans le cantal, dans la chaleur d’août 1914, les hommes se résignent à partir pour la guerre. Les dernières consignes sont données aux femmes et aux enfants: même si on pense revenir avant l’automne, les travaux des champs ne patienteront pas.

Chez les Landry, le père est mobilisé, ne reste que Joseph tout juste quinze ans, en tête à tête avec sa mère et qui ne peut compter que sur Léonard, le vieux voisin.

Dans une ferme voisine, c’est Eugène, le fils qui est parti laissant son père, Valette, à ses rancoeurs et à sa rage: une main atrophiée lors d’un accident l’empêche d’accomplir son devoir et d’accompagner les autres hommes.

Même son frère, celui de la ville, a pris la route de la guerre. Il a envoyé Hélène et sa fille Anna se réfugier dans la ferme des Valette.

L’arrivée des deux femmes va bouleverser l’ordre immuable de la vie dans ces montagnes.

Critique :
♪ Quoi ma glaise ? Qu’est-ce qu’elle a ma glaise ? Quelque chose qui ne va pas ? Elle ne te revient pas ? ♫

Lorsqu’on ouvre le nouveau roman d’un auteur qu’apprécie fortement, d’un auteur qui nous a donné des coups de coeur, on a toujours cette peur au ventre, cette appréhension : est-ce que cette fois-ci je vais ressentir autant d’émotions que dans l’autre ?

« Grossir le ciel » avait été magistral niveau émotions ressenties, « Vagabond » m’avait laissée de marbre, alors vous comprenez que lorsque j’ouvris « Glaise », j’avais un peu la chocottes.

La première ligne a dissipé ce doute, les premières phrases m’ont confortées dans le fait que je tenais en main un grand roman et une fois le premier chapitre terminé, je me doutais que des émotions, j’en aurais à foison.

Maintenant, le plus dur reste à faire : comment vous en parler ? Par quel bout commencer pour en parler comme je voudrais vous en parler, pour tenter de vous faire ressentir toutes les émotions qui m’ont submergé durant ma lecture ? Difficile.

Alors, venez avec moi dans un petit coin perdu du Cantal, sorte de trou du cul de la région qui se retrouve uniquement peuplée, non pas d’irréductibles gaulois, mais de femmes, d’enfants et de vieillards, puisque tous les hommes valides sont partis, la fleur au fusil, bouter le teuton de France, le tout en moins de quinze jours, cela va de soi.

Avec le recul, on sait que certains se sont avancé avec un peu trop d’enthousiasme dans le fait que ce serait une guerre éclair. Elle fut longue et dure, et ce n’est pas là que je préfère les longueurs et la dureté.

L’écriture de l’auteur est belle, poétique, lyrique, magnifique, elle vous emporte ailleurs pour vous déposer directement dans ce petit coin perdu de France, à une époque que vous et moi ne pouvons pas connaître.

Ses personnages ont de la prestance, de la présence, on les sent vivant, réellement. Joseph est comme tous les jeunes, un peu taiseux, un peu fougueux, passionné. Il est l’homme de la maison depuis que son père est à la guerre.

Valette, le salaud de service est plus un méchant pathétique qu’impressionnant. On a envie de le baffer, certes, mais aussi de le plaindre parce qu’avec un caractère pareil, la vie ne doit pas être gaie tous les jours : alcoolo, violent, bas de plafond, estropié d’une main qui fait qu’il n’ira pas à la guerre, et ça lui plombe son moral.

Les femmes, quant à elles, elles sont effacées, derrière les hommes et cette guerre va leur permettre aussi de montrer leur vrai valeur car ce sont elles qui font tourner la France et si le labourage et pâturage ne sont pas toujours les deux mamelles de la France, elles font ce qu’elles peuvent pour que les exploitations agricoles continuent de les nourrir.

Si la campagne, ça vous gagne, moi, la campagne, ça me connait un peu, même si ce n’est pas celle des années 1914. On sent que l’auteur a potassé son sujet, soit en lisant, soit en écoutant les vieilles histoires au coin du feu, car ce que j’ai lu était le reflet de ce que je connaissais, sauf avec l’histoire du petit veau parce que Valette est hors-norme comme enfoiré de première.

Ce roman, j’avais envie de le dévorer, mais je me suis contenue, lisant doucement, m’imprégnant bien de ses mots, des ses phrases, de ses personnages, de cette prose qui est la signature de l’auteur et qui sait si bien me donner moult émotions différentes, dont une envie de lire le prochain s’il est de la même trempe…

Comme disait la pub « La campagne, ça vous gagne » (je sais que c’était la montagne) et moi j’ajouterai qu’avec Franck Bouysse, rien n’est lisse ! Il vous parle de la campagne comme les vieux de chez nous, ceux qui ont toujours une anecdote ou une histoire à vous raconter, belle ou tragique, mais réaliste.

Un beau et grand roman, noir, sombre, lumineux, rempli d’émotions en tout genre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] ou sur le forum de Livraddict (N°8 – Livre se déroulant à la Campagne).

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Une histoire des loups : Emily Fridlund

Titre : Une histoire des loups

Auteur : Emily Fridlund
Édition : Gallmeister (17/08/2017)

Résumé :
Madeline, adolescente un peu sauvage, observe à travers ses jumelles cette famille qui emménage sur la rive opposée du lac. Un couple et leur enfant dont la vie aisée semble si différente de la sienne.

Bientôt alors que le père travaille au loin, la jeune mère propose à Madeline de s’occuper du garçon, de passer avec lui ses après-midi, puis de partager leurs repas.

L’adolescente entre petit à petit dans ce foyer qui la fascine, ne saisissant qu’à moitié ce qui se cache derrière la fragile gaieté de cette mère et la sourde autorité du père. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

Critique :
Comment faire la chronique d’un roman où l’on a pas réussi à rentrer dans l’histoire, que l’on a survolé en soupirant, en sautant des lignes, des paragraphes, des pages, des chapitres entiers ?

Impossible me direz-vous…

Je vais tout de même essayer : déjà au départ, j’ai eu du mal à m’attacher à Madeline, la narratrice, dont je trouvais le récit décousu, inintéressant, et dont j’ai eu envie quelques fois de lui coller une claque pour la faire réagir.

De toute façon, pas moyen de m’attacher aux autres personnages du livre, même au gamin de 4 ans, Paul, que j’aurais aimé balancer dans le lac… Rien de moins !

Pire, je n’aurais pas dû relire le premier tome de Soeur Marie-Thérèse des Batignolles (Maëster) car le petit Paul, je le voyais avec la tronche du petit Attila que l’on croise dans la bédé et je vous jure que ça ne le mettait pas en valeur !

Les loups, que je cherche encore, même si j’ai capté que c’était une métaphore et que les loups de l’histoire devaient être l’Homme qui, comme tout le sait, est un loup pour l’Homme.

Le récit m’a donné une impression de froideur, comme si l’auteur me tenait volontairement à distance de son récit, me fermant la porte d’entrée, survolant des sujets qui auraient sans doute mérité un traitement plus en profondeur.

Autant j’apprécie les romans où les époques s’alternent dans les chapitres, autant ici j’ai trouvé les allers-retours lourds, pénibles, chiants et la plupart n’étaient même pas indispensables, sans parler des circonlocutions (ou l’art de tourner autour du pot) et des faits qui étaient anecdotiques et qui n’apportaient rien à l’histoire.

J’avais eu ouïe dire que j’allais me retrouver face à roman très psychologique et je m’attendais à un suspense à couper au couteau, plus tendu que le soutif de Lolo Ferrari après s’être faite regonfler les nibards, ou à une atmosphère épaisse comme un discours d’un politicien pris les doigts dans le tiroir-caisse,  et au final, comme disait l’autre, ça a fait « Pchitt ».

Oui, l’histoire dramatique de Paul, petit garçon embarqué dans une histoire bien tordue c’est révélée être d’une banalité affligeante, ou alors, c’est la manière de la raconter qui était mauvaise et de ce fait, je n’ai pas réussi à pénétrer dans cette histoire.

Chronique d’un drame annoncé, somme toute.

Mon drame a moi c’est de finir déçue par un roman de l’écurie Gallmeister, déçue par un roman que j’avais coché (stabiloté, même !) dans cette rentrée littéraire de septembre 2017 et dont j’attendais beaucoup.

Allez, au suivant !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le challenge US (2017-2018) chez Noctembule.

Désert solitaire – Edward Abbey

Titre : Désert solitaire

Auteur : Edward Abbey
Édition :

Résumé :
Peu de livres ont autant déchainé les passions que celui que vous tenez entre les mains. Publié pour la première fois en 1968, Désert solitaire est en effet de ces rares livres dont on peut affirmer sans exagérer qu’il « changeait les vies » comme l’écrit Doug Peacock.

À la fin des années 1950, Edward Abbey travaille deux saisons comme ranger dans le parc national des Arches, en plein cœur du désert de l’Utah.

Lorsqu’il y retourne, une dizaine d’années plus tard, il constate avec effroi que le progrès est aussi passé par là. Cette aventure forme la base d’un récit envoûtant, véritable chant d’amour à la sauvagerie du monde, mais aussi formidable coup de colère du légendaire auteur du Gang de la Clef à Molette.

Chef d’œuvre irrévérencieux et tumultueux, Désert solitaire est un classique du Nature Writing et sans conteste l’un des plus beaux textes jamais inspirés par le désert américain.

Critique :
Comme le disait si bien Monsieur Preskovik : « Ça est caustique ».

Si vous êtes un adepte de la voiture pour aller chercher votre pain à 200 mètres, ce livre risque de vous faire mal aux jambes car notre homme préconise le retour à la bipédie, autrement dit « lève-toi et marche » comme disait si bien une autre personne.

Ce qui lui donnait des aigreurs d’estomac, à notre Edward Abbey, c’est que l’on construise des routes dans les parcs nationaux afin que les gens puissent arriver jusqu’aux sites principaux en bagnoles.

Pourquoi ? Afin de gagner plus d’argent puisque ces « fainéants » viendraient visiter le parc, tandis qu’avec des chemins de terre fréquentables uniquement à pied ou à cheval, et bien on vise un moins large public.

La plume est acide, caustique, virulente envers cette Amérique qui ne se déplace qu’avec un engin motorisée, qui veut voir des lieux naturels, mais en accédant bien calé dans leur siège de voiture, la clim’ à fond.

N’ouvrez pas ce roman dans le but d’y lire une histoire rythmée par autres choses que les saisons et le temps qui passe, car ici, hormis les quelques aventures d’explorateurs racontées par Abbey, il ne se passe pas grand-chose d’exceptionnel.

Enfin, rien d’exceptionnel, c’est exagéré car on a entre les mains un véritable roman de nature writing, une ode aux déserts, à la nature brute, le tout dans des décors magnifiques que la main de l’Homme va, une fois de plus, bouleverser avec son « bétonnez-moi tout ça ».

La vallée est belle… et pourtant, on va submerger tout ça avec un lac artificiel, à un autre endroit, on va faire des routes pour que les gros 4×4 des familles en visite puissent passer et aller partout, afin que ces gens puissent visiter la Nature sans descendre de leurs fauteuils confortables.

Abbey sait de quoi il parle et dans son roman, il nous raconte tout simplement son quotidien au sein de l’Arch National Monument, lui qui y fut ranger durant six mois, dans les années 50. Un boulot solitaire, mais pas toujours, car il faut se méfier des prédateurs dangereux que sont l’Homo Erectus !

Mélangeant le nature writing à la philosophie de vie, de pensées, ajoutant une critique amère des religions, ou plutôt de la manière dont les gens la vivent, critique caustique, amère et cynique de la société américaine, ce roman nous transporte dans un autre lieu, un autre monde, un monde que l’on aimerait visiter autrement qu’assis dans son divan… À pieds, par exemple, comme les vrais.

Ce roman, c’est plus qu’une ode à la Nature sauvage, c’est aussi un plaidoyer pour elle, un cri de colère contre l’Homme qui détruit tout, qui ne respecte rien, c’est une déclaration d’amour à la solitude, c’est des escapades dans des lieux magiques où l’Homme n’est pas passé souvent et ne l’a donc pas détruit ou altéré.

Un récit qui se déroule tout en langueur, un récit que l’on lit dans le calme, la sérénité, avant d’avoir envie d’exploser devant la connerie humaine et sa propension au bétonnage et aux ordures laissées derrière lui.

Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Dark Horse : Craig Johnson

Titre : Dark Horse – Une enquête du shérif Walt Longmire – T5

Auteur : Craig Johnson
Édition : Gallmeister (2013) / Points (2015)

Résumé :
Comment Mary Barsad, si douce, a-t-elle pu abattre son mari de sang-froid ? Elle a tout avoué. Et si les mobiles ne manquent pas : infidèle, magouilleur, il aurait peu avant sa mort enfermé les chevaux de course auxquels elle tenait tant dans sa grange, avant d’y mettre le feu.

Mais le shérif Walt Longmire se méfie des évidences. À Absalom, Wyoming, il décide de mener sa propre enquête …

Critique :
Wade Barsad a enfermé les chevaux de sa femme dans l’écurie et y a foutu le feu… Et elle s’est contentée de lui tirer 6 balles dans la tête ?

Moi, pour un crime pareil, je lui aurais tiré dans les genoux, coupé les couilles et le sexe, les lui aurait fait bouffer, puis, je l’aurais fait écarteler, donné aux fourmis rouges, pendu, guillotiné, éviscéré, ressuscité et puis passé à la chaise électrique avant de l’écorcher vif. Rien de moins.

Mais au lieu de donner une médaille à son épouse Mary, on l’a arrêtée et mise en prison en attendant son procès et cette brave femme qui a vu ses chevaux mourir dans un incendie est arrivée dans la prison de notre shérif préféré, Walt Longmire, policier dans le comté d’Absaroka.

La construction de ce roman mélange habillement le moment présent où notre shérif, déguisé en agent d’assurance, enquête sous couverture dans la petite bourgade d’Absalom afin de s’assurer que Mary Bardsad est bien coupable parce qu’il a comme dirait un doute et en prime, nous avons ce qu’il s’est passé 7 jours avant son immersion dans ce comté encore moins peuplé du Wyoming.

Comme toujours, pas de précipitation dans le déroulement de l’enquête, on prend son temps, on pose les bases, on présente les figurants, on installe les décors, le tout avec une plume qui manie l’humour subtil et l’art de la métaphore, sans pour autant en user et en abuser.

Lire une enquête de Walt Longmire est un dépaysement garantit, avec, en prime, les retrouvailles avec tout son équipe qui sont devenus des amis au fil des romans, sans oublier le chien, qui mènera l’enquête avec son maître et notre autre ami de la Nation Cheyenne, Henry Standing Bear, moins présent dans cet opus, comme le Basque.

Mais l’absence de son équipe de flics est atténuée par la découverte de quelques personnages hauts en couleur et fort sympathiques, tel Hershel le cow-boy solitaire ou Benjamin, le gamin à moitié-Cheyenne et sa mère, à 100% guatémaltèque et sans-papiers.

Des non-dits, des tas de choses suspectes, des magouilles, des embrouilles, de l’alcool, des chevaux, des paysages magnifiques qui donneraient envie de poéter et la violence des Hommes pour contrebalancer cela, ou c’est le contraire, c’est la nature, sa beauté et sa force qui contrebalance la violence de l’Homme.

Une fin dont j’avais senti venir l’odeur car moi aussi j’avais repéré l’anguille sous la roche, mais niveau course-poursuite, on a eu droit à une qui semblait venir tout droit des meilleurs films western ! Yahooooo !

Bref, une fois de plus la plume de Craig Johnson m’a emmenée par delà les montagnes, dans le Wyoming, retrouver des vieux potes, des amis, le tout pour une enquête pas facile, remplie de trous noirs et de pelote de laine à démêler, le tout dans une ambiance assez froide parce que les gens d’Absalom ne sont pas toujours des gens sympas, sauf quelques uns.

Allez, vivement mon prochain voyage dans l’état le moins peuplé en compagnie de mon shérif bougon au caractère d’ours, Walt Longmire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018)  et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Le Bon Frère : Chris Offutt

Titre : Le Bon Frère

Auteur : Chris Offutt
Édition : Gallmeister (02/05/2016)

Résumé :
Virgil Caudill a toujours respecté la loi, laissant la rébellion et la violence à son frère Boyd.

Mais Boyd est mort et tout le monde – y compris le shérif et la propre mère de Virgil – s’attend à ce que Virgil, se pliant ainsi au vieux code des collines du Kentucky, venge la mort de son frère.

Virgil ne peut briser ce code, mais, s’il accepte de tuer, il est bien déterminé à stopper la spirale de la vengeance.

Il abandonne ses collines et ses modestes espérances, change d’identité et, comme d’innombrables fugitifs l’ont fait avant lui, il met le cap sur l’Ouest.

Critique :
L’avantage de vivre dans des communautés où tout le monde se connaît, c’est que lorsque vous donnez votre nom à quelqu’un, il peut vous parler de votre arrière-grand-père, des frasques de votre papy, et ainsi de suite…

Inconvénient ? C’est quand les gens n’ont rien de mieux à faire que de s’occuper de vos affaires et de vous dire ce que vous devez faire !

Comme ce fut le cas lors de la mort violente de Boyd, le frère aîné de Virgil : tout le monde sait qui a fait le coup, et tout le monde s’attend à ce que Virgil aille descendre le mec qui a fait ça.

Tout le monde le pousse à le faire, en plus ! De sa mère, en passant par sa sœur, ses collègues, les gens dans la rue, et pire, même le shérif !

Ces gens-là avaient-ils l’idée de ce que cela peut occasionner comme traumatismes de tuer un autre homme ? Ou simplement de savoir que tout le monde attend ça de vous et que personne n’arrive à comprendre que vous n’avez pas envie ?

Personne ne sait que lorsqu’on se venge de quelqu’un, il faut creuser deux tombes ? Une pour lui, une pour vous… La mère avait-elle seulement pensé que si Virgil tuait l’assassin de son frère, elle perdrait son second fils ?

Non, personne n’y avait songé, sans doute… Dans cette partie du Kentucky, dans cette ville paume qu’est Blizzard, les gens pauvres vivent chichement dans les collines, dans des cabanes de rondins ou dans des mobil-home, tout le monde se parle, tout le monde sait tout sur tout le monde et tout le monde s’occupe des affaires des autres.

Sa décision de quitter l’école et de rester aux poubelles avait plongé tout le monde dans la perplexité. Ce qu’appréciait justement Virgil était le fait qu’aucun éboueur ne pouvait prétendre être plus que ce qu’il n’était. Les études, c’était comme une foreuse à piquets, un bel outil, très cher, mais inutile si l’on n’avait pas besoin de planter des piquets.

Voilà un roman qui mêle habillement le roman noir avec tous ces personnages qui vivent dans un contexte social pas facile, le roman politique, parce que nous allons ensuite croiser la route de gens qui pensent que le Gouvernement les espionne, et le nature writing, car dans toute cette misère sociale, dans les fumées des cigarettes et des joints, dans les vapeurs de l’alcool de contrebande, il y a aussi la force de la Nature et le fait de vivre en harmonie avec elle.

Oui, ce roman c’est l’Amérique grandeur nature, avec ses magnifiques paysages et ces gens un peu bas de plafond, des Blancs suprémacistes qui pensent que les autres se sont des macaques (dit texto dans le roman), que le Gouvernement les piste, qui refusent de payer leurs impôts mais n’ont aucun scrupules à utiliser les routes payées par les impôts des autres.

Si j’ai aimé Virgil, sa couardise, ses réflexions, ses peurs, ses questionnements, si j’ai suivi sa vie durant un bon moment, il est des personnages dans le roman avec lesquels j’aurais aimé avoir une conversation et leur expliquer un peu l’Histoire, mais pas sûr qu’ils auraient voulu la comprendre.

— Il y a longtemps que nous sommes ici, à nous battre pour cette terre. Maintenant que nous l’avons domestiquée, le gouvernement réintroduit les ours et les loups. Mon arrière-grand-père a été tué par un grizzly et aujourd’hui, je suis censé les laisser se balader en liberté sur mes terres.
— Je comprends que ça puisse être dur à accepter.
— Si un loup tue un veau, on le laisse en liberté. Si un fermier abat un loup, il va en prison.

Pour certains points, ils n’avaient sans doute pas tort, je sais qu’il existe plus d’argent « numérique » que physique et qui si tout le monde demandait le remboursement de leur $, ce serait impossible, l’argent ne reposant plus sur la valeur or depuis longtemps.

Un roman noir politico-nature-writing sur fond de vengeance non voulue qui prend son temps, qui s’installe à son aise, qui vous pose dans l’environnement et dans la vie de Virgil, qui, comme la nature, va piano, sans rythme fou, avec juste un moment un peu plus chiant, quand Virgil est blessé, sinon, tout le reste (400 pages) se savoure et se digère avec délectation et lenteur.

C’est l’histoire d’un mec qui n’était pas comme son frère, mais qui a sur les épaules l’horrible tâche de le venger, parce que ici, c’est ainsi qu’on fait, et personne ne se soucie de savoir qu’il a collé une tempête dans le crâne de ce pauvre Virgil qui voulait juste vivre en paix.

Virgil se leva et sortit, laissant derrière lui un silence tendu. Le ciel était gris entre les collines. Il se demanda quel genre d’individu sa famille croyait qu’il était. Peut-être ne l’avait-elle jamais bien compris. Il réalisa, avec un nœud terrible dans la poitrine, qu’ils voulaient qu’il ressemble à [son frère décédé] Boyd.

Il se demanda pourquoi les gens se regroupaient en communauté uniquement pour se battre, plutôt que pour se protéger.

Le portrait d’une Amérique profonde, ou les clivages sont importants, que ce soit par race ou par niveau social, où l’appartenance à un clan ou une famille est importante, où tout le monde peut virer paranoïa, le tout porté par une écriture qui oscille entre la poésie brutale ou le brut poétique.

États-Unis, ton univers impitoyable !

La prison est une industrie en pleine croissance aujourd’hui. Nous avons plus de prisons que tous les autres pays réunis. Nous sommes le pays le plus libre de l’histoire et c’est nous qui bouclons le plus de monde derrière les barreaux.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

À propos de courage : Tim O’Brien

Titre : À propos de courage

Auteur : Tim O’Brien
Édition : Gallmeister (07/04/2011)

Résumé :
Tim O’Brien, jeune homme projeté malgré lui dans le tumulte d’un conflit sanglant, celui du Vietnam, tente, vingt ans après, d’exorciser les fantômes qui le hantent.

Devenu écrivain, il se met lui-même en scène au côté de ses compagnons d’armes dont il fait, par la grâce d’un alliage subtil entre sa mémoire et son imaginaire, les acteurs et les victimes d’une guerre absurde.

Fragments de vie et de mort, de courage et de lâcheté, de folie et de raison, ses histoires sont autant d’échappées poétiques qui oscillent entre passé et présent, et soulignent l’éternel besoin de l’individu de retrouver la flamme d’une innocence perdue.

À propos de courage nous livre une méditation fracassante sur la guerre, la mémoire et le pouvoir de l’imagination. Un livre inoubliable.

Critique :
Comment parler de la guerre du Vietnam ? Comment parler de ce que l’on a vu ? Ressenti ? Vécu ? Comment parler des gars de sa compagnie qui y sont restés ? Comment relater l’ennui et la monotonie, la peur, la culpabilité ?

Je dois dire que Tim O’Brien y arrive avec brio, sans sombrer dans le mélancolique, dans le gore, le voyeurisme ou la violence gratuite.

Au travers de ses chapitres, il nous raconte des histoires qu’il a vécu au Vietnam, de ses camarades tombés au combat, ou dans des champs de merde, de ses peurs, de ses envies de foutre le camp, de sa mini désertion lorsqu’il fut appelé sous les drapeaux.

Au travers de ses histoires, nous aussi on portera notre barda avec eux, ces sacs qui étaient lourdement chargé, ces armes lourdes, ces tonnes de munitions, nous les porterons avec eux durant leur périple au pays du napalm déversé…

Vous êtes coincé dans un trou dégueulasse au milieu d’une rizière, et l’ennemi veut vous remplir le cul de plomb, mais quand, pendant quelques secondes, tout se calme et que vous levez les yeux et que vous voyez le soleil et quelques nuages blancs floconneux, et qu’une immense sérénité vous aveugle – le monde entier reprend sa place – alors, même coincé au milieu d’une guerre, vous vous sentez en paix avec vous-même comme jamais.

Son écriture comme ses histoires sont soignées, léchées, tournées de manière à vous plonger dans la boue du Vietnam, dans le quotidien de ces hommes, jeunes pour la plupart, fauchés bêtement, pour la plupart… ou devenu un peu fou.

Si ses histoires sont fictives, c’est aussi pour mieux retranscrire la réalité, l’auteur nous expliquera même comment il fabrique des fictions pour dire la réalité.

Dans la plupart des cas, il ne faut pas croire un récit de guerre véridique. Si vous y croyez, soyez sceptique. C’est une question de crédibilité. Souvent, ce qui paraît fou est vrai, et ce qui paraît normal ne l’est pas, car les trucs normaux sont nécessaires pour vous faire croire à des folies réellement incroyables.

Faire des généralisations sur la guerre, c’est comme faire des généralisations sur la paix. Presque tout est vrai, presque rien n’est vrai.

De ces histoires, même fictives, le lecteur ne sera pas dupe car tout le monde sait qu’il y a une grosse part de réalité dedans – l’auteur l’a faite, la guerre du Vietnam – il en ressortira des grosses doses d’émotions de ses différents récits.

Oui, l’histoire est fictive, mais les émotions, elles, elles ne sont pas feintes, elles sont véridiques, et elles te sauteront à la gueule sans que tu y prennes garde.

Si, à la fin d’une histoire de guerre, vous vous sentez ragaillardi, ou si vous avez l’impression qu’une parcelle de rectitude a été sauvée d’un immense gaspillage, c’est que vous êtes la victime d’un très vieux et très horrible mensonge. La rectitude n’existe pas. La vertu non plus. La première règle, me semble-t-il, est qu’on peut juger de la véracité d’une histoire de guerre d’après son degré d’allégeance absolue et inconditionnelle à l’obscénité et au mal.

Un récit fort, profond, sans fard, mais sans surenchère dans le glauque, des personnages attachants et de belles tranches de vie, le tout sans la musique de Apocalypse Now car moins trash.

La guerre c’est l’enfer, mais c’est encore mieux que ça, parce que la guerre c’est aussi le mystère et la terreur et l’aventure et le courage et la découverte et la sainteté et la pitié et le désespoir et la nostalgie et l’amour. La guerre est méchante ; la guerre est amusante. La guerre est excitante ; la guerre est déprimante. La guerre fait de vous un homme ; la guerre fait de vous un mort. Les vérités sont contradictoires. On peut arguer, par exemple, que la guerre est grotesque. Mais, en vérité, la guerre est également beauté. Malgré toutes ses horreurs, vous ne pouvez pas vous empêcher d’admirer l’extraordinaire majesté d’un combat. Vous voyez les rafales traçantes se dérouler dans l’obscurité comme des rubans rouges et brillants. Vous vous accroupissez lors d’une embuscade, tandis qu’une lune froide et impassible se lève au-dessus des rizières nocturnes. Vous admirez les symétries mouvantes des troupes en marche, l’harmonie des sons, des formes et des proportions, les énormes salves d’obus crachées par une canonnière, les rafales illuminantes, le phosphore blanc, l’éclat orange-violet du napalm, la lueur rouge des roquettes. Ce n’est pas exactement beau à voir. C’est stupéfiant. Ça remplit l’œil. Ça vous subjugue.

Une écriture poétique, magnifique, qui sublime encore plus les récits de guerre ou d’après-guerre, pendant la reconstruction du corps et de l’esprit.

Ils portaient le bagage émotionnel d’hommes qui sont susceptibles de mourir. Le chagrin, la terreur, l’amour, la nostalgie – tout cela était intangible, mais ces choses intangibles avaient leur propre masse et leur gravité spécifique, elles avaient un poids tangible. Ils portaient des souvenirs honteux. Ils portaient en commun le secret d’une lâcheté à peine retenue, l’instinct de s’enfuir ou de se figer sur place ou de se cacher, et d’une certaine manière c’était le plus lourd des fardeaux, parce qu’on ne pouvait jamais le poser à terre du fait qu’il exigeait un équilibre parfait et une posture parfaite. Ils portaient leur réputation. Ils portaient la plus grande peur du soldat, qui est la peur de rougir. Ces hommes tuaient, et mouraient, parce qu’ils auraient été gênés de ne pas le faire.

Le Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Bénis soient les enfants et les bêtes : Glendon Swarthout

Titre : Bénis soient les enfants et les bêtes

Auteur : Glendon Swarthout
Édition : Stock (1971) / Gallmeister (02/02/2017)
Édition Originale : Bless the Beasts and Children (1970)

Résumé :
Ils sont six adolescents à s’être rencontrés dans ce camp de vacances en plein cœur de l’Arizona. Leurs riches parents ne savaient pas quoi faire d’eux cet été-là, et ils ont décidé d’endurcir leurs rejetons en les envoyant au grand air pour qu’ils deviennent de “vrais cow-boys”.

Au sein du camp, ces enfants se sont trouvés, unis par le fait que personne ne voulait rien avoir à faire avec eux. Cette nuit-là, alors que tout le monde est endormi, ils ont une mission à accomplir, un acte de bravoure qui prouvera au monde entier qu’ils valent quelque chose. Et ils iront jusqu’au bout de leur projet, quel que soit le prix à payer.

Critique :
L’adolescence, pas toujours une partie de plaisir… Et ces horribles colonies de vacances ou t’étais soit dans le groupe des loosers et jamais dans celui des winners…

Et ces adultes qui te poussaient toujours à te dépasser, à être le vainqueur, à écraser les autres s’il le fallait pour te hisser au sommet, ces adultes qui pratiquaient la ségrégation, non pas raciale, mais selon tes compétences…

Tu connais, je suppose ?

Six ados de 12 à 16 ans, enfants de riches eux aussi, enfants à problèmes, à traumatismes, enfants dont les parents ne savent plus quoi faire, eux qui voyagent tout le temps sur la Terre.

Alors ils ont décidé de les placer au Box Canyon Boys Camp, situé en Arizona, car là on leur a promis de transformer leurs lavettes de gamins, leurs larves de progéniture en véritable cow-boys, en véritables hommes…

Fini les pipis au lit, les escapade pour dormir dans le lit avec maman, ou comme certains, sous leur lit. Nous, on va t’en faire des ados virils, durs, et terminé le côté apathique ou handicapé de la vie.

♫ Caramels, bonbons, et chocolats ♪ comme le chantait si bien Dalida. ♫ Paroles et encore des paroles, que tu sèmes au vent ♪

Tout le monde le sait, ce n’est pas en plongeant des enfants apathique parmi d’autres enfants costauds qu’on va les aider à résoudre leurs problèmes, à ces gamins, vu que leurs problèmes découlent en partie à cause du comportement imbécile de leurs parents qui font tout et n’importe quoi.

Mais le camp, c’est plus facile que des séances de psy… ou que se remettre en question et changer.

Voilà un court récit qui ne manque pas de bravoure, de peur, de folie, d’amitié, de remise en question car nos six garçons vont, dans les derniers jours de leur camp, vouloir accomplir une mission dont nous n’en saurons rien au départ, mais qui se profilera au fur et à mesure de leur road movie, levant le voile sur ce mystère.

Durant leur escapade, nous en apprendrons plus aussi sur ces six handicapés de la vie, sur leurs blessures secrètes et sur le comment du pourquoi leurs traumatismes sont apparus, ainsi que sur le comportement de leurs parents qui ont tout l’air d’être des jean-foutre.

Tous les six sont touchants, profondément humain, profondément enfant, tiraillés qu’ils sont entre leur envie de grandir tout en restant un enfant, leur envie d’être aimé par leurs parents, que ces derniers s’occupent d’eux au lieu de les confier aux domestiques.

Nos six Pisseux (le nom de leur groupe, donné par le camp aux derniers en tout) pourraient être chacun de nous, pour peu que durant notre adolescence, on se soit trouvé dans le camp des loosers, des laissés-pour-compte, de ceux qui ne voulaient rien prouver dans des compétitions puisqu’ils se savaient perdant d’avance.

On pourrait dire que nous sommes face à un roman noir pour ados, car si le contexte social n’est pas celui de la misère humaine, on comprend vite que ces gosses ont souffert de la misère affective et que ça leur a pourri la vie, leur enfance.

L’auteur a réussi le tour de force de nous faire aimer six jeunes personnalités tordues, peureuses, chouineuses, pleureuses, vomissantes, des sans gloire, des sans grade, des gamins qui, pour une fois dans leur vie, vont tenter d’accomplir une action folle mais belle, quelque soit les conséquences.

Un roman western âpre, beau, dur, un drame qui possède une sensibilité exacerbée, un road movie accompli par des gamins qui n’avaient rien pour y arriver, au départ, mais qui, à coup de pleurnicheries et de découragements, vont finir par y arriver.

Une critique au vitriol de tout ces espèces de camps scouts en version commando Rambo de l’Amérique et qui sont les formateurs de tout les futurs paumés ou psychopathes du pays.

Magnifique roman et coup de cœur pour ses six gamins.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018),  le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

 

Yaak Valley, Montana : Smith Henderson

Titre : Yaak Valley, Montana

Auteur : Smith Henderson
Édition : Belfond (18/08/2016)

Résumé :
Dans le Montana, en 1980.
Autour de Pete, assistant social dévoué, gravite tout un monde d’écorchés vifs et d’âmes déséquilibrées. Il y a Beth, son ex infidèle et alcoolique, Rachel, leur fille de treize ans, en fugue dans les bas-fonds de Tacoma, Luke, son frère, recherché par la police.

Et puis il y a Cecil l’adolescent violent et sa mère droguée et hystérique, et ce jeune Benjamin, qui vit dans les bois environnants, avec son père, Jeremiah Pearl, un illuminé persuadé que l’apocalypse est proche, que la civilisation n’est que perversion et que le salut réside dans la survie et l’anarchie.

Pearl qui s’est exclu de la société, peut-être par paranoïa, peut-être aussi pour cacher qu’il aurait tué son épouse et leurs cinq enfants.

Au milieu de cette cour des miracles, Pete pourrait être l’ange rédempteur, s’il n’était pas lui-même complètement perdu…

Petit Plus : LA révélation de cette rentrée littéraire, dans la lignée de Cormac McCarthy et de Richard Ford. Soulevant les contradictions les plus violentes et dérangeantes d’une Amérique qui préfère ignorer ses marginaux, Smith Henderson livre une peinture au vitriol du Montana des années 1980.

Critique :
Qu’est-ce qu’il y a de chouette à découvrir dans le Montana des années 1980 ? Non, laisse tomber ton ami Google, en ce temps là, il n’était pas encore dans le cerveau de ses concepteurs…

Tu veux un conseil d’ami ? Visite le territoire avec Peter Snow (non apparenté à Jon Snow ou Ramsey Snow, je précise), un assistant social dévoué pour le bien des enfants, qui fait ce qu’il peut, comme il peut, qui s’inquiète pour les enfants qui sont sous sa charge, même si, de son côté, il a tout foiré avec sa fille.

Peter a tout d’un looser, il a des tendances alcoolo, une grande gueule qu’il ne sait pas fermer, l’envie d’aider tout le monde, sauf lui, qui réussi dans son job là où il a échoué avec sa femme et sa gamine.

C’est un personnage tout en contradiction que tu aimeras, même si parfois quelques envies de le baffer viendront te chatouiller les mains. Pourtant, il est touchant dans sa volonté de réparer ses erreurs et de sauver des enfants, même si l’Enfer est souvent pavé de bonnes intentions…

Dans ce roman, tout prend des dimensions gigantesques, que ce soit l’abîme dans lequel certains végètent (alcool, drogues, famille d’accueil ou famille de fous), ou dans les proportions du territoire du Montana, surtout avec son immense forêt dans la Yaak Valley où on pourrait y planquer des dinosaures tant elle est immense.

Et notre assistant social a fort à faire pour couvrir cette immensité de territoire et face à l’ampleur de certains de ses dossiers qui comportent en leur sein quelques cas sociaux comme on en croise peu dans sa vie. Enfin, qu’on n’aimerait pas croiser dans la réalité !

Crois-moi, l’ami, tu ne pourras que t’incliner devant cette belle brochette de marginaux de tous poils, ces laissés pour compte, ces drogués qui ne pensent qu’à leur shoot et jamais à leurs gosses, face à des espèces de néos-nazis, ou face à des illuminés qui pensent que l’Armageddon ou l’apocalypse est proche, que le complot judéo maçonnique est bien réel, qu’on nous ment sur tout, même si l’origine de la terre et qu’en fait, les dinosaures n’ont jamais existé.

Si, si, demande à Jeremiah Pearl de te parler de tout ces complots et ces réécritures de l’Histoire…

Jeremiah, c’est un sacré illuminé, un coureur des bois totalement parano  qui a entrainé son gamin Benjamin dans sa folie religieuse, et face auquel notre pauvre Peter est démuni, lui qui voudrait aider son gamin et qui a bien du mal, déjà qu’il a des difficultés avec sa gamine…

Sa rédemption serait-elle d’arriver à sortir Benjamin du bois et à le réinsérer dans la société, lui qui pense que la télé c’est le Mal car sa mère le lui a matraqué dans sa tête de gosse ?

Ici, la seule chose qui ne soit pas une merde ou un échec total, c’est le récit ! Pour être emporté, tu le seras, l’ami, et je te jure que tu vas voir du paysages, mais tu ne pourras jamais le relater dans un bon vieux Guide du Routard, sauf si tu veux faire un spin-off « Le Guide du coureur des bois paranoïaque à mort ».

Dans ce roman, il y a de la richesse dans les personnages principaux, dans l’histoire que va vivre Peter et tout les autres qui gravitent autour, dans leurs blessures, dans leurs passés, dans leurs fêlures, leurs dialogues, même si certains auraient mérité plus de travail, relégué au rang de faire-valoir qu’ils furent.

L’écriture est sèche, sans trop de fioritures, brut de décoffrage, on ne tourne pas autour du pot, on va droit au but.

Mon seul bémol sera pour les chapitres consacrés aux confessions de Rachel, la fille de Peter Snow, celle qui a fugué, à un moment donné, ce récit greffé dans le récit devient envahissant, redondant. Ils auraient pu être zappé et à leur place, donner plus d’étoffe à certains, comme le juge, Luke le frère de Pete ou Mary, une de ses copine.

Une lecture qui ne vous laissera pas de marbre, ni indemne, un récit énorme, des personnages hauts en couleurs. Un roman déprimant car on sombre vraiment dans ce que le Montana a de moins reluisant en terme d’habitants.

Peut-être pas un chef-d’œuvre au niveau des émotions intenses (d’autres romans m’en ont donné plus), mais qui méritait d’être lu car la peinture au vitriol de cette société était des plus instructives et des plus violentes.

Ne manquait pas grand-chose pour exploser mon petit coeur.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

Dans la forêt : Jean England [WRC – Chronique d’une autopsie littéraire annoncée]

Par THE WOMEN’S READING CLUB (WRC)

Conception et idée originale : Stelphique, Mon féérique blog littéraire !!!

Direction logistique : Belette, The Cannibal Lecteur 

Direction artistique : Nathalie, Sous les pavés la page

Chronique autopsie annoncée

Je soussigné, docteur Jack The Reader, Chef du Service de Médecine Légale; certifie avoir procédé à ce jour, en vertu de la réquisition du Cannibal Lecteur, à l’examen médico-légal du roman « Dans la forêt » de Jean England

Dossier n°04

Madame Ia Belette Cannibal Lecteur, Suite à votre réquisitoire du 22 janvier 2017, en cause j’ai l’honneur de vous faire savoir que j’accepte la mission que vous m’avez confiée.

Je jure de remplir ma mission en honneur et conscience avec exactitude et probité.

Nous avons accompli notre mission et consignons dans le présent rapport, les résultats de nos examens, observations et investigations.

Nous reprenons les éléments importants relevés au cours des examens externe et interne du roman.

Nous les commentons et tentons d’en tirer des hypothèses et/ou conclusions logiques.

Silence on autopsie un livre

Description du sujet autopsié : Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’électricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt.

Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.

Date du crime d’édition : Janvier 2017, tout récent.

Arme du crime : Un black-out total dont nous ne saurons rien de plus

Traumatismes : Oui, parce que ça pourrait aussi nous arriver, mais cadavre moins traumatisant que d’autres (Black-Out, Extinction, The End of the world, Résilience).

Suspects : L’auteur qui, de son cerveau fécond, nous a écrit ces pages, il y a 20 ans. Et puis, sans aucun doute l’Homme es ses excès, l’Homme qui, de par son comportement, court à sa perte.

Arme du crime probable : Inconnue. Toutes les pistes sont bonnes à prendre, aucune indication sur le cadavre autopsié.

Modus operandi du crime : Un pays (États-Unis) qui a perdu l’électricité. Deux jeunes filles et leur père livrés à la survie dans leur maison, perdue près des bois. Le père décède et ensuite, nos deux jeunes filles vont devoir se démerder seules avec ce qu’elles possèdent et changer radicalement de vie.

Belette légiste

Verdict du médecin légiste Jack ?
Encore une roman post-apocalyptique ? Ça commence à bien faire, non ? C’est mon je-ne-sais-quantième roman du genre qui passe sur ma table d’autopsie !

Rassurez-vous, vous ne devrez pas parcourir La Route pour aller de Pétouachnoc à une grande ville. Vous ne devrez pas non plus défendre, armes à la main, votre dernier Carambar, votre dernier Oréo ou votre dernière bouteille d’eau face à une meute de voisins enragés et devenus agressifs à cause de la peur de leur Extinction prochaine.

Certes, c’est un véritable Black-Out auquel nous serons confrontés, mais il a commencé doucement, et tout le monde pensait que tout allait se rétablir… Erreur, grave erreur.

Vu que nous nous trouvons dans une maison isolée près d’une grande forêt, ce roman a tout de la survie à la Robinson plutôt que de celle d’un The end of the world puisqu’ici, pas de fuite : le roman se déroulera quasi en huis-clos avec un père et ses deux filles – Nell et Eva – et puis, juste leur deux.

Nell est la narratrice et elle nous conte un récit fort réaliste sur une civilisation qui a perdu l’électricité sans que l’on sache jamais comment ou à cause de quoi celle-ci a disparu, le récit se concentrant exclusivement sur la survie des deux sœurs dans la maison parentale.

Un huis-clos oppressant, surtout lors de leurs disputes ou pendant qu’elles se cherchent des occupations durant leurs journées. Nous ne les quitterons jamais, sauf à suivre les récits d’avant le black-out raconté par Nell ou des récits de leur enfance, avec papa et maman, au temps de l’insouciance.

Nous ne saurons pas vraiment ce qu’il s’est passé dans la ville voisine de 50km, mais l’auteur, avec peu de mots et de descriptions nous fera comprendre l’horreur que cela a dû être pour les habitants face à une telle situation.

On s’attache aux filles, on les suit dans leur survie, dans leurs espoirs, dans leurs souffrances, dans leurs peurs, le tout sans tomber dans un pathos larmoyant.

Un roman qui nous conte la chute d’une société, un effondrement total, en nous laissant entendre que, comme d’habitude, une autre se relèvera sur les cendres de la précédant puisque, c’est vrai, cela fait seulement depuis 130 ans que l’Homme utilise l’électricité et à vécu plus longtemps SANS elle que AVEC elle.

Un superbe récit de survie qui se dévore avec avidité et qui ne ressemble en rien aux autres romans post-apocalypse déjà lu et autopsié.

Verdict du détective Cannibal ?
Pour une fois, le médecin et le détective sont d’accord !

Je  jure avoir rempli ma mission en honneur et conscience, avec exactitude et probité.

Jack The Reader, médecin légiste pour cette autopsie littéraire et Belette Cannibal Lecteur, consultant detective.

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Veuillez trouver ci-joint le rapport de mes autres collègues :

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C’est avec une grande joie, que notre reporter elfique, Stelphique nous expose du haut de son grand sequoia, ses points lumineux sur cette forêt mystérieuse… Ses ailes sont aises de vibrer au grand air américain, et dans un parfait Nature Writing, on sent comme une vraie reconnexion avec l’essence même de la vie….

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La fratrie… ou comment deux sœurs s’apprivoisent…

Il est parfois difficile de se différencier de sa sœur, surtout quand elles sont si proches en âge, qu’on pourrait presque les prendre pour des jumelles… Vaste question que cette forme de fratrie, entre amour et déchirement pour la quête du soi. Nell et Eva ont cette relation de répulsion/attraction qui ne se fait pas, sans quelques fractures de ce lien, unique et fort, du sang…

En se noyant dans leurs passions et leurs ambitions dévorantes, elles se construisent une identité, à force de renoncement à l’autre, et pourtant l’amour qui les unit parait indéfectible.

Le roman tourne autour de ce cercle familial, entre souvenirs passés et avenir à reconsidérer, et cette micro-cellule de liens humains est une onde de choc et d’émotions qui nous est donné de lire dans ce journal intime, dernier vestige laissé au monde comme la preuve de leurs passages sur Terre…

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Le post-apocalyptique… ou comment la solitude envahit le quotidien…

Un recul désiré, puis forcé dans cette maison… La fin du monde poursuit sa course folle de manque et de cécité, pendant que cette famille vit au gré des saisons, proche de la Nature…

En fait, le post-apocalyptique se ressent dans ces privations, dans ces coupures, dans ces absences… C’est plus, la solitude, et l’étiolement des liens sociaux qui frappe dans ce livre, que les réelles raisons de ce nouveau monde…

Petit à petit, les commodités et les ressources s’amenuisent, seule la survie compte, mais la vie se charge toujours d’infliger mille dangers et heurts, qui reconditionnent la vision de cette fratrie.

S’il n’est pas forcé d’entendre de la musique pour danser, ou de concentration pour apprendre, il faut que ses jeunes filles trouvent assez de force en elles pour affronter cette nouvelle vie sans but, et c’est dans ce néant qu’elles devront apprendre à vivre…

C’est là, que le post-apocalyptique prend tout son sens et que la force de ce roman vous atteint en plein coeur…

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La forêt… ou comment cet environnement devient lieu de vie…

De tout temps, la forêt a généré peur et fascination. On a juste oublié qu’autrefois, elle a été lieu de vie pour les peuples, avant qu’on ne s’en éloigne pour lui préférer les villes… La forêt est source de légendes, génératrice de vie, domaine des plus étranges créatures…

Elle est à la fois bienfaitrice et cruelle, car il se cache dans ses arbres, des formes de dangers soudains, autant que de mauvaises rencontres, mais aussi mille merveilles…

Eva et Nell l’apprendront, souvent à leur dépend, que la nature donne autant qu’elle reprend, distribue autant qu’elle inflige… La beauté de cette lecture tient à cette rencontre avec ce lieu majestueux, la connexion avec l’essentiel, l’abondance du don…

En conclusion, cette lecture parle de dépouillement, de violence, et de lâcher prise… Elle se veut intime et c’est presque dans un murmure qu’elle nous souffle que Dans la forêt, se trouve sans doute, notre salut…

Plaidoirie de la partie civile


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Madame le Juge,

Lors du réquisitoire de la partie adverse, j’ai imaginé de multiples scénarios quant à la conclusion de ce procès…
J’ai vu la perpétuité pour ce roman car le consumérisme outrancier était cause de sa lente agonie. Il pourrissait au fond d’une cellule sombre et humide, ses pages se gondolant et jaunissant au rythme des saisons. Il attendait la fin, son encre déliquescente condamnée à ne plus être frôlée par un seul regard humain. Sa couverture se désagrégeait et bientôt il ne restait plus de lui que quelques feuilles trop fines pour résister au passage du temps. Il était oublié de tous, étouffé par tant de romans parlant de l’apocalypse et se putréfiait autant que cette humanité qui gangrenait le monde…

J’ai vu une condamnation indulgente et une liberté conditionnelle après 20 ans de silence pour cette histoire contée avec tant de douceur et de poésie. Le huis clos oppressant était pardonné et ce livre purgeait une peine de principe dans une forêt oubliée où le retour à des valeurs plus saines et plus proches de la nature le guidait vers de nouveaux courants de pensée. La punition divine était évoquée mais seul lui importait la rédemption et la reconnaissance de ses pairs. Seul lui importait d’être à nouveau touché par des doigts avides de tourner ses pages.

Enfin… j’ai vu l’acquittement. Sous la redondance du sujet et l’ennui de la première partie, les jurés s’apercevaient du fond si important de ce roman. Celui qui parle de deuil et de survie, celui qui évoque la perte si cruelle de ses parents, celui qui pousse à la résilience et qui confronte le lecteur à la mort : Celle de ses proches ou bien la sienne. Le roman sortait triomphalement de ce tribunal, l’espoir chevillé aux pages de prouver au monde entier qu’il existait. Il s’exhibait fièrement sur les rayons des librairies, sa couverture bombée bravant les chalands. Il se sentait unique, et au final : il l’était je vous l’affirme.

Je plaide aujourd’hui pour ce dernier scénario afin que le petit monde que nous représentons découvre les véritables atours de ce roman ainsi que les messages si emplis d’humanité qu’il transporte dans son for intérieur. L’acquittement est de mise, Madame le Juge. Laissez, je vous prie, le monde découvrir cette histoire.

La Chronique de Stelphique

La Chronique de Nath

Equateur : Antonin Varenne

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Titre : Equateur

Auteur : Antonin Varenne
Édition : Albin Michel (01/03/2017)

Résumé :
USA. 1871. Pete Ferguson est un homme en fuite. Il a déserté l’armée durant la guerre de Sécession, est recherché pour meurtre dans l’Oregon, pour vol et incendie dans le Nebraska.

Sous le nom de Billy Webb, il est embauché par des chasseurs de bisons qu’il quitte après un différend sanglant. Il croise alors la route de Comancheros qu’il suit jusqu’au Mexique, d’où il s embarque pour le Guatemala…

Quoi qu’il fasse, où qu’il aille, Pete attire les problèmes et fait les mauvais choix. La violence qui l’habite l’éloigne toujours plus de ceux qu’il aime : son frère Oliver, resté au ranch Fitzpatrick avec Aileen, Alexandra et Arthur Bowman.

C est une femme qui changera son destin, une Indienne Xinca chassée de sa terre natale.

Pour la sauver, il fera échouer une tentative de coup d’état. Ensemble, ils iront jusqu’à l’équateur dont Pete a fait son graal et où il pense que les forces régissant ce monde s’inverseront enfin.

equateur-antonin-varenneCritique :
♫ Je n’suis bien avec personne car j’suis Pete Ferguson ♪ Et j’m’attire des misères ♫ Dès que je ne suis plus solitaire ♪ En moi j’ai d’la violence, à ma vie j’cherche un sens ♪

♫ Je talonne mon stalion, Et voici qu’il galope ventre-à-terre ♫ J’irai pas au Paradis, mon enfer est sur terre ♫

♫ Et si je meurs demain, C’est que tel était mon destin ♪ Je tiens bien moins à la vie qu’à mon superbe bourrin ♪ (1)

Lorsque j’avais tourné la dernière page de « Trois mille chevaux vapeurs », j’avais pesté sur le mot « Fin » apposé à la dernière page car j’aurais encore bien repris 200 pages de plus des aventures du bourru ex-sergent Arthur Bowman.

L’auteur a dû entendre mes doléances car voici qu’il vient de m’écrire 340 pages des aventures de Pete Ferguson, un des gamins déserteurs que Bowman avait caché dans son ranch.

Si Bowman avait un caractère ronchon, bourru, et une belle descente, on peut dire qu’il n’arrive pas à la cheville de Pete, ce garçon qui a dû grandir trop vite tout en évitant les coups de son paternel, qui a vu sa mère mourir trop jeune et à dû protéger son petit frère. Depuis, il a la haine sur tout, même sur son cheval, parfois !

Sérieusement, il y a eu des pages dans le roman où j’aurais bien baffé Pete, toujours en rogne sur tout le monde, sur le système, sur le pays, sur ses habitants… Tout !

C’est un personnage torturé, qui a la haine et qui pense qu’en allant jusqu’en Équateur, sa rédemption sera accomplie, croyant, à tort, que les forces régissant ce monde s’inverseront enfin puisqu’en Équateur, les pyramides tiennent sur leur pointe et que tout est inversé.

Par contre, Pete ferait le bonheur de Pôle Emploi vu ses compétences ! Visez un peu tout ce qu’il peut mettre sur son C.V : déserteur, incendiaire, chasseur-pisteur et dépeceur de bisons, marin, mercenaire, orpailleur et buveur. La classe, non ?

Ben non… Quoique que Pete fasse, ça se termine en eau de boudin, dans la violence, celle qui lui colle au corps, aux basques, à la peau, celle héritée de son père auquel il ne veut pas ressembler et qui, pour finir, est devenu lui.

Pourtant, on s’y attache au Pete ! Il a de la violence en lui, mais il y a aussi de la fragilité, un besoin de rédemption, du désespoir, le besoin d’accomplir une quête.

Ce roman commence comme un western, peu de temps après la fin de la guerre de sécession, avec une chasse au bisons, où l’on tue des bêtes uniquement pour leur fourrure, laissant pourrir les carcasses ensuite sur la plaine. Une gabegie, un gaspillage honteux…

Et puis, on passe au Mexique, on côtoie des Comancheros, on franchi le Rio Grande et on s’enfonce toujours plus bas, jusqu’en Guyane Française, on passe au Brésil, pour remonter ensuite aux États-Unis, bouclant le périple par où on l’avait commencé.

340 pages magnifiques, des portraits hauts en couleurs, une description de la vie de l’époque sans fioritures, telle qu’elle était, avec des gens qui se foutaient pas mal de la préservation des espèces et de la survie des Indiens. Des coureurs des plaines qui survivaient avec le peu qu’ils gagnaient en vendant les peaux de bisons…

On y croise toute une foule de personnages, des bons, des sympas, des abjects, des salauds, des marins d’eau douce ou de mer, des poètes, des révolutionnaires, des indiens Xinca chassés de leurs terres natales (un concept typiquement humain de voler les terres des autres), des bagnards de Cayenne,…

Quel voyage mes amis ! Pourtant, j’ai eu aussi de la nostalgie lorsque je suis arrivée à la dernière page, comme avec Arthur Bowman, j’aurais encore bien parcouru une fois de  plus le continent en compagnie de Pete Ferguson et de ses démons.

Merci à l’auteur de m’avoir écrit ce fabuleux roman et merci à Masse-Critique de Babelio de m’avoir permis de le lire en avant-première.

(1) Parodie de la chanson « Massey Ferguson » de Jean-Marie Bigard, elle-même parodiée sur « Harely Davidson » de B.B

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule, Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Le Mois du polar Février 2017 chez Sharon et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (340 pages – 200 lues = 140).

Étoile 4