Blueberry – Tome 03 – L’Aigle solitaire : Charlier & Giraud

Titre : Blueberry – Tome 3 – L’Aigle solitaire                 big_3-5

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud
Édition : Dargaud (1967)

Résumé :
Blueberry doit conduire des armes au général Crook à des jours de fort Quitman. Voilà une occasion unique d’arrêter la guerre contre les Apaches.

Critique : 
Le feu couve toujours entre les Indiens et les Tuniques Bleues et ce sera, une fois de plus, le lieutenant Blueberry qui sera l’homme de la situation !

Dans ce troisième album du cycle des premières guerres indiennes, Blueberry est chargé de diriger un convoi de munitions pour livrer le général Crook qui se trouve Camp-Bowie.

Notre lieutenant mal rasé va devoir ruser afin que le convoi ne se fasse pas attaquer par les Indiens, va devoir composer aussi avec l’incompétence de l’intendant O’Reilly, un alcoolo qui n’écoute pas ce que Blueberry lui dit et qui entraînera leur troupe droit dans la gueule du loup.

Véritable petit Sherlock Holmes quand il le veut, Blueberry va mener sa petite enquête afin de trouver QUI est les traitre dans leur convoi. Quanah, leur guide indien, a un comportement louche… Serait-ce lui qui travaillerait à saborder leur mission afin de provoquer la guerre avec les hommes blancs ??

Un album sans temps mort, ou si peu, juste de quoi faire souffler votre monture fatiguée et vous laisser recharger votre colt entre deux attaques des Indiens.

Les gars, va falloir ruser et tirer plus vite que ces damnés Peaux-Rouges si vous voulez conserver votre scalp sur le crâne !

Heureusement, Blueberry est là avec son intelligence pour la mettre au service du convoi de munitions et déjouer les attaques des Indiens.

Les couleurs sont assez moches dans les albums d’origines, mais dans les Intégrales, vous aurez le bonheur de les avoir en version retravaillée, pour votre lus grand bonheur.

Niveau personnages, ils sont bien travaillés, avec du caractère et le Méchant est un grand Méchant.

Notre lieutenant continue donc de mettre son nez cabossé où il ne faut pas, déjouant les pièges, menant ses enquêtes et ne désespérant pas de mettre fin à cette stupide guerre qui a déjà embrasée toute la région.

Avec sa barbe de trois jours et son caractère de cochon, Blueberry est un dur. Un éternel rebelle, indiscipliné, râleur et batailleur. Un vrai mec, quoi !

Allez, les gars, en selle ! Pas de répit pour vos hémorroïdes…

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2015), « Le mois Américain » chez Titine, Challenge « Polar Historique » de Sharon, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « Il était une fois dans l’Ouest » chez Cannibal Lecteur et le « Marathon Bédé » chez Chroniques Littéraires.

Blueberry – Tome 02 – Tonnerre à l’Ouest : Charlier & Giraud

Titre : Blueberry – Tome 2 – Tonnerre à l’Ouest               big_3-5

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud
Édition : Dargaud (1966)

Résumé :
Les Apaches ont réuni toutes leurs tribus pour décider si oui ou non ils entraient en guerre avec les visages-pâles.

Pendant ce temps Fort Navajo, cerné par plusieurs de ces indiens est coupé du monde. L’angoisse règne à l’intérieur du Fort dans lequel plusieurs grands chefs apaches sont retenus prisonniers.

Après une trahison du Lieutenant Crowe qui semble condamner le Fort, Blueberry décide de partir pour Tucson chercher des renforts et des médicaments pour soigner le Colonel Dickson agonisant.

Va-t-il survivre à cette traversée du désert et si oui reviendra-t-il à temps ?

Les Apaches qui se sont associés à des profiteurs de guerre Mexicains semblent avoir fait fuir toute la région…

Critique : 
Mais que ferait l’armée des États-Unis sans le lieutenant Mike Blueberry ?? Rien !

Le major Bascom pense toujours qu’un bon indien est un indien mort et ses intentions sont toujours de les exterminer tous autant qu’ils sont, à n’importe quel prix.

Le côté buté du major est toujours aussi flagrant, préférant que tout le fort, femmes et enfants compris, se fasse massacrer plutôt que de négocier avec Cochise ou d’échanger ses prisonniers indiens contre les civils détenus par les Apaches.

L’histoire de cet album n’est pas différente de la réalité, de nombreuses guerres sanglantes sont nées suite à des malentendus ou des fausses accusations, lancées par l’un ou l’autre. Si je veux mettre le pays à feu et à sang, rien de tel que de faire accuser d’un massacre les Apaches.

Du côté des Apaches, les esprits s’échauffent aussi, les guerriers n’étant pas des squaws, ils veulent tous se lancer sur le sentier de la guerre, sans même écouter les plus vieux guerriers, ceux qui sont des Sages.

Niveau couleur, c’est pas top, mais il est à noter que dans les rééditions de la collection en Intégrales, ils ont retravaillés les couleurs, pour le plus grand plaisir des yeux du lecteur. Moi, j’ai les éditions quasi d’origine !

Effectivement, les premiers Blueberry avaient été remis en couleurs en 1994, afin de donner une uniformité de ton à la série. Mais comme Giraud ne bénéficiait pas encore de tout son talent dans ses premières années, ces nouvelles couleurs plus sobres soulignaient parfois le manque de perspective, de volume et de profondeur de certaines images.

Dans cette intégrale, le lecteur profite de couleurs plus contrastées, parfois même criardes, qui renforcent l’aspect coloré du western. Par rapport aux couleurs originelles, l’éditeur s’est tout de même permis de les éclaircir, pour éviter qu’elles ne choquent pas trop le lecteur contemporain.

Le dessin s’affine, Blueberry est plus posé et moins « jeune chien fou » dans ce tome qu’il ne l’était dans les premières pages du numéro 1.

Il fait aussi preuve de beaucoup de courage et de ruse lorsqu’il devra traverser les lignes Apaches pour rejoindre la ville de Tucson afin de ramener du renfort et des médocs pour le colonel dans le coma suite à la morsure d’un serpent à sonnette.

De la trahison, de l’injustice, une folle chevauchée, le sac d’une ville, une amitié retrouvée, sans compter une véritable enquête afin de retrouver le jeune Stanton, enlevé par les Mescaleros, le seul qui pourra dire que les Apaches sont innocents et mettre fin à cette guerre stupide et stérile.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2015), « Le mois Américain » chez Titine, Challenge « Polar Historique » de Sharon, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « Il était une fois dans l’Ouest » chez Cannibal Lecteur et le « Marathon Bédé » chez Chroniques Littéraires.

Blueberry – Tome 01 – Fort Navajo : Charlier & Giraud

Titre : Blueberry – Tome 1 – Fort Navajo                       big_3-5

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud
Édition : Dargaud (1967)

Résumé :
Blueberry est affecté à Fort Navajo. En cours de chemin il rencontre le Lieutenant Graig et ils tombent sur le ranch des Stanton complètement calcinée et jonchée des cadavres de ses habitants.

Tout porte à croire qu’il s’agit d’un coup des indiens et le Lieutenant Graig décide de suivre leur piste pour délivrer le fils Stanton qui est entre leurs mains.

Blueberry va devoir manœuvrer entre l’inconscience de Graig et la haine des Indiens qui anime le commandant Bascom, bras droit du Colonel Dickson à Fort Navajo.

Quand un rattle-snake entre dans la partie, tout se complique…

Critique : 
L’ambiance était plus au rire et à la détente lorsque les « Tuniques Bleues » du tandem Cauvin et Salvérius affrontaient les Indiens, à Fort Bow… Mais ce n’était pas réaliste.

La série Blueberry est certes plus violente, mais le réalisme est présent.

Ce premier tome est l’occasion de faire connaissane avec Mike T. Blueberry, un ancien Sudiste passé chez les Nordistes durant la guerre de Sécession.

Blueberry, on vient de recevoir un rapport sur vous…

— Ce rapport sur votre compte m’est arrivé. Juste avant vous. Par la diligence qui vous a transporté.
— Hmmm… Je vois… Pas fameux, hein ?
— C’est le moins qu’on puisse dire ! Buveur… Joueur… Tricheur… Indiscipliné… Bagarreur… Une vraie litanie !
— Heu… Vous en oubliez !

Blueberry, vous l’aurez compris, est un personnage aux antipodes des « bons » auxquels nous sommes habitués. Laissez tomber les Lucky Luke, les Jerry Spring, on entre dans un autre univers, ici.

Pour faire court, la famille Stanton a été attaquée, massacrée, le ranch brûlé et Blueberry, en route pour le Fort Navajo en compagnie du lieutenant Craig, découvre une flèche Apache.

Étrange, les Apaches sont en paix avec les Blancs et les Tuniques Bleues depuis des années. Il n’en faut pas plus pour échauffer les esprits.

Mike est une tête brûlée qui tient à son scalp, mais il a du courage, car sans lui, le tout frais lieutenant Craig ne serait plus de ce monde.

Le racisme est omniprésent dans ce tome, le major Bascom du fort Navajo voulant à tout prix se venger pour les mort chez les Stanton et décidant de s’attaquer à une paisible tribu Apache qui changeait de camp.

Le sang pour le sang… Le non respect de la parole donné par l’officier en chef du fort, le colonel Dickson, qui, suite à une morsure de serpent, devra passer le commandement au major Bascom. Et lui, les indiens, il veut les voir tous morts.

C’est ainsi qu’on commet des erreurs dont le prix sera lourd à payer.

Violence, racisme, riposte aveugle et disproportionnée… On sent poindre chez certains le côté belliqueux de l’Oncle Sam qui, si on lui prend des vies, riposte en en exécutant dix fois plus, tuant sans distinction les innocents.

Le trait du dessin est encore un peu hésitant, Blueberry ressemble à Belmondo (ce qui était voulu) pour s’en éloigner au fil des albums. Les couleurs ne sont pas super, mais tout cela s’arrangera ensuite.

Une série que j’ai toujours aimée, bien que je l’ai découverte assez tard.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2015), « Le mois Américain » chez Titine, Challenge « Polar Historique » de Sharon, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « Il était une fois dans l’Ouest » chez Cannibal Lecteur (oui, chez moi !) et le « Marathon Bédé » chez Chroniques Littéraires.