Ne mourez jamais seul : Donald Goines

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Titre : Ne mourez jamais seul

Auteur : Donald Goines
Édition : Gallimard (25/11/1998)
Édition originale : Never Die Alone (1974)

Résumé :
King David, surnommé King Cobra, est revenu en ville. Combien sont-ils à vouloir lui faire la peau ? Moon, dont seuls de lourds rideaux noirs auraient pu camoufler ce que disait son regard ?

Mike, qui sans avoir plus de vingt ans, sait déjà que « toutes les emmerdes du monde » ne l’empêcheront pas de buter ce fumier ? King David a du fric.

Un autre homme dans la ville en manque terriblement. Il se nomme Pawlowski. Aussi foncièrement bon que King David peut être dangereux, rien ne le prédisposait à croiser le chemin du Cobra…

never-die-aloneCritique :
Y’a des jours comme ça où certains auraient mieux fait de jamais revenir à New-York…

Ou mieux : il y en a un qui n’aurait jamais dû arnaquer un dealer, duper des femmes et surtout pas voler le chèque de l’assistance d’une femme qu’il sautait. Et encore mois l’envoyer par terre, elle et son fils qui tentait de s’interposer.

La vengeance est un plat qui se mange froid, mais comme dit le proverbe « Celui qui se venge doit creuser deux tombes, une pour sa victime et une pour lui ».

Ce Donald-ci mériterait d’être plus connu… Ce que j’apprécie chez lui, c’est sa plume acérée et le fait qu’il sait de quoi il parle, lui qui fit de la prison après avoir braqué une banque, qui fut dealer et maquereau.

Dans « Justice Blanche, misère Noire », il dénonçait, noir sur blanc, les inégalités qui régnaient entre condamnés Blancs et les condamnés Noirs (en ce qui concerne les cautions à payer).

Ici, nous entrons dans l’intimité d’un truand, un dealer, pas le plus gros, mais celui qui a le plus d’orgueil, qui croit qu’il est le plus intelligent et qui pense que tout le monde veut lui lécher les pieds.

L’action se déroule en 1973 mais pourrait très bien être contemporaine, les gens qui filment tout au smartphone en moins… King David, dit King Cobra est revenu à New-York et a décidé de rembourser – avec intérêts – les 500$ qu’il avait chouravé à Moon, le dealer local.

Si King David a horreur que l’on se foute de sa gueule et qu’on le prenne pour un minable, il aurait dû savoir que Moon était comme lui et penser que le fils de celle dont il avait volé le chèque de l’assistance voudrait se venger, maintenant qu’il bosse pour Moon.

Tout aurait pu très bien se passer, King David remboursait sa dette, et tout allait bien dans le meilleur des mondes, mais tout à foiré, dans les grandes lignes, comme un jeu de domino qui, une fois la première pièce tombée, entraine toutes les autres au sol.

Ils auraient dû tous savoir que la première chose qui foire dans un plan de bataille, c’est le plan de bataille lui-même. Ils auraient dû savoir que tout ne se passe pas toujours comme prévu et que l’arme peut se retourner contre toi…

Autant King David est un être abject – la lecture de son journal intime nous le prouvera – autant Moon est bouffi d’orgueil et pense qu’il est le roi du monde, autant Paul Pawlowski, polonais juif issu de l’Allemagne nazie est bon et droit dans ses bottes.

C’est lui qui a  ramassé King David dans le caniveau et c’est lui qui va nous lire le carnet de ce dernier dans lequel il décrit ses faits et gestes qui feront pâlir le lecteur le plus blasé.

Un récit court, un récit brut, pur, de la came non coupée, des êtres abjects, un type correct, un type qui a les couilles de suivre sa conscience, un homme qui va comprendre qu’il a aidé un salaud et qu’il aurait dû le laisser croupir dans son caniveau.

Donald Goines ne fait pas dans la dentelle, pourtant, pas de violence sans raison, pas d’horreur juste pour en faire, non, juste un récit brutal que tu dévores sans plus penser à rien d’autres.

Le récit d’une vengeance qui ne tourne pas comme elle devrait et qui aura des conséquences imprévues sur tout le monde, surtout chez les truands de Moon.

Avec Donald (Goines), c’est du cash, baby, et c’est pas de la fiction… Ici, on est face à des flingueurs, et c’est pas des gentils tontons.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule, RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (184 pages) et Le Mois du polar 2017 chez Sharon.

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Transmetropolitan – Année 2 : Ellis Warren & Darick Robertson

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Titre : Transmetropolitan – Année 2

Scénariste : Ellis Warren
Dessinateur : Darick Robertson

Édition : Urban Comics (2014)

Résumé :
Meurtres. Viols. Vols d’ADN. Le journaliste hors-la-loi Spider Jerusalem a couvert les sujets les plus infâmes que La Ville ait portés.

Mais toutes ces horreurs ne sont rien à côté de ce qu’il estime être l’expression ultime de la dégradation humaine : la politique. Malheureusement pour sa santé mentale, cette année électorale risque fort d’être le clou du spectacle.

Deux candidats, deux bêtes, à la merci d’un éditorialiste enragé.

trans-3415462-18Critique :
La politique et ses manoeuvres retorses pour se faire élire…

La mission de Spider Jerusalem ? Faire en sorte que le président sortant, qu’il a surnommé « La Bête » ne se fasse pas réélire une fois de plus.

Son adversaire ? Le candidat Callahan, dit « Le sourire ».

Ici, attention, nous avons un gros fil rouge à suivre, contrairement au premier tome qui était une sérieuse mise en bouche mais avec des chapitres différents.

Les élections approchent et tous les coups sous la ceinture sont permis, surtout si c’est Spider qui les donne.

Il est toujours aussi fou, aussi drogué, aussi foutraque, il a toujours la haine des autres et sa nouvelle assistante va en faire les frais.

Pourtant, les articles de Spider Jerusalem, même s’il sont plein de haine envers le genre humain et bourré d’insultes, n’en sont pas moins vrais et très profonds. Il a compris le Système et voudrait ouvrir les yeux de ses con-citoyens qui eux s’en foutent.

Je ne peux pas résoudre les problèmes. Je peux juste m’assurer que les gens ne fassent pas semblant de les ignorer. Faire en sorte que d’autres les résolvent. Ceux qui le peuvent.

Les dessins sont toujours aussi détaillés, avec une foultitude de petites choses qui rendent les dessins réalistes.

Les dialogues sont incisifs, on pense qu’on a gagné mais non, il faut encore poursuivre le combat car on vient de se faire baiser sur toute la lige pas cet enculé de… Pardon, fréquenter Spider Jerusalem est mauvais pour le langage…

Suivez-moi jusqu’en enfer, abrutis, allez… Suivez quiconque a le sourire, la couverture, l’image qu’il faut… Suivez quiconque dire : « Je vais m’occuper de vous, je vais prendre toutes les décisions importantes à votre place pour que vous puissiez retourner vous faire chier les uns les autres et vous foutre en l’air dans une béate ignorance… ».

C’est à coup de boulets rouges lancés au bazooka que l’auteur tire sur la politique sociale de son pays et sur ses politiciens qui sont prêts à s’allier avec le diable si ça peut les faire gagner un état important.

Étoile 4,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le RAT a Week, le marathon de l’épouvante Édition 2016 chez Chroniques Littéraires, Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule et Le Challenge Halloween (2016) chez Lou & Hilde.

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Transmetropolitan – Année 1 – Le come-back du siècle : Ellis Warren & Darick Robertson

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Titre : Transmetropolitan – Année 1 – Le come-back du siècle

Scénariste : Ellis Warren
Dessinateur : Darick Robertson

Édition : Urban Comics (2014)

Résumé :
Exilé depuis près de cinq ans loin du fracas de la civilisation, le journaliste Spider Jérusalem est contraint de reprendre le chemin de La Ville.

Secondé par ses deux assistantes, Channon Yarrow et Yelena Rossini, l’acide et misanthrope pamphlétaire reprend alors son combat contre les abus de pouvoir, la corruption et les injustices de cette société du 21e siècle qu’il chérit autant qu’il l’exècre.

Dans les rues étouffées par le silence médiatique, raisonne bientôt les mots amers et enivrés du plus fervent défenseur de la Vérité.

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bb-transmetropolitanCritique : 
Irrévérencieux ? Politiquement incorrect ? Jouissif ? Dingue ?

Un peu de tout ça… Voilà comment je pourrais décrire ce comics qui m’a fait l’effet d’un bonbon Kiss Cool fourré à la nitroglycérine et à l’acide.

Non, je n’exagère pas ! Ceux qui connaisse Spider Jerusalem savent que je n’exagère pas.

Spider Jerusalem est un ancien journaliste qui s’est exilé 5 ans loin du fracas d’une ville de New-York plus que futuriste. Étant obligé de revenir, il va donc reprendre son ancien métier qui était journaliste gonzo.

Quésako ? Non, Gonzo ! Et rassurez-vous, vous pouvez le nourrir après minuit.

Le journalisme gonzo, c’est un journalisme ultra-subjectif, un concept défini par Hunter S. Thompson. Pour vous éclairer, on dira que c’est une méthode d’investigation journalistique axée sur l’ultra-subjectivité : informer le plus possible le lecteur sur la nature et l’intensité des facteurs, déformant son point de vue pour recomposer une image vraisemblable de la réalité.

[…] le journalisme est un flingue. Il n’a qu’une seule balle, mais si tu vises bien, c’est suffisant. En visant bien, tu peux faire sauter un genou du monde…

Anybref, quand Spider est sur une affaire, il va jusqu’au bout car son métier est d’informer, mais aussi de gueuler sur tout le monde, d’emmerder tout le monde, de détester l’humanité toute entière, de boire, de fumer, de prendre toutes les drogues qui peuvent exister dans ce monde futuriste et il adore être détesté.

Tu as pissé sur l’économie, chié sur la loi et tu t’es torché avec la vérité. Tu mérites d’être écorché, d’être trainé dans la rue par des malades mentaux armés de planches cloutées et de servir de chiottes à des babouins en chaleur.

En fait, tous les travers qui sont dénoncés dans ce comics sont ceux de notre époque, hormis certaines choses, comme les humains qui se font télécharger (et finissent en nuage), les chats à trois yeux et deux gueules qui fument, les chiens qui parlent, les résurrection des cryogénisés ou ces concitoyens qui sont des transgenres, mi-humains, mi-aliens.

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Les dialogues sont percutants, pas de temps morts, des dessins qui offrent un panorama d’une ville de New-York qui fait peur, surchargée de panneaux publicitaires, agressifs, peuplés de personnages marginaux, trainant leur misère comme d’autres trainent leur ennui.

Le tout sur un ton irrévérencieux, ironique, sarcastique, politiquement incorrect, acide et lucide.

Spider Jerusalem n’est pas un personnage que l’on aurait envie de côtoyer, ça pas du tout ! Il est dingue, fou, rien ne l’arrête, drogué, et j’en passe et des meilleures.

Par contre, le suivre est jubilatoire et fortement conseillé car c’est un plaisir de fin gourmet.

Attention à ne pas mettre la bédé sous les yeux d’un enfant car il y a des gros mots…

— Je n’aurai de repos que quand on t’aura violé, brûlé, castré, farci de merde de chien, et qu’on aura suspendu ton cadavre au milieu de Century Square pour que les nécrophiles puissent jouer avec.

Étoile 4,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule, Le Challenge Halloween (2016) chez Lou & Hilde et le RAT a Week, le marathon de l’épouvante Édition 2016 chez Chroniques Littéraires.

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Ekhö monde miroir – Tome 1 – New York : Arleston & Barbucci

Ekhö - Tome 1 - New-York

Titre : Ekhö monde miroir – Tome 1 – New York

Scénariste : Christophe Arleston
Dessinateur : Alessandro Barbucci

Édition : Soleil (2013)

Résumé :
Dans l’avion qui la transporte vers New York, Fourmille Gratule se voit apostrophée par un curieux personnage mandaté par une étude notariale. Ce dernier l’informe que sa tante Odalie est décédée, qu’elle est l’unique héritière de celle-ci et qu’elle se doit de se présenter à l’office.

Cette rencontre aurait pu en quelque sorte être normale si ce n’est que le messager n’est autre qu’un petit écureuil parlant et qu’elle donne lieu à un basculement dans un autre univers, celui d’Ekhö.

Ayant entraîné dans sa tourmente son voisin de voyage, Yuri Podrov, Fourmille découvre bientôt sa nouvelle dimension, une dimension incroyable peuplée de Preshauns et autres bestioles.

Une seule chose reste à faire, celle de se rendre à l’adresse de l’office notarial à New York pour tenter de comprendre ce qui lui arrive.

Ne serait-elle pas en train de rêver ?

PlancheA_184627Critique : 
Toujours un plaisir de relire la série Ekhö que j’avais découverte en lisant le magazine « Lanfeust Mag » et dont j’ai suivi les aventures suivantes avec un sourire béat.

Là, je viens de replonger dans un New-York totalement décalé ou le métro est posé sur une créature style mille-patte, où les avions sont des dragons car ici, l’électricité n’existe pas.

C’est comme sur terre, mais c’est pas sur terre ! Un monde miroir, sans la fée électricité !

— Ekhö n’est pas un univers parallèle, Monsieur ! C’est une extension philoplasmique d’une a-réalité alternative construite et entretenue grâce à un patient travail d’énergie thaumique ! Un peu de respect !

Fourmille se trouvait dans un avion, en direction de New-york, le vol 747 n’avait aucun problème… il n’allait pas à Sydney et n’avait pas l’intention de disparaître des écrans radars du tout.

— On va mourir !
— Mademoiselle, l’avion est le moyen de transport le plus sur du monde…
— Pas aujourd’hui !

Au milieu du vol, voilà que notre donzelle est abordée par une étrange créature ressemblant à un accouplement entre un écureuil et un lapin (pour les dents).

Cette étrange créature digne d’un soir de délirium tremens carabiné lui demande si elle accepte l’héritage d’une tante disparue depuis 20 ans.

Qui refuserait, hein ?? Elle a dit « Oui » !

Bardaf, un éclair (pas au chocolat), voilà le 747 touché (mais pas coulé) par la grâce et c’est à bord d’un dragon que Fourmille atterrit à New-York, en compagnie du pauvre gars – Yuri – qui se trouvait sur le siège à côté d’elle.

Le Manhattan qu’ils découvrent est un Manhattan digne d’une aventure d’heroic fantasy. Punaise, c’est plus fort que « Voyage en terre inconnue » ce truc !

Au cœur de l’intrigue, une race étrange, les Preshauns, qui semblent dominer cet univers parallèle.

Sigisbert, le Preshaus… C’est la bestiole issue de l’accouplement de l’écureuil et du lapin… Enfin, ça y ressemble, moi, je n’étais pas là le jour de la conception, alors, vous parler des parents, hein !

C’est drôle, aéré, amusant et la découverte de ce monde parallèle et étrange est très vivifiant.

Les personnages sont bien travaillés et on sent bien qu’il y a une intrigue en plus sous tout cela.

La tante est-elle bien morte d’un accident ? Mystère mystère et enquêtons ! Ce que Fourmille et Yuri vont faire, enfin, Fourmille surtout ! Le pauvre Yuri se contente de suivre…

Et les Preshauns, sont-ils aussi clean qu’ils le laissent voir ?

Lors de ma première lecture, je me posais des questions, après 4 tomes lus, je peux vous dire que vous n’êtes pas au bout de vos surprises avec ces petites créatures adepte de thé dans des moments de grand stress ! Yuri en a fait les frais dans Manhattan.

Une histoire qui était à suivre et dont je ne me suis pas lassée, tant l’univers créé par le prolifique scénariste Arleston est diversifié, rempli de clins d’œil à notre monde et bourré d’humour.

— J’ai pas de pièces d’or, mais je vous donne ma montre. Elle vaut très cher.
— C’est quoi ce truc ?

— Ben, une montre, ça donne l’heure.
— Qu’est ce que vous voulez que j’en fasse, de l’heure ? Ça change tout le temps !

Et puis, on dirait que ça veut flirter entre Fourmille et Yuri, mais non, ça veut pas ! Enfin, si, lui voudrait bien… mais elle ne veut point ! C’est pas commode !

[Fourmille]— Vous… vous n’en avez pas profité, hein ? Je veux dire, on n’a pas…
[Yuri]— Euh, non, pas pour autant que je me souvienne !
— Parfait ! De toute façon, si ça avait été le cas, vous n’auriez pas pu l’oublier ! L’amour avec moi, on s’en souvient toute la vie ! Et puis, j’ai pas l’habitude de me taper des vieux beaux.
— Comment ça, vieux?! J’ai même pas encore quarante ans !

[Sigisbert] — Ces choses sont trop complexes pour votre compréhension. Montez coucher ensemble.
[Yuri] — Coucher ensemble ?!
[Sigisbert] — Je voulais dire : ne vous séparez pas et allez dormir !
[Fourmille] — Couchez ensemble ! N’y songez même pas! De toute façon, vous me trouvez trop grosse, vous l’avez dit !
[Yuri] — Mais pas du tout !
[Fourmille] — Vous avez envie de coucher avec moi, alors ?
[Yuri] — Mais non ! Enfin si ! Mais je veux dire… c’est pas la question.
[Fourmille] — Pff ! Vous ne savez même pas ce que vous voulez !

PS : Petit clin d’œil au leprechaun (irlandais : leipreachán) qui est une créature humanoïde imaginaire issue du folklore irlandais.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), Le « Challenge US » chez Noctembule, Le Mois du Polar chez Sharon (Février 2016), Challenge « Totem » par Liligalipette (dragons) et Le « RAT a Week, Winter Édition » chez Chroniques Littéraires (49 pages – 729 pages déjà lues pour le Challenge).

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Gun Machine : Warren Ellis

Titre : Gun Machine

Auteur : Warren Ellis
Édition : Éditions du Masque / Le Livre de Poche (2015)

Résumé :
John Tallow est un flic new-yorkais typique : célibataire, désabusé, plus trop dans le coup. Son équipier de toujours, lui, c’est le bon flic, celui que tout le monde aime.

Ils sont appelés pour intervenir dans un immeuble décati de Pearl Street, où un forcené en surpoids nu comme un ver hurle et tire sur tout ce qui bouge dans la cage d’escalier. Rosato monte le premier, se fait exploser le cerveau devant Tallow, impuissant, qui est éclaboussé des restes gluants et visqueux de son co-équipier.

Fou de rage, il décharge son flingue sur le forcené et défonce en même temps le mur d’un appartement.

Quand les techniciens de scène de crime arrivent sur place, ils tombent nez à nez avec une centaine d’armes, fixées sur les murs, du sol au plafond… Des armes qui semblent correspondre à des meurtres non élucidés.

Convoqué par sa supérieure, Tallow se fait passer un savon.

Le meilleur flic de la brigade est mort et les voilà avec un arsenal d’armes relié à des cold cases sur les bras.

Sa punition : démêler l’affaire avec pour seule aide deux bras cassés. Une journée qui commence très mal…

Critique
Vous aimez suivre un lieutenant de police un peu barje sur les bords qui enquête dans une histoire pas du tout comme les autres, aidé d’un duo de bras cassés frappadingues, oscillant entre le génie et l’autisme pour le public relation ?

Vous aimez les coups retors dans le dos et les magouilles en haut de l’échelle ?

Vous avez un faible pour les dialogues pas piqué des vers et le langage argotique vous met en joie ?

Alors voilà un roman noir fait pour vous, messieurs dames !

John Tallow est un flic new-yorkais, à Manhattan. Le genre de flic qui se la coule douce. Mais voilà qu’après la mort de son collègue, abattu par un gros forcené tout nu, notre John Tallow se met à jouer les John Wayne, refroidit le gars et sans le faire exprès, met la main sur un appart entièrement tapissé de flingues.

Forcené à poil se campa au bord du palier, pointa son fusil et tira. Le coup arracha la partie supérieure gauche du crâne de Jim Rosato. Il y eut un ploc quand un bout de sa cervelle s’écrasa contre le mur.

C’est à kiki tout ça ?? On ne le sait pas…

Au bas mot (et Obama), il y a au moins 200 armes correspondant à quelques 200 homicides non résolus… Le tout rendrait la Lilly Rush de Cold Case folle de joie et en transe orgasmique.

— Tout ce que t’as fait, lieutenant, c’est trouver l’adresse du diable à New York, et maintenant, il a changé de crémerie.

Tallow, lui, il s’est mis tout le monde à dos et va se retrouver obligé de bosser avec deux techniciens de scène de crime (TSC) totalement hors-normes !

— D’accord. Si vous me disiez qui s’occupe de la planque de Pearl Street ?
— Ah. Ça.
Tallow était à peu près sûr qu’il ne venait pas d’avouer avoir fricoté sexuellement avec des chatons, pourtant l’expression du très gros APTS laissait planer le doute.
— Alors c’est toi, poursuivit l’autre.
— C’est moi.
— J’irais m’installer à l’hôtel si j’étais toi, mec. Dis à personne quel hôtel. Et achète-toi une armure.

Quand tout le monde vous lâche ou tente que vous couliez tout seul dans la maison poulaga, parce qu’ici, ben, on est pas dans la série Blue Bloods (ou une autre) où tout le monde y s’aime et qu’il est solidaire, loin de là ! La grande famille, c’est pas chez les flics, ici, c’est chacun pour soi et tous contre John, presque.

Quand on vous colle dans les pattes Bat, un technicien bricoleur de génie mais un peu zot (fou, en bruxellois) et une autre – Scarly – tout aussi disjonctée, lesbienne et pas faite pour les relations humaines… Oh my god !

— Franchement, dit Scarly, si j’avais su que le mariage c’était autant d’emmerdes, je serais jamais allée dans les manifs pour demander d’y avoir droit. Vous pouvez vous le garder, hétéros de mes deux.

Oui, ça fait des étincelles ce super trio qui s’étoffera au fil des pages et vous fera vivre un récit des plus atypiques, à l’exact opposé des sentiers battus de ce que l’on pourrait s’attendre avec un roman composé d’enquêteurs ou de policiers new-yorkais (genre scénario de NYPD Blue).

Un petit roman noir aux dialogues jouissifs, plaisant, amusant, avec du suspense, du mystère, un méchant des plus étrange, un roman qui m’a entrainé dans les bas-fonds de Manhattan, m’apprenant des tas de petites choses sur la ville, son Histoire et me faisant lever les yeux au ciel de bonheur devant les dialogues argotiques et d’une composition littéraire loin d’une symphonie de Mozart. Ici, ça cause mal.

Sa queue reposait sur ses burnes joufflues comme un clito grisâtre. Sa poitrine arborait un pauvre tatouage au nom de Regina, étiré par ses nichons poilus.

— Le premier jour où mon vieux père m’a cru assez malin pour me branler et mâcher du chewing-gum en même temps, voilà ce qu’il m’a dit. Il m’a dit : « Le truc avec le terrain, fils, c’est qu’on en fait plus. » […]

Mais putain, qu’est-ce que c’était bon !

— Tiens cette putain de porte, merde ! C’est comme essayer de botter les fesses d’un cochon à travers le chas d’une aiguille, ce truc !

Cerise sur le gâteau, ce roman fait partie des A.A ! Non, pas les Alcoolos Anonymes, bande de moules, mais c’est un Anglais qui parle de l’Amérique ! Double challenge et double emmerdements pour les deux taulières que sont Noctembule et Titine, tout ça avec un seul roman…

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), Le « Challenge US » chez Noctembule, « Ma Pedigree PAL – La PAL d’excellence » chez The Cannibal Lecteur et « A year in England » chez Titine.

Extinction : Matthew Mather [LC avec Stelphique]

Titre : Extinction

Auteur : Matthew Mather [Auteur Anglais]
Édition : Fleuve Éditions (Nov 2015)

Résumé :
À la veille de Noël, à New-York, Mike Mitchell s’apprête à passer un réveillon en famille et compte sur cette période de fête pour apaiser les tensions dans son couple.

Cependant ces projets vont être anéantis par une gigantesque tempête de neige qui s’abat soudain sur Manhattan et provoque un black-out total. Internet et les réseaux de communication ne fonctionnent plus, les infrastructures s’effondrent.

Le désastre gagne progressivement tous les secteurs d’activités, paralysés par cette coupure soudaine. Rumeurs d’attentats, de cyber-attaque, thèses du complot… On accuse les Russes, les Chinois, les Iraniens. La panne généralisée alimente la psychose, renforcée par l’apparition d’une épidémie mortelle qui affole la population.

Au milieu du chaos, Mike et ses voisins se retrouvent sans eau, sans chauffage, et bientôt sans nourriture…

Dans ce tombeau à ciel ouvert qu’est devenu New York, l’ordre a laissé la place à la loi du plus fort. Alors que la trahison guette à chaque instant, Mike va devoir livrer une lutte sans merci pour sa survie et celle de sa famille.

Critique (Stelphique en bas) : 
Riche idée que d’avoir commencé le roman au moment des fêtes puisque son récit commence quelques jours avant Noël.

Cette année, Petit Papa Noël a apporté des cyber-attaques, l’arrêt du Net, des coupures totales de courant, de l’eau, la disette, le repli sur soi, la crasse, la vermine, la paranoïa, l’animalité, un huis-clos et tout un gros tas de neige !

Bref, il nous a déposé, sous le sapin, un joli black-out !

— Qui est responsable d’Internet – cet outil dont nous sommes tous dépendants, aujourd’hui ?
— J’en sais rien – le gouvernement ?
— Eh bien non, figure-toi. Tout le monde s’en sert mais personne n’en est responsable.
— Ça effectivement, c’est la recette du désastre.

Avec un style simple qui fait mouche, des personnages sympathiques auxquels ont s’accroche et avec lesquels on sympathise vite, l’auteur nous narre la vie qui s’organise, tant bien que mal, dans un immeuble new-yorkais, avec ses amitiés, ses tensions, ses coups de putes… et sa solidarité.

Nous suivons la famille de Michaël et celle de Chuck, amis dans la vie, ainsi que de leurs quelques amis de l’immeuble qui tentent, vaille que vaille, de survivre dans une ville livrée à elle-même, une ville qui ne peut compter que sur elle-même puisque le pays tout entier est touché, le reste du monde aussi…

Cela m’a frappé de m’apercevoir que, dans mon esprit, les gens qui avaient débarqué à notre étage étaient devenus des « réfugiés ».

Les habitants crevant de faim et de froid, se laissent aller à leur animalité, à leurs peurs les plus primales et à leurs hypothèses les plus farfelues quand aux responsables de ce bordel sans nom.

— Si on doit aller mettre sur la figure de quelqu’un, c’est bien à ces Arabes enturbannés. Ils n’arrêtent pas de nous chercher des poux depuis qu’ils ont pris notre ambassade en otage, en 79.
— Parce qu’on avait renversé leur gouvernement élu démocratiquement pour installer un dictateur qui faisait régner la terreur, a observé Rory. Et puis, ce ne sont pas des Arabes, mais des Perses.

Sans en faire des tonnes, sans nous noyer dans des explications techniques ou scientifiques ou verser dans la surenchère, l’auteur nous torche un chouette roman dans lequel on se plait à être, tout en redoutant le jour où cette merde de cyber-attaque arriverait chez nous pour de vrai.

— Nous répugnons à prendre quelques risques à titre individuel, nous donnons au gouvernement le droit d’envahir notre vie. Nous sommes en train de renoncer à notre liberté, par simple trouille.

Pas de temps mort, j’ai eu froid et faim en même temps qu’eux, j’ai tremblé de peur pour eux, j’ai cogité en lisant les vérités distillées au fil du récit et ce fut un calvaire de devoir abandonner le récit durant 4 jours pour cause de fêtes !

— Il y a quelques années, on a découvert la présence de codes informatiques étrangers dans les systèmes de commande des centrales électriques, un peu partout aux États-Unis. Ces machins étaient spécifiquement conçus pour mettre notre réseau électrique hors service.
— Et… ? a lancé Chuck, l’air nullement impressionné. Que s’est-il passé ?
— Rien – à ce jour. Mais le problème, tu vois, c’est ta réaction. Qui est celle de tout le monde. Alors que si les Chinois venaient fixer des explosifs sur nos tours émettrices, toute la population de ce pays hurlerait au meurtre et prendrait les armes.

— Dans ce pays, chaque fois qu’on soupçonne le gouvernement de vouloir réglementer la vente de fusils d’assaut, les gens deviennent fous et hurlent au liberticide. Ces nouvelles lois donnent au gouvernement un droit de regard sur tout ce que tu fais, sans ton consentement – et personne n’ouvre la bouche ! Qu’est-ce qui définit la liberté ? Les libertés civiles, qui elles-mêmes reposent sur le respect de la vie privée. Si on foule ce respect aux pieds, c’est la fin des libertés civiles, et donc de la liberté tout court.

Un roman qui vous distille du suspense au compte-goutte pour mieux vous faire flipper en pensant à « Et si tout ça n’était pas que de la fiction ?? » mais de l’anticipation… Moi, ça me fout la trouille encore plus !

— Je suis d’accord. Par peur du terrorisme, nous avons accepté que le gouvernement collecte des informations personnelles, surveille nos faits et gestes, mette des caméras partout.
— Mais si tu ne fais rien de mal, tu n’as rien à craindre, ai-je souligné. Moi, ça m’est égal de renoncer à un peu de liberté en échange d’une meilleure sécurité.
— C’est là que tu te plantes. Tu as toutes les raisons d’avoir peur. Où vont-elles, ces informations ?

J’vous laisse, je vais constituer des stocks de bouffe dans ma cave !

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), Le « Challenge US » chez Noctembule et A year in England » chez Titine.

Pourquoi je l’ai choisi (Par Stelphique) :
On ne pouvait vraiment pas passer à coté de ce thriller de fin d’année, surtout après être passé sur les blogopotes, ici et …On a pas pu résister à a tentation avec ma binômette pour faire une LC….

Synopsis :
Alors qu’une gigantesque tempête de neige s’abat sur Manhattan, Internet s’effondre, entraînant dans sa chute les infrastructures municipales : l’électricité, l’eau courante… Le black-out est total, les vivres viennent à manquer. Dehors, c’est la loi de la jungle, entre pillages et épidémies. On accuse les Chinois, les cyberpirates. La faim, le froid, la soif guettent à chaque corner – mais l’ennemi le plus redoutable partage sans doute votre palier…

Dans la résidence de Chelsea ou, hier encore, les voisins se pressaient joyeusement autour d’un barbecue, confiance et solidarité s’érodent peu à peu. Mike Mitchell, jeune père et ingénieur aisé, sait que la menace peut surgir de partout. Aucune barricade ne peut garantir contre la trahison, l’égoïsme, la paranoïa… Sa vie, celle de sa femme et de son fils ne dépendent que de son jugement. À mesure que la communauté se disloque, l’extinction opère son effroyable sélection naturelle…

Les personnages :
Mike est un homme, un vrai, avec ses failles et un courage à toute épreuve! Il a la force de ne pas tomber dans des travers irréversibles, ce n’est certes pas un meneur, mais un personnage des plus intéressant à suivre ! Un petit coup de cœur donc pour ce personnage !

Chuck, il m’a régalée avec toutes ses « théories du complot » qu’il voit un peu partout, sa façon de protéger sa famille et ses proches.

Damon, je ne vois pourquoi un tel choix de prénom, je l’aurai plutôt appelé Angel, moi, à mon avis!!!!!Trop fort ce gamin!!!!;)

Ce que j’ai ressenti : Un thriller glaçant !!!!!

« Seul face à ce vide intersidéral, j’ai senti combien mon existence se réduisait à un point infinitésimal, flottant dans l’univers. »

Je crois qu’il est des livres qui nous marque plus que d’autres, des aventures qui nous emmène plus loin qu’au bout des pages, des thrillers qui nous effraie plus que de raison !!!! Celui ci en fait partie! Non seulement Extinction est une réussite, mais il m’a vraiment remuer les tripes et les méninges !!!

« Celui qui veut voir ce que réserve l’avenir n’a qu’à se tourner vers le passé. »

Matthew Mather a eu le talent de créer une ambiance hors du temps, un scénario plausible, une catastrophe toute contemporaine. Mêler effondrement d’Internet et tempête de neige, vont emmener une multitude de faits et conséquences irrémédiables qui fait froid dans le dos, et ça ne sera pas uniquement à cause de la neige !!!!!

On est saisi jusqu’à la moelle, tant ses enchainements sonnent justes et sont plutôt horrible à voir… Plus qu’un roman post apocalyptique, je lui ai trouvé des airs d’avant-gardisme, je suis presque certaine que cette ère nous pend au nez si jamais on continue sur cette voie là…..

« Protéger notre liberté est un travail de chaque jour, et cela commence par la protection de nos données personnelles sur Internet – qui est, elle, de notre responsabilité. Si on suspend notre vigilance, petit à petit, on perdra toutes les libertés pour lesquelles nos ancêtres ont combattu. »

wpid-wp-1428578175280L’auteur nous apporte un roman humain, réaliste, mais aussi intellectuel. Cette lecture tridimensionnelle tient toutes ses promesses jusqu’au bout! J’ai aimé que ça ne reste pas linéaire, on a autant d’émotions, qu’un avant goût de l’apocalypse moderne, avec des théories qui emmène à diverses réflexions profondes.

L’enfer blanc de ce New York était terriblement effrayant, délicieusement paranoïaque, incontestablement violent, irrémédiablement humain avec tout ce que ça comporte d’horreurs et de valeurs qui nous caractérisent. Sur la couverture , on peut y lire: « Les situations les plus extrêmes révèlent nos pires instincts » : ouais, c’est peu de le dire!!!!

Je ne pouvais pas lâcher ce livre…. Impossible!!!J’ai été téléportée dans ce couloir au sixième étage, je vivais au milieu de ses habitants, j’étais rongée par le froid, la faim, la soif, l’angoisse…En plus, les dates coïncidaient, cela à donc rajouter à cet effet de mise en situation, même si je n’aimerai pour rien au monde connaitre un Noel pareil !!!!

Vivre au jour le jour, le calvaire de Mike, nous entraine sur la pente, très descendante , des pires scénarios, où peur et ignorance s’emmêlent, où  froid et catastrophe s’imbrique à la perfection, où l’humain se révèle bien plus animal qu’on ne le soupçonnerait sur une si courte période….

« Il faisait un froid de gueux. « 

En  bref, c’est sans surprise, mais encore secouée par tous ses rebondissements, que j’annonce encore un coup de cœur 2015 à quelques jours de cette fin d’année!!!!Heureusement que nous ne sommes pas passé à coté de cette lecture avec ma chère binômette !!!!!

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 10/10

BILAN - LC réussie - OK

Extinction : Matthew Mather [LC – Impressions de lecture 2/2]

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Impressions du Cannibal Lecteur (page 1 à 200) : Et si jamais ça arrivait ?? J’ai peur !
Extinction des feux, de électricité, du Net, mais pas de mon plaisir. Et puis ♫ Tombe la neige, impassible manège ♪. Lire ce roman pile au bon moment – les fêtes de Noël et de fin d’année – ajoute des frissons de froid à ma trouille.

Impressions de Stelphique (page 1 à 200) :  Électrisée….
Si nos personnages sont privés d’électricité, moi, en revanche je suis branchée en survoltage avec cette lecture !!!! C’est un drôle de Noël sous la neige….Voilà transie de froid et de trouille, j’ai d’autant plus apprécié ce moment que les dates correspondent !!!!!! 😉

Impressions de lecture du Cannibal Lecteur (pages 201 à fin) : Ça me démange de partout !!
Suite au black-out de tout, j’ai chopé des puces, des poux, des morbacs, ils me bouffent comme je bouffe le roman et ça me démange de partout, comme ça me démangeait de terminer le roman tellement le suspense était prenant ! À cause des fêtes, un répit dans la lecture avait été contraint et forcé… Quelle torture ce fut de devoir abandonner le roman pour 4 jours !

Impressions de Stelphique (pages 200 à fin) : Soufflée…
Non, pas soufflée par le vent glacial, mais bien par le talent de cet auteur !!!! Un roman saisissant et parfaitement maitrisé entre réalité et projection catastrophique dans un futur probable…. Très efficace !!!!

Extinction : Matthew Mather [LC avec Stelphique – Intro]

Deux filles (qui a lu 2 folles ???!!! Hein ???!!!), parlent , parlent,et vous inondent depuis un moment avec nos LC déchainées et survoltées….Et là, la commande c’était Extinction….

What ???

Extinction ? Mais de quoi ? Des feux ? Si c’est l’extinction de la série « Les Feux de l’Amour », je ne verserai pas une seule larme…

Extinction de la race ? On s’est fait niquer notre race ? Extinction de voix ? Ça ferait des vacances à tout le monde si on la fermait un peu, non ??

Extinction de quoi ? Des filles ??? Bande de misogynes… Sans femmes, faudra vous le faire tout seuls et pas sûr que vous y arriviez (hormis si vous vous faites enlever deux côtes ou si vous en avec une grande).

Extinction de voix ? Mais quoi, on chante trop bien avec ma binôme !!!! 😉

Extinction des feux ? Ben nous, on adore faire la fête alors c’est pas un problème !!!!

Extinction nous révèlera bientôt tous ses secrets, et on se fera plaisir de vous les délivrer avec nos deux avis toujours aussi tranchés et plein d’humour…

Les assassins : R.J. Ellory

Titre : Les assassins                                                                    big_4

Auteur : R.J. Ellory
Édition : Sonatine (2015)

Résumé :

Sur dix-huit mille assassinats par an aux États-Unis, seulement deux cents sont le fait de tueurs en série. Aussi les forces de police ne privilégient-elles que rarement la piste du serial killer.

Lorsque quatre homicides sont commis en quinze jours à New York, selon des modes opératoires complètement différents, personne ne songe à faire un lien entre eux.

Personne, sauf John Costello. Documentaliste au City Herald, et véritable encyclopédie vivante des serial killers, celui-ci découvre en effet que les quatre meurtres ont été commis à la date anniversaire d’un meurtre ancien, œuvre à chaque fois d’un tueur en série célèbre, selon des procédures rigoureusement identiques jusque dans les moindres détails.

Y aurait-il dans la ville un serial killer qui s’inspire de ses prédécesseurs et leur rend ainsi un funèbre hommage?

En compagnie de Karen Langley, une journaliste du City Herald, et de Ray Irving, détective du NYPD, John va se livrer à la traque de cet assassin très particulier, à l’intelligence aussi fulgurante que morbide et à la virtuosité impressionnante.

Petit Plus : Bouleversant tous les clichés de rigueur, R.J. Ellory transfigure ici totalement le genre du roman de serial killer, dont on pensait pourtant avoir fait le tour, en lui insufflant un souffle complètement nouveau, comme seuls les très grands écrivains savent le faire.

Revenant sur les plus grandes figures des tueurs qui ont marqué les États-Unis, de Ted Bundy au fameux Zodiac, il poursuit son exploration du mal américain, interrogeant cette fois notre fascination pour les monstres.

Avec le formidable sens de l’intrigue, des personnages, du suspense et le pouvoir d’émotion qu’on lui connaît, il nous donne ainsi le roman définitif sur le sujet.

Critique : 
Avec R.J Ellory, c’est une grande histoire d’amour à sens unique : dès qu’un de ses romans sort, je l’achète, tandis que lui ne donnerait pas un kopeck pour mes bafouilles. Mdr

En voyant le résumé du roman, je m’étais dit « Chouette, une histoire de serial-killer » tout en me demandant ce qu’on pouvait raconter de neuf sur les céréales killer…

Que ceux qui ne l’ont pas acheté parce qu’ils ont soupiré sur le fait que ça parlait encore de serial killer, aillent de suite réparer cette injustice car se serait faire insulte au talent de l’auteur en pensant qu’il ne concerne que ÇA.

Oui, on cause de tueurs en série, mais non, ce n’est pas que ÇA ! Il y a du récit tout autour et de la profondeur dans les personnages qui gravitent autour des reconstitutions des meurtriers tristement célèbres.

Ils étaient là parce que des gens avaient été brutalement et sadiquement assassinés. Ils étaient là parce que quelqu’un s’était donné pour mission de débarrasser la planète des êtres qu’il jugeait indignes de la peupler. Folie, inhumanité, absence totale de pitié, de compassion ou de scrupule.

Oui, il y a une histoire dans l’Histoire, des personnages forts et d’autres blessés au plus profond de leur être.

Véritable mini bible du crime, ce roman m’a entrainé dans Big Apple, au milieu d’un poste de police où l’inspecteur principal Irving est bien embêté avec ces crimes commémorant les dates anniversaire des crimes commis par des tueurs en série.

Ici, nous avons la crème du crime ! De l’Ice Crime véritable… Le Commémorateur, tout comme l’auteur, a potassé son sujet, on sent qu’il en connait un bout et qu’il pourrait faire notre bonheur au prochain repas de famille…

Attention, bien que nous donnant des détails sur certains meurtres, l’auteur n’en rajoute pas non plus au point de nous dégouter, non, il le fait avec parcimonie, juste pour nous instruire sans nous abrutir d’infos.

L’enquête va à son aise, il n’est point aisé de retrouver un serial killer dans la Grosse Pomme, surtout un gars aussi fin que celui auquel l’inspecteur Ray Irving est confronté.

Ceux qui gravitaient autour – les représentants du cabinet du maire, les attachés de presse, voire les agences fédérales – voulaient l’assassin, mais pas le travail. Il y avait la police pour ça. Les impôts servaient à payer la police. La police savait toujours exactement quoi faire, et elle le faisait.

Irving n’est pas épaulé non plus : entre la réélection du maire pour bientôt, les vagues qu’il ne faut pas faire, la populace qu’il ne faut point effrayer, la journaliste Karen Langley du City Herald qui materne John Costello, son enquêteur un peu étrange qui connait tout sur les céréales killer – au point qu’on pourrait le renommer Wiki ou Google – on peut dire que notre inspecteur mériterait bien une médaille, quand bien même si la pêche au gros tueur ne donnait rien.

— Vous comprendrez bien que je ne suis pas totalement convaincu…
— Convaincu de quoi ? Que quelqu’un puisse connaître les tueurs en série comme d’autres les joueurs de base-ball ou les équipes de football ? Si je vous avais dit que je connaissais le score de tous les matchs des Giants depuis vingt ans, et les noms des joueurs, et leurs moyennes…

L’écriture est un délice, la tension est bien dosée, l’horreur prête à nous jaillir dessus, le couteau aussi, les pages sont remplies de noms de types avec lesquels vous n’auriez pas envie de manger, le Diable non plus et je me suis délectée de chaque morceau de mot, de chaque éclat de dialogue, de toutes les éclaboussures d’encre, la plume étant trempée dans un mélange d’hémoglobine.

« Si tu cherches le diable, tu trouveras tous les diables du monde dans un seul homme ».

— Vous ne pouvez pas rationaliser l’irrationnel. Nous ne sommes pas en train de parler de gens qui suivent les chemins convenus de la réflexion et de l’action, mais d’individus qui ont abandonné depuis longtemps tout ce qui passe pour la normalité.

Bémol ? Oui, le roman est fini et son final aurait peut-être mérité un peu plus de travail ou de finesse parce que j’ai vu venir le brol de loin. Nom de Dieu, inspecteur Irving, où aviez-vous donc la tête ??

Ce petit bémol n’entachera pas mon enthousiasme né de cette lecture.

Un super grand roman de l’auteur, comme je commence à en avoir l’habitude.

Comme quoi, on peut écrire sur des sujets rabâchés et faire du neuf avec du très très vieux, sans tomber dans l’abîme de la facilité.

Nietzsche disait que quiconque se battait contre des monstres devait prendre garde à ne pas en devenir un lui-même. Il disait que celui qui scrutait trop longtemps l’abîme était aussi scruté par l’abîme.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), Le « Challenge US » chez Noctembule«  et A year in England » chez Titine.BILAN - Minion femme ménage - dépoussière - OK

La Mouche du coche : Donald Westlake

Titre : La Mouche du coche                                      big_4

Auteur : Donald Westlake
Édition : Payot et Rivages (2004) pour la nouvelle traduction intégral
Première publication : The Busy Body (1966)
Publié en français sous : Les Cordons du poêle – Série noire n°1068 (1966)

Résumé :
Aloysius Eugene Engel est entré dans la mafia pour suivre les traces de son père et en révolte contre sa mère qui voulait lui faire faire des études.

Par accident, il est devenu le bras droit du caïd Nick Rovito. Ce qui implique des besognes souvent terre à terre, comme porter le cercueil d’un collègue nommé Charlie.

Mais la journée n’est pas finie que Nick ordonne à Aloysius d’aller déterrer Charlie. En effet, ce dernier a été enseveli avec sa veste bleue, dont les coutures regorgent… d’héroïne !

Violer un cimetière en pleine nuit n’est pas une partie de plaisir. D’autant plus que le cercueil est vide et que le cadavre s’est envolé…

Petit Plus : Publié à la Série noire sous le titre Les cordons du poêle dans une version tronquée, ce cocktail d’action et d’humour est aujourd’hui disponible dans une traduction révisée et complétée.

Critique : 
Lire un Westlake est toujours un plaisir, même si ce n’est pas un avec le cambrioleur malchanceux Dortmunder.

New-York, années 60. Nous voici dans une Organisation qui a tout de la Mafia…

Alyosius Engel est devenu le bras droit du patron de l’organisation, Nick Rovito. C’est un peu par accident qu’Al est devenu le bras droit parce qu’il a tout du bras gauche.

Voilà que notre pauvre Al est chargé par son boss d’aller déterrer le corps d’un membre de l’organisation, Charlie Brody. Pourquoi ? Parce que ce passeur a été enterré dans son complet bleu, celui dont les doublures contiennent pour 250.000$ de Blanche !

Pas de bol, le cercueil est vide ! Plus de corps, plus de complet, plus de Blanche et les emmerdes vont commencer pour ce pauvre Al qui va avoir des journées fort chargées !

Si vous aimez l’humour noir et les situations cocasses, ce roman est fait pour vous car Al Engel a tout d’un Dortmunder : il ne tue pas, il lui arrive des tas de trucs, il se retrouve dans des situations qu’il n’a pas voulu et à l’impression que tout va de travers.

Il a beau être un truand, Al est un personnage que l’on aime d’entrée de jeu. Le pauvre, il a été un peu trop étouffé par sa mère, limite castratrice et s’il a tout fait pour entrer dans l’Organisation, c’était pour faire plaisir à son père et aller contre sa mère. Maintenant, la voilà toute fière que son gamin soit un homme important de l’Organisation.

Al Engel a beau n’avoir rien d’un Sherlock Holmes lorsqu’il mène son enquête sur le cercueil vide, il arrivera tout de même à remonter la piste du cadavre et du gros soucis qui lui est tombé dessus en prime.

La plume de Westlake fait mouche, une fois de plus, nous donnant des petits traits d’humour durant le déroulement du récit et nous proposant des personnages bien campés.

De plus, c’est une version non caviardée que nous propose Payot & Rivages, au contraire de la version de la Série Noire qui était tronquée (et parue sous le titre de « Les cordons du poêle »).

Tout ça pour vous dire que c’était un pur moment de jouissance littéraire. Comme toujours avec Westlake.

La minute de culture : Autrefois, tenir les cordons du poêle, c’était tenir les cordons reliés au drap funéraire qui recouvrait le cercueil. Car le « poêle », entre autres significations, désigne aussi le drap mortuaire ou la grande pièce de tissu noir ou blanc dont on couvrait le cercueil pendant les cérémonies funèbres. Il disposait auparavant de cordons généralement cousus aux coins et sur les bords, cordons qui, alors que le cercueil était amené à l’autel pour la cérémonie funèbre, étaient tenus par des proches ou membres de la famille, ou des personnes de haut rang, selon le défunt.

Aujourd’hui, même si on ne tient plus les cordons, on dit toujours de ceux qui marchent près du cercueil qu’ils tiennent les cordons du poêle.

La mouche du coche désigne quelqu’un qui s’agite beaucoup sans rendre de réels services ou qui est empressé inutilement.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et « Le Mois Américain » chez Titine.

CHALLENGE - Thrillers et polars 2015-2016 CHALLENGE - Mois Américain Septembre 2014