L’île du Diable – Inspectrice Sarah Geringën 03 : Nicolas Beuglet

Titre : L’île du Diable – Inspectrice Sarah Geringën 03

Auteur : Nicolas Beuglet
Édition : XO Thriller (19/09/2020) / Pocket Thriller (03/09/2020)

Résumé :
Où, après l’affaire du Vatican qui l’a menée en prison, Sarah Geringën, l’inspectrice norvégienne, ancienne des forces spéciales, se retrouve confrontée à un meurtre qui va l’ébranler au plus profond de son être, réveillant la douleur d’un passé aux multiples zones d’ombre.

Critique :
Sarah Geringën est de retour en mode warrior.

À peine sortie de prison où elle était détenue alors qu’innocente, notre inspectrice pas tout à fait réintégrée dans la police doit enquêter sur un meurtre horriblement dégueulasse, le tout en stoemelings (prononcer stoumelinnks), comme on dit à Bruxelles (en cachette).

Pas le temps de s’arrêter pour boire un café, lorsqu’on plonge dans ce roman mettant en scène notre inspectrice toujours aussi pressée et qui voudrait avoir les résultats avant de les demander, qui ne laisse pas toujours les autre s’exprimer, qui est têtue comme une mule et qui commençait à me courir sur le haricot avec son sentiment de culpabilité dont elle n’avait aucun souvenir.

Le problème avec les roman qui pulsent et qui ne font que 300 pages, c’est qu’ils laissent peu de place pour le développement des nouveaux personnages introduits dans ce dernier opus de la trilogie.

De plus, après un an d’emprisonnement, Sarah Geringën n’a aucun soucis à revenir dans la vie civile, comme si cette peine de prison, alors qu’elle était innocente, ne lui a pas porté préjudice. Soit elle est très forte, soit elle cache toujours bien son jeu, comme elle le fait souvent.

Après une enquête menée à toute vitesse, sans temps mort, après toutes les baffes que l’on se prend dans la gueule, l’auteur revient à du plus calme sur la fin, afin de reposer son lecteur, le mettre en confiance, juste avant de lui refoutre une claque magistrale.

Dans ce roman, des claques, j’en ai prise quelques unes ! Je vais porter plainte, tiens, parce que je me suis encore faite avoir et que j’ai rien vu. J’en ai pris aussi dans les références à la fin du roman : moi qui pensais avoir pris des claques avec de la fiction et bien non, les claques étaient véridiques.

Si le précédent opus, Complot, développait des thématiques très fortes, celui-ci s’en éloigne sans toutefois se contenter d’un crime banal ou de thématiques sans forces. Ce qui est soulevé dans ce roman est costaud, à la limite de la nausée et le pire, c’est que c’est vrai et que nous n’en savions rien.

Par contre, si le final est un peu plus calme, il me reste toujours des questions sans réponses, notamment sur le financement de la base, sur l’engagement du personnel et sur ce qu’il advient de cette base perdue après tout ça : elle est toujours là ou pas ? Bref, quelques pages d’explications en plus n’auraient pas été du luxe.

Malgré mes quelques petits bémols, ce thriller reste addictif et il est difficile de le lâcher tant l’auteur réussi à captiver son lecteur dès les premières lignes. Dans ce thriller, il y a des émotions, de la profondeur, de la nausée pour certains faits Historiques, de la science sans conscience, de la folie humaine, le tout mis en scène d’une manière précise, le tout taillé au scalpel pour éviter le superflu.

Un peu de superflu aurait été intéressant afin d’étoffer un peu certains portraits, certaines situations, certaines théories et avoir le fin mot de l’histoire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°120].

C’est arrivé la nuit : Marc Levy

Titre :9 – Tome 1 – C’est arrivé la nuit

Auteur : Marc Levy
Édition : Robert Laffont Versilio (29/09/2020)

Résumé :
Ils sont hors-la-loi. Mais ils œuvrent pour le bien
Ils sont amis et partagent leurs secrets
Pourtant ils ne se sont jamais rencontrés
Jusqu’au jour où…

C’est arrivé la nuit. Le premier tome de la série 9.

Critique :
Voilà, je l’ai enfin fait… Pourtant, j’avais juré que jamais de ma vie je ne ferais ça…

Pourquoi ? Parce que ce genre de truc ne me tentais absolument pas (j’étais même réfractaire) et que je laissais ça à ceux ou celles qui aimaient ce genre de chose. Moi c’était niet dans toutes les langues.

Mais maintenant, j’appartiens à ceux et celles qui ont franchi le pas. Et je suis contente d’avoir essayé. Même pas eu mal, tiens.

Hein ? What did you expect ? Mais enfin, bande d’obsédés, je ne parle pas de pratiques textuelles consistant à passer par la sortie ! Je parle d’avoir lu pour la première fois de ma vie un Marc Levy ! Non, je n’avais rien contre l’auteur, juste pas intéressée par le genre littéraire dans lequel il sévissait.

Mais un techo thriller qui parle de hacking et de scandales dévoilés par des lanceurs d’alertes qui naviguent dans l’illégalité tout en risquant plus que les criminels en cols blancs, moi, je demandais à voir. Ayant appris que l’auteur avait bossé dans la vallée de la Silicone, aux premières minutes de l’Internet, j’étais encore plus tentée.

Comme devant une piscine remplie d’eau froide, j’y suis allée doucement, trempant mon gros orteil pour tester si entre nous ça allait matcher et l’auteur m’a poussé dedans d’un grand coup d’épaule. Allez hop, à la la flotte !

Verdict ? Conquise de cette nage en eaux troubles ! Ce thriller est hyper addictif, il se lit tout seul, mais donne des sueurs froides. Je connaissais certains scandales de par mes lectures du « Canard Enchaîné » mais j’en ai découvert des autres qui font tout aussi froid dans le dos…

Surtout que les lanceurs d’alerte risquent beaucoup plus que les criminels qui augmentent le prix de l’insuline (ou autre médocs indispensables), qui manipulent des gens pour faire sortir un pays de l’Union Européenne ou de Fesse De Bouc qui collecte nos données et s’en fait des en or.

D’ailleurs, après avoir lu ce roman et s’être attaché aux différents personnages que composent ce Groupe 9, on a une envie folle de se tenir loin des réseaux sociaux !

On est manipulé non stop et le pire, c’est qu’on plonge car on nous demande de réagir de suite, sans avoir le temps de vérifier les infos ou de se poser pour analyser à tête reposée les infos que l’on vient de lire.

Avant de partager ou de s’offusquer et de lyncher à tour de bras, la plupart des utilisateurs des réseaux sociaux devraient tourner 7 fois leur clavier avant de poster une réponse incendiaire. Des vies peuvent être détruite à tout jamais pour rien.

Mon léger bémol sera pour le fait que l’on n’a pas toujours le temps de bien s’imprégner des différents personnages que compose ce Groupe 9. On nous apprend l’essentiel, le strict minimum.

Cela ne m’a pas empêché de m’attacher à ces Grey Hat (des hackeurs qui agissent avec éthique ou pas, tout dépend) qui se battent dans l’ombre afin de dénoncer des scandales alors qu’ils risquent beaucoup, eux.

Un techno thriller addictif, des personnages attachants, sympathiques, le genre de groupe qui ressemble à des Avengers dont les pouvoirs magiques sont concentrés dans leurs doigts qui pianotent des claviers de PC afin de jouer les Robin des Bois dans ce Monde gouverné par le pouvoir et l’argent.

Une série que je ne manquerai pas de suivre (mais ne me demandez pas de lire les autres romans de l’auteur, ils ne sont pas pour moi) et que je conseille de lire.

Mais après, éteignez votre PC, votre smartphone, vos réseaux sociaux et reprenez une vie normale ! FB sait plus de choses sur vous que votre conjoint ou vos parents et FB a plus de données sur vous que la C.I.A et le F.B.I réunis. Sans compter qu’il s’en fait des « kloten en or » sur votre dos en revendant vos données. Je ne vous parle même pas des sondages débiles qui n’ont pour but que de mieux vous cibler…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°116].

Vinland Saga – Tome 23 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 23

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition originale :Vinland Saga, book 23 (2019)
Traduction : Xavière Daumarie
Édition : Kurokawa Seinen (09/08/2020)

Résumé :
La guerre de succession des Jomsvikings s’est achevée. Thorfinn et sa troupe s’apprêtent à repartir vers Miklagard, étape indispensable pour financer leur voyage vers le Vinland.

De son côté, Sigurd, le mari de Gudrid venu jusqu’à Jomsborg pour la retrouver, s’apprête à rentrer en Islande. Gudrid a promis qu’elle rentrerait avec lui.

De son retour dépend l’honneur de Sigurd. Pourtant, après avoir été au cœur d’une guerre sanglante, Sigurd a des doutes.

Gudrid et lui doivent-ils vraiment vivre l’existence que Halfdan, le père de Sigurd, a choisie pour eux ?

Critique :
QUOI ?? C’est fini ?? Plus de Vinland Saga après ce tome ?? Merde alors, je n’ai pas vu venir le coup…

Ou alors le tome suivant sera consacré au voyage vers le Vinland ? Parce que si tout se termine ici, on ne saura jamais si Thorfinn arrivera à réaliser son havre de paix ailleurs.

Ce tome 23 commence avec Sigurd, un personnage que je n’aimais pas au début, que je trouvais trop violent, trop irréfléchi et qui, au fil des tomes, va changer et nous montrer un autre visage, celui d’un homme qui a besoin avant tout de s’affranchir de son père.

Leur combat sera rocambolesque, les combats avec des chaînes, façon chevalier Andromède, étant un peu trop irréaliste que pour être vrai, mais ce n’est pas ça le plus important dans ce combat, c’est ce qui se passe ensuite.

De son côté, Thorfinn est revenu en Islande, dans son village, retrouver sa soeur, après son voyage à Miklagard (Byzance/Constantinople/Istanbul) où il a réussi à trouver de l’argent pour financer son voyage au Vinland.

Cette partie est un peu plus calme, hormis le retour où sa sœur pique une crise et où Gudrid a peur de croiser son ancien futur beau-père.

Si c’est le dernier tome, c’est dommage, car j’aurais aimé suivre Thorfinn et les siens s’installant au Vinland car c’est tout de même le but premier.

Mais si on doit en rester là, je retiendrai que sous ses abords de manga violent comportant bien des combats de vikings, c’est en fait une oeuvre humaniste qui nous parle de paix, de l’inutilité des combats et que devenir pacifiste est plus belle cause que de devenir un grand guerrier.

Thorfinn était une boule de violence, une graine d’assassin, un garçon qui allait mal finir et il a réussi à renverser la vapeur et à changer de tout au tout. Un beau personnage et le voir grandir et s’affranchir de tout ce que Askelad lui avait appris pour tuer était la plus belle victoire qu’il pouvait prendre sur ce guerrier.

Le manga comporte une autre histoire, se déroulant au Japon et intitulée « Bientôt viendra le temps des adieux ». Le dessin de Makoto Yukimura n’est pas encore aussi aboutit mais l’histoire raconte déjà l’inutilité des guerres entre l’empereur et le shogun.

Vinland saga, je l’ai découverte pas hasard, à la biblio, mais je ne regrette pas de l’avoir suivie, surtout qu’en commençant après tout le monde, je n’ai dû attendre que pour les tomes 21/22 et 23.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°101].

Vinland Saga – Tome 22 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 22

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura
Édition originale : Vinland Saga, book 22 (2018)
Traduction : Xavière Daumarie
Édition : Kurokawa Seinen (05/12/2019)

Résumé :
Malgré les nombreux assauts des forces alliées de Thorkell, la forteresse de Jomsborg reste imprenable.

Grâce à un passage secret, Thorfinn est parvenu à s’y infiltrer pour libérer Gudrid, retenue en otage par Floki. Mais il se retrouve face à l’enthousiaste Garm, bien décidé à avoir son duel à mort.

Forcé au combat, Thorfinn va-t-il devoir renoncer à son serment et tuer à nouveau, sous le regard accusateur de Hild ?

De son côté, Sigurd, qui a suivi Thorfinn dans la forteresse pour récupérer sa femme, se retrouve au centre du combat lorsqu’il prend Baldur en otage en force les Jomsvikings à ouvrir la porte de la forteresse pour laisser entrer l’armée de Thorkell…

Critique :
Et voilà, j’avais oublié de suivre les sorties et j’en avais loupé deux… Alors que le tome 21 m’avait laissé dans un suspense de fou.

Bon, ce n’est pas encore cette fois-ci que notre Thorfinn arrivera au Vinland…

Je vais finir par croire que tel Moïse, il n’arrivera jamais dans la Terre promise car son auteur et père littéraire veut ajouter des tomes.

Quand on a de la qualité scénaristique, je ne vais pas trop me plaindre.

On avait laissé Thorfinn aux prises avec Garm, l’espèce de dégénéré de la lance, le tueur fou, l’azimuté du cerveau, qui voulait absolument un combat à mort avec Thorfinn puisque pour Garm, le gagnant est celui qui survit au combat (parce qu’il a tué son adversaire).

Hors pour Thorfinn, c’est celui qui survit et qui ne tue pas son adversaire qui gagne… Notre gamin devenu adulte a compris que la vie avait un prix et que la gaspiller en combats vains et inutiles était totalement puéril.

Le paradis promis n’existe pas et l’auteur nous l’illustrera magnifiquement bien avec un guerrier qui meurt heureux, persuadé d’entrer au Valhalla et qui ne voit que du noir car il n’y a rien qui l’attend après un valeureux combat et une mort les armes à la main.

On a assez bien de cases remplies d’action et de combats puisqu’en plus des acrobaties de notre Thorfinn qui essaie de gagner le combat contre Garm sans le tuer, on a aussi la forteresse de Jomsborg qui ploie sous l’assaut des guerriers de Thorkell.

Serait-ce la fin des Jomsvikings ? Floki, le chef, va-t-il plier le genou devant la montagne de muscle qu’est le puissant guerrier Thorkell (qui me fait toujours rire) ?

Bon, là, faut avouer que le mangaka abuse un peu de la force herculéenne de Thorkell, mais le personnage est ainsi depuis le début et malgré les incohérences, il est drôle, faut bien l’avouer.

Malgré les scènes de combats et de violences, certains personnages principaux ou secondaires font preuve de clairvoyance (Baldur, Sigurd, des guerriers des camps ennemis et même Garm dont on découvre un peu de son passé) et l’auteur nous livre de grands moments de profondeur en nous démontrant l’absurdité de ce combat.

Merci à Gudrid de nous faire relâcher un peu la tension sur le final.

Une fois de plus, c’est un tome de transition avant le grand départ vers le Vinland (j’espère), un pas de plus pour Thorfinn pour abandonner ce que l’on veut qu’il soit, pour prendre le pouvoir avant de le laisser, tout en essayant d’instaurer la paix entre les peuples et de respecter l’engagement qu’il a pris de ne plus prendre de vie.

Anybref, un excellent tome de transition sur l’absurdité des guerres. Même si nous le savions déjà, ça fait toujours du bien de nous le rappeler.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°97].

Sacrées sorcières : Roald Dahl

Titre : Sacrées sorcières

Auteur : Roald Dahl
Édition : Folio Junior (1997/2011/2013/2016)
Édition Originale : The Witches
Traduction : Marie-Raymond Farré

Résumé :
Ce livre n’est pas un conte de fées, mais une histoire de vraies sorcières. Vous n’y trouverez ni stupides chapeaux noirs, ni balais volants.

La vérité est beaucoup plus épouvantable. Les vraies sorcières sont habillées de façon ordinaire. En fait, elles ressemblent à n’importe qui.

Il faut savoir qu’une sorcière peut très bien être votre voisine ou la meilleure amie de votre mère et si on ajoute à cela qu’elle passe son temps à dresser les plans les plus démoniaques pour attirer les enfants dans ses filets, il y a de quoi se méfier et vous comprenez pourquoi ce livre vous est indispensable !

Critique :
Une fois de plus, c’est à cause de La Grande Librairie que j’ai eu envie de découvrir cette lecture jeunesse, suite à la venue sur le plateau de Pénélope Bagieu qui présentait ce livre qu’elle avait mis en bande dessinée.

N’étant pas hermétique à la littérature jeunesse et apprenant que Roald Dahl était un maître dans ce domaine là, je me suis dis « pourquoi pas ».

Mais que j’ai eu raison ! Mille fois raison, même, de lire ce livre jeunesse bourré d’humour, de tendresse, d’aventure, d’action, de frisson et d’un style d’écriture qui donne envie de lire (même si chez moi, il n’a jamais trop fallu me pousser à lire mais plutôt me freiner).

Quelle riche idée que d’avoir ôté aux sorcières leurs balais, leurs chapeaux pointus et leurs nez crochus et d’en avoir fait des gens comme vous et moi, presque… Presque ?

Oui, ici, les sorcières n’ont rien à voir avec la sympathique Hermione Granger, même si, de prime abord, on ne les distingue pas. Ne vous inquiétez pas, mamy va vous expliquer comment on peut les reconnaître car ces furieuses femmes pourraient être votre voisine, votre cheffe de bureau, la représentante qui sonne à votre porte.

Le jeune héros, sans nom, commence mal dans la vie puisqu’il perd ses parents et part vivre chez sa grand-mère en Norvège, avant de revenir en Angleterre pour les vacances.

Les moments de complicité entre la grand-mère et l’enfant sont très touchants et notre jeune ami est un garçon débrouillard, bien dans sa tête, intrépide et avec une bonne dose d’intelligence et de maturité.

Sous le couvert de son aventure, l’auteur aborde des sujets assez tabous face à des enfants : la mort et les parents indignes. Sans oublier le fait qu’il ne faut pas faire confiance aux adultes que l’on ne connait pas.

Le tout est jubilatoire ! Ça se lit vite, trop vite et une fois la dernière page tournée, on se retrouve orphelin(ne) des personnages alors qu’on aurait adoré continuer à vivre des aventures avec eux.

Une très belle découverte, comme quoi, malgré les tonnes de livres lus, on a la certitude qu’il nous en reste encore des tonnes d’autres généralissimes à lire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°255, Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°15] et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

 

Inspectrice Sarah Geringën – Tome 2 – Complot : Nicolas Beuglet

Titre : Inspectrice Sarah Geringën – Tome 2 – Complot

Auteur : Nicolas Beuglet
Édition : XO Thriller (16/05/2018) / Pocket Thriller (13/06/2019)

Résumé :
Un archipel isolé au nord de la Norvège, battu par les vents. Et, au bord de la falaise, le corps nu et martyrisé d’une femme. Les blessures qui déchirent sa chair semblent être autant de symboles mystérieux.

Quand l’inspectrice Sarah Geringën, escortée par les forces spéciales, apprend l’identité de la victime, c’est le choc. Le cadavre est celui de la Première ministre.

Qui en voulait à la chef de gouvernement ? Que cachait-elle sur cette île, dans un sanctuaire en béton enfoui au pied du phare ? Sarah, très vite, le pressent : la scène du crime signe le début d’une terrifiante série meurtrière.

Dans son enquête, curieusement, quelqu’un semble toujours la devancer. Comme si cette ombre pouvait lire dans ses pensées…

De la Norvège à la vieille cité de Byblos, et jusqu’au cœur même du Vatican, c’est l’odeur d’un complot implacable qui accompagne chacun de ses pas. Et dans cette lutte à mort, Sarah va devoir faire face à ses peurs les plus profondes. à ses vérités les plus enfouies…

Étayé par les dernières découvertes de la science et de l’histoire, Complot explore les secrets premiers de l’humanité.

Critique :
Un crime horrible sur une île peuplée d’oiseaux, dans un archipel isolé de la Norvège et ce n’est pas Madame-Tout-Le-Monde qui gît là…

Ce n’est ni un meurtre banal… Là, un truc pareil, c’était du jamais vu !

L’auteur a cette manière bien à lui d’happer son lecteur dès la première ligne et de ne plus lui lâcher la main jusqu’à la fin, quand il le dépose sur le rivage, le souffle coupé.

Non seulement il nous dépose sur une scène de crime des moins banales mais en plus, il nous fait passer du froid au chaud en peu de temps, nous invitant à le suivre, au plutôt, à suivre ses personnages, sur la piste du complot et des secrets enfouis.

Rassurez-vous, il ne le fait pas à la manière d’un Da Vinci Code, même si dans ce dernier, tout n’était pas à jeter et que Dan Brown avait eu le mérite de me faire réfléchir.

Et bien, Nicolas Beuglet a poussé le vice encore plus loin et a fait fumer mes méninges tout en me procurant un plaisir monstre à lire les révélations divulguées dans son roman.

Réalistes, les révélations, en plus. Qui donnent à réfléchir et à pousser la réflexion encore plus loin que l’auteur l’a poussée (et il a poussé loin, déjà).

Heureusement que la religion catholique, comme le dit un de ses personnages, est complaisante envers la critique et la caricature, sinon, il y aurait déjà des menaces de mort sur sa personne, vu ce qu’il avance à un moment donné. Toujours en étant réaliste avec les données que l’on possède, l’auteur extrapole mais il le fait avec brio.

À ce titre, je voulais remercier l’Église catholique, et plus généralement le christianisme contemporain, qui, malgré tous les reproches que l’on peut lui faire, est une des rares institutions à subir la critique ou la parodie avec tolérance.

Que l’on soit d’accord ou pas d’accord avec lui, cela a le mérite d’être posé et d’y apporter des réponses (ou pas, car on ne sait pas tout) ou du moins, une discussion entre gens civilisés.

Mon seul bémol sera pour l’inspectrice Sarah Geringën que j’ai trouvée froide, distante et avec qui j’ai eu du mal à entrer en phase. Je la trouve aussi trop Wonder Woman, même si, contrairement au personnage du professeur Langdon (Da Vinci Code), elle a les références pour exécuter toutes ces cascades ou combats puisqu’elle est une ancienne militaire.

Mais je pinaille…

Un thriller qui ne se contente pas de faire courir ses personnages et ses lecteurs dans tous les sens, qui ne se contente pas de nous donner des émotions fortes avec des sauts dans le vide ou de l’adrénaline, mais qui nous donne à réfléchir, qui pose des questions, qui apporte des réponses (on sent la recherche de l’auteur) et qui jette un rocher énorme dans la mare aux canards.

Rien que pour cela il restera dans ma mémoire jusqu’à ce que Aloïs Alzheimer passe pour faire le ménage par le vide.

Quand on ne peut pas battre une idée, on la récupère et on la modifie pour qu’elle soit conforme à la nouvelle idéologie.

[…] elle se demandait dans quelle mesure un ordre opprimé pouvait rétablir la justice sans violence. Puisque, par définition, le groupe qui domine exerce une violence sur le dominé, comment ce dernier peut-il se libérer sans affrontement ?

Sarah détestait avoir affaire à des politiciens hauts placés. Non pas qu’elle soit intimidée ou méfiante à leur égard. C’était seulement qu’ils exigeaient tous des résultats immédiats, nets et clairs, alors qu’un crime et sa résolution n’étaient faits que de temps et de nuances.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°119.

Ceux qui ont lu le livre comprendrons…

Inspectrice Sarah Geringën – Tome 1 – Le cri : Nicolas Beuglet

Titre : Le cri

Auteur : Nicolas Beuglet
Édition : Xo Editions (08/09/2016)

Résumé :
Hôpital psychiatrique de Gaustad, Oslo. À l’aube d’une nuit glaciale, le corps d’un patient est retrouvé étranglé dans sa cellule, la bouche ouverte dans un hurlement muet. Dépêchée sur place, la troublante inspectrice Sarah Geringën le sent aussitôt : cette affaire ne ressemble à aucune autre…

Et les énigmes se succèdent : pourquoi la victime a-t-elle une cicatrice formant le nombre 488 sur le front ? Que signifient ces dessins indéchiffrables sur le mur de sa cellule ? Pourquoi le personnel de l’hôpital semble si peu à l’aise avec l’identité de cet homme interné à Gaustad depuis plus de trente ans ?

Critique :
♫ Et j’ai crié, crié-é ♪ Non, rien à voir avec la disparition d’une certaine Aline sur une plage, j’ai juste crié de plaisir à la lecture de ce thriller hautement addictif.

Ce que je pensais être un polar whodunit classique avec un crime mystérieux à résoudre en interrogeant le majordome et le jardinier s’est en fait révélé un thriller rythmé qui m’a emmené de Norvège à Paris avant de filer droit vers les États-Unis.

Tout comme moi, lorsque l’inspectrice Sarah Geringën, fraichement plaquée par son mari, est appelée pour ce qui a tout l’air d’un suicide à l’hôpital psychiatrique de Gaustad à Oslo, elle ne s’imaginait pas non plus vivre une telle aventure palpitante et courir partout avec un certain Christopher, rencontré dans le cadre de son enquête en France.

Je tire mon chapeau aux deux personnages principaux, qui, en plus d’être sympathiques, ont couru comme des fous en prenant très peu de repos, sans quasi manger, boire, ni uriner.

Effectivement, on n’avait pas de temps à perdre à les envoyer aux chiottes ou à les faire manger, lorsqu’il y a plusieurs énigmes à résoudre et que le temps joue contre nous, un peu comme dans 24h chrono, on en oublie les besoins élémentaires.

Ceci n’est pas une critique en soi, juste une parenthèse amusante qui pourrait lancer le débat sur les personnages de romans qui ne vont jamais aux chiottes et qui ont cette chance que tout s’arrange alors que nous, dans la vraie vie, on a déjà du mal à faire comprendre un truc tout simple à notre fournisseur d’énergie (ou autre, comme l’administration) !

Ne voulant pas vous dévoiler trop de choses afin de vous garder vierge de tout, je vous dirai juste que ce thriller possède aussi une partie consacrée à la science des plus intéressantes et de l’ésotérisme à dose homéopathique.

L’auteur nous parle de faits réels, avérés tout en développant des théories de plus intéressantes, qui pourraient être vraies. Étant donné que nous ne savons rien sur ce qui nous attend après la vie, ces théories n’ont rien d’impossibles puisqu’elles ne sont pas improbables.

Les personnages, bien qu’étant parfois surhumains et super résistants, sont sympathiques, tourmentés, avec leurs blessures secrètes, leur passé sombre, des vils secrets dans leur vie dont ils n’ont même pas conscience, le tout les rendant sympathique à mes yeux.

Ce que j’ai apprécié aussi, dans ce thriller, c’est que l’auteur ne charge pas les différentes religions de tous les maux de la Terre. Au moins un qui a compris que c’était l’Homme qui était le responsable de toutes les exactions ou violences commises en leur nom ou en celui d’un Dieu, qu’il existe ou non.

Un thriller pour ceux qui cherchent du rythme, qui ont envie d’une lecture addictive, avec de la science et un un brin d’ésotérisme, sans sombrer dans un Da Vinci Code dopé à l’EPO car ici, nous restons dans le réalisme pour bien des faits et même lorsqu’on extrapole, ça reste du domaine du plausible (mais non vérifiable pour le moment).

Un thriller qui m’a fait passer un excellent moment de lecture, la rendant addictive comme j’aime.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

Soleil de nuit : Jo Nesbø

Titre : Soleil de nuit

Auteur : Jo Nesbø
Édition : Gallimard (2016)

Résumé :
Chargé de recouvrer les dettes pour le Pêcheur, le trafiquant de drogue le plus puissant d’Oslo, Jon Hansen, succombe un jour à la tentation.

L’argent proposé par un homme qu’il est chargé de liquider permettrait peut-être de payer un traitement expérimental pour sa petite fille, atteinte de leucémie. En vain.

Trouvant refuge dans un village isolé du Finnmark, et alors qu’il est persuadé d’avoir tout perdu, Jon croise la route de Lea (dont le mari violent vient de disparaître en mer) et de son fils Knut.

Une rédemption est-elle possible ? Peut-on trahir impunément le Pêcheur ?

Critique : 
♫ J’irais bien refaire un tour du côté de chez Sames ♪ Relire mon premier roman qui me donnait rendez-vous… Chez les rennes ♫

Un récit qui se passe dans le grand Nord, au Finnmark, du côté de chez les Sames, moi, je ne refuse pas le voyage ! Mais promis, j’arrête de chanter.

Si le précédent opus de Jo Nesbø ne m’avait pas emballé, celui a eu l’effet inverse et m’a emmené loin dans le Finnmark, dans un petit village, sorte de trou du cul de la Norvège, en haut, à droite, collé à la Russie.

Jon Hansen, le personnage principal et narrateur, est devenu le recouvreur de dette – et liquidateur – du Pêcheur, un gros trafiquant de drogue déguisé en honnête marchand de poisson. S’il est frais son poisson ? Je ne sais pas… Mais je ne le lui demanderai pas !

Cet Ordralphabétix d’Oslo n’aime pas qu’on le roule, qu’on le baise, qu’on lui chie dans les bottes et vu que Jon a merdé grave parce que c’est ce qu’il vient de faire, notre marchand de poisson frais lui envoie son nouveau liquidateur.

Le récit n’est pas linéaire dans le temps : Jon nous raconte son histoire en faisant des aller-retour entre le passé et le présent, nous racontant sa petit vie, son ancien job, son nouveau et ce n’est qu’au fur et à mesure de son récit que nous aurons une parfaite vue d’ensemble.

Sa lutte pour échapper au tueur, sa cavale qui a tout lieu d’être sans issue et son échouage dans un village peuplé de bigots læstadien et de Sames athées. Un plaisir à lire.

Huis clos, humour, voie sans issue, Histoire (avec un grand H) du Finnmark au travers de son peuple, les Sames et de ceux qui ont vécu la guerre – certains ayant dû supporter les Allemands avant de devoir se farcir les Russes – des personnages attachants et une plume qui vous emporte pour un voyage au pays du soleil de minuit.

Oui, je me suis attachée à ce petit truand de Jon, à Léa, cette femme læstadienne qui a vécu en suivant le Verbe, prêché par son père et qui a épousé un homme brutal. Oui j’ai adoré aussi Knut, ce gamin de 10 ans, farceur et amitieux.

Oui, j’ai tremblé aussi et ce n’était pas de froid.

Une histoire passionnante, en quelques 224 pages, même si j’aurais aimé encore en lire plus sur cette région et sur ce peuple que j’avais découvert dans les romans d’Olivier Truk.

Une histoire qui vous happe pour un tour au pays des rennes et qui ne vous redéposera qu’une fois la dernière page tournée. J’ai encore plané un peu ensuite. Même si le scénario n’avait rien d’original, le tout était bien présenté et j’ai dévoré la chose.

Et le tout sans histoire d’amour guimauve ! Il y a de l’amour dans ces pages, mais ce n’est pas mielleux tout collant.

Étoile 4Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et le Challenge « Nordique 2016 » chez Mes chroniques Littéraires.
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Du Sang Sur la Glace : Jo Nesbø

Titre : Du Sang Sur la Glace                                                      big_2

Auteur : Jo Nesbø
Édition : Gallimard Série Noire (2015)

Résumé :
Quand on gagne sa vie en supprimant des gens, il peut être compliqué, voire dangereux, d’être proche de qui que ce soit.

Olav est le tueur à gages attitré d’un gangster qui règne sur la prostitution et le trafic de drogue à Oslo.

Lorsqu’il tombe enfin sous le charme de la femme de ses rêves, deux problèmes de taille se posent.

C’est la jeune épouse – infidèle – de son boss. Et il est chargé de la tuer…

Critique : 
En lisant une critique sur ce roman, j’avais vu qu’un des commentateurs signalait que le livre lui était tombé des mains, et ce n’était pas un compliment.

Non, il ne m’est pas tombé des mains, mais j’ai baillé, somnolé durant ma lecture et failli le refermer avant d’arriver au bout. Il ne fait que 150 pages, c’est vous dire si j’ai passé un moment en enfer.

Pourtant, le pitch avait l’air génial : un tueur à gages, Olav, auquel son patron lui demande d’expédier (tuer) un client. Rien de neuf sauf que le client est la femme du boss.  Et que ce dadais d’Olav va en tomber amoureux.

Il avait pourtant bien commencé, ce petit roman : un tueur à gage pour qui on sent qu’on va avoir de l’affection, le genre de mec qui n’a rien d’un Jason Statham survitaminé et qui nous raconte sa petite histoire, avec une touche d’humour noir parsemé un peu partout.

Ajoutons deux trafiquants de drogue dans la ville d’Oslo dont chacun crierait bien que l’un des deux est de trop dans la ville. Ou que la ville est trop petite pour eux deux. Bref, on sent que l’on s’asseoir sur un baril de poudre, mèche allumée.

L’utilisation d’Olav comme narrateur était bien trouvée, ça permet quelques surprises qui m’ont plus, même si une était téléphonée. Pour l’autre, j’ai été eue.

Où est le problème ? Où le bât a-t-il blessé dans tout cela ?

La manière de raconter est soporifique au possible ! J’ai juste arrêté de bailler durant quelques scènes, pendant quelques paragraphes et bien que ne faisant que 150 pages, j’ai sauté des lignes !

On est loin d’un Dashiell Hammett et de son célèbre « Moisson Rouge ». Loin des autres grands du polar Noir aussi.

Malgré les quelques surprises cachées dans le récit, il ne m’a pas emporté dans la ville d’Oslo, je me suis ennuyée la plupart du temps et je n’ai pas retrouvé l’âme des grands romans Noirs que j’aime.

Les ingrédient sont peut-être là, mais ça manque furieusement de sel.

Une déception pour moi qui apprécie cet auteur.BILAN - Minion tasse dépité - OKChallenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015) et le Challenge « Nordique » chez Mes chroniques Littéraires.

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Le détroit du Loup : Olivier Truc [Enquêteurs Klemet et Nina 2]

Titre : Le détroit du Loup                                                              big_4

Auteur : Olivier Truc
Édition : Métailié Noir (2014)

Résumé :
Hammerfest, petite ville de l’extrême nord de la Laponie. Les bords de la mer de Barents, le futur Dubai de l’Arctique… Tout serait parfait s’il n’y avait pas quelques éleveurs de rennes…

L’histoire se déroule au printemps, quand la lumière ne vous lâche plus, obsédante. Autour du détroit du Loup qui sépare l’île où se trouve Hammerfest de la terre ferme, des drames se nouent.

Alors que des rennes traversent le détroit à la nage, un incident provoque la mort d’un jeune éleveur. Peu après, le maire de Hammerfest est retrouvé mort près d’un rocher sacré qui doit être déplacé pour permettre la construction d’une route longeant le détroit. Et les morts étranges se succèdent encore.

À Hammerfest, les représentants des compagnies pétrolières norvégiennes et américaines ont tout pouvoir sur la ville, le terrain constructible est très convoité, ce qui provoque des conflits avec les éleveurs de rennes qui y font paître leurs animaux l’été.

Les héros de ce grand centre arctique de la prospection gazière sont les plongeurs, trompe-la-mort et flambeurs, en particulier le jeune Nils Sormi, un plongeur d’origine sami.

Klemet et Nina mènent l’enquête pour la police des rennes. Mais pour Nina, troublée par les plongeurs, une autre histoire se joue, plus intime, plus dramatique. Les jeunes plongeurs qu’elle découvre lui rappellent ce père scaphandrier qui a disparu depuis son enfance.

Subissant cette lumière qui l’épuise, elle va partir à la recherche de ce père mystère, abandonnant Klemet à sa mauvaise humeur, à ses relations ambiguës avec son ombre.

Et c’est une police des rennes en petite forme qui va faire émerger une histoire sombre venue des années 1970, dévoilant les contours d’une patiente vengeance tissée au nom d’un code d’honneur venu d’un autre monde, montrant à quel prix a été bâtie la prospérité de la région.

Deuxième roman d’Olivier Truc, Le détroit du Loup confirme les talents de raconteur d’histoire de l’auteur et sa capacité à nous emmener sur des terrains insoupçonnés.

Critique : 
Hammerfest, vous connaissez ? Mais non, ce n’est pas le nom d’un groupe de heavy metal !

Hammerfest, c’est une petite ville située dans l’extrême nord de la Laponie, sur les bords de la mer de Barents,  en Arctique…  Là où certains aimeraient faire un autre Dubai (en version polaire) à cause de tous les hydrocarbures qui s’y trouvent.

Rien à voir donc avec le groupe de metal « HammerFall ».

Quoique, de par sa construction et son côté « je suis un polar mais pas que ça », ce roman pourrait avoir quelques liens de parenté avec ce genre de musique qui possède des sonorités lourdes et épaisses, le tout étant centré sur les impulsions de la batterie. Pardon, je voulais dire « du tambour traditionnel sami ».

D’un côté, nous avons du blues avec le peuple sami qui oscille entre traditions ancestrales et modernité, ces éleveurs de rennes, sans cesse en butte avec les autres habitants,  et qui, dans leurs joïk (chants traditionnels), pourraient chanter toute leur misère à voir les espaces pour les troupeaux se réduire comme une peau de chagrin à cause de tout ceux qui voudraient les voir dégager totalement du paysage.

Le roman a un côté rock aussi, parce que, sous ses airs de lenteur délibérée, les guitares électriques peuvent se déchainer dans vos tripes lors de la lecture de certains passages qui, sans vouloir vous faire la morale, frapperont quand même sous la ceinture.

Klemet et Nina, nos deux flics que nous avions découvert dans le roman précédent, nous en apprendrons un peu plus sur eux, tout en nous présentant d’autres personnages, dont certains sont des vrais requins d’eaux troubles et pas nettes.

L’enquête ne sera pas facile, les morts se succédant sans que l’on puisse déterminer si c’est un accident, un suicide déguisé ou véritablement un meurtre que l’on a maquillé.

Si le premier roman se déroulait dans le noir presque total (on sortait de la saison où le soleil ne se lève plus durant des mois), celui-ci bénéficie d’un ensoleillement énorme puisque nous finissons avec plus de 23h de clarté avant de se diriger lentement vers le moment où le soleil ne se couchera plus.

Durant de la lecture, on sent bien que l’auteur est familier du coin, des mœurs, des habitants, des éleveurs, du contentieux entre certains et des vieilles rancœurs…

D’ailleurs, on sent aussi le journaliste, qui, sous le couvert d’un roman, pourfend là où ça fait mal afin de dénoncer certaines pratiques.

Ben oui, nous, dans les pays sois-disant « développés », on ne se pose jamais la question de savoir d’où viennent les matières premières utilisées par notre société de sur-consommation, sur les métaux précieux utilisés dans nos I-Thunes, smartphones et autre PC ou sur la manière dont est extrait le pétrole dont nous remplissons nos réservoirs.

On se fiche pas mal des conditions de travail de certains, tant que nous avons ce que nous désirons. Si certains sont exploités, ce n’est pas notre problème. Et si des gens risquent leur vie pour que nous ayons de l’Or Noir dans nos réservoirs, nous n’en avons même pas conscience.

Attention, je ne parle pas des pionniers du pétrole de l’époque du colonel Drake (celui qui fora le premier véritable puits de pétrole américain en 1859, près de Titusville). Non, non, je parle des années 80 à nos jours. Cette époque où l’argent est Maître, et non serviteur. Cette époque qui veut que certains s’enrichissent très vite au détriment des autres et de toutes les règles.

Mensonges, tromperies, manipulations, argent sale, écologie, réchauffement climatique, pollution, morts, plongée sous-marine et médecins se comportant comme des petits Mengele zélés sont au menu de ce roman qui laisse les codes habituels du polar au vestiaire.

Ne vous attendez pas à un thriller, ça ne court pas dans tous les sens, on prend son temps parce que tout ça doit mijoter. C’est ce qui rend le plat meilleur.

L’écriture glisse comme un traîneau sur de la neige bien tassée et on mange le livre comme un renne affamé se jetterait sur du lichen.

Un excellent moment de lecture et une belle plongée en eaux froides, au sens propre comme au figuré.

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015) et le Challenge « Nordique » chez Mes chroniques Littéraires.

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