Un père idéal : Paul Cleave

Titre : Un père idéal                                                                    big_4

Auteur : Paul Cleave
Édition : Sonatine / Livre de Poche (2012)

Résumé :
Jack Hunter a longtemps été un bon époux et un père idéal. Un homme bien sous tous rapports, hormis cette petite manie secrète et discutable : le meurtre violent de prostituées.

Aussi son fils Edward ne s’attendait-il pas à ce que la police vienne un jour frapper à la porte de leur maison si tranquille pour arrêter le premier serial killer de l’histoire de Christchurch, Nouvelle-Zélande.

Vingt ans plus tard, Edward est à son tour devenu un citoyen modèle. Comptable sans histoire dans un cabinet d’avocats de la ville, il a tout fait pour oublier et faire oublier ses sombres origines.

Mais le jour où sa femme est sauvagement assassinée, c’est vers son père, toujours derrière les barreaux, qu’il va se tourner pour prendre conseil.

Pourra-t-il faire autrement que de marcher sur ses traces ? L’instinct de tueur est-il vraiment héréditaire ?

Autant de questions qu’Edward va devoir affronter durant une folle semaine qui verra sa vie bien rangée basculer dans l’horreur.

Critique : 
Diaboliquement excellent, ironique et sadique : voilà comment je qualifierait ce livre.

Certes, pas aussi hilarant que « Un employé modèle » mais ce père idéal me réconcilie totalement avec l’auteur (en froid avec lui après « Nécrologie »).

Edward Hunter est un comptable ordinaire, comme bien d’autres en Nouvelle-Zélande et dans le monde. MAIS, voyez-vous, même les comptables les plus ordinaires peuvent cacher des secrets inavouables !

Par exemple, je me verrais mal annoncer à mes collègues de boulot que mon papounet chéri purge une peine de prison pour avoir fait comme l’autre Jack, son cousin anglais : zigouiller des prostituées !

Le monstre qui l’habitait ne se manifestait jamais à la maison, il restait tapi dans les ténèbres avec le sang et la chair de ses victimes, mais parfois – au moins onze fois de ses propres aveux – papa sortait le soir et allait retrouver ce monstre. Il n’était alors plus mon père, il était autre chose.

Mon père s’est fait arrêter parce qu’il avait des penchants que les autres n’approuvaient pas trop – pas même les gens de Christchurch.

Et bien, Edward, c’est pareil ! Sa vie a basculé lorsque les flics sont venu arrêter son père parce qu’il avait assassiné des femmes de petites vertus exerçant le plus vieux métier du monde. Se prénommant Jack, son père fut surnommé « Jack The Hunter » par les journaleux.

Sa vie pèpère avec sa femme et sa petite fille va pourtant valser en l’air lors d’une visite à la banque. Visite qui va refroidir son épouse adorée.

Paul Cleave sait sortir des sentiers battus et je peux vous assurer que non, ceci n’est pas une Xième histoire de céréales-quiller. C’est bien mieux que ça.

Non seulement l’auteur distille quelques doses d’humour dans son récit, mais en plus, alors que l’on pense avoir établit le profil de l’histoire, hop, elle prend un virage à 90°, nous entrainant dans une poursuite infernale où le pauvre Edward va jouer un rôle important, à l’insu de son plein gré, aidé en partie par son père, qui n’est pas si idéal que ça !

La moquette est usée jusqu’à la trame et maculée de taches qui ressemblent à de la graisse, comme si quelqu’un avait essayé d’ôter la poussière en passant des morceaux de poulet frit dessus au lieu d’un aspirateur.

— Je suis à la bourre avec tous les suicides de Noël qui commencent chaque année de plus en plus tôt. Dès qu’il y a des sapins et des guirlandes dans les centres commerciaux, les gens se mettent à sauter des ponts.
— C’est la saison, observe Landry.

Un roman jouissif de par ses personnages, détaillés, mais sans en faire trop et une écriture qui vous fait oublier où vous êtes : oui, j’étais à Christchurch en train de me demander pourquoi il faisait 40° à Noël… Bonn sang, mais c’est bien sûr !

Ils annoncent qu’il fait déjà 27 degrés et que la chaleur va monter, nous rappellent que des restrictions d’eau sont en vigueur, que le réchauffement climatique est en route, que nous sommes seulement à un peu plus de sept jours de Noël.

De plus, cerise sur le cadavre, le récit s’emboite dans les trois autres romans et nous retrouvons des têtes connues.

Ce roman, c’est de l’émotion à l’état brut (pour une certaine scène), de la drôlerie, des situations cocasses (je ne vous mettrai pas au « courant », warf, warf), des retournements de situations et un récit sans temps mort (et quand il y en a un peu, on se bourre la gueule à grand renfort de bière froide).

Je repose la bouteille de bière vide. Il y en a toute une rangée devant moi, et Dieu merci, mes amis – mes amis qui me ressassent des platitudes du genre « Les choses vont s’arranger », ceux qui ne savent pas quoi dire -, Dieu merci, mes amis ont eu la décence de m’apporter des tonnes de bières !

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015).

BILAN - LC réussie - OKPourquoi je l’ai choisi (Par Stelphique, ma binôme de LC) :
Il ne me manquait que celui ci pour faire le tour des œuvres de cet auteur dont je suis fan… Je suis encore plus contente de l’avoir lu en Lecture Commune Interactive avec Cannibal Lecteur.

Synopsis :
Jack Hunter a longtemps été un bon époux et un père idéal. Un homme bien sous tous rapports, hormis cette petite manie secrète et discutable : le meurtre violent de prostituées. Aussi son fils Edward ne s’attendait-il pas à ce que la police vienne un jour frapper à la porte de leur maison si tranquille pour arrêter le premier serial killer de l’histoire de Christchurch, Nouvelle-Zélande.

Vingt ans plus tard, Edward est à son tour devenu un citoyen modèle. Comptable sans histoire dans un cabinet d’avocats de la ville, il a tout fait pour oublier et faire oublier ses sombres origines.

Mais le jour où sa femme est sauvagement assassinée, c’est vers son père, toujours derrière les barreaux, qu’il va se tourner pour prendre conseil. Pourra-t-il faire autrement que de marcher sur ses traces ? L’instinct de tueur est-il vraiment héréditaire ?

Autant de questions qu’Edward va devoir affronter durant une folle semaine qui verra sa vie bien rangée basculer dans l’horreur.

Les personnages :
Edward Hunter, il m’a beaucoup plu dans ses maladresses, dans son désespoir, et quoiqu’il arrive à lutter contre ses démons, à essayer de faire taire son monstre…Le destin s’acharne contre lui, et la compassion accompagne chacun de ses actes répréhensibles.

Jack Hunter, ce père est comme une ombre au dessus de thriller, Pas tout à fait là, mais redoutablement dangereux…Idéal, je n’en suis pas sure, mais diablement efficace si on a besoin de lui…..

Schroder, un flic au top! Profondément investi, mais compréhensif, on aimerait qu’il soit tous de sa trempe !

unnamedCe que j’ai ressenti :
Comme ça vu de l’extérieur, cette ville à l’air lumineuse et une jolie destination de vacances… Et bien si jamais vous ouvrez un livre de Paul Cleave votre envie d’évasion vers ce lieu risque d’être coupée en plein vol… Christchurch regorge de personnes non recommandables, de tueurs très sanguinaires et de flics dépassés par les évènements… Un lieu de débandade cauchemardesque, mais qu’est ce que j’aime m’y retrouver grâce à la plume de cet auteur….

Je n’ai pas pu lâcher ce thriller de haut vol, complètement retournée dans cette spirale infernale, happée dans les méandres de l’esprit torturé de Edward (ou Jack, on ne sait plus….). C’était trop ahurissant cette plongée en enfer de ce personnage à la lignée rouge sang…. Cet homme si équilibré, avait une revanche à prendre sur les préjugés, mais face au drame, le passé reprend son homme et le plie à sa volonté…

« Nous sommes des hommes de sang » p139
« Parfois vous devez faire quelque chose de mal pour arriver à quelque chose de bien. » p203

Paul Cleave sait nous livrer des personnages forts et intéressants à suivre… On est fatalement sous l’emprise de chacun, ils les faits si touchants et à la fois borderline, jamais idéal, mais on pourrait tant leur ressembler, si humains en somme, que ce qui fait leur force, c’est leur imperfection…. C’est toute l’ingéniosité de son écriture, ça, et son humour disséminé en miettes de sarcasmes, avec des rebondissements palpitants, on ne peut que passer un super moment!!!!

« Tous sont endormis, et des ronflements et des pets résonnent dans tous les coins: si quelqu’un craquait une allumette, l’air s’embraserait ». p269

Je n’y ai vu aucune fausse note, j’ai même versé une larme d’émotion pure…. Pour moi, un chef-d’œuvre de thriller!!!! La voix à l’intérieur de moi (elle ne s’appelle pas Noirceur ^^) vous dis de lire ce livre de toute urgence.

« Ou alors peut être que nous sommes tous ici, peut être que la noirceur de mon père et mon monstre sont assis sur la banquette arrière, à papoter, à comparer leurs anecdotes et à parier sur l’issue de la nuit ». p275

Ma note Plaisir de Lecture : 10/10unnamed

BILAN - LC réussie - OK

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Un père idéal ?? Nos impressions de lecture (2/3

Impressions du Cannibal Lecteur (pages 1 à 100) : Conquise !
Découverte des personnages dans un joli tableau champêtre d’une maisonnée où tout va bien, jusqu’à ce qu’une mort brutale ne nous révèle que non, non, nous n’étions pas dans le monde des Bisounours – la ville de Christchurch est violente – et que certains personnages ont un passé assez… heu… c’est pas rose, leur passé !

Bien accroché au récit et aux différents personnages. Paul Cleave saura-t-il, une fois encore, nous dressez un portrait de serial-killer différent de ses autres romans ?

Impressions de lecture de Stelphique (pages 1 à 100) : Avertie…
Nous mettons les pieds dans une famille ou il ne fait pas bon vivre… Christchurch n’en a pas fini de nous sortir des habitants pour le moins atypique… Je suis bien partie dans cette histoire, j’accroche bien aux personnages, le ton est très efficace…

Comme j’ai une confiance quasi aveugle en Paul Cleave, j’ai plutôt confiance sur la suite des évènements mais je relève une crainte puisque je lui trouve une ressemblance avec Dexter, surtout lorsqu’on découvre ce fameux père…

La Noirceur et le Passager noir, est bien trop proche à mon gout, et je serai déçue de voir une copie de mon tueur en série préféré… J’ai donc hâte de poursuivre ma lecture pour enlever ce doute…

Impressions du Cannibal Lecteur (Pages 101 à 200) : De la Folie pure !
Edward a pété un câble, boit plus qu’il ne devrait et vire parano, limite schizophrène en voyant des choses qui n’existent que dans son imagination. Niveau « meurtres », Edward n’a pas les mains d’argent (mwarf) de son père.

Par contre, chez Ed, le silence est d’or et le mensonge est digne d’un arracheur de dents. Sérieusement, je me demande comment tout cela va tourner, mais en attendant, je me marre et je me délecte de cette lecture !!

Impressions de Stelphique (Pages 101à 200) : Happée
Je suis rentrée dans la spirale infernale de ce cher Edward. Toutes les craintes émises plus tôt se sont envolées, et là mes ongles ont pris un sacré coup, mes nerfs sont chauffés à blancs, je suis complètement happée par l’intrigue, et j’adore les p’tits clins d’œil aux tomes précédents de l’auteur…

Son style reste toujours aussi attrayant, allez j’y retourne,car là, l’impatience me gagne de voir notre héros se sortir de ce piège à rats…

Impressions du Cannibal Lecteur (Pages 201 à 333) : De la folie pure !
Une course poursuite qui se termine un peu à la manière du Petit Poucet : en semant des morceaux un peu partout. Un vrai délire ! Une évasion qui donne plus lieu à pouffer de rire que de s’inquiéter, une trahison (que je sentais venir) et un pincement au cœur (et j’ai nié la situation). Et un final qui dépote !

Impressions de Stelphique (Pages 201 à 333) : Adrénaline….
Un pur moment d’adrénaline, un souffle dévastateur sur Chrischurch, il ne fait pas bon réveiller les noirceurs de certains !!!! Jusqu’à la fin, on est tenu au garrot, la course est effrénée et sanglante, mais hautement addictive !!!

Génial, mordant à souhait pour des Cannibales Thrillersque que nous sommes !!!!!!

« Il s’avère que le repas de choix du tueur en série n’est pas un Happy Meal, mais un Big Mac ». (p274)

Vous en prendrez bien une petite bouchée ???!!!!!

La collection : Paul Cleave [Theodore Tate 2]

Titre : La collection [NUM]                                                             big_3-5

Auteur : Paul Cleave
Édition : Sonatine (2014)

Résumé :
Des gens disparaissent à Christchurch. C’est d’abord Cooper Riley, un professeur de psychologie criminelle distingué. Puis une de ses étudiantes, Emma Green.

Le père de celle-ci appelle à l’aide Theodore Tate, un ancien flic, qui vient juste de sortir de prison, où il purgeait une peine pour avoir renversé Emma alors qu’il était ivre au volant.

Mû par un intense sentiment de culpabilité, Tate recommence donc à arpenter les rues brûlantes de la ville, conscient que chaque heure qui passe voit se réduire les chances de retrouver Emma vivante.

Bientôt, ses pas le mènent vers l’ancien hôpital psychiatrique de Christchurch, Grover Hills, un établissement au sombre passé.

Il va alors être amené à affronter deux personnages pour le moins inquiétants. Melissa X, une tueuse en série dont la police, qui possède ses empreintes, son ADN et sa photo, n’est pourtant jamais parvenue à déceler la véritable identité. Et un mystérieux individu, amateur de serial killers au point de les collectionner…

Petit Plus : Avec « La Collection », Paul Cleave inscrit un nouveau chapitre magistral à sa grinçante « comédie humaine » et nous ouvre un peu plus grand la porte de sa petite boutique des horreurs.

Une fois encore, l’auteur d’ Un employé modèle se surpasse pour explorer les recoins les plus sombres de l’âme humaine dans un thriller addictif à l’humour très noir !

POLAR - asile-hopital-abandonné-15Critique : 
Dire que j’ai failli abandonner ma lecture avant la page 50… Heureusement, j’ai persévéré et mon entêtement s’est révélé payant.

Ce qui a failli causer l’abandon, c’est cette foutue narration au présent que je déteste plus que tout, additionné du personnage de l’ex-inspecteur Theodore Tate que je n’apprécie pas vraiment.

Pourquoi ais-je donc continué à lire ce roman qui me faisait soupirer ? Pour deux choses.

Je commencerai par la seconde, si vous le permettez : je n’avais pas envie de rester sur deux mauvaises impressions consécutives alors que le premier roman que j’avais lu de Paul Cleave m’avait emballé (Un employé modèle).

Et la première des raisons qui a fait que je me suis accrochée, c’est à cause du récit d’Adrian (faites taire le Rocky en vous !) qui se trouve en alternance avec celui de Tate.

Adrian est personnage qui m’a touché, un personnage complexe qui m’a ému et dont je voulais absolument suivre le récit.

Adrian a les fils qui se touchent, dans sa tête. Ses cases ne sont pas dans le bon ordre… de ce fait, il en a bavé dès son plus jeune âge, lorsqu’il était à l’école. Vous savez, tout comme moi, que les enfants ne sont pas des tendres avec ceux qui n’ont pas toutes leurs frites dans le cornet.

Son récit est poignant et on a beau savoir qu’il est devenu un homme que l’on aurait peur de croiser, on ne peut pas s’empêcher de ressentir de l’empathie pour lui. Comment est-ce possible ? Et bien c’est simple : si les autres – enfants et adultes – ne l’avaient pas brimé, rejeté, abaissé, violenté et toussa toussa, nous n’en serions pas là !

Malgré un début laborieux, je suis entrée dans le récit et je me suis laissée emporter par toutes les péripéties d’Adrian, de Tate, de Cooper, d’Emma et j’ai apprécié la complexité de l’intrigue. Tout à l’air simple, mais dans le fond, ça ne l’est pas et je salue l’auteur pour certaines choses (no spoiler !!).

L’ex-inspecteur Tate est toujours à baffer, il est têtu comme une bourrique, ne se rend pas toujours compte qu’il fait beaucoup de dégâts chez les autres au cours de ses enquêtes, on ne sera jamais copains tous les deux, mais je dois reconnaître que sans son acharnement, les flics seraient toujours à tourner comme des chiens après leurs queues.

Si Nécrologie se déroulait sous une pluie battante, La Collection vous rôtira la peau car nous sommes sous un soleil cuisant ! Pas évident de lire ça alors que dehors il fait froid et humide…

Mélangeant les récits avec des « je » pour Tate et des « il » pour les autres personnages, cela permet de jouer beaucoup plus avec les pensées de notre enquêteur ex-policier tout en conservant des choses cachées pour les autres personnages.

Lors de notre passage au Grove (vous saurez ce que c’est en le lisant), les huis-clos sont plus tendus que le string d’une prostituée arpentant les trottoirs de Christchurch et je dois avouer que j’ai fermé les yeux lors d’un certain passage assez… heu… violent !

L’écriture est assez simple, sans chichis, mais sans concession avec la ville de Christchurch ou notre société. L’humour est grinçant, noir et ça, j’adore.

« Il y a dix ans, il y avait des règles : si une information n’était pas avérée, les journaux se montraient réticents à la publier. Les temps ont changé. Internet s’impose comme le média dominant, les chaînes d’information tournent vingt-quatre heures sur vingt-quatre, la concurrence est plus féroce que jamais, et les journalistes n’ont plus le temps de vérifier leurs sources.L’important n’est plus d’informer les gens de ce qui se passe, mais de définir les programmes et de gagner de l’argent, car l’argent importe plus que le bien et le mal ».

« Je me dirige vers le petit office de tourisme. Une femme sérieusement obèse, qui n’a pas conscience que porter un débardeur moulant dans son état est un crime contre l’humanité, m’indique où trouver Jesse Cartman ».

Du suspense, une toile d’araignée gigantesque, et un thriller qui sait ne pas suivre les codes. Idem en ce qui concerne les serial-killer : l’auteur ne brasse jamais deux fois la même chose.

Au moins, ce roman m’a réconcilié avec l’auteur qui m’avait un peu déçu lors de ma lecture de « Nécrologie ».

Là, c’est comme avec les Panzani : « Il m’épate, il m’épate ».

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015).

CHALLENGE - Thrillers polars 2014-2015 (1)

Un employé modèle : Paul Cleave [Joe Middleton 1]

Un employé modèle - Cleave

Titre : Un employé modèle                                            big_5

Auteur : Paul Cleave
Édition : Le Livre de Poche (2011)

Résumé :

Joe Middleton contrôle les moindres aspects de son existence. Célibataire, aux petits soins pour sa mère, il travaille comme homme de ménage au commissariat de police. Mais qui est-il vraiment… ?

Des meurtres en série se succèdent, jusqu’au jour où un meurtre est commis sur le même mode opératoire que les siens mais, pourtant, Joe ne s’y reconnaît pas…Contrarié par ce coup du sort, il décide de mener sa propre enquête.

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Critique : 

C’est décidé, je refuse de mettre les pieds en Nouvelle-Zélande ! Caryl Férey me l’avait fait rayer de mes futures destinations, Cleave a entériné le tout. C’est le syndicat d’initiative et l’office du tourisme qui doivent être content…

La Nouvelle-Zélande est peut-être la terre des moutons et des hobbits, mais je doute que cela soit celle de la tranquillité parce que la ville de Christchurch est connue pour son boucher… Pas celui qui vous découpe de bons morceaux de beefsteak, non, non, celui qui vous découpe, vous tue, vous torture… et plus si affinités.

Le boucher, c’est comme si le gentil Forest Gump se transformait tout à coup en Hannibal Lecter… Comme si le sérial-killer Hannibal se comportait, le jour, comme Forrest Gump.

Docteur Forrest et Mister Lecter ? Oui, quasi, sauf que notre Joe n’est pas un attardé, mais il joue bien le rôle !

Originalité ? Joe Middleton, le « boucher de Christchurch » (mais chut, personne le sait, sauf vous et lui) vous parle de sa vie, vous le suivez dans ses crimes, dans sa manière de mener tout le monde par le bout du nez en jouant à l’attardé mental qui passe ses journées à nettoyer les locaux de la police.

Joe contrôle tout, absolument tout de sa vie… Il a une mère un peu castratrice, mais pour le reste, il n’est pas devenu sérial-killer à cause de ses parents. Il nous répète même qu’il a de l’humanité.

Dès le départ, j’ai été happée par le récit, bien au chaud dans les pensées de notre Joe, je l’ai suivi dans ses meurtres, dans son travail et j’avoue, que oui, j’ai éprouvé de la sympathie pour Joe.

Pourtant, il ne tue pas des criminels comme Dexter, mais des femmes.

Jusqu’au jour où un meurtre est commis sur le même mode opératoire que les siens mais il sait bien que ce n’est pas lui…

Contrarié, il décide de mener sa propre enquête et c’est là que l’on se rend compte qu’il est plus malin que les flics. Le récit prend une autre tournure, avant de changer encore de cap avec l’arrivée d’un nouveau personnage.

Oui, l’auteur nous rend Joe sympathique, la narration est agréable à lire, les pages défilent parce que nous aussi, on veut savoir QUI a tué cette femme. De plus, il y a des touches d’humour noir et grinçant qui m’ont fait sourire plusieurs fois (ok, très, très souvent, j’adore !).

Un seul passage m’a glacé les sangs : les hommes qui l’ont lu comprendront à quoi je veux faire allusion… J’avais mal pour Joe, bien que je sois une femme.

Ce qui m’a plu, en dehors du fait que notre homme joue les attardés mentaux à la perfection, se fondant dans les couloirs tout en gardant le contrôle sur les flics, c’est son côté machiavélique durant son enquête, son intelligence et la manière dont il se joue d’une autre personne.

La fin est magnifique… Je n’en dirai pas plus, mais elle a une morale aussi et cette leçon vaut bien un fromage, comme l’aurait dit Maître Corbeau.

Mon seul regret est de ne pas avoir eu plus de détails sur la scène que Joe avait surprise dans la douche de son père et j’aurais aimé avoir confirmation que le coupable qu’il a démasqué est bien le coupable… parce que de ce côté là, il manque quelques petites lignes de plus…

Pour le reste, dévoré en deux jours et demi à vitesse grand V ! Génialissime.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba.

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Utu : Caryl Férey [Saga Maorie 2]

Titre : Utu                                                                big_4

Auteur : Caryl Férey
Édition : Folio Policier

Résumé :
Exilé en Australie, Paul Osbone apprend le suicide de son ami Fitzgerald : le chef de la police d’Auckland aurait abattu un chaman maori soupçonné de meurtres atroces, avant de se donner la mort.

Or, non seulement le cadavre du chaman n’a jamais été retrouvé, mais Fitzgerald n’était pas du genre à se suicider. Spécialiste de la question maorie, ancien bras droit de Fitzgerald, Osborne est chargé de remonter la piste.

Dans un climat social et politique explosif, épaulé par une jeune légiste fraîchement débarquée en Nouvelle-Zélande, Osborne devra affronter le spectre de Hanna, son amour d’enfance, mais surtout le utu des ancêtres du « pays aux longs nuages blancs ».

Critique :

Ne devrait-on pas poursuivre l’auteur pour les actes de barbarie et de tortures qu’il commet envers ses personnages  ? Parce que là, je dépose plainte, moi !

Déjà que dans le roman précédent « Haka », Fitzgerald, le flic alcolo et un peu drogué en avait pris plein son matricule (et les autres aussi), mais là, le suivant, Paul Osborne, en a ramassé encore plus (et les autres avec lui).

D’ailleurs, dans les deux romans de Férey que je viens de lire, tout le monde en a pris plein sa gueule !

Certes, bon nombre d’entre eux avaient des choses pas très nettes à se reprocher – hormis le labrador qui lui n’avait que des arrosages de réverbères sur la conscience – mais tout de même, c’est violent.

« Utu » veut dire vengeance en maori et cela ne concerne pas une petit vengeance minable du genre « saler le café de l’autre ». A ce jeu là, certains jouent gros, très, très gros.

Dans cette « suite », nous avons Paul Osborne, flic encore plus atypique que son supérieur Fitzgerald. Il était son second avant de démissionner. Là, on vient de le rappeler au travail et ça ne fait pas plaisir à tout le monde.

Si le premier était déjà alcoolo, torturé, un peu drogué, l’autre, c’est le même mais puissance 10 ! Fitzgerald n’était pas un tendre, Osborne le dépasse et fait bien pire que lui.

Plus salopard et dépravé que lui, faut se lever tôt pour le trouver, ou alors, ce genre de type est du côté des Méchants, pas des Gentils.

Afin d’éviter tout débordement, un flic nommé Culhane est chargé de le baby-sitter. Comme si on pouvait surveiller et gérer la bombe à retardement qu’est Osborne ! Il est hanté par un ancien amour, torturé, malaxé et c’est cette touche qui fait que, malgré tout, on apprécie ce « foutu salopard ». Bien que sur certains faits, je l’ai détesté, avant de me dire que, tout compte fait… si un salopard tombe sur plus salopard que lui…

Comme pour « Haka » dont on pourrait dire que « Utu » est la presque suite, sans l’être vraiment, l’auteur nous parle de la minorité opprimée que sont les maoris.

Bien au courant de la chose, il nous plonge dans leurs revendications, dans toutes les exactions commises par l’Homme Blanc, il nous parle de leurs traditions anciennes et la révolte qui gronde car le maori doit s’intégrer ou crever.

Férey nous dépeint avec acidité une jeunesse dorée qui est pourrie jusqu’au trognon, nous montre des notables véreux prêt à tout pour le fric et une communauté maorie sacrifiée sur l’autel de la modernité, de l’argent sale, du business…

Sans oublier quelques scènes « crues » dans un bar pour échangistes… fréquenté par les Huiles de la ville, of course.

Ici, le récit est plus fractionné que dans le précédent puisque nous avons une partie de l’enfance et de la jeunesse de Osborne ainsi que quelques scènes de vie de son « baby-sitter », Culhane, qui prendront tout leur sens ensuite.

Devenu un flic ripoux parmi des plus pourris que lui, son enfance nous permet de comprendre sa quête de justice (selon sa définition à lui) et de vengeance.

Et une fois de plus, l’auteur en m’a pas déçu dans son final. J’ai ouvert grand mes yeux pour certaines explications auxquelles je n’avais pas pensées.

Vous l’aurez sans doute compris, avec « Utu », je viens de me prendre un second coup de pied dans le cul, une claque magistrale, comme administrée par l’intégralité des All-Blacks.

Si vous aimez les Bisounours et les poneys roses, je vous en conjure, passez votre chemin ! La tendresse est inexistante dans ce roman.

Les cadavres, tout comme les feuilles mortes, se ramassent à la pelle. En deux romans, Férey a commis un génocide de personnages.

Ma seule critique sera pour la fin que je trouve trop ouverte. J’aurais aimé que l’auteur nous en donne un peu plus, ne fut-ce que pour savoir si Osborne allait enfin liquider ses vieux démons ou non… et puis, je suis fâchée parce que Férey a zigouillé une personne que j’aimais beaucoup.

Bon, je vais lire « Picsou Magazine » afin de remettre mes idées en place et d’avoir un peu de douceur après cette saga Maorie. Là, c’est sûr, je vais décommander mes futures vacances en Nouvelle-Zélande… M’est avis que l’Office du Tourisme a moyennement apprécié les deux romans.

Critique publiée dans le cadre du challenge « Thrillers et polars » organisé par Liliba.

Haka : Caryl Férey [Saga Maorie 2]

Titre : Haka                                                            big_5

Auteur : Caryl Férey

Édition : Folio Policier

Résumé :

D’origine maorie, Jack Fitzgerald est devenu flic à Auckland avec l’espoir de retrouver sa femme et sa fille, mystérieusement disparues.

Secondé par une jeune criminologue tout aussi acharnée, il trouvera sur sa route une effroyable série de cadavres liés – ou non ? – à des rites ancestraux, mais surtout la vérité sur les fantômes qui le hantent…

Critique :

On peut dire que le flic Jack Fitzgerald est à la Nouvelle-Zélande ce que le commissaire Erlendur Sveinsson est à l’Islande…

Le parallèle est facile face à deux flics non-conventionnels, ayant souffert tous deux d’une disparition, n’hésitant pas à tutoyer la dive bouteille et menant leurs enquêtes d’une manière un peu particulière et bien à eux.

La différence étant que Jack, métis maori, est aussi un cocaïnomane (et il ne se contente pas d’une solution à 7%, lui !) et que, pour calmer ses rages, il utilise ses poings pour cogner la racaille et autres truands qui lui tombent sous la main. Les interrogatoire, avec lui, c’est sans l’avocat mais avec le tabassage compris dans le prix ! Bon, il a la carrure qui le lui permet aussi.

C’est vous dire que le cas de Fitzgerald est grave et tout à fait désespéré ! Pourtant, j’ai bien aimé ce flic torturé qui n’hésite pas à alpaguer les malfrats par le collet. Quand il fait de même avec des témoins potentiels, ça l’fait moins…

Et voilà que pour lui changer les idées, nous avons une jeune fille retrouvée sur la plage avec – âmes sensibles, veuillez m’excuser – le pubis tranché et le petit triangle rose jeté négligemment plus loin… Gloups !

L’enquête policière de Fitzgerald est remplie de violence et dedans se greffera le passé culturel de la Nouvelle-Zélande, omniprésent dans le roman, nous livrant quelques informations intéressantes, mais avec parcimonie.

Les Maoris ne sont jamais loin et certaines de leurs anciennes coutumes ont de quoi vous couper l’appétit.

Ce roman est sombre, glauque, noir, oppressant, sordide, lugubre,… avec quelques métaphores dans un style d’écriture qui m’a fait penser à Frédéric Dard, mais la comparaison s’arrêtera là.

Moi qui aime, lors de mes lectures de policier, recevoir une bonne claque – pas une claquounette du genre « Fifty shades » avec les formules de politesse – voire un bon coup de pied au cul, je vous avoue que je viens d’être servie au-delà de mes espérances !

J’en suis encore toute retournée ! Encore un peu, le livre m’en tombait des mains.

Les révélations du final sont délirantes, mais pas fantaisistes et j’avais la mâchoire qui béait durant la lecture des dernières pages.

Je dois vous avouer que mon esprit un peu sadique avait émis une théorie sur la disparition un peu trop brutale de la femme et de la fille de Jack et que ma perversité m’avait fait glousser un « tiens, ce serait drôle si… » et puis l’idée un peu folle m’était sortie de la tête et j’avais poursuivi ma lecture.

A un moment, dans ma lecture, j’ai même pensé que je m’étais trompée de personne.

Que nenni ! Mon esprit pervers était bien sur la même longueur d’onde que celui de l’auteur et, bien que j’y ai pensé au début de ma lecture, le fait de lire noir sur blanc, et bien, les bras m’en sont tombés.

Je croyais en avoir fini avec les rebondissements mauvais pour le coeur, vu ce que je venais de me prendre dans la face, mais l’auteur n’en avait pas fini avec moi.

– P***** de b***** de D*** ! me suis exclamée, le souffle court et les yeux hagards (du Nord).

Ce roman, « C’est extraaaa » comme le chantait Léo Ferré, qui n’est pas le cousin de Caryl Ferey ni celui de la gaufrette croustillante à laquelle, dès son appel, on vient au galop.

En tout cas, ce livre porte bien son nom : « Haka » qui veut dire « la danse de la mort »…

Ben, il ne restait pas grand monde pour exécuter quelques pas de danse…

Tiens, « exécuter », que voilà un jeu de mot foireux pour ce roman hallucinant.

A noter que dans ce double roman, il y a un chapitre inédit, uniquement disponible pour cette édition, sous forme de prologue à « Haka » et faisant le lien avec les deux romans.

Critique publiée dans le cadre du challenge « Thrillers et polars » organisé par Liliba.