Belek, une chasse dans le Haut Altaï : Galsan Tschinag

Titre : Belek, une chasse dans le Haut Altaï

Auteur : Galsan Tschinag
Édition : Philippe Picquier Poche (2007)
Édition Originale : ?
Traducteur : Dominique Vuathier

Résumé :
Un journaliste apprend la mort de Belek, un homme simple qui, parvenu au crépuscule de sa vie, tua un loup sans autre arme qu’un gourdin. De retour dans son village natal, il découvre que, sous des dehors anecdotiques, se cache l’un de ces drames qui tissent la vie des petites gens.

A l’orée du village, vit solitairement le vieux Dshaniwek, en butte à l’hostilité générale. C’est pourtant lui que choisit le narrateur pour aller traquer le loup.

Surpris par un orage, tous deux s’abritent dans un ancien campement d’hiver. Interrogé sur le passé des lieux, le vieillard taciturne devient soudain loquace et raconte la déchirante histoire du fils qu’il n’osa jamais reconnaître.

Critique :
160 pages, c’est court, mais il n’a pas fallu deux lignes pour que je parte en voyage dans le pays Touva, extrême sud de la Sibérie (j’y étais déjà avec Sylvain Tesson).

Deux histoires, avec un début et une fin, le genre d’histoire qu’on aurait eu envie d’écouter un soir, devant un feu de camp, tant elles auraient été belles, dites à voix haute.

Deux histoires tragiques, bien entendu.

La première est celle de Belek, un pauvre bougre, un berger qui a été puni alors que les responsables étaient les p’tites bit** qui avaient des armes et voulaient chasser le loup en s’en prenant à des louveteaux sans défense.

Vous situez le genre de pleutres qu’étaient ces quatre kékés ? Des porteurs d’emmerdes et les emmerdes, ça vole toujours en escadrilles. Belek ne le savait pas et il l’a payé cher sans que les autres fussent inquiétés.

C’est une histoire émouvante, une histoire tendre aussi, celle d’une vengeance, celle d’un homme chassé du clan pour une erreur qui ne lui était pas imputable, une histoire de malédiction car dans ces terres, elle règne en maître.

En filigrane, nous aurons aussi de la politique, celle du Parti, des Rouges, mais pas des socialistes comme nous avons maintenant… Non ! Ici, ce sont ceux avec qui il ne faut pas trop discuter et où il ne fait pas bon avoir des biens.

La seconde histoire est celle d’un père qui n’osa jamais reconnaître son fils, qui se pensait voleur alors qu’il ne l’était pas, et celle aussi des Rouges, plus présente, puisque notre vieux Dshaniwek a été un membre important du parti.

La première histoire m’avait emportée loin de Bruxelles, donné des émotions et c’était un peu groggy que j’avais commencé la seconde, pensant, à tort qu’elle serait moins belle.

Elle a tout explosé. Le pays m’a apparu encore plus dur, encore plus violent, surtout ses paysages, ses montagnes, son climat. Une fois de plus, les personnages sont marquants, même les seconds rôles.

Bajak, que l’on regarde jeune garçon, avec l’envie de le fesser va se révéler être un homme de bien, un grand homme, un homme qui voulait juste vivre sans faire de bruit, sans déranger personne, en faisant le bien autour de lui. Mais…

Oedipe à l’envers… Dark Vador et Skylwalker avec plus de brio, de bravoure, de folie, de haine. On devrait détester son père, Dshaniwek, mais c’est impossible. On aimerait agir, intervenir, hurler « non » mais tel un témoin impuissant, les drames vont se jouer sous nos yeux.

J’ai refermé ce petit roman en soupirant car il était déjà terminé… Entre nous, je ne sais pas si j’aurais survécu à une autre histoire de la trempe de ces deux-là.

Une fois de plus, un roman où la Nature est très présente, où les Hommes doivent faire corps avec elle s’ils ne veulent pas mourir.

Deux histoires tragiques dans un pays magnifique pour celui qui le voit dans un reportage, mais en vrai, c’est un pays et un peuple aussi âpre l’un que l’autre car façonné par les vents et le climat rude.

Pour les Nuls et pour se coucher moins bête : La république de Touva est située dans l’extrême sud de la Sibérie. C’est le vingt-quatrième sujet fédéral de Russie en superficie, avec 168 604 km.

Elle est limitée au nord par le kraï de Krasnoïarsk et l’oblast d’Irkoutsk, à l’est par les républiques de Khakassie et Bouriatie, au sud par la Mongolie et à l’ouest par la république de l’Altaï.

En 1944, le Tannou-Touva intègre l’Union soviétique comme oblast autonome de Touva, puis, en 1961, celui-ci devient une république autonome au sein de la république socialiste fédérative soviétique de Russie, appelée république socialiste soviétique autonome de Touva.

La Nuit sous le pont de pierre : Léo Perutz

Titre : La Nuit sous le pont de pierre

Auteur : Léo Perutz
Édition : Le Livre de Poche Biblio (1990)
Édition Originale : Nachts unter der steinernen brücke (1953)
Traducteur : Jean-Claude Capèle

Résumé :
« La belle Esther, l’épouse de Mordechai Meisl, s’éveilla dans sa maison de la place des Trois-Fontaines. La lumière du soleil matinal tombait sur son visage et donnait à ses cheveux des reflets rougeâtres… C’était un rêve ! murmura-t-elle. Et nuit après nuit, c’est toujours le même ! Quel beau rêve ! Mais, loué soit le Créateur, ce n’est qu’un rêve. »

Roman des amours irréelles, roman d’une ville disparue, roman d’une société enchanteresse : dans « La Nuit sous le pont de pierre », Leo Perutz ressuscite, avec une maestria digne des kabbalistes qu’il met en scène, la Prague du XVIIe siècle.

Quatorze tableaux pour peindre les amours merveilleuses de la belle Esther et de l’Empereur, et pour magnifier un monde extravagant, empli de bouffons, d’astrologues, d’alchimistes et de courtisans fébriles, où s’entrelacent les passions.

Critique :
Les nouvelles ne sont pas mon genre littéraire préféré car elles me laissent souvent un goût de trop peu, mais je ne pourrai pas me plaindre de cette frustration dans ce roman.

Un début, une fin, du développement et pas cette sensation de vide lorsqu’on arrive à la dernière ligne de l’histoire.

Non seulement l’auteur a réussi ce tour de force, mais en plus, toutes les histoires s’entremêlent…

Donc, au fil des pages, on retrouve certains des personnages, avec toujours, au centre de tout, le banquier usurier Mordechai Meisl et l’empereur Rodolphe II, roi de Bohème, souverain du Saint-Empire romain germanique.

Rodolphe… L’empereur fantasque qui ne paie pas ses dettes et qui dépense sans compter pour acquérir des tableaux. Bref, le genre de souverain qu’on n’a pas envie d’avoir. Dépensier, mais aussi colérique et qui n’assume pas sa tâche. Encore un qui est payé à ne rien foutre.

Dans les rues de Prague, on entre souvent dans le quartier Juif, de nuit comme de jour et s’il n’est pas question d’argent, d’or ou de cuivre, il est question de magie, de fantastique, de kabbale, de rites secrets et de mysticisme.

Les nouvelles s’enchaînent et hormis quelques unes, sur la fin, que j’ai moins aimé, tout le reste est passé comme une lettre à la poste, un jour où elle bosse, la Poste, bien entendu.

Si la lecture de la première nouvelle laisse le lecteur un peu perdu, ne comprenant pas tout, la lecture des suivantes lui apportera les éclairages nécessaires, mais toujours avec des touches de fantastiques.

Une lecture dont je n’attendais rien, mais qui m’a donné plus que prévu. Une atmosphère délicieusement gothique, fantastique, et une visite de la Prague du XVIème siècle, nous faisant arpenter le quartier Juif, qui fut détruit pour cause d’insalubrité.

Allegheny River : Matthew Neill Null

Titre : Allegheny River

Auteur : Matthew Neill Null
Édition : Albin Michel Terres d’Amérique (02/01/2020)
Édition Originale : Allegheny Front (2016)
Traducteur : Bruno Boudard

Résumé :
Avec « Le Miel du lion », un roman salué par la critique, Matthew Neill Null avait apporté la preuve de son incroyable talent pour saisir le monde sauvage et interroger notre rapport à l’environnement.

Dans Allegheny River, animaux et humains cohabitent au fil du temps, dans un équilibre précaire, au sein d’une nature ravagée par la main de l’homme.

Tour à tour épique et intimiste, c’est un univers de violence et de majesté qui prend vie sous la plume lyrique de ce jeune écrivain.

Ce livre, récompensé par le prix Mary McCarthy, acquiert une dimension universelle, car si le monde qui y est décrit peut nous sembler lointain, une chose est certaine : il s’agit bien du nôtre.

Singulières et puissantes, ces nouvelles, ancrées dans la région des Appalaches, résonnent d’une inquiétante actualité.

Critique :
Décidément, je suis abonnée aux nouvelles, ces derniers jours !

Allez hop, direction l’Amérique et un de ces petites endroits que l’on pourrait qualifier de « trou du cul des États-unis », j’ai nommé les Appalaches.

Ah, Trumpinette vient de twitter que j’étais devenue persona non grata sur le territoire pour ce que je venais de dire. Quand on parle de trou du cul…

Anybref, ces différentes nouvelles illustrent bien l’état d’esprit de ces coins reculés et certaines de ces histoires m’ont touchées, les pires étant celles parlant de chasse…

Putain, mais quel gâchis ! Et dire que nous sommes une espèce dite évoluée… L’évolution n’a pas eu cours chez tout le monde car là, on est en pleine régression de l’être humain.

Bizarrement, si des nouvelles m’ont emportées, émotionnées (6/9), quelques unes ne m’ont pas apporté le plaisir attendu (3/9).

Majoritairement, j’ai pris mon pied, mais la descente est assez raide lorsque l’on passe du trip absolu à une nouvelle qui nous laisse froide.

Pour certaines nouvelles, on se croirait sur des rapides, on est sur des rapides, on a eu une montée d’adrénaline et puis boum, on se retrouve en canot, à la piscine communale avant de repartir, violemment, dans la nouvelle suivante.

Toutes tournent autour de la nature, de l’eau, de la rivière, de la ruralité, des animaux vivants dans ces espaces et de l’Homme qui est capable de tout détruire.

La plume de l’auteur est trempée dans le vitriol, les histoires sont âpres, comme les personnages qui gravitent dans les histoires. Du rural noir en somme.

PS : Mes préférées resteront « Quelque chose d’indispensable », « Le couple », « Ressources naturelles », « La saison de la Gauley », « L’île au milieu de la grande rivière » et « La lente bascule du temps »

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°196.

Transsiberian back to black : Andreï Doronine

Titre : Transsiberian back to black

Auteur : Andreï Doronine
Édition : Manufacture de livres (12/04/2017) / 10/18 Domaine étranger (05/04/2018)
Édition Originale : Transsiberian Back2Black (2015)
Traducteur : Thierry Marignac

Résumé :
« Tokha, un petit mec trapu, gagnait son fric de manière extravagante – attaquant dans le dos des passants isolés, en les assommant par-derrière avec des chats gelés à mort et durs comme de la pierre. »

Un jeune auteur de Saint-Pétersbourg raconte le quotidien tragicomique d’un camé. Sans illusion, sans la moindre sentimentalité inutile, ces récits noirs en grande partie autobiographiques, tragiques et pleins d’humour, font de la grande ville du Nord une métropole anonyme à la beauté lépreuse, et dont les palais tant vantés cachent d’innombrables taudis.

Critique :
♫ You go back to her ♪
♪ And I go back to ♪
♫Black, black, black, black, black, black, black ♫

Avec un titre pareil, il m’était impossible de ne pas penser à la chanson d’Amy Winehouse « Back To Black » que j’adore.

Ce roman est composé de 12 nouvelles et pour une fois, je ne pourrai pas dire qu’elles n’en disent pas assez ou qu’il manque quelque chose puisqu’elles sont en fait des tranches de vie d’un camé.

Trainspotting à la sauce russe ? Oui, tout à fait… La vie des camés est décrite sans concession, sans filtres et c’est glauque, violent, sordide, surtout lorsqu’on s’aventurera dans les bas-fonds de la vielle de Petersbourg.

Par contre, je n’ai pas ri ! Il n’y a rien de risible là-dedans, même si nous sommes souvent face à des situations cocasses, mais elles donneraient plus envie de pleurer devant cette déchéance humaine.

Si je vous parle de rire, c’est parce que sous le 4ème de couverture, il était noté en commentaire : « La noirceur de Transsiberian back to black n’a d’égal que sa légèreté. J’ai rarement autant ri à la lecture d’un texte violent et sordide ».

Là, ne comprends toujours pas car aucune situation ne m’a fait sourire, malgré l’autodérision du narrateur qui n’est jamais que l’auteur qui nous raconte sa vie de drogué, sa vie d’avant.

Pire, si la première histoire m’a plu, le reste m’a plutôt ennuyé, n’arrivant pas à l’attacher à un personnage, même le principal et j’ai fini le roman en sautant des lignes et des paragraphes.

Un roman noir très glauque, cash et trash, rempli de déchéance humaine, d’une vie à se traîner car sous l’emprise de la drogue, à vendre son âme, pour un peu de fric, à ne plus ressembler à un Homme tant la spirale infernale de la poudre blanche les tient dans ses rets.

Ne cherchez pas la lumière, il n’y en a pas. Le récit a indigné des gens car ils ne comprenaient pas comment l’auteur pouvait parler avec autant de légèreté de la drogue.

Malheureusement, il ne m’a pas donné l’ivresse attendue, je n’ai pas plané avec lui. J’aurais peut-être dû le sniffer ou lieu de me l’injecter…

Allez, au suivant !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°166 et le Mois du Polar chez Sharon (Février 2020) [Lecture N°11].

Légendes du mythe de Cthulhu – Tome 1 – L’Appel de Cthulhu : Howard Phillips Lovecraft [LC avec Rachel]

Titre : Légendes du mythe de Cthulhu – Tome 1 – L’Appel de Cthulhu

Auteur : Howard Phillips Lovecraft
Édition : Points (2015) / Bragelonne (epub)
Édition Originale : The Call of Cthulhu
Traducteur : François Bon

Résumé :
Au fond de l’océan, dans la cité maléfique de R’lyeh, l’infâme Cthulhu sommeille en attendant d’imposer son règne sur la terre, tandis que ses disciples préparent son retour. La malédiction qui s’abattit sur Sarnath.

Les créatures étrangers qui peuplaient l’antique cité ont été massacrées par les nouveaux arrivants.

Leur vengeance sera terrible.

Critique :
— Allo ?
— Bonjour, c’est le Cthulhu à l’appareil ! Veux-tu être mon esclave ?
— Non mais dites donc, espèce de bougre de petit mal poli ! J’t’en foutrai, moi, des culs tu lus ! Va fan cthulho. Tu peux te brosser pour que je répète Iä, Iä, Cthulhu fhtagn.

Après Call Of Duty, voici Call of Cthulhu et si c’est aussi un appel, ce n’est pas le même.

Vous n’aurez pas droit à « Cthulhu téléphone maison », mais à « Cthulhu t’aphone la raison » car c’est ce qui arrive à ceux qui tombe sous son pouvoir et qui l’idolâtrent.

Cet espèce de mollusque à tête de pieuvre (ou de calamar, j’ai pas eu le temps de bien voir) et pourvu d’aile de chauve-souris (de dragon ?) est un ancien Dieu déchu qui ronge son frein sur un atoll (les opticiens) perdu dans l’océan Pacifique et il attend son heure qui va venir.

Faut juste un alignement des étoiles et l’affaire est faite. En attendant ce grand jour, des humains dévoyés lui vouent un culte immémorial par le biais de sculptures antédiluviennes qui le représentent.

Ce qui est bizarre, avec cette nouvelle, c’est que l’on nous raconte tout l’histoire par le biais d’un homme qui enquête sur le calamar gigantesque et qui rassemble tous les témoignages qu’il peut.

Ce narrateur ne sera pas le seul car nous lirons, par son entremise, d’autres témoignages sur des phénomènes des plus étranges… Véritable enquête dans une autre enquête, nous suivrons ce Sherlock Holmes de l’étrange rassembler tout ce qu’il trouve sur les phénomènes étranges qui ont touché des tas de personnes à travers le monde.

Je me suis prise au jeu, je me suis immergée dans ce récit qui sentait la crevette et le poisson pas frais (Cthulhu ne doit pas sentir la rose, si ??) et l’angoisse est montée au fur et à mesure de cette courte nouvelle.

Pas au point d’aller se planquer sous le lit ou de vérifier qu’aucune tentacule ne traînait dans mes chiottes, mais à un moment donné, j’ai eu de la chair de poule et non, je ne lisais pas dehors, par -1° !

Tiens, pour votre punition, vous me recopierez ce mantra 100 fois : Ph’nglui Mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn ! Les consonnes en vertes et les voyelles en rouge.

Ce que ce charabia veut dire ? QUOI ? Vous ne parlez pas le R’lyeh ?? Allez, je vous aide : « Dans sa demeure de R’lyeh, le défunt Cthulhu attend en rêvant ».

Afin que vous n’alliez pas vous coucher bête (pour ceux et celles qui n’ont pas encore lu le Cthulhu), je vous ajoute une citation du Necronomicon que je verrais bien gravée sur ma pierre tombale :

N’est point mort celui qui éternellement dort, et en d’étranges éternités, la Mort elle-même peut trépasser.

Une chouette lecture qui manquait à mon tableau de chasse, un choix excellent car c’est court mais intense et maintenant, je peux épingler l’auteur dans mes trophées et dire que maintenant, moi aussi, je sais ce qui dort dans les profondeurs de l’océan Pacifique…

♫ Sous l’océan ♪

Un livre lu avec Rachel, sous sa proposition, dans le but d’arriver à faire une LC où nous serions sur la même longueur d’ondes car niveau LC, nous avons toujours été aux antipodes au niveau de nos avis et de nos ressentis.

Les avatars de Sherlock Holmes – Tome 4 – Élémentaire mon cher Conan Doyle : Collectif

Titre : Avatars de Sherlock Holmes – Tome 4 – Élémentaire mon cher Conan Doyle

Auteur : Collectif
Édition : Rivages Noir (25/09/2019)
Édition Originale : The Big Book of Sherlock Holmes Stories
Traducteurs : Frederic Brument & Gerard De Cherge

Résumé :
« Refermant un livre de Conan Doyle, quel lecteur des aventures de Sherlock Holmes n’a jamais essayé les méthodes du détective sur ses parents, ses amis ou, mieux encore, sur des inconnus croisés dans la rue ? Enfin, soyons honnête, l’expérience se conclut souvent par un échec et le moindre succès doit beaucoup à la chance (…). Il n’y a qu’un Sherlock Holmes. Et qui mieux que Watson, sous la plume de Conan Doyle, pour pasticher l’épisode de déduction élémentaire qui reste la marque de fabrique du maître des détectives ? » (extrait de la préface)

Outre cet « auto-pastiche » de sir Arthur lui-même, le lecteur se délectera des tentatives d’holmésiens érudits comme Leslie S. Klinger, Barry Day et Donald Thomas. Des copies dignes des originaux. À la manière du maître.

Ce volume est précédé d’une préface de Thierry Saint Joanis, président de la Société Sherlock Holmes de France et grand érudit en science holmésienne.

Critique :
Écrire des apocryphes holmésiens à la manière du Maître (Conan Doyle) n’est jamais un exercice aisé. Beaucoup s’y sont essayés mais peu ont réussi brillamment à le faire.

Pour une fois, je n’ai rien à redire à ce recueil d’enquêtes de Sherlock Holmes car les trois pasticheurs ont réussi à le faire au plus proche de la manière de Conan Doyle.

Ce dernier s’était même prêté au jeu du pastiche de son personnage dans une nouvelle intitulée « Comment Watson comprit le truc » qui figurait dans un tout petit livre destiné à une maison de poupée, haute d’un mètre, et destinée en cadeau à la reine Mary, l’épouse de George V.

Anybref, ce recueil de 4 nouvelles est savoureux, se déguste avec une bonne tasse de thé par temps pluvieux, avec un sourire béat de satisfaction affiché sur les lèvres.

Certes, il est toujours difficile de penser et d’écrire comme un auteur, mais certains y sont arrivés et la preuve est dans ce 4ème tome des Avatars de Sherlock Holmes.

On a des références canoniques, des déductions du détective, la nouvelle de Conan Doyle est drôle et fait penser à l’épisode de la Granada « Le patient à demeure » et la fameuse scène d’ouverture chez le barbier où Watson se lançait dans le jeu de la déduction avec Holmes, se plantant royalement.

« L’Affaire de la caisse en bois » aurait pu être tirée du canon holmésien tant elle semble familière, comme si nous l’avions lue un jour dans un recueil des aventures officielles du grand détective londonien.

« L’Affaire du curieux canari » fera connaître à Holmes un échec, comme il en eut quelques uns dans sa carrière, notamment lorsqu’il avait sous-estimé le danger qui menaçait la personne visée.

Quant à « L’Énigme de la main invisible », elle entraînera nos deux compères à Paris, pendant l’affaire Dreyfus (pour le commencement) et nous croiserons Mme Marguerite Steinheil, la maîtresse de celui qui « se voulait César, mais ne fut que Pompée » (Félix Faure), celle qui fut surnommée ensuite « La pompe funèbre ».

Oui, ELLE ! Cette histoire coquine qui donna lieu à ce joli jeu de mot, inventé après, sans aucun doute, que l’on mis dans la bouche (oups) du prêtre appelé à l’Élysée en catastrophe pour administrer les derniers sacrements : « Le président a-t-il encore sa connaissance ? — Non, monsieur l’abbé, elle est sortie par l’escalier de service ».

Dans leur nudité, les deux corps enchevêtrés évoquaient de façon saisissante un détail de quelque tableau figurant un massacre. Félix Faure était un homme bien bâti, séduisant dans le genre robuste. À l’approche des soixante ans, il avait une tête large, des yeux bleu pâle et une longue moustache. Il gisait sur le ventre, nu comme un ver, son corps massif, inerte, affalé d’une manière qui ne pouvait signifier à mes yeux qu’une seule chose. Sous lui, emprisonnée par son poids, sans le moindre vêtement sur le dos, se trouvait Marguerite Steinheil. Son visage et ses épaules étaient mouchetés de gouttes de sang provenant du nez ou de la bouche du mourant.

Anybref, cette enquête, différente des autres, se déroulera sur 10 années, même si, entre temps, Holmes laissa tomber cette histoire pour y revenir le moment opportun.

Assurément, pour ce petit recueil de nouvelles apocryphes, on est dans le haut de gamme. Dommage que ce soit si court, mais quand c’est bon, on peut se contenter d’avoir un goût de trop peu vu qu’on a tutoyé les anges.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°80.

Le pays des petites pluies : Mary Austin

Titre : Le pays des petites pluies

Auteur : Mary Austin
Édition : Le mot et le reste (12/02/2019)
Date publication originale : 1903
Édition Originale : The Land of Little Rain (1903)
Traducteur : François Specq

Résumé :
Ce texte de Mary Austin est l’un des grands classiques de la tradition américaine de nature writing et les critiques de son temps ont comparé sa sensibilité à l’environnement à celles de Thoreau et Muir.

Sa célébration de la beauté du désert la place au commencement de toute une lignée d’écrivains américains qui, de John Van Dyke à Edward Abbey, ont fait porter sur ces régions un regard à contre-courant du désir d’exploitation indissociable de l’histoire de l’Ouest américain.

Se tenant à l’écart tant de l’esthétisme que du sentimentalisme, Austin n’en parvient pas moins, dans une prose sobre mais intense, à évoquer les singuliers pouvoirs d’envoûtement du désert de l’Ouest, tout en laissant entendre de manière poignante la résonance intime du mélange de beauté et de douleur propre à ce lieu.

Critique :
Un peu de douceur dans ce monde de brutes, comme le disait si bien la publicité pour les chocolats dont je ne citerai pas la marque.

Voilà le genre de bande-titre que l’on pourrait apposer sur cet oldies parlant de nature-writing et datant de 1903.

Pour la plupart des gens, dans les déserts, il n’y a rien, pas de vie, pas de flotte, juste la chaleur la journée, le froid la nuit et l’immensité désertique.

À la lecture de ce roman composé de nouvelles, ou plutôt, de petites chroniques, on apprend qu’il n’en est rien et que le désert n’est pas dépourvu de vie et qu’il n’est pas juste une étendu de sable matraquée par le soleil implacable, infernal.

Elles nous parlera des plantes qui y vivent, des oiseaux, de l’eau que l’on peut trouver en creusant un peu et où des aventuriers sont morts de soif alors que s’ils avaient creusé un peu, ils eussent survécu.

Vous pouvez faire confiance aux Indiens pour ne manquer aucune des vertus du monde des plantes !

Elle nous parle de cette fascination que le désert a sur l’Homme, sur la magie qui s’en dégage, sur ses dangers mais aussi sur tout ce qu’il a offrir.

Pour tout ce que le désert prend à l’homme il donne une contrepartie, des respirations profondes, un sommeil profond et la communion des étoiles. Il nous vient à l’esprit avec une force renouvelée, dans les silences de la nuit.

Venez donc vous qui êtes obsédés par votre importance dans l’ordre des choses, et qui ne possédez rien qui n’ayez obtenu sans peiner, venez par les sombres vallées et les collines charnues, jusqu’au pays des jours paisibles, et faites vôtres la générosité, la simplicité et la sereine liberté.

Ça se lit confortablement installé au soleil, pour en sentir sa morsure et ainsi, on peut se laisser porter par le récit fort bien détaillé de l’auteure, imaginer les paysages, sentir les odeurs et se laisser bercer par ses petites chroniques où il ne se passe rien, mais où il se passe bien des choses car on parle tout de même de la Nature.

Telle est l’économie de la nature, mais avec tout cela on ne prête pas assez attention à l’oeuvre de l’homme. Il n’y a pas de charognard qui mange les boites de conserve et nulle créature sauvage ne laisse de telles souillures sur le sol de la forêt.

Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Le livre de Yaak – Chronique du Montana : Rick Bass

Titre : Le livre de Yaak

Auteur : Rick Bass
Édition : Gallmeister Totem (2007/2013/2016)
Édition Originale : The book of Yaak (1996)
Traducteur : Camille Fort-Cantoni

Résumé :
La vallée du Yaak, dans le Montana, est l’un des derniers espaces sauvages des États-Unis, un lieu où cohabitent des ours noirs et des grizzlys, des loups et des coyotes, des aigles, des lynx, des cerfs et même une poignée d’humains.

De cet endroit magique où il vit depuis une vingtaine d’années, Rick Bass dresse le tableau d’une vallée aujourd’hui menacée.

Dans ces récits inspirés, il nous décrit la grandeur de la nature sauvage du Yaak et de ses habitants. Il parvient ainsi à capturer l’âme d’un lieu qui, s’il venait à disparaître, constituerait une perte irrémédiable pour chacun d’entre nous.

Avec Le Livre de Yaak, Rick Bass confirme qu’il est l’un des grands écrivains du Montana et l’une des voix les plus originales de l’Ouest.

Critique :
Nous détruisons nos espaces, nous vidons la Terre de sa substance, nous polluons, nous prenons plus que nous ne rendons, bref, en un mot comme en cent, nous scions la branche sur laquelle nous sommes assis, nous nous tirons une balle dans le pied.

Je ne suis pas née de la dernière pluie, la Terre tiendra le coup, elle en a vu d’autres, elle qui s’est pris des tas de trucs dans la gueule.

Mais les animaux, les végétaux, survivront-ils à notre folie ? Ne sommes-nous pas en train de nous tuer à petit feu en épuisant les ressources de cette planète que nous ne possédons qu’en un seul exemplaire ?

Rick Bass nous offre un plaidoyer pour sauver la vallée du Yaak, Montana. Ne nous y trompons pas, si nous arrivons à changer certains méthodes violentes de coupes à blanc là-bas, ça pourrait donner des bonnes idées à d’autres ailleurs.

On peut rêver, espérer. En tout cas, si on ne sauve pas les dernières vallées sauvages, que restera-t-il comme habitat aux animaux ? Les zoos ?

Vivre dans la vallée du Yaak n’est pas facile, les jours d’été sont longs mais il y a peu de journées, tandis que les jours d’hiver sont courts, mais nombreux. S’adapter au milieu n’est pas facile et l’auteur nous décrit bien la manière de vivre de sa famille, à la dure.

Sans virer vieil écolo bavant toujours les mêmes choses, l’auteur nous conscientise, nous explique le pourquoi il faut sauver cette vallée sauvage avant qu’elle ne soit plus qu’un désert sans arbres, sans animaux, sans rien.

Il nous parle du pourquoi il faut replanter des arbres après les avoir coupés et pourquoi il est inutile de couper des arbres centenaires pour les transformer en papier Q.

À travers tout le récit, on se rend compte que ce n’est pas tellement un plaidoyer pour sa vallée, mais aussi un grand cri d’amour qu’il adresse à cet endroit où il vit depuis un certain temps, s’étant adapté à ses hivers rigoureux, à la présence d’animaux et au rythme des saisons.

Certains passages racontant ses rencontres avec des animaux sauvages sont tout simplement magiques, empreint d’un grand respect pour l’animal, d’humilité aussi.

Non, ceci n’est pas un pamphlet contre la civilisation, non il n’interdit pas les coupes d’arbres, mais il préconise plus de le faire avec raison, correctement, en réfléchissant un peu et surtout, d’arrêter de confier ces coupes à des grosses sociétés avides de rentabilité.

Ses arguments sont étayés, expliqués, prouvés et plein de bon sens. On est loin de ceux qui crient qu’il faut arrêter de polluer alors que tous possèdent des smartphones, des télés, des PC, des voitures et qu’ils les utilisent en masse.

Moi aussi je pollue et même si j’essaie de faire attention, je sais que je passe sans doute à côté de choses énormes que je n’ai même pas vues, que je pense que c’est bien alors que je me goure. L’enfer est pavé de bonnes intentions.

J’ai exploré bien souvent l’Amérique profonde, celle des red neks, des loosers, des laissés-pour-compte, mais là, j’ai exploré une autre profondeur de l’Amérique, celle de ses grands espaces, de ses paysages magnifiques, de ses forêts, de sa faune et sa flore, qui, si on ne les protège pas, disparaîtront tout à fait en entraînant des conséquences qui pourraient être terrible pour tout être vivant.

L’amour et autres blessures : Jordan Harper

Titre : L’amour et autres blessures

Auteur : Jordan Harper
Édition : Actes Sud (2017)
Édition Originale : Love and Other Wounds (2015)
Traducteur : Clément Baude

Résumé :
Un homme fuyant sa tombe s’engouffre dans un maelstrom de balles et de flammes.

Un “nettoyeur” de Hollywood découvre l’amour devant le cadavre d’une célébrité morte.

Une femme pathologiquement obèse se rêve une nouvelle vie avec le voleur qui projette de cambrioler la bijouterie dans laquelle elle travaille…

Des ateliers de drogue minables dans les Ozarks aux combats de chiens de Detroit, en passant par les demeures luxueuses des stars de Los Angeles, Jordan Harper dépeint le petit peuple des ombres et des hors-la-loi.

Les uns sont en cavale, poursuivis par la police ou un passé qui leur colle dangereusement aux basques.

D’autres cherchent un semblant de paix et de stabilité, d’amour même, dans un monde fracassé où règnent une violence folle et un désespoir permanent. Tous sont abîmés, acculés, proches de leur point de rupture.

Critique :
L’art de la nouvelle est d’aller à l’essentiel sans s’embarrasser des détails, de plonger le lecteur dans l’action directement, si possible de manière brutale afin de le secouer et de ne pas lui laisser de possibilité de faire demi-tour.

Toutes les nouvelles ont commencé de manière violente et en quelques phrases, l’auteur vous en dit assez pour que vous compreniez l’épisode que vous êtes en train de lire.

Oubliez l’Amérique des cartes postales, celle que l’agence de voyage vous proposera car ici, nous sommes dans le roman Noir dans toute sa splendeur : laissés-pour-compte, loosers, brutes, tueurs, drogués, camés, dresseur de chiens de combats…

Anybref, le genre d’Amérique que l’on ne voudrait pas visiter autrement qu’en lecture et si l’agence de voyage du coin vous proposait un tel programme, je ne puis que vous crier « Fuyez pauvres fous ».

Par contre, en roman noir, savourez ce recueil de nouvelles avec un petit café serré, sans sucre, même si, de temps en temps, un peu d’édulcorant pourrait venir assouplir l’amertume de votre petit noir serré.

C’est court, on se sent toujours un peu grugé lorsqu’arrive le mot fin car toutes ses nouvelles ont du potentiel pour faire des minis romans, mais c’est ainsi avec ce genre de littérature : vite plongé dans le bain mais vite sorti.

Malgré tout, on n’en ressort pas vraiment intact, l’humidité poisseuse dans laquelle on a trempée nous collera à la peau durant un moment.

C’est court mais c’est intense, pas le temps de respirer qu’on est déjà à la suivante, pas le temps de reprendre son souffle que l’uppercut arrive déjà sur nous et pas moyen de l’esquiver.

Un recueil de nouvelles aux textes bruts de décoffrage, sans concessions aucunes, uppercutants et d’une efficacité redoutable.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2019-2020) – N°6.

Écouter le noir : Yvan Fauth & Collectif

Titre : Écouter le noir

Auteurs : Yvan Fauth & Collectif
Édition : Belfond (16/05/2019)

Résumé :
Les grands noms du thriller français mettent nos sens en éveil.

Treize auteurs prestigieux de noir sont ici réunis et, si chacun a son mode opératoire, le mot d’ordre est le même pour tous : nous faire tendre l’oreille en nous proposant des récits qui jouent avec les différentes définitions de l’audition.

Dans ces nouvelles, ils ont donné libre cours à leur noire imagination pour créer une atmosphère, des personnages inoubliables et une tension qui vous happeront dès les premiers mots… et jusqu’à la chute.

Éclectique et surprenant, ce recueil renferme onze expériences exceptionnelles de lecture.

Laissez-vous chuchoter à l’oreille, venez Écouter le noir.

Critique :
Écouter le noir… Dit ainsi, on pourrait croire que l’on parle mal des gens de couleurs. Honni soit qui mal y pense !

Ici, on écoute le noir qui est un genre littéraire, celui qui a un contexte social mis en avant et en règle générale, ce n’est pas celui des gens friqués.

Mais peut-on ouïr un livre ? Peut-on écouter un roman qui n’est pas en audio ? Peut-on écouter en lisant ?

Oui à tout. J’ai ouï et j’ai joui de plaisir littéraire (Yvan, gaffe à tes fesses si Chouchou apprend qu’un autre que lui m’a fait ouïr de plaisir – MDR).

Michel Sardou le chantait déjà, tiens : ♫ Et ouïr, de plaisir, et ouïr, de plaisir ♪

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à notre recueil de 11 nouvelles écrites par 13 auteurs (ça porte chance)…

Les nouvelles, un genre peu apprécié dans nos contrées, plus mises en valeur chez les Américains ou les Anglais.

Moi, je les trouve toujours trop courtes, je les aimerais plus longues, j’ai l’impression de subir une cassure lorsque le mot fin apparaît, toujours trop tôt et de devoir abandonner des personnages auxquels je venais juste de s’habituer. En un mot, frustrant.

Les seules nouvelles que j’apprécie sont celles qui contiennent une enquête de Sherlock Holmes car là, je suis sûre d’avoir un début, une fin fermée et de retrouver des personnages que je connais. Tandis qu’ailleurs, rien n’est moins sûr.

Bardaf, la première nouvelle écrite par Barbara Abel et Karine Giebel me scotche sur ma chaise, m’emporte au loin, me fait suffoquer, me fais supplier un happy end avant de me laisse pantelante sur le bord de la route à imaginer les conséquences d’un tel manque de malchance, d’un tel concours de circonstances.

Sa chute est à la hauteur de celle que j’ai faite pour son final. Après ça, tu fais une pause, tu bois un coup et tu y reviens, mais doucement, de peur de subir encore des émotions un peu trop forte pour ton petit coeur. Ça commençait très fort.

Hormis la nouvelle SF des Cam/Hug, toutes les autres m’ont surprises, éreintée, remuées, dérangées (surtout celle de Lebel, j’aurais bien fracassé les crânes du flic et de l’agresseur sexuel), celle de Ellory m’a laissée sans voix et la dernière, celle de Cédric Sire m’a laissé un goût métallique en bouche.

Toutes étaient d’excellentes factures, toutes étaient un plaisir à lire. La plus soft étant celle de Romain Puértolas et ça a fait du bien un peu de douceur dans ce monde de brutes.

Non, je n’en veux pas aux auteurs de m’avoir mis la tête et les oreilles en vrac, par contre le directeur de cette audition entre maintenant sur ma kill-list, aux côtés d’autres auteurs à qui je garde un chat de mon chien, ou de mon cheval. Ils se reconnaitront…

Yvan, mon barbu préféré, j’ai fait un challenge de fou à moi toute seule, mais le tien était encore plus dingue que le mien, tout aussi risqué mais je vois que tout comme Norek, tu as eu les couilles (Domi, si tu me lis, rien de sexuel là-dedans), tu as osé et tu as réussi ce tour de force qui était de réunir des auteurs autour d’un thème bien précis (l’audition) et, écoutes-moi bien, c’est foutrement putain bien réussi.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2019-2020).