Knockemstiff : Donald Ray Pollock

Titre : Knockemstiff

Auteur : Donald Ray Pollock
Édition : Phebus Libretto (2010)
Édition Originale : Knockemstiff (2008)
Traducteur : Philippe Garnier

Résumé :
Knockemstiff – littéralement « étale-les raides » – existe vraiment. Ce n’est pas la moindre bizarrerie de ce premier livre de Donald Ray Pollock.

En référence aux classiques de Sherwood Anderson, les histoires racontées ici sont toutes liées à ce bourg.

Mais les turpitudes et les hypocrisies individuelles de Winesburg, Ohio, sur lesquelles écrivait Anderson en 1919, paraissent soudain bien pâles devant les visées de tante Joan sur un paumé défoncé à la Bactine, devant Daniel, le violeur de poupées, ou encore devant la Fish Stick Girl, qui serait le meilleur plan de la région, si elle n’avait pas la manie de trimballer des beignets de poisson pané au fond de son sac.

Plus encore que les camionneurs speedés, les fondus de la fonte ou les papys Alzheimer qui peuplent Knockemstiff, c’est l’humanité atrocement comique de ces personnages qui dérange.

Donald Ray Pollock est assurément la voix la plus singulière et la plus exaltante de la nouvelle littérature américaine depuis Larry Brown ou Chuck Palahniuk (lui-même fan de Pollock).

Certaines de ses histoires tachent comme le péché ou le mauvais vin, et vous collent à la peau, même après plusieurs douches.

Critique :
Dire que je trouvais que le roman « Kentucky straight » de Chris Offutt était peuplé de crétins pathétiques, de loosers fabuleux, de débiles congénitaux, d’une bande de ploucs irrécupérables…

Et bien, figurez-vous que je viens de tomber sur pire qu’eux ! D’ailleurs, face aux habitants de Knockemstiff (Ohio), ceux de Kentucky Straight sont fréquentables, c’est vous dire.

Je vous préviens de suite, après avoir terminé ce roman, vous vous sentirez poisseux et aurez juste une envie : vous doucher et vous récurer à la brosse en crin tant les gens sont crasseux mentalement.

Ici, il n’y a rien à faire, si ce n’est avoir des relations incestueuses, tuer des gens, boire de la bière bon marché, se shooter avec tout ce qui passe, laisser traîner des bâtonnets de poissons panés au fond de votre sac à main, traiter son gamin de gonzesse, lui apprendre à se battre, violer des poupées, fuguer,…

Je descendais juste des Mitchell Flats avec trois pointes de flèches dans ma poche et un serpent copperhead mort qui me pendait autour du cou comme un châle de vieille bonne femme, quand j’ai surpris un gars nommé Truman Mackey en train de baiser sa petite soeur dans Dynamite Hole.

Déjà, en temps normal, parler au vieux c’était comme d’être enfermé dans l’ascenseur avec un cannibale qu’on n’aurait pas nourri depuis trois jours.

« Tu t’es bien défendu », je me répétais, encore et encore. C’était la seule chose que mon père m’ait jamais dite que je n’ai pas essayé d’oublier.

Ne jamais sortir de ses eaux territoriales, ne jamais explorer une ville voisine. Rester en vase clos (et se reproduire). De toute façon, celui qui a fugué pour tenter sa chance ailleurs est tombé sur un camionneur bizarre et sordide.

Toutes ces belles choses, vous le retrouverez dans ce roman composé de nouvelles toutes plus sordides les unes que les autres.

Je ne suis pas toujours fan des nouvelles, mais ce format va à merveille pour ce genre de récits car il permet de remonter à la surface pour prendre une goulée d’air avant de replonger dans la noirceur poisseuse, style cambouis épais, d’une autre nouvelle.

Le fait qu’elle restait avec moi était juste une autre preuve de son indolence. Dans une société plus évoluée, on nous aurait probablement tués tous les deux pour nourrir les chiens.

Au total, il y en a 18, toutes du même acabit car l’auteur nous dresse des portraits au vitriol de cette petite ville qui existe vraiment et où on ne voudrait pas passer ses prochaines vacances, ni en être originaire.

Même les célèbres Barakis de chez nous sont moins atteints que ceux qui hantent ces pages. Pourtant, dans le fond, ils ont le même mode de vie : chômeurs, alcoolos, vivant dans des caravanes pouraves, portant le training… (Je vais me faire lyncher, là).

…on était toujours fauchés. Arrivée la fin du mois, on était à court de tous les trucs essentiels qui rendent la vie tolérable – confiseries, glaces et cigarettes – et je me mettais à insinuer à Dee qu’il serait peut-être temps de vendre un peu de sang. C’était le seul type de travail que j’arrivais à lui faire faire. Le mien ne valait rien à cause de mon hépatite, mais celui de Dee était AB négatif et encore sans pathogènes, alors les techniciens l’accueillaient à bras ouverts.

Droit debout en calcif devant le duplex rose fané qu’il louait avec Geraldine, Del a émergé de sa vape en train de pisser dans l’herbe cuite du mois d’août. C’était ça l’ennui de revenir à soi : la minute d’avant il avait autant de cervelle qu’une carpe en train de mastiquer de la merde à fond de Brain Creek, et pop, une lueur s’allumait et voilà qu’il se retrouvait sur la terre ferme, surpris dans une position embarrassante ou une autre.

Des récits sombres de déchéances humaines, des portraits de gens dont on ne voudrait pas croiser la route, des pères qui gagneraient à passer l’arme à gauche tant ils font subir le pire à leurs gosses, des femmes qui auraient gagné à se casser la jambe le jour où elles ont rencontrés leurs maris et le col de l’utérus le jour où ont couplés ensemble.

Si elle dirigeait toutes les pines qui lui sont passées dessus pointées vers l’extérieur, elle ressemblerait à un foutu porc-épic.

Je me suis réveillé en croyant que j’avais encore pissé au lit, mais c’était juste une tache collante, là où moi et Sandy on avait baisé la veille.

Des récits sombres, violents, poisseux dont il fallait le talent de conteur de Donald Ray Pollock pour arriver à les mettre en toutes lettres tant ils sont à la limite du supportable, ou alors, il faut déconnecter son cerveau et ne pas trop penser lorsqu’on lit car ceci n’est pas vraiment de la fiction mais la réalité dans ses tristes oripeaux.

18 nouvelles trash, 18 nouvelles noires, peuplées de personnages tous plus tarés les uns que les autres, tous irrécupérables, de personnages que l’on croisera au détour d’une autre nouvelle, et qui viendra confirmer que oui, même lui était irrécupérable.

18 nouvelles sordides où l’Homme ne veut pas s’élever au-dessus de sa condition, préférant barboter dans sa crasse, sa misère, son petit train-train banal et nauséabond.

18 nouvelles qui dérangent et qui grattent là où ça fait mal.

Néanmoins, j’avais préféré ses deux romans « Le diable tout le temps » et « Une mort qui en vaut la peine » qui, tout en étant aussi sordide et nauséabond, m’avaient plus emballé.

Il avait besoin de cheveux longs. Sans eux, il n’était qu’un sinistre bouseux mal fichu de Knockemstiff, Ohio – lunettes de vieux, acné en germes, poitrine de poulet. Jamais essayé d’être quelqu’un comme ça ? À 14 ans, c’est pire que la mort.

J’ai soulevé les couvertures un chouïa, passé mon doigt sur le KNOCKEMSTIFF, OHIO bleuté que Sandy s’était tatoué comme un panneau routier sur son cul maigrichon. Pourquoi ces gens ont besoin d’encre pour se rappeler d’où ils viennent, ça restera toujours un mystère pour moi.

Je m’étais encore jamais trouvé dans personne, et quand je me suis mis à jouir, c’était comme si plus rien de ce que j’avais connu avant avait d’importance. Toutes les années de vache enragée et de solitude coulaient hors de moi et bouillonnaient dans cette petite fille comme une source sortie d’un flanc de colline.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

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Kentucky straight : Chris Offutt

Titre : Kentucky straight

Auteur : Chris Offutt
Édition : Gallmeister Totem (03/03/2018)
Édition Originale : Kentucky straight (1992)
Traducteur : Anatole Pons

Résumé :
« Personne sur ce flanc de colline n’a fini le lycée. Par ici, on juge un homme sur ce qu’il fait, pas sur ce qu’il a dans la tête. Moi, je chasse pas, je pêche pas, je travaille pas. Les voisins disent que je réfléchis trop. Ils disent que je suis comme mon père, et maman a peur que peut-être ils aient raison. »

Ce sont des histoires de mineurs et de sorciers, de joueurs et de cultivateurs de marijuana, des contes tragiques et étranges enracinés dans le réel.

Le Kentucky est vu et raconté sans le vernis de la nostalgie : une petite communauté anonyme des Appalaches, trop petite pour être qualifiée de ville, un endroit où réclamer une éducation scolaire est la marque d’une arrogance impie et chercher de l’eau avec une baguette de coudrier, une occupation normale et légitime ; où chasser n’est pas un sport mais un moyen de survie.

Critique :
Ce petit recueil de nouvelles met en scène des loosers de chez loosers, tous issu du Kentucky, qui, au vu de que je viens de lire, ne possède pas beaucoup de lettrés !

D’ailleurs, là-bas, terminer ses études et être intelligent, c’est assez mal vu. Être instruit aussi, passer ses examens, être Noir…

Un fameux ramassis de frappadingues, de zinzin de la religion, de tarés à aller pendre tant leur pouvoir de réflexion vole plus bas que le derrière d’un cochon.

Pas un à sauver, hormis quelques uns qui se démarquent de tous ces autres largués de l’existence possédant 2 neurones.

Ici est le territoire de nos fameux Hillbillies ! Et l’auteur nous propose 9 tranches de vie de ces gens qui ont un mode de vie et de pensée particulier.

Sans de chichis, sans fioritures, sans enjoliver ou présenter ses récits avec des circonstances atténuantes, l’auteur nous décrit sa région et ses gens, tels qu’ils sont, avec un réalisme qui fleure bon la fiction tant il nous semble impossible qu’il y ait encore des gens qui se comportent ainsi.

Malheureusement, avec des nouvelles, il y aura toujours un goût d’inachevé, un goût de trop peu, un goût de « J’en voudrais encore s’il vous plait » car j’aurais aimé savoir ce qui allait se passer ensuite pour certains personnages auxquels j’ai réussi à m’attacher en si peu de pages (Junior et Vaughn, surtout).

Dans ces pages, exit le rêve américain, exit les bienfaits de l’éducation nationale et de l’éducation tout court. La croissance économique les a oublié, l’Amérique aussi, même la Bonne Fée doit être en grève ou les bouder tant la misère sociale et intellectuelle est immense chez eux.

Les histoires contées pourraient même être banales tant elles sont simplissimes (une partie de poker, un camion embourbé, un examen à passer, une partie de chasse qui tourne mal, une voiture désossée…).

Ce qui en fait des histoires à faire froid dans le dos, c’est la manière dont Offutt les raconte : plantant ses décors en y incorporant ses personnages avec leur manière de vivre, de penser, de réfléchir, de vivre…

Des histoires simples, mais des histoires noires. Une réalité sociale qui fait froid dans le dos car elle n’est pas issue de la fiction ou du cerveau fécond d’un auteur, mais juste un simple reflet de la réalité.

À savourer avec un alcool fort afin de faire passer le pilule.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Ce qui désirait arriver : Leonardo Padura [LC avec Rachel]

Titre : Ce qui désirait arriver

Auteur : Leonardo Padura
Édition : Métailié (06/05/2016)
Édition Originale : Aquello estaba deseando ocurrir (2015)
Traducteur : Elena Zayas

Résumé :
En quelques mots, on y est. Cuba, La Havane, comme un regret sans fond, comme la musique d’un vieux boléro. Un doigt de rhum Carta Blanca (quand il en reste), soleil de plomb, solitude. Magie des décors qui n’ont pas besoin de description, ou si peu.

Les héros de Padura sont des tendres ; ils se heurtent à la société, au destin, au temps qui passe ; à ce désir qu’ont les choses, souvent, d’arriver contre notre gré, sans nous consulter. Ainsi, les toits qui s’effondrent, les pénuries de rhum, le départ intempestif d’êtres aimés.

On trouve de tout dans ce recueil de nouvelles, amours bêtement gâchées, soldat en fin de mission à Luanda, archange noir, nuits torrides, jeunes gens désœuvrés, fonctionnaires désabusés, souvenirs cuisants…

On trouve surtout le sel des romans de Leonardo Padura, sa marque de fabrique : l’humanité qui irradie à chaque ligne, la nostalgie des vies qu’on ne vit pas, et l’art suprême de nous plonger dans une île qu’on emporte toujours avec soi.

Critique :
Caramba, encore raté !

Je pense qu’il ne me reste plus qu’à aller me noyer dans la baignoire à mojitos d’Anne-Ju pour oublier cette nouvelle défaite avec Leonardo Padura.

Zut alors, moi qui voulais conclure avec lui, moi qui rêvais de ressentir ce que deux copinautes avaient ressenti en lisant ses romans, et bien, c’est loupé !

Ce n’était pas la première fois avec lui et notre premier essai n’avait pas été concluant.

Je ne dirais pas que j’avais regardé le plafond et pensé à mes factures, mais j’avais été soulagée d’arriver à la fin de notre petite affaire, pas vraiment enchantée de ce que l’auteur m’avait montré durant l’exercice.

Puis les copinautes m’ont dit que puisque j’étais tombée de cheval, je devais remonter en selle au plus vite, mais en choisissant un autre bourrin que ceux de la quadrilogie des saisons.

Une fois de plus, donc, je me suis retrouvée avec Padura, choisissant, pour cette remontée en selle, un recueil de nouvelles. Pas folle la guêpe, les nouvelles, c’est court et si on n’en aime pas une, on peut zapper vers la suivante.

Une fois de plus, j’ai admiré les mouches au plafond, pas conquise par son style, sa prose, ses personnages.

Je mentirais en disant que je n’ai pas apprécié au moins deux nouvelles : « La porte d’Alcalá » et « La mort heureuse d’Alborada Almanza » qui étaient agréables à lire et ne m’ont pas endormies comme les autres (autres que j’ai fini par abandonner, entre nous).

Dommage, parce que j’aurais aimé partir à la découverte du Cuba sombre avec l’auteur, en apprendre plus sur la vie au pays du cigare à Fidel et de l’embargo américain à cause de baies qu’on aurait donné aux cochons…

Heureusement, l’auteur n’est pas avare d’explications et dans les cinq nouvelles que j’ai lues, j’ai déjà eu un aperçu de la vie peu glorieuse et misérable que vivent les cubains.

Au vu de ces deux échecs cuisants avec le sieur Leonardo Padura, je ne retenterai sans doute pas l’expérience, bien qu’on m’ait dit le plus grand bien de « Hérétiques ».

Je suis venue, je l’ai lu et ça n’a pas conclu !

LC avec Rachel, grande amatrice de Padura.

 

Sherlock Holmes revient : Yves Varende

Titre : Sherlock Holmes revient

Auteur : Yves Varende
Édition : Fleuve Noir (1996)

Résumé :
1904. Tandis que le docteur John H. Watson se consacre à sa dernière épouse et à sa clientèle, Sherlock Holmes quitte sa retraite des Sussex Downs pour reprendre sa carrière de détective consultant à Baker Street.

Le monde et la pègre ont évolué.

Loin des yeux de son habituel biographe, le quinquagénaire gentleman victorien va vivre quelques-unes de ses plus prodigieuses aventures avec un jeune et mystérieux assistant, Barry Taxon…

Ces enquêtes inédites en français ont été proposées par les polygraphes berlinois des Dossiers secrets du Détective Mondial, de 1907 à 1911, puis par leurs adaptateurs hollandais des Harry Dickson.

Six courts romans étonnants, pleins d’humour, de péripéties surprenantes et de personnages hors du commun, révèlent l’activité inconnue du prestigieux limier avant son duel avec Von Bork, l’espion du Kaiser.

Critique : 
Rendons à César ce qui lui appartient et mettons les choses au point une fois pour toute !

Une arnaque de plus ? Oui, un peu… Qui a dit beaucoup ? Un chocolat pour la personne.

Le livre ne vaut pas un bon Conan Doyle et il aurait mieux fait de s’intituler « Harry Dickson revient », cela aurait été mieux avec cette identité dans le titre parce que Holmes n’est pas à sa place ici.

En lisant le livre, on a vraiment l’impression de découvrir de nouvelles traductions des aventures du « Sherlock Holmes américain » (Harry Dickson, donc) dont l’auteur aurait inscrit Sherlock Holmes en lieu et place d’Harry Dickson (parce que ça se vend mieux ?).

J’ajouterai que l’assistant de Holmes se nomme Barry Taxon… Un nom à coucher dehors et ce n’est pas la première fois que je retrouve cet assistant, notamment dans d’autres pastiches dilués où il prénommait Harry Taxon (dans la série des « Sherlock’s Story » et dans « Les triomphes de Sherlock Holmes).

Comme l’auteur se plaît à le mentionner, on avait interdit à l’époque d’utiliser le nom de « Sherlock Holmes » sur la page couverture mais on n’avait jamais mentionné l’obligation de ne pas l’utiliser à l’intérieur non plus.

Nous retrouvons donc Holmes en compagnie d’un jeune élève du nom de Barry Taxon. Il a décidé de quitter ses chers abeilles et de combattre le crime encore une fois. Oui, une fois de plus, c’est à un Holmes vieillissant que nous avons affaire.

Avec un jeune, il aurait fallu le bon vieux Watson… Et là, on voulait un Taxon… Taxons tout cela de mauvais goût.

Malheureusement, les enquêtes racontées ici ne sont pas de la trempe de Conan Doyle ou d’autres bons pasticheurs et je me suis ennuyé du Docteur Watson tout au long de ma lecture. Oui, le brave docteur m’a manqué.

Il est facile pour un écrivain de notre époque de prêter des dons de clairvoyance à Holmes sur l’évolution de l’espèce humaine, mais cela enlève le cachet si personnel et si charmant de l’époque.

Donc, à lire si vous le voulez vraiment… Si vous avez un côté maso, comme moi…

PS : vous avez le droit de sauter des pages !!!!

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Les dossiers secrets de Sherlock Holmes : June Thomson

Titre : Les dossiers secrets de Sherlock Holmes

Auteur : June Thomson
Édition : Le Masque (1995)
Édition Originale : The Secret Journals of Sherlock Holmes
Traducteur : Albert Pigasse

Résumé :
Pour diverses raisons, le docteur John H. Watson avait préféré soustraire à la publication le récit de certaines enquêtes menées par son célèbre ami Sherlock Holmes.

Mais ces notes inédites, après bien des avatars, ont été sauvegardées grâce aux soins d’un autre Watson, docteur en philosophie. Il a légué les précieux textes à sa nièce, qui a décidé de les publier…

Ainsi le voile se lève-t-il aujourd’hui sur des énigmes auxquelles l’œuvre de sir Arthur Conan Doyle ne faisait que de brèves allusions…

Pour le plus grand plaisir des fanatiques du Maître, toujours aussi fascinés par les extraordinaires déductions du cerveau le plus puissant de toute la littérature policière…

– Préface (par Audrey B. Watson)
– L’affaire du millionnaire persécuté
– La démence du colonel
– La tragédie Addleton
– Le brocanteur terrorisé
– La rixe à bord du Friesland
– La succession Smith-Mortimer
– Le scandale Maupertuis
– Appendice (par John F. Watson)

Critique : 
La malle en fer blanc du docteur Watson est comme le tonneau des Danaïdes, elle est sans fond !

Mais au lieu de la remplir sans fin, on en extirpe sans fin des nouvelles histoires de Holmes, faisant comme si elles n’avaient jamais pu être publiées de son vivant.

Nous aurons donc le plaisir de lire des pastiches jusque la fin des temps. Ou du moins, jusqu’à l’heure de notre mort.

Qui a dit « amen » ??

C’était un bon recueil de nouvelles !

Pas de panique, il est toujours un bon pastiche, mais j’utilise l’imparfait parce que cela faisait plus de 20 ans que je l’avais lu. Et j’avais tout oublié.

June Thomson est une auteure de pastiches holmésiens qui prend plaisir à glisser ses histoires dans des espaces laissés vides par Conan Doyle : les célèbres « untolds stories » dont je vous ai mainte et mainte fois parlé.

Pour les endormis du fond, les untold stories sont les histoires dont Watson parle dans le canon holmésien, mais sans jamais nous les expliquer. Du sadisme pur, comme je l’ai déjà dit.

Vu leur nombre, il y a là matière à écrire ! Ce que madame Thompson a fait dans ce recueil, pour mon plus grand plaisir. Peut-être aussi pour le votre, mais ça je ne le sais pas.

Ainsi, nous découvrons le vieil Abraham, que Holmes ne peut « laisser dans sa frayeur », au cours de « La disparition de Lady France Carfax » de Doyle. « La disparition » est une aventure canonique, mais l’auteure a trouvé manière à nous raconter une histoire en sus.

Non, pas pour le même prix… Fallait acheter ce recueil que l’on ne doit plus trouver que sur les brocantes.

Autre exemple : « La succession Smith-Mortimer » est une untold stories qui mentionnée dans « Le pince nez en or » mais jamais racontée, nom de Zeus ! Maintenant, si, mais malgré tout le talent des auteurs, jamais ils n’auront la patte de Conan Doyle, ni ne se mettront dans sa tête.

Anybref, durant la lecture des différentes nouvelles, il y a des tas de références sous forme de rappels des lieux visités par Holmes, sous la plume de son père non aimant, Conan Doyle.

Le livre est plutôt conseillé aux holmésiens qui approfondiront leur savoir et satisferont leur curiosité ou aux amateurs de Holmes qui se contentent de lire ses aventures sans approfondir le mythe et s’arracher les cheveux sur les erreurs des textes, des dates,…

Attention, rien n’empêche un non initié de découvrir la plume de madame Thompson et de lire la geste holmésienne ensuite. Ce sera une jolie découverte pour lui ou elle.

Je conseillerais, malgré tout, de commencer par les récits canoniques, autrement dit, A.O.C ! Ceux de A.C.D.

Le ton du livre est envolé, vif et quelques déductions peuvent sembler un peu hâtives.

L’écriture convaincante de l’auteur suffira à les faire admettre dans l’immédiat, d’autant que, dans certains cas, ce sont des déduction d’ambiance, juste pour le fun et pas nécessaires à la résolution des intrigues principales.

June Thomson maîtrise parfaitement la forme canonique, mais c’est aussi une réelle auteur de polar : les intrigues sont bien agencées, les descriptions sont « juste bien » pour ne pas lasser, le format « nouvelle » est bien rythmé et il convient très bien à Holmes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Les carnets secrets de Sherlock Holmes : June Thomson

Titre : Les carnets secrets de Sherlock Holmes

Auteur : June Thomson
Édition : Le Masque (1993)
Édition Originale : The Secret Chronicles of Sherlock Holmes
Traducteur : Jef Tombeur

Résumé :
SIR Arthur Conan Doyle n’avait pas tout dit des enquêtes menées par le plus renommé des résidents de Baker Street et pas son inséparable compagnon, le fameux Dr WATSON.

Élémentaire …

Au hasard des successions et des péripéties de la vie, une pleine malle de cahiers en est venue à tomber dans les mains d’un obscur orthodontiste, du nom de Watson lui aussi. Il les fait publier.

Ainsi nous sont révélées les solutions d’énigmes encore inconnues, dans un Londres où le pas des chevaux des cabs s’étouffe dans le smog.

Et où le bon Mr Holmes nourrit ses réflexions des senteurs du tabac de sa pipe et des charmes sulfureux de ses chères seringues…

– Préface
– L’affaire de la chambre Paradole
– L’affaire du prodigieux Jacquemart
– L’affaire de la pie voleuse de Maplestead
– L’affaire du spécialiste de Harley Street
– L’affaire de la vieille servante russe
– L’affaire de l’empoisonnement de Camberwell
– L’affaire du rat géant de Sumatra
– Appendice (par John F. Watson)

Critique :
Ah, la bonne vieille boîte en fer blanc appartenant au docteur Watson… Ou la malle, ça marche aussi…

TOUS les auteurs d’apocryphes holmésiens ont commencé leurs préfaces par de vieilles valises, des vieilles malles, des vieilles boîtes, des lettres, trouvée chez un notaire ou dans un coffre à la banque… à croire que Watson en a semé partout.

Bref, c’est dans une boîte en fer blanc que l’on retrouve ces carnets appartenant au brave docteur Watson et ces aventures ne pouvaient être publiées du vivant des protagonistes.

Je peux concevoir qu’il n’y a pas 36 manières différentes d’aborder le fait que l’on publie une nouvelle du Docteur Watson lorsque l’on sait qu’il ne publia que 4 romans et 56 nouvelles !

June Thomson est toujours aussi savante dans sa connaissance canonique et c’est toujours intéressant de les découvrir ou de se replonger dedans, comme je le fais maintenant.

Ai-je vieilli ? Suis-je moins encline en prenant de la bouteille ? Mais il me semble que les nouvelles n’étaient que d’un intérêt moyen.

En fait, ce recueil de nouvelles est composé de ce que l’on appelle des untolds stories, c’est-à-dire des histoires nommées par Watson dans le canon, mais jamais narrées par lui, comme ce fut le cas avec l’histoire du « Rat géant de Sumatra » (cette histoire « à laquelle le monde n’est pas encore préparé » comme le disait si bien Holmes).

Watson, sale garnement, nous mettait l’eau à la bouche dans le canon avec des titres d’enquêtes qu’il ne nous raconterait jamais. Sadique !

Anybref, ça se lit avec plaisir, mais rien d’exceptionnel non plus.

La nouvelle sur le fameux Rat Géant de Sumatra qui termine l’ouvrage, est assez crédible, sauf en ce qui concerne le mobile. Fallait vraiment avoir la dent dure et la rancune tenace !

Un recueil plaisant à lire, mais les nouvelles ne marqueront pas durablement mon esprit, hélas. Mémoire, quand tu nous quitte…

À noter que les appendices à la fin de chaque nouvelle expliquent bien certains petits détails à côté desquels un petit chiffre est noté et qui vous y renvoi.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Au-delà de Sherlock Holmes – Tome 3 : Collectif

Titre : Au-delà de Sherlock Holmes – Tome 3

Auteur :
Édition : Payot et Rivages (03/01/2018)
Édition Originale : The Big Book Of Sherlock Holmes Stories
Traducteurs : Frédéric Brument & Jean-Paul Gratias

Résumé :
Troisième volume de la série des pastiches de Sherlock Holmes entamée avec Les Avatars de Sherlock Holmes.

Dans ce volume, placé sous le signe du surnaturel, des esprits, et de l’au-delà, on trouvera même une nouvelle qui se déroule… sur Mars !

Entre autres : Anthony Boucher nous propose une variation jouissive sur Le Petit chaperon rouge interprété par Sherlock Holmes, tandis que Loren D. Estlment confronte notre détective au diable en personne.

Critique :
170 pages pour 6€, ça fait cher la page ! Surtout qu’une des nouvelles, celle avec Syaloch, je l’avais déjà lue dans un autre recueil plus ancien.

Mais vous savez que quand on aime, on ne compte pas !

Ces nouvelles de notre détective sont plus dans le registre du fantastique ou de la SF, mais malgré tout, elles tiennent la route et sont des plus agréables à lire.

La plus courte, étant aussi la moins longue, était la plus drôle : Holmes arrive au Paradis et le Grand Architecte lui confie une enquête qui se résoudra en quelques lignes.

Comme quoi, la taille de l’histoire n’en fait pas sa qualité et les toutes petites peuvent être excellentes et donner bien du plaisir ! (messieurs…je dis ça et je ne dis rien… mesdames, prenez cette info pour ce qu’elle vaut : c’est-à-dire pas grand-chose).

Le coup de l’explication rationnelle du Petit Chaperon Rouge par Holmes vaut aussi son pesant de cacahouètes car la rationalité et les petits garçons de 4 ans, ça fait deux et il vaut mieux ne jamais leur donner des explications d’un conte.

La nouvelle qui se passe hors de la Terre est un problème en vase clos, qui est brillamment résolu par un insecte détective, quand au dernier, avec le type à l’asile qui se prend pour le Diable, elle a tout d’avoir des airs fantastiques, tout en restant rationnelle au point que l’on se posera des questions sur la fin.

— En bref, dis-je, il y a en ce moment, dans cet établissement, un patient qui est parvenu à se convaincre qu’il était le diable en personne.
Holmes hocha pensivement la tête.
— Cela pourrait contribuer à rétablir l’équilibre. L’asile à déjà deux Christ et un Moïse.

Un recueil sympathique mais guère épais et qui se lit bien trop vite.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver), Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book et le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon.

Feuillets de cuivre : Fabien Clavel [LC avec Bianca]

Titre : Feuillets de cuivre

Auteur : Fabien Clavel
Édition : Actusf (06/11/2015)

Résumé :
Paris, 1872. On retrouve dans une ruelle sombre le cadavre atrocement mutilé d’une prostituée, premier d’une longue série de meurtres aux résonances ésotériques. Enquêteur atypique, à l’âme mutilée par son passé et au corps d’obèse, l’inspecteur Ragon n’a pour seule arme contre ces crimes que sa sagacité et sa gargantuesque culture littéraire.

À la croisée des feuilletons du XIXe et des séries télévisées modernes, Feuillets de cuivre nous entraîne dans des Mystères de Paris steampunk où le mal le dispute au pervers, avec parfois l’éclaircie d’un esprit bienveillant… vite terni.

Si une bibliothèque est une âme de cuir et de papier, Feuillets de cuivre est sans aucun doute une œuvre d’encre et de sang.

Critique :
Comment cataloguer ce roman  ?

On pourrait être tenté de le classer dans les OLNI, mais ce serait réducteur car il possède à la fois l’ADN d’un roman policier, un soupçon de SF, un zeste de fantasy, une pincée de fantastique, le tout saupoudré de steampunk.

En parlant de steampunk, je m’attendais à me trouver face à sa définition, c’est-à-dire une uchronie faisant référence à l’utilisation massive des machines à vapeur au début de la révolution industrielle puis à l’époque victorienne… Il n’en fut rien !

Ce roman policier, comme je le disais, est inclassable car il aborde trop de genres différents que pour être catalogué, sans compter toutes les références à d’autres choses dont je n’aurais même pas eu connaissance sans la postface.

Patchwork… C’est plus un nom qui lui convient car il commence comme un recueil de nouvelles, avec quelques enquêtes de Ragon, jeune gardien de la paix à Paris, de forte corpulence et n’aimant pas voir les cadavres.

Après quelques enquêtes qui placent le personnage de Ragon et le font évoluer, on passera ensuite à une sorte de feuilleton, avec un Méchant qui reviendra tourmenter Ragon et nous donner du plaisir avec des mises-en-scène digne des plus grands.

Sherlock Holmes disait que le crime était commun et la logique rare, au moins, ici, notre enquêteur Ragon aura un ennemi à la porté de son esprit brillant !

D’ailleurs, je cite Holmes en oubliant de vous dire que notre Ragon possède un peu du détective de Baker Street, parle de ses petites cellules grises comme un Hercule Poirot, pose les questions justes, tel un Columbo obèse et analyse les gens tel un Mentalist.

Si j’ai été déconcertée au début par le fait de me trouver face à des petites nouvelles, genre les aventures de Sherlock Holmes, je me suis vite mise dans le bain et j’ai suivi ces enquêtes qui possèdent toutes un fil rouge, donnant dans la seconde partie, la pelote de laine entière et le dessin du pull.

Je précise qu’avant de lire, je n’avais pas relu le résumé, me laissant porter par l’histoire, sans savoir où elle allait me mener, d’où ma surprise de me trouver face à des nouvelles et pas à un roman continu. Ensuite, j’ai compris…

Une première partie plus « policière » et une seconde avec le petit côté fantastique et le tout donne, au final, un bon moment de lecture, une lecture rafraichissante, me sortant de mes pantoufles littéraires habituelles.

Une fois de plus, cette LC avec Bianca a porté sur un roman qui trainait dans ma PAL depuis longtemps et elle fut réussie !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N° 13 – Le Pouce de l’Ingénieur – lire un livre du genre « Steampunk »).

Histoires extraordinaires : Edgar Allan Poe [LC avec Stelphique]

Titre : Histoires extraordinaires

Auteur : Edgar Allan Poe
Édition : Le Livre de Poche (1972)
Publication originale : 1856

Résumé :
Histoires extraordinaires est un recueil de nouvelles écrites par Edgar Allan Poe, puis traduites et réunies sous ce titre par Charles Baudelaire en 1856.

Edgar Poe aime à agiter ses figures sur des fonds violâtres et verdâtres où se révèlent la phosphorescence de la pourriture et la senteur de forage. – Baudelaire.

Ce volume contient :

  • Double assassinat dans la rue Morgue (1841)
  • La Lettre volée (1845)
  • Le Scarabée d’or (1843)
  • Le Canard au ballon (1844)
  • Aventure sans pareille d’un certain Hans Pfaall (1839)
  • Manuscrit trouvé dans une bouteille (1833)
  • Une descente dans le Maelstrom (1841)
  • La Vérité sur le cas de M. Valdemar (1845)
  • Révélation magnétique (1844)
  • Souvenirs de M. Auguste Bedloe (1844)
  • Morella (1835)
  • Ligeia (1838)
  • Metzengerstein (1832)

Critique :
Histoires extraordinaires ? Histoires extraordinaires ? J’t’en foutrai, moi, des histoires extraordinaires !

Lorsque ma binômette de lecture, Stelphique, me proposa de lire un roman de Poe pour Halloween, je fus emballée et je lui répondis « oui, je suis pour ».

Bon, je suis aussi toujours partante pour une LC avec Stelphique, même si elle me proposait une daube du genre de « merci pour ce moment des 50 nuances Twoilette », je dirais encore « Oui j’en suis !! ».

PS : Stelphique, si tu me fais pareille proposition, je descendrai dans le Sud te régler ton compte à coup de cappuccino périmés !

Poe est un grand auteur, mais là, je me suis ennuyée durant ma lecture, soupirant sans cesse, ayant l’impression de déjà-lu, la faute à Poe qui fut un précurseur pour une multitude d’auteurs, notamment Conan Doyle, Verne, Stevenson…

Le style d’écriture m’a semblé inégal, sans doute dû au fait que les nouvelles furent mises en recueil sans suivre l’ordre de publication original et j’ai dû m’accrocher aux bras du fauteuil pour ne pas sauter des pages.

Mais je suis faible et j’ai donc lâché les accoudoirs pour zapper des paragraphes entiers de blabla insipides qui me semblaient sans intérêt pour mon cerveau.

Là, on peut dire que j’aurais été une bonne cliente pour une boisson gazeuse car durant ma lecture, j’ai offert du temps libre à mon cerveau et à mon esprit, puisque tous les deux s’étaient déconnectés depuis longtemps.

— Allô ? Allô ? Y’a personne au bout du fil ? McFly ??

En plus, même si Dupin fut un précurseur de Holmes, je ne l’ai jamais vraiment apprécié, n’ayant jamais accroché à ce détective, sans compter que le fait de n’utiliser que la première lettre pour nommer les gens m’indispose grandement.

J’espérais des frissons, je désirais du fantastique, du mystère, des émotions, de la passion et résultat des courses, je pourrai aller demander le remboursement car je ne suis pas satisfaite !

Pas grave, je l’ai lu pour faire plaisir à ma binômette, on a fait notre LC de Halloween, mais l’année prochaine, faudra trouver un livre qui nous foute vraiment la trouille, ou du moins, des sueurs froides ou son quota de mystères mystérieusement mystérieux !

Qui sait, peut-être que le recueil suivant « Nouvelles histoires extraordinaires » sera plus emballant… Je ne désespère pas et je compte réessayer Poe avec un autre roman.

Si quelqu’un a des propositions décentes à me faire…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et  le challenge US (2017-2018) chez Noctembule.

Synopsis (par Stelphique) :

« Edgar Poe aime à agiter ses figures sur des fonds violâtres et verdâtres où se révèlent la phosphorescence de la pourriture et la senteur de l’orage. » Baudelaire

Ce que j’ai ressenti :… Un chant d’Halloween…

♫ Je m’ baladais sur Halloween, le cœur ouvert à l’inconnu,
J’avais envie de lire des Histoires Extraordinaires, d’un grand Monsieur,
Pas avec nimporte qui, et ce fut toi,
Ma binomette qui m’accompagna,
Il suffisait de te le proposer, pour te tenter ! ♫

♫ ô Champ-Poelysé, ô Champ-Poelysé,
Dans l’obscur, à la chandelle, A minuit, et en amies,
Il y a tout ce que vous voulez, ô Champ-Poelysé.♫

♫ Tu m’as dit « Je m’ennuie, viens ma Fée,  changeons d’avis »…
Alors je t’ai dissuadée, on a parlé, on a continué
Et l’on a même pas penser à abandonner…♫

♫ ô Champ-Poelysé, ô Champ-Poelysé,
Dans l’obscur, à la chandelle, A minuit, et en amies,
Il y a tout ce que vous voulez, ô Champ-Poelysé. ♫

♫ Hier soir, on a lu et ce matin, sur nos blogs,
Des treize Histoires, fantomatiques ou endiablées,
Il y a eu deux incroyables amies qui chantent leurs avis… ♫

♫ ô Champ-Poelysé, ô Champ-Poelysé,
Dans l’obscur, à la chandelle, A minuit, et en amies,
Il y a tout ce que vous voulez, ô Champ-Poelysé. ♫

Cinq sur treize, c’est le petit score qui ressort de cette appréciation. Lire des Classiques, c’est bien, mais nous ne sommes pas à l’abri d’une déception…

Je garde donc un avis mitigé sur l’ensemble de ce recueil, mais quand même, curieuse de découvrir plus de Poe, plus de fantastique, plus d’horreur…

J’ai adoré :

  • Manuscrit trouvé dans une bouteille
  • Une descente dans le maelstrom
  • Ligeia

Je les ai adoré, car c’est exactement ce que je recherchais quand j’ai décidé d’ouvrir ce recueil. Des Histoires Extraordinaires qui me fasse frémir d’horreur ou de frissons…

Je les ai adoré dans leur champ lexical, dans leur chute, la poésie des mots,  vers les univers qu’ils ouvrent, et les possibilités infinies du fantastique.

En cela, je pense n’avoir pas perdu mon temps, avec cette lecture! On sent un style plus noir, plus prononcé dans ses deux Histoires de mer, alors que Ligeia, est passionnée, vibrante d’amour…

J’ai apprécié :

  • Le scarabée d’or
  • La vérité sur le cas de M.Valdemar

J’ai passé un bon moment avec ses deux là, avec le petit coté « canaille » de conte de pirates, et l’étrangeté d’un corps non-mort… Recherche au trésor et fine ligne entre vie et mort, il n’en faut pas plus pour éveiller ma curiosité!

Pour le reste, je n’y ai pas trouvé de plaisir, ou mes attentes de lectrice étaient toutes autres… Loin de moi, l’idée de critiquer défavorablement des textes qui ont traversé le temps, mais pour ma lecture horrifique spéciale Halloween, ses treize textes prometteurs se sont révélés inégaux, voire ennuyeux.

Je ne regrette pas cette lecture pour autant puisque Edgar Allan Poe est une référence dans le milieu littéraire, et je souhaitais me faire mon avis sur touts les clins d’œil que je peux voir lors de mes lectures de SF.

Je souhaite donc découvrir ses autres textes, et surtout sa poésie.

Ma note Plaisir de Lecture  6/10

Les aventures alsaciennes de Sherlock Holmes : Christine Müller

Titre : Les aventures alsaciennes de Sherlock Holmes

Auteur : Christine Müller
Édition : Le Verger (01/09/2011)

Résumé :
A la fin de l’hiver de l’année 1898, l’Alsace a accueilli 2 touristes très particuliers, en la personne de Sherlock Holmes et de son fidèle ami et biographe, le docteur Watson.

Mais, dans ce périple tout voué à la détente et à la visite de cette belle région aux charmes pittoresques autant que gastronomiques, la seule présence du plus grand détective du monde a suffi à faire surgir les affaires les plus étranges…

Ce petit volume raconte, en 8 nouvelles qui se suivent, l’intégralité de ce voyage d’agrément… au pays du crime !

Critique :
L’avantage du livre est d’être composé de huit nouvelles – ce qui est plus en adéquation avec l’original – et de nous présenter le détective sous un autre jour.

Un Holmes plus brettien que canonique car en lisant, je voyais Jeremy Brett (accompagné de David Burke).

Le Sherlock Holmes de Christine Muller est un portrait de l’acteur, même dans sa gestuelle. Surtout là !

Très « beauté fatale » devant qui, hommes, femmes et enfants s’étalent d’admiration. C’est très plaisant à lire pour nous, les femmes. Même si Watson insiste un peu trop lourdement sur la beauté de Holmes.

Le quatrième de couverture parlait de « fidélité au Canon » holmésien, ce à quoi je répondrai « non » pour la simple raison que Holmes amoureux, c’est anti-canonique, même si j’adore le voir amoureux. C’est juste que c’est une sacrée entorse au Canon.

Ma seule critique est que lorsqu’il essuie un refus poli de la dame, il redevient très vite la froideur incarnée, comme si de rien n’était. Un peu trop rapide, à mon sens.

Attention, cela n’enlève rien au plaisir que j’ai eu de lire cette nouvelle (ni les autres non plus) et à suivre nos deux hommes dans toutes leurs aventures, plus policières qu’amoureuses…

Les enquêtes, tiens, parlons-en. Elles se suivent mais ne se ressemblent pas, agréables à lire, surtout celle du « concombre masqué ».

Par contre, certaines auraient pu être un peu plus développées dans leur final car elles me laissèrent sur ma faim.

Watson est très gourmand, trouve les femmes jolies, s’extasie sur son amitié avec Holmes et l’écoute religieusement parler de son enfance. Parfois il est un peu benêt et ne voit pas Holmes venir, malgré ses gros sabots.

Peut-être parce que la chanson dit « En passant par la Lorraine, avec mes sabots » et que la Lorraine, ce n’est pas l’Alsace. Je ne suis pas Columbo, mais certaines choses, je les ai vues venir de très loin, riant de l’aveuglement du brave docteur.

De plus, malgré des histoires diversifiées, j’ai tout de même trouvé certains coupables, et ce, dès le départ (trois de trouvé et un quatrième un peu plus loin dans la nouvelle)… Chouette, je fus plus rapide que le Maître !

Les quelques détails historiques sur l’Alsace n’empiètent pas sur les aventures et la narration. Cela ne m’a pas donné l’impression de lire un guide touristique et pour moi, ils étaient utiles, preuve que l’auteur a potassé son sujet et à voulu nous faire partager quelques détails de l’Histoire.

Ne pas en parler aurait retiré de la saveur au livre vu la région dans laquelle nous nous trouvions.

Un des reproches que je ferai toujours à SACD c’est de ne pas avoir donné assez de détails « historiques et sociaux » dans ses écrits sur Holmes.

Le Canon fut bien étudié et les huit nouvelles en sont saupoudrées.

Mes critiques iront plutôt aux trop nombreuses allusions à cette fameuse boîte de maroquin vert (de cuir, dans mon Canon) et sa seringue chargée de cocaïne.

En huit nouvelles, l’auteur en parle plus que sur l’intégralité du Canon. Même quand Holmes ne l’utilise pas, Watson en parle, signalant son abstinence.

À un moment, je m’étais dit que si l’auteur n’en parlait pas dans une nouvelle, je sabrerais le champagne et bien, ce ne fut pas le cas.

Je veux bien que dans « Le signe des quatre », Watson signale qu’il est témoin du spectacle de Holmes se piquant, que cela dure depuis plusieurs mois et ce, trois fois par jour, mais bon, pas besoin d’en parler à toutes les pages, je trouve. À la fin, cela devient lourd.

Autre point qui m’a irrité un peu et qui passera avec un peu de pommade, c’est la manie qu’à Holmes de nommer Watson « mon tout bon » ou « ami Watson ».

C’est assez énervant car répétitif. Pas énervant au point d’envoyer valser le livre dans la pièce, tout de même. Je suis passée au-dessus.

Ma foi, l’auteur aurait pu se contenter d’un « cher ami » ou « mon cher ». Quant à Holmes qui se choque en apprenant qu’une simple d’esprit est née, tout comme lui, un six janvier… Passons, voulez-vous ?

Le tout ne m’a pas empêché de savourer le livre et les nombreuses images bien drôles que l’auteur utilise dans ses comparaisons (Holmes qui mange moins qu’un moineau qui fait Carême), l’allusion au détective nommé Persil, non, Poireau, heu, Hercule Poirot, et tout le reste font de ce pastiche un livre très agréable à lire.

Last but not least, si je n’avais pas « lu » Holmes tomber amoureux et Watson lorgner sur de nombreux jupons, j’aurais eu des doutes en lisant certains de leurs faits et gestes (cette manière qu’à Holmes d’entrer dans la chambre de Watson ; de lire que Watson, coincé dans un renfoncement d’un mur, « sentait la densité rassurante du corps de Holmes » ; entendre Holmes dire à voix basse « votre amitié me suffit » après avoir frotté l’épaule de Watson affectueusement).

J’ai failli penser qu’ils avaient une relation ambiguë, ces deux là. On frôlait le texte « double langage » ou alors, c’est moi qui ait l’esprit trop mal tourné…

Anybref, plus une lecture à réserver aux holmésiens de tout poils (ou plumes), ou à d’autres, qui, ayant lu les écrits canoniques, voudraient se faire plaisir avec des écrits apocryphes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).