La loge noire : Jean-Pierre Croquet

Titre : La loge noire

Auteur : Jean-Pierre Croquet
Édition : L’Archipel (22/02/2017)

Résumé :
Angleterre, mai 1914. Alors que des menaces de guerre planent sur l’Europe, l’inspecteur Adey enquête sur une série de meurtres étranges, qui ne sont pas sans rappeler ceux de « l’automne de la terreur », où un certain Jack l’Éventreur sévissait dans les quartiers pauvres de Whitechapel.

Au même moment, un courtier du nom de Mark Bowen se rend à Londres pour acquérir la Kabbala denudata, un incunable essentiel de la tradition occulte.

Il est mandaté par Aleister Crowley, membre de la société secrète Golden Dawn, qui traîne une réputation de mage noir… et milite dans les mouvements séparatistes celtisants.

Mais lorsque Bowen arrive à la librairie de Geoffrey Bloom, dans le quartier mal famé de Soho, il découvre celui-ci égorgé. Et l’ouvrage convoité a disparu !

Coupable idéal, Bowen devient un homme traqué. Pour prouver son innocence, il devra retrouver l’assassin et découvrir quel secret cache la Kabbala denudata que convoite la mystérieuse Loge noire…

Critique :
Londres, mai 1914. Un serial-killer sévit dans les ruelles de ma ville préférée, rappelant un peu les sordides crimes de jack The Ripper, le tout sur fond de société secrète, de franc-maçonnerie et de tensions entre les pays.

Le genre de came que je ne pouvais pas laisser passer !

Et bien, entre nous, nous sommes loin de l’excellence came produite par Heisenberg ! On n’est même plus bas que de celle produite au départ par Jesse Pinkman.

Un peu comme si on avait utilisé de la pseudoéphédrine au lieu de la méthylamine pour la préparer et qu’on avait monté un peu trop haut dans les températures car le produit final est insipide, n’a pas la belle couleur bleue qu’il aurait dû avoir et ne m’a pas fait planer une seule seconde.

Pire, je n’ai même ressenti aucune émotion lors de la mort de personnages qui ne le méritaient pas et dont une scène aurait dû m’arracher des larmes au minimum.

C’est assez touffu, confus, brouillon, les personnages sont insipides, les Méchants sont loupés, ne fichant même pas la trouille, malgré leur folie, quand aux personnages principaux, on ne s’y attache pas une seule seconde, ce qui fait que s’ils avaient tous bu le bouillon de onze heure, ça ne m’en aurait même pas secoué une.

Quant à l’écriture, elle ne brillait pas par son originalité et je l’ai trouvée très plate et simpliste.

Anybref, une came qui n’avait pas la qualité que je pensais, qui ne m’a pas fait planer du tout, qui m’a fait bailler et qui ne restera pas longtemps dans mes étagères mais finira en don.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver),Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book etLe Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°58 – Le Marchand de Couleurs Retiré des Affaires – lire un livre dont le titre comporte le nom d’une couleur ).

Club Vesuvius – Une aventure de Lucifer Box : Mark Gatiss

Titre : Club Vesuvius – Une aventure de Lucifer Box

Auteur : Mark Gatiss
Édition : Bragelonne (Février 2015)

Résumé :
Une immersion étourdissante dans le monde fascinant de la haute société edwardienne – et de ses bas-fonds. Plongez dans cette aventure de Lucifer Box, portraitiste de talent, dandy, bel esprit, mauvais garçon… et le plus irrésistible des agents secrets de Sa Majesté. Où il découvre qui s’amuse à assassiner les meilleurs scientifiques du royaume – tout en déterminant la façon la plus seyante de porter un œillet blanc à sa boutonnière.

Critique :
Le 4ème de couverture nous donnait un aperçu de quelques critiques dont celle du « Times » qui disait « plié de rire à la lecture de ce petit chef-d’œuvre ».

Bon, c’est un tantinet exagéré ! « Nombreux sourires » serait plus juste et bien que le roman soit très plaisant et divertissant, je ne le qualifierais pas de chef-d’œuvre pour autant.

Hormis pour la couverture, la tranche dorée et les illustrations intérieures. Oui, de ce côté là, le roman en jette visuellement.

Lucifer Box est un dandy, peintre à ses heures perdues et notre bellâtre mène une double vie : il est aussi une sorte d’agent secret doublé d’un tueur à gages pour sa Très Gracieuse Majesté, le Roi Edward… heu… numéro 7 !

Notre homme se fait le narrateur de ses aventures et il est plaisant à lire car il n’hésite pas à ajouter quelques traits d’humour à son récit. De plus, notre bel espion a tendance à user de son révolver très souvent, que vous soyez une belle femme ou un bel homme. Là, je parle bien entendu de la Chose qui se trouve dans son pantalon !

D’ailleurs, il n’hésitera jamais à faire sa petite affaire aux dames dans des ruelles ou dans des buissons de rhododendrons ! Ramoner un homme ne le dérange pas non plus, faut juste faire gaffe parce qu’à son époque, c’est punissable ! Oui, Lucifer aime faire la Chose, même seul dans son bain s’il le faut. Après tout, sa main droite est là pour ça aussi…

Durant 300 pages trépidantes, j’ai suivi ce diable d’agent — mi-James Bond et mi-SAS — j’ai flingué des hommes après le repas, failli me faire tuer dans des bains turcs, participé à une course-poursuite en fiacre, descendu dans une morgue pour examiner un cadavre…

Ensuite, j’ai pris un vapeur pour aller à Naples et j’ai failli y mourir, j’ai enquêté un peu partout, esquivé et enjambé des corps de partouzeurs qui s’emmanchaient joyeusement dans un club louche, j’ai joué à Sodome sans Gomorrhe, monté au sommet du Vésuve (pas de connotation sexuelle, ici) et pris du bon temps tout en foutant en l’air des tas de costumes hors de prix à force de jouer à Indiana Jones un peu partout.

Lucifer Box, c’est un gros grain de fantastique  dans une enquête policière, saupoudrée de James Bond (sans les gadgets, sans Q mais avec du cul), mélangée à un peu de SAS pour les situations inextricables qui-semblent-perdues-mais-dont-le-héros-s’en-sortira-toujours-vainqueur, avec de la gouaille d’un San-Antonio, l’argot en moins.

À noter les noms et prénoms de autres personnages secondaires : ils sont, heu, comment dire… pittoresques ? Totalement surréaliste de se trouver face à des gens prénommés « Crétacé » ou dont le nom de famille est « Miracle » ou « Jackpot ». PTDR.

Lucifer, ça se lit sans prise de tête, on sourit, on passe un bon moment et ensuite, on passe à autre chose. Divertissant, pétillant et amusant.

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015) et le Challenge « Polar Historique » de Sharon.