Psychiko : Paul Nirvanas

Psychiko - Paul Nirvanas

Titre : Psychiko

Auteur : Paul Nirvanas
Édition : Mirobole (2016)

Résumé :
Psychiko, le tout premier polar grec, est un véritable bijou. Anti-héros et probable cas clinique, Nikos Molochantis, jeune rentier désœuvré, est prêt à tout pour obtenir son quart d’heure de célébrité. Il a donc la brillante idée de se faire passer pour l’assassin d’une femme retrouvée morte dans un quartier d’Athènes.

Grâce à la presse fascinée par cette affaire, Nikos se retrouve enfin sous les feux de la rampe, suffisamment près de la guillotine pour être une vedette. Le stratagème parfait… À ceci près qu’il risque de fonctionner au-delà de ses espérances.

Paru en 1928 sous forme de feuilleton, Psychiko met en place une mécanique infernale, où une police apathique affronte un faux coupable en quête de gloire.

the acropolisCritique :
♫ Quand on est con, on est con ♪ le chantait si bien Georges Brassens et ici, nous avons un champion du monde en puissance…

Hitchcock, lui, aurait dit que le faux crime était presque parfait. Tellement parfait que Nikos pourrait y perdre la tête, surtout au sens propre.

Nikos (pas Aligas) Molochantis est un jeune homme naïf et con, rêvant de ce que Andy Warhol nommera plus tard : le quart d’heure de gloire.

Là, pour le moment, il vit dans l’oisiveté en dilapidant la petite fortune qu’avait amassé son père aux prix de lourds sacrifices et à la sueur de son front. Notre Nikos n’est même pas capable de voir que ses prétendus amis ne le sont que parce qu’il a de l’argent et qu’il donne des fêtes et refile des drachmes à ces piques-assiettes.

Et comme cet imbécile veut connaître la gloire, il ne trouve rien de mieux que de se faire arrêter pour un crime qu’il n’a pas commis et dont plus personne ne parle, quasi.

Il pense juste garder le silence durant quelques jours et puis, miracle, son ami Stéphanos viendra donner aux autorités son alibi, puisqu’il mangeait avec lui le soir du crime qui eut lieu dans le quartier de Psychiko.

Ah, j’oubliais, comme il est crétin comme pas deux, notre Nikos, il donne procuration à Stephanos pour que ce dernier puisse lui apporter de l’argent lorsqu’il sera en prison.

Ce roman policier grec est paru sous forme de feuilleton en 1928, l’action, elle, se déroule dans les années 1910, mais pas de précision exacte sur l’année. Pourtant, elle pourrait être contemporaine, les réseaux sociaux en moins.

Contemporaine ? Bien sûr ! Quand on voit ce que certains sont prêts à publier comme photo d’eux pour obtenir des likes ou des folowers, au final, ils ne sont pas trop différents de notre Nikos qui rêve qu’on parle de lui et auquel j’ai fini par m’attacher.

Cet homme naïf qu’il est et qui a rudement besoin de grandir dans sa tête devient attachant au fil du récit.

Ici, nous sommes clairement dans la satire d’une société, d’une jeunesse en mal de sensations fortes puisque notre Nikos va même avoir des tas de femmes qui vont s’intéresser à lui, dont un groupe de jeunes filles. Les crimes d’honneur ou romantique, ça les rends toutes choses, mais elle peuvent tourner casaque très vite aussi.

Le ton est caustique aussi envers la presse qui, un jour, parle d’un meurtre et ensuite, plus un mot. Presse qui, un jour, couvre un assassin de gloire, le photographie, l’interview, et ensuite, l’oublie car la presse est passée à autre chose.

Quant à la police, elle n’en sortira pas grandie non plus !

Voilà donc un court roman de 200 pages qui m’a agrippé les mains jusqu’au bout tant je voulais savoir si l’ombre de la guillotine n’allait être qu’une ombre ou si notre pauvre ami allait subir le même sort qu’un roi et une reine de France.

Un roman court, mais intense, de par la folie de Nikos, de par son idée totalement débile de s’accuser d’un crime qu’il n’a pas commis, de par le brocardage de la société grecque qui n’est pas si éloignée de la nôtre, encore moins de notre époque ou de certaines personnes en quête de gloire ou juste que l’on parlent d’elles.

Caustique, jubilatoire, satirique, ironique. Un roman policier à l’envers puisque nous commençons avec un innocent (dans tous les sens du terme, quasi) qui s’accuse.

Une réussite.

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016).

Légende – Tome 6 – Le secret des Eïles : Yves Swolfs

 

Titre : Légende – Tome 6 : Le secret des Eïles

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Yves Swolfs
Édition: Soleil (2012)

Résumé :

Après avoir reconquis son trône et passé quelques mois à remettre les choses en bon ordre, le chevalier Tristan s’aperçoit qu’il n’est pas fait pour régenter une cour. Il l’abandonne alors, choisissant une vie plus proche de la Nature qui l’a vu grandir…

Mais ses nuits sont hantées par les Eïles, créatures envoûtantes qui essaient de lui voler son âme pendant son sommeil…

Une crainte étrange s’éveille alors en lui, plus inquiétante encore que tous les combats périlleux menés jusqu’alors…

Tristan de Halsbourg se rend dans la forêt la plus proche pour retrouver son père afin d’obtenir des conseils et se ressourcer dans le milieu de sa jeunesse.

Il met quelques temps avant de trouver son père avec sa meute de loups qui l’accompagnent toujours.

Le soir venu autour d’un feu, Tristan se confie sur les étranges cauchemars qu’il fait au sujet de fées mal attentionnées.

Alors qu’il s’assoupit après le repas, les cauchemars prennent place. Tristan évolue dans des décors connus et il doit affronter de nouveau son pire adversaire dans un combat se déroulant sur un pont qui s’effondre.

 

Critique :

Palsambleu ! Moi qui était toute en joie de découvrir un sixième tome de « Légende », je reste avec un léger goût amer de « me prendrait-on pour un cochon payeur ? ».

J’vous explique :

Le premier cycle de la saga « Légende » (5 tomes) qui nous présentait Tristan de Halsbourg dans son combat pour regagner son trône contre le terrible Shaggan m’avait transportée et j’avais vraiment adoré l’univers et les dessins de Swolfs (qui était loin d’être un inconnu pour moi, ayant suivi « Durango » et « Le prince de la nuit »).

Dessins au top et scénario très agréable, mêlant le réel et le fantastique, les légendes et les loups, le tout agrémenté de complots, de trahisons et nous contant la lutte de Tristan pour récupérer la place de Seigneur qu’un autre avait usurpé…

Mais là… j’ai l’impression d’avoir lu un tome pour rien.

Certes, ce tome 6 démarre un second cycle, malgré tout, ça ressemble furieusement à du délire de l’auteur, rien n’étant trop cohérent dans le récit, mêlant, cette fois, les rêves et les cauchemars sans que l’on sache où l’auteur va nous emmener. Le voyage était fadasse.

En bref, pour un début de nouveau cycle, on ne peut pas dire que l’auteur m’ait aguiché ou mis l’eau à la bouche dans la perspective des autres tomes à venir.

Que du contraire ! Durant toute ma lecture, j’attendais, en vain, qu’il se passe quelque chose de cohérent.

Lorsque je l’eus refermée, je me suis sentie comme un loup affamé à qui on aurait proposé un morceau de bois pour calmer sa faim.

Le départ était correct, pourtant…

La bédé commençait avec notre héros qui est lassé par les occupations liées à la gestion de son royaume et par la cour qui l’entoure.

Avoir fait tout ça pour, au final, se faire chier sur son trône, et bien, elle est forte, celle là !

En plus, il cauchemarde sec, notre Tristan.

Il décide donc de retourner auprès de celui qui l’a élevé dans la nature sauvage (l’homme qui vit avec les loups) pour essayer de résoudre son problème de cauchemar.

Chaque nuit, les Eïles viennent hanter ses rêves en cherchant à capturer son âme.

J’aurais bien qualifié ce tome 6 de one-shot que l’auteur aurait fait pour se faire plaisir ou arnaquer son lectorat, mais  en faisant des recherches que j’ai appris que c’était le départ d’un autre cycle. L’arnaque est là tout de même…

Scénario déstabilisant, univers onirique avec de nombreux évènements qui s’enchaînent sans liens entre eux et une grosse tendance freudienne, limite oedipienne et même pire, mais je spoilierais (moi, je me suis faite spolier du prix de cette bédé !).

La seule chose qui sauve cette bédé, ce sont les dessins d’Yves Swolf qui sont toujours de qualités et qui restent fidèle à l’ensemble de la série.

Rien que les dessins, hein !

Titre participant au Challenge « Totem » organisé par Lili Galipette, catégorie « Loup ».