La jeunesse de Blueberry – Tome 17 – Le sentier des larmes : François Corteggiani & Michel Blanc-Dumont

Titre : La jeunesse de Blueberry – Tome 17 – Le sentier des larmes

Scénariste : François Corteggiani
Dessinateur : Michel Blanc-Dumont

Édition : Dargaud (31/10/2008)

Résumé :
Lors de la bataille de la Cumberland River, un civil accompagnant des Nordistes a été capturé par un groupe de Cherokees. Et seul cet homme connaît l’emplacement d’un train dans lequel se trouve un coffre-fort –ainsi que sa combinaison- dans lequel est contenu une énorme somme en or.

L’or résulte d’un envoi de la banque Rothschild aux Nordistes ET Sudistes pour aider « à l’effort de guerre ».

La banque est gagnante car, quelle que soit l’issue du conflit, elle en tirera de très gros intérêts « participatifs ».

Grosse panique dans les deux camps. Une réunion secrète s’est tenue à Washington où les représentants des « bleus » et des « gris » ont traité ensemble de la façon de récupérer l’or dont chacun héritera – normalement – de la moitié.

Divers groupes se sont ainsi mis sur la piste du « train d’or ». Les ravisseurs indiens sont menés par John Bear’s Fingers, un personnage étrange, un peu sorcier et divinateur qui rêve de rendre la gloire à son peuple en s’emparant du coffre.

Critique :
Le tome précédent était un peu nébuleux par moment, mais en lisant le résumé en première page de celui-ci, tout s’est éclairé !

Il y a du bon dans cet album, mais Blueberry a plus l’air de subir que d’agir, et c’est inhabituel.

De plus, il se fait voler la vedette par le personnage du vieil indien croisé dans l’album précédent : John Bear’s Fingers.

Notre vieil homme a vu son peuple se faire spolier, voler, expulser par l’Homme Blanc qui ne sait pas respecter sa parole (Trumpette n’est pas le premier à revenir dessus, sauf que lui, il poste sur Twitter) et pire encore, par un des leurs, un Cherokee.

J’aurais aimé que l’on développe un peu plus les longues marches que les Cherokees durent faire et où ils moururent par milliers.

Un album qui n’a pas le niveau de ce que je connais des aventures de Blueberry, mais comparé à ce que j’ai lu ensuite, ma foi, on s’en sort encore bien.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

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Le casse – Tome 5 – Gold Rush : Luca Blengino & Antonio Sarchione

Titre : Le casse – Tome 5 – Gold Rush

Scénariste :
Dessinateur :

Édition :

Résumé :
Yukon. 1899… Hermès Coltrane, prestidigitateur de talent et ancien braqueur de trains, est rejoint par le jeune Mac, un ancien complice récemment évadé et dont la tête est mise à prix.

Ensemble, ils se lancent dans un voyage à travers le froid et la glace pour monter une équipe hors du commun.

Leur but : voler « The Stone », la plus grosse pépite d’or jamais découverte. Et la subtiliser au colonel Zondrick, l’homme qui, quelques années plus tôt, a détruit leur vie…

Critique :
Je dois avoir un faible pour le Klondike, moi, ces derniers temps, parce que je viens encore de passer la terrible Chilkoot Pass et de faire le voyage épuisant et frigorifiant jusque Cripple’s Junction, ville minière perdue dans le trou de cul glacé du monde !

Aujourd’hui je vais vous parler du vol du Youkounkoun ! Ah pardon, on me signale en régie qu’il a déjà été volé… et qu’en plus, c’était un diamant.

Or ici, on va tenter de voler le plus grosse pépite d’or jamais trouvée dans le Yukon : « The Stone », 50kg d’or le plus pur et certains aimeraient bien faire d’elle une Rolling Stone, c’est à dire la chouraver pour devenir riche, rouler le terrible Zondrik pour se venger de lui, et accessoirement, inscrire leurs noms dans l’Histoire.

Pour ça, faut réussir le casse du siècle et ne pas la jouer comme le cambrioleur Dortmunder dans « Pierre qui roule », justement.

Ce qui m’a attiré dans cette bédé, c’est avant tout sa couverture, le fait que cela se déroule aux États-Unis, les dessins, que j’ai trouvé très réalistes, les couleurs sépia de certaines cases.

Emballé c’est pesé et j’ai été embarquée dans une aventure folle, folle, folle, une sorte de casse à la Ocean Eleven, avec moins de monde, mais tout aussi bien détaillée, aussi extravagante.

Les personnages des voleurs sont sympathiques, trainent derrière eux un passé trouble, mais j’ai éprouvé de l’affection pour eux.

Zondrik, le proprio de la plus grosse pépite d’or, est – contrairement à Zorglub – un véritable salopard de la pire espèce et l’ombre de son Z plane, telle celle d’un sadique psychopathe lâchée dans la nature. Lui, les voleurs ou toute personne qui ne lui revient pas, il lui tranche la tête avec une véritable guillotine !

Beaucoup de violence et d’adrénaline dans cette bédé, de l’action, de l’intelligence, des tours de magie et d’illusion, car, même si la magie n’existe pas en tant que telle, le but du jeu consiste seulement à faire voir aux gens ce que vous voulez qu’ils voient.

Et le coup était parfaitement réussi !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le challenge US (2017-2018) chez Noctembule.

Lucky Luke – Tome 35 – Le Klondike : Morris, Léturgie & Yann

Titre : Lucky Luke – Tome 35 – Le Klondike

Scénariste : Jean Léturgie & Yann Lepennetier
Dessinateur : Morris

Édition : Lucky Comics (2005)

Résumé :
Jasper l’ancien valet de Waldo Badminton disparaît alors qu’il est au Klondike. Lucky Luke et son vieil ami Waldo partent à sa recherche en passant par le fameux et terrible Chilcoot Pass.

Leur enquête les amène à suspecter Soapy Smith qui rançonne les chercheurs d’or du Klondike, ainsi que Mattie Silks, une femme plutôt attirée par l’argent.

Critique :
Le klondike est un endroit fort connu pour celui ou celle, qui, comme moi, a lu la jeunesse de Picsou car ce dernier y avait participé, lors de cette fameuse la ruée vers l’or qui eut lieu en 1896, et notre canard, à force d’acharnement, y avait trouvé la fortune.

Si l’album « Les Dalton dans le blizzard » ne manquait pas d’humour et de flegme du mounties qui aidait Luke à les récupérer, celui-ci n’aura que la neige en commun avec son prédécesseur publié aux éditions Dupuis.

Si l’humour est présent, il n’est pas présent à forte dose et le mounties de cet album est d’une imbécilité à faire peur.

Personne ne saura jamais pourquoi il ne voulait pas que Lucky Luke fasse le voyage jusqu’au klondike, mais ce running gag n’a de gag que le nom parce que hormis sa dernière apparition assez drôle, pour le reste, il ne l’était pas.

De plus, nous sommes dans des albums politiquement correct où Lucky Luke mâchouille son brin d’herbe et boit des limonades ou autres boissons soft.

Nous retrouvons une vielle connaissance, Waldo Badminton aperçu dans l’album « Le pied-tendre » et ce dernier est sans nouvelle de son valet, parti chercher de l’or dans cette contrée inhospitalière qu’est celle du Klondike.

Si vous pensiez que la case avec tout ces explorateurs du dimanche (et des autres jours de la semaine) franchissant Chilcoot Pass était exagérée, attendez-vous à une rude surprise à la fin de l’album où se trouve publiée la photo originale.

La ruée vers l’or du klondike…. beaucoup y ont été, beaucoup ont dû y trouver les engelures, le froid ou la mort, et peu ont trouvé de l’or. De plus, le tout n’était pas tant de le trouver que de ne pas se faire délester ensuite.

Niveau des méchants, on en a un beau d’une grande envergure, inventeur d’une belle arnaque afin de délester les pauvres mineurs de leur trésor aurifère. Là, je lui tire mon chapeau, on aurait pas pu inventer mieux pour profiter de la crédulité des hommes !

Pour le reste, l’album se lit, sans jamais atteindre la quintessence de certains, ceux qui étaient édités chez Dupuis, où le talent de Goscinny, même bridé, était inégalé et sera inégalable (hormis chez Franquin, mais nous ne sommes pas dans le même registre).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Undertaker – Tome 2 – La danse des vautours : Xavier Dorison & Ralph Meyer

Titre : Undertaker – Tome 2 – La danse des vautours

Scénariste : Xavier Dorison
Dessinateur : Ralph Meyer
Édition : Dargaud (2015)

Résumé :
Jonas Crow, croque-mort; Rose, gouvernante anglaise; et Lin, domestique chinoise, doivent ramener la dépouille remplie d’or du vieux Cusco au filon « Red Chance ».

Ils ont trois jours.

Trois jours, un corbillard, 50 miles à parcourir et une ville entière de mineurs survoltés à leurs trousses !

Critique :
Cusco, notre patron mégalo et inhumain envers ses mineurs avait cassé sa pipe dans le tome 1 et le voilà donc aux bons soins de Jonas Crow, undertaker de son état (fossoyeur ou croque-mort chez nous).

Je me marre et seuls ceux qui ont déjà lu les deux tomes comprendront pourquoi je me marre en le sachant aux bons soins de Undertaker et de son pote bizarre, Jed.

Oui, Cusco, gros mégalo égoïste, t’es pas prêt d’arriver dans ta dernière demeure, mon salaud !

« Et Dieu dit, ceux qui sont assez cons pour aller s’enfoncer en enfer méritent d’y rester. À perpète. » Lettre de Jonas aux Californiens.

Nous retrouvons donc nos amis – Undertaker, Rose, Lin et Jed – là où nous les avions laissé en fin de tome 1, c’est à dire dans la merde, pour ne pas dire en mauvaise posture.

Va falloir se bouger les z’amis parce que d’un côté, il y a les mineurs d’Anoki qui veulent la dépouille de leur fripouille de patron et de l’autre, il y a des Tuniques Bleues qui arrivent et… Bordel de Dieu, mon cœur, quel suspense, bande de salauds !

Des dessins superbes, réalistes, du western qui a tous les codes du genre mais qui revisite la recette pour vous servir ce petit nectar plein de saveur western sans en être vraiment. Vous suivez toujours ou ça va trop vite ?

Au menu de ce deuxième opus : des courses-poursuites, des tirs (baissez-vous les gars), des morts, du sang qui coulera, des pièges, des stratégies, de la violence (mais pas gratuite) et des personnages qui n’ont pas fini de nous surprendre ! Certains cachaient même bien leur jeu.

Undertaker – Jonas Crow – est toujours aussi allumé et son côté « No Rules » (sauf dans son corbillard) et tête brûlée n’arrête pas de me faire penser à Blueberry.

— Tu sais pourquoi je suis croque mort ?
— Parce que t’es cinglé !
— Tuer des étrons dans ton genre, c’est bon, mais c’est trop court. Ça va trop vite. J’aime voir la mort longtemps, la contempler, la déguster, la laisser prendre son temps. C’est comme ça qu’elle me réconforte; elle me rappelle que la saloperie humaine… ça finit toujours par disparaitre.

Rose et Lin, nos deux dames, vont devoir s’accrocher à leurs jupons et suer, une fois de plus, si elles veulent s’en sortir vivantes et ne pas voyager, raides étendues, à l’arrière du corbillard.

— Cet or appartient à monsieur Cusco. Mort ou vivant, c’est la loi. Peut-être qu’aujourd’hui, cette loi ne vous arrange pas… Mais quand on ne porte pas un colt à la ceinture, c’est encore elle qui protège le mieux.

Un deuxième tome à la hauteur du premier, un récit mené main de maître, les rênes bien tendues, un rythme soutenu sans pour autant virer à la cavalcade avec le mors aux dents, des personnages qui vont se livrer un peu plus, le tout dans des décors grandioses dignes des plus grands western !

Étoile 5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, Le « Challenge US » chez Noctembule, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

BILAN LECTURE - Veux la suite

Undertaker – Tome 1 – Le mangeur d’or : Ralph Meyer & Xavier Dorison

Titre : Undertaker – Tome 1 – Le mangeur d’or

Scénariste : Xavier Dorison
Dessinateur : Ralph Meyer
Édition : Dargaud (2015)

Résumé :
Jonas Crow, croque-mort, doit convoyer le cercueil d’un ancien mineur devenu millionnaire vers le filon qui fit autrefois sa fortune.

Des funérailles qui devraient être tranquilles, à un détail près : avant de décéder, Joe Cusco a avalé son or pour l’emmener avec lui dans l’éternité. Pas de chance, le secret est éventé et provoque la fureur des mineurs d’Anoki City.

Comment laisser enterrer une telle fortune alors que pour survivre, eux suent sang et eau dans les filons ?

Comme le dit Jonas, « la mort ne vient jamais seule »..

Critique :
Le quotidien d’un croque-mort, c’est morose, c’est pas rose, mais c’est son destin.

Jonas Crow… Rien que son nom attire déjà la curiosité. Jonas, comme celui qui vécut dans le ventre de la baleine, et notre homme nous sort de temps en temps des citations biblique. Crow, qui veut dire corbeau en anglais.

— Dieu a dit: « Tu éviteras de faire chier un type qui braque un calibre 44 sur toi ». Et pour une fois ‘feriez mieux de l’écouter. »

Bien que pour notre Jonas, c’est plutôt les vautours ses compagnons de galère car notre homme est un croque-mort.

Oubliez notre époque bénie qui a fait de la Mort un commerce lucratif, en ces époques d’après Guerre de sécession, être un croque-mort ne vous valait pas grand-chose.

Le fait est que les gens ne nous aiment pas. Et c’est tant mieux. Je ne les aime pas non plus.

On ne parle pas aux croque-morts. On les ignore ou on leur propose du travail.

Heureusement que notre ami ne manque pas d’humour… Noir, comme son habit, noir comme sa carriole, noir comme ses deux chevaux.

— Vous connaissez ce monstre Monsieur Crow ?
— Non. Mais si vous en cherchez, ils sont faciles à trouver. En général, ils portent une médaille ou une étoile.

— Dieu a dit : « Tu laisseras ton prochain faire ses conneries tant que c’est avec son blé et son cul »; Saint-Jean aux New-yorkais.

— Navrée de vous décevoir, monsieur… mais monsieur Cusco est loin d’être mort.
— Ah… Et ça peut s’arranger ?

Et il est louche, notre Undertaker. Il sait se battre, tirer, mais évite de se balader avec des six-coups. Sauf lorsque ça devient plus que nécessaire !

— Depuis quand ce genre d’artillerie fait partie de l’équipement d’un croque-mort ?
— Depuis qu’il préfère ne pas devenir son propre client.

N’ayant pas lu le résumé mais acheté cette bédé sur sa couverture, son côté western et ses dessins qui me plaisaient bien, c’est plus vierge que Marie que j’ai entamé ma lecture et tant mieux, j’en ai gardé toutes les surprises.

Évidemment, si vous n’aimez pas les western et si la musique d’un certain Ennio ne vous fait pas frissonner de plaisir, passez votre chemin parce qu’ici, nous sommes face à tous les codes du western, sans pour autant bouffer la même soupe.

Du mystère, des tensions, une paire de nichons, des balles qui sifflent, des dialogues avec des réparties qui fusent plus vite que des flèches d’un carquois indien sur le sentier de la guerre, du suspense et les prémices d’une grande aventure avec un cadavre et une femme plus coincée qu’une fermeture éclair qu’on aurait plus ouvert depuis le Néolithique.

— Je vous envie monsieur Crow. Être dépourvu de toute dignité doit sans doute être des plus agréable. 

— Ce que je leur ai dit, miss, c’était la vérité… Et la vérité c’est comme le fer rouge sur la plaie. Douloureux mais efficace.

Dessins superbes, couleurs qui donnent envie de chevaucher en criant « Yahaaaa » et une envie folle de monter dans la carriole de Jonas Crow, de prendre son Jed dans ses bras (Jed est un vautour blessé, aller pas imaginer des trucs dégueux, j’en suis pas capable) et de crier « En voiture Simone » avant d’ajouter un « Fouette cocher » des plus clinquants.

Vivement la suite ! Parce que des bédés western de cette qualité, j’en redemande. De plus, je trouve que Jonas Crow a un petit air de Mike S. Blueberry : même arrogance, même dégaine, même rapport avec l’autorité (« Mon corbillard, mes règles »).

— Attends !? Tu donnes un putain de T-Bone à un putain de vautour ?
— J’vais pas lui donner de la salade.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Arieste, Le « Challenge US » chez Noctembule, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Le Bon, la Brute et le Truand – Il buono, il brutto, il cattivo : Sergio Leone [FILMS]

wE2g8D1fzX1KaGxkc1VJrMFWMN8Vous parler de « Il était une fois dans l’Ouest » et ne pas causer du film « Le bon, la brute et le truand » (The Good, the Bad and the Ugly), ça ne se fait pas ! Puisque je suis dans ma passe western, autant dégainer le six coups et faire les chose dans les règles de l’art.

Charles Branson n’avait pas beaucoup de conversation dans « Il était une fois »… Clint Eastwood aussi ! Pour ces deux personnages, tout passe par quelques mots, quelques gestes, quelques regards. Tout est dans leur apparence et il se dégagent d’eux quelque chose de bestial mais aussi de tendre (en plus de l’odeur du bourrin qui leur colle aux frusques).

Bref, on les craint, mais on les aime.

Avec ce film, je remplirais des tas de challenge parce que Le Bon, la Brute et le Truand  est un film germano-hispano-italien (et il se passe aux États-Unis), réalisé par Sergio Leone (of course) et sorti en 1966.

Ce n’est pas n’importe quel western non plus. Il fait partie des plus célèbres westerns de l’histoire du cinéma et, excusez du peu, il est considéré comme la quintessence du style « western spaghetti » (ça t’en bouche un coin, hein !).

Si je ne l’avais pas sorti pour le Mois Américain de septembre, il aurait été parfait pour le Mois Italien d’octobre !

Avec lui, Sergio Leone va conclure (dans le foin ? Non !) sa fameuse Trilogie du dollar (également appelée Trilogie de l’homme sans nom) et, pour éviter de se répéter, notre ami va augmenter les protagonistes.

De deux personnages, habituellement, on passera à trois pour ce film : Clint Eastwood et Lee Van Cleef, qui se partageaient déjà la vedette dans « Et pour quelques dollars de plus » se voient adjoindre le truand Eli Wallach dans ce troisième film.

Je vous avoue que sans Wiki pour me dire que celui-ci est en fait le troisième opus d’une trilogie, je ne l’aurais jamais su et, ma foi, je m’en fichais un peu.

Ça ne gâche rien de  préférer « The good, the bad… » aux deux autres (« Et pour quelques dollars de plus » est mon second préféré dans la Trilogie alors que « Pour une poignée de dollars » qui est le tout premier, je ne l’aime pas du tout).

Tout cela pour vous dire qu’on ne perd rien en le regardant tout seul et puis, comble du comble, ce troisième volet est en fait une sorte de retour en arrière (sans la DeLorean), une sorte de préquelle…

Mais gardez à l’esprit que les acteurs Eastwood et Van Cleef n’ont pas les mêmes rôles dans les deux films, hormis Eastwood qui joue toujours l’Homme sans nom.

 

 

Dans ce film, une nouveauté par rapport aux deux autres : la guerre de Sécession est en toile de fond.

Voilà pourquoi il s’agit, chronologiquement parlant, d’un retour en arrière par rapport aux deux autres films de la trilogie. Vous suivez toujours ou vous avez besoin d’aspirines ??

Clint Eastwood (la constante qui lie les trois films) ne se présente pas dans sa tenue habituelle : au lieu d’un poncho, il porte un long manteau (aussi appelé cache-poussière) ; ce n’est qu’à la fin du film qu’il endosse ce vêtement, adoptant l’apparence extérieure du personnage des deux premiers films et matérialisant, selon l’idée de Leone, l’aspect cyclique de la trilogie.

Résumé : Pendant la Guerre de Sécession, trois hommes, préférant s’intéresser à leur profit personnel, se lancent à la recherche d’un coffre contenant 200 000 dollars en pièces d’or volés à l’armée sudiste.

Tuco sait que le trésor se trouve dans un cimetière, tandis que Joe connaît le nom inscrit sur la pierre tombale qui sert de cache.

Chacun a besoin de l’autre. Mais un troisième homme entre dans la course : Sentenza, une brute qui n’hésite pas à massacrer femmes et enfants pour parvenir à ses fins.

Ce que j’en pense : C’est le genre de film que j’adore regarder à intervalles réguliers, surtout lorsque je suis fatiguée, pas en forme, que je suis rentrée tard du kiné, que la journée à été mauvaise ou que le travail m’a tuer (la faute est là exprès).

Pourquoi regarder une nouveauté alors que j’ai des valeurs sûres pour me distraire, le tout accompagné d’une bande-son qui me donne des frissons avec des acteurs magnifiques qui ne sont pas manichéens.

Le Bond (Blondin), joué par Clint Eastwood n’est pas dénué de noirceur. Il est l’homme sans nom, un chasseur de primes flegmatique, un homme arrogant mais grandiose. S’exprimant à l’aide de phrases tellement courtes qu’elles en sont laconiques. Il ne peut pas être tout à fait bon puisque c’est un as de la gâchette. Bref, voilà un personnage soigné dans les moindres détails. Et comme moi, il fume le cigare !

La présence du cigare de Blondin est un symbole très important dans le film. Blondin en a un à la bouche dans presque toutes les scènes et le rallume continuellement. Le cigare devient même un élément clé de l’action à quelques occasions (la poursuite en suivant la piste des cigares toujours plus fraîchement fumés, l’allumage de la mèche du canon et de celle des explosifs, etc.).

Eastwood incarne un personnage qui aurait fait un excellent méchant, il avait tout pour ça : des expression sombres et pensives, des yeux à demi-fermés, visage fermé, taciturne, ironique… Mais durant tout le film il est le cul entre deux chaises, oscillant sans cesse entre le chasseur de primes et le bandit.

Bref, une vraie réussite que ce personnage de Blondin et qui hisse ce western à un niveau de tragédie grecque ou shakespearienne. Non, non, les z’amis, nous ne sommes pas dans un bête film, c’est plus profond que cela.

Notre Bond Blondin est en compétition avec Tuco Benedicto Pacifico Juan Maria Ramirez (Tuco pour les intimes) « Le truand », un bandit comique, maladroit et volubile, recherché par les autorités. Il est joué par Eli Wallach.

Lui et Blondin n’ont rien en commun… mais malgré tout, il devront faire cause commune car Tuco a appris d’un soldat en train d’agoniser (Bill Carson) le nom du fameux cimetière où est enterré l’or, mais il ne connaît pas le nom de la tombe ; seul Blondin le sait.

Cette situation les force tous les deux à devenir compagnons de voyage. Les voilà donc contraints de travailler ensemble et de se secourir à tour de rôle. Leur relation est celle d’une amitié-haine. C’est Tuco qui lui donnera le fameux surnom « Blondin ».

Le troisième homme, la Brute, c’est Sentenza (Angel Eyes dans la version américaine), joué par Lee Van Cleef. C’est un mercenaire insensible et sans pitié. Il n’hésite pas à éliminer froidement tous ceux qu’il rencontre dans sa course au trésor.

Lui, c’est la crapule finie, loin de son rôle d’homme vengeant la mort de sa sœur dans « Et pour quelques dollars de plus ». Ça fait du bien de voir des acteurs changer de rôle… Lee a la gueule de l’emploi pour le méchant, mais le pauvre ne savait pas monter à cheval, tout comme Eli Wallach… Un comble dans un western !! mdr

Tout tourne autour de ces trois hommes, sans compter la guerre de Sécession qui s’invite dans la danse et qui nous montre tout l’imbécilité d’une guerre dans les morts envoyés au combat pour un foutu pont ou pour un endroit qui a tout de la crotte de mouche sur une carte.

— Je n’ai jamais vu tant de gens mourir… si mal [dixit Blondin en voyant les soldats mourir]

Leone disait : « la véritable histoire des États-Unis a été construite dans une violence que ni la littérature ni le cinéma n’ont su révéler comme ils l’auraient dû. Personnellement je tends toujours à mettre en contraste la version officielle des évènements – sans doute parce que j’ai grandi sous le fascisme. J’ai vu en personne comme on peut manipuler l’histoire. Pour cette raison, je doute toujours de ce qui est annoncé. Pour moi, c’est maintenant un réflexe ».

Oui, la guerre est le quatrième personnage. Elle nous est montrée furtivement dans les images de combat, lors du générique de début, qui vient insidieusement s’immiscer dans les péripéties et interagir avec elles : après la colonne de soldats dont l’arrêt démasque le bruit des éperons, c’est un boulet de canon qui fracasse la pièce où Tuco allait obliger Blondin à se pendre ; Blondin est de nouveau sauvé dans le désert par l’irruption du chariot sudiste ; enfin dans la rue de la ville abandonnée, les explosions donnent l’avantage à Blondin et Tuco dans leur duel contre la bande de Sentenza.

La convergence entre la chasse au trésor et la toile de fond guerrière est complète lorsque Blondin et Tuco sont bloqués par la bataille pour le pont de Branston.

Ici, pas de flashbacks, juste une narration qui vous entraine dans une poursuite infernale à la recherche d’un trésor enterré par des Confédérés et des personnages qui ne sont ni tout blanc, ni tout noir. Sans oublier les retournements de situations !

Il y a aussi tout les petits détails qui me font toujours sourire comme si je les découvrais pour la première fois : celle de l’officier vêtu du gris sudiste qui dévoile soudain un uniforme bleu nordiste en secouant la poussière qui le recouvre.

La méthode de construction du film est aussi un plus : il y a l’apparition d’éléments nouveaux qui étaient hors-champ, introduits subitement dans le plan en cours ou bien dévoilés par l’élargissement du cadrage et qui fait évoluer, voire basculer, le déroulement des événements.

Par exemple, dans la séquence du cimetière, on cadre sur Tuco qui creuse frénétiquement la tombe qu’il a enfin trouvée, le plan s’élargit et l’ombre de Blondin apparaît ainsi qu’une pelle tandis qu’il lance à Tuco : « Avec ça, ce serait plus facile ».

Les rapports de force basculent une seconde fois quelques instants plus tard, lorsqu’une autre pelle surgit dans le plan, lancée par Sentenza avec ces mots : « À deux, vous creuserez plus vite ». Putain, en peu de temps, tout est renversé et votre cœur fait des bons !

Votre cœur aura aussi des soucis pour la scène du duel à trois et du cimetière de Sad Hill. Une arène faite de pierres avec des tombes pour seuls spectateurs. Leone voulait un cimetière avec une sorte d’arène, ça n’existait pas, alors on l’a fait !

Le responsable espagnol des effets pyrotechniques, qui s’était occupé de la construction et de la destruction du pont, a prêté 250 soldats qui ont construit, en deux jours, le type de cimetière voulu, avec 10 000 tombes.

Un duel à trois… faut le faire ! Et on a inventé le néologisme triel (triello en italien) pour parler de cette chose peu courante.

Durant les plus longues minutes pour votre rythme cardiaque, vous verrez sur votre écran des plans fixes des trois hommes.

Ensuite, on passe au panoramiques sur fond de centaines de tombes lorsque chacun prend sa place dans l’arène. Caméras sur les mains près des révolvers, les yeux de Tuco qui bougent dans tous les sens, ceux de Sentanza qui ne bougent pas, Blondin qui mâchouille son cigare.

Puis, les plans seront de plus en plus serrés et rapides, scrutant le moindre signe des acteurs, un rictus, un mouvement des yeux ou du doigt, dans un montage qui fera école auprès de la génération suivante, le tout sur une musique d’Ennio Morricone qui vous fera couler la sueur dans le dos.

Les trois premiers gros plans sur les acteurs demandèrent une journée complète de travail, pour que le spectateur ait l’impression de regarder un ballet.

Niveau musique, celle de la course dans le cimetière est magnifique. Déjà la fuite de Tuco à cheval est contrecarrée par le cigare de Blondin et un canon…

À propos du tournage au cimetière, le scénographe et costumier Carlo Leva raconte : « Pour Le Bon, la Brute et le Truand, Carlo Simi me demanda de trouver un endroit adapté pour tourner la scène finale située dans un cimetière en temps de guerre […]. Nous étions en Espagne ».

« À proximité de Burgos, je découvris un petit plateau au milieu des pâturages pour les animaux d’un village. Je parlai au maire. Il accepta de déplacer les troupeaux et de nous laisser utiliser le terrain pour le tournage, à condition que nous remettions les lieux dans l’état où nous les avions trouvés ».

« Avec l’aide des soldats espagnols et avec une charrue, je préparai le terrain afin de pouvoir y installer 8 000 tombes, faites avec la terre trouvée sur place et mélangée à de la paille et de la sciure. Et les monticules, nous les avons élevés un par un en utilisant un cercueil vide, de la même façon que les enfants font des châteaux de sable sur la plage avec un seau vide ». Lorsqu’il vit le résultat, Sergio Leone fut enthousiasmé par notre « travail macabre ».

Bref, pour tout cela ce film reste pour moi un chef-d’œuvre dans son genre !! Loin des western gentillets pour la famille, un film que l’on regarde à différentes époques de sa vie et qui nous raconte toujours plus au fur et à mesure que l’on comprend mieux les choses.

Enfant, on le voit comme un divertissement amusant, adulte, on voit la violence de la construction des États-Unis, l’absurdité des guerres, la folie de l’or qui ne mène à rien de bon. Enfant, on voit Blondin comme un gentil, adulte, on saisit mieux les nuances. Bref, c’est à chaque fois une découverte pour moi,  comme l’est « Once upon a time in the west ».

Extasy of gold version grand orchestre… magnifique ! Et sous les fiches techniques et d’acteurs, il y a quelques anecdotes du film.

Fiche technique :

  • Titre original : Il buono, il brutto, il cattivo
  • Titre international : The Good, the Bad and the Ugly
  • Titre français : Le Bon, la Brute et le Truand
  • Réalisation : Sergio Leone
  • Scénario : Luciano Vincenzoni, Sergio Leone, Agenore Incrocci et Furio Scarpelli
  • Décors : Carlo Simi
  • Costumes : Antonelli et Carlo Simi
  • Photographie : Tonino Delli Colli
  • Montage : Eugenio Alabiso et Nino Baragli
  • Musique : Ennio Morricone
  • Budget : 1 200 000 dollars US
  • Pays d’origine :  Italie Espagne et  Allemagne de l’Ouest
  • Langue originale : italien
  • Format : Couleurs – 35 mm – 2,35:1 (Techniscope) – son Mono
  • Genre : western spaghetti
  • Durée : 161 minutes / 178 minutes (version longue, 2002)
  • Dates de sortie :
    •  Italie : 23 décembre 1966
    •  France : 8 mars 1968

Distribution :

  • Clint Eastwood (VF : Jacques Deschamps) : Blondin, « le Bon » (il Biondo dans la version italienne, Blondie dans la version américaine)
  • Lee Van Cleef (VF : Georges Atlas) : Sentenza, « la Brute » (Angel Eyes dans la version américaine)
  • Eli Wallach (VF : Claude Bertrand4) : Tuco Benedicto Pacifico Juan Maria Ramirez, « le Truand »
  • Aldo Giuffrè (VF : André Valmy) : le capitaine alcoolique
  • Luigi Pistilli (VF : René Bériard) : le père Pablo Ramirez
  • Rada Rassimov (VF : Anne Carrère) : Maria
  • Mario Brega : le caporal Wallace
  • Antonio Molino Rojo (VF : Roger Rudel) : le capitaine Harper
  • Antonio Casale : Bill Carson dit Jackson
  • Antonio Casas : Stevens

Anecdotes ou choses à savoir pour briller en société :

Leone est aussi inspiré par une vieille histoire à propos de la guerre : « Je voulais montrer l’imbécillité humaine picaresque de même que la réalité de la guerre. J’avais lu quelque part que 120 000 personnes moururent dans les camps sudistes comme à Andersonville, mais je ne voyais nulle part de référence aux morts dans les camps de prisonniers nordistes. On entend toujours parler des atrocités commises par les perdants, jamais de celles de gagnants ».

Il montre un camp nordiste où la musique couvre les cris des torturés… on pense aux camps de concentration nazis, avec leurs orchestres juifs. Cela ne plut pas aux Américains, pour qui la guerre civile est un sujet quasi tabou.

Mais « la véritable histoire des États-Unis a été construite dans une violence que ni la littérature ni le cinéma n’ont su révéler comme ils l’auraient dû. Personnellement je tends toujours à mettre en contraste la version officielle des évènements – sans doute parce que j’ai grandi sous le fascisme. J’ai vu en personne comme on peut manipuler l’histoire. Pour cette raison, je doute toujours de ce qui est annoncé. Pour moi, c’est maintenant un réflexe. »

Le camp de prisonniers où sont conduits Blondin et Tuco est basé sur les bas-reliefs en acier d’Andersonville, réalisés en août 1864, alors que 35 000 prisonniers s’y trouvaient.

De plus, les scènes extérieures s’inspirèrent des archives photographiques de Mathew Brady. Van Cleef raconte à ce sujet : « Le camp de prisonniers construit par Sergio était très simple : seulement quelques cabanes et des palissades. Et il était surpeuplé, mais il donnait l’impression que durant la guerre civile, les choses devaient être exactement comme cela. C’était comme les images que j’avais vu d’Andersonville… Vraiment comme une photographie de Brady. »

À propos de la documentation recherchée pour le film, Leone raconte : « Les auteurs américains dépendent trop des autres scénaristes et n’approfondissent pas suffisamment leur propre histoire.

« En préparant le film, je découvris que durant la guerre civile, il n’y eut qu’une seule bataille au Texas, visant la propriété des mines d’or de l’État. Le but de la bataille était d’empêcher le nord (ou le sud) de contrôler ces mines. Donc, pendant que j’étais à Washington, je tentais de trouver quelques informations sur cet évènement.

Le bibliothécaire de la bibliothèque du Congrès (la plus grande du monde), me répondit : « Je crois que vous vous trompez. Le Texas, dites-vous ? Il doit s’agir d’une erreur. En Amérique personne n’a jamais livré de bataille pour des mines d’or et de toute façon la guerre civile n’a jamais eu lieu au Texas. Revenez dans deux ou trois jours, je ferai quelques recherches d’ici là. Mais je suis certain que c’est une erreur ».

Eh bien, j’y suis retourné après deux ou trois jours et ce type me regardait comme s’il avait vu un fantôme.

Il me dit : « J’ai ici huit livres et ils font tous référence à cet évènement. Comment diable avez-vous fait pour le savoir ? Vous ne lisez que l’italien, comment avez-vous pu le découvrir ? Maintenant, je comprends pourquoi vous les Italiens faites des films si extraordinaires. Je travaille ici depuis vingt ans et pas un seul réalisateur américain ne s’est jamais préoccupé de venir s’informer sur l’histoire de l’Ouest ».

Leone a inséré dans le scénario son point de vue personnel : la façon dont Blondin et Tuco perçoivent la guerre est la sienne. La phrase écœurée de Blondin qui commente la bataille du pont : « Je n’ai jamais vu tant de gens mourir… si mal » synthétise ce que Leone voulait transmettre.

De plus, par la bouche du capitaine nordiste, il dénonce l’absurdité de l’enjeu de la bataille décidée en haut lieu (« une crotte de mouche sur une carte ») et prononce une diatribe cynique sur l’alcool, refuge du soldat, qui sera censurée dans la version italienne.

Enfin, Leone modifie sa mise en scène pour la bataille, et abandonne son illustration habituelle de la violence pour une prise de vue quasi documentaire, sans héroïsme, en une série de travellings cadrés de loin.

Le scénario fait l’objet d’une novélisation sous le titre éponyme par Joe Millard (Série noire N°1254).

Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Challenge « La littérature fait son cinéma – 4ème année »chez Lukea Livre et « Le Mois Américain » chez Titine.

CHALLENGE - Mois Américain Septembre 2014 CHALLENGE - Il était une fois dans l'ouest - BY Cannibal Lecteur