Loveday & Ryder – Tome 2 – Un pique-nique presque parfait : Faith Martin [LC Bianca]

Titre : Loveday & Ryder – Tome 2 – Un pique-nique presque parfait

Auteur : Faith Martin
Édition : HarperCollins (17/06/2020)
Édition Originale : Ryder and Loveday, book 2: A Fatal Mistake (2018)
Traduction : Alexandra Herscovici-Schiller

Résumé :
Été 1960. Après une fête de fin d’année organisée par les étudiants de St Bede’s College sur les berges d’une rivière, le corps d’un certain Derek Chadworth est retrouvé flottant dans les eaux de Port Meadow.

Et si tous les jeunes gens présents sur les lieux affirment que la mort de Derek est accidentelle, aucun d’entre eux ne peut attester avoir bel et bien aperçu l’étudiant à la fête.

Confronté à des témoignages vagues qu’il juge peu crédibles, le Dr Clement Ryder décide d’ouvrir une enquête, assisté de la jeune policière Trudy Loveday, qui entreprend de se faire passer pour une étudiante de St Bede’s College.

Trudy arrivera-t-elle à gagner la confiance des élèves et percer le mystère qui entoure la mort du jeune homme le plus populaire de l’université ?

Car une chose est sûre : Derek Chadworth n’était pas un étudiant comme les autres…

Critique :
Pour une pique-nique réussi qui marquera les esprits, plongez un cadavre fraîchement assassiné dans une rivière composée de sédiments, laissez flotter lentement avant de le repêcher.

Effet garanti !

Pour prolonger la fête, passez tous et toutes devant le coroner Clement Ryder et faites en sorte de rester évasif dans vos témoignages sur la présence ou non du mort à votre petite sauterie en barque.

À déguster sans modération car ce roman se savoure à toutes heures du jour. Prévoir une tasse de thé.

Les duos homme/femme ne sont pas les plus faciles à réaliser, mais avec Loveday & Ryder, l’auteure a réussi le délicat équilibre et nous donne un mariage parfait entre le vieux briscard bougon et la jeune stagiaire de police qui a encore tout à apprendre.

L’époque est aussi bien choisie : 1960, quand les femmes commencèrent, timidement (et sous les regards désapprobateurs des mâles), à entrer dans la police, ce qui n’était pas toujours bien vu puisque tout le monde s’accordait à dire que la place de la femme était auprès de son mari et de ses enfants.

Une époque délicieusement rétro, surannée (restons vigilantes) et pudibonde. Une époque où les nobles avaient des pouvoirs exagérés et où l’on devait presque faire des courbettes devant eux.

Cette époque, mêlée habillement à la ville d’Oxford, donne un charme fou au récit car l’auteure n’a rien d’une branquignole qui se prendrait les pieds dans le tapis en en faisant trop ou pas assez.

Une fois de plus, c’est équilibré entre l’enquête et tout ce qui concerne les mœurs et les pensées de l’époque, à tel point que l’on croirait le roman écrit en 1960, avec la mentalité de l’époque.

Anybref, un polar historique qui sent bon la ville d’Oxford, les privilèges d’une certaines classes, la société patriarcale où la femme n’a pas trop sa place au travail, la fin des examens et l’école de prestige pour les dirigeants de demain.

Une vraie enquête, avec des pistes à remonter, des témoins à auditionner et d’autres à trouver. Si j’ai eu une révélation sur le modus operandi et l’identité du coupable, cela n’a pas entamé mon plaisir de lecture car derrière ce crime et cette enquête, c’est aussi une critique de la société qui est mise en avant et le fait que les coupables ne sont pas toujours puni pour leurs comportements déplacés.

Une LC où Bianca et moi sommes sur la même longueur d’ondes pour dire que des lectures ainsi, on en veut encore !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°14].

 

Loveday & Ryder – Tome 1 – Le corbeau d’Oxford : Faith Martin

Titre : Loveday & Ryder – Tome 1 – Le corbeau d’Oxford

Auteur : Faith Martin
Édition : HarperCollins Noir (13/11/2019)
Édition Originale : Ryder and Loveday, book 1: A Fatal Obsession (2018)
Traduction : Alexandra Herscovici-Schiller

Résumé :
Oxford, 1960. Lorsque Sir Marcus Deering, un riche industriel de la région, reçoit plusieurs lettres de menace anonymes, il prend le parti de ne pas s’en inquiéter.

Mais bientôt, un meurtre est commis, et les meilleurs éléments de la police d’Oxford sont mobilisés.

La toute jeune policière Trudy Loveday rêverait de participer à une affaire aussi importante, mais ses supérieurs coupent rapidement court à ses ambitions.

Écartée de l’enquête et chargée d’assister le brillant mais peu amène Dr Clement Ryder, coroner, sur une affaire classée, elle se retrouve pourtant très vite au cœur d’une énigme qui pourrait bien la mener sur la piste du mystérieux corbeau d’Oxford…

Critique :
Réussir un duo d’enquêteurs, ce n’est pas facile. Surtout un duo homme/femme.

Il faut un subtil équilibre entre les deux personnages et que l’on s’attache au moins à l’un des deux, sinon, c’est loupé, comme dans « Jacks – Pour qui sonne le glas à Londres ? » où je ne me suis attachée à personne.

Ouf, dans ce polar, l’auteur a réussi à équilibrer ses deux enquêteurs, à les faire atypique, opposé l’un l’autre tout en se complétant car la fraîcheur et le dynamisme de la jeunesse n’est jamais entré en concurrence avec les cheveux argentés de celui qui possède l’expérience et un esprit subtil.

En 1960, être policière n’est pas une sinécure. Les femmes ne sont pas encore nombreuses dans la police et le chef de Trudy Loveday (19 ans) ne lui donne que des petites affaires, comme s’il voulait la protéger, comme si elle était en sucre.

Gardons en mémoire qu’il y a 60 ans (ce qui n’est pas si vieux), la femme était encore dans le schéma enfant/cuisine/mari.

D’ailleurs, la mère de Trudy ne se prive pas de lui rappeler qu’il devrait se trouver un gentil mari et vite pondre des enfants, comme si c’était le rôle d’une femme, comme un animal doit se reproduire pour la survie de la race.

Heureusement que le coroner (et non le médecin légiste comme noté dans les résumés) Dr Clement Ryder a deux yeux pour voir et un cerveau dont il sait se servir.

Cet ancien chirurgien, reconverti en coroner, a du flair et remarque vite que tout compte fait, Trudy était le bon choix, car elle est intelligente, vive d’esprit et un brin rebelle.

Pourtant, il n’est pas facile à vivre : il est inflexible, brillant, peu avenant, cherche les détails, n’hésite pas à dire aux policiers qu’ils se trompent et cache à tout le monde sa maladie de Parkinson. Pour les flics, c’est un casse-pied et on le surnomme le vautour.

Il  y a beaucoup de dynamisme dans leur couple d’enquêteur, de la bonne humeur, de la fraîcheur et le duo se complète bien, même si au départ, le binôme a dû se chercher avant d’arriver au point d’équilibre.

L’écriture est vive, plaisante à lire, ça se dévore très vite car l’enquête est addictive et bourré de mystères, de fausses-pistes et si j’avais compris une chose (le corbeau), j’étais loin d’avoir perçu tout ce que cela impliquait, le mobile et surtout, quel mystère se cachait derrière la mort accidentelle de Gisela Fleet-Wright.

Sans révolutionner la littérature policière, ce roman se laisse lire les doigts de pied en éventail, sans se prendre la tête. Le duo d’enquêteurs marche très bien, on aimerait les retrouver dans les enquêtes suivantes afin de voir quelles affaires ils vont résoudre ensuite.

Les autres personnages ne sont pas bâclés, ils ont tous leur place dans ce récit qui fleure bon les années 60 mais où n’avions pas encore beaucoup de droits, nous les femmes.

Délicieusement rétro, frais, rythmé et agréable à lire.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°283 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

Blake et Mortimer – Tome 21 – Le Serment des Cinq Lords : Yves Sente & André Juillard

Titre : Blake et Mortimer – Tome 21 – Le Serment des Cinq Lords

Scénariste : Yves Sente
Dessinateur : André Juillard

Édition : Blake et Mortimer (01/11/2012)

Résumé :
Cette nouvelle aventure de Blake et Mortimer conduit nos deux héros à Oxford.

L’Ashmolean Museum et sa célèbre collection archéologique est le théâtre de vols inexpliqués auxquels sont liés une série de meurtres tout aussi mystérieux.

Tels les héros d’Agatha Christie, Blake et Mortimer mènent l’enquête.

Yves Sente et André Juillard nous offrent une aventure dans la plus pure tradition des romans policiers britanniques.

Critique :
Se glisser dans les pantoufles d’un autre n’est jamais aisé car on a beau copier son trait, reprendre ses personnages, les connaître sur le bout des doigts, on n’est jamais dans la tête du père (ou mère) littéraire.

Pourtant, même si j’ai déjà vu mieux dans les dessinateurs qui ont repris la mise en image de nos deux compères, au moins, le scénario n’est pas bâclé et l’enquête est tout ce qu’il y a de plus terre à terre, sans élément fantastique, de SF ni d’Olrik (enfin des vacances).

Une enquête que n’aurait pas renié la Reine du Crime tant les atmosphères présentes dans ces pages sentent celles de ses romans.

Blake et Mortimer n’utiliseront jamais de smartphones et leur environnement restera à jamais figé dans les années 50, avec un petit air vieillot qui leur va comme un gant car c’est leur identité propre.

L’enquête est remplie de mystère car le lecteur a du mal à voir le rapport entre le vol de la valise d’un certain Thomas Edward Lawrence (en 1919) et les vols, 35 ans plus tard, à l’Ashmolean Museum, de pièces qui ne sont pas les plus rares, ni les plus chères.

Ajoutons une touche de mystère avec des silhouettes toutes vêtues de blanc, leur donnant des airs des fantômes, des lords qui meurent d’accidents qui n’en sont pas, un secret qu’ils sont les seuls à connaître et un Mortimer qui joue aux naïfs tandis qu’un Blake lui demande de se taire alors qu’il commençait à lui donnait un info importante.

Le scénariste nous sème des indices un peu partout, à nous de les prendre en compte ou pas, de les considérer comme importants ou comme étant de faux indices placés là pour faire accuser un autre…

J’avais capté assez vite qui était responsable des vols et il fallait être un anglais un peu trop confiant pour ne pas se rendre compte que cette personne jouait double jeu. Malgré tout, je n’avais pas tout trouvé et une partie des faits étaient inconnus de moi et sans l’intervention de Blake, je n’aurais jamais trouvé le pourquoi du comment.

Dans la neige froide et glacée, nos deux amis vont tenter de résoudre cette énigme et de trouver le ou les coupable(s) des crimes immondes, des vols bizarres et d’enfin savoir quel est ce foutu serment des 5 lords !

Sans révolutionner le polar, cette aventure se laisse lire avec plaisir, en prenant son temps pour regarder toutes les cases car malgré le fait que je sois moins fan de ce dessinateur (j’aimais mieux ceux de Ted Benoît), les décors foisonnent de détails et les paysages anglais, que ce soient ceux de la ville ou de la campagne, sont toujours un plaisir pour les yeux.

On ne révolutionne rien, mais dans les explications de Blake, à la fin, on se prend tout de même une douche froide avec un événement survenue durant sa jeunesse. La boucle est bouclée.

Un bon album qui est plus à réserver au nostalgiques de l’univers de Blake et Mortimer qui aiment lorsque l’action va à son aise, même si je soupçonne une injection d’EPO dans le dernier quart de l’aventure afin de clore cet album en 64 pages et non en 80…

Je ne l’avais jamais lu mais ce Mois Anglais était l’occasion idéale pour ressortir quelques albums de cette série et par la même occasion, d’en découvrir un jamais lu.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°269 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

[Série] Endeavour : La série qui n’a rien d’un Morse !

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Les Enquêtes de Morse (Endeavour) est une série télévisée britannique créée par Russel Lewis d’après les romans de Colin Dexter, et diffusée depuis le 2 janvier 2012 sur ITV.

Il s’agit d’une préquelle de la série Inspecteur Morse (Inspector Morse) racontant les débuts de l’inspecteur Morse en 1965.

En France, elle est diffusée sur France 3.

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1. Synopsis :
Après avoir quitté l’université d’Oxford et l’armée, le jeune Endeavour Morse revient à Oxford, à la suite d’une affectation, en tant que policier.

La culture acquise lors de ses études, la connaissance du milieu professoral et estudiantin, sa passion pour les mots croisés et l’opéra font de lui un policier perspicace et tenace malgré les réticences de sa hiérarchie et de ses jeunes collègues.

Il trouve un appui auprès de son supérieur direct et mentor, Thursday, qui va le garder comme adjoint.

Au fur et à mesure des enquêtes, on devine un passé familial et sentimental douloureux et on assiste à l’évolution d’Endeavour Morse vers l’adulte qu’il sera dans les romans de Colin Dexter et la série « Inspecteur Morse ».

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2. Distribution :

  • Shaun Evans : Endeavour Morse, agent de police
  • Roger Allam : Fred Thursday, inspecteur chef
  • Anton Lesser : Reginald Bright, Superintendant
  • Jack Laskey : Peter Jakes, sergent
  • Sean Rigby : Jim Strange, agent de police
  • James Bradshaw : Dr Max Debryn, médecin légiste
  • Abigail Thaw : Dorothea Frazil, rédactrice en chef du journal Oxford Mail
  • Caroline O’Neill : Win Thursday, épouse de Fred Thusday
  • Sara Vickers : Joan Thursday, fille de Fred Thursday
  • Jack Bannon : Sam Thursday, fils de Fred Thursday

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Première saison (2013)

  1. Énigmes (Girl)
  2. Le Fantôme de l’Opéra (Fugue)
  3. Visite royale (Rocket)
  4. De père en fils (Home)

Deuxième saison (2014)

  1. Le trésor de Wolvercote (Trove)
  2. Nocturne (Nocturne)
  3. À l’infini (Sway)
  4. Les garçons perdus (Neverland)

Endeavour 6552Ce que j’en ai pensé :
C’est sur un blog ami (mais où ? Que la coupable se dénonce !) que j’avais découvert un article sur cette série et ma curiosité m’avait fait aller  téléch… enfin, pomper un épisode afin de me faire ma propre idée.

Je connaissais l’inspecteur Morse – pas celui la série, que je n’ai jamais vue – mais les romans de Colin Dexter dont j’en avais lu quelques uns il y a fort, fort, fort longtemps.

Lui et moi n’avions pas ressenti de folle passion et nous nous étions séparés d’un commun accord.

Mais avec Endeavour Morse, le jeune, là, ça a accroché directement !

Bon, déjà l’époque et le lieu : Oxford (l’Angleterre – si jamais l’un de vous pensait que j’étais ailleurs en juin), milieu des années 60. 1965, précisément.

Le jeune policier Endeavour Morse – qui déteste son prénom, je le comprends, sa mère devait lui en vouloir à sa naissance – est un lovely sexy boy, pour moi. Le regarder n’est pas déplaisant pour les yeux.

Si, si, ça aide un policier minouche ! Bon, faut le scénario qui suive, mais ici, on est dans de la toute bonne série.

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Attention, c’est pas le rythme d’un 24h Chrono ou d’un Expert !

J’ai aimé son personnage de flic un peu renfermé, têtu, bougon, qui ne lâche rien, qui n’a pas peur d’aller à l’encontre de la hiérarchie, de s’imposer, grand amateur d’opéra, cultivé et surtout, j’ai joui en l’entendant nous faire des déductions à la Sherlock Holmes au sujet d’un vélo abandonné.

Oh mon dieu, c’était lui, le Maître ! *mode groupie en chaleur enclenché*

Puisque la série passait sur France 3 , j’en ai profité pour m’empiffrer en toute légalité de ce bonbon qui, tel une sucette à l’anis, coule dans la gorge d’Annie…

Les amateurs de 24h chrono (encore eux ? mdr) nous diront que la série va lentement et je ne peux leur donner tort, mais le plaisir n’est pas toujours dans la vitesse ! Il est bien souvent dans la finesse.

Là, je vous fais même de la poésie pour pas un balle de plus !

Ce que j’ai aimé, dans la série, c’est que les débuts d’Endeavour sont rudes, difficiles, il enchaîne les désillusions et s’apprête à démissionner lorsqu’on l’envoie enquêter sur la disparation d’une jeune fille de 15 ans. C’est grâce à sa ténacité qu’il résoudra l’affaire.

Ce qui handicape aussi notre jeune Morse, c’est l’éducation qu’il a reçue à l’Université de Oxford – qu’il a quitté sans avoir obtenu de diplôme.

Certes, elle lui apporte souvent de nombreux avantages, mais aussi son lot d’inconvénients, quand il s’agit de suivre les règles établies par le système de la police. Et notre bellâtre n’aime pas trop les règles.

Le personnage que j’apprécie aussi, c’est Fred Thursday, l’inspecteur chef qui a cru en lui, qui a refusé sa lettre de démission et qui l’a pris sous son aile, devenant ainsi son mentor, alors que Reginald Bright, le Superintendant, aurait tendance à le considérer comme juste bon pour la paperasse.

Entre nous, le Superintendant avait l’art et la manière de me taper sur les nerfs jusqu’à ce qu’il raconte un événement de son passé. Je l’ai regardé autrement car il n’avait pas eu peur de dire qu’il avait eu peur…

Mais revenons à nos moutons (Shaun, le mouton – mdr – le prénom de l’acteur) !

Puisque notre bel Endeavour Morse est passionné d’opéra, les extraits d’œuvres sont nombreux dans les épisodes, ce qui donne des bandes-sons magnifiques !

Sauf si on aime pas ça, bien entendu ! Les amateurs de métal ou de hardcore pourraient trouver la musique différente de ce qu’ils écoutent habituellement…

Le personnage évolue aussi, au fil du temps, et ce qui renforce le plaisir !

De sobre il devient buveur, une histoire d’amour va le faire chavirer dans la douleur, on se doute qu’il a un passé douloureux, pas facile, on voit qu’il a dû mal à se « donner » aux femmes et qu’il finira célibataire endurci !

Une série qui prend son temps durant chaque épisode, des fausses pistes, des sombres secrets, des filles plus trop farouches (pas comme à l’époque victorienne, ici, on sent la révolution sexuelle qui a lieu), des enquêtes qui ont tout du réalisme car on ne coince pas le coupable en deux minutes chrono, ici, on se trompe, on foire, on doit être tenace pour appréhender le véritable coupable.

Et puis, j’aime voir les vieilles voitures, les anciens vêtements des années 60, un certain conformisme, la déférence envers la famille royale (je n’apprécie pas ça, mais elle est dans la conformité de l’année), entendre des musiques d’opéra.

Sans oublier que le jeune Morse est bien plus sexy que son aîné et que ça ne gâche rien, je vous le dis !

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Son personnage est travaillé, en bute avec la hiérarchie, le moindre détail pas net le fait tiquer et que son personnage évolue aussi au fil des épisodes.

Une très belle découverte pour moi ! Merci à celle qui me l’a faite découvrir au travers de son article.

Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

BILAN - Coup de coeur

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Meurtre à Oxford : Tessa Harris

Titre : Meurtre à Oxford                                                      big_3-5

Auteur : Tessa Harris
Édition : France loisirs

Résumé :
Quand la littérature se penche sur les débuts de la médecine légale.

Angleterre, 1780 : une jeune femme demande au Dr Thomas Silkstone, anatomiste passionné, d’enquêter sur la mort mystérieuse de son frère…

Parce qu’il est l’un des premiers à pratiquer les autopsies, le docteur Thomas Silkstone est appelé à la rescousse à Oxford après l’empoisonnement d’un lord.

Bientôt la mort frappe à nouveau.

Critique : 
Le personnage du Dr Thomas Silkstone pourrait être le pendant du Dr Kay Scarpetta car tous deux ont une passion pour la découpe des cadavres.

L’un est anatomiste et l’autre exerce la médecine légale.

Problème : ils ne sont pas contemporains et Thomas Silkstone n’a pas le même matériel que la jolie Scarpetta (dans tous les sens du terme, bande de petits obsédés).

Étant tous des fans des Experts de tout poils, la médecine légale n’a plus de secret pour vous, mais imaginez un peu le brave Horatio Caine plongé en 1780 ! Le pauvre, il n’aurait pas ses lunettes de soleil ni son matériel ultra sophistiqué. On fait moins l’malin, là !

Ce roman, bien qu’œuvre de fiction, est tout de même basé sur un fait réel : le témoignage d’un anatomiste lors d’un procès. Les prémices de la médecine légale en roman… Pouvait pas mieux tomber, moi.

Pour tout dire, il devint le premier expert médico-légal de l’Histoire, et le récit qui va suivre rapporte sa première enquête.

Et à l’autopsie, ça donne quoi ??

L’Oxford de 1780 m’a bien plu, sans rien transcender dans le genre, le roman m’a divertit et les pistes en tout genre m’ont rendu zinzin. QUI a tué Edward Crick ? Vous ne le saurez qu’en ouvrant se livre et en plongeant tout entier dans les découpes de cadavres avec les bons mots des anatomistes de l’époque.

— Un bon cadavre, c’est comme un bon filet de bœuf, disait le maître – tendre sous les doigts, facile à découper.

Le scalpel entailla le péricarde aussi aisément qu’on entame au dessert une pêche bien mûre.

Le Dr Silkstone est un personnage attachant, amusant, tenace, plaisant, instruit. Un type qu’on laisserait volontiers tripatouiller dans notre bouche afin de nous ôter une carie particulièrement douloureuse. Un Dr House amical… Un Dr Watson avec l’intelligence de Holmes.

Celle qui fait appel à ses compétences, Lady Lydia, la soeur du défunt, est une femme qui sait faire preuve de courage et qui n’a pas trop froid à sa grotte merveilleuse; quand à son mari, on lui viderait bien tout un flacon d’arsenic dans le bol de soupe.

Quant au défunt, il avait quelques petits secrets peu reluisant, mais bien de l’époque… Mais à force de tremper son biscuit dans des tasses de café peu ragoutante, on fini avec la chtouille !

Il lui avait jadis décrété qu’il entrait dans les prérogatives d’un maître de pouvoir à sa guise jouir de ses domestiques, qui qu’ils fussent et tous sexes confondus.

Il lui restait maintenant à accomplir l’étape la plus repoussante de l’autopsie. Les mots de l’apothicaire lui revinrent en mémoire tandis qu’il entamait son examen de l’appareil génital : « M. le comte souffrait de la vérole. »
— En effet, grommela l’anatomiste en observant le chancre.

L’enquête est bien torchée, cousue de bon fil à rafistoler les corps, rien ne dépasse, du beau travail et j’ai été de surprise en surprise jusqu’au bout de ma lecture. Bien vu à l’auteur, elle a su me surprendre sans sortir un personnage de son chapeau au dernier moment.

L’atmosphère est so british et on sent bien le décalage entre la profession d’anatomiste de l’époque et celle de médecin légiste maintenant. À cette époque, les médecins n’étaient pas très riches et mal considéré.

Quand aux seigneurs, on aurait déjà envie de sortir la guillotine pour eux à l’avance tellement ils sont imbus de leur petite personne.

Sans révolutionner le polar historique, l’auteur a réussi à modeler une intrigue qui, tel un cadavre  plastifié par Gunther von Hagens, à tout d’une vraie.  Quant aux esprits sensibles, ils ne devraient pas choir dans les pommes à la lecture de certains détails.

Sous la plastique du cadavre, les chausses-trappes sont nombreuses et il faudra tout le talent de notre Thomas pour arriver à résoudre cette enquête aux multiples pistes et aux nombreuses révélations.

Notre anatomiste est humain, des erreurs, il en fera. Malgré tout, il est plus tenace que le roquet de ma soeur après sa baballe : il lâche rien !

Attention, Thomas, quand on a la chose qui palpite, on a les pensées ailleurs… Sherlock Holmes le disait toujours que les émotions n’étaient pas bonnes pour les réflexions !

Thomas humait le parfum de la jeune femme en laissant courir ses mains le long de son échine. Sa peau était douce sous la chemise de nuit. Il s’aventura jusqu’aux seins rebondis.

Il brûlait de la posséder, mais lorsqu’elle ferma les paupières, s’abandonnant à ses caresses, elle s’inclina […]

Moi, je n’avais pas trouvé la solution… juste quelques morceaux épars de cadavre, mais pas l’entièreté du corps.  Bluffée je fus, satisfaite je suis.

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015) , au Challenge « Polar Historique » de Sharon et au Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.