Agatha Raisin enquête – Tome 16 – Jamais deux sans trois : M.C. Beaton [Par Dame Ida Pigiste Bénévole Titulaire (dés)Agrégée en Drame Agathien]

Titre : Agatha Raisin enquête – Tome16 – Jamais deux sans trois : Méfiez-vous des femmes parfaites…

Auteur : M. C. Beaton
Édition : Albin Michel (27/02/2019)
Édition Originale : Agatha Raisin, book 16: And the Perfect Paragon (2005)
Traductrice : Béatrice Taupeau

Résumé :
Lasse de courir après des chats et des chiens égarés, Agatha accepte la sollicitation d’un certain Robert Smedley : cet homme fortuné est persuadé que son épouse le trompe. Rien de plus tentant pour notre extravagante Agatha que de coincer la jeune, jolie et très dévote Mrs Smedley, un peu trop parfaite pour être honnête. Mais c’était compter sans une autre affaire de disparition qui lui tombe sur le coin du nez. Jamais deux sans trois ?

Résumé de Dame Ida :
Le titre annonce la couleur : trois cadavres bien refroidis nous attendent dans cette nouvelle aventure d’Agatha Raisin qui depuis le tome précédent est enfin à la tête de sa propre agence de détectives privés.

Souvenez-vous, après l’avoir décidé en toute fin du tome 14, puis réalisé au tome 15, Agatha avait connu un certain succès, notamment en résolvant encore une affreuse histoire de meurtre, sa première en tant que professionnelle.

On aurait pu espérer que ce triomphe lui aurait apporté une nombreuse clientèle et des cas complexes, étranges et mystérieux… Hé ben non !

En plus comme notre Agatha  est ambitieuse elle se met à refuser les cas de divorces… Tandis que ses collaborateurs de la première heure la quittent pour voguer vers des agences plus prestigieuses, se marier, ou que sais-je encore !

C’est le gros marasme. La grande morosité… Et puis… Il y a cette douleur à la hanche qui la fait se sentir vieille tout à coup. Nan… C’est pas possible… Elle est trop jeune pour l’arthrite ! C’est un truc de vieux… C’est certain… C’est pas pour elle…

Histoire de relancer les affaires, d’explorer d’autres horizons que la recherche de chiens perdus et surtout parce qu’elle flaire le client trèèès riche qui va lui permettre de renflouer ses caisses, Agatha accepte tant bien que mal de filer la jolie et supposément vertueuse Mrs Smedley que son odieux mari soupçonne d’aller conter fleurette ailleurs.

Et puis… Il y a cette adolescente, bonne élève et bien sous tous rapports qui a disparu de façon d’autant plus inquiétante qu’elle n’a franchement pas le profil d’une fugueuse, d’une Marie Couchetoilà, ou d’une droguée délinquante.

Agatha rembauche quelques collaborateurs, dont un ado piercé de partout s’offrant une année sabbatique avant de partir à la fac et un retraité ruiné que Mrs Bloxbly lui met entre les pattes par charité, et repart à l’assaut des mystères de Carsely, tombant hélas littéralement sur le cadavre de la jeune disparue, et apprenant que Mr Smedley est tombé raide mort empoisonné après lui avoir dit de cesser son enquête sur sa femme.

Évidemment, Agatha reste Agatha, et enquêter seule n’est pas trop sa tasse de thé.

Certes, il y a bien ses nouveaux employés, mais Sir Charles s’ennuierait gravement si Agatha ne lui donnait pas quelques occasions de frissonner en tout bien tout honneur à ses côtés.

Et puis, ces petites enquêtes ne sont-elles pas pour elle une occasion d’entretenir ses liens d’amitié avec Bill Wong de la police locale, et de subir l’épouvantable cuisine de ses parents ?

Mon Avis :
Agatha devient une vraie pro. Elle apprend à gérer ses troupes aussi bien qu’elle gérait son ancienne agence de com’ !

J’avais apprécié lors du volume précédent que mon héroïne préférée (avec Minerva MacGonnagal et Sœur Marie-Thérèse des Batignolles… Quoi ? Oui et alors ? Ça vous dérange ???) oublie un peu son obsession de se trouver un mec pour se rassurer sur son pouvoir de séduction et sur le fait qu’elle ne se flétrissait pas trop vite.

Agatha mûrirait-elle ? En effet, car même la perspective d’avoir un peu d’arthrite l’épouvante un peu en ce sens que ça signerait l’arrivée de la vieillerie à ses yeux, Agatha s’est juste laissée un peu dragouiller par un ami de Charles, juste pour l’hygiène, un ami de Charles que l’on retrouve à la fin du livre après l’avoir totalement oublié tant on était pris avec elle par son enquête.

Attention ! Je ne dis pas qu’elle se laisse aller ! Pas question de ne pas réfléchir à la tenue que l’on porte ! Pas question de faire une faute de goût ou de se mémériser  ou de renoncer à être une magnifyque fashion victime (Christina, sors de mon corps !).

Mais malgré tout, Agatha nous montre qu’elle est capable de vivre par elle-même sans s’appuyer au bras d’un homme ! Youpeeee !

Bon OK Sir Charles vient lui donner un coup de main… Mais en restant à une place d’ami. Pas d’équivoque. C’est tout.

Sauf que… Il n’y a pas que Sir Charles au monde… Nan… Je ne vous parlerai pas du rebondissement final inattendu de la dernière phrase. Chuis pas une spoïleuse môa !

Faudra vous lire le bouquin en entier ! Et toc ! Ou alors… j’accepte les chèques à trois zéros.

Ah oui… Truc étrange… je viens de fermer le livre… Et si vous l’avez lu, n’hésitez pas à en parler dans les commentaires… Mais… N’aurait-elle pas arrêté de fumer ? Ou au moins considérablement réduit sa consommation de cigarettes ?

Plus je me creuse le crâne moins j’arrive à me souvenir d’un passage où elle peste parce qu’on ne peut pas fumer ici ou là… Ou parce qu’elle ne trouve pas de clopes…

Suis-je passée à côté des passages en question  qui jusque-là revenaient au moins trois fois par chapitre ? Sont-ils devenus rares ?

A-t-elle renoncé à son vice discrètement dans le volume 15 ¾ pas encore publié ? Ou Al Zheimer a-t-il frappé? Je compte sur vous pour m’éclairer !

Bref une enquête bien menée… Du Agatha comme je l’aime !

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Agatha Raisin enquête – Tome 15 – Bal fatal : M.C. Beaton [Par Dame Ida, Pigiste Titulaire Bénévole, Spécialiste des Fictions Agathiennes]

Titre : Agatha Raisin enquête – Tome 15 – Bal fatal – Entrez dans la danse…

Auteur : M.C. Beaton
Édition : Albin Michel (27/02/2019)
Édition Originale : Agatha Raisin, book 15 : And the Deadly Dance (2004)
Traducteur : Esther Ménévis

Par Dame Ida, Pigiste Titulaire Bénévole, Spécialiste des Fictions Agathiennes

Intro Babelio :
Au cours de cette nouvelle enquête, la détective Agatha Raisin est chargée de découvrir qui menace de mort la fille de la riche divorcée Catherine Laggat-Brown. Avec l’aide de son fidèle ami sir Charles Fraith, elle tente de résoudre la première grosse affaire de sa nouvelle agence de détectives.

Résumé :
Or donc, ce nouvel opus des aventures d’Agatha commence à Paris où elle est venue passer quelques vacances.

L’auteure enfilera outrageusement de vieux clichés comme des perles, puisque selon elle, des accordéonistes se baladeraient aux terrasses du Quartier Latin, pour jouer « La vie en rose » en boucle (ben nan désolé… y en a pas ! À Montmartre oui… mais pas au Quartier Latin… Jamais vu!)…

Je passe sur les pickpockets du métro (bon ok… il y en a… en tout cas, plus que d’accordéonistes aux terrasses du quartier latin) qui vont la dépouiller…

Et évidemment les policiers français sont trop occupés à réprimer les manifestations (bon n’oubliez pas que ce livre a été écrit en 2004, soit bien longtemps avant les gilets jaunes !), pour se préoccuper des pickpockets…

Et évidemment, quand elle va aller reprendre l’avion pour rentrer chez elle, c’est juste à ce moment-là que la police fera exploser un bagage abandonné, Agatha qui n’a jamais entendu parler d’attentats terroristes, ne comprenant pas pourquoi on traiterait ainsi systématiquement les valises égarées…

J’avoue que les dix premières pages m’ont un peu crispée. Je n’aime pas trop les auteurs qui réduisent un pays à des clichés… et en particulier le mien…

Est-ce qu’Agatha boit du thé et se gave de scones à longueur de journée ? Et ben non ! Elle a avalé plus de lasagnes surgelées que de scones en 15 romans ! Alors ?

Pourquoi suis-je censée de ne manger que du fromage qui pue tartiné sur de la baguette et me saouler au bordeaux ?

Et, que dirait Dame Belette si je réduisais la Belgique aux frites, à la bière, aux querelles incessantes entre wallons et flamands et aux blagues absurdes ? (Dame Belette dirait que tu aurais raison mais que ta vision des querelles absurdes est gentille et que même nous on ne comprends plus rien à nos institutions  ! Et nos moules, elles puent, nos moules ??) OK… elle nous rappellerait qu’il y a aussi du chocolat ! Qatari le chocolat… en plus… (Que Dieu nous garde, Galler est devenu Qatari !)

Anybref, tout ceci pour justifier la décision d’Agatha de devenir détective privée…

Enfin, surtout aux yeux des béotiens qui n’ont pas lu le volume précédent de ses aventures puisque c’était sur cette décision que nous en étions déjà restés. Cette escapade parisienne n’était qu’un prétexte pour replanter le décor pour celles et ceux qui ne suivent pas, épicétou…

A peine rentrée de Paris elle va donc rendre visite à Mrs Boxbly qui lui apprend que le cottage de James Lacey (son ex) a été enfin revendu à une fonctionnaire en retraite.

Oui ! Une femme ! Là pour le coup Agatha qui a l’habitude de coucher avec tous les occupants du dit cottage depuis son arrivée à Carsely en sera pour ses frais à moins de changer d’orientation sexuelle.

Elle se contentera d’embaucher sa nouvelle voisine comme secrétaire pour son agence de détective (cela étant les patrons et les secrétaires… quoi ? un cliché ?)…

Les relations avec cette secrétaire un peu trop efficace à son goût ne seront pas simples… Très ambivalentes… C’est le moins qu’on puisse dire… C’est qu’on n’a pas le droit de briller plus qu’Agatha quand on travaille avec elle ou pour elle. Ses fans commencent à la connaître !

Évidemment lancer une agence de détective dans une petite ville de province britannique, c’est un peu difficile, mais après une brillantissime affaire de chat-perdu retrouvé (par la dite secrétaire), une autre affaire de fils perdu-retrouvé (à nouveau par sa secrétaire…) quoi que le père de celui-ci se soit davantage inquiété pour sa voiture, et une histoire d’adultère assez banale, Agatha se voit confier une « vraie » affaire de menaces de mort !

Menaces portant sur la fille d’une imbuvable nouvelle riche et radine du coin. Sauf que croyant leur sauver la vie, Agatha les entraîne toutes les deux avec elle au fond de la piscine en pleine fête de fiançailles devant un aréopage de gens triés sur le volet…

Ben oui… elle avait vu le canon d’un fusil à la fenêtre, sortir opportunément au moment où le feu d’artifice prévu avait été déclenché prématurément. Vous imaginez à quel point la cliente d’Agatha était contente de ses services en sortant de la piscine, trempée devant tous ses invités…

Sauf que… tout cela bien que fort cocasse n’est pas si simple…

Et voilà ! Le décor est planté. C’est parti pour une nouvelle aventure haute en couleur !

Mon avis :
J’avoue avoir beaucoup apprécié ce roman mené à un rythme assez soutenu, avec diverses pistes et moult rebondissements.

Et, fait appréciable, l’auteur semble ne plus trop s’appesantir sur les routines d’Agatha qui commençaient à être lassantes depuis quelques volumes…

Et notamment sur ses cogitations éternelles concernant les hommes !

Car voilà notre Agatha plus préoccupée par le lancement de son agence et ses affaires que par l’urgence de séduire le premier mâle bien mis de sa personne en vue, plus histoire de se rassurer sur ses charmes que par un réel projet de construire une nouvelle histoire.

Cela étant rassurez-vous, Agatha n’a pas totalement changé non plus… Elle n’est pas devenue insensible aux bôzhômes et les imbroglios amoureux resteront de la partie d’une manière… comment dire… assez surprenante et inédite.

Ben oui… Il n’y a pas qu’Agatha qui est pourvue d’un cœur d’artichaut figurez-vous !

Bref, si l’on excepte les insupportables clichés du début, ce roman offre une merveilleuse bonne surprise, rompant avec les recettes habituellement utilisées par l’auteure qui pensait que ses lecteurs voulaient continuer à voir Agatha tourner en rond sans aucune évolution notable de son personnage.

Voilà qui donne envie de lire le prochain volume au plus vite !

De Capes et de Crocs – Intégrale 6 – Actes XI – XII : Alain Ayroles & Jean-Luc Masbou

Titre : De Capes et de Crocs – Intégrale 6 – Actes XI – XII

Scénariste : Alain Ayroles
Dessinateur : Jean-Luc Masbou

Édition : Delcourt (22/11/2017)

Résumé :
« Mais que diable allait-il faire dans cette galère ? » Le fidèle lapin. Eusèbe, autrefois condamné à perpétuité, révèle enfin son passé.

En ces temps de misère et de violence, où de cruels mousquetaires terrorisent les gardes du cardinal et où saltimbanques et spadassins battent l’estrade et croisent le fer, la vie d’un homme ne vaut pas cher.

Alors celle d’un lapin…

Critique :
Mais que diable allait-il faire dans cette galère, le lapin Eusèbe ??

Vous le saurez enfin en lisant cette intégrale qui reprend les tomes 11 ( Vingt mois avant) et 12 (Si ce n’est toi…) de la saga « De cape et de crocs » !

Un des running gag de cette saga était que chaque fois que Eusèbe voulait expliquer comment il avait fini aux galères, un évènement l’empêchait de raconter ses mésaventures.

A tel point que je pensais que ce n’était qu’une plaisanterie des auteurs car imaginer qu’un aussi gentil et naïf lapin (le plus minouche de toute la bédé) ait pu commettre un crime atroce ou un vol horrible pour mériter les galères ??

— QUI A DONNÉ DE LA PAILLE À CE LAPIN ?!
— C’est moi, père
— Pourquoi m’as-tu désobéi ?!
— Parce qu’il est trop mignon !
— TROP MIGNON ?! C’est ma foi vrai…

Et bien non, ce n’était pas une fanfaronnade, Eusèbe s’est bien retrouvé dans la galère après qu’il soit monté à Paris. Cette intégrale vous racontera tout et je vous jure que vous n’êtes pas à l’abri de quelques surprises de taille. Comme quoi, la taille ne fait pas tout.

— Le chemin de Paris ? Malheureux ! N’entendez-vous point ce qu’en disent les colporteurs ? Cette ville est un repaire de brigands ! Elle n’est peuplée que de détrousseurs ! De coupe-jarrets ! De chiffonniers prêts à vous écorcher tout vif pour vendre votre peau au plus offrant ! Les denrées y sont chères et les mœurs dissolues ! Il y a trop de monde ! Trop de bruit ! Petit lapin, je vous en conjure… N’allez pas à Paris !

Suivre Eusèbe passant de personnage secondaire à principal, sans retrouver nos amis Don Lope et Armand est assez difficile car nous n’avons pas eu pour habitude de voir notre lapin naïf aux avants-postes de la narration et de l’aventure.

Les puristes pourraient trouver lourd son côté gentillet et le fait qu’il ne voie jamais la part sombre dans les autres ou qu’il leur pardonne trop facilement, en tout cas, de mon côté, ayant toujours eu un faible pour l’immaculé lapinou, j’étais à la fête.

Débarquer dans un Paris à l’époque des Mousquetaires de Dumas, arpenter les ruelles sales, me faufiler dans la Cour des Miracles, trembler pour mon blanc lapin sans raison, puisque le récit se passant « 20 moins avant » (et non « 20 ans après » comme chez Dumas), je savais que mon white rabbit allait s’en sortir.

Tout ce qui faisait le sel de la saga se retrouve de nouveau dans les pages, que ce soit les dessins superbes ainsi que les multiples références à d’autres œuvres, et là, ce sera au lecteur de retrouver leurs origines, ainsi que de débusquer les poésies, pamphlets, sonnets satiriques ou juste profiter des belles tirades littéraires.

— Vous seriez donc, Horace oryctolague, un de ces auteurs satiriques qui manient l’épistolaire comme on manie les pistolets ?
— Je n’entends point ce que vous dites, mais cela sonne comme de l’esprit.

— Qu’ils soient vêtus de pourpre ou d’azur,je ne vois ici que d’importuns manieurs d’épée, prêts à s’entre-tuer pour un de leurs points d’honneur ridicules ! Vous êtes le passé. Vous êtes le désordre. Je vous ferai connaitre la loi du nouveau temps !

Anybref, on ne s’embête pas dans cette intégrale qui clôt cette saga que j’avais découverte grâce au mensuel Lanfeust Mag, qui tirera sa révérence en février 2019 et dont je vais aussi devoir faire mon deuil.

Le seul bémol viendra qu’Eusèbe s’en sort un peu mieux dans les personnages secondaires que dans les principaux, mais ceci est un détail car j’ai vraiment pris du plaisir dans ces mésaventures.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le Mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

Sherlock Lupin & moi – Tome 6 – Les ombres de la Seine : Irene Adler

Titre : Sherlock Lupin & moi – Tome 6 – Les ombres de la Seine

Auteur : Irene Adler
Édition : Albin Michel Jeunesse (02/01/2019)
Édition Originale : Sherlock, Lupin & Io – Le ombre della Senna (2014)
Traducteur : Béatrice Didiot

Résumé :
Automne 1871. La guerre contre la Prusse est enfin finie, et Irene et sa famille retrouvent avec bonheur leur appartement parisien.

Évidemment, c’est aussi l’occasion pour la jeune fille de retrouver ses deux acolytes, Arsène Lupin et Sherlock Holmes. Le trio d’enquêteurs se reforme vite, un nouveau mystère les attend.

Le cousin d’Arsène, Fabien d’Andrésy vient de se volatiliser, après, semble-t-il, une sortie dans les bas-fonds parisiens.

Essayant de glaner quelques informations dans une taverne mal famée, les trois amis se retrouvent au cœur d’une guerre entre bandes rivales.

Les retrouvailles promettent d’être mouvementées !

Critique :
Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé mais Paris libéré !

Non, nous ne sommes pas à la fin de la Seconde Guerre Mondiale mais à la fin de celle qui laissait présager que ce ne serait pas fini, niveau contentieux, entre la France et l’Allemagne et que les matchs retours seront sanglants et meurtriers.

Nous sommes en 1971 et les casques à pointes ont gagné la guerre Franco-Allemande (ou franco-prussienne), l’annexion de l’Alsace-Moselle ne sera pas au menu de cette enquête de notre jeune trio, mais on se consolera en descendant dans les bas-fonds parisiens.

Ça me change de mes traditionnels bas-fonds londoniens que j’ai arpenté en long et en large (et malgré tout, je n’ai pas tout vu) et ça me change aussi du Paris traditionnel que je visite car ce genre de quartiers, je n’y mets pas les pieds, sauf accompagnée de Sherlock, Lupin et Irene, bien entendu.

On a beau être dans de la littérature jeunesse, on ne prend pas les jeunes lecteurs pour des cruches, dans ses pages, et on ne leur épargne pas la vérité non plus : la pauvreté, la misère, les mendiants qu’on a éclopés pour qu’ils rapportent plus, c’est une réalité à laquelle le jeune lecteur va être confronté.

En ces temps-là, il y avait déjà des gens riches qui aidaient les plus démunis, mais quand bien même on irait éplucher les patates pour la soupe populaire comme nos trois amis, au soir, tel Jack London et eux, nous rentrerions dans nos maisons douillettes pour manger plus qu’à notre faim, là où d’autres dormiront à la belle étoile ou sous les ponts de Paris.

Parlons-en des dessous des ponts de Paris ! Faudra que je vérifie si le système est toujours en place sous le pont d’Austerlitz (morne plaine)…

Ce sixième tome prend son temps pour s’installer, nous berce d’une douce langueur avant de nous jeter dans la Seine ainsi que dans les ruelles tortueuses fréquentées par la pègre. Cours, Irene, cours !

Un tome bien plus sombre que les premiers, bien plus mature aussi, avec un final qui m’a laissé sur le cul tant il était inattendu dans tous les sens du terme : on est dans de la littérature jeunesse et même s’il y avait des indices dans le texte d’Irene, j’étais loin de m’imaginer pareille fin du roman. Violent.

Non, on n’épargne plus les jeunes de nos jours et c’est tant mieux…

Une série qui continue de m’enchanter, un trio qui devient plus mature, des questions qu’Irene se pose sur l’amour que lui porte ses deux amis et des aventures toujours plus palpitantes, comme on en aurait rêvé de vivre à leur âge.

Fantazmë : Nicolas Tackian [Saga Tomar Khan 2]

Titre : Fantazmë [Saga Tomar Khan 2]

Auteur : Nicolas Tackian
Édition : Calmann-Lévy (03/01/2018)

Résumé :
Comment être un bon flic quand les victimes sont aussi des bourreaux ?

Janvier 2017. Dans une cave du 18e arrondissement de Paris, un homme est retrouvé, battu à mort. Sur place, beaucoup d’empreintes et un ADN ne correspondant à rien dans les fichiers de police.

Le commandant Tomar Khan pense à un règlement de compte. Le genre d’enquête qui restera en suspens des années, se dit-il.

Mais voilà, l’ADN relevé sur les lieux a déjà été découvert sur le corps d’un dealer albanais, battu à mort dans une cave lui aussi.

Et bientôt la rumeur court dans les quartiers chauds de Paris, celle d’un tueur insaisissable, un Fantazmë, le « spectre » en albanais.

Critique :
Vous voulez connaître mon fantasme ? Vous voulez vraiment le connaître ?

Approchez-vous de l’écran que je vous le chuchote à l’oreille car il ne faudrait pas que d’autres l’apprennent : n’avoir rien d’autre à faire dans ma vie que lire et monter à cheval !

Oh, je vous sens déçus ? What did you expect ? Bande d’obsédés, va !

Si le titre « Fantazmë » ressemble phonétiquement à la définition de la représentation imaginaire suggérée par l’inconscient, la définition n’est pas la même puisque dans notre roman, il s’agit d’un mot albanais qui veut dire « spectre ». Déjà là, je me suis couchée moins bête.

Au 36 quai des Orfèvres, on est en émoi pour plusieurs choses : le déménagement prochain et quelques crimes bizarres, sans aucun rapport entre eux, si ce n’est l’extrême violence dans lesquels ils ont eu lieu.

N’ayant jamais lu le premier tome, j’ai donc fait connaissance avec ce drôle de flic, le commandant Tomar Khan, chef de groupe de la section 3. D’origine kurde, on apprend que son enfance ne fut pas celle joyeuse de l’île aux enfants et que ses placards sont bourrés de squelettes en tout genre.

Un flic écorché, une fois de plus, me direz-vous… Oui, mais le portrait de l’homme est bien réalisé, bien travaillé, et ses blessures ne ressemblent pas à celles des autres flics torturés que nous connaissons.

Sans en faire des tonnes, l’auteur plante son décor, ses personnages, son intrigue et le déroulement des meurtres, dont les âmes sensibles devraient pouvoir s’en remettre… Quoique, vu la situation de misère des migrants (et des SDF) décrite dans la ville des Lumières, on ne devrait pas avoir le droit de s’en remettre.

Sous le couvert d’une enquête qui pue le classement vertical, faute de preuve, l’auteur nous plante le décor de la ville de Paris (loin de ses lumières) avec, à ma droite, ses chancres, ses camps de migrants vidés, ses pauvres hères qui errent sans but dans une ville où la loi ne fait rien pour les aider et à ma gauche, ses réseaux de prostitution mis en place grâce aux trafics de femmes, le tout sous l’égide de la mafia albanaise.

C’est rythmé, c’est couillu, c’est musclé, sanglant, violent, servi avec de la profondeur et des émotions, sans oublier le suspense, mon vieux complice (oups, je sors), un bœuf-carottes que l’on aimerait foutre en boite, le tout étant relié à des faits réels puisque l’auteur fait allusions aux terribles faits du vendredi 13 novembre.

Faut pas avoir fait littérature supérieure pour comprendre le roman, c’est à la portée de tous et il n’y a rien de péjoratif dans cette phrase, juste une conclusion, un constat.

Ici, les flics sont des flics, ils ne parlent pas comme dans La princesse de Clèves et se comportent comme des policiers qui n’ont plus de vie de famille, qui sont crevés, mal aimés, mal achalandés car jamais assez de budget et toujours une guerre de retard sur les truands.

Réaliste, donc…

Ça te déchire ta race sans révolutionner le roman policier, mais ça va quand même plus loin que le polar habituel puisqu’il n’est pas question, ici, du colonel Moutarde ayant tué dans la bibliothèque avec le révolver.

Allez, vite la suite que je sache ce qui va arriver ensuite !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018)et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°41 – La Deuxième Tache – Lire le deuxième tome d’une saga).

Sherlock, Lupin et moi – Tome 4 – La Cathédrale de la peur : Irene Adler

Titre : Sherlock, Lupin et moi – Tome 4 – La Cathédrale de la peur

Auteur : Irene Adler (Iacopo Bruno)
Édition : Albin Michel Jeunesse (03/01/2018)
Édition Originale : Sherlock, Lupin et Io : La cattedrale della paura
Traducteur : Béatrice Didiot

Résumé :
Irene et sa famille viennent de s’installer à Evreux. Alors qu’elle visite la ville, Irene est approchée par une inconnue qui lui annonce que sa mère court un grave danger. Qui est-elle ? Et d’où vient-elle ?

Intriguée par ce nouveau mystère, Irene fait appel à ses amis, Sherlock et Lupin. Leur enquête les conduira dans les rues de Paris, au cœur d’une crypte secrète dont on murmure qu’elle renferme un trésor inestimable…

Critique :
C’est un véritable plaisir pour moi que de lire les aventures de nos jeunes enquêteurs en herbe car en plus d’apporter un vent de fraicheur après une lecture ardue, on sent déjà bien les différents caractères qui s’affinent.

Comme des bons fromages, ou du vin, nos jeunes amis mûrissent, prennent de l’étoffe et les futurs adultes qu’ils seront commencent à se dessiner.

Sans révolutionner le genre policier, sans être novateur, les aventures de nos jeunes amis sont toujours plaisantes à lire et font du bien à l’esprit, sans pour autant offrir du temps de cerveau à une célèbre boisson gazeuse.

Cette fois-ci, on quitte Londres et on retourne en France, dans la campagne, pour une enquête qui va les mener jusqu’à la ville lumière, qui sombre dans la famine, suite à la guerre franco-allemande de 1870.

Irene, de par son journal « intime », nous raconte sa vie – mais pas trop – et ses aventures de folie avec Lupin et Sherlock, et dans ce tome, nous en apprendrons un peu plus sur elle et sur ce qu’elle nous parle depuis le premier tome, c’est à dire sur ses parents.

Si le début est assez calme, ensuite, pas le temps de s’asseoir ou de boire un café car on va bouger, enquêter, faire des filatures, se faufiler dans des lieux mal famés, et faire des tas de déductions.

Une chose m’a surprise et sursauté : l’utilisation d’un mot wallon que j’utilise souvent « bardouchi » que je fais suivre par « de kermesse ». Et oui, l’enquête aura quelques origines namuroises… Pour un français, ça ne comptera pas, mais pour une Belge qui vient du Sud (de la Belgique), ça compte.

Anybref, sans révolutionner le genre, cette série est bien fichue, agréable à lire, elle vous aère la tête en vous offrant du plaisir durant 250 pages, et, sans se prendre la tête, vous offre du suspense, du mystère, et un beau moment d’amitié.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver), le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

 

Hortense : Jacques Expert [LC avec Bianca]

Titre : Hortense

Auteur : Jacques Expert
Édition : Sonatine (09/06/2016)

Résumé :
1993 : Sophie Delalande est folle d’amour pour sa fille, Hortense, presque trois ans, qu’elle élève seule. Son ex-compagnon est un homme violent, auquel elle refuse le droit de visite. Un jour, il fait irruption chez elle et lui enlève Hortense.

2015 : Sophie mène une vie morne, solitaire. Un dimanche pluvieux, elle se fait bousculer par une jeune femme dans la rue. Persuadée qu’il s’agit d’Hortense, elle la suit. Sans rien lui dévoiler, elle sympathise avec elle.

La relation qui se noue alors est pleine de mystères. Sophie ne serait-elle pas la proie d’un délire psychotique qui lui fait prendre cette inconnue pour sa fille ? Et cette jeune femme est-elle aussi innocente qu’elle le paraît ?

Une intrigue fascinante et haletante, inspirée d’un fait divers.

Critique :
♫ Quand je pense à Hortense, je danse, je danse ♪

Zut, la rime originale ne fonctionne pas !

Vous vous demandez sûrement comment on peut plaisanter avec un sujet aussi poignant que la disparition d’une enfant de même pas 3 ans et comment j’arrive à être guillerette devant la peine et le désarroi de sa mère.

Ben justement, faut que j’évacue la tension que ces quelques 330 pages (en grande édition) viennent de me faire subir. Parce que nom de Dieu, je l’ai marathonée, cette lecture, tant je voulais savoir ce qui était arrivée à la petite Hortense et si le final allait être happy end ou pas.

Comment est-ce possible de faire battre autant le palpitant d’une pauvre lectrice avec un récit, somme toute, assez banal, de la vie de Sophie, la mère éplorée d’Hortense, qui, 22 ans après sa disparition, subit toujours le manque de sa petite fille.

Elle ne vit plus, ou quasi plus, ses journées sont monotones, et, tout en vivant sa vie par procuration, elle nous raconte ce que fut sa vie de femme amoureuse, sa vie de mère, l’enlèvement de la petite, son combat pour la retrouver.

Poignant, je vous le dis, sans pour autant être larmoyant ou faire preuve de voyeurisme.

L’auteur, un peu sadique sur les bords (et pas que sur les bords), en profite aussi pour nous donner les différents points de vue de plusieurs protagonistes de l’enquête, et ce faisant, nous avons une vision plus large de la personnalité de Sophie, de son calvaire, mais aussi de son caractère, qui, au fil des pages et du temps, deviendra franchement agressif et paranoïaque.

Autant j’aurais aimé la consoler, autant j’ai eu parfois envie de lui dire d’y aller mollo dans la manière de répondre aux gens.

Tout le roman m’a tenu en haleine, ne sachant jamais s’il y avait anguille sous roche ou pas, et dans quel pâté j’allais retrouver une couille : je ne suis pas déçue, j’ai adoré l’histoire, le côté psychologique des personnages, le scénario, le découpage de l’histoire, les multiples questions que je me suis posée, ainsi que le suspense.

Pour tout ces ingrédients, je mets une bonne note parce que même si j’avais soupçonné, j’ai tout de même été sur le cul.

De plus, le personnage de Sophie étant ambigu, le voir raconté par d’autres, nous permet de l’éclairer un peu plus et d’arriver à un peu mieux le cerner car elle oscille entre le gris clair et le gris foncé, de par sa manière d’agir avec les autres.

Il en ira de même pour les autres personnages et cette manière de les présenter est toujours positive, car bien souvent, ils ne sont pas toujours ce que l’on pense d’eux au premier abords. Pour certains, il faudra même attendre l’ultime dénouement pour savoir s’ils sont bien ce que l’on pense qu’ils sont, ou pas.

Là où je suis plus mécontente, c’est dans l’abrupt dénouement : on te balance le final et puis c’est terminé, alors que tout un tas de questions restent sans réponses !

Et ce ne sont pas des questions banales, elles sont hyper importantes pour expliquer certains points qui, sans ces explications, resteront obscurs à jamais, et incompréhensibles. Même le plus crétin des flics se les poseraient, ces questions.

Me voici donc mitigée : oui j’ai adoré le récit, oui j’en ai eu pour mes sous niveau palpitations, mystères, suspense, oui j’ai apprécié que l’on joue avec moi, mais j’aurais aimé quelques pages de plus, afin d’expliquer l’inexplicable ou tout du moins, les questions légitimes qu’un lecteur est en droit de se poser…

Un thriller psychologique rudement bien monté, où l’on doutera à toutes les pages, ou les éclairages pourraient nous montrer un personnage sous un autre jour (bon ou moins bon), mais avec un final bâclé dans ses explications et où il reste des mystères qui auraient mérités d’être résolus.

Ma copinaute de LC, Bianca, est restée comme moi avec tout un tas de questions sans réponses, ce qui nous donne une lecture commune super, mais bourrée de points d’interrogation.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

Le Jeu de l’Assassin : Nils Barrellon

Titre : Le Jeu de l’Assassin

Auteur : Nils Barrellon
Édition : City Editions (08/01/2014)

Résumé :
Le cadavre d’une femme poignardée avec une violence extrême est retrouvé sur les rails, près de la gare du Nord. Elle n’est que la première victime d’une longue liste.

A chaque fois, les proies sont des prostituées dont le tueur sème les corps dans différents quartiers populaires de Paris. Des meurtres sordides sans motif apparent.

Le commissaire Kuhn n’a pratiquement aucun indice et l’enquête s’enlise. Jusqu’à ce que le meurtrier fasse en sorte que l’on retrouve sa trace. Il relance la partie dans un jeu macabre avec la police. Un jeu de piste infernal au dénouement inattendu ?

Critique :
Ne me demandez pas pourquoi, mais j’étais persuadée, dans ma tête, que ce roman policier se déroulait aux temps jadis, à Paris.

Nous sommes bien à Paris, mais quand dans les premières lignes on vous parle de Darty et de Cracottes, faut se rendre à l’évidence et quitter le 18ème siècle pour se transposer illico dans notre époque.

Ça ne m’a pas tué, le fait de revenir brutalement dans notre époque. Ce qui m’a tué, dès les premières lignes, c’est l’humour du commissaire Kuhn ! Bon sang, ce mec a bouffé du clown avec ses croissants, pas possible !

Non seulement il est drôle, mais il a aussi des petites pensées ou réparties qui me font dire que son auteur, en plus d’avoir bouffé du clown avant d’écrire, a aussi fumé quelques joints de Frédéric Dard.

N’en jetez plus, j’adore la plume !

Bon, les esprits plus tatillons que moi pourront ergoter sur le verlan utilisé à profusion par un des membres de l’équipe du commissaire Nils Kuhn (et j’avoue que c’était un peu lourd à certain moment) qui provient du 9-3 et ronchonner aussi sur le mobile des meurtres, qui pourrait paraître abuser, mais je n’ai pas envie de chipoter car j’ai passé un bon moment de pur divertissement.

Les crimes sont communs, la logique est rare, disait le Grand Sherlock Holmes et ici, déjà, les crimes ne sont pas communs et la logique est présente, même si j’avais capté LA référence des crimes bien avant les flics.

Alors oui, ce ne sera jamais le polar ou le thriller du siècle, ni même de l’année, mais il a un petit quelque chose qui fait qu’on le dévore en un après-midi, au coin du poêle, sous le plaid, alors que le roman commence en pleine canicule !

Une équipe de flics agréables, des potes, des flics qui bossent (ça devient rare, ou alors, ils bossent pas dans le bon sens), des références qui montrent que l’auteur a potassé son « Policier sans peine » et n’a plus rien à apprendre sur le procédures et les mœurs des flics du célèbre 36, quai des Orfèvres.

J’aurais juste aimé qu’il approfondisse un peu plus les autres membres de l’équipe du commissaire, afin de mieux les cerner, certains ayant l’air de gros beauf au départ et ensuite, on a une belle évolution, mais j’aurais aimé un peu plus de détails sur ces flics qui composent son équipe de choc.

Une écriture qui alterne les moments drôles avec les moments les plus sérieux, une petite touche de détails crus dans les meurtres, mais sans abuser, une histoire qui a l’air de se terminer à la moitié et au moment où vous vous demander de quoi vont être meublées les 142 autres pages, ça repart de plus belle et là, on devra reprendre son souffle car on va cavaler !

Un roman policier thriller des plus agréables à lire, distrayant, pas morose, qu’on lit sans se prendre la tête, avec du suspense et du mystère savamment utilisés et n’a pas d’autres ambitions que de vous détendre sur la plage (on est presque au début de l’hiver, faudra attendre), après une dure journée de travail ou de maladie, si vous avez eu la crève comme moi.

What’else ?

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

Les Enquêtes de Nicolas Le Floch – Tome 14 – Le Prince de Cochinchine : Jean-François Parrot

[Billet Bénévole de Dame Ida qui atteste une fois encore ne pas avoir reçu de tailleurs Chanel ou de salaire de la revue des Deux Mondes]

Titre : Les Enquêtes de Nicolas Le Floch – Tome 14 – Le Prince de Cochinchine

Auteur : Jean-François Parrot
Édition :

Résumé :
1787, Nicolas Le Floch de passage en Bretagne pour la naissance de son petit-fils retrouve son ami de jeunesse, Pigneau de Behaine, devenu évêque d’Adran.

Ce dernier est venu discuter une alliance entre le roi de Cochinchine et Louis XVI.

L’enquête du commissaire, pour meurtre, se trouve doublée d’affaires d’État où les intérêts du royaume sont fragilisés par les complots soutenus par la Triade.

Critique :
Or donc, lorsque fut venu le temps de procéder à mon bookshopping trimestriel avec une vieille amie (oh oui ! Elle a bien vingt ans de plus que moi… Comment ? Non ! Ce n’est la nouvelle doyenne des français ! Qui a dit ça ?), tandis que je furetais dans les rayons, je suis tombée sur le quatorzième volet tout chaud sorti du four, des enquêtes de Nicolas Le Floch, Commissaire au Châtelet dont j’ai eu le privilège de suivre la carrière assidument depuis ses débuts sous le règne de Louis XV…

Il va sans dire que je l’ai prestement ajouté à mon panier et que j’ai laissé ma PAL en souffrance souffrir un peu plus… Elle n’est plus à ça près la pauvre!

Élevé par le Chanoine Le Floch dont il portera le nom, il apprend qu’il est en réalité le bâtard et seul fils d’un Marquis de Ranreuil dont il hérite le titre.

Il lui faudra en revanche treize aventures pour éclaircir les mystères de la généalogie de sa branche maternelle qui lui réserveront des surprises assez conséquentes expliquant peut être à quoi il doit tous les petits coups de pouces qui ont fait de lui le Commissaire des « Affaires Extraordinaires » de la couronne.

Depuis que la petite vérole a emporté Louis XV, et a chassé la Du Barry de Versailles, le voilà au service de Sa Majesté Louis XVI depuis quelques volumes. Il semble que le compte à rebours avant le déclenchement de la Révolution française soit déjà bien avancé puisque cette aventure débute en 1787, soit deux ans avant la prise de la Bastille.

Le volume précédent évoquait déjà l’affaire du collier d’une reine à la réputation bien entamée.

Celui-ci évoque une insécurité croissante dans la capitale, et une détestation de plus en plus marquée du petit peuple pour l’aristocratie.

Une détestation qui est attisée en réalité par les spéculations discrètes d’une bourgeoisie toute aussi nuisible aux conditions économiques de vie du peuple que les abus des nobles… Bourgeoisie qui confisquera à son profit le pouvoir et qui laissera le peuple aussi pauvre qu’avant… Jusqu’à aujourd’hui.

Ainsi, Nicolas Le Floch s’est retiré en ses terres de Ranreuil avec son propre fils (né de sa liaison avec une ancienne périprostipute devenue Lady outre-manche et espionne pour le compte des français !), dont la femme vient d’accoucher de la troisième génération d’une lignée de Ranreuil où la bâtardise semble être devenue une tradition remontant à l’avant dernier règne.

Or, voilà que Nicolas qui se détend en folâtrant dans les vagues bretonnes échappe de peu à un attentat, et apprend en se réfugiant en son logis qu’un messager est venu lui apporter deux missives lui intimant de se rendre d’urgence à Paris…

Messager qui a pour tâche de l’escorter pour le protéger d’un nouvel attentat… et n’hésite pas à zigouiller un personnage fort suspect en chemin.

Une fois arrivé à Paris, Nicolas essaie de comprendre  pourquoi on l’avait mandé.

Vaine tentative puisque les signataires des deux billets qui avaient réclamé son retour semblent ne rien y comprendre et ne se souviennent pas d’avoir signé ou expédié quoi que ce soit.

L’ombre de Sartine, son ancien supérieur appelé depuis à de plus hautes et mystérieuses fonctions y serait-elle pour quelque chose?

L’idée ne manque de traverser la tête de notre héros. Dans ses tentatives pour éclaircir ce mystère, voià qu’il retrouve un de ses très vieux amis devenu évêque pour les Missions Etrangères, en charge de négociations pour le Roi de Cochinchine qui a laissé son propre fils encore bien jeune venir en France en signe de confiance à l’égard de la France…

Et voilà que Nicolas se trouve accusé du meurtre du messager qui l’avait escorté et qui s’avérait ne pas être qui il prétendait…

Une mésaventure qui vaudra à notre héros de visiter les geôles de la Bastille dont il sortira d’une façon assez rocambolesque.

Et qu’a donc à voir tout cela avec l’intrusion au sein des Missions Étrangères où le petit Prince de Cochinchine a failli être enlevé en même temps que fut dérobé le sceau de son père ?

Quelle est donc cette mystérieuse secte amanite qui ourdirait ses complots dans l’ombre ? Et que vient donc faire la Hollande dans ce bouillon de plus en plus obscur?

Ce que j’en ai pensé… ? Bon… Ben je suis un peu embêtée.

D’abord parce que je suis fan depuis le début du beau Marquis (celui de Ranreuil ! Pas celui de Sade !). C’est toujours avec impatience que j’attends le prochain volume de ses aventures (un peu comme on attend une nouvelle saison du Sherlock de la BBC !).

Certes, j’y ai retrouvé avec plaisir le style ampoulé que l’auteur emploie pour que son livre fleure bon le XVIIIème siècle…

Certes, j’y ai retrouvé le talent avec lequel il parvient à mêler la grande histoire à ses petites histoires, nous dressant un tableau assez fidèle et précis de la situation sociale et politique de l’époque…

Certes, c’est toujours avec tendresse que je retrouve ses personnages récurrents à la psychologie finement campée, comme on retrouve de vieux amis, et qu’il sait faire évoluer et vieillir au fil des années (allez savoir pourquoi mais j’ai une grande affection pour « La Paulet », mère maquerelle monstrueuse – rien à voir avec celle du film qui est jolie et classe – au langage fleuri et qui écorche les expressions métaphoriques de la langue française d’une façon plus que comique)…

Certes, j’ai regretté qu’il nous parle un peu moins cuisine (les précédents volumes étaient généreux en descriptions de recettes d’époque)…

Mais…

Mais j’ai eu un peu de mal à adhérer à l’intrigue… Ou du moins à ces deux intrigues dont on se demande quand elles vont (ou pas !) finir par se mêler et prendre du sens l’une par rapport à l’autre pratiquement jusqu’à la fin.

Ménager son suspens est une chose… Mais à force de le ménager on maintient là le lecteur dans une inconfortable perplexité qui m’a un peu gâté mon plaisir.

De cauchemar et de feu : Nicolas Lebel [Critique – Défi CannibElfique]

Titre : De cauchemar et de feu

Auteur : Nicolas Lebel
Édition : Marabout (03/05/2017)

Résumé :
Paris, jeudi 24 mars 2016 : à quelques jours du dimanche de Pâques, le cadavre d’un homme d’une soixantaine d’années est retrouvé dans un pub parisien, une balle dans chaque genou, une troisième dans le front.

À l’autopsie, on découvre sur son corps une fresque d’entrelacs celtiques et de slogans nationalistes nord-irlandais. Trois lettres barrent ses épaules : IRA. Le capitaine Mehrlicht fait la grimace.

Enquêter sur un groupe terroriste irlandais en plein état d’urgence ne va pas être une partie de plaisir. D’autant que ce conflit irlandais remonte un peu.

Critique :
Qui a dit que la lecture n’élevait pas l’esprit ? Et bien, j’invite tous ceux-là à ouvrir un roman de Nicolas Lebel afin de comprendre qu’il existe des lectures qui volent plus haut que certaines !

Mais pas sûr que ces gens-là comprendront… Ou alors, ça leur donnera mal à leurs petites pensées étriquées…

Lire un roman de Nicolas Lebel leur collera une migraine de puissance 10 sur l’échelle de Richter. Moi, j’adore et il ne me donne pas mal au crâne avec ses réflexions.

Son commissaire Mehrlicht n’est pas ce que l’on peut appeler un dieu grec (private joke) niveau physique. Il en est même l’opposé, lui qui ressemble à une grenouille qui se serait faite écrasée pas un camion, puis dessécher au soleil et enfin, mâchouillée ensuite par un renard…

Pourtant, c’est toujours un plaisir de retrouver ma petite grenouille fumeuse de Gitane et adepte de bons mots, ainsi que ses deux lieutenants, Latour, la jolie rousse et Dossantos, le bodybuildé adepte de séries et qui connait, pas cœur, le code pénal.

En découvrant un assassiné dans les chiottes d’un pub tenu par un irlandais à Paris, avec deux balles dans chacun des genoux, notre capitaine à la gueule chiffonnée ne pensait pas mettre les pieds dans un bordel pareil et suivre un tueur fou à la trace, suivant les cadavres, ses curieux dessins et ses inscriptions, écrites dans un sabir inconnu de notre flic de choc.

Non, « Na dean maggadh fum » n’est pas une future inscription sur les paquets de clopes. C’est du gaélique et si le conflit irlandais était loin dans votre mémoire, après lecture de ces pages hautement addictives, vous pourrez aller devant Julien Lepers et répondre à ses questions pour un champion tout en fredonnant « Ah ça IRA, ça IRA ».

Nicolas Lebel a cette fois-ci choisi de nous entraîner dans le passé, dans les années 60-70, dans une Irlande séparée, dans une Irlande déchirée, dans une Irlande du Nord en proie à l’envahisseur protestant qui n’est pas un tendre et qui a tout d’un criminel en puissance. La résistance s’organise et elle ne fera pas dans la dentelle non plus.

Alternant les sauts dans le passé et dans le temps, passant de l’Irlande d’hier au Paris d’aujourd’hui, l’auteur, avec sa verve habituelle, nous en donne pour nos sous niveau tension et les réflexions profondes de ses personnages sont aussi douces à l’esprit qu’un cappuccino crémeux l’est pour la gorge en souffrance.

Ça glisse tout seul dans ton cerveau non formaté par les médias et tu te dis qu’il y a encore des personnes qui ont un cerveau et qui savent mettre en page leurs pensées, leurs vérités, la réalité.

Du capitaine Mehrlicht pur jus, sans filtre, sans additifs, sans édulcorant et autres saloperies. Et du capitaine Mehrlicht, tu peux en fumer tant que tu veux, c’est bon pour la santé mentale ! Sauf si t’as pas de cerveau…

Maintenant, je me demande ce que le prochain opus nous réserve parce que notre « rebel » Lebel vient encore de placer la barre très haute avec une enquête qui était très bien menée, travaillée, addictive, intrigante, intéressante et qui, contrairement à ce que je pensais, n’était pas aussi simpliste que je le pensais  !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

Pourquoi je l’ai choisi (Par Stelphique) :

Nous étions impatientes de nous retrouver ma binomette et moi, pour une nouvelle LC spécial Lebel ! Vous le savez, on s’est lancé dans cette saga à deux depuis le tout premier Merlicht, alors on ne change pas une habitude comme ça… Le number 4 sort, on se jette dessus en duo!!!!

Synopsis :

Paris, jeudi 24 mars 2016 : à quelques jours du dimanche de Pâques, le cadavre d’un homme d’une soixantaine d’années est retrouvé dans un pub parisien, une balle dans chaque genou, une troisième dans le front.  À l’autopsie, on découvre sur son corps une fresque d’entrelacs celtiques et de slogans nationalistes nord-irlandais. Trois lettres barrent ses épaules : IRA.

Le capitaine Mehrlicht fait la grimace. Enquêter sur un groupe terroriste irlandais en plein état d’urgence ne va pas être une partie de plaisir. D’autant que ce conflit irlandais remonte un peu.

Dans ce quatrième opus, Nicolas Lebel nous entraîne sur la piste d’un un assassin pyromane, un monstre né dans les années 70 de la violence des affrontements en Irlande du Nord, qui sème incendie, chaos et mort dans son sillage, et revient aujourd’hui rallumer les feux de la discorde à travers la capitale.

Ce que j’ai ressenti :… Un feu de légende, dans un cauchemar réel…

Depuis, que j’ai découvert Monsieur Lebel, je ne peux plus me passer de ses répliques bien senties et de son personnage atypique le capitaine Merlicht !

Toujours le plaisir de me plonger dans ses enquêtes qui fleurent bon les références littéraires et le goût du savoir-vivre! Je suis fan de cet auteur mais…

Dans cet opus, j’ai moins retrouvé toutes les belles envolées de bons mots, j’ai cherché toute la magie qui fait que j’adore lire ses enquêtes, il m’a manqué la petite pétillance qui fait toute la différence…

— Laisse tomber, ce sont des tièdes. Je vomis les tièdes. Juste un trio de quiches ! Des quiches tièdes.

Pour autant, l’auteur nous donne une enquête flamboyante, avec un travail de recherche précis et une mise en lumière d’un conflit brûlant ! C’était très instructif !

En plus, j’ai trouvé cela super intéressant de voir que le terrorisme peut avoir d’autres parallèles, influences et noms,  mais reste toujours  que le fanatisme religieux fait des ravages explosifs dans les esprits, et surtout, qui fait tomber bien des vies…

« Le bon combat est celui qui est engagé au nom de nos rêves. »

Nicolas Lebel nous donne un ressenti de l’intérieur d’une cellule terroriste, il nous dévoile un jeune homme simple qui bascule…

J’ai trouvé cela, très intéressant, puisque ce n’est pas un concept nébuleux d’une simple tuerie, mais tout un engrenage qui conduit à la catastrophe…

Une approche donc plus intime, et un personnage qu’on voit lentement se perdre dans un éclair blanc…

J’ai adoré aussi que la réalité se mélange au folklore, qu’on est, non seulement une approche politique et sociale de l’Irlande mais aussi, une légende imprégnée et furieuse, propre à ses terres…

Le Far Darrig est une créature de cauchemar et de feu.

L’équipe devra jouer avec les timing et les contrecoups pour garder un minimum de cohésion.

En tout cas, je suis impatiente de lire la prochaine enquête, car il semblerait que l’osmose de groupe en est pris un coup, donc cette fin laisse présager quelques évolutions de personnages qui seront sans doute intéressant à découvrir…

Pour autant, avec ma binomette, on reste plus unies que jamais, et le prochain Lebel sera sans doute lu en LC, parce que l’amitié, il n’y a que cela de vrai ! (Je plussoie ! © Cannibal)

Ma note Plaisir de Lecture  7/10

Lien vers la chronique de Stelphique