Un feu d’origine inconnue : Daniel Woodrell

Titre : Un feu d’origine inconnue

Auteur : Daniel Woodrell
Édition : Autrement Littératures (2014)
Édition Originale : The Maid’s Version (2013)
Traducteur : Sabine Porte

Résumé :
Devant le nombre de jeunes morts ou défigurés, dans une ville qui comptait à peine quatre mille habitants, une clameur d’indignation désespérée s’éleva, appelant à la justice.

Missouri, 1929 : travailleurs, petits bourgeois, cul-terreux, prêtres et hors-la-loi se côtoient dans la petite ville ordinaire et misérable de West Table.

Cet été-là, un terrible incendie ravage le Arbor Dance Hall. Trente années plus tard, Alma raconte le drame à son petit-fils Alek : les corps carbonisés propulsés dans les airs, sa soeur Ruby et ses amours coupables, les errements de l’enquête, la vérité enfin.

Mais il n’y a pas de vérité dans une petite ville du Midwest – tout au plus des événements que chacun accepte de taire.

Dans un tourbillon de portraits saisissants de vérité, servis par une langue à la pureté tranchante, c’est la ville tout entière qui se révèle.

Directement inspiré de l’histoire de la propre famille de l’auteur, touchée par l’explosion du dancing de West Plain (drame réel survenu en 1928), Un feu d’origine inconnue est le récit captivant du destin dramatique de plusieurs générations de « petits Blancs » américains frappés par la Grande Crise.

Critique :
Celles qui avaient chantonné ♫ Ce soir je serai la plus belle, pour aller danser, danser ♪ ne pensaient pas qu’elles finiraient carbonisées ou grièvement brûlées…

Du moins, pour celles (et ceux) qui en réchappèrent, à ce brasier.

C’est ce qui s’appelle mettre le feu au dance-floor, dans le sens premier du terme.

En 1929, je vous l’accorde, Sylvie Vartan était encore loin de pousser la chansonnette, mais qu’à cela ne tienne…

Le ♫ Allumer le feu ♪ de Johnny me semblait si cynique dans ces circonstances.

Ce roman noir explore la face noire d’une petite ville et de ses habitants, entre la Grande Dépression et la chasse aux sorcières (les communistes), le tout sur trois générations, la grand-mère paternelle étant celle qui racontera le plus, avec son petit-fils Alek.

Qui a foutu le feu au dancing ? Le prédicateur zélé qui les menaçait d’enfer ? Un gosse ? Un ancien gangster ? Un des richards du coin ? Personne ne le sait, on a même demandé au shérif de laisser dormir tout ça, que connaître l’identité du responsable ne ferait pas revenir les morts.

Ah, ces petites villes américaines où la dichotomie entre les riches et les pauvres est si marquée, où les indigents ne doivent pas trop mal-dire des notables car c’est tout de même eux qui donnent le travail, plus tard.

Aux travers des souvenirs d’Alma, c’est toute une société que l’auteur va décrire, autopsier, juger, portraitiser et c’est assez cynique. Son regard n’est pas tendre, mais il est plus acide sur les riches que sur les pauvres gens.

Le constat est un portrait assez noir de cette société donnée, qui résume, à elle seule, une grande partie des rapports qui régissent les gens en société, que ces sociétés soient d’hier ou d’aujourd’hui (hormis quelques détails). L’auteur a une plume qui est trempée dans du vitriol et si on pourrait sourire de certains portraits, c’est tout de même doux-amer.

L’auteur ne sombre pas dans la mièvrerie ou dans le fait que tous les riches sont des salauds et les pauvres des braves gens, les portraits sont plus nuancés, les salauds moins prononcés, bref, nous sommes face à des humains normaux, réalistes, un jour ange et le lendemain, ou l’heure d’après, un peu démon ou très égoïste car en proie à la panique.

Ce feu, il n’est pas à l’origine d’une seule personne, c’est aussi la somme de tout un tas de petits détails, qui, pris un par un, ne semblent pas importants, mais qui donnent, en les additionnant, une bombe à retardement. Le doigt est pris dans l’engrenage et plus moyen de faire marche-arrière. Une seule personne craqua l’allumette mais d’autres l’ont aidé à en arriver là.

Un roman noir qui oscille entre une enquête, une chronique sociale, une autopsie des petites gens (les sans-dents), une dénonciation des inégalités sociales, des lourds secrets que l’on lève progressivement, de l’analyse assez caustique d’une société bien définie, dans un petit patelin où les chances de s’élever dans la société sont maigres, surtout si vous êtes né dans la poussière.

C’est court, c’est rythmé sans être trépidant, mais une fois entamé le récit, plus possible de l’arrêter, on veut savoir, on a envie de secouer Alma pour qu’elle accouche plus vite de son récit, on veut savoir qui, si ses soupçons sont vrais ou fantasmagoriques…

Et puis, on se laisse bercer par l’écriture de Woodrell, du bon Woodrell (je n’ai pas encore lu du mauvais) et on grince des dents devant ces damnés de la terre, devant ces inégalités sociales qui feraient se relever de terre tous les vrais socialistes.

Au temps pour moi, on vient de me dire dans l’oreillette qu’il n’y en avait presque plus…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°39 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Mycroft’s Testimony : Sophie Bellocq-Poulonis

Titre : Mycroft’s Testimony

Auteur : Sophie Bellocq-Poulonis
Édition : L’œil du Sphinx (2009)

Résumé :
« Sherlock Holmes ne serait pas tout à fait l’homme décrit par son biographe et ami le Dr Watson. Il serait de ceux qui cachent leurs déviances sous le masque du génie excentrique.

C’est du moins ce que confesse son frère Mycroft dans son récit-testament, en révélant l’ampleur de la crise identitaire dont souffrit le détective durant les trois années où Watson déserta Baker Street pour épouser Mary Morstan.

C’est aussi ce que subodore le Dr Aaron Kosminsky, psychiatre et criminologue, dans l’étude psychopathologie qu’il fait du personnage et publie en 2004.

Ces trois ans, compris entre décembre 1887 et mai 1891, furent d’insoupçonnables années d’errance et d’égarements psychiques qui conduisirent Sherlock Holmes à travers les affres de la désespérance, avant que ne le délivre de sa disparition dans les chutes de Reichenbach.

De cette période troublée, personne n’en a rien su. Pas même Watson. Comment aurait-il pu ? »

Critique :
Sherlock Holmes raconté par son grand frère Mycroft, ça aurait pu donner quelque chose de super génial, non ?

Pourtant ce petit roman m’a laissé non seulement sur ma fin, mais avec un horrible mauvais goût dans la bouche.

Mais avant de ruer dans les brancards, je vais peut-être commencer par le commencement…

Une fois de plus, on nous cause de la fameuse malle de fer blanc et nous retrouvons une vieille connaissance, c’est-à-dire la fameuse héritière de la famille Watson qui nous avait raconté « L’aventure des vierges de Glace ».

Niveau vie du détective, nous n’apprendrons rien de plus que nous ne savions déjà sur l’analyse de sa personnalité, si ce n’est quelques petits ajouts afin de justifier la « naissance » du professeur Moriarty, du moins, de nous montrer comment son personnage et son nom s’est formé dans l’esprit de Holmes.

Là, autant où le récit de Mycroft commençait bien, on se retrouve dans le fossé directement ou à hausser les yeux au ciel. Là, je ne suis pas preneuse de cette théorie un peu capilotractée.

Dans cette première partie, exit le grand frère bienveillant que nous avions croisé dans la série Granada, ici, Mycroft a plus les traits d’un manipulateur version BBC.

En tout cas, c’est ce qu’il laisse transparaître dans ce récit qu’il livre à son successeur au Diogene’s Club, sur son lit de mort.

Quant à la seconde partie consacrée au récit du docteur Aaron Kosminski qui, en 2004, réalisa l’espèce d »étude psychopathologie de mon détective borderline préféré, je l’ai trouvée…. Comment dire ? Heu… Ça m’a mis mal à l’aise cette manière de faire coller les faits à la théorie.

Déjà le nom qui fait référence à un « suspect » dans les meurtres de 1888… Alors, notre Freud d’opérette, dans la seconde partie, tente de nous éclairer sur le récit de Mycroft.

Une seconde partie froide, sur un ton clinique, indigeste, le tout devant former une sorte de portrait psychologique de Sherlock Holmes.

Alors oui, l’idée de départ était bonne : qui, mieux que Mycroft, aurait pu nous éclairer sur la vie de Sherlock avant sa rencontre avec Watson ?

Oui, il y avait de la recherche aussi pour tenter d’expliquer de manière rationnelle et réaliste le fait que Moriarty débarque ainsi sans coup férir dans les récits canoniques, ainsi que toutes les autres incohérences.

Mais je pense que la manière de le faire n’était pas la bonne et le récit devient lourd, pâteux, boueux, difficile à lire sans avoir l’esprit qui fiche le camp pour voir ailleurs s’il n’y a rien de meilleur.

Les seuls moments où mon cerveau est revenu parmi nous, c’est quand l’auteur Baring-Gould est appelé en renfort caisse (et son ouvrage « Moi Sherlock Holmes » est du grand n’importe quoi) et que les extraits canoniques insérés dans cet ouvrage sont issus des éditions Robert Laffont, réputée pour ses nombreuses erreurs de traduction…

Et là où mes esprit s’est rebellé encore plus, ce n’est pas à la stagnation, mais en comprenant que Sophie Bellocq-Poulonis nous explique calmement que l’auteur des crimes de Whitechapel était Holmes…

Mes griffes ont rayé les murs…. Ce ne sera jamais que la 36.000ème fois qu’on associe le détective de Baker Street à l’Éventreur de Whitechapel et ça commence à bien faire. Trop is te veel et on a fait des révolutions pour moins que ça.

Anybref, pour un profane en holmésologie, le breuvage sera indigeste et la tartine trop épaisse. Et pour un néophyte dans la question psy, ce sera encore plus infect qu’imaginer boire un thé au beurre rance !

De plus, c’est court, bien trop court ! Enfin, vous me direz que quand c’est mauvais, vaut mieux abréger et faire dans le court…

Une étude holmésienne (ou un pastiche, car il a des deux) que l’on referme avec un soupir de soulagement, en se demandant bien ce qu’on vient de lire et à qui ce genre d’ouvrage peut faire le bonheur ??

Sans doute un meuble un peu bancal…

Parce que je ne vois pas à qui d’autre cela pourrait servir : les holmésiens risquent de ne pas apprécier (ou si peu) et les amateurs d’écrits canoniques qui en lisent pour le plaisir risquent de tomber endormi ou de se fouler le poignet en l’expédiant au cent diables.

Allez, classement vertical !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver).

Reflex : Maud Mayeras

Titre : Reflex                                                                     big_5

Auteur : Maud Mayeras
Édition : Anne Carrière (2013)

Résumé :
« Perdre un enfant est une maladie que l’on a peur de contracter. C’est une contagion dont on évite soigneusement les infectés. On change de trottoir, on les fuit à toutes jambes. De ces gens-là, je suis la peste et le choléra. Je suis leur faucheuse, leur cancer, leur 22 long rifle. »

Iris Baudry est photographe de l’identité judiciaire. Disponible nuit et jour, elle est appelée sur des scènes de crime pour immortaliser les corps martyrisés des victimes.

Iris est discrète, obsessionnelle, déterminée. Elle shoote en rafales des cadavres pour oublier celui de son fils, Swan, sauvagement assassiné onze ans auparavant.

Mais une nouvelle affaire va la ramener au cœur de son cauchemar : dans cette ville maudite où son fils a disparu, là où son croque-mitaine de mère garde quelques hideux secrets enfouis dans sa démence, là ou sévit un tueur en série dont la façon d’écorcher ses victimes en rappelle une autre.

La canicule assèche la ville, détrempe les corps et échauffe les esprits, les monstres se révèlent et le brasier qu’Iris croyait éteint va s’enflammer à nouveau dans l’objectif de son reflex.

Critique : 
Put*** de bor*** de mer** !!! J’ai commencé « Reflex » lundi matin et je n’ai plus su le poser, le terminant au soir, lisant sans interruption de 18h à 22h30… Voilà pourquoi je n’étais pas sur le Net lundi 27 janvier soir, je bouffais, je dévorais, je m’empiffrais de ce livre qui m’a transporté ailleurs…

Monsieur Ernotte et son « C’est dans la boîte » m’avait déjà ébahie et collé un coup de pied dans les fesses, me laissant sans voix (un exploit), mais madame Mayeras vient de faire encore pire…

Âmes sensibles, attention ! Reflex n’est pas qu’un simple thriller, c’est aussi un roman noir. Un roman au-dessus de la moyenne et qui se lit d’une seule traite, la peur vous nouant le ventre. Certains passages, d’une rare violence, pourraient mettre les lecteurs les plus sensibles très mal à l’aise. Les plus aguerris aussi.

Le personnage principal, Iris Baudry, est photographe à l’Identité Judiciaire. La mort fait partie de sa vie quotidienne puisque son travail consiste à photographier les scènes de crimes avec ce qu’elles comportent de cadavres ensanglantés ou à l’état de putréfaction.

Notre Iris est une espèce de marginale, une frêle jeune femme qui chevauche une SuperDuke (moto), le petit bijou de chez KTM. Une pure machine à rouler sans aucun compromis, un naked bike de dingue, un moteur V2 débordant de puissance parfaitement maîtrisée ! La SuperDuke, c’est la terreur des Superbikes avec un châssis aussi maniable que précis. Pardon, je me laisse aller…

Dans son domaine photographique, Iris est une vraie « pro ». On l’appelle et elle arrive sur son destrier au moteur ronflant. Bizarre comme vie, non, de ne pas avoir vraiment de vie ? Si Iris flashouille les cadavres avec autant de verve, c’est sans doute pour oublier la mort brutale de son fils Swan, assassiné il y a 11 ans par un dingo qui purge depuis une longue peine.

Et voilà notre Iris de retour non loin de sa ville natale, celle qu’elle a fui et où elle aurait aimé ne jamais revenir à cause des mauvais souvenirs. C’est à sa terrible mère, un espèce de croque-mitaine maléfique, qu’elle doit un bégaiement.

Mais voilà, le croque-mitaine est à l’asile, plus légume qu’autre chose. Ce ne serait-il pas le bon moment pour lever enfin tous ces secrets ??

Bien que le début du livre soit assez « lent », impossible de s’ennuyer, on suit l’histoire, on suit les déboires d’Iris, on échafaude des théories, on tente de comprendre ce qui a bien pu se passer dans le passé.

Mon esprit étant pervers, je pensais dur comme fer avoir trouvé la solution et c’était toute contente de ma trouvaille que j’avais poursuivi la lecture, me disant que « savoir » ne faisait que renforcer le sentiment d’oppression présent dans le livre et je crispais mes mains de plus en plus fort sur les pages.

Constamment renouvelé le suspense augmente au rythme des courts chapitres – 3 ou 4 pages – dont de nombreux commencent par la même formule « je n’aime pas » souvent annonciatrice d’un nouveau drame.

J’ai été de surprise en surprise avec les chapitres intitulés « Silence », débutant en 1919 avec l’histoire de Julie, de son viol, de sa sa mise au ban de la société suite aux rumeurs, de sa grossesse, de son arrivée dans un orphelinat tenu par des peau de vaches de soeur, et la naissance de Lucie et sa vie dans l’orphelinat… On se demande où l’auteur va nous entraîner et ce fut captivant de passer d’époque en époque et de suivre les personnages.

Niveau personnages, ils sont tous travaillés à la serpe, possèdent une part d’ombre et l’habit ne fait pas toujours le moine…

Dans ce roman, chaque rebondissement nous égare un peu plus… Oubliez vos théories, vous ne trouverez pas. Mon raisonnement était pervers, mais l’auteure l’était encore plus que moi. Je pensais avoir « déduit »… Tu parles, Charles ! Tiens, prends-toi ça dans les dents !

Lorsque j’ai découvert toutes les révélations subtilement dosées dans les dernières pages, j’en suis restée muette durant quelques minutes, bouche ouverte, dans un « oh putain » muet. Comme si mes jambes avaient été taclées d’un coup. Sur le cul, j’étais. Sonnée, groggy, soufflée, taclée brutalement, K.O.

D’ailleurs, je ne me suis pas encore remise du livre. En plus d’avoir été « sonnée » violemment, faut encore atteindre la dernière page, quasiment la dernière ligne pour comprendre tout le fin mot de l’histoire.

En tout cas, bravo à l’auteure, parce que c’était de la balle, son roman !

Pourtant, avec une narration au présent (ce que je déteste par-dessus tout), des phrases très courtes, commençant souvent par « je » (ce qui aurait pu être casse-gueule sans un certain talent d’écriture) et sans trop d’action au départ (ce qui aurait pu m’endormir), le pari était risqué…

Malgré ces petits détails qui dans d’autres livres m’énervent prodigieusement, ici, rien de tout cela ! J’ai été aspirée directement dans le livre. Je me demande d’ailleurs s’il n’y a pas des formules magiques dans les pages qui vous envoûtent et vous empêchent de le refermer… Une sorte d’Alien qui sort ses tentacules pour rentrer en vous…

Ce livre, c’est fort, ça percute et ça t’uppercutte (celle-là, je mets un copyright).

Une tuerie, ce livre !! Une putain de saloperie de tuerie… un truc de fou, un coup de cœur doublé de je ne sais combien de coups de pieds au cul et de décharge de chevrotines dans mes tripes…

Maintenant que je l’ai dit, je me sens mieux…

Là, pour faire plus calme, j’ai entamé « L’enfant des cimetières » de Sire Cédric : Bisounours et petits poneys garantis !!

Belette Retournée

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).

22/11/63 : Stephen King

22-11-63 - Stephen King - Emprunt

Titre : 22/11/63

Auteur : Stephen King
Édition : Albin Michel (2013)

Résumé :

22 novembre 1963 : 3 coups de feu à Dallas.
Le président Kennedy s’écroule et le monde bascule.
Et vous, que feriez-vous si vous pouviez changer le cours de l’Histoire ?

2011. Jake Epping, jeune professeur au lycée de Lisbon Falls dans le Maine, se voit investi d’une étrange mission par son ami Al, patron du diner local, atteint d’un cancer. Une «fissure dans le temps» au fond de son restaurant permet de se transporter en 1958 et Al cherche depuis à trouver un moyen d’empêcher l’assassinat de Kennedy.

Sur le point de mourir, il demande à Jake de reprendre le flambeau. Et Jake va se trouver plongé dans les années 60, celles d Elvis, de JFK, des grosses cylindrées, d’un solitaire un peu dérangé nommé Lee Harvey Oswald, et d’une jolie bibliothécaire qui va devenir l’amour de sa vie.

Il va aussi découvrir qu’altérer l’Histoire peut avoir de lourdes conséquences…

Petit plus : Une formidable reconstitution des années 60, qui s’appuie sur un travail de documentation phénoménal. Comme toujours, mais sans doute ici plus que jamais, King embrasse la totalité de la culture populaire américaine.

POLAR - John-Fitzgerald-Kennedy_portrait_w532Critique : 

« Mes amis voici le temps venu, d’aller prier pour mon salut, le King, est revenu ! ».

Ah, Stephen King, tu es responsable de mes premiers frissons, de mes premières « vraies » frousses, tu es l’homme qui a enchanté mes après-midi de lecture avec tes nombreux ouvrages dont mes doigts aggripaient les couvertures, le souffle court et totalement immergée dedans.

Oui, Stephen (tu permets que je te tutoie, vu ce que tu m’as fait vivre) tu es l’auteur qui m’a fait regarder les voitures avec la sueur qui me coulait dans le dos et dont je n’ai jamais osé lire « Cujo » de peur de regarder mon chien de manière suspicieuse.

Stephen, c’est l’ami Gruz qui est LE responsable de ma lecture de ton livre, sa critique plus que dithyrambique m’ayant poussé à nouveau vers toi, quant à Laurence64, si elle avait publié avant lui, elle m’y aurait poussée aussi…

Et alors, Stephen ? Il paraît que tu es désormais en odeur de sainteté auprès des grands quotidiens francophones ?  La faute au nouveau pape ou au fait qu’ils aient ENFIN remarqué ton talent indéniable de conteur-frissoneur hors-pair ?

Comme le dit si bien le Figaro « Sans la liberté de blâmer, il n’y a pas d’éloges flatteurs » et dans ton cas, après t’avoir longtemps blâmé, ils te lancent ENFIN des fleurs, et sans le pot.

Ont-ils raison de t’encencer, comme le fit Gruz, Laurence64 et tous les autres ?

Ma foi (nouveau pape oblige), je dirais « oui » et « non »… et je commencerai par ce qui fâche d’abord :

Stephen, les préliminaires, c’est agréable, il en faut, on a le droit de prendre son temps et de me faire languir, mais, à un moment donné, il faut passer à l’acte ! Rentrer dans le sujet.

Trois cent pages en trop… trois cent pages de moins n’auraient pas été du luxe parce qu’à un moment donné, bien que j’ai passé du bon temps à suivre les tribulations de Jake Epping, je l’ai trouvée un peu longue, ton histoire.

Non, Stephen, ne t’en fais pas, cela n’enlève rien à la qualité de ton livre ! Il faut dire que l’assassinat de Kennedy à Daaallaaaas, cet univers impitoyable, ne m’intéressais pas plus que ça, mais que, depuis que j’ai lu ton ouvrage, et bien, cela m’a intrigué plus, surtout au niveau des implications que cela a eu sur le reste du monde et sur les événements qui ont surgi ensuite.

As-tu raison lorsque tu dis – à travers ton personnage de Al – que si Kennedy n’était pas mort, tout ce qui a suivi n’aurait pas eu lieu ?

Hormis cette légère critique sur les pages en trop, tout le reste, c’est du petit lait et j’ai eu plaisir à te retrouver, mon ami que j’avais perdu de vue, bien que cette fois-ci, il n’y ait pas eu de véritables monstres caché dans les placards ou sous le lit pour me coller les sueurs froides.

Le « monstre » n’est d’ailleurs pas un habitué de tes livres (le renouveau du cheptel), mais « Carton Jaune » m’a fait me poser de nombreuses questions quant à sa présence. Une sacré trouvaille !

De plus, on sent que point de vue « références », tu les as pompée chez toi-même, mon grand. Ne dit-on pas que l’on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même ?

Oui, Stephen, tu nous a pondu un bon roman, j’ai vibré, supputant mille et une choses sur la fin, me demandant si « oui » ou « non », Jack allait y arriver et sur ce qu’il se passerait ensuite.

Tout son périple, ses amis, ses amours, ses emmerdes, je les ai suivi, m’agrippant parfois aux pages de ce livre, me délectant de cette plongée dans cette période qui va de l’année 1958 jusqu’à 1962.

Bigre, je m’y serais crue et j’ai souri avec tendresse devant ces vieilles années (que je n’ai pas connues) jusqu’à ce que Jake, ton personnage principal (ô combien délicieux), ne me rappelle qu’en 58, ce n’était pas « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » et que nous étions loin de l’univers des Bisounours, bien que l’on y ait cru, durant un moment, à cet univers enchanteur.

Tu m’as bien étonné et je pense que dans ton explication finale, il y ait aussi une référence à Timon, le suricate du « Roi Lion » qui avait bien raison quand il expliquait au jeune Simba que…

Non, je ne spoilierai pas ! Visionnez le dessin animé (et trouvez la phrase) ou lisez le livre !

Bref, un grand moment de lecture, une plongée dans le passé, dans cette Amérique, avec ses bons et ses mauvais côtés, des personnages aussi attachants que la cervelle et le sang de Kennedy sur la veste de son épouse (et les personnages m’ont bien plus collé, même après avoir fermé le livre) et un super travail de fond du King en personne (pas Elvis, mais Stephen).

Des dernières pages qui m’ont fait sourire et presque mit la larme à l’oeil…

Et puis, Stephen, ne t’inquiète pas trop, si j’ai trouvé le livre trop long de 300 pages, Gruz l’a trouvé trop court de 300 pages… la moyenne est faite, non ?

Stephen ? Pourquoi t’arraches-tu donc les cheveux ?

POLAR - Kennedy - Lincoln

Les coïncidences entre l’assassinat de Lincoln et celui de Kennedy :

La liste ci-dessous présente les coïncidences les plus souvent mentionnées à partir de 1964.

  1. Les noms Lincoln et Kennedy contiennent sept lettres.
    Si l’on prend le nom complet, avec un seul ou les deux prénoms, le nombre de lettres est différent.
  2. Lincoln fut élu au Congrès en 1846, Kennedy en 1946.
    En fait Lincoln est élu sénateur (Il n’occupe réellement son siège qu’en décembre 1847), alors que Kennedy est élu à la chambre des représentants et n’est élu sénateur qu’en 1952.
  3. Lincoln fut élu président en 1860, Kennedy en 1960.
  4. Tous les deux étaient impliqués dans la défense des droits civils.
    Lincoln défend l’abolition de l’esclavage et Kennedy défend l’émancipation des Noirs. L’aboutissement de cette lutte : le 13e amendement de la Constitution qui abolit l’esclavage est ratifié le lundi 18 décembre 1865, huit mois après la mort de Lincoln, alors que le Civil Rights Act reconnaissant les droits civiques aux noirs est voté en juillet 1964, huit mois après la mort de Kennedy.
    Aucun des deux présidents n’a vu le résultat de sa lutte de son vivant, survenu dans un même délai après leur décès. Leur engagement dans ces causes reste très lié à la contrainte politique conjoncturelle.
  5. Leurs épouses perdirent un enfant alors que le couple présidentiel résidait à la Maison Blanche.
  6. Tous les deux furent assassinés un vendredi.
    Lincoln fut assassiné un vendredi, mais mourut le lendemain, tandis que Kennedy succombe le jour même de son assassinat.
  7. Tous les deux furent assassinés par derrière d’une balle dans la tête
  8. Tous les deux furent assassinés en présence de leur épouse qui se tenait à côté d’eux.
  9. Les deux assassins venaient d’un État du sud.
  10. Les deux assassins furent abattus avant d’avoir été jugés.
  11. Les deux assassins, John Wilkes Booth et Lee Harvey Oswald, sont connus sous leurs patronymes complets. Ceux-ci contiennent le même nombre de lettres : quinze.
    Il s’agit ici d’une constatation a posteriori basée sur l’usage des historiens de désigner des personnages historiques par leurs noms complets. En fait, il est peu vraisemblable que Booth ait été connu comme « John Wilkes », et on sait que Oswald était appelé simplement « Lee ». Dans le même ordre d’idée, John Fitzgerald Kennedy n’a été connu sous ce nom qu’après son décès.
  12. L’assassin de Lincoln (John Wilkes Booth) est né en 1839 et l’assassin de Kennedy (Lee Harvey Oswald) est né en 1939.
    John Wilkes Booth est né le 18 mai 1838, et non en 1839.
  13. Booth tira sur Lincoln dans un théâtre puis se réfugia dans un entrepôt. Lee Harvey Oswald tira depuis un entrepôt puis se réfugia dans une salle de cinéma (theater en anglais).
    Outre l’approximation dans le mot « theatre », Booth ne s’est pas réfugié dans un entrepôt, mais fut tué alors qu’il se cachait dans une grange.
  14. Le théâtre où mourut Lincoln s’appelait le « Ford’s Theater ». La voiture dans laquelle Kennedy fut assassiné était une Lincoln. La Lincoln de Kennedy était fabriquée par Ford.
  15. La secrétaire de Lincoln s’appelait Kennedy et celle de Kennedy s’appelait Lincoln
    Le secrétaire de Lincoln s’appelait John Nicolay (en). La secrétaire de Kennedy s’appelait Evelyn Lincoln (en), mais Lincoln est un nom très commun. 
  • Les successeurs de Lincoln et Kennedy s’appelaient Andrew Johnson et Lyndon Johnson. Ils étaient tous deux des démocrates du Sud,
  • Les successeurs de Lincoln et Kennedy naquirent respectivement en 1808 et 1908 et moururent dix ans après les présidents respectifs qu’ils remplaçaient.
  • Les noms des deux successeurs comportent en tout 13 lettres chacun.