Morwenna : Jo Walton [LC avec Stelphique]

Titre : Morwenna

Auteur : Jo Walton
Édition : Denoël (10/04/2014) – Folio SF (2 mai 2016)

Résumé :
Morwenna Phelps, qui préfère qu’on l’appelle Mori, est placée par son père dans l’école privée d’Arlinghurst, où elle se remet du terrible accident qui l’a laissée handicapée et l’a privée à jamais de sa sœur jumelle, Morganna.

Là, Mori pourrait dépérir, mais elle découvre le pouvoir des livres de science-fiction. Delany, Zelazny, Le Guin et Silverberg peuplent ses journées, la passionnent.

Un jour, elle reçoit par la poste une photo qui la bouleverse, où sa silhouette a été brûlée.

Que peut faire une adolescente de seize ans quand son pire ennemi, potentiellement mortel, est une sorcière, sa propre mère qui plus est ? Elle peut chercher dans les livres le courage de combattre.

Critique :
Morwenna n’est pas ce que l’on peut appeler un page-turner que l’on ne peut reposer tant qu’on ne l’a pas terminé.

Ce n’est pas non plus un roman où l’on dévore 200 pages d »un coup, mais plus un roman où l’on picore des pages, se laissant même aller à en lire un autre livre durant sa lecture.

Non pas qu’il n’est pas intéressant ou que l’on s’ennuie durant sa lecture, non, que du contraire, on le lit avec plaisir.

Malgré le fait que l’intrigue soit inexistante et qu’il ne se passe pas grand-chose… hormis quelques rencontres avec des fées.

Ben malgré ça, j’ai passé un bon moment de lecture, pas impérissable, mais agréable.

Gardez à l’esprit que c’est un roman dont il faut prendre le temps de s’imprégner des personnages, des atmosphères, des légendes, des non-dits, des secrets de famille et surtout, ne vous attendez pas à avoir des retournements de situations ou des événements de folie.

Nous sommes en train de lire le journal intime de Morwenna, jeune fille de 15 ans qui a un lien privilégié avec les fées, qui les voit, leur parle. Une jeune fille renfermée depuis le décès de sa jumelle, une jeune fille qui a bien du mal à s’intégrer dans sa nouvelle école.

Morwenna adore la lecture, et plus particulièrement la SF. C’est une véritable serial-lectrice, une cannibale lectrice, car elle en lit plus que moi…

L’auteure, en faisant de son personnage principal une férue de littérature SF, a sans doute eu peur qu’on ne la prenne pas au sérieux, et de ce fait, elle nous balance des tonnes de références littéraires, par l’entremise de Morwenna qui nous donnera tous les titres de ses lectures.

Ça ne m’a pas trop dérangée durant ma lecture, mais je suis d’accord avec ma collègue Babeliotte (Boudicca) qui trouve que citer toute les lectures de Morwenna, c’est exagéré.

Ça va, on a tout de suite compris que l’auteure connaissait son sujet, contrairement à d’autres qui font de leur héroïne des étudiantes en littératures et qui sont en fait des quiches (et pas des fatales).

Le personnage de Morwenna est complexe, difficile à cerner, au départ, et je pensais même que ses références à la magie et aux fées n’étaient que des élucubrations de son esprit pour justifier le comportement des adultes envers elle.

C’est un personnage touchant, comme bon nombre de personnes qui gravitent autour d’elle. Des portraits tout en finesse, réalistes, réussis.

Les choses que j’ai le plus appréciées, ce sont ses réflexions sur la lecture, sur les livres, sur sa compréhension du monde et des gens.

Elle est très mature pour une jeune fille de 15 ans et, tout comme moi, elle ne se trouve pas dans le groupe des filles populaires à l’école, passe plus de temps à lire qu’à avoir des contacts sociaux avec les autres étudiantes… qui, disons-le de suite, sont des pétasses crétines débiles. Ça valait pour les filles de ma classe aussi !

Anybref, ce n’est pas un roman que l’on dévore en bouffant les pages, il ne se passe rien de révolutionnant, ça se lit avec plaisir, mais je pense que d’ici quelques temps, il ne me restera pas grand-chose comme souvenirs marquants de cette lecture.

Pas de regrets de l’avoir lu, d’ailleurs, j’aurais pas osé ne pas le lire, ma binômette de lecture étant très persuasive pour me proposer de switcher la LC prévue en juin avec celle-ci qui comptera pour son challenge elfique.

Et vous le savez bien, j’ai peur !!! PTDR (mille pardons, ma Stelphique, ce fut un plaisir de faire ce switch, mais pas sûr qu’on va faire remonter le bazar chez Lord Arsenik ! – Je parle bien entendu de faire remonter ce livre dans sa PAL).

Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda et le Challenge Printemps Elfique 2017 chez Stelphique.

Pourquoi je l’ai choisi :
Il me fallait un peu honorer mon petit Challenge Printemps Elfique, et il m’aura aussi fallu entrainer ma binomette avec moi, sous peine *de ne plus jamais lui parler*, pour lire ensemble ce livre que l’on décrit comme une merveille avec plein de fées dans ses pages….

Mission réussie et timing parfait avant la clôture, nous finissons donc en beauté ce trimestre féérique!

Synopsis :
Morwenna Phelps, qui préfère qu’on l’appelle Mori, est placée par son père dans l’école privée d’Arlinghust, où elle se remet du terrible accident qui l’a laissée handicapée et l’a privé à jamais de sa sœur jumelle, Morganna.

Loin de son pays de Galles natal, Mori pourrait dépérir, mais elle découvre le pouvoir des livres, notamment des livres de science-fiction. Samuel Delany, Roger Zelazny, James Tiptree Jr, Ursula K. Le Guin et Robert Silverberg peuplent ses journées, la passionnent.

Alors qu’elle commence à reprendre du poil de la bête, elle reçoit une lettre de sa folle de mère : une photo sur laquelle Morganna est visible et sa silhouette à elle brûlée. Que peut faire une adolescente de seize ans quand son pire ennemi, potentiellement mortel, est sa mère ? Elle peut chercher dans les livres le courage de se battre.

Ce que j’ai ressenti : … Une envolée toute en pages et en ailes féériques…

« Qui pourrait vouloir d’un monde de marionnettes? »

Je me suis sentie très proche de ce personnage, dans sa manière de s’abandonner totalement dans ses lectures, en cette période critique de l’adolescence…

J’ai trouvé que l’auteure arrivait à nous faire ressentir cette langueur qui empoissonne le quotidien de cette jeune fille, à subir la lenteur des jours sans enthousiasme, à ressentir le poids écrasant de cet enfermement dans ce pensionnat.

Et finalement, sa liberté se trouve dans les livres, dans ce genre si particulier qu’est la Science-Fiction, qui lui ouvre les portes vers un imaginaire débordant…

« Ce qui m’a toujours plu dans la science-fiction, c’est qu’elle vous fait réfléchir et regarder les choses sous des angles auxquels vous n’auriez jamais penser. »

C’est très beau cette manière d’aimer autant la littérature, d’aller explorer d’autres univers, d’apprécier autant  le poids des mots, de rendre hommage aux plus grandes œuvres écrites…

Chaque piste de lecture est à noter soigneusement et je serai bien partante pour m’en faire quelques unes, notamment « Le Seigneur des Anneaux », puisque cette jeune fille le connait par cœur!

Morwenna adore lire, et ça fait plaisir à voir! On se sent un peu complice de ses envolées, intéressée par toute cette ronde d’auteurs qu’elle nomme comme les plus passionnants, et j’aurai bien aimé participer à ce Karass/Club de Lecture entièrement animé au nom de la SF…

« J’avais des livres, de nouveaux livres, et je peux tout supporter tant que j’en ai. « 

Les fées que l’on découvre au sein de ses pages m’ont vraiment charmée. Dans cette façon d’être tangible sans l’être tout à fait, d’être imparfaites mais empreintes de merveilleux , d’illuminer le quotidien sans être lumineuses, d’avoir du pouvoir magique mais dépendante du monde humain…

J’ai beaucoup aimé l’idée de l’auteure de faire un parallèle entre fées et fantômes, de ce besoin de se raccrocher au fantastique pour appréhender la douleur, de créer une sorte d’échappatoire féérique qui soulage de la souffrance du monde réel…

« Quoi qu’il en soit , si la plupart des gens ne voient pas les fées parce qu’ils n’y croient pas, les voir n’est pas une mauvaise chose. Certains des plus beaux êtres que j’ai jamais vus sont des fées. »

« Si vous aimez suffisamment les livres, les livres vous aimeront en retour. »

Dans ce journal intime, l’héroïne se dévoile, grandit, mûrit, guérit ses plus grandes blessures, affronte son passé bancal, mais garde farouchement son âme d’enfant, un pont indestructible vers l’imaginaire…Cette jeune adulte en devenir, nous offre ses plus intimes cheminements ainsi que de jolies réflexions, pour un moment de lecture tout en charme et en féérie.

… Dum spiro spero – « Tant que je respire, j’espère »

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

Lien vers la chronique originale de Stelphique 

 

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L’ombre : Stephen Lloyd Jones

Titre : L’ombre                                                                             big_3

Auteur : Stephen Lloyd Jones
Édition : SUPER 8 Éditions (2015)

Résumé :
Ne faites confiance à personne. Elle fuit. Elle est terrifiée. A l’arrière de la voiture, sa fille de sept ans dort paisiblement. Sur le siège passager, son mari se vide de son sang.

Lorsqu’elle arrive de nuit à Llyn Gwyr, une maison de campagne perdue dans les montagnes arides du Pays de Galles, Hannah Wilde sait que plus rien ne sera jamais comme avant : sa mère est morte, son père a peut-être subi un destin pire encore, et l’implacable prédateur qui s’attaque à sa famille est à ses trousses.

Elle ne peut faire confiance à personne. Elle ne doit faire confiance à personne.

Désormais elle ne peut plus fuir, et sa seule issue est d’affronter Jakab, un ennemi dont elle ne connaît ni l’identité ni le visage.

Petit Plus : La littérature du XXIème siècle est encore capable d’accoucher de monstres inoubliables : Jakab est vivant, et ne ressemble à rien de ce que vous avez pu connaitre.

Alliant l’élégance racée du roman gothique à l’art du thriller le plus contemporain, Stephen L. Jones signe, avec un sens consommé du suspense, un roman magistral, qui vous fera douter jusqu’à la dernière page.

Critique : 
Ce livre était dans ma PAL urgente mais lorsque je l’ai ouvert, plus moyen de me souvenir du pitch et j’avais beau retourner ma liseuse, le 4ème de couv’ n’apparaissait pas !

C’est donc à l’aveugle que j’ai commencé le récit qui, je dois l’avouer, avait du rythme dès le départ.

Mais qui veut voyager loin doit ménager sa monture et donc, après un long galop assez fougueux, l’auteur a reposé son destrier en nous offrant quelques moments plus calmes, sans pour autant endormir le cavalier.

Au niveau des bonnes choses, je parlerai de l’alternance des récits, entre le présent, les années 79-80 et les années 1870, les récits s’imbriquent petit à petit l’un dans l’autre et le lecteur, curieux, veut tout savoir.

Le côté thriller fantastique n’est pas dérangeant, le suspense est maitrisé et le fait de ne pas savoir à qui on a affaire vraiment et de se méfier de tout le monde rend les choses encore plus compliquées pour Hannah et le lecteur qui ne savent plus à quel Saint se vouer et à quel personne faire confiance.

Il faut dire que Jakab, le Méchant, fait partie des hosszú életek, des métamorphes qui vivent extrêmement longtemps. Rien de grave s’il n’avait pas basculé du côté Obscur de la Force !

Niveau des choses qui vont un peu moins bien, je dirais Jakab, le Grand Méchant… J’aurais aimé que son chavirement du côté Obscur se fasse de manière plus détaillée, parce que là, c’est rapide et sans connaître une partie de son enfance, on a du mal à comprendre son revirement soudain.

À mon sens, il tourne casaque un peu trop vite. Tiens, vu que nous sommes à Budapest durant son basculement, on pourrait dire qu’il a tourné Cosaque !

Autre chose qui m’a dérangé : le pourquoi du comment il poursuit la famille d’Hannah Wilde depuis les années 1870… Un peu fort de café, à mon sens. Trop « déjà-vu » et pas assez puissant.

Autre petit truc qui m’a embêté : je veux bien concevoir que certains enfants ressemblent traits pour traits à leur père ou leur mère, qu’ils en soient le portrait craché, mais qu’il arrive aussi souvent à des descendantes de ressemblent à leur aïeule, ça sent mauvais dans l’air. Faut pas pousser bobonne là !

Bref, une lecture qui ne souffre que de peu de temps morts, intéressante, avec des personnages agréables, du suspense à tous les étages, de la parano correcte quand on connait les pouvoirs de Jakab, une alternance des chapitres et des cliffhangers qui donnent envie de poursuivre la lecture.

Mais un Méchant pas assez travaillé et qui, malgré ses pouvoirs, ne vous donne pas envie de vous planquer sous la couette comme tout bon méchant devrait nous donner envie de faire. Je n’ai même pas eu de frissons de peur ou de poils dressés sur les avant-bras.

Dommage… j’aurais aimé avoir les frissons en plus du suspense.

La soupe était bonne mais elle manquait de quelques épices pour en relever le goût et faire de ce roman un de ceux qui vous marquent et qui vous suivent, comme l’ombre de votre main. Là, c’est même pas l’ombre de mon chien.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et « A year in England » chez Titine.

BILAN - Minion tasse dépité - OK

CHALLENGE - Thrillers Polars 2015-2016 CHALLENGE - Sherlock___Running_Wallpaper_by_draft624 Corrigé