1974 : David Peace

Titre : 1974                                                                                big_2-5

Auteur : David Peace
Édition : Payot et Rivages (2003)

Résumé :
Après Jeanette Garland et Susan Ridyard, la jeune Clare Kemplay vient de disparaître sur le chemin de l’école. Son cadavre sera bientôt retrouvé dans une tranchée sur un chantier.

Nous sommes en 1974, dans la région de Leeds. Noël approche. Edward Dunford, reporter à l’Evening Post, est encore un néophyte qui fait ses premières armes dans l’ombre du journaliste vedette de la rédaction, Jack Whitehead.

Au volant de la vieille voiture de son père, il sillonne les routes de l’Ouest du Yorkshire à la recherche d’indices susceptibles d’éclairer les meurtres de ces trois fillettes.

Au début, il croit seulement chasser le scoop, mais plus il enquête, plus il découvre que bien des choses sont pourries au royaume du Yorkshire: policiers corrompus, entrepreneurs véreux, élus complices…

Petit plus : Depuis ce premier volume de la tétralogie que David Peace a consacrée au Yorkshire, la réputation de l’auteur n’a cessé de grandir. Dès la parution de 1974, la presse avait été quasi unanime : « On ne saurait échapper à la musique d’une telle douleur », lisait-on dans le New York Times, tandis que Michel Abescat parlait dans Télérama d’un « requiem bouleversant d’humanité et de compassion ».

Critique : 
Si on devait coller une chanson sur ce roman, ce ne serait sûrement pas « Love is in the air » de Paul Young ou « All you need is love » des Beatles, mais bien « Paint it black » et « Sympathy for the devil » des Rolling Stones parce qu’on ne nage pas vraiment dans l’allégresse et les Bisounours !

Oui, qui dit roman noir anglais dit aussi chanteurs anglais. Of course. Restons dans le ton.

Edward Dunford est un jeune journaliste et pour être plus précise, c’est LE nouveau reporter criminel à l’Evening Post, dans la région de Leeds.

Débutant, pas encore au fait de tout ce qui s’est passé dans cette région, pas toujours très futé, un peu borné, mal poli, bref, le genre de personnage pour qui je n’ai eu aucune sympathie.

Quand je vous disait qu’on était dans du sombre, je ne plaisantais pas. d’entrée de jeu, on commence fort : la jeune Clare Kemplay vient de disparaître sur le chemin de l’école. Son cadavre sera retrouvé dans une tranchée sur un chantier. Avant elle, il y a eu Jeanette Garland et Susan Ridyard en 1969 et en 1972.

Ceci est un roman noir, le premier de la quadrilogie « Red Riding Quartet ».

L’avenir, comme le passé, est écrit. On ne peut le changer, mais il peut contribuer à guérir les plaies du présent.

Pendant ses petites investigations, Edward va déterrer des choses qui auraient mieux fait de rester enterrées car certaines personnes n’aiment pas que l’on vienne fourrer son nez de journaleux dans leurs petites magouilles en tout genre.

Ceci devait être un grand moment de lecture et le résultat est que je suis mitigée.

J’ai aimé le portrait au vitriol de cette Angleterre raciste au possible, de ces flics corrompus jusqu’à la moelle et qui utilisent des méthodes ressemblant plus à de la torture qu’à des interrogatoires en présence de votre avocat.

A cinq heures du matin, dix policiers, sous les ordres du superintendant Noble défoncèrent la porte de la maison de ma mère à coup de masse, la giflèrent quand elle sortit du couloir et la repoussèrent dans le couloir,se précipitèrent dans l’escalier le fusil à la main, me tirèrent hors du lit, m’arrachèrent des poignées de cheveux, me donnèrent des coups de pieds qui me firent rouler dans l’escalier, me rouèrent de coups de poing quand j’arrivai en bas (…) A l’arrière de la camionnette ils me tabassèrent jusqu’à ce que je perde connaissance puis me giflèrent et urinèrent sur moi jusqu’au moment où je repris conscience.

La scène de l’attaque du camp des gitans par des flics est horrible à souhait et on en tremble de dégoût devant cette injustice et cette violence gratuite dont font preuve les flics véreux. À ce niveau là, on est gâté.

Ce qui m’a déplu dans ce roman, c’est le style littéraire constitué de phrases très courtes qui donne l’impression d’un texte décousu dû à cette brièveté, sans parler des dialogues qui sont dépouillé de tout.

Aucun détail dans ce que font les personnages durant leur conversation, c’est nu, c’est chiant, on perd le fil de « qui parle » et j’ai détesté le fait qu’Edward, narrateur, nous balance des multitudes de « je dis : » avant sa réponse.

De plus, Edward est un couillon, il n’a rien dans les tripes, il se fait tabasser sans rendre un seul coup (enfin, presque) et il est d’une vulgarité et d’une violence dans ses paroles… Je l’ai détesté.

Entre nous, si j’avais eu 5 cents à chaque fois qu’il a prononcé le mot de Cambronne, je serais en train de vous écrire d’une villa aux Maldives !

Tout ça mis ensemble durant presque 400 pages, et bien, c’est usant et épuisant. L’auteur aurait dû les utiliser à bon escient. Et je ne vous parle même pas des incessants rappel de son père, décédé en début de roman, avec les 36.000 « la montre de mon père ».

Putains de chiens.
Je versai le reste du scotch dans le verre et me souvins de l’époque où j’avais effectivement voulu devenir flic, mais avais eu une telle chiasse que je n’avais même pas essayé.
Putains de poulets.
Je bu la moitié du verre et me souvins de tous les romans que j’avais voulu écrire, et que j’avais eu une telle chiasse que je n’avais même pas essayé.
Putain de rat de bibliothèque.
Je ramassai un poil de chat sur mon pantalon, un pantalon que mon père avait fait, un pantalon qui nous enterrerait tous.

Quant au final, il est « trop »… trop de sang, trop de gore, trop de tabassages, trop d’horreur, le cortège est tellement « trop » que je l’ai lu comme dans un état second, la tête déjà ailleurs. C’est violent ad nauseam.

Un roman noir à la fois répulsif et attractif puisque je n’ai pas stoppé ma lecture.

Malgré cet avis en demi-teinte (ou demi-pinte), je poursuivrai ma tétralogie parce que, hormis ce style d’écriture merdique, le reste était sombre à souhait. Un vrai noir de chez noir.

Edward Dunford… J’espère ne plus suivre ce personnage étrange, mal dans sa peau, qui est devenu une créature fort sombre sur la fin, comme s’il avait tout peint en noir…

♫ I wanna see it painted black, painted black
♪ Black as night, black as coal ♪
♪ I wanna see the sun, blotted out from the sky
♫ I wanna see it painted, painted, painted, painted black ♪

♪ Pleased to meet you hope you guess my name. Oh yeah ♪
♪ Ah what’s puzzling you is the nature of my game. Oh yeah ♫

BILAN - Minion M'attendais à mieuxChallenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015) et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

CHALLENGE - Mois Anglais 2015 Minions - OKCHALLENGE - Thrillers polars 2014-2015 (1)

W3 – Le sourire des pendus : Jérôme Camut & Nathalie Hug

Titre : W3 : Le sourire des pendus                               big_4

Auteurs : Jérôme Camut & Nathalie Hug
Édition : Télémaque (2013) / LP (2014)

Résumé :
Lara Mendès, jeune chroniqueuse télé, enquête sur le marché du sexe et ses déviances. Elle disparaît sur un parking d’autoroute…

Désemparés par la lenteur de l’enquête, ses proches reçoivent le soutien de Léon Castel, fondateur d’une association de victimes.

Sa fille Sookie, policière hors norme, a enquêté sur une triple pendaison qui semble liée à cette affaire.

Qui a enlevé Lara ? Pourquoi ? Où sont passés ces enfants et ces jeunes femmes dont les portraits s’affichent depuis des mois, parfois des années, sur les murs des gares et des commissariats ? Réseaux criminels ou tueurs isolés ?

Partout, le destin d’innocents est broyé sans pitié. Ils auront bientôt une voix : W3.

Critique : 
880 pages avalées en trois jours… C’est ce qu’on peut appeler un thriller addictif !

Je devrais arrêter de lire les quatrièmes de couverture, où ils en disent trop, où ils magouillent la vérité ou alors, ils sont réducteurs et synthétisent un peu trop le roman…

Bref, après avoir lu le résumé, je m’attendais à une certaine ligne de conduite mais les auteurs – petits sadiques – m’ont emmenés sur un tout autre chemin.

Chemin tellement inattendu (et non indiqué sur le quatrième) que je me suis même inquiétée devant certaines tournures de l’affaire, me demandant comment ils allaient rebondir…

Le récit, c’est comme une balle magique, ça démarre fort, ça part dans tous les sens, rebondit partout, vous met les nerfs à vifs et vous laisse pantelante.

La profusion des personnages auraient pu être un frein, mais vu qu’ils étaient tous bien décrits et travaillés, impossible de faire un amalgame ou de les confondre.

Même s’ils frôlent parfois la caricature et que le ton se fait parfois léger dans les dialogues, il n’en reste pas moins que toute cette palette d’acteurs sont à leur place et nous divertissent parfaitement.

« Quarante ans de cotisation et trois jours de retraite ! Si tous les contribuables pouvaient avoir ce sens civique, les problèmes de dettes disparaitraient en six mois ! »

Certains sont attachants, intrigants, d’autres sont carrément bizarres, telle Sookie Castel, la policière qui met tout le monde dans des boites.

Elle, c’est un pitt bull, quand elle tient un morceau d’os, elle ne lâche rien. Quant à son père, c’est un sacré lascar lui aussi.

Tout ce petit monde est travaillé, chacun en profondeur, n’étant ni jamais tout à fait blanc, ni tout à fait noir, possédant leurs qualités, leurs défauts, leurs points fort ou faible, faisant des erreurs, des folies… Et vu que les auteurs sont des sadiques, ils ont bien brouillés leurs pistes avec les personnages.

Du rythme, de l’action, du suspense, des personnages multiples et bien distincts, des rebondissements, de l’amitié et des souffrances… voilà le programme, en gros, de ce thriller qui ne m’a pas lâché.

Sans oublier quelques réflexions sur les institutions françaises (qui n’ont rien à envier aux belges), sur les médias qui sont prêtes à jouer aux vautours afin d’avoir le scoop les premiers, sur les magouilles en arrière-plan, les copinages dans les mairies et les dépravations de certaines personnes.

« … souviens-toi que dans le monde, plus de 40 millions de gosses sont prostitués, et calcule le nombre de cinglés de clients que ça fait ! L’offre et la demande, tu connais, non ? »

La République est une couille molle et les Français lui cirent la couenne.

C’est un pays de merde, habité par une nation de merde qui a les politiques et les médias qu’elle mérite !

J’ai bien fait d’attendre avant de le lire, ainsi, je ne devrai pas attendre trop longtemps pour le volet suivant.

Comme au resto, c’est en trois plats. L’entrée était copieuse et je me suis régalée. Vivement le plat principal et le dessert s’ils sont du même acabit.

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015),  Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Prix des lecteurs 2014 dans la catégorie Polar) et « Ma Pedigree PAL – La PAL d’excellence » chez The Cannibal Lecteur.

CHALLENGE - À tous prixCHALLENGE - Thrillers polars 2014-2015 (1) BIBLIO - Pedigree PAL

Les cafards – Une enquête de l’inspecteur Harry Hole : Jo Nesbø

Titre : Les cafards – Une enquête de l’inspecteur Harry Hole

Auteur : Jo Nesbø                                            big_3-5
Édition : Folio Policier (2006)

Résumé :
Un somptueux couteau thaïlandais enduit de graisse norvégienne est retrouvé planté dans le dos d’un ambassadeur scandinave.

L’homme est mort dans une chambre de passe à Bangkok. Près de lui, une valise au contenu sulfureux de quoi nuire, de quoi faire très mal…

A peine revenu d’Australie, Harry Hole repart pour l’Asie, ses usages millénaires, ses secrets et sa criminalité dont il ignore tout.

Toujours aussi cynique, intimement blessé, l’inspecteur venu d’Oslo va se heurter de plein fouet à cette culture ancestrale en pleine mutation. Un tueur local monstrueux le traque sans relâche.

L’affaire se complique au-delà de la raison. Bangkok reste une ville à part.

Un mystère pour celui qui s’y arrête.

Hole ira jusqu’au bout, au plus profond du cœur d’un homme, jusqu’à l’invraisemblable…

Critique :
Et bien, avec ce deuxième tome de Jo Nesbø, je viens de me réconcilier avec l’auteur ainsi qu’avec son inspecteur Harry Hole !

Si le premier ne m’avait pas convaincu à 100%, c’était en raison de l’amour immodéré qu’avait l’inspecteur Harry pour les boissons alcoolisées et qui faisait de lui une éponge imbibée, mais pas Bob (en Belgique, « Bob », c’est celui qui ne boit pas et qui reconduit ses potes avant d’être l’éponge du même nom). Ça le rendait chiant et très con.

Ici, bien qu’il ait continué de se biturer grave après ses heures de service à la police d’Oslo, il deviendra sobre comme un moineau une fois sur l’enquête Thaïlandaise.

« Il ne buvait pas pendant le service. Pas encore. Même s’il l’avait déjà fait, et même si le docteur Aune prétendait que chaque fissure prend naissance là où la précédente s’est arrêtée ».

Oui, l’ambassadeur de Norvège en poste à Bangkok s’est fait poignarder dans le dos pas un couteau thaïlandais enduit de graisse norvégienne… et dans son attaché-caisse, des photos compromettantes avec un homme adulte en train de faire des choses interdites avec un garçon mineur d’âge.

Harry Hole sobre, ça va beaucoup mieux, il fait des erreurs, mais il n’est plus le crétin fini qu’il était lors de son enquête en Australie.

Bon point aussi, le récit est plus captivant que le premier, l’auteur passant plus de temps à nous parler de l’enquête qu’à nous jouer le guide du voyageur comme il le fit en Australie.

On apprend des choses sur la Thaïlande, mais le pan « roman policier » est majoritaire sur le côté « guide du routard historique ». C’est bien simple, je n’ai pas vu le temps passer ni les pages se tourner.

Par contre, l’appellation « thriller » noté sur la couverture est usurpée. Nous ne sommes pas dans un thriller où l’on court dans tous les sens, mais dans un roman policier, tout simplement.

Harry est toujours aussi « je broie du noir du matin au soir » mais il semble moins s’apitoyer sur lui-même et le personnage de l’inspecteur gagne des galons dans mon estime. Son cynisme me plaît toujours aussi bien.

— Parle-moi un peu du trafic des filles, dit Harry.
— Il est à peu près aussi dense que la circulation.

— Tu ne dois pas sous-estimer la part d’irrationnel dans la nature humaine…
— Quand tu vises un clou et que tu te tapes sur le pouce, qu’est-ce que tu balances contre le mur ?
— Le marteau ?
— Bien, ca fait quel effet, d’être un marteau ?

J’ai bien aimé comment l’auteur a mené son histoire, sans tout dévoiler, cachant bien ses fausses pistes, ses vraies et mettant à notre disposition une palette de personnages assez bien colorés, le tout imbibé de culture thaïlandaise sans tomber dans l’excès.

Une enquête pas facile pour Harry qui devra ménager la chèvre et le chou, le pédophile et la diplomatie, manier la politique de la langue de bois et tenter de résoudre cette affaire assez obscure.

Un bon polar qui m’a fait passer un agréable moment de lecture dans la chaleur étouffante de la ville de Bangkok en proie au tourisme sexuel.

— Ils [les américains] les amenaient par avion de Saïgon, pour les permissions de deux jours. Aujourd’hui il n’y aurait pas d’industrie du sexe ici sans l’intervention de l’armée américaine. L’une des rues, ici, a même reçu officiellement le nom de Soi Cowboy.
— Alors pourquoi ne restaient-ils pas là-bas ? Ici, c’est pratiquement la cambrousse…
— Les soldats qui souffraient le plus du mal du pays voulaient par-dessus tout baiser à l’américaine, c’est-à-dire dans des voitures ou des chambres de motel. Ils avaient même la bière américaine dans les minis-bars des chambres.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2015), le Challenge « Nordique » chez Mes chroniques Littéraires, le « Challenge Ma PAL fond au soleil – 2ème édition » chez Métaphore et Ma PAL « Canigou »… C’est du massif !

Mais c’est à toi que je pense : Gary A. Braunbeck [E-Book et papier]

Titre : Mais c’est à toi que je pense                                big_5

Auteur : Gary A. Braunbeck
Édition : Bragelonne (2010)

Résumé :
Pour Thomas, Arnold, Rebecca et Christopher, c’est la fin du supplice. Ils viennent d’échapper à leur tortionnaire, un tueur en série pédophile qui les séquestrait depuis des années.

Mais une nouvelle épreuve les attend : et si on les avait oubliés ? Et si on ne les aimait plus ?

Horriblement défigurés et mutilés, ils ont besoin d’un adulte pour les ramener à leurs parents, que certains n’ont pas vus depuis dix ans… et ils ont choisi Mark.

Critique : 
« Donnybrook » de Franck Bill était sombre et pas pour les enfants… Ce roman mériterait lui aussi un bandeau-titre « À ne pas mettre dans toutes les mains – Âmes sensibles, cassez-vous ! »

Pourtant, au départ, on ne dirait pas que l’on va plonger dans l’horreur.

Déjà, le titre, est à chier (merci les traducteurs « Prodigal blues » méritait mieux que ce titre). Quant à la couverture, elle deviendra magnifique lorsqu’elle prendra tout son sens un peu plus tard dans le récit…

Mark Sieber, agent d’entretien dans un lycée, casse la gueule d’un ado à cause d’une blague d’un mauvais goût.

Un pédophile se promène dans les bois, la nuit, avec un gosse de six ans. Le gamin regarde autour de lui et chuchote: « Il fait vraiment noir ici. J’ai peur. » Le type le dévisage et répond : « Plains-toi ! Ce n’est pas toi qui vas devoir rentrer tout seul ! »

Ok, elle était d’un goût douteux, mais de là à lui massacrer sa gueule ! Sa femme ne le reconnait plus depuis qu’il est revenu du Kansas, il y a quelques jours. Qu’est-ce qui s’est passé, là-bas durant ces quelques jours ??

Alors quoi ? Mark va alors lui raconter toute l’histoire qu’il a vécu…

Tout à commencé quand il revenait de chez sa mère, décédée.

Sur l’autoroute, la voiture prêtée par son beauf tombe en panne, il se fait dépanner, sourit de voir passer plusieurs fois un Minibus Volkswagen argenté tirant une Airstream argentée elle aussi. S’il avait su…

Mark n’a rien d’un héros, pourtant, il a été choisi par 4 enfants pour mener à bien une mission… Les ramener chez leurs parents, eux qui ont disparu depuis des années, séquestrés qu’ils étaient par un pédophile. Une mission importante dont Mark ressortira ébranlé, cassé, laminé, lessivé et en larmes. Le lecteur aussi.

Voilà un roman noir qui vous prendra aux tripes – si vous en avez au départ – et qui vous laissera les tripes vidées ou nouées à la fin.

Sans jamais sombrer dans le pathos ou dans les descriptions horribles et gratuites, l’auteur nous racontera, au travers de ces quatre enfants, les supplices et le calvaire qu’ils ont vécu durant leur captivité chez Grendel, leur tortionnaire pédophile.

L’odeur me frappa de plein fouet, pas uniquement les exhalaisons habituelles d’un être humain, bien que l’odeur de pisse et de merde se suffise à elle-même. La puanteur des corps était insoutenable – des effluves de viandes avariée, moite, une présence invisible, presque physique, du genre qui pénètre chaque couche de l’épiderme, refuse de partir au lavage pendant au moins un mois et s’incruste à jamais dans les narines.

Pour la première scène vidéo, je me doutais que j’allais lire des choses horribles – tout comme Mark se doutait qu’il allait les voir – et j’ai pu blinder mon esprit.

Mais ensuite, je ne me suis pas méfiée et j’ai morflé grave. « Respire, me suis-je dit, ne pense plus à rien, faisons le vide dans mon esprit et »… Non, pas moyen de faire sortir les images de ma tête.

Les enfants ne demandent pas la pitié de Mark, mais juste son aide… La pitié ne servirait à rien : admirons plutôt leur courage et pleurons avec eux les imbécilités de la vie et sur la pâte à modeler (ceux qui l’ont lu comprendront).

La pâte à modeler qui sera la cause d’un grand malheur, mais d’une délivrance aussi. À quoi la vie tient, tout de même.

Un roman sombre, mais prenant, une écriture mêlant adroitement les moments les plus horribles, les plus intenses, avec une note d’humour, qui, croyez-moi, est souvent la bienvenue !

« Grand Dieu. Je me tenais au bord de la route, à quatre heures et demie du matin, débattant tranquillement de la meilleure technique pour contenir la puanteur de corps en décomposition à l’intérieur d’une caravane. Tout marchait comme sur des roulettes ».

« Il donna un brusque coup de volant à gauche afin d’éviter le raton-laveur le plus gras et le plus lent que la terre ait porté (et qui venait apparemment de décider que le milieu de la route était l’endroit parfait pour une petite pause consacrée au léchage de ses parties), mais nous roulions beaucoup trop vite ».

Des personnages tellement attachants qu’on voudrait ne jamais quitter le Minibus Volkswagen. Des enfants déjà si adultes, mais toujours des enfants tout de même, se taquinant, se chamaillant, veillant l’un sur l’autre.

Un méchant – Grendel – qui est présent psychologiquement, son ombre maléfique planant sur le Minibus. Un homme que l’on ne voudrait pas croiser la route. Si semblable à tant d’autres pédophiles sur terre qui sèment le malheur chez les enfants. Bien que lui sois d’un niveau assez élevé point de vue tortures et sadisme.

Ah, qu’il serait agréable de mettre les pédophiles, les prédateurs sexuels, les grands sadiques ou les serial-killer dans la catégorie « Monstres »…

Pourtant, ce sont des humains comme nous. Et c’est là que le bât blesse dans notre conscience : l’idée qu’ils fassent partie de la même espèce que nous ne nous enchante guère. Mais faire d’eux des « monstres » leur donnerait des excuses et nous rassurerait un peu trop sur le genre humain.

— Tu penses réellement que je m’apprête à prendre la vie d’un autre humain ? Ces gras-là ne sont pas humains. Ils ne l’ont jamais été !
— Bien sûr que si ! L’idée de faire partie de la même espèce ne nous enchante peut-être pas, mais ce sont des hommes !

Alors, n’oublions jamais que se sont des êtres humains comme nous et qu’ils sont capables de commettre les pires atrocités. Et ça, ça donne vraiment des sueurs froides.

Je ne sais pas si vous avez déjà eu l’occasion d’observer des photographies de tueurs en série ou de violeurs, mais tous semblent avoir le même regard éteint, froid et détaché, figé sur un ailleurs qui n’appartient qu’à eux, comme s’ils avaient renoncé à vous faire comprendre la logique de leurs actes et se satisfaisaient de contempler une ambition dont vous resterez à jamais indigne.

Si vous avez des tripes, ouvrez ce roman et lisez-le…

Une fois dedans, on ne le lâche plus, on frémit avec eux, on hurle avec eux, on pleure et en n’en ressort pas le même car, même si ceci est une fiction, ces abominations se passent dans le monde réel et ça fait mal.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2014-2015),  « Challenge US » chez Noctembule et « Challenge Ma PAL fond au soleil – 2ème édition » chez Métaphore.

Le Diable, tout le temps : Donald Ray Pollock

Diable tout le temps - PollockTitre : Le Diable, tout le temps                             big_5

Auteur : Donald Ray Pollock
Édition : Albin Michel (2012)

Résumé :
Dans la lignée des oeuvres de Truman Capote, Flannery O’Connor ou Jim Thompson, un roman sombre, violent et inoubliable sur la condition humaine.

De la fin de la Seconde Guerre mondiale aux années 60, les destins de plusieurs personnages se mêlent et s’entrechoquent. Willard Russell, qui a combattu dans le Pacifique, est toujours tourmenté par ce qu’il a vécu là-bas. Il est prêt à tout pour sauver sa femme Charlotte, gravement malade, même s’il doit pour cela ne rien épargner à son fils Arvin…

Carl et Sandy Henderson forment un couple étrange qui écume les routes et prend de jeunes auto-stoppeurs qui connaîtront un sort funeste….

Roy, un prédicateur convaincu qu’il a le pouvoir de réveiller les morts, et son acolyte Theodore, un musicien en fauteuil roulant, vont de ville en ville, fuyant la loi et leur passé.

Petit Plus : Donald Ray Pollock s’interroge sur la part d’ombre qui est en chaque individu, sur la nature du Mal. Son écriture est d’une beauté inouïe mais sans concessions. Avec maestria, il entraîne le lecteur dans une odyssée sauvage qui marque durablement les esprits.

POLAR - DevilCritique : 
Ça c’est de la lecture ! Ça, c’est du serrage de tripes ! Ça, c’est du roman Noir de chez Noir ! J’avais fait le voeu d’un coup de cœur, et bien, c’est exaucé !

Certes, vu les échos, je m’attendais à du très trash, mais par rapport à ce que j’imaginais, c’est encore soft (mon imagination est sans limite). Désolé, à force de boire des cafés tellement noirs qu’on ne verrait pas le clocher de l’église au fond de sa tasse, l’esprit s’habitue au Noir… Heureusement, ça ne dure pas longtemps et l’horreur m’a sauté au visage, me prenant les tripes au passage !

Ici, les personnages, des pauvres bouseux, sont bien travaillés et ils risquent de me hanter à vie. Ils sont profonds, on sent bien toute leur misère, leur « innocence » (ils ne sont pas toujours instruit), leurs croyances, leur méchanceté, leurs blessures secrètes…

« Malgré le sacrifice de l’avocat, les os de Charlotte commencèrent à se briser quelques semaines plus tard, de petites explosions écoeurantes qui la faisaient hurler et lui déchiraient les bras. Chaque fois que Willard essayait de la déplacer, elle s’évanouissait de douleur. Une escarre suppurante apparut dans son dos, et s’étendit jusqu’à atteindre la taille d’une assiette. Sa chambre avait une odeur aussi rance et fétide que le tronc à prières. Il n’avait pas plu depuis un mois, et la chaleur se maintenait. Willard acheta d’autres agneaux au parc à bestiaux, et versa des seaux de sang autour du tronc jusqu’à ce que cette pâtée boueuse leur monte par-dessus les chaussures ».

Le panel est varié : des salopards; des pauvres types irrécupérables qui ont le mal chevillé au corps, le sadisme charrié par leur sang; des fous qui entendent Dieu dans le fond de leur placard; des photographes qui n’auront jamais leur reportages publiés dans National Géographic; un prédicateur qui aime manier le goupillon et répandre sa semence maudite dans des cavités où il n’avait pas le droit d’aller…

« Un jour, pensa-t-il, s’il la gardait, il devrait lui apprendre à lire. Il avait récemment découvert qu’il pouvait durer deux fois plus longtemps si l’une de ses jeunes conquêtes lisait le Saint Livre pendant qu’il la prenait par-derrière. Preston adorait la façon dont elles haletaient sur les textes sacrés, la façon dont elles commençaient à bafouiller, à arquer le dos et à lutter pour ne pas se tromper de ligne – car il pouvait se fâcher vraiment quand elles lisaient mal – juste avant que son « bâton » n’explose ».

La plume de l’auteur est acérée, sans complaisances et on s’enfonce de plus en plus dans un noir d’encre d’où on sortira ébranlé à la fin de ces 370 pages de noirceur, remplie de manque de morale de certains représentants de la loi ou de l’église. Oui, l’Homme, dans ce qu’il a de pire, menait la danse.

« Bodecker fit un pas derrière lui et lui tira une balle dans la nuque. Maintenant, Tater lui devait cinq mille dollars, mille de plus que ce que le shérif lui avait demandé la première fois. Ce sadique de Coonrod avait tabassé une des meilleures putes du club de strip-tease de Tater, il avait essayé de lui arracher l’utérus avec une ventouse pour déboucher les toilettes. Ça avait coûté trois cent dollars de plus, pour qu’on lui refourre le tout à l’intérieur. Bodecker était le seul capable de mettre un terme à cette affaire ».

Une vraie lecture marathon, les mains tremblantes, me gavant de toutes ces pages, mais sans en redemander une de plus. À la fin, j’étais KO. Uppercuttée.

Au départ, une fois la première partie terminée, je pensais avoir affaire à toutes des histoires différentes, sans relations aucune, puisque l’on commençait avec d’autres personnages.

Mais, s’il semble n’y avoir aucune corrélation entre un gamin qui a vu sa mère mourir à petit feu et un couple qui tue les autostoppeurs, et bien, croyez-moi, il y en a ! Les trois récits ont beau être parallèles, ils ne se priveront pas de se rejoindre. Et ça là que le diable vous dira ♫ Pleased to meet you hope you guess my name ♪

Trois récits noirs. Trois univers rempli de violence, de sexe, de sang et de violence… Parfois aussi de tripes.

Arvin… Je me suis attachée à ce personnage au point que j’ai eu du mal à refermer le livre, bien que je fusse soulagée, tant il m’avait oppressée.

Une lecture qui restera gravée dans ma chair, marquée au fer rouge ! Seul problème, c’est que c’est addictif… on en redemande, des livres tels que celui-là !

« Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014),  Le « Challenge US » chez Noctembule et le challenge Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Meilleur livre de l’année 2012 par le magazine Lire).

CHALLENGE - À tous prixCHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (2)CHALLENGE - US

Coup de coeur

Hanna était seule à la maison : Carin Gerhardsen [Saga Katarina Ewrlöf 2]

Titre : Hanna était seule à la maison                               big_3

Auteur : Carin Gerhardsen
Édition : 10/18 (2013)

Résumé :
Les policiers du commissariat d’Hammarby doivent agir vite.

En très peu de temps, deux affaires de meurtre échouent sur le bureau du commissaire Conny Sjöberg. Une jeune fille, issue d’une famille à problèmes, est étranglée sur un ferry qui fait la liaison entre Stockholm et la Finlande.

Sa petite sœur de 14 ans se retrouve seule, confrontée à une situation qu’aucune adolescente ne devrait connaître. En faisant son jogging, l’inspectrice criminelle Petra Westman découvre au milieu des buissons un nourrisson dans un état d’épuisement avancé, à proximité du cadavre d’une femme sans aucun papier d’identité.

Au même moment, une petite fille de 3 ans se réveille et découvre qu’elle est seule chez elle. Son papa est en voyage à l’étranger et sa maman est sortie avec son petit frère. Hanna se retrouve sans personne, enfermée à clé dans l’appartement familial.

Et le temps s’écoule…

Critique : 
Non mais allo quoi ? C’était donc si difficile de trouver un polar suédois qui m’enchante enfin ?? Apparemment, oui. Heureusement qu’il y a eu ce polar pour me réconcilier tout à fait avec les grands blonds aux yeux bleus (pax suédoise avait commencée avec le polar précédent « Du sang sur la Baltique).

Le livre commence par une scène d’inceste entre un père et son fils. Nous sommes en 1964 et nous n’en saurons pas plus lorsque le chapitre premier s’ouvre sur 2007 pour nous présenter toute une brochette de personnages.

On passe d’une famille où la mère se la joue « alcoolo cool », laissant ses filles vivre comme elles le veulent à une mère qui ne sait plus à quel « sein » (le gauche ou le droit) se vouer pour que son bébé, qui a une angine, cesse enfin de pleurer. Nous avons aussi un grand garçon de 24 ans qui se fait tabasser par son père, deux flics qui boivent une bière et la famille du commissaire Conny Sjöberg.

C’est assez touffu au début et ce n’est qu’au fil de la lecture que tout s’imbriquera parfaitement, nous démontrant qu’une connerie d’ado peut avoir des conséquences fâcheuses et entrainer tout le monde dans un sacré Tsunami.

L’écriture, au présent, est passée toute seule, les personnages étaient agréables et l’intrigue bien ficelée. Oui, je me suis laissé surprendre et j’aime ça.

Les pages se tournaient toutes seules et des 75 pages lues au début, les 275 autres le furent d’une traite (c’était un marathon lecture, mais le bouquin était un vrai page turner).

Une vraie lecture plaisir, avec du suspense, deux enquêtes dont on veut en savoir plus, et leur alternance fait que l’on ne s’ennuie jamais, même lorsque que des parties de chapitres sont consacrées à la vie des personnages. Sans oublier les passages avec la petite Hanna, seule à la maison… Angoissant !

Bon, une petite réclamation au sujet de la petite Hanna, justement, qui a presque 4 ans : elle avait plus de chance de se faire mordre par une chauve-souris enragée que de tomber, en appuyant au hasard sur les touches du téléphone, sur une gentille personne telle que Barbro, prête à la croire à retourner toute la ville de Stockholm pour la retrouver à l’aide de maigres indications.

Autre point négatif : le roman se termine un peu en queue de poisson, sans que l’on sache ce qui va arriver à certains personnages. La suite au prochain épisode ? Sans doute. Et je serai là.

Bref, une lecture vraiment super, sans pour autant transcender le genre. Plaisant et addictif.

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014) et  « Un hiver en Suède » de Mes chroniques Littéraires (plus au Marathon Lecture organisé par elle-même le 22 & 23 mars 2014).

Winter on the island IICHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (2)

 

Le marathon lecture suédois c’est parti ! (suivi)

Bon, ceci est mon premier marathon, mais je ne pense pas que je serai une coureuse de fond…

Faut dire aussi que entre faire les courses, ranger les courses, mettre la lessive à sécher pendant que Chouchou faisait la vaisselle, repiquer mon thym et mon aneth, repiquer aussi le petit cactus que j’ai hérité de ma grand-mère (elle en maison de repos, alors, j’ai pris son petit cactus chez moi), cuire le poisson, dîner (il était 12h30) et mettre tout à jour dans WP et FB… Vous comprenez pourquoi je n’ai que 74 pages de lues à mon compteur ! Et uniquement le matin…

J’ai choisi « Montage rapide des étagères Ikéa«  : de 10h à 22h le samedi  et/ou le dimanche. Bien que « Chroniques Littéraires » ait inventé, rien que pour moi, la catégorie « Je détale quand je vois un suédois, sauf s’il est tout nu »…

Samedi 22 mars : « Hanna était seule à la maison » de Carin Gerhardsen (10/18).

Le pitch du roman : Deux affaires de meurtre échouent sur le bureau du commissaire Conny Sjöberg.

Une jeune fille est étranglée sur un ferry entre Stockholm et la Finlande, et un nourrisson est retrouvé à proximité du cadavre d’une femme sans papier d’identité.

Au même moment, Hanna, trois ans, se réveille et découvre qu’elle est seule chez elle, enfermée à clé dans l’appartement familial.

Et le temps s’écoule…

23h30 (vendredi) : j’ai émergé du divan, les yeux en quiquines de poupousse. Merde, je n’ai pas vu la fin du second épisode de « Elementary » diffusé sur RTL-TVI… alors, à moitié endormie, je me suis brossé les dents et je me suis vautrée avec plaisir dans le lit conjugal, me blottissant contre ma source de chaleur préférée. Marathon de lecture ? Heu, c’était rappé pour minuit !!

06h00 : Vessie au rapport ! Faut éviter de boire du thé au soir… Pipi !!!! Une fois descendue pour vider, je n’avais plus envie de remonter dans le lit, alors, je me suis installé dans le divan pour lire mon livre.

Le livre commence avec une scène assez dérangeante : un père qui tripote le robinet de son fils… Nous sommes en 1964 et on ne sait pas encore à quoi cette scène se rattachera dans le roman…

Mon ventre gargouille… Vite grignoter un morceau et prendre une tasse de café. Hop, on se réinstalle, le livre et moi, bien au chaud sous le plaid, à moitié couché dans le divan, la tasse de café fumante non loin.

06h30 (j’ai pas vraiment regardé la montre) : On est revenu en 2007 et on a fait la rencontre d’une profusion de personnages !

  • Une femme avec son bébé qui hurle et son mari qui est au Japon, pour un séminaire.
  • Un appart, une fête, une mère à moitié beurrée avec sa bonde de loosers et ses filles (une belle, une moche) qui font quasi ce qu’elles veulent. Elles ont le feu au cul, aussi… Surtout la grande de 16 ans qui a déjà un mec de 24 ans.
  • Le copain… Parlons-en, tiens. Son père le brutalise, le fils se comporte comme une lavette, pas fait beaucoup d’études (pour ne pas dire « n’a rien fait), dépend de son père pour vivre et à une mère malade (qu’il doit garder, tu parles d’une vie).
  • Famille Sjöberg : 5 enfants. Tiens, c’est le nom du commissaire sur le quatrième de cover! Ils ont l’air d’une famille « normale ».
  • Petra et Jamal qui boivent un verre. On apprend que Petra est flic aussi.

Jusque là, on ne sait pas encore ce qui va relier tout ces personnages.

7h00 : Plus de café depuis longtemps… J’ai suivi Jennifer (fille chaudasse numéro 1) sur le ferry qui relie Stockholm à la Finlande. Son mec est avec, mais on sent que elle n’en a rien à foutre de lui. Là voilà même qui se fait un plan sexe avec deux hommes de 45 ans !

Voilà, j’en suis arrivée à la page 74 avant de partir pour faire les courses, vers 7h45… Oui, le magasin ouvre trèèèès tôt ! 😉

20h – 23h10 : de la page 74 à la… 308 !! Les 50 dernières seront pour demain matin. J’ai lu avec quelques interruptions, mais je dois dire que le roman se lit facilement, assez vite, qu’on ne s’embête pas et que tout est en train de s’imbriquer !! Là, je suis trop crevée que pour continuer. 😉

Dimanche 23 mars :

7h00 : Levée à cette heure-là et j’ai avalé un petit déj express, pris un mug de café brûlant et j’ai terminé le livre sur les chapeaux de roues !

Aaaah, enfin un roman suédois qui me plaît ! L’intrigue était bien, le suspense était au rendez-vous, les personnages intéressants, le rythme correct (ni trop rapide, ni trop lent). Un chouette moment de lecture, bien que la fin nous laisse avec beaucoup de questions quant au devenir de certains personnages et la découverte d’un complice… La suite au prochain épisode, sans doute… (Ma chronique ICI)

8h00 : montée en haut pour attraper un autre un autre grand blond aux yeux bleus et je suis tombée sur « Le sang des pierres » de Johan Theorin que je me suis empressée de sortir de la biblio dans le but de poursuivre le RAT.

Le pitch ? A Oland, à la fonte des neiges, de nouveaux venus s’installent à Stenvik : Vendela Larsson, qui a grandi sur l’île, occupe avec son mari, écrivain célèbre, une luxueuse villa flambant neuve. Peter Mörner réintègre sa maison familiale avec son fils et son père.

Le vieux marin Gerloff revient lui aussi au village de son enfance, peut-être pour la dernière fois. Les maisons de tous ces arrivants sont bâties, dit une légende de l’île, entre le monde des trolls, au fond de la carrière, et celui des elfes, qui dansent sur la lande. Cette frontière est marquée par une ligne rouge dans la falaise, une veine sanguine, qui a toujours porté malheur.

Et le malheur ne tarde pas à s’abattre sur cette communauté puisqu’on retrouve le père de Peter assassiné…

Après le brouillard d’automne de « L’Heure trouble », l’hiver, saison du deuil, de « L’Écho des morts », Johan Theorin tresse ici un suspense virtuose où se mêlent présent et passé sur fond de réveil printanier des forces de la nature.

De 9h00 à 12h00 : Faut croire que je ne suis pas faire pour les RAT… je me suis préparée mon repas de demain, j’ai rédigé les brouillons de mes deux futurs billets, j’ai regardé avec Chouchou l’émission « Escales » qui nous montrait de la cuisine chinoise bien appétissante, ensuite, on a préparé le Teppanyaki (il a coupé les filets de dindonneau et les légumes, a joué avec ses épices et les sauces).

12h30 à 15h30 : On a mangé et puisque le soleil brillait, après avoir été prendre l’air, je suis restée à la cuisine, dans le soleil, et j’ai rangé mes armoires… parce que entre mes tasses (collection) et mes boites (collection), mon homme ne sait plus où mettre ses épices (il en a tout plein). Donc, j’ai tout rangé et fait de la place, avec une planche rien que pour mes thés !

Bref, j’ai pas encore ouvert le livre ni lu une seule page… Non, je ne suis pas faite pour les lectures non stop. Je le fais d’ailleurs rarement, mais le petit RAT que je viens de faire m’a bien plu et je recommencerai, mais toujours à mon rythme 😉

17h00 : Commencé à lire 46 pages de « Le sang des pierres » et distraite ensuite par des tas de petites choses, tel qu’une émission sur « National Geographic » qui nous parlait de l’origine de l’homme, avec les dinosaures et les bêbêtes qui peuplaient la terre avant les grands dinos de Jurassic Park ! Vous saviez qu’il y avait eu des autres grosses bêtes avant les dinos, vous ??

20h00 : Grand Prix de Moto GP au circuit de Losail, au Quatar et Valentino Rossi a fait deuxième derrière Marc Marquez ! Mon pilote revient sur les devants ! Quoi ? Non, il n’est pas suédois, mais italien… non, le Quatar n’est pas un fjord suédois… Oui, je me suis dissipée de mon RAT, oui, ce n’est pas bien, non, je ne le ferai plus, oui, je vais lire sérieusement, là ! 😉

22h00 : Crevée, je vais au lit… Et je finirai ma lecture demain

Lundi 24 et mardi 25 : j’ai eu un peu de mal à continuer le livre parce qu’il était assez lent, mais le final était plus trépidant, ce qui me fait dire que le livre était « correct » mais sans plus et qu’il ne valait sans doute pas un « Prix des lecteurs 2013 », hormis pour le billet que j’enverrai à Asphodèle !

Ma grosse nique de ce roman est ICI ! Ce qui clôt le challenge « Un hiver en Suède » qui m’a fait passer de bons moments, même si les lectures n’étaient pas toujours au top ! Je le poursuis avec la suite, qui sera consacrée au polars du Nord de manière plus générale, autrement dit, je vais pouvoir sortir mes norvégiens, islandais, scandinaves, de ma PAL 😉

Winter on the island II

 

L’arbre à bouteilles : Joe R. Lansdale [Hap Collins et Leonard Pine 2]

Titre : L’arbre à bouteilles                                         big_3-5

Auteur : Joe R. Lansdale
Édition : Folio Policier (2004)

Résumé :
Hériter de cent mille dollars et d’une petite bicoque dans un quartier délabré n’est pas si mal et l’oncle Chester a fait un beau cadeau à son neveu Leonard…

Même s’il faut tout nettoyer, que le plancher est pourri et que les voisins sont ce que l’on pourrait craindre de pire.

Même si retaper une maison pour la vendre et abattre des murs, c’est prendre le risque de découvrir des squelettes cachés…

Critique : 
Lorsque je lis Lansdale, c’est toujours un grand moment de lecture rempli de fous rire causés par les bons mots de l’auteur.

Les deux personnages principaux, Leonard et Hap, n’y sont pas étrangers non plus. Avec ce duo atypique d’un noir homo et d’un blanc hétéro, tout deux décomplexés et cyniques, le tout baignant dans une atmosphère de politiquement non correct, de religion et de drogue : on ne peut passer que des bons moments.

Notre Léo vient de perdre son vieil oncle qui lui a légué une vieille maison toute délabrée située à côté d’un Crack House, de l’argent et des bons de réduction pour bouffer dans les différents restos de la ville (genre pizzas).

Étrange, cette manie de collectionner les vieux bons de réductions, mais bon, les deux hommes se mettent à l’ouvrage et retapent la baraque du mieux qu’ils peuvent, le côté paillettes de « Damido & Co » en moins, les substances pour voir tout briller étant vendues dans la Crack House d’à côté.

Bardaf, sous un plancher, ce ne sera pas la plage, mais un coffre contenant un cadavre découpé d’un enfant, ainsi que des magazines porno « version » pédophiles. Tonton aurait-il été un prédateur sexuel doublé d’un assassin ?

Pour Léo, c’est « non » et il voudrait arriver à prouver le contraire car les flics n’ont pas l’air de vouloir le nom d’un autre coupable, puisque celui-ci leur est livré sur un plateau. Dans sa liste de bonnes résolutions, il ajouterait bien l’enlèvement du magasin de drogue d’à côté, puisque, là aussi, les flics ne savent rien faire.

Tensions raciales entre les Blancs et les Noirs, racisme des deux côtés (le racisme marche dans tous les sens), vente de drogue à des mineurs d’âge, ghetto Noir, disparition d’enfants dont tout le monde se fou, pédophilie,… Pas de doute, on nage en plein polar noir.

Ici, tout est politiquement incorrect, mais Lansdale, avec son style d’écriture mêlant l’humour cynique, l’humour tout court et des phases plus « sobres », vous fait passer le tout comme une lettre à la poste.

[Hap et Leonard découvrant un vieil homme qui creuse une tranchée près de la route].

-Vous creusez un nouvel égout ?
-Naan, répondit-il, en finissant sa cannette de bière et en la balançant sur le tas. […]. J’ai perdu mon dentier.
-Ah ! Souffla Leonard.
– J’étais tellement bourré, la nuit dernière, qu’j’ai laissé tomber mes dents en vomissant dans les chiottes et j’ai tiré la chasse. Elles sont là, qu’ part dans le tuyau. Si elles ont filé dans la fosse, j’ crois bien que j’ suis baisé.
– Désolé pour vos dents, dis-je […].
– Quand vous le retrouverez, demanda Leonard, qu’est-ce que vous en ferez ?
– J’le rince et j’le remets, répondit l’homme.
– C’est bien c’ que je pensais, murmura Leonard.
– Je ferais un peu plus que le rincer, si j’étais vous, intervins-je. Vous devriez mettre un peu de Clorox pour tuer les germes, puis le tremper dans l’alcool et puis dans l’eau.
– Pas question. C’est trop crétin. J’ai jamais vu un germe, et j’ai jamais été malade une seule fois dans ma vie.

Par contre, mes deux amis détectives ont eu le déclic lent, trèès lent ! Le nom du coupable, je l’avais déjà trouvé bien avant eux, directement quand le personnage est apparu (et je dirai rien de plus).

Si vous voulez du trépidant, oubliez ce livre, l’enquête prend sont temps, on papote, on baise, on bricole chez Léo ou chez sa voisine d’en face, MeMaw, on balance des bons mots, parfois assez crus, on cause du ghetto. Mais on prend aussi le temps de parler des problèmes de la société et de ses cloisonnements raciaux.

Dommage que l’enquête soit un peu en deçà…

Mais puisque entre Lansdale et moi, ça « accroche » dans le bon sens du terme, je lui pardonnerai ce manque de sérieux dans l’enquête puisque pour le reste, c’était un bon moment de lecture et de rires.

– Les cafards sont assez gros pour revendiquer la propriété des lieux, grogna-t-il [Léonard vient de passe du désinfectant]
– Je sais. Y en a un qui vient de m’aider à descendre les poubelles.

Niveau « polar noir », il était comme je les aime et voilà pourquoi je lui accorde ces 3,5 étoiles.

« Parfois, même encore aujourd’hui, je me réveille d’un cauchemar où je rampe sous cette piaule pourrie et où je joue maladroitement de la pelle dans la terre, et je sens encore l’odeur de ces enfants, ces cadavres de chair et d’os… »

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014) et Le « Challenge US » chez Noctembule.

Un dernier verre avant la guerre : Dennis Lehane [Kenzie & Gennaro 1]

Titre : Un dernier verre avant la guerre     big_5

Auteur : Dennis Lehane
Édition : Payot et Rivages (2000)

Résumé :

Amis depuis l’enfance, Patrick Kenzie et Angela Gennaro sont détectives privés. Ils ont installé leur bureau dans le clocher d’une église de Boston. Un jour, deux sénateurs influents les engagent pour une mission apparemment simple : retrouver une femme de ménage noire qui a disparu en emportant des documents confidentiels.

Ce que Patrick et Angela vont découvrir, c’est un feu qui couve « en attendant le jet d’essence qui arrosera les braises ». En attendant la guerre des gangs, des races, des coupels, des familles.

Petit plus :

Thriller urbain, roman engagé, « UN DERNIER VERRE AVANT LA GUERRE » est la première enquête du couple Kenzie-Gennaro, les deux héros meurtris de Dennis Lehane.

Ils ont, selon les mots de Jean-Pierre Perrin dans Libération, « Le désespoir terriblement drôle et l’humour ravageur prêt à fleurir sur la moindre cicatrice ».

Critique :

Voilà, c’est fait ! Je ne suis plus vierge de lectures de l’auteur Lehane ! Et oui, j’ai franchi le pas. Pourquoi ? Grâce à Jeranjou qui m’a plus que conseillé de découvrir cet auteur… Une fois que j’eus trouvé ce livre, je l’ai lu de suite.

Comment cela s’est passé cette découverte ? Bien, très bien. Pour une première fois, je suis conquise, c’est l’orgasme littéraire, le Nirvana, le 7ème ciel, le panard total.

Pourtant, ma main a tremblé un peu lorsque j’ai débuté la lecture de ce roman. Imaginez que je ne l’aime pas ? Aurais-je osé écrire une mauvaise critique et surtout la publier ?

Heureusement pour ma vie, j’ai ADORÉ le bouquin. Tiens, si je pouvais lui attribuer un 5,2 et bien, je le ferais.

C’est du pur malt, ce livre, la plaquette de chocolat noir !

Les personnages de Lehane sont haut en couleur, torturés, aussi. D’ailleurs, si l’on pouvait décerner les titres de « pires pères » à ceux de Patrick Kenzie et à Roland, je voterais pour. Plus que des salauds, leurs papas.

Pour ce qui est des lieux, nous sommes dans la ville de Boston et découvrons le ségrégationnisme poussé assez loin.

Ce qui a de bien, c’est que l’auteur n’enfonce pas de portes ouvertes et faciles avec des clichés tels que « Il est méchant, le Blanc » ou « Il est gentil, le Noir ».

Oh non, l’auteur ne met pas les fautes dans l’un où l’autre groupe, les fautes sont partagées et les crétins finis sont aussi cons d’un côté que de l’autre.

Entre le Blanc qui insulte le jouer de foot parce qu’il est noir et le Noir qui pense que s’il a une vie de misère, c’est la faute aux autres, alors il doit prendre des flingues et descendre tout le monde, sans réfléchir… et j’en passe.

Alors, les gangs se forment…

Bref, pas de manichéisme, tout n’est pas tout blanc ou tout noir avec l’auteur, mais gris. Si les gangs Noirs sont armés lourdement, il en va de même pour les gangs Blancs.

Pourtant, malgré la noirceur du roman, l’auteur nous glisse des tas de petites réflexions amusantes, par l’entremise des pensées de son détective, Kenzie.

Des métaphores qui m’ont fait pouffer de rire, glousser, me faisant penser à un autre auteur, Frédéric Dard et son célèbre commissaire San-Antonio.

La différence étant que Dard faisait dans le polar burlesque, le sexuellement non sérieux. Lehane m’a fait rire mais a poussé ma réflexion sur les remarques plus sérieuses de ses personnages.

Ce que j’ai apprécié aussi, ce sont les retournements de situation, les rebondissements d’enquête. Lorsque vous croyez que tout est réglé, hop, rebondissements ! Et ce, jusqu’à la dernière ligne. Magnifique !

Mon intention est de poursuivre ma découverte de cet auteur. J’ai justement Di Caprio qui m’attend sur une étagère… « Shutter Island » pour ceux qui n’ont pas compris.

Titre participant au challenge « Thrillers et polars » de Liliba.