Southern bastards – Tome 2 – Sang et sueur : Jason Latour & Jason Aaron

Titre : Southern bastards – Tome 2 – Sang et sueur

Scénariste : Jason Aaron
Dessinateur : Jason Latour

Édition : Urban Comics (26/06/2015)

Résumé :
La petite bourgade de Craw County a bâti sa réputation sur la qualité de sa cuisine locale, la bonhomie de ses habitants, son calme relatif et la légende d’une ascension vers le sommet : celle du coach Boss.

Dans une région où seule la fine fleur des pires crapules parvient à se faire sa place au soleil, jusqu’où faut-il aller pour devenir le plus grand, le plus respecté, le plus puissant ?

Seul le coach Boss le sait…

Critique :
Dans ce tome-ci, on revient sur la mort de Earl Tubb, fils de l’ancien shérif, celui qui n’était venu que pour vider la maison de son vieil oncle et dont le crâne a rencontré un morceau de bois qui le lui a fendu (le crâne).

Pas besoin de chercher le coupable, on le connaît, toute la ville sait qui l’a fait et le lecteur aussi : le coach Boss.

D’ailleurs, l’arme du crime, cette batte de base-ball dont s’est servi le coach Boss pour tuer Earl est encore sur la table de cuisine.

Et personne ne mouftera, personne ne l’ouvrira, tout le monde fermera sa gueule car le coach est tout puissant.

— Je veux que tout le putain de comté se souvienne de ce que j’ai fait et de comment ils sont restés là à regarder sans lever le putain de petit doigt.

Nous replongeons une fois de plus dans le Sud Profond, celui qui est raciste, qui est un inculte, alcoolo et qui ne vit que pour le football américain, celui dont je n’ai jamais compris les règles non plus.

Dans cette petite ville, tout le monde ne vit que pour l’équipe et si elle gagne, alors, son coach deviendra le roi. Ce qu’il est devenu, faisant de lui le type le plus puissant de la ville.

Retournement de situation avec le coach Euless Boss, dont je pensais qu’il serait le grand méchant, vu son comportement dans l’album précédent, et bien non !

Purée, ce mec en a bavé dans sa vie : il a grandi auprès d’un père alcoolique, voleur, cambrioleur, bon à rien, magouilleur, frappeur de fils, baiseur et j’en oublie sans doute sur son C.V. plus long qu’un casier judiciaire.

Euless, lui ne vit que pour accéder à l’équipe de football au poste de linebacker mais il se mange plus souvent des baffes, des poings et des refus qu’autre chose. Ses origines ne plaident pas en sa faveur et comme il est le fils de son père, on ne lui fait aucun cadeau, comme ça, c’est lui qui paie pour les conneries de son daron.

Pourtant, il en veut, Euless (Euless pas tomber) et sans l’aide d’un vieil aveugle Noir, il serait toujours en train de bouffer de la terre. Oui, on peut ne rien voir et en savoir des choses.

Et ça marche car on s’attache à Boss, alors que son personnage a tout du grand détestable, mais en brossant son portrait, sa jeunesse, tout ce qu’il en a bavé pour accéder à un poste de linebacker au sein de l’équipe et comment on l’a remercié ensuite, on comprend un peu mieux ce qu’il est devenu.

— C’est le football, monsieur… Ça vaut le sang versé.

Véritable immersion dans tout ce que le Sud américain compte de profond, ce comics a tout pour faire un parfait roman noir avec un contexte social dépeint en arrière-plan et tout ce que cette société à comme valeurs, dont le foot et le racisme.

L’atmosphère est crue, noire, violente et les portraits des personnages sont brossés sans concession aucune, brute de décoffrage, le tout dans un climat plus tendu que le string d’une pom-pom girl qui aurait mangé trop de tarte.

Je n’aime pas trop les dessins, mais les tons rouges illustrent bien toute la violence, la haine, la rage et le sang contenu dans ces pages.

Une série que je suis contente d’avoir découverte. Le premier album claquait déjà comme la culasse d’une carabine à canon scié, mais ce tome-ci t’envoie la chevrotine dans les tripes.

Oserais-je ouvrir le suivant ??

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le Mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

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Sherlock Lupin & moi – Tome 6 – Les ombres de la Seine : Irene Adler

Titre : Sherlock Lupin & moi – Tome 6 – Les ombres de la Seine

Auteur : Irene Adler
Édition : Albin Michel Jeunesse (02/01/2019)
Édition Originale : Sherlock, Lupin & Io – Le ombre della Senna (2014)
Traducteur : Béatrice Didiot

Résumé :
Automne 1871. La guerre contre la Prusse est enfin finie, et Irene et sa famille retrouvent avec bonheur leur appartement parisien.

Évidemment, c’est aussi l’occasion pour la jeune fille de retrouver ses deux acolytes, Arsène Lupin et Sherlock Holmes. Le trio d’enquêteurs se reforme vite, un nouveau mystère les attend.

Le cousin d’Arsène, Fabien d’Andrésy vient de se volatiliser, après, semble-t-il, une sortie dans les bas-fonds parisiens.

Essayant de glaner quelques informations dans une taverne mal famée, les trois amis se retrouvent au cœur d’une guerre entre bandes rivales.

Les retrouvailles promettent d’être mouvementées !

Critique :
Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé mais Paris libéré !

Non, nous ne sommes pas à la fin de la Seconde Guerre Mondiale mais à la fin de celle qui laissait présager que ce ne serait pas fini, niveau contentieux, entre la France et l’Allemagne et que les matchs retours seront sanglants et meurtriers.

Nous sommes en 1971 et les casques à pointes ont gagné la guerre Franco-Allemande (ou franco-prussienne), l’annexion de l’Alsace-Moselle ne sera pas au menu de cette enquête de notre jeune trio, mais on se consolera en descendant dans les bas-fonds parisiens.

Ça me change de mes traditionnels bas-fonds londoniens que j’ai arpenté en long et en large (et malgré tout, je n’ai pas tout vu) et ça me change aussi du Paris traditionnel que je visite car ce genre de quartiers, je n’y mets pas les pieds, sauf accompagnée de Sherlock, Lupin et Irene, bien entendu.

On a beau être dans de la littérature jeunesse, on ne prend pas les jeunes lecteurs pour des cruches, dans ses pages, et on ne leur épargne pas la vérité non plus : la pauvreté, la misère, les mendiants qu’on a éclopés pour qu’ils rapportent plus, c’est une réalité à laquelle le jeune lecteur va être confronté.

En ces temps-là, il y avait déjà des gens riches qui aidaient les plus démunis, mais quand bien même on irait éplucher les patates pour la soupe populaire comme nos trois amis, au soir, tel Jack London et eux, nous rentrerions dans nos maisons douillettes pour manger plus qu’à notre faim, là où d’autres dormiront à la belle étoile ou sous les ponts de Paris.

Parlons-en des dessous des ponts de Paris ! Faudra que je vérifie si le système est toujours en place sous le pont d’Austerlitz (morne plaine)…

Ce sixième tome prend son temps pour s’installer, nous berce d’une douce langueur avant de nous jeter dans la Seine ainsi que dans les ruelles tortueuses fréquentées par la pègre. Cours, Irene, cours !

Un tome bien plus sombre que les premiers, bien plus mature aussi, avec un final qui m’a laissé sur le cul tant il était inattendu dans tous les sens du terme : on est dans de la littérature jeunesse et même s’il y avait des indices dans le texte d’Irene, j’étais loin de m’imaginer pareille fin du roman. Violent.

Non, on n’épargne plus les jeunes de nos jours et c’est tant mieux…

Une série qui continue de m’enchanter, un trio qui devient plus mature, des questions qu’Irene se pose sur l’amour que lui porte ses deux amis et des aventures toujours plus palpitantes, comme on en aurait rêvé de vivre à leur âge.

Southern Bastards – Tome 1 – Ici repose un homme : Jason Aaron & Jason Latour

Titre : Southern Bastards – Tome 1 – Ici repose un homme

Scénariste : Jason Aaron
Dessinateur : Jason Latour

Édition : Urban Comics Editions (20/03/2015)

Résumé :
De retour à Craw County, Earl Tubb n’a qu’une chose en tête: vider la maison du vieil oncle Buhl et repartir au plus vite de cette petite ville d’Alabama qu’il a quittée voilà 40 ans.

Il suffira d’une altercation avec quelques locaux au diner du coin pour transformer ce séjour en descente aux enfers.

Un enfer taillé sur mesure par Euless Boss, coach de l’équipe de football local et ennemi juré de feu le shérif Tubb, paternel d’Earl.

Critique :
♫ Il suffira d’un signe, un matin♫ Un matin tout tranquille, et serein ♪ Quelque chose d’infime, c’est certain ♪

Earl Tubb aurait mieux fait d’écouter les paroles de la chanson de Jean-Jacques Goldman car lui qui revenait après 40 ans à Craw County – bled paumé dans le trou du cul de l’Alabama – juste pour trois jours, le temps de vider la maison de son vieil oncle, a reçu plus qu’un signe et ça s’est mal terminé pour lui.

Mais pourquoi tu n’as pas fermé ta gueule, Earl ?? Pourquoi a-t-il fallu que tu te mêles des histoires de la mafia locale ?

T’aurais mieux fait de laisser pisser le mérinos au lieu d’aller à l’encontre de Euless « Coach » Boss, l’entraîneur de l’équipe locale de football, véritable Dieu vivant dans ce trou paumé, maître de la ville et excellent manieur de batte. Tout comme l’était ton père, d’ailleurs, l’ancien shérif, décédé.

Après l’histoire bien connue de « Paf le chien », voici celle de  « Paf Earl »…

Là, on va vraiment penser que j’aime foutre mes mains dans les histoires poisseuses du Sud profond ! Et ce n’est pas faux !

Autant je déteste les péquenots, les ploucs, les rednecks, les Hillbilly, dans la vie courante, autant je les cherche dans mes lectures et cette saga m’a tout l’air d’être prometteuse niveau ambiance glauque, poisseuse, noire, sombre, crasse, de celle qui vous colle aux basques, comme du sang chaud sur une scène de crime.

Si le pitch de départ peut sembler connu (un homme qui s’en revient dans son bled après 40 ans d’exil), c’est le travail fait autour des personnages qui vaut le coup car ils ont du relief, sont détaillés, complexes, et on ne sait pas trop à qui l’on peut se fier.

Ici, ce n’est pas le pays des Bisounours et si vous ne voulez pas des atmosphères délétères (ça rime), toxiques, dangereuses, brutales, lugubre, sanguines,… vaudrait mieux ne pas venir foutre vos jolis petons dans ces pages où la violence latente menace d’exploser à chaque page (et pour exploser, elle va exploser).

Au fil du récit, on comprendra aussi pourquoi Earl est foutu le camp de ce bled paumé. Pas de chance, la mentalité n’a pas changée, elle pourrait même être devenue pire.

Certains pourraient aussi ne pas aimer les dessins, moi-même j’ai eu un peu de mal avec, au départ, mais ces traits tout en angle ont tout des coups de canifs plantés dans le bide du lecteur, quand aux couleurs, sombres, elles éclairent pourtant bien le récit, aidé dans cela par des petites vignettes qui laissent le champ libre au déchaînement de violence.

Ici, on ne dirait pas le sud, mais c’est le Sud ! Profond et peuplé de personnages avec lesquels on n’a vraiment pas envie d’aller boire un verre, ni de fréquenter en tant que voisins.

N’appelez pas la police, car cette dernière ne fera rien pour vous… R.I.P

La série Scalped était du lourd, j’ai été triste de la quitter, mais il me semble que Southern Bastards aura tout pour me plaire niveau roman noir afin de faire mon deuil de la série précédente.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois du Polar Chez Sharon (Février 2019).

Sherlock Holmes et les agents du Kaiser – 5 – L’otage de Fraulein Doktor : Yves Varende 

Titre : L’otage de Fraulein Doktor

Auteur : Yves Varende (pseudo de Thierry Martens)
Édition : Lefrancq (1999)

Résumé :
Mai 1912. Tandis que l’enquête sur le naufrage du Titanic passionne l’opinion, Sherlock Holmes découvre que l’ennemi n’a pas désarmé.

Ses réseaux se reconstituent dans les bas-fonds de la capitale britannique.

Une grève générale des dockers menace l’Empire. Un drame se joue au Diogenes Club et la vie du grand détective ne tient plus qu’à un fil. Un piège mortel se tend dans les îles Anglo-Normandes…

Critique :
Ach, avec un didre bareil, on bourrait benser que z’est le titre d’un film porno et gu’une dame va chouer au dokteur non confentionné avec Holmes, lui tripodant son archet magique…

Nein, bande dé bedits koquins ! Pas de sexe dans ces pages.

Dernier tome qui compose les cinq récits écrits par Yves Varende.

Cinq récits en forme de montagnes russes puisqu’il y a eu des hauts (récits corrects) et des bas (mauvais récits) dans les scénarios, les personnages, l’écriture, la conformité de Holmes au canon…

Ce dernier, au moins, fait partie des corrects et même si Holmes ne doit pas résoudre un meurtre, il n’est pas transformé non plus en James Bond au service de Sa majesté Churchill, mais il devra résoudre un enlèvement et son adversaire, une femme, sera d’un bon niveau.

Le récit fait aussi partie des corrects parce que c’est bien à Holmes que nous avons affaire dans le roman et pas à une espèce de copie non-conforme.

Les Méchants, quand à eu, sont plausibles et on est loin de ceux qui arrivaient à se déguiser en n’importe qui et à prendre leur place sans que personne ne s’en aperçoive !

Le détective nous gratifie en plus de ses nombreuses déductions. Elles ne sont pas « simplistes », ni capillotractées, que du contraire, elles sont digne de Holmes, comme ses petites ruses, ses déguisements et sa manière de jouer avec l’ennemi.

Son frère Mycroft est bien le casanier indécrottable mais néanmoins brillant cerveau que nous connaissons. Oui, c’est bien lui, le type qui ne se déplace que très peu et qui a horreur des efforts physiques.

Lu il y a tellement longtemps que je ne me souvenais plus de rien et le début du roman m’a fait sourire car une fois de plus, j’étais tombée dans le panneau. En plus, ne me demandez pas pourquoi, mais j’ai lu le tome 5 avant le 4… Ça n’a pas porté préjudice, heureusement.

Varende respecte le canon et les personnages de Conan Doyle : Holmes est horripilant de prétentions (comme d’habitude), mais il est aussi touchant en détective vieillissant et nettement moins fringant qu’à ses débuts. Lumbago oblige…

Aurait-il encore su faire des galipettes avec Irene Adler ? Nous ne le saurons jamais, à moins qu’un auteur ne nous l’écrive. Avis aux amateurs… On peut rêver.

Anybref, dans cette dernière enquête, notre détective n’est plus aussi fort physiquement, il est plus fragile. Et il ira, sciemment, tel le tragédien de théâtre qu’il aurait pu être (et qu’il a fini par devenir dans ses enquêtes), vers une fin tragique.

Quoique, sa nécrologie n’est toujours pas parue dans le « Times »…

Ça ne m’a pas fait de tort de relire cette série car cela m’a permis de faire des fiches pour le blog et de vous parler de ces vieux apocryphes que je traquais dans les années 90 armée de mon seul bouquiniste et de quelques titres que je trouvais à la fin d’autres apocryphes ou des petits livres parlant de Holmes.

 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Sherlock Holmes et les agents du Kaiser – 4 – Les meurtres du Titanic : Yves Varende

Titre : Sherlock Holmes et les agents du Kaiser – 4 Les meurtres du Titanic

Auteur : Yves Varende
Édition : Claude Lefrancq (03/09/1999)

Résumé :
Avril 1912. Le destin de l’Angleterre se joue à bord du Titanic. Sherlock Holmes est requis par Winston Churchill pour veiller sur une manœuvre diplomatique de la plus haute importance pour l’Empire.

De redoutables adversaires participent à cette croisière vers l’abysse. Un tueur rôde à bord et frappe impitoyablement là où on ne l’attend pas. L’Atlantique est le nouveau champ de bataille des agents du kaiser.

Critique :
♫ Near, far, wherever you are, ♪ I believe that the heart does go on ♪ Once more you open the door  ♫And you’re here in my heart, ♪ And my heart will go on and on ♫

Titanic ! Céline Dion chantant sa belle chanson… Je vois Di Caprio monter dans le gros paquebot réputé insubmersible, sourire aux lèvres et Kate Winslet, posant seins nus… Je les revois tous les deux à la proue du navire, le bô Leonardo hurlant qu’il est le roi du monde…

Un crétin, ce Di Caprio, d’ailleurs ! J’ai vu le Titanic couler 6 fois et cet imbécile s’est toujours fait surprendre !

Oups, je me trompe… Ce n’est pas le beau Dicarpaccio qui est monté à bord du Titanic, mais Sherlock Holmes et Wiggins, tous deux agissant pour le compte du fumeur de cigares et buveur de whisky : Chruchill. N’espérerez pas un remake romantique du film avec Holmes/Wiggins à la proue, hein !!!

Revenons à nos moutons… Le début du roman est consacré à la présentation de l’insubmersible qu’était le Titanic. Ce sera comme si vous étiez sur le port de Southampton à passer en revue l’immense paquebot. Sauf que vous, vous savez déjà ce qu’il va arriver dans pas longtemps.

On croise des vieilles connaissances aperçues dans le film de James Cameron : Bruce Ismay est toujours aussi imbu de lui-même, le capitaine Smith qui est persuadé que le géant des mers lui permettra de se retirer en pension avec les honneurs, Lightoller,…

Il ne doutait pas que ses financiers futurs seraient parmi les premiers sauvés. L’argent est le meilleur des passeports. Les contrats pouvaient être conclu à bord du navire qui ne manquerait pas de les recueillir.

Avec une allure de chien battu, Bruce Ismay trottina vers l’extérieur. Son soucis premier était désormais de rester le plus proche possible des précieuses embarcations. Le code d’honneur personnel de sa caste lui imposait de rendre compte à ses actionnaires. Il n’y faillirait pas.

Dans son esprit, l’ordre normal des choses était d’évacuer les passagers selon le rang qu’ils occupaient. Un noyé de troisième classe représente moins de perte qu’un milliardaire de première. Quant à l’équipage, il jugeait assurément qu’il convenait de le sacrifier au profit de ceux qui avaient payé leur traversée.

Évidemment, si Holmes est monté sur le Titanic, ce n’était pas pour s’amuser mais pour contrer, une fois de plus, les agents du kaiser qui vont tenter de voler un traité qui pourrait avoir de fâcheuses conséquences sur les élection américaine qui vont avoir lieu.

Multipliant les déguisements, notre détective passera à côté du cerveau embarqué sur le paquebot puisque notre homme ne fait pas attention aux femmes. Une grossière erreur ! ♪ Nous les femmes ♫ nous le charme ♪ sommes parfois plus retorses que les mecs.

Habituellement, j’évite les spoliers, mais je ne pense pas trahir une info importante en vous signalant que le Titanic va se prendre un iceberg et couler !

— Tout est écrit à l’avance, même l’improbable, et se produit lorsque l’heure est venue.

Si l’auteur ne s’étend pas durant 200 pages sur le naufrage, il restitue tout de même quelques faits importants, sans pour autant entrer dans les détails, le roman ne porte pas QUE sur ça, que du contraire, et on aura une grande partie du roman qui se passera à quai.

Lu il y a 20 ans, j’étais passée outre des petites phrases « vérités » qui parsèment ce court roman de 170 pages.

— Assurez-vous que cette plèbe ne puisse pas indisposer les gens de notre monde. Je ne tiens pas à nourrir la stupide rumeur de malédiction formulée par quelques ignobles journalistes à l’égard du Titanic.
— Certainement, monsieur.
— Vous savez combien nous avons investi sur cet armement. Il est indispensable qu’il soit immédiatement exploité. Nos actionnaires ont des droit que je ne peux négliger.

Normal, à 20 ans, je ne voulais que du Holmes, une fois le double de l’âge atteint, je cherche avant tout de la profondeur dans un roman ou des phrases qui résument bien ce que je pense du Monde et de l’Homme.

Yves Varende a transformé Holmes en petit espion au service secret de Sa Très Graisseuse Majesté Churchill (que Holmes appelle par son prénom, tout fout l’camp ma bonne dame !) mais il reste malgré une enquête, des déguisements, peu de déductions (hélas), mais au moins, le Holmes est assez conforme.

La qualité scénaristique de cette série de 5 volumes n’est pas toujours égale au volume de l’eau déplacée par le Titanic sombrant, mais elle monte en qualité.

Ce tome 4 est lisable (néologisme gratos) et j’ai passé un moment plaisant, tiquant juste sur le fait que Holmes boit comme un trou ! Là, faut pas pousser bobonne dans l’eau glacée, surtout si elle n’a pas de culotte !

Sa capacité d’absorption valait celle d’un professionnel polonais. Futrelle le vit vider la bouteille en quatre prodigieuses gorgées avant de la jeter négligemment au bas de la pente s’étendant derrière eux.

— Le personnel du pont C vous a livré trois collations et une douzaine de bouteilles de sherry depuis le départ.
— Mon péché mignon, reconnut Holmes en se servant largement. Et il m’arrive parfois, très irrégulièrement, de ressentir le besoin de me sustenter. Une enquête implique des horaires décalés, mon cher.

Le voyage inaugural du Titanic commença le 10 avril 1912 et il sombra dans la nuit du 14 au 15 avril 1912. Pourtant, en si peu de jours, il est dit que Holmes a commandé 12 bouteilles de Sherry !

Dans le canon, il ne dédaigne pas un ch’tit canon, mais toujours en des circonstances précises. Là, on dirait un alcoolo vu le nombre de bouteilles descendues. Et Holmes alcoolo, j’ai encore jamais vu dans la canon.

Pour le reste, le bouquin est un peu mieux que les précédents, il se lit facilement, rapidement, Holmes est un peu imbu de lui-même, mais ses petites vannes cyniques sont drôles ou logiques.

— Tu n’as pas eu affaire à un vulgaire détrousseur, mon garçon. Il ne s’est décidé à agir que pour deux raisons précises. Soit parce qu’il t’a reconnu, et je me permets d’en douter, car ton visage n’est pas aussi célèbre que le mien. Soit parce qu’il avait besoin d’un élément indispensable dont dispose le personnel appelé à parcourir les différents niveaux du Titanic.

Wiggins s’agita sur le lit. Il tirait une certaine fierté d’avoir été jugé digne d’une agression sauvage. Le fait qu’elle puisse être l’effet du hasard le défrisait. Holmes avait vraiment l’art de remettre les naïfs à leur place. Le vieux chasseur solitaire marquait son territoire sans même paraître y attacher de l’importance.

— Le corps est singulèrement élastique s’il se laisse aller.
— Pas mes os, malheureusement ! J’ai tout de même une jambe brisée…
— Elle s’en remettra, constata froidement Holmes.

Quant au final, on se doute que le Maître ne va pas en rester là avec la dame qui l’a royalement baisée en passant sous ses yeux sans qu’il ne la visse. Ach, la bedite kokine !

Nous vivons dans une société où l’on ne peut prévenir le crime s’il n’y a pas eu le début de réalisation. C’était malheureusement une évidence irréfutable. La Justice ne s’exerce qu’en prenant appui sur le corps des victimes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Sherlock Holmes et les agents du Kaiser – 3 – Le secret de l’ile aux chiens : Yves Varende

Titre : Sherlock Holmes et les agents du Kaiser – 3 – Le secret de l’ile aux chiens

Auteur : Yves Varende
Édition : Claude Lefrancq (03/09/1999)

Résumé :
Février 1912. Les pillards de Blackwell font la loi dans les docks de la Tamise.

L’Allemagne prépare la guerre future: le chef du service secret impérial débarque à Londres pour mobiliser le réseau décapité par le grand détective de Baker Street.

Der Stelze, le redoutable homme au pied bot, aura-t-il plus de succès que Mr Moon? Sherlock Holmes réussira-t-il à percer le formidable secret de l’île aux Chiens?

Critique :
Non, pour une fois, je ne vais pas tirer à boulets rouges sur ce 3ème volet des aventures de Holmes contre les agents du Kaiser.

Holmes m’a semblé moins imbu de lui-même, il a fait plus de déductions et j’ai retrouvé presque le Grand Homme de Baker Street, manquait plus que Watson pour enquêter avec !

Nous sommes en 1912 et ça pue le conflit partout, toute l’Europe est assise sur un baril de poudre et on se demande bien qui va allumer la mèche.

Les Méchants sont un peu moins caricaturaux et moins exagéré que Moon qui se retrouvait dans les deux premiers tomes et qui pouvait se déguiser et ressembler à la personne mieux que s’il avait été cette personne.

Le roman se lit très vite, il a un bon rythme et, sans révolutionner le genre, se laisse lire avec plaisir même si on sort du cadre habituel des enquêtes de Holmes.

Ça m’a fait du bien de le relire, je ne me souvenais plus de rien !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Sherlock Holmes et les agents du Kaiser – 2 – Le tueur dans le fog : Yves Varende

Titre : Sherlock Holmes et les agents du Kaiser – 2 – Le tueur dans le fog

Auteur : Yves Varende (pseudo de Thierry Martens)
Édition : Claude Lefrancq (03/09/1999)

Résumé :
Second épisode de la série Sherlock HOLMES et les agents du Kaiser.

L’Angleterre tremble en cette tragique nuit de la nouvelle année 1912 où Sherlock Holmes s’engage dans la plus dangereuse des traques en compagnie du journaliste Wiggins et du robuste limier à quatre pattes, Toby.

Critique :
Mois Anglais oblige, je me devais de relire cette collection de 5 petits apocryphes holmésiens que j’avais acheté et lu avant l’an 2000.

Je voulais savoir si les romans avaient bien vieillis car je ne me souvenais plus vraiment de ce que j’en avais pensé à l’époque. Le premier que j’ai attrapé était en fait le tome 2 et j’aurais mieux fait de commencer par le 1.

Tant pis, le vin était tiré, il fallait le boire. Je respecterai l’ordre des tomes dans la publication.

Déjà, on va percer l’abcès de suite : le Holmes présenté dans ces pages par l’ancien réducteur en chef du journal Spirou, n’est pas canonique du tout !

Non pas qu’il court le jupon, mais l’auteur le présente comme un type radin, imbu de sa personne à l’exagéré et je ne l’ai pas entendu faire une seule déduction sur l’une ou l’autre personne.

Niveau des protagonistes, je me serais bien passée d’un Docteur Fu Manchu, parce que ça fait très Comics Strip, de plus, l’homme ne dérogera pas à la règle qui voulait qu’il incarne la « cruauté asiatique » fantasmée par les Européens de l’époque, notamment ne nous citant des tortures aux noms des plus fleuris.

Autre méchant, le poignardeur qu’est Black Dagger, qui, tenez-vous bien aux accoudoirs de votre fauteuil, voit parfaitement bien dans la nuit (noire et obscure), mieux qu’un chat, parce que le félin a besoin d’un peu de clarté pour voir, tout de même…

Mieux, notre homme arrive à voler le portefeuille de Holmes, dans la nuit remplie de fog, alors que Holmes a, à ses côtés, Toby IV, un chien réputé pour son super flair (on nous le dira assez). Mon chien n’avait pas un super flair, mais on ne pouvait pas arriver dans mon dos sans qu’il ne le sache et me prévienne.

Le roman se lit vite, heureusement, parce que l’on n’a pas vraiment envie de s’attarder dedans tant l’ennui nous guette au détour des pages, la faute sans doute à la narration, parce qu’il y avait du potentiel dans ces pages si on avait un peu plus travaillé le personnage du détective, de Wiggins et des méchants en tout genre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Sherlock Holmes et les agents du Kaiser – 1 – Le Requin De La Tamise : Yves Varende

Titre : Sherlock Holmes et les agents du Kaiser – 1 – Le Requin De La Tamise

Auteur : Yves Varende
Édition : Claude Lefrancq (1997)

Résumé :
Automne 1911. Sur la requête de Winston Churchill, Sherlock Holmes consacre ses prodigieuses facultés de déduction et son étonnante science du déguisement à l’infiltration des réseaux allemands en cours d’implantation en Angleterre.

L’insouciante population londonienne vit sur un baril de poudre.

La pègre s’organise en de mystérieuses sociétés, dont les animateurs visent à la conquête du pouvoir. La mort rôde au bord de la Tamise…

Le grand détective réussira-t-il à neutraliser les alliés du Kaiser ?

Critique :
Seconde relecture de cette série avec le numéro 1, celui où nous faisons connaissance avec le méchant Mr Moon, qui, tel un Ponce Pilate, se lave souvent les mains, déléguant les sales besognes sanglantes à ses hommes de main.

Mais déjà à cette époque, la sous-traitance avait du plomb dan l’aile et s’il s’était chargé lui-même de la besogne, il aurait eu moins d’emmerdes.

Premier volet donc de la série de Sherlock Holmes et les agents du Kaiser. Nous sommes aux portes de la Première Guerre Mondiale, dans 3 ans elle se déclenchera et pour le moment, c’est la course à l’armement et on voit des espions partout.

Holmes est toujours décrit comme un radin par les Irregulars Of Baker Street, qui sont des adultes, maintenant, et, dans mes souvenirs canoniques, jamais Holmes n’a refusé de payer les primes promises aux gosses des rues qui étaient ses oreilles et ses yeux.

On le décrit aussi comme un homme qui n’aime pas parler de ses échecs, hors ce n’a jamais été le cas, souvenons-nous de « La figure jaune » :

Les dons exceptionnels de mon compagnon m’ont permis d’être l’auditeur, et parfois l’acteur, de drames étranges. En publiant ces croquis tirés de dossiers innombrables, j’insiste tout naturellement davantage sur les succès de Holmes que sur ses échecs. Ne croyez pas que je le fasse dans l’intérêt de sa réputation : c’était en effet dans les cas où toutes ses ressources paraissaient épuisées qu’il déployait une énergie et une vivacité d’esprit absolument admirables. La raison est ailleurs : là où il échouait personne d’autre, généralement, ne réussissait ; du coup l’affaire s’enterrait avant d’avoir reçu une conclusion. Il arriva tout de même que Holmes se trompa et que la vérité fut néanmoins tirée du puits.

— Watson, si jamais vous avez l’impression que je me fie un peu trop à mes facultés, ou que j’accorde à une affaire moins d’intérêt qu’elle ne le mérite alors ayez la bonté de me chuchoter à l’oreille : “Norbury !” Je vous en serai toujours infiniment reconnaissant.

Une fois de plus, le Méchant Mr Moon peut se déguiser en n’importe qui, son visage doit être fait en cire puisque personne ne le reconnaît… Fantastique, non ? Même Holmes n’y arrive pas à faire aussi bien, d’après lui.

Autre chose, Holmes mesure 1,80m. Je veux bien qu’à 60 ans et quelques poussières, il se soit tassé, mais pas au point où quand, déguisé Horse Guard et se dévoilant à Winston Churchill, ce dernier lui demande alors :

— Bon sang, Holmes ! Comment avez-vous fait pour grandir de trente centimètre ?
— Je reconnais cette obligation de la Garde est un peu déplaisante, admit le détective. J’ai dû remplir le fond de mes bottes de sortes d’embauchoirs qui me transforment en échassier, mais cela m’impose une démarche qui ajoute de l’authenticité au personnage.

Donc, si je calcule bien, les Horse Guard devaient mesurer 2,10m ?? Parce que même si Homes a rétrécit au lavage et ne toise plus que le 1,60m, se grandir de 30cm voudrait dire que tous les Horse Guard devaient mesurer 1,90m… Devait pas en trouver des masses pour leur régiment…

Pour le reste, la narration est toujours en dessous de ce que j’aimerais lire et je me suis emmerdée ferme dans les passages où l’on nous parlait des tensions entre les différents pays. Or, c’est un sujet qui me passionne ! Quand il est bien narrée, en effet.

Pas de souvenirs impérissables à garder de cette relecture.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

[FILMS] The Dark Knight – Le Chevalier noir : Christopher Nolan (2008)

The Dark Knight : Le Chevalier noir est un film de super-héros américano-britannique, réalisé par Christopher Nolan (anglais) et sorti en 2008.

Basé sur le personnage de fiction DC Comics, Batman, c’est la suite de Batman Begins sorti en 2005.

Cet opus décrit la confrontation entre Batman, interprété pour la seconde fois par Christian Bale, et son ennemi juré le Joker, joué par Heath Ledger (mort le 22 janvier 2008, avant la sortie du film).

Dans la continuité de ce reboot, il s’agit de leur première rencontre, quoique légèrement annoncée à la fin de « Batman Begins ».

La trilogie se conclut avec « The Dark Knight Rises », sorti en 2012.

Synopsis : 
Batman aborde une phase décisive de sa guerre au crime. Avec l’aide du lieutenant de police Jim Gordon et du procureur Harvey Dent, il entreprend de démanteler les dernières organisations criminelles qui infestent les rues de sa ville.

L’association s’avère efficace, mais le trio se heurte bientôt à un nouveau génie du crime qui répand la terreur et le chaos dans Gotham : nommé le Joker.

On ne sait pas d’où il vient, ni qui il est. Ce criminel possède une intelligence redoutable doublé d’un humour sordide et n’hésite pas à s’attaquer à la pègre locale dans le seul but de semer le chaos.

Distribution :
Christian Bale : Bruce Wayne / Batman
Michael Caine :  Alfred Pennyworth
Heath Ledger : Le Joker
Gary Oldman : Jim Gordon
Aaron Eckhart : Harvey Dent / Double face
Maggie Gyllenhaal : Rachel Dawes
Morgan Freeman : Lucius Fox

Ce que  j’en ai pensé :
Disons-le de suite, je n’ai jamais une mordue des Comics de super-héros. Pourquoi ? C’est mon père qui m’a fait découvrir les bédés, tirées bien souvent de l’hebdo Spirou et donc de l’écurie Dupuis.

Les comics n’étaient donc pas présent dans la biblio familiale et je n’avais aucune référence.

J’ai commencé à les découvrir vraiment lorsque tous les films de super-héros sont sortis, dans les années 2000, avec des effets spéciaux dignes de ce nom.

Et je dois dire que si j’ai adoré les premiers X-Men ou les premiers Spiderman, je suis tombée sur le cul avec le film de Chistopher Nolan.

  • La scène d’intro est jouissive et culte ! (le braquage mené par la bande du Joker)
  • Christian Bale fait un excellent Batman, sombre, torturé, sexy en diable…
  • Son majordome est un ancien Sherlock Holmes (Michaël Caine – Élémentaire mon cher…. Lock Holmes)
  • Le Joker… La Némésis de Batman. Que dire de lui ?? Un maquillage de clown qui déborde de partout, des cheveux sales et gras, un type ultra-violent, un véritable psychopathe, anarchiste et très intelligent quand il s’agit de faire répandre le chaos dans Gotham…
  • Putain, le truc de fou !! Heath Ledger qui m’avait z’ému dans son rôle de cow-boy gay (Le Secret de Broke back Mountain) m’a, ce coup-ci, foutu un grande claque en interprétant le Joker. Son interprétation est tout simplement à couper le souffle. Un véritable psychopathe. Nicholson était déjà bon, mais ici, Heat surclasse tout le monde et il n’est pas encore né celui qui nous le fera mieux que lui.
  • Joker est l’égal de Batman mais en version noire, sombre, le MAL absolu, et Nolan s’est focalisé sur ce côté « mal » pour la psychologie du personnage.
  • D’ailleurs, je me demande si le Joker ne vole pas la vedette à Batman car dès qu’il apparaît, il prend tout l’écran avec sa présence.
  • Les personnages sont profonds, changeant, ni tout blanc, ni tout noir, tout en nuance de gris, à la limite de la rupture, du basculement vers le côté obscur. Ils sont réalistes, tout simplement.
  • Le scénario est riche et le triangle amoureux ne vire pas au gnangnan guimauve. Il possède aussi une multitude de petites intrigues qui s’enchaînent pour être au final toute liées et en former une seule.
  • Nolan ne se contente pas de nous pondre un film à gros budget (180.000.000 $) avec un super héros de chez DC Comics. Que nenni, le réalisateur aborde dans son film des grands thèmes tels que la dérive sécuritaire de l’après 11 septembre, l’individualisme de la société, la passivité des habitants face à un terroriste, nous offre quelques discours politiques bien sentis et, bien sûr, la lutte entre le bien et le mal, traduite sur grand écran comme jamais.
  • Il aborde aussi les thèmes de la criminalité et de la pègre de manières très réalistes et nous offre aussi une réflexion sur la justice.
  • Chose rare, le film ne tombe à aucun moment dans un manichéisme primaire.
  • Les dialogues sont parfaitement ciselés, aux petits oignons, soignés, magistraux.
  • Le film nous surprend souvent, joue avec nous et un seul visionnage ne nous permet pas de tout capter, de tout appréhender.
  • Double Face, personnage joué par Aaron Eckhart est appronfondit, travaillé, super bien interprété et certains disent qu’il est largement supérieur à celui interprété par Tommy Lee Jones.
  • The Dark Knight est un film noir, très noir, sombre, sans édulcorant, une sorte de thriller policier possédant, en plus d’un super-héros,  ses gangsters, son argent sale et ses braquages de banques. Oh, on dirait une pub pour vanter une ville !
  • Autre scène culte et fascinante de par ses dialogues : quand Batman dirige l’interrogatoire contre le Joker et que ce dernier pousse notre héros à ses limites de violences. Batman bascule du côté obscur de la Force en cédant aux provocations et se déchaîne brutalement sur le Joker…  Le tout est terrifiant car la scène est amplifiée par l’incroyable musique d’Hans Zimmer et de James Newton Howard.
  • La musique de Hans Zimmer…. J’adore ce compositeur, tout comme Enio Morricone, et une partie de ses musiques se trouvent dans ma playlist du smartphone et j’ai un faible pour le « Why so serious ? ». Vers les 2:30, ça commence à me faire dresser les poils sur les bras. Surtout en repensant à la scène où le Joker raconte à Rachel comment ses cicatrices sont arrivées sur lui.
  • Quoi ? T’es encore à me lire alors que tu dois aller voir ce film de suite si tu ne l’as pas encore vu ???

Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda et  Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

Legend : Brian Helgeland [#LeFilmDeLaSemaine2016 – 20/52]

Legend est un film de gangsters britannique écrit et réalisé par Brian Helgeland, sorti en 2015.

  • Titre original : Legend
  • Réalisation : Brian Helgeland
  • Scénario : Brian Helgeland, d’après Les Jumeaux de la violence, Londres dans la nuit et C’est rapé, frangin, Londres dans la nuit de John Pearson

1. Synopsis :
À Londres dans les années 1960, les jumeaux Kray deviennent les rois de la pègre.

2. Distribution :

  • Tom Hardy : Ronald Kray / Reginald Kray
  • Emily Browning : Frances Shea
  • Colin Morgan : Franck Shea
  • Christopher Eccleston : Leonard « Nipper » Read
  • David Thewlis : Leslie Payne
  • Taron Egerton : Edward « Mad Teddy » Smith
  • Paul Bettany : Charlie Richardson

Ce que j’en ai pensé :
Londres, les années 60.

Les jumeaux Ronnie et Reggie Kray, les plus célèbres gangsters du Royaume-Uni, règnent en maîtres sur la capitale anglaise.

À la tête d’une mafia impitoyable, leur influence parait sans limites.

Deux frères aussi jumeaux qu’on peut l’être mais différents.

Reggie, c’est la classe, la décontraction, la beauté, les femmes, la gloire.

Ronnie, lui, c’est celui à qui on dirait qu’on a oublié d’insérer quelques pièces fondamentales dans le cerveau. N’allez pourtant pas croire qu’il est débile profond, non, il est dangereux, c’est un psychopathe complètement barge.

Tom Hadry, à lui tout seul incarne deux rôles dissemblables : d’un côté le rôle de Reggie, le frère charismatiques dont la violence est larvée, pas en public et de l’autre,  Ronnie, un personnage moins démonstratif, hanté, homosexuel, incontrôlable, impulsif, délirant et trouble.

Reconstitution détaillée, photographie soignée, rien à redire sur les décors ! On a l’impression d’être dans un film d’époque et si anachronisme il y a, je ne l’ai pas vu puisque je ne connais pas l’époque en détail !

On suit la montée en puissance des frères Kray dans le monde criminel. Ils ont commencé petit, puis, tout doucement, on étendu leur business plus loin, plus fort et sont devenus les maîtres dans la place.

Une  voix-off nous informe des événements dépeints et le côté « historique » est agrémentée de séquences plus intimes visant à mêler grande et petite histoire.

Évidemment, les méchants garçons attirent les filles et quand ils les draguent, ils sont tout gentils, tout sucre, tout miel. Une fois le mariage atteint, on se retrouve devant un autre homme et notre pauvre petite Frances Shea en fera l’amère découverte après avoir subi la cour romantique de Reggie Kray.

Maintenant, je ne sais pas si toutes ces scènes sont réelles ou pas. Difficile d’imaginer les frères Kray en train de manger des biscuits et de prendre le thé chez maman alors que l’un d’eux vient d’assassiner, de sang-froid, un homme devant témoins ou de les voir se retenir de se faire mal quand ils se battront ensemble…

En attendant, on regarde, effrayé la montée en puissance de cette mafia anglaise qui, comme toute les mafias, périclite souvent parce qu’elle s’est montrée trop gourmande ou par les membres de sa propre famille.

Où lorsque la femme de Reggie l’incite à s’éloigner du business parce qu’il le lui avait promis mais n’arrive pas à lâcher l’affaire.

La chute des frères Kray semble inévitable. Mais pas que pour une chose, c’est la somme de petites choses qui fait que… Et il n’y a pas que les frères Kray qui vont chuter dans la seconde moitié du film…

Mais on discutera de ceci après, si vous le voulez bien. Restons dans le positif.

Le plaisir du spectateur vient de la reconstitution mais aussi et surtout du jeu d’acteur de Tom Hardy qui, de policé quand il joue Reggie, devient totalement dingo quand il joue Ronnie.

Et si au départ, Ronnie se tient un peu, au fur et à mesure du film, il devient de plus en plus incontrôlable, devenant même un psychopathe schizophrène sanguinaire quand son frère se retrouve quelques temps au gnouf.

C’est violent, délirant et jouissif. Mais hélas, sur la durée, ça foire un peu dans la seconde moitié du match.

Si le scénario arrive à mettre en lumière toute la complexité des jumeaux Kray, chacun étant capable d’amour et de tendresse (Ronnie avec sa mère) comme de commettre des actes tout simplement ignobles et impardonnables tel le meurtre de sang-froid, et bien, j’ai l’impression que le scénariste s’est reposé sur ses lauriers pour la seconde moitié.

Où alors qu’il est parti pisser les mojitos ou les cafés qu’il avait éclusé… et qu’un autre a pris sa place.

Pourtant, on était bien parti et passer le point de vue à la femme de Reggie Kray était une bonne idée, surtout que la fille, bien que bête à croire que le Reggie va tout plaquer pour elle, n’était pourtant pas une potiche destinée à faire tapisserie. Elle a même des couilles à un moment donnée.

Mais hélas, le scénariste remplaçant s’est un peu trop concentré sur la vie de couple pas facile de Reggie et Frances alors que moi, j’aurais voulu voir plus de pègre, plus de magouilles, plus de conneries qui feront capoter les magouilles car on se disperse et parce que Reggie ne veut pas se séparer du frangin barjot qui pourtant est en train de faire couler le navire.

Et il n’y a pas que les frères Kray qui vont couler à la fin… le film prend un peu l’eau.

Legend retrace la véritable histoire de ces deux frères, remarquablement interprétés par Tom Hardy et nous plonge dans la noirceur stylisée des quartiers de l’East End du Swinging London.

Violent, jouissif, une belle première partie qui s’essouffle un peu et se disperse dans la seconde, hélas.

Cravacher la film ne servira à rien, le cheval de course a cédé sa place au mulet et on termine avec un petit goût de trop peu sur la fin.

Dommage parce que nous étions parti pour inscrire la Légende, malgré tout, le film se regarde avec plaisir et je n’ai pas de regrets, si ce n’est de ne pas avoir assez eu de pègre et un peu trop de vie de couple.

Étoile 3

Le Challenge #LeFilmDeLaSemaine2016 et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.