Le Scorpion – Tome 13 – Tamose l’égyptien : Stephen Desberg et Luigi Critone

Titre : Le Scorpion – Tome 13 – Tamose l’égyptien

Scénariste : Stephen Desberg
Dessinateur : Luigi Critone

Édition : Dargaud (20/11/2020)

Résumé :
À Kraków, Ivrahim Golam, surnommé le cosaque juif, cherche à préserver l’identité d’un homme dont le nom doit disparaître à jamais.

À Istanbul, Armando Catalano, alias le Scorpion, a retrouvé la trace de Méjaï, la gitane. Il veut savoir ce qu’est devenu leur enfant.

Mais la gitane est experte dans le maniement des poisons et elle n’hésite pas à s’en servir contre le Scorpion, qui perd connaissance.

Critique :
Il n’est jamais facile pour un scénariste ou un dessinateur de se couler dans les pantoufles du précédent.

Ça passe ou ça casse et en voyant la couverture, j’ai eu très peur que ça dérape en voyant mon Scorpion avec cette gueule pas très réussie, perdant un partie du sex-appeal que le dessinateur Marini lui donnait.

Bon, si le Scorpion est foiré sur la couverture au niveau de sa petite gueule d’amour, dans l’album, il est réussi, sauf en ce qui concerne les mouvements qui m’ont semblé plus figés que ceux de Marini.

Après 12 albums à rechercher son père (dont certains ont tiré en longueur, comme d’autres savent le faire et je ne citerai pas de nom), notre Scorpion cherche maintenant son enfant que Mejaï aurait eu de lui, selon le Hussard, son vieil ami, qui manque cruellement dans cette bédé pour apporter sa touche de gaieté et de bonne humeur.

Tout en cherchant son fils, notre aventurier devenu solitaire va en profiter pour la jouer archéologue à la recherche du trésor perdu, ou plutôt, à la recherche d’un nom qu’un vilain albinos veut à tout prix effacer ! Je sens que l’on va encore se retrouver face à un méchant d’envergure, comme nous en avons eu quelques uns dans la saga.

La reprise est bonne, les dessins sont des plus agréables pour les yeux, les couleurs pareilles, les décors orientaux ont le mérite de vous dépayser du fond de votre canapé, les tons jaunes donnerons de jolies couleurs à nos visages blafards.

Le scénario semble bien parti sur de nouveaux mystères ésotérico-religieux puisque, après le Nouveau Testament, on part sur l’Ancien avec l’Exode des Juifs d’Égypte mais faudra que le duo confirme cette bonne impression sur les albums suivants, en espérant que l’on ne s’enlise pas dans des aventures épaisseur papier cigarette juste pour ajouter des albums à une série qui marche fort.

Et ça me fait peur car j’ai vu des tas de super séries partir en queue-de-cerise (restons polie pour une fois) car elles n’ont pas su s’arrêter à temps et ont voulu faire marcher la pompe à fric.

Une belle reprise au niveau des dessins, sauf au niveau des actions qui semblent figées, un scénario bien mystérieux et le retour de nos personnages adorés que sont le Scorpion et la belle empoisonneuse Mejaï.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°146].

[Sherlock Holmes] La malédiction de Nephrem-Kâ : Sophie Bellocq-Poulonis

Titre : La malédiction de Nephrem-Kâ

Auteur : Sophie Bellocq-Poulonis
Édition : l’Oeil du Sphinx (30/03/2012)

Résumé :
Bien que la mort de Lord Thorndyke, le linguiste émérite, semble des plus naturelles, elle n’est pourtant pas sans rappeler celle du richissime négociant en tabac, Jack Finley, survenue quelques semaines auparavant dans des circonstances similaires.

Cela n’a pas échappé à l’esprit aiguisé de Sherlock Holmes pour qui ces décès sont à rapprocher de celui de Philip Lovecraft, repêché au pied d’une falaise du Sussex,et à relier au passé commun des trois hommes lesquels ont participé à la mise au jour de la nécropole de Nephrem-Kâ, le pharaon maudit que l’Egypte ancienne s’est empressée d’effacer de son histoire.

Ces disparitions successives raniment le spectre de la malédiction dont on avait dit qu’elle frapperait tous ceux de l’expédition Finley.

D’aucuns évoquent à mots couverts la colère du dieu Cthulhu dont la violation du tombeau de Nephrem-Kâ aurait déchaîné la colère.

Critique :
Souvenez-vous, le 4 novembre 1922, ce fut la découverte de la tombe inviolée de Toutânkhamon.

Non, tout comme vous, je n’y étais pas…

Le 26 novembre, Carter et Lord Carnavon pénètrent dans le tombeau. Imaginez la scène…

Sur le mur, il y a une tablette qui fut bien vite escamotée où il était écrit : « La mort abattra de son aile quiconque dérangera le repos de pharaon ».

Je vous laisse faire vous-même le bruit du roulement de tambour ou la musique angoissante du film « Les dents de la mer », de « Psychose » et même de « L’exorciste », si vous voulez.

Ce qui devait arriver arriva… bon nombre d’entre eux moururent pour avoir osé troubler le repos du pharaon ! Fin de la musique angoissante.

Pourquoi je vous cause de ça ? Parce que dans ce pastiche holmésien, Philipp Lovecraft (oui, l’écrivain !!) et toute sa clique ont découvert le temple d’un pharaon tellement maudit que son nom n’est inscrit nulle part !

Aucun égyptologue ne le connaît ! Nephrem-Kâ, qu’il se nomme. Vous le connaissiez, vous ?? Moi pas !!

À côté de lui, le nom du pharaon hérétique Akhenaton fait figure de « populaire », c’est vous dire que le nom de Nephrem-Kâ fut effacé.

Seul Lovecraft résistait encore et toujours (à l’envahisseur ?) afin de prouver au monde entier qu’il avait raison quand il soutenait l’existence de ce pharaon maudit.

Et ce qui arriva en 1922 à l’expédition de Carter survint à celle de Lovecraft, et ce, bien avant, étant donné que tous les membres de l’expédition seront retrouvés soit morts, soit disparu, soit dingo après avoir découvert le temple du pharaon maudit qui s’était déjà écroulé sur eux lors de leur entrée.

Certains esprits superstitieux évoquent, à mots couverts, la colère du dieu Cthulhu dont la violation du tombeau de Nephrem-Kâ aurait déchaîné la colère.

Sherlock Holmes, avec son esprit aiguisé, a déjà fait le lien entre le décès de Philip Lovecraft, repêché au pied d’une falaise du Sussex et il a relié au passé commun des trois hommes qui avaient participé à la mise au jour de la nécropole de Nephrem-Kâ, ce pharaon maudit que l’Égypte ancienne s’était empressée d’effacer de son histoire.

Bien entendu, on ne la fait pas à Holmes ! Un pharaon qui se venge au travers de sa tombe ou un espèce de monstre à tête de pieuvre mal lunée, ça ne prend pas.

Il va donc enquêter…

J’avoue que j’avais tout de même une petite appréhension à l’entame de cet ouvrage parce que je savais pas ce que l’auteur avait décidé : du vrai fantastique sauce « X-Files » ou du fantastique en apparence alors que c’est du tangible, avec des vrais meurtres perpétrés par des humains ?

Bien que j’ai soupçonné directement le coupable et compris sa supercherie ainsi que sa mystification (c’était trop gros pour moi, un truc pareil), je ne m’attendais pas à un tel mobile.

De ce côté là, c’est bien.

Par contre, niveau digestion de toutes les explications qu’un professeur d’université donne à Watson, c’était un peu lourd !

Le récit n’est pas très palpitant car trop lent, trop surchargé d’explications en tout genre sur le pharaon ou le Cthulhu.

Bref, un 2,5/5 mais la demi étoile n’est pas permise.

Quoi ? Non je ne vous dirai pas si la vérité était ailleurs ou sous notre nez. Vous êtes grand assez que pour ne plus croire à tout cela…