Le portrait de Dorian Gray : Oscar Wilde

Titre : Le portrait de Dorian Gray

Auteur : Oscar Wilde
Édition : Folio Classique (2014)/ Livre de Poche -Les Classiques (2016) / Gloriana (2016) / Pocket Classiques (2019)
Édition Originale : The Picture of Dorian Gray (1891)
Traducteur : Vladimir Volkoff

Résumé :
Alors qu’il rend visite à son ami peintre Basil Hallward, Lord Henry rencontre le jeune Dorian Gray.

Émerveillé par sa jeune beauté et sa naïveté, il se lie rapidement d’amitié avec lui et dit, en plaisantant, qu’une fois le portrait terminé, seul celui-ci gardera à jamais cette beauté tandis que Dorian vieillira peu à peu.

Le jeune homme déclare alors qu’il donnerait son âme pour que ce portrait vieillisse à sa place. À ces mots, tous rirent… sur le moment.

Effrayé par ce portrait si parfait, Dorian le laissera chez lui, protégé de la vue de tous, cachant honteusement le secret de son âme…

Le Portrait de Dorian Gray a été rédigé en 1890 puis complété en 1891. Ce roman fantastique est à la fois un manifeste esthétique et un récit moral.

Bien qu’Oscar Wilde y développe l’idée d’un art dégagé de toute éthique, le jeune Dorian Gray va faire face à sa conscience morale à travers son portrait qui porte à sa place les traces de sa perversité et la décadence que le temps inflige aux esprits les plus purs.

Critique :
Toutes les stars en ont rêvé, l’Oréal a essayé de le faire, Botox y est presque arrivé, mais en ce qui concerne la meilleure crème anti-vieillissement, c’est une peinture avec le portrait de Dorian Gray dessus.

Un p’tit coup de pouce du diable, sans aucun doute… Mais au moins, ça fonctionne et vous ne vous ruinerez pas en crème en tout genre ou en opération botox loupée.

Oscar Wilde, je le connais plus aux travers de ses enquêtes qu’aux travers de ses romans, c’est pour cela que j’avais, en 2012, découvert ce roman.

Punaise, quel coup de pied au cul, quelle plaisir de lecture, qu’elle plume que celle de Wilde ! Je ne pouvais pas juger sur ses autres romans, mais celui-ci avec un ton qui m’avait bien plu et qui me plait toujours autant.

Cynique, pince-sans-rire, les répliques sont cinglantes, elles fusent de toutes part, c’est savoureux, ça se déguste avec savoir mais sans sagesse car le roman ne fait pas grossir, malgré le fait qu’il est une friandise plus que gourmande.

Dorian Gray… Rhââ, il est beau, sexy, sensuel, bourré de fric, un vrai dandy qui a plus de présence qu’un fade Mister Grey, celui des 50 nuances… Même le Portrait a une présence, dans ce roman.

Par contre, niveau action, on doit plus en avoir dans les 50 nuances que dans Le Portrait car ce dernier a plus du suspense psychologique et des bons mots, des aphorismes que du roman bourré d’action.

Toute réussite nous attire un ennemi. C’est la médiocrité qui entraîne la popularité.

Le seul moyen de se délivrer de la tentation, c’est d’y céder. Résistez-y, et votre âme languira, tourmentée.

De toute façon, on ne lit pas le Portrait pour le côté thriller mais pour l’écriture de Wilde qui avait dû aussi passer un contrat avec Méphistophélès pour en arriver à un tel niveau. Ça pique et tape sous la ceinture.

Aujourd’hui les gens connaissent le prix de tout et la valeur de rien.

La chose la plus banale devient délicieuse dès l’instant qu’on la dissimule.

— Les bonnes influences n’existent pas, monsieur. Toute influence est immorale. 

— L’humanité se prend beaucoup trop au sérieux ; c’est le péché originel du monde. Si les hommes des cavernes avaient su rire, l’Histoire serait bien différente. 

Le culte de la beauté et de la jeunesse éternelle, l’égo, la perversion de ce jeune mondain (par un autre homme) pour qui ce culte de la beauté et de la jeunesse vont devenir une priorité et donc, précéder sa chute.

Il n’y a que deux sortes d’êtres qui soient véritablement fascinantes : ceux qui savent absolument tout, et ceux qui ne savent absolument rien.

Le portrait de Dorian Gray a une saveur plus particulière pour moi, holmésienne du dimanche car il rappelle un dîner offert par un américain à deux auteurs anglais bien connu : Conan Doyle et Wilde.

Nos deux auteurs avaient reçu une avance d’un américain nommé Joseph Stoddart, le directeur du Lippincott’s Monthly Magazine, publié simultanément à Londres et à Philadelphie, excusez du peu.

Une avance pour quoi ? Pour écrire chacun un roman, pardi, pas pour participer à Top Chef !

Wilde, écrivit « The picture of Dorian Gray » qui allait scandaliser le Londres littéraire et mondain et Conan Doyle, lui, s’était vu réclamer, non pas un roman historique, mais une autre aventure de Sherlock Holmes ! Ce fut « Le signe des quatre ». Moi je dis qu’on devrait le sanctifier, le Stoddart en en faire un Saint-Stoddart pour que je puisse aller lui brûler un cierge !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

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Vinland Saga – Tome 12 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 12

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (14/11/2013)

Résumé :
Esclave à la ferme de Ketil, au Danemark, Thorfinn n’a plus grand-chose à voir avec le mercenaire qui arpentait les champs de bataille dans l’espoir de venger son père en tuant le cynique Askeladd.

Au contact des habitants de la ferme, qu’ils soient libres ou esclaves, Thorfinn découvre une nouvelle vie loin des combats, faite de dur labeur, de sueur et de terre.

Toujours hanté par ses crimes passés, il fait le serment de renoncer à la violence. Mais lorsqu’un esclave en fuite arrive dans le domaine de Ketil avec à sa poursuite le Serpent et ses hommes, il devra décider s’il n’est pas des situations qui méritent que les hommes d’honneur se battent.

vinland-saga-3475267Critique :
Gardar aurait pu chanter ♫ Que je t’aime, que je t’aime ♪ à son Arneis car il vient de rompre ses chaînes pour retrouver sa femme qu’il avait perdu de vue depuis son départ à la guerre.

C’est beau l’amour, mais c’est violent, parce qu’il ne faut pas oublier que Einar, le pote à Thorfinn est fou d’amour pour la belle Arneis, elle même favorite du maître de l’exploitation, Ketil. Vous me suivez toujours ?

Un beau tome bien tristounet avec non seulement deux personnes qui s’aiment, un guerrier qui voudrait retrouver sa belle et leur fils, mais il ne sait pas qu’il est mort et un chef des mercenaires, Serpent, qui voudrait bien mettre la main sur le Gardar, puisque ce dernier a massacré toute la famille de son maître.

Ce tome est surtout intéressant pour le personnage de Thorfinn qui a promis de ne plus user de la violence et qui là, se retrouve le cul entre deux chaises ! S’il veut aider Arneis, qui est son amie aussi, il va devoir utiliser autre chose que la diplomatie !

La violence peut-être légitime ? Mais où se trouve la légitimité face à un assassin ?

Le personnage de Serpent, le mercenaire qui garde la propriété de Ketil, prend plus d’ampleur dans cette histoire, tout en gardant son aura de mystère. J’espère qu’on en apprendra plus sur lui dans les tomes suivants.

Un tome assez triste qui fait pencher l’histoire d’un autre côté et je me doute que la suite ne va pas être une partie de pêche sur un lac tranquille.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Vinland Saga – Tome 11 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 11

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (13/12/2012)

Résumé :
Grâce à leurs efforts et leur dur labeur, Thorfinn et Einar peuvent enfin entrevoir leur liberté. Mais la santé fléchissante du vieux maître, Sverker, est loin d’être la seule ombre à planer sur le bonheur des deux esclaves.

Dans une ferme voisine, le propriétaire des lieux, Carrock, ainsi que toute sa famille, sont massacrés par l’un de leurs eslaves, avide de se venger des humiliations qu’il a subies de son maître. Après avoir brûlé la ferme, il s’évanouit dans la nature…

Mais la plus grande menace qui pèse sur la ferme de Ketil viendra de la capitale du royaume danois, Jelling.

Critique :
Si Roulio Essuie-glaces chantait ♫ Yé né pas changé ♪, ni Thorfinn ni le roi Knut ne peuvent reprendre le refrain avec lui car ils ont bien changés, ces deux là.

Aussi bien de look, Knut étant devenu un beau guerrier blond ténébreux (toujours avec une paire de bollekes) et Thorfinn quitte lentement sa léthargie pour se reprendre et se trouver un nouveau but dans la vie.

Au final, aussi bien le roi Knut que Thorfinn vont avoir le même : supprimer l’esclavage !

Sauf que, au départ, on avait un Knut limite fleur bleue qui s’évanouissait à la moindre violence et qui, maintenant, n’hésite pas à tuer pour arriver à ses fins, et nous avions un Thorfinn assoiffé de vengeance, bourré de violence qui maintenant nous la joue pacifiste.

Ils ont bien changé…

Mais n’allez pas croire que tout est Blanc ou Noir dans cette saga, que nenni !! Si Knut est devenu un homme violent, froid, criminel, c’est parce qu’il n’a pas eu le choix, c’était tuer ou être tué et puis, petit à petit, son idéal s’en est allé et il a marché sur le chemin le plus simple : assassiner ceux qui se mettaient en travers de sa route.

Son Jiminy Cricket à lui, c’est la tête de son père, qui lui parle et qu’il est le seul à voir, pour Thorfinn, c’est le fantôme d’Askelaad. Marrant de voir que ces deux hommes reçoivent des conseils des fantômes des hommes qu’ils ont haïs.

Ajoutons à celà que Knutt n’hésitera pas à comploter, à magouiller, afin d’arriver à ses fins et le fils de Ketil, Ormar, va lui servir le tout sur un plateau, à l’insu de son plein gré.

Ce que j’apprécie, dans cette saga, c’est que le portrait des personnages soit toujours aussi fin, le mangaka jouant sa partition sur la psychologie des personnages et sur leur rédemption possible, ou leur basculement du côté plus qu’obscur de la Force.

Sans oublier que Knut va devoir régner sur deux pays : l’Angleterre et le Danemark. Un pays à diriger, c’est déjà pas folichon, mais sur deux à la fois, c’est encore plus compliqué qu’il n’y parait.

En tout cas, on se doute que dans les prochains tomes, on va avoir une confrontation entre Knutt et Thorfinn et je me demande bien ce qu’il va en résulter.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Vinland Saga – Tome 10 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 10

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (13/10/2011)

Résumé :
Au contact d’Einar, Thorfinn aperçoit un monde qui lui était étranger, celui de la paix. Pourtant, il continue d’être rongé par des cauchemars dont il ne parvient jamais à se souvenir et qui pourtant semblent contenir un message important.

Mais aucune vie n’est exempte de violence te Thorfinn et Einar ont de plus en plus de problèmes avec des paysans de la ferme, jaloux de voir le maître accorder de l’attention à de vulgaires esclaves.

Vient alors pour Thorfinn le moment de se rappeler les paroles de son père et d’Askeladd et de faire le choix le plus important de sa vie…

Critique :
Habitués que nous avons été à suivre des combats vikings, qui aurait pu dire que le lecteur apprécierait tout autant la description de la vie dans les champs du Danemark ?

Franchement, je n’aurais pas parié un cent sur un tel engouement et pourtant, pourtant, le mangaka est arrivé à rendre tout cela passionnant en insérant dans cette vie rythmée par les travaux, des petits plus qui donnent envie d’aller plus loin dans l’aventure.

Les différents personnages qui se croisent dans ce tome n’y sont pas non plus étrangers et l’auteur a pris soin de les travailler, de leur fournir une personnalité propre, que se soit le fils du propriétaire, le petit vieux acariâtre et râleur qui aide Thorfinn et Einar, la jolie favorite de Ketil, l’épouse de Ketil qui doit avec ses règles perpétuellement ou les mercenaires engagés pour protéger le domaine.

Tout le monde interagit et sans même s’en rendre compte, on dévore ce tome avec avidité, se demandant toujours comment nos deux amis, Thorfinn et Einar, vont faire pour s’en sortir.

Hé oui, il y a toujours les serviteurs libres de Ketil qui, étant en dessous du tableau hiérarchique, cherchent des poux à ceux qui ne s’y trouvent même pas… Toujours descendre le plus faible, paraît que ça rehausse son prestige… Et puis surtout, c’est si facile.

Thorfinn change, même s’il a toujours l’air un peu zombie, il grandit, devient adulte, on oublie le jeune homme colérique qu’il était, l’assassin sans bruit qu’il fut, et les nombreuses morts qu’il a sur la conscience.

Il comprend que pour avancer, il va devoir changer et affronter ses démons, comme il le fit dans le Valhöll, ce qui donne un petit côté fantastique à l’épisode.

Toujours un tome de transition, mais ici, Thorfinn évolue, change. Il avait déjà commencé à changer au contact d’Einar, un pacifiste, mais là, il repasse du bon côté de la Force et va tenter de quitter son côté obscur.

Un tome bourré de mystères et de suspense, quoiqu’on pourrait en penser.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Élévation : Stephen King

Titre : Élévation

Auteur : Stephen King
Édition : Le Livre de Poche (03/04/2019)
Édition Originale : Elevation
Traducteur : Michel Pagel

Résumé :
À Castle Rock, Scott Carey est affecté par un mal étrange. Il perd rapidement du poids tout en conservant extérieurement la même masse corporelle.

Avec l’aide du docteur Bob Ellis, il tente de comprendre cet inquiétant phénomène.

Parallèlement à cela, Carey a un litige avec ses voisines concernant le chien de celles-ci. Si l’une de ces voisines, Missy, est très amicale, l’autre, Deirdre, est glaciale.

Toutes deux essaient de lancer un restaurant mais le fait qu’elles soient ouvertement mariées provoque l’hostilité d’une bonne partie des habitants de la ville.

Apprenant leur problème et confronté au sien, Carey décide de les aider à vaincre les préjugés de la population locale.

Critique :
À Castral Roc, un homme perdu du poids de manière incompréhensible… Oups, c’est à Castle Rock, mes excuses pour avoir confondu.

Mais attendez un peu, là… Le coup du type qui maigrit à vue d’oeil, le King nous l’avait déjà faite !

Souvenez-vous, cet homme qui était au volant de sa voiture pendant que sa femme lui faisait une clintonnerie et qui avait renversé une vieille gitane (sans filtre ?) qui, en représailles, lui avait jeté un sort d’amaigrissement (cf « La peau sur les os »).

Oui, le King nous l’a déjà fait, mais ici, si le fond reste le même (un homme qui perd du poids), le fond n’est pas le même car sa silhouette ne change pas d’un iota !

Son bidou qui déborde est toujours là, sa masse corporelle ressemble à celle d’un homme d’une nonantaine de kilos (90) et il se passe un truc encore plus chelou lorsqu’il monte sur la balance habillé ou à poil… Mais je ne vous dirai rien, na !

Non, ce court roman ou cette longue nouvelle du King ne fout pas la trouille, même si on est dans le fantastique en plein, par contre, il donne froid dans le dos au niveau du comportement de certaines personnes envers des autres qui sont différents, notamment au niveau de la sexualité.

Il ne fait pas bon être lesbiennes ET mariées dans les petites bourgades car les gens sont mauvaises langues et prompt à juger, à médire, à éviter, sous le prétexte qu’ils n’aiment pas trop les…

J’éviterai l’expression imagée utilisée par un bas de plafond qui se trouve dans l’histoire (on comprenait de suite son mépris), mais disons que les braves gens n’aiment pas trop qu’on suive une autre route qu’eux (merci Brassens).

Grâce à ses personnages bien campés que sont le perdeur de poids Scott Carey et ses voisines lesbiennes, Missy la gentille et Deirdre la glaciale, dont les chiens défèquent sur sa pelouse, notre King adresse une claque à son président du moment, le très viril peroxydé et pas très malin Donald car la ville de Castle Rock est une mini Amérique à elle toute seule, avec ceux qui s’en moquent, ceux qui n’ont rien contre l’homosexualité mais fallait pas se marier et ceux très bigot qui n’en veulent pas dans leur entourage.

Non, niveau fantastique, l’histoire ne fait pas peur, elle donne des frissons autrement, avec son histoire de rejet d’une partie de l’Humanité pour cause d’homosexualité (ou de couleur, de religion, mais pas le sujet ici), avec son histoire d’amitié et ses personnages qui évoluent, se dévoilent, se fendent et montrent ensuite un autre visage.

Non, tout ne sera pas résolu à la fin, l’Homme aura toujours le rejet ancré en lui, mais l’auteur nous démontre que la sexualité est une affaire privée (tant que tout le monde est majeur et consentant) et qu’elle ne devrait pas agir sur la manière que nous avons de voir les autres.

Ma foi, on a le droit d’être contre l’homosexualité, de ne pas être d’accord, on est démocratie, merde, mais on n’a pas le droit d’attaquer, de mépriser, d’insulter, de tabasser QUI que ce soit autrement que pour se défendre d’une agression physique ou parce que l’on appartient à un club sado-maso (les gens font ce qu’ils veulent, après tout).

Une lecture qui, sans être exceptionnelle m’a fait fondre de plaisir durant quelques heures et m’a élevé un peu au-dessus de la mêlée de tous ces bas de plafond que je n’apprécie pas.

Malheureusement, ni moi ni ma PAL n’avons maigri… Qu’importe les calories perdues ou prises tant que l’ivresse littéraire est là.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Vinland Saga – Tome 09 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 9

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (10/03/2011)

Résumé :
La vie de Thorfinn a basculé le jour où Knut a tué Askeladd et où, pour le punir d’avoir osé porter la main sur lui, le nouveau roi autoproclamé d’Angleterre l’a réduit en esclavage.

Le jeune homme vit à présent au Danemark, dans la ferme de Ketil. Privé de sa raison de vivre, il n’est plus que l’ombre de lui-même.

Sa rencontre avec Einar, un esclave récemment acquis par maître Ketil va pourtant l’obliger à changer d’attitude.

Pour la première fois de sa vie, Thorfinn a un ami, et c’est toute sa vision du monde qui risque bien d’en être bouleversée.

Critique :
Thorfinn, qui jusqu’à présent était un garçon enragé qui tirait toujours la gueule a perdu sa seule raison de vivre : sa vengeance est à l’eau pour cause de mort de son ennemi, celui qui avait tué son père.

Voir notre Thorfinn n’être plus que l’ombre de lui-même fait froid dans le dos…

Amorphe, avec zéro expression sur le visage, on dirait un zombie en mode arrêt total.

On quitte donc les champs de bataille pour aller s’intéresser de plus près à l’exploitation d’une ferme au temps de vikings… Celle de Ketil.

Voilà un cours plus intéressant que ceux que l’on voyait à l’époque, lorsque j’usais mes fonds de culottes sur les bancs de l’école. De plus, pour l’exploitation des sols, on passe avant tout par l’exploitation de l’Homme par l’Homme…

Un air de déjà-vu ou d’entendu… Thierry Le Luron, imitant Georges Marchais, en autre…

Tiens, ajoutons un truc toujours d’actualité : pour prouver sa virilité et son courage, Ormar, le fils de Ketil (un sale merdeux de jeune homme bon à rien qui en a marre que son papa ne le prenne pas au sérieux) passe à tabac des esclaves qui ne peuvent pas se défendre…

Anybref, on a un proprio sympa, pour un esclavagiste, un fiston héritier qui est une couille-molle et qui s’y croit et un autre esclave, Einar, pacifiste convaincu, qui va devenir ami avec Thorfinn et défricher avec lui un vieux bois afin de planter ses propres cultures.

Le boulot dur les rapproche, même si Thorfinn ne sait jamais dire merci et le mystère viendra de leur rencontre avec un petit vieux ronchon, Sverker, qui apparemment se plait à leur donner des ordres en échange de son cheval.

Un tome qui marque un changement brusque et net dans la vie de Thorfinn puisque d’enragé, le voilà aussi éveillé qu’un lombric, le regard vide et un ami !

Les amateurs d’action, de sang, de combats épiques et de têtes ou autres membres qui volent, risquent de tomber de haut.

En fait, si on quitte la violence des champs de bataille, on en retrouve une autre, de violence, celle qui est larvée, celle des maîtres envers leurs esclaves, celles des serfs livres envers ceux qui ne le sont pas et qui profitent de leur statut pour se croire sortis de la cuisse de Jupiter et chercher des noises à ceux qui ne peuvent riposter.

Quant à Knut, qui avant était un pleurnichard sans rien entre les jambes, il a toujours sa nouvelle paire de couilles greffées et ses manigances pour accéder au pouvoir sont dignes de Game of Thrones. On meurt beaucoup empoissonné dans son entourage.

Un tome de transition qui nous montre Thorfinn sous un autre jour et qui pose sans aucun doute les bases de la suite de ses aventures. Je me doutais qu’on ne pouvait pas passer 20 tomes avec une envie de vengeance.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Vinland Saga – Tome 08 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 08

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (14/10/2010)

Résumé :
Arrivé à York où son père, le roi Sven, l’a « invité » à venir célébrer ses prouesses militaires, Knut complote un coup d’état avec les conseils avisés d’Askeladd.

Mais au cours du banquet, les choses dérapent. Sven, conscient de l’ambition de son fils, offre à Askeladd un choix sans équivoque: Le pays de Galles ou Knut.

Si Askeladd n’apporte pas à Sven la tête de Knut, celui-ci enverra ses armées raser le pays de ses ancêtres.

Acculé, Askeladd prend une décision qui bouleversera non seulement la vie de Thorfinn, mais aussi celle de toute l’Europe.

Critique :
Tel est pris qui croyait prendre !

À la manière d’un épisode de Game Of Thrones, on aurait pu penser que Askeladd avait gagné le jeu avec le roi Sven, mais comme à la chandeleur, ce dernier va le retourner comme une crêpe, sans oublier d’ajouter la pâte à tartiner maison afin de bien la lui enfoncer profond là où je pense.

Oui, c’est un traitement inadmissible pour une pauvre crêpe, je sais…

Ah, cruel dilemme dans lequel se trouve Askeladd ! Le choix de Tantale car quelque soit son choix, aucun ne le satisfera à 100%, sans compter qu’un coup de pute de la part du roi Sven est toujours possible.

Ce tome nous met à la croisée des chemins, on sent bien qu’après ça, rien ne sera plus le même pour personne ! Que se soit pour le roi Sven, pour son fils Knut (fille ?), pour le mercenaire Askeladd (c’est peu de le dire !!) et Thorfinn, son ennemi juré.

Maintenant, notre jeune Thorfinn va pouvoir chanter ♫ Colchiques dans les prés, C’est la fin de l’été ♪  mais pas sûr que ce nouveau statut le ravisse, surtout qu’on lui a pris sa raison d’être : venger la mort de son père qui avait été tué par Askeladd.

La conquête de l’Angleterre par les Danois vient de prendre un tournant à 180°, on quitte la perfide Albion et ses jeux du trône pour le Danemark et je peux vous dire qu’il y a quelque chose de pourri au Royaume et que Thorfinn va nous montrer un autre visage, maintenant que l’auteur l’a placé dans un autre arc narratif.

Vivement la suite en espérant qu’elle soit toujours du niveau de ces premiers tomes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2019 – décembre 2019) chez My Lou Book.

Armoiries imaginaires attribuées à Knut au XIIIe siècle par Matthieu Paris

Vinland Saga – Tome 07 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 07

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (10/06/2010)

Résumé :
Escorté par Askeladd et le récalcitrant Thorfinn, le prince Knut arrive enfin au camp de Gainsborough, fort de l’armée de Thorkell qui s’est ralliée à sa cause.

Il y est reçu en audience par le roi Sven en personne.

Commence alors une guerre psychologique entre le vieux roi et son jeune fils qui ne cache pas son intention de lui prendre le trône.

Pour tous les protagonistes de l’histoire, c’est l’heure de choisir sa voie, de réaliser son destin ou bien encore de s’en libérer.

Mais la route s’annonce douloureuse et souillée de sang.

Critique :
Si vous voulez le trône sur lequel est assis votre père et que votre frère n’y accède pas, il n’y a pas 36 manières de l’obtenir…

Et si vous êtes roi et que vous ne voulez pas que votre couillon de fiston vous le chipe, vous n’avez pas 36 solutions non plus !

Game of thrones n’a rien inventé, il doit tout à l’Histoire et elle se répète encore une fois dans ce manga : tuer ou être tué !

Knut n’a rien d’un combattant, rien d’un homme courageux, tous les guerriers de Thorkell ou d’Askeladd aimerait savoir s’il a bien une bite dans son pantalon.

Il est vrai que les traits de Knut sont plus féminins que masculins…

Ce que j’apprécie depuis le tout début, dans cette saga, ce sont les dessins : les traits sont fins, stylisés, bref, un régal pour les yeux. Quant aux combats, les suivre sont aussi un véritable plaisir tant tout est bien détaillé.

En ce qui concerne les personnages, ils sont fouillés, détaillés, travaillés, que ce soit un personnage important ou l’imbécile du coin, sans compter qu’ils ne sont pas figés et qu’ils évoluent, en bien ou en mal, ça, on le découvre au fil des tomes.

Le scénario ne tourne pas en rond, on ne s’amuse pas comme un chien qui tenterait d’attraper sa queue mais on avance et le mangaka fait toujours en sorte de nos garder du suspense, ce qui me fait penser que ceux qui ont suivi cette série au lieu d’arriver après, comme moi, on dû souffrir entre chaque parution de tome.

L’auteur ne délaisse pas le côté historique pour nous proposer uniquement des scènes de baston ou de batailles. Cela nous permet de comprendre un peu mieux la psychologie et le mode de vie, de pensée, des gens à cette époque là.

Le roi Sven Ier a bien existé et son fils Knut aussi (dit Cnut ou Knud). Des Danois sur le trône d’Angleterre… Shocking, dirait la reine actuelle.

Mais ce qui m’a le plus fait flipper, dans ce tome, c’est le jeu psychologique auquel Askelaad et le roi Sven vont jouer. Chacun gagnant des points sur l’autre, chacun ne voulant rien laisser passer, l’issue de leur joute est incertaine et rien n’est gagné.

Niveau lecture, ce duel des mots fut un régal et son issue m’a troué le cul !

Ouf, je peux sans problème entamer la lecture du tome suivant sans attendre, ce qui aurait été un suspense insoutenable, nom d’un Norrois !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2019 – décembre 2019) chez My Lou Book.

Vinland Saga – Tome 06 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 06

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (2010)

Résumé :
Après des semaines de course-poursuite à travers l’Angleterre, l’armée d’Askeladd a finalement été rattrapée par celle de Thorkell.

Voyant Askeladd grièvement blessé, Thorfinn se précipite dans la bataille sanglante.

Pour sauver la tête de l’assassin de son père, le jeune Islandais en exil accepte de se battre en duel contre Thorkell.

De son côté, le prince Knut, traumatisé par la mort de son fidèle Ragnar, prend une décision qui bouleversera l’Europe.

Critique :
Oulà, mais je manque à tout mes égards, moi ! Cela faisait déjà si longtemps que j’avais abandonné le jeune Thorfinn combattant le grand guerrier Thorkell dans la neige et le froid de l’Angleterre !

Le tout en suspens, sans savoir si le petit teigneux allait arriver à prendre la main sur le grand baraqué face à lui et sur ce qu’il allait advenir d’Askeladd, blessé et du prince Knut le chouinard.

Pour Knut, bonne nouvelle, il est enfin allé s’acheter une paire de couilles et il va s’affirmer un peu plus au lieu de passer son temps à geindre à tel point que tout les guerriers le prennent pour une fille.

Ce tome fait la part belle au combat qui oppose le blondinet Thorfinn, excellent combattant, mais aussi petit roquet qui s’énerve très vite – Askeladd lui répète sans cesse – et le badass Thorkell, sans omettre de nous en apprendre un peu plus sur Thors le Troll, le père de Thorfinn, que Thorkell a bien connu lorsqu’ils se battaient au sein des Jomsvikings.

Une partie du voile se lève et le mystère est moins épais…

Mais il n’y a pas que de la baston pure dans ces 224 pages, ce serait trop facile, il y a aussi de la stratégie, car si le blondin est trop fougueux et aveuglé par la haine pour réfléchir, Askeladd a tout d’un Napoléon au sommet de sa forme, niveau stratégie. Ce dernier est fin, très fin.

Alors que je pensais aller dans une direction, l’auteur change son arc directionnel afin de nous entraîner dans de nouvelles péripéties et là je peux vous dire que je ne sais pas où je vais me retrouver…

Sûrement pas au soleil des Bahamas, je prédis même que je vais encore me geler les orteils dans la poudreuse anglaise, ces pauvres étant sous la domination des vikings et pas de Brexit en vue !

Peut-être bien qu’on se dirige vers une guerre des trônes… et à ce jeu là, soit on gagne, soit on meurt.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2019 – décembre 2019) chez My Lou Book.

Les harmoniques – Beau Danube Blues : Marcus Malte [Défi CannibElphique]

Titre : Les harmoniques – Beau Danube Blues

Auteur : Marcus Malte
Édition : Gallimard (2013)

Résumé :
Une voiture quitte les rives de l’océan pour Paris à travers la nuit et des nappes de jazz qui s’échappent d’un autoradio.

A son bord, deux hommes. Mister est un pianiste de jazz. Un black amoureux de Trane et de Lady Day. Bob, son complice, son frère de coeur, est un ancien prof de philo reconverti en chauffeur de taxi. Encore plus que Monk ou Getz, lui vénère les classiques grecs et Schopenhauer.

Les deux hommes foncent vers la capitale mus par l’obsession de Mister : Vera, une jeune femme qu’il a récemment rencontrée, vient d’être retrouvée morte, brûlée vive.

Les coupables ont été arrêtés sur le champ, mais Mister ne croit pas à la version officielle. Il décide de mener sa propre enquête. Ses questions et sa curiosité vont les amener à lever le voile sur une histoire qu’il aurait mieux valu garder secrète, et à côtoyer une faune peu recommandable.

Composition virtuose, arpèges narratifs complexes et subtils, envolées lyriques… ce roman éblouissant de Marcus Malte avance, style en avant, sur la corde raide.

Entre l’ombre et la lumière, la violence et la mélancolie, Les harmoniques est un incroyable roman noir – clair-obscur plutôt.

Une mélopée déchirante qui mêle le politique, la passion, la révolte et le sexe. Comme tous les grands standards du blues.

Critique :
On m’avait dit le plus grand bien de ce livre, notamment Domi, la moitié d’Yvan. Collectif Polar aussi. Bref, des gens à qui je fais confiance niveau littérature !

Alors j’avoue que j’ai été un peu désarçonnée lorsque j’entamai ma lecture et que je me retrouvai face à un meurtre à résoudre…

Heu ? Un simple meurtre à résoudre ? Un banal cas de Whodunit ? Un grand black qui cherche à en savoir plus sur l’assassinat violent d’une gentille fille qui venait s’accouder sur son piano ?

Ça commence ainsi, par un truc banal (si un assassinat par le feu peut être considéré comme banal) : le meurtre de la gentille Vera à qui on a fait le coup de Jeanne d’Arc.

Les flics ont même été super rapides et compétents sur le coup puisque trois jours plus tard (non, elle n’est pas ressuscitée comme l’autre) ils ont arrêté les coupables.

Mais Mister, le grand Black pianiste n’y croit pas du tout et aidé de Bob, son pote chauffeur d’un vieux taxi, il va mener l’enquête.

Oui, on commence avec un truc simple, mais j’avais oublié que nous étions avec Marcus Malte et qu’on n’allait pas se retrouver avec le Colonel Moutarde dans le vieux hangar avec l’essence et le briquet !

La petite histoire va s’inscrire dans la Grande… Rien n’est simple, rien n’est facile, rien n’est acquis, surtout pas la vérité que l’on va nous dévoiler au fur et à mesure que nous tournerons les pages.

De plus, l’écriture de Marcus Malte est toujours aussi poétique, lyrique, ses phrases m’emportent souvent très loin et croyez-moi, c’est le petit Jésus en culotte de velours, sa plume, maniant la philosophie et l’humour, même si elle ne se prive pas d’égratigner.

Oui, sa plume m’enchante, et elle chante car ce roman sent bon les airs de jazz et l’auteur a même inclus la play-list pour le cas où nous voudrions écouter les mêmes chansons que nos deux enquêteurs improbables : le grand noir et le petit blanc.

Les deux personnages que sont Mister et Bob sont des gens comme on aimerait avoir dans nos amis, surtout Bob qui est toujours là pour vous aider, lui, son vieux taxi, sa philosophie et ses cassettes audios remplies de vieux chanteurs de jazz.

Un roman qui commence de manière simple et qui devient plus dense ensuite, de par son scénario et de par l’Histoire qu’il nous conte, une que nous n’entendons pas souvent et dont nous ne savons pas grand-chose : l’ex-Yougoslavie.

Un roman bourré d’émotions, une lecture magnifique, dense, belle, émotive, qui ne m’a pas laissée de marbre. J’en ai eu des frissons partout.

Un grand merci à celles qui me l’ont conseillée et à ma binômette de LC qui me l’a fait sortir de mes étagères surchargées !

— Qu’est-ce qu’il raconte, le centenaire ? siffla le barman.
— Lui, il dit que ours craindre le morsure de la belette, intervint Milosav.
— La belette ?… La belette !… La belette…
Renato testa le mot sur tous les modes, comme un acteur cherchant le ton juste.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur]  sur le forum de Livraddict (N° 48-  Son dernier coup d’archet – Livre où la musique tient une place importante).

Pourquoi je l’ai choisi :

Avec l’énorme coup de cœur pour Le Garçon du même auteur, j’ai voulu découvrir ses précédents romans… Et, bon, j’adore toujours autant déstabiliser le planning de ma binômette, et lui proposer des « oldies » en Lecture Commune…

Synopsis :

Vera est morte assassinée. Brûlée vive. Mister, le pianiste, l’aimait, comme elle aimait sa musique. Il veut comprendre : qui l’a tuée ? Pourquoi ? Avec son ami Bob, chauffeur de taxi philosophe et polyglotte, il cherche, tâtonne, interroge et remonte peu à peu le fil de la jeune vie de Vera, jusqu’aux rives lointaines du Danube, jusqu’aux charniers des Balkans… Rythmée par les grands standards du jazz, l’enquête des deux hommes fera ressurgir les notes cachées de ces crimes dont personne ne veut parler. Plus qu’un roman, c’est une ballade qui se joue ici. Un long blues nostalgique et envoûtant en même temps qu’un poignant chant d’amour et de rage. 

Ce que j’ai ressenti:…Comme le doux son d’un coup de CŒUR….

« Où se niche le génie? Où se niche la sagesse? Où se niche le merveilleux? »

Jazzy, ou comment la musique envahit l’espace d’écriture, fait des Harmoniques derrière le contexte d’un conflit européen, se retrouve entre les lignes d’une poésie noire envolée dans les esquisses d’un corbeau, se mêle au lent ronronnement d’un moteur lancé sur l’asphalte, se perd dans les arpèges d’une passion platonique…

Tu l’entends ce Jazz qui se nourrit de nostalgie, de violence et de beauté ?  Marcus Malte nous ballade sur des notes obscures, réveille des douleurs dissimulées et sublime son polar de lyrisme philosophique.

« Ensuite pour se persuader que l’humanité n’a pas engendré que des porcs et bouchers et ogres barbares, mais aussi quelques fées ou enchanteurs dotés du pouvoir de transformer le bruit en son, les cris en notes, les rafales en arpèges, les plaintes en mélodies, les sanglots longs en violons- la vie en harmonie. Pour continuer à croire qu’il existe autre chose, autre part. »

Cette enquête atypique menée par deux personnages « Black and White » dans une guimbarde jaune est un moment de lecture intense entre humour et drame.

Le temps d’une playlist enivrante et de quelques jolies références littéraires, on se plaît à démêler une affaire sombre de meurtre impuni, d’une victime qui aurait pu disparaître de la surface de la terre sans bruit, mais la  passion de Vera pour la musique et l’adoration d’un homme  en voyant ses yeux, aura suffit à lui rendre un peu de son identité et mettre en lumière le temps de 400 pages, les accents slaves.

« Nul autre don que le don de soi. »

Plus que tout, j’adore l’écriture de cet auteur ! Je la trouve expressive, sensorielle, magnifique… Elle s’embrase avec panache jusqu’au bouquet final… Encore une fois, je suis totalement conquise…

Au delà de son intrigue menée admirablement jusqu’à la dernière note, on sent une volonté dans le style : la force des mots, le plaisir de rendre hommage à la musique et à l’Art. L’intensité qu’il met dans ses descriptions rend cette lecture bouleversante.

Comme un air de musique, elle tourne dans ta tête, cette poésie, et tu lis et relis les passages, te délectant de tant de beauté d’écriture et tu t’envoles vers des courants de pensées essentielles…

Marcus Malte, en grand géant, orchestre son histoire avec passion,  jouant des basses violentes des canons, d’un tempo plaintif d’un saxophone en mal d’amour, de l’harmonie d’une amitié infaillible…

Flambant Coup de Cœur.

Ma note Plaisir de Lecture  10/10