Vinland Saga – Tome 23 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 23

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition originale :Vinland Saga, book 23 (2019)
Traduction : Xavière Daumarie
Édition : Kurokawa Seinen (09/08/2020)

Résumé :
La guerre de succession des Jomsvikings s’est achevée. Thorfinn et sa troupe s’apprêtent à repartir vers Miklagard, étape indispensable pour financer leur voyage vers le Vinland.

De son côté, Sigurd, le mari de Gudrid venu jusqu’à Jomsborg pour la retrouver, s’apprête à rentrer en Islande. Gudrid a promis qu’elle rentrerait avec lui.

De son retour dépend l’honneur de Sigurd. Pourtant, après avoir été au cœur d’une guerre sanglante, Sigurd a des doutes.

Gudrid et lui doivent-ils vraiment vivre l’existence que Halfdan, le père de Sigurd, a choisie pour eux ?

Critique :
QUOI ?? C’est fini ?? Plus de Vinland Saga après ce tome ?? Merde alors, je n’ai pas vu venir le coup…

Ou alors le tome suivant sera consacré au voyage vers le Vinland ? Parce que si tout se termine ici, on ne saura jamais si Thorfinn arrivera à réaliser son havre de paix ailleurs.

Ce tome 23 commence avec Sigurd, un personnage que je n’aimais pas au début, que je trouvais trop violent, trop irréfléchi et qui, au fil des tomes, va changer et nous montrer un autre visage, celui d’un homme qui a besoin avant tout de s’affranchir de son père.

Leur combat sera rocambolesque, les combats avec des chaînes, façon chevalier Andromède, étant un peu trop irréaliste que pour être vrai, mais ce n’est pas ça le plus important dans ce combat, c’est ce qui se passe ensuite.

De son côté, Thorfinn est revenu en Islande, dans son village, retrouver sa soeur, après son voyage à Miklagard (Byzance/Constantinople/Istanbul) où il a réussi à trouver de l’argent pour financer son voyage au Vinland.

Cette partie est un peu plus calme, hormis le retour où sa sœur pique une crise et où Gudrid a peur de croiser son ancien futur beau-père.

Si c’est le dernier tome, c’est dommage, car j’aurais aimé suivre Thorfinn et les siens s’installant au Vinland car c’est tout de même le but premier.

Mais si on doit en rester là, je retiendrai que sous ses abords de manga violent comportant bien des combats de vikings, c’est en fait une oeuvre humaniste qui nous parle de paix, de l’inutilité des combats et que devenir pacifiste est plus belle cause que de devenir un grand guerrier.

Thorfinn était une boule de violence, une graine d’assassin, un garçon qui allait mal finir et il a réussi à renverser la vapeur et à changer de tout au tout. Un beau personnage et le voir grandir et s’affranchir de tout ce que Askelad lui avait appris pour tuer était la plus belle victoire qu’il pouvait prendre sur ce guerrier.

Le manga comporte une autre histoire, se déroulant au Japon et intitulée « Bientôt viendra le temps des adieux ». Le dessin de Makoto Yukimura n’est pas encore aussi aboutit mais l’histoire raconte déjà l’inutilité des guerres entre l’empereur et le shogun.

Vinland saga, je l’ai découverte pas hasard, à la biblio, mais je ne regrette pas de l’avoir suivie, surtout qu’en commençant après tout le monde, je n’ai dû attendre que pour les tomes 21/22 et 23.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°101].

Vinland Saga – Tome 22 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 22

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura
Édition originale : Vinland Saga, book 22 (2018)
Traduction : Xavière Daumarie
Édition : Kurokawa Seinen (05/12/2019)

Résumé :
Malgré les nombreux assauts des forces alliées de Thorkell, la forteresse de Jomsborg reste imprenable.

Grâce à un passage secret, Thorfinn est parvenu à s’y infiltrer pour libérer Gudrid, retenue en otage par Floki. Mais il se retrouve face à l’enthousiaste Garm, bien décidé à avoir son duel à mort.

Forcé au combat, Thorfinn va-t-il devoir renoncer à son serment et tuer à nouveau, sous le regard accusateur de Hild ?

De son côté, Sigurd, qui a suivi Thorfinn dans la forteresse pour récupérer sa femme, se retrouve au centre du combat lorsqu’il prend Baldur en otage en force les Jomsvikings à ouvrir la porte de la forteresse pour laisser entrer l’armée de Thorkell…

Critique :
Et voilà, j’avais oublié de suivre les sorties et j’en avais loupé deux… Alors que le tome 21 m’avait laissé dans un suspense de fou.

Bon, ce n’est pas encore cette fois-ci que notre Thorfinn arrivera au Vinland…

Je vais finir par croire que tel Moïse, il n’arrivera jamais dans la Terre promise car son auteur et père littéraire veut ajouter des tomes.

Quand on a de la qualité scénaristique, je ne vais pas trop me plaindre.

On avait laissé Thorfinn aux prises avec Garm, l’espèce de dégénéré de la lance, le tueur fou, l’azimuté du cerveau, qui voulait absolument un combat à mort avec Thorfinn puisque pour Garm, le gagnant est celui qui survit au combat (parce qu’il a tué son adversaire).

Hors pour Thorfinn, c’est celui qui survit et qui ne tue pas son adversaire qui gagne… Notre gamin devenu adulte a compris que la vie avait un prix et que la gaspiller en combats vains et inutiles était totalement puéril.

Le paradis promis n’existe pas et l’auteur nous l’illustrera magnifiquement bien avec un guerrier qui meurt heureux, persuadé d’entrer au Valhalla et qui ne voit que du noir car il n’y a rien qui l’attend après un valeureux combat et une mort les armes à la main.

On a assez bien de cases remplies d’action et de combats puisqu’en plus des acrobaties de notre Thorfinn qui essaie de gagner le combat contre Garm sans le tuer, on a aussi la forteresse de Jomsborg qui ploie sous l’assaut des guerriers de Thorkell.

Serait-ce la fin des Jomsvikings ? Floki, le chef, va-t-il plier le genou devant la montagne de muscle qu’est le puissant guerrier Thorkell (qui me fait toujours rire) ?

Bon, là, faut avouer que le mangaka abuse un peu de la force herculéenne de Thorkell, mais le personnage est ainsi depuis le début et malgré les incohérences, il est drôle, faut bien l’avouer.

Malgré les scènes de combats et de violences, certains personnages principaux ou secondaires font preuve de clairvoyance (Baldur, Sigurd, des guerriers des camps ennemis et même Garm dont on découvre un peu de son passé) et l’auteur nous livre de grands moments de profondeur en nous démontrant l’absurdité de ce combat.

Merci à Gudrid de nous faire relâcher un peu la tension sur le final.

Une fois de plus, c’est un tome de transition avant le grand départ vers le Vinland (j’espère), un pas de plus pour Thorfinn pour abandonner ce que l’on veut qu’il soit, pour prendre le pouvoir avant de le laisser, tout en essayant d’instaurer la paix entre les peuples et de respecter l’engagement qu’il a pris de ne plus prendre de vie.

Anybref, un excellent tome de transition sur l’absurdité des guerres. Même si nous le savions déjà, ça fait toujours du bien de nous le rappeler.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°97].

Le portrait de Dorian Gray – Version non censurée : Oscar Wilde

Titre : Le portrait de Dorian Gray – Version non censurée

Auteur : Oscar Wilde
Édition : Grasset Les Cahiers Rouges (14/09/2016)
Édition Originale : The Picture of Dorian Gray (1891)
Traduction : Anatole Tomczak

Résumé :
L’art n’a pas à être moral, l’artiste n’a pas à s’occuper des conséquences sociales de son chemin vers le beau.

Oscar Wilde y laissera la vie. Aura de scandale qui le poursuit toujours.

Paru en 1891 dans le Lippincott’s Monthly Magazine, c’est une version épurée par la morale d’époque qui paraît en roman, et qui sera traduite en français dès 1895. Il était temps de rebattre les cartes.

Un roman du désir. Mais avant tout un conte fantastique, et qui fait mal: le portrait que réalise du jeune Dorian Gray le peintre Basil Hallward serait un tel idéal de la beauté que le tableau devient insupportable à celui qui en fut le modèle.

Et s’il était possible que ce soit le tableau qui vieillisse, et que lui, Dorian Gray, garde à jamais ce visage tel qu’il a été transcendé et fixé ? L’incroyable puissance du récit tient à ce nœud, jusqu’au coup de couteau final.

Il était temps, plus que temps, de présenter le livre en français dans sa version originale, celle du Lippincott’s Monthly Magazine, avant les coupes subies par le roman – le monde anglophone a fait aussi cette révision.

L’occasion pour Christine Jeanney de reprendre entièrement un récit universel, et l’aiguiser pour la langue d’aujourd’hui, en exclusivité.

Critique :
Heureusement qu’il est noté que c’est la version non censurée, parce que sinon, je ne l’aurais pas cru si cela avait été ma première lecture de ce roman.

Il existait donc, au fond d’un tiroir, la version originale que Wilde donna à Stoddart, rédacteur de la revue américaine du Lippincott’s pour sa publication en 1890 ??

Encore eut-il fallusse qu’on le susse. Qu’on le sussasse ?

Anybref, on avait ressorti la vraie version, l’intégrale et je ne le savais pas !

Mais où est le shocking ? Je dois être moins cul béni et cul serré que les Anglais de l’époque, qui s’offusquèrent du roman de Wilde lorsqu’il sortit en roman (paru en 1891).

Ils ne savaient pas que cet oeuvre avait déjà subi le caviardage au Lippincott’s et que les choses les plus tendancieuses (les allusions homosexuelles, autrement dit) avaient été passée par pertes et profits (500 mots, au bas mot) ???

Sans doute que non, ou alors, leurs culs étaient serrés à mort car, après un épurage réalisé par ceux du Lippincott’s, les Anglais puritains ont de nouveau demandé à Wilde de censurer son texte, déjà caviardé… Ça caviardait fort.

Wilde reprend son texte, atténue ses aspects les plus sulfureux et y ajoute six chapitres afin de donner au roman une couleur plus mélodramatique. Ce sera celle que nous connaissons et que j’ai déjà lu deux fois (dont en juin 2019).

Pire, en 1895, le marquis de Queensberry s’appuya sur la version épurée parue dans le Lippincott’s afin de prouver la perversité de Wilde. Mon dieu, s’il avait su qu’il existait une version non censurée…

Mais bordel de cul, il est où le sulfureux ?? Je m’attendais à des scènes sensuelles entre mecs, des attouchements du service trois-pièces, des hommes se réveillant au petit matin, nus et puant le stupre et la fornication !

Cherchez pas, ce que les puritains ont vu et enlevé ne nous « en fera même pas bouger une » à notre époque…

Tout est suggéré, à demi-mot, même si on se doute qu’il se déroule des trucs pas net, dans la seconde résidence de Dorian Gray et que des gens jouent à tchik-y-boum, mais ces hypothèses sont le fait de mon cerveau, de mon imagination grivoise, un puritain n’aurait pas pu y lire autre chose… Apparemment, si !

Le marquis de Sade a fait bien pire et lui, au moins, c’était expliqué noir sur blanc, les scènes de cul !

Evidemment, Wilde avait du talent, de l’humour, de la répartie, et ça, ça ne pardonne jamais, les gens sont jaloux et il faut que vous tombiez dans la disgrâce la plus totale.

La loi condamnant l’homosexualité masculine y était pour beaucoup aussi, même si on a moins fait de scandale pour le petit-fils de la rein qu’on avait attrapé dans un bordel pour hommes… Le petit-fils de la reine peut jouer à des jeux entre hommes, ça passe mieux que Wilde, sans doute.

J’ai beau avoir relu la version censurée et caviardée, l’année dernière, j’aurais bien été incapable de dire qu’elles phrases se trouvaient en plus dans cette édition, si la préface n’en avait pas dévoilé quelques unes.

Mais ce n’est pas aux amours masculines que je m’attache dans ce roman, c’est aux personnages, fouillés, travaillés, bien développés, surtout Dorian, qui passe par tous les affres de la culpabilité ou du je m’en-foutisme, qui se perverti sous nos yeux et sur cette société coincée qui pense que si un homme est mauvais, cela se voit sur son visage…

Lord Henry et ses aphorismes, sa manière de jouir de la vie, me fait penser à un avatar de Wilde lui-même. Un avatar sombre puisqu’il pousse Dorian, tel un Méphisto, à passer du côté obscur de la Force.

Troisième relecture et le roman n’a rien perdu en force, j’ai même eu l’impression que je le découvrais pour la première fois (les miracles d’Alzheimer) et à nouveau, j’ai assistée, impuissante, à la chute de Dorian vers tout ce qui est laid, futile et mal.

Au fait, la bonne société de l’époque, celle au cul si serré, pourquoi ne s’est-elle pas offusquée du côté misogyne de leur société ? Ni de la manière dont ils traitaient leurs domestiques ?

Ils auraient mieux fait de donner plus de droits à leurs épouses et à leurs domestiques au lieu de débattre sur les allusions homosexuelles du roman… Sans doute ces dernières étaient plus croustillantes et sans danger pour cette société.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°247 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

 

Vers la sobriété heureuse : Pierre Rabhi

Titre : Vers la sobriété heureuse

Auteur : Pierre Rabhi
Édition : Babel (2013)

Résumé :
Pierre Rabbi a en effet vingt ans à la fin des années cinquante, lorsqu’il décide de se soustraire, par un retour à la terre, à la civilisation hors sol qu’ont largement commencé à dessiner sous ses yeux ce que l’on nommera plus tard les Trente Glorieuses.

Après avoir dans son enfance assisté en accéléré, dans le Sud algérien, au vertigineux basculement d’une pauvreté séculaire, mais laissant sa part à la vie, à une misère désespérante, il voit en France, aux champs comme à l’usine, l’homme s’aliéner au travail, à l’argent, invité à accepter une forme d’anéantissement personnel à seule fin que tourne la machine économique, point de dogme intangible.

L’économie ? Ce n’est plus depuis longtemps qu’une pseudo-économie qui, au lieu de gérer et répartir les ressources communes à l’humanité en déployant une vision à long terme, s’est contentée, dans sa recherche de croissance illimitée, d’élever la prédation au rang de science.

Le lien filial et viscéral avec la nature est rompu ; elle n’est plus qu’un gisement de ressources à exploiter – et à épuiser.

Au fil des expériences de vie qui émaillent ce récit s’est imposée à Pierre Rabhi une évidence : seul le choix de la modération de nos besoins et désirs, le choix d’une sobriété libératrice et volontairement consentie, permettra de rompre avec cet ordre anthropophage appelé « mondialisation ».

Ainsi pourrons-nous remettre l’humain et la nature au coeur de nos préoccupations, et redonner, enfin, au monde légèreté et saveur.

Critique :
J’avais déjà entendu parler de Pierre Rabhi, mais sans plus et, une fois de plus, c’est à cause (grâce ?) de La Grande Librairie que j’ai découvert ce monsieur qui prône une sobriété dans nos sociétés de consommation.

Sa manière de penser m’avait interpellée et je voulais découvrir au moins un de ses ouvrages.

Heureusement que j’ai eu le temps de faire du stock de livres avant le confinement… No sobriété dans mes livres.

Je consomme donc je suis… Voilà en quoi on a réussi à nous transformer, en bétail consommant tout et rien et pensant que si nous n’avons pas, nous n’existons pas.

Si l’esclavage a été aboli, il est toujours présent dans nos pays, sous une autre forme, mais le travail à la chaîne en est un bel exemple, ainsi que nos « colons » allant prôner le travail en usine dans des petits villages qui s’en sortaient très bien avant notre arrivée.

Pourrait-on être heureux avec moins ? C’est ce qu’affirme Pierre Rabhi et je suis tentée de le croire, l’abus nuisant en tout et la profusion de biens n’étant pas synonyme de vie heureuse.

Nos placards sont remplis, les congélateurs aussi et la même question se pose tous les jours : qu’est-ce qu’on mange ? suivie d’un soupir parce que nous ne savons pas.

Je me souviens de ce que Philippe Lambillon des « Carnets du bourlingueur » (RTBF, télé Belge) disait un jour en parlant des petites épiceries dans un pays dont j’ai oublié le nom. Il nous disait qu’il n’y avait que deux produits : du thon et un autre aliment. La question du que mange-t-on ne se posait même pas, là-bas. Bizarrement, lorsqu’il revenait chez lui, devant ses armoires remplie de victuailles, il ne savait que choisir.

Au travers des souvenirs de son enfance, prenant l’exemple de son père, forgeron heureux qui dû devenir ouvrier d’usine sans avoir d’autre choix, l’auteur nous parle des sociétés de consommation, de ces gens qui pensent tout savoir mieux que tout le monde et qui pousse les sociétés à consommer comme si la Terre était sans-fond, sans limite…

Basculant de l’agriculture raisonnée à l’éducation des enfants et au respect de la femme, j’ai eu l’impression que ce petit livre aurait pu avoir des pages de plus afin d’entrer dans les détails, d’étoffer certains passages et de ne pas laisser l’impression que l’auteur devait tout dire en 150 pages de récit.

Son essai est copieux, dense et malgré le peu de page, il ne se lit pas d’une traite car il faut laisse le temps au cerveau d’assimiler le tout, tout en poussant notre propre réflexion au sujet de ses messages.

Même si je l’ai trouvé un peu court, j’ai eu matière à nourrir mon cerveau, à me questionner, à regarder autour de moi, à penser au mur dans lequel nous avons déjà foncé tête baissée, me demandant s’il n’est déjà pas trop tard pour enrayer l’iceberg que nous avons déjà tamponné allègrement.

Pour l’auteur, cela semble encore possible mais on sent dans ses propos que cela ne peut se faire sans y aller franco et il ne souhaite pas que cela se fasse dans la violence.

Non, ce petit roman qui parle d’écologie, de vie durable, de respect de la nature, des animaux, des Hommes, des enfants, n’est pas un ouvrage de greenwashing qui veut tout peindre en vert pour se donner bonne conscience. Ses paroles sont sensées, ses idées ne sont pas révolutionnaires mais pleines de bon sens.

C’est un petit ouvrage où j’ai souligné bien des passages et qui doit être relu un peu plus tard, à tête plus reposée, sans se presser, afin d’en digérer toute la philosophie. Sans compter qu’il faut des couilles et que ce n’est pas facile de vivre dans la sobriété heureuse alors que nous sommes au milieu de société de consommation…

L’émission de François Busnel m’a déjà fait découvrir quelques pépites qui m’ont sorties de mes sentiers battus littéraires. Elle a enrichi mon esprit mais mon bankster ne lui dit pas merci ! mdr

PS : en cherchant des illustrations pour ma chronique, je suis tombée sur les trucs polémiques autour de l’homme et de ses fondations. Mais cela, j’en ai pris connaissance après ma lecture et après rédaction de ma critique. Les polémiques n’entreront donc pas en ligne de compte. Même Mère Theresa avait des casseroles au cul…

Cinq méditations sur la mort autrement dit sur la vie : François Cheng

Titre : Cinq méditations sur la mort autrement dit sur la vie

Auteur : François Cheng
Édition : Albin Michel (2013) / Livre de Poche (2015)

Résumé :
Comme ses « Cinq Méditations sur la beauté », ce texte de François Cheng est né d’échanges avec ses amis, auxquels le lecteur est invité à devenir partie prenante. Il entendra ainsi le poète, au soir de sa vie, s’exprimer sur un sujet que beaucoup préfèrent éviter.

Le voici se livrant comme il ne l’avait peut-être jamais fait, et transmettant une parole à la fois humble et hardie.

Il n’a pas la prétention de délivrer un « message » sur l’après-vie, ni d’élaborer un discours dogmatique, mais il témoigne d’une vision de la « vie ouverte ».

Une vision en mouvement ascendant qui renverse notre perception de l’existence humaine et nous invite à envisager la vie à la lumière de notre propre mort.

Celle-ci transformant chaque vie en destin singulier, la fait participer à une grande Aventure en devenir.

Critique :
Une fois de plus, c’est grâce à l’émission La Grande Librairie que j’ai découvert cet auteur et sa manière de parler, sans précipitation, avec réflexion et de manière très profonde, m’a donné envie de le découvrir par la lecture.

Rappelez-moi, un jour, de coller un procès à l’animateur, François Busnel, pour toutes les super découvertes littéraires que j’ai faites en regardant son émission (ça me ruine le portefeuille tout en enrichissant mon âme. Les banquiers se foutent de mon âme).

Sa manière de nous expliquer que pour éprouver du bonheur, il fallait avoir souffert, que sans les malheurs, souffrances, bref, toutes ces merdes, nous ne pourrions pas jouir et reconnaître le bonheur quand il se présente à votre porte.

Ben oui, je ne suis jamais si contente d’être en bonne santé qu’après avoir été malade… Et lorsque je suis malade, je regrette les jours de pleine santé que je n’ai pas accueilli avec joie.

Anybref, parlons de ce petit livre qui se lit avec lenteur aussi car là, on n’est pas dans un roman léger mais dans du lourd. Mon cerveau en fume encore.

Rassurez-vous, lire un essai qui parle de méditations sur le mort ne plombe en aucun cas l’ambiance ou votre moral. J’en suis sortie plus sereine, plus zen, plus apaisée aussi.

En fait, ce qu’il dit rejoint ce qu’une connaissance m’avait dite un jour et qui m’avait fait l’effet d’un uppercut car je ne l’avais jamais vue sous cet angle, l’idée de la mort : sans la mort, il n’y a pas de vie ! Si la vie est précieuse, c’est parce qu’elle n’est pas éternelle et qu’il y a la mort. Mais surtout, s’il n’y avait pas la mort, il n’y aurait pas la vie.

Ceci n’est qu’un résumé succin de ce que je viens de lire et que mon cerveau tente encore de mettre en ordre. De toute façon, je n’ai pas le talent, ni la prose, ni l’érudition de François Cheng pour vous parler de cette lecture qui m’a plongée ailleurs que sur Terre. Et ça, en plein confinement, c’est du tonnerre de Dieu !

Dieu, oui, il en parle mais à la manière d’un qui se questionne… Car si le hasard fait souvent bien les choses, ma question est la même que la sienne : comment le hasard a-t-il pu ordonnancer parfaitement la Terre, l’Univers, la Vie ?

Parce que bordel de dieu, c’est quand même bien fichu, bien pensé, pour un coup de hasard. Mais ne dit-on pas que le hasard, c’est Dieu qui se promène incognito ? Je n’ai toujours pas la réponse à ma question, lui non plus, mais au moins, on a le mérite de les poser (lui plus que moi).

Sans vouloir être plus catholique que le pape, ce que je ne suis pas, il parle du sujet Dieu avec justesse et de celui de jésus d’une manière qui, déjà, dans l’émission, m’avait fait monter la boule dans la gorge car une fois de plus, il en parlait bien, sans virer grenouille de bénitier, sans choquer non plus les croyants, ni remettre en question les athées et les agnostiques. Ah si on m’avait parlé ainsi lorsque j’étais jeune !

Ce petit roman de méditations, c’est de la poésie, au sens propre comme au figuré, c’est de la justesse, ce sont des mots réfléchis, des réunions avec ses amis afin de partager avec eux ses méditations, c’est aussi de la philosophie, la beauté des mots, le fait que tout ce qu’il dit s’imbrique l’un dans l’autre.

Et en plus, c’est accessible à moi ! What’else ?

PS : lorsque je mourrai, en espérant que ce ne soit pas durant le confinement, je voudrais qu’à mon homélie à l’église, on passe « Paint in black » et « Sympathy for the devil » des Rolling Stones ! L’acoustique d’une église doit bien donner…

La Peste : Albert Camus

Titre : La Peste

Auteur : Albert Camus
Édition : Folio (2009)

Résumé :
— Naturellement, vous savez ce que c’est, Rieux ?
— J’attends le résultat des analyses.
— Moi, je le sais. Et je n’ai pas besoin d’analyses. J’ai fait une partie de ma carrière en Chine, et j’ai vu quelques cas à Paris, il y a une vingtaine d’années. Seulement, on n’a pas osé leur donner un nom, sur le moment… Et puis, comme disait un confrère : « C’est impossible, tout le monde sait qu’elle a disparu de l’Occident » Oui, tout le monde le savait, sauf les morts. Allons, Rieux, vous savez aussi bien que moi ce que c’est…
— Oui, Castel, dit-il, c’est à peine croyable. Mais il semble bien que ce soit la peste.

Critique :
Quelle idée, me dira-t-on, de se mettre à lire ce livre de Camus en pleine période de pandémie et de confinement !

Pourtant, l’idée n’est pas si mauvaise que ça car elle est l’illustration parfaite de ce qui se passa et se passe durant le covid 19.

Camus n’étant pas visionnaire, il avait juste compris l’âme humaine, les travers de ses contemporains et a réussi à décrire tous les comportements qui ont lieu durant une épidémie, qu’elle soit de peste, de choléra ou de coronavirus…

Bien souvent, les autorités veulent étouffer les choses, tardent à regarder la réalité en face, traînant les pieds, reportant sans cesse les mesures et comme dans la fable de La Cigale et La Fourmi, se trouvent dépourvues lorsque le pic fut venu.

Chez nous, on hurle sur notre ministre de la Santé (Maggie De Block) qui a fait détruire un stock de masques FFP2 car « périmés » et en France, on s’est gaussé de Roselyne Bachelot qui avait commandé trop de masques pour le H1N1…

Camus nous décrit avec force et réalisme les rats qui meurent un peu partout, les gens qui pensent que tout ceci ne durera pas, qui ne craignent rien, sur les autorités qui veulent pas affoler les gens en parlant de « peste brune », sur les mesures prises ensuite et qui font râler la population d’Oran (le confinement dur), sur les médias qui bourrent le crâne après avoir fait silence…

Nous avons aussi toute une galerie de personnages, allant du docteur Rieux qui soigne tout le monde à Jean Tarrou qui nous raconte tout, en passant par Cottard qui, ayant raté son suicide, ne rate pas sa reconversion dans le marché noir.

Ce roman est fort contemporain car toutes les différentes façons de réagir face à la maladie se trouvent regroupées : que ce soit le déni des uns (Trumpinette), le dédain des autres (Boris d’Angleterre), ceux qui magouillent (en vendant du PQ au prix de l’or ? – mais pas dans le roman), ceux qui paniquent, ceux qui veulent prendre la fuite et ceux qui prennent la fuite (j’ai les noms dans la réalité !).

Après toutes ces réactions enflammées et différentes, tout le monde se résigne, courbe l’échine et fait avec…

De plus, durant la lecture, une petite lumière s’allume dans votre esprit et vous vous demandez si c’est vous qui vous faites un film ou cette peste brune sera une analogie de celle qui déferla dans les années 30, celle qui produisait des bruits de bottes, des autodafés, des crimes, des génocides… Bref, le fascisme !

Wiki me répond que je n’ai pas tout à fait tort et que la lutte contre la peste est aussi une lutte pour le fascisme, faisant du docteur un résistant et de Cottard un collabo.

Vous me connaissez et je vous sens suspendu à mes mots, se demandant où diable je vais caser ce foutu « Mais » que vous sentez arriver et qui va tempérer ce début prometteur…

Mais (vous le réclamiez, le voici)… La peste reste un livre difficile à lire, avec peu de dialogues par moment, une ambiance plombée (pas de lockdown fiesta, pas de vidéo marrantes), des descriptions interminables, un ton qui semble froid, distant.

Anybref, Camus et moi ne sommes pas fait pour passer un confinement ensemble. C’est la deuxième fois avec lui et ça ne passe toujours pas. Pourtant, au départ, j’étais emballée, tout allait bien, je la sentais bien, cette lecture, les pages se tournaient toutes seules, en un mot, je le dévorais.

Arrivé un moment, je n’ai plus dévoré mais j’ai senti mon rythme de lecture diminuer, et puis, sans même le vouloir, j’ai surpris mes yeux en train de sauter des paragraphes, des pages, même !

Je pourrai dire que j’ai enfin lu La Peste de Camus mais qu’il ne m’a pas plu et que je n’ai pas eu l’ivresse littéraire, même si ça avait bien commencé…

Kornélius – Tome 2 – Askja : Ian Manook

Titre : Kornélius – Tome 2 – Askja

Auteur : Ian Manook
Édition : Albin Michel (02/10/2019)

Résumé :
Dans le désert de cendre de l’Askja, au coeur de l’Islande, le corps d’une jeune femme assassinée reste introuvable.

Près de Reykjavik, des traces de sang et une bouteille de vodka brisée au fond d’un cratère, mais là non plus, pas le moindre cadavre. Et dans les deux cas, des suspects à la mémoire défaillante.

Ces crimes rappellent à l’inspecteur Kornelius Jakobson, de la police criminelle de Reykjavik, le fiasco judiciaire et policier qui a secoué l’Islande au milieu des années 70 : deux crimes sans cadavres, sans indices matériels, sans témoins, que des présumés coupables finissent par avouer sans pourtant en avoir le moindre souvenir.

Après Heimaey, Ian Manook nous entraîne cette fois au coeur d’une Islande plus brute et plus sauvage, dans les rouages d’une machination politique qui révèle une toute autre facette de cette république exemplaire.

Critique :
♫ Askja, Askja, écoute-moi ♪ Askja, Askja, t’en vas pas  ♪ Askja, Askja, réponds-moi ♪

Désolé pour la chanson que je vous ai fourrée dans la tête pour toute la journée, mais c’était plus fort que moi (oui, je suis vicieuse).

Les voyages Manook ne sont jamais de tout repos, mais comme j’aime voyager dans sa compagnie qui n’a rien de low-cost, j’ai rempilé pour un nouveau voyage en Islande.

Si les romans policiers d’Arnaldur Indriðason ont une consonance politique, ceux de Manook en ont une de paysages, des lieux emblématiques de cette île nordique et avec Google, on peut voir les lieux de visu et ne plus devoir les imaginer, comme je devais le faire avant l’ère de l’Internet pour les masses.

Avec l’auteur, rien n’est jamais simple dans ses enquêtes et ce roman est comme une matriochka : plusieurs enquêtes, plusieurs affaires et si l’une et l’autre ne s’emboîtent pas l’une dans l’autre, celle avec le sniper aura bien des petites poupées cachées qui nous serons dévoilées dans un final hautement adrénalitique ! (néologisme, oui)

L’inspecteur Kornelius Jakobson aura bien du mal sur cette affaire sans cadavres mais avec scènes de crimes, avec des témoins qui disparaissent, des suspects qui souffrent de troubles de mémoire, dues à Alzheimer ou à l’abus d’alcool. La prise de tête !

Amonbofis le disait déjà « Pas d’pierre, pas d’construction. Pas d’construction, pas d’palais. Pas d’palais… pas d’palais ».

Donc, si on suit sa logique : « Pas de corps, pas de crime » ! Oui mais ce n’est pas si simple car on a tout de même eu un corps, filmé par un drone, qui a… disparu. Oui, la prise de tête ! Sans compter un sniper qui tire sur les lieux touristiques (mais pas sur les touristes).

Pour un pays réputé « calme », ça fait beaucoup à gérer pour leur police qui n’est pas aussi armée que la nôtre et aussi nombreuse.

Autre problème avec notre grand inspecteur qui a la carrure d’un troll (et le mauvais caractère aussi), c’est qu’il a plus souvent irrigué le bas de son corps que le haut, durant cette enquête.

Et quand je parle du bas de son corps, vous vous doutez que je vise plus haut que les pieds et les genoux… Oui, remontez encore un peu, vous allez mettre le nez sur le problème. STOP ! On reste calme, mesdames…

J’avais trouvé, dans le tome 1, que Kornelius ressemblait un peu à Yeruldelgger : même carrure, même caractère, même côté fox-terrier qui ne lâche rien, même manière de se foutre de la hiérarchie et des règles mais respectant son pays et ses coutumes et cette fois-ci, j’ai encore plus ressenti cette ressemblance, sans que cela nuise au personnage car tout en étant semblable, ils sont tout de même différents.

Sans pour autant nous faire crouler sous les références ou plomber son récit, l’auteur nous glisse souvent des histoires, de la géologie, de la politique, dans son récit et le tout se mélange harmonieusement, nous instruisant tout en nous divertissant.

Cela donne plus de corps au récit, plus de mâche (Cyril Lignac m’a collé ce lot dans la tête), l’ancrant dans le réalisme en nous dressant ainsi un portrait plus juste de l’Islande qui est un personnage à part entière dans le récit.

Je me suis prise au jeu, j’ai tenté de démêler les fils de l’intrigue, j’ai ri avec les dialogues des policiers Komsi et Spinoza, j’ai frémi durant les disputes des uns et des autres dans l’équipe, j’ai fait fumer mes méninges pour tenter de désopacifier cette intrigue et j’ai été baladée de bout en bout, pour mon plus grand plaisir.

Maintenant, la question que je me pose, c’est : que nous réserve-t-il pour le troisième tome ? Car j’espère encore repartir en Islande avec Air Manook (même si j’adore aussi voyager avec Air Indriðason) car il y a plus d’humour dans ses pages que dans celle de l’auteur islandais (que j’adore, hein, me faites pas dire ce que je n’ai pas dit).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°XX.

Vinland Saga – Tome 16 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 16

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa (12/05/2016)

Résumé :
Alors que Thorfinn, Einar et Leif se préparent à partir pour la Grèce, première étape de leur expédition au Vinland, ils sont forcés de quitter l’Islande précipitamment en emmenant Gudrid, qui, incapable de renoncer à ses rêves de découverte du Monde et d’endosser le rôle d’épouse rangée que lui impose la tradition, a poignardé Sigurd lors de leur nuit de noces.

Leur voyage à peine commencé, les imprévus à gérer pleuvent : fugitive, bébé, chien, poursuivants, ours tueur?

La situation se complique encore davantage lorsque Thorfinn se retrouve face à face avec l’enfant d’un homme qu’il a assassiné sur les champs de bataille ?

Critique :
Comme le disait si bien madame Musquin (le père Noël est une ordure) : « Allez hop, à Créteil » mais ici, on remplacera par « Allez hop, en Grèce ».

Heureusement, si nos amis vont vivre quelques aventures périlleuses en mer et sur terre, jamais ils ne se retrouveront coincés dans un ascenseur à jouer de la trompette en plastique pour appeler à l’aide ou à dévisser le panneau de commande de l’ascenseur avec un tournevis pour enfant.

On se demande d’ailleurs ce qu’aurait fait Gudrid avec un tournevis en plastique… Aurait-elle su poignarder son mari Sigurd juste avant qu’il ne consomme la nuit de noce ? M’est avis que ça aurait fait moins mal à la jambe mais encore plus à son égo.

Parlons-en, de Gudrid, cette jeune veuve qui ne rêve que d’une chose, être marin et qui lutte contre sa condition de femme qui la place dans un carcan « Cuisine-enfants » (ne manque que l’Église et on reproduit les 3 K chers aux nazis) alors que elle a plutôt envie de faire la révolution féminine d’une manière moins disciplinée que sa future belle-mère qui a tout d’une cynique.

Leur bateau n’est pas un fameux trois mats, hissez haut, Santiano, d’ailleurs, Gudrid a eu si mal au cœur sur la mer en furie, qu’elle a vomi son quatre-heures et son minuit aussi.

Passant par les iles Féroé et les îles Shetland pour finir à Bergen en Norvège, nos amis n’auront pas une minute de répit tant les aventures et les mésaventures vont se succéder à un rythme infernal. Le pire sera sans doute le changement d’une couche à un bébé dont tout le village a été massacré.

On sent que l’on se dirige vers un autre arc narratif, une fois de plus, qu’on change de cap, comme on l’a fait souvent durant 16 tomes, mais toujours en restant réaliste et crédible, même si le magaka a plus d’une fois surpris son lectorat.

Et moi, j’aime les surprises et ne pas trop savoir où un auteur n’emmène ! Ici, je suis gâtée niveau mystères et suspense, surtout qu’on est poursuivi par un Sigurd qui a la haine et qu’un nouveau personnage féminin vient de faire son apparition, nous laissant sur un cliffhanger de malade.

M’en fous, j’ai le tome suivant !!

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°21.

Vinland Saga – Tome 15 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 15

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa Sheinen (12/11/2015)

Résumé :
Thorfinn et Einar, enfin libres, retournent avec Leif Eriksson en Islande, terre natale de Thorfinn, dans l’espoir d’y trouver le financement nécessaire à leur établissement d’une colonie au Vinland.

Seul Hafdan, l’homme le plus riche de la région, aurait les moyens de financer leur expédition. Si l’homme semble intéressé par l’exploitation du Vinland, il ne voit pas d’un bon œil l’absence de garanties de Thorfinn.

Pourtant, pour fêter les noces de son fils avec le belle-sœur de Leif qui préférerait quant à elle partir à la découverte du Monde, Hafdan fait un étrange cadeau à Thorfinn.

Critique :
Pour aller au Vinland, faut des pépettes pour acheter un bateau et monter une expéditions et à cette époque là, les sites de crowdfunding n’existaient pas et donc, Thorfinn et Einar vont devoir aller en demander à un riche propriétaire en Islande parce que quand on a tout fini, le financement participatif, on n’a quand même rien inventé de mieux !

Halfdan est un salopard et sa technique est toujours usitée de nos jours : il suffit de prêter de l’argent à un fermier déjà en difficulté et d’attendre qu’il ne sache pas payer sa dette pour saisir ses bâtiments et ses terres.

Évidemment, du temps des fiers vikings, les exploitation étaient moins imposantes que celle de notre siècle, mais la technique, elle, elle n’a pas changé. Elle est simple et peut rapporter gros.

Notre Thorfinn, apaisé, rasé de près et les cheveux plus court que ceux qu’il portait avant et avec lesquels il se serait fondu dans le paysage à Woodstock, recherche un financement pour son voyage au Vinland tandis que le sombre Halfdan pense plutôt aux possibilités de business que le mariage de son fils, Sigurd, va lui rapporter en épousant une soeur de Leif car ce dernier possède une ferme au Groenland.

On quitte le monde des combats pour entrer dans un monde qui a tout de celui d’un banquier véreux qui calcule aussi bien qu’il manie la chaîne. Si vous vous souvenez du chevalier Shun, le Chevalier de Bronze d’Andromède (Saint Seiya) et bien, Halfdan manie la chaîne comme lui !

De nouveau, on est face à un tome transitoire qui va lancer un nouvel arc narratif, mais pas vers le Vinland, comme on pourrait le penser, mais vers un autre pays afin de récolter des sous et de pouvoir monter une expédition pour le pays de Trump !

On se doute aussi que les manigances de Halfdan porteront à conséquences, même si nos amis ne le savent pas encore et que seule Gudrid, la nouvelle épouse de Sigurd, est au courant des projets du sordide Halfdan.

Arrivera-t-elle à les prévenir et à partir avec eux, elle qui ne rêve que de naviguer et qui, à cause de son statut de femme, est condamnée à se marier, faire des gosses et tenir la maison ? Mais que fait le MLF ??

Une fois de plus, le suspense et le mystère sont au rendez-vous !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°17.

Vinland Saga – Tome 14 : Makoto Yukimura

Titre : Vinland Saga – Tome 14

Scénariste : Makoto Yukimura
Dessinateur : Makoto Yukimura

Édition : Kurokawa Seinen (12/03/2015)

Résumé :
L’armée du roi Knut a débarqué au domaine de Ketil. Loin de s’avouer vaincu, Ketil a rassemblé ses troupes pour défendre sa ferme. Mais sans une réelle formation militaire, les paysans sont loin d’être de taille face aux redoutables Jomsvikings.

Une folie meurtrière s’abat sur la ferme. De leur côté, Thorfinn et Einar, qui ont enfin gagné leur liberté, décident de tout quitter avec Leif pour fonder, au Vinland, un pays où règnera la paix.

Si Einar est tenté de partir sans un regard en arrière, ce n’est pas le cas de Thorfinn. Ce dernier reste furieux contre Maître Ketil depuis que celui-ci a tué… [no spolier]

Critique :
Je pourrais vous chanter ♫ dans la vallée, hoho, de Dana ♪ mais comme on est dans la ferme de Ketil, ça va pas le faire !!

En plus, ici, pas d’armées de Cimériens prêts à croiser le fer, juste des Jomsvikings, la crème des guerriers face à des ouvriers de ferme qui ne savent pas encore qu’ils ne feront pas le poids. Ne nous leurrons pas, ce serait irréaliste.

Beaucoup d’événements dans ce tome, entre le maître, Ketil, qui a pété un câble et nous la joue limite Jack Torrance dans Shining, son fils ainé, Thorgeir le guerrier, qui veut la guerre et tuer le roi Knut et son frangin Ormar (Sharif ? Sy ? Non) lui, veut juste se prosterner aux pieds de son roi et demander la réédition…

Bref, personne n’est d’accord avec personne, mais en attendant, le sang inonde la vallée de Ketil.

Thorfinn a essayé lui aussi d’avoir un entretien avec le roi, mais ce dernier étant plus occupé qu’un président en grand meeting et tout aussi hautin que celui que je vise, a laissé ses sbires s’occuper du cas de notre grand blond qui tente de trouver sa voie dans la non-violence, mais on peut dire qu’il encaisse !

Une fois de plus, on a de l’action, des personnages qui évoluent, ou du moins, qui tentent d’évoluer, on a des dialogues pas piqué des hannetons, des personnages qui veulent la même finalité, mais utilisent une méthode diamétralement opposée et des dessins toujours aussi géniaux.

La rencontre au sommet entre Thorfinn et le roi Knut est un grand moment et niveau évolution, certains personnages prennent du galon. De plus, Thorfinn a des paroles pleines de bons sens et on aimerait que les dirigeants en aient les mêmes.

Bref, si ce tome termine l’arc narratif de l’esclavage de Thorfinn dans la ferme de Ketil au Danemark d’une manière magistrale et la suite ne peut que nous promettre du bon, si le train du récit continue de suivre les mêmes rails.

Une saga que je suis contente d’avoir découverte et je compte bien aller au bout le plus vite possible…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2019-2020) – N°12.