Adieu demain : Michaël Mention

Titre : Adieu demain                                        big_5

Auteur : Michaël Mention
Édition : Payot et Rivages (2014)

Résumé :
Vingt ans se sont écoulés depuis l’arrestation de l’Éventreur du Yorkshire. Un nouveau tueur sévit dans le Nord de l’Angleterre.

Les victimes sont des femmes transpercées par des carreaux d’arbalète.

Pour Mark Burstyn, promu au grade de superintendant, le cauchemar recommence. Il a cependant un atout : l’inspecteur Clarence Cooper, un jeune flic aussi obsessionnel que lui.

La police n’a pas droit à l’erreur et, pour stopper le meurtrier, Cooper est prêt à tout. Même à devenir quelqu’un d’autre.

Enquête criminelle dans l’ombre de l’Éventreur du Yorkshire, suite de « Sale temps pour le pays » (Grand Prix du Roman Noir au Festival international de Beaune en 2013), « Adieu demain » explore, en même temps qu’une Angleterre en déréliction, les fantasmes de la terreur phobique.

Critique : 
L’éventreur de Yorkshire… « Bof, me disais-je, pourquoi s’attaquer à de si petits chiens ?? Où est le danger ? La prise de risque ? » L’éventreur de rottweiler aura plus de risques…

Oups, je vous présente mes confuses :  ce n’est pas un roman sur l’éventreur DE Yorkshire (le chien), mais l’éventreur DU Yorkshire (région d’Angleterre). Une lettre qui change tout.

Voilà encore un livre qui pourra faire de sa gueule devant les autres, dans ma biblio, se vantant d’avoir été lu en seulement « deux coups »… 100 pages lors du début, et le reste (275 pages), d’une traite, lundi soir !

Il pourra aussi dire à mes autres livres que je l’ai ADORÉ mais que je ne savais pas trop comment écrire ma chronique car ce roman mélange les genres et nous fait du « Quatre en un ».

Déjà, dans ce roman, on change souvent d’époque, passant de la naissance de Peter en 1969 (1ère partie), jusqu’aux années 2001, ce qui nous fait défiler des tas d’événements, du règne de La Dame de fer à la maladie de la vache folle (je ne sais si les deux sont liés, mdr).

« On n’a qu’à applaudir les charniers, compter les éleveurs suicidés et accuser l’Asie d’irresponsabilité. Et aussi ne pas dire que pendant la Seconde Guerre mondiale, le pays [Angleterre] avait développé un programme de guerre bactériologique incluant l’agent de cette même fièvre [fièvre aphteuse] ».

Une chronique ? Oui, on aura droit à une petite chronique de l’Angleterre qui passera comme une lettre à la poste tandis que nous suivons les meurtres ou le personnage de Peter.

Un Roman noir ? Oui, le contexte social est miséreux au possible dans cette partie Nord de l’Angleterre. Grèves, chômage, licenciement, crise financière, alcool, drogues, femmes battues…

J’ai eu mal au coeur en suivant les premières années de vie du petit Peter, jusqu’à son adolescence. La vie ne lui a pas fait de cadeau…

Peter… Un personnage que j’ai aimé, tout comme les deux flics : le superintendant Mark Burstyn et son jeune inspecteur Clarence Cooper, aussi obsessionnel que son chef et prêt à tout pour coincer le nouvel éventreur du Yorshire, celui qui fait « bis repetita », 20 ans après le premier. Sans oublier une petite dose de bons mots.

— Arrangez-vous pour qu’il vous invite chez lui.
— C’est quoi la prochaine étape ? Je le suce ?
— Si ça nous permet de boucler l’enquête, oui.

Une enquête ? Bien sûr ! Cela fait vingt ans que la police a arrêté l’Éventreur du Yorkshire (1981 – histoire véridique) et les voilà avec un tout nouveau tueur.

Modus operandi ? Un peu changé puisque lui, il transperce les femmes avec des carreaux d’arbalète. Le cauchemar recommence et personne n’a droit à l’erreur. Un vrai roman policier noir !

Tous les personnages sont bien campés, avec leurs soucis, leurs emmerdes, leurs problèmes en tout genre, sans tomber dans le pathos.

L’écriture est vive, rapide, elle coule comme un ruisseau pour terminer en torrent émotionnel.

Petit plus, certaines phrases de chapitres sont laissées en suspens et elles se terminent sur le chapitre suivant.

Exemple : (dernière phrase du chapitre 14 – 1997) « Pour qu’enfin,  le vrai Peter naisse du déluge…  » (début chapitre 15 – 1998) »… qui s’abat sur le Yorkshire ».

Oui, ce livre a une mise en page parfois détonante, mais elle lui va comme un gant. Une vraie innovation et j’ai adoré.

Pour un roman écrit au présent (ce que je déteste au plus haut point), il était très bien écrit parce que je ne m’en suis pas rendue compte tout de suite qu’on était dans une narration au présent…

Roman psychologique ? Oh que oui !! On en apprendra plus sur les phobies… Là, on sentira sa douleur.

« Il est à peu près aussi facile pour un phobique de contrôler une attaque de panique qu’à un allergique de calmer une crise d’asthme ».

Rien oublié ? Si, un roman musical aussi car il y a de nombreuses références à des chansons, des groupes, dans ce roman policier noir phychologico-chronique-musical.

Du cinq en un !

Un roman qui m’a marqué et que je ne risque pas d’oublier de sitôt !

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), au Challenge « I Love London II » de Maggie et Titine, au « Mois anglais III » chez Titine et Lou et au « Challenge Ma PAL fond au soleil – 2ème édition » chez Metaphore.

CHALLENGE - Ma PAL Fond au soleil

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