Golden Dogs – Tome 3 – Le juge Aaron : Stephen Desberg et Griffo

Titre : Golden Dogs – Tome 3 – Le juge Aaron

Scénariste : Stephen Desberg
Dessinateur : Griffo

Édition : Le Lombard (2014)

Résumé :
Ils étaient quatre, deux filles et deux garçons. Voleurs, escrocs, faussaires, ils unirent leurs talents pour devenir ensemble les plus célèbres voleurs de Londres.

Critique :
Le juge Aaron nous l’a joué à la maire de New-York, Giuliani : tolérance zéro !

Le juge, personnage austère, plus croyant que Dieu lui-même, a éradiqué la délinquance des quartiers de Londres, chassant les pauvres comme on chasse les rats, éliminant même les chiens et ne voulant que des gares, des banques ou des commerces corrects.

Les aristocrates ont le droit de se défoncer avec toutes les substances qu’ils veulent, de claquer des milliers de livres dans les salons élégants où ces substances sont servies, mais ils sont priés de le faire sans troubler l’ordre public. Ah, l’hypocrisie, elle est toujours dans les parages et elle a encore de beaux jours devant elle.

Le juge Aaron est un Méchant de la pire espèce sans que rien ne vienne contrebalancer son portrait d’homme violent, sans cœur qui embastille tous les pauvres gens pour un oui ou pour un non. Il aime voir dans les yeux des prisonniers la terreur qu’il leur inspire. C’est un tyran, un dictateur qui tient toute la ville de Londres dans ses mains.

Mais cet homme de loi est-il aussi pieu qu’on le croit ? C’est ce que vont essayer de découvrir deux anciens membres des Dogs.

C’est rythmé, on a de l’action, ça bouge assez bien, mais nous ne savons toujours pas qui a trahi les Golden Dogs il y a 6 ans. Tout le monde pense que c’est l’autre qui les a dénoncés mais personne n’a aucune preuve. Suspense total.

Les Golden Dogs recommencent à jouer avec les pieds des puissants et ça fait du bien, pour eux comme pour le lecteur.

On a arrêté de tourner en rond comme dans le tome 2 et si on est d’accord pour accepter la reformation de la bande, la suite de la lecture passera comme une lettre à la poste.

Oui, il faut accepter que la bande se reforme alors que personne ne sait toujours pas qui les a dénoncés il y a 6 ans et qui a piqué le magot. Vous auriez confiance, vous ? Moi pas…

Anybref, on continue de faire le grand écart entre les quartiers mal famés où les pauvres vivotent et les beaux salons où les riches s’amusent en claquant leur fric, puisqu’ils n’auront pas de soucis pour manger demain, eux.

Les couleurs sont agréables, pas criardes, pas délavées, les ambiances des bas-fonds de Londres sont bien rendues, comme celle des salons chics pour les pété de thune d’aristo.

En espérant avoir les réponses dans le quatrième et dernier tome. Dans ce troisième, on avance bien, mais il reste toujours des questions sans réponses et je suis du genre à apprécier les recevoir au fur et à mesure et pas tout dans le dernier tome, car bien souvent, soit l’auteur oublie de les donner, soit il les donne en vrac, dans les dernières cases…

À voir ce que le dernier nous réserve !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°289], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°42], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages), et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Columbo – Saison 02 – Épisode 04 – Dagger of the Mind

Ecrit par : Jackson Gillis

Produit par : Dean Hargrove

Casting :

  • Peter Falk : Lieutenant Columbo
  • Richard Basehart : Nicholas Frame
  • Honor Blackman : Lilian Stanhope
  • John Williams : Sir Roger Haversham
  • Wilfrid Hyde-White : Tanner

Résumé : Lillian Stanhope a séduit le producteur Sir Roger Haversham avec la complicité de son mari pour qu’il produise Macbeth, la pièce dans laquelle compte jouer le couple.

Lorsque le producteur s’aperçoit des intentions du couple, il décide de tout arrêter.

Victime d’un mauvais coup durant une dispute, il meurt et le couple va tenter de faire passer cet homicide pour un accident. Columbo, en visite à Scotland Yard (pour y apprendre les techniques de pointe pratiquées par Scotland Yard auprès du très anglais detective chief superintendent Durk) va mener l’enquête.

Columbo pour le Mois Anglais ? Non, non, je n’ai pas fumé mes herbes de Provence ou abusé du café eet non je n’essaie pas d’entuber les organisatrices ! C’est oublier qu’un jour, Columbo a été invité par Scotland Yard et que, pas de bol pour les meurtriers, il les a coincé avec son espièglerie habituelle.

S.O.S. Scotland Yard est le titre V.F de l’épisode, mais pour ajouter du mystère, j’ai décidé de mettre celui en V.O afin de vous faire hausser les sourcils. Dagger of the Mind fait référence à Macbeth.

Columbo en Angleterre, à Londres, plus précisément, ça vaut son pesant de cacahuètes. Déjà que le lieutenant à l’imper froissé détonne dans les maisons chics où il enquête, le voir courir partout pour prendre des photos du folklore anglais pourrait laisser croire que les touristes américains sont ainsi lorsqu’ils visitent un pays à l’Histoire forte : courant partout comme un lapin pour shooter des images.

Une fois de plus, tout le monde pensera que le lieutenant n’est pas un homme intelligent, qu’il est décalé, un peu fou et qu’on leur a envoyé le débile de service. Ben non messieurs les anglais !

J’apprécie tous les anciens épisodes de Columbo, mais lui, c’est un de mes chouchous.

Les ambiances londoniennes sous la pluie changent de celles de Los Angeles sous le soleil étincelant.

Pas de grosses voitures américaines mais de belles anglaises, dont celle du couple formé par Nicholas Frame (Richard Basehart) et Lillian Stanhope (Honor Blackman), sorte de voiture de sport à hauteur d’un basset qui ne comporte pas de vitres latérales à tel point que l’on se demande comment ils n’ont pas froid lorsqu’ils conduisent ou attendent l’autre dans une ruelle mal famée.

Pour une fois, nous enquêterons dans le milieu du théâtre, avec deux acteurs sur le retour qui ont conspirés pour que Sir Roger Haversham (John Williams) leur monte Hamlet et une fois que le vieil homme pété de thunes se rendit compte que l’on jouait avec ses pieds, vitupéra à l’encontre de ces deux acteurs et paf Sir Roger Haversham…

Mort, tué accidentellement par Lillian Stanhope que cet homicide involontaire va hanter, comme dans Macbeth qui nous montre les affres que traversent les meurtriers qui ne peuvent plus jouir d’aucune sérénité jusqu’à ce que leur forfait soit découvert et leur crime puni.

D’ailleurs, nos deux acteurs, Nicholas Frame et Lillian Stanhope, qui jouent respectivement Macbeth et Lady Macbeth, deviennent réellement Macbeth et Lady Macbeth en tuant Sir Roger Haversham, sorte de substitut du roi Duncan qui deviendra ensuite l’équivalent du fantôme de Banquo, lorsque Lillian, dans la réserve du musée, tombera nez à nez avec la tête de cire de Sir Roger, comme s’il était revenu d’outre-tombe pour hanter son esprit.

Ce qui me fait toujours rire dans les Columbo, c’est que personne ne le prend jamais au sérieux, surtout les coupables et quand le couperet tombe, ils sont souvent les premiers étonnés car Columbo était toujours arrivé vers eux avec cette expression de fausse candeur affichée sur le visage. Ce n’est qu’à la fin de l’épisode que les coupables se rendent compte que Columbo a toujours mené le jeu.

Nos deux acteurs sur le retour vont se démener pour le mener sur des fausses pistes mais peine perdue, notre lieutenant connait son métier et à coup de phrases cultes, telles « Juste une dernière chose » ou de « Quand je vais dire ça à ma femme » et petit à petit, à coup de petits détails qui ne collent pas, il va comprendre l’implication de nos deux acteurs dans le mort de Sir Roger Haversham. Mais comment le prouver ?

Columbo n’est pas à une mise en scène près, à un piège tendu au(x) coupable(s), comme simuler une panne pour prouver que de ce point-là, le téléphone de la voiture ne passe pas, ou jouer avec la boite de petit chimiste de son petit neveu face à un dentiste qui avait réussi le crime presque parfait.

Ici, ce sera le coup du parapluie…

Anybref, un excellent épisode de Columbo, comme toujours, où notre lieutenant fera preuve de perspicacités, n’ayant rien à apprendre des Anglais (il pourrait même être leur prof) et n’étant pas gêné d’avouer ses lacunes en théâtre ou en culture, montrant une fois de plus qu’il vient d’un autre milieu social, celui constitué par les petits gens et qu’il en est fier.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°287], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°40] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Golden Dogs – Tome 2 – Orwood : Stephen Desberg et Griffo

Titre : Golden Dogs – Tome 2 – Orwood

Scénariste : Stephen Desberg
Dessinateur : Griffo

Édition : Le Lombard (22/05/2014)

Résumé :
Ils étaient quatre, deux filles et deux garçons. Voleurs, escrocs, faussaires, ils unirent leurs talents pour devenir ensemble les plus célèbres voleurs de Londres.

Critique :
♫ Caramels, bonbons et chocolats ♪ Voilà ce que pourrait chanter Fanny à Orwood qui leur a fait de belles paroles, paroles et encore des paroles, qu’il a semé au vent car leur association de malfaiteurs n’a pas fait long feu.

Après quelques coups de maîtres magnifiques, des vols audacieux et rempli d’intelligence, nos Golden Dogs n’ont pas réussi à tenir autant que l’autre bande, les Blackbirds et bardaf, ce fut l’embardée.

Ils étaient exceptionnels, mais ça n’a duré que le temps que durent les roses et je m’attendais à continuer dans la montée en puissance de nos Dogs, pas à ce qu’ils chutent aussi vite.

Les dessins sont toujours très agréables pour les yeux, les couleurs sont toujours bien attribuées selon les ambiances et là où le bât blesse un peu, c’est que ce deuxième tome consacré à Orwood ne nous en apprend pas beaucoup sur lui et c’est Fanny que nous allons suivre dans ses tribulations après le démantèlement de la bande par le juge Aaron.

Lario, le castrat et Lucrèce sont sous représentés dans cet album et c’est bien dommage car ce sont deux personnages sur lesquels j’aimerais en savoir plus.

Suivre Fanny était intéressant, elle s’est révélée être une parfaite détective et une vraie business woman, mais je n’ai guère appris de choses dans ce tome sur les personnages principaux, si ce n’est que Orwood n’a pas tenu toutes ses promesses (du moins, vu comment le récit nous est présenté).

Dans cet album on nous parle toujours d’un traître à la bande (et ce, depuis la première case du premier album) mais jusqu’à présent, nous restons sur notre faim.

Comme sur l’épaisseur des personnages puisque les auteurs nous livrent des bribes d’informations tellement maigres que je trépigne d’impatience d’en apprendre plus, croisant les doigts qu’il soit bien prévu au programme des deux derniers albums que l’on nous dévoile un peu leur passé, sinon, je resterai sur ma faim.

En ce qui concerne les parties de jambes en l’air, là, tout le monde est rassasié ! Mais dans cette bédé, ce qui m’intéresse, ce sont des infos sur les personnages, pas sur leurs fesses !

Un deuxième tome pas tout à fait à la hauteur du premier, fort creux dans sa seconde partie et ça casse le rythme. Gageons que dans le suivant, tout cela remonte un peu et que nous en apprenions un peu plus sur les Golden Dogs.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°280], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°33], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages), et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Golden Dogs – Tome 1 – Fanny : Stephen Desberg et Griffo

Titre : Golden Dogs – Tome 1 – Fanny

Scénariste : Stephen Desberg
Dessinateur : Griffo

Édition : Le Lombard (24/01/2014)

Résumé :
Ils étaient quatre, deux filles et deux garçons. Voleurs, escrocs, faussaires, ils unirent leurs talents pour devenir ensemble les plus célèbres voleurs de Londres.

Critique :
Londres et ses bas-fonds… Si je n’y descends pas régulièrement durant le Mois Anglais (et durant l’année), il me manque quelque chose.

Non pas que j’apprécie voir la misère humaine mais les bas-fonds sont le pendant de cette société londonienne que l’on disait riche et puissante. Pas pour tout le monde.

Dans cet album qui se déroule peu après 1820, je vais m’accoquiner avec une bande de quatre malfrats, les Golden Dogs.

D’entrée de jeu, le ton est donné avec le tabassage en règle d’un pauvre bougre qui a voler de quoi nourrir sa famille qui crève la dalle. Le juge Aaron estimant que la richesse est un don de Dieu, il n’admet pas qu’un pauvre se serve dans les futures richesses dévolues à la haute.

Le graphisme de Griffo m’a bien plu, sans mauvais jeu de mots, j’apprécie sa griffe. Les couleurs oscillent entre des tons gris ou des plus chaleureux, selon les ambiances.

Clairement, ce n’est pas une bédé pour les petits enfants ! On a du sang, des meurtres, des assassinats, du sperme, des prostituées (dont Fanny à 5 pennies parce qu’elle est une déesse – ne me demandez pas ce qu’elle est capable de faire), de la violence, des pendus, des truands, des voleurs, bref, le genre de monde que l’on ne dédaigne pas côtoyer dans la littérature mais pas en réalité.

Si le scénario ne manque pas d’action et d’ambition, l’intrigue reste néanmoins assez simple mais s’avère efficace et ce premier tome fait passer un moment de lecture fort agréable.

Par contre, nos quatre mousquetaires de la cambriole – version intelligente et rusée – manquent un peu de profondeur et sont esquissés un peu trop rapidement, même Fanny, qui pourtant est l’héroïne de l’album.

James Orwood, le meneur, le cerveau, est le plus mystérieux de tous, tout en étant beau comme un démon. Entre nous, avec moins de scène de sexe, on aurait pu en profiter pour les habiller et les étoffer au lieu de les foutre à poil pour baiser.

On apprend quelques détails de leur passé, mais leur caractère, ce qu’ils sont vraiment, reste encore mystérieux dans ce premier album. En espérant qu’ils soient développés dans les suivants.

Pas de cliffhanger sur le final de ce premier album, mais j’ai apprécié ma lecture et j’ai envie de lire la suite pour voir où nos cocos vont nous entraîner, quels seront leurs prochains vols audacieux et comment tout le monde va évoluer.

PS : c’est pour demain matin, la surprise pour les petits enfants !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°277], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°29], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

La troisième fille – Hercule Poirot 34 : Agatha Christie

Titre : La troisième fille – Hercule Poirot 34

Auteur : Agatha Christie
Édition : Le Livre de Poche (2010)
Édition Originale : Third Girl (1966)
Traduction : Michel Averlant

Résumé :
Cette fois-ci, après un épuisant effort intellectuel, la rédaction de son « œuvre maîtresse », une analyse des maîtres du roman policier, Hercule Poirot est bien décidé à jouir d’un repos mérité…

N’a-t-il pas plus d’une fois prouvé qu’il était le roi des détectives, l’infaillible dont la réputation n’est plus à faire ? Impossible de mettre en doute ses capacités…

Et pourtant, voilà qu’une jeune femme vient lui déclarer qu’il est trop vieux pour l’aider ! Alors qu’elle-même est venue le consulter au sujet d’un crime qu’elle n’est pas sûre d’avoir commis…

Ah ! cette nouvelle génération… Cheveux longs, idées courtes… Mais Poirot va leur montrer… Trop vieux, lui… Non, mais !

Critique :
Horreur, malheur ! Moi qui me targuait d’avoir lu TOUS les Hercule Poirot…

Et bien non ! L’une de ses enquêtes étaient passée à la trappe.

Sans la série télé « Les petits meurtres d’Agatha Christie » et l’épisode « Crimes haute couture » (Saison 2 – Épisode 19), adaptée de « La troisième fille », et bien, jamais je ne l’aurais su.

L’eusses-tu cru que jamais je ne le suce ?

Une fois acheté ce roman (après vérification dans ma biblio), je l’ai laissé Poirot-er (mdr) pour le sortir pour le Mois Anglais 2020.

Hercule Poirot y est, une fois de plus, savoureux ! Il se lance des fleurs, il a une haute opinion de lui, de sa moustache et est shocking quand une jeune fille, qui a tout d’un mauvais genre, le dérange au moment où il s’apprête à savourer son petit déjeuner pour finir par lui asséner qu’il ne pourra pas l’aider car il est trop vieux.

Shocking, je vous dis, il n’y a plus de jeunesse ! Décadence de l’Angleterre, perversion de la jeunesse, blablabla… La faute aux étrangers, diront certains personnages du roman, qui, comme la plupart de leur contemporain, pensent que l’Anglais est au-dessus de tout et que tout le reste est de la merde.

On le sent bien, dans ce roman, ce racisme primaire, primitif, bas de plafond…

Poirot, faut pas le chercher sur son âge, ni sur son cerveau ! Puisque la fille a dit qu’elle avait peut-être tué quelqu’un, notre Belge moustachu va remonter le fil de cet imbroglio pour tenter de trouver LE crime.

Personnages stéréotypés, peu d’action, un crime dont on n’est pas sûr qu’il ait eu lieu, ni même que le décès soit dû à une main criminelle, lamentations de Poirot, de Mrs Oliver sur la jeunesse qui n’est plus ce qu’elle était, un petit vieux qui perd la mémoire, ses papiers, sa secrétaire qui est sexy en diable, et une criminelle qui est intrigante tant elle veut qu’on lui colle des morts sur le dos.

Non, on ne courra pas dans tous les sens pour cette enquête, on a même la toute grosse ficelle du document qui tombe d’un secrétaire, lors du déménagement et arrive dans les pieds de Mrs Oliver, comme par hasard…

Et pourtant, je me suis régalée dans cette histoire qui commence sans crime, qui semble n’en avoir aucun, qui est bourrée de mystères.

Malgré le fait que j’avais compris deux trucs importants (pour le premier j’ai vu « La grande vadrouille » assez souvent, dont la scène en rapport avec les ronflements – les lecteurs comprendront l’allusion), je n’avais aperçu que la pointe de l’iceberg et bardaf, je me suis prise le reste dans la poire.

Nom d’un scones à l’heure du thé, Poirot n’est pas un vieux croulant, il a de la ressource, de l’esprit, des petites cellules grises qui fonctionnent très bien et ses bacchantes en ont frétillé durant toute son enquête, même si, entre nous, il a patiné sévère durant un moment et ne voyait pas la carabistouille dans le pudding, alors que moi, avec peu de cellules grises, j’avais compris l’indice.

Allez Hercule, ce n’est pas ton enquête la plus brillante, ni celle de ta mère littéraire, mais comme tu fais partie de mes chouchous au même titre que ton homologue victorien, Sherlock Holmes, je te pardonne tes errements.

Et gros kiss à Mrs Oliver car elle a mis de l’ambiance dans ces pages.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°245 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

La Dernière énigme – Miss Marple 13 : Agatha Christie

Titre : La Dernière énigme – Miss Marple 13

Auteur : Agatha Christie
Édition : Librairie des Champs-Elysées Le club des masques (1977)
Édition Originale : Sleeping Murder : Miss Marple’s Last Case (1976)
Traduction : Jean-André Rey

Résumé :
Lorsque Gwenda avait vu la villa, elle n’avait pas hésité une seconde. C’était exactement ce qu’elle cherchait. Démodée peut-être, mais charmante… Gwenda s’y était sentie chez elle dès le premier instant.

Pour un peu, cette maison aurait pu être celle de son enfance : chaque pièce évoquait en elle des souvenirs confus…

Son imagination lui jouait des tours, bien sûr. Comment pouvait-elle reconnaître cet endroit puisqu’elle n’avait jamais mis les pieds en Angleterre auparavant ? Pourtant, tout lui était familier…

Pourquoi s’était-elle sentie glacée de terreur en regardant dans le hall, du haut de l’escalier ? Pourquoi ? La villa était-elle hantée ? Ou bien Gwenda devenait-elle folle ?

Critique :
On fait parfois de belles trouvailles dans les boîtes à livres de son lieu de villégiature. Il m’aura fallu 1 an pour les sortir de ma PAL, comme quoi…

Sans le savoir, je suis tombée sur la dernière enquête de Miss Marple. Entre nous, miss Marple n’a jamais eu mes faveurs, je lui ai toujours préféré Hercule Poirot.

Ce qui est un tort, je sais, Miss Marple n’est pas de la merde niveau enquêtrice !

Nous voici face à une enquête qui a des relents de fantastique, de surnaturel, dans le sens où Gwenda, la nouvelle propriétaire d’une villa, a la sensation qu’elle y est déjà venue, qu’elle connait la maison.

Hors, elle a toujours vécu en Nouvelle-Zélande, la terre des Hobbit, d’Aragorn de Sauron ! Oups, mes excuses, je mélange !

Ceci n’est pas une enquête pour ceux ou celles qui rêvent d’action et d’enquêteurs courant dans tous les sens, le nez collé au sol, l’annuaire de téléphone à portée de main pour faire parler les témoins récalcitrants…

Non, miss Marple, qui arrivera sur le tard, adore tricoter, boire du thé et écouter les potins de toutes les vieilles dames du coin et qui, sans en avoir l’air, manœuvre sa barque pour que les bobonnes lui disent ce qu’elle voudrait savoir, sans avoir l’air de leur tirer les vers hors du nez. Diabolique, la buveuse de thé qui tricote !

Pour le sang frais, on repassera aussi. D’ailleurs, dès le départ, on ne sait pas ce qui va nous tomber dessus, même si on se doute que ce sera un cold case cher à Lilly Rush dans la série éponyme.

Mais ici, que s’est-il passé, nom d’une pipe ? Un meurtre ? Une disparition ? Une personne qui s’est faite la malle ? Une mort naturelle ? Le passé est obscur et, tel un voile opaque, refuse de se déchirer dans la mémoire de Gwenda.

Pourtant, cette jeune femme a tout de même des souvenirs de faits qui se sont produits lorsqu’lle avait 3 ans. Je ne sais pas pour vous, mais j’ai encore quelques souvenirs de mes 5 ans, mais je ne puis garantir qu’ils soient le fait de souvenirs réels ou fabriqué dans ma mémoire après qu’on me les ait tant de fois raconté.

Voilà un roman de la reine du crime qui change des habituels car il y a une montée de l’angoisse, sans pour autant égaler Hitchock, des sombres histoires que Gwenda va déterrer au fur et à mesure et, comme l’avait prévenue Miss Marple, il n’est pas toujours bon de fouiller dans le passé. C’est même foutrement dangereux !

Une fois de plus, je n’ai pas vu venir la personne coupable mais mon palpitant a augmenté ses battements sur le final.

Moi qui n’était pas fan de Miss Marple, moi qui évitais les romans avec elle, voilà qu’en commençant par la fin de ses enquêtes, je deviens intéressée par ses aventures de tricoteuse.

Attention, le détective moustachu Belge reste mon chouchou chez la reine du crime !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°236 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

 

Les Enquêtes d’Hamish MacBeth – Tome 03 – Qui s’y frotte s’y pique : M.C Beaton [Par Dame Ida, Pigiste Bénévole Confirmée et Confinée]

Titre : Les Enquêtes d’Hamish MacBeth – Tome 03 – Qui s’y frotte s’y pique

Auteur : M.C Beaton
Édition : Albin Michel (02/10/2020)
Édition Originale : Death of an Outsider (1988)
Traduction : Marina Boraso

Introduction Babelio :
Obligé de remplacer un policier local dans les confins inhospitaliers de Cnothan, Hamish a le mal du pays et de sa chère Priscilla… mais, il est à peine arrivé que l’homme le plus détesté du village est assassiné et jeté en pâture à un élevage de homards qui n’en font qu’une bouchée avant d’être expédiés vers les restaurants les plus chics de Londres.

Pour retrouver son village, Hamish Macbeth devra affronter l’horrible inspecteur-chef Blair et sa charmante voisine (l’un bien décidé à couvrir l’affaire, l’autre à le séduire !)… et débusquer l’assassin.

Résumé :
C’est le cœur totalement déchiré qu’Hamish se trouve provisoirement muté à Cnothan, autre bourgade écossaise, pendant les longues vacances du policier local, qui prendra le temps de l’accueillir d’ailleurs comme un chien dans un jeu de quilles, ingratitude assez déplacée puisque tout de même c’est bien un peu grâce à Hamish qu’il pouvait prendre ses vacances…

L’accueil ne sera pas meilleur de la par des autochtones, car en Ecosse comme dans nos petits villages de campagne, celui qui vient du village d’à côté est toujours perçu comme un intrus, et celui qui vient d’encore plus loin sera un « estranger » à vie condamné à la relégation.

Les seules à lui témoigner un peu de sympathie seront sa voisine d’en face, une artiste peintre canadienne, et la femme du pasteur, un pasteur qui sermon après sermon promet les flammes de l’enfer et l’apocalypse, qui elle n’en doutons pas n’est aimable que par obligation professionnelle.

Un autre personnage haut en couleur semble retenir l’attention et faire l’unanimité du village contre lui : un certain Mr Mainwaring, riche retraité anglais installé là depuis quelques années avec son épouse qui s’est accaparé un certain nombre de terres et des maisons qu’il semble laisser tomber en ruine comme autant de trophées provocateurs à l’adresse de ceux qui auraient bien aimé les acheter à sa place.

Celui-ci ne tardera pas à se faire connaître d’Hamish à peine arrivé, pour lui demander de se lancer dans une chasse aux sorcières, son épouse ayant été agressée par trois d’entre elles. Car oui, il l’affirme, il y a bien des sorcières à Cnothan !

Le personnage est grossier, brutal dans ses manières, et semble connaître beaucoup de choses pas très avouables sur les uns et les autres…

Ce qui ne pourra que multiplier les pistes sur lesquelles il faudra enquêter lorsque l’on se rendra compte que le squelette retrouvé dans la nature après avoir que ses chairs n’aient été dévorées par des homards gloutons, n’est autre que le sien.

Évidemment l’hostilité des gens du crû et surtout l’insupportable inspecteur Blair dépêché sur les lieux et qui semble suivre Hamish comme une ombre, vont lui donner du fil à retordre, mais avec sa nonchalance naturelle, ce grand gaillard doux et ne payant pas de mine, saura se montrer plus futé que tout ce vilain monde.

Mon avis : 
Vous le savez, je suis sous le charme d’Hamish et des Highlands.

En ces temps de confinement les descriptions de la nature sauvage d’Ecosse, et la façon dont ils savent exalter l’âme de de ce grand gaillard aux cheveux de feu et à l’air si serein, ne peuvent donner à la lectrice qu’une grande bouffée d’air frais.

Pourtant, il est toujours plus ou moins obsédé par sa chèèèèrèe Priscilla, mais pas au point de ne pas se montrer sensible aux charmes de sa voisine… C’est qu’il ne me connaît pas encore, c’est tout…

Une intrigue à tiroir, un peu de culture sur les coutumes et lois locales, des personnages complexes mais pas trop, des petits coups de griffes contre les mesquineries de la société britannique et la tendance universelle des habitants de villages à cancaner ou à se méfier des nouveaux qui le resteront et dont la descendance restera étrangère jusqu’à la troisième génération, une intrigue bien emmêlée… Bref, une lecture fort agréable.

Un bémol cependant… Les passages décrivant les réflexions d’Hamish tendent un pu trop souvent à s’interrompre avant d’aboutir.

La façon dont il semble rester sur son quant à soi est évidemment là pour faire durer le suspens mais cela a quelque chose d’assez artificiel.

Soit on peut suivre le cours de la pensée du personnage puisque l’auteur nous y invite… Soit on ne peut pas…

Mais ce mélange des deux m’est un peu déconcertant, surtout quand Hamish disparaît pour revenir au bout de quelques pages avec une solutions toute ficelée qu’il est allé chercher très loin sans que le lecteur n’en soit avisé.

Mine de rien… si on aime lire des polars, c’est aussi dans l’espoir de trouver le coupable avant l’enquêteur, et là MC Beaton nous prive de ce plaisir. A quoi bon réfléchir en lisant si la solution ne peut venir que d’ailleurs ???

C’est me semble-t-il le gros point faible de ce volume, et j’espère que le volume 4 fonctionnera autrement, sans quoi, mon intérêt pour cette série pourrait s’en trouvé assez entamé…

Malgré tout l’attrait qu’Hamish et l’Ecosse exercent sur moi bien entendu.

 

Hamish Macbeth – Tome 02 – Qui va à la Chasse : M.C Beaton [Par Dame Ida, Pigiste Bénévole Confinée et Confirmée]

Titre : Hamish Macbeth – Tome 02 – Qui va à la Chasse

Auteur : M.C Beaton
Édition : Albin Michel (24/04/2019)
Édition Originale : Death of a Cad (1987)
Traduction : Marina Boraso

Intro Babelio :
Lorsque Priscilla Halburton-Smythe ramène à Lochdubh son nouveau fiancé, un dramaturge londonien, tout le monde est enchanté… sauf Hamish Macbeth, amoureux transi de la jeune femme.

Mais ses affaires de cœur devront attendre un peu : un des invités aux fiançailles de Priscilla, l’affreux goujat Peter Bartlett, est retrouvé assassiné pendant une partie de chasse à la grouse.

Chargé des premières investigations, Hamish Macbeth fait face à une brochette de suspects huppés, qui avaient tous une bonne raison d’attenter à la vie de l’ignoble capitaine Bartlett.

Vous aimez Agatha Raisin ? Vous allez adorer Hamish Macbeth !

Comme sa grande sœur Agatha, cet Hercule Poirot à la sauce écossaise entraîne le lecteur dans des aventures totalement déjantées sorties tout droit de l’imagination de M.C Beaton. Avec, en prime, le charme des lochs, des highlanders mystérieux et des châteaux hantés.

Attention, fantômes !

Résumé : 
Or, donc, lors de sa précédente enquête, Hamish Macbeth petit policier local, tenant presque plus du garde champêtre qu’autre chose, dans ce bled paumé des Highlands, avait brillamment résolu l’affaire du meurtre d’une insupportable grognasse lors d’un stage de pêche au saumon.

A cette occasion, nous découvrions que ce grand rouquin trentenaire et sympathique en pinçait pour la belle Priscilla Halbuton-Smythe, fille du Colonel et châtelain local.

Le dit Colonel très préoccupé de son statut social, apparaissait comme plein de morgue et de mépris pour notre modeste héros, fils de famille nombreuse qui vivotait grâce au système D et aux prodigalités de Dame Nature, afin d’envoyer autant d’argent que possible à ses parents qui avaient encore d’autres enfants à élever.

Or donc, cette nouvelle enquête débute par le retour au château de Priscilla, au bras d’un fiancé médiatique, auteur de pièce à succès, et passablement narcissique et insupportable.

Les parents de la fiancée devant tenir leur rang, se sentent obligés d’inviter la gentry locale et organisent une soirée qui s’annonce prometteuse… et qui nécessite d’héberger les invités au château.

Or, Priscilla commet un terrible impair : elle invite notre petit policier de proximité qui ne pourrait que détonner au milieux de cet aréopage distingué…

Le Colonel et la Colonelle posent leur veto mais la bonne devant annoncer à Hamish l’annulation de l’invitation préférant courir le guilledou, Hamish se présente à la porte dans un costume bien trop petit pour lui, prêté par un ami serveur…

Priscilla l’interceptant, au passage lui prêtera de quoi se changer en piochant dans les affaires d’un oncle absent, et Hamish pourra observer les curieux manèges de cette bande de hobereaux provinciaux infatués dont la supériorité supposé ne repose manifestement pas sur l’intelligence, les qualités humaines ou la moralité.

Deux des invités chasseurs (visiblement dans la gentry, c’est chasse obligatoire) ont fait un pari… Celui qui ramènerait le premier une paire de grouses, volatile en voie de disparition, recevrait 5000 livres de la part de l’autre.

Mais l’un des parieur soupçonne l’autre, un personnage peu sympathique et douteux de vouloir l’entourlouper… Mais c’est l’entourloupeur qui en sera pour ses frais puisqu’on le retrouvera au matin la poitrine criblée de plombs !

Hamish n’est pas dupe et ne lâche pas l’affaire malgré l’apparence accidentelle de ce décès, et l’empressement de l’inspecteur du secteur à vouloir se contenter des apparences pour ne pas froisser le Colonel qui ne peut imaginer que l’un de ses invités soit un assassin.

Mon avis :
Ne le répétez pas à Toqué… Mais je suis amoureuse d’Hamish, et je ne comprends pas du tout ce qu’il trouve à cette Priscilla qui lui sera à jamais inaccessible à en croire cette putain de conscience de classe britannique sa grand-mère !

Si Agatha c’est moi (humm… je suis tout de même encore un peu plus jeune…), Hamish c’est le mec sympa, simple, beau et proche de la nature et futé comme je les aime !

D’ailleurs… je suis certaine qu’Agatha craquerait (pour qui ne craque-t-elle pas?) si MC Beaton avait eu la bonne idée de les faire se croiser dans une aventure commune.

Hamish n’est pas un héros qui en impose… C’est un bon gars, simple, posé tranquille… qui ne se la raconte pas… Même s’il n’a pas beaucoup de pragmatisme en matière de vie amoureuse…

Mais bon… il semble que les histoires d’amour impossibles qui n’en finissent pas aient été la spécialité de MC Beaton, non ?

A part la sympathie que j’ai pour ce petit policier, j’avoue avoir beaucoup apprécié la plume de l’auteur dans ce volume.

Un style plus travaillé que dans les aventures d’Agatha, qui sait mettre en valeur les charmes bucoliques de l’Écosse, son atmosphère et son climat.

Une critique aussi subtile que cruelle du système de classe britannique et de l’imposture sur laquelle il repose, mêlé à une intrigue dynamique, voilà ce qui a su capter mon intérêt une nuit entière (enfin presque).

J’ai passé un excellent moment avec Hamish.

Un seul regret : 288 pages… c’est relativement vite lu et il semble que les traductions françaises s’en soient arrêtées au volume 4 ou 5 pour le moment… Grrrr…

NB : Les deux derniers paragraphes de l’intro Babelio semblent rajoutés de façon automatique pour présenter la série… Mais dans le volume 1 comme dans celui-ci… Aucun fantôme à l’horizon !

[FILMS] The Limehouse Golem – Golem, le tueur de Londres : Juan Carlos Medina (2017)

Golem, le tueur de Londres (The Limehouse Golem, litt. « Le Golem de Limehouse ») est un film d’horreur britannique réalisé par Juan Carlos Medina, sorti en 2016.

Il s’agit de l’adaptation du roman Le Golem de Londres (Dan Leno and the Limehouse Golem) de Peter Ackroyd (1994).

Synopsis : 
Dans le Londres des années 1880. Une série de meurtres sanglants et cruels secouent le quartier glauque de Limehouse.

L’opinion publique met en évidence que ces crimes ne peuvent avoir été commis que par le monstre Golem, un monstre des légendes hébraïques d’Europe centrale.

La police britannique, Scotland Yard envoie John Kildare, l’un de ses meilleurs détectives, pour tenter de démasquer le coupable au sein d’un music-hall.

Fiche technique :

  • Titre original : The Limehouse Golem
  • Titre français : Golem, le tueur de Londres
  • Réalisation : Juan Carlos Medina
  • Scénario : Jane Goldman, d’après le roman « Le Golem de Londres » (« Dan Leno and the Limehouse Golem ») de Peter Ackroyd
  • Genres : horreur / policier
  • Durée : 105 minutes
  • Dates de sortie :
    • Canada : 1er juillet 2017
    • France : 31 mars 2017; 23 janvier 2018 (DVD)
    • Royaume-Uni : 1er septembre 2017
    • Québec : 13 octobre 2017

Distribution :

  • Bill Nighy : l’inspecteur John Kildare
  • Olivia Cooke : Elizabeth Cree
  • Amelia Crouch : Elizabeth jeune
  • Douglas Booth : Dan Leno
  • Adam Brown : M. Gerrard
  • Daniel Mays : George Flood
  • Sam Reid : John Cree

Ce que j’en ai pensé :
Afin de célébrer dignement la Saint-Valentin, il nous fallait un film un peu gore, avec du sang et des meurtres.

C’était ça ou le chef-d’œuvre du film romantique « The Addams Family » que j’avais revu il y a peu.

Allez hop, on s’encanaillera avec le Golem qui, en anglais, est de Limehouse et en français, de Londres.

Cherchez pas, docteur !

Les ambiances victoriennes sont reproduites correctement, aussi bien niveau vêtements que pour les ruelles sombres et mal éclairées des dock et des quartiers mal famés.

On passera bien entendu plus de temps dans des intérieurs que des extérieurs, c’est-à-dire dans des maisons « bourgeoises », au poste de police, dans les cachots, des des taudis où au music hall, le cabaret de Dan Leno.

En ce qui concerne les acteurs, je les ai trouvé bien dans leurs rôles, à leur place, chacun ayant des petites choses à cacher, des petits secrets, certaines étant même des gros secrets pas très jolis jolis !

La construction du film est agencée de la sorte que le téléspectateur découvrira les meurtres d’une manière originale : pendant que l’inspecteur John Kildare (l’épatant Bill Nighty) de Scotland Yard demande un échantillon de l’écriture des principaux suspects, il l’imagine en train de tuer les prostituées, le rabbin ou le couple de tailleurs.

Ce qui, bien entendu, vous embrouillera bien l’esprit pour tâcher de savoir QUI est le Golem de Londres qui tue violemment tous ces gens qui n’ont rien en commun.

L’enquête piétine et comme bouc émissaire, on a donc parachuté le détective John Kildare de Scotland Yard, ainsi, s’il se plante, le détective maison ne sera pas inquiété et on pourra casser du sucre sur le dos de John Kildare, l’enquêteur qui a ses propres démons et quelques rumeurs qui lui collent au cul, dont celle de préférer la frite à la moule, si vous voyez ce que je veux dire.

Niveau meurtres, c’est bien gore, mais pas trop, les détails les plus horribles ne seront montrés que peu de temps, les esprits les plus impressionnables peuvent donc le regarder et fermer les yeux durant quelques secondes, si c’est nécessaire.

Niveau scénario, il est alambiqué et à la fin, j’ai dû faire marcher mes petites cellules grises pour tâcher de comprendre si j’avais bien tout compris !

Parce que l’enquête du Golem tourne souvent autour du pot, qu’on en a une autre qui s’ajoute  (l’empoissonnement – ou pas – de John Cree par son épouse,  la magnifique Elisabeth « Lizzie » Cree, ancienne gloire du cabaret de Leno) et que le détective John Kildare aurait sans doute eu besoin de quelques leçons de mon cher… Lock Holmes (jeu de mot facile) afin de se concentrer un peu plus sur les indices et non sur le futile !

Certains pourraient même dire que la découvert de ce qui ressemble au journal du tueur était plus que providentielle et digne d’une chance de pendu. Mais bon, je ne vais pas pinailler !

Le jeu de piste est excellent, j’ai douté tout le temps, accusé tout le monde, me suis plantée dans tous les cas de figure, me suis bien faite avoir, et je ne serai pas la seule, mais j’ai quand même dû expliquer quelques trucs à Chouchou qui ne comprenait pas l’effroi affiché sur le visage de John Kildare…

Je pense que j’ai tout compris, tout capté, mais il me restera toujours un doute, surtout avec la scène finale, assez violente, mais que j’avais vu venir parce que j’avais dit, à voix haute (dans mon salon, je peux causer) « J’espère qu’ils n’ont pas oublié la sécurité » et puis bardaf, ce fut l’embardée…

Sans être révolutionnaire, le film se regarde avec plaisir, sous le plaid, un bon kawa à la main, serrés l’un contre l’autre.

Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver), le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

Et ils oublieront la colère : Elsa Marpeau

Titre : Et ils oublieront la colère                                                big_3

Auteur : Elsa Marpeau
Édition : Gallimard (2015)

Résumé :
Été 1944. Une femme court dans la campagne icaunaise. Elle cherche à échapper à la foule qui veut la tondre.

Été 2015. Un homme a été tué près d’un lac. La gendarme chargée de l’enquête soupçonne que son meurtre est lié à une tonte, qui a eu lieu soixante-dix ans plus tôt.

Entre aujourd’hui et hier, les destins s’entremêlent mais les protagonistes ne s’en souviennent plus – ils ont oublié la colère, les jours de liesse et la cruauté des vaincus contre ceux de leur camp, lors de la Libération. L’enquête va exhumer ce passé dont plus personne ne veut se rappeler.

Critique : 
♫  J’ai eu des illusions et puis des certitudes, et comme au casino j’ai tout perdu d’un coup… ♪ [1]

Oui, dans ma vie j’ai eu des illusions. Toute jeune, je les ai cru tous résistants ! Pleins de résistants au milieu de très peu de collabos. Et puis, le grand Charles l’avait dit, non ?

« À entendre les Français, personne n’a jamais eu de collabos dans sa famille, pas même de pétainistes, ils étaient tous résistants ou, du moins, sympathisants du général de Gaulle ».

« Et malgré les vingt mille femmes tondues, on n’en retrouve plus aucune, ni d’ailleurs de tondeurs, comme si tous avaient disparu de la surface de la terre ».

Banqueroute totale ! Peu de résistants, beaucoup de Naphtaliens et à la Libération, tout à coup, tout le monde avait résisté, même les délateurs de voisins. Surtout les délateurs… ♫ Je retourne ma veste, toujours du bon côté ♪ [2]

L’auteur à l’art et la manière de retourner le couteau dans une plaie qui a du mal à cicatriser car on a bâti un monde libre sur des crânes rasés et des comportements indignes.

J’ai eu le cœur serré durant certaines scènes tant la honte de ces femmes était prégnante et tant l’imbécilité des autres était flagrante. Qu’on reste planqué, je peux comprendre, mais qu’on dénonce les voisins ou qu’à la fin, on se comporte comme pire que l’occupant, ça ne me rend pas fière vis-à-vis de certains humains.

Les chapitres se déroulant en 2015 sont entrecoupés de quelques uns se passant durant la Seconde Guerre Mondiale. On retrouve même des protagonistes sur les deux époques, ainsi que leurs descendants.

Mais quel est l’horrible secret qu’ils cachent ?? Un ogre, une sorcière, un bouilleur d’enfants ?? (Godefroy de Montmirail, sors de ce corps !).

J’ai eu des illusions et des certitudes dans ce roman… Certitudes car j’étais certaine d’avoir compris et résolu l’affaire avant la gendarmette Garance Calderon, personnage au passé trouble, soit-dit en passant.

Oui, je savais QUI avait tué Mehdi Azem, je sais QUI il était réellement et je connaissais la teneur du secret. Oui, je pensais tout savoir, pétrie de certitudes que j’étais mais comme durant un tour de magie, j’ai été illusionnée et bardaf, ce n’était pas le Colonel Moutarde dans la biblio ! Raté !

Illusions aussi sur certains passages du roman, qui me titillent un peu aux entournures si je commence à creuser un peu : la gendarmette qui creuse dans la propriété à la recherche d’un corps, seule, sans rien pour ramasser les preuves ou sécuriser la scène… Horatio en aurait avalé sa paire de lunettes de soleil de travers !

Problème aussi avec certains faits… que je ne puis tous étaler au grand-jour car risque de dévoiler des choses. Je peux juste vous dire que quand un gamin de 17 ans arrive à se faire passer pour un véritable curé auprès des Fridolins qui l’emmènent dans leur voiture pour lui épargner une marche, là je me dis qu’ils avaient besoin d’une visite urgente chez Afflelou !

Autre chose : si je devais tuer un homme endormi, je ne choisirais jamais un  fusil ! Peu maniable, déjà, et surtout, le recul ! Toi tu avance, lui il recule… Comment veux-tu, comment veux tu… ? On fait ça avec un révolver que diable ! Ça vous évite une épaule en compote à cause du violent recul de certains fusil.

Et puis, que fout un Fritz tout seul dans une maison durant l’occupation ? Il nous faisait un remake de la célèbre « tenaille » de la 7ème Compagnie ? De plus, c’est à croire que ce casque à pointe avait demandé une situation et pas du travail parce qu’il se la coule douce, le mec ! Ça nage dans le lac, ça fait la sieste durant 2h. Tranquille et détendu. Et il y a un autre fait avec cet allemand qui ne passe pas. Pas réaliste du tout, mais je ne puis rien dire.

Et puis, pourquoi diable les villageois en ont-ils eu après Marianne alors que tout le monde savait qu’elle n’aimait pas les occupants ?? Je veux bien que l’être humain, lorsqu’il est en groupe, devient con, mais là…

Il y a dans cette histoire des tas de petits détails qui clochent et qui me font enlever une étoile au Guide Beletien ! Le diable se cache dans les détails et les détails ont leur importance ! Sans ça, c’était 4 étoiles sans soucis. Mais faut pas jouer dans l’illogique juste pour arriver à écrire des fins auxquelles le lecteur ne s’attend pas.

Sinon, l’écriture se lit toute seule, le roman est court, intense, on ne s’embête pas, les personnages sont assez bien fichus, certains sont très mal fichus dans leur vie, mais bon, chacun fait ce qu’il veut de sa life…

Un proverbe à tirer de cette lecture ? Quand le chat Occupant fut parti en courant, les petits rats délateurs n’eurent plus peur et tondirent les petites souris qui avaient vécu dans le vice en tâtant le pénis de l’Occupant Allemand.

Que ces femmes soient innocentes, qu’elles aient des circonstances atténuantes ou qu’elles soient vraiment coupables, ils s’en moquaient, le tout étant de tondre le bouc émissaire afin de laver leurs propres péchés et leurs vilaines lâchetés.

Quand tout les regards et l’opprobre convergent vers celles qui avaient tripoté de la verge (ou pas), personne ne regarde vos propres vilénies ou ce voisin que vous avez fait envoyer en « colonie » (c’est pour la rime, on sait où ils ont terminés et ce qu’on leur avait fait croire).

Au final ? Une enquête contemporaine avec un cadavre tout frais et un Cold Case menée par une gendarmette moins sympathique que la blonde Lilly Rush.

Une enquête où le passé et le présent s’entremêlent pour danser une gigue endiablée mêlée à un tango sensuel, le tout sur un air de Faust-semblant.

Ami lecteur, laisse tomber tes illusions et tes certitudes… malgré les petits détails qui clochent et pas logiques, malgré la torsion du récit, j’ai été bluffée par la fin. La torsion était là pour ça…

Dommage qu’il ait fallu tordre pour faire plier, parce que la partie sur la Seconde Guerre était vraiment très bien.

[1] « Casino » Michel Sardou (1998)
[2] « L’opportuniste » Jacques Dutronc

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016).

CHALLENGE - Thrillers et polars 2015-2016