[FILMS] The Limehouse Golem – Golem, le tueur de Londres : Juan Carlos Medina (2017)

Golem, le tueur de Londres (The Limehouse Golem, litt. « Le Golem de Limehouse ») est un film d’horreur britannique réalisé par Juan Carlos Medina, sorti en 2016.

Il s’agit de l’adaptation du roman Le Golem de Londres (Dan Leno and the Limehouse Golem) de Peter Ackroyd (1994).

Synopsis : 
Dans le Londres des années 1880. Une série de meurtres sanglants et cruels secouent le quartier glauque de Limehouse.

L’opinion publique met en évidence que ces crimes ne peuvent avoir été commis que par le monstre Golem, un monstre des légendes hébraïques d’Europe centrale.

La police britannique, Scotland Yard envoie John Kildare, l’un de ses meilleurs détectives, pour tenter de démasquer le coupable au sein d’un music-hall.

Fiche technique :

  • Titre original : The Limehouse Golem
  • Titre français : Golem, le tueur de Londres
  • Réalisation : Juan Carlos Medina
  • Scénario : Jane Goldman, d’après le roman « Le Golem de Londres » (« Dan Leno and the Limehouse Golem ») de Peter Ackroyd
  • Genres : horreur / policier
  • Durée : 105 minutes
  • Dates de sortie :
    • Canada : 1er juillet 2017
    • France : 31 mars 2017; 23 janvier 2018 (DVD)
    • Royaume-Uni : 1er septembre 2017
    • Québec : 13 octobre 2017

Distribution :

  • Bill Nighy : l’inspecteur John Kildare
  • Olivia Cooke : Elizabeth Cree
  • Amelia Crouch : Elizabeth jeune
  • Douglas Booth : Dan Leno
  • Adam Brown : M. Gerrard
  • Daniel Mays : George Flood
  • Sam Reid : John Cree

Ce que j’en ai pensé :
Afin de célébrer dignement la Saint-Valentin, il nous fallait un film un peu gore, avec du sang et des meurtres.

C’était ça ou le chef-d’œuvre du film romantique « The Addams Family » que j’avais revu il y a peu.

Allez hop, on s’encanaillera avec le Golem qui, en anglais, est de Limehouse et en français, de Londres.

Cherchez pas, docteur !

Les ambiances victoriennes sont reproduites correctement, aussi bien niveau vêtements que pour les ruelles sombres et mal éclairées des dock et des quartiers mal famés.

On passera bien entendu plus de temps dans des intérieurs que des extérieurs, c’est-à-dire dans des maisons « bourgeoises », au poste de police, dans les cachots, des des taudis où au music hall, le cabaret de Dan Leno.

En ce qui concerne les acteurs, je les ai trouvé bien dans leurs rôles, à leur place, chacun ayant des petites choses à cacher, des petits secrets, certaines étant même des gros secrets pas très jolis jolis !

La construction du film est agencée de la sorte que le téléspectateur découvrira les meurtres d’une manière originale : pendant que l’inspecteur John Kildare (l’épatant Bill Nighty) de Scotland Yard demande un échantillon de l’écriture des principaux suspects, il l’imagine en train de tuer les prostituées, le rabbin ou le couple de tailleurs.

Ce qui, bien entendu, vous embrouillera bien l’esprit pour tâcher de savoir QUI est le Golem de Londres qui tue violemment tous ces gens qui n’ont rien en commun.

L’enquête piétine et comme bouc émissaire, on a donc parachuté le détective John Kildare de Scotland Yard, ainsi, s’il se plante, le détective maison ne sera pas inquiété et on pourra casser du sucre sur le dos de John Kildare, l’enquêteur qui a ses propres démons et quelques rumeurs qui lui collent au cul, dont celle de préférer la frite à la moule, si vous voyez ce que je veux dire.

Niveau meurtres, c’est bien gore, mais pas trop, les détails les plus horribles ne seront montrés que peu de temps, les esprits les plus impressionnables peuvent donc le regarder et fermer les yeux durant quelques secondes, si c’est nécessaire.

Niveau scénario, il est alambiqué et à la fin, j’ai dû faire marcher mes petites cellules grises pour tâcher de comprendre si j’avais bien tout compris !

Parce que l’enquête du Golem tourne souvent autour du pot, qu’on en a une autre qui s’ajoute  (l’empoissonnement – ou pas – de John Cree par son épouse,  la magnifique Elisabeth « Lizzie » Cree, ancienne gloire du cabaret de Leno) et que le détective John Kildare aurait sans doute eu besoin de quelques leçons de mon cher… Lock Holmes (jeu de mot facile) afin de se concentrer un peu plus sur les indices et non sur le futile !

Certains pourraient même dire que la découvert de ce qui ressemble au journal du tueur était plus que providentielle et digne d’une chance de pendu. Mais bon, je ne vais pas pinailler !

Le jeu de piste est excellent, j’ai douté tout le temps, accusé tout le monde, me suis plantée dans tous les cas de figure, me suis bien faite avoir, et je ne serai pas la seule, mais j’ai quand même dû expliquer quelques trucs à Chouchou qui ne comprenait pas l’effroi affiché sur le visage de John Kildare…

Je pense que j’ai tout compris, tout capté, mais il me restera toujours un doute, surtout avec la scène finale, assez violente, mais que j’avais vu venir parce que j’avais dit, à voix haute (dans mon salon, je peux causer) « J’espère qu’ils n’ont pas oublié la sécurité » et puis bardaf, ce fut l’embardée…

Sans être révolutionnaire, le film se regarde avec plaisir, sous le plaid, un bon kawa à la main, serrés l’un contre l’autre.

Le Challenge « A year in England – 2017-2018 » chez Titine (Plaisirs à Cultiver), le Mois du polar (Février 2018) chez Sharon et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

Et ils oublieront la colère : Elsa Marpeau

Titre : Et ils oublieront la colère                                                big_3

Auteur : Elsa Marpeau
Édition : Gallimard (2015)

Résumé :
Été 1944. Une femme court dans la campagne icaunaise. Elle cherche à échapper à la foule qui veut la tondre.

Été 2015. Un homme a été tué près d’un lac. La gendarme chargée de l’enquête soupçonne que son meurtre est lié à une tonte, qui a eu lieu soixante-dix ans plus tôt.

Entre aujourd’hui et hier, les destins s’entremêlent mais les protagonistes ne s’en souviennent plus – ils ont oublié la colère, les jours de liesse et la cruauté des vaincus contre ceux de leur camp, lors de la Libération. L’enquête va exhumer ce passé dont plus personne ne veut se rappeler.

Critique : 
♫  J’ai eu des illusions et puis des certitudes, et comme au casino j’ai tout perdu d’un coup… ♪ [1]

Oui, dans ma vie j’ai eu des illusions. Toute jeune, je les ai cru tous résistants ! Pleins de résistants au milieu de très peu de collabos. Et puis, le grand Charles l’avait dit, non ?

« À entendre les Français, personne n’a jamais eu de collabos dans sa famille, pas même de pétainistes, ils étaient tous résistants ou, du moins, sympathisants du général de Gaulle ».

« Et malgré les vingt mille femmes tondues, on n’en retrouve plus aucune, ni d’ailleurs de tondeurs, comme si tous avaient disparu de la surface de la terre ».

Banqueroute totale ! Peu de résistants, beaucoup de Naphtaliens et à la Libération, tout à coup, tout le monde avait résisté, même les délateurs de voisins. Surtout les délateurs… ♫ Je retourne ma veste, toujours du bon côté ♪ [2]

L’auteur à l’art et la manière de retourner le couteau dans une plaie qui a du mal à cicatriser car on a bâti un monde libre sur des crânes rasés et des comportements indignes.

J’ai eu le cœur serré durant certaines scènes tant la honte de ces femmes était prégnante et tant l’imbécilité des autres était flagrante. Qu’on reste planqué, je peux comprendre, mais qu’on dénonce les voisins ou qu’à la fin, on se comporte comme pire que l’occupant, ça ne me rend pas fière vis-à-vis de certains humains.

Les chapitres se déroulant en 2015 sont entrecoupés de quelques uns se passant durant la Seconde Guerre Mondiale. On retrouve même des protagonistes sur les deux époques, ainsi que leurs descendants.

Mais quel est l’horrible secret qu’ils cachent ?? Un ogre, une sorcière, un bouilleur d’enfants ?? (Godefroy de Montmirail, sors de ce corps !).

J’ai eu des illusions et des certitudes dans ce roman… Certitudes car j’étais certaine d’avoir compris et résolu l’affaire avant la gendarmette Garance Calderon, personnage au passé trouble, soit-dit en passant.

Oui, je savais QUI avait tué Mehdi Azem, je sais QUI il était réellement et je connaissais la teneur du secret. Oui, je pensais tout savoir, pétrie de certitudes que j’étais mais comme durant un tour de magie, j’ai été illusionnée et bardaf, ce n’était pas le Colonel Moutarde dans la biblio ! Raté !

Illusions aussi sur certains passages du roman, qui me titillent un peu aux entournures si je commence à creuser un peu : la gendarmette qui creuse dans la propriété à la recherche d’un corps, seule, sans rien pour ramasser les preuves ou sécuriser la scène… Horatio en aurait avalé sa paire de lunettes de soleil de travers !

Problème aussi avec certains faits… que je ne puis tous étaler au grand-jour car risque de dévoiler des choses. Je peux juste vous dire que quand un gamin de 17 ans arrive à se faire passer pour un véritable curé auprès des Fridolins qui l’emmènent dans leur voiture pour lui épargner une marche, là je me dis qu’ils avaient besoin d’une visite urgente chez Afflelou !

Autre chose : si je devais tuer un homme endormi, je ne choisirais jamais un  fusil ! Peu maniable, déjà, et surtout, le recul ! Toi tu avance, lui il recule… Comment veux-tu, comment veux tu… ? On fait ça avec un révolver que diable ! Ça vous évite une épaule en compote à cause du violent recul de certains fusil.

Et puis, que fout un Fritz tout seul dans une maison durant l’occupation ? Il nous faisait un remake de la célèbre « tenaille » de la 7ème Compagnie ? De plus, c’est à croire que ce casque à pointe avait demandé une situation et pas du travail parce qu’il se la coule douce, le mec ! Ça nage dans le lac, ça fait la sieste durant 2h. Tranquille et détendu. Et il y a un autre fait avec cet allemand qui ne passe pas. Pas réaliste du tout, mais je ne puis rien dire.

Et puis, pourquoi diable les villageois en ont-ils eu après Marianne alors que tout le monde savait qu’elle n’aimait pas les occupants ?? Je veux bien que l’être humain, lorsqu’il est en groupe, devient con, mais là…

Il y a dans cette histoire des tas de petits détails qui clochent et qui me font enlever une étoile au Guide Beletien ! Le diable se cache dans les détails et les détails ont leur importance ! Sans ça, c’était 4 étoiles sans soucis. Mais faut pas jouer dans l’illogique juste pour arriver à écrire des fins auxquelles le lecteur ne s’attend pas.

Sinon, l’écriture se lit toute seule, le roman est court, intense, on ne s’embête pas, les personnages sont assez bien fichus, certains sont très mal fichus dans leur vie, mais bon, chacun fait ce qu’il veut de sa life…

Un proverbe à tirer de cette lecture ? Quand le chat Occupant fut parti en courant, les petits rats délateurs n’eurent plus peur et tondirent les petites souris qui avaient vécu dans le vice en tâtant le pénis de l’Occupant Allemand.

Que ces femmes soient innocentes, qu’elles aient des circonstances atténuantes ou qu’elles soient vraiment coupables, ils s’en moquaient, le tout étant de tondre le bouc émissaire afin de laver leurs propres péchés et leurs vilaines lâchetés.

Quand tout les regards et l’opprobre convergent vers celles qui avaient tripoté de la verge (ou pas), personne ne regarde vos propres vilénies ou ce voisin que vous avez fait envoyer en « colonie » (c’est pour la rime, on sait où ils ont terminés et ce qu’on leur avait fait croire).

Au final ? Une enquête contemporaine avec un cadavre tout frais et un Cold Case menée par une gendarmette moins sympathique que la blonde Lilly Rush.

Une enquête où le passé et le présent s’entremêlent pour danser une gigue endiablée mêlée à un tango sensuel, le tout sur un air de Faust-semblant.

Ami lecteur, laisse tomber tes illusions et tes certitudes… malgré les petits détails qui clochent et pas logiques, malgré la torsion du récit, j’ai été bluffée par la fin. La torsion était là pour ça…

Dommage qu’il ait fallu tordre pour faire plier, parce que la partie sur la Seconde Guerre était vraiment très bien.

[1] « Casino » Michel Sardou (1998)
[2] « L’opportuniste » Jacques Dutronc

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016).

CHALLENGE - Thrillers et polars 2015-2016

The seven-per-cent solution – Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express [Sherlock Holmes – FILMS]

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Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express (The Seven-Per-Cent Solution) est un film américano-britannique de Herbert Ross sorti en 1976.

C’est l’adaptation du roman, paru en 1974, « La solution à sept pour cent » de Nicholas Meyer, qui signe lui-même le scénario.

Meyer est l’auteur de deux autres romans pastiches de l’œuvre d’Arthur Conan Doyle : « L’Horreur du West End » (1976), dans lequel le détective côtoie Oscar Wilde et Bram Stoker, et « Sherlock Holmes et le fantôme de l’Opéra » (1993).

1. Synopsis :

En 1891, Sherlock Holmes est retrouvé par le docteur Watson dans un état de totale prostration causé par l’usage de la cocaïne.

Avec l’aide de Mycroft Holmes, Watson parvient à entraîner Holmes à Vienne afin de lui faire suivre une cure de désintoxication auprès du docteur Sigmund Freud.

Après diverses péripéties, tous les trois seront conduits à prendre l’Orient-Express pour sauver une ancienne patiente de Freud qu’un sultan veut emmener en Turquie.

2. Fiche technique :

  • Titre français : Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express
  • Titre original : The Seven-Per-Cent Solution
  • Réalisation : Herbert Ross
  • Scénario : Nicholas Meyer, d’après son roman La solution à sept pour cent et d’après les personnages créés par Arthur Conan Doyle
  • Musique : John Addison
  • Photographie : Oswald Morris et Alex Thomson (seconde équipe)
  • Distribution : Universal Pictures
  • Pays d’origine : Royaume-Uni et États-Unis
  • Genre : Policier
  • Durée : 113 minutes
  • Format : Couleur Technicolor – 1.85:1 – 35 mm
  • Date de sortie : États-Unis: 24 octobre 1976 / France : 16 avril 1980

3. Distribution :

  • Alan Arkin (VF : Jacques Ferrière) : Dr Sigmund Freud
  • Robert Duvall (VF : Gabriel Cattand) : Dr John H. Watson / le narrateur
  • Nicol Williamson (VF : Jean Roche) : Sherlock Holmes
  • Vanessa Redgrave : Lola Deveraux
  • Laurence Olivier (VF : Philippe Dumat) : Professeur James Moriarty
  • Régine (VF : elle-même) : Madame
  • Samantha Eggar : Mary Morstan Watson
  • Joel Grey : Lowenstein
  • Charles Gray (VF : William Sabatier) : Mycroft Holmes

Alors, avant toute chose, faut en préciser une : le titre est très mal trouvé !! Si en V.O il a tout son sens « The seven-per-cent solution » et aurait dû être traduit par « La solution à 7% ». Phrase célèbre que toute personne ayant lu « Le signe des quatre » connait.

Non, eux, en V.F, ils en ont fait « Sherlock Holmes attaque l’Orient-Express »… Hors, si Holmes va bien poursuivre un train et monter dans celui-ci sans y être invité, il ne s’agit pas du vrai Orient-Express dans lequel Hercule Poirot avait résolu un meurtre !

Il attaque un train privé qui se dirige vers Istanbul, c’est tout…

Ce que j’en ai toujours pensé :
Bon, pas évident de revoir après tant d’années un film que j’avais apprécié en son temps.

Allait-il « passer » ou « passer à la trappe » ?

Je vous l’avoue de suite, à l’époque où je l’avais vu pour la première fois, j’avais adoré ! Surtout que j’avais lu le roman de Nicholas Meyer (qui lui avait des passages un peu longs mais un final de malade) avant de découvrir ce film.

Le postulat de départ n’est pas une nouveauté pour les holmésiens de tout poil : en effet, certains pensent et disent tout haut que Holmes et le professeur Moriarty ne faisaient qu’une seule et même personne et que Holmes s’était inventé sa Némésis.

Je n’ai jamais partagé cette idée mais elle vaut la peine d’être étudiée et je l’avais bien aimée dans le roman.

Dans le film, donc, le professeur Moriarty, le Napoléon du Crime, le Mal incarné n’est qu’un pauvre professeur, harcelé par un Holmes en manque de cocaïne.

Avec l’âge, j’ai trouvé des tas de défauts au film, dont celui, notamment, de pousser un peu trop le piston de la seringue à cocaïne !

Oui, Holmes prenait une solution à 7% de cocaïne quand il s’ennuyait et qu’il n’avais pas d’affaire, mais ici, ils en font véritablement un drogué en manque qui doit aller se faire soigner dans un centre de désintoxication de suite.

Mycroft Holmes, joué par Charles Gray, qui le rejouera pour la série de la Granada.

Pourtant, malgré quelques incohérences et des cascades qui auraient plus leur place dans un James Bond que dans un Holmes, le film s’est laissé revoir avec plaisir.

Déjà, le générique ne manque pas d’originalité puisqu’il nous présente les personnages via des dessins de Sidney Paget (le dessinateur anglais de Sherlock Holmes).

Sherlock Holmes (Nicol Williamson) est dans un état critique, il transpire abondamment en racontant à Watson que Moriarty est le Napoléon du Crime. L’appart du 221b est un capharnaüm pas possible et Watson le regarde trembler et casser des tasses de thé sans avoir l’air de trop s’émouvoir.

Une seringue posée sur un écrin de velours bleu est bien visible. Si vous n’aviez pas compris, vous voilà mis au parfum Cocaïne !

Un flash-back avec un petit garçon montant l’escalier, le tout sous des lumières bleues donne un petit air mystérieux au récit de Holmes. Ce flash-back aux tons bleus sera le fil rouge durant tout le film puisqu’il reviendra souvent, sans que l’on sache à quoi fait-il référence, hormis à la fin.

Nous sommes face à un Watson (Robert Duvall) qui est loin d’être le benêt habituel dans les séries. Dans les récits canoniques, il n’a certes pas l’intelligence de Holmes, mais il est comme le lecteur : pas un imbécile, juste un non-voyant.

Le film le met aux avants-postes puisque c’est lui qui prendra la décision d’amener Holmes jusqu’à Vienne, chez un certain docteur Sigmund Freud, en lui faisant courir derrière le leurre qu’est le professeur Moriaty.

Le Moriarty de la BBC fiche la trouille, mais celui de ce film est un paisible professeur qui en a marre que Holmes lui tourne autour en l’accusant ce qu’il n’est pas. J’aime ce film aussi pour ce fait là : il explore d’autres hypothèses et ça nous change de l’habituel.

En route pour Vienne ! Mais Holmes ne le sait pas encore… Mais virez-moi cet attribut horrible sur la tête de Holmes !

Nicol Williamson ne sera jamais mon Holmes préféré. De ce côté-là, John Neville (A study in terror) a plus de classe.

Ici, notre Holmes se promène partout revêtu de sa deerstalker et de son grand manteau cape, même en ville ! Hors ces vêtements ne sont portés qu’à la campagne.

Il fumera même la pipe calebasse devant la maison de Moriarty. Anachronisme puisque non existante à cette époque.

À croire que les scénaristes voulaient à tout prix que l’on sache, à coup sûr, que nous étions bien face à Sherlock Holmes, qu’ils l’ont affublés de tout ces accessoires non canoniques, mais qui, au fil du temps, on fixé l’image du détective dans l’imaginaire collectif.

L’acteur qui joue Watson a de la présence, les pieds bien ancrés dans la réalité et de l’envergure. Il est le biographe de Holmes, mais aussi son ami, son garde-fou, celui qui invente avec Mycroft Holmes un plan pour faire soigner Holmes de son addiction.

Mention au frère de Sherlock, Mycroft, qui est le même que celui de la série Granada : Charles Gray (plus jeune).

Toby, chien renifleur très connu, en voyage avec Holmes et Watson.

Si à son arrivée à Vienne, comprenant qu’on s’est joué de lui, Holmes devient bougon, il comprend aussi qu’il est temps de se faire soigner.

La rencontre avec Freud dans son bureau donnera lieu à des déductions.

L’avantage de le regarder en V.O.STFR est que l’on entend bien l’accent germanique sous l’anglais de Freud.

Dans le bureau du docteur Sigmund Freud.

Freud utilisera l’hypnose pour tenter de guérir l’addiction de Holmes à la cocaïne, mais son côté psychologue comprendra aussi que les racines de ce mal sont profondes et que si on ne s’y attaque pas, il replongera.

Le film n’est pas très trépidant dans ces moments là, on assiste à quelques scènes de la vie de famille des Freud et des passages où Holmes est en proie à des cauchemars dû sans doute au manque de drogue.

Beaucoup d’antisémitisme aussi. Freud étant juif, il ne plait pas à tout le monde, surtout qu’il a des idées révolutionnaire et tout le monde n’apprécie pas de s’entendre dire qu’il a voulu coucher avec sa mère…

[Holmes en proie à des cauchemars terribles et au manque de cocaïne] — Vivement que Michel Onfray vous démonte, Freud !!

« Suivez le pendule et laissez-vous z’hypnotiser »

L’enquête qui se greffe dans l’histoire n’est pas mal, elle permet à Holmes de sortir de la routine et de faire travailler son esprit qui rouille quand il n’est pas au travail.

Par contre, la scène dans le manège, avec les chevaux gris présenté en cobra et qui chargent nos amis, ça fait pas vrai du tout ! (La cobra est une épreuve de présentation de juments ibériques attachées ensemble par le cou).

Des chevaux qui chargent des hommes comme des taureaux ?? Sans parler qu’à la fin, ils foncent dans une porte de sortie qui semble fort épaisse et bardaf, ils ont font du petit bois d’allumettes ! Pas réaliste du tout.

Un Stradivarius ? Non, LE stradivarius !

Manque de réalisme aussi dans plusieurs scènes, mais la pire restera la scène de la bagarre au sabre sur le toit d’un wagon, le train étant en marche…

On commence par un combat dans le wagon et on finit au-dessus, parfois même en ne se tenant plus qu’à la barre de côté… Juste digne d’un mauvais James Bond avec Roger Mooore dans le rôle titre.

Oui, le film est truffé de ce genre de scènes irréalistes, mais il se regarde quand même avec plaisir, juste pour passer du bon temps.

La scène finale me fait toujours sourire… Une autre explication de la disparition de Holmes et du fait qu’il ait demandé à Watson d’écrire sa mort le temps qu’il prenne du repos.

Bien entendu, nous avons eu le fin mot de l’histoire du flash-back ! Il me fait toujours froid dans le dos, même si je le connais depuis longtemps.

En conclusion, ceci n’est pas LE film holmésien à noter dans les annales, mais il vaut tout de même la peine pour découvrir un autre éclairage, d’autres hypothèses sur le fameux professeur Moriarty, le Napoléon du Crime dont personne ne connaissait l’existence, hormis Holmes !

Prendre le train, c’est salissant ! Et fatiguant.

Vacances bien méritées pour Holmes !

Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et Le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

Black Butler – Tome 10 : Yana Toboso

Titre : Black Butler, Tome 10
 
Auteur : Yana Toboso
Édition :  Kana (2012)

Résumé :
Plusieurs meurtres ont été commis à l’occasion d’une fête donnée au manoir de Phantomhive.

Le maître des lieux, qui a perdu son majordome, se lance dans une enquête. Tandis que le mystère s’épaissit, la cape marron d’un pasteur au rire hautain voltige, voltige…

Critique :  

Comme je vous le racontais dans ma critique du tome 9, des meurtres (3) ont eu lieu au manoir de Panthomhive dont un assez… inimaginable (ceux qui l’ont lu comprendront).

Mais qui a tué ? C’est ce que Ciel, le jeune comte, aidé de l’écrivain mystère (l’auteur d’un roman policier bien connu dont je vous parlais aussi dans la précédente critique) vont essayer de découvrir afin de résoudre l’énigme.

En édifiant une « liste des alibis » le romancier se rend compte que seul lui et le comte sont innocents, sur les douze personnes présentes au manoir.

De plus, pour les meurtres, il fallait un complice… Ou alors, le coupable du premier meurtre n’a rien à voir avec les suivants, ou les morts étaient en fait le ou les coupables du premier crime ?

Diable, le mystère s’épaissit et dehors, la tempête fait de plus en plus rage, comme si les éléments étaient déchaînés sur le manoir.

C’est alors que de la tempête surgira un étrange pasteur, ressemblant étrangement à… Sherlock Holmes.

Que se soit de par son costume, de par sa silhouette longiligne, de par ses déductions, de par sa manière de joindre les mains devant lui ou de mener l’enquête, tout nous fait penser au détective de Baker Street.

Sans compter qu’il se nomme… Jeremy Rathborne ! Un mélange de Jeremy Brett (il a joué le rôle de Holmes dans la série Granada et même Watson, au théâtre, en face de Charlton Heston) et de Basil Rathborne qui joua, lui aussi, le rôle du détective (14 fois si je ne m’abuse).

Le tout, en sachant que l’écrivain présent n’est autre que… Conan Doyle.

Ce que j’ai apprécié, hormis l’enquête, les meurtres et l’ambiance à la Agatha Christie, c’est de découvrir les nombreuses références canoniques à Sherlock Holmes qui parsèment ce tome :

– le vieux Tanaka, quand il réalise une prise « karatéka » sur un convive (monsieur Woodley cherchait à agresser le comte) : il leur explique que c’est du « Bartitsu » (un art martial de technique d’autodéfense inventé par Barton-Wright).
Doyle, encore sous le choc, ne comprendra pas bien, dira « Baritsu » (art martial pratiqué par Holmes et que nous retrouverons dans « La maison vide – The Empty House »). En enlevant un « t », le nom naissait.

– Nous avons un dessin en page centrale de quelques personnages (le comte, ses employés et Doyle) portant le fameux deerstalker et la cape macfarlane (bien que non canoniques), sans oublier la pipe courbée (pipe calabash – un anachronisme), une loupe, un portrait en ombre chinoise du détective, sans oublier le numéro 222b.

Bref, même si certains ne sont « pas canoniques », ils sont devenus les attributs du détective malgré lui.

– La déduction sur la montre du premier cadavre : le pasteur signale que les traces de griffures près du remontoir prouvent que le proprio de la montre était alcoolique (cfr « Le signe des quatre »).

– Jeremy qui demande un mouchoir à Doyle, et qui ensuite l’enfonce dans la bouche du mort afin de renifler l’odeur, avant de le rendre à son propriétaire, alors qu’il en possède un, ça pourrait être digne de Holmes.

– Quant au final, avec la découverte de l’assassin, c’est tiré d’un récit de Conan Doyle en plein. Mais je ne vous dirai pas lequel… On peut dire que cela lui donnera des idées pour cette nouvelle.

Une enquête assez mouvementée, une brin de « fantastique » et de suspense, bref, un Black Butler comme je l’aime !

Et Doyle comprendra, avant de repartir, QUI était en fait le pasteur Jeremy Rathborne…

Lu dans le cadre du challenge « Thrillers et polars » organisé par Liliba.

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Black Butler – Tome 9 : Yana Toboso

Titre : Black Butler, Tome 9
 
Auteur : Yana Toboso
Édition :  Dargaud (2012)

Résumé :
Ciel Phantomhive est l’héritier d’une grande famille de la noblesse anglaise. C’est sur les épaules de ce jeune garçon d’une grande beauté, très intelligent et mature pour son âge, que repose l’empire familial commercialisant entre autres des jouets et des friandises.

Ciel fait également partie des « chiens de garde de la reine », ces membres de la gentry travaillant pour le gouvernement en vue d’éradiquer le crime du pays. Ce qui ne manquera pas de le placer dans des situations plutôt périlleuses.

Ciel vit seul dans un grand manoir. Enfin, seul, pas vraiment, puisque Sebastian, son majordome, toujours en livrée noire, impeccablement stylé dirige la maison, accompagne Ciel partout et lui sert en quelque sorte de garde du corps.

Sebastian doit également s’occuper de May Linn, la femme de chambre et de Finnian, le jardinier, tous deux plutôt loufoques.

En matière d’érudition, d’éducation, d’art culinaire, rien à redire, Sebastian est parfait. Mais il ne faut pas se fier à ses belles manières car des gangsters menaçant la vie de son jeune maître ont entre autres découvert à leurs dépends, sa vraie nature… Ciel aurait-il signé un pacte avec le Diable…?!

A peine remis et déjà obliger d’organiser une réception. Voilà quelque chose qui déplaît fortement à Ciel, même si la réunion de nombreux nobles, pour certains étrangers, est important pour sa société.

Toutefois, une tempête éclate et la soirée est vite perturbé. Quelque chose se prépare.

Critique :  

J’ai fait connaissance avec le manga « Black Butler » dès le tome 3 et je le suis depuis ce jour.

L’univers étrange, le fantastique, les enquêtes de Ciel Phantomhive, jeune garçon de 13 ans très étrange et de son diable de majordome avait tout pour me plaire.

A chaque tome, nous en apprenons un peu plus sur les étranges personnages qui peuplent le manoir de Phantomhive et sur le comte Ciel, chien de la Reine Victoria.

Nous sommes dans les années 1888 et après les références à l’ami Jack l’Éventreur, nous passons à une autre catégorie, si je puis dire…

Dans ce tome, on commence par découvrir un personnage, qui, dès que j’ai lu les premières lignes, je savais à QUI j’avais à faire. Un personnage connu.

Extrait :
« Les premiers jours du printemps 1889… L’hiver se faisait encore un peu sentir. Je travaillais à Londres où j’étais un ophtalmologue peu prospère, mais je me consacrais aussi humblement à l’écriture ».
« Cela dit, je n’écrivais que pendant mes heures de loisirs, quand je n’avais pas de patients. Seul un manuscrit avait été retenu de tous ceux que j’avais envoyé à des éditeurs et ceci en échange d’une somme dérisoire. J’envisageais de quitter mon cabinet et de me retirer à la campagne, en Écosse… »

J’ai pensé directement à quelqu’un que je connaissais bien pour avoir dévoré ses romans policiers avec son diable de détective.

Jamais on ne dit son nom complet, mais il prénomme Arthur…

Le doute ne m’étais plus permis, c’était une pierre de plus dans mon jardin, un mur, quasi.
Là où j’ai exulté, c’est quand le comte de Phantomhive lui parle du roman qui fut publié dans la magazine « Beeton ». Et que voit-on dans le dessin ? « A Study in scarlett ».

Quoi, vous ne savez pas encore de quel écrivain écossais je parle ? Pourtant, c’est… élémentaire !

Dans ce tome 9, nous avons tous les ingrédients d’un roman policier : des invités réunis, une tempête avec la pluie qui tombe plus fort qu’au temps du Déluge biblique et… un mort en chambre close.

Attendez un peu, nous avons un deuxième mort et pas n’importe qui… oh, non, un troisième ! Oh, on se calme ?

Si j’avais moins aimé les tomes consacrés au Cirque, je suis comblée par ce tome 9 qui renoue avec une enquête policière presque traditionnelle, en vase clos, presque comme dans les Hercule Poirot.

« Presque » ?…

Nous sommes tout de même avec un diable de majordome, non ?

Et le tome 10 va faire entrer en scène un étrange personnage… Excellent !

Et ce qui ne gâte rien, c’est l’univers de l’Angleterre victorienne et toutes ses références. L’auteur a potassé son sujet.

Lu dans le cadre du challenge « Thrillers et polars » organisé par Liliba.

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