Petit Piment : Alain Mabanckou

Titre : Petit Piment

Auteur : Alain Mabanckou
Édition : Points (2017)

Résumé :
Jeune orphelin de Pointe-Noire, Petit Piment effectue sa scolarité dans une institution placée sous l’autorité abusive et corrompue de Dieudonné Ngoulmoumako. Arrive bientôt la révolution socialiste, les cartes sont redistribuées.

L’aventure commence. Elle le conduira notamment chez Maman Fiat 500 et ses dix filles, et la vie semble enfin lui sourire dans la gaité quotidienne de cette maison pas si close que ça, où il rend toutes sortes de services.

Jusqu’à ce que ce bonheur s’écroule. Petit Piment finit par perdre la tête, mais pas le nord : il sait qu’il a une vengeance à prendre contre celui qui a brisé son destin.

Critique :
« Tokumisa Nzambe po Mose yamoyindo abotami namboka ya Bakoko » peut se vanter d’avoir le nom le plus long de toute la création !

Afin de vous coucher moins bête ce soir, cela signifie « Rendons grâce à Dieu, le Moïse noir est né sur la terre des ancêtres ».

À l’orphelinat de Loango (République du Congo) où il a été placé depuis sa naissance, on le nomme Moïse. C’est plus facile. Ensuite, on le connaîtra sous le surnom de Petit Piment.

Tout allait plus au moins bien à l’orphelinat, Moïse était satisfait, il adorait Papa Moupelo qui leur donnait catéchisme toutes les semaines et qui était très gentil avec les orphelins, qui les respectaient. Hélas, vint la Révolution socialiste et tout changea du jour au lendemain, passant de « pas trop mal » à « horrible ».

Dieudonné Ngoulmoumako est le directeur de l’orphelinat, est corrompu jusqu’au trognon, c’est un lécheur de bottes, il est cruel, autoritaire, despotique, raciste envers les autres ethnies et comme tout bon magouilleur qui se respecte, il a placé à ses côtés les membres de sa famille. Son socialisme est fait de caviar.

Moïse, lui, est un garçon auquel on s’attache assez vite. Il est notre narrateur et se fera un plaisir de vous raconter ce qu’il sait de son pays, de l’orphelinat, de la société congolaise, avec ses ethnies, son racisme (qui n’est pas l’apanage des Blancs), ses codes, ses superstitions, ses croyances… Il en sait peu, n’ayant jamais mis les pieds dehors, mais son témoignage est éclairant et l’on en saura plus sur la société congolaise des années 60/70.

Le changement interviendra lorsqu’il sortira de l’orphelinat, passant d’un monde semi-protégé à celui de la délinquance juvénile, dans les bas-fonds de Pointe-Noire où le roman prendra un tour plus sombre, plus noir, plus social, avec ses prostituées, la politique du maire, les différentes bandes de gamins des rues, voleurs, chapardeurs et autres.

Jusqu’à son incorporation dans la maison close de Maman Fiat 500, le récit me plaisait, le plume d’Alain Mabanckou m’enchantait (je la découvrais) et c’était un réel plaisir de parfaire mes connaissances sur l’Afrique.

L’auteur ne se voile jamais la face, il dit les choses telles qu’elles sont, sans tourner autour du pot. Le récit de Moïse/Petit Piment est empreint d’un mélange de naïveté et de grande lucidité. Les deux étant équilibrés.

Petit Piment (qui ne se prénomme plus Moïse) évoluait dans le bon sens, son parcours de vie était toujours instructif à suivre et l’auteur avait glissé habillement la politique dans le récit de notre gamin devenu adulte. Aucun ennui ne pointait son nez à l’horizon de cette lecture, même si le rythme est assez lent dans certains parties.

Là où le bât a blessé, c’est après l’opération « Pointe-Noire sans putes zaïroises » où notre narrateur va péter un câble voyant qu’il a perdu ses derniers repères, son dernier giron et à partir de ce moment-là, le récit ne m’a plus emballé du tout, je m’y suis ennuyée, ne me retrouvant plus dans les élucubrations de Petit Piment.

La sensation d’un récit d’embourbant, tournant en rond, ne m’a plus quitté. Cela devenait lourd et j’ai terminé le récit en sautant quelques passages, notamment dans le cabinet du psy.

Dommage, plus des trois-quarts du roman m’avait emballé et la panne s’essence à surgit dans les derniers kilomètres. Bien que je comprenne la folie qui prend Petit Piment, bien que je comprenne qu’il ne veuille pas en sortir, cette partie-là ne m’a pas enchanté.

Malgré ce bémol de fin de voyage, je garderai les bons côtés du roman, notamment l’apprentissage de la vie de Moïse, ses errances, ses erreurs et tout ce que j’ai appris sur la société africaine, en particulier celle de la République du Congo, avec ses règles, ses magouilles, ses problèmes entre ethnies.

Le Challenge « Le tour du monde en 80 livres chez Bidb » (République Congo).

GrandMèreDixNeuf et le secret du Soviétique ‭: ‬Ondjaki [LC avec Rachel]

Titre : GrandMèreDixNeuf et le secret du Soviétique

Auteur : Ondjaki
Édition : Métailié Biblio portugaise (21/01/2021)
Édition Originale : AvóDezanove e o segredo do Soviético
Traduction : Danielle Schramm

Résumé :
Dans une banlieue de Luanda près d’une petite plage, GrandMèreDixNeuf (on l’a amputée d’un orteil) s’occupe de toute une bande de gamins, curieux et débrouillards, amateurs de baignades et de fruits chapardés.

Des coopérants soviétiques construisent un Mausolée gigantesque pour la momie de Agostinho Neto, le père de la Révolution. La guerre civile est terminée, ils vont moderniser le quartier si bien situé au bord de la mer.

L’un des officiers est ami de la GrandMère, sa maison a toujours de l’électricité grâce à la dérivation qu’il lui a installée. Il souffre de cette chaleur, de ce soleil impitoyable, il rêve des hivers russes.

Les enfants ne veulent pas qu’on touche à leur quartier, ils prennent les choses en main pour pouvoir continuer à plonger dans la mer pour pousser des “cris bleu”.

Critique :
Comment qualifier ce roman… Amusant ? Affirmatif. Déroutant ? Affirmatif. Onirique ? Aussi. Drôle ? Oui, un peu. Noir ? Oui, aussi.

En fait, il est difficile de le faire rentrer dans des cases, tant il est étrange, ce roman.

Angola, années 80. Après les colons Portugais, les angolais on eu, en 1975, leur premier président de leur histoire (Agostinho Neto). Ce dernier a instauré une dictature d’inspiration marxiste-léniniste.

Voilà nos angolais communistes qui se donnent du camarade à tout bout de champ, même les gosses.

Leur président est mort en 1979 et les soviétiques présent dans le pays sont en train de lui ériger un mausolée immense, dans lequel pourra reposer le corps empaillé du président… Heu, le corps momifié ? Non, pardon, le corps embaumé (beurk).

Le problème est que le quartier pauvre de PraiaDoBispo, situé en bordure d’une plage de la banlieue de Luanda, va disparaître pour faire place à cette horreur mégalomane.

GrandMèreDixNeuf, qui au départ ne se prénomme pas encore ainsi puisqu’elle a encore ses 10 doigts à la main et aux pieds) est une sorte de grand-mère débonnaire qui s’occupe des enfants du quartier, sans que l’on sache vraiment si les enfants sont bien de sa descendance ou pas.

Ce sont deux garnements qui vont entrer en résistance et tenter de sauver leur quartier de la destruction programmée. Le récit est d’ailleurs raconté par l’un deux, sur un ton enfantin, léger, tout en ne manquant jamais de profondeur.

C’est casse-gueule d’utiliser un enfant comme narrateur, mais ce ne fut pas le cas ici. Sans jamais connaître le prénom (ou surnom) de notre jeune narrateur en herbe, on s’attache à lui de suite (et aux autres aussi).

Les surnoms des gens sont le reflet de ce qu’ils sont et les plus notables, en plus de GrandMèreDixNeuf (GrandMèreAgnette de son vrai nom), sont EcumeDeMer, le fou du quartier, TroisQuatorze, le copain du garnement, surnommé ainsi car son prénom est Pinduta (π = 3,14) VendeurD’Essence (qui n’a pas d’essence à vendre), VieuxPêcheur, GrandMèreCatarina (qui reste un mystère)…

D’un côté, cette lecture est amusante avec les réflexions des enfants, leur vision du monde des adultes, leurs questionnements, leurs moqueries envers les soviétiques, engoncés dans leurs chemises manches longues, sous le soleil, se moquant aussi de l’accent de celui qu’il ont surnommé le camarade Botard (ou CamaradeBotardov qui sent mauvais des aissellofs)…

Et de l’autre, cette lecture est plus sérieuse qu’on ne pourrait le croire car le lecteur, adulte, comprend plus de choses que les enfants. Sous le ton léger de la narration, on sent bien le drame caché des habitants qui subissent le communisme, les files devant la boulangerie, le manque de nourriture, les coupures de courant, la pauvreté des habitants de ce quartier.

Le ton de l’écriture est ironique, sarcastique, tout en étant aussi bourré de tendresse, de drôlerie, de naïveté, de touches d’humour, d’amitié, de joies simples et de vérités qui sortent de la bouche des enfants. C’est un mélange qui aurait pu foirer, s’il avait été mal dosé, mais ici, il est fait intelligemment et c’est un plaisir à lire.

J’ai même pris plaisir à lire l’espagnol cubain du docteur Camarade RafaëlTocToc, comprenant la majorité de ce qu’il disait. Pas de panique, la traduction de ses dires espagnoles sont traduits sous ses dialogues. Le fait de les lire en espagnol dans le texte nous fait comprendre les différences de langues entre lui et les habitants qui parlent le portugais, ainsi que les erreurs de compréhension de certains mots (expliqués en fin d’ouvrage).

Il règne une atmosphère de bonne humeur, d’innocence, de joie de vivre, dans ce quartier pauvre de PraiaDoBispo. On sent venir le drame, mais jamais l’auteur ne sombre dans le pathos, restant dans le registre de légèreté qui camoufle le sérieux de ce récit.

Un roman à la fois drôle et sérieux, amusant tout en étant intelligent, une bonne dose de bonne humeur pour bien commencer l’année, sans pour autant que ça manque de profondeur. Il faudra attendre la fin du récit pour connaître le secret du soviétique.

Il est dit, à la fin du roman, que l’auteur a puisé dans ses souvenirs d’enfance pour écrire ce roman.

Une excellente découverte et pour cela, je remercie ma copinaute Rachel qui me l’a proposé en LC. Une fois de plus, elle m’a fait sortir de ma zone de confort, m’a fait découvrir un auteur inconnu, l’univers décalé de ce roman inclassable et m’a fait cocher une case de plus sur ma carte des nationalités d’auteurs. Nous sommes raccord pour nos impressions de lecture.

Challenge Le tour du monde en 80 livres chez Bidb (Angola).

Le Chien du Forgeron : Camille Leboulanger

Titre : Le Chien du Forgeron

Auteur : Camille Leboulanger
Édition : Argyll (19/08/2021)

Résumé :
Approchez, approchez ! Alors que tombe la nuit froide, laissez moi vous divertir avec l’histoire de Cuchulainn, celui que l’on nomme le Chien du Forgeron ; celui qui s’est rendu dans l’Autre Monde plus de fois qu’on ne peut le compter sur les doigts d’une main, celui qui a repoussé à lui seul l’armée du Connacht et accompli trop d’exploits pour qu’on les dénombre tous.

Certains pensent sans doute déjà tout connaître du Chien, mais l’histoire que je m’apprête à vous narrer n’est pas celle que chantent les bardes. Elle n’est pas celle que l’on se raconte l’hiver au coin du feu. J’en vois parmi vous qui chuchotent, qui hésitent, qui pensent que je cherche à écorner l’image d’un grand homme.

Pourtant vous entendrez ce soir l’histoire du Chien. L’histoire derrière la légende. L’homme derrière le mythe.

Approchez, approchez ! Venez écouter le dernier récit d’un homme qui parle trop…

Critique :
Pour ma dernière lecture de 2021, j’avais envie de légèreté, de fraicheur, de ne pas me prendre la tête, alors je me suis tournée vers un genre que j’affectionne : la fantasy (même si j’en lis moins).

Délaissant les grosses machines anglo-saxonnes, je me suis tournée vers un auteur français dont les différentes critiques élogieuses de son roman m’avaient donné envie de le lire.

Direction les peuples Celtes, pas au temps d’Astérix, mais aux VIIIe et VIIe siècles avant J.-C (qui n’est pas Jules César, merci).

Un conteur entre dans un bar et, en échange du remplissage régulier de son gobelet, va conter aux personnes présentes la légende de Cuchulainn, dit aussi Le Chien du Forgeron, cet héros légendaire, invaincu, dont l’aura continue de briller.

Oui, mais le conteur va leur proposer de leur raconter la véritable histoire, pas la légende que tout le monde connait.

Ce qui lui importe, c’est de parler de l’homme derrière la légende, quitte à choquer son auditoire qui est loin de s’imaginer que la vie de ce héros n’est guère flatteuse et que derrière les lumières que l’on fait briller, il y avait surtout un garçon avec ses blessures, ses fêlures, ses rêves, ses croyances, son égo démesuré et sa soif de victoires.

Derrière le mythe, il y a un homme et son portrait n’a rien de reluisant !

La plupart des auteurs/autrices, cherchent à rendre leurs personnages sympathiques, d’autres pas du tout. Ce qui fut le cas de Camille Leboulanger avec le personnage mythique de Cuchulainn.

Sincèrement, ce garçon n’a rien pour lui, on n’a absolument pas envie de l’aimer, de s’attacher à lui, par contre, on lui collerait bien des fessées pour tenter de brider son égo grandissant.

En grandissant, Setanta, qui ne n’a pas encore encore acquis les surnoms de Cuchulainn ou de Chien du Forgeron, ne va pas s’améliorer, que du contraire, il est détestable et malgré tout, on s’attache à sa personnalité, on a envie de suivre son parcours, parce que l’on sait qu’il n’est pas le seul responsable de ce merdier.

La faute est imputable à des hommes qui décident de donner à marier, à d’autres seigneurs, leurs sœurs ou filles, afin de monter des coalition, des alliances, en se foutant pas mal de l’avis de la femme. Ici, le féminisme est banni, les femmes sont sans droits, soumises à l’autorité des mâles, hormis quelques unes, qui résistent encore et toujours au patriarcat galopant.

Si le Chien du Forgeron n’attire pas les sympathies, s’il est un véritable boulet en société, ne comprenant rien aux règles (ou s’en moquant royalement), un gros macho de première catégorie (un beauf), nombriliste, lourd et ne comprenant que la force brute, le conteur aux cheveux blancs, lui, est un régal pour le lecteur.

Sa verve m’a enchantée et jamais son récit n’est devenu lourd ou ennuyeux, même si l’action n’est pas présente tout le temps. De plus, il y a une palette de personnages qui gravitent autour de Cuchulainn et dont certains auront leur importance dans le récit, forgeant le caractère du guerrier ou au contraire, le laissant faire.

Ce roman de fantasy est un petit bonbon acidulé, un de ceux qui fait du bien par où il passe et qui nous conte le mythe de Cuchulainn d’une autre manière. Même si, comme moi, vous ne connaissiez pas le mythe, la légende de ce guerrier formidable, même si vous n’êtes pas calé en histoire des Celtes, en mythologie, ce récit risque de vous ravir tant il est bien achalandé.

C’est aussi une page importante d’Histoire que l’on découvre dans ce récit, ainsi que la vie dans des places fortes aux temps des Celtes. Il y a une complexité dans le pouvoir politique, la hiérarchie est importante et le moindre battement d’aile de papillon peut déclencher des tempêtes plus tard. Le tout est parfaitement intégré au récit, sans donner l’impression d’assister à une leçon d’école.

Le manque de dialogues, qui d’habitude m’énerve, ne m’a absolument pas empêché de prendre du plaisir dans ma lecture, tant j’avais l’impression d’être dans cette taverne à écouter un conteur et à faire en sorte que son verre soit toujours rempli.

Bref, c’est de la fantasy qui pourrait plaire à des lecteurs peu familiers du genre (ou aux allergiques) puisque la part de fantastique est minime (mythologique, surtout), que l’on se trouve dans un monde qui est le nôtre, à une époque lointaine où les valeurs n’étaient pas les mêmes que maintenant.

Pas de droits pour les femmes, des hommes guerriers, des lois différents et des commandements personnels pris par chacun et jamais renié, même jusqu’au boutisme.

C’est une histoire classique, celle d’un homme qui est monté sur un piédestal et qui a chuté un jour parce qu’il cherchait la gloire personnelle, parce qu’il voulait être adulé, être le plus fort, parce qu’il méprisait les autres et ne comprenait rien à rien…

Tout compte fait, Cuchulainn devient sympathique parce qu’il n’a pas compris les règles du jeu, qu’on lui a donné de mauvaises règles, qu’on ne l’a jamais arrêté, tel un enfant roi et qu’on n’a jamais pris la peine de demander son avis à sa mère, elle qui ne voulait pas se marier, ni avoir des enfants…

Un très bon roman de fantasy à découvrir, même pour les non familiers du genre, car c’est l’histoire de la vie. Le cycle éternel…

Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°104].

La renaissance des heros Marvel – Tome 2 – Black Panther : Christopher Priest & Reginald Hudlin

Titre : La renaissance des heros Marvel – Tome 2 – Black Panther

Scénaristes : Christopher Priest & Reginald Hudlin
Dessinateurs : Collectif

Édition : Panini Comics (04/06/2019)

Résumé :
T’Challa, la Panthère Noire, règne sur le Wakanda éternel. Ororo, alias Tornade, est la X-Woman considérée comme une déesse au Kénya.

Les deux héros se connaissent depuis l’adolescence et forment l’un des couples les plus puissants de l’univers Marvel.

Critique :
Black Panther faisant partie de mes chouchous, j’ai profité de l’offre à 2,99€ pour m’offrir cette anthologie regroupant plusieurs aventures de T’Challa.

La première histoire, « Sturm und drang : une histoire d’amour et de guerre » était des plus intéressantes à lire.

Le scénario ne manquait pas de profondeur avec cette guerre qui menaçait, T’Challa qui devait jouer au diplomate (mais ne l’étais pas) et ces complots entre plusieurs puissances pour foutre le chaos.

Mon seul bémol ira pour le narrateur qui avait tendance à m’embrouiller plus qu’autre chose avec ses commentaires.

Les dessins étaient très agréables pour les yeux.

L’autre histoire importante, c’est celle du mariage entre T’Challa et Tornade, dont j’avais déjà lu une partie de l’histoire dans « Je suis Black Panther ». Ce ne fut pas un soucis de relire l’histoire, cela m’a permis de mieux l’ancrer dans ma mémoire.

Là aussi les dessins sont agréables, les couleurs vives et on n’a pas le temps de s’embêter car ce mariage n’est pas un mariage ordinaire : deux personnages super-héros qui vont convoler ensemble, deux personnages puissants, deux personnages apparentant à des groupes différents, le tout sur fond de pré-Civil War puisque Iron Man est pour le recensement et le Captain, contre. Ça fume déjà entre eux deux !

Anybref, ce recueil est à réserver aux fans de Black Panther, ou à ceux et celles qui voudraient découvrir le personnage sans vouloir se farcir les anthologies.

Pour le prix vendu en magasin (en neuf !), on n’est pas volé sur la marchandise : il y a de quoi lire durant un bon moment et occuper ses longues soirées d’hiver pendant que la pluie tombe dehors.

Lonesome – Tome 3 – Les liens du sang : Yves Swolfs

Titre : Lonesome – Tome 3 – Les liens du sang

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Yves Swolfs

Édition : Le Lombard (20/10/2021)

Résumé :
Le chemin de la vengeance a mené notre pistolero solitaire jusqu’à New York, sur la piste de l’homme qui a semé le chaos dans sa vie et au Kansas : le sénateur Dawson.

L’homme n’est pas facile à approcher, et les ruffians de la grande ville se révèlent plus coriaces que ceux des plaines.

Le héros anonyme peut-il compter sur l’aide de Miss Lyle, cette mystérieuse enquêtrice qu’il ne cesse de recroiser ? Une seule chose est certaine : cette fois-ci, aucune vision ne pourra le préparer aux révélations qui l’attendent.

Critique :
« Luke, je suis ton père ! ».

Ce qui avait explosé comme un coup de tonnerre dans un certain film, est, en fait, vieux comme le monde : un homme méchant, mauvais, qui ne rêve que de foutre le pays à feu et à sang afin ensuite de pouvoir se glisser au pouvoir avec ses petits copains, a eu un fils, il y a longtemps et ce fiston n’a rien à voir avec son géniteur maléfique.

Lorsqu’un type débarque à New-York du Kansas, il est de suite taxé de bouseux. Lorsque c’est le contraire, le new-yorkais sera traité de pied-tendre… Notre cow-boy solitaire vient de débarquer du Kansas à New-York et les préjugés, les clichés, chevauchent avec lui.

Le seul reproche que je pourrais faire à cette série, c’est sa grande ressemblance avec Durango (du même auteur) : un beau blond, as de la gâchette, taiseux, redresseur de torts. Hormis que Lonesome porte la barbe, a un visage plus épais et ne possède pas le calibre caractéristique de Durango (ni son cigare à la Eastwood).

D’ailleurs, les dessins de Swolfs sont reconnaissables entre mille, quelque soit la série, on retrouve les mêmes traits bien distincts chez différents personnages.

Par contre, l’histoire est différente et l’univers aussi, bien que l’on soit dans du western où les balles fusent et que les corps tombent aux pieds. Swolfs ne s’est pas contenté de resservir les mêmes plats et il est allé un peu plus loin.

La politique, ses politiciens véreux, qui complotent pour foutre le pays en l’air et faire en sorte qu’il ne se relève pas…. Qui veut le pouvoir prépare la guerre et tous les ingrédients sont là pour que ça pète et que Lincoln chavire.

Les dessins sont toujours ceux de Swolfs, c’est à dire réalistes, détaillés, avec de belles couleurs, des traits fluides et des cases bien fournies en détails, que ce soit de la ville ou des décors naturels ou pas.

Il est préférable de relire les deux premiers tomes avant de se plonger dans ce nouvel opus. J’ai été bête de ne pas le faire, cela m’aurait remis tous les détails en mémoire. Le sujet est épais, copieux et ma mémoire est une passoire.

Même si Durango reste dans mon coeur (vieille histoire d’amour), je dois dire que Lonesome, bien que semblable sur certains points de vue, est différent. Et j’apprécie de plus en plus cette série, surtout que l’auteur met à l’honneur une femme qui n’a pas froid aux yeux et qui appartient à la Pinkerton.

Une bédé western qui respecte les codes, mais qui creuse un peu plus que d’habitude. Il y a de la profondeur et de la recherche scénaristique, même si les complots sont aussi vieux que le « Je suis ton père »…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°85], Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 54 pages).

Sorcières – La puissance invaincue des femmes : Mona Chollet [LC avec Bianca]

Titre : Sorcières – La puissance invaincue des femmes

Auteur : Mona Chollet
Édition : Zones (2018)

Résumé :
Tremblez, les sorcières reviennent ! disait un slogan féministe des années 1970. Image repoussoir, représentation misogyne héritée des procès et des bûchers des grandes chasses de la Renaissance, la sorcière peut pourtant, affirme Mona Chollet, servir pour les femmes d’aujourd’hui de figure d’une puissance positive, affranchie de toutes les dominations.

Davantage encore que leurs aînées des années 1970, les féministes actuelles semblent hantées par cette figure de la sorcière. Elle est à la fois la victime absolue, celle pour qui on réclame justice, et la rebelle obstinée, insaisissable. Mais qui étaient au juste celles qui, dans l’Europe de la Renaissance, ont été accusées de sorcellerie ?

Ce livre explore trois archétypes de la chasse aux sorcières et examine ce qu’il en reste aujourd’hui, dans nos préjugés et nos représentations : la femme indépendante – les veuves et les célibataires furent particulièrement visées ; la femme sans enfant – l’époque des chasses a marqué la fin de la tolérance pour celles qui prétendaient contrôler leur fécondité ; et la femme âgée – devenue, et restée depuis, un objet d’horreur.

Mais il y est aussi question de la vision du monde que la traque des sorcières a servi à promouvoir, du rapport guerrier qui s’est développé alors tant à l’égard des femmes que de la nature : une double malédiction qui reste à lever.

Critique :
Non, non, ce livre ne parlera pas des filles qui ont étudié à l’école de magie de Poudlard. Parce que elles, ce sont de vraies sorcières…

Non, plus terre à terre, Mona Cholet va nous parler de ces femmes accusées d’être des sorcières et qui n’en était pas.

Une vraie sorcière, telle que Minerva McGonagall, ne se serait jamais laissée brûler sur un bûcher ! Elle aurait changé tous ces juges laïcs en lombrics rampants. Na !

Le problème, c’est que les sociétés n’ont jamais aimé que des gens vivent différemment des autres, en marge de leurs règles. Et nous ne parlons pas des sociétés du Moyen-Âge, mais de celles de la Renaissance ! Comme quoi…

Quand des femmes, veuves ou célibataires, indépendantes, avec du savoir médical, avaient décidé de vivre sans être sous la coupe d’un père, d’un mari ou d’un fils, ça faisait grincer des dents et on finissait toujours par crier haro sur le baudet et à intenter des procès à ces pauvres femmes qui avaient voulu, ô les folles, vivre de manière indépendante !

À croire que nous foutons vraiment la trouille aux mecs lorsque nous refusons d’être des petites choses fragiles, des femmes à protéger, que nous parlons d’indépendance, de vivre sans compagnon, de faire des bébés toutes seules (♫) ou pire, quand on se rebelle ou qu’on se dresse devant le mec qui voulait nous agresser, sans peur dans nos yeux, mais avec la flamme qui dit « Viens, approche mon gars et tu vas voir ce que tu vas prendre dans ta gueule »…

Cette étude ne sera pas consacrée qu’aux chasses aux sorcières, aux femmes indépendantes, veuves, impertinentes… Mais l’autrice abordera aussi une bonne partie des problèmes rencontrés par les femmes dans le Monde et au fil du Temps.

Bizarrement, nous sommes souvent réduites à notre utérus et à notre condition de femme. Trump a attaqué Hillary sur sa condition de femme, se gaussant d’elle lorsqu’elle devait aller aux toilettes (Trump ne doit jamais pisser ou chier, lui !)…

Encore de nos jours, certains hommes ont souvent tendance à nous proposer, avec cynisme, de retourner à nos casseroles et à nos gosses. Et surtout, de nous occuper de notre mari ! Oui, la femme n’est bonne qu’au ménage, à s’occuper des autres (et de son mari) et à pondre.

Parce que la femme, pour être épanouie, doit faire des gosses ! Seule la maternité en fera une vraie femme et gare à elle si un jour elle ose dire à voix haute qu’elle regrette d’avoir eu des enfants, que ça lui a gâché sa vie. Tout le monde lui tombera sur le râble.

Idem avec les femmes qui veulent vivre seules, indépendantes, sans homme, sans enfants… Nous sommes en 2021 et c’est toujours mal vu. Il faut s’en justifier sans arrêt et tout le monde vous dira qu’un jour, vous le regretterez de ne pas vous être mariée ou d’avoir refusé d’avoir des enfants.

Moi, je suis pour être une tata, pas une maman. Je suis une super tata (je me jette des fleurs) et j’en ai ma claque aussi de devoir me justifier parce que n’ai rien voulu faire grandir dans mon utérus. M’envoyer en l’air, oui, prendre du plaisir, oui. Pour les gosses, je laisse ça aux autres. Ça en défrise toujours certaines ou certains…

Pour conclure (dans le foin), cette étude qui nous parle de la place des femmes dans la société, du féminisme, de nos droits obtenus de haute lutte (une dure lutte), du fait que certains ne veulent pas partager le pouvoir avec la moitié de l’humanité, que certaines femmes, elles-mêmes, préfèrent rester dans le rang, ne se lit pas d’une seule traite.

Les sujets sont vastes, denses et il vaut mieux être au calme pour en apprécier toutes les informations données. C’est 230 pages d’un condensé qui ne se boit pas d’un coup, tant on a envie aussi de grimper au mur devant toutes les injustices dont nous furent les victimes, nous les femmes. Et dont nous sommes toujours victimes !

Le plafond de verre est toujours sur nos têtes et nos droits, chèrement acquis, peuvent disparaître du jour au lendemain, sans que nous nous en rendions compte.

Gare à nous, les sorcières des temps modernes, qui refusons le maquillage, la teinture pour nos cheveux et qui, lorsque nous vieillissons, ne bénéficions pas de la sagesse que les mecs acquièrent, eux, avec les cheveux gris !

Putain, on s’est quand même bien fait baiser durant tout ce temps ! Parce que même sans être une petite chose fragile, même sans vivre avec un homme castrateur, même en possédant une grande liberté d’action, même en ayant fait mes propres choix, on s’en prendra tout de même plein la gueule du fait de notre sexe féminin.

Une étude sociologique à lire et à faire découvrir.

Merci à Bianca pour celle LC hautement instructive ! Hormis quelques points de détail sur lesquels nous avons des avis différents, pour tout le reste, nous avons appris des choses et nous sommes au diapason.

Le Haunted reading bingo du Challenge Halloween 2021 chez Lou & Hilde (Sorcières).

Je suis Black Panther : Collectif

Titre : Je suis Black Panther

Scénaristes : Collectif
Dessinateurs : Collectif

Édition : Panini Marvel Anthologie (2018)

Résumé :
Retrouvez plus de quarante-cinq ans de publications consacrées à la Panthère Noire, dans une sélection d’épisodes cultes du héros. Du Wakanda au Manoir des Avengers, découvrez toutes les facettes de T’Challa.

Critique :
N’étant pas une connaisseuse de tout l’univers Marvel, ce n’est qu’avec le film « Captain America : Civil War » que j’ai appris qu’il existait un super-héros nommé Black Panther (j’ai découvert Deadpool avec le film aussi).

Pourtant, ce personnage est apparu en 1966. Comme quoi j’ai encore beaucoup à apprendre.

Ayant adoré le personnage dans les films (et l’acteur aussi, snif), je me suis procurée cette anthologie et comme avec Iron Man, je suis partie à la découverte de ce super-héros dans ses premières aventures, qui avaient un petit air rétro, avec les dessins et les couleurs simplistes.

Les premières aventures se déroulent en compagnie des 4 Fantastiques et du Méchant Klaw. C’est divertissant. Mais cela reste très simpliste dans les intrigues, les méchants sont des méchants qui veulent s’approprier les richesses du Wakanda.

Comme pour l’album consacré à Iron Man, chaque histoire est précédée d’une explication, d’une notice historique, expliquant le récit que nous allons lire.

Par contre, j’ai zappé totalement le premier épisode avec Everett K. Ross tellement les dessins et les couleurs étaient moches.

L’histoire intitulée « Un jour mon prince viendra » était tout simplement géniale, tant au niveau du scénario, moins binaire que les précédents, que des dessins.

La tension qui régnait entre Captain America et Iron Man était celle vue dans le film Civil War. Et puis, c’est l’occasion aussi, pour le mariage du siècle, de croiser plein de super-héros et même quelques X-Mens.

Dans « Voir le Wakanda et mourir », les wakandais ont chipé une technique à Vlad III L’Empaleur… J’ai apprécié les dessins et le fait que les ennemis soient intelligents, forts et qu’ils mettent Black Panther à mal. À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire… Mais j’aurais bien évité les scènes de torture à lui et à son épouse !

Avec ce récit, on peut dire que j’en ai eu pour mes sous ! Voilà un scénario intelligent qui surprend par son déroulement.

Pour ma part, j’ai plus apprécié les derniers épisodes, ceux qui nous sont contemporains. Je ne serai jamais fan des premières esquisses, bien que j’apprécie le côté rétro.

Si cet album ne m’a totalement convaincue de pas le choix des histoires, elles avaient au moins l’avantage de montrer toute la complexité du personnage de T’Challa, à la fois roi d’un pays et super-héros.

Le poste de roi lui donne du pouvoir, mais aussi de très grandes obligations et il ne peut laisser son trône trop longtemps vacant, au risque de voir des tensions se créer dans son peuple.

T’Challa se retrouve souvent le cul entre deux chaises : rester sur son trône et gérer son pays, le défendre contre ceux qui veulent leur voler le Vibranium ou bien sillonner le monde et tenter de réparer les injustices, bref, de défendre le monde puisqu’il est un super-héros.

Me lecture fut faite de haut et de bas, pourtant, ce fut un intéressant car cet album m’a permis d’en apprendre plus sur le personnage de Black Panther, son univers, son royaume, son histoire…

Ceci est une anthologie à réserver aux fans de la Panther ou à ceux qui voudraient, comme moi, en savoir plus. Mon avis mitigé ne m’empêchera pas de découvrir les autres albums de cette collection, ni d’aller lire les albums consacrés à Black Panther.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°67].

 

Orcs et Gobelins – Tome 14 – Shaaka : Sylvain Cordurié et Jean-Charles Poupard

Titre : Orcs et Gobelins – Tome 14 – Shaaka

Scénariste : Sylvain Cordurié
Dessinateur : Jean-Charles Poupard

Édition : Soleil (08/09/2021)

Résumé :
Longtemps, Shaaka a œuvré pour le Margrave Egilon. Mais lassée de risquer sa peau, elle a quitté son employeur. Jusqu’au jour où Egilon vient la trouver.

Pour s’emparer d’un gisement d’or en Ourann, il a fait empoisonner des points d’eau et a causé la mort de nombreux orcs, s’attirant les foudres d’un orc légendaire.

Pour sauver sa fille, il veut que Shaaka lui fasse quitter l’île d’Enghien.

Critique :
Cet album, je l’attendais impatiemment car il y avait une orc sur la couverture et, jusqu’à présent, si dans les univers Elfes et Nains, nous avions des femmes bien présentes, avec des rôles importants, il n’en était rien dans l’univers des Orcs & Gobelins.

Vu la race, il est difficile de faire dans la dentelle ou la finesse puisque nos culs verts sont spécialisés dans la baston.

Enfin, c’est surtout les Orcs qui aiment la castagne et les guerres, avec les gobelins, on a plus de marge…

Notre héroïne Orc, Shaaka, ne va pas déroger à la règle : elle est badass, a du muscle, sait se battre et est pourvue d’une forte poitrine. Messieurs, la faite pas chier, vous la trouverez et ça fera mal.

Le scénario est classique : un riche seigneur a voulu encore être plus riche, pour cela, fallait virer les Orcs qui se trouvaient sur les territoires et ce crétin n’a rien trouvé de mieux que d’aller faire empoisonner leurs sources.

Les Orcs qui veulent lui expliquer qu’on ne fait pas ce genre de saloperie, ce ne sont pas des enfants de coeur, loin de là. Et le seigneur de confier sa chieuse de fille à notre Orc Shaaka.

Un tandem disparate, ça marche toujours (au cinéma ou ailleurs), surtout si on a l’un des deux qui sait se battre, s’orienter, survivre dehors et pas l’autre qui a pété toute sa vie dans de la soie.

Surtout si l’une d’elle fut de nombreuses années aux ordres d’un seigneur et que l’autre est la vilaine fifille un peu trop gâtée par son pôpa et qui se pense supérieure aux Orcs puisque ceux-ci n’ont que le goût du meurtre dans le sang, oubliant que son père tua bien des êtres vivants pour augmenter sa richesse.

— Ta race a le goût du meurtre dans le sang !
— Si on va par là, la tienne aussi. Même si vos crocs sont moins apparents et que vos manières font parfois illusions.

Non, non, nous ne tomberons pas dans le registre de l’humour, ce tandem-ci, ce ne sont pas « Les compères » mais plus « Les fugitifs », sans les conneries de Pierre Richard, bien entendu. Ici, on est dans une chasse à l’Orc et à la fille du seigneur, tous les coups sont permis, tortures comprises.

Je ne suis pas déçue de ma lecture, même si elle restait conventionnelle dans l’ensemble (avec quelques surprises tout de même), mais j’avoue que pour la première héroïne Orcs de la saga, j’aurais préféré quelque chose de plus fin qu’une guerrière badass devant se coltiner le pur produit du capitalisme seigneurial des terres d’Arran.

Par contre, il y a un bel équilibre entre les Gentils qui ne le sont pas vraiment et les Méchants qui ne sont que les justiciers envoyés par les Orcs pour venger les familles mortes suite à l’empoisonnement des points d’eau.

Ce sont des machines à tuer, certes, mais la vengeance est leur but et on ne peut les blâmer. Quant à nos deux femmes, humaine et Orc, elles ne sont pas des philanthropes non plus et les fabricants d’armes qui les aideront encore moins, mais pas plus salauds que d’autres, ne faisant que vendre un produit demandé.

Oui, j’aurais aimé une autre histoire, mais celle-ci me convient tout de même car l’équilibre des goûts est atteint et le manichéisme n’est pas de mise dans ce récit. À noter qu’il y a tout de même une morale à cette histoire et que j’ai apprécié grandement le final.

On reste donc dans du bon avec ce nouvel album.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°60] et Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 54 pages).

L’inconnu de la forêt : Harlan Coben

Titre : L’inconnu de la forêt

Auteur : Harlan Coben
Édition : Belfond (15/10/2020)
Édition Originale : The Boy from the Woods
Traduction : Roxane Azimi

Résumé :
WILDE. SON NOM EST UNE ÉNIGME, TOUT COMME SON PASSÉ.

Il a grandi dans les bois. Seul. Aujourd’hui, c’est un enquêteur aux méthodes très spéciales.

VOUS IGNOREZ TOUT DE LUI.

Il est pourtant le seul à pouvoir retrouver votre fille et cet autre lycéen disparu. Le seul à pouvoir les délivrer d’un chantage cruel. D’un piège aux ramifications inimaginables. Mais ne le perdez pas de vue.

CAR, DANS LA FORÊT, NOMBREUX SONT LES DANGERS ET RARES SONT LES CHEMINS QUI RAMÈNENT À LA MAISON.

Critique :
Corben Dallas, oui, Harlan Coben, non… Je pense qu’entre lui et moi, ce sera comme Capri : fini !

C’est le genre de thriller que j’aurais adoré lire lorsque j’avais 20 ans, mais maintenant que j’ai quelques années de plus, ce genre de récite passe difficilement car je l’ai trouvé vide.

Comme un squelette sans ses organes, sans sa peau… Les personnages m’ont donné l’impression d’être sans relief, sans épaisseur, fadasses, juste là pour l’histoire, comme des figurants de seconde zone.

Le personnage principal, Wilde, le Mowgli qui a vécu dans la forêt manque de crédibilité, de profondeur, alors qu’il le pilier central du roman. Sorte d’écolo intello qui aurait les capacités de déplacement en forêt aussi silencieux que ceux de Black Panther…

Mieux, tout gamin, il a appris à lire tout seul en regardant des émissions de télés faites pour les élèves. Les enseignants peuvent donc aller pointer dès à présent à Popol Emploi, la téloche fera leur job ! Désolé, ça n’est pas passé chez moi… Un peu gros ! Trop de qualités tuent le personnage.

Quant au méchant politicien, sorte de clone de Trumpinette (mais en édulcoré), il n’a que peu de présence et semble être lui aussi sans consistance.

Pourtant, les thèmes abordés dans ce thriller étaient intéressants et universels : le harcèlement scolaire, un politicien qui semble être une menace s’il vient à être élu, le patriotisme, la fin qui justifie les moyens, le sacrifice de l’un pour en sauver des millions, l’extrémisme, le système judiciaire contre lequel on ne peut aller contre car c’est le système,…

Oui, bien vu, dommage qu’aucun de ces thèmes ne soient vraiment approfondis ! Ils sont survolés… Quelques lignes de-ci, de -là… C’est expédié vite fait, mal fait.

Pire, l’auteur parle du harcèlement scolaire subi par la jeune Naomi, mais il a oublié d’y ajouter les émotions dans son texte. C’est froid, tellement froid que je n’ai pas frémi (alors que je bondis toujours sur le sujet). Dans un romans de Stephen King (pour ne pas le citer), une scène de harcèlement me hante encore des années après ! Jamais je l’oublierai la boîte à lunch Scooby-Doo.

Ce manque d’émotions ressentie à la lecture de ces horreurs faites à cette ado m’a aidé à comprendre pourquoi personne du corps professoral ne réagissait dans l’entourage de Noami : la faute de l’auteur ! Les personnages sont restés de marbre tant le sujet du harcèlement était mal traité.

Malheureusement, pour un thriller, le récit est un peu poussif, surtout au départ. Ensuite, ça bouge un peu plus, mais jamais au point de m’avoir scotché au récit. Les dialogues sont plats, sans reliefs aucun, plus pour meubler des silences ou noircir des pages.

Un bon point pour le final qui évite le happy end et qui tacle le système judiciaire américain et les extrémistes de tous poils qui malgré les preuves mises sous leur nez, hurlent toujours au fake news ou à la vidéo truquée, tant ils n’ont pas envie de remettre en question leur idole, son discours et ses idées.

Pour eux, il est plus simple de rester accroché à leurs convictions pures et dures que de les voir valser, se briser et d’ensuite devoir réfléchir et changer. Quant on est à fond avec une équipe, quoiqu’elle fasse, on reste fidèle et on ne va pas changer de club.

Bon, comme vous l’avez sans doute compris, cette lecture ne restera pas dans les annales littéraires et finira au tableau des déceptions de 2021.

Cela faisait longtemps que je n’avais plus lu de Coben, c’était l’occasion pour moi d’y revenir et de passer un bon moment de lecture (j’avais la foi). Hélas, elle ne fut pas palpitante comme ce fut le cas avec d’autres romans.

Déception totale. Lui et moi, je pense que ce sera terminé. Au suivant !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°55].

Texas Jack : Dimitri Armand et Pierre Dubois

Titre : Texas Jack

Scénariste : Pierre Dubois
Dessinateur : Dimitri Armand

Édition : Le Lombard (02/11/2018)

Résumé :
Texas Jack est un as du revolver. Mais contrairement à sa légende, il n’a jamais exercé ses talents ailleurs que dans un cirque.

Il reçoit un jour un défi : partir à l’Ouest, affronter le sanguinaire Gunsmoke et sa horde de tueurs. La mission est suicidaire, mais impossible de refuser sans perdre sa réputation.

Heureusement pour Texas Jack, Gunsmoke est aussi la cible du marshal Sykes…

Critique :
Souvenez-vous, dans une aventure de Lucky Luke (des barbelés sur la prairie), des méchants éleveurs voulaient bouter hors de leurs prairies les paisibles fermiers en les intimidant et en les menaçant.

Ça, c’est la version amusante et gentillette. J’adore cet album mais il ne reflète pas la réalité du far-west impitoyable.

Gunsmoke est impitoyable. C’est une saloperie de putain de méchant qui n’hésitera pas à tuer des gosses.

Version en bédé des 7 salopards (l’ancien film), portés à 9 cavaliers, cette bédé western offre des bons moments d’actions, de violences, de magouilles politiques, tout en prenant son temps pour amener les différents protagonistes à se mesurer l’un à l’autre.

Comme dans une bonne quête de fantasy, nos 4 compagnons quittèrent le cirque et par un prompt renfort inattendu, se retrouvèrent à 9 pour aller combattre la bande de Gunsmoke qui met le Wyoming à feu et à sang, sous les ordres d’un politicien véreux (synonymes, je sais).

Le début de la bédé est d’une violence inouïe, un massacre de masse, l’extermination pure et simple d’un paisible rassemblement de gens. La suite ne sera pas triste non plus, car lorsqu’on mange à la table du diable, il faut une longue cuillère !

Voilà ce que j’appellerais une bonne bédé western qui réuni tous les codes mais les cuisine à sa manière, pour nous offrir un plat qui ne sent pas le réchauffé car le scénariste a pris la peine, malgré un récit qui semble éculé, de nous le monter de manière différente et le résultat s’en fait ressentir de suite : waw !

Attention, on ne révolutionnera pas le monde du western, mais ce que les auteurs nous proposent là, c’est de la bonne came pour les yeux, un récit qui ne se contente pas de nous proposer que des fusillades et cavalcades à tout bout de champ (même si on en aura), mais va aussi plus en profondeur dans ses personnages (sauf pour les méchants), dans leur psychologie…

Anybref, pour ceux et celles qui aiment le western, c’est le pied intégral.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2021 au 11 Juillet 2022) [Lecture N°44].