Sonora – Tome 3 – Le rêve brisé : Benoît Dellac, Jean-Pierre Pécau & Scarlett Smulkowski

Titre : Sonora – Tome 3 – Le rêve brisé

Scénariste : Jean-Pierre Pécau
Dessinateur : Benoît Dellac et Scarlett Smulkowski (couleurs)

Édition : Delcourt Néopolis (16/01/2019)

Résumé :
Une procession de chariots traverse le désert de Sonora en quête d’une terre fertile pour commencer une nouvelle vie. Une vie dignement gagnée avec pour seule richesse celle que feront sortir de la terre ces agriculteurs pionniers.

Aux aguets, l’un d’entre eux entend un oiseau, mais, dans l’ouest américain qui porte des plumes n’est pas toujours un oiseau…

Critique :
Dommage que cette saga se finisse au tome 3, presqu’à l’arrache, alors qu’il y avait moyen de développer quelques albums encore.

Le succès n’est pas toujours au rendez-vous, d’autres bédés, d’autres romans, merdiques eux, auront de meilleur chiffre de vente et on ne sait pas toujours pourquoi car pas mérité.

Au duel avec certains autres titres, cet album le gagnerait haut la main.

Je ne sais pas si le hasard fait bien les choses, mais je venais de relire et de chroniquer un album de Jerry Spring « La passe des Indiens » où l’on faisait tout pour mettre sur le dos des Indiens des meurtres horribles de Blancs et ici, et bien, c’est tout pareil, mais Jerry & Pancho en moins.

L’Amérique est une terre où tous les rêves semblaient permis et les Français qui avaient quitté l’Hexagone on l’impression de retrouver la zone tant l’utopie vendue n’est pas au rendez-vous et tant l’or vanté ne se laisse pas prendre si facilement.

Le général de Freney a toujours des rêves de grandeurs, veut instaurer la république française au Sonora (et merde aux Mexicains pas contents) et notre Max national se dit que tout compte fait, la vengeance ne résout rien et qu’il risque de devoir creuser deux tombes.

Tout en enquêtant sur les attaques des sois-disant Indiens, notre Français à l’épée cassée se lie d’amitié avec une pacifiste, socialiste ou communiste, mais qui rêve elle aussi de vivre en paix et ils s’en donnent les moyens en n’ayant pas d’armes et en laissant l’or où il est.

Mis en valeur par des couleurs chaudes, magnifiques, lumineuses et par des images sur la page entière, ce tome qui clôture la saga Sonora a tout d’un grand.

Les dialogues sont incisifs, les répliques fusent plus vite que les balles des fusils, les petites vérités assassines aussi et les jeux d’ombres donnent à Max un masque de Zorro et les temps morts sont absents.

— Ce ne serait pas la première fois que les puissants manipulent les faibles pour arriver à leurs fins, n’est-ce pas ?

À noter que je m’étais plantée royalement sur l’identité du personnage qui avait changé d’identité et que Max voulait tuer afin de venger son grand frère.

Toujours politique, ce tome se termine dans le sang et le sable, tous ceux ayant vécu par les armes périssant par les armes et Max va devoir accomplir une chose qu’il aurait mieux aimé ne jamais être obligé de faire. Violent, mais nécessaire.

Oui, les États-Unis auraient sans doute gagné à ne pas utiliser les armes à feu et à ne pas l’inscrire dans leur Constitution parce que le pacifisme, ça peut marcher.

Voilà une très bonne saga western qui se termine, plus vite que prévu et c’est bien dommage car le potentiel, il y était déjà.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°73.

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Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 3 – L’Homme de Washington : Achdé & Laurent Gerra

Titre : Les Aventures de Lucky Luke (d’après Morris) – Tome 3 – L’Homme de Washington

Scénariste : Laurent Gerra
Dessinateur : Achdé

Édition : Lucky Comics (2008)

Résumé :
Alors que la campagne fait rage et que les menaces d’attentat se multiplient, Lucky Luke est chargé d’escorter dans l’Ouest sauvage Rutheford Hayes, candidat à l’investiture suprême.

De Memphis au Texas, des tribus indiennes aux saloons les plus mal famés, la balade ne sera pas de tout repos.

Troisième Lucky Luke signé Gerra et Achdé, l’homme de Washington est une hilarante course poursuite où les mœurs politiques des pieds tendres sont impitoyablement disséquées.

Critique :
Après une guerre civile dévastatrice et 8 ans de bordel avec le président Ulysse Grant qui fit de la corruption un état d’esprit, les États-Unis ont envie d’un président moins corruptible et plus sérieux pour se relever et aller de l’avant.

Il y en a deux, un pour les Démocrates et deux pour les Républicains : un honnête homme et un candidat autoproclamé qui a fait fortune dans le pétrole, vient du Texas et a une sale tronche de DoubleYouBouche…

Le pays n’étant pas sûr, on charge Lucky Luke de protéger le candidat à la présidence, Rutheford Hayes, qui voudrait aller à la rencontre de ces concitoyens, surtout ceux de l’Amérique sauvage.

Les auteurs ont fait un choix assumé (je suppose) avec un candidat Républicain, mais tout comme Lucky Luke, si ce candidat est élu et que son programme est respecté, cet homme me réconciliera avec la politique !

Mais entre nous, il y a peu de chance que les américains soient d’accord avec son programme qui a tendance à donner des droits à ceux qui n’en ont pas et ça fait grincer les dents des électeurs, et de la NRA aussi car il veut restreindre les armes.

Une fois de plus, on part en voyage en train dans l’Amérique, partant à la rencontre d’une partie de sa faune humaine, qu’elle soit des plus sympathiques ou des plus affreuses, comme ces types avec des taies d’oreillers en coton 100% blanc qui s’amuse à faire danser un pauvre Noir.

Les auteurs tirent à boulets rouges sur certaines mentalités, les plus sombres, jouent avec les mots, font des références politiques ou humoristiques à notre monde avec une chanteuse nommée Britney Schpires ou un fou des armes nommé Sam Pallin.

Alternant les piques tout en les enrobant d’humour et l’action, les auteurs ne s’en tirent pas si mal et nous offrent un album correct, agréable à lire, où l’on sourit, mais sans éclats de rire non plus.

Qu’à cela ne tienne, leurs calembours passent comme une lettre à la poste (un jour où il n’y a pas grève) et on a l’impression de se trouver face à un Lucky Luke de l’ancienne génération, celle de Morris chez Dupuis, mais avec plus de références bien ciblées à notre monde qu’il ne le faisait lui, restant plus dans le général, ce qui donne des gags intemporels.

Je ne sais pas comment passeront les références à notre société d’aujourd’hui lorsque ces albums seront lus dans 20 ou 30 ans, comme c’est le cas avec les Lucky Luke de l’époque Dupuis.

Mon seul bémol sera pour le traître dans leur train (comme on avait dans l’album « La caravane ») car c’est à se demande quand à eu lieu la substitution… Parce qu’elle a dû avoir lieu après la présentation, une personne ne pouvant se trouver à deux endroits à la fois.

Bon, je me doute de quand à eu lieu la substitution, mais j’aurais aimé savoir ce qu’était devenu le véritable personnage remplacé par le salopard ! Tout de même, là, il restait un point à éclaircir.

En tout cas, je n’ai pas de regrets de lecture pour cet album, il est agréable, possède de l’humour et un scénario bien mieux réussi que certains albums de ma connaissance et datant de l’ère où Morris passa chez Dargaud (à l’instigation de Goscinny) et où certains albums de ce duo manquaient de sel, de sauce, de liant (Dalton City, Jesse James, Fingers, Le Bandit manchot, La Fiancée de Lucky Luke, Chasseur de primes, Sarah Bernhardt, Le Pony Express, Chasse aux fantômes, Le Klondike, O.K. Corral).

Et que dire de ceux qui tentèrent de remplacer Goscinny après son décès !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°49, Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

Erectus : Xavier Müller [LC avec Bianca]

Titre : Erectus

Auteur : Xavier Müller
Édition : XO (08/11/2018)

Résumé :
Et soudain l’humanité se mit à régresser À Richards Bay, en Afrique du Sud, c’est le choc. Un homme s’est métamorphosé. Il arbore des mâchoires proéminentes, est couvert de poils, ne parle plus.

Bientôt, à New York, Paris, Genève, des Homo erectus apparaissent en meutes, déboussolés, imprévisibles, semant la panique dans la population.

De quel virus s’agit-il ? Que se cache-t-il derrière cette terrifiante épidémie ? Une scientifique française, Anna Meunier, se lance dans une course contre la montre pour comprendre et freiner cette régression de l’humanité.

Partout, la question se pose, vertigineuse : les erectus sont-ils encore des hommes ?

Faut-il les considérer comme des ancêtres à protéger ou des bêtes sauvages à éliminer ?

Critique :
Désolée, mais Erectus n’est pas le titre du dernier roman de Rocco Siffredi dans lequel il nous raconterait ses mémoires et ses tournages.

Cet homme de lettres vous dirait sans doute qu’il n’a rien à voir avec un homo, même erectus.

Enfin, je pense, je n’ai pas étudié la filmographie de cet homme en long et en large et s’il a fait des films joyeux, je ne suis pas au courant et je m’en fiche, il fait ce qu’il veut.

Le film « Alerte », datant de 1995, m’avait fichu les chocottes et depuis, les films parlant de contagions ou de pandémie, je les fuis, pire que les discours politiques.

Et me voici à lire un livre parlant de virus, de pandémie, de contagion, d’un truc encore plus terrible que Ebola et la Peste réunis, une saloperie qui te fait régresser au stade des tes lointains ancêtres, les Homos Erectus.

T’es encore loin de l’Homo Habilis ou de Sapiens Sapiens ! T’es que Erectus, tu viens juste de te dresser sur tes guiboles… Pas folichon.

Ceci est un Thriller scientifique médical addictif… Et pour ça, il n’existe pas de vaccin non plus, et je n’en voudrais pas car j’adore être prise en otage par un livre et ne plus savoir le lâcher, ou du moins, difficilement, parce qu’il le faut bien.

Littéralement, je l’ai dévoré, en une seule journée de lecture, impossible de le lâcher, pire qu’un chien avec son os.

Le scénario est plausible puisque les espèces ont déjà connu des régression, ou plutôt, des réversions, comme on dit. Des choses inactives dans leur ADN poubelle avait été réactivé et ces espèces sont revenues à un état antérieur à leur évolution.

La seule chose qui soit de la SF, c’est le côté virus, mais malgré tout, ça fout la pétoche. Pas tellement pour celui qui régresse, mais pour sa famille qui se retrouve face à une personne qu’elle ne reconnait plus, ni physiquement, ni mentalement.

Là où tu as des sueurs froides, parce que ÇA ce n’est pas de la SF, c’est quand certains veulent anéantir les humains qui ont régressé en Erectus, les tuer, les éradiquer, les supprimer, les anéantir ou les parquer dans des… camps !

Et là, on sent la sueur froide couler le long de notre échine car tout le monde est concerné par cette régression ou est susceptible d’avoir un membre de sa famille qui repart vers le passé et se change en Homo Erectus…

Ce thriller médical n’est pas qu’un roman bourré d’action, d’adrénaline, de jolies paléontologue, de beaux gosses de l’OMS ou d’animaux qui régressent à un état antérieur, il pose aussi un questionnement et les réponses sont d’un réalismes qui me fait recroqueviller les orteils au bout de mes pantoufles confortables car des Humains qu’on laisse crever ou qu’on défouraille tels des lapins, ce n’est pas de la SF, ce n’est pas un passé, c’est un présent.

Mais tant que nous ne sommes pas concernés personnellement, nous continuerons de nous sentir droit dans nos bottes (ou pantoufles) puisque ce n’est pas nous qui avons migré ou régressé en Erectus.

Un thriller addictif mais pas que… Un thriller réaliste et qui pose des comportements humains que l’on aimerait voir régresser car ils n’apportent rien de bon à nos sociétés sois-disant civilisées.

Une LC que j’ai faite avec Bianca et là, nous sommes raccord sur nos impression de lecture.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°XX.

Taqawan : Éric Plamondon

Titre : Taqawan

Auteur : Éric Plamondon
Édition : Livre de Poche Policier (27/02/2019) / Quidam (2018)

Résumé :
« Ici, on a tous du sang indien et quand ce n’est pas dans les veines, c’est sur les mains. »

Le 11 juin 1981, trois cents policiers de la sûreté du Québec débarquent sur la réserve de Restigouche pour s’emparer des filets des Indiens Mi’gmaq.

Émeutes, répression et crise d’ampleur : le pays découvre son angle mort. Une adolescente en révolte disparaît, un agent de la faune démissionne, un vieil Indien sort du bois et une jeune enseignante française découvre l’immensité d’un territoire et toutes ses contradictions.

Comme le saumon devenu taqawan remonte la rivière vers son origine, il faut aller à la source…

Histoire de luttes et de pêche, d’amour tout autant que de meurtres et de rêves brisés, Taqawan se nourrit de légendes comme de réalités, du passé et du présent, celui notamment d’un peuple millénaire bafoué dans ses droits.

Critique :
Des injustices, tout le monde en a vu dans sa vie mais tout le monde n’en a pas subi comme les Femmes, les Juifs, les Noirs, les Amérindiens, les Gitans, les homos, les handicapés, et j’en passe.

Dès qu’il y a des différences, quelles qu’elles soient, dès que l’on veut faire plier des peuples, des personnes, les spolier, les virer, les anéantir, pour toutes les raisons possibles et imaginables puisque lorsqu’on veut noyer son chien, on dit qu’il a la rage.

Les injustices touchent souvent des minorités, mais pas toujours… Dans notre cas à nous, les femmes, cela concerne plus de la moitié de l’Humanité.

Anybref, ici, les injustices touchent les Amérindiens Mi’gmaq à qui l’ont refuse le droit de pêcher le saumon, chose qu’ils pratiquent depuis la nuit des temps, bien avant l’arrivée de l’Homme Blanc, celui qui s’appropria tout le territoire, reléguant les anciens habitants dans des réserves, transformant leurs enfants sauvages en petits civilisés, le tout à coup de trique (dans tous les sens du terme, hélas).

À partir de 1870, pour remercier ces vaillants guerriers, on leur enlève leurs enfants pour les emprisonner dans des pensionnats. À grands coups de bâton le matin, de douches froides le soir et de viols la nuit, les institutions vont faire rentrer l’idée de civilisation dans la tête des sauvages.

Ironie, bien entendu car pour moi, les Sauvages ne sont pas les Amérindiens, même s’ils ne sont pas des anges non plus. Les Sauvages et les Barbares, c’étaient les Blancs qui spolièrent le tout et qui ont vidé la Nature de tout ce qu’elle produit, reprochant ensuite au Mi’gmaq de prendre quelques tonnes de saumons quand les autres en prélèvent des centaine de tonnes.

Pourquoi se serait-il préoccupé des six tonnes annuelles pêchées dans le sud de la Gaspésie par les Indiens alors que les pêcheurs sportifs de l’Est du Canada en sortaient cent fois plus, huit cents tonnes par année, de la Nouvelle-Écosse jusqu’à Terre-Neuve? C’était encore pire au large des côtes. Les bateaux-usines capturaient trois mille tonnes de saumon par saison (et ça, c’était sans compter les centaines de tonnes d’autres poissons rejetés à la mer parce que trop petits ou pas assez rentables).

Ce livre qui tacle méchamment dans les talons d’Achille n’est pas construit de manière linéaire, ni même en alternant le passé et le présent.

Non, il serait même plutôt déconstruit et au départ, ça déstabilise un peu cette manière d’englober des souvenirs du siècle passé, où d’une ère lointaine, avec ceux de maintenant, le tout entrecoupé d’extrait de J.T, de recettes de soupe aux huîtres, de légendes, de publicité pour un motor home, d’histoires sur les saumons ou de règlements légaux, anciens et présents.

Avec des chapitres très courts, le rythme est saccadé, mais tout se tient, tout est englobé dans le grand tout et forme un récit qui, sous ses airs bordélique au départ, donne finalement un récit d’une grande cohésion et empreint d’humanisme mêlé de fourberies humaines.

C’est violent car les tacles sont sous la ceinture mais ça fait toujours du bien de dire tout haut ce que l’on pense tout bas. Il n’est pas normal que les Québécois luttent pour une reconnaissance culturelle et linguistique alors qu’ils la refuse aux Mi’gmaq ! Si moi j’ai droit à ma reconnaissance culturelle, il est normal que les autres y aient droit aussi et que tout comme moi, ils luttent pour la faire reconnaître.

— Alors pourquoi le gouvernement québécois ne veut pas donner aux Indiens ce qu’il demande lui-même au gouvernement canadien? Pourquoi faut-il un droit à la culture et à la langue française au Québec à l’intérieur du Canada mais pas de droit à la culture et à la langue mi’gmaq à l’intérieur du Québec ?

Véritable roman noir ancré dans la réalité, ce récit commence par le conflit qui opposa les indiens Mi’gmaq aux forces de police chargées de récupérer leurs filets de pêche et tournera autour de cette guerre du saumon, d’autres petites histoires venant se greffer tout autour pour donner au récit un impact qui fait mal à la gueule.

Sans verser dans la caricature, l’auteur parvient à déployer devant nos yeux avides des personnages différents, réalistes, véritable condensé de ce que l’on pourrait trouver dans cette région, avec leurs pensées divergentes et leurs beaux discours empreint d’humanité mais où leur courage est absent.

Sans nous forcer dans une direction comme on le ferait avec un animal que l’on veut piéger, l’auteur nous considère assez grands que pour tirer nos propres conclusions avec ce qu’il nous a livré comme faits.

Et pourquoi acheter quand la nature vous fournit tout ce dont vous avez besoin? On leur a donc accroché au cou l’offre et la demande, le profit, le marché. À Restigouche, le seul bien monnayable était le saumon. Alors on les a obligés à vendre le saumon tout en réglementant son commerce. Un marché contrôlé par le pouvoir, une variable d’ajustement. Le saumon, celui qu’il suffisait d’attraper pour vivre, ils devaient désormais le vendre pour survivre.

Il y a dans ces pages quatre personnages qui m’ont éblouis, chacun à sa façon. Océane étant celle qui m’a le plus ému alors qu’elle a peu de dialogues, mais elle n’avait pas besoin de parler pour dégager cette force. Magnifique.

Une lecture qui ne laisse pas indemne.

Mutt sangewite’lm’g moqwa’ wen gesatgit nmu’j negmewei.
Ne fais pas confiance à celui qui n’aime pas son chien.

On dirait que le colonialisme, c’est un peu comme un saumon, tu peux le jeter à la mer, il finit toujours par remonter là où il est né.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°19.

22/11/63 : Stephen King

Titre : 22/11/63

Auteur : Stephen King
Édition : Nadine Gassie
Édition Originale : 11/22/63 (2011)
Traducteur :

Résumé :
Jake Epping est un enseignant d’anglais à Lisbon Falls, dans le Maine, qui se fait un revenu complémentaire en enseignant aux adultes dans le programme GED.

Il reçoit un essai de l’un des étudiants : une histoire macabre, déchirante, au sujet d’une nuit il y a 50 ans quand le père d’Harry Dunning est arrivé à la maison, a tué sa mère, sa soeur et son frère avec un marteau. Harry s’en est sortit avec une jambe mal en point, comme le prouve sa démarche actuelle.

Un peu plus tard, Al, l’ami de Jake, lui raconte un secret : sa boutique est un portail vers 1958.

Il enrole Jake dans une folle mission afin d’empêcher le meurtre de John Kennedy. Ainsi sa nouvelle vie en tant que Jakes George Amberson, son nouveau monde d’Elvis et JFK, un monde de grosses voitures américaines, d’un solitaire en difficulté nommé Lee Harvey Oswald et d’une bibliothécaire prénommée Sadie Dunhill, qui devient l’amour de Jake et qui transgresse les règles normales du temps.

Critique postée sur Babelio le 1er avril 2013 :
♫ Mes amis voici le temps venu, d’aller prier pour mon salut, le King, est revenu ! ♪

Ah, Stephen King, tu es responsable de mes premiers frissons, de mes premières « vraies » frousses, tu es l’homme qui a enchanté mes après-midi de lecture avec tes nombreux ouvrages dont mes doigts aggripaient les couvertures, le souffle court et totalement immergée dedans.

Oui, Stephen (tu permets que je te tutoie, vu ce que tu m’as fait vivre) tu es l’auteur qui m’a fait regarder les voitures avec la sueur froide qui me coulait dans le dos et je n’avais (jusqu’à présent) jamais osé lire « Cujo » de peur de regarder mon chien de manière suspicieuse (et j’aurais jamais dû le lire).

Stephen, c’est l’ami Gruz (Blog ÉmOtionS) qui est LE responsable de cette lecture de ton livre, sa critique, plus que dithyrambique, m’ayant poussé à nouveau vers toi…

Et alors, Stephen ? Il paraît que tu es désormais en odeur de sainteté auprès des grands quotidiens francophones ? La faute au nouveau pape ou au fait qu’ils aient ENFIN remarqué ton talent indéniable de conteur-frissoneur hors-pair ?

Comme le dit si bien Le Figaro « Sans la liberté de blâmer, il n’y a pas d’éloges flatteurs » et dans ton cas, après t’avoir longtemps blâmé, ils te lancent ENFIN des fleurs, et sans le pot.

Ont-ils raison de encenser, comme le fit Gruz, Laurence64 et tous les autres ?

Ma foi (nouveau pape oblige), je dirais « oui » et « non »… et je commencerai par ce qui fâche d’abord :

Stephen, les préliminaires, c’est agréable, il en faut, on a le droit de prendre son temps et de faire languir son partenaire lecteur/trice, mais, à un moment donné, il faut passer à l’acte ! Rentrer dans le sujet.

Trois cent pages en trop… trois cent pages de moins n’auraient pas été du luxe parce qu’à un moment donné, bien que j’ai passé du bon temps à suivre les tribulations de Jake Epping, je l’ai trouvée un peu longue, ton histoire.

Non, Stephen, ne t’en fais pas, cela n’enlève rien à la qualité de ton livre ! Il faut dire que l’assassinat de Kennedy à Daaallaaaas, cet univers impitoyable, ne m’intéressais pas plus que ça, mais que, depuis que j’ai lu ton ouvrage, et bien, cela m’a intrigué plus, surtout au niveau des implications que cela a eu sur le reste du monde et sur les événements qui ont surgi ensuite.

As-tu raison lorsque tu dis – à travers ton personnage de Al – que si Kennedy n’était pas mort, tout ce qui a suivi n’aurait pas eu lieu ?

Hormis cette légère critique sur les pages en trop, tout le reste, c’est du petit lait et j’ai eu plaisir à te retrouver, mon ami que j’avais perdu de vue, bien que cette fois-ci, il n’y ait pas eu de véritables monstres caché dans les placards ou sous le lit pour me coller les sueurs froides.

Le « monstre » n’est d’ailleurs pas un habitué de tes livres (le renouveau du cheptel), mais « Carton Jaune » m’a fait me poser de nombreuses questions quant à sa présence. Une sacré trouvaille !

De plus, on sent que point de vue références, tu les as pompée chez toi-même, mon grand. Ne dit-on pas que l’on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même ?

Oui, Stephen, tu nous a pondu un bon roman, j’ai vibré, supputant mille et une choses sur la fin, me demandant si « oui » ou « non », Jack allait y arriver et sur ce qu’il se passerait ensuite.

Tout son périple, ses amis, ses amours, ses emmerdes, je les ai suivi, m’agrippant parfois aux pages de ce livre, me délectant de cette plongée dans cette période qui va de l’année 1958 jusqu’à 1962.

Bigre, je m’y serais crue et j’ai souri avec tendresse devant ces vieilles années (que je n’ai pas connues) jusqu’à ce que Jake, ton personnage principal (ô combien délicieux), ne me rappelle qu’en 58, ce n’était pas « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » et que nous étions loin de l’univers des Bisounours, bien que l’on y ait cru, durant un moment, à cet univers enchanteur.

Tu m’as bien étonné et je pense que dans ton explication finale, il y ait aussi une référence à Timon, le suricate du « Roi Lion » qui avait bien raison quand il expliquait au jeune Simba que…

Non, je ne spoilerai pas ! Visionnez le dessin animé (et trouvez la phrase) ou lisez le livre !

Bref, un grand moment de lecture, une plongée dans le passé, dans cette Amérique, avec ses bons et ses mauvais côtés, des personnages aussi attachants que la cervelle et le sang de Kennedy sur la veste de son épouse (et les personnages m’ont bien plus collé, même après avoir fermé le livre) et un super travail de fond du King en personne (pas Elvis, mais Stephen).

Des dernières pages qui m’ont fait sourire et presque mit la larme à l’oeil…

Et puis, Stephen, ne t’inquiète pas trop, si j’ai trouvé le livre trop long de 300 pages, Gruz l’a trouvé trop court de 300 pages… la moyenne est faite, non ?

Stephen ? Pourquoi t’arraches-tu donc les cheveux ?

 

November Road : Lou Berney

Titre : November Road

Auteur : Lou Berney
Édition : HarperCollins Noir (06/02/2019)
Édition Originale : November Road (2018)
Traducteur : Maxime Shelledy

Résumé :
Sur une route perdue de l’Ouest américain, un homme roule à tombeau ouvert.

Cet homme, c’est Frank Guidry. À ses trousses, un tueur à gages mandaté par le mafieux Carlos Marcello, qui veut se débarrasser d’un témoin indésirable dans le crime du siècle : l’assassinat de JFK.

Guidry sait que la première règle, quand on est en cavale, est de ne pas s’arrêter. Et que la seconde est de ne compter que sur soi-même.

Pourtant, lorsqu’il aperçoit, au bord de la route, une femme avec une voiture en panne, deux petites filles et un chien sur la banquette arrière, il y voit une proie facile. Et la couverture qui lui permettra de leurrer l’homme qui le traque. Alors, Guidry prend le risque. Il s’arrête.

« Aussi stupéfiant que brillant » Don Winslow.

Critique :
♫ Je suis pas comme Rose Kennedy ♪J’voudrais pas que mes fils chéris ♫ ♫ Deviennent plus tard, quelle folie ♪
♫ Président des Etats-Unis ♪

Dallas, ton univers impitoyable, surtout sur Dealey Plaza où John Fitzgerald Kennedy tacha, de sang et de cervelle, le joli tailleur de son épouse.

QUI l’a assassiné ? Je n’ai pas la réponse, le roman non plus, mais il nous livre pourtant des coupables et sa fiction est plus réaliste que la version officielle qui fut un jour celle de la balle voyageuse et de Lee Harvey Oswald en tireur d’élite.

L’assassinat de JFK en arrière-plan et Sacha Guitry, pardon, Frank Guidry en avant-plan, qui roule pour échapper à la grande Faucheuse qui porte les habits d’un tueur à gage car Franck est un témoin gênant dans cet assassinat du siècle.

C’est à lui qu’on a demandé de déposer une voiture non loin du lieu où fut tiré, comme un lapin, le président des États-Unis et en additionnant 1+1, notre homme de main de Carlos Marcello, le chef du gang local, a compris que c’était celle utilisée par le véritable tireur d’élite pour fuir la scène de crime.

Et bien non, toutes les courses-poursuites ne se déroulent pas de la même manière, à la Fast & Furious, plus Furious qu’autre chose.  L’auteur n’est pas tombé dans ce piège-là et il nous offre une toute autre histoire où le destin de deux personnes vont se mêler, pas toujours pour le meilleur, mais pas non plus pour le pire.

À ma gauche, Frank Guidry qui a la gouaille d’un Guitry, mais version « magouilles et compagnies » et à ma droite, Charlotte Roy, une femme coincée dans un mariage qui prend l’eau, ou plutôt, avec un mari qui prend un peu trop la boisson, et donc, gîte bien trop souvent de bâbord à tribord, incapable de bosser correctement.

Deux personnages qui vont se télescoper car l’un a besoin de l’autre dans sa cavale et elle a besoin d’une voiture pour poursuivre son voyage qui l’éloigne de son mari égoïste et alcoolo, avec ses deux filles (Joan et Rosemary) et leur chien épileptique (non, il n’arrivera rien au chien).

Pour ceux ou celles qui voudraient de l’action à gogo et des courses-poursuites façon show à l’Américaine, je vous le dis de suite, allez voir ailleurs, car l’auteur a privilégié la profondeur de ses personnages et de ce qu’il leur arrive que l’action pure et dure.

Le bandeau accrocheur qui disait que c’était « aussi stupéfiant que brillant » et signé Winslow est peut-être un peu surfait car le roman a beau être intéressant de par son intrigue et la manière dont l’auteur traite la fuite de Franck Guidry et de celle de Charlotte, on est loin d’un truc de malade qui nous trouerait le cul.

J’ai adoré les personnages, j’ai aimé leur ironie, leur humour noir, le fait que Guidry puisse changer, que Charlotte sorte de sa chrysalide et s’affirme, j’ai aimé la douceur qui se mêle à la noirceur, dans ces pages, j’ai aimé le côté assassins sans pitié et l’amour qui s’immisce pour illuminer un peu tout ça, mais bon, on oublie le stupéfiant.

Mon seul bémol sera pour le fait que Carlos, le chef du gang, ait décidé d’éliminer un bon élément comme Franck Guidry juste parce qu’il pourrait additionner deux plus deux et comprendre que la voiture qu’on lui a demandé de placer à tel endroit a favoriser la fuite du tueur de Dallas.

Il aurait pu y envoyer un pion sacrifiable au lieu d’envoyer à l’abattoir un excellent élément. Il est con, ce Carlos !

Malgré mon petit bémol scénaristique (il y a des chefs de gang sans cervelle), j’ai adoré ce roman noir qui m’a entraîné sur la route 66 dans un road-trip à allure correcte, sans accélération brusque, tout en douceur dans la noirceur, le tout formant un roman noir des sixties avec une pointe d’amour magnifique.

Comme quoi, noir c’est noir, mais pas toujours !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2019-2020) – N°11.

Le livre de Yaak – Chronique du Montana : Rick Bass

Titre : Le livre de Yaak

Auteur : Rick Bass
Édition : Gallmeister Totem (2007/2013/2016)
Édition Originale : The book of Yaak (1996)
Traducteur : Camille Fort-Cantoni

Résumé :
La vallée du Yaak, dans le Montana, est l’un des derniers espaces sauvages des États-Unis, un lieu où cohabitent des ours noirs et des grizzlys, des loups et des coyotes, des aigles, des lynx, des cerfs et même une poignée d’humains.

De cet endroit magique où il vit depuis une vingtaine d’années, Rick Bass dresse le tableau d’une vallée aujourd’hui menacée.

Dans ces récits inspirés, il nous décrit la grandeur de la nature sauvage du Yaak et de ses habitants. Il parvient ainsi à capturer l’âme d’un lieu qui, s’il venait à disparaître, constituerait une perte irrémédiable pour chacun d’entre nous.

Avec Le Livre de Yaak, Rick Bass confirme qu’il est l’un des grands écrivains du Montana et l’une des voix les plus originales de l’Ouest.

Critique :
Nous détruisons nos espaces, nous vidons la Terre de sa substance, nous polluons, nous prenons plus que nous ne rendons, bref, en un mot comme en cent, nous scions la branche sur laquelle nous sommes assis, nous nous tirons une balle dans le pied.

Je ne suis pas née de la dernière pluie, la Terre tiendra le coup, elle en a vu d’autres, elle qui s’est pris des tas de trucs dans la gueule.

Mais les animaux, les végétaux, survivront-ils à notre folie ? Ne sommes-nous pas en train de nous tuer à petit feu en épuisant les ressources de cette planète que nous ne possédons qu’en un seul exemplaire ?

Rick Bass nous offre un plaidoyer pour sauver la vallée du Yaak, Montana. Ne nous y trompons pas, si nous arrivons à changer certains méthodes violentes de coupes à blanc là-bas, ça pourrait donner des bonnes idées à d’autres ailleurs.

On peut rêver, espérer. En tout cas, si on ne sauve pas les dernières vallées sauvages, que restera-t-il comme habitat aux animaux ? Les zoos ?

Vivre dans la vallée du Yaak n’est pas facile, les jours d’été sont longs mais il y a peu de journées, tandis que les jours d’hiver sont courts, mais nombreux. S’adapter au milieu n’est pas facile et l’auteur nous décrit bien la manière de vivre de sa famille, à la dure.

Sans virer vieil écolo bavant toujours les mêmes choses, l’auteur nous conscientise, nous explique le pourquoi il faut sauver cette vallée sauvage avant qu’elle ne soit plus qu’un désert sans arbres, sans animaux, sans rien.

Il nous parle du pourquoi il faut replanter des arbres après les avoir coupés et pourquoi il est inutile de couper des arbres centenaires pour les transformer en papier Q.

À travers tout le récit, on se rend compte que ce n’est pas tellement un plaidoyer pour sa vallée, mais aussi un grand cri d’amour qu’il adresse à cet endroit où il vit depuis un certain temps, s’étant adapté à ses hivers rigoureux, à la présence d’animaux et au rythme des saisons.

Certains passages racontant ses rencontres avec des animaux sauvages sont tout simplement magiques, empreint d’un grand respect pour l’animal, d’humilité aussi.

Non, ceci n’est pas un pamphlet contre la civilisation, non il n’interdit pas les coupes d’arbres, mais il préconise plus de le faire avec raison, correctement, en réfléchissant un peu et surtout, d’arrêter de confier ces coupes à des grosses sociétés avides de rentabilité.

Ses arguments sont étayés, expliqués, prouvés et plein de bon sens. On est loin de ceux qui crient qu’il faut arrêter de polluer alors que tous possèdent des smartphones, des télés, des PC, des voitures et qu’ils les utilisent en masse.

Moi aussi je pollue et même si j’essaie de faire attention, je sais que je passe sans doute à côté de choses énormes que je n’ai même pas vues, que je pense que c’est bien alors que je me goure. L’enfer est pavé de bonnes intentions.

J’ai exploré bien souvent l’Amérique profonde, celle des red neks, des loosers, des laissés-pour-compte, mais là, j’ai exploré une autre profondeur de l’Amérique, celle de ses grands espaces, de ses paysages magnifiques, de ses forêts, de sa faune et sa flore, qui, si on ne les protège pas, disparaîtront tout à fait en entraînant des conséquences qui pourraient être terrible pour tout être vivant.

[SÉRIES] Gunpowder – La série qui parle du coup d’état qui devait faire Boum et qui fit Pchiiiittt

Gunpowder est une mini-série anglaise créée par Ronan Bennett, Kit Harington et Daniel West diffusée sur BBC One depuis le 21 octobre 2017.

Le scénario de la série est basé sur un fait historique réel, la Conspiration des poudres du 5 novembre 1605 qui prévoyait de faire sauter la Chambre des communes.

Distribution :

  • Kit Harington : Robert Catesby
  • Peter Mullan : Henry Garnet
  • Mark Gatiss : Robert Cecil
  • Liv Tyler : Anne Vaux
  • Tom Cullen : Guy Fawkes
  • David Bamber : Henry Percy
  • Edward Holcroft : Thomas Wintour

Fiche technique :

  • Titre original : Gunpowder
  • Création : Ronan Bennett, Kit Harington, Daniel West
  • Réalisation : J Blakeson
  • Scénario : Ronan Bennett, Daniel West, Kit Harington
  • Direction artistique : Pilar Foy, Liz Simpson
  • Décors : Grant Montgomery

Ce que j’en ai pensé :
Non, la Conspiration des Poudres n’a rien à voir avec un complot des fabricants de poudre à lessiver !

Oubliez un accord secret entre Dash et Dixan s’engageant à ne pas laver si blanc que ça.

La conspiration des poudres, c’est celle qui failli expédier un roi et tout ce que comptait la Chambre des Communes sur la lune, si ça n’avait pas pchiitttt.

♫ Boum, quand la Chambre des Communes doit faire boum et que ça fait pas boum boum ♪

Problème de mèche ? Trop courte ou trop longue ? J’en sais rien, vous irez voir chez l’ami Wiki (avant, c’était l’ami Ricoré) qui s’est invité en bas de ma chronique.

Anybref, nous sommes au temps des désaccords entre Protestants et Catholiques et en ce temps-là, ça se réglait à coup de tortures, d’assassinats, ou autres châtiments barbares et pervers.

Pas un pour relever l’autre, sans oublier que nous avons le roi Jacques Iᵉʳ d’Angleterre (un Stuart) assis sur le trône (pas de fer) et qu’en ce temps-là, les rois avaient un big pouvoir et que pour arriver à leurs fins, tout était bon.

D’un autre côté, en Espagne, pour obtenir des droits dans les ports Anglais, on n’avait aucun scrupules à abandonner les Catholiques d’Angleterre à leur triste sort.

Petites âmes sensibles, accrochez-vous car il y a quelques scènes assez insoutenable pour la vue, notamment celles de tortures ou d’exécution publiques. Nous ne sommes pas au pays des Petits Poneys chevauchant des Bisounours.

La reconstitution des lieux et des costumes m’ont semblé des plus justes, même si je n’ai pas une grande connaissance de la mode en ce temps-là, mais en tout cas, les justaucorps sont sales, puants, les visages sales, les robes empêchent toute digne femme à prendre ses jambes à son cou.

Le roi, ses courtisans et ses employés sont en horribles culottes bouffantes et ça ne les rend pas honorables. Lagerfeld aurait trouvé ça moche et peu commode.

L’avantage d’une mini-série de trois épisodes, c’est que l’on arrive à presque tout dire ou en tout cas, à ne pas s’enliser dans des longueurs. Malgré tout, cette série manque un peu de punch à certains moments, d’action.

Si l’action pure et dure n’est pas très présente, on pénètre dans les complots d’arrière-cour, dans les magouilles politiques, les accords par dessous de la table entre deux puissances étrangères, se faisant toujours au détriment des citoyens les plus faibles ou les moins majoritaires.

Mycroft Holmes de la série « Sherlock BBC » est un Robert Cecil des plus convaincants. Ce genre de rôle va à merveille à Mark Gatiss.

Par contre, j’ai appris quelque chose, le roi Jacques, ben il avait un mignon… Désolée, mais un type qui aide un autre à se déshabiller, à se mettre au lit et qui lui parle comme si c’était un gros bébé, moi je vois midi à ma porte et j’en déduis que le roi aimait des deux côtés. Pas moche du tout, son mignon…

Le roi, lui, on n’aurait pas envie d’aller sans son lit. Il a une sale gueule.

Le roi au centre, avachi, Robert Cecil à sa gauche et le mignon en avant-plan

Cette mini-série a du potentiel, j’ai passé un bon moment à la regarder, mais elle n’a pas eu le succès et pire, on n’en a pas parlé des masses de ce côté-ci de la Manche, pourtant, on a tout de même Jon Snow (GOT) à la réalisation et dans le rôle de Robert Catesby !

Entre nous, Kit Harrington fait du Jon Snow, son jeu d’acteur ne connait pas 36 nuances, c’est toujours la même. Mais dans ce rôle de cape et d’épées, il n’en fallait pas plus, ça ne changeait pas vraiment de GOT et de ses jeux de pouvoir.

Autant où les Catholiques persécutèrent beaucoup de monde, les Protestants ne seront pas en reste non plus et c’est une manière bien laide d’utiliser la Religion, chacun pensant qu’il détient LA vraie foi, avec le VRAI Dieu et que ce dernier est à son écoute et à de grands projets pour lui…

Le fanatisme religieux (et le fanatisme quel qu’il soit), je l’abhorre.

L’avantage de cette série, c’est qu’elle est une piqûre de rappel pour ceux qui pensent que les barbares, ce sont les autres. Nous avons été des barbares, les autres aussi et parfois, même en 2019, nous ne sommes pas toujours plus évolués.

Si les scènes de décapitations filmées et diffusées par un groupe de terroristes dont je ne citerai pas le nom horrifient la plupart, en 1605, lors des pendaisons ou autre exécution, la foule était nombreuse et en délire. Comme le sont certains à la vue de ces vidéos passant en boucle sur le Net.

On me dira que 1605 c’était il y a 400 ans, mais je parie ma culotte en dentelle de Bruges que si on faisait des pendaisons publiques, il y aurait foule. Surtout si c’était des condamnés appartenant à une autre foi.

La série n’a pas d’action pure et dure, même si on a des moments de suspense, mais elle met en avant les guerres de religion et le fanatisme religieux ainsi que le manque de logique dans les comportements de certains puisqu’il est dit que « Tu ne tueras point ».

Et les conjurés vous répondrons que ce sont les autres qui ont commencé à les persécuter et que donc, faut se défendre et rendre la monnaie de la pièce aux autres.

Être prêt à sacrifier sa propre existence au nom de ses convictions, ça ne nous rappelle que trop les derniers événements de ces années post 2000. Quand ce sont des catholiques, ça semble être héroïque et justifié (on frémit en voyant les clous ajoutés à la poudre) alors que quand ce sont les autres, on hurle.

Dans ces temps reculés, toute croyance concurrente de « la mienne » (ou de la majorité) était perçue et présentée comme une menace potentielle, menace qui pouvait se traduire par la propre disparition de « ma » croyance (je me mets à la place des gens de l’époque).

Donc, fallait tuer dans l’oeuf cette autre croyance avant qu’elle ne nous submerge et que ne remplace la nôtre… Tiens, des airs de déjà-vu, entendu, lu…

Quand la survie en dépend, on ne réfléchit plus, on persécute, on assassine, on a peur de l’Autre, on lui cherche des poux sur la tête, on veut tous les anéantir jusqu’au dernier et de là naissent tous les problèmes puisque si on veut m’anéantir, je vais me rebeller, mordre, griffer et me battre car je veux vivre.

Cette imbécilité qui consiste à vouloir soumettre l’autre dans la violence où à le persécuter ne va faire qu’accroître l’attachement que l’individu éprouve à l’égard de son identité collective… Ben oui, on continue pourtant toujours ainsi en 2019.

On devrait savoir qu’il est vain et inutile d’agir de la sorte. Mais les égos sont toujours surdimensionnés et personne n’a appris des erreurs du passé.

Anybref, cette série est bien fichue et elle a le mérite de présenter les choses clairement, à nous d’en tirer les conclusions et de faire marcher nos petites cellules grises afin d’en tirer un enseignement qui pourrait nous être profitable.

Dommage que les grands de ce monde et les hurleurs du Net n’en soient pas capables… D’accord, certains n’ont pas envie de changer de crédo ou de comprendre.

 

Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Ce qu’en dit l’ami Wiki (parce que vous aurez la flemme de le demander) : Il existe deux versions divergentes concernant le nombre et la durée des fouilles des bâtiments.

Selon la version du Roi, la première fouille est effectuée par Suffolk, Monteagle et John Whynniard le lundi 4 novembre, tant à l’intérieur que dans les alentours du Parlement et ce, alors que les conspirateurs sont occupés à leurs derniers préparatifs.

Ils découvrent un gros tas de bois dans la cave sous la Chambre des lords, ainsi qu’un individu (Fawkes) qu’ils supposent être un domestique et qui leur explique que le bois appartient à son maître, Thomas Percy. Ils partent pour rendre compte de leurs découvertes, en même temps que Fawkes quitte les lieux.

Le roi exige de faire de nouvelles recherches plus approfondies. Tard dans la nuit, le même groupe, conduit par Thomas Knyvet, retourne dans les caves. Ils y retrouvent Fawkes, désormais vêtu d’un manteau, coiffé d’un chapeau et portant bottes et éperons. Fawkes est arrêté ; il prétend s’appeler « John Johnson » et être au service de Thomas Percy.

Il a sur lui une lanterne (aujourd’hui exposée à l’Ashmolean Museum, à Oxford), une montre à gousset, des allumettes, et de l’amadou.

On découvre ensuite les barils de poudre, cachés sous des piles de fagots et du charbon. Fawkes est conduit devant le roi le lendemain matin à la première heure.

Wiki dit aussi : Le complot est révélé aux autorités par une lettre anonyme adressée au baron Monteagle le 26 octobre 1605.

Lors d’une perquisition de la Chambre des communes, le 4 novembre 1605 vers minuit, on découvre Fawkes montant la garde devant 36 barils de poudre (assez pour réduire la Chambre des lords en cendres) et il est arrêté.

Lorsqu’ils apprennent que le complot a été découvert, la plupart des conjurés s’enfuient de Londres et tentent de rallier des soutiens dans leur cavale. Plusieurs d’entre eux attendent à Holbeche House pour livrer combat contre le prévôt de Worcester et ses hommes lancés à leur poursuite ; Catesby est tué lors de l’échauffourée.

Lors de leur procès, le 27 janvier 1606, huit des survivants, dont Fawkes, sont reconnus coupables et condamnés à être pendus, trainés et écartelés (des fois qu’ils ne seraient pas tout à fait mort après la pendaison, sans doute… Parce qu’un tel zèle, c’est suspect).

[SÉRIES] Brexit – The Uncivil War de Toby Haynes (2019) : La série où Benedict n’est pas exit…ant !

Un unitaire au coeur de l’actualité. Alors que les parlementaires britanniques sont actuellement divisés sur les conditions de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, décision qui fait suite au référendum de 2016, une fiction britannique propose de revenir sur la campagne controversée en faveur du Brexit.

Le credo de « Brexit » : « Tout le monde sait qui a gagné, mais tout le monde ne sait pas comment ».

Écrit par James Graham (« Privacy », « This House », « Tory Boyz ») et réalisé par Toby Haynes (« Sherlock », « Cinq Jours », « Doctor Who »), cet unitaire propose de suivre le directeur déterminé de la campagne en faveur du Brexit, Dominic Cummings, un conservateur.

C’est à lui par exemple que les Britanniques doivent le slogan aussi simple qu’efficace de la campagne officielle en faveur de la sortie de l’Europe, « Take back control » (« Reprenez le contrôle »).

Un rôle interprété par Benedict Cumberbatch.

Ce que j’en ai pensé :
Il n’y a que les Anglais pour s’analyser de la sorte. Ils sont les mieux placés et les meilleurs dans ce rôle là.

Brexit, c’est l’histoire de Benedict Cumberbatch qui  n’est pas so exitant comme dans la série Sherlock…

Brexit, c’est avant tout l’histoire d’une manipulation. D’un baisage de la population à grande échelle.

Et ce n’est pas facile de baiser sur une grand échelle ! Mais faisons confiance à certains pour y arriver.

Et les responsables ne sont pas toujours les politiciens, même si, c’est à cause de leur immobilisme depuis des décennies que nous en arrivons à ces extrêmes, que ce soit les votes pour des partis fascistes ou pour sortir de l’Union Européenne.

— Leur campagne a commencé il y a 20 ans. Un long goutte à goutte de peur et de haine. Combien, dans notre camp, ont blâmé l’Europe ou “l’étranger” quand ça les arrangeait ?

C’était le 23 juin 2016, durant le Mois Anglais, que les habitants du Royaume Uni ont voté le Brexit, soit le retrait de l’Union Européenne, pour les cancres qui ne suivraient pas, dans le fond de la classe.

Brexit, c’est la série qui te braque les projecteurs sur les coulisses de la campagne, car si on connaît l’issue (le suspense, à ce niveau là, est nul), on ne sait pas comment on en est arrivé là.

Et la réalité dépasse très largement la fiction, comme toujours !

C’est le pas du tout sexy Benedict Cumberbatch qui interprète le rôle de Dominic Cummings, ZE grand manitou derrière la campagne en faveur du Brexit.

Un stratège hors pair que si Napo l’avait eu à Waterloo, elle ne serait pas devenue une morne plaine.

Oubliez le physique avantageux de Sherlock avec la touffe de cheveux sur le front, ici, nous sommes face à un dégarni, ce qui est plus réaliste pour interpréter un personnage qui existe vraiment (Dominic Cummings) et qui est l’homme de l’ombre derrière la campagne pro-Brexit.

L’argent, c’est une chose mais les données, c’est le pouvoir.

Dominic Cummings est un homme extrêmement intelligent, clairvoyant, presque supérieur dans sa façon de comprendre le monde et d’imposer ses idées. Il est hautain, insolent et arrogant. Sherlock, sors de cet esprit !

Justement, je reproche souvent à Hugh Grant de faire du Hugh Grant, et bien, Benedict fait du Sherlock à certains moments. Comme s’il ne savait pas faire un autre rôle !

Les 10 premières minutes sont rythmées à une allure folle car on nous bombarde d’informations, passant d’un personnage à l’autre, sans que les dialogues soient discordants. C’est bien fait mais un peu trop rapide.

Pour Dominic, la cause est d’avantage un challenge même si, au fond de lui-même, il rêve de changer la politique, de faire un back-up, de recommencer à zéro et de changer tout puisque ce que l’on applique maintenant ne fonctionne pas.

Notre homme possède tout de même un côté anarchiste. Ses premiers sondages s’effectuent dans les pubs, avec une volonté manifeste de comprendre ce qui se joue dans le milieu prolétaires parce que c’est là que se situent les clés du futur Brexit.

Mais ce n’est pas tout !  Il va d’abord se concentrer sur un slogan facile « Reprenez le contrôle », comme si les gens l’avaient perdu et qu’il fallait le récupérer à tout prix et éviter les débats sur l’immigration. Les gens l’ont trop entendu.

Ce qu’il faut, c’est allez chercher les gens qui ne votent jamais, ceux qu’on ne drague jamais, ceux qui ne sont pas dans le système car c’est eux qu’il faut convaincre. Et ce sont ceux auquel le camp d’en face, les anti-brexit, ne pensent pas.

Puisque les données, c’est le pouvoir, notre gars va faire entrer un autre acteur dans la danse. AggregateIQ (on apprendra que Cambridge Analytica y participa également). Quésaco ? Ils font quoi ces mecs ? Du micro ciblage publicitaire.

Ils ont mis au point un logiciel conçu pour analyser les informations recueillies sur les réseaux sociaux (Facebook en tête) afin de créer un algorithme capable de créer des publicités évolutives en temps réel pour s’adapter à chaque personne individuellement.

C’est la fin des campagnes massives uniformes, place à la formule personnalisée.

L’équipe de Cummings aurait lancé un milliard de publicités ciblées via AggregateIQ. En 2018, on apprendra l’ingérence de Cambridge Analytica aussi bien dans le Brexit que dans la victoire de Donald Trump.

Car la société anglaise ne s’est pas contentée de produire des flux d’informations individuelles, elle est accusée d’avoir aspirer des données personnelles de plusieurs millions d’utilisateurs sans leur consentement (via un quizz).

Le vrai pouvoir se trouve désormais dans les « data » et autres algorithmes. Les gars, on est baisé ! Surtout ceux qui sont des gros consommateurs de réseaux sociaux et qui y content leur vie privée.

C’est grinçant et glaçant en même temps car nous ne sommes pas dans de la SF mais dans la réalité. On nous manipulait déjà avant, on continue de le faire mais là, c’est vraiment à l’insu et pas de notre plein gré !

Les promesses bancales, on les voit venir de loin, on sourit sarcastiquement, mais là, on pianote, on répond à des sondages et des logiciels nous analysent derrière (dans un divan ?) et dressent un profil de nous, de ce que nous aimerions entendre, vers quels groupes on pourrait aller… Pas pour notre bien, mais pour nous guider dans l’isoloir.

Ma chronique était un peu plus longue mais fallait que je nous mette en garde, même si contre ça, on ne sait pas faire grand-chose.

Les Anglais ont été entubés de manière magistrale, fallacieuse (les 350 millions sois-disant donné toutes les semaines à l’Europe), cynique, le tout avec des instruments qu’ils utilisent tous les jours puisque la plupart sont ultras connectés.

On est foutu on pianote trop…

Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

[SÉRIES] A Very English Scandal (2018)

A Very English Scandal est une mini-série basée sur le roman du même nom de John Preston. Elle s’inspire de l’affaire Thorpe.

Distribution : 

  • Hugh Grant : Jeremy Thorpe
  • Ben Whishaw : Norman Josiffe/Scott
  • Monica Dolan : Marion Thorpe
  • Alice Orr-Ewing : Caroline Allpass
  • Alex Jennings : Peter Bessell
  • Jonathan Hyde : David Napley
  • Eve Myles : Gwen Parry-Jones
  • David Bamber : Arthur Gore

Rares sont ceux qui savent, en France, qui était Jeremy Thorpe. Ce parlementaire britannique, leader du Parti libéral dans les années 1970, vit sa carrière ruinée par une affaire aussi grave que rocambolesque, où il fut accusé d’avoir tenté de faire assassiner son ancien amant.

Cette minisérie écrite par Russell T. Davies (Queer as folk) et réalisée par Stephen Frears (The Queen) retrace pied au plancher cette relation pour le moins conflictuelle, de son commencement dans les années 1960 au procès à la fin des années 1970.

Elle rappelle les faits et n’évite pas les questions douloureuses – notamment la criminalisation de l’homosexualité – mais choisit le registre comique, parfois proche de la farce satirique, insistant avec plaisir sur l’enchaînement de décisions maladroites prises par deux hommes aux ego… compliqués.

Ce que j’en ai pensé :
Il y a plusieurs choses horribles dans cette époque : la criminalisation de l’homosexualité, les vêtements portés et les décors intérieurs !

Bref, le mauvais goût à tous les étages.

Si je peux pardonner la déco et des fringues dans les tons criards à chier, la criminalisation de l’homosexualité, là, je pardonne moins.

Non content de pousser les homosexuels au suicide, les Anglais poussent le vice dans leur attitude guindée et coincée au sujet de la sodomie.

Que certains s’amusent dans le vide-ordures, ma foi, c’est leur droit, leur problème, tant qu’ils sont majeurs et consentant… Après que ces messieurs aient eu le Boukistan, ils auront le Boukisan et ceci dans tous les cas de figure, par devant ou par derrière.

Sur ces considérations sexuelles, revenons à nos moutons, ou plutôt à ces messieurs qui vont du côté de la lance.

Premièrement, Hugh Grant est loin du mec sexy que l’on a connu dans 4 mariages ou dans love actually. Même son petit sourire est absent, remplacé par une sorte de moue, comme si on lui avait mis un prothèse dentaire afin de changer sa jolie gueule d’amour qui nous fait habituellement craquer.

En plus, Hugh Grant ne fait pas du Hugh Grant, comme j’avais encore pu le constater dans « L’amour sans préavis ». Il est différent, moche, bref, il est dans son rôle de profiteur du faible que lui.

De son côté, Norman Josiffe (Ben Whishaw) est ce qu’on peut appeler un joli mec et en le voyant s’éclabousser d’eau dans la scène de la rencontre avec Thorpe, j’ai senti ma température corporelle monter.

Pas de bol pour nous, les filles, tout dans son attitude nous montre qu’il est efféminé, ce qui ne manque pas d’attirer l’attention de Thorpe. Notre Norman a les émotions à fleur de peau et je l’ai trouvé plus que crédible dans ce rôle du jeune amant d’un politicien qui monte, qui monte.

Sans étaler des scènes de porno gay, la série nous montre tout de même Thorpe prendre possession de Norman, dans tous les sens du terme, alors que ce dernier est tout de même réticent.

Norman est faible, influençable et a besoin qu’on l’aime. Son état mental n’est pas toujours stable et il s’invente même une naissance de haut rang dans le but de s’arroger un véritable père, lui qui n’a pas connu le sien.

Thorpe est salopard de première, pourtant, dans la Chambre (pas celle des galipettes), il défend des causes nobles comme le fait d’ouvrir l’Angleterre à l’immigration et aux habitants du Commonwealth. Et c’est un Libéral.

Voilà une série qui est réaliste dans ses décors, dans ses vêtements, dans ses voitures et dans la description de la mentalité des gens de cette époque pour qui l’homosexualité était une tare et indigne des bons Anglais (ceci n’est pas mon avis, bien entendu, mais je précise pour les grippés du cerveau qui lisent mal les phrases).

Je vous le dis de suite, c’est quasi du roman noir car Norman va vivoter dans la misère pendant que Thorpe monte en grade. Norman ne demandait pas grand chose, juste à ce qu’on lui refasse sa « National Insurance card » afin de pouvoir toucher quelque chose et pouvoir bosser autrement qu’en black.

Putain, Thorpe aurait fait en sorte qu’il en retrouve une qu’on n’en serait sans doute pas arrivé là. Le syndrome Barbara Streisand, en quelque sorte.

Le dernier épisode, celui avec le procès, m’a fait glousser de rire devant les réparties de l’avocat de Thorpe, avocat qui n’a pas hésité à taper dans les couilles du Parlement avec une phrase assassine mais vraie.

Par contre, on se retrouve tout de même devant un simulacre de procès, de justice… Cela reste le procès d’un Queer face à un membre de Parlement (parle, ment), le tout jugé par une société qui n’était pas encore prête à parler de l’homosexualité, et encore moins à l’accepter.

C’est violent, cru, âpre, cruel, horrible. Thorpe voulait vraiment se débarrasser de Norman à tout prix car il avait peur que celui-ci ne déboule comme un chien dans un jeu de quille alors qu’il était chef de son parti et promis à une belle carrière politique.

Seuls les Anglais peuvent nous faire une série pareille ! Que le Brexit ne nous en prive pas et que God save de Queen (et de Queer) !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.