American Fays : Anne Fakhouri & Xavier Dollo [LC avec Stelphique – Intro]

[Cannibal Lecteur découvrant la LC du mois d’avril]
— WHAAAAT ?? Un truc avec des fées ?? On veut ma mort, ici… STELPHIIIIIIQUE !!
— Gueule pas si fort, Cannibal ! Qu’est-ce qui t’arrive ? Tu as reçu ton TAL sur la figure ?
— Nan, pire… C’est quoi cette lecture avec des fées ?? Non mais, tu m’as déjà bien vu ?? Les fées, c’est pas mon domaine ! Les petits trucs ailés qui sèment des paillettes derrières elles, non merci !
— Heu, nous l’avons choisie ensemble, si tu te souviens bien…
— Je devais être en manque de kawa ou en surdose de mojitos. Tu as dû proposer ce titre la semaine où j’ai pris congé et où je me suis faite des mojitos tous les soirs.
— Bheu, non, je pense pas… On a décidé en janvier. Tu étais d’accord pour American Fays. Même vachement partante, en fait.
— Stelphique, tu sais, moi, les fées, je n’aime que la fée Lation ou la fée Moipaschier. Des fées américaines en plus ! Elles sont obèses ? Luttent contre la malbouffe ?? PTDR
— Purée, Cannibal, lis le résumé ! Tu vas revoir ton opinion sur les tites fées toutes mignonnes ! On part à Chicago, en 1925 !
— Prohibition ?? Alcool ? Al Capone ??
— Voilà ! Bravo, la mémoire lui revient…
— Et les fées, elles font quoi là-dedans ? C’est Clochette qui joue au Jiminy Criket pour Capone ?
— Nan, pas du tout ! Tu vas avoir des Leprechauns qui fabriquent des faux billets… Je vois tes yeux qui s’alument, là. On a des gangs qui s’activent en coulisses pour s’emparer des marchés de l’alcool tandis que Capone essaie de retrouver son influence sur la ville.
— Continue, Stelphique, tu m’intéresses !!
— Voilà que des Drys, les farouches partisans de la Prohibition, sont atrocement assassinés.
— Je ne me sens plus… Capone doit être le suspect idéal pour les poulets !
— Tout à fait ! Capone est furax et persuadé que les Fays sont dans le coup. Remarques que je dis « fays » et pas « fées ». Scarface charge alors une bande de chasseurs de Fays, les « No Ears Four », de débusquer les véritables coupables.
— Cette lecture m’excite tout doucement !!
— Je m’en doutais. Donc, pour Old Odd et son équipe, les ennuis ne font que commencer. Les voilà contraints de plonger dans les entrailles d’une ville corrompue et en proie aux guerres des gangs. Nos quatre nettoyeurs ont intérêt à se serrer les coudes s’ils veulent survivre à la tempête qui s’annonce. Car, quand la Fayrie est impliquée, mieux vaut ne pas trop traîner dans l’œil du cyclone !
— COOL !! Voilà pourquoi on avait choisi ce roman !
— Bien sûr, Cannibal ! Et en plus, elle entre dans mon challenge féerique !
— La couverture est belle, en tout cas… À nous de voir si le ramage ressemble au plumage !

[FILMS] Certains l’aiment chaud – Some Like It Hot : Billy Wilder

Certains l’aiment chaud (Some Like It Hot) est un film américain de Billy Wilder sorti en 1959. Et j’aime ce réalisateur pour deux choses : la première, pour ce film et l’autre pour avoir réalisé « La vie privée de Sherlock Holmes ».

Il est classé premier par l’AFI dans la liste des films américains les plus drôles du XXe siècle, devant Tootsie et Dr Folamour. Je suis tout à fait d’accord parce que je me marre toujours devant le burlesque de ce film, pissant de rire devant Tony Curtis et Jack Lemmon déguisé en femmes pour échapper à la mafia.

Je me le réserve souvent pour des moments plus déprimant car ce film a l’art de me sortir de mon marasme, de me faire oublier tout les soucis, les problèmes. Bref, comme les « Despicable Me », c’est un film pour lequel j’ai une tendresse particulière.

La première fois que je l’avais vu, c’était au cours d’un zapping réalisé par mon père, il y a trèèèès longtemps. Il avait reconnu le film et avait arrêté de zapper, me disant de venir voir le film parce que j’allais me marrer.

Hélas, j’avais raté tout le début et mon paternel avait dû me raconter pourquoi nos deux hommes devaient se déguiser en femmes et intégrer un orchestre pour se cacher.

Mais j’avais compris le jeu de mot entre le titre du film et un vieux spectacle de Michel Leeb « Certains Leeb Show ».

Si j’ai ri ? Affirmatif !! Oh, pas à m’en briser les côtes, mais assez pour me mettre les larmes aux yeux avec les dialogues au petit poil, les quiproquos ou les situations burlesques qui ne manquent pas de naître lorsque deux hommes se déguisent en femmes.

À la sortie du film, le public rit tellement qu’on n’entend pas la moitié des dialogues. «Je serai peut-être le premier à mettre des sous-titres anglais dans un film en ­anglais», suggère Billy Wilder, ravi.

Ce n’est que quelques années plus tard que j’ai pu enfin le voir tout entier. Nous étions en 2002, les lecteurs DVD commençaient à se démocratiser niveau prix et des petits malins pouvaient nous fournir des copies de film sur des DVD gravés. Un collègue l’avait fait pour moi. Maintenant, j’ai le vrai DVD, parce qu’un film culte, ça se possède en vrai !!

Le titre, il vient d’où ??

Junior (Tony Curtis déguisé) lui demande : Does that mean you play that very fast music… jazz ? (– Ça signifie que vous jouez cette musique très rapide… du jazz ?)
Sugar (Monroe) dans une moue troublante : Yeah. Real hot ! (– Ouais. Et c’est très chaud !)
Junior :  I guess some like it hot… (– J’imagine que certains l’aiment chaud…)

Le pitch ?? Chicago de 1929, en pleine prohibition. Rien que ça, j’adore déjà !

Un corbillard est poursuivi par un véhicule de police. Des tirs s’échangent. Il arrive à s’échapper afin d’aller livrer son précieux chargement d’alcool de contrebande. La police fait une descente dans le tripot clandestin, dont deux musiciens, Joe le saxophoniste (Tony Curtis) et Jerry le contrebassiste (Jack Lemmon), arrivent à s’enfuir.

Le lendemain, alors qu’ils vont chercher une voiture pour se rendre à leur nouvel engagement, ils sont témoins d’une tuerie entre bandes rivales de la Mafia.

Afin d’échapper aux représailles, ils se font enrôler dans un orchestre composé uniquement de femmes et doivent donc se travestir en conséquence.

Elles, puisque désormais ils se nomment Joséphine et Daphné, partent en train pour la Floride. Elles font la connaissance de Sugar Kane (Marilyn Monroe), la chanteuse de la troupe Sweet Sue and her society syncopators.

Joséphine/Tony Curtis déguisé en Junior, fils de la Shell va tenter de séduire Sugar/Monroe tandis que cette pauvre Daphné/Jack Lemmon va subir les assauts endiablés d’un milliardaire nommé Osgood Fielding III.

Lorsque la caméra passera de Tony Curtis/Junior en train de se faire embrasser par Monroe et faisant semblant de ne rien ressentir, aux scènes de danse endiablée entre Daphné et Osgood, le contraste est total et jouissif !

Entre deux qui ont l’air calme et les deux autres qui ont la fièvre au corps et celle du samedi soir, le changement est total. Le pire, c’est que notre Daphné/Lemmon a l’air de trouver du plaisir à danser… comme s’il avait oublié qu’il n’était pas vraiment une femme.

Malgré le fait que je n’ai jamais eu d’attirance pour l’actrice que fut Monroe, ses minauderies dans le film ne sont pas inutiles et vont très bien avec le personnage qu’elle joue.

Si le début du film est plus sérieux que le reste (on ne rit pas tout à fait dans les scènes du début), ensuite, une fois l’orchestre intégré, les situations comiques n’en finissent plus, sans pour autant devenir lourdes, et le spectateur risque les crampes aux zygomatiques tant tout est fait pour vous faire rire avec finesse.

Et puis, les dialogues, ils sont somptueux.

Daphné : « We can’t get married at all » (– Nous ne pouvons pas nous marier du tout)
Osgood : « Why not ? » (– Pourquoi ?)
Daphné : « Well, in the first place, I’m not a natural blonde ! ». (– Et bien, pour commencer, je ne suis pas une vraie blonde)
Osgood : « Doesn’t matter… » (– Pas d’importances…)
Daphné : « I smoke. I smoke all the time. ». (– Je fume. Je fume comme un sapeur)
Osgood : « I don’t care. » (– Ça m’est égal)
Daphné : « I have a terrible past. For three years now, I’ve been living with a saxophone player. » (– Mon passé n’est pas bon. Je vis depuis trois ans au moins avec un joueur de saxophone)
Osgood : « I forgive you. » (– Je vous pardonne)
Daphné : « I can never have children » (– Hélas, je ne peux pas avoir d’enfants)
Osgood : « We can adopt some » (– Nous en adopterons)
Daphné en ôtant sa perruque : « You don’t understand, Osgood, I’m a man! » (– Vous ne comprenez pas, Osgood, je suis un homme !)
Osgood : « Well… nobody’s perfect ! » (– Eh bien… personne n’est parfait !)

Une valeur sûre, une fois de plus, en matière de vieux films en noir et blanc ! La certitude de passer un bon moment télé et de dérouiller ses zygomatiques.

Fiche technique :

  • Titre original : Some Like It Hot
  • Titre français : Certains l’aiment chaud
  • Réalisation : Billy Wilder
  • Scénario : Billy Wilder et I. A. L. Diamond, d’après une histoire de Robert Thoeren et Michael Logan
  • Musique : Adolph Deutsch
  • Décors : Edward G. Boyle
  • Costumes : Bert Henrikson et Orry-Kelly pour les robes de Marilyn Monroe
  • Coiffures : Alice Monte et Agnes Flanagan
  • Maquillage : Emile LaVigne
  • Photographie : Charles Lang Jr.
  • Effets spéciaux : Milt Rice
  • Son : Fred Lau
  • Montage : Arthur P. Schmidt ; Eve Newman (musique)
  • Production : Doane Harrison, I. A. L. Diamond et Billy Wilder
  • Budget : 2 883 848 $
  • Pays : États-Unis
  • Langue : anglais
  • Format : noir et blanc – 1,66:1 – mono (Westrex Recording System) – 35 mm
  • Genre : comédie
  • Durée : 1h56
  • Dates de sortie :
    •  États-Unis : 29 mars 1959
    •  France : 9 septembre 1959 (Paris), 25 septembre 1959 (sortie nationale)

Distribution :

  • Marilyn Monroe (VF : Claire Guibert) : Sugar Kane Kowalczyk (VF : Alouette)
  • Tony Curtis (VF : Jean-Claude Michel) : Joe / Joséphine / Junior
  • Jack Lemmon (VF : Roger Carel, Roger Rudel {voix féminine}) : Jerry / Géraldine / Daphné
  • George Raft (VF : Jean Martinelli) : « Spats » Colombo
  • Joe E. Brown (VF : Fred Pasquali) : Osgood Fielding III
  • Pat O’Brien (VF : René Blancard) : Mulligan
  • Nehemiah Persoff (VF : Frédéric O’Brady) : le Petit Bonaparte
  • Joan Shawlee (VF : Danièle Roy) : Sue
  • Billy Gray : Sig Poliakoff
  • George E. Stone : Toothpick Charlie
  • Dave Barry : monsieur Beinstock
  • Mike Mazurki, Harry Wilson : hommes de main
  • Barbara Drew (VF : Raymonde Devarennes) : Nellie
  • Beverly Wills : Dolores
  • Edward G. Robinson Jr. (VF : Serge Sauvion) : Johnny Paradise
  • Tito Vuolo (non crédité) : Mozzarella

Récompenses :

  • Oscar 1960 des meilleurs costumes pour un film en noir et blanc remporté par Orry-Kelly
  • BAFTA 1960 du meilleur comédien étranger pour Jack Lemmon
  • Golden Globes 1960 :
    • Meilleure comédie ;
    • Meilleur acteur dans une comédie pour Jack Lemmon.
    • Meilleure actrice dans une comédie pour Marilyn Monroe.
  • Writers Guild of America (association des scénaristes américains) : prix du meilleur scénario de comédie pour Billy Wilder et I.A.L. Diamond.
  • Laurel Awards 1960 : deuxième prix de la meilleure actrice de l’année dans une comédie pour Marilyn Monroe

Anecdotes sur le film (piquées ici), racontées par Tony Curtis dans un livre :

Tony Curtis, qui consacre un livre à la comédie de Billy Wilder, dévoile les coulisses d’un tournage mouvementé avec Marilyn Monroe.

Trop élégant. Tony ­Curtis attend la page 56 pour nous dire qu’il a couché avec Marilyn. C’était avant. Avant quoi ? Le tournage de Certains l’aiment chaud, dont l’acteur dévoile les coulisses avec un mélange de malice, de franchise et de vivacité, dans le livre de souvenirs qu’il consacre au film. Ce ne fut pas une partie de plaisir. Coupable : Norma Jean Baker.

La star blond platine s’était éloignée des projecteurs, avait vécu à New York, avait été envoûtée par les sortilèges de l’Actors Studio. Cela posait un problème au metteur en scène, à Billy Wilder: «Si elle veut vraiment étudier, c’est dans une école d’ingénieurs qu’elle devrait s’inscrire, pour apprendre à arriver à l’heure.» La star a pour habitude, quand elle se montre, d’avoir des heures de retard, de se mettre à dos toute l’équipe. Il n’est pas rare que les prises atteignent la soixantaine. Tony Curtis et Jack Lemmon, maquillés et grimpés sur talons hauts, sont au bord de la crise.

Pourtant, cette pagaille allait donner une des meilleures comédies de toute l’histoire.

Au départ, personne n’y croyait. Deux musiciens contraints de se déguiser en femmes pour échapper à des gangsters:pour certains, le désastre était garanti. Le scénario n’était pas fini.

La fameuse réplique finale ­(«Nobody’s perfect») était là, faute de mieux.

Dans un premier temps, le réalisateur avait songé à Bob Hope et ­Danny Kaye, trop âgés pour les rôles. Il avait même été question de Sinatra, mais on renonça très vite à demander au crooner de se peinturlurer de rouge à lèvres.

Bizarre, attendrissante, imprévisible Marilyn :

 Marilyn fait des caprices. Elle est accompagnée de la redoutable Paula Strasberg, que l’équipe surnomme «The Bat» (la chauve-souris) et qui ne se déplace jamais sans son parapluie.

Dans sa loge, l’actrice lit Rilke et Walt Whitman. Son thermos ne contient certainement pas de café. Elle grossit, n’a pas prévenu qu’elle était enceinte. À l’Hotel del Coronado, elle passe une nuit avec Curtis, qui est marié à Janet Leigh et bientôt papa. Elle s’empresse de raconter l’aventure à l’ombrageux Arthur Miller qui n’avait pas besoin de ça pour tirer une tête de six pieds de long. La situation ne s’arrange pas quand elle persuade Tony Curtis que l’enfant est de lui. Une fausse couche, une de plus, interrompra les rumeurs.

Curtis décrit de l’intérieur l’usine à rêves qu’était le Hollywood de 1958. Les ego se percutent. Les apparitions à l’écran sont mesurées à la seconde près. Il n’y en a que pour Marilyn. Wilder commence à ne plus pouvoir la supporter. Elle est bizarre, attendrissante, imprévisible. Son égoïsme est sans bornes.

Certains jours, Curtis se retient de l’étrangler. Durant une scène de baiser, elle l’embrasse pour de bon et il a du mal à cacher une émotion très mascu­line.

Après la prise, quelqu’un lui dit : «Hé Tony ! Ça fait quoi d’embrasser Marilyn?» Réponse : «Tu crois que c’est comment, mec ? Comme d’embrasser Hitler ?» Heureusement qu’il s’entend bien avec Jack Lemmon à qui Marilyn chipe la robe qui lui était destinée. Elle tente de masquer ses formes qui s’arrondissent, tout en dévoilant sa poitrine en douce dès que la caméra ronronne. Elle n’est jamais contente de sa prestation.

Avant chaque séquence, elle se tord les doigts, secoue ses mains, lance à Paula Strasberg des regards inquiets. Curtis, brave gars néanmoins, n’en peut plus. «L’idée de se remémorer la fois où votre sœur vous a piqué votre sandwich au beurre de cacahuète pour jouer la colère, c’est de la connerie.»

N’empêche, Monroe attrape formidablement la lumière. Wilder est obligé d’en convenir, malgré toutes les journées perdues (« Pour la faire jouer, c’était comme arracher une dent»). Compensation : «J’ai eu le temps de lire Guerre et Paix, Les Misérables et même Hawaï, de James Michener.»

Curtis brosse le portrait d’une femme, d’un milieu, d’une époque. La femme est à la dérive. Le milieu allie cynisme et talent, coups de gueule et embrassades. L’époque ne reviendra plus.

Curtis imite l’accent de Cary Grant, a des soucis avec son épouse, ne soupçonne pas qu’il va entrer dans la légende.

À la sortie du film, le public rit tellement qu’on n’entend pas la moitié des dialogues. «Je serai peut-être le premier à mettre des sous-titres anglais dans un film en ­anglais», suggère Billy Wilder, ravi.

CHALLENGE - Mois Américain Septembre 2014

Moisson Rouge : Dashiell Hammet

Titre : Moisson Rouge

Auteur : Dashiell Hammet
Édition : Folio Policier

Résumé :
Depuis quarante ans, Elihu Willsson règne en maître absolu sur Personville, petite cité minière du Montana. Pour contrer l’agitation syndicale, il a fait appel à des gangsters qui ont pris le contrôle de la ville.

Scandalisé par cette situation, son fils Donald engage un détective, le Continental Op, mais est assassiné peu avant l’arrivée du privé. Celui-ci, après avoir démasqué le meurtrier, décide par loyauté envers son client, de « nettoyer » la ville.

Premier du genre, ce livre, publié d’abord en feuilleton dès 1927, constitue l’archétype du roman noir.

Hammett impose une nouvelle forme d’écriture objective et traite de la vie sociale avec une extrême violence. Personville – et son alliance entre les hommes de pouvoir et la pègre – est un microcosme des États-Unis à l’époque de la prohibition.

Créant un thème repris depuis par de nombreux romanciers, le Continental Op, enquêteur anonyme favori de l’auteur, se retrouve seul contre tous. Une expérience dont il sortira brisé.

Critique :
« La Moisson rouge » ? Une nouvelle méthode pour vendanger ? Non, nous sommes dans la mythique « Série Noire », faut du crime… à moins qu’on n’ait moissonné les vendangeurs dans la foulée. Oh, j’y suis : le livre parle un carnage lors d’une réunion des caciques du parti socialiste Belge ! Non ?  Alors, qu’est-ce que c’est que cette moisson rouge ?

Oh, ça y est ! Le Standard de Liège qui a raflé toutes les compétitions de foot ? Oups, impossible, la « Série Noire » ne s’occupe pas de science-fiction… (seuls les Belges comprendront la blague mais je peux l’expliquer par MP).

Alors, quoi-t’est-ce ?

C’est l’histoire démente d’un détective privé qui est appelé dans la charmante et plaisante Poisonville, gangrénée par la pègre parce que Elihu Wilsson, qui détenait, entre autre, les industries minières et une banque,  a engagé des briseurs de grève pour faire rentrer son personnel dans le rang.

Hélas pour lui, il n’était plus le chef, les gunmen régnaient sur la ville, l’ayant dépouillé de son titre de calife. Le fils étant scandalisé par le comportement de son géniteur, a fait venir un privé. Pas de chance, le fiston est refroidi.

Alors notre détective de l’agence Continental de San-Fransisco va quand même jouer au Monsieur Propre et tenter de nettoyer les écuries d’Augias en montant, non pas les chevaux, mais les truands les uns contre les autres.

Faut les aspirines, parce que les ramifications sont nombreuses, vu que tout le monde mange à tous les râteliers et que chacun retourne sa veste. La police ? Tous des vendus ! Notre privé à du pain sur la planche et va devoir ruser, manipuler, mentir, jouer avec les égos afin que tout le monde s’entretue. Sans qu’il ne s’en émeuve, en plus.

Cette immersion dans les États-Unis des années vingt où les bootleggers sont les rois (suite à la prohibition de l’alcool) ne vous laissera pas indifférent. Jusqu’où peut-on aller pour faire régner la justice ? Peut-on utiliser ce genre de méthode un peu borderline pour liquider les truands ?

La violence est omniprésente, bien que sans trop de détails, mais on termine la lecture avec sacré un tas de cadavres. C’est le moment d’acheter des actions dans les pompes funèbres. Le seul secteur qui ne dépérit pas…

Et comment fait-on le nettoyage ? On commence avec un prélavage et les premières saletés tombent comme des mouches, on injecte le produit de lavage qui commence à effacer un bon nombre de taches, le rinçage n’est pas triste, le sang coule à flot… Pour ce qui est de l’essorage, la sulfateuse entre en action et ça dézingue de partout.

Un truc de fou ! Allez, je vais compter les cadavres… Un, deux, trois, oh, arrêtez de bouger,… seize ! Non, l’empilement est trop important, on ne s’y retrouve plus. Il doit y en avoir beaucoup plus.

Notre privé, c’était lui aussi le fiston de Machiavel, « divisez-les pour les séparer afin qu’ils s’annihilent eux-mêmes », par contre, il devait avoir un sacré bon ange gardien pour s’en sortir sans une égratignure.

A découvrir…

Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014).

CHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (2) CHALLENGE - DEstination la PAL CHALLENGE - Faire fondre la PAL