Naming Jack The Ripper – Jack l’éventreur démasqué : Russel Edwards

 

Naming Jack The Ripper - Edwards

Titre : Naming Jack The Ripper – Jack l’éventreur démasqué

Auteur : Russel Edwards
Édition : Lyons Press (2014) / L’Archipel (2016)

Résumé :
Tout commence en mars 2007. Lors d’une vente aux enchères dans un village du Suffolk, Edwards, passionné depuis longtemps par le mystère, achète un châle décoré d’un motif d’asters, en très mauvais état, déchiré et taché.

Le tissu maculé de sang avait été trouvé aux côtés du corps de Catherine Eddowes, quatrième victime de Jack l’Éventreur. Un policier l’avait alors emporté pour l’offrir à sa femme qui, sans surprise, n’avait pas voulu du cadeau.

Il serait ensuite resté rangé chez plusieurs générations de descendants du limier de Scotland Yard, jusqu’à ce que l’un d’entre eux se décide à le vendre.

Russell Edwards fait alors appel à Jari Louhelainen, spécialiste de la biologie moléculaire à l’université John Moores de Liverpool pour étudier l’objet.

À l’aide d’une caméra infrarouge et de lumière ultraviolette, il met en évidence des taches de sang, des traces du rein de la victime charcutée par son bourreau et – eurêka – de sperme.

Pour vérifier leurs découvertes, les deux chercheurs réussissent à trouver une descendante directe de Catherine Eddowes, dont l’ADN correspond parfaitement à celui prélevé sur la pièce à conviction.

Ce châle caractéristique d’un style d’Europe de l’Est pousse Edwards à s’intéresser à l’un des suspects des meurtres de 1888, cité mais jamais inculpé faute de preuve, le Polonais Aaron Kosminski.

Immigré en Angleterre avec sa famille pour fuir les pogroms russes, ce coiffeur de 23 ans vivait à 200 mètres du lieu d’un des meurtres de l’Éventreur. Interrogé par la police, il avait été relâché.

Deux ans plus tard, il est interné dans un asile pour schizophrénie après qu’il aurait attaqué sa sœur avec un couteau. Il y restera jusqu’à sa mort en 1919.

Edwards et Louhelainen assurent avoir mis la main sur une descendante de la sœur de Kosminski, qui a accepté de fournir des extraits d’ADN. Et, miracle, ceux-ci correspondent aux prélèvements effectués sur le châle.

Russell Edwards estime « catégoriquement » avoir mis fin à 126 ans de suspense après y avoir consacré quatorze ans d’investigations.

Il faudra sans doute toutefois une validation d’autres scientifiques et celle de la police avant d’en avoir le cœur tout à fait net.

Lu en VF mais je ne vous dirai pas comment j’ai eu le livre qui portait la couverture de l’édition anglaise.

Jack l'éventreur démasqué - Russel EdwardsCritique : 
Dire qu’on a imprimé ça ! Là, je me pose sérieusement des questions sur les relecteurs ou ceux qui choisissent les romans à publier dans les maisons d’éditions.

Allez, on tranche dans le vif et le massacre sera à la hauteur de celui du 9 novembre, au 13 Miller’s Court (Mary Jane Kelly).

Notre homme commence par nous raconter comment il a acquis le châle dans une vente aux enchères ou personne, je dis bien personne, n’avait enchéri dessus !

Le fait qu’un spécialiste de Jack n’ait pas bronché à la présentation du sois-disant châle ayant appartenu à Catherine Eddowes aurait dû mettre la puce à l’oreille de n’importe quel imbécile. Mais il l’achète après, en passant directement par le commissaire-priseur.

Stewart Evans, l’un des plus grands experts mondiaux de l’Éventreur et collectionneur d’objets de crimes devisait volontiers sur l’histoire de l’Éventreur, mais semblait dubitatif quant à l’authenticité du châle.
“Ce n’est pas pour moi, dit-il, je suis juste là pour voir qui l’emportera. Personne ne devrait l’acheter.”

Môssieur savait que le châle était ZE châle à Catherine Eddowes !

C’était comme si j’avais su quelque chose que personne d’autre ne savait.

On lui présente un truc vieux et puant en lui disant que c’est une relique d’une des victime de Jack et il le gobe ?

Et demain, je lui sors un drap de lit à la propreté douteuse et je lui dis que les tache plus blanches sont en fait le visage de Jésus et je lui refourgue en tant que véritable Saint-Suaire ?

Quelques commentaires le taxaient de canular, sans ajouter grand-chose d’autre. Pourtant, quelque chose me donna envie d’en savoir plus. Comme je l’ai dit, en dépit du fait que je suis têtu question affaires, je crois aux intuitions et à mon sixième sens : mon instinct n’a pas toujours raison, mais il a plus souvent raison que tort ; et je lui ai bien souvent été reconnaissant, mais jamais autant que dans ma quête de Jack l’Éventreur.

WTF ??

Ensuite, il nous parle de lui, de sa vie, de ses malheurs, de son enfance pas terrible, du fait qu’il ne connaissait rien de rien de celui qui fit de l’East End un lieu maudit… Ok, si l’auteur veut nous le faire croire, je vais jouer le jeu et croire.

Mais bon sang, on s’en fout, mec, de ta vie, de ton enfance et du fait que tu as réussi à réussir dans la vie ! Accouche, pousse, c’est un garçon !

De plus, l’usage d’un nègre littéraire n’aurait pas été du luxe car son style d’écriture est pauvre, lourd, surtout avec ses pavés de descriptions historiques et de détails scientifiques. Rien n’est bien construit.

Dans un style d’écriture super simpliste et super agaçant à lire durant certains passages, de plus, l’abus des mêmes tournures de phrase sur une même page peut s’avérer un brin chiant

On notera aussi que l’auteur ne se prend pas pour n’importe qui, faudra qu’il change de chemises, il a dû exploser ses cols à force de se faire gonfler le cou !

Ce fut l’un des instants les plus colossaux de ce voyage, quelque chose qui me fit réellement tituber de surprise. Je vérifiai, revérifiai, et revérifiai encore. Comment avais-je pu voir ça alors que tout le monde était passé à côté ?

Les dates : quelque chose fait qu’elles ont toujours compté pour moi. Cela explique peut-être pourquoi moi, mais aucun autre chercheur passé avant, j’ai mis le doigt dessus.

À croire qu’il vient d’inventer le fil à couper le beurre tant il se prend pour LE gars qui vient de résoudre une des énigmes de la fin du 19ème siècle. Lui seul a su découvrir LA vérité, poils au nez.

Ensuite, il nous décrit la ville de Londres, ses taudis, ses immigrés, et toussa toussa, mais je n’ai pas vu à la fin du roman les références à tout ce qu’il nous a raconté (et qui était vrai). Il a pompé ces infos dans d’autres livres traitant de l’Éventreur, dans des livres historiques ou il a la science infuse ??

Notre auteur à la plume pas géniale retrace aussi longuement l’emploi du temps des victimes.

Il commence par la mort d’Emma Smith, agressée le 3 avril 1888, puis passe à Martha Tabram (7 août 1888), l’incluant dans les victimes de Jack (les ripperologues l’excluent) avant d’arriver à la première victime canonique, Mary Ann Nichols.

Si vous êtes un ou une habitué(e) des livres parlant de l’Éventreur, tout cela pourrait faire resucée mais je ne plaindrai pas, remettre les faits en place n’est jamais mauvais, et sans cela, le roman aurait été plus fin qu’un Harlequin…

Pareil ici, l’auteur ne cite toujours pas ses sources officielles, il parle juste de quelques trucs qu’il a lu dans les journaux de l’époque (sources pas toujours fiables !) ou dans le Police Gazette, mais pas de notes en fin d’ouvrage sur les sources plus « officielles ».

Lorsqu’il aborde le meurtre de Catherine Eddowes, on le sent déjà piaffer d’impatience de nous raconter ce qu’il savait du châle (de source pas sûre du tout et non répertorié dans les objets de la victime par les roussins) et que les autres savaient pas (♫ nananinanère) puisque c’est par ce châle que la lumière fut.

Amen et ite missa est (allez, la messe est dite).

Oui, autre chose qui m’a énervée : certes, les victimes sont avant tout des êtres humains et elles ont sans doute perdu leur statut à force d’en parler, elles sont des « cas d’études » mais que l’auteur nous bassine avec ses remarques aussi régulières que stéréotypées sur l’empathie que suscitent chez lui les victimes de l’éventreur semblent forcées, voire un brin artificielles.

J’espère pour elle que la mort est intervenue rapidement et qu’elle n’a pas souffert après le premier coup porté sur son cou.

[…] La veille du jour où les résultats de Jari sont tombés, quelque chose a effleuré mon inconscient et m’a aidé à comprendre pourquoi je me sentais aussi fortement connecté aux victimes de l’Éventreur, à ces femmes infortunées contraintes de vendre leur corps pour se payer leur nourriture et un lit pour la nuit. Oui, je me suis toujours senti proche d’elles, en partie en raison de ma propre expérience de sans-abri.

Oui, on peur les traiter humainement lorsqu’on analyse les meurtres de 1888 à Whitechapel, mais lui, il force le trait avec ses « Mon Dieu, pourvu qu’elle n’ait pas souffert » et autres niaiseries qui sonnent aussi faux que si je disais que j’ai tourné dans un film porno.

Une fois qu’il a parlé du « passé » avec nos victimes, leur vie, leur mort, il passe au « présent » et enchaîne sur des dialogues avec les experts, les prétendus descendants de la victime et il explique ainsi comment il en était arrivé à cette théorie sur les motifs de fleurs imprimés sur le châle, théorie capillotractée et tout aussi loufoque que celle de Cornwell qui tirait la queue du chat pour faire de Sickert un parfait Jack.

Je lui parlai de la pertinence des dates de la fête de la St-Michel en relation avec les meurtres d’Elizabeth Stride, Catherine Eddowes et Mary Kelly, ce à quoi il répondit : “Nous ne savions pas cela, c’est nouveau.”

Enfin, la théorie loufoque, c’est moi qui le dit, hein, pas lui, namého lui il est Grand et le plus fort, le plus intelligent et le seul qui sait LA vérité.

J’étais certain qu’il était d’époque, mais je devais le prouver. Ma recherche à peine entamée, je fis une découverte importante, une avancée à laquelle je ne m’attendais pas.

Souvent, trop de détails viennent parasiter le récit, notamment lorsqu’il présente les personnes qui ont bossé sur le châle.

Qu’il me déroule le C.V du scientifique qui a réalisé les analyses, je suis d’accord, c’est la preuve que c’est pas un guignol ou son neveu avec son matériel de petit chimiste, mais savoir avec qui il est marié et le nombre de gnomes qu’il a fait à sa femme, on s’en branle !

Tous ces passages superflus où Edwards rentre dans des détails biographiques tout à fait inutiles à son sujet ou sur les différents participants à la quête du Graal plombent et alourdissent le récit au point que l’on décroche des lignes et que les yeux survolent le tout sans prendre attention.

Certes, il faut expliquer correctement, prouver qu’on a pas déconné, mais la manière dont les choses sont abordées me font penser à un enfant qui nous expliquerait ses recherches (tout en devisant sur le fait qu’il faisait ses courses, qu’il buvait un verre, qu’il était en bagnole).

Là encore, aucune références, ce pourrait être de l’invention pure et simple et le seul moyen de le savoir serait de vérifier sur le Net, sites scientifiques… Mais en attendant, ça meuble les paragraphes, les pages, le roman…

L’auteur arrive même à s’emmêler les pinceaux, à croire que personne n’a relu le roman et que l’auteur est une girouette qui ne sait plus ce qu’il dit.

La preuve ? Le châle est assez luxueux, pas du genre à être possédé par une prostipute, alors notre coco arrive à une conclusion stupéfiante : la misérable prostituée Catherine Eddowes qui mettait ses bottines au clou pour se payer un lit pouilleux dans un asile de nuit ne pouvait pas posséder ce luxueux châle.

Alors ? Alors ? Oui, il appartiendrait à Jack l’Éventreur qui l’aurait disposé près du corps pour laisser un message sur la date de son prochain carnage (les motifs floraux). Bon, ok, on tire sur les cheveux, ça fait mal…

Et si le châle n’appartenait en rien à Catherine Eddowes ? Et s’il avait été abandonné sur la scène du crime par l’Eventreur lui-même ? Cela prenait soudain tout son sens. Catherine était très pauvre, et le jour précédant sa mort, elle et son partenaire avaient gagé une paire de bottes, sans doute beaucoup portées, qui leur procura juste assez pour s’offrir à manger. Il est certain que, si elle avait eu un châle de cette valeur, ils l’auraient mis en gage pour en obtenir plus. Et comment, dans son passé de privations et de pauvreté, serait-elle entrée en possession d’un châle de ce prix ?

Mais là où le bât blesse, c’est qu’ensuite il a l’air d’avoir oublié cette conclusion tarabiscotée et nous fait un caca nerveux en apprenant que le bleu du châle déteint à l’eau et que donc, Catherine Eddowes n’aurait jamais pu le porter sur elle en revenant de la cueillette du houblon parce qu’il pleuvait et que le châle aurait perdu sa couleur bleue.

Ou il ne sait plus ce qu’il a dit avant ou alors, il a tout écrit et remanié ensuite ses chapitres, le déroulement de son histoire et cela donne cet illogisme flagrant.

Ce qui me fait enchainer sur le fait que niveau structure du livre, c’est un bordel sans nom et complet ! Un véritable souk, un brol !

J’ajouterai, pour clouer un peu plus le livre, que l’auteur, tout à sa joie de résoudre l’affaire, fait parfois des suppositions vaseuses mais qui, bien entendu, vont dans son sens. Même si la châle dont il parle ne se trouvait pas sur les relevés des objets appartenant à Eddowes.

Mais les articles de nombreux journaux qui évoquaient l’enquête judiciaire de l’affaire Eddowes mentionnaient clairement que “sa robe était de chintz vert, dont le motif représentait des marguerites de la St-Michel”. Cela voulait-il dire quelque chose ?

Nous ne pouvons que supposer que, si la presse a inclus dans ses articles la description de la robe – ou jupe – de chintz bordée de marguerites de la St-Michel, c’est parce que soit un journaliste était présent sur les lieux et a jeté un coup d’œil aux éléments (en dépit de tous les efforts de la police, les scènes de crimes n’étaient pas autant protégées qu’elles le sont aujourd’hui), soit parce qu’ils ont parlé avec des policiers présents qui, eux aussi, avaient pris le châle aux motifs bien particuliers pour une jupe ou une robe.

Tout va toujours dans son sens et la théorie des fleurs sur le foulard qui est un message pour les enquêteurs, moi je dis « faut pas pousser mémé dans les orties, surtout quand elle n’a pas de petite culotte » !

Ce qui me frappa, ce fut ces deux dates de la St-Michel. C’était les nuits des trois derniers meurtres, d’abord le double événement, au cours de la St-Michel fêtée traditionnellement dans ce pays, ensuite le dernier meurtre, celui de Mary Jane Kelly, la nuit de la St-Michel de l’Église orthodoxe orientale. Les morts du double événement ont eu lieu après minuit, c’est-à-dire, techniquement, le 30 septembre, mais si Jack l’Éventreur avait décidé de sa mission le soir de la St-Michel ? Nous savons qu’Elizabeth Stride a été tuée vers 0 h 45, peu après le changement de date, et on peut supposer qu’il s’est donné un peu de temps pour trouver une victime adéquate.

Je compris aussi que, pour que les marguerites de la St-Michel aient une signification bien réelle, il fallait qu’elles soient liées à l’Éventreur. Peut-être avait-il laissé le châle sur la scène du crime en guise d’obscur indice pour la police de la date à laquelle il frapperait à nouveau.

Ce que ressens, à la fin de ma lecture laborieuse, c’est un endormissement prématuré, une pointe de douleur derrière l’arcade sourcilière et l’impression qu’on a fait du remplissage de paragraphes afin d’étoffer le livre et de ne pas sortir un roman de l’épaisseur d’une ficelle de string.

De plus, niveau « pratique », il eut été plus intelligent d’intégrer directement les illustrations dans le texte plutôt que de les remiser à la fin, en appendice.

Comment qualifier ce WTF de roman ?

« Un peu de tout » car nous sommes face à une biographie vu l’auteur qui nous raconte sa vie, c’est une enquête mais sans suspense, ceci n’est pas une fiction et malgré la soupe indigeste des analyses en seconde partie, ceci n’est pas un rapport scientifique mais ça cumule tous les défauts de ces genres !

Je ne remets pas en question le coupable, Aaron Kosminski, il était dans les suspects, il est plausible et bien plus qu’un Walter Sickert, que le petit-fils de la Reine, son médecin personnel ou Columbo aidé de Derrick (bien que pour Derrick j’hésite, paraît qu’il était plus hargneux, jeune).

Merde, il y avait moyen de faire un bon bouquin, une enquête passionnante que l’on aurait dévoré, une traque sans faille, une théorie plausible et le tout fait pchiiit et on reste avec un goût amer dans la bouche tant avec le travail d’écriture d’un pro on aurait eu autre chose entre les mains.

Si la première partie était intéressante, la seconde est indigérable, lourde, et j’ai peiné pour arriver à la fin du livre, mais puisque le vin était tiré je l’ai bu, même en tant que piquette.

PS : Oh, des minis références !

Je voudrais d’abord remercier les experts et les historiens dont la passion pour l’histoire de l’Éventreur m’a fourni les bases et les informations qui m’ont aidé à me faire une première idée du mystère. Ce sont Paul Begg, Martin Fido, Stewart Evans et Donald Rumbelow.

étoile 1

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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Jack l’Éventreur – Le Secret de Mary Jane K. : Philippe R. Welté

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Titre : Jack l’Éventreur – Le Secret de Mary Jane K.

Auteur : Philippe R. Welté
Édition : Alban éd. (2006)

Résumé :
Entre le 31 août et le 9 novembre, cinq prostituées sont sauvagement massacrées par un meurtrier insaisissable. Devant l’inefficacité de Scotland Yard, la peur et la paranoïa s’empare de la capitale britannique. Tout le monde devient suspect.

Les arrestations se multiplient, mais rien n’y fait. Celui que l’on surnomme Jack l’Éventreur a toujours une longueur d’avance sur la police.

Aux premières heures du 9 novembre, il va commettre un dernier meurtre d’une sauvagerie rarement atteinte avant de disparaître définitivement.

Considérée depuis toujours comme la clé de cette énigme, Mary Jane Kelly, une jeune beauté rousse de vingt-cinq ans, est la cinquième victime officielle de Jack.

Derrière le secret de sa disparition se cache aussi celui du meurtrier le plus mythique de tous les temps.

En dévoilant une piste jusque lors jamais explorée, Philippe R.Welté aboutit à une hypothèse à mille lieues de toutes les précédentes.

Une hypothèse inédite des plus fascinantes qui apporte enfin des réponses possibles aux nombreuses zones d’ombre demeurées inexpliquées à ce jour.

Jack_the_Ripper REDCritique :
Jack The Ripper ou Jack L’Éventreur pour les francophones… 5 victimes canoniques seulement à son actif et pourtant, son nom est le plus connu de tous les serial-killer, bien plus que des Ted Bundy (+100), les Jeffrey Dahmer, les Ed Gein ou que Peter Sutcliffe (13).

On dit de lui qu’il fut le premier serial-killer, mais ceci n’est pas confirmé… On parle de Gilles de Rais (un pote à Jeanne d’Arc), dont on dit qu’il aurait massacré 800 enfants et il y a encore la comtesse sanglante qui, entre 1600 et 1610 tortura à mort 650 jeunes filles dans le seul but de se baigner dans leur sang.

Ok les gars et les meufs, on n’a pas de preuves, ce pourraient être des gros ragots pas beaux ! Mais bon, tout ceci pour dire que le Jack n’était sans doute pas le premier à tuer en série.

Mais lui, contrairement à d’autres tueurs en série, les espacements entre les meurtres eurent tendance à augmenter et il s’arrêta subitement après le massacre au scalpel de Mary Jane Kelly, la nuit du 9 novembre.

Je dois dire que niveau théories loufoques, j’ai lu mon compte, des plus censées ou plus farfelues (le complot maçonnique, le docteur de la reine Victoria, son petit-fils ou le peintre Walter Sickert) aux plus « plausibles ».

Ici, l’auteur, après nous avoir fait un bref topo des faits, nous balance une théorie jamais entendue et qui est assez percutante ! Dois-je la dire ? Oui, il le faut bien…

Mary Jane Kelly ne serait pas morte, mais, complice du tueur, elle aurait mis en scène sa propre mort pour échapper aux soupçons que la police aurait pu avoir sur elle…

Soupçons ? Oui, elle aurait tué, en état de légitime défense, Martha Tabram (victime non canonique), mais ce serait faite voir par Mary Ann Nichols qui l’aurait fait chanter, donc, elle dû aussi la zigouiller, mais n’ayant pas su la tuer, elle aurait fait appel à son grand amour français, médecin, et qui est revenu la rechercher jusque dans les bas-fonds de l’East End.

Donc, on trouve une femme qui a la même corpulence que la MJK mais qui va mourir de cause naturelle, on la fout dans la chambre, on la dépèce pour pas qu’on puisse identifier le cadavre et boum, l’affaire est dans le sac !

Je vous passerai les détails de la suite avec les autres meurtres, je peux les faire via les commentaires, quand j’aurai un peu plus de temps, parce que les vacances, ça prend du temps sur le PC !

Anybref… Ça pourrait sembler farfelu dit ainsi (la théorie de l’auteur, pas que les vacances m’empêche de surfer), mais l’homme étaye tout.

Enfin, il fait de son mieux ! Je ne dis pas qu’il a tort, mais il romance quand même fort l’affaire de ce que Mary Jane et son amant de Paris auraient pu faire.

Par contre, je ne lui donne pas tort puisqu’ils y a des témoignages contradictoires. Des témoins affirment avoir vu ou parlé avec Mary Jane Kelly alors que le légiste situait la mort entre 1h et 2h du matin.

L’auteur joue donc sur les témoignages contradictoires, sur le fait que Elizabeth Stride n’est pas une victime de l’Éventreur car pas même couteau, ni même mode opératoire.

Vu que personne ne sait rien sur rien, on peut supputer jusque demain matin sans faire autre chose que de tenter d’attraper sa propre queue.

Malgré tout, le livre se lit avec plaisir, on apprend d’autres choses et ma foi, pourquoi pas cette théorie ? Cornwell a fait pire ! Et l’auteur ne se prive pas de dire tout le mal qu’il pense de son enquête…

La seule chose dont il aurait pu éviter, c’est le côté « j’ai croisé un fantôme » puisque l’auteur nous raconte qu’en s’engageant dans la rue qui était anciennement Buck’s Row il a ressenti une présence éthérée qui portait un parfum qui l’a grisé.

Là, ça fait un peu trop… Mais bon, hormis ce petit détail inutile, le reste est du bon pour celui ou celle qui est passionnée par les crimes de Whitechapel !

Étoile 3,5

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Sherlock Holmes (BéDétectives) – Tome 4 – Jack l’Éventreur : André-Paul Duchâteau & Stibane

Titre : Sherlock Holmes – T4 – Jack l’Éventreur

Scénariste : André-Paul Duchâteau
Dessinateur : Stibane

Édition :  Bdétectives – Claude Lefrancq n°29 (1994)

Résumé :
Il s’agit d’une aventure inédite du célèbre détective anglais, jamais relatée par son fidèle historiographe, le docteur Watson, qui l’a simplement citée dans une des nouvelles consacrées à son ami.

Le pourquoi de cette omission ? Le lecteur en comprendra immédiatement le motif en découvrant que le criminel traqué par Holmes, dans cette aventure mouvementée, n’est autre que le plus fameux et le plus effrayant des criminels britanniques : Jack the ripper autrement dit Jack l’éventreur.

Pour de multiples raisons, le docteur Watson ne pouvait à cette époque éventer le secret du sanglant assassin.

SH - Versus JackCritique :
Ceci est une adaptation des crimes sordides qui eurent lieu à Whitechapel en 1888 par un dénommé Jack The Ripper.

Mais attention, c’est à la grosse louche qu’on y est allé !

Si vous voulez entendre hurler un Ripperologue ou un Holmésien, offrez-lui cette bédé. Mais ne comptez plus sur lui pour vous payer ne fut-ce qu’un café !

D’un point de vue des dessins, dans cette enquête, c’est une catastrophe, pour ne pas dire une horreur sans nom !

Holmes ressemble de plus en plus à un gros déménageur haltérophile bourré aux stéroïdes ! Une sorte de Schwarzy quand celui-ci n’avait pas encore atteint sa taille de Mister Univers.

Holmes est mince et les épaules de débardeur ne sont pas pour lui. Déjà que sur certains plans, on lui a dessiné une grosse figure…

Déjà que le dessin est pourave, mais le scénario l’est aussi ! Si au moins l’un des deux était là pour récupérer l’autre, mais non, de la mer** à tous les niveaux !

J’attire aussi votre attention sur le fait qu’il y a peu de similitudes historiques avec les faits et gestes du tueur de Whittechappel dans cette adaptation très libre…

Le scénariste, puisqu’il introduit un élément fictif en la personne de Holmes, nous écrit une toute autre histoire tant au niveau du nombre des victimes, de leur patronyme, du contexte des meurtres, des lieux, des dates, tout ça ne correspond pas. Rien n’est fidèle à la réalité historique, tout ceci est pure fiction.

Niveau horreur dans les lacérations, éventrations ou débitage de cadavre, on est loin de la violence de Jack… Pas de sein ou d’utérus prélevé ou disposé à côté de  l’épaule, les âmes sensibles peuvent le lire, sauf si elles sont attachées à un Holmes mince et vêtu d’autre chose que ce maudit macfarlane et son putain de deerstalker.

Sir Charles Warren (chef véritable du Yard avant sa démission), se voit renommer « Sir Henry Irving » et en plus, il porte l’uniforme de bobby… Un chef de la police déguisé en bobby alors que ce n’est pas carnaval ?

De plus, ce n’est pas le premier album où Watson ose appeler Holmes  « Sherlock ». No comment !

L’auteur nous balance aussi des tas de références holmésiennes en vrac (il y en a un peu plus ma p’tite dame, je vous l’laisse ?) : Moriarty (encore lui ?), Ricoletti au pied bot, le colonel Moran (on le voit dans tous les albums, en exagérant un peu), un grand chien noir style le chien de l’enfer dans Baskerville, mais horriblement mal dessiné, tout tremblotant, comme atteint de la parkinson, entouré d’une sorte de halo – dont on se demande bien ce qu’ils foutent là…

Dans le but de cautionner cet aventure comme une « Untold Story », sans doute, montrer qu’on a potassé le canon… Manquait plus que la belle Irene et on faisait une partouze avec tous les personnages…

Leurs utilisations est, selon moi, usurpée et maladroite. Marre de ne voir que James Moriarty en grand méchant dans toutes les aventures de Holmes. Inventez-en un autre, que diable !

Watson nous la joue « je suis peut-être le coupable… En fait, c’était « je suis un gros cachottier qui voulait faire avaler des couleuvres style boa constrictor à Holmes » et ça ne ressemble à rien. L’auteur a raté son coup. On y croit même pas.

Et dieu du ciel habillez Holmes correctement ! Enlevez-lui ce stupide manteau à carreaux dont Holmes est affublé dans tous ses albums, ôtez-moi cette casquette ridicule où pendouille un petit nœud. Fin du coup de gueule…

Je ne vous parle même pas de la fin, bâclée en quelques coups de cuillères à pot. Duchâteau, une fois de plus, s’est rendu compte que toutes les pages étaient gribouillées et que nous n’avions toujours pas les explications en entier et qu’il lui fallait finir au plus vite.

Comme les scénaristes qui écrivent leur final sur la moitié d’un ticket de métro usagé. Ic, en quelques phylactères c’est expédié et, comme avec certains Ric Hochet dont il est aussi le scénariste, on a l’impression de ne pas avoir eu toutes les explications car certains sont oubliés dans les dernières lignes.

On nage dans le grand n’importe quoi. Non, on coule… Le coupable des meurtres ? Je ne vous dirai rien, mais je vous jure que c’est encore pire que le complot royaliste, celui des fracs-maçonnique, ou des martiens…

Bon, je vous laisse, je vais vomir, je pense… Pas moyen de les relire sans avoir envie de passer la série à la broyeuse.

Étoile 1

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Par, Challenge British Mysteries chez My Lou Bookk et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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Van Helsing contre Jack l’Éventreur – Tome 2 – La Belle de Crécy : Lamontagne & Reinhold

Titre : Van Helsing contre Jack l’Éventreur – Tome 2 – La Belle de Crécy
Scénariste : Jacques Lamontagne                                                 big_4-5
Dessinateur : Bill Reinhold

Édition : Soleil (2015)

Résumé :
Le plus célèbre des chasseurs à la poursuite du plus sanguinaire des tueurs dans les sombres rues londoniennes du XIXe siècle ?

Jack l’Éventreur court toujours, aussi insaisissable que les brumes qui enveloppent les rues de Whitechapel.

Tandis que l’inspecteur Abberline subit les foudres de ses supérieurs, Van Helsing est sur les talons du tueur.

Mais est-il vraiment le chasseur ou ne serait-il pas plutôt le gibier ? Gibier bien fragile d’ailleurs, car son addiction à la morphine paralyse sa légendaire vivacité d’esprit.

Voyant un fait nouveau relancer l’enquête, Van Helsing redouble d’ardeur afin de démasquer l’assassin.

Mais les chemins vers la vérité risquent d’être aussi tortueux que l’esprit malade du célèbre rabatteur de vampires.

Critique : 
Trois ans que j’ai attendu la suite de ce dyptique ! L’attente fut longue mais le résultat fut à la hauteur de mes attentes.

Comparé à une autre bande dessinée que je viens de lire (Sherlock Society), les couleurs de cet album sont plus chaudes, le trait plus prononcé.

Nous sommes à mille lieues de la ligne claire d’un Hergé. Les personnages et les décors étant bien détaillés et à l’opposé des gros nez puisqu’ils sont réalistes.

Le premier album s’étant terminé sur des mystères non résolus, j’ai dû le relire afin de tout me remettre en mémoire avant de commencer le suivant. J’avoue avoir mieux aimé le style du second dessinateur par rapport à celui  du premier tome.

Jack l’Éventreur a encore frappé : on vient de retrouver des morceaux d’une femme sur les rives de la Tamise et un tronc dans ses eaux boueuses. Ils ne le savent pas encore, mais ceci n’est pas l’œuvre de Jack mais celle du Tueur au Torse qui sévit en même temps que le grand Jack.

Le suspense et le mystère sont bien dosés, les pistes sont nombreuses et l’assassinat de Mary Jane Kelly viendra clore cette épopée sanglante. Enfin, pas tout à fait… Chuut…

— En trente ans de pratique, je n’avais jamais vu une telle mutilation faite sur un corps. Le tueur lui a tranché les oreilles et le nez, puis dépecé le visage jusqu’au crâne. Ses seins ont été découpés, ses organes internes retirés et disposés sur la table de chevet et près du lit… Ses parties génitales mutilées. La mort a probablement été causée par cette entaille à la carotide droite.

Les personnages de fiction tel Van Helsing côtoient sans problèmes les personnages ayant existé tels l’inspecteur Abberline, le Dr Bond (on parle de lui mais on ne le verra pas), la Division H et l’acteur Mansfield qui jouait le rôle dans la pièce du Lycéun Théâtre « Dr Jekyll et Mr Hyde ».

Van Helsing est bien travaillé, il est toujours en proie à ses cauchemars récurrents, dû à son combat contre Dracula et ses sbires et la prise de morphine ne résoudra pas ses soucis, loin de là.

Bonsoir, maîtresse de la nuit. Ce soir nous avons rendez-vous… Diffuse dans mes veines ta douce caresse… et transporte-moi dans le monde d’Hypnos.

À noter le clin d’œil amusant de sa boite à morphine, cachée dans sa bibliothèque, derrière un ouvrage de Nietzsche (Also sprach Zarathustra) et d’Arthur Conan Doyle.

J’ai adoré le final qui ne se contente pas d’être réglé en deux cases mais s’étale sur plusieurs pages.

Le diable se cachait dans les détails…

Une vraie réussite que cette suite, tant au niveau des dessins, que du scénario, des décors, des ambiances, des tons chauds des couleurs, du suspense et du mystère entretenu pour nous dérouter.

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Van Helsing contre Jack l’Éventreur – Tome 1 – Tu as vu le Diable : Lamontagne & Radovic

Titre : Van Helsing contre Jack l’Éventreur, Tome 1 – Tu as vu le Diable

Scénariste : Jacques Lamontagne                                             big_4-5
Dessinateur : Radovic

Édition: Soleil (2012)

Résumé :
Deux ans se sont écoulés depuis le jour où Van Helsing enfonça un pieu de chêne dans le coeur de Dracula, mettant ainsi un terme à son règne infernal.

Cependant, l’homme n’en est pas sorti indemne. Maintenant installé à Londres, Van Helsing est depuis plongé dans une profonde dépression.

Désespéré de voir ainsi son ami prostré dans ses appartements, Abberline, inspecteur à Scotland Yard, lui propose de l’accompagner afin de mener enquête sur une série de meurtres perpétrés dans l’East End par un dément que la presse a surnommé “Jack l’Éventreur”.

Van Helsing finira par accepter. Débutera alors une nouvelle chasse contre le Mal…

Critique : (666ème article)
Puisque le Tome 2 était enfin sorti, je me suis replongée dans le premier tome afin de me remettre toute l’histoire en tête. 3 ans, quasi jour pour jour, ça fait long pour ma mémoire.

« Van Helsing contre Jack l’Éventreur » commence plutôt par Van Helsing contre Christopher Lee/Béla Lugosi… Pardon, contre Dracula, dans les Carpates, en Transylvanie. (juste le post qu’il fallait pour la 666ème !).

Et notre Abraham Van Helsing nous réussit un magnifique planté du bâton dans le cœur du vampire le plus célèbre, n’en déplaise aux fans de « Twoilette ».

— Le planter du bâton, monsieur Duss !

L’élimination du comte Dracula, en prologue, est là pour nous expliquer pourquoi c’est un Van Helsing perturbé, en proie à des cauchemars terribles et à une langueur dépressive que l’inspecteur Abberline trouve. Abraham croyait que l’air de Londres chasserait ses souvenirs, et bien, c’est raté.

— Je ne sais si cette blessure guérira jamais. Au contraire, elle semble se gangrener, s’étendre et m’envahir comme le plus insidieux des venins.
— Le temps soigne soigne les blessures… même les plus profondes. Soyez patient.
— Ce jour-là, dans les Carpates, j’ai regardé le Mal dans les yeux. Un regard si froid, si noir, dénué de sentiment humain… Un gouffre dans lequel mon âme s’est perdue.

J’ai trouvé l’inspecteur Abberline est moins bien dessiné que dans le tome suivant (on change de dessinateur). Alors que Van Helsing est réaliste et bien esquissé dans les moindres détails, Abberline fait « inachevé » ou bâclé dans sa conception.

Si l’inspecteur est allé rendre visite à Van Helsing, c’est pour lui parler des prostituées qui se font fait trancher la gorge et même plus, car affinités.

L’enquête piétine à la Division H et le commissaire Warren leur mène la vie dure. Devant le peu d’indices, Abberline aimerait qu’un esprit aussi brillant que celui d’Abraham vienne éclairer leur enquête.

Pour le moment, les mortes sont Martha Tabram (non canonique des crimes de Jack), le 7 août, Mary Ann Nichols, le 31 août et Annie Chapman, ce 9 septembre.

L’être tourmenté, ici, c’est Van Helsing, en proie à des cauchemars, dont certains ont l’air d’être prémonitoires.

Van Helsing consomme de la morphine comme moi du café, est plus déprimé qu’un gros actionnaire de la banque Fortis après sa chute en 2008, sans parler de son comportement pour le moins ambigu.

Privé de morphine, mes nuits sont ponctuées par d’horribles cauchemars et d’interminables moment de veille. Il est ironique de constater que le seul remède qui puisse soigner ces maux soit le poison qui les a générés.

Si l’enquête est presque holmésienne, à la différence que ce n’est pas Sherlock (par contre, j’ai aperçu un journaliste affublé du deerstalker), il n’y a pas de nouveauté en ce qui concerne la traque de notre serial-killer.

Tout l’intérêt de l’histoire résidant dans le comportement de Van Helsing et dans cette ambiguïté qu’il y a autour de son personnage et de ses rêves prémonitoires.

Au niveau du dessin, il est classique mais soigné, nous offrant des personnages bien caractérisés, sans oublier les décors de la ville de Londres (1888) qui sont très soignés.

Les bas-fonds sont travaillés et voir les mats du port, sur fond de ciel plombé, ajoute une ambiance sombre. Même les pensées des personnages nous donne un aperçu du temps lourd qu’il régnait ce jour du 9 septembre 1888, dans l’East End.

L’air est particulièrement étouffant, aujourd’hui. Avec toutes ces cheminées qui crachent leurs nuages de suie, pas étonnant qu’il soit si difficile d’y respirer.

Si vous voulez en apprendre un peu plus sur la vie qu’il régnait dans ces quartiers miséreux, la bédé vous fera un joli petit étalage des injustices dont était victime les gens de ce quartier. L’absence d’une morgue n’étant qu’une partie visible de l’iceberg. C’est bien connu, les morts ne votent pas et ne paient pas d’impôts.

— Depuis qu’on a démoli l’ancienne morgue afin de faire place à une route, les autorités n’ont pas jugé bon de construire de nouvelles installations. On a donc converti un local désaffecté à cette fin.
— Diable ! Si un quartier a pourtant besoin de tels équipements, c’est bien l’East End.
— Les morts ne votent pas et ne paient pas d’impôts, Abraham.

Grand réalisme aussi dans la description des cadavres, des faits, des témoins, des aberrations qui eurent lieu, telles laver les corps et les scènes de crime… Ayant lu des tas d’ouvrages sur Jack, ces passages me font l’effet d’une redite.

Tiens, en voyant la cour dans laquelle on a trouvé le corps d’Annie Chapman, j’ai repensé au film « From Hell » et l’image de la bédé était tip-top comme celle du film, le beau Johnny Deep en moins.

Pour un néophyte, il y a moyen d’en apprendre sans pour autant se taper la lecture de gros romans afin de briller lors d’un repas de famille au moment de la découpe du poulet ou de la dinde.

Le choix des couleurs nous donne une ambiance à la fois chaude et sordide.

Les dialogues aussi nous donnent une bonne indication sur ce que les gens pensaient de ceux qui vivaient dans l’East End, j’en veux pour preuve une phrase d’un policier de la City, le chef Smith (le 4ème meurtre, celui de Mittre Square, était dans le City).

— Abberline, que ce type d’homicide frappe le quartier de Whitechapel est une chose, mais que le meurtrier œuvre maintenant sur notre territoire est totalement inadmissible. Il est impératif que la Division H contienne la crasse et les histoires sordides de l’East End à l’intérieur de ses limites.
— Que ce soit dans l’East End ou dans la City, le sang qui coule entre les pavés à la même couleur, chef Smith.

Petite réclamation : j’ai trouvé que les habits d’Elizabeth Stride étaient un peu trop propres et correct pour une fille de l’East End.

Le fait de le relire a remis tout les petites détails du second tome en place et j’ai trouvé que la suite était cohérente, travaillée.

L’auteur a fait en sorte que le diable se cache dans chacun des détails tout comme il a fait preuve de minutie dans les faits canonique des meurtres de 1888 (pour Tabram, c’est un point de discussion entre ripperologues) tout en changeant quelques petits points (Van Helsing) pour, sans doute, arriver à une conclusion qui n’est pas inscrite dans la réalité.

Une belle découverte.

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« Jack The Ripper » de Jesús Franco (1976) [FILMS]

Jack l’Éventreur (Jack the Ripper) est un film germano-suisse réalisé par Jesús Franco sorti en 1976.

  • Titre : Jack l’Éventreur
  • Année : 1976
  • Réalisateur : Jesús Franco
  • Genre : Horreur
  • Musique : Walter Baumgartner
  • Scénario : Jesus Franco et Jean-Claude Carrière
  • Durée : 92 min

1. Synopsis :

Le Dr. Dennis Orloff est un médecin respecté de tous, à la générosité qui semble être sans limite.

Pourtant, derrière ce parfait exemple de la société civilisée, se cache un redoutable tueur en série, connu sous le nom de Jack l’Éventreur, qui tue et démembre brutalement des filles de joie, afin de… [No spoiler].

2. Distribution :

  • Klaus Kinski : Dr Dennis Orloff / Jack l’Éventreur
  • Josephine Chaplin : Cynthia
  • Andre Mannkopff : Inspektor Selby
  • Herbert Fux : Charlie, the Fisherman
  • Lina Romay : Marika Stevenson
  • Nikola Weisse : Frieda
  • Ursula von Wiese : Miss Higgins
  • Hans Gaugler : Mr. Bridger, the blind man
  • Francine Custer : Sally Brown, first victim
  • Olga Gebhard : Ms. Baxter
  • Angelika Arndts : Ms. Stevenson
  • Peter Nüsch : Sergeant Ruppert
  • Esther Studer : Jeanny, second victim
  • Regine Elsener : Blondy
  • Lorli Bucher : Lulu
  • Mike Lederer : Coach Driver
  • Otto Dornbierer : Charlie’s friend

3. Anecdotes :

Ce film a été tourné sans son, les acteurs pouvaient jouer dans la langue qui leur était le plus facile, selon leur nationalité. La post-synchronisation s’est donc faite après.

C’est la langue allemande qui a été faite en premier, donc la version originale est considérée comme étant la version allemande, bien que les mouvements de lèvres des acteurs ne soient pas plus exacts avec les dialogues que les version anglaises et françaises faites ensuite.

Klaus Kinski a doublé lui-même les versions allemande et anglaise, pour son rôle.

Ce que j’en ai pensé :
— Non mais allo quoi ?? On a gâché de la pellicule pour réaliser ce film ?

Seriously ? Voilà ce qui s’appelle gâcher du matériel et faire perdre son temps aux gens…

Là, je peux le dire, je viens de regarder LE nanar du mois Anglais, Ze nanar on Jack The Ripper.

J’ai aussi dans ma manche Ze nanar of Sherlock Holmes, mais bon, celui-là c’était un second visionnage, ici, c’est le premier et ça fait mal aux yeux.

Bon, d’entrée de jeu, Jack a déjà frappé… On commence le film avec une pute saoule qui refuse de faire crac-crac avec un monsieur portant un costume noeud-pap… parce que pour une guinée, c’est non !

Nous savons (ceux qui ont suivi mon travail sur Jack en juin 14) qu’en 1888, les prostituées touchaient en moyenne 6 pences pour faire trembler les genoux de leur client…

Elle refuse une guinée ?? Valeur de la guinée ?

Parenthèse culturelle : certes, la guinée a été retirée de la circulation en 1817 pour être remplacée par le souverain, mais malgré tout, le terme guinée continue à être utilisé durant le XIXe siècle pour exprimer un montant de 21 shillings, soit une livre et un shilling (ou un souverain et un shilling).

Le penny, au pluriel pence pour la somme d’argent ou pennies pour les pièces elles-mêmes, est une pièce en bronze valant 1/12 de shilling (1/240 de livre). La pute refuse une passe qui rapporte en temps normal 6/12 de shilling alors qu’on lui propose 21 shillings ?? Impensable ! Fin de la touche culture.

L’homme bien habillé qui sort du pub un peu louche ? Irréaliste !

La prostipute habillée proprement, avec des vêtements même pas rapiécés ? Jamais vu ! Des dents si blanches qu’elles pourraient tourner dans une pub pour Ultrabright ?? N’importe nawak !

Que voilà des prostituées bien vêtues !!

Les décors sont cheap, les endroits qu’elle traverse trop bourgeois pour une pute de Whitechapel, la musique est à chier aussi.

L’agression de cette pute ? Les vêtements sont déchirés plus rapidement que si c’était ceux utilisé par Arturo Brachetti lors d’un de ses shows.

L’agresseur, bien habillé, la transporte via une barque dans un autre endroit où une complice le reçoit, l’appelant « docteur ». Peu de sang, sur le sac… et on s’en débarrassera, après découpage intégral, dans la flotte.

Ne cherchez pas de point commun avec le véritable Jack, ni avec ses crimes, parce que nous en sommes trèèèèèèès loin.

L’inspecteur qui mènera l’enquête ne mérite pas le nom d’acteur parce qu’il a trois expressions faciales sur le visage. Et encore, je suis large en disant 3 !

La plupart des « acteurs » (peut-on les désigner ainsi ??) fournissent le minimum syndical, donnent l’impression qu’ils sont là par hasard et ça ajoute de l’horreur dans ce film qui ne volera jamais plus haut que le derrière d’un mollusque.

L’inspecteur est celui de gauche, bein entendu !

Klaus Kinski est minable dans le rôle, lui aussi… Pourtant, il a la gueule de l’emploi pour camper un Jack l’Éventreur correct, mais lui aussi donne l’impression d’être ailleurs et passe totalement à côté du personnage.

Même pas un grain de folie à donner à son personnage, comme Heath Ledger le fit avec une interprétation magistrale du Joker dans Batman.

Ses dialogues en sont sans doute la cause, parce que entre les trois mots qu’il balance à sa logeuse où à ses malades, tous des indigents qui ne paient pas, on ne peut pas dire qu’il ait aussi de quoi nous éblouir.

Le scénariste et le dialoguiste devaient être eux aussi au minimum syndical… Un tueur de putes la nuit qui soigne les pauvres le jour, ça fait très Dr Jekyll et Mr Hyde.

On touche le fond aussi avec le témoin aveugle du meurtre de Sally Brown… Il est aveugle, donc, son odorat et son ouïe est plus développée que les nôtres. Je ne discute pas.

Mais, rien qu’en sentant l’odeur qui se dégageait du meurtrier et en écoutant ses halètements, le Gilbert Montagné de la rue nous la joue « profiler » et nous dresse un de ces portrait psychologique de l’assassin que même ceux d' »Esprits Criminels » n’oseraient pas faire sous peine de se faire lyncher.

Des odeurs de belles étoffes, odeurs de plantes rares… Il sent même ses irradiations… L’homme qui tue les putes n’est pas un sadique, mais il a aussi un grand cœur.

Si l’homme avait pété, l’aveugle nous aurait dit ce qu’il avait mangé il y a 3 semaines et donné ses bulletins scolaires pour le même prix.

— Quand j’étais jeune et que mes parents voulaient me punir, ben ils changeaient tous les meubles de place, les salauds !

Hé, partez pas encore, je vais aussi vous parler de cette poursuite interminable entre « Jack » et une prostituée dans des bois où il fait clair comme en plein jour avec des tonnes de fumée artificielle dans les arbres…

Bon, là au moins, ils n’ont pas oublié d’ajouter le brouillard, parce qu’après le premier meurtre vu par le téléspectateur, une vieille rombière, témoin du meurtre, dit qu’elle avait pas bien vu avec tout le brouillard, hors nous, on n’avait pas de brouillard !!

Bref, la pute, il la poignarde (scène horriblement filmée), lui arrache les vêtements aussi facilement que si c’était du papier tout fin, la viole debout contre un arbre, vous voyez même les soubresauts du bassin de monsieur qui copule avec la dame sans lui demander son autorisation.

— T’as d’beaux nichons, tu sais !

Le must est encore à venir ! Par miracle, elle survit assez longtemps pour arriver jusqu’à l’antre de Jack l’Éventreur.

Elle ne décédera qu’après s’être fait enlever un nichon par ce bon vieux Kinski qui nous la joue Nip/Tuck…

Tout cela étant naturellement mal joué, mal filmé, mal musicalisé, pas effrayant du tout et encore moins captivant.

Le film oscille sans cesse (et en dents de scie) entre la violence, le côté gore des meurtres ou les scènes de cul…

Une fois de plus, comme en cuisine, le dosage de ces ingrédients est à calculer pour ne pas devenir ad nauseam.

Le mobile des meurtres est à hurler de rire, rien n’est cohérent dans ce film (vêtements pas d’époque, des dents trop blanches, des taches sang couleur rouge mais jamais sombre, du brouillard de merde, acteurs, personnages…).

Coup de poignard final ?
Jack l’Éventreur, version Jesús (mais j’avale pas) Franco, est, pour le moment, l’un des plus médiocres films sur le célèbre meurtrier de Whitechapel.

N’ayant pas encore tout vu, tout est encore de l’ordre du possible, bien que je me demande s’il est vraiment possible de tomber encore plus bas que cette merde.

Tapez-vous la version des Frères Hughes, « From Hell » avec le bô Johnny Deep  ou faites vous offrir celle – un peu moins connue – mais très bien faite de David Wickes, « Jack l’Eventreur », avec Michael Caine dans le rôle d’Abberline (un téléfilm en deux volets).

BILAN - Minion mauve - WTF OK

Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

CHALLENGE - Mois Anglais 2015 Minions - OK

Jack l’Éventreur sur la toile : ça déchire !

[Article réalisé dans le cadre du challenge le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda].

Jack l’Éventreur, qui terrorisa le quartier de Whitechapel – East End – en 1888, a inspiré une multitude d’œuvres de fiction.

Mon second vice se retrouve mentionné dans des romans, des nouvelles, des bandes dessinées, des jeux vidéo, des chansons, des pièces de théâtre, des opéras, des séries télévisées, des films et des jeux de société.

Bref, autant de succès que mon vice premier : Sherlock Holmes !

Paraîtrait que les descriptions les mieux connues se trouvent dans le roman The Lodger (1913) de Marie Belloc Lowndes, repris et adapté au théâtre et au cinéma, et dans l’ouvrage Jack the Ripper : The Final Solution (1976) de Stephen Knight.

Celui-ci décrit une hypothétique conspiration impliquant des membres de la franc-maçonnerie (comme par hasard, les Frères Trois Points), la royauté britannique (évidemment, qui dit complot, dit haut pouvoir) et la profession médicale (puisqu’il fut dit aussi qu’il devait être ou médecin, ou chirurgien, ou barbier ou boucher ou dépeceur dans un des nombreux abattoirs du coin).

Cette thèse sera reprise dans plusieurs œuvres dramatiques (Murder by decree, entre autre). Une thèse farfelue, un peu comme celle de madame Patricia…

Les ouvrages de la fin de l’époque victorienne, dont les premières enquêtes de Sherlock Holmes et L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde, ont largement inspiré les auteurs, lesquels ont mêlé plusieurs genres où apparaît le tueur en série.

Les ouvrages de science-fiction et d’horreur ont aussi recours à ce personnage parce qu’il est internationalement reconnu comme l’incarnation du Mal.

Puisque je parlais de mon vice premier, Sherlock Holmes apparaît régulièrement aux côtés de Jack l’Éventreur dans les ouvrages de fiction.

Par exemple, l’amusant pastiche de Sherlock Holmes Jack El Destripador (Jack l’Éventreur), écrit en espagnol, paraît peu de temps après les meurtres.

Les deux personnages sont présents dans The Last Sherlock Holmes Story (1978) de Michael Dibdin, A Study in Terror (1966) d’Ellery Queen, Black Aura (1974) de John T. Sladek et Sherlock Holmes and the Royal Flush (1998) de Barrie Roberts.

6da15e0c53-sherlock holmes logo9851OKMais assez parlé de littérature pour aujourd’hui et profitons de la fin de ce Mois Anglais 2015 (*lourds sanglots*) pour passer sur la Toile et parler de Jack vs films !

En cherchant un peu, je me suis rendue compte que, à l’instar de Holmes et de la littérature, le Jack avait beaucoup de films à son actif (mais moins que Holmes) et quelques nanars !

J’en ai visionné certains, d’autres pas, ce qui fait qu’il me reste encore quelques Mois Anglais à remplir de mes deux vices, qu’ils soit télévisuels ou littéraire.

Le roman The Lodger (1913) de Marie Belloc Lowndes inspire cinq films et  contrairement à l’intrigue du roman, le pensionnaire (lodger) traque le tueur en série, ce qui explique son comportement étrange :

  • The Lodger : A Story of the London Fog d’Alfred Hitchcock (1927),
  • The Lodger (1932),
  • The Lodger (1944),
  • Man in the Attic (1953)
  • The Lodger (2009)

L’intrigue de Room to Let (1950) ressemble à celle du roman The Lodger, mais s’inspire plutôt d’une dramatique radiophonique de 1948 conçue par Margery Allingham.

C’est l’un des premiers films d’horreur produit par Hammer Film Productions. Valentine Dyall joue le pensionnaire, le Dr. Fell, qui s’est échappé d’un asile où il a été enfermé pendant 16 ans après avoir commis les meurtres de Whitechapel. La société Hammer sort deux films inspirés de l’histoire du tueur en série en 1971.

Dans La Fille de Jack l’Éventreur, jouée par Angharad Rees, la vedette voit son père tuer sa mère et devient à son tour meurtrière.

Dans Dr Jekyll et Sister Hyde, le Dr Henry Jekyll se transforme en une femme diabolique, Sister Hyde, responsable des meurtres imputés à Jack l’Éventreur.

Dans Terror in the Wax Museum (1973), un meurtrier se déguise en une poupée de cire ressemblant à Jack l’Éventreur.

Jack the Ripper (1958) est un téléfilm de la série The Veil mettant en vedette Boris Karloff dans le rôle d’un clairvoyant qui identifie le tueur en série comme un chirurgien respecté dont la mort a été maquillée pour cacher son internement dans un asile. L’intrigue s’inspire d’un article de 1895 qui rapporte que Robert James Lees a utilisé de prétendus pouvoirs de voyance pour traquer Jack l’Éventreur jusqu’à la maison d’un médecin londonien.

Jack l’Éventreur (1959), produit par Monty Berman et Robert S. Baker sur un scénario de Jimmy Sangster, s’inspire librement de la thèse de Leonard Matters selon laquelle le tueur en série est un docteur vindicatif. Il reprend des icônes de films d’horreur à succès, que ce soit Dracula (1958) ou Frankenstein s’est échappé (1957), en faisant porter à Jack l’Éventreur une cape et un haut-de-forme.

Sherlock Holmes contre Jack l’Éventreur (1965) A Study in Terror (en english) et Meurtre par décret (1979) oppose Sherlock Holmes à Jack l’Éventreur.

Le film A Study in Terror et le roman du même titre d’Ellery Queen, publié en parallèle,, décrivent la famille parfois démente du duc de Shires, où l’histoire d’amour entre l’un des fils et une prostituée sert de prétexte aux meurtres.

Murder by decree (Meurtre par décret), mettant en vedette Christopher Plummer et James Mason en tant que Sherlock Holmes et le docteur Watson, s’inspire beaucoup de la thèse conspirationniste prônée par l’auteur Stephen Knight dans Jack the Ripper : The Final Solution qui affirme qu’un médecin est le tueur en série.

Une partie de l’intrigue est reprise dans le téléfilm Jack l’Éventreur (1988), où Michael Caine joue le rôle de l’inspecteur Frederick Abberline.

Dans le film The Ripper sorti en 1997, Samuel West joue le rôle du Prince Eddy, qui est le tueur.

En 2001, les frères Hughes, s’inspirant de la bande dessinée From Hell, produisent le film du même titre où Johnny Depp joue le rôle de l’inspecteur Abberline.

Même si l’histoire du film s’inspire de la thèse de Knight, le personnage d’Aberline emprunte à la fois des traits de Sherlock Holmes par son remarquable sens de la déduction et sa dépendance aux drogues (Holmes n’était pourtant pas si dépendant que ça !), ainsi que de Robert James Lees par sa clairvoyance et son sens de l’anticipation.

Dieu et mon droit (1972), satire de l’aristocratie britannique, relie cette classe sociale à Jack l’Éventreur. Jack Gurney, 14ème comte de Gurney joué par Peter O’Toole, croit être le tueur en série et commet quelques meurtres.

Le film d’humour noir Deadly Advice (1994) met en vedette Jane Horrocks en tant que tueuse en série qui croit recevoir les conseils des fantômes de meurtriers célèbres. John Mills joue le rôle d’un coiffeur aux manières douces qui est aussi Jack l’Éventreur.

Dans Docteur Folamour, film d’humour noir sorti auparavant, l’un des personnages s’appelle « General Jack D. Ripper », mais le scénario n’explore pas davantage le lien avec le tueur.

Cheeseburger film sandwich est une comédie parodique sortie en 1987 dans laquelle le monstre du Loch Ness se déguise en Jack l’Éventreur.

Le film Drôle de drame de Marcel Carné (1937) est une autre parodie du tueur en série dans lequel Jean-Louis Barrault est un végétarien de l’East End londonien qui massacre les bouchers pour venger la mort des animaux.

Night After Night After Night (1970) est un film à petit budget dans lequel le juge d’une cour de justice supérieure (joué par Jack May) imite Jack l’Éventreur en agressant les prostituées dans le quartier Soho de Londres.

Pendant les années 1970 et 1980, des liens insignifiants sont faits avec l’histoire de Jack l’Éventreur pour des raisons commerciales.

Par exemple, les films de sexploitation et d’horreur Blade of the Ripper (1970), The Ripper of Notre Dame (1981) et L’Éventreur de New York (1982) n’ont, titres exceptés, aucun lien avec le tueur.

The Ripper of Notre Dame est dirigé et écrit en collaboration par Jesús Franco, auquel on doit aussi Jack l’Éventreur (1976) – fiche à venir – qui met en vedette Klaus Kinski dans le rôle d’un médecin meurtrier dont la mère est une prostituée.

What the Swedish Butler Saw (1975), dans lequel le tueur en série se cache dans un studio de photographe, est surtout un film de pornographie soft.

Les thrillers Jack the Mangler of London (1973), New York, deux heures du matin (1984), Night Ripper (1986) et Jack’s Back (1988) ont reçu de mauvaises critiques.

Edge of Sanity (1989) est dans le prolongement du film Psychose où Anthony Perkins joue à la fois Dr Jekyll et son alter ego Jack Hyde ; il est mal reçu par la critique.

Jill the Killer (2000) de Dolph Lundgren renverse les rôles de victimes et criminels puisque c’est une femme qui tue des hommes.

Dans C’était demain (1979), inspiré du roman Time After Time de Karl Alexander, Jack l’Éventreur se rend dans un San Francisco moderne grâce à une machine à voyager dans le temps, où il est poursuivi par H. G. Wells.

Dans un premier temps, le scénariste a envisagé que le chasseur soit Robert Louis Stevenson, auteur de L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde.

Dans Terror at London Bridge (1985), mettant en vedette David Hasselhoff, l’esprit de Jack l’Éventreur occupe une pierre maléfique logée dans le London Bridge de Lake Havasu City en Arizona aux États-Unis.

Dans The Ripper (1985), son esprit est au contraire scellé dans un anneau maléfique.

Ripper Man (1994) dépeint un homme qui se croit la réincarnation de George Chapman, tueur britannique soupçonné d’avoir été Jack l’Éventreur après son arrestation et son exécution en 1903.

Sortis la même année, les films Ripper et Bad Karma (renommé Hell’s Gate) sont éclipsés par From Hell.

Ripper raconte l’histoire de l’étudiante en psychologie Molly Keller qui étudie les tueurs en série et en vient à rechercher un imitateur qui tue ses collègues.

Bad Karma reprend le thème de la réincarnation en ajoutant toutefois une complice, jouée par Patsy Kensit.

signatureÀ partir des années 1960, la télévision américaine exploite Jack l’Éventreur comme une « force du Mal universelletrad » ; il est donc susceptible d’apparaître dès que le concept du Mal doit être véhiculé.

Dans l’épisode The New Exhibit de la série télévisée La Quatrième Dimension diffusée en 1963, Martin Balsam incarne le conservateur d’un musée de cire qui devient obsédé par cinq figures de cire personnifiant des meurtriers, y compris Jack l’Éventreur, et il en vient à commettre un assassinat pour les protéger.

Dans l’épisode Un loup dans la bergerie (1967) de la série Star Trek, l’auteur Robert Bloch reprend, en partie, sa nouvelle Yours Truly, Jack the Ripper. Un être éternel, appelé « Redjac », se nourrit de la peur et a déjà commis une multitude de meurtres, dont ceux habituellement attribués à Jack l’Éventreur.

Dans l’épisode Knife in the Wilderness de la série télévisée Cimarron (1968), écrit par Harlan Ellison, Jack poursuit ses activités criminelles à travers les États-Unis et s’arrête dans Cimarron City, où des Amérindiens mettent fin à sa vie.

Dans la série télévisée Max la Menace, l’épisode House of Max (1970) montre le tueur sous la forme d’une poupée de cire animée.

Lynda Day George a aussi joué dans la première série Mission impossible.

Dans l’épisode With Affection, Jack the Ripper de la série télévisée Le Sixième Sens (1972), un homme devient fou à la suite d’une expérience paranormale où il s’incarne dans le corps de Jack l’Éventreur..

Le même auteur, Don Ingalls, a écrit un épisode de L’Île fantastique, aussi intitulé With Affection, Jack the Ripper (1980).

Dans cet épisode, Lynda Day George incarne la criminologue Lorraine Peters qui utilise un portail temporel pour confirmer ses soupçons que Jack l’Éventreur est le médecin Albert Fell, joué par Victor Buono. Fell la suit à travers le portail, la capture et l’amène en 1888, où l’énigmatique M. Roarke intervient à propos et Fell meurt quelques instants plus tard pendant sa fuite.

Un portail temporel est aussi utilisé dans A Rip in Time (1997), premier épisode de la série télévisée Timecop, où un policier qui voyage dans le temps se rend en 1888 pour capturer un criminel qui a tué et remplacé Jack l’Éventreur.

L’épisode Comes the Inquisitor de la série Babylon 5 (1995) met en vedette le personnage Sebastian qui est dans les faits Jack l’Éventreur, enlevé par des extraterrestres vorlons en 1888 et forcé de devenir inquisiteur pour tester (par la torture) des êtres sélectionnés pour occuper de hautes fonctions.

La BBC diffuse en 1973 la minisérie Jack the Ripper. Elle met en vedette deux policiers de la série Z-Cars qui enquêtent sur les meurtres selon une perspective historique.

Dans le premier épisode, Kolchak: The Night Stalker (1974), le journaliste Carl Kolchak poursuit un tueur aux pouvoirs surnaturels dont les victimes présentent les mêmes traits que celles de Jack l’Éventreur.

Un épisode d’Au-delà du réel : L’aventure continue intitulé Ripper (1997) se déroule en 1888 et met en vedette Cary Elwes jouant le rôle du Dr Jack York, qui tue les femmes possédées par un être extraterrestre selon lui.

Dans l’épisode The Knife de la série télévisée Le Monde perdu (2001), les explorateurs rencontrent deux hommes que l’auteur Stephen Knight accuse de meurtres selon sa théorie conspirationniste : le médecin William Gull (un proche de la reine Victoria) et le policier Robert Anderson (rattaché à Scotland Yard).

Spike Milligan a parodié les clichés du genre dans The Phantom Raspberry Blower of Old London Town.

D’autres séries télévisées s’inspirent de l’affaire « Jack l’Éventreur ».

Ripper Street, de BBC One, se déroule dans le district de Whitechapel en 1889, six mois après les meurtres imputés à Jack l’Éventreur.

Dans Esprits criminels (épisode 18 de la saison 2, L’Éventreur), des meurtres sont commis en Louisiane après l’ouragan Katrina.

Le mode opératoire du tueur ressemble à celui de Jack l’Éventreur.

Dans Les Enquêtes de Murdoch, l’épisode L’Éventreur de Toronto (deuxième saison, épisode 2) raconte l’histoire d’Edward Scanlon, un enquêteur de Scotland Yard en visite à Toronto qui affirme être sur les traces de Jack l’Éventreur. Dans les épisodes 20 et 21 de la quatrième saison de la série télévisée Grimm, un imitateur de Jack l’Éventreur sévit.

CHALLENGE - Mois Anglais 2015 Minions - OK Sherlock___Running_Wallpaper OKQuelques affiches :

La dernière victime : Emmanuel Ménard

Titre : La dernière victime                                                         big_3-5

Auteur : Emmanuel Ménard
Édition : Le masque (1992) CyLibris (2002)

Résumé :
Le 31 août 1888 débute dans les bas-fonds de Londres, dans le quartier de Whitechapel, une des plus célèbres affaires criminelles au monde.

En l’espace de quelques mois, la mort de quatre prostituées, retrouvées horriblement mutilées, fait surgir la figure diabolique de Jack L’Éventreur, la terreur de l’East End, dont l’identité est encore à ce jour demeurée mystérieuse.

Depuis cet automne de 1888, les hypothèses les plus folles se sont succédé… Complot franc-maçon, rejeton royal sombré dans la folie, médecin de la reine cherchant à venger la mort de son fils syphilitique, toutes les pistes ont été suivies…

Sans résultat, et pour cause, ainsi que vous pourrez le découvrir ici en côtoyant tous les acteurs de ce drame, du chef de la police londonienne, sir Charles Warren, à un jeune auteur de romans de détection, un certain médecin du nom de Conan Doyle…

Critique : 
The return of Jack The Ripper ! ♫ Tonton Jack est revenu ♫ Du sang, des viscères, comme on en avait jamais vu ♪

Non, non, il n’est pas « revenu » au sens premier du terme, c’est juste moi qui ait lu beaucoup sur lui ce mois-ci, dont un pas plus tard que le lundi 15 juin.

Là, je suis contente de ma lecture, pas de dégommage de roman en règle, pas de tir au bazooka sur un auteur qui tenterait à l’aide d’hypothèses foireuses ou capillotractées de nous faire croire que l’affaire est classée car il (elle) l’a résolue.

Nous sommes face à de la fiction, mais avec des personnages connus puisque nous croiserons Arthur Conan Doyle, médecin écossais qui a écrit un roman avec une sorte de détective appelé Sherlock Holmes (marchera jamais, mdr), le fameux incompétent Sir Charles Warren (chef de la police de Londres), l’inspecteur Abberline, Sa Très Gracieuse Majesté, etc.

— Ce général Warren, fit Elizabeth, tout gentleman qu’il est, me paraît fort incompétent.
— Je ne suis pas d’accord, s’écria Hallward émergeant de son mutisme. Warren n’a rien d’un gentleman.

Ici, les descriptions des meurtres, tout en étant véridiques, sont tout de même édulcorées, vous ne devrez pas lire les rapports d’autopsie (zut alors), ce qui fait que les âmes sensibles pourront le lire sans défaillir.

Les descriptions de l’East End ne sont pas détaillées comme dans les autres romans qui avaient tout du roman noir, mais l’accent est plus mis sur la psychologie des gens.

Nous avons tout d’abord le reflet des mœurs et des pensées de l’époque : pas de femmes dans la police; les meurtres ne peuvent être que des actes d’étrangers, jamais un anglais de ferait ça; le colonialisme, c’est bon pour les peuples parce qu’ils faut bien les civiliser, ces sauvages; quand à l’esclavage, c’est pas mauvais pour la santé, enfin !

Sans oublier que tous ces gens bien pensant des beaux quartiers se fichaient pas mal des gens qui vivaient dans « l’abîme » (l’East End), étaient tout à fait d’accord et heureux lorsque Sir Charles Warren fit charger 20.000 chômeurs par les policiers, déclenchant un Bloody Sunday…

Les gens riches et aisés se moquaient bien de la misère noire qui régnait dans certains quartiers et après deux meurtres sanglants, les voilà qui veulent jouer les bons samaritains. Hypocrisie, quand tu nous tient.

—[…] Depuis la mort de Mary Nichols, tout le monde, et notamment les gens aisés de Londres, s’aperçoivent que durant des années, ils ont côtoyé avec un mépris souverain une misère noire qui les dérangeait parce qu’elle était devant leur porte. Et pour rattraper des décennies d’hypocrisie, tout le monde s’émeut brusquement, clame la misère de l’East End, et veut apporter son écot pour améliorer la situation de Whitechapel. Ceux là même qui applaudissaient Warren quand il fustigeait « la racaille » sont les premiers à vouloir jouer les bons samaritains. Quel qu’ait été le but de Jack l’Éventreur, il aura au moins réussi à nous ouvrir les yeux sur la situation de l’East End ! D’après mon ami, tel a peut-être été toujours été le mobile de l’assassin.

Avec un style tout ce qu’il a de plus classique dans l’écriture, l’auteur nous entraine dans les rues de Whitechapel ainsi que dans l’enquête sur le fameux Jack menée par un pair du royaume : Lord Edward Ashley.

Œuvre de fiction, donc, pas de coupable ayant une existence réelle, mais tout de même bien trouvé. J’ai entrevu la vérité peu de temps avant Edward et je me suis demandée comment l’auteur allait meubler les 60 dernières pages.

Pas de panique, elles furent bien meublées et j’en suis restée ébahie. Purée, c’est vache un coup pareil mais bien pensé. Juste un léger bémol : tenir autant de gens dans le secret n’est pas très réaliste parce que les gens, ça parle !

Mention très bien pour un blackmailer qui, malgré toute ses exactions m’est resté sympathique jusqu’au bout.

Un bon roman fictionnel sur Jack The Ripper, sans trop de sang ou de boyaux, sans les théories fumeuses habituelles, avec une enquête bien ficelée, brillante et des personnages sympathiques et réels (pour certains).

Ça fait du bien après les spéculations orientées de madame Patricia Cornwell…

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), Challenge « Polar Historique » de Sharon, Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Prix du Roman Policier du festival de Cognac 1992) et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

Jack l’Éventreur – Affaire classée – Portrait d’un tueur : Patricia Cornwell [LC]

9782253090311Titre : Jack l’Éventreur – Affaire classée – Portrait d’un tueur

Auteur : Patricia Cornwell                                                               big_1-5
Édition : Le Livre de Poche (2004)

Résumé :
Entre les mois d’août et novembre 1888, au moins sept femmes furent assassinées à Londres dans le quartier de Whitechapel.

La nature effroyable de ces meurtres provoqua la panique et la terreur dans l’East End, et donna naissance au surnom qui allait devenir synonyme de serial killer : Jack l’Éventreur. Pendant cent quinze ans, ces meurtres ont constitué une des plus grandes énigmes criminelles du monde.

C’est lors d’une visite à Scotland Yard, en mai 2001, que Patricia Cornwell s’est intéressée à « l’affaire » Jack l’Éventreur et à la personnalité ambiguë et inquiétante de Walter Sickert, un peintre impressionniste britannique célèbre à la fin du XIXe siècle.

Très vite, elle a eu l’intime conviction que Sickert et l’Éventreur ne faisaient qu’un. Après avoir mis en piste les plus fins enquêteurs et experts en médecine légale, l’auteur nous livre les résultats de son enquête et, comme un véritable témoin à charge, présente ses preuves.

Grâce à sa connaissance des enquêtes criminelles, à l’étendue de sa documentation et à ses talents de romancière, Patricia Cornwell reconstitue l’arrière-plan de cette sinistre affaire : l’Angleterre à l’époque victorienne.

Patricia Cornwell réussit un véritable thriller, avec une parfaite maîtrise et une conviction sans faille.

La critique de ma binôme Stelphique se trouve sous la mienne…

crimechatiment12Critique : ♫ Si j’avais un scalpel, je découperai le livre ♪ Comme Jack The Ripper, ♫ Je prélèverais des morceaux ♫ Oho Et j’en jetterais au feu ♫ Ou les mettrais dans les W.C ♫ Pour pouvoir m’essuyer, les jours où j’ai plus rien ♫ Ohoho, ce serait le bonheur ♪

Oui, hérésie que de couper dans un livre, mais j’ai une envie folle de lui briser l’échine et, aidée d’un scalpel, d’ôter tous les passages qui m’ont énervés prodigieusement : tout ce qui a trait à Walter Sickert, en fait !

Patricia Cornwell a décidé que c’était lui et que l’affaire était classée. Elle l’a même fait noter sur la couverture. J’t’en foutrai moi, des affaire classée !

Durant ma lecture, j’ai sauté les nombreux paragraphes consacré à ce peintre car c’est vraiment une bio indigeste et là, zapping.

Avant même de l’ouvrir, je savais très bien que « Jack l’Éventreur, affaire classé, portrait d’un tueur » de Patricia Cornwell sentait le souffre (et pour beaucoup d’autres aussi, notamment les Ripperologues qui l’ont crucifiée).

Autrement dit, il n’était pas question que ce roman, oscillant entre biographie, enquête orientée et témoignages fasse un jour son entrée dans ma bibliothèque.

Pourquoi ? Parce que je savais que Patricia Cornwell avait interprété les faits pour les faire coïncider avec sa théorie et qu’il était flagrant que son enquête n’avait pas été partiale du tout.

Hors, Sherlock Holmes l’a bien dit « C’est la théorie qui doit coller avec les faits ». Parce que bâtir des théories avant d’avoir les données est une erreur monumentale : insensiblement on se met à torturer les faits pour qu’ils collent avec la théorie.

Et pour Patricia Cornwell – qui retrace tout de même avec précision et minutie ces meurtres – le coupable ne peut être qu’un seul homme : Walter Sickert, ce peintre renommé qui n’a pas d’alibi pour les meurtres commis en 1888 (comme 99,99% des habitants de Londres). Pour elle, il EST Jack The Ripper. Point barre.

Sickert ? Bio exprès : peintre, aussi beau qu’amoral – au sens victorien du terme – réputé pour son cynisme, pour sa passion des déguisements, des pseudonymes, des barbes postiches, pour sa manie d’errer des nuits entières dans les quartiers mal famés ainsi que pour les ateliers secrets dans lesquels il se livrait à des activités plus ou moins louches. Le profil type, quoi !

Ses thèmes de prédilection dans ses peintures peuvent aussi prêter à suspicion : les prostituées, les cadavres, les hommes menaçants penchés sur de faibles femmes et même… Jack l’Éventreur ! Rhôôô, on se rapproche là !

Mais jusqu’à ce que Patricia Cornwell ne lui tombe sur le paletot, le Walter  n’était qu’un nom sur une looooongue liste de candidats éventuels. Et pas dans le peloton de tête, en plus…

Le duc de Clarence, casaque jaune, toque noire, galopait en tête de liste, talonné par les francs-maçons, casaque rouge, toque verte, menant un train d’enfer avec les yearling Aaron Kośmiński et John Pizer. Avec quelques petits dépassement, de-ci, de-là. Sans oublier le vieux canasson de retour : Sir William Gull, médecin de la Reine Victoria.

Alors, pourquoi ai-je lu ce roman, moi qui ne voulait pas le voir trôner sur mes étagères ?? Parce que l’on me l’a donné…  Ben oui, merde alors. Je me suis dit qu’il serait peut-être temps que je l’analyse afin d’avoir la preuve, noir sur blanc, de ses boniments et de la torsion de la vérité. Quitte à ce que je finisse avec une distorsion d’intestins. Et puisque ma binôme de Lecture Commune était prête à faire l’indigestion avec moi… GO !

Revenons à nos moutons, ou notre peintre. Comment la mère Patricia a-t-elle pensé à lui ?? Bêtement en étant invitée à Londres et en discutant avec un inspecteur de Scotland Yard qui lui a dit que Walter Sickert avait le bon profil pour être ze Jack. Patricia, jusque là, n’avait même pas connaissance des meurtres de 1888 !

Alors, épluchant la biographie de Sickert, notre Kay Scarpetta du cold case lui a trouvé des similitudes avec la psychologie d’un serial-killer. Et pas n’importe que serial-killer, je vous prie.

Elle est même certaine que les multiples lettres envoyées aux journalistes ou à Scotland yard (certaines furent prises pour des canulars) sont en fait TOUTES de la main de Sickert (oui, toutes !). Comment ? Le bougre pouvait aisément contrefaire son écriture et inclure exprès des fautes d’orthographes (jamais les mêmes, of course).

Puisqu’il était adepte des costumes, notre limière est intimement persuadé qu’il était passé maître dans l’art de se travestir et de se fondre dans la foule : idéal pour passer aperçu et commettre des homicides sans être repéré par la suite.

Sickert connaissait l’East End même s’il n’y habitait pas. Bref que de points communs avec le tueur. What’else ?

Mais Cornwell va encore plus loin en l’accusant d’autres meurtres dans Londres, en Angleterre et même jusqu’en France : des femmes égorgées ou des corps démembrés – ce qui implique un changement de méthode mais qui s’accordent avec les déplacements probables du peintre et la sauvagerie de Jack. Pour elle, le Tueur au Torse et Jack sont Sickert ! Avec Sickert, tu doubles la prime !

Pourquoi lui et pas un autre vous me direz ? Cornwell n’est pas la première à l’avoir soupçonnée… Et son livre – qui m’a fait grincer des dents – a quand même été une petite bombe dans le milieu, tellement elle est allée loin dans ses recherches. L’ayant lu, je peux vous dire qu’elle a mangé, bu, vécu, baisé en ayant Sickert dans la peau.

Ça lui a couté un pont, aussi. Quatre millions de dollars selon le Richmond City Magazine, 6 millions selon le New York Times.

Si cher ?? Oui, parce que quand Patricia enquête, les experts du CSI – Gil Grissom et Horatio Caine peuvent même aller se rhabiller.  Comme si c’était GI Joe qui débarquait, elle a embauché des bataillons de graphologues, de chimistes et d’experts en tout genre.

Sans compter que tout ce qui était à vendre sur Sickert, la romancière l’a acheté : tableaux, gravures, lettres et même le livre d’or d’un hôtel de Cornouailles sur lequel aurait gribouillé Sickert… Vous comprenez le prix… Niveau enquête, elle y est allée fort, de ce côté là, on ne pourra pas lui reprocher la légèreté.

Madame voulait son ADN et madame pense qu’elle l’a eu (mais bon, qui prouve que c’est bien le sien ?? En plus, plus de 100 ans après, non, mais, allo quoi ? Et Sickert s’est fait incinérer !). Mais quel ADN de suspect avons-nous ? Lequel utiliser ? Comment trouver le bon ?

La police avait reçu des centaines de lettres moqueuses, elle a donc fait rechercher des bribes d’ADN au dos des timbres et sur le rabat des enveloppes afin de les comparer avec d’autres échantillons appartenant à Sickert. Autrement dit, si Sickert a envoyé une lettre pour se foutre de la gueule de Scotland Yard ou des flics locaux, boum, le voilà passé à la postérité en tant que Jack The Ripper.

L’auteur a tout de même reconnu que les résultats étaient encourageants, mais pas concluants : ça a éliminé environ 99% de la population anglaise, mais les résultats sont trop incomplets pour qu’on puisse affirmer que Jack Sickert est bien Walter l’Éventreur. Pardon, le contraire !

En revanche, l’analyse des lettres est très instructive (mais hyper chiante à lire) : non seulement on retrouve le même papier, avec le même filigrane, mais on constate que l’assassin écrivait parfois avec un pinceau en guise de plume et de la peinture en guise d’encre. Un examen minutieux conduit même à identifier des taches d’eau-forte. Or, Sickert était aussi réputé pour ses gravures que pour ses toiles.

Que garderais-je de ce roman qui, malgré ce que je pouvais penser, m’a tout de même apporter quelques jouissances littéraires ? Tout ce qui concerne la ville de Londres, son histoire, ses mauvais quartiers, les mœurs des gens, les putes, les meurtres, les rapports d’autopsie… Tout ce qui fait l’essence d’un grand roman noir ! Pas étonnant que Jack London appelait l’East End « L’Abîme ».

Les chapitres qui traitent de ces aspects techniques, de la psychologie des tueurs en série et des principes de profilage intéresseront les amateurs de polar. Me suis régalée, là.

Les amateurs de gore ou de comptes rendus d’autopsie tels que moi seront rassasiés, puisque, pour rappel à ceux qui ne suivaient pas, ce bon vieux Jack avait cette délicate attention qui était celle d’égorger ses victimes, puis de leur ouvrir le bas-ventre afin de récupérer l’utérus, le haut du vagin ou un morceau de vessie. Là, j’ai pris mon pied.

Les lecteurs aux penchants moins morbides préféreront le voyage dans le Londres de 1888 auquel nous convie la mère Cornwell. M’en suis pourléchée les babines aussi, de ces passages là.

De ce côté là, rien à critiquer, les ambiances sont là, les personnages importants aussi et la ballade dans les rues sombres (en 1888 l’éclairage public laissait encore beaucoup à désirer) est ravissante.

Mon verdict final ? Y’a à boire et à manger… et des tas de choses à scalper. Cornwell  est une brillante procureur qui maîtrise son dossier parfaitement, qui le connait sur le bout des doigts et qui nous sort des raisonnements sans faille avec une éloquence implacable. Et ce, à l’écrit ou à l’oral (sur les ondes de la BBC, elle n’aurait fait qu’une bouchée de ses adversaires). Madame a réponse à tout. Elle admet les faiblesses de son dossier mais nie la déformation des faits.

Pourtant, après lecture, et à mon humble avis, l’auteure n’a fait que réunir un faisceau de présomptions et fait tout pour que l’on croit Sickert coupable. On me dira que ça fait beaucoup de coïncidences, mais bordel, ça reste des coïncidences et des conjonctures, des théories et du bla-bla.

Celui ou celle qui ne lirait que ce roman serait persuadée d’avoir eu la réponse à cette vieille affaire et le ferait savoir à tout le monde que l’identité de Jack est connue ET prouvée, fin de l’histoire.

Certes, tout ceci n’est que théorie, il n’y a pas mort d’homme innocent, mais je n’ai pas aimé cette impression que l’auteur prenait des libertés avec les faits, avec les preuves, afin que tout colle avec sa théorie de départ : Sickert.

Il y a comme une odeur de mauvaise foi dans ce récit. Or, dans une enquête, on réuni toutes les preuves, tout ce que l’on a, ce que l’on sait et on élimine l’improbable au fur et à mesure. Mais ce sont les faits qui doivent conduire à une théorie, et jamais le contraire.

On ne part pas d’un potentiel coupable afin de chercher tout ce qui pourrait l’incriminer car en faisant de la sorte, on risque d’omettre des preuves qui pourraient conduire à un autre.

Verdict du procès ? Coupable sur toute la ligne !

Ce que je devrais faire avec ce roman, c’est scalper toutes les pages qui concerne Sickert, toutes les digressions et ne garder que le meilleur, la quintessence du roman : les crimes, la vie dans Londres en 1888, bref, tout ce qui ne comporte pas le nom de Sickert…

PS : Pour ceux que ça intéresse de savoir pourquoi Walter aurait tué… bref, son ou ses mobiles, je vous le dis de suite, c’est encore une histoire de petite bite !

Oui, messieurs, une petite bite peut faire de vous un tueur en série potentiel… D’ailleurs, je pense que je vais tous vous éviter dorénavant, messieurs. Notre homme, lorsqu’il était enfant, a subi une série d’opérations d’une fistule.

Bon, jusque là, rien de grave, vous me direz. Oui, mais, ces opérations le laissèrent avec un pénis nanifié, tronqué, difforme. Puisqu’il ne pouvait pas grimper aux rideaux ou s’amuser avec la bêbête à deux dos (impuissant), il aurait donc joui avec le poignard à la main. Objet phallique, en plus.

BILAN - Minion mauve - WTF OKChallenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), Challenge « Polar Historique » de Sharon, Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

Pourquoi je l’ai choisi :
Si j’en crois mon marque page, j’ai acheté ce livre en 2005…. Ça, c’est un livre qu’il fallait dépoussiérer……… ou pas….. Dans tous les cas, -1 dans ma PAL gigantesque !!!!! Youpi!!!!!

Synopsis :
Entre les mois d’août et novembre 1888, au moins sept femmes furent assassinées à Londres dans le quartier de Whitechapel. La nature effroyable de ces meurtres provoqua la panique et la terreur dans l’East End, et donna naissance au surnom qui allait devenir synonyme de serial Biller Jack l’Éventreur.

Pendant cent quinze ans, ces meurtres ont constitué une des plus grandes énigmes criminelles du monde. C’est lors d’une visite à Scotland Yard, en mai 2001, que Patricia Cornwell s’est intéressée à  » l’affaire  » Jack l’Éventreur et à la personnalité ambiguë et inquiétante de Walter Sickert, un peintre impressionniste britannique célèbre à la fin du XIXe siècle. Très vite, elle a eu l’intime conviction que Sickert et l’Éventreur ne faisaient qu’un.

Après avoir mis en piste les plus fins enquêteurs et experts en médecine légale, l’auteur nous livre les résultats de son enquête et, comme un véritable témoin à charge, présente ses preuves.

Grâce à sa connaissance des enquêtes criminelles, à l’étendue de sa documentation et à ses talents de romancière, Patricia Cornwell reconstitue l’arrière-plan de cette sinistre affaire l’Angleterre à l’époque victorienne. Patricia Cornwell réussit un véritable thriller, avec une parfaite maîtrise et une conviction sans faille

Ce que j’ai ressenti :

On en peut pas dire que ça ai été la lecture la plus passionnante qui soit. Pourtant Dieu sait que dès que je vois Jack L’éventreur, je ne peux m’empêcher de me jeter dessus. Après je suis moins experte que ma chère binôme Cannibal Lecteur, mais bon, assez pour voir que ce livre est un sacré ramassis de c*****  et spéculations.

On ne sait pas où l’auteure décide de nous emmener mais certainement pas à la réponse énigmatique de ce cher Jack. Toutes ses théories ne reposent sur rien de concret, même elle, nous le démontre, faut le faire quand même!!!!

Le Londres victorien est bien retransmis, on sent bien (oui même jusqu’aux odeurs !!!!) toute la misère, la saleté environnante, mais surtout le peu de moyens et de compétences dont dispose la Police , la Justice de l’époque. Un tel tueur ne POUVAIT pas se faire attraper, tout simplement parce que ce genre de carnage dépasse l’entendement, mais qu’il n’y avait pas encore la criminologie et la science à son secours.

Cornwell nous démontre que les coroners sont corrompus, la police impuissante face au taux de misère et de criminalité, les juges pas forcement bien renseignés sur les enquêtes en cours, les docteurs dépassées par les évènements et ne respectant aucune hygiène, sans compter les témoignages de soulards en tous genre.

Et là , elle espère nous faire croire qu’elle a trouvé des preuves tangibles et recevables, alors que il est bien apparent que c’est du grand n’importe quoi dans ses rues de Whitechapel, le chaos total ou rien n’est archivé ou respecté comme il se doit….

Tenir un couteau et tenir un stylo sont deux choses différentes, il faudra lui expliquer un jour à Patricia…. Ce n’est parce qu’ elle trouve des similitudes d’écritures ou de papier entre Sickert et les lettres du soi disant Jack que ça en fait un meurtrier !!!! Peut être que ces lettres sont un canular et que plusieurs personnes se sont engouffrés dans la brèche  de la pseudo célébrité. Éventrer une femme et se prendre pour un artiste écrivant à l’encre rouge, il y a un monde entre…..

Mais le mieux du mieux, c’est son obstination à vouloir faire de Sickert , son coupable. C’est fou le nombre de fois où elle extrapole, invente, relie des évènements qui n’ont rien avoir sur sa vie intime.

Attention spoiler, passez la ligne de couleur…. [spoiler] Moi j’aimerais bien lui demander si elle a remonté le temps pour nous donner toutes ses infos: si jamais elle a été voir dans le slibart de Monsieur pour savoir le pourquoi du comment de ses suppositions ??? Si elle était avec lui voir ce fameux Elephant Man ??? Et si jamais elle a lu par dessus son épaule ses lectures, pour nous affirmer qu’il a lu des ouvrages d’anatomie? [/spoiler] … Je ne connais pas ce pauvre artiste qui a dû bien assez souffrir déjà, mais là, je le vois se retourner dans sa tombe à ses accusations honteuses et non fondées.

Quel beau « ha,ha » cette lecture….Tiens d’ailleurs, à JETER aussi dans le grand néant imaginaire des limbes que j’ai ouvert il y a peu….

Ma note Plaisir de Lecture :fee clochette fachee

Whitechapel : Sarah Pinborough

Titre : Whitechapel                                                        big_4

Auteur : Sarah Pinborough
Édition : Bragelonne (2014)

Résumé :
Londres, 1888. Lorsque des cadavres de femmes atrocement mutilées sont repêchés dans la Tamise, le médecin légiste Thomas Bond comprend qu’un second tueur sévit dans les rues de Whitechapel.

Or cet assassin paraît plus inhumain que Jack l’Éventreur lui-même…

Pour lutter contre ses insomnies, le docteur Bond passe ses nuits dans les fumeries d’opium.

Chaque soir, un inconnu en noir vient examiner les rêveurs perdus dans les brumes opiacées. Pourrait-il être la clé du chaos qui s’est emparé de la capitale ?

Critique : 
À ma gauche, poids lourd, Jack The Ripper, dit « L’Éventreur », spécialisé dans l’ouverture au couteau et le découpage de femmes de petites vertus dans les rues mal éclairées de Whitechapel.

À ma droite, poids lourd aussi, le Tueur de la Tamise dit « Tueur au Torse », spécialisé dans le « démembrage » (néologisme) des femmes afin d’en faire des puzzles et qui les éparpille pour que les roussins s’amusent plus en travaillant plus.

Deux tueurs sur le ring, deux tueurs opérant au même moment, mais chacun de leur côté, chacun ayant sa méthode personnelle pour faire couler le sang et rendre les policiers chèvres. Aucun des deux ne fut identifié de manière formelle et n’eurent jamais à répondre de leurs crimes. Que le match commence !

Jack l’Éventreur et le Tueur de la Tamise, deux ombres tapies dans les recoins de mon esprit, deux monstres sans formes ni contours, mais tout aussi menaçants, deux assassins aux méthodes bien différentes.

Pardon, on me signale en régie que Jack The Ripper ayant eu droit à tous les honneurs des médias en son temps et les recevant encore maintenant au travers de nombreux ouvrages, il ne pourra pas voler pas la vedette du Tueur de la Tamise dans ce roman. Le combat des Titans n’aura pas lieu.

Jack, tue dans ton coin, amuse-toi, fais un peu parler de toi dans ce roman,  mais ne vient pas faire de l’ombre à ce criminel qui était plus inhumain encore que toi.

Non, ce roman ne nous parlera pas une Xième fois de l’ami Jack, mais d’un autre tueur qui a sévit au même moment et dont on a peu parlé, Jack ayant éclipsé tous les autres.

Le roman nous parle donc de ce tueur qui démembrait des femmes et jetait les troncs dans l’eau, les autres parties étant manquantes : Le Tueur au Torse !

Scotland Yard est sur les dents et le docteur Bond, médecin légiste, insomniaque, fumeur d’opium et enquêteur à la petite semaine, va tenter de résoudre cette affaire qui a des ramifications bien plus complexe qu’il ne le pense au départ.

Si l’enquête ne comporte pas de course-poursuite en fiacre, elle est rythmé et le suspense est entretenu par un récit qui fait souvent quelques bonds dans le temps afin que nous ayons une vue d’ensemble complète.

Le changement de narrateur permet aussi de nous donner différents points de vue et rend le récit moins linéaire qu’avec un seul narrateur. On passe même aussi d’un récit à la première personne (avec le docteur Bond) à des récits à la troisième personne avec d’autres personnages.

Bref, une belle découpe du récit et, bien qu’au départ cela soit un peu éparpillé, à la fin, le corps du récit est complet et il ne nous manque pas une seule pièce.

Le style d’écriture est simple, mais pas basique, il est même émaillé de quelques mots à chercher au dico.  Point de vue descriptions des meurtres ou des cadavres retrouvés, on ne fait pas dans la dentelle, on détaille le tout sur un ton froid et médical.

Le tronc de la victime – une femme – n’avait plus ni bras, ni jambes, ni tête. Au niveau des extrémités tranchées, des amas grouillants de vers plongeaient dans les chairs en putréfaction pour s’en repaître. Dans le silence du caveau, nous entendions distinctement le chuintement humide des asticots à l’œuvre. Par endroits, quelques larves blanches tombaient à terre à force de se tortiller.

— Je suis bien content, dis-je en me penchant sur le torse. La partie inférieure du vagin est toujours présente dans le pelvis, et même chose pour le rectum. Ainsi que la partie avant de la vessie, ajoutai-je en inclinant la tête pour mieux voir.

Niveau personnages, on a un peu de tout, de tous les milieux et je les ai trouvé correctement dépeint, sans en faire trop ni trop peu. J’ai bien aimé le docteur Bond, homme de science à l’esprit plutôt cartésien, troublé et cherchant l’oubli dans les fumeries d’opium.

Quant au petite coiffeur bien connu des ripperologues de tout poils, ça m’a fait tout drôle de le voir dans un tout autre rôle que celui qui lui échoit régulièrement. Et oui, si ceci est une fiction, elle se base tout de même sur des faits et des personnages réels !

Bien entendu, qui dit Éditions Bragelonne dit petits éléments fantastique dans l’enquête. Le tout étant bien amené, ça glisse comme un couteau bien aiguisé dans le corps de Mary Jane Kelly.

Et puis, qu’est-ce que je ne donnerais pas pour me retrouver dans le Londres de Sherlock Holmes et pour m’encanailler dans les pubs mal famés et les gargotes à opium !

Ici, on ne passe pas trop de temps dans les beaux salons mais on arpente les rues remplies de smog et on respire les miasmes du Londres pollué. Sans parler des odeurs de cadavres putréfiés !

Toute la misère du monde est concentrée dans le quartier de Whitechapel, c’est cru, l’auteur ne recouvre pas la pauvreté de beaux atours, elle la décrit de manière brute de décoffrage : meurtres, alcool, opium, sexe violent, enfants crevant de faim, gens entassés les uns sur les autres, femmes vendant leurs corps, gosses abandonnés…

Combien de familles vivent ici, tassées dans une ou deux pièces, et priant pour avoir de quoi payer la semaine ? Depuis leurs grandes demeures bien chauffées où ils comptaient leur fortune, les propriétaires anonymes chargeaient avocats et huissiers de tirer de leurs proies jusqu’au dernier penny.

Les pires bordels y étaient légion. Les plaisirs fugitifs que les marins venaient y chercher en provenance des quais tout proches avaient toutes les chances de s’accompagner d’une bonne vérole, entre autres infections carabinées.

À Londres cohabite la misère et la richesse… Et l’auteur nous retranscrit bien cette dichotomie londonienne.

Il existait deux Londres bien distinctes. La première appartenait à ceux qui s’habillaient pour aller à l’opéra, et la seconde à ceux qui survivaient en vendant des allumettes dans la rue devant l’Opéra.

[…] Ces messieurs et gentes dames si prompts au geste charitable et si soucieux de « leurs pauvres », comme s’ils avaient la moindre idée de l’enfer que vivaient ces gens-là.

Londres était une ville cupide et rapace, où le fossé entre la richesse et la misère avait la taille d’un gouffre.

C’est un roman qui se lit facilement et lorsqu’on commence, on a du mal à ne pas aller jusqu’au bout. L’enquête n’est ni trop rapide, ni trop lente, un bon compromis entre les deux et elle est bien fichue, en plus.

Une belle plongée dans les rues sombres de la ville à la recherche des morceaux de femmes, une pipe à opium coincée dans la bouche.

Au fait, la tête de la dame, elle est où ?? ♫ Latêtoutai, latêtoutai ♪ ??

PS : Le tueur au torse a fait au moins deux victimes, deux femmes dont on a retrouvé seulement les torses, amputés de tous leurs membres. L’une d’elles fut même retrouvée sur le chantier des nouveaux locaux de Scotland Yard. Comme Jack, il ne fut jamais attrapé. Mais son modus operandi était différent, ce qui fait dire aux spécialistes qu’il y avait bien deux tueurs. Les meurtres de Whitechapel, au nombre de onze, furent commis sur des femmes du district londonien élargi de Whitechapel, entre le 3 avril 1888 et le 13 février 1891. Ces assassinats ont été attribués, sans être identifiés avec certitude, ici à Jack l’Éventreur, là au « tueur aux torses ». Pour fins d’enquêtes, le Metropolitan Police Service monta alors un dossier nommé « Whitechapel murders » (« Meurtres de Whitechapel »).

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), Challenge « Polar Historique » de Sharon, Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.