Golden Dogs – Tome 3 – Le juge Aaron : Stephen Desberg et Griffo

Titre : Golden Dogs – Tome 3 – Le juge Aaron

Scénariste : Stephen Desberg
Dessinateur : Griffo

Édition : Le Lombard (2014)

Résumé :
Ils étaient quatre, deux filles et deux garçons. Voleurs, escrocs, faussaires, ils unirent leurs talents pour devenir ensemble les plus célèbres voleurs de Londres.

Critique :
Le juge Aaron nous l’a joué à la maire de New-York, Giuliani : tolérance zéro !

Le juge, personnage austère, plus croyant que Dieu lui-même, a éradiqué la délinquance des quartiers de Londres, chassant les pauvres comme on chasse les rats, éliminant même les chiens et ne voulant que des gares, des banques ou des commerces corrects.

Les aristocrates ont le droit de se défoncer avec toutes les substances qu’ils veulent, de claquer des milliers de livres dans les salons élégants où ces substances sont servies, mais ils sont priés de le faire sans troubler l’ordre public. Ah, l’hypocrisie, elle est toujours dans les parages et elle a encore de beaux jours devant elle.

Le juge Aaron est un Méchant de la pire espèce sans que rien ne vienne contrebalancer son portrait d’homme violent, sans cœur qui embastille tous les pauvres gens pour un oui ou pour un non. Il aime voir dans les yeux des prisonniers la terreur qu’il leur inspire. C’est un tyran, un dictateur qui tient toute la ville de Londres dans ses mains.

Mais cet homme de loi est-il aussi pieu qu’on le croit ? C’est ce que vont essayer de découvrir deux anciens membres des Dogs.

C’est rythmé, on a de l’action, ça bouge assez bien, mais nous ne savons toujours pas qui a trahi les Golden Dogs il y a 6 ans. Tout le monde pense que c’est l’autre qui les a dénoncés mais personne n’a aucune preuve. Suspense total.

Les Golden Dogs recommencent à jouer avec les pieds des puissants et ça fait du bien, pour eux comme pour le lecteur.

On a arrêté de tourner en rond comme dans le tome 2 et si on est d’accord pour accepter la reformation de la bande, la suite de la lecture passera comme une lettre à la poste.

Oui, il faut accepter que la bande se reforme alors que personne ne sait toujours pas qui les a dénoncés il y a 6 ans et qui a piqué le magot. Vous auriez confiance, vous ? Moi pas…

Anybref, on continue de faire le grand écart entre les quartiers mal famés où les pauvres vivotent et les beaux salons où les riches s’amusent en claquant leur fric, puisqu’ils n’auront pas de soucis pour manger demain, eux.

Les couleurs sont agréables, pas criardes, pas délavées, les ambiances des bas-fonds de Londres sont bien rendues, comme celle des salons chics pour les pété de thune d’aristo.

En espérant avoir les réponses dans le quatrième et dernier tome. Dans ce troisième, on avance bien, mais il reste toujours des questions sans réponses et je suis du genre à apprécier les recevoir au fur et à mesure et pas tout dans le dernier tome, car bien souvent, soit l’auteur oublie de les donner, soit il les donne en vrac, dans les dernières cases…

À voir ce que le dernier nous réserve !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°289], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°42], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 48 pages), et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Golden Dogs – Tome 2 – Orwood : Stephen Desberg et Griffo

Titre : Golden Dogs – Tome 2 – Orwood

Scénariste : Stephen Desberg
Dessinateur : Griffo

Édition : Le Lombard (22/05/2014)

Résumé :
Ils étaient quatre, deux filles et deux garçons. Voleurs, escrocs, faussaires, ils unirent leurs talents pour devenir ensemble les plus célèbres voleurs de Londres.

Critique :
♫ Caramels, bonbons et chocolats ♪ Voilà ce que pourrait chanter Fanny à Orwood qui leur a fait de belles paroles, paroles et encore des paroles, qu’il a semé au vent car leur association de malfaiteurs n’a pas fait long feu.

Après quelques coups de maîtres magnifiques, des vols audacieux et rempli d’intelligence, nos Golden Dogs n’ont pas réussi à tenir autant que l’autre bande, les Blackbirds et bardaf, ce fut l’embardée.

Ils étaient exceptionnels, mais ça n’a duré que le temps que durent les roses et je m’attendais à continuer dans la montée en puissance de nos Dogs, pas à ce qu’ils chutent aussi vite.

Les dessins sont toujours très agréables pour les yeux, les couleurs sont toujours bien attribuées selon les ambiances et là où le bât blesse un peu, c’est que ce deuxième tome consacré à Orwood ne nous en apprend pas beaucoup sur lui et c’est Fanny que nous allons suivre dans ses tribulations après le démantèlement de la bande par le juge Aaron.

Lario, le castrat et Lucrèce sont sous représentés dans cet album et c’est bien dommage car ce sont deux personnages sur lesquels j’aimerais en savoir plus.

Suivre Fanny était intéressant, elle s’est révélée être une parfaite détective et une vraie business woman, mais je n’ai guère appris de choses dans ce tome sur les personnages principaux, si ce n’est que Orwood n’a pas tenu toutes ses promesses (du moins, vu comment le récit nous est présenté).

Dans cet album on nous parle toujours d’un traître à la bande (et ce, depuis la première case du premier album) mais jusqu’à présent, nous restons sur notre faim.

Comme sur l’épaisseur des personnages puisque les auteurs nous livrent des bribes d’informations tellement maigres que je trépigne d’impatience d’en apprendre plus, croisant les doigts qu’il soit bien prévu au programme des deux derniers albums que l’on nous dévoile un peu leur passé, sinon, je resterai sur ma faim.

En ce qui concerne les parties de jambes en l’air, là, tout le monde est rassasié ! Mais dans cette bédé, ce qui m’intéresse, ce sont des infos sur les personnages, pas sur leurs fesses !

Un deuxième tome pas tout à fait à la hauteur du premier, fort creux dans sa seconde partie et ça casse le rythme. Gageons que dans le suivant, tout cela remonte un peu et que nous en apprenions un peu plus sur les Golden Dogs.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°280], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°33], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages), et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

Golden Dogs – Tome 1 – Fanny : Stephen Desberg et Griffo

Titre : Golden Dogs – Tome 1 – Fanny

Scénariste : Stephen Desberg
Dessinateur : Griffo

Édition : Le Lombard (24/01/2014)

Résumé :
Ils étaient quatre, deux filles et deux garçons. Voleurs, escrocs, faussaires, ils unirent leurs talents pour devenir ensemble les plus célèbres voleurs de Londres.

Critique :
Londres et ses bas-fonds… Si je n’y descends pas régulièrement durant le Mois Anglais (et durant l’année), il me manque quelque chose.

Non pas que j’apprécie voir la misère humaine mais les bas-fonds sont le pendant de cette société londonienne que l’on disait riche et puissante. Pas pour tout le monde.

Dans cet album qui se déroule peu après 1820, je vais m’accoquiner avec une bande de quatre malfrats, les Golden Dogs.

D’entrée de jeu, le ton est donné avec le tabassage en règle d’un pauvre bougre qui a voler de quoi nourrir sa famille qui crève la dalle. Le juge Aaron estimant que la richesse est un don de Dieu, il n’admet pas qu’un pauvre se serve dans les futures richesses dévolues à la haute.

Le graphisme de Griffo m’a bien plu, sans mauvais jeu de mots, j’apprécie sa griffe. Les couleurs oscillent entre des tons gris ou des plus chaleureux, selon les ambiances.

Clairement, ce n’est pas une bédé pour les petits enfants ! On a du sang, des meurtres, des assassinats, du sperme, des prostituées (dont Fanny à 5 pennies parce qu’elle est une déesse – ne me demandez pas ce qu’elle est capable de faire), de la violence, des pendus, des truands, des voleurs, bref, le genre de monde que l’on ne dédaigne pas côtoyer dans la littérature mais pas en réalité.

Si le scénario ne manque pas d’action et d’ambition, l’intrigue reste néanmoins assez simple mais s’avère efficace et ce premier tome fait passer un moment de lecture fort agréable.

Par contre, nos quatre mousquetaires de la cambriole – version intelligente et rusée – manquent un peu de profondeur et sont esquissés un peu trop rapidement, même Fanny, qui pourtant est l’héroïne de l’album.

James Orwood, le meneur, le cerveau, est le plus mystérieux de tous, tout en étant beau comme un démon. Entre nous, avec moins de scène de sexe, on aurait pu en profiter pour les habiller et les étoffer au lieu de les foutre à poil pour baiser.

On apprend quelques détails de leur passé, mais leur caractère, ce qu’ils sont vraiment, reste encore mystérieux dans ce premier album. En espérant qu’ils soient développés dans les suivants.

Pas de cliffhanger sur le final de ce premier album, mais j’ai apprécié ma lecture et j’ai envie de lire la suite pour voir où nos cocos vont nous entraîner, quels seront leurs prochains vols audacieux et comment tout le monde va évoluer.

PS : c’est pour demain matin, la surprise pour les petits enfants !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°277], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°29], Le Challenge « Les textes courts » chez Mes Promenades Culturelles II (Lydia B – 56 pages) et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

San Perdido : David Zukerman

Titre : San Perdido

Auteur : David Zukerman
Édition : Livre de Poche (11/03/2020)

Résumé :
Qu’est-ce qu’un héros, sinon un homme qui réalise un jour les rêves secrets de tout un peuple ?

Un matin de printemps, dans la décharge à ciel ouvert de San Perdido, petite ville côtière du Panama aussi impitoyable que colorée, apparaît un enfant noir aux yeux bleus.

Un orphelin muet qui n’a pour seul talent apparent qu’une force singulière dans les mains. Il va pourtant survivre et devenir une légende.

Venu de nulle part, cet enfant mystérieux au regard magnétique endossera le rôle de justicier silencieux au service des femmes et des opprimés et deviendra le héros d’une population jusque-là oubliée de Dieu.

Critique :
Ne cherchez pas la ville de San Perdido (Panama) sur une carte, vous ne la trouverez pas.

San Perdido a beau être fictive, cela ne l’empêche pas de peser de tout son poids sur ses habitants les plus pauvres et d’être d’un tel réalisme qu’on la dirait vraie.

Le récit commence en 1946, dans le bidonville, avec l’arrivée d’un jeune garçon Noir aux yeux bleus étranges que Felicia surnommera La Langosta.

Retenez bien son arrivée ! Il a beau être muet, lui aussi pèsera de tout son poids dans le récit, même s’il n’aura pas le monopole car dans ces pages, tout le monde aura son importance, son rôle à jouer, une participation quelconque. La Langosta sera le fil rouge du roman, ne le perdez pas de vue et laissez-vous toucher par son don étrange.

Malgré le nombre des personnages, vous ne les confondrez pas., rassurez-vous. Ils sont travaillés, détaillés et possèdent de la profondeur : qu’ils soient issus du bidonville ou du palais d’en haut, qu’ils tirent le diable par la queue ou qu’ils vivent dans l’opulence, qu’ils tâchent de s’en sortir comme ils peuvent ou qu’ils magouillent…

Ce roman qui mélange habillement le roman noir et d’aventure, la fable et le réalisme, la politique, l’histoire, nous entraînera du San Perdido du bas à celui du haut, nous mettant face à des injustices perpétrées par les riches et les puissants, par ceux qui se trouvent au-dessus des lois, ceux qui profitent de la misère humaine pour l’exploiter encore plus, se moquant de la justice qui n’existe pas pour eux, sauf que…

Certains ont envie de rétablir la balance à leur manière et La Langosta est parfait dans le rôle de juge silencieux, à tel point qu’on aimerait qu’il existe en vrai, que cette jolie fable soit réelle et qu’un jour, quelque part, tout le monde puisse bénéficier des services de La Mano…

Sans bouger de mon canapé, j’ai voyagé loin, j’ai exploré une terre inhospitalière, une décharge dans un bidonville, mais au milieu des détritus, j’ai trouvé de belles personnes (et quelques voyous). A contrario, dans les palais où les puissants pètent dans la soie, je n’y ai trouvé que des magouilleurs, des profiteurs, des jouisseurs de la vie (et du sexe). Et pourtant, pas de manichéisme.

Porté par une belle écriture, simple sans jamais être simpliste, j’ai passé un moment de lecture qui fut enchanteur dès les premières lignes avalées et qui se termine par un coup de cœur.

Il aurait été dommageable que je ne lise pas cette belle fresque humaniste où le soleil illumine chaque page, même les plus sombres.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°250] et le Mois Espagnol chez Sharon – Mai 2021.

Sang Chaud : Un-Su Kim [LC avec Rachel]

Titre : Sang Chaud

Auteur : Un-Su Kim
Édition : Matin Calme (09/01/2020)
Édition Originale : Hot Blooded (2010)
Traduction : Kyung-ran Choi et et Lise Charrin

Résumé :
Huisu, homme de main pour la mafia de Busan, atteint la quarantaine avec pas mal de questions.

Jusque-là, il n’a vécu que pour les coups tordus, la prison, les exécutions, tout ça pour se retrouver dans une chambre minable, seul, avec pour horizon des nuits passées à dilapider son argent au casino. il est temps de prendre certaines résolutions… avec un solide couteau de cuisine dans son poing serré.

Critique :
♫ Parla più piano e nessuno sentirà ♪ Il nostro amore lo viviamo io e te ♫ ♪Nessuno sa la verità, Nemmeno il cielo che ci guarda da lassù. ♪

Avec la mafia, même Coréenne, il vaut mieux parla più piano (parler moins fort) e nessuno sentirà (personne n’entendra).

Si Séoul peut-être comparé à Paris, Busan pourrait être l’équivalence d’un Marseille avec son port qui est d’une importance capitale.

On a beau être au pays du matin calme, à Busan, les habitants ont le sang chaud et dans le quartier mal famé et sordide de Guam (qui n’existe pas en vrai).

Nous sommes dans les années  90. Les habitants tirant tous et toutes le diable par la queue, la prostitution et les trafics en tous genre sont légions. Ils sont bien souvent les seuls moyens de survie ou de quoi mettre un peu de beurre dans les épinards.

Pourtant, malgré les trafics, les gens sont souvent perclus de dettes et les taux d’intérêts dépassent souvent la dette en elle-même. Dès que l’on contracte une dette, on se retrouve pieds et poings liés pour la vie, impossible de s’échapper.

Oui, ce roman noir, c’est un peu la version Coréenne du Parrain : plusieurs clans règnent sur les trafics, sur les quartiers, mais la plupart des chefs n’ont pas de sang sur les mains, comme le père Sohn, le chef de Huisu. Pas parce qu’il est tendre et bon, juste parce qu’il délègue ce genre de choses à d’autres, comme Huisu.

Au début du récit, tout semble calme et paisible dans le petit monde des mafiosi coréens, on se salue, on fait des courbettes, on mange ensemble, on se tape parfois dessus, mais juste avec les poings, rarement avec des armes à feu… Mais faut jamais jurer de rien, après le soleil, la tempête peut arriver.

Ce roman noir, c’est une carte postale sombre de la Corée du Sud, l’envers du décor, les coulisses sordides des trafiquants, des jeux de pouvoir, des guerres du trône, des trahisons, des coups fourrées, de couteau à sashimi planté dans le ventre ou dans le dos.

Au départ, je me suis un peu perdue dans cet univers, j’ai mélangé les noms, j’ai un peu galéré avant de me sentir à mon aise dans ces pages. Et puis, je me suis attachée à Huisu, au père Sohn et à différents personnages.

L’auteur leur a donné du corps mais surtout une âme, des sentiments, des questions existentielles, des doutes, une conscience, des sentiments… Non, nous ne sommes pas face à des truands méchants, stéréotypés et sans nuances. Ce sont des êtres humains et ils sont soumis aux mêmes questionnements que tout le monde, à des emmerdes, à des trahisons… Ok, nous, dans les bureaux, on ne règle pas nos problèmes avec des couteaux…

Un polar noir qui a tout d’une tragédie, une tragédie qui arrive doucement, qui prend son temps pour se mettre en place car l’auteur ne se dépêche pas et pose toutes les bases de son récit, de ses personnages, de ses décors afin que l’on s’immerge en douceur dans ce monde que nous ne connaissons pas vraiment.

C’est sanglant, meurtrier, violent et sans concession. Les mafiosi, qu’ils soient italiens ou coréens, ce ne sont pas des Bisounours… Un roman à découvrir avec l’esprit bien ouvert et un petit papier afin de noter certains noms et ne pas se tromper ensuite. Une belle plongée dans le monde de la mafia du pays du matin calme.

Un polar noir qui m’a donné envie de ne plus manger QUE des poissons végétariens et plus des carnivores… Je vous laisse deviner pourquoi… Mais au moins, je salue l’esprit de recyclage des truands coréens. On n’y pense pas assez souvent.

Un grand merci à Rachel de m’avoir proposé cette LC Coréenne (on y est abonnés, aux auteurs Coréens) car cela faisait longtemps que je voulais découvrir ce roman policier dont tout le monde avait beaucoup parlé en début 2020 (la blogo). Pour connaître son avis, suivez le lien.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°216].

Le portrait de la Traviata : Jinki Do

Titre : Le portrait de la Traviata

Auteur : Jinki Do
Édition : Matin Calme (04/06/2020)
Édition Originale : The Portrait of La Traviata (2017)
Traduction : Kyung-ran Choi & Delphine Bourgoin

Résumé :
Les enquêtes de Gojin, avocat de l’ombre
Deux morts dans un appartement au premier étage d’un immeuble paisible de Séoul.

La femme qui y habitait – un coup de couteau pour elle – et un voisin – un coup de poinçon pour lui –, un type détestable qui lui tournait autour ces derniers temps.

Mais puisque le principal suspect gît à côté de la victime, il faut chercher ailleurs. Le concierge pourrait faire un coupable correct, le commissaire Lee Yuhyeon boucle son enquête et l’envoie en procès. Mais rien ne se passe comme prévu. L’innocence du vieux bougre s’impose, le procès est un fiasco.

C’est alors que dans son téléphone, Lee Yuhyeon entend un rire familier et moqueur, celui de l’avocat Gojin, l’avocat de l’ombre. Oui, il faudra tout recommencer, tout reprendre depuis le début. Car chacun dans cet immeuble pourrait avoir quelque raison d’avoir commis ce double meurtre.

Critique :
QUI ? Oui, qui a tué Jeong Yumi, hôtesse dans un bar, d’un coup de couteau ?

Le colonel Moutarde ? Madame Pervenche ? Non, c’est sans aucun doute son voisin qui la harcelait !

Petit problème : celui git à côté d’elle, poignardé aussi… C’est emmerdant, non ? Pas grave, le concierge fait un parfait coupable aussi, allez hop, on l’embarque, on l’inculpe et on le juge.

L’inspecteur Lee Yuhyeon est satisfait, sauf que… Gojin, l’avocat de l’ombre, lui fait comprendre qu’il s’est fourré le doigt dans l’oeil jusqu’au coude !

Véritable whodunit, ce polar coréen qui s’attaque à un problème de presque chambre close, entraînera ses lecteurs sur de nombreuses pistes avant que tout s’éclaire. Moi, je n’ai rien vu venir !

Gojin, le redoutable avocat de l’ombre va passer en revue tous les scénarios possibles, tous les alibis seront vérifiés, toutes les hypothèses de tricherie ou de magouille de son alibi seront disséquées.

Une partie de Cluedo Coréen où l’arme du crime est déjà connue, le lieu aussi, ne manque que le nom du coupable et le mobile…

Oui, ce Cluedo aurait pu avoir lieu ailleurs qu’en Corée du Sud, mais le fait que l’auteur soit Coréen ajoute une plue-value à ce roman policier à énigme car il explore un contexte socio- culturel que nous ne connaissons pas (ou peu) et en profite pour nous en apprendre un peu plus sur les bars à hôtesses et sur ceux où ce sont des jeunes mecs qui accueillent les dames et jouent à faire des extras…

Par contre, je cherche toujours le rapport entre l’enquête et la Traviata…

Un polar à énigme qui remet le whodunit au goût du jour, qui change la manière dont il est présenté habituellement, qui supprime le rassemblement de tous les suspects dans un lieu précis et qui nous permettre de voir toutes les hypothèses possibles et imaginables pour ce crime des plus bizarres.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°211] et Le Mois du Polar – Février 2021chez Sharon [Fiche N°37].

La loi des hommes : Wendall Utroi [LC avec Bianca]

Titre : La loi des hommes

Auteur : Wendall Utroi
Édition : Slatkine et Cie (01/10/2020)

Résumé :
Jacques est homme à tout faire pour la mairie de Houtkerque, dans le Nord.

Un jour, alors qu’il est chargé d’entretenir le cimetière du village, il découvre des mémoires, rédigées en anglais.

Aidé par sa fille, il se met en tête de les traduire, et comprend que leur auteur est un inspecteur des moeurs de Scotland Yard ayant vécu en pleine époque victorienne.

L’aller-retour entêtant, entre hier et aujourd’hui, entre cette loi des hommes et les violences faites aux femmes.

Critique :
Il était une fois un cantonnier qui ne cassait pas des cailloux, mais devait de temps en temps déplacer des cercueils dans le cimetière afin de faire de la place aux nouveaux arrivants…

Dans une tombe, il trouve une caisse métallique avec les mémoires d’un policier anglais qui était de l’époque victorienne, peu de temps après les crimes de l’Éventreur.

Non, on ne nous parlera pas de Jack, ou si peu… Rassurez-vous, il ne s’est pas engouffré dans ce sujet mais en a mis en scène un autre, tout aussi horrible : l’exploitation des femmes (et des filles) par l’homme (et par la femme aussi).

À cheval entre notre époque (le récit que Jacques, le cantonnier qui découvre le récit) et la victorienne (le récit fait par J.Wallace Hardwell, le policier), impossible de s’ennuyer une seule seconde.

Au travers de récits fait par trois personnes différentes, J.Wallace Hardwell, policier intègre, va découvrir que derrière le décor de son Angleterre puritaine se cache des antres de débauche, de vices, et que si la misère pousse certains à utiliser les autres d’une manière abjecte, la richesse et l’envie de possession sexuelle poussent d’autres à des atrocités sans nom.

Les personnages sont bien campés, ils sont travaillés et sous leurs dehors d’êtres abjects et sans coeur, il se pourrait bien qu’il y ait une étincelle de douceur, que tous ne soient pas des pervertis prêts à tout pour survivre.

L’auteur dévoilera le vrai visage de ses personnages au fur et à mesure du récit et j’ai apprécié d’être surprise par ces révélations qui ressemblent à une poupée gigogne, chacune en cachant une autre et au fil de l’histoire, les poupées vont devenir plus détaillées.

La ville de Londres n’est pas oubliée dans l’histoire et l’auteur nous immerge dans cette capitale au deux visages, tel Janus : la bourgeoisie qui semble avoir le cul serré mais qui ne l’est pas du tout (du moins, une partie) et les miséreux qui ne sont pas à une saloperie près pour avoir à manger, un toit, un peu de chaleur.

La loi de l’offre et de la demande… Tout simplement. Mais si elle était amusante dans « Obélix et Cie », dans ce contexte, elle est tout simplement abjecte, donne des sueurs froides et envie de vomir car la demande est de jeunes filles vierges, de très jeunes filles.

Autant où je pourrais comprendre (mais pas pardonner) qu’une miséreuse s’abaisse à des bassesses avec ses contemporaines afin de survivre (pour cela, l’être humain est capable des pires horreurs), autant je ferais descendre le couperet sur les cous de ces bourgeois, de ces hommes riches qui veulent posséder une jeune gamine vierge et la dompter… Car eux, c’est juste pour avoir de l’amusement, un grain de folie dans leurs vies monotones et éviter de succomber à l’ennui. Moi, je vais vomir.

Ce roman policier, c’est aussi un roman noir car le contexte social est important et bien détaillé. On se croirait dans un Dickens ou dans l’enquête de Jack London : « Le peuple de l’abîme » tant tout est réaliste et coloré.

Rien de reluisant dans cette époque victorienne ! De plus, certains sont prêts à tout pour que les scandales ne soient pas dévoilés car personne ne doit savoir ce qu’il se passe en coulisse, dans l’envers du décor, celui qu’on veut cacher à tout prix afin de montrer une belle vitrine de Londres et de l’empire Anglais.

Que l’on ne s’y trompe pas, si l’époque victorienne n’était pas folichonne pour les droits des femmes et des enfants, la nôtre n’est pas terrible non plus, il y a eu des avancées, certes, mais l’auteur nous prouve, grâce à son récit contemporain, que nous avons reculé (en France) et été plus en arrière que cette époque qui plaçait le consentement à 13 ans…

Comme toujours, l’Homme (au masculin) prend des lois mais jamais dans le sens des femmes qui sont toujours les grandes oubliées partout, alors qu’elles ont fait les révolutions, les guerres, fait tourner les pays quand les hommes étaient partis…

Ce roman (proposé en LC par ma copinaute Bianca que je remercie au passage) je l’ai littéralement dévoré d’une traite. Lu en une seule journée !

Si le récit contemporain est moins intéressant que le victorien et qu’en sautant d’époque, l’auteur nous coupe dans notre élan brutalement, la partie contemporaine était néanmoins utile afin de faire un parallèle entre nos deux époques et nous prouver que tout n’est pas plus rose dans notre nouveau siècle.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°170].

Wild West – Tome 1 – Calamity Jane : Thierry Gloris et Jacques Lamontagne

Titre : Wild West – Tome 1 – Calamity Jane

Scénariste : Thierry Gloris
Dessinateur : Jacques Lamontagne

Édition : Dupuis (24/01/2020)

Résumé :
Le paysage de Monument Valley, Tsé Bii’ Ndzisgaii, comme disent les indiens navajos suffit à évoquer la Conquête de l’Ouest. À l’arrière d’une calèche, un garçonnet joue ♫ Oh Suzanna ♪ au banjo.

Mais derrière ce décor majestueux à la tranquillité trompeuse, la mort rôde pour faucher sur la route le rêve américain.

Le prologue met le lecteur au diapason du climat de violence qui règne dans l’Ouest sauvage, avec ses assassins et ses chasseurs de tête, ses proxénètes et ses prostituées.

Rien n’arrête la marche du progrès. Alors que le chemin de fer se construit, dans un territoire à feu et à sang, qu’importent les ravages et l’exploitation.

Originaire du Missouri, la famille de Martha Cannary, avant qu’elle ne devienne la célèbre Calamity Jane, avait elle aussi échoué dans sa traversée, livrant l’orpheline à elle-même.

Critique :
Ça canarde sec dans les ruelles puisqu’après Soleil, c’est au tour de Dupuis de sortir une série western réaliste qui aux antipodes de ce bon vieux Lucky Luke.

Mettez de côté la vision de Calamity Jane que Morris nous a donné car ici, nous sommes dans le réalisme et donc dans la violence, le sexe, la prostitution, le sang, les tripes, les magouilles et j’en passe.

Réaliste ne veut pas dire que ceci est la biographie officielle de Martha Cannary, future Calamity Jane !

L’auteur prend des libertés avec ce que fut la vie de Martha Cannary mais il le fait avec brio, alors, pourquoi pas puisque ce n’est pas une biographie ? Nous n’étions pas présent, de toute façon.

Ce western au dessins plus vrais que nature nous offre des personnages détaillés physiquement ainsi que des décors soit magnifiques (Nature), soit glauques (rues des villes). Mais le tout est somptueux et les couleurs ont été choisies avec soin car elles correspondent bien à l’ambiance.

Le prologue, qui commence de manière bucolique, est déstabilisant car sur le moment, je n’ai pas très bien compris où il allait s’inscrire dans l’histoire, puis, j’ai étudié les cases et j’ai supposé que la gamine avec ses couettes était Martha Cannary allant vers l’Ouest avec ses parents avant que le voyage ne tourne au drame.

Après ces deux pages d’intro qui ne sont pas restées idylliques longtemps, nous entrons de plain-pied dans une bédé à la violence omniprésente, tenant plus de la série Deadwood que de La Petite Maison Dans La Prairie. Au cas où certains n’auraient toujours pas compris…

Cette superbe bédé ne met pas qu’en scène notre future Calamity Jane qui apprend violemment que dans la vie, il y a les prédateurs et les prédatés, mais elle nous fait aussi croiser la route de James Butler Hickok chasseur de primes, dit Wild Bill, qui lui expliquera que Dieu a créé un instrument qui donne l’égalité parfaite entre les hommes et les femmes… Sans doute par l’entremise de Samuel Colt…

Ne cherchez pas la bonté humaine dans ces pages, à cet époque et en ces endroits, elle n’existe pas ou alors, elle n’est jamais désintéressée. Les hommes veulent du sexe et font parler la poudre (ils tirent leurs coups dans tous les sens du terme) et les femmes sont soit bonniches, soit prostituées.

Un excellent album western qui nous montre le far-west de manière réaliste et non pas à la mode Lucky Luke. À découvrir !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°150] et Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Bouncer – Tome 1 – Un diamant pour l’au-delà : Alejandro Jodorowsky et François Boucq

Titre : Bouncer – Tome 1 – Un diamant pour l’au-delà

Scénariste : Alejandro Jodorowsky
Dessinateur : François Boucq

Édition : Les Humanoïdes associés (20/06/2001)

Résumé :
Etats Unis, fin de la guerre de sécession… un petit groupe de confédérés ne pouvant croire à la défaite de leurs camps continuent la guerre comme si de rien n’était. Ils se livrent aux pillages, viols autres cruautés sans aucun complexes.

Leur chef, le capitaine Ralton, un homme dément, prend conscience que son détachement ne pourra se livrer à ses massacres longtemps avant que les nordistes ne leur tombent dessus et ne les réduisent en charpies.

C’est pourquoi il décide de séparer son détachement et de partir avec ses meilleurs hommes à l’abri pendant quelques temps.

Il s’en va chez son frêre qu’il n’a pas vu depuis longtemps et avec lequel il s’est séparé en de mauvais termes. C’est à cause de lui que Ralton est défiguré, mais ne serait il pas venu le temps de lui faire payer ceci…

Critique :
*Voix de Jacques Martin*
— Bonjour, tu aimes La Petite Maison Dans La Prairie ? Les Bisounours ? Mon Petit Poney ? Lucky Luke ? Bref, toutes ces choses pleines de gentillesse, de bons sentiments où les Gentils sont très gentils, les Méchants très drôles et un peu cons et où les Bons gagnent toujours ??
— Oh oui, j’aime ça *voix enfantine*
— Et bien alors ne lis pas cette bédé !!

Avec Alejandro Jodorowsky au scénario, il ne faut pas s’attendre à du western gentillet à la Lucky Luke mais à quelque chose d’ultra violent dépassant même la série Durango.

Niveau violences, je pense que Jodorowsky a fait le tour : viols, pillages, incendies, décapitations, tortures, assassinats, pédophilie, prostitution et un personnage fouillera même les entrailles de sa mère morte…

Ma foi, on a fait le tour de ce qui était le plus abject, dans cette bédé western. Comme si l’auteur avait décidé d’y incorporer toute l’horreur dont sont capables des êtres humains quand ils se comportent de la pire des manières.

Là, le glauque dépasse l’entendement et perd de son charme.

Certes, l’Ouest, juste après la guerre de Sécession, ce n’était pas Le Manège Enchanté, mais tout de même… L’impression est qu’on a noyé le scénario dans de l’ultra violence (sérieusement, Durango, à côté, c’est pour les p’t’its z’enfants).

J’ai lu sur Babelio que Jodorowsky et Boucq ont inventé un genre nouveau : le « western shakespearien ». Sanguinolent à mort et, en trame de fond, on a une histoire ultra conventionnelle de vengeance, de trésor perdu et de Confédérés qui ne veulent pas se rendre.

Les dessins m’ont énormément gênés tant ils sont moches au niveau des visages, les chevaux donnent l’impression d’être démesurés en longueur… Par contre, les paysages étaient bien faits, ça compense un peu.

Malgré l’ultra violence exagérée et le scénario conventionnel, j’ai été happée par le récit, me demandant jusqu’où les auteurs allaient aller (sont allés trèèèès loin) et par le personnage énigmatique du Bouncer.

Les flash-back sont insérés aux bons endroits, ils permettent d’éclairer les personnages, de leur donner de l’épaisseur, un passé et d’expliquer le pourquoi du comment, le Grand Méchant Sudiste Ralton, a décidé de flinguer, torturer et plus si affinités.

J’ai beau être un peu mitigée, ma curiosité est titillée et comme on m’a prêté la série, je ne vais pas me gêner pour la lire et voir les tomes suivants sont toujours dans cette violence extrême. J’espère que non car cela fout souvent en l’air des scénarios.

 

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Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°65] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.

 

Sanctuaire : William Faulkner

Titre : Sanctuaire

Auteur : William Faulkner
Édition : Folio (2007)
Édition Originale : Sanctuary (1931)
Traduction : René-Noël Raimbault

Résumé :
C’est Sanctuaire qui valut à Faulkner sa réputation d’auteur ténébreux et scandaleux. L’écrivain n’a-t-il pas tenu à inventer, selon son expression, « l’histoire la plus effroyable qu’on puisse imaginer »?

En réalité, il s’est inspiré d’un fait divers, survenu dans un night-club de la Nouvelle-Orléans : le viol d’une jeune fille avec un « objet bizarre », devenu un épi de maïs dans le roman, suivi d’une étrange séquestration.

Dans un climat de violence, de bassesse et de corruption, remarquablement diffus et persistant, la jeune fille subit une sorte d’initiation au mal, à travers laquelle Faulkner livre son interrogation sur l’homme, avant de l’élargir et de la faire porter sur la société tout entière.

Sanctuaire, septième roman de Faulkner, est aussi son récit le plus direct. Paru la même année que La Clé de verre et un an après Le Faucon maltais, les deux chefs-d’oeuvre de Dashiell Hammett, ce roman noir est un des précurseurs du hard-boiled novel, auquel Hammett, Raymond Chandler ou James Cain donnèrent ses lettres de noblesse.

Critique :
Faulkner disait de ce roman que c’était « l’histoire la plus effroyable qu’on puisse imaginer ».

De son côté, Malraux a dit que ce roman symbolisait « l’intrusion de la tragédie grecque dans le roman policier ».

Pendant ce temps-là, dans ce roman noir très sombre, un homme introduisait un épis de maïs dans le… d’une femme, et sans son consentement.

Tandis que j’agonise… Voici le résumé de ce que j’ai ressenti en lisant ce Faulkner où j’ai pataugé, peiné, perdu mon chemin, sué, avant de crier grâce et d’implorer la fin de mon calvaire.

Lorsque j’avais lu « Tandis que j’agonise » l’année dernière (septembre 2019), j’avais eu un peu de mal au départ mais ensuite, le récit s’était révélé à moi et ça avait explosé en émotions en tout genre, même si on pataugeait dans le noir glauque, super glauque.

Ici, on franchi un autre palier, on descend dans un autre cercle de l’enfer (le 9ème sans aucun doute) et le café est tellement noir épais que la cuillère s’est perdue, que la cuillère s’est pendue, comme le canal dans la chanson de Jacques Brel (Le plat pays qui est le mien).

Le récit est lent, très lent et je n’ai jamais réussi à rentrer dedans, comme si je n’avais pas le bon code, comme si mon esprit n’avait pas envie de lire ÇA maintenant et tandis que j’essayais de me concentrer sur les lettres qui forment des phrases, mon esprit battait la campagne.

Autant je n’ai aucun mal avec les romans de Erskine Caldwell qui lui aussi met en scène des personnages glauques et déjantés dans le Sud profond où la misère est reine et où les paumés sont rois, autant ici j’aurai pu creuser les pages jusqu’après ma mort pour espérer découvrir l’or et la lumière cachées par Faulkner dans son récit.

On appelle ça passer à côté d’un roman, c’était un passage royal, un plantage monumental et le roman est retourné sagement à sa place dans l’étagère. Ne voulant pas rester sur une chute, je reprendrai un autre Faulkner et celui-ci, j’essaierai une autre fois, car le but du jeu n’était pas de louper ma lecture.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°60] et le Mois Américain – Septembre 2020 chez Titine et sur Fesse Bouc.