Dracula, L’ordre des dragons – Tome 2 – Cauchemar Chtonien : Éric Corbeyran et Sofia Terzo

Titre : Dracula, L’ordre des dragons – Tome 2 – Cauchemar Chtonien

Scénariste : Éric Corbeyran
Dessinateurs : Sofia Terzo & Giulano Piccininno
Illustration couverture : Grzesiek Krysinski

Édition : Soleil (17/04/2013)

Résumé :
Les membres de L’Ordre des Dragons sont sur le pied de guerre, ils traquent Dracula sans relâche et tentent de percer son secret et découvrir quel traumatisme subi dans son enfance est à l’origine de sa folie meurtrière.

Van Helsing est toujours le prisonnier de Dracula, pour l’instant il est maintenu en vie.

Alors que Sir Conan Doyle, accompagné de chasseurs de vampire et de sa nièce Letizia, prépare une expédition pour le délivrer des geôles de Dracula, Lady Darmanson et Bram Stoker se rendent en Anatolie mener des recherches sur le passé de Dracula.

C’est grâce à la rencontre avec un vieillard aveugle qu’ils découvriront le cauchemar qui a hanté les nuits du jeune Vlad.

Critique :
Deux envies… La première est de faire « whahou » devant le bô Dracula et de hurler à la lune ma frustration car l’album est à suivre !

Par le pieu en bois de Van Helsing, le tome 3 n’est pas paru cela fait 7 ans que le tome 2 est publié.

Ça pue l’ail… Je sens que la fin, je vais pouvoir me l’enfoncer profond dans le cœur.

Maintenant que je sais exactement ce qu’il y a dans les fameuses grottes, maintenant que le combat contre Dracula est lancé à fond, la dernière case se termine sur du suspense mais nous ne saurons sans doute jamais ce qu’il y aura ensuite….

Cet album continue d’explorer ce qui a transformé le petit Vlad en horrible monstre sanguinaire et le scénario s’inspire des bons vieux films d’épouvante de la Hammer (les images en moins kitch) et d’autres compagnies ensuite (je ne suis pas calée dans les nouveaux films d’horreur).

Sans oublier le bô Dracula entouré de gonzesses nues comme dans le harem du sultan du Boukistan, une médium qui ne voit pas grand-chose (un comble) et des traîtrises qui font que l’on ne sait plus si on a affaire à un agent double ou triple.

L’album a du rythme, les dessins sont toujours agréables à l’œil, même si on a changé de dessinateur (et celui qui illustre la couverture est encore un autre), le scénario est intéressant, la revisite du mythe se poursuit et on ne manquera pas de cases qui font monter l’adrénaline lorsque notre équipe se fera attaquer par les créatures qui hantent le sous-sol.

Faute de tome 3 paru, il m’est impossible de savoir où la série comptait aller ensuite, comment les auteurs allaient la clôturer… Très frustrant pour le lecteur de ne pas avoir de suite à cette série car il reste comme un sentiment d’abandon.

Cet album N°2 n’est pas mauvais, il explore bien le mythe de Dracula, lui donnant des airs de Cthulhu avec des trucs cachés dans les profondeurs, il ne manque pas d’action, de rythme, de tout ce qui fait le sel de la grande aventure, même s’il donne parfois un peu l’impression de se disperser et de vouloir aller partout à la fois.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lectures N°10].

 

 

Dracula, L’ordre des dragons – Tome 1 – L’enfance d’un monstre : Serge Fino et Éric Corbeyran

Titre : Dracula, L’ordre des dragons – Tome 1 – L’enfance d’un monstre

Scénariste : Éric Corbeyran
Dessinateur : Serge Fino

Édition : Soleil 1800 (24/08/2011)

Résumé :
Juin 1899, Venise. Des crimes sanglants secouent la ville depuis maintenant plusieurs semaines.Les corps des victimes sont retrouvés vidés intégralement de leur sang. La medium Letizia Giordano, nièce du célèbre Arthur Conan Doyle, prête main-forte à une police totalement impuissante.

Letizia ne peut résoudre cette affaire seule, elle décide donc de se rendre à Londres auprès de son oncle.

Aux côtés de personnages illustres tels que Van Helsing, Lady Darmanson ou encore Bram Stocker, elle se lance à la poursuite du monstre. Ils connaissent son identité : Vlad Tepes plus connu sous le nom de Dracula.

La traque aux quatre coins du globe commence et tous s’interrogent : que s’est-il passé dans l’enfance de Dracula au XVe siècle pour qu’il soit devenu le monstre assoiffé de sang d’aujourd’hui ?

Critique :
Dracula, les vampires, c’est un mythe qu’on a vu et revu, mis à toutes les sauces, même en version girly…

Pouvait-on faire du neuf avec une légende aussi ancienne ? Quelque chose concernant les vampires n’avait-il pas encore été écrit ? Difficile d’innover.

Pourtant, cette bédé réussi à innover un peu sans pour autant casser les codes du vampirisme.

Comme en cuisine, on revisite la recette, on ajoute des éléments, on pimente un peu mais la base reste la même : un suceur de sang célèbre (non, pas l’impôt) et des personnages réels avec de ceux de fiction : Conan Doyle, Bram Stocker et Van Helsing.

Un Van Helsing qui ressemble furieusement à un Hugh Jackman en version « je fais grève de rasage » ou « pilosité exacerbée au visage car la pleine lune approche »… Au choix. Un Hugh Jackman en Wolverine, si vous préférez.

Comme souvent dans la collection « 1800 » des éditions Soleil, les dessins sont réalistes, le graphisme est soigné, les couleurs dans des tons beiges/bruns chauds.

Ce premier tome explore un peu l’enfance de Vlad car d’un enfant joyeux et bagarreur, joueur, il est devenu taciturne, en proie à des cauchemars et ensuite, un monstre assoiffé de sang. Explorer son enfance aidera à comprendre comment le vaincre, d’après un certain Sigmund Freud.

Vaincre l’Homme sous le vampire, ça change des chasses habituelles et du roman de Stocker.

On voyage, puisque l’on passera de l’Anatolie de l’ouest à Venise où ont lieu des crimes laissant les victimes exsangue, puis à Londres, dans l’Ordre du Dragon où nos chasseurs de vampires ont leur siège.

Sans pour autant revisiter le mythe de fond en comble, l’auteur nous propose une autre vision où se mélange les personnages réels et fictifs, les vampires, Dracula, Vlad Dracul et d’autres trucs pas très ragoûtant. Si les ingrédients de base sont présents, on change de méthode de cuisson et on ajoute des éléments.

On ne révolutionnera pas le mythe, mais ce premier album promet de belles choses qui, je l’espère, se concrétiseront dans le tome 2 qui devrait clore ce diptyque puisque je n’ai pas vu de tome 3 sur le Net…

Une fois de plus, je viens de faire une chouette découverte avec cet album dont j’avais loupé totalement la sortie en 2011 (on ne peut pas tout suivre non plus…).

PS : tiens, Bram Stocker, il n’était pas roux ? Si… Parce que là, il est blond !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lectures N°07].

La Dernière énigme – Miss Marple 13 : Agatha Christie

Titre : La Dernière énigme – Miss Marple 13

Auteur : Agatha Christie
Édition : Librairie des Champs-Elysées Le club des masques (1977)
Édition Originale : Sleeping Murder : Miss Marple’s Last Case (1976)
Traduction : Jean-André Rey

Résumé :
Lorsque Gwenda avait vu la villa, elle n’avait pas hésité une seconde. C’était exactement ce qu’elle cherchait. Démodée peut-être, mais charmante… Gwenda s’y était sentie chez elle dès le premier instant.

Pour un peu, cette maison aurait pu être celle de son enfance : chaque pièce évoquait en elle des souvenirs confus…

Son imagination lui jouait des tours, bien sûr. Comment pouvait-elle reconnaître cet endroit puisqu’elle n’avait jamais mis les pieds en Angleterre auparavant ? Pourtant, tout lui était familier…

Pourquoi s’était-elle sentie glacée de terreur en regardant dans le hall, du haut de l’escalier ? Pourquoi ? La villa était-elle hantée ? Ou bien Gwenda devenait-elle folle ?

Critique :
On fait parfois de belles trouvailles dans les boîtes à livres de son lieu de villégiature. Il m’aura fallu 1 an pour les sortir de ma PAL, comme quoi…

Sans le savoir, je suis tombée sur la dernière enquête de Miss Marple. Entre nous, miss Marple n’a jamais eu mes faveurs, je lui ai toujours préféré Hercule Poirot.

Ce qui est un tort, je sais, Miss Marple n’est pas de la merde niveau enquêtrice !

Nous voici face à une enquête qui a des relents de fantastique, de surnaturel, dans le sens où Gwenda, la nouvelle propriétaire d’une villa, a la sensation qu’elle y est déjà venue, qu’elle connait la maison.

Hors, elle a toujours vécu en Nouvelle-Zélande, la terre des Hobbit, d’Aragorn de Sauron ! Oups, mes excuses, je mélange !

Ceci n’est pas une enquête pour ceux ou celles qui rêvent d’action et d’enquêteurs courant dans tous les sens, le nez collé au sol, l’annuaire de téléphone à portée de main pour faire parler les témoins récalcitrants…

Non, miss Marple, qui arrivera sur le tard, adore tricoter, boire du thé et écouter les potins de toutes les vieilles dames du coin et qui, sans en avoir l’air, manœuvre sa barque pour que les bobonnes lui disent ce qu’elle voudrait savoir, sans avoir l’air de leur tirer les vers hors du nez. Diabolique, la buveuse de thé qui tricote !

Pour le sang frais, on repassera aussi. D’ailleurs, dès le départ, on ne sait pas ce qui va nous tomber dessus, même si on se doute que ce sera un cold case cher à Lilly Rush dans la série éponyme.

Mais ici, que s’est-il passé, nom d’une pipe ? Un meurtre ? Une disparition ? Une personne qui s’est faite la malle ? Une mort naturelle ? Le passé est obscur et, tel un voile opaque, refuse de se déchirer dans la mémoire de Gwenda.

Pourtant, cette jeune femme a tout de même des souvenirs de faits qui se sont produits lorsqu’lle avait 3 ans. Je ne sais pas pour vous, mais j’ai encore quelques souvenirs de mes 5 ans, mais je ne puis garantir qu’ils soient le fait de souvenirs réels ou fabriqué dans ma mémoire après qu’on me les ait tant de fois raconté.

Voilà un roman de la reine du crime qui change des habituels car il y a une montée de l’angoisse, sans pour autant égaler Hitchock, des sombres histoires que Gwenda va déterrer au fur et à mesure et, comme l’avait prévenue Miss Marple, il n’est pas toujours bon de fouiller dans le passé. C’est même foutrement dangereux !

Une fois de plus, je n’ai pas vu venir la personne coupable mais mon palpitant a augmenté ses battements sur le final.

Moi qui n’était pas fan de Miss Marple, moi qui évitais les romans avec elle, voilà qu’en commençant par la fin de ses enquêtes, je deviens intéressée par ses aventures de tricoteuse.

Attention, le détective moustachu Belge reste mon chouchou chez la reine du crime !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°236 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

 

Réflexions sur la question antisémite : Delphine Horvilleur

Titre : Réflexions sur la question antisémite

Auteur : Delphine Horvilleur
Édition : Grasset (09/01/2019)

Résumé :
Sartre avait montré dans Réflexions sur la question juive comment le juif est défini en creux par le regard de l’antisémite. Delphine Horvilleur choisit ici de retourner la focale en explorant l’antisémitisme tel qu’il est perçu par les textes sacrés, la tradition rabbinique et les légendes juives.

Dans tout ce corpus dont elle fait l’exégèse, elle analyse la conscience particulière qu’ont les juifs de ce qui habite la psyché antisémite à travers le temps, et de ce dont elle « charge » le juif, l’accusant tour à tour d’empêcher le monde de faire « tout » ; de confisquer quelque chose au groupe, à la nation ou à l’individu (procès de l’ »élection ») ; d’incarner la faille identitaire ; de manquer de virilité et d’incarner le féminin, le manque, le « trou », la béance qui menace l’intégrité de la communauté.

Cette littérature rabbinique que l’auteur décortique ici est d’autant plus pertinente dans notre période de repli identitaire que les motifs récurrents de l’antisémitisme sont revitalisés dans les discours de l’extrême droite et de l’extrême gauche (notamment l’argument de l' »exception juive » et l’obsession du complot juif).

Mais elle offre aussi et surtout des outils de résilience pour échapper à la tentation victimaire : la tradition rabbinique ne se soucie pas tant de venir à bout de la haine des juifs (peine perdue…) que de donner des armes pour s’en prémunir.

Elle apporte ainsi, à qui sait la lire, une voie de sortie à la compétition victimaire qui caractérise nos temps de haine et de rejet.

Critique :
Une fois de plus, c’est grâce à « La Grande Librairie » que j’ai décidé de lire ce roman qui est aux antipodes de mes lectures habituelles.

La manière dont l’auteure avait parlé de son livre m’avait interpellé, dans le bon sens du terme car elle faisait un parallèle intéressant entre l’antisémitisme et la place de la femme dans l’Histoire.

Nous étions accusées des mêmes maux, des mêmes tares que les Juifs : hystériques, manipulatrices, opportuniste, faible…

La féminisation du Juif dans le discours politique sert généralement à faire de l’homme enjuivé un faible, ou de l’homme juif un manipulateur, un hystérique ou un opportuniste. Autant d’importations d’une rhétorique misogyne traditionnelle qui vont disqualifier un individu dans l’exercice du pouvoir.

Comme je m’en voudrais de mourir bête et que j’aime aller me coucher un peu plus « culturée », j’avais coché ce roman, bien décidée à me plonger dedans dès que je pourrais le faire.

Véritable enquêtrice, l’auteure s’est plongée dans les textes anciens, les textes bibliques, pour aller chercher une trace non seulement de la première fois où l’on utilisa le mot « Juif » (avant, on disait « Hébreu ») et d’où viendrait cette haine, le patient zéro, en quelque sorte.

Pour les commentateurs, l’histoire n’a pas commencé là, mais trouve sa source ailleurs dans un autre récit ; et ils vont donc se livrer à une exploration, presque à une enquête policière sur la piste généalogique du Juif et de son ennemi légendaire. Remontons ensemble les générations bibliques de la haine antisémite…

Au départ, l’exploration des textes de l’Ancien Testament ne m’a pas dérangé, c’était agréable à lire, j’avançais bien au pays des légendes et des histoires, même si, au fil des différents textes, l’histoire n’était pas tout à fait la même.

Je la prends pour un texte servant à m’expliquer des choses, à m’élever, à réfléchir, rien de plus. Donc, tout allait bien dans le meilleur des mondes.

En un verset, Haman offre au lecteur un parfait condensé, une illustration intemporelle de ce que sont les accusations portées contre les Juifs à travers l’Histoire : un peuple perçu comme à la fois dispersé et à part, mêlé à tous mais refusant de se mélanger, indiscernable mais non assimilable. Son particularisme est vécu comme une menace pour l’intégrité de la nation ou la puissance politique, mettant en danger la stricte égalité entre des éléments d’une nation indifférenciée. Pèse sur lui, dès lors, un soupçon de non-allégeance, qui justifie à terme son départ ou son élimination physique. À l’instant même où le Juif paraît dans le texte, surgit avec lui comme dans un même souffle, son ennemi, fruit d’une gémellité littéraire troublante. Le duo Mardochée/Haman est comme scellé dès l’origine : cherchez le Juif, l’antisémite n’est jamais très loin.

Oui, mais, à un moment donné, trop is te veel et c’était trop pour mon petit cerveau qui a décroché quelques fois car trop théologique pour la lectrice lambda telle que je suis.

Le rythme de lecture en pâtit, on surprend ses yeux à sauter des lignes et à tenter d’aller voir plus loin si le texte n’est pas plus intéressant que cette étude trop poussée pour ceux et celles qui n’y sont pas habituées.

Pourtant, tout le reste est intéressant au possible, j’ai vraiment aimé tout le reste, mais ce blocage me restera en travers de la gorge et malheureusement, mon plaisir lecture s’en est ressenti car j’aurais préféré qu’elle nous parle plus de l’antisémitisme à travers les âges du monde réel.

Au final, c’était plus facile d’écouter l’auteure parler de son livre à La Grande Librairie que de la lire. Sans pour autant remettre son travail en question car il y a des heures de boulot là derrière, ce qui est bien dommage d’avoir mis autant de peine dans la recherche et peut-être moins dans la présentation de toutes ces études des textes bibliques.

Dommage… Malgré tout, je retiendrai des choses de cette lecture et j’irai me coucher moins bête que la veille, ce qui n’est déjà pas si mal. Tout compte fait, je ne suis pas vraiment perdante sur le coup.

Il existe par exemple une distinction fondamentale entre l’antisémitisme et les autres racismes. Ces derniers expriment généralement une haine de l’autre pour ce qu’il n’a pas : la même couleur de peau, les mêmes coutumes, les mêmes repères culturels ou la même langue. Son « pas-comme-moi » apparaît au raciste comme un « moins-que-moi » ; il a tôt fait de le juger inabouti ou inférieur. Il est un barbare au sens où les Grecs l’entendaient : un homme dont le langage semble bégayer, de façon primitive et ridicule, bar… bar… Changez sa couleur de peau, gommez son accent et la haine pourrait bien disparaître ou s’apaiser. Le Juif au contraire est souvent haï, non pour ce qu’il N’A PAS mais pour ce qu’il A. On ne l’accuse pas d’avoir moins que soi mais au contraire de posséder ce qui devrait nous revenir et qu’il a sans doute usurpé. On lui reproche de détenir et d’accaparer le pouvoir, l’argent, les privilèges ou les honneurs qu’on nous refuse. On l’imagine, dès lors, propriétaire d’un « en plus » dont il nous prive.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°129.

Qui a tué Roger Ackroyd ? : Pierre Bayard

Titre : Qui a tué Roger Ackroyd ?

Auteur : Pierre Bayard
Édition :

Résumé :
Même s’ils n’ont pas lu le chef-d’oeuvre d’Agatha Christie, Le Meurtre de Roger Ackroyd, de nombreux lecteurs, surtout parmi les amateurs de romans policiers, connaissent le procédé qui l’a rendu célèbre et croient pouvoir affirmer : l’assassin est [no spolier]. Mais est-ce si sûr ?

Comment se fier à un texte où les contradictions abondent et qui s’organise autour [no spolier], celui du [no spolier] ?

Et qui peut dire qu’Hercule Poirot, dans son euphorie interprétative, ne s’est pas lourdement trompé, laissant le coupable impuni ?

Roman policier sur un roman policier, cet essai, tout en reprenant minutieusement l’enquête et en démasquant le véritable assassin, s’inspire de l’œuvre d’Agatha Christie pour réfléchir sur ce qui constitue la limite et le risque de toute lecture : le délire d’interprétation.

Critique :
Mais oui, QUI a tué Roger Ackroyd nom d’un petit bonhomme (en mousse ? Heu non)

Chez nous, en Belgique, ce « QUI ? » fait de suite référence à un de nos homme politique, le Vieux Crocodile, autrement dit VDB qui après son enlèvement avait dit « QUI m’a enlevé ». On en avait même fait une chanson.

Mais trêve d’histoire Belgo-Belge et revenons à nos Anglais, pas encore brexité à cette époque et au meurtre de ce bon vieux Roger Ackroyd où la mère Agatha nous avait bien entubé tout au long du roman, la vilaine (pour notre plus grand plaisir), brouillant les pistes et nous mystifiant jusqu’aux dernières lignes.

Oui mais d’après l’auteur, le coupable désigné par Hercule Poirot n’est pas le bon ! Mais si ce n’est pas lui, alors, qui est-ce ? (célèbre jeu de société). Si ce n’est toi, c’est donc… Bon sang, mais c’est bien sûr !

Bon, j’aurais pu m’abstenir de lire son essai car j’ai vu venir le coup de loin, le seul autre coupable qui sortait de l’ordinaire était… [No spolier]. Et bingo ! J’ai gagné.

Amis lecteurs et amies lectrices, gaffe ! Ne lis pas cet essai si tu n’as pas déjà découvert une grosse partie de l’œuvre d’Agatha Christie, ou du moins, les plus célèbres de ses romans parce que monsieur Bayard, chevauchant le cheval du même nom, dévoile des noms de coupables à tour de bras !  Savoir leurs noms gâcherait le plaisir de lecture future.

Analysant le roman, l’auteur ne se prive pas de mettre en avant les incohérences, notamment de temps, prouvant par A+B que cette personne n’aurait jamais eu le temps de mettre tout cela au point !

Sans compter que niveau courage de tuer, il avait tout d’un mou du genou, qu’il aurait pu s’éviter un meurtre, les preuves le dénonçant du chantage commis étant faibles (et venant d’une suicidée criminelle), sans compter qu’il aurait pu même nier être le coupable, Poirot n’ayant que peu de preuves, donc, il pouvait dormir sur ses deux oreilles.

Quid alors ? Poirot aurait-il abusé de la tisane à base de citrouilles au point de se planter autant et de négliger l’interrogatoire d’un personnage présent mais que personne au grand jamais n’inquiète par des questions (du jamais vu dans les romans de la mère Christie) ? Ben oui…

Si la partie qui dévoile le véritable coupable est intéressante de par son étude sérieuse et qui s’appuie sur le récit même, si la première partie qui analyse certaines histoires d’Agatha Christie est tout aussi intéressante, j’ai eu tendance à piquer du nez une fois qu’il est entré dans la partie intitulée « DÉLIRE » parce que la psychanalyse, c’est pas ma tasse de café.

Qu’on soit ou non d’accord avec la théorie de l’auteur, force est de reconnaître qu’il a tout pris en compte, notamment le temps nécessaire à la réalisation du crime, le double texte de la narration, les omissions, les ellipses, les phrases ambiguës, le caractère propre à chaque personnage, les mobiles, les alibis et que son analyse tient la route.

Néanmoins, les lecteurs n’aiment pas trop qu’on leur mette le nez dedans en lui démontrant qu’ils ont cru Hercule Poirot et sa brillante théorie alors que lui-même s’est foutu le coin de la moustache dans l’oeil !

Mais ce n’est pas pour cela que le livre perd des plumes, c’est juste que la partie psychanalyse m’a un peu endormi, mais je suis sûre qu’elle comblera les amatrices (amateurs) du genre et fan d’Œdipe-roi !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2019 – décembre 2019) chez My Lou Book.

Lucky Luke – Tome 44 – La Guérison des Dalton : Morris & René Goscinny

Titre : Lucky Luke – Tome 12 – La Guérison des Dalton

Scénariste : Morris
Dessinateur : René Goscinny

Édition : Dargaud (1975) / Lucky Comics (2015)

Résumé :
La Guérison des Dalton est la soixante-neuvième histoire de la série Lucky Luke par Morris et René Goscinny. Elle est publiée pour la première fois du n°1 au n°13 du journal Nouveau Tintin, puis est publiée en album en 1975 aux éditions Dargaud.

Le professeur Otto Von Himbeergeist expose sa thèse au congrès américain : les desperados sont atteints d’une maladie, ils sont donc guérissables. Pour prouver ses dires, il est prêt à guérir les pires bandits de l’Ouest, les Dalton…

Le professeur emmène les Dalton dans une ferme afin d’être dans un milieu plus propice pour le traitement. Lucky Luke doit les surveiller.

Critique :
La psychanalyse pourrait-elle guérir les despérados les plus terribles ?? Leur méchanceté serait-elle due à une enfance malheureuse ? Et si la criminalité est une maladie, peut-on la guérir ?

C’est ce que va nous prouver le professeur Otto Von Himbeergeist (vous me copierez son nom 20 fois) avec, accrochez-vous bien, les Dalton !!

Ce que j’ai apprécié dans cet album que je viens de découvrir (ceux des éditions Dupuis sont toujours des relectures, ceux de chez Dargaud sont des découvertes), c’est la manière dont les auteurs se moquent de la psychanalyse et de sa propension à toujours tout ramener à l’enfance, ainsi que le fait que notre poor lonesome cow-boy soit totalement dépourvu devant les méthodes du professeur Von Himbeergeist.

Ici, pas de flingue, juste des mots. On ne met pas en fuite des bandits avec son six-coups, mais avec ses paroles. D’ailleurs, pourquoi Lucky Luke aime-t-il tant utiliser son révolver, hein ?? On devrait aussi se pencher sur son cas…

Si certains gags sont un peu redondants, notamment avec cette propension que tout le monde a de raconter son enfance au professeur à la barbichette, j’ai apprécié l’effet que sa thérapie aura sur des personnages tels que Averell Dalton et sur le chien le plus bête de l’Ouest, Rantanplan !

Si nous avions déjà eu l’occasion de voir les Dalton se racheter une conduite avec « Les Dalton se rachètent » qui était bourré d’humour, nous nous trouvons une fois de plus dans cette envie de les réinsérer dans la société, de les transformer en moutons, mais tout en restant dans une autre histoire que la première, heureusement que les auteurs ont su éviter le copié-collé !

Cet album-ci est moins drôle et différent de son prédécesseur, il n’en a pas sa magie et son humour, mais je ne me plaindrai pas car j’ai passé un excellent moment de détente et d’humour, notamment avec le coup du portefeuille et du maillon faible qui fera capoter toute l’affaire.

Pour une fois que la psychanalyse fonctionne !

Oups, j’espère qu’aucun psy ne lit mes bêtises, sinon, il va me demander de raconter mon enfance !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Challenge « Polar Historique » de Sharon et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Le détective de Freud : Olivier Barde-Cabuçon

Moi, Ida, experte consultante autoproclamée et bénévole des questions de psychologie, psychopathologie, et psychanalyse pour le Blog Cannibal Lecteur tenu par Dame Belette qui ne m’a en rien rémunérée lorsqu’elle m’a mandatée pour procéder à l’expertise de l’ouvrage « Le Détective de Freud » écrit par le susnommé Olivier Barde-Cabuçon, publié aux éditions Actes Sud et commercialisé autour de 25 euros, déclare avoir procédé à cette autopsy (ben oui, comme je fais une autopsie psychologique autant appeler ça une autopsy !) en toute bonne foi, impartialité et loyauté.

Méthodologie : j’ai installé l’objet d’étude sur mon divan pour l’inviter à exprimer sans retenue ni censure ce qui lui était passé à travers les pages. Afin de mieux travailler, je me suis moi-même étendue sur le divan pour avoir le dit livre mieux en main.

Introduction : Au terme du congrès de Weimar réunissant en 1911 la diaspora des premiers psychanalystes, Sigmund Freud lui-même et en personne, demande au jeune Docteur Du Barrail d’enquêter sur le meurtre d’un de leurs confrères français, retrouvé étranglé dans son cabinet.

Aidé d’un détective privé qui se fait curieusement nommer Max Engel en référence à ses idées marxistes, et de Carl Gustav Jung, grand psychanalyste Suisse, voici notre héros parti enquêter dans le Paris de la belle-époque finissante.

Résumé : Le Dr Du Barrail, jeune psychiatre et psychanalyste parisien, acquis aux thèses controversées de Sigmund Freud, s’est rendu au congrès de Weimar de 1911, réunissant les premiers représentants de cette discipline psychanalytique née avec le siècle.

À la fin du congrès, Freud demande à Du Barrail de le rejoindre pour une conversation privée. Il l’informe qu’un de ses confrères français a été retrouvé étranglé dans son cabinet, et que les premiers suspects à retenir se trouvent probablement parmi les patients du défunt.

Freud lui remet les notes sur ses patients, que feu leur collègue lui avait adressées à des fins de supervision. Face aux réticences de Du Barrail qui ne se sent pas l’âme d’un détective, Freud lui rappelle que la quête de la vérité reste aussi une affaire d’analyste, et explique que la psychanalyse est suffisamment au cœur des critiques pour qu’en plus la mort d’un analyste puisse interpeller la suspicion publique…

Du Barrail rentre donc à Paris. Mais qui est cette mystérieuse femme en vert qui en veut autant à sa valise ? Et pourquoi  tant de monde s’intéresse donc aux notes cliniques de son défunt confrère ? Le détective Max Engel parviendra-t-il à l’aider dans cette enquête ?

Et pourquoi Diable, Carl Gustav Jung lui-même, héritier désigné de Freud, lui témoigne-t-il autant de sollicitude ? Nos héros se lancent alors dans une enquête qui les conduira à croiser des hommes politiques influents, et des banquiers qui le sont encore plus…

Des bourgeoises, des prostituées de bas étage ou des demi-mondaines recherchées… Dans un Paris qui s’étourdi de fêtes avant que n’arrive le désastre de 1914…

Ce que j’en ai pensé : Je suis toujours méfiante avec les livres qui s’aventurent sur le registre de la santé mentale, sujet que je connais assez bien et qui me conduit à relever avec intransigeance les invraisemblances cliniques et théoriques témoignant de la grande paresse de la plupart des auteurs lorsqu’il s’agit de se documenter sur le sujet qu’on choisit comme background de son roman.

Des grands noms du thriller français m’ont beaucoup déçue sur ce point, et la façon dont ils écrivent en espérant que ses lecteurs puissent en savoir moins qu’eux et en se contentant de broder sur des clichés éculés, a le don de m’irriter.

Au prix où sont les livres, j’aime au moins que l’auteur manifeste un peu de respect pour les lecteurs qui le font vivre et évite de les prendre pour des idiots.

Vous comprendrez que Dame Belette ne m’a pas mandatée pour rien pour cette autopsy !

Même Dexter Morgan et Hannibal Lecter sont des aberrations à mes yeux, car même si j’apprécie ces personnages, je n’oublie pas, que sur le plan théorique, un traumatisme même grave et spectaculaire ne suffit pas à créer un tueur psychotique !

Mais revenons-en à ce livre…

Le début du roman était plutôt engageant car l’auteur a ici pour une fois fait un véritable travail de recherche sur l’histoire de la psychanalyse et l’histoire du Paris de la fin de la Belle Époque.

On ne peut que saluer cet effort méritant. Il est même allé jusqu’à rendre compte l’état d’avancée des théories analytiques de l’époque (très portées sur la sexualité donc, parfois de manière un peu outrée… là où les analystes d’aujourd’hui se préoccupent davantage du « désir » que de sexe, et se gardent de balancer des interprétations à tout va comme leurs ancêtres) soulignant là où les premiers pionniers de la psychanalyse en étaient de leurs tâtonnements au bout de onze années de recherches (Freud a posé en 1900, avec la publication de « l’interprétation des rêves », la date de fondation du mouvement analytique).

Malheureusement, faire un effort de recherche historique ne fait pas d’un écrivain un professionnel de santé mentale, et lorsqu’il se hasarde à faire parler ses personnages de clinique, la belle ouvrage se fissure un peu et le plâtre s’écaille laissant place à des approximations et quelques clichés…

Au point de faire commettre un passage à l’acte incompréhensible à son héros perdu entre les fantasmes et les réalités objectives vécus par une patiente…

Cela étant, à l’époque… ce genre de choses pouvaient arriver mais… bon… Il était tellement consciencieux ce Dr Du Barrail qu’on en est surpris qu’il puisse faire de telles erreurs de débutant !

Si par ailleurs, la psychologie des personnages réels évoqués est assez conforme à ce qu’on connaît de leur biographie (là encore bravo pour le travail de documentation), je regretterai toutefois que le développement du personnage principal puisse souffrir d’une certaine superficialité, car il est souvent plus décrit par ses actes que par ses mouvements émotionnels ou réflexifs.

Un psychiatre dénué d’une part sombre, ou du moins des cicatrices ou des souvenirs de ses propres souffrances est un peu surprenant. Surtout dans un livre mettant en scène des analystes.

Certes, je n’aurais pas non plus aimé une brochette de portraits de psys fêlés, et malfaisants le cliché par excellence… Mais tout de même, ce personnage-là est tellement lisse, et ses aspérités tellement mineures que ça en devient suspect.

Son compère Max Engel (Engel est l’homme qui a co-écrit avec Marx le manifeste du parti communiste), peut paraître quelque peu caricatural parfois, mais vient apporter un peu de légèreté dans ce monde un peu trop sérieux de psys ! Mais trop de légèreté n’est jamais très bon dans un thriller.

Bien que le Paris des années qui précèdent la première guerre mondiale ait été un terrain propice à développer une intrigue sombre au suspens épais… Je trouve toutefois que l’atmosphère de ce roman manque de densité, réduisant Paris à une grande fête bourgeoise, et en oubliant, ou en évoquant trop rapidement ce qui pouvait se passer de plus glauque dans les coulisses.

La construction de l’intrigue me laisse toutefois un peu perplexe. Elle aurait mérité d’être aussi soignée que l’exactitude de la documentation du background…

Et ce n’est hélas pas tout à fait le cas.

La finalité des actions ou choix des personnages sont parfois un peu difficiles à saisir pour le lecteur, on peut les trouver peu logiques voire parfois naïfs…

En outre, les longues diversions sur les théories analytiques montrent que l’auteur a fait un effort certes, mais elles alourdissent le roman, n’apportant rien ou très peu à l’intrigue, ce qui dans un livre assez resserré de 250 pages me paraît assez peu heureux.

Il en eût fait 500 ou 600, le problème ne se serait pas posé.

Cette disproportion entre le nombre de digressions et l’épaisseur du roman rendent proportionnellement plus mince l’espace dévolu au développement de l’intrigue, ce qui lui fait perdre en densité et en fluidité…

Au point que j’en suis arrivée à me demander si ce roman n’était pas davantage prétexte à développer une certaine culture historique qu’à raconter une histoire réduite au rang de prétexte.

D’ailleurs en allant faire un tour sur le net, j’ai appris que l’auteur, juriste de formation, était surtout connu pour faire des romans historiques, et je crains en effet que ce soit plus son talent d’historien amateur qui cherche à s’exprimer ici.

En résumé : Une Belle-Époque parisienne finissante bien rendue et une solide documentation sur l’état de la psychanalyse en 1911 permettent à l’auteur de camper ses personnages et son intrigue dans un décor et une atmosphère crédibles…

Du mystère… Du suspens… Des surprises… Mais un traitement assez irrégulier de la psychologie des personnages et de la construction de l’intrigue vient malheureusement atténuer mon plaisir de lecture.

J’ai tout de même passé un bon moment, même si je recommanderai ce livre plus aux amateurs d’histoire de la belle-époque et de la psychanalyse qu’aux amateurs chevronnés de thrillers.

 

La chambre des âmes : F.R Tallis

Chambre des âmes, la - Tallis

Titre : La chambre des âmes

Auteur : F.R Tallis
Édition : 10-18 (2014)

Résumé :
À la fin des années 1950, quand le jeune psychiatre James Richardson se voit offrir un emploi dans une institution psychiatrique perdue dans le fin fond du Suffolk, il n’a pas un regard en arrière.

Il est chargé d’un projet très controversé : une thérapie pionnière au cours de laquelle des patients sont maintenus endormis pendant des mois.

Si cette procédure radicale et potentiellement dangereuse était un succès, cela pourrait signifier sa gloire professionnelle.

Mais, rapidement, Richardson découvre des phénomènes étranges dans la salle de sommeil.

sleepr5Critique :
C’est un peu sonnée que j’ai refermé ce livre que j’ai liquidé en une seule journée. Oui, sonnée parce que le final m’a retourné.

Dans les dernières pages, je me demandais vraiment comment l’auteur allait clore son récit, comment il allait expliquer les phénomènes étranges digne d’un poltergeist qui s’étaient déroulés dans cette institution psychiatrique perdue dans le fin fond du Suffolk.

Alors, heureuse ? Oui et non… Oui, car le final est digne d’un autre roman de ma connaissance, même si l’autre m’avait frappé plus fort. Non, parce que je trouve que c’est un peu facile et que ça me laisse avec des questions sans réponses.

J’ai beau ne pas regretter ma lecture, il me reste toujours des points non éclaircis dans mon cerveau et je vais finir folle moi aussi, si ça continue.

— C’est important de savoir ce qui est vrai. Ce qui est fiable.
 — La preuve que vous présentent vos sens, c’est un bon début.
 — Mais un bâton droit paraît tordu quand on le plonge dans l’eau.

Niveau ambiance, on cartonne ! Une institution psychiatrique perdue dans le fin fond du Suffolk, des conditions météorologiques s’adaptant au récit, des phénomènes inexpliqués qui fichent un peu la trouille (mais pas au point de finir sous le lit), une morte de peur, des personnages étranges, une thérapie pour le moins inhumaine qui consiste à maintenir des patients dans le sommeil plus de 20h par jour et ce, durant des semaines !

Elle avait quitté l’hôpital sans prendre le temps de fermer la porte à clé. Elle avait par la suite dévalé une berge raide et, dans la nuit noire, elle avait tenté de traverser les roselières, courant en aveugle avant de trébucher et de chuter dans une eau profonde, glaciale. Chaque nuit, alors que je m’enfonçais dans le tréfonds du sommeil, je me posais la même question : « Qu’avait-elle voulu fuir ? »

James Richardson, le narrateur, est un jeune psychiatre qui a été engagé comme chef de clinique dans cette institution psychiatrique perdue sur une lande hostile et mystérieuse où rôde un grand chien sorti des Enfers….

On rebobine ! La lande est mystérieuse, sans doute hostile si on va patauger dans des marécages, mais il n’y a pas de chien des Baskerville, pardon. Pourtant, il s’y déroule des phénomènes pour le moins étranges dont notre James semble être le seul à se poser quelques questions.

Draps retiré du corps en pleine nuit, lit qui bouge tout seul, cheveux tirés, des alliances qui disparaissent pour réapparaître à d’improbables endroits, des visions, des style qui roulent tout seuls sur la table, des portes fermées à clé qui s’ouvrent toutes seules et des sensations de froid qui semblent le frôler la nuit…

Le tout donnant quelques frissons, mais sans pour autant terminer sous le lit comme à l’hôtel Overlook dans Shining.

— Ça approche, dit-il. (Chapman, un patient)
Le choix de ses mots – le caractère indéterminé du pronom – me glaça. Rien n’est plus effrayant que ce qu’on ne peut identifier, nulle source de peur n’est plus puissante que l’inconnu. Si j’avais été davantage en possession de mes moyens (et moins enclin aux préjugés professionnels), je me serais rendu compte que le démonstratif employé par Chapman n’était pas qu’un terme grammatical, mais la clef de sa phrase. A cet instant précis, toutefois, je manquais de discernement.

Je vous avoue que le James, j’ai eu envie de le baffer quelques fois ! Des trucs pas normaux se déroulent devant ses yeux, mais, cartésien comme pas deux, notre jeune médecin fait comme si rien ne s’était passé ou tout comme.

De plus, son comportement enfantin et jaloux avec sa copine lorsqu’il a appris qu’elle avait eu une relation AVANT la leur m’a mise en rogne. Lui il a pu avoir des relations avant elle, pas grave, mais elle pas ? Parce qu’elle ne lui a pas dit qu’elle avait joué à l’infirmière cochonne avec un autre personnage du livre bien avant de le rencontrer et de l’aimer ? James, tu pousses le bouchon un peu trop loin !

Autre personnage important, le Dr Maitland, son employeur et éminent psychiatre londonien. Ce médecin qui se livre à cette thérapie pionnière mais néanmoins controversée (et ayant réellement existé) se rend sur place une fois par semaine.

Le reste du temps, James Richardson peut compter sur l’aide de huit infirmières qui ne sont même pas cochonnes, sauf une avec lequel il va prendre sa température à un endroit précis que rigoureusement ma mère m’a défendu de nommer ici. Puis il fera son crétin.

Les personnages ne nous livrent pas tout, il restera une part de mystère en eux, comme il en restait dans les dernières pages du livre avant que l’auteur ne me foute une piqûre canon dans les fesses, me faisant sursauter, le salaud.

J’ai aimé les ambiances un peu gothique, le côté perdu dans le fin fond du trou du cul du Suffolk, les phénomènes étranges sont progressivement amenés et montent en crescendo avant l’apothéose.

Les personnages, eux-mêmes, ne se livrent pas tout à nous et resterons avec des côtés non dévoilés.

Pour ajouter du piment, James ne connait même pas l’origine des huit patientes en salle de narcose, le docteur Maitland n’ayant pas voulu le lui dire, signifiant que ça n’avait pas d’importance. Nous, lecteur, nous le découvrirons en lisant les lettres reçues par le docteur Maitland.

Quand à la plume de l’auteur, elle est agréable, descriptive, et poétique à certains moments.

Le crépuscule semblait gagner la lande plus tôt chaque jour. Des nuées d’oiseaux s’envolaient des pâturages créant des tourbillons vivants qui s’effilochaient en direction du sud, les premiers d’entre eux entraînant dans leur sillage des fanions ténébreux d’une activité incandescente. L’horizon aux douces ondulations, brumeux et indistinct, était teinté d’une couleur feuille-morte et de magenta, les taches évoquant des pigments, traversant le papier saturé d’une aquarelle.

Aux abords de l’escalier, la lueur de ma bougie était trop faible pour repousser les ténèbres, qui comprimaient de toutes parts une sphère lumineuse ridiculement restreinte. Entouré de cette obscurité, je ressentis un sentiment d’isolement puissant. J’appréhendais son immensité, elle qui s’étendait à l’infini au-delà des murs, à travers la lande, les marais et la mer. L’obscurité de l’hiver.

Bref, un roman que j’ai apprécié mais dont la fin divisera les lecteurs en ceux qui la trouvent super et d’autres trop facile ou déjà vue dans ses grandes lignes.

Mon seul point d’achoppement est que je reste avec des questions qui me tournent encore dans la tête et c’est sans doute le but recherché de l’auteur : nous rendre fous !

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, Challenge British Mysteries chez My Lou Book et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

CHALLENGE - Mois Anglais 2015 SH

Chambre des âmes - vacances

Là où je l’ai lu…

Vacances - source

Niveau endroit de lecture, c’est le pied !

Lundi mélancolie – Le jour où les enfants disparaissent : Nicci French

Titre : Lundi mélancolie – Le jour où les enfants disparaissent

Auteur : Nicci French                                                                         big_4
Édition : Pocket (2013)

Résumé :
En ce lundi brumeux à Londres, la photo de Matthew, 5 ans, fait la une de toutes les télévisions, de tous les journaux : l’enfant a disparu à la sortie de l’école quelques jours auparavant, sans laisser de traces.

Dans son cabinet, la psychanalyste Frieda Klein est témoin d’autres drames, ceux qui se jouent dans l’esprit de ses patients.

Comme Alan, cet homme très perturbé qui lui confie son rêve : il ne cesse de songer à un enfant, roux comme lui, qui serait son fils. Curieusement, cette description correspond trait pour trait au petit Matthew.

Frieda aurait-elle reçu sur son divan les confidences d’un kidnappeur d’enfant, d’un tueur peut-être ? Elle avertit le commissaire Karlsson en charge de l’affaire, mais il refuse de la prendre au sérieux…

Persuadée qu’elle doit découvrir la vérité et retrouver Matthew, Frieda va essayer de percer les pensées les plus intimes d’un psychopathe.

Pendant que près de là, dans les ténèbres, un petit garçon effrayé se demande si quelqu’un viendra jamais le délivrer de son cauchemar…

Critique : 
Frieda Klein n’a rien de l’image que l’on se fait d’un psychanalyste, c’est-à-dire un patient couché dans un divan et auquel le praticien veut faire avouer qu’il voulait coucher avec sa mère et tuer son père, ou le contraire.

Non, Frieda Klein n’a rien d’un Freud en jupons, elle est différente, elle est juste là pour aider ses patients et on aurait presque envie de prendre rendez-vous avec elle pour quelques séances.

— Le type que je suis censé soigner est complètement égocentrique. C’est ça, son véritable problème. Je veux dire, c’est grave, non ? Si je commence à trouver que mon tout premier patient est un vrai boulet.
— Vous n’êtes pas tenu de l’aimer. Vous devez juste lui venir en aide.
— Ce type, reprit Jack, rencontre des difficultés dans son couple. Mais il s’avère que lesdits problèmes ont surgi parce qu’il a envie de coucher avec une collègue de bureau. En gros, il a entrepris une thérapie dans le seul but que je lui concède que sa femme ne le comprend pas et qu’il serait en droit d’aller voir ailleurs. C’est comme s’il se mettait à l’épreuve pour être en mesure de s’autoriser à le faire sans ressentir de culpabilité.

Ami du trépidant, ne viens pas t’engager dans ce roman car il n’a rien d’un 24h/chrono où l’auteur indiquerait qu’il est 06h02 et que Frieda boit un café avant d’aller rejoindre Jack Bauer à 7h05.

Non, non, pas de course-poursuite, même si le final fait mon l’adrénaline (surtout, ami lecteur, si tu comprends certaines), mais plutôt un roman qui prend le temps de présenter les personnages et de planter le décor, sans pour autant vous donner l’impression de tourner en rond ni vous faire bailler.

Malgré l’utilisation de thèmes connus (enlèvements d’enfants, médias nécrophage et qui font dans la surenchère, personnage principal avec un lourd passé, enfance foutue en l’air, culte au disparu ou pour d’autres, la page qui est tournée, faire justice sois-même, une psy qui aide les flics dépassés), la soupe n’est pas indigeste car la manière de les aborder est telle que vous avalez le bouillon en vous délectant les babines.

Notre psychanalyste a ses petits problèmes – comme je le soulignais – mais je remercie les auteurs de ne pas en avoir fait trop, ce qui aurait ruiné le capital sympathie que j’ai ressenti pour elle.

Oui, elle boit un petit verre de temps en temps, mais sans abus notoire, oui elle a une vie sentimentale un peu merdique, mais elle ne la ramène pas non stop comme certaines autres héroïnes d’un autre roman.

Frieda, elle aime son job, mais elle aspire aussi à se retrouver chez elle, dans sa maison, cocon douillet qu’elle préserve jalousement.

Frieda ne s’arrêta pas avant d’avoir atteint sa maison, où elle ressentit le soulagement qu’elle éprouvait toujours une fois réfugiée, quand elle fermait la porte sur le monde extérieur, qu’elle respirait cette odeur de propreté et de sécurité. Dès l’instant où elle l’avait vue, trois ans auparavant, elle avait su qu’il la lui fallait absolument, même si elle n’était plus entretenue depuis des années et qu’elle faisait miteuse et mal située, coincée comme elle l’était en d’affreux box sur gauche et des HLM sur sa droite. A présent que les travaux avaient été faits, tout était à sa place.

Alors oui, elle a un passé lourd, des problèmes dont on en saura sans doute plus au prochain tome, mais pas de surenchères ni de lourdeur dans les actions de Frieda. Pas de surenchères non plus dans le glauque.

Bon, je devais être bien réveillée ou alors, l’abus de Sherlock Holmes en juin a-t-il aiguisé mon esprit parce que moi, je ne me suis pas laissée abuser comme certains personnages !

Frieda, mais où avais-tu donc la tête ?? Comment ne t’es tu pas rendue compte que [NO SPOILER] ?? Allez ma grande, tu n’es pourtant pas une imbécile, tu as même réussi là où Scotland Yard avait échoué.

Certes, nul n’est parfait ou infaillible (même pas Holmes) et une héroïne trop futée m’aurait énervée.

Un premier tome prometteur avec des personnages attachants au possible !

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015) et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

CHALLENGE - Mois anglais 2015 flag CHALLENGE - Thrillers polars 2014-2015 (1)

CHALLENGE - Mois Anglais 2015 Minions - OKSherlock___Running_Wallpaper OK

La solution à sept pour cent – D’après un manuscrit inédit du docteur Watson : Nicholas Meyer

Titre : La solution à sept pour cent : d’après un manuscrit inédit du docteur Watson

Auteur : Nicholas Meyer
Édition: J’ai Lu

Résumé :
Depuis son mariage avec Mary Morstan, le Dr Watson n’a guère l’occasion de voir très souvent son ami, Sherlock Holmes.

Un soir, ce dernier s’invite dans son cabinet, et se dit poursuivit par son ennemi héréditaire, le professeur Moriarty.

Mais l’agitation de Holmes, ses propos incohérents, font redouter le pire à Watson : le détective s’est drogué au-delà de toute mesure. Son addiction a atteint un stade irréversible, et désormais c’est sa vie qui semble en danger.

Avec le concours de Mycroft, Watson décide d’emmener son ami se faire soigner à Vienne, par un éminent spécialiste – et le seul à ce jour – du traitement de la toxicomanie, le Dr Sigmund Freud.

Critique :
Quoi ? Que lis-je ? Le professeur Moriarty ne serait qu’une illusion crée de toute pièce par le cerveau drogué de Sherlock Holmes ?? Le professeur ne serait qu’un paisible professeur et pas un Napoléon du Crime ? Argh, je m’étrangle, je me meurs, à l’assassin on m’a assassiné.

Quelle est donc cette hérésie blasphématoire et insultatoire (néologisme offert) envers mon détective préféré ? L’auteur aurait-il fumé des herbes de Provence roulées dans une vieille chaussette  qui pue ?

Et bien non, ceci est bien la théorie de l’auteur et elle est partagée par certains…

Que se passe-t-il à Londres ? Et bien, depuis son mariage, Watson n’a guère eu l’occasion de voir Sherlock Holmes. Un soir, ce dernier déboule dans son cabinet et se dit poursuivit par son ennemi, le professeur Moriarty. L’agitation de Holmes et ses propos incohérents, font redouter le pire à Watson : le détective s’est drogué au-delà de toute mesure. Son addiction a atteint un stade irréversible, et désormais c’est sa vie qui semble en danger.

Watson à décidé de prendre la seringue par le piston, heu, le taureau par les cornes et le détective de Baker Street par la peau du dos pour l’emmener voir un espèce de spécialiste, un certain docteur Freud.

Pas facile de faire marcher Holmes au pas et vu qu’il ne se laissera pas emmener pour se faire soigner, le docteur va mettre au point tout un stratagème pour le faire échouer chez papa Sigmund, avec la complicité de Mycroft.

Séance d’hypnose à la clé, thérapie de choc, le professeur parviendra à extirper quelques secrets à Holmes, et notamment le pourquoi il a développé une aversion aussi profonde pour ce prof de math nommé Moriarty.

Vous imaginez le désarroi qui fut le mien le jour où je tombai sur ce petit roman… Moriarty est un homme paisible et c’est le cerveau dérangé de Holmes en aurait fait sa Némésis. On a fait des crises cardiaques pour moins que ça.

Pourtant, le livre m’emballa et des années après, suite à une relecture, il est toujours aussi bon (le film aussi, mais je vous en parlerai plus bas).

La rencontre entre Sherlock Holmes et Sigmund Freud ne se passe pas super bien, c’est un mélange détonnant de méfiance et de fascination. C’est deux cerveaux qui s’affrontent, dont un est malade suite à ses injections de cocaïne, une solution à 7%…

Lorsque Holmes se trouve nez à nez avec Freud, il utilise ses dons d’observation pour déduire tout sur la vie du praticien viennois. Freud a beau admirer sa méthode, il condamnera ce que le détective inflige à son intelligence et à ses proches, en se droguant.

Avant de commencer la spychanal… heu, la psychanalyse, Freud va devoir avant toute chose sevrer Holmes de la drogue. Méthode ? L’hypnose qui fera remonter chez Holmes des angoisses profondes. Des angoisses qui se traduiront en cauchemars.

Mais voilà que la spycha… rhââ… la psychanalyse doit attendre un peu, nos deux hommes se retrouvant impliqués dans une machination diabolique où une jeune fille risque la mort.

Les deux « détectives », assistés du fidèle Watson, s’engagent dans une enquête pleine de périls… Pour le plus grand plaisir du lecteur.

Voilà un livre que j’avais condamné directement et qui m’avait emporté au-delà de ce que je pensais.
La théorie d’un Moriarty « inexistant » et pur produit du cerveau drogué de Holmes n’était pas neuve, mais à l’époque de mon achat (il y a 20 ans), le Net était inexistant… pas moyen d’en discuter avec d’autres holmésiens et c’est moi qui aurait eu besoin d’une spycha… grrr… d’une psychanalyse avec papa Freud.
C’est aussi livre qui arrive à cumuler deux sentiments incompatibles entre eux habituellement : le fait qu’il est « dérangeant » pour une  admiratrice de Holmes telle que moi, tout en étant « intéressant » pour les théories éclairantes qu’il propose sur les défauts de Holmes, sur son caractère excessif, à la fois mélancolique, solitaire et exubérant.
La théorie proposée n’est pas dénuée de bon sens et elle pourrait expliquer le pourquoi du comment Holmes a plongé un jour dans la cocaïne, sur la véritable nature de ses relations avec le professeur Moriarty, sur la raison qui lui fait détester les femmes, etc.

Que les non holmésiens se rassurent : il y a une intrigue dans ce roman et elle n’est pas là pour faire de la figuration. Mais il faut quand même que je vous prévienne que cette intrigue est aussi un bon prétexte pour nous présenter Holmes sous un nouveau jour, en l’humanisant d’une manière assez brutale pour le lecteur.

Avec « The Seven Per Cent Solution », Meyer nous dresse un portrait assez fort intime du détective et de ses quelques névroses. Le héros (malgré lui) de Conan Doyle se trouve particulièrement affaibli, ayant perdu beaucoup de sa superbe.

Pour une admiratrice telle que moi, Holmes qui perd de sa superbe, c’est un principe plutôt difficile à digérer. Nicholas Meyer y est parvenu avec brio, car le personnage est toujours traité avec le plus grand des respects.

Sans compter que le roman alterne toujours avec de la finesse, de la tristesse ou de l’humour, avec des scènes de réflexion, d’action; qu’elles soient cocasses ou dramatiques.
Le personnage de Lola,  ancienne toxicomane, amènera quant à elle de l’émotion. Holmes reconnaissant en elle quelqu’un qui a connu l’enfer de la drogue et il éprouvera même de la compassion face à son sort.
Rien à redire, le récit est équilibré.
À la fin du roman, un moment plus émouvant, on sent que LA révélation va arriver… Les tripes se nouent, l’estomac se contracte, les paumes sont moites… QUOI ? Non ? Si ! Oh my god !
C’est à ce moment là que l’on tilte… L’étude de Holmes va permettre à Freud de mettre au point sa fameuse interprétation des rêves.

Avis à tous les holmesiens, ce livre est à posséder dans sa bibliothèque, ce livre est à lire et cela peut concerner sans aucun problème les non initiés.

Le film ? Il est tout aussi bien que le roman, ce qui n’est pas peu dire ! Petit bémol : pour le titre du film en français, les traducteurs ont dû fumer la moquette puisque « The seven per cent solution » fut traduit pas un « Sherlock Holmes attaque l’Orient Express ».

Bon, nous aurons une course poursuite sur le toit du train, mais de là à dire qu’il l’attaque !

La première moitié du film est en tout point semblable au roman de Meyer.

Ensuite, l’intrigue s’en écarte assez fortement, puisque qu’à l’origine le personnage de Lola Deveraux (interprété par Vanessa Redgrave) n’existe pas sous cette forme dans le roman.

Holmes, Watson (Robert Duvall, un excellent Watson) et Freud vont devoir porter secours à une cantatrice célèbre, Lola Deveraux (Vanessa Redgrave). Holmes, en plein doute sur ses capacités, mènera l’affaire à bon port.

Le personnage de Sigmund Freud (campé par un excellent Allan Arkin) va lui servir de révélateur.

Sherlock Holmes est clairement présenté comme un quasi-aliéné paranoïaque dans ce film (Nicol Williamson, l’acteur nous offre une prestation flamboyante et hallucinée du détective, surtout au début du film).

Sa folie étant représentée par le débit saccadé de la voix du détective. Quant à sa logique, elle n’a aucun soucis, Holmes est bien le brillant logicien que l’on connait.

Il y a aussi une évocation de l’antisémitisme naissant dans l’empire austro-hongrois de la fin du 19ème siècle, via l’antagonisme entre Freud et le baron Otto.

« The Seven Per Cent Solution », malgré son âge, reste un excellent film consacré à Sherlock Holmes et qui éclaire le Grand Hiatus d’un autre oeil…

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba, au Challenge « Polar Historique » de Samlor, au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddic, au Challenge « I Love London » de Maggie et Titin, au Challenge « Le mois anglais » chez Titine et Lou, au Challenge « Victorien » chez Arieste et au Challenge « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel.

CHALLENGE - DEstination la PAL CHALLENGE - Faire fondre la PAL