Cormoran Strike – Tome 2 – Le ver à soie : Robert Galbraith [Par Dame Ida]

Titre : Cormoran Strike – Tome 2 – Le ver à soie

Auteur : Robert Galbraith
Édition : Grasset (2014) / Le Livre de Poche (2015)
Édition Originale : Cormoran Strike, book 2 : The Silkworm (2014)
Traducteur : Florianne Vidal

Intro Babelio :
 Owen Quine, écrivain célèbre, a disparu. Il venait d’achever son dernier manuscrit – un sulfureux roman à clés qui dresse le portrait au vitriol de son entourage. De quoi inquiéter bon nombre de personnalités en vue… C’est ce que pressent le détective privé, Cormoran Strike, chargé de l’enquête.

Qui aurait intérêt à ce que Quine soit réduit au silence ? Lorsque Strike retrouve le cadavre de l’auteur, assassiné selon un rituel particulièrement atroce, il comprend qu’il a affaire à un tueur impitoyable, tel qu’il n’en encore jamais rencontré dans sa carrière.

Résumé :
Le succès de l’affaire du mannequin Lula Landry n’a pas vraiment suffit à renflouer efficacement les finances de Cormoran Strike.

Il arrive toujours à peine à équilibrer ses comptes et à payer le loyer de son bureau miteux et sa secrétaire Robin (tient… les super héros ont tous besoin d’un Robin depuis Batman… et Strike est gaulé pareil…) au salaire minimum ce qui ne cesse de crisper le fiancé de celle-ci qui aimerait bien qu’elle aille travailler ailleurs.

D’autant qu’elle a refusé un poste bien plus rémunérateur pour rester avec son patron dont… il serait presque jaloux.

Faut dire que Robin passe bien du temps avec ce patron dont la vie personnelle l’intéresse plus qu’on ne s’intéresse généralement à celle de nos patrons et que le fiancé est un poil égocentrique…

Et il nous est aussi sympathique que cette femme de la haute, bien névrosée qui semble ne vouloir rester avec Strike que pour le lui reprocher d’être avec elle.

Or donc, une petite dame à l’allure modeste se présente au bureau de Strike et lui demande de retrouver son mari qui a disparu.

Le dit mari est un écrivain bien connu dans un petit cercle restreint, dont un livre bizarre aurait eu un certain succès… Et qui se préparait à en sortir un autre « à clés »… Et visiblement des clés qui menaçaient d’ouvrir des placards pleins de cadavres pour les gens de ce petit monde littéraire dans lequel il évolue.

La détresse de cette dame, qui se retrouve seule avec sa fille handicapée qui pourrait en savoir plus qu’on ne le croit, touche notre détective malgré la faiblesse des honoraires qu’elle propose de lui verser avec une naïveté désarmante.

Et voilà Cormoran et Robin partis dans une nouvelle enquête dans le milieu feutré de l’édition, cernés de personnages hypocrites, faux, égotiques ou fêlés, et se découvrant l’un l’autre davantage peu à peu… et permettant aux lecteurs de se rendre compte qu’ils auraient presque plus d’affinités l’un pour l’autre qu’avec leurs partenaires respectifs…

Hum… Oui… le fameux cliché qui veut que les privés finissent par séduire leur secrétaire a encore de beaux jours devant lui.

Mon avis :
Bon ben, si vous n’avez pas compris depuis le premier volume des aventures de Cormoran Strike, que je suis conquise par ce nounours bourru au cœur groooos comme ça, futé et courageux comme pas deux…

Et bien c’est que vous ne savez pas lire épicétou !

Donc si vous ne savez pas lire, pourquoi je me fatiguerai à écrire la suite de ma petite fiche de lecture ?

Ah ? Pour celles et ceux qui l’ont bien compris parce qu’ils m’ont bien lue ?

Ouais… C’est exactement ça ! Les autres circulez y a rien à voir !

D’abord… L’intrigue vaut son pesant de cacahouètes. C’est d’un glauque ! D’un pervers ! Avec quelques scènes bien gores (évitez de trop manger avant de lire si vous êtes sujets aux nausées…) !

Mais comment un être humain normalement constitué peut-il imaginer des enchaînements pareils !

Et puis il y a le style de JK Rolling alias Robert Galbraith (Robert… m’enfin… franchement… pourquoi pas Raymond !!! Qu’est-ce qui lui a pris à JK ???) qui en ayant pas l’air d’y toucher, feignant un discours factuel qui se déroule sans jugement, balance sauvagement sur les travers de ses contemporains, sur une société de classes aussi monolithiquement figées en compartiments étanches que le système des castes en Inde,  sur une sur l’avidité matérialiste d’un Londres qui n’a rien à envier à Manhattan quant à son taux de requins au mètre carré dans la population générale…

Tandis que ses personnages, pleins d’une fraîche pureté s’agitent pour boucler leurs fins de mois, à la recherche du vrai, du bien et de la justice, tels des chevaliers des temps modernes perdus dans une épouvantable jungle urbaine peuplée de redoutables prédateurs.

J’avoue… Dit comme cela, ça fait un peu pompier… manichéen… cliché…

Sans parler de la caricature de virilité incarnée par Strike et la féminité faite femme qu’est Robin (vous voyez la Vénus de Botticelli ? Et ben vous lui faites perdre 10 ou 15 kg et c’est Robin !), et qui ne cessent de se tourner autour, s’appréciant mutuellement au point de trouver leurs propres partenaires insupportables, et qui bien entendu n’ont absolument jamais l’idée de conclure.

On est en pleine passion platonique (sa mère) pour ne pas parler d’amour courtois entre la gente demoiselle courageuse qui surmonte ses détresses et notre vaillant chevalier qui pourfend le meurtrier comme il terrasserait le dragon.

J’en parlais lors de la présentation du premier volume des enquêtes de Cormoran Strike : outre son sens humoristique de la satire sociale, JK Rolling aime jouer avec les codes du genre littéraire comme elle l’avait fait avec sa saga Harry Potter.

Elle reprend les poncifs du polar pour les mélanger avec ceux d’autres genres et… je la soupçonne ici, vous l’aurez compris, de les avoir associés à ce du roman de chevalerie histoire de les magnifier un peu.

Et aussi surprenant que cela paraisse… ça marche très bien. Sur moi en tout cas… Et sur vous ?

Cormoran Strike – Tome 1 – L’appel du Coucou : Robert Galbraith [Par Dame Ida]

Titre : Cormoran Strike – Tome 1 – L’appel du Coucou

Auteur : Robert Galbraith
Édition : Grasset (2013) / Le Livre de Poche (2014/2018)
Édition Originale : Cormoran Strike, book 1: The Cuckoo’s Calling (2013)
Traducteur : François Rosso

Intro Babelio :
Lorsque le célèbre mannequin Lula Landry est trouvée morte, défenestrée, dans un quartier chic londonien, l’affaire est vite classée. Suicide.

Jusqu’au jour où John Bristow, le frère de la victime, frappe à la porte du détective privé Cormoran Strike.

Cet ex-lieutenant de l’armée, revenu d’Afghanistan amputé d’une jambe, est au bout du rouleau : sa carrière de détective est au point mort et sa vie privée, un naufrage.

Aidé par une jeune intérimaire finaude, virtuose de l’Internet, il reprend l’enquête.

De boîtes de nuit branchées en palaces pour rock stars, Strike va passer de l’autre côté du miroir glamour de la mode et du people pour plonger dans un gouffre de secrets, de trahisons, et de vengeances.

Résumé :
Oui j’avoue ! Il n’y a pas que Sherlock Holmes et Agatha Raisin dans mon horizon !

Il y a aussi Cormoran Strike, le prototype de la brute épaisse qui malgré les apparences en a aussi dans le ciboulot.

Nan, nan… ce n’est pas une baraque bodybuildée avec un menton carré de mâle alpha sur le passage duquel toutes les fâmes se pâment !

En plus… Déjà dès sa naissance, les dieux lui en voulait. Son père, star du rock très connu n’a pas voulu le reconnaître, le laissant à la charge de sa mère officiellement « égérie » ou « muse » (plus prosaïquement : de femme dont la principale occupation est de veiller à la satisfaction sexuelle d’artistes plus ou moins généreux ou plus ou moins fauchés… mais dans tous les cas carrément drogués).

Une mère qui visiblement lui a donné un prénom de drôle d’oiseaux.

Mais c’est pas un zozio ce mec-là !

C’est juste… Un ours gigantesque tout en poil et bourru dont la vie part en lambeaux.

Ancien policier militaire de sa Gracieuse Majesté, qui a perdu une jambe en Afghanistan (Strike ! Pas la Reine ! Faut tout vous préciser à vous ! Pfff… Tiens ? Y aurait-il un clin d’œil à Watson ? Ok, ok… personne ne sait vraiment où il a pris sa balle celui-là et puis il n’a pas fini unijambiste  non plus !), le gros nounours à dû retourner à une vie civile bien moins prestigieuse et palpitante et où il n’était visiblement pas attendu…

D’autant que dans Londres La Cruelle et Trépidante, il n’y a pas réellement de place pour les vilains petits canards boiteux !

Et puis c’est sans parler de son aristobourge de bien aimée totalement névrosée et pas qu’un peu là… je suis formelle : elle est grave… et mon diagnostic est sans appel : c’est une chieuse accomplie et incurable).

Ah oui… j’oubliais… Il est ruiné aussi !

Bref… déjà, ça part mal. Le mec a une méga poisse d’enfer, mais comme c’est un vrai dur de dur, il ne se laisse pas abattre même si son moignon le torture souvent avec sa vilaine prothèse qui est bien là pour lui rappeler que c’est un estropié pour toujours.

Or donc, comme il ne sait pas faire autre chose qu’enquêter et qu’il est trop abîmé pour passer les examens d’aptitude physique pour entrer dans la vraie police malgré ses états de service irréprochables, le Cormoran s’est lancé laborieusement dans une carrière de détective privé, payant difficilement son loyer et dormant dans un lit de camps dans son bureau en essayant de faire en sorte que sa nouvelle secrétaire intérimaire ne s’en rende pas compte.

Sa secrétaire ? Robin Ellacot… Une jeune femme ravissante en couple avec un comptable passionné par l’argent, qui se cherche professionnellement et accepte une mission d’intérim dans ce cabinet miteux de privé… Sauf que Robin… Elle n’a pas que du talent pour faire le café, classer des dossiers ou tenir un agenda.

Et voilà que le frère d’une célèbre mannequin officiellement suicidée vient leur proposer de rouvrir l’enquête bien vite classée par la police…

Ce que Dame Ida en a pensé :
Robert Galbraith ? Vous savez pas qui c’est ?

Et bien, on a attendu que ce roman-là ait eu son petit succès avant de vous le dire : il s’agit de J.K. Rolling, la créatrice de Harry Potter !!!

Et oui, après avoir terminé la saga du petit sorcier balafré, et surveillé l’adaptation cinématographique de son œuvre, Dame Rolling s’est lancée dans le polar sous pseudo, voulant faire ses preuves dans ce genre incognito, sans que son succès dans un autre genre ne la pénalise aux yeux d’une certaine critique peu objective ni ne l’avantage aux yeux d’un public déjà conquis.

Et effectivement, Cormoran n’a pas grand-chose à voir avec Harry.

Cela étant, en parcourant les premières pages, j’ai eu une petite suée, car avec ce personnage-là, JKR commençait par planter un décor renvoyant aux poncifs les plus éculés de la série-noire : un privé fauché, malmené par la vie depuis l’enfance, maudit en amour car trop attaché à une « femme fatale », et surtout, dont personne ne comprend la grande compétence.

Strike n’est pas le premier privé de roman à dormir dans son bureau miteux faute de sous et à finir par travailler en binôme avec une secrétaire belle à croquer et trop futée pour n’être que secrétaire ! Que de clichés !

Bref, lors des premiers chapitres j’avais l’impression de m’être un peu faite avoir…

Mais… L’intrigue se mettant peu à peu en place… La personnalité des deux personnages principaux se déployant et nous les rendant ma foi terriblement sympathiques… Londres dévoilant ses charmes…

Et la plume acérée de J.K. Rolling étrillant sans concession les classes bourgeoises britanniques avec leurs codes, ainsi que la vacuité du milieu de la mode et du divertissement dont la superficialité est la seule profondeur…

Et le tout avec cet humour mi-figue mi-raisin qui vous laisse un sourire ironique fixé sur le visage pendant tout le temps de la lecture.

Et bien avec tout ça… On se laisse prendre comme une mouche dans un pot de miel.

N’oublions pas que Rolling, en femme de lettre cultivée avait largement joué avec les codes dans sa saga Harry Potter, mêlant la quête initiatique moyenâgeuse, la thématique de la rédemption, du sacrifice, des figures tutélaires, la question de la prédestination et du libre arbitre etc…

Alors ? Pourquoi n’aurait-elle pas aimé jouer avec d’autres poncifs histoire de les magnifier un peu ?

Note de le Belette Cannibal : l’appel du coucou, à ne pas confondre avec l’appel du cocu !

 

Glacé : Bernard Minier [LC avec Bianca]+[Défi CannibElphique]

Titre : Glacé [Saga Martin Servaz 1]

Auteur : Bernard Minier
Édition : Pocket (10/05/2012)

Résumé :
Dans une vallée encaissée des Pyrénées, au petit matin d’une journée glaciale de décembre, les ouvriers d’une centrale hydroélectrique découvrent le corps sans tête d’un cheval, accroché à la falaise.

Ce même jour une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée.

Le commandant Servaz, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier l’enquête la plus étrange de toute sa carrière.

Critique :
George W. Bush a une réunion à l’ONU au sujet d’une guerre qu’il veut mener, en Moyen-Orient.
— Dans cette guerre, nous allons tuer 1 million de civils et un chat ! dit George Bush devant les membres de l’ONU rassemblés.

Les membres le regardent, confondus, et demandent :
— Un chat ?… Pourquoi allez-vous tuer un chat, bordel de dieu ?

Cacophonie dans l’assemblée, tout le monde est horrifié par le fait que l’on va tuer un chat.

George Bush donne alors une tape sur l’épaule de son chef des armées et lui dit tout bas :
— Qu’est-ce-que je t’avais dit ?… Personne ne posera la question au sujet du million de civils que nous allons tuer.

Et bien, c’est un peu l’effet que ce roman m’a fait durant ma lecture : on a tué un cheval, puis un homme. De manière assez barbare, violente.

Mais putain, pourquoi a-t-on tué un yearling d’un an ? Un magnifique jeune cheval prometteur, gentil, qui n’avait rien fait de mal à personne ?? Nom de dieu, pourquoi tuer un cheval ?

Un être humain, je peux comprendre les mobiles : vengeance, pour toucher un héritage, jalousie, liquidation d’un amant, d’un rival politique, pour le plaisir de tuer…

Mais un cheval ?? Le pire, c’est que la hiérarchie harcèle plus le commandant Servaz pour résoudre la mort horrible du cheval que celle de l’homme.

Bernard Minier est un auteur retors et sadique ! Il mène son histoire comme un pro et nous laisse souvent devant des petites énigmes : un des policiers apprend des choses en menant sa petite enquête, il se fait confirmer la chose par des collègues, mais le salaud se garde bien de nous le dire tout de suite !

Évidemment, le suspense sera à son comble dans les 100 dernières pages, là, on n’ose même plus les lâcher pour aller boire un café, ce serait trop dangereux pour le cœur, d’ailleurs.

Les personnages sont réalistes, le commandant Servaz est spécial, tourmenté, mais pas alcoolo, son équipe est bien typée, et les personnages qui gravitent autour peuvent être extrêmement sympathique ou à chier, mais personne n’est mal imaginé.

Pire, un patient de l’aile A du centre psychiatrique de haute sécurité à même des tendances charismatiques.

Par contre, je mettrai mon scepticisme sur le fait qu’on puisse taper 36 mots de passe différents lorsqu’on tente d’allumer un PC ! Je pense qu’après 3, ça bloque, sinon, ce serait trop facile.

Anybref, Glacé est un roman à lire en hiver, pour se mettre encore plus dans l’ambiance, un roman qui se dévore assez vite, malgré ses 750 pages, un roman qui m’a fait fumer les méninges tant j’aurais aimé découvrir le pourquoi du comment, mais pas moyen, je n’ai ouvert les yeux que sur la fin.

Glacé possède des ambiances froides et chaleureuses en même temps et son histoire n’est pas commune, elle sort des sentiers battus, elle nous pousse à nous questionner, et, pendant que l’on tourne les pages, les mains tremblantes, on ne voit plus le temps passer, sans pour autant que le roman ait un rythme à la 24h chrono.

Tout est bien dosé dans ce roman glaçant.

Vous pouvez lire les avis de mes deux copinautes de LC soit chez Bianca, mais aussi chez Stelphique puisque le roman avait été choisi pour le Défi CannibElfique.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018)et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°56 – Le Soldat Blanchi – lire un livre dont la couverture est à dominante blanche).

 

Troupe 52 : Nick Cutter [LC avec Stelphique]

 

Troupe 52 - Nick CUTTER (2)

Titre : Troupe 52

Auteur : Nick Cutter, pseudo de Craig Davidson
Édition : Denoël (14/11/2016)

Résumé :
Une fois par an, le chef scout Tim Riggs emmène un groupe d’adolescents sur Falstaff Island, en pleine nature canadienne, pour trois jours de camping. Et rien de tel qu’une bonne histoire de fantômes et le crépitement d’un feu de joie pour faire le bonheur de la joyeuse troupe.

Mais lorsqu’un individu émacié, qui semble tout droit sorti d’un film d’horreur, débarque sur leur camp, réclamant de la nourriture, le séjour vire au cauchemar.

L’homme n’a pas seulement faim. Il est malade. Un malade comme ils n’en ont jamais vu… et dangereux avec ça.

Coupée du reste du monde, la troupe va devoir affronter une situation bien plus terrible que toutes les histoires inventées autour du feu.

Pour survivre, ils devront combattre leurs peurs, les éléments, et se confronter à leur pire ennemi, eux-mêmes.

À mi-chemin entre « Sa Majesté des mouches » et « 28 jours plus tard », ce thriller qui a fait pâlir d’angoisse Stephen King en personne vous plongera au cœur des ténèbres, à la frontière de la folie.

Critique [Stelphique en bas] :
Ceci sera sûrement ma dernière chronique car c’est sûr, j’ai été infestée… Je sens déjà la faim gronder en moi et je dois me retenir afin de ne pas mordre dans mon clavier pour le bouffer.

— J’AI FAIM !! TRÈÈÈS FAIM !!

Nous étions tranquilles sur la petite île de Falstaff Island, nous 5, les scouts de la Troupe 52, et notre chef, Tim Riggs, un adulte cool et médecin.

On se racontait des histoires qui font peur, on se chambrait, enfin, on chambrait surtout Newton, le petit gros de la bande, le geek, l’intello. On emmerde un peu moins Sheilley, car il est un peu bizarre, il fait peur.

Ephram, faut pas le chercher, il sait se servir de ses poings, son père est taulard, même. Son meilleur ami est Max, il le protège, ils sont ensemble depuis leur bas âge.

Kent, c’est le meneur, le fils du shérif, celui qui pique tout à tout le monde et que personne n’ose remettre à sa place. Celui qui tutoie les profs, le moniteur, celui qui n’obéit pas.

Ceci est donc ma dernière…

Tout est allé très vite après l’arrivée d’un type très malade, très maigre aussi, genre le type qui sort d’un camp de concentration après 10 ans de privations. Il foutait plus la trouille que toutes nos histoires « à faire peur » réunies.

Le pire est arrivé lorsqu’il est mort et que ce qu’il avait en lui est sorti… Argh, quelle horreur, jamais vu ça de ma life, le moniteur médecin non plus.

Je sens tout ça grouiller en moi, me déchirer, monter le long de ma colonne… arriver au cerveau… pas de bol pour eux, j’en ai pas ! Mhouhahahaha… *voix qui s’étrangle* Argh, tiens, si, j’avais bien un cerveau et ils l’ont bouffé.

Si vous voulez frissonner de peur, allez-y, plongez sur le roman et dévorez-le ! Mes amis ont beau être des gamins de 14 ans, chacun a sa petite personnalité et vous ne serez pas déçu de ce que vous lirez car nous n’avons rien à avoir avec les gentils gamins du Club Des Cinq.

Niveau suspense et tension, vous ne serez pas volé sur la marchandise, je vous garanti que votre médecin vous prescrira ensuite des pilules pour faire baisser la tension qui aura monté tout au long du récit.

Et puisque nous ne pouvons que vous conter l’horreur qui s’est produite sur l’île, notre auteur a eu la brillante idée de chiper une idée au King lui-même (Stephen, pas Elvis), celle qu’il avait utilisée dans la narration de Carrie, celle qui ♫ allumait le feu ♫ et dont on racontait une partie des exploits aux travers d’articles de journaux.

Dans notre histoire horrible, vous saurez tout grâce aux extraits de journaux, grâce aux témoignages de miliaires, de médecins, de scientifiques…

Et si vous voulez savoir si je vais m’en sortir et continuer d’écrire des bafouilles, vous devrez d’abord lire Troupe 52, car un scout, quoi qu’il arrive, est toujours prêt !

Prêt à servir, prêt à mourir…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°47 – Détective agonisant – une personne gravement malade meurt dans les premières pages).

Pourquoi je l’ai choisi [Par Stelphique] : 

Ce livre je l’avais repéré avant même sa sortie (vive les teasing de Denoel <3) et puis, on avait envie de se retrouver avec un livre bien effrayant avec ma binôme, histoire de renouer avec nos préférences livresques…

Et puis, quoi de mieux que de se retrouver avec un livre recommandé par le grand, le King de l’horreur, notre cher Stephen King ? Très heureuse d’avoir bousiller nos prévisions de planning en faisait entrer celui ci !

Merci à ma binomette adorée de toujours m’attendre, de toujours dire oui à nos folies, de se laisser séduire par toutes ses tentations de lectures ! Ceci est ♫

Une déclaration, Ma déclaration♫ d’amitié à une femme adorable : Belette, Cannibale de lecture (merci ma poulette, réciprocité de la déclaration © Cannibal).

Synopsis : 

Une fois par an, le chef scout Tim Riggs emmène un groupe d’adolescents sur Falstaff Island, en pleine nature canadienne, pour trois jours de camping. Et rien de tel qu’une bonne histoire de fantômes et le crépitement d’un feu de joie pour faire le bonheur de la joyeuse troupe.

Mais lorsqu’un individu émacié, qui semble tout droit sorti d’un film d’horreur, débarque sur leur camp, réclamant de la nourriture, le séjour vire au cauchemar. L’homme n’a pas seulement faim. Il est malade. Un malade comme ils n’en ont jamais vu… et dangereux avec ça.

Coupée du reste du monde, la troupe va devoir affronter une situation bien plus terrible que toutes les histoires inventées autour du feu. Pour survivre, ils devront combattre leurs peurs, les éléments, et se confronter à leur pire ennemi, eux-mêmes.

À mi-chemin entre Sa Majesté des mouches et 28 jours plus tard, ce thriller qui a fait pâlir d’angoisse Stephen King en personne vous plongera au cœur des ténèbres, à la frontière de la folie.

Ce que j’ai ressenti : 

Ai-je tort de croire qu’il s’agit de l’endroit idéal pour un brin de diablerie ?

Si l’on se rappelait ces soirées de camping entre amis, à se filer la frousse avec les histoires les plus effrayantes à se raconter auprès du feu, parions que cette histoire aurait eu une place de choix dans nos tremblements nocturnes.

Lire Troupe 52, avec ma binôme, au fin fond de nos lits, sous la couette, nous a filé quelques sueurs froides et quelques nausées, mais elle a été un super moment de lecture!

Ce petit groupe dynamique et motivé va bien vite déchanter de leur virée du week-end ! Les devises Scouts vont voler en éclats tout comme les liens d’amitié qui les unissent, ne laissant en bouche qu’un arrière gout amer et une féroce envie de dévorer la vie à pleine dents !

Cauchemardesque à souhait et monstrueusement grouillante, la folle frénésie qui nous prend de lire ses pages est bien à l’image de cette intrigue: effrayante et affamée ! Un page-turner hallucinant, dont on bouffe les lignes, jusqu’au point ultime de fin.

« C’est la nature de tout être vivant. On s’accroche à la vie jusqu’à ce qu’elle nous soit arrachée. Même s’il en reste que des lambeaux, on s’accroche tout de même. »

J’ai été agréablement surprise que l’horreur se tienne tout du long, qu’elle soit sourde et à la fois criante, froide et implacable, juste ce qu’il faut d’écœurante , admirablement ténue.

Entre les petits problèmes d’adolescents et l’inertie des adultes devant ce spectacle de débâcle, j’ai été souvent au bord du vomissement, car les monstres sont d’une évidente frayeur, mais à voir se dessiner la folie pour vendre envers et contre tout, c’est peut encore plus immonde…

« La survie dépendait largement de la capacité de chacun à croire en la possibilité d’une fin heureuse. Vous étiez foutu à partir du moment où vous vous mettiez à imaginer le pire. »

Stephen King avait bien raison d’émettre des réserves pour les âmes sensibles, (je pense que je vais avoir du mal à me remettre de la scène de la tortue…) parce qu’il y a dedans un mélange d’horreur et de tenaces effets grouillants dans nos esprits, qui te tiennent toujours en alerte, toujours plus avec la faim au ventre, qui t’empêchent carrément de dormir tranquille, même à côté de tes amis…

« La seule manière de connaître réellement quelqu’un, c’est de le voir en situation de crise. Les gens s’infligent les pires sévices, Newton. Tu ne peux pas imaginer. Les amitiés, la famille, l’amour et la fraternité, tu peux balancer tout ça par la fenêtre… »

Allez, on parie que tu vas en frémir d’horreur d’aller faire une ballade sur cette île ?!!! Qu’il va se réveiller en toi, une furieuse envie de vivre et de manger les pages de ce thriller terrifiant ??!

Bon appétit et bonne découverte…

« Le silence de la nuit s’étendait au dessus de l’immensité de l’océan. Un paysage d’une tranquillité inimaginable qui instilla la peur dans le coeur de Max. La mort serait-elle ainsi: un silence liquide infini? »

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 9/10

La fille d’avant : J.P. Delaney

Titre : La fille d’avant

Auteur : J.P. Delaney
Édition : Mazarine (08/03/2017)

Résumé :
C’est sans doute la chance de sa vie : Jane va pouvoir emménager dans une maison ultra-moderne dessinée par un architecte énigmatique… avant de découvrir que la locataire précédente, Emma, a connu une fin aussi mystérieuse que prématurée.

À mesure que les retournements de situation prennent le lecteur au dépourvu, le passé d’Emma et le présent de Jane se trouvent inextricablement liés dans ce récit hitchcockien, saisissant et envoûtant, qui nous emmène dans les recoins les plus obscurs de l’obsession.

Critique :
En ouvrant ce roman, laissez vos certitudes sur le paillasson, dehors, shootez dedans, carrément, car l’auteur va jouer avec durant un certain temps…

Durant une grande partie de votre lecture, en fait. Je dois avouer qu’elle a bien joué avec…

On commence doucement, on plante le décor de cette maison à l’architecture épurée, au décor épuré et aux règles contraignantes à foison !

Une des règles précise : interdiction de laisser quoi que ce soit traîner par terre, à aucun moment.

Deux femmes, deux portraits. Emma, avant, Jane, maintenant.

Je l’avoue de suite, jamais je ne pourrais entrer dans la maison de One Folgate Street vu que je ne suis pas prête à me débarrasser de mes affaires, que j’adore empiler les livres, foutre le bordel… Et que oui, j’apprécie encore de me servir de clenche pour ouvrir mes portes et que j’adore pester sur ma douche qui n’est pas moderne au point de me reconnaître et d’adapter la chaleur que j’aime.

1. Dresser la liste de tous les objets qui vous semblent indispensables.

De plus, le questionnaire me ferait hurler et entre nous, One Folgate Street a tout d’un Big Brother puissance 10 ou, par certains de ses comportements, on pense de suite à la voiture Christine, de Stephen King.

Quant à son légitime propriétaire, Edward Monkford, il me colle des frissons dans le dos. Lui c’est ZE grand maniaque qui traîne des casseroles pire qu’un certain FF et qui, de par son comportement ambigu, a tout d’un sociopathe de haut niveau.

– Les violences ne sont pas toujours physiques, souligne Carol, sans hausser la voix. Le besoin d’exercer un contrôle absolu est également une forme de mauvais traitement.
Ces mots me font l’effet d’une gifle. Car je vois bien que, sous un certain angle, ils correspondent à la réalité.

La construction du roman alterne les chapitres avec Emma, qui était la locataire d’avant et avec Jane, qui est la locataire de maintenant, avec, de temps, des dialogues ou des situations qui se répètent, ce qui vous déstabilise et fait naître en vous des frissons de peur car vous ne savez pas encore ce qu’il s’est passé dans la maison de One Folgate Street, sauf que Emma y est morte !

Comme je vous le disais, l’auteur joue avec nos certitudes, joue avec la narration, avec nos nerfs, construisant petit à petit son intrigue et nous dévoilant ce qu’il ressort de l’enquête de Jane au sujet d’Emma.

— Et que se passe-t-il quand quelqu’un qui veut tout contrôler rencontre quelqu’un d’incontrôlable ? Le mélange peut se révéler explosif.

L’écriture est fluide, l’angoisse monte au fur et à mesure qu’on tourne les pages, j’ai eu très souvent envie de hurler à Jane « Fuis, pauvre folle » et je me suis demandée si Edward Monkford tomberait raide mort en entrant dans mon bureau où les piles sont aussi nombreuses que des mensonges chez les politiciens en campagne.

Rien à dire, niveau thriller psychologique, il tient plus que la route et ses promesses car je me suis faite balader durant les 400 pages avec un plaisir immense. Je ne voulais qu’une chose, le terminer, et vite, pour enfin savoir…  Lecture addictive qui m’a obligée à aller dormir assez tard, mais pas de regrets !

Un roman au mystère qui s’épaissit de plus en plus pour mieux jouer avec vos certitudes ou vos pensées, des personnages attachants, plaisants ou qui vous donneront des sueurs froides, comme le maniaque de chez maniaque, Edward Monkford !

Un presque huis clos haletant ! Des comme lui, j’en redemande.

Mais  jamais, au grand jamais, je ne voudrais une maison aussi connectée que celle du One Folgate Street car les règles de vie y sont bien trop contraignantes. Par contre, ça donne un super thriller psychologique…

— Ne vous excusez jamais pour une personne que vous aimez, lui dit-il sans élever la voix. Vous passez pour un connard.

PS : Un tout grand merci à Stelphique de m’avoir conseillé de lire ce livre !!!

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017),   « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), Challenge British Mysteries chez My Lou Book.

[SÉRIE] Sherlock – Saison 4 – Épisode 3 – The Final Problem

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The Final Problem est le troisième épisode de la quatrième saison de la série télévisée Sherlock diffusé pour la première fois sur BBC One et BBC One HD le 15 janvier 2017.

sherlock-saison-4-episode-3-the-final-problem-maxresdefault 1. Synopsis :
Sherlock Holmes et John Watson ont découvert le plus grand secret de Mycroft : il a caché l’existence d’Eurus [SPOLIER] psychopathe à l’intelligence redoutable.

Traumatisé par [SPOLIER]  dans son enfance, la mémoire de [SPOLIER] a fait un blocage complet sur son existence.

Sherlock décide de se confronter à Eurus dans sa prison, mais Eurus l’attend.

sherlock-saison-4-episode-3-the-final-problem-violinsherlock-saison-4-episode-3-the-final-problem-fid17207Ce que j’en ai pensé (chronique garantie sans paraben, sans huile de palme, sans spoliers !!) :
Vu comment les scénaristes vicelards nous avaient laissé à la fin de l’épisode 2, j’avais hâte de voir l’épisode 3 !

Là, j’ai failli avoir la trouille de ma vie, effrayée que j’étais devant cette intro digne d’un excellent film d’horreur, qui n’aurait rien à envier à un certain livre du King.

Oh putain, Mycroft est humain !! Non mais sérieusement, quoi, je commençait à en douter…

Avant d’oublier, mention spéciale pour Mrs Hudson qui passe son aspirateur en écoutant Iron Maiden… Excellent !

Après, l’épisode va nous souffler le chaud et le froid, me donner des sueurs froides, me faire froncer les sourcils, me faire dire « chiqué » ou « pas possible avec si peu de séquelles » et au final, me donner envie de me gratter la tête de dépit tant un truc n’est tout simplement pas logique, pas normal, ou trop exagéré !

J’m’explique sans dévoiler les bijoux de la Castafiore… Sherlock, au moment des faits,  ce n’était pas un gamin de 3 ans qui aurait pu « oublier » l’affaire.

À cet âge là, c’est un peu tard pour se faire  un autre film dans sa tête que ce qui s’est passé en réalité. J’aimerais vous en dire plus, mais pour cela, il faudrait que vous ayez vu l’épisode aussi, sinon, je risque de vous divulgâcher l’affaire.

Pourtant, l’épisode avait du potentiel, notamment dans le fait de pousser les gens dans leurs retranchements, de les faire d’interroger sur ce qui est juste ou pas, sur ce qui est moral ou pas, sur ce qui serait le moins dommageable pour eux, pour les autres.

La personne qui jouera avec les nerfs de Mycroft, Sherlock et John est un esprit torturé, sadique, sans morale, amorale, sans empathie, sans règles, hormis les siennes. Qui a dit « Donald Trump » ?? Oui ça y ressemble, mais ce n’était pas lui, c’était bien pire… mais ce n’était pas président !

Plusieurs fois les scénaristes vont jouer aussi avec nos yeux, se jouant de nous, nous étonnant, jouant avec des événements du passé, qui, présentés ainsi, ont de furieux airs de ressemblance avec le présent, ce qui me fera jurer copieusement avant que je ne me rende compte qu’on jouait avec mes couilles que je n’ai pas.

On nous montre un Mycroft au bord de la crise de nerf, ayant perdu tous ses repères, tous ses gadgets, sa puissance, sa morgue, suant et roulant des yeux devant l’indicible qui se déroule devant lui.

On aura un John Watson raide, redevenant un soldat, mais gardant toujours un part de moralité, tandis que Sherlock, manipulé, devra réfléchir vite, sous tension, en communication avec une petite fille en danger, résoudre des énigmes, le tout dans le stress et comble du comble, sous émotions. Trois personnages torturés et mis dans des situations peu habituelles pour eux.

Le passage avec Molly était des plus poignants, des plus sadiques, des plus durs…

Oui, une fois de plus, les scénaristes nous livrent un Méchant Grandiose, un esprit machiavélique, un esprit retors, fou, sans limites aucune et la voix de Moriarty ne nous aidera pas à avoir un rythme cardiaque stable.

Mon cardiologue pourrait leur intenter un procès pour mise en danger de mon palpitant, si j’en avais un (de cardiologue).

Vous pourriez croire que j’ai adoré l’épisode, mais je vous détrompe de suite : j’ai aimé certaines choses, il avait du potentiel, mais malheureusement, certaines incohérences ou faits trop gros m’ont fait trouver la chose ratée, trop cuite, trop salée, et au final, indigeste.

Une incohérence me reste en travers de la gorge, telle une arrête de poisson et ça me gratte. Je pense qu’un autre « visionnage » à tête reposée de toute la saison 4 me fera du bien, afin de mieux l’appréhender, la regarder en étant plus concentrée (tel le lait de chez Nestlé), afin de voir si je n’aurais pas loupé des choses.

Mais l’incohérence me restera toujours en travers de la gorge, sauf avec une bonne explication… Et encore, j’ai des doutes…

« A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), le Challenge British Mysteries chez My Lou Book, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et Le Mois du polar 2017 chez Sharon.

 

Undertaker – Tome 3 – L’Ogre de Sutter Camp : Xavier Dorison & Ralph Meyer

Titre : Undertaker – Tome 3 – L’Ogre de Sutter Camp

Scénariste : Xavier Dorison
Dessinateur : Ralph Meyer

Édition : Dargaud (27/01/2017)

Résumé :
Dans ce troisième tome d’Undertaker, Jonas Crow n’est plus ce pauvre croque-mort solitaire… même si, lui, aurait bien voulu le rester ! Dorison et Meyer lui ont associé mademoiselle Lin et Rose, la belle Anglaise.

De la douceur dans son monde de brutes ? Pas pour très longtemps…

Un ancien colonel lui apprend que « l’Ogre de Sutter Camp est vivant » ! Son passé trouble pendant la guerre de Sécession ressurgit, et Jonas engage alors sa « troupe » dans une chasse à l’homme et à ses propres regrets…

undertaker_t3_pl3Critique :
Mon pauvre Jonas Crow ! Te voici associé avec les deux bonnes femmes croisées lors des deux albums précédents : la chinoise mademoiselle Lin et l’anglaise Rose…

Mon pauvre ami, tu n’es pas sorti de l’auberge avec Rose qui tente tant bien que mal d’essayer de faire de toi un croque-mort gentleman, celui qui parle avec déférence aux pauvres gens affligés par la douleur de la perte d’un membre de leur famille.

— Jonas, tant que vous continuerez à lancer des répliques telles que « Je ne peux pas réparer le corps de votre parent car il s’est liquéfié vu qu’il est mort dans sa merde et que vous n’en aviez rien à foutre » au lieu de… « Je vous déconseille de voir le corps. Le temps a fait son oeuvre, il n’est pas présentable », eh bien nous continuerons à perdre tous nos clients et nos derniers dollars…

L’inconvénient – ou l’avantage – lorsqu’on bosse avec notre croque-mort, c’est que rien n’est jamais « tranquille » et même la mise en bière d’une femme morte peut donner lieu à une aventure des plus sombres et à cent lieues de ce que nos amis pensaient.

Jonas, notre Undertaker, se prend souvent son passé dans les gencives et une fois de plus, cela se vérifie ici ! Un ancien galonné de sa garnison lui signale que l’Ogre de Sutter Camp est toujours vivant…

Qui est cet ogre ? Un médecin chirurgien et chimiste qui a terminé major de sa promo mais qui a des idées un peu (vachement) sadiques, à vue de nez… Il est prêt à tout pour faire avancer la science médicale, quitte à vous utiliser comme cobaye.

Un nouveau diptyque qui commence de manière fort sombre, assez violente, pas pour les petits enfants (qui risqueraient de faire des cauchemars à la seule mention du mot « médecin »), mais une belle mise en bouche pour une lectrice telle que moi.

Ce cher Undertaker est toujours aussi cynique, il nous sort souvent ses Évangiles personnels dont on devrait constituer un recueil, soit-dit en passant, et qui, sous ses dehors bourrus, a tout de même un cœur… Pour son vautour apprivoisé surtout !

« N’épargne pas aujourd’hui celui qui voudra encore te buter demain ». Évangile du bon sens selon Jonas.

« Qui sème la menace sur Jed pourrait récolter une balle perdue ! » Dicton de Jonas aux chinoises qui feraient mieux de la boucler.

Les dessins sont superbes, avec des couleurs sombres parce que le rose Bisounours détonnerait, on a du suspense, des secrets honteux, des mystères, un Méchant qui a tout d’un gentil (de prime-abord) avec du charisme et un sacré bagout, et un penchant pour le sadisme « utilitaire ». Oui, il le fait pour votre bien… Râlez pas, vous aller aider la chirurgie à avancer !

[Jeronimus Quint] Il n’y a que deux sortes d’êtres agissants sur terre : les monstres et les saints… Les autres ne font qu’exister.

Et puis, en fin de ce premier épisode, nous avons une réflexion qui vaut son pesant d’or car les Monstres ne sont pas toujours ceux que l’on croit ou ceux que l’on pense… Sous des airs de justicier propre ou de bien-pensant, on trouve souvent des âmes aussi noires que celles de ceux que l’on désigne comme Monstre.

La justice que l’on veut donner se transforme souvent en vengeance à appliquer à l’aide de sentences tout aussi horribles que les actes commis par celui que vous pourchassiez.

Vivement la suite car on est parti sur des chapeaux de roues et on reste face à un cliffhanger horriblement sadique et éprouvant pour les nerfs !

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule, Le Mois du polar 2017 chez Sharon (Février 2017) et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (54 pages).

BILAN LECTURE - Veux la suite

Le Sang du Monstre : Ali Land

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Titre : Le Sang du Monstre

Auteur : Ali Land
Édition : Sonatine (2016)

Résumé :
Après avoir dénoncé sa mère, une tueuse en série, Annie, quinze ans, a été placée dans une famille d’accueil aisée dans un quartier huppé de Londres. Elle vit aujourd’hui sous le nom de Milly Barnes et a envie, plus que tout, de passer inaperçue.

Si elle a beaucoup de difficultés à communiquer avec ses camarades de classe, elle finit néanmoins par se prendre d’affection pour une ado influençable du voisinage. Sous son nouveau toit, elle est la proie des brimades de Phoebe, la fille de son tuteur, qui ignore tout de sa véritable identité.

À l’ouverture du procès de la mère de Milly, qui fait déjà la une de tous les médias, la tension monte d’un cran pour la jeune fille dont le comportement va bientôt se faire de plus en plus inquiétant.

big_ben_nuit_londres_fev_2006_01Critique :
Quand on est ado, la tendance est à se plaindre de sa daronne, qu’on trouve toujours pas assez cool, trop chiante, trop si, trop là, trop fais-pas-ci, fais-pas-ça…

Ne le niez pas, nous avons tous et toutes été des ados et si un gamin de 12 ans me lit, il y passera comme tout le monde !

Pourtant, lorsqu’on découvre, au fil des 288 pages, le portrait de la mère d’Annie, on se dit qu’on a été le cul dans le beurre avec notre mère lorsque nous étions ados !!

Son portrait est glaçant, révulsant, horrible, il fait froid dans le dos et partout ailleurs. De plus, découvrir que sa fille, Annie, 15 ans, lutte pour ne pas se laisser envahir par un sentiment de culpabilité, fait tout aussi monter la tension cardiaque.

Il n’y a pas plus grande trahison que lorsqu’on trahit son propre sang.

Ben oui, Annie s’en veut d’avoir dénoncé sa mère, elle s’en veut aussi de ne pas être intervenue plus tôt (le cul entre deux chaises), elle aurait aimé que sa mère la regarde avec amour, qu’elle l’aime, elle voudrait la revoir, mais depuis qu’elle est devenue Milly et qu’elle est placée dans une famille d’accueil, c’est seulement lors du procès de sa mère qu’elle aura l’occasion de la revoir. Ou pas.

Tout aficionado de thriller psychologique se devrait de lire ce roman car il culmine dans les hauteurs niveau tension !

D’ailleurs, il y a eu quelques passages où mon palpitant palpitait fort. Je suis passée par tous les états : révoltée, ulcérée, énervée, passionnée, envie de vomir,… mais jamais je n’ai lâché le roman de la journée !

L’auteur a réussi à s’infiltrer avec réalisme dans la peau des ados des années 2010, ceux qui sont nés avec un smartphone à la main, un compte Facebook et une chaine You Tube dès leur sortie du ventre de leur mère.

Il n’a jamais fait bon être la tête de turc de l’école ou de sa classe, mais depuis l’émergence du smartphone, le cauchemar est devenu enfer pour certains ! On ne se bat plus à coup d’insultes dans la cour de récré, mais à coup de vidéo ou photos volées : des photos de nus ou dans une fâcheuse posture, de préférence.

Pour Annie-Milly, j’ai ressentie une empathie profonde, je l’ai plainte, j’aurais voulu l’aider, mais elle était devenue la Tête de Cul des autres, la meneuse de la meute l’ayant pris en grippe. Comme ça arrive toujours.

J’ai apprécié de me retrouver dans l’enfer des écoles bourgeoises et dans une famille des quartiers chics de Londres, là où l’on pense que tout est parfait… Mais une fois la porte d’entrée poussée, je me suis retrouvée chez des gens à problèmes, avec une mère à l’ouest et un père qui ne voit que ce qui l’arrange.

Dans ce quartier de Londres, tout n’est qu’apparences. On s’envoie des baisers de la main, tout en se poignardant dans le dos. Et on remue le couteau pour que la plaie ne se referme pas.

Elle a l’œil vitreux, et elle n’arrête pas de se toucher le nez. Mike n’est pas aveugle. Il choisit de ne rien voir. Elle s’est réapprovisionnée. Et elle est défoncée. Baisée. Elle se fait baiser. Elle se fait défoncer. Elle se défonce.

Vous me direz qu’on a déjà eu des romans dans le même genre… Oui, mais, ici, la différence, elle se trouve dans la narration à la première personne, et c’est Milly-Annie qui nous raconte sa lutte contre le fantôme de sa mère, contre les filles de son école, son désir d’être aimée…

Cette plongée psychologique, c’est une plongée dans un abîme sans fonds, noir, sombre, où l’on pourrait se perdre. Et durant toute la lecture, on se demande quel loup Annie-Milly va nourrir : le gentil ou le méchant ?

Le cerveau des psychopathes est particulier – J’ai fais mes calculs : quatre-vingts pour cent la génétique, vingt pour cent l’environnement. Et donc moi. Cent pour cent foutue.

Un conte amérindien où le vieux Cherokee raconte à son petit-fils qu’en chacun de nous se livre une bataille entre deux loups. L’un est méchant, l’autre bon. Le garçon demande à son grand-père, quel loup gagne ? Et le vieillard de lui répondre, celui que tu nourris.

C’est une lecture avec la boule au ventre, une lecture qu’on ne lâche que difficilement, en grognant, et, tel un chien affamé, on se rue de nouveau dessus dès qu’on a 2 minutes (même moins).

Un roman fort de café noir, le petit bien serré… Un thriller psychologique d’une justesse effarante, une narration qui vous tient sous tension, sous adrénaline, le souffle court, la respiration haletante.

Il y a aussi beaucoup de réalisme dans les ados et leur manière de vouloir toujours être sous le feu de l’actualité, de faire le buzz, leur façon de trouver leur place dans la société et leurs sales coups bas.

Les écoles ultra-sélectives favorisent le développement d’une espèce d’adolescents particulièrement manipulateurs. Et ils ont plus d’un tour dans leur sac.

Et puis, nous ne sommes jamais à l’abri d’un retournement de situation dans notre règlement de compte entre ados…

Une lecture coup de cœur qui m’a fait monter le rythme cardiaque dans la zone rouge.

Étoile 4,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017) et le Challenge British Mysteries chez My Lou Book.

BILAN - Coup de coeur

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Le Verger de Marbre : Alex Taylor

Verger de marbre - Alex Taylor

Titre : Le Verger de Marbre

Auteur : Alex Taylor
Édition : Gallmeister (2016)

Résumé :
Beam Sheetmire, dix-sept ans, vient de tuer l’homme qui l’avait agressé. Il n’y a plus qu’à se débarrasser du corps sur les berges de cette rivière du Kentucky.

Vu les circonstances, Beam devrait s’en tirer sans histoires. Mais il découvre que la victime est le fils du caïd local, Loat Duncan, à la fois puissant trafiquant et redoutable meurtrier.

La décision de son père est sans appel : Beam doit fuir, et sur-le-champ.

S’engage alors un diabolique jeu du chat et de la souris où chaque mouvement n’est qu’un pas de plus vers l’enfer.

The Marble OrchardCritique :
Peut-on rester de marbre devant ce verger de marbre ? Non. Pourtant, il n’y a pas plus calme qu’un verger de marbre, ses habitants ayant l’habitude de rester silencieux.

Malgré tout, ce verger ne m’a pas laissé de marbre et son écriture avait l’âpreté et la dureté d’une épitaphe dans un vieux cimetière perdu dans le trou du cul du Kentucky.

Le roman noir rural a le vent en poupe ces derniers temps et il faudra s’attendre un de ces quatre à mettre le pied et les mains dans une bouse, mai rassurez-vous, ce n’est pas encore le cas ici !

Une tragédie grecque à la sauce américaine, voilà ce que je viens de déguster en me reléchant les doigts. Une tragédie à la Caïn et Abel, mais je ne sais si c’est Caïn qui tue Abel ou Abel qui assassine Caïn dans ce cas-ci.

Beam est un ado de 17 ans, qui, comme tous les ados de 17 ans ne pensent pas à grand-chose dans la vie, si ce n’est tirer un coup de temps en temps…

Sa tragédie commencera lorsqu’en pilotant le ferry de ses parents qui fait la traversé sur la Gasping River, il tuera accidentellement un espèce de vagabond qui voulait lui piquer la caisse.

Bah, en temps normal, zigouiller un vagabond évadé n’aurait pas eu de conséquences trop lourdes, mais nous sommes dans une tragédie, donc, ce macchabée n’est autre que le fils du caïd local, Loat Duncan, un trafiquant de drogue, usurier, tricheur, un habitués des bars louches et psychopathe aussi.

D’accord, il n’en avait rien à foutre de son fils, en temps normal, mais là, ne rien dire et ne rien faire mettrait en péril son autorité et puis, il avait quand même un peu besoin de son fils vivant… Du moins, une partie de son fils… Un vrai salaud, je vous dis !

Si le départ de ce roman noir est conventionnel au possible, qu’il pue le déjà-lu, je vous conseille de ne pas vous laisser abuser par cet air connu parce que la suite de la partition n’a rien à voir avec la musique du début !

Si au départ on aurait envie de laisser Beam avec ses soucis tant il a le charisme d’une moule avariée ou de lui coller une baffe tant il sait être têtu au possible et se foutre encore plus dans les emmerdes, au fur et à mesure de sa cavale – qui a tout d’une cavale sans issue – on sentira naître en nous de la sympathie pour ce gamin qui a eu la malchance de naître dans une Amérique rurale minée par le chômage et soumise aux caïds locaux.

Quant à Loat Duncan, le caïd local, il est réussi car c’est un salopard de première classe, tout à l’opposé de Beam qui lui est aussi intelligent qu’un bernacle mort et à un potentiel de séduction d’un poulpe rejeté sur la plage. C’est vous dire que face à Loat, Beam ne fait absolument pas le poids !

Les personnages secondaires ne sont pas en reste non plus et auront leur mot à dire dans toute cette histoire et quand bien même ils auraient un petit rôle, ce sont tous des rôles importants et ils laisseront une trace de leur passage dans les pages et dans votre vie de lecteur.

Quand à l’écriture de l’auteur, elle sait se faire poétiquement noire de temps en temps, mais pour le reste, ça clashe, c’est sec, dur, sans édulcorant pour faire passer le breuvage tiré des fruits du verger dont les personnages boiront le calice jusqu’à la lie.

Le vautour le toisait depuis son perchoir sur un des ormes malades, les ailes déployées en une croix noire, le bout des plumes lustrées formant des dièdres noirs, dans la posture de celui qui impose le silence au monde, son visage rouge noduleux s’agitant frénétiquement.

Et puis, il y a cette relecture de l’histoire tragique de Caïn et Abel… ainsi qu’Abraham prêt à sacrifier son fils, même si ici, papa Clem ne veut pas le sacrifier au couteau mais lui demande de fuir.

Un excellent roman noir rural, même si je n’ai pas retrouvé les émotions de « Rural Noir » car ici, impossible de m’identifier avec l’un ou l’autre personnage.

C’est puissant et ça ne se boit pas au petit-déjeuner car ce genre de petit noir, il arrache !

Normal, on plonge sans masque et sans tuba dans la noirceur humaine…

L’œil a-t-il disparu ? » dit en tremblant Tsilla.
Et Caïn répondit :  » Non, il est toujours là. »
Alors il dit: « je veux habiter sous la terre
Comme dans son sépulcre un homme solitaire ;
Rien ne me verra plus, je ne verrai plus rien. »
On fit donc une fosse, et Caïn dit « C’est bien ! »
Puis il descendit seul sous cette voûte sombre.
Quand il se fut assis sur sa chaise dans l’ombre
Et qu’on eut sur son front fermé le souterrain,
L’œil était dans la tombe et regardait Caïn.
(Victor Hugo – La conscience)

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le  RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires, Une année avec Gallmeister : les 10 ans chez LeaTouchBook et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

CHALLENGE AMÉRICAIN 2016 - The magnificent seven

CHALLENGE - Gallmeister 10 ans

Apnée Noire : Claire Favan

Apnée Noire - Claire Favan

Titre : Apnée Noire

Auteur : Claire Favan
Édition : Éditions du Toucan (2014) / Pocket

Résumé :
« Vêtue d’un pyjama en satin écru, la jeune femme repose dans une baignoire remplie, en position de fœtus inversé. Ses mains et ses chevilles sont étroitement liées derrière son dos et elle flotte encore avec un soupçon de grâce. »

À Columbia, sur la côte est des États-Unis, c’est la scène macabre que découvre le lieutenant Sandino. Officier intègre, c’est aussi un homme brisé depuis la disparition de sa famille.

Pour mener cette enquête, il doit collaborer avec Megan Halliwell, l’agent du FBI qui a permis l’année précédente l’arrestation de Vernon Chester, un tueur psychopathe qui vient d’être exécuté.

Très vite pourtant, il apparaît que ce dernier meurtre présente des ressemblances troublantes avec les crimes commis par Chester. Comment est-ce possible ?

Tandis que Megan n’ose imaginer le pire, une erreur judiciaire, Sandino se concentre sur certaines incohérences.

De discordes en silences la relation des deux policiers évolue, alors que chaque jour le tueur semble se rapprocher d’eux, omniprésent et insaisissable…

fbibadgeCritique : 
Pas toujours facile de proposer de nouveaux plats avec les ingrédients archi connus que sont les tueurs en série leurs cadavres semés un peu partout.

Soit le plat est insipide, manquant de sel, soit l’intrigue est déjà lue et rare sont ceux qui peuvent vous mitonner un repas somptueux et vous surprendre avec de tels ingrédients.

Claire Favan y est arrivée : de cet air de déjà-lu, elle nous change toute la recette – tout en gardant les ingrédients – et propose quelque chose de relevé niveau scénario mais nous foire l’affaire du côté des cuisiniers, pardon, je veux dire « des personnages ».

Le lieutenant Vince Sandino, de la police de Columbia et l’agent Megan Halliwell du FBI sont clichés à mort et j’ai eu du mal à m’attacher à eux deux.

Pour Vince Sandido, des circonstances horribles ont fait qu’il est devenu une loque imbibée d’alcool et j’ai soupiré devant cet éternel cliché du flic brisé par la vie qui sombre dans l’alcoolisme sans avoir le panache d’un Jack Taylor de Ken Bruen. N’est pas alcoolo avec classe et désinvolture qui veut.

Quant à la Megan, cette agent du FBI froide comme un iceberg, détachée de tout, sauf de ces nouvelles affaires qui ont l’air d’être de la main de son tueur en série – Vernon Chester, mort par injection létale à la prison. Megan est un véritable robot sans émotions qui peut devenir tout à coup plus chaude qu’un volcan sur le point d’entrer en éruption… Pas accroché du tout à elle.

Pire, je me suis demandée comment une femme aussi « bordeline » avait pu monter en grade au FBI alors qu’elle est souvent hors limite, hors logique et têtue au point de tenter de faire coller les faits avec ses théories débiles.

Et quand je dis « débile », c’est parce que c’est tellement tiré par les cheveux qu’elle même devrait s’en rendre compte, sauf si on se trouvait dans la Quatrième Dimension. Mais nous sommes dans la réalité et elle ne le sait sans doute pas, pensant que la Vérité est ailleurs.

Si le scénario tenait bien la route (hormis les sorties de route de Megan), il était prenant, intriguant et, bien que n’étant pas Sherlock Holmes, j’avais déjà entrevu la seule théorie possible puisque, ayant éliminé l’impossible, ce qui restait devait être la vérité. Mais malgré ce que j’avais deviné, il me restait encore des choses à découvrir.

Là où le bât a blessé aussi, c’est au niveau des dialogues entre nos deux représentants de l’ordre : ce n’était pas Byzance mais parfois limite dialogues de Séries B. Dommage.

Les fanfaronnades de Vince ne sonnaient pas toujours juste dans les dialogues, mais bon, vous me direz que c’est sans doute dû au fait que quand un fanfaron se met à fanfaronner, ce n’est jamais juste dans ses propos.

Petit à petit, tout en ronchonnant sur le Vince qui engloutissait plus de bières qu’un pipe-line et sur son chef qui le couvrait pire qu’une poule couvant ses poussins, j’ai commencé tout doucement à m’attacher à lui sur la fin, quand il se réveille de sa torpeur et qu’il se met vraiment à enquêter.

Pour Megan, peau de zob, je n’ai jamais apprécié son personnage même si je lui ai trouvé des circonstances atténuantes. J’ai compris sa rancœur, mais pas pardonné son obsession jusqu’au boutisme pour sa théorie à la six-quatre-deux, ayant toujours eu une aversion pour ceux et celles qui s’entêtaient alors que tout leur indiquait le contraire.

Niveau final, j’ai été gâtée ! Du suspense, de la course, une enquête prenante, un Vince réveillé, un Vince prêt à tout, un Vince digne d’un Sherlock Holmes.

Un roman avec un scénario bien inspiré, des retournements de situations, un personnage qui va s’élever tandis qu’un autre va descendre bien bas, une enquête qui va prendre de la vitesse sur la fin et une conclusion qui m’a fait sursauter (j’avais pas tout deviné) mais je ne vous dirai rien de plus.

Dommage que les personnages n’aient pas eu plus d’épaisseur et qu’on ait pas pu éviter le cliché du flic alcoolique qui a vécu un grand malheur et d’une agent du FBI aussi tranchée, aussi têtue, aussi butée…

Ma découverte de l’univers de Claire Favan ne s’est pas déroulée aussi bien que que je le pensais, mais je ne compte pas m’arrêter à cette première impression un peu mitigée.

Étoile 2,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et Le « Challenge US » chez Noctembule.