Londres Express : Peter Loughran

Titre : Londres Express

Auteur : Peter Loughran
Édition : Gallimard Série Noire (1967) / Folio Policier N°236 (2001)
Édition Originale : The Train Ride : The Story of a Man with a One-Way Ticket (1966)
Traduction : Marcel Duhamel

Résumé :
Evidemment, vous direz que je suis un monstre. Que je n’aurais jamais dû me saouler dans les bas quartiers ni courir les filles. Ni flanquer des briques dans les fenêtres. Ni me conduire de façon aussi abominable dans le train qui m’emmenait au port de Londres. Et bien, c’est vous tous, avec vos vices et votre méchanceté qui m’y avez obligé. Je ne suis pas plus monstre que vous, bande d’hypocrites !

Londres Express, « ouvrage insaississable, impossible à cataloguer » selon Marcel Duhamel, est l’unique livre de Peter Loughran paru en France.

Critique :
Un marin a raté son embarquement et prend le train pour arriver au port, là où le bateau fera escale avant de prendre le large.

Le gars monte dans le train, se choisit un compartiment fumeur, dépose son journal et ses livres osés, va se dégourdir les jambes sur le quai et quand il revient, le wagon est occupé par deux nonnes.

C’est tout con comme point de départ, ça pourrait même être banal si…

Ce serait banal si notre marin n’était pas un salopard, un pauvre type qui en veut à la terre entière et qui rend toujours les autres responsables de ses malheurs ou de ses fautes.

Ce serait banal si notre type, bien habillé, ne passais pas son temps à nous assommer avec de long monologues, des digressions par lesquelles il va nous raconter sa vie : ses amours, ses emmerdes, ses amis (remettez le tout dans l’ordre et faites-en une chanson), ses magouilles, ses combines.

Ce serait banal si l’auteur n’avait pas proposé à ses lecteurs, un personnage abject, vil, obsédé du cul, soupe au lait, voleur, bagarreur, menteur, bonimenteur, parano, qui a la haine envers tout le monde… Un type que l’on ne peut apprécier. Rien pour le récupérer.

Ce serait banal si, quand notre sale type a acheté deux magazines un peu osé, au kiosque à journaux du coin, on n’avait pas déjà eu droit à ses digressions, ses réflexions, ses envies de crime et de magazines de cul dignes de ce nom.

Ce serait banal si, entre le moment où il songe à lire ses magazines hot devant les deux nonnes et le moment où il passe à l’action, on n’avait 80 pages de blabla qui m’ont soûlé à mort, me donnant envie de refoutre le bouquin dans sa caisse peuplée de vieux Série Noire.

Cela aurait été banal si, en plus des deux nonnes, il n’y avait pas eu une gamine de 7 ans, qui avait été déposée par sa tante dans le compartiment, la tata ayant demandé aux deux bonnes soeurs de la surveiller.

Cela aurait été banal si les deux nonnes n’étaient pas arrivées au terme de leur voyage avant la gamine et le sale mec assis devant… Cela aurait été banal si l’autre dame qui était entrée, et qui avait promis de rester avec la gamine, n’était pas foutue le camp dans un autre compartiment avec une connaissance à elle.

Ce livre me foutait les boules, je sautais des pages, me lamentait d’un tel personnage, toujours à rejeter la faute sur tout le monde et puis, en passant au chapitre suivant, je me suis figée, les yeux sortant de mes orbites… Aurais-je raté quelque chose ? Des pages auraient-elles été manquantes ? C’est une vieille édition qui craque de partout…

Retour arrière… Non, il ne manquait pas des pages, l’auteur nous avait juste gratifié d’une ellipse, afin sans doute de ne pas plonger ses lecteurs dans l’innommable… Petit bon dans le temps et la scène abjecte est là, sous mes yeux horrifiés, pendant que notre marin peste encore sur tout le monde, accusant les nonnes, la tante, la grosse dame qui était partie, la vendeuse de journaux…

J’ai refermé ce livre en silence, un silence de mort, comprenant mieux le petit message de Marcel Duhamel en préface du livre qui disait qu’il avait longtemps hésité avant d’inclure ce roman atypique dans son catalogue et qu’il laissait le soin aux lecteurs de juger…

Immoral, amoral, abject, politiquement incorrect au delà de tout, bref, un roman qui donne le mal de mer durant les 9 dixième et qui ensuite fait gerber sur ses deux derniers chapitres.

Il est retourné dans la caisse des vieux Série Noire, mais tout dans le fond et il n’en sortira plus jamais. Je voudrais l’oublier mais cette scène va me coller à la peau et à la mémoire longtemps.

« Si j’aurais su, j’l’aurais pas lu » (comme aurait pu le dire le petit Gibus – Ah ben mon vieux, si j’aurais su, j’aurais pô v’nu !).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°240 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

 

 

Loverboy – Miguel Ángel Morgado 03 : Gabriel Trujillo Muñoz

Titre : Loverboy – Miguel Ángel Morgado 03

Auteur : Gabriel Trujillo Muñoz
Édition : Folio Policier (2006)
Édition Originale : Mexicali City Blues : Loverboy
Traduction : Gabriel Iaculli

Résumé :
Tout est très sale, sur la frontière, la peau d’un Mexicain si bon marché, surtout s’il a deux gouttes de sang indien ; et dans le pays voisin, celui du rêve onéreux, on a parfois des besoins urgents : un rein, un pancréas…

Il suffit de savoir à qui s’adresser, et le tour est joué. C’est d’autant plus facile que, côté mexicain, les autorités sont hautement corruptibles.

C’est dans ces eaux troubles que va se débattre Morgado, le plus privé des privés, quand une grande et belle poulette vient lui montrer un film étrange et lui demande de chercher l’assassin du directeur de la Commission pour les droits de l’enfant.

Critique :
La preuve que l’on peut être court et intense, court et percutant, guère épais et en foutre plein la gueule à son lecteur/trice.

Gabriel Trujillo Muñoz attaque très fort et met les deux pieds dans du glauque poisseux qui colle aux doigts et qui fait crisper les orteils au fonds des charentaise.

Imaginez votre voiture qui a un soucis, il faudrait une pièce détachée bien spécifique mais pour cela, il faut attendre longtemps ou… aller la chiper sur une autre voiture.

Dans ce roman, ce n’est pas de voitures dont il est question, mais d’enfants malades et les pièces détachées que l’on prend ailleurs, pas besoin de vous faire un dessin : elles ne proviennent pas d’enfants qui seraient décédés à l’hôpital mais prélevée directement sur des enfants enlevés qui ne se relèveront jamais, sauf le jour de la résurrection (si ce jour existe) et les pauvres devront chercher leurs morceaux.

Putain, pour être glauque, c’est glauque !

Miguel Ángel Morgado est un avocat mexicain chargé de faire la lumière sur les enfants enlevés et la mort d’un médecin qui semble avoir découvert une piste et filmé une scène. Problème ? Les images sont pouraves.

Dans ce court roman, l’auteur nous décrit un Mexique qui serait la poubelle des États-Unis, juste bon à fournir de la drogue,  des travailleurs bons marchés, des prostituées, des organes prélevés sans accord sur des gosses, dans des cliniques privées et illégales, le tout pour guérir des enfants de riches Blancs friqués…

Hélas, la format court fait que l’auteur doit aller au plus pressé, le ton est radical, on ne tourne pas autour du pot et on va direct à la résolution, ou du moins, vachement vite. Comme dans la série les Experts où, avec des images pourries de 3 pixels, ils arrivent à lire le nom du gars dans le reflet de sa rétine, ici, son pote arrivera à lire un peu trop bien…

Pas crédible du tout, je l’avoue, mais le roman est plus un roman pour décrire le Mexique et ses gens, son racisme envers les Indiens, qu’un roman policier en bonne et due forme avec une recherche d’indices et des fausses pistes pour leurrer le lectorat.

Un gros bémol cependant : des tas de phrases sont en anglais… Mon anglais est rouillé et heureusement que je regarde souvent des séries en VOSTFR, ce qui m’a permis de tout comprendre. Bon sang, l’éditeur aurait pu se donner la peine de traduire et de les ajouter en fin de chapitre.

Anybref, je pinaille, mais de temps en temps, faut le faire. Dans l’ensemble, on se trouve face à un roman noir ultra court mais ultra percutant, pas de fioritures, on ne tourne pas autour du pot, on ne cherche pas midi à quatorze heure et on va direct à l’essentiel. On aimera ou pas.

Pour ma part, même si ça se précipite trop vite, le voyage valait le déplacement au Mexique. Maintenant, je vais vérifier que je n’ai perdu aucun organe…

— Mais nos hommes politiques veulent un bouc émissaire, et on ne peut pas trouver mieux qu’une Indienne qui n’est pas du pays.
— Comment ça, une Indienne qui n’est pas du pays ? s’exclama Morgado. C’est une Mexicaine, comme nous tous.
— Parlez pour vous, lança le docteur Acosta sans cacher son racisme. Pas en mon nom. Il ne faut pas confondre manganèse et bande à l’aise.
— Ni la connerie avec l’ignorance, répartit Guadalupe. Et il me semble que la première abonde, ici.

— Et maintenant, dis-moi, Morgado, qui est Sherlock Holmes et qui le docteur Watson ?
— Tu en es sûr ?
— Mon ordinateur en met sa souris au feu.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°218 et le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 03].

 

 

 

 

 

Cinq cartes brûlées : Sophie Loubière

Titre : Cinq cartes brûlées

Auteur : Sophie Loubière
Édition : Fleuve Noir (16/01/2020)

Résumé :
Laurence Graissac grandit aux côtés de son frère, Thierry, qui prend toujours un malin plaisir à la harceler et à l’humilier. Du pavillon sinistre de son enfance à Saint-Flour, elle garde des blessures à vif, comme les signes d’une existence balayée par le destin.

Mais Laurence a bien l’intention de devenir la femme qu’elle ne s’est jamais autorisée à être, quel qu’en soit le prix à payer.

Le jour où le discret docteur Bashert, en proie à une addiction au jeu, croise sa route, la donne pourrait enfin changer…

Thriller psychologique d’une rare intensité, Cinq cartes brûlées va vous plonger au cœur de la manipulation mentale. De celle dont on ne revient jamais indemne.

Critique :
Dès les premières pages, l’auteure nous plonge dans un bain de sang, après les galipettes de rigueur. Le ton est donné, ce sera en rouge sang et noir sans espoir.

♫ En rouge et Noir… ♪

Mais comment en est-on arrivé là ? Petit retour en arrière avec une scène des plus belles : la naissance d’un enfant. Oh que c’est beau le petit frère (Thierry) qui embrasse se petite soeur (Laurence) qui vient de naître.

STOP ! Le rose bonbon n’est pas de mise, remisez les dragées, le grand frère de trois ans n’a pas du tout l’intention que le moutard (on dit « moutarde » pour une fille ?) lui ravisse sa place de petit dieu vivant.

♫ Oh ooooh, Laurence… ♪ Y a tant de frères que je ne suis pas ♪ Y a tant de phrases qu’on dit, que je ne te dirais pas ♪

Brimée par son frère Thierry, rabaissée sans cesse par lui, face à des parents qui portent des lunettes noirs d’aveugles et qui n’ont pas l’air de se rendre compte que le frangin est un tyran doublé d’un tortionnaire.

On parlait d’un thriller psychologique et on y était en plein dedans ! Face à une descente aux enfers de Laurence, nous sommes impuissants. Elle, elle a trouvé refuge dans la nourriture, se gavant de tout et dans l’amour que lui porte son père.

Quant tout éclate, la descente continue jusqu’à ce que… La suite dans le roman !

Il est des romans que l’on lit sans se rendre compte que les pages tournent, des romans sans scènes d’action notoire, qui nous parlent de la vie du quotidien, des brimades d’un frère envers une soeur, de parents dépassés, de voisins médisants, d’actes qui puent l’interdit… Et sans nous en rendre compte, nous l’engloutissons avec un appétit d’ogre.

Pourtant, de prime abord, les personnages ne sont pas sympathiques… Thierry, le frère aîné, qui en grandissant devient un parasite glandouilleur critiqueur et qui a loupé sa vie. Une mère qui est parfois à l’ouest, un père qui a un comportement suspect et une Laurence qui se laisse faire, qui ne se rebelle pas contre son frangin, qui encaisse tout le temps, qui se casse le cul et qu’on ne remercie même pas.

Durant des pages et des pages, j’ai eu envie de gifler Laurence, de lui hurler de pousser son frangin tortionnaire dans les escaliers, de le frapper à grands coups de pelle, de la découper en morceau et de le foutre dans la poubelle des déchets organiques (le tri des déchets, c’est important !).

Cette manière de tout encaisser sans ruer dans les brancards m’a exaspéré et pourtant, j’ai continué ma lecture parce que l’ambiance était tendue comme la corde d’un string et que je voulais savoir si Laurence allait, enfin, se reprendre.

Puis, fiat lux…

Dans ce roman noir, sombre, psychologique, l’auteure aborde plusieurs sujets de sociétés comme la boulimie, le mauvaise estime de soi, les brimades scolaires et en milieu familial, la perte de confiance, le regard des autres, le pôle emploi (notre Actiris ne doit pas valoir mieux), le sport de haut niveau, le harcèlement, les rumeurs d’inceste, l’éclatement de la famille, les casinos, les escort girl et le courant électrique.

Dis ainsi, ça fait bordel sans nom mais l’auteure a tout bien classé, tout bien mis en scène et tous ces ingrédients se marient harmonieusement dans l’histoire, sans peser, la touche finale était que le suspense et le mystère sont dosés correctement et qu’ils se diffusent lentement dans le récit.

Mon bémol sera pour le fait que je n’ai pas eu d’accroches avec les différents personnages et que si j’avais apprécié Laurence gamine, j’ai perdu mon estime pour elle lorsqu’elle est devenue adulte et qu’elle a continué à aimer son tortionnaire de frangin, à accepter toutes ses insultes… Avant, une fois encore, de retourner ma veste avant le truc final. Je dis « truc » à dessein.

Un roman noir qui se lit tout seul, les mains accrochées aux pages, les grognements de fureur aux bords des lèvres avant de tout terminer en soupirant devant ses vies éclatées, foutues, écartelées, en se demandant où tout cela à commencer à foirer… À la naissance de Laurence, hélas.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°207.

Cormoran Strike – Tome 2 – Le ver à soie : Robert Galbraith [Par Dame Ida]

Titre : Cormoran Strike – Tome 2 – Le ver à soie

Auteur : Robert Galbraith
Édition : Grasset (2014) / Le Livre de Poche (2015)
Édition Originale : Cormoran Strike, book 2 : The Silkworm (2014)
Traducteur : Florianne Vidal

Intro Babelio :
 Owen Quine, écrivain célèbre, a disparu. Il venait d’achever son dernier manuscrit – un sulfureux roman à clés qui dresse le portrait au vitriol de son entourage. De quoi inquiéter bon nombre de personnalités en vue… C’est ce que pressent le détective privé, Cormoran Strike, chargé de l’enquête.

Qui aurait intérêt à ce que Quine soit réduit au silence ? Lorsque Strike retrouve le cadavre de l’auteur, assassiné selon un rituel particulièrement atroce, il comprend qu’il a affaire à un tueur impitoyable, tel qu’il n’en encore jamais rencontré dans sa carrière.

Résumé :
Le succès de l’affaire du mannequin Lula Landry n’a pas vraiment suffit à renflouer efficacement les finances de Cormoran Strike.

Il arrive toujours à peine à équilibrer ses comptes et à payer le loyer de son bureau miteux et sa secrétaire Robin (tient… les super héros ont tous besoin d’un Robin depuis Batman… et Strike est gaulé pareil…) au salaire minimum ce qui ne cesse de crisper le fiancé de celle-ci qui aimerait bien qu’elle aille travailler ailleurs.

D’autant qu’elle a refusé un poste bien plus rémunérateur pour rester avec son patron dont… il serait presque jaloux.

Faut dire que Robin passe bien du temps avec ce patron dont la vie personnelle l’intéresse plus qu’on ne s’intéresse généralement à celle de nos patrons et que le fiancé est un poil égocentrique…

Et il nous est aussi sympathique que cette femme de la haute, bien névrosée qui semble ne vouloir rester avec Strike que pour le lui reprocher d’être avec elle.

Or donc, une petite dame à l’allure modeste se présente au bureau de Strike et lui demande de retrouver son mari qui a disparu.

Le dit mari est un écrivain bien connu dans un petit cercle restreint, dont un livre bizarre aurait eu un certain succès… Et qui se préparait à en sortir un autre « à clés »… Et visiblement des clés qui menaçaient d’ouvrir des placards pleins de cadavres pour les gens de ce petit monde littéraire dans lequel il évolue.

La détresse de cette dame, qui se retrouve seule avec sa fille handicapée qui pourrait en savoir plus qu’on ne le croit, touche notre détective malgré la faiblesse des honoraires qu’elle propose de lui verser avec une naïveté désarmante.

Et voilà Cormoran et Robin partis dans une nouvelle enquête dans le milieu feutré de l’édition, cernés de personnages hypocrites, faux, égotiques ou fêlés, et se découvrant l’un l’autre davantage peu à peu… et permettant aux lecteurs de se rendre compte qu’ils auraient presque plus d’affinités l’un pour l’autre qu’avec leurs partenaires respectifs…

Hum… Oui… le fameux cliché qui veut que les privés finissent par séduire leur secrétaire a encore de beaux jours devant lui.

Mon avis :
Bon ben, si vous n’avez pas compris depuis le premier volume des aventures de Cormoran Strike, que je suis conquise par ce nounours bourru au cœur groooos comme ça, futé et courageux comme pas deux…

Et bien c’est que vous ne savez pas lire épicétou !

Donc si vous ne savez pas lire, pourquoi je me fatiguerai à écrire la suite de ma petite fiche de lecture ?

Ah ? Pour celles et ceux qui l’ont bien compris parce qu’ils m’ont bien lue ?

Ouais… C’est exactement ça ! Les autres circulez y a rien à voir !

D’abord… L’intrigue vaut son pesant de cacahouètes. C’est d’un glauque ! D’un pervers ! Avec quelques scènes bien gores (évitez de trop manger avant de lire si vous êtes sujets aux nausées…) !

Mais comment un être humain normalement constitué peut-il imaginer des enchaînements pareils !

Et puis il y a le style de JK Rolling alias Robert Galbraith (Robert… m’enfin… franchement… pourquoi pas Raymond !!! Qu’est-ce qui lui a pris à JK ???) qui en ayant pas l’air d’y toucher, feignant un discours factuel qui se déroule sans jugement, balance sauvagement sur les travers de ses contemporains, sur une société de classes aussi monolithiquement figées en compartiments étanches que le système des castes en Inde,  sur une sur l’avidité matérialiste d’un Londres qui n’a rien à envier à Manhattan quant à son taux de requins au mètre carré dans la population générale…

Tandis que ses personnages, pleins d’une fraîche pureté s’agitent pour boucler leurs fins de mois, à la recherche du vrai, du bien et de la justice, tels des chevaliers des temps modernes perdus dans une épouvantable jungle urbaine peuplée de redoutables prédateurs.

J’avoue… Dit comme cela, ça fait un peu pompier… manichéen… cliché…

Sans parler de la caricature de virilité incarnée par Strike et la féminité faite femme qu’est Robin (vous voyez la Vénus de Botticelli ? Et ben vous lui faites perdre 10 ou 15 kg et c’est Robin !), et qui ne cessent de se tourner autour, s’appréciant mutuellement au point de trouver leurs propres partenaires insupportables, et qui bien entendu n’ont absolument jamais l’idée de conclure.

On est en pleine passion platonique (sa mère) pour ne pas parler d’amour courtois entre la gente demoiselle courageuse qui surmonte ses détresses et notre vaillant chevalier qui pourfend le meurtrier comme il terrasserait le dragon.

J’en parlais lors de la présentation du premier volume des enquêtes de Cormoran Strike : outre son sens humoristique de la satire sociale, JK Rolling aime jouer avec les codes du genre littéraire comme elle l’avait fait avec sa saga Harry Potter.

Elle reprend les poncifs du polar pour les mélanger avec ceux d’autres genres et… je la soupçonne ici, vous l’aurez compris, de les avoir associés à ce du roman de chevalerie histoire de les magnifier un peu.

Et aussi surprenant que cela paraisse… ça marche très bien. Sur moi en tout cas… Et sur vous ?

Cormoran Strike – Tome 1 – L’appel du Coucou : Robert Galbraith [Par Dame Ida]

Titre : Cormoran Strike – Tome 1 – L’appel du Coucou

Auteur : Robert Galbraith
Édition : Grasset (2013) / Le Livre de Poche (2014/2018)
Édition Originale : Cormoran Strike, book 1: The Cuckoo’s Calling (2013)
Traducteur : François Rosso

Intro Babelio :
Lorsque le célèbre mannequin Lula Landry est trouvée morte, défenestrée, dans un quartier chic londonien, l’affaire est vite classée. Suicide.

Jusqu’au jour où John Bristow, le frère de la victime, frappe à la porte du détective privé Cormoran Strike.

Cet ex-lieutenant de l’armée, revenu d’Afghanistan amputé d’une jambe, est au bout du rouleau : sa carrière de détective est au point mort et sa vie privée, un naufrage.

Aidé par une jeune intérimaire finaude, virtuose de l’Internet, il reprend l’enquête.

De boîtes de nuit branchées en palaces pour rock stars, Strike va passer de l’autre côté du miroir glamour de la mode et du people pour plonger dans un gouffre de secrets, de trahisons, et de vengeances.

Résumé :
Oui j’avoue ! Il n’y a pas que Sherlock Holmes et Agatha Raisin dans mon horizon !

Il y a aussi Cormoran Strike, le prototype de la brute épaisse qui malgré les apparences en a aussi dans le ciboulot.

Nan, nan… ce n’est pas une baraque bodybuildée avec un menton carré de mâle alpha sur le passage duquel toutes les fâmes se pâment !

En plus… Déjà dès sa naissance, les dieux lui en voulait. Son père, star du rock très connu n’a pas voulu le reconnaître, le laissant à la charge de sa mère officiellement « égérie » ou « muse » (plus prosaïquement : de femme dont la principale occupation est de veiller à la satisfaction sexuelle d’artistes plus ou moins généreux ou plus ou moins fauchés… mais dans tous les cas carrément drogués).

Une mère qui visiblement lui a donné un prénom de drôle d’oiseaux.

Mais c’est pas un zozio ce mec-là !

C’est juste… Un ours gigantesque tout en poil et bourru dont la vie part en lambeaux.

Ancien policier militaire de sa Gracieuse Majesté, qui a perdu une jambe en Afghanistan (Strike ! Pas la Reine ! Faut tout vous préciser à vous ! Pfff… Tiens ? Y aurait-il un clin d’œil à Watson ? Ok, ok… personne ne sait vraiment où il a pris sa balle celui-là et puis il n’a pas fini unijambiste  non plus !), le gros nounours à dû retourner à une vie civile bien moins prestigieuse et palpitante et où il n’était visiblement pas attendu…

D’autant que dans Londres La Cruelle et Trépidante, il n’y a pas réellement de place pour les vilains petits canards boiteux !

Et puis c’est sans parler de son aristobourge de bien aimée totalement névrosée et pas qu’un peu là… je suis formelle : elle est grave… et mon diagnostic est sans appel : c’est une chieuse accomplie et incurable).

Ah oui… j’oubliais… Il est ruiné aussi !

Bref… déjà, ça part mal. Le mec a une méga poisse d’enfer, mais comme c’est un vrai dur de dur, il ne se laisse pas abattre même si son moignon le torture souvent avec sa vilaine prothèse qui est bien là pour lui rappeler que c’est un estropié pour toujours.

Or donc, comme il ne sait pas faire autre chose qu’enquêter et qu’il est trop abîmé pour passer les examens d’aptitude physique pour entrer dans la vraie police malgré ses états de service irréprochables, le Cormoran s’est lancé laborieusement dans une carrière de détective privé, payant difficilement son loyer et dormant dans un lit de camps dans son bureau en essayant de faire en sorte que sa nouvelle secrétaire intérimaire ne s’en rende pas compte.

Sa secrétaire ? Robin Ellacot… Une jeune femme ravissante en couple avec un comptable passionné par l’argent, qui se cherche professionnellement et accepte une mission d’intérim dans ce cabinet miteux de privé… Sauf que Robin… Elle n’a pas que du talent pour faire le café, classer des dossiers ou tenir un agenda.

Et voilà que le frère d’une célèbre mannequin officiellement suicidée vient leur proposer de rouvrir l’enquête bien vite classée par la police…

Ce que Dame Ida en a pensé :
Robert Galbraith ? Vous savez pas qui c’est ?

Et bien, on a attendu que ce roman-là ait eu son petit succès avant de vous le dire : il s’agit de J.K. Rolling, la créatrice de Harry Potter !!!

Et oui, après avoir terminé la saga du petit sorcier balafré, et surveillé l’adaptation cinématographique de son œuvre, Dame Rolling s’est lancée dans le polar sous pseudo, voulant faire ses preuves dans ce genre incognito, sans que son succès dans un autre genre ne la pénalise aux yeux d’une certaine critique peu objective ni ne l’avantage aux yeux d’un public déjà conquis.

Et effectivement, Cormoran n’a pas grand-chose à voir avec Harry.

Cela étant, en parcourant les premières pages, j’ai eu une petite suée, car avec ce personnage-là, JKR commençait par planter un décor renvoyant aux poncifs les plus éculés de la série-noire : un privé fauché, malmené par la vie depuis l’enfance, maudit en amour car trop attaché à une « femme fatale », et surtout, dont personne ne comprend la grande compétence.

Strike n’est pas le premier privé de roman à dormir dans son bureau miteux faute de sous et à finir par travailler en binôme avec une secrétaire belle à croquer et trop futée pour n’être que secrétaire ! Que de clichés !

Bref, lors des premiers chapitres j’avais l’impression de m’être un peu faite avoir…

Mais… L’intrigue se mettant peu à peu en place… La personnalité des deux personnages principaux se déployant et nous les rendant ma foi terriblement sympathiques… Londres dévoilant ses charmes…

Et la plume acérée de J.K. Rolling étrillant sans concession les classes bourgeoises britanniques avec leurs codes, ainsi que la vacuité du milieu de la mode et du divertissement dont la superficialité est la seule profondeur…

Et le tout avec cet humour mi-figue mi-raisin qui vous laisse un sourire ironique fixé sur le visage pendant tout le temps de la lecture.

Et bien avec tout ça… On se laisse prendre comme une mouche dans un pot de miel.

N’oublions pas que Rolling, en femme de lettre cultivée avait largement joué avec les codes dans sa saga Harry Potter, mêlant la quête initiatique moyenâgeuse, la thématique de la rédemption, du sacrifice, des figures tutélaires, la question de la prédestination et du libre arbitre etc…

Alors ? Pourquoi n’aurait-elle pas aimé jouer avec d’autres poncifs histoire de les magnifier un peu ?

Note de le Belette Cannibal : l’appel du coucou, à ne pas confondre avec l’appel du cocu !

 

Glacé : Bernard Minier [LC avec Bianca]+[Défi CannibElphique]

Titre : Glacé [Saga Martin Servaz 1]

Auteur : Bernard Minier
Édition : Pocket (10/05/2012)

Résumé :
Dans une vallée encaissée des Pyrénées, au petit matin d’une journée glaciale de décembre, les ouvriers d’une centrale hydroélectrique découvrent le corps sans tête d’un cheval, accroché à la falaise.

Ce même jour une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée.

Le commandant Servaz, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier l’enquête la plus étrange de toute sa carrière.

Critique :
George W. Bush a une réunion à l’ONU au sujet d’une guerre qu’il veut mener, en Moyen-Orient.
— Dans cette guerre, nous allons tuer 1 million de civils et un chat ! dit George Bush devant les membres de l’ONU rassemblés.

Les membres le regardent, confondus, et demandent :
— Un chat ?… Pourquoi allez-vous tuer un chat, bordel de dieu ?

Cacophonie dans l’assemblée, tout le monde est horrifié par le fait que l’on va tuer un chat.

George Bush donne alors une tape sur l’épaule de son chef des armées et lui dit tout bas :
— Qu’est-ce-que je t’avais dit ?… Personne ne posera la question au sujet du million de civils que nous allons tuer.

Et bien, c’est un peu l’effet que ce roman m’a fait durant ma lecture : on a tué un cheval, puis un homme. De manière assez barbare, violente.

Mais putain, pourquoi a-t-on tué un yearling d’un an ? Un magnifique jeune cheval prometteur, gentil, qui n’avait rien fait de mal à personne ?? Nom de dieu, pourquoi tuer un cheval ?

Un être humain, je peux comprendre les mobiles : vengeance, pour toucher un héritage, jalousie, liquidation d’un amant, d’un rival politique, pour le plaisir de tuer…

Mais un cheval ?? Le pire, c’est que la hiérarchie harcèle plus le commandant Servaz pour résoudre la mort horrible du cheval que celle de l’homme.

Bernard Minier est un auteur retors et sadique ! Il mène son histoire comme un pro et nous laisse souvent devant des petites énigmes : un des policiers apprend des choses en menant sa petite enquête, il se fait confirmer la chose par des collègues, mais le salaud se garde bien de nous le dire tout de suite !

Évidemment, le suspense sera à son comble dans les 100 dernières pages, là, on n’ose même plus les lâcher pour aller boire un café, ce serait trop dangereux pour le cœur, d’ailleurs.

Les personnages sont réalistes, le commandant Servaz est spécial, tourmenté, mais pas alcoolo, son équipe est bien typée, et les personnages qui gravitent autour peuvent être extrêmement sympathique ou à chier, mais personne n’est mal imaginé.

Pire, un patient de l’aile A du centre psychiatrique de haute sécurité à même des tendances charismatiques.

Par contre, je mettrai mon scepticisme sur le fait qu’on puisse taper 36 mots de passe différents lorsqu’on tente d’allumer un PC ! Je pense qu’après 3, ça bloque, sinon, ce serait trop facile.

Anybref, Glacé est un roman à lire en hiver, pour se mettre encore plus dans l’ambiance, un roman qui se dévore assez vite, malgré ses 750 pages, un roman qui m’a fait fumer les méninges tant j’aurais aimé découvrir le pourquoi du comment, mais pas moyen, je n’ai ouvert les yeux que sur la fin.

Glacé possède des ambiances froides et chaleureuses en même temps et son histoire n’est pas commune, elle sort des sentiers battus, elle nous pousse à nous questionner, et, pendant que l’on tourne les pages, les mains tremblantes, on ne voit plus le temps passer, sans pour autant que le roman ait un rythme à la 24h chrono.

Tout est bien dosé dans ce roman glaçant.

Vous pouvez lire les avis de mes deux copinautes de LC soit chez Bianca, mais aussi chez Stelphique puisque le roman avait été choisi pour le Défi CannibElfique.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018)et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°56 – Le Soldat Blanchi – lire un livre dont la couverture est à dominante blanche).

 

Troupe 52 : Nick Cutter [LC avec Stelphique]

 

Troupe 52 - Nick CUTTER (2)

Titre : Troupe 52

Auteur : Nick Cutter, pseudo de Craig Davidson
Édition : Denoël (14/11/2016)

Résumé :
Une fois par an, le chef scout Tim Riggs emmène un groupe d’adolescents sur Falstaff Island, en pleine nature canadienne, pour trois jours de camping. Et rien de tel qu’une bonne histoire de fantômes et le crépitement d’un feu de joie pour faire le bonheur de la joyeuse troupe.

Mais lorsqu’un individu émacié, qui semble tout droit sorti d’un film d’horreur, débarque sur leur camp, réclamant de la nourriture, le séjour vire au cauchemar.

L’homme n’a pas seulement faim. Il est malade. Un malade comme ils n’en ont jamais vu… et dangereux avec ça.

Coupée du reste du monde, la troupe va devoir affronter une situation bien plus terrible que toutes les histoires inventées autour du feu.

Pour survivre, ils devront combattre leurs peurs, les éléments, et se confronter à leur pire ennemi, eux-mêmes.

À mi-chemin entre « Sa Majesté des mouches » et « 28 jours plus tard », ce thriller qui a fait pâlir d’angoisse Stephen King en personne vous plongera au cœur des ténèbres, à la frontière de la folie.

Critique [Stelphique en bas] :
Ceci sera sûrement ma dernière chronique car c’est sûr, j’ai été infestée… Je sens déjà la faim gronder en moi et je dois me retenir afin de ne pas mordre dans mon clavier pour le bouffer.

— J’AI FAIM !! TRÈÈÈS FAIM !!

Nous étions tranquilles sur la petite île de Falstaff Island, nous 5, les scouts de la Troupe 52, et notre chef, Tim Riggs, un adulte cool et médecin.

On se racontait des histoires qui font peur, on se chambrait, enfin, on chambrait surtout Newton, le petit gros de la bande, le geek, l’intello. On emmerde un peu moins Sheilley, car il est un peu bizarre, il fait peur.

Ephram, faut pas le chercher, il sait se servir de ses poings, son père est taulard, même. Son meilleur ami est Max, il le protège, ils sont ensemble depuis leur bas âge.

Kent, c’est le meneur, le fils du shérif, celui qui pique tout à tout le monde et que personne n’ose remettre à sa place. Celui qui tutoie les profs, le moniteur, celui qui n’obéit pas.

Ceci est donc ma dernière…

Tout est allé très vite après l’arrivée d’un type très malade, très maigre aussi, genre le type qui sort d’un camp de concentration après 10 ans de privations. Il foutait plus la trouille que toutes nos histoires « à faire peur » réunies.

Le pire est arrivé lorsqu’il est mort et que ce qu’il avait en lui est sorti… Argh, quelle horreur, jamais vu ça de ma life, le moniteur médecin non plus.

Je sens tout ça grouiller en moi, me déchirer, monter le long de ma colonne… arriver au cerveau… pas de bol pour eux, j’en ai pas ! Mhouhahahaha… *voix qui s’étrangle* Argh, tiens, si, j’avais bien un cerveau et ils l’ont bouffé.

Si vous voulez frissonner de peur, allez-y, plongez sur le roman et dévorez-le ! Mes amis ont beau être des gamins de 14 ans, chacun a sa petite personnalité et vous ne serez pas déçu de ce que vous lirez car nous n’avons rien à avoir avec les gentils gamins du Club Des Cinq.

Niveau suspense et tension, vous ne serez pas volé sur la marchandise, je vous garanti que votre médecin vous prescrira ensuite des pilules pour faire baisser la tension qui aura monté tout au long du récit.

Et puisque nous ne pouvons que vous conter l’horreur qui s’est produite sur l’île, notre auteur a eu la brillante idée de chiper une idée au King lui-même (Stephen, pas Elvis), celle qu’il avait utilisée dans la narration de Carrie, celle qui ♫ allumait le feu ♫ et dont on racontait une partie des exploits aux travers d’articles de journaux.

Dans notre histoire horrible, vous saurez tout grâce aux extraits de journaux, grâce aux témoignages de miliaires, de médecins, de scientifiques…

Et si vous voulez savoir si je vais m’en sortir et continuer d’écrire des bafouilles, vous devrez d’abord lire Troupe 52, car un scout, quoi qu’il arrive, est toujours prêt !

Prêt à servir, prêt à mourir…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°47 – Détective agonisant – une personne gravement malade meurt dans les premières pages).

Pourquoi je l’ai choisi [Par Stelphique] : 

Ce livre je l’avais repéré avant même sa sortie (vive les teasing de Denoel <3) et puis, on avait envie de se retrouver avec un livre bien effrayant avec ma binôme, histoire de renouer avec nos préférences livresques…

Et puis, quoi de mieux que de se retrouver avec un livre recommandé par le grand, le King de l’horreur, notre cher Stephen King ? Très heureuse d’avoir bousiller nos prévisions de planning en faisait entrer celui ci !

Merci à ma binomette adorée de toujours m’attendre, de toujours dire oui à nos folies, de se laisser séduire par toutes ses tentations de lectures ! Ceci est ♫

Une déclaration, Ma déclaration♫ d’amitié à une femme adorable : Belette, Cannibale de lecture (merci ma poulette, réciprocité de la déclaration © Cannibal).

Synopsis : 

Une fois par an, le chef scout Tim Riggs emmène un groupe d’adolescents sur Falstaff Island, en pleine nature canadienne, pour trois jours de camping. Et rien de tel qu’une bonne histoire de fantômes et le crépitement d’un feu de joie pour faire le bonheur de la joyeuse troupe.

Mais lorsqu’un individu émacié, qui semble tout droit sorti d’un film d’horreur, débarque sur leur camp, réclamant de la nourriture, le séjour vire au cauchemar. L’homme n’a pas seulement faim. Il est malade. Un malade comme ils n’en ont jamais vu… et dangereux avec ça.

Coupée du reste du monde, la troupe va devoir affronter une situation bien plus terrible que toutes les histoires inventées autour du feu. Pour survivre, ils devront combattre leurs peurs, les éléments, et se confronter à leur pire ennemi, eux-mêmes.

À mi-chemin entre Sa Majesté des mouches et 28 jours plus tard, ce thriller qui a fait pâlir d’angoisse Stephen King en personne vous plongera au cœur des ténèbres, à la frontière de la folie.

Ce que j’ai ressenti : 

Ai-je tort de croire qu’il s’agit de l’endroit idéal pour un brin de diablerie ?

Si l’on se rappelait ces soirées de camping entre amis, à se filer la frousse avec les histoires les plus effrayantes à se raconter auprès du feu, parions que cette histoire aurait eu une place de choix dans nos tremblements nocturnes.

Lire Troupe 52, avec ma binôme, au fin fond de nos lits, sous la couette, nous a filé quelques sueurs froides et quelques nausées, mais elle a été un super moment de lecture!

Ce petit groupe dynamique et motivé va bien vite déchanter de leur virée du week-end ! Les devises Scouts vont voler en éclats tout comme les liens d’amitié qui les unissent, ne laissant en bouche qu’un arrière gout amer et une féroce envie de dévorer la vie à pleine dents !

Cauchemardesque à souhait et monstrueusement grouillante, la folle frénésie qui nous prend de lire ses pages est bien à l’image de cette intrigue: effrayante et affamée ! Un page-turner hallucinant, dont on bouffe les lignes, jusqu’au point ultime de fin.

« C’est la nature de tout être vivant. On s’accroche à la vie jusqu’à ce qu’elle nous soit arrachée. Même s’il en reste que des lambeaux, on s’accroche tout de même. »

J’ai été agréablement surprise que l’horreur se tienne tout du long, qu’elle soit sourde et à la fois criante, froide et implacable, juste ce qu’il faut d’écœurante , admirablement ténue.

Entre les petits problèmes d’adolescents et l’inertie des adultes devant ce spectacle de débâcle, j’ai été souvent au bord du vomissement, car les monstres sont d’une évidente frayeur, mais à voir se dessiner la folie pour vendre envers et contre tout, c’est peut encore plus immonde…

« La survie dépendait largement de la capacité de chacun à croire en la possibilité d’une fin heureuse. Vous étiez foutu à partir du moment où vous vous mettiez à imaginer le pire. »

Stephen King avait bien raison d’émettre des réserves pour les âmes sensibles, (je pense que je vais avoir du mal à me remettre de la scène de la tortue…) parce qu’il y a dedans un mélange d’horreur et de tenaces effets grouillants dans nos esprits, qui te tiennent toujours en alerte, toujours plus avec la faim au ventre, qui t’empêchent carrément de dormir tranquille, même à côté de tes amis…

« La seule manière de connaître réellement quelqu’un, c’est de le voir en situation de crise. Les gens s’infligent les pires sévices, Newton. Tu ne peux pas imaginer. Les amitiés, la famille, l’amour et la fraternité, tu peux balancer tout ça par la fenêtre… »

Allez, on parie que tu vas en frémir d’horreur d’aller faire une ballade sur cette île ?!!! Qu’il va se réveiller en toi, une furieuse envie de vivre et de manger les pages de ce thriller terrifiant ??!

Bon appétit et bonne découverte…

« Le silence de la nuit s’étendait au dessus de l’immensité de l’océan. Un paysage d’une tranquillité inimaginable qui instilla la peur dans le coeur de Max. La mort serait-elle ainsi: un silence liquide infini? »

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 9/10

La fille d’avant : J.P. Delaney

Titre : La fille d’avant

Auteur : J.P. Delaney
Édition : Mazarine (08/03/2017)

Résumé :
C’est sans doute la chance de sa vie : Jane va pouvoir emménager dans une maison ultra-moderne dessinée par un architecte énigmatique… avant de découvrir que la locataire précédente, Emma, a connu une fin aussi mystérieuse que prématurée.

À mesure que les retournements de situation prennent le lecteur au dépourvu, le passé d’Emma et le présent de Jane se trouvent inextricablement liés dans ce récit hitchcockien, saisissant et envoûtant, qui nous emmène dans les recoins les plus obscurs de l’obsession.

Critique :
En ouvrant ce roman, laissez vos certitudes sur le paillasson, dehors, shootez dedans, carrément, car l’auteur va jouer avec durant un certain temps…

Durant une grande partie de votre lecture, en fait. Je dois avouer qu’elle a bien joué avec…

On commence doucement, on plante le décor de cette maison à l’architecture épurée, au décor épuré et aux règles contraignantes à foison !

Une des règles précise : interdiction de laisser quoi que ce soit traîner par terre, à aucun moment.

Deux femmes, deux portraits. Emma, avant, Jane, maintenant.

Je l’avoue de suite, jamais je ne pourrais entrer dans la maison de One Folgate Street vu que je ne suis pas prête à me débarrasser de mes affaires, que j’adore empiler les livres, foutre le bordel… Et que oui, j’apprécie encore de me servir de clenche pour ouvrir mes portes et que j’adore pester sur ma douche qui n’est pas moderne au point de me reconnaître et d’adapter la chaleur que j’aime.

1. Dresser la liste de tous les objets qui vous semblent indispensables.

De plus, le questionnaire me ferait hurler et entre nous, One Folgate Street a tout d’un Big Brother puissance 10 ou, par certains de ses comportements, on pense de suite à la voiture Christine, de Stephen King.

Quant à son légitime propriétaire, Edward Monkford, il me colle des frissons dans le dos. Lui c’est ZE grand maniaque qui traîne des casseroles pire qu’un certain FF et qui, de par son comportement ambigu, a tout d’un sociopathe de haut niveau.

– Les violences ne sont pas toujours physiques, souligne Carol, sans hausser la voix. Le besoin d’exercer un contrôle absolu est également une forme de mauvais traitement.
Ces mots me font l’effet d’une gifle. Car je vois bien que, sous un certain angle, ils correspondent à la réalité.

La construction du roman alterne les chapitres avec Emma, qui était la locataire d’avant et avec Jane, qui est la locataire de maintenant, avec, de temps, des dialogues ou des situations qui se répètent, ce qui vous déstabilise et fait naître en vous des frissons de peur car vous ne savez pas encore ce qu’il s’est passé dans la maison de One Folgate Street, sauf que Emma y est morte !

Comme je vous le disais, l’auteur joue avec nos certitudes, joue avec la narration, avec nos nerfs, construisant petit à petit son intrigue et nous dévoilant ce qu’il ressort de l’enquête de Jane au sujet d’Emma.

— Et que se passe-t-il quand quelqu’un qui veut tout contrôler rencontre quelqu’un d’incontrôlable ? Le mélange peut se révéler explosif.

L’écriture est fluide, l’angoisse monte au fur et à mesure qu’on tourne les pages, j’ai eu très souvent envie de hurler à Jane « Fuis, pauvre folle » et je me suis demandée si Edward Monkford tomberait raide mort en entrant dans mon bureau où les piles sont aussi nombreuses que des mensonges chez les politiciens en campagne.

Rien à dire, niveau thriller psychologique, il tient plus que la route et ses promesses car je me suis faite balader durant les 400 pages avec un plaisir immense. Je ne voulais qu’une chose, le terminer, et vite, pour enfin savoir…  Lecture addictive qui m’a obligée à aller dormir assez tard, mais pas de regrets !

Un roman au mystère qui s’épaissit de plus en plus pour mieux jouer avec vos certitudes ou vos pensées, des personnages attachants, plaisants ou qui vous donneront des sueurs froides, comme le maniaque de chez maniaque, Edward Monkford !

Un presque huis clos haletant ! Des comme lui, j’en redemande.

Mais  jamais, au grand jamais, je ne voudrais une maison aussi connectée que celle du One Folgate Street car les règles de vie y sont bien trop contraignantes. Par contre, ça donne un super thriller psychologique…

— Ne vous excusez jamais pour une personne que vous aimez, lui dit-il sans élever la voix. Vous passez pour un connard.

PS : Un tout grand merci à Stelphique de m’avoir conseillé de lire ce livre !!!

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017),   « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), Challenge British Mysteries chez My Lou Book.

[SÉRIE] Sherlock – Saison 4 – Épisode 3 – The Final Problem

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The Final Problem est le troisième épisode de la quatrième saison de la série télévisée Sherlock diffusé pour la première fois sur BBC One et BBC One HD le 15 janvier 2017.

sherlock-saison-4-episode-3-the-final-problem-maxresdefault 1. Synopsis :
Sherlock Holmes et John Watson ont découvert le plus grand secret de Mycroft : il a caché l’existence d’Eurus [SPOLIER] psychopathe à l’intelligence redoutable.

Traumatisé par [SPOLIER]  dans son enfance, la mémoire de [SPOLIER] a fait un blocage complet sur son existence.

Sherlock décide de se confronter à Eurus dans sa prison, mais Eurus l’attend.

sherlock-saison-4-episode-3-the-final-problem-violinsherlock-saison-4-episode-3-the-final-problem-fid17207Ce que j’en ai pensé (chronique garantie sans paraben, sans huile de palme, sans spoliers !!) :
Vu comment les scénaristes vicelards nous avaient laissé à la fin de l’épisode 2, j’avais hâte de voir l’épisode 3 !

Là, j’ai failli avoir la trouille de ma vie, effrayée que j’étais devant cette intro digne d’un excellent film d’horreur, qui n’aurait rien à envier à un certain livre du King.

Oh putain, Mycroft est humain !! Non mais sérieusement, quoi, je commençait à en douter…

Avant d’oublier, mention spéciale pour Mrs Hudson qui passe son aspirateur en écoutant Iron Maiden… Excellent !

Après, l’épisode va nous souffler le chaud et le froid, me donner des sueurs froides, me faire froncer les sourcils, me faire dire « chiqué » ou « pas possible avec si peu de séquelles » et au final, me donner envie de me gratter la tête de dépit tant un truc n’est tout simplement pas logique, pas normal, ou trop exagéré !

J’m’explique sans dévoiler les bijoux de la Castafiore… Sherlock, au moment des faits,  ce n’était pas un gamin de 3 ans qui aurait pu « oublier » l’affaire.

À cet âge là, c’est un peu tard pour se faire  un autre film dans sa tête que ce qui s’est passé en réalité. J’aimerais vous en dire plus, mais pour cela, il faudrait que vous ayez vu l’épisode aussi, sinon, je risque de vous divulgâcher l’affaire.

Pourtant, l’épisode avait du potentiel, notamment dans le fait de pousser les gens dans leurs retranchements, de les faire d’interroger sur ce qui est juste ou pas, sur ce qui est moral ou pas, sur ce qui serait le moins dommageable pour eux, pour les autres.

La personne qui jouera avec les nerfs de Mycroft, Sherlock et John est un esprit torturé, sadique, sans morale, amorale, sans empathie, sans règles, hormis les siennes. Qui a dit « Donald Trump » ?? Oui ça y ressemble, mais ce n’était pas lui, c’était bien pire… mais ce n’était pas président !

Plusieurs fois les scénaristes vont jouer aussi avec nos yeux, se jouant de nous, nous étonnant, jouant avec des événements du passé, qui, présentés ainsi, ont de furieux airs de ressemblance avec le présent, ce qui me fera jurer copieusement avant que je ne me rende compte qu’on jouait avec mes couilles que je n’ai pas.

On nous montre un Mycroft au bord de la crise de nerf, ayant perdu tous ses repères, tous ses gadgets, sa puissance, sa morgue, suant et roulant des yeux devant l’indicible qui se déroule devant lui.

On aura un John Watson raide, redevenant un soldat, mais gardant toujours un part de moralité, tandis que Sherlock, manipulé, devra réfléchir vite, sous tension, en communication avec une petite fille en danger, résoudre des énigmes, le tout dans le stress et comble du comble, sous émotions. Trois personnages torturés et mis dans des situations peu habituelles pour eux.

Le passage avec Molly était des plus poignants, des plus sadiques, des plus durs…

Oui, une fois de plus, les scénaristes nous livrent un Méchant Grandiose, un esprit machiavélique, un esprit retors, fou, sans limites aucune et la voix de Moriarty ne nous aidera pas à avoir un rythme cardiaque stable.

Mon cardiologue pourrait leur intenter un procès pour mise en danger de mon palpitant, si j’en avais un (de cardiologue).

Vous pourriez croire que j’ai adoré l’épisode, mais je vous détrompe de suite : j’ai aimé certaines choses, il avait du potentiel, mais malheureusement, certaines incohérences ou faits trop gros m’ont fait trouver la chose ratée, trop cuite, trop salée, et au final, indigeste.

Une incohérence me reste en travers de la gorge, telle une arrête de poisson et ça me gratte. Je pense qu’un autre « visionnage » à tête reposée de toute la saison 4 me fera du bien, afin de mieux l’appréhender, la regarder en étant plus concentrée (tel le lait de chez Nestlé), afin de voir si je n’aurais pas loupé des choses.

Mais l’incohérence me restera toujours en travers de la gorge, sauf avec une bonne explication… Et encore, j’ai des doutes…

« A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), le Challenge British Mysteries chez My Lou Book, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et Le Mois du polar 2017 chez Sharon.

 

Undertaker – Tome 3 – L’Ogre de Sutter Camp : Xavier Dorison & Ralph Meyer

Titre : Undertaker – Tome 3 – L’Ogre de Sutter Camp

Scénariste : Xavier Dorison
Dessinateur : Ralph Meyer

Édition : Dargaud (27/01/2017)

Résumé :
Dans ce troisième tome d’Undertaker, Jonas Crow n’est plus ce pauvre croque-mort solitaire… même si, lui, aurait bien voulu le rester ! Dorison et Meyer lui ont associé mademoiselle Lin et Rose, la belle Anglaise.

De la douceur dans son monde de brutes ? Pas pour très longtemps…

Un ancien colonel lui apprend que « l’Ogre de Sutter Camp est vivant » ! Son passé trouble pendant la guerre de Sécession ressurgit, et Jonas engage alors sa « troupe » dans une chasse à l’homme et à ses propres regrets…

undertaker_t3_pl3Critique :
Mon pauvre Jonas Crow ! Te voici associé avec les deux bonnes femmes croisées lors des deux albums précédents : la chinoise mademoiselle Lin et l’anglaise Rose…

Mon pauvre ami, tu n’es pas sorti de l’auberge avec Rose qui tente tant bien que mal d’essayer de faire de toi un croque-mort gentleman, celui qui parle avec déférence aux pauvres gens affligés par la douleur de la perte d’un membre de leur famille.

— Jonas, tant que vous continuerez à lancer des répliques telles que « Je ne peux pas réparer le corps de votre parent car il s’est liquéfié vu qu’il est mort dans sa merde et que vous n’en aviez rien à foutre » au lieu de… « Je vous déconseille de voir le corps. Le temps a fait son oeuvre, il n’est pas présentable », eh bien nous continuerons à perdre tous nos clients et nos derniers dollars…

L’inconvénient – ou l’avantage – lorsqu’on bosse avec notre croque-mort, c’est que rien n’est jamais « tranquille » et même la mise en bière d’une femme morte peut donner lieu à une aventure des plus sombres et à cent lieues de ce que nos amis pensaient.

Jonas, notre Undertaker, se prend souvent son passé dans les gencives et une fois de plus, cela se vérifie ici ! Un ancien galonné de sa garnison lui signale que l’Ogre de Sutter Camp est toujours vivant…

Qui est cet ogre ? Un médecin chirurgien et chimiste qui a terminé major de sa promo mais qui a des idées un peu (vachement) sadiques, à vue de nez… Il est prêt à tout pour faire avancer la science médicale, quitte à vous utiliser comme cobaye.

Un nouveau diptyque qui commence de manière fort sombre, assez violente, pas pour les petits enfants (qui risqueraient de faire des cauchemars à la seule mention du mot « médecin »), mais une belle mise en bouche pour une lectrice telle que moi.

Ce cher Undertaker est toujours aussi cynique, il nous sort souvent ses Évangiles personnels dont on devrait constituer un recueil, soit-dit en passant, et qui, sous ses dehors bourrus, a tout de même un cœur… Pour son vautour apprivoisé surtout !

« N’épargne pas aujourd’hui celui qui voudra encore te buter demain ». Évangile du bon sens selon Jonas.

« Qui sème la menace sur Jed pourrait récolter une balle perdue ! » Dicton de Jonas aux chinoises qui feraient mieux de la boucler.

Les dessins sont superbes, avec des couleurs sombres parce que le rose Bisounours détonnerait, on a du suspense, des secrets honteux, des mystères, un Méchant qui a tout d’un gentil (de prime-abord) avec du charisme et un sacré bagout, et un penchant pour le sadisme « utilitaire ». Oui, il le fait pour votre bien… Râlez pas, vous aller aider la chirurgie à avancer !

[Jeronimus Quint] Il n’y a que deux sortes d’êtres agissants sur terre : les monstres et les saints… Les autres ne font qu’exister.

Et puis, en fin de ce premier épisode, nous avons une réflexion qui vaut son pesant d’or car les Monstres ne sont pas toujours ceux que l’on croit ou ceux que l’on pense… Sous des airs de justicier propre ou de bien-pensant, on trouve souvent des âmes aussi noires que celles de ceux que l’on désigne comme Monstre.

La justice que l’on veut donner se transforme souvent en vengeance à appliquer à l’aide de sentences tout aussi horribles que les actes commis par celui que vous pourchassiez.

Vivement la suite car on est parti sur des chapeaux de roues et on reste face à un cliffhanger horriblement sadique et éprouvant pour les nerfs !

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule, Le Mois du polar 2017 chez Sharon (Février 2017) et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (54 pages).

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