Morwenna : Jo Walton [LC avec Stelphique]

Titre : Morwenna

Auteur : Jo Walton
Édition : Denoël (10/04/2014) – Folio SF (2 mai 2016)

Résumé :
Morwenna Phelps, qui préfère qu’on l’appelle Mori, est placée par son père dans l’école privée d’Arlinghurst, où elle se remet du terrible accident qui l’a laissée handicapée et l’a privée à jamais de sa sœur jumelle, Morganna.

Là, Mori pourrait dépérir, mais elle découvre le pouvoir des livres de science-fiction. Delany, Zelazny, Le Guin et Silverberg peuplent ses journées, la passionnent.

Un jour, elle reçoit par la poste une photo qui la bouleverse, où sa silhouette a été brûlée.

Que peut faire une adolescente de seize ans quand son pire ennemi, potentiellement mortel, est une sorcière, sa propre mère qui plus est ? Elle peut chercher dans les livres le courage de combattre.

Critique :
Morwenna n’est pas ce que l’on peut appeler un page-turner que l’on ne peut reposer tant qu’on ne l’a pas terminé.

Ce n’est pas non plus un roman où l’on dévore 200 pages d »un coup, mais plus un roman où l’on picore des pages, se laissant même aller à en lire un autre livre durant sa lecture.

Non pas qu’il n’est pas intéressant ou que l’on s’ennuie durant sa lecture, non, que du contraire, on le lit avec plaisir.

Malgré le fait que l’intrigue soit inexistante et qu’il ne se passe pas grand-chose… hormis quelques rencontres avec des fées.

Ben malgré ça, j’ai passé un bon moment de lecture, pas impérissable, mais agréable.

Gardez à l’esprit que c’est un roman dont il faut prendre le temps de s’imprégner des personnages, des atmosphères, des légendes, des non-dits, des secrets de famille et surtout, ne vous attendez pas à avoir des retournements de situations ou des événements de folie.

Nous sommes en train de lire le journal intime de Morwenna, jeune fille de 15 ans qui a un lien privilégié avec les fées, qui les voit, leur parle. Une jeune fille renfermée depuis le décès de sa jumelle, une jeune fille qui a bien du mal à s’intégrer dans sa nouvelle école.

Morwenna adore la lecture, et plus particulièrement la SF. C’est une véritable serial-lectrice, une cannibale lectrice, car elle en lit plus que moi…

L’auteure, en faisant de son personnage principal une férue de littérature SF, a sans doute eu peur qu’on ne la prenne pas au sérieux, et de ce fait, elle nous balance des tonnes de références littéraires, par l’entremise de Morwenna qui nous donnera tous les titres de ses lectures.

Ça ne m’a pas trop dérangée durant ma lecture, mais je suis d’accord avec ma collègue Babeliotte (Boudicca) qui trouve que citer toute les lectures de Morwenna, c’est exagéré.

Ça va, on a tout de suite compris que l’auteure connaissait son sujet, contrairement à d’autres qui font de leur héroïne des étudiantes en littératures et qui sont en fait des quiches (et pas des fatales).

Le personnage de Morwenna est complexe, difficile à cerner, au départ, et je pensais même que ses références à la magie et aux fées n’étaient que des élucubrations de son esprit pour justifier le comportement des adultes envers elle.

C’est un personnage touchant, comme bon nombre de personnes qui gravitent autour d’elle. Des portraits tout en finesse, réalistes, réussis.

Les choses que j’ai le plus appréciées, ce sont ses réflexions sur la lecture, sur les livres, sur sa compréhension du monde et des gens.

Elle est très mature pour une jeune fille de 15 ans et, tout comme moi, elle ne se trouve pas dans le groupe des filles populaires à l’école, passe plus de temps à lire qu’à avoir des contacts sociaux avec les autres étudiantes… qui, disons-le de suite, sont des pétasses crétines débiles. Ça valait pour les filles de ma classe aussi !

Anybref, ce n’est pas un roman que l’on dévore en bouffant les pages, il ne se passe rien de révolutionnant, ça se lit avec plaisir, mais je pense que d’ici quelques temps, il ne me restera pas grand-chose comme souvenirs marquants de cette lecture.

Pas de regrets de l’avoir lu, d’ailleurs, j’aurais pas osé ne pas le lire, ma binômette de lecture étant très persuasive pour me proposer de switcher la LC prévue en juin avec celle-ci qui comptera pour son challenge elfique.

Et vous le savez bien, j’ai peur !!! PTDR (mille pardons, ma Stelphique, ce fut un plaisir de faire ce switch, mais pas sûr qu’on va faire remonter le bazar chez Lord Arsenik ! – Je parle bien entendu de faire remonter ce livre dans sa PAL).

Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda et le Challenge Printemps Elfique 2017 chez Stelphique.

Pourquoi je l’ai choisi :
Il me fallait un peu honorer mon petit Challenge Printemps Elfique, et il m’aura aussi fallu entrainer ma binomette avec moi, sous peine *de ne plus jamais lui parler*, pour lire ensemble ce livre que l’on décrit comme une merveille avec plein de fées dans ses pages….

Mission réussie et timing parfait avant la clôture, nous finissons donc en beauté ce trimestre féérique!

Synopsis :
Morwenna Phelps, qui préfère qu’on l’appelle Mori, est placée par son père dans l’école privée d’Arlinghust, où elle se remet du terrible accident qui l’a laissée handicapée et l’a privé à jamais de sa sœur jumelle, Morganna.

Loin de son pays de Galles natal, Mori pourrait dépérir, mais elle découvre le pouvoir des livres, notamment des livres de science-fiction. Samuel Delany, Roger Zelazny, James Tiptree Jr, Ursula K. Le Guin et Robert Silverberg peuplent ses journées, la passionnent.

Alors qu’elle commence à reprendre du poil de la bête, elle reçoit une lettre de sa folle de mère : une photo sur laquelle Morganna est visible et sa silhouette à elle brûlée. Que peut faire une adolescente de seize ans quand son pire ennemi, potentiellement mortel, est sa mère ? Elle peut chercher dans les livres le courage de se battre.

Ce que j’ai ressenti : … Une envolée toute en pages et en ailes féériques…

« Qui pourrait vouloir d’un monde de marionnettes? »

Je me suis sentie très proche de ce personnage, dans sa manière de s’abandonner totalement dans ses lectures, en cette période critique de l’adolescence…

J’ai trouvé que l’auteure arrivait à nous faire ressentir cette langueur qui empoissonne le quotidien de cette jeune fille, à subir la lenteur des jours sans enthousiasme, à ressentir le poids écrasant de cet enfermement dans ce pensionnat.

Et finalement, sa liberté se trouve dans les livres, dans ce genre si particulier qu’est la Science-Fiction, qui lui ouvre les portes vers un imaginaire débordant…

« Ce qui m’a toujours plu dans la science-fiction, c’est qu’elle vous fait réfléchir et regarder les choses sous des angles auxquels vous n’auriez jamais penser. »

C’est très beau cette manière d’aimer autant la littérature, d’aller explorer d’autres univers, d’apprécier autant  le poids des mots, de rendre hommage aux plus grandes œuvres écrites…

Chaque piste de lecture est à noter soigneusement et je serai bien partante pour m’en faire quelques unes, notamment « Le Seigneur des Anneaux », puisque cette jeune fille le connait par cœur!

Morwenna adore lire, et ça fait plaisir à voir! On se sent un peu complice de ses envolées, intéressée par toute cette ronde d’auteurs qu’elle nomme comme les plus passionnants, et j’aurai bien aimé participer à ce Karass/Club de Lecture entièrement animé au nom de la SF…

« J’avais des livres, de nouveaux livres, et je peux tout supporter tant que j’en ai. « 

Les fées que l’on découvre au sein de ses pages m’ont vraiment charmée. Dans cette façon d’être tangible sans l’être tout à fait, d’être imparfaites mais empreintes de merveilleux , d’illuminer le quotidien sans être lumineuses, d’avoir du pouvoir magique mais dépendante du monde humain…

J’ai beaucoup aimé l’idée de l’auteure de faire un parallèle entre fées et fantômes, de ce besoin de se raccrocher au fantastique pour appréhender la douleur, de créer une sorte d’échappatoire féérique qui soulage de la souffrance du monde réel…

« Quoi qu’il en soit , si la plupart des gens ne voient pas les fées parce qu’ils n’y croient pas, les voir n’est pas une mauvaise chose. Certains des plus beaux êtres que j’ai jamais vus sont des fées. »

« Si vous aimez suffisamment les livres, les livres vous aimeront en retour. »

Dans ce journal intime, l’héroïne se dévoile, grandit, mûrit, guérit ses plus grandes blessures, affronte son passé bancal, mais garde farouchement son âme d’enfant, un pont indestructible vers l’imaginaire…Cette jeune adulte en devenir, nous offre ses plus intimes cheminements ainsi que de jolies réflexions, pour un moment de lecture tout en charme et en féérie.

… Dum spiro spero – « Tant que je respire, j’espère »

Ma note Plaisir de Lecture  8/10

Lien vers la chronique originale de Stelphique 

 

Morwenna : Jo Walton [LC avec Stelphique – Intro]

— ♫ Tagada tagada, voilà Jo Walton, Tagada, tagada, il n’y a plus personne ♪ C’était Jo Walton ♪
— Oups, ma chère Belette, tu risque d’en faire fuir certains, si tu te mets à chanter.
— Pas grave ! Ils sont juste jaloux de ma sublime voix, c’est tout.
— Je ne dirais pas ça, murmura Stelphique, dubitative.
— Tu disais ?
— Non, rien… Juste que c’est chouette que l’on ait chamboulé notre LC de juin pour la remplacer par celle-là. Rien que pour mon challenge printemps elfique.
— J’aurais pas osé dire le contraire, tu m’as frappé ! Menacée, torturée. Pire, tu m’a même menacée de ne plus ma causer…
— Heu, Belette, t’en ferais pas un peu trop, là ??
— Si, mais bon, c’est pour maintenir le folklore et puisque notre LC du mois portera, pour finir, sur une plongée inquiétante dans le folklore gallois, autant rester dans le ton. De plus, la vérité est que tu m’as réellement menacé de ne plus ma causer… De la SF ce genre de promesse, mais bon, j’ai eu la trouille, moi !
— C’est cela oui, c’est cela…
— Bon, puisque tu me causes toujours, parle-moi un coup de ce que nous allons lire.
— Imagine ce que nous allons découvrir : un roman touchant et bouleversant qui a été récompensé par les deux plus grands prix littéraires de la science-fiction, le prix Hugo (décerné par le public) et le prix Nebula (décerné par un jury de professionnels). Il a en outre reçu le British Fantasy Award. C’est pas beau tout ça ?
— Si le ramage des critiques littéraires ressemblent au plumage du roman, assurément, ce sera le phénix des ôtes de ma biblio…
— Bien, Belette, bien… Bon, et maintenant, arrête de causer, de chanter, et lis !
— ♫ Tagada tagada, voilà Jo Walton, Tagada, tagada, il n’y a plus personne ♪ C’était Jo Walton ♪

Stelphique, dans ses grandes colères… PTDR

L’Opossum rose : Federico Axat

Titre : L’Opossum rose

Auteur : Federico Axat
Édition : Calmann-Lévy (12/10/2016)

Résumé :
Désespéré, Ted McKay est sur le point de se tirer une balle dans le crâne lorsque le destin s’en mêle et qu’un inconnu sonne à sa porte. Et insiste. Jusqu’à lui glisser un mot sur le palier.

Un mot écrit de la propre main de Ted, et on ne peut plus explicite : Ouvre la porte. C’est ta dernière chance.

Ted ne se souvient absolument pas avoir écrit ce mot. Intrigué, il ouvre à l’inconnu, un certain Justin Lynch. Et se voit proposer un marché séduisant qui permettrait d’épargner un peu sa femme et ses filles : on lui offre de maquiller son suicide en meurtre.

Critique :
Ted McKay en a marre de la vie, le révolver est prêt, il va se tirer une balle dans la tête… Merde, on sonne ! Merde, on insiste, en plus !

Qui pourrait venir te faire chier quand tu ne veux pas être dérangé ? Le percepteur des contributions de Raymond Devos ? Les témoins de Jéhovah ?

Non, un type avec LA solution pour en finir plus proprement, mais avant, faut juste accomplir un petit truc… Heu, tu vas quand même le faire, Ted ??

Voilà un roman que je qualifierais de foutraque dans le sens où des tas de genres viennent se mélanger, harmonieusement, je précise, pour nous donner un roman inhabituel qui m’a fait passer un très bon moment de lecture.

Afin de mieux le vendre, les gars du marketing ont sans doute exagérés un brin (ou fumé la moquette) car ils nous disaient que pour la recette, on avait pris quelques ingrédients hitchcockiens, un peu de l’audace de Jules Verne, deux ou trois astuces du Mystère de la chambre jaune, quelques personnages façon Stephen King, l’atmosphère de Shutter Island, les scripts de Christopher Nolan, The Game et quelques épisodes de Lost.

Laissez tomber les phrases inventées par les gars du marketing, c’est pas ainsi qu’ils vendront des livres et entrez dans ce roman totalement détendu, puis laissez les tensions lentement gagner votre corps et votre cerveau patauger dans la semoule en tentant de comprendre avant le mot « fin » de quoi il retourne. Vous n’y arriverez pas.

Si au départ je me suis demandée où l’auteur comptait m’emmener, si j’ai eu peur à un moment donné qu’on n’ait rembobiné la K7 au point de départ,  j’ai vite compris qu’il n’en était rien et je me suis laissée faire.

De temps en temps, l’auteur me bousculait un coup, mais j’étais bien campée dans mon divan ! Et puis, soudain, le coup fut plus violent, plus fort, plus déstabilisant… Et à chaque fois, je le sentais me frapper plus fort, jusqu’à terminer avec la batte de base-ball. K.O.

Si l’écriture ne révolutionnera rien, le scénario, lui, en revanche, à dû être une prise de tête pas possible pour l’auteur afin d’arriver à nous produire une poupée gigogne où toutes les figurines devaient s’emboiter parfaitement, le tout présenté sous forme de toile d’araignée, sans que le lecteur y perde son fil d’Ariane.

Ou son fil de Ted McKay car c’est tout de même lui le personnage principal, lui qui nous emmène dans son histoire, et lui qui, tout comme nous, se prendra quelques révélations dans la gueule. Sacré Ted… Quel truc de ouf on vient de vivre, tout les deux !

Un roman psychologique que j’ai terminé avec la tête en vrac, des pétillements dans les yeux, car j’avais été menée dans un labyrinthe démoniaque jusqu’à ma rencontre avec le Minotaure et là, j’ai applaudis des deux mains parce que nom de dieu, qu’est-ce que c’était bon de perdre ses points de repères, ses certitudes, son latin.

Un roman bluffant, un roman que je n’aurais sans doute pas lu sans les critiques élogieuses de mes petits camarades (Yvan, Ju Lit, Pierre), un roman dont les 200 dernières pages (la moitié, quoi) ont été bouffées d’un seul coup, me faisant aller au lit à minuit alors que lundi, faut aller bosser…

Pas de regrets, le scénario hyper bien ficelé qui en valait la peine !

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule et le Challenge du « Mois Espagnol » chez Sharon (Mai 2017) – Auteur Argentin.

Green Blood : Masasumi Kakizaki

Titre : Green Blood – Tomes 1 à 5

Scénariste : Masasumi Kakizaki
Dessinateur : Masasumi Kakizaki

Édition : Ki-oon (2013) – Série terminée

Résumé :
À Manhattan à la fin du XIXe siècle, misère, criminalité et prostitution ravagent le quartier de Five Points, immense ghetto où échouent tous les laissés-pour-compte du rêve américain.

La pègre, qui a corrompu les autorités, y fait régner sa loi. Au sein de la marée d’immigrants qui transitent par New York jour après jour, le jeune Luke Burns s’efforce de rester honnête et joue les dockers pour survivre.

Il sait, comme tout le monde, que le clan mafieux le plus dangereux de la ville, les Grave Diggers, s’appuie sur des assassins impitoyables pour asseoir son autorité.

Mais ce qu’il ignore, c’est que le plus célèbre et le plus redoutable d’entre eux, le Grim Reaper, n’est autre que son frère aîné, Brad…

Critique :
Un manga aux airs de western… Des grands manteaux, des chapeaux, des flingues… Ça ne peut pas être mauvais, tout ça !

Et en effet, c’était bon, même si, dans ce manga western, on est dans du violent et du parfois « un tantinet exagéré », mais l’ensemble tient la route.

On commence dans un quartier de New-York, il y a fort, fort longtemps, dans les années 1880… La pègre règne sur tout le quartier de Five Points, ghetto habité par des pauvres gens qui crèvent de misère et qui trime du matin au soir. Bref, l’Amérique d’en bas !

Luc Burns est une jeune garçon qui s’en va suer au boulot avec le sourire, il entretient son grand frère, Brad, qui a l’air de pas en foutre une dans la journée, mais ce que Luc ne sait pas, c’est que Brad est le tueur à gage des Grave Diggers. Le fameux Grim Reaper dont tout le monde parle et craint, c’est lui.

Brad Burns est un tueur implacable et sévèrement burné… Ok, jeu de mot foireux, je sais.

Des tons sombres, des visages fermés, des yeux bizarres, parfois, limite globuleux, des morts, du sang, deux clans qui s’affrontent pour être le seul calife à Five Points, bref, que des salopards de chez salopards.

Sauf notre Luc qui reste toujours un optimiste convaincu, un non-violent… Le véritable gentil qui fait preuve d’altruisme, d’empathie, de générosité alors que son frère aîné ne rêve que de vengeance : tuer leur père, Edward King, qui tua lui-même leur mère.

Oui, c’est pas gai, je sais ! Mais c’était pas le monde des Bisounours non plus, en ce temps-là !

Ici, Police, Pègre et Politique sont dans le même bain, ils commencent tous par la même lettre, ce ne doit pas être un hasard… Les flics sont corrompus, arrosés par la pègre pour fermer les yeux et les politiciens ne sont pas des enfants de coeur non plus.

Si les deux premiers tomes se déroulent dans le quartier de Five Points, le reste se passe dans les immenses plaines de l’Amérique, les deux frères étant à la poursuite de leur père, chef de gang lui aussi, dans le but de lui trouer la peau et, chose étonnante, Luc a pris les armes, même si tuer n’est pas toujours facile pour lui.

Pas le temps de s’ennuyer, ça bastonne, ça cartonne, ça complote en coulisses et le Méchant (Kip McDowell) est assez réussi dans le genre psychopathe qui veut devenir calife à la place du calife (Gene McDowell, son père et le chef des Grave Diggers) et qui pense qu’il en a les couilles, qui a déjà tué (des clodos sans défense), et qui, à force de vouloir dégager Grim Reaper, risque de s’en prendre sur la gueule.

De plus, des flash-back émaillent le récit afin de nous faire revivre certaines scènes importantes de la vie de Luke et Brad, ou de l’arrivée sur le continent américain de leur père, Edward King, avec d’autres migrants.

Les dessins sont superbes, nerveux, sombres, rendant bien la sauvagerie de certaines scènes (ou la douceur des autres), ainsi que les décors miséreux des taudis ou des grandes plaines de l’Ouest.

Par moments, je l’ai trouvé un peu trop stéréotypés, avec le Méchant Kip aux yeux qui lui sortent des orbites, ou Edward King, qui est une montagne de muscles un peu trop exagérée. Ceci est un détail…

C’est sombre, sanglant, violent, sans concession, les personnages principaux que sont Brad et Luke vont devoir prendre sur eux, changer, évoluer, se battre, afin de rester en vie et de venger l’assassinat de leur mère.

Si Luke est touchant à être aussi gentil et prompt à aider les autres, Brad a aussi un coeur qui bat sous la cape noire du tueur car il est prêt à tout pour protéger son petit frère. Au final, aucun des deux n’est ni tout blanc, ni tout noir, car chacun pourra passer du côté obscur ou lumineux de la Force.

Bref, une fois que j’eu commencé le premier tome, je n’ai eu qu’une seule envie, me faire les autres et ça tombait bien parce que les 5 tomes qui composent cette série étaient tous disponibles et j’ai pu les avaler l’un à la suite de l’autre.

Un manga western qui se joue dans la fureur et qui a à vous offrir du sang, de la peine, des larmes et de la sueur. Une belle histoire de fraternité entre deux frères que tout oppose dans le caractère et la manière de vivre, ainsi qu’avec leur père, bête assoiffée de sang, prêt à tout pour remplir ses poches.

Une chouette découverte pour moi que ce manga seinen western et roman social !

PS : J’aurais bien mis 4 Sherlock, mais bon, nous sommes dans un manga, malgré tout, mon 3,5 est une excellente cote pour celui ou celle qui voudrait découvrir un manga nerveux, sombre et sanglant (Yvan, tu peux balancer sur le système de cotation…).

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule, le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

Version officielle : James Renner

Titre : Version officielle

Auteur : James Renner
Édition : Super 8 éditions (09/02/2017)

Résumé :
Professeur d’histoire, Jack Felter revient dans sa petite ville natale de l’Ohio. Son père, pilote à la retraite atteint de démence, est en train de perdre la mémoire.

Ce retour forcé ravive de douloureux souvenirs : celui de Samantha, la fille dont il tomba amoureux et qui a fini par épouser Tony Sanders, un psychiatre et son ancien meilleur ami. Sauf que Tony a disparu depuis maintenant 3 ans, et est présumé mort.

Le seul qui semble capable de lui apprendre quelque chose est Cole Monroe, le dernier patient de Tony – un garçon de 16 ans soigné pour paranoïa. Jack est contraint de faire cause commune avec lui pour suivre la trace de son ami. Leur quête – sidérante – va les mener de Manhattan à des structures secrètes enfouies sous les montagnes des Catskills, pour s’achever sur une île secrète du Pacifique.

L’enjeu ? Aux frontières de la folie et du temps, percer le mystère du Grand Oubli, cette gigantesque conspiration chargée de dissimuler les véritables évènements de la Seconde Guerre mondiale.

Tandis que tout ce que pensait savoir Jack s’effondre, une question demeure, essentielle : est-il préférable d’oublier notre plus grande erreur, ou de se la rappeler pour ne plus jamais la commettre ?

Critique :
Jack Felter n’a rien d’un héros, rien d’un Indiana Jones, c’est juste un prof d’histoire qui revient dans sa ville natale, en Ohio, afin d’aider sa soeur à s’occuper de leur père atteint de démence et d’Alzheimer.

Je viens d’écrire ces quelques lignes et déjà j’ai des doutes en ce qui concerne ce que je viens de pianoter sur mon clavier.

Est-ce bien la réalité ou ai-je déjà été réinitialisée ??? Le calendrier me signale que nous sommes jeudi 23 mars 2017, mais depuis que j’ai dévoré ce roman, je ne me fie plus aux calendriers.

Putain, j’espère qu’on ne va pas faire un bon en arrière dans le temps car je n’ai pas envie de refaire ma journée de travail ! Merde quoi !

Si vous lisez ce roman (et je vous le conseille), laissez une fois de plus vos certitudes à la porte et laissez-vous emporter par le récit qui risque de vous laisser choir votre mâchoire à un moment donné.

Sur le moment, j’ai pensé à voix haute « Hé oh, faut pas pousser bobonne dans les orties, là, surtout quand elle n’a pas de petite culotte », j’ai même failli déposer le roman – bête que j’aurais été – quand je me suis souvenue que j’étais dans de la fiction, de la science-fiction, ou dans une sorte d’uchronie dystopique.

Bon sang, mais c’est bien sûr ! Tout était normal…

Si vous êtes amateur de grand complot mondial, ce roman est pour vous ! Si ce genre de couillonades vous faire sourire doucement, ce roman est pour vous aussi car il risque de vous divertir et de vous faire réfléchir.

Souvenez-vous de vos cours d’Histoire reçus à l’école, qui, comme vous l’avez sûrement remarqué, ont tendance à changer de version au fil des générations ou selon la personne qui s’approprie le fait historique.

D’ailleurs, lorsque je découvre toutes les faussetés historiques qu’on nous a fait gober à l’école, je me dis que l’Histoire est souvent un beau mensonge arrangé par les vainqueurs.

Ici, vu la théorie,  je dois dire que l’auteur a une sacrée paire de couilles pour reprendre des faits historiques mondiaux tels que ceux abordés dans ce roman et de les coupler avec une tragédie américaine post  année 2000.

Et vous savez le pire ? C’est que ça marche du tonnerre ! Tout se goupille l’un dans l’autre et la sauce prend sans avoir besoin d’en faire des tonnes pour vous la faire avaler.

Si j’ai ricané au départ devant ce que je pensais être un truc de fou, je n’ai plus ri ensuite et j’étais tellement absorbée par l’histoire que j’aurais bien tout lâché pour finir le roman de suite. 430 pages, tout de même, ça fait un sacré morceau.

Oui, absorbée je l’étais ! Normal, l’écriture était agréable, les personnages bien campés, diversifiés, réalistes, le mystère et le suspense montent doucement pour ne plus vous quitter ensuite et jusqu’au dernier moment vous vous accrochez à ces pages comme si votre vie en dépendait.

Ce roman qui mélange l’uchronie et la dystopie risque de vous laissera pantois devant ces théories dignes d’un conspirationniste mais qui, dans la trame du roman, restent tout à fait réalistes. Elles s’intègrent parfaitement au récit et on prend tout comme si de rien n’était.

Oui, j’ose le dire, moi qui suis une grande septique et dont les théories des conspirationnistes ou les Grands Complots Mondiaux me font toujours ricaner.

Un roman divertissant et troublant, même si dans le fond, je sais que ce n’est pas possible… Quoique… J’ai des doutes, là, subitement !

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

Là où naissent les ombres : Colin Winnette

Titre : Là où naissent les ombres

Auteur : Colin Winnette
Édition : Denoël (22/04/2016)

Résumé :
Plongez dans l’essence même de l’Amérique profonde et violente, celle des âmes perdues.Brooke et Sugar se disent frères et sont chasseurs de primes.

Partout où ils passent, ils sèment effroi et désolation. Contraints de quitter la ville après une tuerie particulièrement violente, ils se réfugient dans les bois.

Un matin, à leur réveil, ils trouvent à leurs côtés un mystérieux garçon amnésique. Ils l’appellent Bird et en font leur mascotte. Lors d’une expédition punitive dans un village, les deux frères sont capturés par la police locale et mis en prison.

Brooke parvient à s’enfuir, mais Sugar, sorte de bête humaine, sale et effrayante, reste derrière les barreaux.Là où naissent les ombres est un western acide et désespéré auquel seuls une veuve, un orphelin et un nourrisson apportent une touche d’humanité.

Critique :
Nombreux étaient ceux qui en disaient du bien, de ce roman qui révolutionnait le western… Sur Babelio ou sur les blogs des potes ! J’avais donc fortement envie de me frotter à ce roman que l’on déconseillait aux âmes sensibles car c’était un roman à l’aura très noire.

N’étant pas une personne sensible de ce point de vue là, adorant les romans à l’aura sombre, je me suis engagée dans l’histoire avec un sourire affiché sur ma figure.

Waw, deux chasseurs de primes qui allaient passer de chasseurs à proies ! Un western d’une noirceur absolue qui devait me prendre aux tripes dès les premières pages…

Je n’attendais que ça, moi ! J’aurais bien hurlé « Oh oui, vas-y, prends-moi par les tripes, grand fou ! » tant j’avais envie de me faire tripoter la bidoche par ce western que l’on disait sombre et noir avec des sombres héros…

Ben j’ai vite déchanté ! Non pas que mon cœur se soit révélé soudainement sensible ou qu’un sort ait fait de moi une fleur bleue…

Que nenni ! Mais je n’ai pas réussi à entre dans ce roman, les dialogues m’ont fait soupirer d’ennui, les personnages aussi (j’aimais mieux les frères Sisters) et les situations m’ont fait bailler à m’en décrocher la mâchoire.

Bref, j’ai abandonné le récit vers la  page 60 tant j’en avais ma claque et malgré les sauts de lignes ou de page, je n’ai jamais réussi à trouver un intérêt pour le récit.

Certes, les personnages ne sont aucunement attachants, mais ce n’est pas ça qui me rebute, loin de là. Ils étaient bourrés de secrets, ce n’en était que mieux… Une écriture froide n’est pas toujours un signe qu’elle va me déplaire…

Faut croire qu’ici, ça l’était dans ce roman-ci où je n’ai accroché à rien et où tout m’a ennuyé.

Ça m’arrive rarement, mais de temps en temps, sur certaines lectures, je coince… Et ça me fait râler !

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

Undertaker – Tome 3 – L’Ogre de Sutter Camp : Xavier Dorison & Ralph Meyer

Titre : Undertaker – Tome 3 – L’Ogre de Sutter Camp

Scénariste : Xavier Dorison
Dessinateur : Ralph Meyer

Édition : Dargaud (27/01/2017)

Résumé :
Dans ce troisième tome d’Undertaker, Jonas Crow n’est plus ce pauvre croque-mort solitaire… même si, lui, aurait bien voulu le rester ! Dorison et Meyer lui ont associé mademoiselle Lin et Rose, la belle Anglaise.

De la douceur dans son monde de brutes ? Pas pour très longtemps…

Un ancien colonel lui apprend que « l’Ogre de Sutter Camp est vivant » ! Son passé trouble pendant la guerre de Sécession ressurgit, et Jonas engage alors sa « troupe » dans une chasse à l’homme et à ses propres regrets…

undertaker_t3_pl3Critique :
Mon pauvre Jonas Crow ! Te voici associé avec les deux bonnes femmes croisées lors des deux albums précédents : la chinoise mademoiselle Lin et l’anglaise Rose…

Mon pauvre ami, tu n’es pas sorti de l’auberge avec Rose qui tente tant bien que mal d’essayer de faire de toi un croque-mort gentleman, celui qui parle avec déférence aux pauvres gens affligés par la douleur de la perte d’un membre de leur famille.

— Jonas, tant que vous continuerez à lancer des répliques telles que « Je ne peux pas réparer le corps de votre parent car il s’est liquéfié vu qu’il est mort dans sa merde et que vous n’en aviez rien à foutre » au lieu de… « Je vous déconseille de voir le corps. Le temps a fait son oeuvre, il n’est pas présentable », eh bien nous continuerons à perdre tous nos clients et nos derniers dollars…

L’inconvénient – ou l’avantage – lorsqu’on bosse avec notre croque-mort, c’est que rien n’est jamais « tranquille » et même la mise en bière d’une femme morte peut donner lieu à une aventure des plus sombres et à cent lieues de ce que nos amis pensaient.

Jonas, notre Undertaker, se prend souvent son passé dans les gencives et une fois de plus, cela se vérifie ici ! Un ancien galonné de sa garnison lui signale que l’Ogre de Sutter Camp est toujours vivant…

Qui est cet ogre ? Un médecin chirurgien et chimiste qui a terminé major de sa promo mais qui a des idées un peu (vachement) sadiques, à vue de nez… Il est prêt à tout pour faire avancer la science médicale, quitte à vous utiliser comme cobaye.

Un nouveau diptyque qui commence de manière fort sombre, assez violente, pas pour les petits enfants (qui risqueraient de faire des cauchemars à la seule mention du mot « médecin »), mais une belle mise en bouche pour une lectrice telle que moi.

Ce cher Undertaker est toujours aussi cynique, il nous sort souvent ses Évangiles personnels dont on devrait constituer un recueil, soit-dit en passant, et qui, sous ses dehors bourrus, a tout de même un cœur… Pour son vautour apprivoisé surtout !

« N’épargne pas aujourd’hui celui qui voudra encore te buter demain ». Évangile du bon sens selon Jonas.

« Qui sème la menace sur Jed pourrait récolter une balle perdue ! » Dicton de Jonas aux chinoises qui feraient mieux de la boucler.

Les dessins sont superbes, avec des couleurs sombres parce que le rose Bisounours détonnerait, on a du suspense, des secrets honteux, des mystères, un Méchant qui a tout d’un gentil (de prime-abord) avec du charisme et un sacré bagout, et un penchant pour le sadisme « utilitaire ». Oui, il le fait pour votre bien… Râlez pas, vous aller aider la chirurgie à avancer !

[Jeronimus Quint] Il n’y a que deux sortes d’êtres agissants sur terre : les monstres et les saints… Les autres ne font qu’exister.

Et puis, en fin de ce premier épisode, nous avons une réflexion qui vaut son pesant d’or car les Monstres ne sont pas toujours ceux que l’on croit ou ceux que l’on pense… Sous des airs de justicier propre ou de bien-pensant, on trouve souvent des âmes aussi noires que celles de ceux que l’on désigne comme Monstre.

La justice que l’on veut donner se transforme souvent en vengeance à appliquer à l’aide de sentences tout aussi horribles que les actes commis par celui que vous pourchassiez.

Vivement la suite car on est parti sur des chapeaux de roues et on reste face à un cliffhanger horriblement sadique et éprouvant pour les nerfs !

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule, Le Mois du polar 2017 chez Sharon (Février 2017) et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (54 pages).

BILAN LECTURE - Veux la suite

Equateur : Antonin Varenne

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Titre : Equateur

Auteur : Antonin Varenne
Édition : Albin Michel (01/03/2017)

Résumé :
USA. 1871. Pete Ferguson est un homme en fuite. Il a déserté l’armée durant la guerre de Sécession, est recherché pour meurtre dans l’Oregon, pour vol et incendie dans le Nebraska.

Sous le nom de Billy Webb, il est embauché par des chasseurs de bisons qu’il quitte après un différend sanglant. Il croise alors la route de Comancheros qu’il suit jusqu’au Mexique, d’où il s embarque pour le Guatemala…

Quoi qu’il fasse, où qu’il aille, Pete attire les problèmes et fait les mauvais choix. La violence qui l’habite l’éloigne toujours plus de ceux qu’il aime : son frère Oliver, resté au ranch Fitzpatrick avec Aileen, Alexandra et Arthur Bowman.

C est une femme qui changera son destin, une Indienne Xinca chassée de sa terre natale.

Pour la sauver, il fera échouer une tentative de coup d’état. Ensemble, ils iront jusqu’à l’équateur dont Pete a fait son graal et où il pense que les forces régissant ce monde s’inverseront enfin.

equateur-antonin-varenneCritique :
♫ Je n’suis bien avec personne car j’suis Pete Ferguson ♪ Et j’m’attire des misères ♫ Dès que je ne suis plus solitaire ♪ En moi j’ai d’la violence, à ma vie j’cherche un sens ♪

♫ Je talonne mon stalion, Et voici qu’il galope ventre-à-terre ♫ J’irai pas au Paradis, mon enfer est sur terre ♫

♫ Et si je meurs demain, C’est que tel était mon destin ♪ Je tiens bien moins à la vie qu’à mon superbe bourrin ♪ (1)

Lorsque j’avais tourné la dernière page de « Trois mille chevaux vapeurs », j’avais pesté sur le mot « Fin » apposé à la dernière page car j’aurais encore bien repris 200 pages de plus des aventures du bourru ex-sergent Arthur Bowman.

L’auteur a dû entendre mes doléances car voici qu’il vient de m’écrire 340 pages des aventures de Pete Ferguson, un des gamins déserteurs que Bowman avait caché dans son ranch.

Si Bowman avait un caractère ronchon, bourru, et une belle descente, on peut dire qu’il n’arrive pas à la cheville de Pete, ce garçon qui a dû grandir trop vite tout en évitant les coups de son paternel, qui a vu sa mère mourir trop jeune et à dû protéger son petit frère. Depuis, il a la haine sur tout, même sur son cheval, parfois !

Sérieusement, il y a eu des pages dans le roman où j’aurais bien baffé Pete, toujours en rogne sur tout le monde, sur le système, sur le pays, sur ses habitants… Tout !

C’est un personnage torturé, qui a la haine et qui pense qu’en allant jusqu’en Équateur, sa rédemption sera accomplie, croyant, à tort, que les forces régissant ce monde s’inverseront enfin puisqu’en Équateur, les pyramides tiennent sur leur pointe et que tout est inversé.

Par contre, Pete ferait le bonheur de Pôle Emploi vu ses compétences ! Visez un peu tout ce qu’il peut mettre sur son C.V : déserteur, incendiaire, chasseur-pisteur et dépeceur de bisons, marin, mercenaire, orpailleur et buveur. La classe, non ?

Ben non… Quoique que Pete fasse, ça se termine en eau de boudin, dans la violence, celle qui lui colle au corps, aux basques, à la peau, celle héritée de son père auquel il ne veut pas ressembler et qui, pour finir, est devenu lui.

Pourtant, on s’y attache au Pete ! Il a de la violence en lui, mais il y a aussi de la fragilité, un besoin de rédemption, du désespoir, le besoin d’accomplir une quête.

Ce roman commence comme un western, peu de temps après la fin de la guerre de sécession, avec une chasse au bisons, où l’on tue des bêtes uniquement pour leur fourrure, laissant pourrir les carcasses ensuite sur la plaine. Une gabegie, un gaspillage honteux…

Et puis, on passe au Mexique, on côtoie des Comancheros, on franchi le Rio Grande et on s’enfonce toujours plus bas, jusqu’en Guyane Française, on passe au Brésil, pour remonter ensuite aux États-Unis, bouclant le périple par où on l’avait commencé.

340 pages magnifiques, des portraits hauts en couleurs, une description de la vie de l’époque sans fioritures, telle qu’elle était, avec des gens qui se foutaient pas mal de la préservation des espèces et de la survie des Indiens. Des coureurs des plaines qui survivaient avec le peu qu’ils gagnaient en vendant les peaux de bisons…

On y croise toute une foule de personnages, des bons, des sympas, des abjects, des salauds, des marins d’eau douce ou de mer, des poètes, des révolutionnaires, des indiens Xinca chassés de leurs terres natales (un concept typiquement humain de voler les terres des autres), des bagnards de Cayenne,…

Quel voyage mes amis ! Pourtant, j’ai eu aussi de la nostalgie lorsque je suis arrivée à la dernière page, comme avec Arthur Bowman, j’aurais encore bien parcouru une fois de  plus le continent en compagnie de Pete Ferguson et de ses démons.

Merci à l’auteur de m’avoir écrit ce fabuleux roman et merci à Masse-Critique de Babelio de m’avoir permis de le lire en avant-première.

(1) Parodie de la chanson « Massey Ferguson » de Jean-Marie Bigard, elle-même parodiée sur « Harely Davidson » de B.B

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule, Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, Le Mois du polar Février 2017 chez Sharon et le RAT a Week Winter Edition Saison 2 chez Chroniques Littéraires (340 pages – 200 lues = 140).

Étoile 4

La prunelle de ses yeux : Ingrid Desjours [WRC – Chronique d’une autopsie littéraire annoncée]

logo-chronique-prunelle

Par THE WOMEN’S READING CLUB (WRC)

Conception et idée originale : Stelphique, Mon féérique blog littéraire !!!
Direction logistique : Belette, The Cannibal Lecteur 
Direction artistique : Nathalie, Sous les pavés la page

Chronique autopsie annoncée

Je soussigné, docteur Jack The Reader, Chef du Service de Médecine Légale; certifie avoir procédé à ce jour, en vertu de la réquisition du Cannibal Lecteur, à l’examen médico-légal du roman « La prunelle de ses yeux » de Ingrid Desjours.

Dossier n°03

Madame Ia Belette Cannibal Lecteur, Suite à votre réquisitoire du 22 décembre 2016, en cause j’ai l’honneur de vous faire savoir que j’accepte la mission que vous m’avez confiée.

Je jure de remplir ma mission en honneur et conscience avec exactitude et probité.

Nous avons accompli notre mission et consignons dans le présent rapport, les résultats de nos examens, observations et investigations.

Silence on autopsie un livre

Description du sujet autopsié : Pas de résumé, moins on en sait et mieux on se porte dans cette histoire.

Date du crime d’édition : 13 octobre 2016, cadavre récent.

Arme du crime : L’autorité ! Mais l’autorité agressive, celle qui fait peur, celle qui fait agir les gens comme des braves petits chienchiens à leur maîmaître.

Le respect de l’autre est bafoué, il n’existe pas, le droit à la différence non plus. Assassinés, tout simplement avec l’aide de l’indifférence et de l’envie d’appartenir à la Meute.

Nous sommes dans une Haute École, une boîte à élite, celle qui forme les dirigeants de demain et certains ne sont pas des Flamby ! Tous les moyens sont bons et la fin justifie les moyens. Que le meilleur gagne.

« Il s’agit ici de la mètis, un terme grec désignant l’intelligence et la ruse mises au service de la survie, la capacité à se mettre dans la peau de son adversaire pour imaginer ce qu’il ne peut voir ou concevoir, afin de mieux le piéger ».

Suspects : Ingrid Desjours, serial auteur des plus prolifiques, dont je n’ai pas encore eu l’honneur et le plaisir d’autopsier tout les cadavres qu’elle a commis. Notre suspecte a un air angélique, mais il ne faut pas s’y fier, c’est psychocriminologue qui a exercé de nombreuses années auprès des criminels sexuels belges.

Autant dire que son casier judiciaire est chargé et qu’avec elle comme suspecte principale, on risque d’avoir du sang sur la planche et des trucs bien tordus (ça c’est pour Anne-Ju, les tordus).

Arme du crime probable : La vengeance, toujours cette bonne vieille vengeance comme mobile du crime.

Aidée par la haine de l’Autre, sous la complicité de la Haute École, des gens riches, et de ceux qui, pour s’intégrer, suivent la meute.

Batte de base-ball ou batte « je nique tes os ».

Modus operandi du crime : Une auteure qui joue avec les sentiments de ses lecteurs, qui souffle le chaud et le froid et qui nous présente un thriller psychologique.

Belette légiste

Verdict du médecin légiste Jack ? La prunelle de ses yeux est un thriller habillement conçu dont il ne vaut mieux rien connaître de sa conception avant la lecture. Restez vierge de tout résumé car les 4ème de couvertures sont bavards et pourraient vous gâcher la lecture.

J’ai apprécié sa découpe, son récit sur le fil du scalpel, ses mystères dévoilés au fur et à mesure de mon examen post-mortem, ses personnages qui ne vous livrent pas tout dès la première entaille.

Victor est une énigme, son père est un macho man de première, Tancrède un petit salopiaud et Maya restera avec des zones d’ombres durant un certain temps.

Notre aveugle mystère est encore plus dans les zones d’ombre. Ses yeux fonctionnent, ses nerfs optiques sont intacts, ses neurones aussi, mais il ne voit pas.  La cécité de conversion est une terrible pathologie… Et il n’y a de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir !

Maya et son aveugle sont des gens brisés par la vie, pour différentes raisons : l’un n’y voit goutte et ne rêve que de vengeance, l’autre a subit la vie et à cause des mensonges de certains, elle a dû fuir. Elle picole dur et se flagelle mentalement.

Qui manipule qui ? Qui détient la vérité ?

La tension psychologique est aussi serrée que le cul d’une nonne aux mains de pirates atteint de priapisme.

De plus, il y l’a aussi un réquisitoire contre l’imbécilité faite Homme, contre ces gens qui jugent les autres sur leurs origines, leur identité sexuelle, qui les rendent responsable de tous les maux du pays…

C’est brillant, bien torché, on commence à autopsier et on ne s’arrête qu’à la fin, lorsque le roman est en lambeaux et digéré après un bon rôt pour expulser toutes ces horribles pensées de certains personnages abjects.

Si le corps m’a intrigué et séduit dans ses débuts, il y a eu un relâchement des tissus sur la fin, une perte de tonicité, de tonus, de punch sur la dernière découpe. Comme si on découpait de la guimauve ! Mon seul bémol.

Verdict du détective Cannibal ? Le détective en moi avait compris une chose, je le soupçonnais fortement et l’auteur a confirmé mes déductions, mais ensuite, elle m’a coupé l’herbe sous le pied avec le véritable récit de ce qu’il s’était passé et là, je ne peux dire que « au temps pour moi » parce que mon doigt est quand même allé un peu se foutre dans mon œil, mais pas jusqu’au coude, heureusement !

Tiens, ça me fait penser aussi qu’il faudrait diligenter une enquête dans ces écoles hautes et prestigieuses, ces boites qui forment nos dirigeants (enfin,  les vôtres, messieurs dames les français), ces boites élitistes où l’on ne vous forme peut-être pas à être le meilleur mais  à écraser mieux tout les autres.

Cet établissement est censé tirer le meilleur de ses élèves, il en distille le pire.

Y’a pas à dire, madame Desjours est montée sur un ring et elle boxe beaucoup de choses dans son roman : des gens, mais aussi des institutions, des pensées uniques, des politiciens qui font leur beurre sur la misère des gens et la montée du chômage et qui promette qu’avec eux, ça va changer.

Si les 3 premières parties étaient diaboliquement mises en scène et en page, j’ai moins apprécié la dernière, la trouvant un peu trop mielleuse à mon goût.

De plus, à ce moment là, j’avais des envies de meurtres sur Maya que je trouvais un peu trop gnangnante (plus que d’habitude) et ses pensées amoureuses me pompaient un peu l’air.

Dommage parce que jusqu’à ce moment là, l’affaire était une réussite.

Je  jure avoir rempli ma mission en honneur et conscience, avec exactitude et probité.

Jack The Reader, médecin légiste pour cette autopsie littéraire et Belette Cannibal Lecteur, consultant detective.

Étoile 3,5

Veuillez trouver ci-joint le rapport de mes autres collègues :

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Allez les petits loulous, par ici, installez vous, faites attention à vos mirettes, et à La prunelle de vos yeux :

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Le WRC est de retour et vous en met plein la vue !

La journaliste elfique, Stelphique est dans la place et vous offre le temps d’une interview, son éclairage lumineux sur le dernier livre de Ingrid Desjours.

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La violence dans tous ses états…ou comment ressentir même le plus léger craquement…

Par définition, les fées sont des êtres libres. En tant que représentante elfique sur la Terre, j’ai du mal à saisir cette soumission contre la volonté, cette obéissance sans réflexion face à l’oppression…

Dans ces pages, nous rencontrons donc toutes formes de dominance et les tragédies qui accompagnent forcement ce genre de pratiques extrêmes.

Que ce soit le bizutage dans les écoles d’élites avec un effet tornade de meute, la violence conjugale avec ses uppercuts bien sentis ou la pression psychologique d’un membre de la famille qui s’insinue aussi pernicieusement dans le développement constructeur d’un enfant, l’auteure arrive à nous expliquer ce qui rend ses phénomènes possibles, la lente mais indéniable inclination de l’oppressé face à l’oppresseur, qui peut être n’importe qui, finalement, dans ce jeu du plus fort…

Et si cette démonstration en exemple concret ne vous suffit pas, Ingrid Desjours vous en rajoutera une couche avec en début de chapitres, les recherches scientifiques sur la théorie de la résignation acquise….

L’auteure nous offre une histoire prenante et déchirante avec ce fond de violence sanglante, qui nous prend aux tripes, nous en fait voir de tous les dégradés de rouge, et nous émeut aussi dans sa façon de se placer du coté des victimes…

Un même drame va unir par la force des choses des êtres complètement différends, avec chacun une vengeance à assouvir et cet engrenage d’ondes négatives en font un livre plein de tensions qu’on ne peut lâcher…

La construction du livre et cette course à la vérité est hautement addictive….

« N’oublies pas, fils, l’homme est un loup pour l’homme. Tu dois supplanter la meute. »

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La cécité de conversion…ou comment regarder avec le cœur…

« Je souffre de ce que l’on appelle une cécité de conversion. Mes yeux vont bien, tout est physiologiquement normal, sauf que mon cerveau a décrété que j’étais aveugle alors je le suis. »

Voilà bien une affliction bien gênante, mais avec cette cécité on comprend que la violence est à double vitesse, autant elle peut être physique, que psychologique…Le mal qui touche le héros est un gros handicap, mais du coup la lecture devient plus sensorielle, plus recentrée sur l’émotion et , c’est bien le point fort de ce roman.

Nous autres elfes, savons regarder avec le cœur, donc, voir une auteure s’inspirer de cette vision intérieure est pour nous une révélation, et étant donné que c’est notre première lecture de cette auteure, on peut dire qu’elle rentre direct dans notre collimateur du Women’s Reading Club, autant que dans le cercle très fermé des lecteurs féériques….

Vous pouvez donc vous lancer aveuglement, (autant que possible), et avec confiance vers cette lecture énergique. Ingrid Desjours prend soin de la prunelles de vos yeux, en la faisant tressaillir dans les recoins sombres de ses pages….

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Ingrid Desjours, votre talent n’est plus à prouver. Un talent que la Cour ne pourra réfuter, un talent pluricéphale qui fait de vous une auteure dangereuse à tous points de vue. Un talent enfin, qui réunit de nombreux lecteurs. Ceux-là même qui se pressent devant ce tribunal, attendant un verdict qu’ils espèrent clément et retenant leur souffle pendant ce réquisitoire auquel je sais qu’ils n’adhéreront pas.

Puisqu’il n’est de pire juge que soi-même, je mets en garde mon auditoire quant au manque d’objectivité qui pourrait m’envahir mais il est de mon devoir, en tant qu’avocate générale, de pointer du doigt les quelques imperfections qui nous réunissent aujourd’hui. Pour autant, je n’en oublierai pas les preuves à décharge qui vous démontreront ma totale intégrité.

Que jugeons-nous aujourd’hui ? Un roman ou bien l’état d’une société qu’il dépeint ? Qui avons-nous sur le banc des accusés ? Une auteure ou son œuvre ? Je répondrais que nous jugeons un tout car il n’est de roman sans écrivain et sans tableau pour faire évoluer des personnages.

Lors de ce procès, nous avons pu entendre le témoignage du médecin légiste qui a effectué l’autopsie et je reviendrai peu sur les preuves de qualité qu’elle a su présenter devant ce tribunal. Certes, Ingrid Desjours a utilisé un tableau social que tous nous connaissons, la montée de certains partis que je qualifierais d’ »extrême honte » vous parle autant qu’à moi et c’est avec crédibilité que l’auteure en tire partie.

Il est a noter que sa formation de psychologue transparaît dans ce roman et que les déviances et les intolérances de certains personnages sont expliqués, voire étudiés, à travers leurs enfances et leurs éducations.

Pour paraphraser l’écrivain belge Joseph Messinger : « Toute notre éducation est fondée sur le chantage affectif et la double contrainte, la carotte et le bâton, et l’apprentissage sans intelligence des préjugés les plus stupides ». Nous ne sommes pas ici pour disserter sur les terribles conséquences de graves manquements éducatifs mais ce tribunal appréciera ma reconnaissance de la légitimité de l’auteure et son expérience en la matière.

Voyez comme je m’adresse à cette Cour en mettant l’accent sur les qualités d’un roman qu’aujourd’hui je ne défends pas ou si peu. Voyez comme j’ai apprécié cette construction insolite et assez remarquable…

Je me fais procureure devant une presse qui est unanime et pourtant je n’ai su voir en ce roman autre chose qu’un divertissement éphémère. Si bien que je n’ai su me déparer de cette impression d’excès de romantisme qui a entaché mon jugement.

Les quelques incohérences que j’ai pu noter auraient pu être oubliées si pour ma part, j’avais pu ressentir une quelconque sympathie pour les protagonistes de cette affaire, or ils furent les artisans de leur propre perte et en dépit du travail acharné de l’auteure pour faire perdre les repères à son lecteur, je n’ai pas su en saisir la substance et je n’ai su lesquels d’entre eux aimer.

Ingrid Desjours, votre récit est pavé de bonnes intentions et j’en ai apprécié le fond. Vous dénoncez certains travers de notre chère patrie et vous y mettez votre cœur et votre sueur. Vous avez gagné mon respect et mon admiration là où d’autres se seraient heurtés à un rempart. Mais je n’ai d’autre choix que celui d’exercer le rôle qui m’est dévolu, à tel point qu’il me faut parfois faire acte de sévérité.

J’en appelle à la partialité de cette Cour mais je ne voudrais influencer son verdict. Eu égard à ce qui précède, c’est l’avocate mais c’est aussi la lectrice qui vous le dit : Lisez ce roman, votre jugement n’en sera que plus légitime.

Le mien, ma foi, n’a que la valeur que vous voudrez bien lui donner .

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Nains – Tome 5 – Tiss du Bouclier : Nicolas Jarry & Nicolas Demare

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Titre : Nains – Tome 5 – Tiss du Bouclier

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Nicolas Demare

Édition : Soleil (2016)

Résumé :
Brahm, capitaine de l’ordre du Bouclier, perd son épouse alors qu’elle met au monde son fils. Tiss, sa fille, s’occupe de son mieux de leur foyer, mais elle échoue à protéger son petit frère d’une bande d’Ogres.

L’enfant est gravement blessé, il sera boiteux pour le reste de sa vie, un infirme incapable de tenir le rang.

Tous les espoirs que Brahm avait placés en son fils sont anéantis, celui-ci ne sera jamais le grand cognar qu’il avait espéré.

Malgré l’opposition de son père, Tiss décide de prendre la place de son petit frère et d’apprendre le métier des armes…

planchea_286973Critique :
Redwin de la Forge et Oösram des Errants m’avaient émus de par la profondeur de leur histoire, Tiss allait-elle y arriver elle aussi ?

La barre avait été placée très haute par ces deux précédents cognars (héros) et vu que nous avions affaire à une pisseuse (fille), le défi était de taille face à tout ces nains barbus et couillus.

Les dessins et les couleurs étaient déjà un régal pour mes petits yeux, le contrat était donc rempli à moitié, restait à découvrir le scénario…

De suite j’ai été séduite par la petite Tiss qui en voyant naître son petit frère, verra aussi mourir sa mère et le regard de son père changer : il ne la voyait déjà pas beaucoup parce que c’était une fille, mais une fois que le fils fut né, la fille devint transparente ! Inexistante.

Ce qui m’a plu chez Tiss c’est qu’elle n’en a pas voulu à son petit frère, elle l’aimait ce chiar (bébé), ce petit frère adorable qui, gamin, ne pensait qu’à se battre pendant que leur père buvait comme un chameau assoiffé après la traversée du désert.

Brahm, leur père, je l’ai détesté d’emblée : il ne voyait que son fils, ne vivait plus que pour qu’il entre dans l’ordre du Bouclier et ensuite, il s’est détourné de lui lorsqu’une mauvaise rencontre fit de son gamin un boitard (boiteux).

Cet album traite de la place de la femme dans la civilisation naine très guerrière.

Et sa place est bien entendu derrière ses fourneaux, avec ses casseroles, à élever ses marmouses (enfants) pendant que son mari manie l’épée (Ordre du Bouclier), les livres (Ordre du Temple), la forge (Ordre des Forgerons), l’épée pour assassiner des gens (Ordre du Talion),…

Imaginez les ricanements lorsque Tiss, voyant que son petit frère ne serait jamais un combattant dans le prestigieux ordre du Bouclier, décida d’y entrer elle-même ! Une fille au milieu de jeunes nains pas encore tout à fait barbu, dans un ordre guerrier… Une G.I Jane !

Non mais, pour qui elle se prend à se vouloir l’égale des jeunes futurs guerriers et à foutre la honte sur son père ? Tremblez, messieurs, votre Ordre vient de se faire pénétrer par une pisseuse.

Le scénario est excellent et les personnages aussi : que se soit Tiss ou ses compagnons apprentis guerrier, ou ses instructeurs, tout le monde trouve sa place et tous se posent bien des questions sur cette pisseuse qui vient d’entrer dans un ordre guerrier où on ne lui fera aucun cadeau.

La méfiance des autres, la mise à l’épreuve tout le temps, Tiss devant toujours en faire toujours plus que les autres afin de prouver ses mérites et sa place… Et peut-être enfin recevoir le respect de ses compagnons d’armes.

Et c’est que notre Tiss a une sacrée paire de biiiippp au cul, elle ! Plus que certains nains guerrier de sa promotion qui, une fois le danger présent, veulent appliquer le vieil adage du « Courage, fuyons ».

Elle, c’est « Tenir ou périr » et le final est magnifique, car les personnages évoluent, changent, se rendent compte de leurs erreurs et quand un nain a une idée en tête, il réuni tous les autres, éclopés et vieux, pour aider les siens.

Un superbe album sur la quête d’une fille qui ne cherche que la reconnaissance du père, d’un père qui ne veut pas admettre que sa fille suive la même voie que lui, celle des guerriers du Bouclier (dans le tome 1, c’était le fils qui ne voulait pas suivre la voie de son père).

C’est l’histoire du dur chemin qu’une femme dû accomplir pour que ses semblables aient peut-être un jour, une autre place dans cette société de mâles virils, couillus, queutards et barbus.

Scénario au top et dessins qui le servent magnifiquement (parce que l’un sans l’autre, c’est de la soupe sans sel, du mojito sans rhum).

Une première saga de 5 albums réussie et… Vivement la suite !

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017).

BILAN - Coup de coeur

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