Séance infernale : Jonathan Skariton

Titre : Séance infernale

Auteur : Jonathan Skariton
Édition : Sonatine (2018)
Édition Originale : Séance infernale (2017)
Traducteurs : Claude et Jean Demanuelli

Résumé :
Spécialiste en histoire du cinéma, réputé savoir dénicher les reliques les plus rares, Alex Whitman est engagé par un collectionneur excentrique pour retrouver les traces d’un film légendaire, Séance infernale.

Celui-ci est l’œuvre d’un ingénieur français, Augustin Sekuler, considéré comme le véritable créateur du cinéma, quelques années avant Edison et les frères Lumières. Le défi lancé à Alex est de taille.

Sekuler a en effet disparu mystérieusement en 1890, lors d’un voyage en train entre la Bourgogne et Paris, le jour où il allait présenter son invention à la capitale.

En quête de fragments de ce film mythique, Whitman va essayer d’en savoir plus sur cette étrange affaire et sur les mystères qui entourent la vie et l’œuvre de Sekuler.

Qu’est-il arrivé à l’inventeur ? Et quelle est la teneur réelle de Séance infernale ? Il est encore loin de se douter des dangers auxquels il s’expose et de l’abominable vérité qui se cache derrière cette disparition.

À la façon de La Conspiration des ténèbres de Theodore Roszak, Séance infernale s’inspire de personnages et de faits réels ((la disparition du pionnier du cinéma Louis Aimé Augustin Le Prince), et nous propose une quête passionnante qui devient vite aussi obsessionnelle pour le lecteur que pour son héros.

Critique :
Messieurs et mesdames de chez Sonatine, vous pouvez bien envoyer des pralines à Amnezik et Stelphique, car sans leurs chroniques (admirez mes rimes), jamais je n’aurais acheté un roman qui faisait un parallèle avec La Conspiration des ténèbres de Theodore Roszak !!

Ce roman dont le 4ème me jurait , la main sur cœur : « Emmenez ce livre le matin sur la plage et sachez que vous n’irez pas déjeuner, certainement pas dîner non plus. La Conspiration des ténèbres est hypnotique. On a du mal à s’en relever. »

Le roman ne s’est jamais relevé de son vol plané, en effet… Même pas dépassé la page 100 de ce truc.

Donc, avec un tel postulat de départ, fallait des chroniques en béton armé et une confiance absolue dans mes deux lascars pour acheter le livre !

J’ai eu raison de leur faire confiance car je viens de passer un excellent moment de lecture dans le monde du cinéma.

Voilà un thriller que nos amis cinéphiles peuvent lire, et même ceux qui en savent moins sur le 7ème art, ils iront se coucher moins bête et auront droit à une belle poussée d’adrénaline avec quelques courses afin de résoudre des énigmes, un peu comme dans la carte au trésor, les hélicos en mois et les tueurs aux trousses en plus.

Sans être une mordue de cinéma classiques, hormis quelques titres cités que je ne connaissais pas, pour le reste, c’était dans mes cordes. Donc, le côté ciné ne doit pas vous rebuter, en plus, l’auteur ayant étudié la chose, il nous éclaire vraiment sur le sujet, ce qui ne fait jamais de mal à nos petites cellules grises.

Comme je le disais, ce qui commence par une simple recherche d’un film disparu et dont on n’est même pas sûr qu’il ait existé, va, de pellicule en bobine, se révéler bien plus difficile et plus dangereux qu’il n’y paraissait de prime abord.

Tel un Indiana Jones devenant le professeur Langdon, en moins sexy et moins érudit, notre Alex Whitman va se retrouver aux prises avec une énigme laissée par Sekuler (à ne pas prononcer à la bruxelloise « Sukkeler » – avoir des difficultés) et quelques cadavres dans les placards.

Ajoutons à cela un tueur en série et des disparitions de petites filles, dont celle de Whitman, il y a 10 ans, et vous comprendrez que dans ce thriller, on ne se contentera pas de fouiner dans des archives à la recherche d’un film et qu’on risque plus gros que des éternuements en cascade.

Mon seul bémol sera pour le fait que dans les livres, les protagonistes arrivent toujours à résoudre les énigmes, quelles qu’elles soient, alors que de mon côté, je rame toujours sur la plupart des contrepèteries du Canard Enchaîné ! Mais bon, sans cela, le roman n’avancerait plus et s’arrêterait au milieu.

Avec une écriture qui pulse, une mise en page qui détonne à certains moments (et qui étonne) et des personnages plaisants, ce thriller se lit en même pas deux jours tant on a envie de savoir ce qui se trame derrière ce foutu film dont personne n’a jamais entendu parler, et surtout, qui sont les gars derrière eux et ce qu’ils veulent.

Non, je ne ferai pas la lumière sur l’affaire, ni ne vous mettrai au courant, z’avez qu’a le lire, tien ! Et puis, où serait le plaisir si je spoliais tout ?

En tout cas, comme quoi les chroniques des blogueurs sont importantes, parce que je le redis haut et fort, sans mes loulous cités plus haut, jamais je n’aurais acheté un livre qui se vantait d’être comme un autre que j’ai fait voler en travers du salon.

Un thriller dont on regrette le clap de fin mais qui, comme un bon film d’action, nous apaise car on sait que nos personnages peuvent dormir en paix : le mystèèère est levé.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book.

 

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Dies irae – Les larmes de sang : Marie Nocenti

Titre : Dies irae – Les larmes de sang

Auteur : Marie Nocenti
Édition : IS (24/08/2018)

Résumé :
Le 29 décembre 1890, le massacre des Sioux à Wounded Knee marque la fin des guerres indiennes.

De passage dans la région, John Parker va faire une rencontre qui va bouleverser sa vie. Malgré les préjugés, il épouse une Indienne et deux enfants naîtront de cette union heureuse.

Mais en cette fin du dix-neuvième siècle, ceux qui osent se mélanger sont encore l’objet de la haine et de l’incompréhension.

Leur bonheur bascule brutalement dans l’horreur quand sa femme est retrouvée morte. Ses assassins ne seront jamais retrouvés.

Devenus adultes, la vie des enfants de John sombre à nouveau dans la violence quand le destin met sur leur chemin les meurtriers de leur mère.

Déchirés entre deux cultures, rejetés par leurs peuples respectifs, ces jeunes métis, ni blancs ni indiens, vont devoir se battre contre les préjugés pour faire triompher la justice et trouver leur place dans la société.

Critique :
Émotions… C’est le mot qui me vient à l’esprit pour résumer ce roman qui m’a emporté très loin (non, je ne fais pas de la pub pour le blog Émotions de Yvan).

Dies iræ… Jour de colère en latin, pour ceux qui n’auraient pas fait leurs classes du temps de César.

Il est normal que le jour de colère nous donne des émotions en plein dans le cœur.

Colère devant le massacre de Wounded Knee, dont nous n’en saurons pas plus dans le roman, puisqu’il commence juste après, par la rencontre entre un Blanc avec plus de plomb dans la cervelle et d’empathie pour les Indiens que la plupart de ses semblables et une jeune Indienne au caractère fort et intrépide.

Émotions pour ces deux personnes que tout oppose mais qui, pourtant, finiront pas s’aimer et faire des enfants. Deux cultures que tout oppose, deux peuples aussi dissemblable que possible et qui, pourtant, arrivent à trouver un terrain d’entente puisque chacun fit des efforts pour l’autre.

Colère devant ces deux gosses qui n’arriveront jamais à trouver leur place au sein des autres, leur double culture faisant d’eux des parias, puisqu’ils n’appartiendront jamais entièrement à l’une ou à l’autre.

Colère devant le comportement de certains Hommes Blancs, ce qui donnera une multitude d’Émotions lors d’une scène particulièrement horrible et émouvante.

D’ailleurs, je porte plainte pour la police d’écriture un peu trop petite et qui est devenue illisible suite à l’arrivée d’eau dans mes yeux à cause d’une scène trop éprouvante et trop émouvante.

Voilà un roman, qui, comme les deux peuples opposés que sont les Blancs et les Indiens et les enfants nés de ces unions, va jouer sur l’ambiguïté des émotions, nous faisant passer de scènes plus tendres, plus douces, à celles plus violentes, plus dures, nous donnant une lecture qui, sans cesse, mêlera toutes ses sensations, pour mon plus grand plaisir.

J’aime quand un auteur sort le meilleur de sa plume, quand il m’accroche avec ses phrases, ses métaphores, ses descriptions de paysages ou ses conditions météorologiques qui, comme les Hommes sur ces Terres et à cette époque, ne sont jamais tendre.

Dès la première phrase, l’auteure m’a happée, m’emportant direct dans son histoire, dont les premières pages étaient jonchées des cadavres Indiens ensevelis dans la neige, me faisant vibrer avec ses personnages du ranch Parker, tous bien calibrés, détaillés, sans en faire trop.

Bref, le genre de personnes que l’on aurait envie de croiser dans la réalité et pas seulement dans un roman.

Un roman western différent des autres, un roman magnifique, qui emporte son lecteur dès les premières paroles et l’entraine dans vingt années qui, malheureusement, passeront trop vite.

Un récit bouleversant par moment, émouvant par d’autres, tendre, dur, violent, âpre, car vous le savez, dès qu’il y a la présence des Hommes, la dualité est là aussi : ils peuvent faire du bien, mais aussi le mal, entrainant par là même une dualité dans nos ressentis : colère ou apaisement.

Un roman que j’ai pris plaisir à dévorer, un roman dont on sent bien que l’auteure s’est documentée pour coller au plus juste dans les rites Indiens (Sioux) et dans l’Histoire de cette époque, lui donnant un réalisme qui a ajouté du plaisir à la lecture.

Un roman qui a été trop court, une fois de plus et dont les mots me manquent pour en parler mieux : putain, qu’est-ce qu’il était bon, ce roman.

Je remercie les Éditions IS pour l’envoi de ce roman car ils ont déposé un bol de crème devant un chat affamé de ce genre de mets littéraire.

Les indiens peuvent vivre dans la pauvreté, mais une pauvreté digne, pas dans cette misère dégradante, humiliante qu’ils subissent au quotidien. Il reste tant de chose à faire, tant de combats à mener pour retrouver l’honneur et la dignité qui vont de pair avec de bonnes conditions de vie.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le RAT de l’Épouvante chez Chroniques Littéraires – Automne, plaid et cocooning (392 pages).

 

Moriarty – Tome 2 : Ryôsuke Takeuchi & Hikaru Miyoshi

Titre : Moriarty – Tome 2

Scénariste : Ryôsuke Takeuchi
Dessinateur : Hikaru Miyoshi

Édition : Kana (21/09/2018)

Résumé :
Deux frères orphelins sont accueillis dans la famille Moriarty, grâce aux ambitions cachées du fils aîné Moriarty, Albert.

Ce dernier abhorre l’aristocratie à laquelle il appartient et le système social qui régit la société britannique.

Albert a vu en l’aîné l’intelligence et le charisme dont il avait besoin pour accomplir son rêve de nettoyer la société de ces « êtres inutiles et sales ».

Albert propose de leur offrir sa richesse et son influence à condition que les garçons mettent leur intelligence au service de son rêve.

13 ans plus tard, à côté de leurs activités officielles, les frères Moriarty sont devenus des « conseillers privés ».

Avec William à leur tête, ils aident les gens du peuple, victimes d’injustices, à se venger des riches qui les ont fait souffrir.

Leur sanction est impitoyable, car la punition qu’ils infligent n’est autre que…la mort !

Critique :
J’ai beau lire des mangas différenciés, je trouve toujours que les personnages sont trop ressemblants ! Soit avec de ceux que je fréquente dans d’autres série, soit entre eux… La faute à leurs mentons en pointe.

Louis, avec sa grande mèche, me fait penser à Grell Sutcliff, le flamboyant Shinigami de Black Butler et un colonel du bataillon d’Albert Moriarty m’a fait croire que c’était le colonel Moran bien coiffé, alors que non…

Au sujet de Moran, je m’étais insurgée qu’on le nomme « Molan » dans le tome 1, mais dans le tome 2, c’est  bien « Moran », ce qui me fait penser à une erreur de typographie…

Notre génie du crime, Moriarty, continue de vouloir aplanir les classes sociales et si pour y arriver il doit tuer ou laisser tuer, pas de soucis, la fin justifie les moyens quand on a un si noble but…

Là, il veut éradiquer l’opium mais vous pensez bien qu’on n’a pas trop envie de l’écouter, sachant que historiquement parlant, le commerce de l’opium a équilibré la balance économique de l’Angleterre et que de grosses sociétés ou de grands noms sont impliqués dans ce trafic.

Puisque la fin justifie les moyens, Moriarty va y aller à fond et se jouer des autres pour arriver à démanteler un gros trafiquant. Pas mal, je trouve, bien joué.

Là où je ne joue plus, c’est quand il laisse tuer un pauvre innocent pour arriver à coincer un noble pourri jusqu’au trognon. Il est cynique, le Moriarty…

Holmes à gauche, de dos, avec sa queue de cheval

Ce qui m’intéressait surtout, c’était sa rencontre avec Holmes… Elle aura lieu sur un paquebot de croisière et notre détective se voit affublé d’une queue de cheval des plus improbables. Non, je ne parle pas de son sexe, mais de ses cheveux.

Entre nous, il a plus l’air d’un sale gamin mal élevé que d’un homme qui va à contresens de la société et je ne vous parlerai même pas de madame Hudson, vachement rajeunie, ni de Watson, avec sa canne inutile, comme dans la série de la BBC.

Quant aux tutoiements et appellations par leurs prénoms, c’est limite hérésie… Holmes n’appelait pas Watson, John et Watson ne donnait pas du Sherlock à Holmes.

Anybref, même si je ne suis pas toujours chaude chaude pour les réécritures de l’histoire, celle-ci a le mérite d’explorer des zones d’ombres et de tenter de faire de Moriarty un Napoléon du crime « pour le bien commun » et non pour le sien, bien que, si on analyse à fond son envie d’éliminer les aristos, on pourrait en déduire que c’est aussi pour se venger d’eux…

Malgré tout, j’aime bien la vision que Moriarty nous fait de Holmes et du rôle qu’il va jouer dans le plan socialisto criminel du professeur. Il est logique et en adéquation avec le scénario présenté.

Là où je me demande comment ça va évoluer, c’est dans le fait qu’apparemment, d’après ce que j’ai lu dans la toute première case du tome 1, Sherlock Holmes serait celui qui n’a rien compris, le démon de l’histoire.

Mais nom de Zeus, comment l’auteur va-t-il amener ça ?? Et réussir à me le faire avaler ? Ça, c’est une autre histoire (que je continuerai de lire).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book et le RAT de l’Épouvante chez Chroniques Littéraires – Automne, plaid et cocooning (204 pages).

Les spectres de la terre brisée : S. Craig Zahler

Titre : Les spectres de la terre brisée

Auteur : S. Craig Zahler
Édition : Gallmeister Americana (23/08/2018)
Édition Originale : Wraiths of the Broken Land (2013)
Traducteur : Janique Jouin-de Laurens

Résumé :
Mexique, été 1902. Deux soeurs kidnappées aux États-Unis sont contraintes à la prostitution dans un bordel caché dans un ancien temple aztèque au coeur des montagnes.

Leur père, John Lawrence Plugford, ancien chef de gang, entame une expédition punitive pour tenter de les sauver, accompagné de ses deux fils et de trois anciens acolytes : un esclave affranchi, un Indien as du tir à l’arc, et le spectral Long Clay, incomparable pro de la gâchette.

Le gang s’adjoint également les services d’un jeune dandy cultivé, ambitieux et désargenté, attiré par la promesse d’une rétribution alléchante.

Peu d’entre eux survivront à la sanglante confrontation dans les badlands de Catacumbas.

Un western impitoyable qui balaie tout sur son passage, comme un film de Tarantino au volume poussé à fond.

Critique :
Si vous cherchez un western tranquille et gentillet, évitez absolument ce dernier titre sorti des écuries prolifiques de Gallmeister car vous risqueriez la crise cardiaque tant la violence est omniprésente et sans concession aucune.

« Une assemblée de chacals » était déjà brut de décoffrage, mais malgré tout, j’ai trouvé ce roman plus brutal et il n’y avait pas un goût de betteraves ou de pommes pour adoucir ce tord-boyaux bourré de poudre de revolvers et de dynamite.

On pourrait lui reprocher le fait de ne pas donner des masses d’indications sur ses personnages principaux, cette troupe d’hommes hétéroclites. Ils seront esquissés au plus près, détaillé à la serpe et vous n’en saurez pas des masses sur le dandy Nathaniel Stromler qui accompagnera la famille Plugford (John Lawrence, le père et ses deux fils : Stevie l’alcoolo et Brent le rancher), un Noir affranchi, un Indien et un tireur d’élite aussi sombre que la nuit.

Pourtant, malgré le peu de détails que l’on aura sur les différents personnages, la plume de l’auteur arrivera tout de même à leur donner de la consistance, de la présence, comme si nous avions chevauché avec eux, partageant la même quête pour retrouver les deux filles enlevées.

Ce que j’ai aimé, chez l’auteur, c’est que les femmes ne sont pas des faibles créatures et les deux sœurs Plugford nous le démontreront à plusieurs reprises, même s’il faudra attendre plus longtemps pour Yvette.

Par contre, on a l’impression, lorsqu’on lit les chapitres, que tout est agencé à la manière d’un film, rendant la lecture très visuelle. Tout est prétexte à faire des scènes d’action violentes et aucune torture ou autre saloperie ne nous sera épargnée. Ici, tout le monde est noir dans son âme et la fin justifie tous les moyens.

Si les 100 premières pages m’avaient parues un peu longues, les 300 suivantes sont passées telle l’express de 23h brûlant tous les signaux, faisant ronfler la chaudière au risque de la faire exploser.

Petit bémol : à force de faire des scènes d’action et d’avoir un rythme fou, le fond est sacrifié sur l’autel de la forme. La profondeur des actions de vengeance est inexistante et les dialogues sont très typés westerns violents. Quant à l’humour, il est aussi noir qu’un café serré fabriqué au pétrole brut.

Ce qui donne, finalement, l’impression que le chien se mord la queue et qu’a force de s’amuser dans l’écriture de son western sombre, l’auteur a oublié de nous monter une véritable intrigue. L’action c’est bien, mais un scénario, c’est mieux.

Attention, je ne dis pas que ce roman a une intrigue sur ticket de métro, mais on a un sentiment de vacuité, un sentiment de manque, un vide. Nom de Zeus, il ne manquait pourtant pas grand-chose pour en faire un excellent roman comme l’assemblée de chacals, sans pour autant perdre de vue le côté violent des personnages et de leur expédition vengeresse.

Malgré ce petit bémol, ce fut une lecture jouissive de par son côté très visuel des scènes d’action.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le RAT de l’Épouvante chez Chroniques Littéraires – Automne, plaid et cocooning (400 pages).

 

Moriarty – Tome 1 : Ryôsuke Takeuchi & Hikaru Miyoshi

Titre : Moriarty – Tome 1

Scénariste : Ryôsuke Takeuchi
Dessinateur : Hikaru Miyoshi

Édition : Kana (22/06/2018)

Résumé :
19e siècle en Angleterre, la famille Moriarty a recueilli deux orphelins William et Louis mais en leur conférant un statut de domestique.

Albert, le fils aîné de la famille est pétri d’ambition et il déteste le système social qui régit la société britannique, dans lequel les classes supérieures se pavanent et oppressent le peuple sans pour autant être dignes du respect qu’elles exigent de lui.

En 1887, l’auteur Arthur Conan Doyle donnait naissance à son personnage de fiction Sherlock Holmes, devenu une légende et référence aussi bien dans la littérature qu’au cinéma ou à la télévision.

Face à lui, dans l’ombre et souvent mal compris se trouve Moriarty. Personnage occupant la place de Professeur à l’intelligence souvent supérieure à celle de Holmes, ce dernier avouant facilement qu’il est impressionné par Moriarty.

Avec le temps, James Moriarty est devenu l’un des sociopathes les plus redoutables et rusés. Mais comment est-il devenu ainsi, et pourquoi ?

C’est que cette adaptation en manga d’après et inspirée par l’oeuvre de Conan Dolye vous propose de découvrir.

Critique :
Moriarty, le Napoléon du crime, qui connu son Warterloo aux chutes de Rechenbach, avec un Holmes en Wellington vainqueur…

Tout le monde connaît l’histoire et les personnages (sauf si vous n’avez jamais lu les aventures de Sherlock Holmes, dans ce cas, allez vite réparer cet oubli).

Mais que sait-on de l’enfance de ce génie du crime ? Que dalle !

Conan Doyle s’est empressé de le créer pour tuer sa créature qui phagocytait son temps en l’empêchant d’écrire des histoires sérieuses et il ne s’est pas donné la peine de nous donner plus de détails sur l’homme du crime, s’emmêlant même les pinceaux dans « La vallée de la peur ».

Ben maintenant, c’est fait !

Je ne sais pas si c’est le cas chez vous, mais j’ai beau adorer les mangas, j’ai toujours cette impression que les personnages se ressemblent ! Ici, le jeune William me faisait penser à Ciel Phantomhive et j’ai eu du mal à discerner les deux enfants du comte Moriarty et à comprendre le rôle des deux autres jeunes garçons…

Pour ma défense, le résumé sur le manga était moins volubile que ceux sur le Net et il m’a fallu recommencer au début afin de me concentrer plus et de démêler les fils de cet écheveau des têtes qui se ressemblent (mentons pointus, turlututu).

Dans ce manga, on trouverait presque le futur professeur Moriarty sympa car ce bougre agit pour la bonne cause, même s’il est un « criminal consultant », mais il se met au service de la veuve et de l’orphelin, ou du moins, des classes sociales laborieuses, des damnés de la terre en éliminant leur problème…

L’homme est talentueux, bougrement séduisant et furieusement intelligent, de plus, il a tout pour faire un bon socialiste puisqu’il trouve que les inégalités entre les pauvres et les riches sont honteuses et ne devraient pas exister.

Et il va lutter pour les supprimer (il  ne sera pas pote avec le gars qui a dit qu’il suffisait de traverser la route pour trouver un job), ce qui fait qu’en lieu et place d’un type qui veut conquérir le monde, on a un mec qui, bien que criminel, tente de gommer les inégalités, en parfait petit justicier qu’il est.

L’histoire est linéaire, même si la case de départ est bourré de mystère puisqu’on y voit Moriarty et Holmes luttant aux chutes de Rechenbach et Moriarty hurler à Holmes : « Non, je ne fais pas erreur. Le démon, c’est toi !! C’est toi, Sherlock !! » (oui, je suis horrifiée aussi par l’utilisation des prénoms !!).

Nous découvrons le petit William James Moriarty, dans l’Angleterre de 1866, à Londres, habillé comme un milord.

Et puis, on découvrira l’envers du décor et la perfidie du fils aîné des Moriarty… Qui lui aussi veut gommer les inégalités (là, je tique un peu, mais bon, les miracles ne donnent pas que des nouveaux pneus – private joke).

Un bon début pour ce manga où la frontière entre le Mal et le Bien est aussi mince qu’un string d’une danseuse du Moulin Rouge ou aussi épais que le programme d’un candidat aux élections, c’est vous dire la minceur…

Un Moriarty différent du vieux professeur moche de la série Granada, différent aussi du perfide James de la série BBC ou des films de Guy Ritchie. Un Moriarty différent, aux antipodes de ce que l’on attend de lui, de ce que l’on sait de lui.

Là, je vais aller m’acheter le tome suivant et fissa parce que je suis curieuse de voir où tout ça va nous mener, surtout lors de l’apparition de Holmes et puis afin de savoir comment nos jeunes idéalistes, qui n’ont pas peur de tuer, vont évoluer et continuer la lutte des classes.

♫ C’est la lutte finale … ♪

PS : mais pourquoi appellent-ils le colonel Sebastian Moran, Molan ??

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book et le RAT de l’Épouvante chez Chroniques Littéraires – Automne, plaid et cocooning (212 pages).

La Jeunesse de Blueberry – Tome 16 – 100 dollars pour mourir : François Corteggiani & Michel Blanc-Dumont

Titre : La Jeunesse de Blueberry – Tome 16 – 100 dollars pour mourir

Scénariste : François Corteggiani
Dessinateur : Michel Blanc-Dumont

Édition : Dargaud (2007)

Résumé :
Suite au décès prématuré d’un prisonnier confédéré appartenant à un petit groupe d’indiens cherokee, le jeune lieutenant Blueberry se retrouve bien malgré lui sur la piste d’un étrange envoyé de la banque Rothschild qui a mystérieusement disparu.

Alors qu’à Washington d’étranges accords se nouent sous la férule d’Alan Pinkerton, il se lance dans une folle aventure au péril de sa vie.

Premier tome d’un nouveau diptyque signé de main de maître par François Corteggiani et Michel Blanc-Dumont.

Critique :
L’album commence fort avec le massacre d’une patrouille de Nordistes par des Sudistes, embusqués derrière un talus et ça dégomme sec !

Comme toujours, le nerf de la guerre est l’argent et dans ce tome-ci, nous n’avons pas moins qu’un train rempli d’or qui est essentiel à l’effort de guerre, qu’il soit Nordiste ou Sudiste…

Vous n’êtes pas sans savoir que des banques américaines, lors de la Seconde Guerre Mondiale, mangeaient à tous les râteliers et finançaient aussi bien les américains que les allemands, histoire de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, sans doute…

Et dans ce train qui n’est pas le postal Glasgow-Londres, il y a de l’argent en provenance de la banque pour laquelle l’employeur du tabasseur a bossé : Rotschild !

— Car vous n’êtes pas sans savoir que c’est notre banque de Londres qui finance l’effort de guerre nordiste.
— En effet, Monsieur Lewis, en effet, comme je n’ignore point également… que par le plus grand des miracles… pff… c’est votre banque de Paris… qui dans cette guerre… finance les troupes du général Lee…

Et le type disparu est le seul à connaître la combinaison gagnante qui ouvre la boite au trésor…. Chargé de mission ? Blueberry, bien entendu ! Accompagné du sergent Grayson et ils ne seront pas trop de deux pour venir à bout de toutes les chausses-trappes tendues sur leurs parcours.

Véritable petite enquête afin de savoir qui a enlevé l’envoyé de la banque Rotschild, sans oublier le train bourré d’or coincé quelque part, un Allan Pinkerton flirtant avec on ne sait trop quelle ligne et des Indiens en colère pour toutes les saloperies, génocides et autres spoliations de terre dont ils furent victimes par l’Homme Blanc.

Un tome qui pulse, des dessins agréables à regarder, une histoire comme ne l’aurait pas renié le Blueberry adulte sous la plume de ses premiers pères (Giraud et Charlier) car c’est relevé, épicé, sans temps morts et notre jeune bourru mal rasé brille toujours par son inventivité et sa bravoure, sans parler de sa répartie et de sa manière bien à lui de se prendre des coups sur la tête.

Mon seul regret est de ne pas avoir encore mis la main sur la suite et que l’album est parfois un peu obscur, nébuleux et qu’il m’ait fallu plusieurs retours en arrière pour être bien sûre que je n’avais rien raté.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Blueberry – Tome 16 – Le Hors-la-loi : Jean-Michel Charlier & Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 16 – Le Hors-la-loi

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1974)

Résumé :
Le Hors-la-loi est le seizième album de la série de bande dessinée Blueberry de Jean-Michel Charlier (scénario) et Jean Giraud (dessin). Publié en 1974, c’est le premier album du cycle du premier complot contre Grant (deux tomes).

Emprisonné depuis plusieurs mois au bagne de Francisville, Blueberry « avoue » où se trouve caché le trésor des Confédérés qu’il aurait prétendument volé. Convoyé dans un train, il profite d’une attaque armée pour s’évader.

Par la suite, il trouve refuge dans un bordel tenu par Guffie Palmer et se voit dans la quasi-obligation d’accompagner un jeune homme, « Angel Face », vers le Mexique.

Lors de la pré-publication dans Pilote, l’épisode s’intitulait « L’Outlaw ».

Critique :
Ce n’est pas courant, mais ♫ les portes du pénitencier ♪ sur Blueberry se sont refermées et c’est là qu’il devra finir sa vie, sauf, si, tel les membres de la 7ème Compagnie, il s’évade au clair de lune.

Saut il s’évade, soit il va y crever parce que le directeur est un petit sadique de la pire espèce qui va le faire trimer sans eau, sans repos afin qu’il crache le morceau au sujet du trésor des confédérés après lequel il courait dans les 3 épisodes précédents.

Je ne divulguerai rien, mais sachez juste que l’Union n’a pas touché une seule pièce d’or de ce fabuleux trésor et bien entendu, tout le monde pense que Blueberry l’a enterré quelque part.

Blueberry, jamais à court d’idées folles, va nous la jouer à la Louis Chedid et chanter ♫ Je me suis fait la belle, je me suis fait la belle ♪

Machiavélique ! C’est le mot pour résumer cet album où j’étais bien incapable de dire qui baisait qui, car non seulement on va de surprise en surprise, mais en plus, celui qui croyait baiser peut se retrouver en train de se faire prendre à sec et sans élan et cela donnera un final bourré de « nom de dieu, j’l’ai pas vue venir celle-là », sauf si vous l’avez déjà lu et que vous vous souvenez de tout. Moi j’avais la mémoire vide.

Une fois de plus, les auteurs ne mettent pas leur héros dans de l’ouate et il va encore s’en prendre plein la gueule pour pas un balle, courir comme un fou, tenter de se dépêtrer de ce sac de noeuds et, comme d’habitude, faut pas penser que on termine en happy end mais que un cliffhanger qui laisse présager moult emmerdes pour le tome suivant.

Blueberry, une valeur sûre de la bédé, toujours un plaisir à relire.

Allez, vite la suite, parce que je ne m’en souviens plus du tout !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Blueberry – Tome 15 – Ballade pour un cercueil : Jean-Michel Charlier & Jean Giraud

Titre : Blueberry – Tome 15 – Ballade pour un cercueil

Scénariste : Jean-Michel Charlier
Dessinateur : Jean Giraud

Édition : Dargaud (1974) – Le Lombard (1974-1977)

Résumé :
Ballade pour un cercueil est le quinzième album de la série de bande dessinée Blueberry de Jean-Michel Charlier (scénario) et Jean Giraud (dessin). Publié en 1974, c’est le dernier album du cycle du trésor des Confédérés (trois tomes).

Presque tous les acteurs de l’album précédent convergent vers un « pueblo abandonné », Tacoma, à la recherche du trésor des Confédérés.

Après avoir affronté les jayhawkers et Lopez à plusieurs reprises, la troupe de Blueberry ramène le trésor à la frontière des États-Unis, où elle aura à faire face au commandante Vigo, aux jayhawkers à nouveau et à un chasseur de primes.

Critique :
Voilà un album comme nous n’en verrons sans doute plus de nos jours car il est composé de 72 pages d’aventures pures et dures.

Maintenant, business oblige, on couperait l’album en deux.

Franchement, ici, on en a pour ses sous, niveau lecture, car le début de l’album est composé de longs textes expliquant l’origine de Blueberry, cet homme bourru, têtu, bagarreur, buveur, coureur de jupons, de pistes, au nez cassé et qui poste un nom de gonzesse (Myrtille).

Avant même l’émergence de la saga « La jeunesse de Blueberry », nous en savions enfin plus sur ses origines et je peux vous dire que malgré le fait que je connaisse les origines de mon lieutenant de cavalerie préféré, cela m’a fait plaisir de les relire.

Dans ce lourd album dense, notre lieutenant court toujours après le fameux trésor des confédérés, il n’est pas le seul et sa piste sera jonché de cadavres car dans cette course à l’or, tous les coups bas sont bien entendus permis.

Zéro temps mort, même pas pour laisser souffler les bêtes, des balles qui sifflent, des tombes que l’on creuse, un cercueil qui va faire un long voyage, des trahisons, des coups bas, des aides improbables, du whisky, de fausses pistes, de jeu de cache-cache, de chausses-trappes et j’en passe.

Du rythme sans perdre son souffle, un suspense maintenu tout au long de l’album et des surprises en veux-tu en voilà !

Je ne sais pas ce qu’il en est des nouvelles éditions, mais dans l’ancienne, on a beaucoup de couleurs monochromes et des cases coloriées tout dans le même ton, ocre ou bleu gris. Si on a l’habitude, ça ne fait pas de mal aux yeux, mais si on ne l’a pas, on pourrait être surpris.

Cet album met aussi en avant la fièvre de l’or et ce que l’Homme est capable de faire pour en obtenir, devenant fou devant ce métal jaune, prêt à trahir ou à mourir pour lui.

Les auteurs étant impitoyables pour leurs personnages, ça va saigner et on ne comptera plus les morts à la fin de l’odyssée du trésor des Confédérés. C’est sombre, violent et tous les travers de l’Homme sont réunis dans ces pages.

Personne n’en sortira indemne, personne n’en sortira grandi et certains partiront les pieds devants…

Un tournant dans la saga Blueberry, une trilogie qui marque, un peu à l’image du diptyque « L’or de la sierra » dont je vous parlais l’année dernière (Ici et ).

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

La dernière frontière : Howard Fast

Titre : La dernière frontière

Auteur : Howard Fast
Édition : Gallmeister Totem (2014 – 2018)
Édition Originale : The Last Frontier (1941)
Traducteur : Catherine de Palaminy

Résumé :
1878. Les Indiens cheyennes sont chassés des Grandes Plaines et parqués en Territoire indien, aujourd’hui l’Oklahoma.

Dans cette région aride du Far West, les Cheyennes assistent, impuissants, à l’extinction programmée de leur peuple. Jusqu’à ce que trois cents d’entre eux, hommes, femmes, enfants, décident de s’enfuir pour retrouver leur terre sacrée des Black Hills.

À leur poursuite, soldats et civils arpentent un pays déjà relié par les chemins de fer et les lignes télégraphiques.

Et tentent à tout prix d’empêcher cet exode, ultime sursaut d’une nation prête à tout pour retrouver liberté et dignité.

Critique :
Sherman rédigea l’acte de nomination du général George Crook, lui donna les pleins pouvoirs dans les Plaines et lui ordonna d’abattre les Cheyennes comme on tire les loups qui maraudent.

Oui, les tirer comme des loups, comme des bêtes car pour eux, ce n’était même pas des humains…

Les États-Unis ne sortiront pas auréolé de gloire, avec ce roman d’Howard Fast qui raconte la longue marche que firent les Cheyennes depuis les rudes terres de l’Oklahoma où on les parquait, à celles qui furent les leurs, dans les Black Hills.

Imaginez 300 Cheyennes, dont à peine 80 hommes, dont la moitié seulement de ces guerriers est dans la fleur de l’âge, tout le reste étant des femmes, des enfants et des vieillards, marchant durant plus de 1.500 kilomètres avec 12.000 soldats à leur cul qui leur ont tendu des souricières où pas une souris n’aurait pu passer, pratiquant même ensuite la stratégie de la tenaille, bien connue de la 7ème Compagnie.

Douze mille hommes, près d’une division entière de soldats des États-Unis, vétérans endurcis des vieux régiments qui avaient combattu les Indiens, essayaient de capturer ces trois cents Cheyennes. Et, sur les trois cents, il n’y avait que quatre-vingts hommes environ, dont la moitié seulement étaient des guerriers dans la force de l’âge.

Et vous savez quoi ? Les Cheyennes sont passés, les Cheyennes ont marché, on les a rattrapé, combattu, on les a pourchassé, mais jamais on ne les a capturé, sauf ceux qui se rendirent afin de permettre aux autres d’échapper à tous ces hommes en bleus lancés à leur trousse comme s’ils avaient commis un crime atroce.

Leur seul crime était de vouloir rentrer chez eux pour ne pas mourir de faim en Oklahoma, ils voulaient juste rentrer chez eux. Pacifiquement. Rien de plus…

Honteux, horrible, à vomir, voilà ce qu’on aurait envie de hurler à la face de l’Amérique pour ce qu’elle fit endurer à ces pauvres Indiens, dépossédés de leurs Terres ancestrales – dont on leur avait pourtant garanti qu’ils les garderaient – parqués pire que du bétail sur une terre aride, crevant de faim, de soif, de maladie, n’ayant plus de bisons à chasser et qui ne demandaient qu’une chose : rentrer dans les Black Hills.

Ben non, pouvaient pas, les Indiens, pas de libre circulation de ces minorités, dans ce grand pays qu’est l’Amérique. Trois sont déjà foutu le camp et en représailles, on en demande 10 pour enfermer dans le trou à rat qu’est la prison de Dry Tortuga…

Ce livre, c’est une baffe donnée à la face des États-Unis, c’est un plaidoyer envers le courage qu’eurent ces hommes et ces femmes de partir sur un périple impossible, alors qu’ils étaient déjà à bout de force, juché sur des poneys maigres et fatigués.

Ce livre, c’est aussi une baffe jetée à l’Homme Blanc qui a peur de ce qu’il ne connaît pas, qui raconte des tas de mensonges sur les autres, inventant au fur et à mesure pour ajouter de l’huile sur le feu et faire le jeu de la propagande. C’est une ode à la tolérance, à l’humanisme, au fait qu’il faut traiter les autres comme des Êtres Humains et pas comme du bétail.

— Mais nom de Dieu, capitaine, même les Indiens sont des êtres humains. Vous ne pouvez pas affamer des enfants et mettre ça sur le compte de leur race.
— Je vous saurais gré de vous mêler de vos affaires, lieutenant, trancha Wessells.

Ici, c’est l’Homme Rouge qui en sort grandi car il est resté pacifique, ne voulant pas recommencer une guerre, tandis que l’Homme Blanc se comportera comme il le fait encore et toujours, alliant la bêtise à la brutalité, la violence avec l’entêtement.

Le Kansas recouvra son sang-froid et découvrit qu’il n’existait pas un cas, pas un seul et unique cas, d’un citoyen assassiné ou molesté par les Cheyennes, pas une seule maison incendiée : des chevaux avaient été enlevés, du bétail abattu, rien de plus.

Pourtant, lorsqu’on écoute le Blanc, ce sont les Indiens qui sont des sauvages, des êtres ne possédant pas plus d’esprit qu’un enfant. On devait manquer de miroir à l’époque…

Le récit d’Howard Fast est magnifique, prenant, bourré de bêtise humaine, de stratégie indienne, de volonté de paix alors qu’en face, on ne sait parler que de guerre et de conflits.

Les coulisses du pouvoir sont abjectes parce que réalistes, on suit tout cela impuissant, alors qu’on a envie de hurler toute sa rage devant autant de décisions absurdes (afin de justifier sans doute qu’on en a une grosse) car dura lex sed lex, sauf pour eux, politiciens.

Un roman dont on sort bouleversé, ému, la partie se déroulant à Fort Robinson étant à la limite de l’insoutenable, tant l’entêtement bête d’un officier va amener ce peuple fier et libre à devoir vivre des jours en enfer.

À Camp Robinson, le thermomètre marquait ce jour-là -30°. L’officier devait connaître ce détail. C’était une des informations données par tous les journaux de la région. Les squaws et les enfants ne possédaient pas une couverture qui ne fût en loques. Ils ont effectivement quitté leur réserve avec les mêmes vêtements qu’ils portent aujourd’hui, mais ils sont partis en août et nous sommes maintenant en janvier. En outre, les vêtements s’usent dans le Nebraska aussi bien qu’à Washington.

Un roman magnifique, un roman fort, un roman à lire et un formidable travail de l’auteur afin de récupérer des témoignages alors qu’il y avait la barrière de la langue, le Cheyenne étant une langue très riche mais très difficile à apprendre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

 

[FILMS] Avengers – Infinity War : Le film qui va vers l’Infinity et au-delà ! de Anthony et Joe Russo (2018)

Avengers : Infinity War est un film américain réalisé par Anthony et Joe Russo, sorti en 2018.

Il s’inspire du comics Marvel de 1991, « Le Gant de l’Infini » de Jim Starlin. Il s’agit du 19e long métrage de l’univers cinématographique Marvel débuté en 2008 et du 7e de la phase III.

Tout comme ses deux prédécesseurs (Avengers et Avengers : L’Ère d’Ultron), le film rassemble les acteurs des différentes franchises habituellement séparées, parmi lesquels Iron Man (Robert Downey Jr.), Nick Fury (Samuel L. Jackson), Thor (Chris Hemsworth), Loki (Tom Hiddleston), Docteur Strange (Benedict Cumberbatch), Spider-Man (Tom Holland), Hulk (Mark Ruffalo), Captain America (Chris Evans), Natasha Romanoff (Scarlett Johansson), Wanda Maximoff (Elizabeth Olsen), Black Panther  (Chadwick Boseman), ainsi que les membres des Gardiens de la Galaxie : Star-Lord (Chris Pratt), Gamora (Zoe Saldana), Rocket,  Groot, Drax (Dave Bautista) et Mantis (Pom Klementieff).

C’est le film qui a obtenu les plus grosses recettes à sa sortie, à la fois aux États-Unis et dans le reste du monde, dépassant les précédents records.

Synopsis : 
Père adoptif de Gamora et Nébula, Thanos a commencé à recueillir les six Pierres d’Infinité : la Pierre du Pouvoir, la Pierre de l’Espace, la Pierre de Réalité, la Pierre de l’Âme, la Pierre du Temps et la Pierre de l’Esprit.

Son objectif est de réunir ces six artefacts sur le Gant d’Infinité, forgé jadis par le nain Eitri sur Nidavellir, afin d’utiliser leur immense puissance pour détruire la moitié de la population de l’Univers et rétablir ainsi un certain équilibre.

Dans sa quête le menant sur diverses planètes, la Terre, Knowhere et Vormir, Thanos est aidé par ses enfants adoptifs.

Face à cette nouvelle menace qui concerne l’Univers entier, le groupe de super-héros des Avengers, divisé depuis 2 ans, doit se reformer, et s’associer au Docteur Strange, aux Gardiens de la Galaxie et au peuple du Wakanda.

Distribution :

  • Josh Brolin : Thanos (voix et capture de mouvement)
  • Robert Downey Jr. : Tony Stark / Iron Man
  • Chris Evans : Steve Rogers / Captain America
  • Mark Ruffalo : Bruce Banner / Hulk
  • Chris Hemsworth : Thor
  • Scarlett Johansson : Natasha Romanoff / Black Widow
  • Chris Pratt : Peter Quill / Star-Lord
  • Benedict Cumberbatch : Stephen Strange / Docteur Strange
  • Chadwick Boseman : T’Challa / la Panthère noire
  • Tom Holland : Peter Parker / Spider-Man
  • Zoe Saldana : Gamora
  • David Bautista : Drax le Destructeur
  • Bradley Cooper (voix), Sean Gunn (capture de mouvement) : Rocket Raccoon
  • Vin Diesel : Groot (voix)
  • Paul Bettany : Vision
  • Elizabeth Olsen : Wanda Maximoff
  • Sebastian Stan : James « Bucky » Barnes / le Loup Blanc
  • Anthony Mackie : Sam Wilson / le Faucon
  • Don Cheadle : James « Rhodey » Rhodes / War Machine

Ce que j’en ai pensé :
On réuni tout le monde et on se fait un super film de baston tout en n’oubliant pas d’insérer de la profondeur dans notre Grand Méchant.

Le film recommence sur ce qu’il se déroulait à la fin de Thor – Ragnarok et on ne perd pas de temps en bla-bla, mais on agit de suite, et on cause un peu tout en décimant allégrement.

On liquide et on s’en va, comme le disait si bien le titre d’un San-Antonio.

Un film réunissant autant de grandes pointures, autant de têtes d’affiches, ça pose question de savoir comment leur donner à tous du temps d’antenne sans que ce soit au détriment des autres.

Je pensais que tout le monde allait se groupir pour pulvériser le Grand Méchant, mais chaque groupe composé d’Avengers ou de Super-Héros, vont le combattre chacun à sa manière et les mélanges de héros seront hétéroclites mais homogènes.

Le top du top étant mes deux Sherlock Holmes réunis : celui de l’époque victorienne et celui de l’époque contemporaine ! Mes deux Holmes sur Titan… avec le jeune Peter Parker, l’homme araignée, que j’adore de plus en plus dans son rôle de Spiderman « jeune gamin », ce qui correspond plus au personnage que le sérieux Tobey Maguire.

Deux Sherlock Holmes réunis

Un des Gardiens avec Iron man

D’un autre côté, Rocket et Groot accompagnant Thor sur Nidavellir où se trouve Tyron Lannister; Peter Quill, Gamora, Drax et Mantis sur la colonie minière de Knowhere et le reste de la troupe qui se regroupera au Wakanda.

Niveau action, effets spéciaux et super-héros, j’étais servie, mais vous me direz qu’il n’y a pas que ça : faut un scénario et des bons personnages secondaires et un Grand Méchant vraisemblable.

Thanos n’a rien d’un Méchant qui veut conquérir l’Univers. Non, c’est bien pire que ça car il animé de projets pour sauver l’humanité (et les autres peuples des autres planètes), mais sa méthode est… comment dire… quelque peu expéditive !

Un peu à la manière d’un éleveur qui exterminerait une partie de son cheptel afin d’en préserver l’autre. Le tout de manière aléatoire !

Oui, Thanos est un salaud, un génocidaire animé de bonnes intentions (quand on veut exterminer les autres, c’est toujours sous couvert de bonnes intentions), mais ce n’est pas un salaud fini, il n’est pas tout noir, il a des failles, un cœur (si, je vous jure) et il doit tuer pour obtenir une des pierre d’infini, ça lui fait mal.

Anybref, pour un film de super-héros, on vole tout de même plus haut qu’auparavant et ça me plait le fait que le Méchant soit ambivalent et qu’on ne sache pas trop de quel côté pencher (en fait, même s’il a raison, rien ne justifie ce qu’il fait).

Sans oublier que dans ce film, ce n’est plus un secret, on va perdre un/deux/des/plusieurs super-héros ! Mon petit coeur d’artichaut a souffert, mais dans ceux qui sont restés, j’aurais pas parié un kopeck sur eux, pariant même sur leur disparition. Comme quoi.

Un excellent moment DVD !

PS : restez bien assis durant le long générique ou faites une avance rapide car après, il y a encore des images et des événements importants !

Le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).