Réflexions sur la question antisémite : Delphine Horvilleur

Titre : Réflexions sur la question antisémite

Auteur : Delphine Horvilleur
Édition : Grasset (09/01/2019)

Résumé :
Sartre avait montré dans Réflexions sur la question juive comment le juif est défini en creux par le regard de l’antisémite. Delphine Horvilleur choisit ici de retourner la focale en explorant l’antisémitisme tel qu’il est perçu par les textes sacrés, la tradition rabbinique et les légendes juives.

Dans tout ce corpus dont elle fait l’exégèse, elle analyse la conscience particulière qu’ont les juifs de ce qui habite la psyché antisémite à travers le temps, et de ce dont elle « charge » le juif, l’accusant tour à tour d’empêcher le monde de faire « tout » ; de confisquer quelque chose au groupe, à la nation ou à l’individu (procès de l’ »élection ») ; d’incarner la faille identitaire ; de manquer de virilité et d’incarner le féminin, le manque, le « trou », la béance qui menace l’intégrité de la communauté.

Cette littérature rabbinique que l’auteur décortique ici est d’autant plus pertinente dans notre période de repli identitaire que les motifs récurrents de l’antisémitisme sont revitalisés dans les discours de l’extrême droite et de l’extrême gauche (notamment l’argument de l' »exception juive » et l’obsession du complot juif).

Mais elle offre aussi et surtout des outils de résilience pour échapper à la tentation victimaire : la tradition rabbinique ne se soucie pas tant de venir à bout de la haine des juifs (peine perdue…) que de donner des armes pour s’en prémunir.

Elle apporte ainsi, à qui sait la lire, une voie de sortie à la compétition victimaire qui caractérise nos temps de haine et de rejet.

Critique :
Une fois de plus, c’est grâce à « La Grande Librairie » que j’ai décidé de lire ce roman qui est aux antipodes de mes lectures habituelles.

La manière dont l’auteure avait parlé de son livre m’avait interpellé, dans le bon sens du terme car elle faisait un parallèle intéressant entre l’antisémitisme et la place de la femme dans l’Histoire.

Nous étions accusées des mêmes maux, des mêmes tares que les Juifs : hystériques, manipulatrices, opportuniste, faible…

La féminisation du Juif dans le discours politique sert généralement à faire de l’homme enjuivé un faible, ou de l’homme juif un manipulateur, un hystérique ou un opportuniste. Autant d’importations d’une rhétorique misogyne traditionnelle qui vont disqualifier un individu dans l’exercice du pouvoir.

Comme je m’en voudrais de mourir bête et que j’aime aller me coucher un peu plus « culturée », j’avais coché ce roman, bien décidée à me plonger dedans dès que je pourrais le faire.

Véritable enquêtrice, l’auteure s’est plongée dans les textes anciens, les textes bibliques, pour aller chercher une trace non seulement de la première fois où l’on utilisa le mot « Juif » (avant, on disait « Hébreu ») et d’où viendrait cette haine, le patient zéro, en quelque sorte.

Pour les commentateurs, l’histoire n’a pas commencé là, mais trouve sa source ailleurs dans un autre récit ; et ils vont donc se livrer à une exploration, presque à une enquête policière sur la piste généalogique du Juif et de son ennemi légendaire. Remontons ensemble les générations bibliques de la haine antisémite…

Au départ, l’exploration des textes de l’Ancien Testament ne m’a pas dérangé, c’était agréable à lire, j’avançais bien au pays des légendes et des histoires, même si, au fil des différents textes, l’histoire n’était pas tout à fait la même.

Je la prends pour un texte servant à m’expliquer des choses, à m’élever, à réfléchir, rien de plus. Donc, tout allait bien dans le meilleur des mondes.

En un verset, Haman offre au lecteur un parfait condensé, une illustration intemporelle de ce que sont les accusations portées contre les Juifs à travers l’Histoire : un peuple perçu comme à la fois dispersé et à part, mêlé à tous mais refusant de se mélanger, indiscernable mais non assimilable. Son particularisme est vécu comme une menace pour l’intégrité de la nation ou la puissance politique, mettant en danger la stricte égalité entre des éléments d’une nation indifférenciée. Pèse sur lui, dès lors, un soupçon de non-allégeance, qui justifie à terme son départ ou son élimination physique. À l’instant même où le Juif paraît dans le texte, surgit avec lui comme dans un même souffle, son ennemi, fruit d’une gémellité littéraire troublante. Le duo Mardochée/Haman est comme scellé dès l’origine : cherchez le Juif, l’antisémite n’est jamais très loin.

Oui, mais, à un moment donné, trop is te veel et c’était trop pour mon petit cerveau qui a décroché quelques fois car trop théologique pour la lectrice lambda telle que je suis.

Le rythme de lecture en pâtit, on surprend ses yeux à sauter des lignes et à tenter d’aller voir plus loin si le texte n’est pas plus intéressant que cette étude trop poussée pour ceux et celles qui n’y sont pas habituées.

Pourtant, tout le reste est intéressant au possible, j’ai vraiment aimé tout le reste, mais ce blocage me restera en travers de la gorge et malheureusement, mon plaisir lecture s’en est ressenti car j’aurais préféré qu’elle nous parle plus de l’antisémitisme à travers les âges du monde réel.

Au final, c’était plus facile d’écouter l’auteure parler de son livre à La Grande Librairie que de la lire. Sans pour autant remettre son travail en question car il y a des heures de boulot là derrière, ce qui est bien dommage d’avoir mis autant de peine dans la recherche et peut-être moins dans la présentation de toutes ces études des textes bibliques.

Dommage… Malgré tout, je retiendrai des choses de cette lecture et j’irai me coucher moins bête que la veille, ce qui n’est déjà pas si mal. Tout compte fait, je ne suis pas vraiment perdante sur le coup.

Il existe par exemple une distinction fondamentale entre l’antisémitisme et les autres racismes. Ces derniers expriment généralement une haine de l’autre pour ce qu’il n’a pas : la même couleur de peau, les mêmes coutumes, les mêmes repères culturels ou la même langue. Son « pas-comme-moi » apparaît au raciste comme un « moins-que-moi » ; il a tôt fait de le juger inabouti ou inférieur. Il est un barbare au sens où les Grecs l’entendaient : un homme dont le langage semble bégayer, de façon primitive et ridicule, bar… bar… Changez sa couleur de peau, gommez son accent et la haine pourrait bien disparaître ou s’apaiser. Le Juif au contraire est souvent haï, non pour ce qu’il N’A PAS mais pour ce qu’il A. On ne l’accuse pas d’avoir moins que soi mais au contraire de posséder ce qui devrait nous revenir et qu’il a sans doute usurpé. On lui reproche de détenir et d’accaparer le pouvoir, l’argent, les privilèges ou les honneurs qu’on nous refuse. On l’imagine, dès lors, propriétaire d’un « en plus » dont il nous prive.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°129.

Ira Dei – Tome 2 – La part du diable : Vincent Brugeas & Ronan Toulhoat

Titre : Ira Dei – Tome 2 – La part du diable

Scénariste :
Dessinateur :

Édition : Dargaud (05/10/2018)

Résumé :
Plusieurs mois se sont écoulés depuis la prise glorieuse de la ville de Taormine. Maniakès a donné l’ordre aux troupes d’Harald d’attendre son armée à Catane. Mais l’inaction rend les soldats nerveux et la confiance qu’ils avaient placée en Tancrède s’effrite doucement.

À présent, ce n’est plus un homme rusé et belliqueux qu’ils ont en face d’eux mais un homme mélancolique et docile qui s’en tient aux ordres.

Pourtant, Maniakès voit en lui un adversaire de taille et compte donc bien se jouer de lui pour récupérer son or.

Et pour cela, tous les moyens sont bons car, après tout, les alliés d’aujourd’hui sont les ennemis de demain? À nouveau, la colère jaillira !

Critique :
Des combats et des jeux de pouvoir… Ça sent Game Of Thrones, dragons et Marcheurs Blancs en moins… Et sans les bons mots de Tyrion !

Mais niveau stratégie pour niquer les autres et devenir calife à la place du calife, c’est du pur bonheur tant tout le monde complote contre tout le monde.

Mon bémol ? Le même que pour le premier tome (L’or des Caïds) : les traits assez grossiers des dessins.

Un peu de ligne claire aurait profité à l’ensemble et rendu certaines cases moins brouillonnes et plus jolies à admirer.

Terminé pour les bémols car je n’ai rien à dire d’autre et malgré les traits parfois un peu épais, je n’ai pas eu les yeux qui ont pleuré comme ce fut parfois le cas avec certaines bédés (mais faut pas le dire, sinon, on a l’auteur ou son fils, son neveu, son chien, l’ombre de son chien qui vous saute dessus toutes griffes dehors).

Les décors ? Purée, ils rendent justice à la Sicile, donne le ton pour l’atmosphère et les couleurs chatoyantes pourraient même nous faire prendre de jolie couleur de bronzage rien qu’en les regardant. C’est joli, bucolique, on sent le soleil qui chauffe notre peau.

A contrario, lorsque nous sommes sur les champs de batailles, les teintes rouges rougeoient et pas besoin d’avoir fait Master BD pour comprendre que le bucolique est foutu le camp et qu’il ne reviendra pas !

Les scènes de batailles foisonnent de détails et sont très réalistes. Ah, ces charges de cavalerie ! Et ces guerriers qui lèvent les boucliers pour tenir le mur ! Magnifique ! Ok, les cadavres ensuite, c’est moins génial.

Les personnages ont pris de l’épaisseur, on en apprend un peu plus sur Tancrède et le jeu des magouilles et compagnie va nous dévoiler le visage de certains personnages que l’on n’attendait pas là.

Une intrigue étoffée, du suspense, des retournements de situations, des magouilles, des jeux de pouvoir, bref, tous les ingrédients sont réunis pour nous faire une bonne soupe bien nourrissante !

On termine un premier cycle et j’ai hâte de lire les suivants.

PS : j’ai trouvé ça bien trouvé de nous placer en début d’album les personnages importants dans un vitrail !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°95.

[SÉRIES] Gunpowder – La série qui parle du coup d’état qui devait faire Boum et qui fit Pchiiiittt

Gunpowder est une mini-série anglaise créée par Ronan Bennett, Kit Harington et Daniel West diffusée sur BBC One depuis le 21 octobre 2017.

Le scénario de la série est basé sur un fait historique réel, la Conspiration des poudres du 5 novembre 1605 qui prévoyait de faire sauter la Chambre des communes.

Distribution :

  • Kit Harington : Robert Catesby
  • Peter Mullan : Henry Garnet
  • Mark Gatiss : Robert Cecil
  • Liv Tyler : Anne Vaux
  • Tom Cullen : Guy Fawkes
  • David Bamber : Henry Percy
  • Edward Holcroft : Thomas Wintour

Fiche technique :

  • Titre original : Gunpowder
  • Création : Ronan Bennett, Kit Harington, Daniel West
  • Réalisation : J Blakeson
  • Scénario : Ronan Bennett, Daniel West, Kit Harington
  • Direction artistique : Pilar Foy, Liz Simpson
  • Décors : Grant Montgomery

Ce que j’en ai pensé :
Non, la Conspiration des Poudres n’a rien à voir avec un complot des fabricants de poudre à lessiver !

Oubliez un accord secret entre Dash et Dixan s’engageant à ne pas laver si blanc que ça.

La conspiration des poudres, c’est celle qui failli expédier un roi et tout ce que comptait la Chambre des Communes sur la lune, si ça n’avait pas pchiitttt.

♫ Boum, quand la Chambre des Communes doit faire boum et que ça fait pas boum boum ♪

Problème de mèche ? Trop courte ou trop longue ? J’en sais rien, vous irez voir chez l’ami Wiki (avant, c’était l’ami Ricoré) qui s’est invité en bas de ma chronique.

Anybref, nous sommes au temps des désaccords entre Protestants et Catholiques et en ce temps-là, ça se réglait à coup de tortures, d’assassinats, ou autres châtiments barbares et pervers.

Pas un pour relever l’autre, sans oublier que nous avons le roi Jacques Iᵉʳ d’Angleterre (un Stuart) assis sur le trône (pas de fer) et qu’en ce temps-là, les rois avaient un big pouvoir et que pour arriver à leurs fins, tout était bon.

D’un autre côté, en Espagne, pour obtenir des droits dans les ports Anglais, on n’avait aucun scrupules à abandonner les Catholiques d’Angleterre à leur triste sort.

Petites âmes sensibles, accrochez-vous car il y a quelques scènes assez insoutenable pour la vue, notamment celles de tortures ou d’exécution publiques. Nous ne sommes pas au pays des Petits Poneys chevauchant des Bisounours.

La reconstitution des lieux et des costumes m’ont semblé des plus justes, même si je n’ai pas une grande connaissance de la mode en ce temps-là, mais en tout cas, les justaucorps sont sales, puants, les visages sales, les robes empêchent toute digne femme à prendre ses jambes à son cou.

Le roi, ses courtisans et ses employés sont en horribles culottes bouffantes et ça ne les rend pas honorables. Lagerfeld aurait trouvé ça moche et peu commode.

L’avantage d’une mini-série de trois épisodes, c’est que l’on arrive à presque tout dire ou en tout cas, à ne pas s’enliser dans des longueurs. Malgré tout, cette série manque un peu de punch à certains moments, d’action.

Si l’action pure et dure n’est pas très présente, on pénètre dans les complots d’arrière-cour, dans les magouilles politiques, les accords par dessous de la table entre deux puissances étrangères, se faisant toujours au détriment des citoyens les plus faibles ou les moins majoritaires.

Mycroft Holmes de la série « Sherlock BBC » est un Robert Cecil des plus convaincants. Ce genre de rôle va à merveille à Mark Gatiss.

Par contre, j’ai appris quelque chose, le roi Jacques, ben il avait un mignon… Désolée, mais un type qui aide un autre à se déshabiller, à se mettre au lit et qui lui parle comme si c’était un gros bébé, moi je vois midi à ma porte et j’en déduis que le roi aimait des deux côtés. Pas moche du tout, son mignon…

Le roi, lui, on n’aurait pas envie d’aller sans son lit. Il a une sale gueule.

Le roi au centre, avachi, Robert Cecil à sa gauche et le mignon en avant-plan

Cette mini-série a du potentiel, j’ai passé un bon moment à la regarder, mais elle n’a pas eu le succès et pire, on n’en a pas parlé des masses de ce côté-ci de la Manche, pourtant, on a tout de même Jon Snow (GOT) à la réalisation et dans le rôle de Robert Catesby !

Entre nous, Kit Harrington fait du Jon Snow, son jeu d’acteur ne connait pas 36 nuances, c’est toujours la même. Mais dans ce rôle de cape et d’épées, il n’en fallait pas plus, ça ne changeait pas vraiment de GOT et de ses jeux de pouvoir.

Autant où les Catholiques persécutèrent beaucoup de monde, les Protestants ne seront pas en reste non plus et c’est une manière bien laide d’utiliser la Religion, chacun pensant qu’il détient LA vraie foi, avec le VRAI Dieu et que ce dernier est à son écoute et à de grands projets pour lui…

Le fanatisme religieux (et le fanatisme quel qu’il soit), je l’abhorre.

L’avantage de cette série, c’est qu’elle est une piqûre de rappel pour ceux qui pensent que les barbares, ce sont les autres. Nous avons été des barbares, les autres aussi et parfois, même en 2019, nous ne sommes pas toujours plus évolués.

Si les scènes de décapitations filmées et diffusées par un groupe de terroristes dont je ne citerai pas le nom horrifient la plupart, en 1605, lors des pendaisons ou autre exécution, la foule était nombreuse et en délire. Comme le sont certains à la vue de ces vidéos passant en boucle sur le Net.

On me dira que 1605 c’était il y a 400 ans, mais je parie ma culotte en dentelle de Bruges que si on faisait des pendaisons publiques, il y aurait foule. Surtout si c’était des condamnés appartenant à une autre foi.

La série n’a pas d’action pure et dure, même si on a des moments de suspense, mais elle met en avant les guerres de religion et le fanatisme religieux ainsi que le manque de logique dans les comportements de certains puisqu’il est dit que « Tu ne tueras point ».

Et les conjurés vous répondrons que ce sont les autres qui ont commencé à les persécuter et que donc, faut se défendre et rendre la monnaie de la pièce aux autres.

Être prêt à sacrifier sa propre existence au nom de ses convictions, ça ne nous rappelle que trop les derniers événements de ces années post 2000. Quand ce sont des catholiques, ça semble être héroïque et justifié (on frémit en voyant les clous ajoutés à la poudre) alors que quand ce sont les autres, on hurle.

Dans ces temps reculés, toute croyance concurrente de « la mienne » (ou de la majorité) était perçue et présentée comme une menace potentielle, menace qui pouvait se traduire par la propre disparition de « ma » croyance (je me mets à la place des gens de l’époque).

Donc, fallait tuer dans l’oeuf cette autre croyance avant qu’elle ne nous submerge et que ne remplace la nôtre… Tiens, des airs de déjà-vu, entendu, lu…

Quand la survie en dépend, on ne réfléchit plus, on persécute, on assassine, on a peur de l’Autre, on lui cherche des poux sur la tête, on veut tous les anéantir jusqu’au dernier et de là naissent tous les problèmes puisque si on veut m’anéantir, je vais me rebeller, mordre, griffer et me battre car je veux vivre.

Cette imbécilité qui consiste à vouloir soumettre l’autre dans la violence où à le persécuter ne va faire qu’accroître l’attachement que l’individu éprouve à l’égard de son identité collective… Ben oui, on continue pourtant toujours ainsi en 2019.

On devrait savoir qu’il est vain et inutile d’agir de la sorte. Mais les égos sont toujours surdimensionnés et personne n’a appris des erreurs du passé.

Anybref, cette série est bien fichue et elle a le mérite de présenter les choses clairement, à nous d’en tirer les conclusions et de faire marcher nos petites cellules grises afin d’en tirer un enseignement qui pourrait nous être profitable.

Dommage que les grands de ce monde et les hurleurs du Net n’en soient pas capables… D’accord, certains n’ont pas envie de changer de crédo ou de comprendre.

 

Le mois anglais (Juin 2018 – Saison 8) chez Lou & Titine.

Ce qu’en dit l’ami Wiki (parce que vous aurez la flemme de le demander) : Il existe deux versions divergentes concernant le nombre et la durée des fouilles des bâtiments.

Selon la version du Roi, la première fouille est effectuée par Suffolk, Monteagle et John Whynniard le lundi 4 novembre, tant à l’intérieur que dans les alentours du Parlement et ce, alors que les conspirateurs sont occupés à leurs derniers préparatifs.

Ils découvrent un gros tas de bois dans la cave sous la Chambre des lords, ainsi qu’un individu (Fawkes) qu’ils supposent être un domestique et qui leur explique que le bois appartient à son maître, Thomas Percy. Ils partent pour rendre compte de leurs découvertes, en même temps que Fawkes quitte les lieux.

Le roi exige de faire de nouvelles recherches plus approfondies. Tard dans la nuit, le même groupe, conduit par Thomas Knyvet, retourne dans les caves. Ils y retrouvent Fawkes, désormais vêtu d’un manteau, coiffé d’un chapeau et portant bottes et éperons. Fawkes est arrêté ; il prétend s’appeler « John Johnson » et être au service de Thomas Percy.

Il a sur lui une lanterne (aujourd’hui exposée à l’Ashmolean Museum, à Oxford), une montre à gousset, des allumettes, et de l’amadou.

On découvre ensuite les barils de poudre, cachés sous des piles de fagots et du charbon. Fawkes est conduit devant le roi le lendemain matin à la première heure.

Wiki dit aussi : Le complot est révélé aux autorités par une lettre anonyme adressée au baron Monteagle le 26 octobre 1605.

Lors d’une perquisition de la Chambre des communes, le 4 novembre 1605 vers minuit, on découvre Fawkes montant la garde devant 36 barils de poudre (assez pour réduire la Chambre des lords en cendres) et il est arrêté.

Lorsqu’ils apprennent que le complot a été découvert, la plupart des conjurés s’enfuient de Londres et tentent de rallier des soutiens dans leur cavale. Plusieurs d’entre eux attendent à Holbeche House pour livrer combat contre le prévôt de Worcester et ses hommes lancés à leur poursuite ; Catesby est tué lors de l’échauffourée.

Lors de leur procès, le 27 janvier 1606, huit des survivants, dont Fawkes, sont reconnus coupables et condamnés à être pendus, trainés et écartelés (des fois qu’ils ne seraient pas tout à fait mort après la pendaison, sans doute… Parce qu’un tel zèle, c’est suspect).

Tous les péchés sont capitaux : Daria Desombre

Titre : Tous les péchés sont capitaux

Auteur : Daria Desombre
Édition : JC Lattès – Éditions du Masque (27/03/2019)
Édition Originale : Prizrak Nebesnogo Ierusalima (2014)
Traductrice : Julia Chardavoine

Résumé :
Depuis l’assassinat de son père, avocat renommé, Macha Karavaï, une jeune étudiante en droit de vingt-deux ans, nourrit une véritable obsession pour les tueurs en série.

Pistonnée pour un stage à la Petrovka, l’état-major de la police de Moscou, elle est prise en grippe par Andreï Yakovlev, l’enquêteur en chef, qui décide de la mettre à l’écart en lui confiant d’anciennes affaires d’homicides qui lui semblent sans intérêt.

Mais quand Macha se rend compte que des cadavres ont été découverts à la cathédrale St Basile, à la Tour Koutafia et repêchés devant les remparts du Kremlin, elle identifie un lien entre l’emplacement de ces crimes et le plan de la ville médiévale de Moscou, construite par les architectes au Moyen Âge selon le modèle de la Jérusalem céleste.

Contrairement aux catholiques pour qui il existe sept péchés capitaux, les orthodoxes, eux, estiment que tous les péchés sont capitaux.

Les corps des victimes n’ont pas été abandonnés mais plutôt mis en scène par le tueur pour représenter divers péchés.

Macha parvient enfin à attirer l’attention d’Andreï et ils se lancent alors sur les traces de ce tueur en série on ne peut moins ordinaire…

Critique :
C’est plus fort que moi, dès qu’un roman policier (ou historique) se déroule en Russie, je ne me sens plus.

Vous me mettriez Sherlock Holmes enquêtant en Russie que je frôlerais l’arrêt cardiaque devant tant de bonheur.

Net Galley et l’éditeur ayant donnés une suite favorable à ma demande, je me suis jetée sur le roman comme une affamée.

Mêlant l’Histoire avec le présent, le réel avec l’ésotérisme, mettant en scène des personnages intéressants que tout oppose, voilà un roman qui a réuni les bons ingrédients et a su les cuisiner pour donner un plat qui avait du goût !

Mon seul petit bémol sera pour le fait que c’est le Moscou contemporain qu’on arpente et ma passion irait plus au Moscou du temps du Tsar Nicolas II.

On dira que je pinaille mais j’aurais apprécié que ce roman ait une touche « politique » en plus de la policière car durant mes lectures, j’apprécie tout autant m’instruire sur la vie des gens, sur la politique, l’administration…

Lorsque c’est bien mis en scène, ça donne toujours un plus à un récit (mais tout le monde n’aime pas ça) et je suis plus fervente d’Histoire (politique ou autre) que d’histoire d’amour.

Par contre, j’ai appris les différences qu’il y avait entre les orthodoxes et les catholiques, pas toutes, juste les plus importantes et si nous avons 7 péchés capitaux, chez les orthodoxes, tous les péchés sont capitaux et ne comptez pas sur le purgatoire pour vous en sortir, c’est direct dans les flammes de l’enfer que nous rôtirons tous ensemble.

Si j’aurais aimé plus de politique, ce sera mon seul grief contre ce roman qui se lit très vite tant on est subjugué par les crimes épouvantables et l’aura de mystère qui les entoure, car nos amis pandores moscovites de la Petrovka n’avaient pas vu la patte du serial killer.

Pour leur défense, fallait avoir l’esprit obnubilé par ces criminels pour comprendre et voir la toile d’araignée tissée par cet habile assassin. Ce qui était le cas de Macha Karavaï, jeune fille portant toujours le deuil de son père et qui n’a qu’une idée en tête : trouver son assassin.

Intelligente, travailleuse, douée, mais un peu inadaptée socialement (elle aime trop les livres), arrivée à son stage par un piston, ce qui ne lui facilitera pas la tâche pour se faire entendre par son supérieur (Andreï Yakovlev) qui ne voit en elle qu’une arriviste et enfant gâtée.

Un duo d’enquêteurs atypique, peu compatible socialement et culturellement, mais une fois leurs différents aplanis, ça donnera un duo d’enquêteurs de choc, bien qu’il leur ait fallu tout le roman pour comprendre qui se cachait derrière ses crimes alors que moi, tout en buvant un bon café et en réfléchissant dans mon fauteuil, j’y étais arrivée.

Et j’avais vu juste ! Ceci n’a pas gâché mon plaisir de lecture, que du contraire, le tandem Macha/Andreï fonctionnait bien et le côté ésotérique des crimes ne pouvait que me combler.

On aurait pu se passer de l’histoire d’amour mais sans doute que ça ajoutera du piment pour les lecteurs/trices qui aiment ça. De mon côté, j’ai trouvé que ça allait trop vite…

C’est palpitant, amusant, frais, gore pour certaines mises à mort mais sans jamais sombrer dans le voyeurisme et les détails horribles, voilà un roman policier whodunit mais sans qu’on ne doive rassembler tout le monde dans le salon pour proclamer que c’était le colonel Moutarde le coupable.

Une chose est sûre, si Macha et Andreï reviennent pour une nouvelle enquête, je les suivrai volontiers dans les rues de Moscou et sur tous les sites sur lesquels ils me mèneront.

#TousLesPéchésSontCapitaux #NetGalleyFrance 

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Apocryphe : René Manzor

Titre : Apocryphe

Auteur : René Manzor
Édition : Calmann-Lévy Noir (03/10/2018)

Résumé :
Jérusalem, an 30. Sous une pluie battante, trois crucifiés bataillent pour que chaque nouvelle inspiration ne soit pas la dernière. Le déluge achève de disperser les quelques spectateurs présents.

Seule une personne reste obstinément sur le Golgotha. Un garçon de sept ans qui a échappé à la surveillance des adultes. Il ne quitte pas des yeux l’homme cloué sur la croix centrale.

Malgré la violence du spectacle auquel il assiste, l’enfant ne pleure pas. Son expression semble même trahir de la rancune envers ce rédempteur qui a tout donné aux autres et si peu à lui.

Son nom est David de Nazareth. Fils du supplicié Yeshua, dit le roi des Juifs.

Sept ans plus tard, au cœur du désert de Judée.

Le jeune David a grandi dans une ferme isolée, élevé par sa mère Mariamné. Lassé de vivre caché, il sent un vent de révolte souffler en lui, qui fait écho aux secousses qui agitent la Palestine, rendue exsangue par deux décennies d’occupation romaine.

Poussé par la volonté de s’émanciper et de prendre part aux bouleversements qui s’amorcent, David s’enfuit, dans le but de rejoindre Jérusalem.

Débute alors pour lui un chemin jalonné de secrets, de trahisons, d’intrigues politiques et de stratégies guerrières, qui le mènera à la découverte d’une vérité soigneusement dissimulée pendant des années, dans le but de le protéger.

Critique :
« Eli, Eli, lama sabachthani » furent les dernières paroles de Jésus, sur sa croix et non pas « Un clou, vite, je glisse » comme je me plais toujours à dire (oui, à une époque, j’aurais fini sur le bûcher pour hérésie blasphématoire).

Traduction de ses mots ? « Mon dieu, mon dieu, pourquoi m’as-tu abandonné », ce qui prouve bien que même Lui a douté et que la crucifixion est une mise à mort barbare et horrible.

En attendant, avec ça, vous avez de la matière culturelle pour briller pour les fêtes de fin d’années (ou à Pâques, au choix).

Il est bon de savoir que la phrase varie selon la langue utilisée et qu’en Araméen, cela donne : « Élôï, élôï, lama sabacthaneï » et que Dieu est aussi écrit « Eloï » et si avec ça vous n’êtes pas le roi de la culture, je veux bien bouffer une huître !

Mais revenons à nos moutons… Si Yeshua (dit Jésus dans nos contrées), tentait un come-back, m’est avis qu’il serait stoppé à la frontière (ou arrêté après avoir tenté de la franchir), serait enfermé et puis remballé fissa dans son pays d’origine… car il n’a rien à voir avec le style européen qu’on nous matraquait « dans le temps ».

Anybref… Ce thriller étiqueté ésotérique ou biblique, je n’y croyais pas de trop, je doutais, comme je fais souvent et puisque je m’interrogeais sur le contenu de ce roman, j’ai fait comme Thomas, l’apôtre, j’ai demandé des preuves et il m’en a été donné par la lecture de ce roman (mais je n’ai pas mis mon doigts dans le trou).

Non, soyez sans crainte, ce thriller historique n’a RIEN à voir avec une resucée (j’adore ce mot) d’un Da Vinci Code ou avec un roman qui voudrait réécrire l’Histoire, vous faire prendre des vessies pour des lanternes ou tout autre chose. On est au-delà de ça, bien au-delà… Ici, on est dans la crème, pas dans la lie !

L’auteur a étudié le sujet avant de le travailler et ce qu’il nous livre, c’est mieux qu’un voyage dans le temps, c’est une véritable plongée dans ce qui fut, après la crucifixion de Yeshua, le début de conversions à un nouveau courant religieux, de baptême et de prêches par les apôtres.

Certains pourraient reprocher que les chapitres courts donnent l’impression de lire un futur film, mais cela ne m’a dérangé aucunement.

Entre nous, j’ai trouvé que ces successions rapides donnaient une vie propre au roman, comme s’il se déroulait devant nos yeux et que nous étions les spectateurs impuissants mais entrainé par les personnages forts, dont certains étaient de vieilles connaissances.

Après lecture, que vous soyez croyant, athée, agnostique ou autre, votre opinion ne sera pas changé car là n’est pas le but de l’auteur, lui, tout ce qu’il veut vous offrir, c’est son travail sur cette époque dont nous savons peu et qui pourtant a eu et a encore une importance énorme dans nos sociétés.

Ce thriller historico-religieux est aussi un roman noir car il nous fait découvrir la vie des Juifs sous l’occupant romain et sa fameuse Pax Romana, l’esclavage, la mendicité, les enjeux politiques, les manipulations de certains, la duplicité et les ronds de jambes des autres, autrement dit « un air de déjà-vu » puisque c’est toujours la même chose partout dans le Monde à toutes les époques.

C’était ma première fois avec René Manzor mais nom de Dieu (oui, j’ose), quelle panard je viens de prendre durant cette lecture passionnante et sans parti pris.

Un coup de cœur en plus pour cette année. J’aimerais vous en dire plus mais j’aurais peur d’en dire trop. De plus, je ne trouve pas mes mots pour vous dire combien j’ai apprécié cette lecture.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Ira Dei – Tome 1 – L’or des caïds : Vincent Brugeas & Ronan Toulhoat

Titre : Ira Dei – Tome 1 – L’or des caïds

Scénariste : Vincent Brugeas
Dessinateur : Ronan Toulhoat

Édition : Dargaud (12/01/2018)

Résumé :
En 1040, les armées de Byzance tentent de reconquérir la Sicile, alors aux mains des Arabes. Alors que la ville de Taormine résiste à Harald, le général Maniakès, un Normand nommé Tancrède et un jeune moine, Étienne, légat du pape proposent les services de leur petite troupe de mercenaires.

À la demande d’Étienne, Tancrède se rapproche d’Harald et lui propose un marché : il fera tomber Taormine en trois jours, en échange de quoi il recevra les richesses de la cité. Même s’il comprend que Tancrède est en mesure de réaliser ce prodige, Harald se méfie de cet homme dont les yeux révèlent qu’il a « traversé les Enfers » et dont le passé mystérieux ressurgit peu à peu…

Pourquoi l’Église a-t-elle fait de lui une arme au service de Dieu ? Et quelle revanche veut-il prendre aujourd’hui ?…

Critique :
J’étais toute contente de débarquer enfin sur l’ile d’origine de mon mari : la Sicile ! Que vois-je ? Putain, y’a un sacré bordel ici !

Des Suédois, des Arabes, des Byzantins, des Lombards, des Normands, des Grecs… qui font le siège (ou défendent) la ville de Taormine qui résiste encore et toujours à l’envahisseur.

Serait-ce que la bouffe est meilleure là et les hôtels pas chers tout en étant confortable ?

Ben non, juste que j’ai débarqué à la mauvaise période ! Nous sommes en 1040 et je risque de ne pas pouvoir bronzer et lire tranquilles avec tous ces mercenaires qui trainent dans le coin, dont le fameux Tancrède (Robert) dont nous allons apprendre un peu plus sur ses origines, ses blessures, la trahison dont il fut victime.

La Sicile, une fois de plus, se fait passer dessus par tout le monde et rien que pour s’y retrouver dans tous les peuples qui assiègent les assiégés, faut un dessin, tant c’est bigarré de nations.

— Des remparts construits par des Grecs, défendus par des Arabes et assiégés par des Normands, Lombards et d’autres races, au service de Byzance. Un sacré bordel, hein ?

Niveau personnage, c’est de la belle brochette : bien des nations sont représentées et les caractères de ceux qui traversent ce récit sont bien trempés, rempli de mystères pour certains, de haine et jalousie pour d’autres, d’envie, de cupidité, de violence, de luxure.

Oui, on a rassemblé les 7 péchés capitaux (et bien plus) dans ces 54 planches, sans oublier d’ajouter une pincée de Game of thrones pour les trahisons et les guerres en tout genre. Bien que, vous le savez, George R.R. Martin n’a eu qu’à se baser sur les guerres de notre Monde pour créer une partie de son scénario…

Il y a une forte de mystère avec notre Tancrède (Robert de son vrai prénom), l’homme à la cicatrice au visage : envoyé pour devenir l’homme de confiance du Varègue Harald afin de l’espionner, il semble vouloir jouer un double jeu et les nombreux flash-back disposé dans le récit nous expliquerons qui l’a trahi.

En plus d’avoir un sacré culot, une sacrée paire de couilles (il n’a peur de rien), notre homme a des envies de vengeance, mais je pense qu’il va faire dans le moins raffiné que le comte de Monte-Cristo.

Bien des mystères aussi dans les deux moines qui l’accompagne, dont cet Étienne (♫ tiens le bien), légat du pape (rien que ça !) qui est insensible à la douleur et semble vouloir donner des ordres à notre balafré, comme si était le commanditaire de cette infiltration.

Les tons de l’album sont fort colorés, utilisant des palettes de jaunes, oranges, rouges qui donnent de la chaleur aux planches créant une dichotomie avec le récit assez noir et sombre.

Mon seul bémol ira pour l’encrage : une ligne plus claire aurait rendu les dessins encore plus somptueux.

Sans être une fane des guerres, j’ai trouvé l’album intéressant, niveau Histoire et niveau scénario car nous ne faisons pas que d’assister à des batailles, il y a une histoire derrière tout ceci et bien des interrogations.

Une chose est sûre, je vais me jeter sur le tome 2 lorsque je mettrai la main dessus.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Le sang du Suaire : Sam Christer [Défi CannibElphique]

Titre : Le sang du Suaire

Auteur : Sam Christer
Édition : France loisirs (2012) / MA (Pôle noir)
Édition Originale : The Turin Shroud Secret (2012)
Traducteur : Véronique Gourdon

Résumé :
Le Suaire de Turin est l’icône religieuse la plus controversée au monde. D’où vient-il ? De quand date-t-il ?

L’empreinte de ce corps martyrisé est-elle celle du corps du Christ ? C’est à ces questions que vont être confrontés deux inspecteurs américains.

Lancés à la poursuite d’un tueur en série qui enveloppe ses victimes d’un fin linceul blanc, leur enquête va les mener de Los Angeles jusqu’au Vatican.

Mais leurs découvertes risquent d’ébranler les fondements même de la chrétienté…

Le Sang du Suaire est un roman extrêmement bien documenté, riche de péripéties et de multiples rebondissements qui s’enchaînent à un rythme effréné.

Critique :
Alors, le suaire de Turin, est-ce une vraie relique qui aurait contenu le corps du Christ (amen) ?

Est-ce un faux habile ? Un vrai faux refait après la perte du vrai véritable ? Un vrai faux refait après le premier vrai faux qui aurait cramé dans un incendie ?

Besoin d’aspirines, peut-être ?

Anybref, les chercheurs scientifiques, après avoir brillamment résolu le mystère entourant les dessous des kilts écossais, compris le pourquoi du comment les jupes de Sa Très Gracieuse Majesté Elizabeth II ne se soulevaient jamais, même par grand vent et séchant sur le fait que les écossais ne prennent jamais froid aux couilles, ils se sont dit qu’ils se pencheraient bien un peu sur le suaire de Turin, qui était à Jésus Christ avant, enfin, on suppose. On suppute, même si certains disent que oui, il l’est !

Ce roman végétait sur mes étagères depuis des temps immémoriaux (6 ans) et c’est pour ma LC avec Stelphique que je l’ai sorti de l’endroit où il somnolait. En juin, faut sortir ses auteurs anglais !

Au départ, j’ai eu du mal à accrocher au duo de flics, surtout que nous avions de nouveau un grand torturé (l’inspecteur Nic Karakandez) et sa coéquipière (Mitzi Fallon) brutalisée par son abruti de mari alcoolo et chômeur de profession. Ça puait le déjà lu. De plus, on sentait à plein nez les flics américains que l’on voit dans les multiples séries en provenance de chez eux.

J’avais aussi la crainte de ce que l’auteur pourrait nous balancer sur le linceul gardé plus précieusement que l’hymen de Marie et le prépuce de Jésus (je finirai en enfer, moi) et entouré de tellement de mystères que toutes les hypothèses sont plausibles…

Ce que je ne voulais pas non plus, c’était une resucée du Da Vinci Code.

Emballée, je ne l’ai pas été au début, et puis, petit à petit, j’ai commencé à m’attacher à ces deux policiers, à craindre pour eux, à les encourager dans leur enquête, le cul entre deux pays et deux villes (Los Angeles en Amérique et Turin en Italie), à mener des investigations en leur compagnie, tout en suivant les pérégrinations d’un tueur en série qui rôde, d’un psychopathe zinzin qui se prend pour l’instrument de Dieu et pour anachorète qui doit provenir de chez les cénobite pas tranquille.

La question au sujet du suaire est ouverte, à vous de croire ce que vous voulez croire, de suivre les scientifiques ou les hommes à robe longue qui, dès qu’ils n’ont pas la réponse, invoquent le miracle (c’est un miracle Salomon, un vrai miracle).

Je ne sais si l’hypothèse émise dans le roman est plausible, mais elle passe bien et elle a eu le mérite de me faire sourire, tout en expliquant bien des choses. J’ai d’ailleurs envoyé un courrier à François pour lui demander son avis éclairé.

Au fur et à mesure, j’ai commencé à m’attacher aux personnages, au grand flic torturé, à sa collègue qui a des couilles, elle aussi et j’ai suivi leur enquête fébrilement, voulant savoir absolument la fin de l’histoire.

Bon, on a tout de même quelques airs de Da Vinci, mais depuis sa publication, qui n’en a pas vu qu’ils lui ressemblent tous, mais j’ai trouvé plus plausible le personnage de flic de Nic Karakandez que celui du professeur Langdon qui, sans jamais avoir donné un coup de poing de sa vie, a joué au James Bond Indiana Jones durant tout le roman !

Anybref, ça ne va pas casser trois pattes à un pape, ni déchirer le suaire ou déclencher une vague de protestations (hormis chez les coincés du culte), ni révolutionner le genre, mais je dois dire que ça se lit facilement, que c’est assez addictif et bourré de mystères avec le suaire et les meurtres violents qui ont lieu sans que l’on sache qui les commet.

En passant, je vais en profiter pour énoncer les petites choses qui fâchent, les petits trucs qui m’ont fait grincer des dents, comme, notamment, les expressions horrifiées affichées sur les visages des morts, ou, apaisées…

Nom de dieu, à notre mort, tout s’arrête et les muscles se relâchent, donnant cette impression d’apaisement et lorsque la rigor mortis arrive, les muscles peuvent se tendre à cause du manque d’eau et donner à nos traits des airs épouvantés ou torturés.

Mention « pas bien » au serial-killer qui a réussi à aller chier là où il mangeait, le crétin de bougre d’imbécile ! Là, je déposerai plainte devant l’auteur, c’était un peu poussé, comme le fait qu’il aille se rendre à la police aussi. J’ajouterai à cela les deux bonnes femmes, travailleuses dans une société, qui avaient tout de la caricature tant elles étaient méchantes et bêtes. Un peu de nuance n’aurait pas fait de mal !

Rien de transcendantal mais ça se lit avec plaisir, tout en se prenant la tête en tentant de résoudre les énigmes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Pourquoi je l’ai choisi (par Stelphique) :
Nous avions ce livre, Ma Belette et moi même, dans la liste Défi CannibElfique pour déquiller en duo, et pour votre plaisir, les livres oubliés de notre PAL… Pour la petite histoire du livre-objet, il était encore emballé (depuis 2012, ça fait peur^^), donc j’ai eu le plaisir de le lire avec l’odeur d’un livre neuf… J’adore….

Synopsis :
Le Suaire de Turin est l’icône religieuse la plus controversée au monde.

D’où vient-il ? De quand date-t-il ? L’empreinte de ce corps martyrisé est-elle celle du corps du Christ ? C’est à ces questions que vont être confrontés deux inspecteurs américains.

Lancés à la poursuite d’un tueur en série qui enveloppe ses victimes d’un fin linceul blanc, leur enquête va les mener de Los Angeles jusqu’au Vatican. Mais leurs découvertes risquent d’ébranler les fondements même de la chrétienté…

Ce que j’ai ressenti :
La première impression qu’il m’est venue, c’est cet effet « Too much ». Pas inintéressant.

Pas mauvais, loin de là,  mais un poil de « Trop », et elle ne m’a pas quittée durant toute ma lecture.

Finalement le personnage le plus réussi, est sans doute le « Méchant » de l’affaire parce que, lui, pour qu’il soit crédible, il valait mieux « trop » en faire que « pas assez »…

Je pense qu’il m’a manqué un certain dosage de finesse dans la plume, c’était intéressant, mais ça l’aurait été plus sans cette surenchère de vouloir en faire trop.

Pour ce qui est de l’enquête qui se joue autour du Suaire de Turin étant donné, que cette impression de « Too Much » est bien restée imprégnée, j’ai eu du mal à accrocher à cette théorie, même si on ne saura jamais le fin mot de l’Histoire, à part peut être, à notre Jugement Dernier…

L’orgueil précède la chute.

Pour ce qui est du thriller en lui même le rythme est bien dosé, les rebondissements bien sanglants et les stratèges bien infiltrés.

C’était d’une belle efficacité, on ne s’ennuie pas à dénicher les petits secrets millénaires et un tueur en série quelque peu nauséabond…

Ça suinte, ça découpe, ça dissimule à tout va, et j’ai tourné bien vite les pages (bien moins vite que ma binôme comme d’habitude, mais bon, c’est quasi impossible de rivaliser de vitesse avec elle, en lecture, et j’ai de l’entraînement pourtant depuis 3 ans de LC^^ ).

Très bientôt, la scène de crime aura disparue. Lavée par madame la marée, la vieille complice de tant de meurtres.

Au niveau des personnages, j’ai une préférence pour Mitzi, et je pense que c’est celle qui m’a le plus touchée, parce qu’elle est faible et forte à la fois, victime et à la fois, une femme forte qui ne s’en laisse pas compter.

Son histoire personnelle et le cheminement vers sa nouvelle vie, est le petit fil qui m’a tenue toujours attentive.

Pour les autres personnages, j’ai ressenti encore cet effet de « trop », qui m’a un peu enlevé l’attachement envers eux…Et la fin ne m’a pas du tout convaincue…

D’après mon expérience, le Mal ne fait pas sa propre publicité. Il reste caché et se déplace comme un criminel en fuite.

En bref, c’était dans l’ensemble une lecture agréable, prenante, mais j’ai eu un peu de mal avec la plume.

Il ne me laissera pas un souvenir impérissable mais il a quand même rempli sa part du contrat, puisque j’ai voyagé de Los Angeles à Turin en passant par le Liban , j’ai appris quelques informations bien intéressantes sur la science et les trésors mystérieux de la religion chrétienne et puis j’ai lu ce livre en duo, et il n’est pas plus doux que de lire avec son amie <3.

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 6/10

Les derniers jours de Newgate : Andrew Pepper

Titre : Les derniers jours de Newgate

Auteur : Andrew Pepper
Édition : 10/18 Grands détectives (04/01/2018)
Édition Originale : The Last Days of Newgate (2008)
Traducteur : Daniel Lemoine

Résumé :
En 1829, la police londonienne n’existe pas encore. Les affaires criminelles sont confiées aux Bow Street Runners, des hommes à la moralité douteuse, à peine plus recommandables que les malfaiteurs qu’ils traquent. Pyke est l’un d’eux.

Tout autant à son aise dans les bars crasseux et infâmes de Londres que dans le salon victorien de lord Edmonton.

Ce dernier, un vieil aristocrate fortuné au-dessus de tout soupçon, lui demande de retrouver l’escroc qui a détourné les fonds de l’une de ses banques.

Alors que Pyke est sur les traces du coupable, il ne se voit pas tomber dans un redoutable piège.

Bientôt emprisonné à Newgate, son seul espoir repose sur la détermination d’Emily Blackwood à prendre parti contre son père : lord Edmonton.

Critique :
♫ There is a house in New Orleans,♫ They call the rising sun ♪ And it’s been the ruin of many a poor Boy, ♪ And God I know I’m one ♫

Non, non, non ! Coupez ! J’ai pas demandé eu D.J la V.O, moi, mais la V.F. Bon sang, le petit personnel n’est plus ce qu’il était. Bande d’Animals, va.

♫ Les portes du pénitencier, bientôt vont se fermer, Et c’est là que je finirai ma vie ♫ Comm’d’autres gars l’ont finie ♫

Cette bande-son collera mieux au corps de ce roman vu que nous serons incarcéré à Newgate et que ça a plus des airs de pénitencier que de Club Med !

Londres 1829. Victoria n’a pas encore posée ses gracieuses fesses (ou son honorable postérieur) sur le trône et en ce temps-là, c’était George IV qui l’occupait.

L’Angleterre de Victoria comptait son lot de miséreux, mais sous George, ça n’allait pas mieux non plus et l’auteur m’a fait plaisir en ajoutant une touche de descriptions sociales dans son polar historique qui, sans être trépidant, ne vous fera pas dormir non plus (sauf si vous avez passé une nuit blanche avant).

En ce temps-là, Scotland Yard n’est pas encore né, on le sent venir, ne manque plus qu’un dernier coup de rein pour évincer les Bow Street Runners, ces gars qui, comme ceux qui nous gouvernent, ont une moralité douteuse (je sors !).

Vous aimez le côté droit de Sherlock Holmes ? Vous appréciez que de temps en temps il fasse la nique à la loi ? Ou qu’ils utilise des informateurs pour avancer dans son enquête ?

Et bien, dans ce polar, l’enquêteur Pyke va vous défriser l’bazar à tel point que vous vous demanderez s’il ne se la joue pas « hôpital se foutant de la gueule de la charité » ou « Munster disant au Camembert : tu pues  » !

Certes, les putes de fils (je n’insulterai pas leurs mères) qu’il va mettre devant leurs forfaits accomplis sont des salopards de première classe, mais Pyke peut aller bouffer à leur râtelier et ses mains sont toutes aussi remplies de sang que les leurs.

La fin justifiera tous les moyens ! Même des morts innocentes.

Ok, Pyke n’a pas étranglé un bébé, mais je lui garderai tout de même un chien de ma chienne ainsi qu’a son auteur. Avec Olivier Norek, c’est une histoire de chat, dans le cas d’Andrew Pepper, ce sera une affaire de chien. Dire qu’il ose ensuite faire des reproches aux autres.

Pourtant, malgré tout, je l’ai bien apprécié, le Pyke et son côté taiseux, entêté durant une enquête, poursuivant sans relâche afin d’arriver à résoudre l’affaire. Il a un côté holmésien dans le fait qu’il ne montre jamais ses sentiments.

En 1829, ça grognait déjà et toujours entre les catho et les protestants, le moindre fait est monté en épingle et une fois la mèche allumée, yapuka laisser tout péter, les gentils habitants se chargeant eux-mêmes de s’assassiner entre eux. Machiavélique !

Toujours ces vieilles histoires… Le catho en veut au protestant de lui avoir cassé la gueule hier et le protestant rappelle au catho que la semaine dernière, il massacrait 30.000 des siens, alors que le mois dernier, c’était… ♫ Non, non, rien n’a changé ♪

Le serpent se mord la queue et les morts de maintenant ne rachèteront jamais les morts d’avant. Pourtant, chacun campe sur ses positions et cet antagonisme est bien rendu dans le récit, donnant une certaine atmosphère à ces pages bien sombres.

Les dialogues sont souvent percutants, machiavéliques même, à certains moments, et l’enquête de Pyke va l’entrainer dans une spirale de violence à faire pâlir de jalousie Jack The Ripper him self car les cadavres vont se ramasser à la pelle et Pyke ne sera pas toujours innocent dans ces affaires, comme je vous le disais plus haut (suivez !).

Un polar historique qui se lit tout seul car les personnages vous entraineront dans cette gigue infernale et la question qui se posera dans ces pages sera « Qui a fait ça et pourquoi ? ».

La solution se trouvera à la fin et oui, c’est perfide ! Mais tout à fait naturel et vieux comme le Monde.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

Les diables de Cardona : Matthew Carr

Titre : Les diables de Cardona

Auteur : Matthew Carr
Édition : Sonatine (16/05/2018)
Édition Originale : The Devils of Cardona (2016)
Traducteur : Claro

Résumé :
1584. Le prêtre de Belamar de la Sierra, un petit village d’Aragon à la frontière avec la France, est assassiné, son église profanée. Sur les murs : des inscriptions en arabe.

Est-ce l’œuvre de celui qui se fait appeler le Rédempteur, dont tout le monde ignore l’identité, et qui a promis l’extermination de tous les chrétiens, avec la même violence que celle exercée sur les musulmans ?

La plupart des habitants de la région sont en effet des morisques, convertis de force au catholicisme, et qui pratiquent encore l’islam en secret.

À la veille d’une visite royale, Bernardo de Mendoza, magistrat à Valladolid, soldat et humaniste, issu d’une famille juive, est chargé de l’enquête.

Très vite, les tensions s’exacerbent entre les communautés, une véritable guerre de religion se profile. Et les meurtres continuent, toujours aussi inexplicables.

Entre l’Inquisition et les extrémistes morisques et chrétiens, la tâche de Mendoza va se révéler ardue.

Critique :
Espagne, 1584… Non, je n’irai pas passer mes vacances dans le petit bled de Belamar de la Sierra !

Je viens de mener une enquête difficiles aux côtés de Bernardo de Mendoza – magistrat à Valladolid – de son jeune scribe Gabriel (♫ tu brûles mon esprit ) et de Luis de Ventura.

Durant notre périple de 450 pages, j’ai manqué de mourir 10 fois et c’est contente d’avoir échappé à tous les traquenards tendus pour nous évincer de cette enquête que j’ai terminé cette lecture.

Les guerres de religion, elles sont toujours latente, les braises sont chaudes et elles ne demandent qu’un petit souffle pour embraser une région où cohabitent vieux-chrétien et morisques, ces Musulmans espagnols qui furent convertis par la force au catholicisme.

Le vieux-chrétien se sent toujours plus chrétien que le morisque et à la limite, plus catholique que le Bon Dieu lui-même ! Et je ne vous apprend rien sur le fait que l’on voit plus facilement la paille dans l’œil du voisin que la poutre dans le sien et que les plus grands catholiques ne sont jamais ceux qui se prétendent l’être.

L’enquête que le magistrat Bernardo de Mendoza va mener sur la mort du curé, sur celles de trois bergers, sur le viol des bonnes sœurs et les attaques de vieux-chrétien ne sera pas simple et il faudra marcher sur des œufs afin de ne pas attiser les braises de la haine qui couvent toujours.

Ni rameuter l’Inquisition qui ne se sent plus dès qu’on parle de tortures ou de bûchers et qui est sans cesse à la recherche de nouveaux clients afin de tester ses machines de la mort qui tue. La délation étant sa plus fidèle amie, cette petite entreprise ne connait pas la crise…

Dans cette gigantesque partie d’échec, des mains invisibles déplacent les pions que sont les habitants de la région de Cardona, les montañeses, les enquêteurs et tous les autres.

Pas besoin d’avoir fait des hautes études si l’on veut déclencher une guerre, il suffit de faire en sorte que l’on ait de bonnes excuses pour attaquer l’autre et la meilleure est de faire croire à tout le monde que ces derniers vous ont attaqué lâchement. Holmes n’a pas l’apanage du déguisement…

Dans ce polar historique, l’auteur prend le temps de nous présenter l’Espagne telle qu’elle était en ce temps-là, avec ses mentalités un peu rétrograde (pour nous en 2018 qui n’avons plus peur de l’Église), ses vieilles haines de l’Autre, ses conversions de force des Musulmans au Catholicisme, la surveillance étroite sous la laquelle ils se trouvent tout le temps, les esprits aussi étroit que le cul d’une nonne vierge, les anciennes guerres de religion, bénies par le Pape lui-même…

L’esquisse des personnages se fait au fur et à mesure, certains étant plus facile à cerner que d’autres, mais en tout cas, ils étaient eux aussi bien dans leurs bottes et dans leur époque, le tout sans manichéisme, même si les Méchants sont retors, lâches, envieux, violeurs, maîtres-chanteurs, concupiscent, obsédés du sexe (biffez la mention inutile selon le personnage).

Le climat est malsain, ça pue la délation et le chantage à tout va, la violence est omniprésente, mais sans jamais devenir exagérée ou inutile. Nous ne sommes pas dans le pays des Bisounours non plus !

Une enquête difficile, remplie de pièges, où il faut faire preuve de diplomatie si on ne veut pas voir la région d’embraser, déjà qu’on a jeté de l’huile sur le feu et que tout le monde est prêt à se sauter à la gorge…

Un thriller policier historique mené de main de maître, avec brio (avec qui ?), sans en rajouter, porté par une écriture qui frappe comme une épée lors d’un combat, le tout sans jugement des personnes qui croient au même Dieu mais lui donne un nom différent.

Magistral !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018) et Le Mois anglais saison 7 chez Lou et Cryssilda (juin 2018).

 

La Louve et la croix : S. Andrew Swann

Titre : La Louve et la croix

Auteur : S. Andrew Swann
Édition : Milady (2010)

Résumé :
1220. Au cœur des sombres forêts des Carpates, frère Semyon von Kassel, chevalier de l’ordre de l’Hôpital Sainte-Marie-des-Allemands de Jérusalem, court comme s’il avait le diable aux trousses. Une bête monstrueuse, mi-homme mi-loup, a décimé ses compagnons.

Grâce à lui, l’Église va en faire une arme à son service : les chevaliers Teutoniques recueillent et dressent clandestinement ces terrifiantes créatures pour terroriser les païens.

Or l’un de ces loups-garous, une fille nommée Lilly, réussit à s’échapper et trouve refuge auprès d’un jeune paysan qui fera tout pour la protéger des Templiers. mais aussi d’elle-même.

Car la sauvagerie du meurtre est la seule vie que Lilly ait jamais connue et si le jeune homme ne parvient pas à percer les ténèbres de son âme, il sera sa prochaine victime.

Critique :
Ce roman a une histoire : il avait fait partie des tous premiers livres que j’avais ajouté à ma wish-list lors de mon inscription sur Babelio, en mars 2012. C’est vous dire si je désirais ardemment le lire !

N’arrivant jamais à mettre la main dessus, j’avais fini par l’enlever de cette liste « pense-bête » jusqu’au jour où je lui suis tombée sur le paletot, dans la plus grande librairie de plein-pied du monde !

Entre l’achat en juillet 2015 (le ticket était toujours dedans), et sa lecture, il s’est passé du temps aussi… La faute à un HAL dantesque.

Mais maintenant que je l’avais extrait de ma biblio, on allait voir ce qu’on allait voir ! J’allais ENFIN le lire ! Les mains un peu moites car une si grande attente débouche parfois sur des désillusions…

Surtout lorsqu’il est question de loups-garou…

Bon, ce ne sera pas le chef-d’œuvre de la littérature fantasy, il est bourré de défauts, il n’a pas la profondeur d’un « L’Heure du loup », il frôle même parfois le gnangnan ou la praline, mais dans l’ensemble, si on ne fait pas la difficile, ça passe.

Ça est même bien passé puisqu’après avoir lu les 100 premières un jour, j’ai englouti les 378 le lendemain soir. Ne pas être en forme a du bon, niveau bouffage de pages.

Après un début tonitruant (non, ce n’est pas le petit nom d’un mafiosi), on se calme un peu lorsque Lilly, la louve-garoute (on dit loup-garou ?) rousse qui vient de s’évader se retrouve à poil devant le pauvre Udolf, 18 ans, un bras en moins, mais du cœur à revendre.

Nous sommes dans une région de la Prusia, en 1230, et quasi toute la région est sous la botte des Chevaliers Teutoniques et du très Saint Empire Germanique.

Ceci n’est pas divulgâcher la chose que de vous dire que l’histoire d’amour entre Lilly et Udolf est téléphonée et qu’on l’a voit venir de tellement loin qu’on se demande comment eux-mêmes ne s’en sont pas rendu compte plus vite. Y’a pas que ça que j’avais compris bien avant Udolf, moi.

Niveau écriture, on n’entrera pas à l’Académie, elle est d’un niveau accessible pour tous et toutes, sans poésie, sans belles tournures de phrases et le dictionnaire n’est pas nécessaire à la compréhension des mots alignés pour faire des phrases.

Les seuls qu’on a du mal à comprendre, ce sont les titres allemands des chevaliers Teutons ou autres chefs de fief ou comté. Là, on sent que l’auteur a potassé son « Petit chevalier sans peine ».

Les personnages auraient mérités un peu plus de profondeur et un peu moins de dichotomie parce qu’ici, les Bons sont très gentils et les Méchants sont très méchants, carrément méchants, jamais contents ♫

Quant à Lilly, la loup-garou (l’Académie pourrait-elle me dire si on le féminise ou pas ?), elle a tout pour affoler le compteur Geiger spécial Mary-Sue ! Wiki étant mon ami, je t’ai mie le lien, cher lecteur, chère lectrice (l(écriture inclusive aux chiottes !), au cas où tu serais fatigué à l’idée de devoir taper le mot dans ta Sidebar de Google  !

Donc, chers amis lecteurs et trices, vous l’aurez compris, le roman ne brille pas par son originalité, ni par ses personnages principaux, ses méchants ou ses envahisseurs.

La seule chose que je soulignerai, c’est le tacle de l’auteur vis-à-vis d’une certaine Église Chrétienne et sa propension à vouloir convertir tout le monde de force, dans le sang et les tripes, surtout les païens qui croyaient en plusieurs dieux.

L’auteur montre bien à un certain moment que les chrétiens convertis doivent toujours en faire plus pour prouver qu’ils sont bien chrétiens. C’est à la limite si on ne leur demande pas de se faire plus chrétien que le pape ou plus catholique que le Bon Dieu lui-même !

Quoiqu’ils fassent, ce n’est jamais assez, et s’ils se montrent trop zélés et arrivent au niveau de l’envahisseur, ça risque aussi de se retourner contre eux car l’Homme n’aime pas que ceux qu’ils pensent plus bas qu’eux se hissent à leur niveau.

Un peu comme on fait avec d’autres, que ce soit niveau religieux ou de l’intégration d’autres cultures. On leur demande des efforts et s’ils tendent à nous égaler, alors, ça ne va plus.

Un roman de fantasy qui aurait être plus profond, plus travaillé, avec un scénario moins éculé, moins téléphoné. Un roman qui, si on n’est pas trop regardant, peut vous faire passer quelques heures bienheureuses, dans une époque reculée où je n’aurais pas aimé vivre.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018), le challenge US (2017-2018) chez Noctembule, Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°6 – Ligue des rouquins – Un des personnages principaux est roux) et le Challenge Totem (Loup-Garou) chez Lili Galipette.