Jake : Bryan Reardon

Titre : Jake

Auteur : Bryan Reardon
Édition : Gallimard (08/02/2018)
Édition Originale : Finding Jake (2015)
Traducteur : Flavia Robin

Résumé :
Simon Connolly est l’heureux père de deux enfants, Jake et Laney. Certes, la situation de cet homme au foyer est pour le moins originale et Simon n’est pas toujours très à l’aise dans ce rôle. Mais, cahin caha, la famille coule des jours paisibles ?

Jusqu’au jour où Doug Martin-Klein, un gamin associable dont Jake est le seul copain, tire sur plusieurs adolescents avant de se donner la mort. Les survivants et les blessés sont peu à peu évacués mais Jake est introuvable.

Et très vite soupçonné d’être le complice de Doug. Commence alors pour Simon une véritable descente aux enfers. Comment une chose pareille a-t-elle pu arriver ?

Comment a-t-il pu ne rien entrevoir du drame qui se profilait ? Jake est-il coupable ? Où est-il passé ?

Critique :
Une fusillade dans un lycée américain fait 13 morts et bien plus de parents ou de familles déchirées, en colère. anéanties, traumatisées…

Les médias se déchaînent, les gens aussi, on écoute un président peroxydé dire n’importe quoi, tapant sur les jeux vidéos, sur les parents du tueur, sans que jamais personne ne se demande ce que ressentent les parents de l’ado qui vient de commettre ces assassinats.

Et tout le monde balance sur le dos de ces gens-là, les jugeant sans savoir, déversant des tonnes de commentaires haineux sur les réseaux sociaux, sans jamais penser à ce que peuvent ressentir ces hommes et femmes qui ne sont pas toujours des mauvais parents, comme on voudrait nous le faire croire.

Ici, nous allons entrer dans le quotidien de Simon Connoly, de son épouse Rachel et de ses deux enfants, Jake et Laney.

Alternant les chapitres « avant » et « après », l’auteur nous fait vivre avec brio les moments de vie de Jake : sa naissance, son enfance, son côté un peu réservé, son père qui joue les mères au foyer pendant que maman bosse, sa vie avec sa petite soeur et les moments angoissants que vont vivre cette famille lorsqu’on accusera leur enfant d’être un des co-auteurs de la tuerie.

Ce roman est un concentré d’émotions brutes, pures, magiques, magnifiques. Sans voyeurisme aucun, sans parti pris, l’auteur nous fait vivre de plein fouet ce que des parents vont ressentir lors de l’emballement, du déferlement médiatique qui va leur tomber dessus, sans que personne ne se soit posé les bonnes questions de l’innocence ou de la culpabilité de leur fils.

Les pages se tournent toute seules tant on a envie de savoir ce qui est arrivé à Jake et ce qui va arriver à sa famille, au bord de l’éclatement, au bord de la nausée de s’entendre juger par des gens qui ne les connaissent pas, ou peu, ces sois-disant amis qui, le jour où vous êtes dans la tourmente, viennent tirer à boulets rouges sur vous.

Un roman noir assez court où l’on s’attache aux personnages principaux car ils sont réalistes, humains, avec leurs failles, leurs défauts, leurs personnalité propre, dont celle d’un père et d’un fils un peu réservé, ce qui fait dire qu’ils sont différents.

Un roman noir qui vous prend aux tripes, qui ne vous lâche pas, profond, humain, juste, réaliste, et un concentré d’émotions pures dans les dernières pages, celles qui donnent des crasses dans les yeux parce que soudainement, ils se mettent à pleurer tout seuls.

Un roman noir qui m’a ému, qui m’a fait réfléchir à tout ces imbéciles qui vilipendent d’autres personnes sans savoir, se mêlant de ce qui ne les regarde pas, les faisait parler alors qu’ils ne savent rien, que ce soit pour des tueries ou pour des testaments.

Ce roman noir qui alterne les phases de bonheur et celles plus angoissantes de « Jakoutai » fini d’emblée dans mes coups de coeur marquants de l’année 2018.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le challenge US (2017-2018) chez Noctembule.

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Le peuple de l’abîme (Le peuple d’en bas) : Jack London

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Titre : Le peuple de l’abîme

Auteur : Jack London
Édition : 10-18 (1984) / Phébus Libretto (1999)
Édition Originale : The People of the Abyss (1903)

Résumé :
1902. London, déguisé en clochard, se perd pendant trois mois dans les bas-fonds de Londres, et en rapporte ce témoignage terrifiant.

Loin des avenues de l’aventure, mais au plus près des réalités d’un siècle qui, décidément, commençait sous de bien sinistres couleurs.

456Critique (Par Ida et pas par moi !) :
Mon intérêt quelque peu pervers pour le fameux Jack l’éventreur m’a conduite il y a quelques temps à visionner un reportage lui étant consacré ou était évoqué un livre de Jack London, « le peuple de l’abîme » pour nous parler de la vie misérables des londoniens de l’Eastend dont Whitechapel n’était qu’un quartier…

Jack London… L’auteur de Croc-Blanc et de l’Appel de la forêt qui a quelque peu ennuyé voir traumatisé quelques milliards de collégiens tenus de travailler dessus à grands coup de fiches de lecture, de contrôles etc…

Il faut dire qu’en France, la découverte de la littérature étant indissociablement associée à un devoir de productions scolaires et de contrôles de connaissance, dégoûte facilement les élèves les moins brillants des livres à jamais, associant dans leurs têtes à jamais la lecture à une pression inquisitoriale…

C’est donc sans grand enthousiasme que je me suis procuré cet ouvrage, mue par ma seule curiosité de ripperologue amatrice…

La librairie virtuelle associée au compte de ma liseuse ne me laissait aucune excuse puisque « le peuple de l’abîme » étant assez ancien pour être libre de droits, il était disponible gratuitement si je voulais bien me passer des versions à un ou deux euros assorties de préfaces que personne ne lit jamais.

J’ai donc redécouvert Jack London, écrivain, romancier et surtout, explorateur de l’âme humaine lorsqu’elle se confronte aux conditions les plus extrêmes de l’existence.

Car en effet, la confrontation de l’homme à la dureté des éléments n’est-il pas son thème de prédilection si on essaie de se remémorer ses vieux souvenir de collégienne de l’Appel de la forêt ou de Croc-Blanc ?

Ce livre est le fruit d’une immersion de l’auteur, parti vivre incognito dans l’East End, malgré la réprobation de ses proches, voire des londoniens des beaux quartiers eux-mêmes, partageant l’existence des plus démunis qui peuplent cette région mystérieuse de Londres.

Une région si mystérieuse que le bureau londonien de l’agence de voyage Thomas Cook (elle existait déjà à l’époque !), était prêt à lui vendre et à lui préparer un circuit dans les terres les plus reculées de l’Afrique…

Mais incapable de l’aider à préparer son expédition dans la partie de la même ville devenue terra incognita pour les gens comme il faut.

Un style étonnamment moderne, vivant, qui se lit avec facilité et avec plaisir… Un texte qui n’est pas un roman mais une sorte de carnet de voyage, ou de reportage anthropologique immersif, un vadémécum de tranches de vies où London nous présente avec une authenticité rare, les unes après les autres ses rencontres avec quelques figures de l’East End qui lui confient leurs histoires.

Des histoires où affleurent la désespérance la plus noire, la misère la plus crasse, où chacun n’a pour but que d’assurer sa survie quotidienne souvent improbable, dans un univers pollué, surpeuplé, et où la malnutrition sape jour après jour vos possibilité de pouvoir continuer à travailler…

Un récit sur le dépotoir d’une cité dont la prospérité triomphante s’appuie sur l’exploitation des plus faibles qui a leur tour s’exploitent les uns les autres…

Un East End où s’entassent les anglais des campagnes et étrangers attirés par la ville-monde… et où leur progéniture dégénère affaiblie faute de nourriture suffisante, de soins, ou d’éducation… Les files devant les hospices… Les asiles de nuit où l’on dort debout en s’appuyant les uns sur les autres…

Un monde où l’homme perd peu à peu son humanité, traité par ses semblables comme une bête de somme bonne pour la boucherie, l’équarissage ou l’usine de colle, dès qu’elle faiblit.

Nous sommes loin de la cheminée du 221b Baker Street et des scones de Mrs Hudson… Loin des salons fréquentés par les héros d’Ann Granger, d’Anne Perry ou des intrigues amoureuses en dentelles de Jane Austin…

Dickens, le premier avait déjà évoqué le destin des miséreux de Londres quelques décennies plus tôt…

Mais choisissant le roman pour le faire, il laissait à son lecteur le choix de mettre l’horreur à distance, en réduisant cette misère à une fiction, et en maintenant le voile pudique du refoulement sur les oubliés du triomphe d’un Empire pourtant construit avec leur sueur. Jack London ne nous laisse pas cette possibilité.

Ce livre date de 1902. Il n’est donc plus « victorien » à une ou deux années près… Mais il on ne peut pas croire que le destin des plus pauvres ait tant évolué en quelques années…

Un chef d’œuvre.

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Jack The Ripper – 14. Nouvelles théories [Fin du mystère ??]

Loin des élucubrations (d’Antoine – mdr) de Patricia Cornwell qui en avait après Walter Sikert ou de Russel Edward et de son châle appartenant à une des victimes de Jack (Catherine Eddowes), cette vidéo nous propose une autre théorie basée sur des faits dont nous n’avions pas connaissance.

Ici, pas de théorie farfelue mais une qui tient la route ! Qui est plausible, bien démontrée et qui ne crie pas que LA vérité est dans cette vidéo, comme d’autres le firent.

J’ai été bluffée !

C’est un journaliste venant des pays nordiques qui dévoile ce nouveau  nom, nom que les policiers avaient dans leurs dossiers mais pas en tant que suspect, juste comme homme qui passait par là et qui découvrit, avec un autre, le premier corps.

Le début de la vidéo présente le journaliste, les faits, les multiples suspects… Le coup du châle d’une des victimes, non présent sur la liste des objets lui appartenant et dont l’analyse ADN était truffée d’erreurs, selon le reportage.

Là, je ne suis pas scientifique, je peux juste me prononcer sur les capillotractages de l’enquête de monsieur Russel.

Donc, nous avons un homme qui en fut jamais considéré comme suspect et qui était sur les lieu de Mary Ann « Polly » Nichols, qu’ils considèrent comme « deuxième victime » dans le reportage, incluant donc Martha Tabram que je n’inclus jamais, me contentant des cinq victimes canoniques (ou dites comme tel).

L’agent Neil l’avait retrouvé dans Buck’s Row, le 30 août 1888, à 3h45 du matin. Mais le lendemain, dans un des journaux, un certain Robert Paul signalait qu’il avait découvert le corps AVANT l’agent Neil et et qu’à ce moment là, un autre homme était présent…

*Musique des Dents de la Mer* afin de créer du suspense dans mon article car le lendemain, Charles Allen Cross se présente chez les cognes ! *Musique du film Indiana Jones*

Je ne vous en dis pas plus et vous laisse regarder le reportage qui est bien foutu, plausible, bien démontré avec des petites loupiotes qui se déplacent dans les rues, mieux que Google Street View !

Alors, je ne sais pas si c’est vrai, mais si ça l’est, zut alors, un mystère qui s’écroule !

Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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Le carnaval des hyènes : Michaël Mention

Titre : Le carnaval des hyènes                                                 big_4-5

Auteur : Michaël Mention
Édition : Ombres Noires (2015)

Résumé :
Carl Belmeyer, arrogant présentateur de JT est faux, manipulateur, un authentique sale type. Ancien reporter de terrain, il vire ses collaborateurs sur un coup de tête, se moque de son audience, et sniffe de la coke.

Soudain, un scandale secoue la chaîne : dans son émission de téléréalité Villa Story, une candidate meurt après avoir été giflée par un concurrent.

Il faut redorer le blason de la chaîne, restructurer… Belmeyer doit changer !

Il est dépêché au Libéria, déchiré par la guerre civile, pour qu’il reprenne son rôle de journaliste engagé, et faire croire que la chaîne se recentre sur l’important, l’info.

Critique : 
« Lasciate ogni speranza, voi ch’entrate » pourrait être noté aussi sur le fronton de chaque médias (télé ou papier), avec juste quelques petites adaptations.

Vous qui regardez cette télé, ce journal, oubliez toute espérance d’obtenir la vérité…

D’entrée de jeu, le livre t’uppercute et te rentre dedans violemment. Michaël Mention ne prend pas des gants pour dire tout haut ce que peu de gens pensent tout bas (la majorité étant des moutons suiveurs, On pense pour eux) sur les médias qui nous manipulent, sur la société, les polémiques, les grands faits d’actualité, la politique,…

La plume est incisive, trempée dans l’encre du réalisme, dépouillée de tout artifices dont la télé nous a habituée.

Au moins, l’auteur ne vend pas du temps de cerveau disponible pour une célèbre boisson gazeuse. Non, lui, il secoue le cocotier. Réveillez-vous, pauv’cons !

Que ceux qui nourrissaient encore des espérances sur la télé – le monde et tout le reste – ouvrent le roman avec douceur, des fois que la vérité, brûlante comme de l’acide, ne leur explose à la gueule.

Pour moi, ce fut une jouissance de voir par écrit – au travers du personnage de Carl – le fond de mes pensées sur l’actualité, les médias et sur les journaux, qui, pour la plupart (tous sauf 3 ou 4), appartiennent maintenant à des gros groupes industriels (ou des familles), perdant de ce fait leur rôle de Quatrième Pouvoir, pour mon plus grand désespoir.

Les médias, aux bottes des puissants qui l’utilisent comme un bon chien fidèle, celui qui n’ose mordre la main de celui qui le nourrit. Ces hommes d’affaires, propriétaires, lui faisant remuer la queue selon leurs désidératas pour mieux satisfaire leur égo surdimensionné.

N’allez pas croire que durant 220 pages l’auteur casse du sucre sur le dos des médias, du peuple soumis, des moutons qui la regardent, des politiciens qui l’utilise… Non, ce serait réducteur parce que le roman est bien plus subtil que ça.

Non, pas la peine de ma supplier, je ne dirais rien de l’histoire, ne voulant pas vous la dépuceler, ça vous gâcherait votre plaisir. Sachez juste que vous aller voyager et boire un petit noir bien serré.

Pour moi, je me suis prise un pied intégral, dévorant l’histoire, me gavant de l’écriture de Michaël, adorant détester certains de ses personnages, travaillés, profonds et nous réservant bien des surprises.

Un grand moment de lecture et un pied magistral avec 220 pages. C’est peut-être guerre épais (mwarf), mais ça fait de l’effet ! Et du bien par où ça passe.

Comme on a dit avec l’ami Gruz/Yvan, « Les hyènes ricanent, le carnaval passe ».

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016).

CHALLENGE - Thrillers et polars 2015-2016BILAN - I-Love-Minion-Wallpaper - OK