Les amis de Pancho villa : Léonard Chemineau & James Carlos Blake

Titre : Les amis de Pancho villa

Scénariste : Léonard Chemineau (d’après le roman de James Carlos Blake)
Dessinateur : Léonard Chemineau

Édition : Rivages/Casterman/Noir (14/03/2012)

Résumé :
Quoi de mieux pour narrer l’épopée de la révolution mexicaine que de se mettre dans la peau de Rodolfo Fierro, le plus fidèle et irréductible compagnon de Pancho Villa ?

À travers son récit, c’est l’histoire chaotique du Mexique au début du XXe siècle qui défile. L’odyssée grandiose et pitoyable de ces révolutionnaires à la fois idéalistes et cruels.

Entre faits et fiction, une vision très noire, d’où émergent des moments d’authentique grandeur, le dévouement et le courage d’hommes sans mesure, qui embrassent la vie et la mort avec la même fougue. Une réflexion sur le sens de l’action révolutionnaire.

Critique :
Dans des mots croisés sadiques, à la définition de « Villa célèbre », il fallait répondre « Pancho »… Oui, c’étaient des mots croisés de sadiques.

Pancho Villa, cet homme que je ne connais pas. C’était donc l’occasion d’aller me coucher moins bête, tout en fournissant une chronique de plus pour le Mois Espagnol où je n’ai guère brillé, cette année.

— La révolution, c’est comme une bicyclette, quand elle n’avance plus, elle tombe.
— Eddy Merck ?
— Non, Che Guevara !

Ah ça, pour faire la évolution, ils l’ont faite… Mais à quel prix ? Celui de la barbarie, celui où l’on tue tout ce qui ne nous plait pas, tout ce qui nous gêne, ou juste pour prouver qu’on est un homme et donc, un tue le premier type qui passe, même si c’est une connaissance.

Je le dis d’emblée, je n’ai pas aimé les dessins de cette bédé, ni les couleurs, pourtant dans les tons chauds. Encore moins les personnages, mais c’est accessoire, vu les actes qu’ils commettent (pillages, vols, viols, assassinats,…).

Évidemment, le récit est cru, sans fard, sans édulcorants. La révolution passera aussi par des magouilles, par des alliances, par des traîtrises.

Moi, je me méfie toujours des personnes qui veulent délivrer des populations opprimées… Au départ, on tue des méchants, comme le fit Daenerys dans GOT et puis ensuite, à force de traquer des monstres, on court toujours le risque d’en devenir un sois-même et de tout faire pour que l’état de guerre ou de révolution continue.

C’est bien démontré dans ces pages. Et puis, lorsque le chaos règne, la loi est absente, la loi, c’est eux, c’est moi. No rules, autrement dit, pas de règles, si ce n’est celle du plus fort.

La révolution nous a donné des armes, les meilleurs chevaux, des bottes, des vêtements et des chapeaux texans. A manger et à boire autant que nous voulions. Elle nous a fait voir du pays, elle nous a donné de l’or et des femmes, partout… Mais surtout elle nous a donné la liberté.

Si c’est vraiment fini, ça va être le retour de la loi, du papier, des directeurs, des tribunaux, des prisons, de toute cette merde.

Pour cela, je dois dire que l’auteur le retranscrit bien dans ses dessins, dans les dialogues, dans les actions des révolutionnaires. Mais il faut dire aussi qu’il met en scène un roman de James Carlos Black…

Tant pis pour moi, je n’ai pas adhéré, pas aimé, mais c’est ainsi. Les dessins, c’est une histoire de goûts et de couleurs. On aime ou on n’aime pas. Il m’est déjà arrivé de détester des dessins mais d’apprécier le récit, le scénario, mais dans ce cas-ci, je suis passée à côté de tout.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le moi espagnol 2019 chez Sharon (Mai 2019).

Power : Michaël Mention

Titre : Power

Auteur : Michaël Mention
Édition : Stéphane Marsan (04/04/2018)

Résumé :
« Ici, comme dans les autres ghettos, pas d’artifice à la Marilyn, ni de mythe à la Kennedy. Ici, c’est la réalité. Celle qui macère, mendie et crève. »

1965. Enlisés au Vietnam, les États-Unis traversent une crise sans précédent : manifestations, émeutes, explosion des violences policières. Vingt millions d’Afro-Américains sont chaque jour livrés à eux-mêmes, discriminés, harcelés.

Après l’assassinat de Malcolm X, la communauté noire se déchire entre la haine et la non-violence prônée par Martin Luther King, quand surgit le Black Panther Party : l’organisation défie l’Amérique raciste, armant ses milliers de militants et subvenant aux besoins des ghettos.

Une véritable révolution se profile.

Le gouvernement déclare alors la guerre aux Black Panthers, une guerre impitoyable qui va bouleverser les vies de Charlene, jeune militante, Neil, officier de police, et Tyrone, infiltré par le FBI.

Personne ne sera épargné, à l’image du pays, happé par le chaos des sixties. Un roman puissant et viscéral, plus que jamais d’actualité.

Critique :
Les États-Unis, peuplé en masse par des descendants d’immigrés est une terre d’asile, d’accueil, de droits pour tous et toutes !

STOP ! On rembobine la bande : vu son origine, elle aurait dû être une terre d’asile, d’accueil, de droits pour tous et toutes… J’ai le droit d’avoir un rêve.

Pour ceux et celles qui rêvent encore éveillés, je leur suggère de lire le dernier roman de Mention. Les racistes crasses de tous poils devraient aussi le lire, mais ils risqueraient de ne pas vouloir comprendre car ces personnes sont accrochées à leurs idées comme une moule à son rocher et ne verrait dans la réalité que de la propagande.

Et puis, 452 pages, se serait trop dur à lire pour ces personnes que je connais (on choisit pas sa famille, même si se sont des pièces rapportées) et qui me font souvent soupirer dans ma tête.

Michaël Mention a fait fort ! Documenté à mort, à fond, sa plume trempée dans l’acide, il m’a fait assister à l’assassinat de Malcom X, vivre celui de Martin Luther King, celui de Kennedy (Robert, pas John), j’ai foulé la moquette du bureau de ce parano de Hoover, appris les meurtres du Zodiac et vu la scène de crime de Sharon Tate…

Je me suis assise, en buvant une Bud, dans le local des Black Panther, assistant à leur naissance, leur émergence, leurs combats pour avoir des droits élémentaires, refait le monde avec eux, j’ai participé à des patrouilles de flics, me suis révoltée devant des arrestations arbitraires, des abus de pouvoir et senti un peuple oppressé se soulever.

On était si puissants que le pays a tremblé comme jamais auparavant.
Les gens nous craignaient, alors que tout ce qu’on voulait, c’était l’égalité. La paix, enfin.
C’est pour ça qu’on s’est unis. Organisés. On avait nos codes, notre langage, notre journal, notre musique, notre cinéma, notre look, nos penseurs, nos cliniques, notre capitale, notre président, nos ministres, notre indépendance.
On était noirs
On était libres.
On était les Black Panthers

Dans un pays où la nation Noire doit fermer sa gueule, baisser la tête, dire « oui » à tout, n’ayant aucun droit, sauf celui d’aller se faire tirer dessus au Vietnam, il était normal qu’un jour, elle en ait marre et réclame le minimum syndical qui était d’avoir les mêmes droits que le Blanc qui l’avait jadis réduit en esclavage.

« Je n’ai jamais eu de problèmes avec ces Vietcongs et je ne ferai pas quinze mille kilomètres pour tuer ces Noirs asiatiques. Ils ne m’ont jamais rien fait, ils ne m’ont jamais traité de “nègre”, ils n’ont jamais menacé de me lyncher ou tenté de m’empêcher de boire au robinet des Blancs. Mon combat est ici, aux États-Unis, pour que les Noirs aient enfin les mêmes droits que les autres. » Une fois encore, Mohamed Ali a frappé fort.

Chez Mention, pas de manichéisme, on ne se retrouvera pas avec des Noirs gentils et des Blancs méchants, il y en aura pour tous les goûts, toutes les haines, toutes les trahison : le Blanc comprenant que le Noir a raison de s’insurger et le Noir trahissant les siens, sans que l’on juge l’un ou l’autre.

C’est violent, c’est clash, c’est un peuple qui se révolte, c’est un peuple américain qui en a marre de vivre dans la misère, les ghettos et de se faire contrôler et arrêter arbitrairement.

C’est un roman noir fort, un roman qui fout la gerbe quand on voit cet acharnement sur les Black Panther alors qu’on ne fait rien contre les gangs, les dealers, et autres. C’est un roman qui explore un mouvement qui commença petit pour devenir grand avant de sombrer, sabordé par la propagande, les rumeurs, les coups de pute du FBI, du gouvernement, des flics, des médias, des lois s’appliquant aux uns et pas aux autres.

Les médias n’aiment pas qu’on les critique, ça les met face à leurs contradictions. Bref, tous les journaux de la côte ouest ont fait front, oubliant leur concurrence au nom d’un corporatisme consanguin. Tous sauf Ramparts, l’unique revue à avoir évoqué la ligne d’autodéfense du Parti.

Mais il est trop tard, puisque leur coup de force au Capitole a réveillé les peurs profondes de l’Amérique blanche. Cette Amérique schizo, qui accueille l’immigré mais redoute l’étranger. Or, de la schizophrénie à la violence, il n’y a qu’un pas. Et trois initiales : FBI.

Après la surveillance du BPP et son infiltration, Cointelpro passe à une nouvelle phase – incluant son vaste réseau de juges, journalistes, professeurs, conférenciers et producteurs à Hollywood – afin de discréditer l’organisation et ses nombreux soutiens, jusqu’aux acteurs les plus célèbres.
Objectif : déstabilisation.
Méthode : propagande.
Impunité : totale.

[…] en plus, on est chargés de traquer les Panthers qui ne respectent pas le décret Mulford. Quand on en voit avec des flingues, on les leur prend. Bien sûr, ça ne concerne qu’eux. Pas les Slaves, ni les Hells, alors qu’ils sont aussi dangereux.

Quand on veut noyer son chien, on dit qu’il a la rage… Ça marche toujours et ça marche encore de nos jours. Vieux comme le Monde.

Un roman qui laisse aussi planer une question : si les autres ne s’étaient pas acharnés dessus, le parti aurait-il continué ou aurait-il sombré aussi, victime de ses propres matelots et de l’usure ?

Je me demande souvent ce que ça aurait donné, si on n’avait pas été persécutés avec un tel acharnement. Peut-être qu’on aurait accompli davantage. Peut-être aussi que l’usure était inévitable.

Ça a foiré à cause de nous. Pas à cause du FBI, de la came, des gangs. Ils nous ont pourri la vie mais, le vrai problème, c’était nous. Trop pressés. Des siècles qu’on avait rien, alors on voulait tout et on a foncé. On était sur tous les fronts, tellement impliqués qu’on a rien vu venir. L’envie, c’est ce qui nous a tués.

Un roman noir qui donne la parole à plusieurs personnages, à tour de rôle, afin de mieux nous immerger dans les événements de cette époque, une véritable plongée en apnée dans une période qui n’est pas si loin de nous, une critique au vitriol d’un pays qui se dit garant des droits de l’Homme et des libertés pour tous.

« Couleur ou pas, il y a que deux classes ! Les opprimés et les oppresseurs ! Les exploités et les exploiteurs ! »

Je croyais savoir mais je ne savais rien… Ce roman noir m’a ému, tordu les tripes, emporté loin d’ici, m’a mis au centre d’un peuple sans droits qui ne faisait qu’en réclamer un peu, d’un mouvement dont je ne connaissais pas grand-chose, au final, sauf ce que la propagande et les médias en ont fait.

Un
Roman
Coup
De
Poing

Officiellement, c’est une nouvelle descente de police. Officieusement, c’est le racket hebdomadaire. Venus dépouiller les dealers, les flics se heurtent aux riverains. Sur ordre de leur chef, ils bastonnent à tout-va, volant les doses et les liasses.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

Nains – Tome 9 – Dröh des Errants : Nicolas Jarry & Jean-Paul Bordier

Titre : Nains – Tome 9 – Dröh des Errants

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Jean-Paul Bordier

Édition : Soleil (25/10/2017)

Résumé :
Dröh, le fils d’Oösram, a parcouru le monde afin d’apprendre le métier des armes, dans l’espoir de délivrer les Errants des ordres dominants.

Mais quand il revient chez lui, sept ans plus tard, nul ne veut entendre parler de révolution. Le sang n’a que trop coulé.

Il s’engage alors sur la construction d’une route traversant le pays des Vents. Le chantier avance mais l’hostilité des tribus Orcs grandit…

Critique :
Oösram des Errants, qui m’avait apporté beaucoup d’émotions, faisait partie de cette caste de nains déchus, les parias, ceux qu’on laisse sur le côté, pour diverses raisons.

Oösram était mort en martyr, il avait mené son clan de hors-caste à la bataille, avait semé les graines de la révolution, ainsi que celles de l’espoir qu’un jour tout cela change.

♫ Il changeait la vie ♪

Dröh est son fils, dont j’avais croisé la route dans le tome 4. Le voici devenu adulte, errant par-ci par-là sur les routes, apprenant à manier les armes ailleurs, puisque son peuple le lui interdit.

Une fois de plus nous tombons sur un fils en colère, sur un fils qui aimerait avoir l’aura qui fut celle de son père, qui aimerait mener les Errants au combat afin de retrouver leur dignité.

Oui, mais, si tout le monde chez les Errants aimerait retrouver une autre place que celle des parias, tout le monde n’a pas envie de monter au front pour affronter ceux du Bouclier, les plus puissants des nains au combat. Sont pas fous non plus, ni suicidaires.

« C’est trop injuste », pourrait-il marmonner sur la route de son voyage, il pourrait encore le répéter à l’infini en construisant une route sous l’autorité des nains du Bouclier, avant de se rendre compte que son peuple des Errants n’est pas les seuls gueux, les seuls ostracisés par les Nains des autres ordres. Il y a aussi les Orcs et les Gobelins…

Racisme, propagande, rejet de l’autre, la suprématie et apprentissage de la vie sont les maîtres mots de ce neuvième tome. Les Nains n’ont rien inventé, les Allemands, déguisés en soldats polonais, avaient en leur temps attaqué un poste frontière allemand pour avoir ensuite le droit de rétorquer et d’envahir la Pologne.

Ce tome a tout d’un tome de transition, le suivant concernant les Errants avancera sans doute plus dans leur cause, car ici, on montre comment Dröh va prendre conscience de sa place dans le Monde et de la manière dont il pourrait sauver son peuple.

Attention, on n’enfile pas des perles dans ces pages, on ne se la coule pas douce, il y a beaucoup à lire, des tas de références à notre Monde à nous, des passages qui font penser à certaines scènes de films, une quête intérieure, de l’introspection, bref, vous avez de quoi nourrir votre cervelle de lecteur !

Moi, j’ai hâte de savoir quelle voie notre Drôh va prendre : celui de la Force ou celui du côté obscur ? Révolutionnaire ou prophète ? Poseur de bombes ou pacifiste ? Ou alors, un peu des deux à la fois ?

Nains, une série qui a toute d’une grande !

Durango – Tome 6 – Le destin d’un desperado : Yves Swolfs

Durango 6 - Le destin d'un desperado

Titre : Durango – Tome 6 – Le destin d’un desperado

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Yves Swolfs

Édition : des Archers (1986) / Dargaud (1988) / Alpen Publishers (1991) / Les Humanoïdes Associés (2006) / Soleil (2007)

Résumé :
Dans un petit village du Mexique, Durango, Amos et ses guérilleros vivent cachés lorsque ceux-ci subissent la charge des « Fédérales ».

Suite à l’acharnement et au déferlement de la soldatesque, Durango et Amos parviennent non sans mal et avec grande perte à sauver leur peau et à se réfugier dans une ancienne mission proche de San Cristo.

Malheureusement, les militaires mexicains aidés de Logan et ses acolytes retrouvent la trace des fuyards…

Couv_23741Critique : 
Et bien, ce n’est pas encore dans cet album que notre fumeur de havane aux gants de cuir coupés pourra profiter de la vie et accrocher un « Home, sweet home » au-dessus de sa cheminée !

Pour clore cette trilogie consacrée à la « révolution » en territoire mexicain, ça va défourailler sec dans tous les sens du terme et il faudra faire gaffe aussi à ne pas se prendre une balle dans le dos, tirée par un serpent qui était lové dans votre sein.

J’ai beau le connaitre par coeur, j’espère toujours une autre fin, même si celle que l’auteur nous a concocté était la seule valable, la seule acceptable…

Amos est un personnage que j’ai toujours apprécié, il a son côté sombre, obscur, car il sait qu’on  ne fait pas la révolution sans casser des gens, mais il a aussi un côté lumineux, flamboyant, c’est un héros sans peur et sans reproches, une sorte de Durango version tortillas (mais pas pour les Dalton).

On mitraille sec, on meurt, on survit, on déguste la vengeance toute chaude, on retrouve le cross-over avec la personne de Max Von Ruhenberg, on se découvre des ennemis, on se fait poursuivre par les Fédérales et on termine le cycle en beauté avec un final magnifique, digne des plus fameux films western.

Quant à notre Durango, dans cet album, c’est une véritable machine à tuer.

Mais comme toujours, dans cette vieille édition, les couleurs ocres ou bleues sont à chier !

Faudrait vraiment que je songe à m’offrir les toutes nouvelles éditions, moi. Cette excellente série le vaut bien.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park,« Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur, le RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine.

CHALLENGE AMÉRICAIN 2016 - Lone Ranger

CHALLENGE - Il était une fois dans l'ouest - BY Cannibal Lecteur

Durango – Tome 5 – Sierra Sauvage : Yves Swolfs

Durango-05

Titre : Durango – Tome 5 – Sierra Sauvage

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Yves Swolfs

Édition : des Archers (1985) / Dargaud (1988) / Alpen Publishers (1985) / Les Humanoïdes Associés (2006) / Soleil (2008)

Résumé :
Emprisonné depuis plus de 3 mois au Nouveau-Mexique, Durango se voit proposé par l’envoyé du gouverneur du Texas, une mission qui lui permettra en cas de réussite d’échapper à la pendaison.

Cette mission consiste à mettre un terme aux agissements dérangeant d’un truand notoire que Durango connaît bien en l’occurrence Amos Rodriguez.

N’ayant pas d’autre alternative, il accepte et quitte sa geôle flanqué de 4 rangers.

Cependant, sa sortie de prison ne passe pas inaperçue et ce sont plusieurs personnes pas forcément honorables qui se lancent à sa suite…

durango05couvCritique : 
Si avec ce volume là on n’a pas encore compris l’amour de Swolfs pour les western spaghetti, alors, on ne le comprendra jamais !

Tous les ingrédients de la sauce sont là, bien utilisés et couchés sur le papier tels les grands espaces désertiques, les « gueules » représentatives de la faune locale, les duels…

Manque plus qu’une musique d’Enio Morricone et on y est !

Sierra sauvage est le suite d’Amos qui se terminait sur très une mauvaise posture pour notre Durango, même si on se doutait qu’il allait s’en sortir pou continuer d’être le héros de cette série qui porte son nom.

Une des règles à ne pas oublier, messieurs les rangers du risque : on ne propose pas de deal à Durango ! On ne lui demande pas de trahir un ami pour récupérer sa liberté et si on a les couilles de le faire, ou la folie de le penser, on lui adjoint une troupeau de rangers du niveau d’un Walker, au minimum.

C’est Durango qu’il faut surveiller, messieurs les rangers, pas les Dalton dans un Lucky Luke.

— J’aurais voulu le liquider en finesse mais ses vertèbres ont craqué trop fort et il a fallu improviser. [Ortega]

Toujours un plaisir de retrouver Amos, notre truand moustachu aux idées révolutionnaires et partisan de la liberté. Un bon salopard en quelque sorte, même s’il réalise ses idéaux dans la violence et le sang.

Tiens, une vieille connaissance se promène dans cet album en la personne de Max Von Ruhenberg (ceux qui ont lu Le Prince de la Nuit savent qui c’est).

Lui, c’est l’opposé d’Amos : riche, issu d’un père baron, le cul bordé de nouilles, allemand, blond, supportant difficilement la chaleur du désert,…

De plus, c’est aussi le contraire d’Amos dans sa lutte contre le pouvoir car lui, il prêcher la bonne parole aux peones mexicains et ne conçoit pas la révolution autrement qu’avec des mots. Il a lu Karl Marx et parle de l’homme qui exploite l’homme.

— Ach !! Jugement simpliste ! Il faut de tout pour faire une révolution. Des malades du révolver comme vous et des gens qui pensent avant d’abattre tout ce qui bouge ! Moi j’explique aux paysans pourquoi ils crèvent de faim… Comment fonctionnent les mécanismes de l’exploitation de l’homme par l’homme !

Comme d’habitude, c’est parfaitement scénarisés, les dessins sont toujours réalistes mais mon album des éditions des Archers (1985) a toujours des couleurs qui tirent vers le jaune orangé et ça gâche tout le dessin !

Un album comme toujours bourré d’actions très explosives, de duels sanglants et  également de bons sentiments avec un général anti-torture et qui a compris que le pouvoir corrompt tout.

— Vous verre si un jour vos idées triomphent que le pouvoir corrompt tout ! Entre son exercice et les idéaux, il existe tant de contradictions. Mais à quoi bon vous expliquer tout ça, je vous ai assez vu, vous êtes libre.

Allez, on monte de suite sur sa monture, on prend les armes et on poursuit l’aventure revolucion avec Durango et Amos dans leur troisième aventure !

Étoile 4

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CHALLENGE - Il était une fois dans l'ouest - BY Cannibal Lecteur

CHALLENGE AMÉRICAIN 2016 - The magnificent seven

Durango – Tome 4 – Amos : Yves Swolfs

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Titre : Durango – Tome 4 – Amos

Scénariste : Yves Swolfs
Dessinateur : Yves Swolfs

Édition : Les Archers (1984) / Dargaud (1988) / Alpen Publishers (1991) / Les Humanoïdes Associés (2006) / Soleil (2007)

Résumé :
Recherché activement pour des actes commis antérieurement, Durango, tueur professionnel, cherche à fuir le pays pour se réfugier au Mexique.

Lors d’une étape dans une « cantina » non loin de la frontière, il fait la connaissance, à l’occasion d’un échange musclé, de Rodriguez Amos, trafiquant d’armes patenté.

Ce dernier lui propose de faciliter son exode.

Mais, un tueur nommé Logan, missionné par une compagnie minière et un agent de la Pinkerton traquent nos deux hommes.

Pourront-ils arriver à destination sans embûche ?

Critique : 
♫ Amos a la playa ♪ Ho Ho Ho ♪ Amos a la playa ♫

Bon, on est loin des plages de sable fin, ici !

Certes, ce n’est plus la neige du premier tome, mais le sable ici, c’est celui du Mexique et il est  torride.

La belle gueule d’amour de notre Durango est mise à prix (5.000$) et notre homme, qui s’était vu proposer l’étoile de shérif, est maintenant recherché. Il voudrait donc se faire oublier en Mexique.

♫ Mexico, Mexiiiiiicoooooo…  Sous ton soleil qui chante, Le temps paraît trop court ♪ Pour goûter au bonheur de chaque jour ♫ Mexico, Mexiiiiiicooo… ♪ Tes femmes sont ardentes ♫

Le voilà de nouveau embarqué dans une sale histoire de révolution lorsqu’il sauve la vie d’Amos, un bandit qui voudrait rendre les peones libres et riches.

Il est à souligner que cette histoire a un petit lien avec la précédente puisque l’on retrouve le shérif véreux Jenkins dont le contact avec Durango est toujours aussi… heu, comment dire ? Haineux ? Oui.

Sans oublier cette putain de compagnie minière américaine qui embauche Logan, un tueur chargé de retrouver Durango et pas pour lui faire des papouilles ou lui rendre son parapluie qu’il aurait oublié la dernière fois au bureau…

Ce vieil album, publié aux éditions des Archers, date de 84 et les couleurs tirent toutes vers le jaune ou l’orangé, ce qui ne rend pas les décors des plus jolis, hélas.

Il faudrait que je vérifie si les coloriages ont été refait dans les nouvelles éditions de Soleil.

Par contre, niveau dessins, Yves Swolf nous les mitonnes aux petits oignons, le trait est fin, propre, détaillé, les personnages sont réalistes, les chevaux aussi, bref, c’est superbement réalisé.

Au menu, comme toujours, de la bagarre, des morts, des magouilles, des gens véreux, des types peu recommandables aux trousses de Durango, des fesses à l’air dans le désert, des têtes mises à prix…

Avec Logan et Jenkins aux trousses de Durango, avec Charlie Siringo, l’agent de la Pinkerton, aux trousses d’Amos, ça risque à un moment donné de faire du grabuge tous ces gens aux trousses de tout le monde.

Et notre Durango est toujours aussi taiseux, aussi froid, aussi beau, loyal, gentleman et il tire presque aussi vite que son ombre à l’aide de son célèbre Mauser M98.

Mais faudra se bouger les fesses parce qu’à la fin de l’album, notre ami est en fâcheuse posture et nous le suivrons en terre mexicaine durant encore 2 albums.

¡ Viva la Revolución !

♫ « Amos » de mis amores ♪ Reina mía, qué me hiciste? ♪ Que no puedo conformarme ♪ Sin poderte contemplar ♫

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et « Le Mois Américain 2016 » chez Titine !!!!

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CHALLENGE AMÉRICAIN 2016 - Cow-Boys

Nains – Tome 4 – Oösram des Errants : Nicolas Jarry & Jean-Paul Bordier

Nains - Tome 4 - Oösram des Errants

Titre : Nains – Tome 4 – Oösram des Errants

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Jean-Paul Bordier

Édition : Soleil (2016)

Résumé :
Oösram était le plus grand général de la forteresse de Goll-Garsëm, mais il a trahi son ordre et son roi.

Depuis il n’est plus rien. Sa barbe a été coupée, ses biens confisqués, sa gloire oubliée. Lui et sa famille sont désormais des Errants, travaillant la terre, soumis aux caprices des puissants.

Avec le temps, Oösram pense avoir fait le deuil de son ancienne vie, mais peut-on renier ce que l’on a toujours été ?

Nain T4 - Exilés.inddCritique :
♫ Hé oh, hé oh, on rentre du boulot ♪ chantaient en cœur les Nains dans Blanche-Neige (dans ? Oui… La cochonne).

Sauf que ici, c’est plutôt ♫ Hé oh, hé oh, les Elfes Sylvains, on vient vous annexer ♪ Et on s’en fout si ça vous fait chier ♪ On va tous vous massacrer ♫ Vous niquer, vous trucider ♪ Et vos arbres, on va tous les débiter ♪

L’Histoire ne change pas, un roi cupide décide d’annexer 7 îles car il a besoin des chênes de certains pour construire une flotte de guerre et les Elfes Sylvains qui vivent dans cette forêt sacrée ne sont pas prêt à la lui laisser.

Les Nains gagnent car ils sont menés par Oösram du Bouclier, un grand général qui sait se battre et mener des batailles.

Pas de bol Oösram est victime, comme tous les nains de la triple malédiction imposée par le Dieu des Elfes aux créatures du Dieu Yjdad : avidité, ambition et de obstination.

Une légende raconte que le peuple nain fut créé avec ce qu’il restait d’argile primordiale après que celle-ci eut servi à façonner les Elfes. Déçu par leur petite taille en raison du manque de terre glaise, Yjad décida de compenser ce handicap en leur donnant le courage, la résistance et le secret de la forge. Mais le Dieu des Elfes, Arran, inquiet ce nouveau peuple puisse contester la suprématie de ses propres enfants, glissa trois malédictions dans l’argile encore humide : l’avidité, l’ambition et l’obstination. Ainsi le Dieu des Elfes s’assura jamais aucune alliance naine ne résiste au temps.

« Tu ne voleras pas ton roi » est la règle, même si le roi, lui, peut voler son peuple…Quand je vous dit que l’Histoire ne changera jamais…

Anybref, Oösram a voulu garder le trésor que Joron et trois autres avaient découvert, juste se le partager entre eux.

Peau de balle, trahi, Oösram est banni de sa caste et se retrouve dans celle des Errants et je vous dit que plus bas que ça, on fait pas ! Obligé de travailler une terre qui ne donne pas grand-chose, notre ancien général a dû accepter son sort.

Nom de Zeus, pour cette historie, Nicolas Jarry a mis les petits plats dans les grands, changé de braquet et mis un moteur dans son cadre car il nous pond une putain d’histoire où s’entremêlent profondeur, émotions, et personnages attachants.

Redwin de la Forge m’avait ému, Oösram aussi et j’ai dévoré le récit, le reprenant ensuite pour m’attarder sur les dessins que j’ai trouvé plus réussi, plus juste, moins épais que dans le tome 2 et 3.

Oôsram est humain par bien des travers, comme celui de baisser la tête et de faire celui qui n’a rien vu quand on écorche des Errants mais qui montra les dents et sortira la hache de guerre quand on cherchera misère aux siens. Sa famille, son bien le plus précieux.

J’avais été dans l’erreur toutes ces années, avoir une famille n’était pas une faiblesse. C’était ma plus grande force.

Mais comment transformer des Errants, fermiers éleveurs pour la plupart, en machine de guerre pour faire face au tout puissant ordre du Bouclier, des vétérans de guerre qui passent leur vie sur des champs de bataille ?

Les combats sont épiques, beaux, violents, sans espoir, c’est vaincre ou mourir… C’est mourir les armes à la main pour ne pas crever sous le joug de ce roi qui veut toujours plus d’argent pour faire toujours plus de guerre.

Mourir debout, en Nain, pour ne pas crever de faim, mourir en luttant pour leur montrer qu’on n’est pas des agneaux, pour leur dire qu’on est des Nains nous aussi et qu’on a des droits, bordel de merde.

Dans tout ce sang versé entre frères d’une même peuple, il y a un espoir qui, telle une graine plantée, fera germer la liberté d’un peuple opprimé.

Le changement, c’est pas maintenant, c’est pas tout de suite, mais le changement est en marche ! Gare aux joufflus (fesses) des différents Ordres.

Quand aux textes, ils sont toujours au poil et le fait d’avoir inventé des mots donne plus de poids aux Nains. Un glossaire se trouve à la fin.

Vivement la suite, si elle est du même acabit parce que là, on est dans le tout tout bon !

PS : Je ne sais pas si c’est fait exprès ou si c’est le hasard, mais le Dieu des Nains se nomme Yjdad, ce qui, en inversant les sons donne djihad

Étoile 4,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et RAT A Week Estival, Summer Edition chez Chroniques Littéraires.

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Sherlock Holmes et la conspiration de Barcelone : Colomino & Palomé

Titre : Sherlock Holmes et la conspiration de Barcelone     big_2-5

Scénariste : Sergio Colomino
Dessinateur : Jordi Palomé

Édition : Marabout (2013)

Résumé :
Une classe bourgeoise vit un âge d’or et dirige la vie politique de la ville. Mais la classe ouvrière réclame des droits, allant jusqu’à commettre certains actes terroristes. Jaume Maspoch, jeune imprimeur, entend parler d’un groupe de terroristes qui se fait appeler « Mestral ».

Sa vie est menacée lorsque son meilleur ami est assassiné par ce groupe et un seul homme mystérieux peut le protéger. Il se fait appeler Sherlock Holmes.

Il est sur une mission à Barcelone et ses investigations l’ont mené au groupe Mestral qui préparerait une attaque terroriste contre le plus célèbre théâtre de la ville, le Liceu.

Les deux hommes vont ainsi s’allier contre le groupe terroriste dont le leader poussera Sherlock à affronter certains événements de son passé…

Petit Plus : Il y a un trou dans la biographie de Sherlock Holmes entre 1891 et 1894. Il disparaît après son affrontement avec le professeur Moriarty dans les chutes du Reichenbach, et ne réapparaîtra ensuite qu’au moment où Conan Doyle le « réssuscitera » dans « The Empty House ».

Durant cette période, appelée « Grand Hiatus », Conan Doyle lui fait dire qu’il a voyagé sous la fausse identité d’un explorateur norvégien.

Le récit de cette BD revient sur les années 1891 et 1892, de plus, des tableaux chronologiques comparatifs sur la situation politique en Espagne, l’agitation anarchiste à Barcelone et la vie du détective anglais sont proposés entre 1868 et 1898 (deux dates capitales pour l’évolution de l’Espagne).

Critique : 
Sherlock Holmes a un fameux trou dans sa biographie, entre 1891 et 1894. À cause ? Parce que que son créateur l’a fait disparaître dans les chutes de Reichenbach, après son affrontement avec le professeur Moriarty.

Conan Doyle lui fera dire, lors de son « retour », qu’il a voyagé sous la fausse identité d’un explorateur norvégien, Sigerson. Qu’a bien pu faire Holmes pendant ces 3 années  ?

Il n’en faut pas plus aux scénaristes de tous poils pour se glisser dans cette faille et nous inventer 1001 merveilleuses aventures.

Ici, pas de brouillard londonien, mais les ruelles sombres et humides de Barcelone. Nous sommes en 1893. Toute la classe ouvrière plie sous le joug des bourgeois qui l’exploite. Toute ? Non, une poignée d’ouvriers résiste encore et toujours… Et ils sont bien décidés à bouleverser tout cela.

Dans une de ces fameuses ruelles sombre et humide, trois hommes tentent de faire la peau à un dénommé Sigerson. Ce dernier excelle dans l’art du combat et il envoie ses assaillants au tapis, avec juste sa canne et ses pieds. Avant de partir, les trois malfrats lui promettent de revenir avec toute la « Confrérie », car le « Colonel » veut sa peau.

On se doute bien que ce n’est pas au Colonel Moutarde de la Confrérie du Caramel Mou qu’on va avoir affaire, mais que ça pue la sordide machination.

Le dessin est aussi sombre que la ruelle et on discerne mal les visages. C’est un des léger reproches que je ferai à cette bédé : des tons très sombres, gris foncé, pas de chaleur dans les couleurs.

D’accord, l’aventure se déroule essentiellement la nuit, sous la pluie, les tons sombres renforcent l’atmosphère, mais cela empêche parfois de bien distinguer les différents visages… Celui de Holmes n’est pas émacié, d’ailleurs.

Pendant que je suis en train de me plaindre des couleurs de l’album, dans une petite imprimerie, Jaume Maspoch fait des heures supplémentaires, non pas pour son patron, mais pour lui-même puisqu’il imprime des pamphlets anarchistes afin que Felipe et Josep les distribuent.

La bourgeoisie se fait construire de somptueuses demeures sur  le dos du peuple, grâce à la sueur de ces petites gens. Le joug devient trop lourd, ils espèrent en un avenir meilleur et certains y travaillent.

C’est là que le lecteur apprend que le Felipe va passer à la vitesse supérieure en rejoignant un groupe activiste appelé « Mestral », dirigé par un mystérieux étranger : le  » Colonel ». Tiens, tiens…

Ce groupuscule est adepte d’actions violentes et retentissantes.

– Les bourgeois ont bâti leur société à la sueur de nos fronts, avec notre sang. Il est temps de conquérir notre liberté, de faire la révolution. Et il n’y a pas de révolution sans violence.

Le scénariste a basé son histoire sur un fait réel : l’attentat retentissant (20 morts) perpétré par des activistes anarchistes en 1893 au Grand Théâtre du Liceu (Liceo), à Barcelone.

Une bonne idée de base que de plonger Holmes dans l’Histoire de la Catalogne et de lui faire tenter d’infiltrer un groupuscule terroriste.

Pourtant, durant ma lecture, j’ai eu l’impression que l’album était plus consacré à l’activiste Jaume Maspoch plutôt qu’à Sherlock Holmes…

Mon détective préféré manque de charisme et à plus l’air d’être là de passage, en homme providentiel qui sauve les miches de Jaume, nous sortant quelques déductions de-ci, de-là. Je n’ai pas retrouvé l’homme d’action et de terrain de ses aventures canoniques.

Même dans son enquête, il n’a pas beaucoup d’expressions et il m’a fait l’effet d’être lymphatique, résolvant l’affaire sans trop de brio, avec parfois de trop longs monologues.

Ce qui est dommage, parce que le récit me fait l’effet d’avoir été bien documenté. On en apprend un peu plus sur ces pages sombres de l’histoire de la Catalogne, la bédé est remplie d’anarchistes, de nihilistes de tout poils, de conspirateurs, l’ombre de Moriarty semble planer sur la ville, mais l’intrigue manque à certains moments de sel.

D’autant plus dommageable qu’on avait là un contexte historique génial et plus que méconnu, une possibilité de s’amuser avec la période du Grand Hiatus, des personnages bien foutus, surtout celui de Maspoch.

Même le Grand Méchant avait des moyens (sous-marin), un mobile, on avait des complots, des Grands Mensonges, quelques dialogues bien fichus… Bref, tous les ingrédients pour avoir une super aventure puisque le scénario était diablement intéressant.

Nous autres, anarchistes, ne cherchons pas le chaos, mais une véritable entente. Qui ne tient pas à la volonté d’un seul, ni à l’égoïsme des puissants… mais au besoin commun. Dans une société d’égaux, il ne saurait y avoir d’autorité qui dirige, ni Dieu, ni roi, ni état. Nous ne voulons pas détruire la société, mais la reconstruire. Briser les chaînes imposées par ceux qui vivent du fruit de notre travail… ceux qui veulent que nous restions esclaves.

N’aura manqué qu’un chouia d’étincelle au grand détective. Ce sera mon plus grand reproche.

Le dessin proposé par Jordi Palomé est dans les tons sombres, les traits pour les visages et décors sont précis, réalistes, détaillés. Quelques tons clairs n’auraient pas fait de tort, afin de mieux discerner le tout, mais bon, cette « noirceur » collait parfaitement à l’atmosphère du récit.

On finira l’histoire à Londres, quand Holmes fait son grand retour… Trafalgar Square, des exilés politiques, Holmes, Watson et des tons plus lumineux. Le grand retour du détective est enclenché.

Le format de l’album en 18 sur 27 est agréable et la mise en page est bonne. J’ai bien aimé cette idée de diviser l’histoire en plusieurs actes, chacun portant le nom des protagonistes principaux.

Malgré mes quelques reproches, j’ai tout de même passé un bon moment, même si je m’attendais à mieux.

Et puis, ce n’est pas parce que j’ai quelques reproches que l’album ne pourrait ravir les autres amateurs du Grand Détective de Baker Street ou ceux qui le connaissent moins, le contexte historique étant riche.

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014), au Challenge « Polar Historique » de Samlor (repris par Sharon), au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, au Challenge « Victorien » chez Arieste et au Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.