Astérix – Tome 22 – La grande traversée : René Goscinny & Albert Uderzo

Titre : Astérix – Tome 22 – La grande traversée

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Albert Uderzo

Édition : Dargaud (1975)

Résumé :
Dans le village, c’est l’effervescence. La préparation de la potion magique requiert une certaine quantité de poisson « raisonnablement » frais, et celui-ci vient à manquer.

Plutôt que d’attendre un arrivage de Lutèce qui semble bien compromis, Astérix et Obélix s’embarquent sur un petit bateau de pêche et découvrent les difficultés de l’apprentissage d’un nouveau métier.

Pris dans une terrible tempête, ils accostent sur une terre lointaine peuplée d’étranges mercenaires romains à plumes. Dans quel pays ont-ils donc bien pu accoster ?

Critique :
Mettez vos livres d’Histoire au feu et les profs au milieu, oubliez Colomb, oubliez Amerigo, oubliez les Vikings car ceux qui ont découvert l’Amérique, c’est Astérix et Obélix !

Avec un drakkar Vikings sur leurs talons, certes, mais à la photo finish, les Gaulois furent les premiers à mettre leurs pieds sur cette île qui a tout de celle de Manhattan.

Mais avant de poser les pieds sur une Terre Inconnue bien avant l’émission de Frédéric Lopez, nos Gaulois vont commencer leur aventure par une bonne bagarre au sujet du poisson qui n’est pas très frais.

Incroyable mais vrai, incroyable mais pas frais, Ordralfabétix fait venir son poisson de Lutèce (oui, madame, de Lutèce) alors qu’il a la mer adossée au village ! Pécher du poisson, non mais ça va pas la tête ??

Mon seul bémol sera pour l’excuse un peu bidon qui est le déclencheur de toute cette aventure rocambolesque : il faut du poisson relativement frais à Panoramix pour préparer la poisson magique, pardon, la potion magique et nos deux amis sont donc chargé d’aller en pécher un peu en mer.

Si vous allez pécher avec Astérix et que ce dernier vous demande de jeter le filet, attachez-le d’abord, ne faites pas comme Obélix… Sans poissons à pécher, sans nourriture à avaler, on est heureux de tomber sur les pirates et, pour une fois, on ne leur coulera pas leur bateau.

Bourrés de clins d’oeil, cet album n’est pas le plus fin en calembours, ni le meilleur au niveau des romains, puisqu’ils sont absents, mais voir nos deux Gaulois sur les terres Américaines sans que eux ne le sachent (ils n’auraient pas pu) a un côté amusant.

Loin des magnifiques « Astérix chez les Bretons » ou « Astérix en Hispanie » qui possédaient un scénario et un humour haut-de-gamme, cet album est tout de même plaisant à relire et il sert bien pour commencer le Mois Américain puisque les deux précités avaient, eux aussi, été utilisés en ouverture des Mois Anglais et Espagnols.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°23 et Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

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Astérix – Tome 14 – Astérix en Hispanie : René Goscinny & Albert Uderzo

Titre : Astérix – Tome 14 – Astérix en Hispanie

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Albert Uderzo

Édition : Dargaud (1969)

Résumé :
Rien ne saurait résister à César : après la Gaule c’est l’Hispanie qui se voit annexée à son Empire. Toute l’Hispanie ? Non ! Un petit village non loin de Munda (Montilla) résiste encore. Mais Jules César se lasse des irréductibles et enlève Pépé, le fils du chef ibère Soupalognon y Crouton.

Pépé se retrouve en Gaule, au camp de Babaorum où on se charge de lui donner une éducation romaine. Là, il croise les plus célèbres irréductibles, Astérix et Obélix, qui le libèrent et décident de le ramener chez lui, en Hispanie.

Critique :
Certains hommes auraient bien aimé avoir la Gaule, ils se contenteront de l’Espagne ! Ce n’est pas le même effet, je vous l’accorde.

Oui, si vous avez l’impression qu’une grivoiserie se cache dans ma première phrase, sachez que ce n’est pas qu’une impression !

Quand tout ne va pas bien, quand on est au bout du rouleau, les médecins devraient prescrire quelques albums d’Astérix et Obélix car c’est salutaire pour le moral et les zygomatiques.

Pour ma 368ème lecture de cet album, j’ai ri de nouveau, j’ai fait « Ah oui, c’était dans celui-ci qu’il y avait tel ou tel calembour » et j’ai beau savoir comment tout cela va se terminer, je prends toujours autant de plaisir à le relire encore et encore.

Pepe est un personnage bizarre : un sale gosse qui a du cran, un sale gosse qui a fait tourner les romains en bourriques et qui va énerver le pauvre Obélix avant qu’ils ne deviennent des amis, enfin, surtout Pepe et Idefix qui seront des copains.

L’envoi de ce petit otage dans le camp de Tartopum… Non, dans le camp de Babaorum et sa délivrance par les irréductibles Gaulois va être un bon prétexte pour nos amis d’aller faire un tour en Hispanie afin de le reconduire chez son père, le chef Soupalognon Y Crouton.

— Que ce soit nous ou les Gaulois qui gardions l’otage, ça revient au même ! La seule chose que nous ayons à faire, c’est de surveiller qu’ils ne l’emmènent pas ailleurs ! (…) Et le plus beau, c’est que ce sont les Gaulois qui vont vivre avec le petit monstre ! Ils vont comprendre !

Toute l’Espagne se retrouve caricaturée dans cet album, mais la caricature est gentille, aimable tout en étant juste et possédant des traits de notre époque personnelle mise dans celle de nos ancêtres les Gaulois (les maisons sur roues pour partir en vacances, les files à la frontière, la cuisine des espagnols qui s’améliore, les routes défoncées, les prix qui griment, la cuisine espagnole qui s’adapte à sa clientèle…).

Les auteurs avaient déjà compris ce qui faisait les lieux communs d’un pays et le reproduisaient dans leurs albums, à leur sauce, ce qui est bien plus drôle que dans la réalité.

Un scénario intelligent, bourré d’humour et de jeux de mots du tonnerre qui resteront dans les annales (« Tous les étés, les Ibères deviennent plus rudes ! » et « Il affranchit le rubicond » en parlant de César qui gracie un barbare roux), cette aventure de nos irréductibles Gaulois possède aussi ces classiques habituels tels que le banquet final, le barde qui chante faux, des romains bastonnés, les disputes dans le village et du poisson (frais ou pas, on ne se prononce pas).

De plus, apprendre l’origine de la tauromachie (magnifique, ici) ou voir Obélix danser le flamenco, ça n’a pas de prix ! Même pas les 20 sesterces pour passer la frontière de jour afin d’éviter les patrouilles romaines.

Un must de la collection ! Et si vous ne me croyez pas, je retiens ma respiration !!!

— Que fait César ?
— Il affranchit le rubicond.

— J’ai l’homme qu’il vous faut. Il est du peuple des Vaccéens. Il connaît bien la montagne. Il vous guidera.
— Je ne savais pas qu’il fallait un Vaccéen pour entrer en Hispanie.

— Pas de chance pour toi, Nonpossumus ; quand César saura que les Gaulois se sont emparés de l’otage, tu seras bon pour le cirque !
— Oui ? Et si je dis à César que tu ne m’as pas aidé à récupérer l’otage, nous ferons un numéro à deux dans le cirque !
— Tu es écœurant !
— Tant mieux ! C’est ma seule chance avec les lions !

— N’oublie pas, ô Claudius Nonpossumus, que s’il m’arrive quelque chose, ta tête répondra de la mienne !
— Et alors ?
— Et alors je vais retenir ma respiration jusqu’à ce qu’il m’arrive quelque chose.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et Le moi espagnol 2019 chez Sharon (Mai 2019).

L’expédition – Tome 3 – Sous les larmes sacrées de Nyabarongo : Richard Marazano & Marcelo Frusin

Titre : L’expédition – Tome 3 – Sous les larmes sacrées de Nyabarongo

Scénariste : Richard Marazano
Dessinateur : Marcelo Frusin

Édition : Dargaud (29/09/2017)

Résumé :
Peu après la conquête de l’Égypte, une centurie romaine découvre une embarcation à la dérive. À bord, le cadavre d’un homme noir portant des documents dans une langue inconnue, ainsi que des bijoux en métaux rares et pierres précieuses.

L’ouvrage magnifique de ces derniers évoque l’existence d’une civilisation riche et puissante.

Le centurion Caïus Bracca ne pouvant pas monter d’expédition officielle, il organise la désertion de dix hommes et les envoie, sous les ordres de Marcus Livius, à la recherche de cette civilisation inconnue de Rome.

Seuls trois d’entre eux parviendront effectivement aux portes de ce royaume fabuleux, et Marcus Livius sera le seul à en revenir pour raconter leur incroyable aventure.

Critique :
Ayant découvert la série sur le tard, j’ai pu lire les trois premiers albums sorti sans devoir attendre des années entre deux. Ici, il a fallu attendre 3 ans entre le tome 2 et le 3 et j’ai envie de dire : tout ça pour ça ?

Marcus se réveille après avoir reçu une flèche empoisonnée dans le tome 2 et là, il apprend que ça fait deux ans qu’il est dans le coma…

Heu, après 2 ans allongé sur un lit sans bouger, on ne devrait pas avoir les muscles atrophiés ou du moins, fort faibles ?

Faut croire que non car Marcus a l’air de se lever après une bonne nuit de sommeil…

Bon, notre Marcus a les muscles qui fonctionnent toujours et le cerveau aussi puisque monsieur se verrait bien calife au côté de la belle reine Noire ébène.

♫ J’me voyais déjà en haut de l’affiche, en dix fois plus gros mon nom d’étalait ♪ Si, si, je peux chanter car notre bonhomme se voit déjà en Alexandre le Grand, avec un Empire aussi grand que celui qui chevauchait Bucéphale. Tiens, tant qu’on y est, on jouerait bien à se faire plus gros que l’empire Romain.

Autant lui que ces hommes ont la folie des grandeurs (sans avoir l’humour de Don Salustre) et se voient tous écraser les autres et dominer les sauvages puisque de toute façon, l’Homme Blanc doit dominer tous les autres.

Sauf que, le peuple qu’ils ont découvert plus bas que l’Éthiopie actuelle n’a pas eu besoin d’eux pour être prospère (youpla boum).

Pour moi, rien de neuf sous le soleil, hormis un homme qui voulait être roi, des soldats qui rêvaient de grands domaines et de tout le monde se prosternant à leurs pieds.

S’ils avaient été plus malins et moins imbus de leur petite personne, ils auraient fait alliance avec le peuple de sauvages (comme ils disent, décidément, je rends hommage à Aznavour, moi), mais non, ils ne vont pas s’abaisser à ça !

Les auteurs continuent de déverser leur fiel sur le colonialisme et les empires, et pour cela, ils ont raison, mais j’aurais aimé que cet album donne moins l’impression qu’on tourne en rond.

Je verrai bien si on avance dans le tome 4 !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

L’Expédition – Tome 2 – La révolte de Niangara : Marcelo Frusin & Richard Marazano

Titre : L’Expédition – Tome 2 – La révolte de Niangara

Scénariste : Richard Marazano
Dessinateur : Marcelo Frusin

Édition : Dargaud (29 aout 2014)

Résumé :
L’expédition de Marcus Livius, officiellement composée de déserteurs et officieusement placée sous les ordres du centurion Caïus Bracca, touche enfin au but après une éprouvante marche au cœur de l’Afrique.

Une marche lors de laquelle les hommes ont affronté nombre de dangers incroyables, ont été les témoins de douleurs atroces et ont perdu quelques compagnons.

Les légionnaires vont enfin découvrir cette civilisation riche et puissante, peut-être plus encore que ce qu’ils pouvaient imaginer !

Critique :
Il m’a fallu un certain temps avant de mettre la main sur la suite du tome 1 « Le lion de Nubie » mais une fois que ce fut fait, trainer pour la lire, je ne fis pas !

Allez hop, on rempile dans la Légion ! Engagez-vous, qu’ils disaient…

Je me demande si nos valeureux légionnaires ne préféreraient pas se faire taper dessus par des gaulois belliqueux qui résistent encore et toujours à l’envahisseur.

Nos hommes, des mercenaires, considérés comme déserteurs par Rome, accomplissent leur mission en secret, le tout pour la grandeur de Rome et si ça foire, ben, on n’en parlera pas.

Et ça a dû foirer puisque comme dans le premier album, on retrouve notre Marcus Livius en fâcheuse posture, sommé de tout raconter dans les détails la cause de sa désertion et sur cette fameuse expédition dont Caïus Bracca l’avait chargé, car ce dernier a avalé son extrait de naissance et n’est plus là pour témoigner.

Retour au récit de l’expédition… Nos légionnaires, face à ceux qu’ils considèrent comme des sauvages ou des sous-hommes, se comportent comme les grands con…quérants qu’ils sont, toujours prêt à apporter la civilisation à grands coups de glaive, s’attendant toujours à ce que les peuples asservis se prosternent devant eux qui représentent la Gloire de Rome.

Imbus d’eux-mêmes, ces hommes ont fait crisser mes dents, mais la réalité étant ainsi, je ne vais pas me voiler la face ou jouer ma vierge effarouchée : il en a été ainsi de tout temps et je ne serais pas surprise qu’il en fut toujours ainsi.

Mais puisque nos valeureux guerriers n’en font qu’à leur tête et rêvent de découvrir des richesses, ils n’ont pas écouté leur guide autochtone, Dubaku, et les voilà esclaves d’hommes Noirs, eux qui sont Blancs avec des fortes tendances suprémacistes puisque rien n’est plus grand que Rome.

Dans des tons moins sombre que le premier tome, cet album poursuit son exploration de ce qui se trouvait bien plus bas que l’Égypte et n’avait pas encore été découvert par l’envahisseur colonisateur, celui qui aime apporter les bienfaits de sa civilisation à des gens qui ne s’en sortaient pas si mal que ça avant sa venue.

Malgré tout, l’histoire a un peu du mal à décoller et elle est sauvée par les dessins superbes, même si certains romains se ressemblent un peu trop et qu’il nous faille un tatouage pour les différencier… Toujours un excellent travail sur les psychologies des légionnaires, dont certains sont en train de changer fameusement et révèlent leurs vrais visages. Et c’est sombre !

Ajoutons à cela quelques petits complots et toujours ce stupide Homme Blanc qui n’en fait qu’à sa tête car il ne veut pas devoir quoi que ce soit à son guide Noir ou aux esclaves présents sur le site de la mine. Ce sont des Romains, fallait pas s’attendre à un autre comportement.

La touche de mystère, présente lors du récit des guerres intestines qui ravagent le pays de Dubaku, notamment avec la disparition de la reine, trouve son dénouement à la fin de cet album mais relance le suspense pour la suite que je ne vais pas manquer de lire et de chroniquer.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Apocryphe : René Manzor

Titre : Apocryphe

Auteur : René Manzor
Édition : Calmann-Lévy Noir (03/10/2018)

Résumé :
Jérusalem, an 30. Sous une pluie battante, trois crucifiés bataillent pour que chaque nouvelle inspiration ne soit pas la dernière. Le déluge achève de disperser les quelques spectateurs présents.

Seule une personne reste obstinément sur le Golgotha. Un garçon de sept ans qui a échappé à la surveillance des adultes. Il ne quitte pas des yeux l’homme cloué sur la croix centrale.

Malgré la violence du spectacle auquel il assiste, l’enfant ne pleure pas. Son expression semble même trahir de la rancune envers ce rédempteur qui a tout donné aux autres et si peu à lui.

Son nom est David de Nazareth. Fils du supplicié Yeshua, dit le roi des Juifs.

Sept ans plus tard, au cœur du désert de Judée.

Le jeune David a grandi dans une ferme isolée, élevé par sa mère Mariamné. Lassé de vivre caché, il sent un vent de révolte souffler en lui, qui fait écho aux secousses qui agitent la Palestine, rendue exsangue par deux décennies d’occupation romaine.

Poussé par la volonté de s’émanciper et de prendre part aux bouleversements qui s’amorcent, David s’enfuit, dans le but de rejoindre Jérusalem.

Débute alors pour lui un chemin jalonné de secrets, de trahisons, d’intrigues politiques et de stratégies guerrières, qui le mènera à la découverte d’une vérité soigneusement dissimulée pendant des années, dans le but de le protéger.

Critique :
« Eli, Eli, lama sabachthani » furent les dernières paroles de Jésus, sur sa croix et non pas « Un clou, vite, je glisse » comme je me plais toujours à dire (oui, à une époque, j’aurais fini sur le bûcher pour hérésie blasphématoire).

Traduction de ses mots ? « Mon dieu, mon dieu, pourquoi m’as-tu abandonné », ce qui prouve bien que même Lui a douté et que la crucifixion est une mise à mort barbare et horrible.

En attendant, avec ça, vous avez de la matière culturelle pour briller pour les fêtes de fin d’années (ou à Pâques, au choix).

Il est bon de savoir que la phrase varie selon la langue utilisée et qu’en Araméen, cela donne : « Élôï, élôï, lama sabacthaneï » et que Dieu est aussi écrit « Eloï » et si avec ça vous n’êtes pas le roi de la culture, je veux bien bouffer une huître !

Mais revenons à nos moutons… Si Yeshua (dit Jésus dans nos contrées), tentait un come-back, m’est avis qu’il serait stoppé à la frontière (ou arrêté après avoir tenté de la franchir), serait enfermé et puis remballé fissa dans son pays d’origine… car il n’a rien à voir avec le style européen qu’on nous matraquait « dans le temps ».

Anybref… Ce thriller étiqueté ésotérique ou biblique, je n’y croyais pas de trop, je doutais, comme je fais souvent et puisque je m’interrogeais sur le contenu de ce roman, j’ai fait comme Thomas, l’apôtre, j’ai demandé des preuves et il m’en a été donné par la lecture de ce roman (mais je n’ai pas mis mon doigts dans le trou).

Non, soyez sans crainte, ce thriller historique n’a RIEN à voir avec une resucée (j’adore ce mot) d’un Da Vinci Code ou avec un roman qui voudrait réécrire l’Histoire, vous faire prendre des vessies pour des lanternes ou tout autre chose. On est au-delà de ça, bien au-delà… Ici, on est dans la crème, pas dans la lie !

L’auteur a étudié le sujet avant de le travailler et ce qu’il nous livre, c’est mieux qu’un voyage dans le temps, c’est une véritable plongée dans ce qui fut, après la crucifixion de Yeshua, le début de conversions à un nouveau courant religieux, de baptême et de prêches par les apôtres.

Certains pourraient reprocher que les chapitres courts donnent l’impression de lire un futur film, mais cela ne m’a dérangé aucunement.

Entre nous, j’ai trouvé que ces successions rapides donnaient une vie propre au roman, comme s’il se déroulait devant nos yeux et que nous étions les spectateurs impuissants mais entrainé par les personnages forts, dont certains étaient de vieilles connaissances.

Après lecture, que vous soyez croyant, athée, agnostique ou autre, votre opinion ne sera pas changé car là n’est pas le but de l’auteur, lui, tout ce qu’il veut vous offrir, c’est son travail sur cette époque dont nous savons peu et qui pourtant a eu et a encore une importance énorme dans nos sociétés.

Ce thriller historico-religieux est aussi un roman noir car il nous fait découvrir la vie des Juifs sous l’occupant romain et sa fameuse Pax Romana, l’esclavage, la mendicité, les enjeux politiques, les manipulations de certains, la duplicité et les ronds de jambes des autres, autrement dit « un air de déjà-vu » puisque c’est toujours la même chose partout dans le Monde à toutes les époques.

C’était ma première fois avec René Manzor mais nom de Dieu (oui, j’ose), quelle panard je viens de prendre durant cette lecture passionnante et sans parti pris.

Un coup de cœur en plus pour cette année. J’aimerais vous en dire plus mais j’aurais peur d’en dire trop. De plus, je ne trouve pas mes mots pour vous dire combien j’ai apprécié cette lecture.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

 

L’Expédition – Tome 1 – Le Lion de Nubie : Marcelo Frusin & Richard Marazano

Titre : L’Expédition – Tome 1 – Le Lion de Nubie

Scénariste : Richard Marazano
Dessinateur : Marcelo Frusin

Édition : Dargaud (13/05/2011)

Résumé :
Peu après la conquête de l’Égypte, une centurie romaine découvre une embarcation à la dérive.

À bord, le cadavre d’un homme noir portant des documents dans une langue inconnue, et de bijoux en métaux rares et des pierres précieuses, dont l’ouvrage magnifique évoque l’existence d une civilisation riche et puissante.

Le centurion Caïus Bracca ne pouvant pas monter d’expédition officielle, il organise la désertion de dix hommes et les envoie, sous les ordres de Marcus Livius, à la recherche de cette civilisation inconnue de Rome.

Seuls trois d’entre eux parviendront effectivement aux portes de ce royaume fabuleux, et Marcus Livius sera le seul à en revenir pour raconter leur incroyable aventure.

Critique :
Certains hommes ont des lubies, d’autres ont des Nubie… Oui, je sais, elle était facile mais je n’ai pas pu m’en empêcher.

L’Homme a toujours voulu avoir plus de richesses et l’Empire Romain a beau être étendu, riche des terres conquises et être arrivé à mettre les Égyptiens sous leur joug, l’attrait de l’or est toujours là, dévorant les entrailles.

Donc, lorsqu’une barque contenant un homme tatoué et mort, entouré de richesses, ça donne des idées à certains de pouvoir s’offrir mieux qu’une Rolex pour leur cinquante ans.

Fin stratège, comprenant que l’homme vient d’une région encore non découverte de l’Afrique Noire, le centurion Caïus Bracca délègue Marcus Livius à la tête d’un petit commando de 10 mercenaires. N’en manquait pas beaucoup pour nous donner les 12 salopards…

J’ai vu des forteresses qui masquaient leurs forces derrière une apparente désorganisation. Les hommes comme les forteresses les plus subtiles ont tous un point faible…

Comme cette expédition en terres inconnues ne peut se faire aux yeux de tous (l’Homme n’est pas partageur de ses richesses), ces hommes désertent pour cacher leur véritable mission.

Pour info, le début du récit comment avec l’apparition d’un homme affamé et il est indiqué que nous sommes 739 ans après la fondation de Rome (des fois où vous voudriez situer l’histoire sur la ligne du temps). Nous sommes probablement encore sous l’ère d’Auguste.

Prenez un stylo et notez que, selon Wiki et d’après la légende latine, Romulus fonda la ville de Rome à l’emplacement du mont Palatin sur le Tibre le 21 avril (c’est précis), en 753 av. J.-C. Un rapide calcul nous donne donc la date de 14 apr. JC, année où est mort Auguste (le 19 août 14, pour info et pour briller en société).

Les tons de cet album sont fort sombres, à l’image de la couverture, et même si certains cases ont des tons plus jaunes, cette couleur reste pâle, non éclatante comme j’aime le jaune.

Normal, ces tons sombres lorsque l’on découvre que le scénario l’est tout autant. Non pas qu’il est épais comme un café Turc et qu’on ne voit pas le fond, juste que le ton n’a rien à voir avec la joyeuseté d’un Petzi partant à l’aventure avec tous ses amis.

L’expédition n’a rien d’un voyage d’agrément et au fil des cases, des mercenaires nous quitterons, tandis que nous en apprendrons un peu plus sur Marcus Livius, le meneur de cette troupe et homme de la garde personnelle de Caïus Bracca.

Aux travers de quelques ragots et potins, nous apprendrons d’où lui vient ce surnom de Lion de Nubie et ce qui a fait se gausser toute l’armée. Pourtant, notre homme est brave et ne manque pas d’avoir une fameuse paire de « vous-savez-quoi » entre les jambes.

Ma foi, je ne me suis attachée qu’à la jolie petite gueule de Marcus Livius, les autres étant moins présent, trop peu esquissé à mon goût ou pire : les dessins se ressemblant dans leurs visages, on n’arrive pas toujours à savoir si on a affaire au Grec philosophe, au vétéran des guerres romaines ou à Falco, la grande gueule.

Il faut donc être concentré pour savoir qui est qui, surtout dans leur chevauchée à dos de dromadaire, dans leurs combats contre toute la famille de Ed, Shenzi et Banzaï (faites marcher votre mémoire) ou dans leur marche forcée dans les étendues de sables, avec tout le barda de légionnaire sur le dos, casque à plumes compris !

Chapeau les gars, moi, lorsque je marche, je porte des vêtements adaptés, mais à leur époque, le Décathlon était encore une compétition masculine d’athlétisme regroupant 10 épreuves…

La Libye est un pays immense et inhospitalier, les hommes civilisés n’y ont pas leur place. Le sel de ces régions commençait à corroder nos cuirasses. Nos rêves de conquête avaient subi l’épreuve du feu et de la sueur… Ce serait bientôt l’épreuve du sang !

Un album que j’ai pris plaisir à découvrir, au hasard (la couverture m’avait attirée) car acheté dans une brocante, à bas prix et bien souvent je me laisse guider afin de découvrir d’autres bédés et, qui sait, commencer de nouvelles collections.

Du jour où nous avons atteint cette région de collines, notre expédition était condamnée… Nous allions rencontrer un empire plus étonnant que l’empire des Perses, plus grand que celui de Rome… Mais nous n’y étions pas préparés…

Un album, qui, l’air de rien, met en avant tout en tirant sur le colonialisme et toutes ses dérives.

Ainsi l’impérialisme […] tue d’abord spirituellement et culturellement l’être, avant de chercher à l’éliminer physiquement. La négation de l’histoire et des réalisations intellectuelles des peuples africains noirs est le meurtre culturel, mental, qui a déjà  précédé et préparé le génocide ici et là dans le monde (Cheik Anta Diop)

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Astérix – Tome 37 – Astérix et la Transitalique : Jean-Yves Ferri & Didier Conrad

Titre : Astérix – Tome 37 – Astérix et la Transitalique

Scénariste : Jean-Yves Ferri
Dessinateur : Didier Conrad

Édition : Albert René (19/10/2017)

Résumé :
N’en déplaise à Obélix, les Italiques, les habitants de l’Italie, ne sont pas tous des Romains, au contraire !

Les Italiques tiennent à préserver leur autonomie et voient d’un mauvais oeil les vélléités de domination de Jules César et ses Légions.

Dans Astérix et la Transitalique, nos héros favoris s’engagent dans une aventure palpitante à la découverte de cette surprenante Italie antique !

Critique :
Astérix fait partie de ces bandes dessinées dont je ne ma lasse pas, du moins, quand les albums étaient scénarisés par René Goscinny.

Uderzo a du talent en tant que dessinateur, moins en tant que scénariste, du moins, assez inégal car lorsqu’il reprit les rênes du scénario, on a eu droit à des albums super, des moins bons, des horribles et des catastrophiques.

Depuis, c’est le 3ème album confié au duo Jean-Yves Ferri et Didier Conrad. J’avais apprécié Astérix chez les Pictes qui avait du potentiel, mais peu d’humour, j’ai apprécié Le Papyrus de César qui mettait en avant les réseaux sociaux avec quelques touches d’humour, mais pas dignes de celles de Goscinny.

Puisque ce nouvel album parlait de courses de char, je l’attendais au tournant, espérant ne pas dire à Ben-Hur d’arrêter son char.

Vous connaissez le dessin animé Satanas et Diabolo ? La fameuse course avec les fous du volant ? Oui ? Et bien, cet album y ressemble un peu, le génie du mal Satanas et le ricanement de Diabolo en moins.

Sorte de croisement entre Astérix aux jeux olympiques et le tour de Gaule, on est tout de même loin des éclats de rire de l’ère Goscinny, sans ses jeux de mots magnifiques et avec une analyse moins fine et sarcastique de notre société. On est loin d’un « Obélix et compagnie », de son analyse de l’économie de marché, du marketing et cette critique humoristique du libéralisme.

Certes, ils se moquent des journalistes, de notre société soit disant moderne, des campagnes de pub faites pour vendre à n’importe quel prix, mais rien pour me faire éclater de rire ou noter un bon mot, que je retiendrais pour la postérité, comme avant.

Malgré quelques longueurs, l’album se laisse lire avec plaisir et je suis contente qu’Astérix continue sa vie, les personnages étant croqués fidèlement, que ce soit au niveau du trait ou des caractères.

Là où ça coince, c’est toujours au niveau scénaristique, la faute aux jeux de mots manquants ou non percutants, inoubliables comme il ne faut jamais parler sèchement à un Numide ou chaque année les Ibères deviennent de plus en plus en dur.

Bref, un moment agréable de lecture, pas inoubliable, pas un de ceux que je relis dès que j’ai un coup de blues ou que je veux passer un bon moment, comme en Corse, en Hispanie et j’en passe !

Astérix – Tome 8 – Astérix chez les Bretons : René Goscinny & Albert Uderzo

Titre : Astérix – Tome 8 – Astérix chez les Bretons

Scénariste : René Goscinny
Dessinateur : Albert Uderzo

Édition : Dargaud (1965 pour l’édition originale)

Résumé :
Tout commence par l’invasion de la Bretagne par les légions de César… Très vite, toute la Bretagne est occupée… Toute ? Non ! car un village résiste encore à l’envahisseur. Un petit village dans le Cantium…

Dans le village, la situation est grave… Mais Jolitorax est le germain cousin d’Astérix ! Il va donc entreprendre la traversée de la manche pour demander de l’aide à Astérix…

Astérix et Obélix acceptent avec joie d’aider Jolitorax et retourne en Bretagne avec un tonneau de potion magique…

Critique :
Je devais avoir dans les 12-13 ans lorsque j’ai découvert les aventures d’Astérix le Gaulois, et ce n’était – pour une fois – pas chez nous car mon paternel n’a jamais été pas un fan du petit Gaulois, alors que ma mère et moi, oui.

Je les empruntais à mon oncle. Maintenant, je les possède tous (sauf les derniers).

Pour commencer en douceur le Mois Anglais, quoi de mieux que votre Astérix national qui s’en va faire un tour chez ses voisins d’en face, dans ce qui se nommait encore la Bretagne, avant de devenir l’Angleterre (puis la Grande-Bretagne) !

De plus, il fait partie de mes albums préférés (avec Astérix en Corse mais il n’y a pas de challenge pour Le Mois Corse).

Évidemment, du haut de mes 13 ans, je lisais ses aventures au premier degré, incapable que j’étais de comprendre le second, celui qui ne s’adressait qu’aux adultes.

C’est toujours un plaisir pour moi de lire la collection complète des albums, mais maintenant que je suis adulte (si, si, je vous jure, depuis un certain temps, même), je peux dorénavant accéder aux finesses de ces albums à double lecture.

Goscinny nous rappelle d’ailleurs que les Bretons sont les descendants de tribus en provenance de Gaule, qu’ils sont, en fait, des cousins pas si éloignés que cela des Gaulois et qu’ils parlent la même langue, le gaulois.

Ce qu’il y avait de bien avec le scénariste génial qu’était Goscinny, c’est qu’en plus de ses jeux de mots recherchés et fins, de ses calembours magnifiques, des anachronismes sur lesquels les aventures d’Astérix sont souvent basées, des personnages célèbres qui se retrouvèrent croqués dans les albums, des noms hilarants des personnages, des pirates coulés, c’est que Goscinny se cassait aussi le cul pour que le langage des autres peuplades soit le résultat des clichés tout en étant réaliste.

Pour les Bretons, il a pastiché systématiquement toutes les tendances syntaxiques propres à l’anglais, avant de les traduire, mot-à-mot, en français. Simple, mais génial (Hergé, lui, utilisait les patois de Bruxelles ou de Wallonie, dans ses albums).

« Secouons-nous les mains » = « Let’s shake hands »

« Je dis » = « I say » (que les Bretons de l’album placent à tout bout de champ dans leurs phrases)

« Je pense qu’il va être l’heure, n’est-il pas ? » = « It’s going to be about time, isn’t it ? »

Les mauvais esprits diront que tous les clichés sur les anglais sont présents dans l’album, et si cela est vrai, c’est ce qu’il y a de plus hilarant. Et que les chagrins esprits aillent se faire voir. Je dis.

Voir des bardes de Liverpool qui ressemblent aux Beatles, marcher (oups) sur le gazon le mieux entretenu au monde, découvrir la Tour de Londinium accueillant les retrouvailles agitées d’Astérix et Obélix, assister à un match de rugby des V nations avant l’heure, rire devant une légion entière de Romains ivres de vin et faire passer le tout avec de la cervoise tiède tout en mangeant du bouilli sanglier à la sauce menthe, ça n’a pas de prix, je dis.

Sans oublier l’invention du thé…

Moi, je peux le relire 1.000 fois et je me marre toujours autant, découvrant souvent des petits détails qui avaient échappés à mes yeux brouillés de larmes de rire.

Quel morceau de chance, quand même, d’avoir pu, dans ma vie, lire pareil album avec les aventures du gaulois petit ! Parce que si mon jardin est plus petit que Rome, mon pilum est plus solide que votre sternum !

Au fait, si comme moi vous avez cherché (ou vous cherchez encore) le calembour qui se cache derrière le nom de Cassivellaunos, chef breton qui apparaît à la page 6, ne cherchez plus, il n’y a pas de calembour dans son nom car ce personnage a réellement existé et il était le chef suprême des Bretons.

En revanche, Zebigbos est un vrai calembour, lui !

Vous reprendrez bien un nuage de lait dans votre eau chaude ?

Challenge« Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon et Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.