Madame Bovary : Gustave Flaubert [Fiche de lecture pas très académique par Dame Ida]

Titre : Madame Bovary

Auteur : Gustave Flaubert
Édition : Michel Lévy (1857) / Folio Classique (2017)

Résumé :
Pour son malheur, Emma Bovary est née femme et vit en province. Mère de famille contrainte de demeurer au foyer, elle mène une existence médiocre auprès d’un mari insignifiant.

Pourtant, Emma est nourrie de lectures romantiques et rêve d’aventures, de liberté et surtout de passion. L’ennui qui la ronge n’en est que plus violent, au point de la pousser à l’adultère.

Critique :
Le petit Charles était un petit gars de la campagne qui aimait bien se balader dans la nature et observer les travaux des champs d’autant que son paternel avait autre chose à faire avec son blé que de l’envoyer à l’école.

Sauf que sa daronne avait d’autres ambitions pour lui. Elle voulait en faire un docteur.

Alors on l’a balancé au collège où il ne fit pas d’étincelles, puis faire sa médecine même si sa première année était laborieuse.

Bon an, mal an, il fit par décrocher son parchemin et sa daronne arriva même à lui trouver une clientèle à reprendre et une veuve prétendument riche et certainement ménopausée à marier pas très loin de chez elle. Sauf que la vioque n’était pas si riche que ça et tellement animée de jalousie maladive qu’elle a fini par en clamser.

Voilà qui tombait vachement bien parce que le p’tit Charles Bovary il la trouvait pas si mal que sa la p’tite Emma, toute fraîche, que son père, paysan à l’aise à qui il était allé réparer une jambe, avait fait revenir du couvent auprès de lui.

V’là que le p’tit Charles lui fait sa cour en se pointant chez le paysan tous les jours pour un oui ou un non… Et que tout de même que c’est pas bien sain qu’un docteur il reste célibataire.

Alors il demande sa main à la p’tite Emma, que son père accepte vivement de lui céder bien volontiers. Evidemment la mère Bovary fait la tronche parce qu’elle n’avait pas choisi la nouvelle femme de son fils…

Après des noces paysannes plouques à souhait, avec cortège de dames endimanchées et de messieurs si bien rasés qu’on se demandait s’ils avaient pas essayé de violer leur chat vu leurs balafres… repas interminable où tous les cochons et tous les poulets du coin auront été bouffés et toutes les bouteilles de pinard et de gnôle auront été vidées, la p’tite Emma arrive chez elle et essaie d’être une épouse parfaite.

Sauf qu’elle s’emmerde un peu parce que son docteur de mari n’est pas trop là… Une invitation va tout de même tromper son ennui !

Le vicomte (mazette ! Un noble ! Un vrai aristobourge !) du coin les invite à un bal à son château et à passer la nuit. Voilà qu’ils chargent leur petite voiture à cheval pour s’y rendre, qu’Emma a pris ses plus belles robes… Révisé ses pas de danse…

Et tout ce weekend n’est qu’un émerveillement permanent à la lueur des chandelles, des cristaux des lustres, des verres délicats, des reflets de l’argenterie que Conchita elle a frottée et frottée tout la journée au sous-sol…

Les porcelaines délicates de la vaisselle seront remplies de mets délicats et raffinés, les vins et le champagne lui donneront du rouge au joue, mais pas mal à la tête ou à l’estomac comme la gnôle du père Machin…

Et toutes ces belles robes… Ces beaux meubles… Ces beaux tableaux… Ces belles manières… Ces gens si distingués… Et même le vicomte lui offrira une valse… Heureusement, Emma aura réussi à convaincre son mari de ne surtout pas danser et de se faire oublier dans un coin pour ne pas lui coller la honte. Ben ouais…

C’est qu’il est un peu lourdaud le Charles !

Bref, la p’tite Emma vivra l’année qui suivra dans le souvenir de cette soirée, guettant une nouvelle invitation en vain… Mais comme elle ne reviendra pas elle en tombera littéralement malade parce que bordel à cul de pompe à merde ! Qu’est-ce qu’on se fait chier avec Charlot ! Il est nul quoi !

Et v’là que la p’tite Emma veut jouer les parisiennes, v’là qu’elle s’invente une vie,  lit des livres pour faire croire qu’elle est cultivée s’achète des fringues, des fanfreluches, des breloques…

Monsieur Lheureux, son fournisseur officiel et à crédit la laisse s’endetter peu à peu… Elle néglige sa fille qui n’est franchement pas très intéressante…  Elle dragouille le clerc de notaire mais qui se barre pour finir son droit à la ville avant de conclure avec elle…

Alors elle se rabat sur un autre nobliot du coin réputé pour être un coureur… Et l’adultère longtemps imaginé sera enfin consommé…

Elle envisagera de se barrer avec mais il la plantera au dernier moment… Et retombera sur son ancien béguin (le clerc du notaire) lors d’une petite virée en ville à l’opéra avec son mari et s’inventera des leçons de piano en ville pour retourner trouver son p’tit jeune avec qui elle s’envoie en l’air dans une calèche qu’on voit partir dans tous les sens…

Pendant ce temps, les dettes s’accumulent et ça commence à craindre sévère car le Monsieur Lheureux revend une partie de sa dette à une sorte d’agent de recouvrement qui se fait pressant…

Et puis ces dettes ça craint d’autant plus que le père Charles s’est lancée dans une opération calamiteuse de pieds bot qui s’est soldée par une amputation jusqu’à la cuisse ce qui n’a pas arrangé sa réputation et lui a occasionné quelques dédommagements…

Bref c’est la grosse merdasse, et entre deux parties de jambe en l’air avec son jeunot, Emma cherche des moyens idiots pour ré échelonner ses dettes en continuant à dépenser parce que tout de même… elle n’est pas trop dans la réalité la gourdasse… jusqu’au jour où le jugement de saisie des biens du ménage est prononcé…

La cougar crétine s’affole… supplie… est presque sur le point de se prostituer… Mais ça ne marche plus ! Les dents du piège se referment et la broient…

Avec son sens du courage habituel qui l’a conduite à jouer l’autruche en se collant la tête dans le sable où elle retrouvait ses rêves de grandeur… Emma ne veut surtout pas voir les conséquences atrocifiantes de sa connerie, et pipotte l’aide du pharmacien pour aller bouffer en douce de l’arsenic dans sa réserve. Rien ne nous sera épargné de sa longue et douloureuse agonie…

Elle a péché, qu’elle expie… et qu’elle expire !

Son pauvre benêt de Charles mourra de chagrin à petit feu, ravagé en retrouvant les lettres d’amour de sa gourgandine de femme, preuve absolue de la hauteur de ses cornes…

Et leur fille finira dans une usine parce que tout de même sa tante n’allait pas entretenir une orpheline à ne rien faire !

Flaubert ne le dira pas, mais il est certain qu’elle finra fille mère engrossée par le contremaitre, devra se prostituer, chopper la tuberculose et se trouvera un mac alcoolique et violent qui lui refilera aussi la syphilis, la peste et le choléra avant qu’une voiture à cheval ne lui roule dessus la laissant agoniser en deux morceaux pendant trois semaines.

Voilà à quoi conduit la luxure, les rêves de grandeur,et la dilapidation désinvolte de ses biens ! Au malheur, au déshonneur, à la ruine et à la malédiction sur les générations qui suivent ! Epicétou !

Bref ! On ne trompe pas son mari et on ne dépense pas plus qu’on ne gagne ! Et on évite de se prendre pour ce qu’on est pas ! C’est compris ?

Vous me le copierez 100 fois par jour de découvert à la banque !

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Maurice : E. M. Forster

Titre : Maurice

Auteur : Edward Morgan Forster
Édition : 10-18 (2006)
Édition originale : Maurice (Edward Arnold Publishers Ltd) Écrit vers 1913, mais publié seulement en 1971

Résumé :
Dès son plus jeune âge, Maurice Hall est hanté par des rêves dont il s’explique mal la nature étrange et mélancolique.

Contrairement à « Howards End », « Avec vue sur l’Arno » et « Route des Indes », plongées dans la conscience féminine, ce roman publié à titre posthume retrace le parcours initiatique d’un jeune homme, Maurice (James Wilby dans l’adaptation de James Ivory), jalonné de ses rencontres avec Clive (Hugh Grant), étudiant comme lui à Cambridge, puis Alec, garde-chasse de ce dernier.

Éveil à la conscience (amorcé à Cambridge, lieu du bonheur et de la tolérance pour Forster), Maurice est le récit de la lente progression du héros vers une véritable connaissance de soi.

Au-delà de l’histoire d’amour et de la prise de conscience homosexuelle, Maurice se distingue des autres romans de Forster par son caractère plus intimiste et par la forme plus radicale que revêt l’expression de la liberté individuelle.

Placée sous le signe de la gradation, cette œuvre est peuplée de personnages qui sont aux autres autant d’étapes vers l’accomplissement de soi.

Maurice, jeune homme médiocre, devient par la grâce d’une liberté conquise de haute lutte contre lui-même un véritable héros forsterien.

Critique :
L’amour qui n’ose pas dire son nom… Ou l’homosexualité dans les très sélectes universités anglaises.

Maurice a mis du temps pour comprendre qu’il marchait de l’autre côté du trottoir ! Il a fallu qu’il entre à Cambridge pour enfin ouvrir les yeux sur ses préférences sexuelles.

Oui, sa préférence à lui, ce sont les jeunes garçons de son âge dont un camarade d’université qui deviendra son compagnon, même si jamais rien n’est affiché.

En ce temps-là (1910), en Angleterre, l’amour entre hommes était toujours considérée comme un crime et passible de peine de prison tandis qu’en France, le code Napoléon avait déjà rendu la chose « légale ».

Pour vous dire la bêtise humaine : si l’homosexualité masculine était punissable, celle entre les femmes pas car le législateur ne l’avait pas prise en compte. Paraîtrait que la reine Victoria avait trouvé tellement répugnant qu’elle avait jugé la chose impossible. Mais je n’ai aucune preuve de ses dires non plus.

Pas facile de vivre son homosexualité dans l’univers conformiste et répressif de l’Angleterre édouardienne !

Maurice n’appartient pas à l’aristocratie proprement dite, mais nous évoluons dans les milieux bourgeois, les milieux où on ne se mélange pas entre classes, où les domestiques sont priés de rester à leur place, où il faut sauvegarder les apparences, quoiqu’il arrive.

Cette société bourgeoise anglaise est régie par des règles désuètes, vieillottes, bourrée de morale chrétienne, tout le monde était enfermé dans un carcan plus serré qu’un corset taille XS porté par le troll Hébus de la série fantasy Lanfeust !

Franchement, j’ai eu très envie d’en baffer plus d’un et plus d’une, dans ce roman riche en apprentissage de la vie chez les bourgeois, qui, comme le chantait si bien Jacques Brel ♫ Les bourgeois c’est comme les cochons Plus ça devient vieux plus ça devient bête ♫

Nous suivrons le récit du jeune Maurice, de ses 14 ans à ses 24 ans, passant d’un enfant effacé, paresseux, dans les jupons de maman, à un étudiant du collège effacé, paresseux, puis, enfin la chenille deviendra papillon avec Maurice amoureux d’un camarade, filant le parfait amour, mais sans le consommer !

Ah ben oui, messieurs dames ! L’amour entre hommes était plus toléré s’il était platonique. Se chipoter la chose, mon dieu, vous n’y pensez pas ! Nos deux amants s’aiment mais ne s’astiquent pas le manche mutuellement, aucun ne jouant avec la batte de criquet de l’autre.

Entre nous, bourré d’hormones qu’ils devaient l’être à 19-20 ans, je me demande comment ils ont fait pour ne pas succomber à la bêbête à deux dos.

James Wilby & Hugh Grant

Maurice est un personnage qui va évoluer au fil des pages, passant de chenille pataude effacée à papillon flamboyant d’amour, avant de virer tyran avec sa mère et ses deux petites sœurs.

Si la première histoire d’amour a tout d’une folie entre deux jeunes gens, la seconde histoire d’amour, celle qui sera le moins développée dans le livre, est pour moi la plus importante, la plus mûre, celle où Maurice aura le plus de couilles, ou il sera le plus touchant et où il prendra encore plus de risques en transgressant toutes les règles de l’époque, notamment le mélange des classes.

Un livre que j’ai tardé à lire, reportant sans cesse la lecture au fil des Mois Anglais et là, je suis contente d’avoir pris le taureau par les cornes car c’est une œuvre majeure en ce qu’elle nous parle des difficultés de vivre son homosexualité et des carcans empesés de la bourgeoisie anglaise.

Sans compter que le roman nous laisse avec moult question : Clive a-t-il vraiment changé de bord où a-t-il eu peur des conséquences à long terme de cet amour interdit ? Maurice avait-il vraiment envie de rentrer dans la normalité ?

Bon, yapuka se faire le film, maintenant, afin de découvrir le jeune Hugh Grant déjà super sexy et le futur Lestrade de la série Sherlock BBC (Rupert Graves).

Le Mois Anglais (Juin 2017 – Saison 6) chez Lou et Cryssilda.

Rebecca : Daphné Du Maurier

manderleyTitre : Rebecca                                                                               big_4-5

Auteur : Daphné Du Maurier
Édition : Le Livre de Poche (1971)

Résumé :
Sur Manderley, superbe demeure de l’ouest de l’Angleterre, aux atours victoriens, planent l’angoisse, le doute : la nouvelle épouse de Maximilien de Winter, frêle et innocente jeune femme, réussira-t-elle à se substituer à l’ancienne madame de Winter, morte noyée quelque temps auparavant ?

Petit Plus : Daphné du Maurier plonge chaque page de son roman – popularisé par le film d’Hitchcock, tourné en 1940, avec Laurence Olivier et Joan Fontaine – dans une ambiance insoutenable, filigranée par un suspense admirablement distillé, touche après touche, comme pour mieux conserver à chaque nouvelle scène son rythme haletant, pour ne pas dire sa cadence infernale.

Un récit d’une étrange rivalité entre une vivante – la nouvelle madame de Winter – et le fantôme d’une défunte, qui hante Maximilien, exerçant sur lui une psychose, dont un analyste aurait bien du mal à dessiner les contours avec certitude.

Du grand art que l’écriture de Daphné du Maurier, qui signe là un véritable chef-d’œuvre de la littérature du XXe siècle, mi-roman policier, mi-drame psychologique familial bourgeois.

Critique : 
Rebecca… On parle beaucoup de toi dans ce roman qui porte même ton prénom pour titre, faisant de toi une héroïne.

Rebecca… On ne te voit pas, pourtant, tu hantes les pages de ce roman, on sent la présence de ton fantôme partout, dans chaque pièce, dans chaque couloir, dans chaque esprit de ceux et celles qui t’ont connu.

Tu n’es pas là mais on n’entend parler que de toi… Même moi, tu risques de me hanter, à présent que j’ai lu ce roman.

Faut dire que l’auteur a fait fort dans son livre : rendre un personnage mort aussi présent, lui donner une présence physique, presque palpable, alors que la véritable héroïne, bien vivante, elle, se trouve réduite à l’état d’ectoplasme, de tapisserie, tant elle est sans relief, sans courage, effacée, timide.

Pire, le prénom de l’héroïne n’est jamais cité dans les pages, nous ne saurons jamais comment elle se prénommait ! Fallait oser, non ?

Sincèrement, j’aurais dû détester celle qui deviendra la nouvelle Madame de Winter, cette jeune fille frêle, qui ne s’exprime que timidement, cette gamine qui épousa Maxim de Winter en seconde noces, cette gamine qui à l’air à côté de ses pompes, gauche, maladroite… Mais non, je l’ai comprise, tout simplement.

Voilà une jeune demoiselle de compagnie qui, après une cour éclair de 15 jours, se fait épouser par un homme deux fois plus vieux qu’elle et se retrouve ensuite propulsée dans une vaste et belle demeure – Manderley – pourvue de domestiques.

Comment cette petite prolétaire aurait-elle pu faire face à ce changement d’existence radical, plongée dans un monde qu’elle ne connait pas et devant faire face à l’hostilité froide de certaines personnes de son entourage ?? Impossible…

Je pense qu’à sa place, j’aurais eu du mal à trouver la mienne. Surtout quand TOUT, absolument TOUT dans cette grande maison est là pour vous rappeler l’ancienne madame de Winter, celle qui a bu la tasse dans la mer.

Vous voulez aller dans la bibliothèque après le petit-déjeuner ? Oh, madame de Winter allait toujours dans son petit salon… Et madame de Winter, ceci, et madame de Winter cela…

Bon sang, si la gamine avait soulevé ses fesses vers la droite pour péter, on lui aurait fait savoir que madame de Winter pétait par la gauche et que ça faisait un nuage rose avec des senteurs printanières !

Il ne m’appartenait pas du tout, il appartenait à Rebecca. Elle était toujours dans la maison, comme Mrs Danvers l’avait dit, elle était dans cette chambre de l’aile ouest, elle était dans la bibliothèque, dans le petit salon, dans la galerie au dessus du hall. Même dans le petit vestiaire où pendait son imperméable. Et dans le jardin, et dans les bois, et dans la maisonnette en pierre sur la plage. Ses pas résonnaient dans le corridor, son parfum traînait dans l’escalier. Les domestiques continuaient à suivre ses ordres, les plats que nous mangions étaient les plats qu’elle aimait. Ses fleurs préférées remplissaient les chambres. Rebecca était toujours Mme de Winter. Je n’avais rien à faire ici.

Apparemment, l’ancienne madame de Winter a marqué les esprits, tout le monde l’aimait et tout le monde chante encore ses louanges. Difficile de trouver ses marques dans une maison où l’on a l’impression que l’autre va franchir la porte à tout moment. Personne ne veut laisser la morte dormir tranquille.

De plus, son mari a tout l’air de n’avoir que son ancienne femme en tête et donne l’impression de traiter sa nouvelle comme on traiterait un chien : on lui grattouille la tête, on la tapote et ensuite, on vaque à autre chose. Un mari secret, taiseux, intrigant que je voyais avec le beau visage de Jeremy Brett qui l’a interprété dans un téléfilm.

C’est un roman qui m’a emporté, même si au départ, j’ai eu un peu de mal avec les 10 premières pages. Arrivée au bout, j’ai relu ces pages que j’avais survolées, en soupirant, afin de tout comprendre. Oui, j’ai tout compris.

La tension dans ce roman est à couper au couteau à certains moments et les dernières pages sont un enfer de suspense au point que j’ai failli me bouffer les ongles.

L’écriture est belle, enivrante, et notre héroïne, bien qu’un peu gamine au départ, va gagner en maturité et on le sent dans notre lecture. Fini de se faire des scènes dans sa tête une fois que… Non, je ne dirai rien !

Les personnages sont tous travaillés, ils évoluent tous, bonifiant au fil des pages ou pas, mais on sent pour certains un changement radical, dans le bon ou le mauvais sens. Pour un personnage, j’avais déduit qui il était vraiment, grâce aux petits indices semés ça et là par l’auteur. La surprise ne fut pas totale pour cette révélation.

De plus, Madame Van Antwerpen… heu, madame Danvers (jeu de mot pour les belges), la femme à charge, est une saleté de personne méchante bien réussie, perverse et retorse au possible. Pas à la manière brutale, sadique et lâche d’un Joffrey Barathéon, mais plus rusée, à la Tyrion Lannister, le capital sympathie en moins.

Rebecca, c’est une belle histoire d’amour, sans les niaiseries des Harlequin, mais avec la touche qu’il faut de drame et de suspense.

Je suis contente qu’on ne puisse l’avoir deux fois, la fièvre du premier amour. Car c’est une maladie et c’est un fardeau, quoi qu’en puisse dire les poètes.

Moi aussi je voudrais bien aller faire un tour à Manderley…

Un putain de bon livre rempli d’âmes tourmentées et les silences, les secrets, les non-dits sont aussi pesant qu’une chape de plomb.

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), Challenge « La littérature fait son cinéma – 4ème année » chez Lukea Livre et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

CHALLENGE - Mois anglais 2015 flag CHALLENGE - Thrillers polars 2014-2015 (1)

La voie des âmes : Laurent Scalese [LC avec Stelphique]

Titre : La voie des âmes                                                                 big_4

Auteur : Laurent Scalese
Édition : Belfond (2015)

Résumé :
Richard Neville est un flic français comme il en existe peu.

En touchant la main d’une victime, il parvient à reconstituer les derniers instants de sa vie, et à identifier son assassin – ce qui lui vaut d’être régulièrement sollicité par les polices du monde entier.

Cette fois, il est appelé à New York, à Brooklyn plus précisément, où un tueur en série insaisissable sévit depuis plusieurs semaines. Il se rend sur place avec son épouse, Clara.

Alors qu’il se trouve sur une scène de crime, Clara est assassinée à Central Park en pleine journée. Lui, le super flic, n’a pas pu protéger l’amour de sa vie, la mère des ses enfants…

Mais dès le soir du meurtre, d’étranges incidents surviennent : Richard pense d’abord que Clara cherche à communiquer avec lui de l’au-delà. Jusqu’à ce qu’il reçoive la visite d’une femme mystérieuse. Elle lui propose un marché incroyable: sauver Clara, en échange d’un service…

De quel service s’agit-il ? Quelles seront les conséquences de ce pacte ? Jusqu’où Richard ira-il pour revoir Clara ?

Et nous, jusqu’où serions-nous prêts à aller par amour ?

Critique : 
La voie des âmes, qu’est-ce que c’est ? Est-elle, comme celles de Dieu, impénétrables ?

Vous aimeriez bien le savoir, mais je ne vous dirai rien, hormis ce conseil : ouvrez le livre et lisez-le ! Assurément vous passerez un bon moment.

Moi, j’en ai passé un bon en compagnie de ma binôme (Stelphique) pour cette Lecture commune où on s’est déguisée en agent Scully.

Bienvenue à Big Apple, Crazy Town, Manathan. Il s’en passe des choses étranges dans cette ville.

En commençant ma lecture, je n’avais pas relu le résumé, il était même oublié dans les limbes de mon pauvre cerveau d’amibe. Le commençant vierge, j’ai sursauté à un moment du récit parce que je ne m’y attendais pas. Je me suis reprise de suite et j’ai continué à bouffer le roman.

C’est ici que je vais mettre en garde les esprits cartésiens qui lisent ma bafouille : fuyez, pauvres fous, si vous n’aimez pas l’imaginaire.

Les autres, plus ouverts, venez enquêtez sur les chemins de l’étrange avec Mike Rosener, flic new-yorkais un peu bourru et Richard Neville, profiler français qui a un Don.

Avec Mike, j’ai accroché de suite, j’ai eu plus de mal avec Richard, un peu plus lisse, trop parfait, presque (sauf pour le trempage de son biscuit dans une autre tasse de café que celle de son épouse).

Peu de temps morts, de l’émotion, des flics dépassés par certaines choses et beaucoup de questions durant la lecture. Mes méninges ont fumées afin de tenter de deviner la fin.  Loupé une partie !

Le style de l’écriture n’est pas tarabiscoté, il est simple, mais il fait mouche et vous entraine comme une tornade dans le récit.

Ce qui est étonnant, c’est que l’on a beau avoir un schéma vu et revu : les Bons contre les Méchants, avec des Bons très comme il faut et des Méchants qui ne bénéficieront jamais de circonstances atténuantes, autrement dit, une « soupe littéraire très conventionnelle », le tout passe très bien.

Mon seul petit bémol sera pour une pensée dans l’épilogue. Non pas qu’il m’ait déplu, il est génial, au contraire, mais vous savez que le diable se cache dans les détails et l’un d’eux m’a fait tiquer.

Une petite chose dans la tête d’un des personnages n’allait pas avec le personnage. Le revirement était trop fort, trop brusque.

Hormis ce petit poil resté sur ma langue (que j’ai vite expédié ailleurs), tout le reste était diaboliquement bien foutu et l’auteur a été un gros filou !

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015) et Le « Challenge US » chez Noctembule.

BILAN - LC réussie - OKL’avis de ma binôme Stelphique :

Pourquoi je l’ai choisi :

Je pense que rien qu’avec la quatrième de couverture, ce livre était fait pour moi. Mais en plus, tous les avis positifs des copinautes, et la LC interactive avec ma binôme évidemment , m’ont vraiment influencé à lire ce thriller nouvelle génération.

Synopsis :

Elles sont partout, elles sont invisibles, elles se sont emparées de nos corps et veulent nous posséder. Ce sont les âmes noires de nos ancêtres. Un seul homme pourra les combattre. Pour sauver la femme qu’il aime…

Richard Neville est un flic français comme il en existe peu. En touchant la main d’une victime il parvient à reconstituer les derniers instants de la vie de celle-ci, et à identifier son assassin – ce qui lui vaut d’être régulièrement sollicité par les polices du monde entier. Cette fois à NY il est parti en mission accompagné de sa femme Clara… assassinée en pleine journée à Central Park.

Lui, le super flic, n’a pas pu protéger l’amour de sa vie, la mère des ses enfants… Mais dès le soir du meurtre d’étranges incidents surviennent : Richard pense d’abord que Clara cherche à communiquer avec lui de l’au-delà. Jusqu’à ce qu’une femme étrange le visite pour lui proposer un marché incroyable : revenir quelques instants avant le meurtre de sa femme pour qu’il essaie de la sauver, en échange de son obéissance aveugle…

Les personnages :

Richard Neville, est un flic attachant, si ce n’est son faux pas envers Clara, il aurait été parfait. Oui, les mecs sont faibles. Enfin pas tous heureusement, mais suffisamment pour que l’auteur décide d’en faire deux identiques.

Mike Rosener, j’ai eu une petite préférence pour lui, légère, grâce à son esprit plus ouvert. Neville possède déjà le don, donc c’était plus « facile » à appréhender les éléments de cette intrigue. Il me faisait de la peine aussi, avec ses moments ratés avec sa femme.

Nancy, je sais bien que c’est la Méchante de l’histoire mais je ne sais pas pourquoi elle m’a plu. Tous ses pouvoirs, ses corps empruntés avec leurs histoires réinterprétés, ça m’a bien plu !

Ce que j’ai ressenti :

La mort est certaine
Seul le moment nous est inconnu

Ce livre a de multiples qualités! Savoir gérer aussi bien le fantastique dans un thriller en y ajoutant une once d’amour, fallait oser, mais le pari est relevé haut la main !

Si vous deviez choisir entre sauver l’amour de votre vie et sauver le monde que choisiriez vous ?

Tout part d’un don convoité. Forcément quel qui soit, ça donne envie. Mais quand, c’est une âme malveillante, doublée de pouvoirs extraordinaires qui souhaite le détourner, ça donne vite des situations improbables, des temps et des lieux en équilibres précaires, un suspense à couper le souffle, un château de cartes aux passerelles vacillantes, proches de la destruction.

Nos personnages, (oui j’y mets volontairement un pronom d’appartenance, car on s’attache à chacun d’eux, ils se livrent sans concession, on les aime donc immodérément), se promènent donc dans ces tunnels du temps avec chacun une cause admirable: l’Amour, la Justice, le Pardon, le Bien.  Franchement à lire, c’est super agréable! Savoir que des auteurs misent encore sur l’optimisme et lutte contre le perpétuel gouffre d’imbécilité et de violence, ça donne quelques papillons dans le ventre et un peu d’espoir pour le futur.

La lutte Bien / Mal est au centre de ce récit, on est obligé de choisir son camp. Tout n’est pas gris, c’est plus tranché, alors bien sur on peut parler d’utopie, de schéma manichéen, mais moi je pense que comme notre manière de vivre est souvent proche d’aller dans le mur, à un moment donné, il faut être sûr de ses choix et ses convictions. Ce livre est là pour nous ouvrir avec douceur les yeux. En y mêlant de la magie, et des fantômes, on sent que ça relève plus de la science fiction, mais bon, ne décourageons pas, les humains sauront se reprendre!!!!

« Ils nous facilitent la tache réjouissons nous. La civilisation a du plomb dans l’aile. Aujourd’hui le déclin, demain la chute… »
« -Les… MBD?
– Les metro, boulot, dodo, l’éclaira Rosener. Les gens ne croient plus en rien. Pour la plupart d’entre eux, le mal, c’est les autres. Ils n’imaginent pas une fraction de seconde qu’il existe pour de vrai et qu’il cache sa laideur derrière la beauté d’une femme. « 

J’ai beaucoup aimé suivre l’intimité de ces couples, leurs failles, leurs faiblesses. Quoiqu’on en pense c’est l’amour qui fait tourner le monde, mais quand la vie s’en mêle, et bien, on en subi les conséquences. J’avais le cœur serré de suivre leurs péripéties, dès fois j’en avais les larmes aux yeux, car elles sont si proches de nos quotidiens, on ne peut y rester insensible.

« Le coté positif du temps perdu, c’est qu’il rend précieux le temps qui reste. »

En bref, une lecture qui nous bouleverse sur nos convictions, une intrigue qui tient ses promesses, une envolée amoureuse, un doux espoir pour nos âmes. Une bien jolie lecture en somme !

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 8/10